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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-10-04, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2 O 0 S THÉÂTRE Hommage à Jean-Pierre Ronfard Pages E 5 à E 8 ?LE DEVOIR ?CINÉMA La télé, de l’intérieur PageE 12 mécanique selon Forsythe Maître incontesté de l’époque actuelle en danse, William Forsythe a décomposé le ballet classique jusqu’à ce que surgisse une danse radicale, à la fois ludique, élégante et d’une géométrie unique, qui rallie publics classique et contemporain.FRÉDÉRIQUE DOYON Son œuvre est immensç et son regard sur la danse, vertigineux.A moins de 55 ans, William Forsythe compte déjà une centaine de chorégraphies, où il dissèque analytiquement la danse classique pour en faire surgir des angles nouveaux à travers une gravité qui lui est propre.Né et formé à New York, le jeune Forsythe se joint à titre de danseur en 1973, au Stuttgart Ballet en Allemagne, où il crée ses premières chorégraphies dès 1976.D a une vingtaine d’œuvres à son actif lorsqu’il prend, en 1984, la direction de la compagnie Baüett Frankfurt dont la notoriété se répand rapidement notamment avec la création de Artifact (1984), The Loss of Small Detail (1991), A/îe/» A(c)tion (1992), Eidos:Telos (1995), présenté au FIND la même année, et Kammer Kammer (2000).En 1999, la compagnie commence à se produire au TAT en plus de l’Opéra de Francfort un espace dé- dié à l’expérimentation dont Forsythe est devenu le directeur général.Deux ans plus tard, la revue Bal-lett Intemational/Tanz Aktuell le consacrait meilleur chorégraphe.La réputation du chorégraphe repose entre autres sur sa capacité à réinventer le langage du ballet en en repoussant les limites jusqu’à de nouvelles frontières insoupçonnées.«Ce que fai toujours fait, c’est de mettre en scène une analyse de la mécanique inhérente à une pratique classique de la danse, mais je n’ai jamais été intéressé à perpétuer un certain genre de ballet», précise le chorégraphe.Terrain d’exploration fertile, le ballet ne se reconnaît souvent qu’aux pointes et à certains mouvements, quoique épurés à l’extrême.L’éthique chorégraphique de Forsythe Le ballet n’est toutefois plus une référence absolue pour celui qui travaillera prochainement avec les iconoclastes de la danse que sont Boris Charmatz et Benoît Lachambre.«J’y recours quand il en est question dans la pièce, mais ce n’est pas toujours le cas», souligne-t-il.Le corps et sa propre mécanique s’y sont substitués.L’esprit qui préside au choix des œuvres présentées au FIND, (N.N.N.N.) (2002), The Room As It Was (2002), One Flat Thing (2000) et Duo (1996), en rend bien compte.«Ce programme traite de l’éthique du travail chorégraphique, de la responsabilité des danseurs les uns envers les autres, envers moi, de moi envers le public» ex- plique Forsythe.De la pleine collaboration des danseurs pour la création de The Room As It Was au Duo conçu entièrement par le chorégraphe, les quatre pièces montrent tout l’éventail des interactions possibles entre Forsythe et ses danseurs, dans le processus de création.On reconnaît le minimalisme propre au chorégraphe dans le point de départ de sa recherche gestuelle pour le quatuor masculin (N.N.N.N.) — qui renvoie à l’expression latine «nomen nescio», signifiant «je ne connais pas le nom» — et la pièce de groupe One Flat Thing.Tandis que la première «est basée sur le poids des membres du corps et toutes les possibilités qui en découlent», la seconde est une «manifestation itérative où l'on revient toujours au même thème jusqu'à ce qu’il évolue», explique le chorégraphe.Autre trait des dernières œuvres de Forsythe, les dimensions du temps etde la mémoire sont aussi au cœur de The Room As It Was et de Duo.Dans la première, «les (huit) danseurs essaient de se remémorer un ballet qu’ils n’interprètent pas».Le chorégraphe de Francfort a une conception très physique et très matérielle du temps et de l’espace qui lui est relié.«L’espace contient des souvenirs proprioceptifs pour les danseurs, Pas juste les souvenirs ou les fantasmes eux-mêmes, mais aussi le lieu où les danseurs les ont sentis.» Dans Duo, le tandem — féminin cette fois — incarne en quelque sorte les deux aiguilles d’une horloge, mais d’une «horloge molle», d’après le concept de l’artiste visuel Marcel Duchamp.«Le temps est une construction très subjective, et les danseurs doivent construire la mémoire comme une série de sensations connues », note le chorégraphe.Un héritage foisonnant Les interprètes de The Room.font partie de la compagnie de William Forsythe depuis dix, voire vingt ans.Et ce destin commun ne trahit pas la moindre dépendance.«Je n’aime pas travailler avec des gens qui dépendent de moi, tranche le chorégraphe./e préfère de loin travailler avec des artistes autonomes et matures.» Mais cette fidélité mutuelle témoigne sans doute de l’héritage riche et varié que laisse Forsythe.C’est ce que s'applique à montrer le FIND en mettant aussi au programme de cette édition le spectacle Chorégraphe du Ballett Frankfurt, où on pourra voir le travail chorégraphique de Richard Siegal et d’Allison Brown, deux interprètes du maître de Francfort.Le réputé chorégraphe quittera bientôt la direction artistique de la compagnie Ballett Frankfurt, VOIR PAGE E 2: FORSYTHE «Je n aime pas travailler avec des gens qui dépendent de moi» Le lieu de l’être Marie JACQUES NADEAU LE DEVOIR Marie Chouinard.Chouinard célèbre ses STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Il y a un quart de siècle, Marie Chouinard donnait sa première représentation de danse (ou de performance, comme on voudra), dans une galerie d’art de Québec.Le show était gratuit II n’y avait qu'un seul spectateur dans la salle.L’histoire n’a pas retenu son nom.•Une célébration en solo pour une seule personne.L’idée me plaît encore.», commente la grande Marie Chouinard en rigolant de l’anecdote, au milieu de son studio, boulevard Saint-Laurent.«Le sens du sacré est peut-être encore plus éveillé dans ces circonstances.» La roue a vite et bien tourné.Depuis des années, ses œuvres attirent des milliers de spectateurs partout dans le monde.La compagnie montréalaise a passé les dernières semaines en Italie, en Grèce, en Suisse, puis a traversé le Canada.Elle sera à New York en décembre.Les pé- 25 ans de carrière au régrinations de l’an prochain passeront par la France, le Royaume-Uni, la Hongrie et la Slovénie.«Ça va extraordinairement bien», dit-elle.Plus tard cette semaine, dans le cadre du Festival international de nouvelle danse (FIND), elle offrira deux pièces récentes, le solo Études ttl (2001) et Chorale, une chorégraphie de groupe créée cette année.Et puis demain, elle représente son Sacre du Printemps (1993) et son Prélude à l’après-midi d’un Jaune (1994), deux points d’ancrage essentiels de sa production, qui tient maintenant sur plusieurs feuilles de c.v.«Je n’aime pas penser à ces pièces comme mes œuvres principales ou majeures.Je suis contente de présenter ce que je Jais au public.En général, ma pièce prÿèrée, c’est ma dernière.» N’empêche qu’eUe le veuille ou pas, sa renommée s’articule un peu, beaucoup, passionnément autour de ce Sacre, cette charge cosmique d’une puissance et d’une précision atomiques.À preuve, une compagnie de ballet de Lisbonne est en train d’intégrer la pièce à son répertoire et de- FIND vrait la faire tourner deux ou trois ans.«Des membres de la compagnie vont aller leur enseigner la chorégraphie.Ce n’est pas évident.J’ai passé des premiers danseurs en audition qui ne pouvaient intégrer mon style.» Sa réputation attire à elle les meilleurs interprètes de l’étranger, proche ou lointain.La compagnie compte une Australienne, un Cubain, plusieurs Canadiens de partout au pays.«Maintenant, j’ai trois Montréalais dans mon équipe de onze danseurs.C’est la première fois que la proportion est aussi élevée», dit-elle en levant son chapeau à LADMI, Les Ateliers de danse moderne de Montréal, une école de formation professionnelle d’où sortent «d’excellents danseurs qui peuvent se retrouver dans les meilleures compagnies».D s’en trouve plusieurs excellentes à Montréal, à commencer par la sienne.Elle ne sait pas pourquoi.«Je ne sais pas s’il existe quelque chose comme VOIR PAGE E 2: CHOUINARD LE DEVOIR.LES SAMEDI I ET DIMANCHE .ï OCTOBRE 2 0 0 S Culture CHOUINARD «Je suis montréalaise.» SUITE DE LA PAGE E 1 une école de Montréal en danse contemporaine.Il existe des pôles de cet art dans le monde.Je crois que notre ville en fait partie.» Y a-t-il alors quelque chose de montréalais dans sa propre danse?La question la fait bondir du canapé et désigner les éléments majestueux du panorama urbain: le mont Royal, les grands immeubles, la vit qui bat.«Je travaille ici depuis quinze ans.J’ai la ville et la nature sous les yeux.En plus, je devine le fleuve, pas très loin.Cet été, je suis allée en Gaspé-sie, au bout du fleuve.Mes ancêtres sont passés par là.Très loin, il y a le Grand Nord, l’espace infini, la liberté totale.Je suis montréalaise, je suis de ce coin du mon- de.Chacun vient de quelque part et moi je suis d’ici.» L’unité de son travail lui semble tout aussi évidente, depuis 25 ans, depuis toujours.«J’aurais identifié les mêmes fils rouges il y a deux décennies: le souffle, la présence, la manifestation de toutes les forces d'un être dans un état d’éveil maximum, avec l’âme, l’intelligence, la conscience, l’intuition, le regard, les sens, le corps, le système sanguin, musculaire, osseux, nerveux, les connexions cérébrales, les glandes, les cellules, les atomes.Tout.Pour moi, la danse demeure un lieu de manifestation de l’être.C’est donc un art sacré, mais dans le strict sens où il permet d’être en lien avec une lame de fond qui traverse la vie, l’origine, le silence premier.» MUSIQUE Le nouveau western SOURCE COMPAGNIE MARIE CHOUINARD Le Sacre du printemps, chorégraphié par Marie Chouinard.FORSYTHE SUITE DE LA PAGE E 1 qu’il assume depuis 1984, après une crise politique qui a duré des mois — voire des années — en sourdine.la Ville de Francfort invoquait des coupes budgétaires.Selon certains journalistes, dont l’écho est parvenu jusqu’ici, la querelle s’est même déplacée sur le terrain idéologique: les élus voulaient revenir à un répertoire plus classique, moins avant-gar-diste que les œuvres de Forsythe.Mais le chorégraphe s’empresse de corriger : «C'était une rumeur.Ils [les élus municipaux] pensaient simplement qu’on n’avait pas d’appui et qu’on serait facile à déloger, vu leurs coupes budgétaires.Généralement, la danse est toujours le maillon faible, mais ils ont eu toute Célébration 2 les événements de la pleine lune Une production de DANSE-CITÉ présentée par La Chapelle INTERPRÈTES WW* Nicolas Fillon Élinor Fueter Emmanuel Jouthe Geneviève La Jonathan Turcotte Catherine Viau MUSICIENS Mélanie Auclair Antoine Berthiaume Jean Félix Mailloux-Desjardins Alexandre Fecteau SOUS LA DIRECTION DE Louise Bédard Jean Derome Daniel Soulières CONCEPTRICE DES ÉCLAIRAGES Lucie Bazzo CONCEPTEUR DES COSTUMES Gabriel Tsampalieros LES 2, 3,4 OCTOBRE, k 20 H, MATINÉE LE 5 OCTOBRE, À 15 H RÉSERVATIONS : ST 4-848-7738 ÎLA CHAPELLE ¦ S CEDES COD TEMP ID «Il ES 8700 rus St-Donlnlqui E3 Sltamroaki, autulms 144 ESI Salnt-Laurint, autokus SB Dan eCi la traça des crëataurs LE DEVOIR une surprise.» Non seulement les pétitions et autres manifestations de soutien se sont-elles multipliées, mais un groupe d'hommes d’affaires influents pourrait offrir au chorégraphe l’appui financier nécessaire à la renaissance de la compagnie, qui serait alors privée, sous un autre nom.«C’est en négociation.Tout devrait se décider le 14 octobre.Je ne serais lié à la Ville ni financièrement ni légalement, mais elle nous fournirait certains services comme l’accès à des lieux de représentation et à nos décors et costumes.» Longue vie au génie créateur de William Forsythe.(N.N.N.N.), DUO, THE ROOM AS IT WAS et ONE FLAT THING, REPRODUCED de William Forsythe (Ballett Frankfurt) Les 10 et 11 octobre à la salle Wilfrid-PeUetier de la Place des Arts, à 20h30 CHORÉGRAPHES DU BALLETT FRANKFURT les 6 et 7 octobre à Tangente, à17h30 Le dimanche 19 octobre LA JOURNÉE ouTANGÔ opirraç La Au Chalet de la montagne de 16hOO à 19H30 Entrée libre Danse folklorique, musique du monde Initiation gratuite au tango Venez pique-niquer Pour info : S14.49S.8645 Au Chalet de la montagne à compter de ZOhOO GRAND BAL Démonstration de tango Musiciens, d.j.Beau temps, mauvais temps SCiW^ LE DEVON! Ville de Montréal Montréal Buenos Aires vice versa Consulat général de la République Argentine DAVID CANTIN Hantée par les grands espaces, la musique de Calexico sent le Far West à plein nez.Toutefois, on ne saurait réduire le plus récent Feast of Wire à une panoplie de clichés en provenance de l’Arizona.Au contraire, ces anciens membres de Giant Sand entremêlent le néo-country, le rock alternatif, le jazz ambiant ou encore la tradition de l’orchestre de mariachis.Calexico étant de retour à Montréal pour deux prestations au Cabaret et une première à la salle Multi de Méduse à Québec, un autre voyage s’amorce dans son univers somptueux.Après quelques tentatives, on finit par rejoindre Joey Burns dans son bled de Tucson.Le multi-instrumentiste prend un peu de recul, avant un autre détour par le Canada pour une nouvelle série de concerts avec son acolyte John Convertino.«On adore être de passage dans votre coin.Les gens ont une très grande ouverture d’esprit.D’ailleurs, on a l’intention d’enregistrer les spectacles de Montréal pour un éventuel album en concert.» Avant de se faire connaître grâce à l’album The Black Light paru en 1998, ces deux musiciens ont d’abord trouvé refuge auprès d'Howe Gelb, d’0P8, de même que de The Friends of Dean Martinez.Si l’on se fie aux propos de Burns: «Calexico vient d’un désir d’explorer des créneaux comme le jazz ou le folk, sans nécessairement poser des limites bien précises.Au départ, il y avait ce souci d’un éclectisme très organique.On tenait à expérimenter à notre façon avec l’aide d’influences très disparates».Un fil narratif transparent Avec Feast of Wire, le groupe tient assurément son disque le plus maîtrisé à ce jour.Sur un morceau comme «Black Heart», les cordes sont absolument magnifiques et le climat est d’une noirceur ténébreuse.Le fil narratif semble d’ailleurs beaucoup plus transparent.En réponse à ce constat, Burns ajoute de manière pertinente: «Il est vrai que le nouvel album coule beaucoup mieux que les précédents.On voulait que les pièces se condensent tels les chapitres d’une longue histoire qui s’enchaîne.On revoit aussi ces contrastes dans la dynamique même de la composition.C’est un ensemble de références qui se dévoilent.» Comme ce sont de proches collaborateurs d’artistes français tels Jean-Louis Murat, Françoiz Breut et Amor Belhom Duo, est-ce qu’on peut voir là une certaine parenté d’esprit?«C’est vrai qu’on admire beaucoup des gens comme Dominique A ou Air.Ils empruntent au passé sans faire dans la pure nostalgie.On a été beaucoup marqué par nos séjours en Europe.Le rapport au temps ainsi qu’à l’horizon n’est pas du tout le même qu’en Amérique.» En l’espace de quatre albums, Calexico a su imposer un style original qui renvoie autant à En-nio Morricone qu'à Miles Davis.Comment ne pas finir par se parodier dans un tel réseau d’influences?«On ne tient rien pour acquis.Chaque album est pour nous une aventure, de même qu’une remise en question constante.On cherche toujours à aller plus loin, sans se répéter inutilement.Les spectacles ont aussi des effets plutôt bénéfiques.On gagne en maturité comme en expérience sur une scène.» Après le concert mémorable d’Howe Gelb lors de la dernière édition du Festival d’été de Québec, il est fort possible que ces proches cousins donnent un bon aperçu de l’immense créativité qui sévit dans ces territoires de l'Ouest américain.«On demeure une grande famille qui malmène le folk, le jazz, ainsi que le rock psychédélique.On dit souvent que notre musique est particulièrement cinématographique.Je crois que c’est vrai dans la mesure où on aime élargir nos horizons.On s’ennuierait à faire-du rock au sens conventionnel du terme.Il y a sans doute d’autres façons d’être plus créatifs.» Aussi lyriques et panoramiques, les chansons de Burns et Convertino prennent un malin plaisir à déjouer les attentes dans le contexte actuel de la musique américaine.Encore une fois, il ne faut pas manquer cette occasion de redécouvrir Calexico dans les parages.CALEXICO Les 6 et 7 octobre, au Cabaret, à Montréal.Le 8 octobre, à la salle Multi de Méduse, à Québec.¦ ARCHIVES LE DEVOIR Joey Burns et John Convertino, du groupe Calexico.m COMPAGNIE MARIE CHOUINARD UN SPECTACLE-CONCERT EXCEPTIONNEL PRÉSENTÉ AVEC L'OSM SALLE WILFRID-PELLETIER \ 5 OCX.\ 20 h 30 \ PRÉLUDE A L'APRÈS-MIDI D'UN FAUNE ET LE SACRE DU PRINTEMPS, SUIVIES D'UNE GRANDE FÊTE POUR TOUS.SUBLIME.EN PREMIÈRE MONTRÉALAISE, Cantique # 1, Étude #1 et Chorale THÉÂTRE MAISONNEUVE \ 8, 9 OCT.\ 20 h 30 \ UN DES CLOUS DU FIND 2003! BALLETT FRANKFURT \ WILLIAM FORSYTHE SALLE WILFRID-PELLETIER, PLACE DES ARTS \ 10, 11 OCT.\ 20H30 EN CLÔTURE DU 11* FIND, UN ÉVÉNEMENT DE TAILLE, À NE PAS MANQUER.«WILLIAM FORSYTHE EST CONSIDÉRÉ COMME LE PLUS IMPORTANT CRÉATEUR DE DANSE DE LA PLANÈTE.» THE NEW YORK TIMES « UN TRAVAIL FOISONNANT, LABYRINTHIQUE, GÉNÉREUX.» LE MONDE, PARIS T.LE DEVOIR, MO RETRANCHEMENTS PARTA Pli TELLEMENT PRIS QU’ON VEUT iAL INFO-DANSE (514) 844-2172 MONUMENT-NATIONAL, P,ace rfes Artîi Articulée H82,B0UL.SAINT LAURENT (514)842-2112 WWW PDA.QC.CA (514)790 1245 1(800)361 4595 WWWADMlSSlON.COM INFO-DANSE (514) 844-2172 Ixleiwns MONUMENT-NATIONAL, cfb £Süce 1165 Articulée 1182, BOUL.SAINT-LAURENT (514) 842-2112 WWW.PDA.QC.CA Æ\ (514> 790 12*5 1 (800)361 4595 ¦¦Mi WWW.ADMISSION.COM 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI I ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2 0 0 3 (llll ure 0 THÉÂTRE Le retour du politique Michel Monty signe la mise en scène de Gagarin Way, de Gregory Burke, à La Licorne C’est un texte qui vous laisse «tout chose», pour parler de façon élégante.En plus clair, disons que c’est une sorte de coup de poing à l’estomac.Un coup de couteau, plutôt.Violent.Désespéré.Depuis sa création, il y a moins de trois ans, on l’a déjà traduit en une bonne dizaine de langues et on se l’arrache dans une vingtaine de pays.Michel Monty explique tout cela par la virulente authenticité du texte.Et son urgence.mondialisation, un geste qu’on les verra essayer de justifier péniblement devant nous.Le temps du «niaisage» est fini pour les deux jeunes contestataires.Ils passent aux actes.Et ils enlèvent un cadre étranger venu analyser le rendement de l’usine où ils travaillent Le metteur en scène souligne aussi qu’on saisit rapidement qu’Eddy ne fait que se servir de Gary — un syndicaliste endoctriné dans la vieille tradition des MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR La rencontre s’est déroulée dans un coquet petit café de l’arrondissement Outremont tout ce qu’il y a de plus Outremont, c’est-à-dire aux antipodes du lieu où se situe l’action de Gagarin Way.La pièce de Burke, qu’il persiste à décrire comme «une comédie noire sur le XX' siècle», se déroule en une sorte d’unique longue scène, dans un entrepôt crado, la nuit, en plein quartier ouvrier.«C’est la toute première pièce de Gregory Burke», raconte d’abord Michel Monty.Et j’ai tout de suite été soufflé par la portée sociale, par la charge du texte [que lui avait remis Jean-Denis Leduc, le «patron» de La Licorne].Parson authenticité.Par l’urgence qui s’en dégage.J’ai voulu monter ce texte dès le moment où je l’ai lu, et c’est pourquoi nous [Trans Théâtre, la compagnie que dirige Michel Monty] le coproduisons avec La Licorne.» La production s’installe dans le théâtre de la rue Papineau à compter du 7 octobre.Anti-gros machin Cette urgence, le spectateur comprend rapidement qu’elle se manifeste par un enlèvement d’abord présenté comme un petit larcin.Ecœurés jusque-là de répéter les mêmes gestes automatiques depuis des années dans une usine de puces électroniques appartenant à des Japonais, Eddy et Gary décident de poser un geste «clair».Un geste politique dénonçant l’économie de marché et la «rouges écossais» — pour arn-ver à «ses fins», comme on dit.Et que «ses fins» se résument facilement en une phrase : «Tuer quelqu’un, à soir!» Gagarin Way est un violent ras-le-bol, si vous n’aviez pas encore deviné.Michel Monty connaît bien, pour y avoir séjourné, cette Écosse industrielle de la nouvelle économie qui a surgi des ruines de ses mines de charbon abandonnées, au détour des années 1990.«C’est un pays glauque où la culture n’a pas sa place.Tellement que, lorsqu’Eddy parle de sa carte de bibliothèque et qu’il discute de Sartre avec Torn, le jeune gardien de nuit qui sort de l’université, on comprend que c’est un petit détail qui révèle le personnage.H a lu, lui.Il sait de quoi il parle.Eddy, d’ailleurs, c’est un peu Burke; c’est le véhicule de l’auteur.» Ce Gregory Burke est un personnage assez étonnant.Il n’est jamais passé par une école de théâtre et on ne connaît encore rien d’autre de lui que Gagarin Way.Jusqu’en janvier 2000, Burke travaillait dans une usine fabriquant des puces d’ordinateur dans #5^ JACQUES («RENIER I.E DEVOIR Dans sa mise en scène de Gagarin Way, Michel Monty dit avoir choisi un parti pris réaliste en privilégiant le travail avec les acteurs.une des quasi-mqquilladoras qui ont essaimé en Écosse, comme ailleurs, avec la nouvelle économie à tendance mondialisante.Heureusement pour lui, l’écriture de Gagarin Way a débouché sur un véritable conte de fée.On a lu sa pièce pour la première fois au Traverse Theatre, en Écosse, en mars 2000; on l’y a montée en août 2001, et l’effet en fut si dramatique qu’on l’a jouée au Royal National Theatre de Londres, qu’on Ta lue à la Comédie-Française et qu’on Ta depuis traduite, sinon jouée, dans plus d'une vingtai-qe de pays, dont les Pays-Bas, les États-Unis, l’Italie, la Pologne et la Suède.Chez nous, le texte a été traduit par Yvan Bienvenue Tété dernier, lors d’une résidence de traduction organisée par le CEAD et à laquelle Burke a participé.En un mot conune en mille, Gagarin Way est un brûlot: LA pièce antigros machin économique.Drôle et horrifiant Mais il n'y a pas que ça «Le texte de Burke oppose aussi la violence individuelle à la violence politique, reprend Monty, et c’est l’un des moteurs cachés de la pièce qu’on ne découvre qu’assez tard.Elle dénonce également la violence économique sous toutes ses formes — même celle de la bouffe! — et cette toute nouvelle incapacité de nommer l’ennemi.Il n’y a plus de bons et de méchants ici.Il y a partout quelque chose de pourri au royaume de la nouvelle économie, et la culture hooligan en est une claire illustration.\.\ La violence d’Eddy fait partie de cette culture-là: c’est une violence d’abord individuelle, alors que celle de Gary s’explique par une certaine culture politique.Ce conflit-là entre les deux person- nages, il se numi/rste tout au long de la pièce, et on n’en mesure la portée qu’à la toute fin.» 11 s'inscrit aussi dans une langue particulièrement expressive quYvan Bienvenue a su rendre avec une surprenante verdeur dans sa traduction.On y lira encore cette affinité entre k; théâtre qui se fait en Irlande, en Ecosse et au Québec.Trois anciennes colonies du même occupant imglais qui partagent de ce fait de profondes similitudes.Comme le fait remarquer Michel Monty lorsque la conversation glisse de ce côté: «Ces deux gars, Eddy et Gary, ressemblent à des frlqutstes des années 70.Ils disent leur incapacité à maîtriser quoi que ce soit.Le contexte universel de la mondialisation définit presque Thoraire de leurs journées: c’est ce discours politique qu’ils incarnent tous les deux.Et c’est cela qu’ils veulent dénoncer par leur acte.Ils en discutent beaucoup.Avec un humour noir irrésistible.Ce qui fait de tout cela un texte à la fois drôle et horrifiant qu’il est difficile de mettre en action.» Dans sa mise en scène, Michel Mouly a choisi un parti pris réaliste en privilégiant le travail avec les acteurs.«Four arriver a jouer ce qui est sous les mots, précise-t-il, pas ce qu’on dit.Four qu’on sente dans la salle comment tout cela est chargé.Qu’il y a danger.Qu’on parle de vie et de mort.» Alors, c’est clair préparez-vous à une séance de brassage de cage marinée dans l'humour décapant et la tension permanente.C’est avec David Boutin, Daniel Gadouas, Stéphane Jacques et Francis Poulin.Et ça commence mardi, à La Licorne.À PARTIR DU 30 SEPTEMBRE 2003 theatre ftUAT’SOUS Quatuor de Ronald Harwood traduction Pierre-Yves Lemieux MISE EN SCÈNE PHILIPPE SOLDEVILA avec Patricia Nolin, Gilles Pelletier, Lénie Scoffié et Raymond Cloutier Mm!?dis barbeaj lumières Étienne boucher m* Wt JP1 1j J THÉÂTRE DU RIDEAU VERT V (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca |> Abonnements disponibles pour 5.4, 3 et 2 spectacles 1 r\ Hydro toL Québec d’Anne Hebert Texte de la version sceninue cl mise en scène Guy Beausoleil l1.DENISE-PELLETIER ’i-Ét ^ Enfin, le ifrand Tmn'nn'if AnnejlHlnrl brûle les planches! Du 26 septembre au 18 octubre Billetterie Admission m 253-8974 SiU 4353, rue Sainte-Catherine Est Papineau ou Viau.autobus 34 ÏS Pie IX, autobus 139 Sud E 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2003 Culture THÉÂTRE Wajdi Mouawad brûle-t-il encore ?Wajdi Mouawad sort d’une période particulièrement intense, durant laquelle il a même tâté de la caméra en plus d’écrire et de mettre en scène Incendies, qui revient tout juste du Festival international des théâtres francophones, de Limoges.Au moment d’entamer sa dernière saison comme directeur artistique du Quat’Sous, il fait le point.Et il invoque même le Sphinx.MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR Il y avait beaucoup de monde au Quat’Sous, lundi dernier.A peine de retour de Limoges — où Incendies a connu un énorme succès — et tout juste avant de partir installer sa pièce sur la scène du Théâtre français du CNA à Ottawa, Wajdi Mouawad a accueilli l’équipe A’Impératif présent, le plus récent texte de Michel Tremblay, qui en est au stade des répétitions in situ.Le souffle court encore et bouleversé lui aussi par la surprise de la disparition de Jean-Pierre Ronfard, Mouawad nous a reçus dans son petit bureau pour parler d’incendies, qui prend l’affiche dans quelques jours.Le Sphinx Mais ça ne se passe pas toujours vraiment comme on l’avait prévu, dans la vraie vie.Une fois les photos prises, puis les premières phrases échangées, vint la courte parenthèse du discours de bienvenue adressé aux collègues.Et lorsque nous nous sommes assis pour de bon, entourés des vieilles pierres des fondations du théâtre, je n’ai pu m'empêcher de lui demander de fciire d'abord le point, au moment où il entame sa dernière saison comme directeur artistique du Quat’Sous et alors qu incendies, probablement son texte le plus achevé, s’apprête à tourner pendant des mois en Europe, après Ottawa et avant Montréal, le printemps prochain.Ira-t-il du côté de l’écriture dramatique?De la mise en scène?Res-tera-t-il ici?Ira-t-il ailleurs, et si oui, pour faire quoi?Wajdi Mouawad réfléchit une bonne et longue minute avant de répondre.«Je ne sais pas, finit-il par dire.J’ai l’impression d'entendre la voix du Sphinx à travers votre série de questions: il faut que je donne la bonne réponse, il faut que je me donne la bonne réponse, sinon je risque d’être démembré.» Il me regarde de son sourire un peu mouillé, puis il reprend.«R y a deux choix.Ou je me case, je fais ma petite affaire, j’écris un peu et j’accepte les propositions de mise en scène qui me semblent intéressantes.Mais je ne veux pas faire seulement cela, tomber dans cette espèce de brouillard qu’engendre l’habitude.[.] Après avoir écrit et monté Littoral, Rêve et maintenant Incendies, je sais que la création pour moi est liée à la prise de parole: je veux raconter des histoires.Des histoires im- LE THEATRE DE LH HROUFRCTURE en coproduction evoc TRRI1S-TH£ATRE présente GREDDRVEURKE Dans une traduction de vumi eiEnuEnuE Mise en scène HICHEL HDIITV i Avec DRUID EOUTIfl DRF1IEL GRDÜUR5 STEPHRRE JREQUES FRflnCIS PDULIfl IIP rmais ib ' ' ¦ Assistance à la mise en scène HHRIE-HELEI1E OUFOET Décor DLIUIER LRnDREUILLE Costumes ERRRH EALLEUH éclairages (IflRTin LRERECPUE Musique originale JERn-FRRRCDIS PEHlfl Accessoires PRTRIEIR RUÈL Maquillages BLURWIE TREPRRIER Combats PRUL DE TDURREIL V Sn.T 4559.PAPINEAU-MONTREAL-QC 1 RESEAU ADMISSION ¦“ ' www.tNtRtrAlRlkornt.com 514 790.1245 ou ,T.»551.un ~îjl.T UIKWm U nom 514.523.2246 I i eoo.îSi.4595 ^ Üsai ESPACE GO le Théâtre du Trident BANQUE IAURENÎIENNE < | Nhrt MW SW W CaroHneS t*Dun»s,l»PK««» mditi WW, u owi* ALBERT MILLAIRE d.m-, COMPlfllffS ET 9 OCTjg CARDINAL KO \ 1 \ H 1) Traduction Inédite do Mise en scène de JE AN-P Scénographie et costumes d'ANDRÉ AC QU ART IVK P«n*ClDltiOR| JW transit mutthk 1514)845-4890 4tn.Rouitvtrt StiM IttrtM NISFRU ADMISSION I5t«i790-t245 WWW Bspaceito cum Tbeétro ESPACE GO briquées, impliquées dans la réalité d'aujourd'hui.Mais pas à n’importe quel prix.Un créateur a besoin de sentir que ce qu’il fait est unique.D’avoir l’impression d’être constamment sur le point de découvrir un filon d’or.D'être un explorateur.[.] Incendies, par exemple, représente pour moi une étape importante dans la façon de raconter les choses sur scène, et j'ai évidemment le goût de continuer à faire des choses que je n’ai jamais faites.J’y ai appris à désé-crire, à couper, à aller à l’essentiel, à aider le spectateur à avancer seul dans sa compréhension.A trouver ce qui n’a pas à être dit et qui parfois prend ainsi plus de sens.[.] Tout cela pour dire qu’après la publication de mon roman, l’an dernier, après le film que j’ai tourné à partir de Littoral, après Incendies et après ce séjour de trois saisons au Quat’Sous.je me sens vraiment comme si je faisais face au Sphinx, à la croisée des chemins.Et c’est précisément là que je veux être!» Broyés par la spirale de la violence De l’autre côté du vieux mur de pierres, dans le petit café du théâtre, les choses se sont considérablement calmées; André Brassard, Robert Lalonde et Jacques Godin sont montés sur la scène avec les concepteurs ATmpératif présent, et l’équipe du Quat’Sous est elle aussi retournée à ses tâches habituelles.La discussion reprend.Sur le retour du théâtre politique.«Oui, Incendies est une pièce politique, poursuit Mouawad.Mais je pense qu’il faut plutôt parler de requestionnement de la fonction du théâtre dans le monde.Pour moi, le théâtre doit parler de vie et de mort et de cette constante douleur de nos jours.Qui est l’Autre?Comment vivre avec lui?Qui est la victime et qui est le bourreau?Et, à travers tout cela, qu’est-ce que la justice?En abordant ces sujets, en parlant de cela, le théâtre touche à des tabous fondamentaux, aux ombres de la caverne.Et c'est ce besoin de raconter des histoires qui est éminemment politique, oui.» Il raconte ensuite que, lors de l’écriture puis de la mise en scène JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Après avoir écrit et monté Littoral, Rêve et maintenant Incendies, je sais que la création pour moi est liée à la prise de parole: je veux raconter des histoires», explique Wajdi Mouawad.du spectacle, la question s’est posée de savoir s’il fallait nommer précisément les lieux et connaître l’identité des armées et des factions mises en cause dans la pièce.04 790.1 v* ?qb >i5® fcOe cw> 12 OCT.2003 If FESTIVAL INTERNATIONAL DE NOUVELLE DANSE INFO-DANSE \ (514) 844-2172 \1 (866) 844-2172 WWW.FIND-LAB.COM ASSOCIATION EDNA \ BORIS CHARMATZ \ 30 SEPT.> 12 OCT.9h > minuit \ SALLE G, PUCE DES ARTS 20h30 19h 19h 17 h 30 21 h 17 h 30 \ 19 h 20 h 30 \ 22 h 30 15h\21h 15h\20h30 \20h30 19h EMMANUEL JOUTHE \ 7, 8, 9, 10.11 OCT.18 h \ GEORGES LAOUN OPTICIEN RE.Al\COMPANHIA JOÀO FIADEIRO Joào Fiadeiro m Rodrigues W TUSKETDANCE Tammy Forsythe — LE CARRÉ DES LOMBES Danièle D#snoy#rs \ 15h LE CARRÉ DES LOMBES Dame)# Dasnoyérs \ 20 h 30 LIVIA DAZA-PARIS COMPAGNIE MARIE C.HOUINARD\OSM Le Sacre du Printemps ANTONY RI22I JONATHAN BURRO WS\ JAN RITSEMA COMPAGNIE MARIE CHQUINARD JONATHAN Csntique.Etude *1 BURROWSV Chorale JAN RITSEMA TUSKETDANCE Tammy Forsythe CHORÉGI Siegâl CHORE' JW Siegal DARLING 21 h COMPAGNIE SYSTÈME D\ MARIE CHOUINARD Dominique Porte Cantique, Étude il Chorale BATTERY OPERA Lee Su-Feh, David McIntosh BALLETT FRANKFURT SYSTÈME D\ IMI William Forsyth# Dominique Porte rTl BATTERY OPERA Lee Su-Feh, David McIntosh M BALLETT FRANKFURT William Forsythe {^8 MARTIN BÉUNGER version française BATTERY OPERA Lee Su-Feh, David McIntosh JONATHAN BURROWS \ MATTEO FARGION M5h MANON FAIT DE LA DANSE Manon Oligny \ 22 h 30 JONATHAN BURROWS \ I MATTEO FARGlON \ 21 h i MEG STUART 21 h < « ! JOCELYNE MONTPETIT DANSE J Montpetit \ T Takai 19h COMPAGNIE DE BRUNE Lynda Gaudreau 21 h COMPAGNIE DE BRUNE Lynda Gaudreau 21 h LE CARRÉ DES LOMBES Danièle Desnoyers 20h30 LE CARRÉ DES LOMBES Danièle Desnoyers 20h30 LE CARRÉ DES LOMBES Danièle Desnoyers 20h30 LE CARRE DES LOMBES Dantèl* Dtsnoven \ 15H LE CARRÉ DES LOMBES Danièlt Dtmoyan \ 20h 30 J.Montpetit \ T Takai 17 h 30 J.Montpetit \ T Takai 20h30 LIVIA DA2A-PARIS DA2A-PARIS LIVIA DA2A-PARIS LUCKY BASTARD LE RENDEZ-VOUS DES FESTIVALIERS DU 30 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE DE 15h à 3h \ LABORATOIRE PUBLIC AVEC LES INTERVENTIONS D UNE VINGTAINE D'ARTISTES DE TOUS AZIMUTS.\ LES 2, 3, 4, 5 OCTOBRE è 17 h et 22 h \ SAT, SOCIÉTÉ DES ARTS TECHNOLOGIQUES EXPOSITIONSMNSTALLATIONS LAURENT GOLDRING \ 30 SEPT.> 12 OCT.\ CDEX UQAM CARLOS AMORALES \ 27 SEPT > 4 OCT \ FONDERIE DARLING, QUARTIER ÉPHÉMÈRE ANTONY RIZ2I \ 27 SEPT.> 11 OCT.\ AGORA DE U DANSE LABORATOIRES DE DISCUSSION BRÉSIL \ UA RODRIGUES \ 4 OCT.12h \ TANGENTE MEG STUART \ 4 OCT 15 h \ SAT WILLIAM FORSYTHE \ 9 OCT.17 h \ CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE (CCA) NOUVELLE GÉOPOLITIQUE DE LA DANSE \ 11 OCT 12 h \ MAI (MONTRÉAL.ARTS INTERCULTURELS) Suivez le FIND au jour le jour en compagnie de François Dufort, Frédérique Doyon et leurs invités.En direct à la SAT, du 30 septembre au 3 octobre, de 15H30 i 16H30 et à l'Agora de la danse, du 4 au 12 octobre, de 16h à 17h.En différé sur WEB TV au www.webtv-dfdanse.com.billetterie Articulée MONUMENT-NATIONAL, 1182.BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL (514) 790 1245 1 (800) 361 4595 WWWADMISSION.COM Pllace des Arts (514)842-2112 WWWPDA.QCCA 1*1 Québec nu nn Canada M Coms* *m Arts Canette Counc* M Villa da Montreal | TOURISME Montréal lk Devoir anv •iff ^ 3hr Qtairttr Télé-Québec ft Jur 883 I è LE DEVOIR.LES SAMEDI I ET DIMANCHE 5 O C T 0 B R E 2 O O A K I I Oscar en trois actes Le 17 septembre dernier.Téléfilm Canada annonçait que Les Invasions barbares avait été sélectionné pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.Depuis, une vingtaine d'autres pays ont, comme Téléfilm, devancé l'annonce officielle de l’Academy of Motion Pictures Arts & Sciences (AMPAS), prévue à la mi-octobre, en dévoilant le nom de leur poulain.Parmi ceux-ci, on compte la France (Bon voyage), le Danemark (Reconstruction), l'Italie (fm Not Scared) et le Brésil (Carandiru).Acte I: le plan Comme ce fut le cas dans chacun de ces pays, le film de Denys Arcand a été élu par un collège composé de représentants d’associations de professionnels et d’organismes gouvernementaux répartis entre Halifax et le Yukon, lesquels, au nombre de 24, ont fait leur choix parmi les six productions qui leur ont été soumises.Outre le film d’Arcand, cette liste comprenait Gaz bar blues.Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause, La Grande Séduction, Le Marais et Séraphin.Pour la première fois cette année, Téléfilm Canada a donné pour consigne aux votants de soutenir le film le plus susceptible de se rendre en finale.Pas vraiment étonnant, quand on sait que notre principal organisme gouvernemental est dans la phase finale de son virage axé sur la performance des films au guichet et la mise au point de stratégies de marketing plus vigoureuses.N’empêche que, sur le coup, la consigne a un peu étonné Josette Bélanger, agente de programme au Conseil des arts du Canada (CAC), qui participe à l’élection du poulain canadien depuis trois ans.«Au Conseil des arts, on a surtout l’habitude de défendre l’innovation et le cinéma d’auteur.On porte moins d’attention aux entrées et au marketing», dit-elle, précisant toutefois que le film d’Arcand s’inscrit parfaitement dans la politique du film d’auteur que défend le CAC.Pour sa part, le cinéaste George Mihalka, qui votait cette année sous la bannière de l’Association des réalisateurs du Québec, ne voit dans cette consigne que l’expression du gros bon sens.«On a tout intérêt à voter pour le film qui représente le mieux notre industrie», dit celui qui a pris acte des circonstances favorables au film d'Arcand.Ces «conditions gagnantes» ont fait battre en retraite plusieurs joueurs, dont Bernadette Payeur, de l’ACPAV, qui a produit 20hl 7 rue Darling.«Etant donné les prix remportés à Cannes et la couverture de presse unanime, c’était évident pour moi que tous ces gens allaient voter pour Les Invasions barbares, et c’est exactement ce qui s’est passé», explique la productrice, dont l’abstention fut imitée par plusieurs confrères.En effet, neuf des quinze films admissibles (dont Le Nèg, de Robert Morin) n’ont pas été soumis à l’examen des votants.Lodi Butler, directrice du financement film & télévision à la British Columbia Film, est d’avis que, au delà de la consigne, «on vote moins par calcul que par instinct, parce qu’on ne peut pas deviner d’une année à l’autre ce à quoi les membres de l’AMPAS seront sensibles».Ainsi, Mme Butler affirme ne pas s’être laissée influencer par le frit que le film d’Arcand avait fait un malheur à Cannes et que Miramax, reconnue pour ses campagnes énergiques pendant la course aux Oscars, en avait acquis les droits pour les Etats-Unis.«Il y a quelque chose de fort et de pertinent dans le film de Denys qui m’a fait comprendre que, de tous les films, le sien nous représente le mieux.» Acte II: l’épreuve Le 1er octobre marquait la date butoir pour l’inscription des films dans la course.Des 87 pays dont les comités sont reconnus par l’AMPAS, une cinquantaine devraient avoir répondu à l’appel.Après quoi, les organismes de cha-ctin de ces pays ont jusqu’au 15 oc-tdbre pour faire parvenir une copie de leur film sous-titrée en anglais.: L’an dernier, 625 membres de Mart in Bilodeau ?l’AMPAS, la plupart résidants de Los Angeles, avaient participé à la présélection.L’AMPAS divise ces volontaires en trois sous-groupes ayant chacun pour mandat de visionner entre 15 et 20 films, soit le tiers de la sélection globale.Des projections sont organisées, et les présences, dûment notées.Au terme du processus, chaque individu doit avoir vu 70 % des films soumis à l’examen de son groupe pour se voir remettre un bulletin de vote.Patrick Stockstill, qui coordonne ce processus à l’AMPAS, me faisait remarquer cette semaine qu’une bonne partie des membres s'écartent de leur mandat pour voir aussi les films soumis à l’examen des autres groupes: «Us s'inscrivent parce que le cinéma étranger les intéresse», affirme Stockstill, qui insiste, un peu trop, pour m’assurer que les participants à la sélection ne sont pas tous des chômeurs ou des retraités.Acte III: l’invasion Les titres des cinq finalistes seront connus le 27 janvier prochain, avec l’annonce des candidats dans chacune des catégories.L'AMPAS refusant pour l’instant de divulguer la liste complète des films qui lui ont été soumis, il est trop tôt pour les pronostics.Cela dit, fort de la notoriété d’Arcand, d’une presse aimante et de l'invasion barbare que Miramax prévoit amorcer le 21 novembre, on n’a pas vu poulain canadien plus solide depuis.Le Déclin de l’empire américain.Si la compétition vous met en appétit sachez par ailleurs que le programme du FCMM comporte cinq films élus par leurs pays respectifs pour participer à la course, à savoir Osama (Afghanistan), Good Bye, Lenin! (Allemagne), Distant (Turquie), NoiAlbinoi (Islande) et Kitchen Stories (Norvège).FILLES UNIQUES Realisation: Pierre J olivet.Scénario: Pierre Jolivet et Simon Michael.Avec Sandrine Kiberlain, Sylvie Testtid, Vincent Lindon, François Berleand, Roschdy Zem.Images: Pascal Ridao.Musique: Serge Perathoner.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Parfois, deux actrices vont bien ensemble.On sent qu’elles prennent plaisir à se donner la réplique, et la chimie fonctionne à plein.Sandrine Kiberlain et Sylvie Testud possèdent quelque chose en commun, en plus du talent: des minois en dehors du moule de l’harmonie pure, une étrangeté dans la beauté, un côté pince-sans-rire qui fait merveille au cinéma, une sorte de modernité, un sens du risque et de fortes personnalités.Pierre Jolivet (dont on accueille toujours les films avec plaisir) a eu le doigté de réunir ces deux comédiennes en leur faisant jouer un duo joyeusement boiteux, qui amuse par l’absurdité des situations.Filles uniques rappelle un peu le film de Jeanne La-brune, C’est le bouquet!, pour le côté ludique, les clins d’œil visuels, mais celui de Jolivet est plus rebondissant et mieux réussi que celui de Labrune.Jolivet est un cinéaste français qui s’éloigne des sentiers battus et tâte de plusieurs genres, généralement avec bonheur.Fred, En plein cœur, Ma petite entreprise: il adore promener sa caméra du côté des petites gens qui se battent, perdent, gagnent parfois, mais c’est la première fois qu’il attaque de plein fouet un univers féminin (son précédent film étant le martial film d’époque Le Frère du guerrier).Avec sa structure libre mais sans temps mort, Filles uniques repose sur la rencontre de deux univers en apparence inconciliables.Ceux de Carole, une juge d’instruction (Sandrine Kiberlain), et de Tina (Sylvie Testud), jeune voleuse récidiviste fraîchement libérée de prison qui adore Cinquième salle Place des Arts CSJÉbec:: Récital de Katarina Mikhailova Le 11 octobre 2003 à 201i Katarina Mikhailova Pianiste Présentation des oeuvres par Suzanne Lapointe J.Brahms : Sonate No 3 , en Fa mineur Opus 5 D.Scarlatti : Sonate en Ré majeur K.29 (L461) S Slonirnsky: Prélude et Fugue en La bémol le majeur J.S.Bach Prélude et Fugue en Do dièse majeur A Scriabin : Fantaisie en Si mineur, Opus 28 Harry Somers: Sonata No.1, "Testament of Youth” Stylisations des chansons populaires par Madame Mikhailova Billets en vente au 514 842 2112 et au www.pda.qc.ca Réseau Admission 514 790 1245 • T j tLes idées heureuses société
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