Le devoir, 3 novembre 2007, Cahier F
LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIM A X t 11 E 4 X O V E XI R R E 2 O O 7 LITTERATURE Michel Tremblay, nouveau roman Page F 3 ^ J Paul Gérin-Lyoie, premier violon Page F 4 LIVRES JACQUES GRENIER I.E DEVOIR La vie du pôvre petit moâ Georges-Hébert Germain raconte rhomme au déficient manteau ISABELLE PARÉ Près de deux ans après sa disparition, la vieille galoche sympathique nous manque toujours.Dans le portrait que brosse Georges-Hébert Germain de l’homme au «déficient manteau», on découvre que Sol a fait plus qu’endosser le drolatique rôle du «vagabond à rien» sous son chapeau cloche, il a épousé de tout son être, à force de harcèlement textuel, la cause des sans-abri, des sans-argent et des sans-rien.Allergique à tous les «vils bre-quins» de la finance et à la «satiété de consommation», Marc Favreau a mené sa vie privée comme sa carrière.De façon entêtée et redevable qu’à lui-même.D s’est forgé un chemin à force de coups de gueule, en marge des systèmes, des cercles artistiques et des institutions.C’est littéralement le profil d’un libre-penseur-né, d’un rebelle avec une cause, réfractaire aux sentiers balisés, que choisit de dépeindre Georges-Hébert Germain — un ami de la famille—dans ce bouquin de près de 300 pages.En Marc Fa-vreau, il y avait plus qu’un clown rouge et rigolo.Il y avait son alter ego, son double, sa copie carbone, dont l’habit «d’embarrassant sans abri» servait à exprimer de façon cinglante ce qui le tenaillait jusqu’au plus profond fond des tripes.L’idée d’une biographie sur Marc Favreau, disparu le 17 décembre 2005, est née un matin pluvieux de juin 2006, lors d’une cérémonie intime organisée à Aber-com par son étemelle complice et compagne de vie, Micheline Gé-rin, pour enterrer les cendres de son amoureux disparu.Amie de Georges-Hébert Germain, là femme de Favreau, approchée par de nombreux éditeurs, lui demande alors d’écrire la biographie de Sol.«fai accepté parce que Micheline était une amie et que plusieurs choses me fascinaient chez Favreau.Sol, c’était plus qu'un artiste, c’était un esprit encyclopédique.U savait tout sur tout, sur les arbres, sur les animaux.Il dévorait les guides, les encyclopédies, les ouvrages de référence», soutient son biographe.Germain remonte le fil de la vie de Favreau et dépiste très tôt en lui un autodidacte dans l’âme.Avide lecteur mais pitre à l’école, cet esprit solitaire a acquis la plupart de ses vastes connaissances hors des bancs d’école.Jeune et assoiffé de liberté, il suivait déjà sa propre voix et ruait à la moindre tentative d’embrigadement Eternel marginal — même dans les jeunes cadets de l’armée —, il fera tout pour VOIR PAGE F 2: SOL < > Le Goncourt pour Le Rapport de Brodeck?«Je n ’écris pas pour ça.J’écris pour mes lecteurs», explique Philippe Claudel DANIELLE LAURIN Le Rapport de Brodeck figure parmi les favoris dans la course au Goncourt 2007.Mais ça n’empêche pas son auteur, Philippe Claudel, 45 ans, de dormir sur ses deux oreilles pour autant «Moi, le Goncourt, vous savez.» Il y a quatre ans, son roman Les Âmes grises avait récolté le Grand Prix des lectrices du magazine Elle et décroché le Re-naudot.mais avait raté le Goncourt «Tout le monde disait pourtant que je l’aurais, le Goncourt, pour ce livre-là.» Philippe Claudel rigole au téléphone.«Le Goncourt est une mode française.Les Français aiment bien donner des médailles.» Mais, assure-t-il, aucune importance pour lui.«Je n ’écris pas pour ça.f écris pour mes lecteurs.» Ça n’a rien d'une boutade.Ce fils d’ouvrier natif de la Lorraine, où il vit toujours avec sa femme et sa fille, a longtemps enseigné dans les prisons et les centres pour enfants handicapés.«L’humanité, c’est aussi rendre ce que l’on nous a donné, aller vers ceux qui ont moins de liberté ou de mobilité pour ne pas les enfermer dans un ghetto», a-t-il déjà déclaré.Aujourd'hui, l’auteur, traduit en 30 langues, confie: «Faire des livres, pour moi, c’est aller vers les autres.Où qu ils se trouvent, quoi qu'ils vivent.» Il ajoute: «Faire des films, c’est la même chose, je crois.» Philippe Claudel, qui en est à son sixième roman, a signé, dans le passé, plusieurs scénarios de films.Celui qu’a réalisé Yves Angelot en 2005 à partir des Âmes grises, notamment L’écrivain est aussi prof de cinéma à ses heures.Et il travaille présentement au montage de son premier long métrage, ins- E N T REVUE Philippe Claudel au cœur de l’humain, au cœur de la guerre piré d’un scénario de son cru.Il y a longtemps que je t'aime, mettant en vedette Kristin Scott Thomas (révélée dans Le Patient Anglais) et Eisa Zylberstein (Prix Romy Schneider 1993 pour Mina Tannen-baum), devrait prendre l’affiche au printemps « 2008.«C’est l’histoire de deux soeurs que la vie a séparées et qui réapprennent à se connaître après 15 ans», précise Philippe ClaudeL Pour lui, l’essentiel de son travail au cinéma et en littérature réside en ceci: «Je veux essayer de montrer que nous sommes tous dans le même bateau.» Tous dans le même bateau, c’est-à-dire: tous humains, tous concernés par ce qui s’est passé avant nous et ce qui a lieu autour de nous.Tous concernés par la guerre, pour commencer.La guerre, grande obsession de Philippe Claudel, comme en témoignent ses trois plus récents livres.L’action des Ames grises se déroulait pendant la Première Guerre mondiale.ni® FREDERICK FLORIN AFF Philippe Claudel Le livre qui a suivi, Im Petite Fille de monsieur Linh, évoquait la guerre du Vietnam et le génocide khmer.Tandis que Le Rapport de Brodeck se situe au lendemain de la Première Guerre mondiale.«Si la guerre, si les gé-, nocides n ’existaient pas, n’avaient jamais existé, j’écrirais sur autre chose, plaide le romancier.Mais ça fait partie de l’histoire, delà nature humaine.» Montrer comment l’humanité va jusqu’à son gouffre, c’est ce qu’il avait en tête en écrivant Le Rapport de Brodeck.Un roman sur la haine, la violence et la peur de l’autre, dont l’action se passe dans un village jamais nommé, à une date, somme toute, incertaine.Montrer des portes Le flou est voulu.«Des génocides, des massacres monstrueux, il y en a eu avant l’Holocauste et après, explique Philippe Claudel.H y en a encore aujourd'hui.Aussi, ne pas situer mon histoire dans le temps et dans l’espace fait PATRYCE BAK en sorte que le lecteur peut la situer où et quand il veut.» Son rôle à lui, comme romancier, se résume à ceci, dit-il: «Montrer des portes, avec des serrures, mais sans donner toutes les clés.» Ce que le lecteur du Rapport de Brodeck retiendra: même une fois la guerre terminée, la barbarie humaine continue de tuer.Quand commence le roman, la guerre est finie.Mais un meurtre collectif vient d’être commis.Un homme, un étranger, a été sauvagement assassiné.«Tout génocide commence ainsi, fait remarquer Philippe Claudel.On massacre celui qui est différent.» Il insiste: «Quand tout va bien dans nos familles, nos villages, nos pays, on ne se pose pas de questions sur l’Autre.C’est quand tout va mal qu’on se rend compte de la couleur de la peau, de la religion, de la culture de l’Autre, et qu’m le rejette.C’est pratique d’avoir un bouc émissaire sous la main dans les périodes de tensùm.» Brodeck, héros malgré lui du Rapport de Brodeck, est lui-même un bouc émissaire.Survivant des camps de concentration, il a été choisi pour rédiger un rapport mensonger.Un rapport qui innocentera les hommes de son village.pourtant responsables du meurtre collectif de l’étranger.Mais en marge de ce rapport, Brodeck notera en catimini, dans un cahier, ses propres impressions, ses découvertes.Il racontera son histoire, et celle de son village.Sans cesser de s’interroger sur la cruauté et la lâcheté des hommes.C’est ce cahier personnel que nous donne à lire en fait Le Rapport de Brodeck.«Pour moi, c’est aussi un livre sur comment LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2007 F 4 LITTERATURE Gérin-Lajoie, premier violon * Louis Hamelin Je suis un homme qui écoute la radio.Je me tiens loin de CKOI-FM et de tous ses dérivés sans lesquels tant de beaux-frères dans l’âme et de vedettes de partys de mononcles se retrouveraient au chômage.Je suis un fidèle de la grande tour, un oralien, un radio-canadien.Aussi bien dire que les séries qui rendent «hommage à», plus capable.comme dirait l’autre.Reggiani, passe encore, mais le Souchon, puis ce Plamondon lancinant et pénible! Dans mon auto, l’autre soir sur la 40, j’ai attrapé la fin du derniej-épisode de la série sur Lévesque.A un moment donné, on a annoncé la prochaine enfilade d’intervenants, empilant les noms comme le prof de jadis «prenait les présences» à la petite école.Une douzaine de voix ont ensuite défilé en rafale, chacune son petit tour, couvrant tout le spectre qui va de Claude Charron à Jacques Godbout Une succession de couplets de circonstance bien huilés, comme si lldée avait été de noyer la vérité du personnage dans la diversité des opinions.L’enflure de ce besoin de se célébrer en chœur à travers l’autre est inversement proportionnelle a la marche sur les œufs de l’esprit critique québécois.Mais Repentigny, et les champs de L’Assomption, c’est long à dix heures du soir, et j’en aurais bien refais, de la voix du sujet de l’émission hiknême en personne, surtout de ce fameux «Merci quand même» de son discours d’adieu.Cet homme n’en finit vraiment plus de nous manquer.J’étais justement en train de lire un livre sur Gérin-Lajoie, l’autre prima donna de la Révolution tranquille.C’est l’histoire d’un orchestre.Il y avait le chef bel homme imbu de lui-même qui gesticulait beaucoup mais ne dirigeait pas grand-chose finalement.Il laissait ses meilleurs éléments donner le ton et savait s’ajuster.Toujours une bouteille de cachée quelque part, et tous les musiciens et tous les critiques et les spectateurs dans la salle guettaient le tremblement de la baguette du maestro.En- éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature sous U direction de Sébastien Charles et Pierre-Henri Tavoillot Qu est-ce quune société d’individus?< bnH*"* IVrrr Heurt fatoitlui iJu’uiM* SIK'Ü’lV ifindtvidiis?des textes de Luc Bégin, Sébastien Charles, Éric Deschavanne, Claude Gélinas, Justine Martin, Julie Perreault, Alain Renaut, Pierre-Henri Tavoillot, Ludivine Thiaw-Po-Une, Paul Zawadzki Agenda littéraire Novembre 2007 Union des écrivaines et des écrivains québécois r^T] JEUDI 8 NOVEMBRE, 19 h 30 ^ DES MOTS ET DES SONS - Lecture-concert inspirée par le japon avec les écrivains André Duhaime et André Grard et le musicien Michel Dubeau Maison des écrivains, 3492, avenue Laval, Montréal Sherbrooke Entrée gratuite.Réservation obligatoire VENDREDI 16 NOVEMBRE, 16 h LIVRES COMME L’AIR en collaboration avec Amnistie internationale et Centre P.E.N Cérémonie de lecture de dédicaces animée par Antonine Maillet avec les écrivains Marie-Geneviève Cadieux, Stéphane Dompierre, Hélène Do ri on, Nadia Ghalem, Nicole Houde, Florian Levesque, André Marois, Francine Noël, Jean-François Somain et Guillaume VigneauR A l'Agora - Salon du livre de Montréal Hall d'exposition Place Bonaventure Bonaventure I | I I MERCREDI 21 NOVEMBRE, 19 h 30 ^ LECTURE / PERFORMANCE ^ ÀIA CROISÉE DES TEXTES PARLÉS ET DE LA MUSIQUE Rencontre animée par l'écrivain en résidence.Patrick Dubost, de France, avec l'écrivaine Geneviève Letarte Maison des écrivains.3492, avenue Laval, Montréal Sherbrooke Entrée gratuite.Reservation obligatoire JEUDI 29 NOVEMBRE, 19 h LECTURE / PERFORMANCE POUR NE PAS MOURIR Rencontre animée par l'écrivain en résidence.Patrick Dubost.de France, avec le musicien Vincent Dionne Agora Hydro-Québec du Cœur des sciences Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l'UQÀM 17S.avenue Président-Kennedy SU Place-des-Arts Adultes : 8 $ Etudiants et aînés : 2 $ www.coeurdessciences.uqam.ca www.uneq.qc.ca $ ct> Corned dnArti cAi Canada Canada Council fo* th# Art» CONSEIL DES ARH TE MONTRÉAL U SOURCE FONDATION PAUL GÉRIN-LAJOIE Paul Gérin-Lajoie pose devant une statue du patriote Louis-Joseph Papineau.suite, ü y avait le pianiste broufflon et échevelé, habillé tout croche, à la touche géniale.Un prodige.Et aussi un visionnaire qui rêvait d’un piano électrique.Puis, ü y avait le premier violon, prodigieusement doué, brillant et racé, aux costumes impeccables.Occuper la place du chef d’orchestre était la seule chose qui manquait à son bonheur.Et ça n’arriverait jamais, parce que c’est la flûte tra-versiére qui allait hériter du poste.Ce premier violon, c’était Paul Gérin-Lajoie.Après le Bourgault de Nadeau, l’itinéraire de cet autre déçu de la politique que nous présente, dans un ouvrage solide, un ancien journaliste des ondes et de l’écrit, Mario Cardinal, arrive à point nommé pour, en ces temps de débats houleux et de douloureuses remises en question, compléter le portrait du grand bond en avant que connut le Québec au cours des années 60.Pour aller vite, on pourrait dire que l’héritage le phis visible de Paul Gérin-Lajoie, ce sont les autobus jaunes.Vous pensiez qu’ils avaient toujours fait partie du paysage?Moi aussi.Et c'est avec une sorte de douce stupéfaction que j’ai appris que l’apparition de cette turbulente flotte sur nos routes était pratiquement contemporaine de ma propre venue à l’école.Le moindre intérêt de cette lecture n’est donc pas de nous rappeler encore une fois à quel point nous venons de loin, et qu’il fallut une véritable race de bâtisseurs et d’aventuriers de la chose publique pour nous sortir de l’ornière au fond de laquelle les maîtres anglo-saxons de la finance et l’idéologie agricole messianique de leurs valets du clergé nous avaient fait prendre notre trou.Le chemin parcouru Le chemin qu’ils nous ont fait faire, ces autobus scolaires.Quand j’ai fait ma troisième année, à Maria, c’est une vraie mère supérieure à voile qui, tel un spectre d’un autre temps tout de noir vêtu, se tenait à la lisière de la cour de la récréation avec une cloche, une vraie cloche (ding! ding!) pour rameuter brebis et moutons noirs.Elle s’accrochait à son couvent à l’instar de toute une race de vieux frères partout dans la province.Pour les chasser, en fait de gousses d’ail et d’épouvantails, on leur opposa les recommandations du rapport Parent Mais le cardinal Léger, qui aimait se donner à hiknême du «pince» et qui ne se prenait surtout pas pour un manche de pelle, n’aDait pas lâcher le monceau si facilement Ce fut une bataille bureaucratique épique entre cette mafia des âmes qui luttait ped à pied pour que l’ombre de son pouvoir continue de planer sur le futur ministère et l’es-pit Mque incarné à la perfection par Gérin-Lajoie et son équipe.Avec l’électricité, ce sera l’autre grand chantier de la Révolution tranquille: Paul Gérin-Lajoie, entre revanche des berceaux et «conquête des cerveaux» (Lesage), est le père du ministère de l’Éducation.Comme carte de visite, même sous l’actuel vent de réforme qui ne sent pas toujours bon, on pourrait trouver pire.A quoi vient s’ajouter l’ébauche d’une personnalité internationale du Québec devenue la doctrine qui porte son nom.Mais l’ex-oxfordien et boursier de la fondation Rhodes était d’abord constitutionnaliste de formation, et sur ce plan le bilan est loin d’être aussi reluisant Bien avant le rapport AHaire et Mario Dumont dont il est en quelque sorte le père spirituel, Gérin-Lajoie fut le précurseur d’une étrange secte formée d’adorateurs de la quadrature du cercle, aussi appelée «statut particulier».Confronté aux sparages de Bourgault et aux bombes du FLQ, le PLQ cherche, vieux problème, une manière de sauter dans le train en marche du nationalisme revendicateur sans pour autant déplaire au grand frère outaouais.Ce qui n’aide pas tellement Gérin-Lajoie dans cet exercice de haute voltige, c’est que deux des meilleurs, sinon les seuls amis de ce grand solitaire, se nomment Pierre Trudeau, l’ancien condisciple de Brébeuf et Marc Lalonde.D est particulièrement suave de lire la citation attribuée à ce dernier: «En aucun moment, nous nous sommes (sic) dit à Ottawa: qu’est-ce qu’on peut faire pour bloquer l’ascension de Gérin-Lajoie?Sans avoir à intervenir, nous savions [.] qu’il n'allait pas remplacer Lesage.» Vive la pensée magique! L’auteur écrit ailleurs: «Le rôle qu’a pu jouer Marc Lalonde dans les dé- marches qui ont conduit Gérin-Lajoie à abandonner la politique québécoise au profit de la Jonction publique fédérale n’est pas connu.» Mais, à part le fait qu’il a un jour demandé à la GRC d’espionner le Québec «comme si c’était une nation étrangère», qu’est-ce qu’on sait au juste du rôle précis de ce sphinx à bec de corbeau doublé d'un exécuteur des basses œuvres trudeauistes dans l’histoire du Québec?Personnellement, je n'achèterais pas un sous-marin nucléaire d’occasion à cet homme.Le dilemme du père québécois de l’éducation moderne va se cristalliser lors du fameux congrès de 1968 où Paul Desrochers, alias «mononcle Paul», alias Papa Doc, de loin le personnage le phis intéressant de cette époque, faisant preuve d’un remarquable sens de l’organisation, a supervisé jusque dans ses moindres détails l’envoi de René Lé- vesque à l’abattoir et sa mise à mort constitutionnelle.Gérin-Lajoie y donne à son vieux complice et rival la poignée de main du condamné.Le statut particulier sera «tablette» et PGL catapulté par Trudeau à la tête de TACD1 où, déplaçant beaucoup d’air, il aura enfin le droit de se prendre pour une sorte de chef d'Etat Son rêve.mais on peut en faire un autre, dans lequel René Lévesque, en 1981, se présente à Ottawa flanqué d’un Paul Gérin-Lajoie à la place de Claude Morin.hamelinlo@sympatico.ca PAUL GÉRIN-IAIOIE, L’HOMME QUI VEUT CHANGER LE MONDE Mario Cardinal LA PETITE CHRONIQUE Le Paris de Kerouac et des autres Gilles Archambault Au risque de paraître détestable aux yeux de ceux qui considèrent que le Satori à Paris de Jack Kerouac est un livre de grand intérêt j'affirme que ce curieux texte n’a de valeur que dans la mesure où l’on considère qu’il s’imbrique dans un corpus que Ton juge inestimable.Le texte reparaît dans la collection Folio bilingue.Le lecteur est donc à même de comparer texte original et traduction.Dans la mesure où je peux en juger, cette version française est juste.Bien sûr, si on insiste sur l’interprétation québécoise des réalités proposées, on pourra toujours tiquer.Tel n’est pas mon propos.Le projet naïf de Kerouac de retrouver ses ancêtres en France ferait sourire si on n’avait de l’auteur, au préalable, une image plus que favorable.De l'illumination qu’il aurait reçue à Paris, on ne saura presque rien.Le récit que l’auteur d’Ow the Road nous livre est à la fois stimulant et pitoyable.Le moins que l’on puisse avancer, c’est que la France institutionnelle des années soixante n’était pas un terreau idéal pour accueillir le poivrot qu'était alors notre auteur.On peut trouver injuste qu’une secrétaire de Gallimard l’ait ignoré avec hauteur, mais est-il évident qu’un éditeur américain prptégé comme un président des États-Unis l’ait accueilli autrement'’ Sans rendez-vous, puant l’alcool, mal fagoté, parlant un patois à peine compréhensible même pour un Québécois, comment pouvait-il espérer davantage?Il reste donc, pour moi en tout cas, un récit imagé qu’on lit d’un trait titillé par des notations originales dont la sincérité ne peut être mise en doute.Mais guère phis.M’a intéressé bien davantage un livre intrigant intitulé Paris, musée du XXI' siècle.Le dixième arrondissement.L’auteur, Thomas Clerc, nous livre une sorte de carnet II y est, bien sûr, question de ce coin de Paris que les touristes connaissent mal.mais aussi de ce qu’inspire au narrateur la vie d’aujourd’hui Journal personnel en quelque sorte, conversation à bâtons rompus en même temps que quadrillage systématique d’un quartier, rue par rue, numéro par numéro.Foisonnent des affirmations éton- nantes et partant intéressantes.Par exemple: «Je donne tout Paul Éluard (et tout Jean Anouilh) pour une seule case de Tintin.» Un auteur qui a de ce genre d’irrévérence est rarement indifférent.Thomas Clerc ne l’est surtout pas.Constatant la dégradation urbaine à laquelle Paris n’échappe pas, il note: «Quand un commerçant médiocre arrive, on en prend pour vingt ans.» Une entreprise de ce genre n’est possible que pour un promeneur.Thomas Clerc l’est éminemment D note, l’air de rien: «La flânerie, activité masculine, où l’écrivain promène sa vision genrée du monde, connaît peu de flâneuses.La piétonne sans but pourrait passer pour une fille “qui cherche”.» Ce promeneur d’élite, qui se promène en même temps dans sa mémoire èt son émotivité, nous apprend des tas de choses sur sa ville.Il y a même à Paris une rue Dieu.Élle «vaut tous les blasphèmes» puisqu’elle a été attribuée à un général mort au XDC siècle.«Habiter une rue est un choix d’époque», lit-on.Comment en douter quand on constate les faveurs et les défaveurs d’un quartier selon les périodes.Ce ne sont certes pas les habitants du Plateau Mont-Royal qui en disconviendront Ne surtout pas s’imaginer que cette analyse au peigne fin d’un coin de Paris est le fait d’un grincheux passéiste.Au contraire, on tombe fréquemment sur des notations bien contemporaines et les termes anglo-saxons à la mode ne sont pas rares.Même le tabac suggère une remarque qui n’est peut-être pas fausse: «Je ne fume pas mais je regrette l’extinction progressive de h cigarette, signe du caractère moralisateur de l’époque, voire de son caractère anti-politique.On s'accorde du chômage, pas du tabac.» Collaborateur du Devoir SATORI À PARIS Jack Kerouac Gallimard, coll.«Folio bilingue» Paris, 2007,231 pages PARIS, MUSÉE DU XXIe SIÈCLE Le dixième arrondissement Thomas Clerc L’Arbalète Gallimard Paris, 2007,250 pages Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous invite à assister a ia lecture-spectacle Hector de Saint-Denys Garneau ou Le portage miraculeux Cette lecture-spectacle alliant théâtre, musique et vidéo fera redécouvrir la fascinante complexité et l’écriture lumineuse d’Hector de Saint-Denys Garneau.Dramaturgie et mise en scène : Christian Vézina Comédiens : Maude Guérin, Jean Maheux et Christian Vézina Production : BAnQ, en collaboration avec le Théâtre Barbare à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque le mardi 6 et le mercredi ?novembre à 19 h 30 4?5, boul.De Maisonneuve Est, Montréal [1® Métro Berri-UOAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Entrée libre dans la limite des 300 places disponibles www.banq.qc.ca Bibliothèque et Arehlvet nationales Québec ?D can < i LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2 0 0 7 LITTERATURE Emmanuel Carrère, écrivain et cinéaste DANIELLE LAURIN On le connaît d’abord comme écrivain.Un écrivain dont les livres, traduits dans 30 pays, baignent dans un climat d’étrangeté angoissante.Mais c’est le cinéma qui amène l’auteur à'Un roman russe à Montréal ces jours-ci: la Cinémathèque québécoise présente une rétrospective Emmanuel Carrère.A peine débarqué de l’avion, il s’apprête à aller présenter devant public son premier long métrage: Retour à Kotelnitch.Un documentaire, tourné dans un bled perdu de la Russie, pays pour lequel le fils de la célèbre soviétologue française Hélène Carrère d’Encausse éprouve un attachement particulier son grand-père maternel était d’origine russe.Retour à Kotelnitch sera projeté en alternance did mercredi avec La Moustache, autre film signé Emmanuel Carrère.Une fiction, cette fois, tirée du roman du même nom qu’il a publié en 1986.Deux autres films adaptés de ses romans sont aussi au programme: UAdversaire, de Nicole Garcia, et La Classe de neige, de Claude Miller.Première constatation: l’homme de 49 ans a bonne mine, il n’est pas ivre.Rien à voir avec la gueule d’épouvante qu’il traîne dans son documentaire.Où il apparat souvent saoul, désorienté.Tout a commencé par un reportage pour la télé.En 2000.Emmanuel Carrère, qui a fait ses débuts comme critique de cinéma et scénariste, venait de passer sept années sur son livre L’Adversaire.Où il relate la vie d’un mythomane psychopathe, Jean-Claude Roman.Il avait besoin d’air.Il s’est donc rendu en Russie, pour tourner l’histoire d’un soldat hongrois disparu en 1944 et retrouvé près de 60 ans plus tard dans un hôpital psychiatrique, à Kotelnitch.Une histoire qui faisait écho à sa propre histoire familiale: son grand-père maternel a disparu en 1944.Enlevé à Bordeaux, il a probablement été exécuté, pour faits de collaboration avec les nazis.Une fois revenu à Paris, Emma- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Emmanuel Carrère, 49 ans, adore que son film Retour à Kotelnitch soit bizarre, hirsute, atypique.Inclassable.nuel Carrère a complété le montage de son reportage.Mais le souvenir de son grand-père continuait à le hanter.De même que les images rapportées de Russie.Parmi ces images, tournées au hasard: celle d’une jeune fille qui chante en s’accompagnant à la guitare dans un escalier.Une jeune fille nommée Ania, francophile passionnée.Et dont le compagnon, Sacha, dirige le FSB (ex-KGB) local.L’idée de retourner à Kotelnitch pour tourner un documentaire a germé.«Je ne savais pas trop ce que je voulais jaire au juste, mais j’avais envie de retrouver Ania et Sacha», explique Emmanuel Carrère.Il s’est posé un mois avec une équipe de tournage dans ce patelin où il ne se passait rien.A retrouvé Ania, nouvellement mère, et Sacha, toujours aussi intrigant A repris les beuveries de vodka.Et filmé, n’importe quoi.«On filmait toutes sortes de trucs, sans but précis, se rappelle+il: la fête du village, des filles qui passent un examen, des bodybuilders qui s’entraînent.L’idée, c’était d’arriver à une sorte de documentaire sur la vie quotidienne dans une ville russe.» Entre-temps, l’écrivain griffonnait dans un carnet Des notes diverses, parfois en russe.Des notes souvent incompréhensibles, même pour lui.Plus tard, il en ferait un roman de nature biographique, son Roman russe (POL, 2007).Un livre exceptionnel, acclamé par la critique, où l’auteur lève entre autres le voile sur l’histoire de son grand-père maternel, jusque-là tenue secrète.Mais de retour à Paris, à l’été 2002, Emmanuel Carrère n’a pas la tête à écrire un roman.D croule sous le poids des images qu’il a rapportées de Kotelnitch.D visionne et revisionne tout sans savoir si ça se tient, si ça fait un film.«On avait 120 heures de rushes, j’étais incapable de choisir, je faisais de l’attention flottante, comme disent lespsys.J’étais un peu découragé.» Puis, quelque chose se produit Un acte monstrueux.Ania et son bébé sont sauvagement assassinés.Emmanuel Carrère ne regarde plus ses images de la même façon.Ebranlé, il ne peut s’empêcher de retourner, une fois encore, à Kotelnitch.Ce sont ses trois séjours là-bas qui servent de fil narratif à son do- cumentaire.Le film prend des allures d’enquête.Ania a-t-elle été tuée par un fou, comme l'affirment les autorités?La mère de la jeune fille, elle, soupçonne son gendre d’être impliqué.«Je ne pensais pas, pour des raisons de décence, que je pourrais filmer Sacha, et la mère d'Ania, raconte Emmanuel Carrère.Mais ça s’est fait tout naturellement.Au retour, en regardant les images, j’ai pris conscience de ce qu’on avait filmé: c’était d’une intensité émotionnelle extrême, d'une violence incroyable!» Déstabilisant D'entrée de jeu, dans Retour à Kotelnitch, on voit Emmanuel Carrère dans un wagon de train avec son interprète.Les deux hommes, dans un état d’ébriété avancé, discutent.De la mort d’Ania.Et de bien d'autres choses.Mais on ne comprend pas l'enjeu de leur discussion.On capte à peine leurs paroles.On distingue mal leurs traits.Le son est mauvais, la caméra est brouillonne.On se demande sur quelle plané te on est tombé.«Je reconnais que ça va contre toutes les règles de commencer un film comme ça», dit en rigolant Emmanuel Carrère.D convient tout à fait que c’est complètement déstabilisant pour le spectateur.«Mais, lâche-t-il, fadore ça.» Il adore que son film soit bizarre, hirsute, atypique.Inclassable.«C’est le genre de film qui ne se programme pas.Ça ne se commande pas: ça arrive.» Il insiste: «Retour à Kotelnitch est la chose que j’ai faite dans ma vie dont je suis le plus fier.» Puis, sans prétention aucune, il glisse: «Des films standards, il y a au moins cent mille personnes qui peuvent en faire, bien mieux que moi.Ce qui m’intéresse, c’est de faire le genre de films qu’il n’y a que moi qui puisse faire.» Collaboratrice du Devoir ¦ Retour à Kotelnitch est présenté à la Cinémathèque québécoise ce soir, 3 novembre, à 21h, et le 7 novembre à 18h30.Les prix: parties de dames GUYLAINE MASSOUTRE Que les jurys pour les prix du roman, souvent romanciers eux-mêmes, aiment jouer, cela arrive.Cet automne, les écrivains sélectionnés valsent tels des pions sur l’échiquier.Des titres inattendus sont mis en avant Ainsi en va-t-il pour Stéphanie Ja-nicot Le Privilège des rêveurs (Albin Michel) se retrouve,parmi les finalistes au Renaudot A quarante ans, auteure d’une dizaine d’ouvrages, elle appartient à une génération d’écrivains qui s’attachent aux dysfonctionnements dans la famille.Dans Le Privilège des rêveurs, on découvre une famille juive franco-américaine, tentaculaire comme il se doit Croqués en phases brèves, sur un mode hyperactif les personnages se propulsent en allers-retours qui dessinent leurs émotions.Le puzzle est conséquent Toutefois, cette saga autour d’une écrivaine au ton sage et classique m’a laissée perplexe.«Le quotidien est l’art d’organiser les détails», dit la narratrice; cette myopie conditionne sa stratégie: elle fait tenir l'immensité multiforme dans des limites sans cesse touchées.Complicité du rêve D’autres attirent pour l’éclairage né du livre.Michèle Lesbre, auteure d’un quatrième roman chez Wespie-ser, possède la fine plume et le regard d’artiste qui s’accordent avec sa maison d’édition.Le Canapé rouge déroule une histoire poignante, méditative et lente, sise en .Sibérie et en France.Une femme voyage en train à la recherche d’un homme aimé jq-dis, reparti vers son lac Baikhal.A partir de ce prétexte, elle parachève en art ce qui tardait à s’accomplir dans sa vie.Elle se donne ainsi une leçon de dépouillement qui séduit Le rêve chasse les fantômes, au fùr et à mesure que la Sibérie livre ses secrets.«Je me laissais avaler par la rumeur, le rythme, le courant invisible qui parcourait cette ville», dira-t-elle dlrkoutsk, sur ce ton entêtant de solitaire, presque impersonnef qui défait les formes convenues des résolutions premières.Le voyage devient une errance lancinante, dans des paysages austères, entre les visages rudes du Transsibérien.Tout y est entrevu, voilé plus que saisi, estompé plus que compris.Mais le tourment régresse, la volonté aussi, et un équilibre s’installe.Pàs de reportage, donc, dans cette fresque mélancolique et pauvre.Est-elle brossée devant le canapé rouge d’une vieille dame, à Paris, protagoniste révélée à retardement?On peut s’interroger.Lesbre pose une empreinte de sérénité, sans rien bousculer.Mais cette ambiance prégnante, douce, les jurés du Concourt l’ont soulignée.Échec et mat Autre tour, plus cru, dans l'actuali- té littéraire: Christophe Donner, dans Un roi sans lendemain (Grasset), raconte le sort déplorable réservé au jeune Louis XVII, fils du monarque guillotiné.Ce sujet aurait paru irrecevable il y a quelques années.Pourtant, l'ultime monarchie glorieuse a connu le succès, par le film Marie-Antoinette qu’on sait.On a aussi hurlé sur la Croisette.Faut-il être Donner plus que Sofia Coppola, manier les mots de l’horreur et non les images fastueuses?Evoquer les traumas de la Terreur et les régicides de l’Ancien Régime, est-ce plus acceptable?Non, sans doute.D n’y a rien de commun entre ces peintures des jours et des nuits à Versailles, entre «la tigresse autrichienne [.] la plus méprisable prostituée de la France [.] la mère de ces avortons éclopés, bossus, gangre-»és.»,'écrit le citoyen Hébert à la Commune.Pour Donner, les succès éphémères du pouvoir décomposé, fut-ce sous les traits d’un bel enfant bâtard, demeurent sans équivoque: il est né au mauvais moment sous les auspices d’une royauté aveugle, imprévoyante, «sans lendemain».Finaliste dans plusieurs catégories, Donner, lui aussi cinéaste, délaisse l’autobiographie qui avait fait sa marque.Le voici plein de compassion pour ce prince de sept ans, emprisonné durant deux ans à la prison du Temple.L’ouvrage se lit comme un charme, malgré le chaos qu’il traverse.Comme se voit le film, d’ailleurs, il plaît L’attention se déporte vers les zones obscures, affreuses, de l’Histoire affolée.La verve est sûre, le pathos maîtrisé, l’action révélée minutieusement Donner ne s’adonne pas à admirer le XVIIL siècle dans ses puiges, mais dans ses pièges.Ne peut-on s’étonner, toutefois, que, fort des sentiments honorables qui débusquent les exactions, commises au nom des grands principes, on n’ait pas remis en question ce symbole royal qui fit de la toute-puissance en poste, une fois sa gloire ôtée, la calamité des vengeances inutiles et honteuses?Révision ou exhibition d’un cadavre dans la famille?Le phénomène consiste à ouvrir le placard d,e Barbe-Bleue.Sous des images dÉ-pinal, le sang des victimes.On serait tenté de dire: évidemment Les Gavroche et Cosette de Victor Hugo ont eu leur gloire, «réplique républicaine à Louis XVII», écrit Donner.Le sang bleu exigerait réparation.Mais les uns, comme il le prétend, sont-ils le pendant des autres?Si les héros changent de drapeau, c’est que l’art de tels romans n’a pas d’étiquette.Faut-il qu’une fois les barricades de Paris disparues on aille bénir le cœur arraché à dix siècles de règne capétien, tjans la crypte de saint Denis?Etrange rebond que ce deuil de papier, mélo assimilé, pour la véracité, à «un sacrifice fondateur».Collaboratrice du Devoir Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous donne rendez-vous aux idis littéraire î« KUtvwctn « Rencontre avec l’écrivain Gilles Archambault fi animée par Aline Apostolska Gilles Archambault, romancier, chroniqueur et journaliste, auteur notamment des Maladresses du cœur, de L’obsédante obèse et autres agressions et tout récemment des Rives prochaines.Les Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, une série de conversations avec des écrivains francophones d’ici et d’ailleurs.à l’Auditorium de la Grande Bibliothè e jeudi 8 novembre 2007 le 12 h 30 à 14 h Michel tremblay 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal EU® Métro Bern-UQAM Renseignements : 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Entrée libre dans la Hmtte des 300 places disponibles www.banq.qc.ca Bibliothtqu» rt Archives nationales Québec ran ifj Normand Chou i nard Normand Chouinard est un comédien et un metteur en scène dont le grand talent a toujours été reconnu.Dans ces entretiens intimistes, il nous révèle sa vision du théâtre, du jeu de l'acteur et des nombreux défis auxquels l'a confronté cette carrière sur les planches, sans oublier ses implications sociales, sa famille et ses L'ŒIL AU CALENDRIER Gabriel Landry Gainai Landiy WM Ml Ci Un fascinant premier livre, 196 poèmes, rien de moins, d'une rare lisibilité, mais un recueil machiné en diable qui démontre, hors de tout doute, que poésie et clarté ne sont pas les ennemis qu’on dit ! LES EXORCISTES DU VATICAN Tracy Wilkinson VATICAN Tracy Wilkinson, correspondante en chef du Los Angeles Times à Rome, a mené une grande enquête sur les exorcistes du Vatican, ces chasseurs de diable au XXL siècle.Loin de tout jugement, son essai soulève des questions troublantes sur la société, à l'heure où se multiplient les dérives des sciences occultes et autres sectes sataniques.QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com > LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2 0 0 7 LITTERATURE I T T É Vampires, parasites et beauté désespérante CAROLE TREMBLAY Z'' a arrive parfois.On lit un livre.On pense qu’on Vç/ vient de découvrir un nouvel auteur et, après quelques recherches, on se rend compte qu’ii a déjà toute une œuvre derrière lui et que des milliers de personnes l’ont déjà découvert avant nous.C’est ce qui m’est arrivé avec Scott Westerfeld.Avant de lire V-Virus, je n’avais jamais entendu parler de lui.Une consultation auprès de mon brave ami Google m’a révélé que cet écrivain américain avait déjà publié une douzaine d’ouvrages, qu’il avait remporté plusieurs prix, qu’il possédait un blogue, en plus d’un site Internet où on pouvait, entre autres choses, se procurer des T-shirts et qu’un forum de jeunes échangeait sur les personnages et les détails de ses romans.Remarquez que la popularité de cet auteur de SF converti à la littérature jeunesse m’étonne à moitié.Le ton de ses romans et les thèmes qu’il y traite correspondent tout à fait à la sensibilité des adolescents d’aujourd’hui.V-Virus raconte une histoire de vampire, campée au cœur d’un New York contemporain.L’originalité de l’ouvrage tient à ce qu’il présente le vampirisme, non pas comme une malédiction ancestrale, mais comme un virus, transmissible sexuellement.Ce parasite biologique, qui n’est pas sans rappeler le sida, induit chez ses victimes les comportements classiques que l’on connaît: soif de sang, peur de la lumière, etc.Cal, le personnage principal de ce thriller scientifique, est porteur du virus.Contrairement à la norme, il n’en a cependant pas développé les symptômes.A cause de cette particularité, le jeune homme est embauché par la Garde de Nuit, une organisation politique secrète, pour traquer les victimes contaminées afin de réduire les risques de propagation de la maladie.Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce roman, à mi-chemin entre la SF et le polar, est doublé d’un petit traité de biologie.En effet, un chapitre sur deux est consacré à la description de parasites réels, présents chez diverses espèces animales.Ces parties théoriques, qui ne manquent pas d’humour, sont souvent plus terrifiantes que la trame de l’histoire elle-même qui, avouons-le, malgré des épisodes palpitants, a un peu tendance à s’embourber vers la fin.Une trilogie L’intérêt est mieux soutenu dans Uglies.(Les titres anglais sont très in chez les éditeurs français.).Encore heureux, puisqu’il s’agit du premier tome d’une trilogie.L’action se déroule dans un futur pas si lointain où les standards de beauté Uglies a reçu près d’une vingtaine de récompenses aux États-Unis sont, non seulement omniprésents, mais carrément obligatoires.Tally, comme toute jeune fille de quinze ans, est une «Ugly».Et comme tous les autres «Uglies», elle attend impatiemment le jour de ses seize ans, où elle subira enfin l’intervention chirurgicale qui la fera passer du côté des «Pretties».Une fois opérés, les jeunes adultes traversent le pont pour aller vivre à New Pretty Town, où ils peuvent consacrer tout leur temps à être beaux et faire la fête.Quelques jours avant son anniversaire.Tally fait la connaissance de Shay, avec qui elle se lie rapidement d’amitié.Shay lui parle d’un monde où tout n’est pas parfait et l’invite à la suivre chez les rebelles qui se cachent hors des murs de la ville.Déchirée entre son désir de beauté et l’appel de l’aventure, Tally hésite.Mais elle n’aura même pas à trancher puisque le destin l’entraînera dans un tourbillon d’événements dont elle perdra rapidement le contrôle.On l’aura compris, ce roman propose un regard critique sur la tyrannie de standards de beauté imposés par les magazines et autres médias.Soyons honnête, cette réflexion ne réinvente pas la roue et l’ouvrage n’échappe pas aux clichés sur la beauté intérieure et l’unicité des individus, mais disons que le chemin que le message emprunte vaut le détour.L’histoire est prenante, pleine d’action et de rebondissements, les personnages sont attachants et la démonstration de la manipulation dont sont victimes les habitants de ce monde est intéressante.Elle rappelle que la perfection physique et le bonheur absolu ont un prix et que c’est évidemment ce lui de la liberté.Un discours qui semble trouver un écho favorable après des jeunes lecteurs puisque ce roman a reçu près d’une vingtaine de récompenses aux Etats-Unis, dont le prix du meilleur livre pour jeunes adultes de l’American Library Association, en 2006.Pretty, le tome 2 de la trilogie, paraîtra très bientôt, toujours chez Pocket jeunesse.Collaboratrice du Devoir V-VIRUS Scott Westerfeld Milan jeunesse Pafis, 2007,331 pages (A partir de 13 ans) UGLIES Scott Westerfeld Pocket Jeunesse Papis, 2007,432 pages (À partir de 13 ans) Le retour de Mademoiselle C L’incroyable Mademoiselle Charlotte devient entraîneuse de l’équipe de soccer de l’Anse-aux-Canards ANNE MICHAUD Après avoir été maîtresse d’école, bibliothécaire, factrice, ministre et concierge, voilà que l’incroyable Mademoiselle Charlotte devient entraîneuse de l’équipe de soccer de l’Anse-aux-Canards! Mais au lieu de pousser les jeunes joueurs à gagner, elle leur apprend à perdre! Et offre du «smalala-miam» à celui qui a le mieux perdu! L’équipe de l’Anse-aux-Ca- nards arrivera-t-elle à battre celle de la Baie-des-Bleuets avec une entraîneuse aussi peu orthodoxe?Peu importe parce que, ce qui est certain, c’est que tout le monde va bien s’amuser! Cet automne, les fans de Mademoiselle C sont gâtés puisqu’en no vembre, juste à temps pour Noël, Dominique Demers leur offrira La Nouvelle Maîtresse sou&forme de livre-CD: au roman, illustré par Tony Ross et présenté dans une ire Pflssm C0NSELS ET DÉCOUVERTES Dans le cadre du premier Gala de la culture de Longueuil La Librairie Alire félicite La fete du livre et de la lecture de Longueuil Lauréate dans la catégorie évènement culturel pour Salon du livre jeunesse de Longueuil et Le Théâtre Motus Lauréat dans la catégorie portée pédagogique pour son projet Baobab Übraine ridépendale agréée Place Longueul • 825.St-laurenT 0.450-679-8211 • rfoûibr ane-cire.com Kyriam Houle Yé midi Laure ! L histoire romancée de la première femme journaliste au Québec, Laure Hurteau.édition luxueuse, s’ajoutera la version audio, racontée par l’auteure elle-même et mise en musique par Sébastien Langlois.Comme ça, même les petits qui ne savent pas encore lire pourront se délecter des aventures de Mademoiselle C! Autre suggestion pour les tout-petits, le premier DVD Dominique raconte.Dans ces capsules, d’abord diffusées à la télévision de Radio-Canada, l’écrivaine raconte 10 histoires tirées des collections des Editions Imagine, dont elle est directrice littéraire.Qu’il s’agisse de contes traditionnels, comme Les Trois Petits Cochons, Cendrillon ou Boucle d’Or et les trois ours, ou de contes plus modernes, comme La Bus Méchante Maman! ou Bill et le dragon, ils prennent vie grâce au talent de la pétillante Mademoiselle D! Collaboratrice du Devoir LA FABULEUSE ENTRAÎNEUSE Texte de Dominique Demers Québec Amérique Montréal, 2007 (7 ans et plus) LA NOUVELLE MAÎTRESSE - LIVRE-CD Texte et lecture de Dominique Demers Iliustrations de Tony Ross Musique de Sébastien Langlois Québec-Amérique Montréal, 2007 (6 ans et plus) Sortie prévue le 17 novembre 2007 DOMINIQUE RACONTE.DVD 1 Animatrice-conteuse: DU 21 AU 25 NOVEMBRE CAP AU PIRE ck-SAMUEL BECKETT Traduit de l’anglais par Edith Fournier une lecture par SAMI FREY Dominique Demers Téléfiction Distribution et Marketing Montréal, 2007 (2 à 6 ans) ' I Une présentation du /Q'iL 13e Festival international de la littérature ^4?en collaboration avec le STUDIO LITTÉRAIRE DE LA PLACE DES ARTS, en accord avec LES VISITEURS DU SOIR et LES ÉDITIONS DE MINUIT.o Cinquième Salle Pince îles Arts 1842.2112 1 866 8 42.2112 www.pdfl.qc.cn Kesi hi Aiimissi lr.|ç*emportai ir vieux militait' rHEtliii tu I* mi m.« u rt sm les rmhâilicfi de la partit ipailou rjioyennc Dr’piiE H (VIhhn de la Kim-Iuumm tranquiUff la irandurtnaHutiAi fSaU tAérulet l,t tlu /Wi,/n./•/• it m h ftilrnt et 1?roUM/f?de t 01 tlorv ht ne fmliHrfite fl d'y plut inhoMihm- »! h >< d ht fnuHftr démmmtu/uc du pmw poHtiqto rro p«k'), Montréal, Qc Renseignements : 514 849-3585.éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature «Voix psychanalytiques» Noël Mailloux Psychologie, psychologie clinique, psychodynamique Choix de textes 1 240 pages, 24 dollars Nestor Garcia l t'Arnérique latine au ISBN : 978-2-7637-8287-4 132 pages Collection - Américana Edmund* O'Gorman L-jnfëRtion de l’Amérique Recherche aù sujet de la structure historique d du Nouveau Monde et sens de son devenir ISBN : 978-2-7637-8466-3 186 pages dirigée par Jean-François Côté Luis R- Cardoso de Oliveira Droit légal et insulte Dilemmes citoyenneté Québec Americana PtWS
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