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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-10-18, Collections de BAnQ.

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2 o o ;i ,ROMAN QUEBECOIS Yves Gosselin, un auteur dangereux Page F 3 DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 OCTOBRE ESSAIS Relire Jean-V.Dufresne Page F 5 ?LE DEVOIR ?a/ o g&mmr.•.- % I» - jt fM&A 'Mf: À 79 printemps, Charles Aznavour n’a pas cessé d’écrire.Même qu’il s’apprête à sortir un nouveau disque.Et qu'il a finalement décidé de coucher sur papier des mémoires qu’on lui réclamait depuis longtemps, sous le titre Le Temps des avants, publié chez Flammarion Québec.Retour sur une carrière commencée dans les rues de Paris, lorsque le petit Charles Aznavourian avait tout juste dix ans.CAROLINE M ONTPETIT LE DEVOIR Il se dit à la fois entièrement français et entièrement arménien.Quelque chose comme un mélange indissociable de café et de lait.11 faut dire que Charles Aznavour est né en France de parents qui venaient tout juste, à l’époque, de survivre au génocide arménien de 1915, Son père, raconte-t-il, était chanteur, et sa mère comédienne.Mais, pris dans le tumulte de l’immigration et arrivés dans un pays dont ils ne maîtrisaient pas la langue, l’un et l’autre ont dû abandonner leur métier respectif pour œuvrer plutôt dans le domaine de la couture ou de la restauration.Ce sont en fait leurs enfants, Charles et Aida, qui incarneront dorénavant les talents et les ambitions d’artistes de la famille.«Mes parents ont abandonné ce qui étaient leurs espoirs, et ce sont leurs enfants qui les ont réalisés», dit le chanteur, joint à Paris.Mais Charles Aznavour n’abandonnera pas complètement l’Arménie, qu’il visitera d’ailleurs à la faveur d’une tournée.«Quel naïf je faisais! Quel ignorant! Moi qui croyais que l'Arménie était un pays plutôt chaud.Il neigeait à gros flocons», confesse-t-il dans Le Temps des avants.«L’Arménie, c’est la patrie de mes racines, le pays de mes racines, dit-il en entrevue.Ma patrie à moi, c’est la France.Mais ma culture familiale est arménienne, et il m’en est resté beaucoup de choses».Le génocide qui a coûté la vie à quelque deux millions d’Arméniens durant la Première Guerre mondiale, il ne veut pas l’oublier.«La nostalgie fait partie des stigmates arméniens, dit-il.Mais je suis moins nostalgique que beaucoup de gens.Moi, j'ai digéré le génocide, mais je ne l’ai pas oublié.Je suis d’un caractère très optimiste».Aussi, on ne sent pas de lourdeur dans les SOURCE: COLL CHARLES AZNAVOUR La mère de Charles Aznavour qu’el sont racontées dans son autobiographie.«H ne faut pas faire de son enfance difficile une enfance chroniquement difficile, confie-t-il, avouant aussi qu’il a tenté d’adoucir les tragédies de sa vie par quelques anecdotes plus légères et plus réjouissantes.«Il faut garder les bons moments».Arrivés en France, les parents Aznavour sont sans le sou.Et enfant, Aznavour jouait dans la rue en compagnie d’un accordéoniste.Parfois, il jouait simultanément des rôles dans deux théâtres à la fois et ses prouesses lui permettaient de rapporter quelques sous à la maison.C’est sans doute ce côté d’Az-navour qui a plu d’emblée à la grande Edith Piaf, qui se disait sa «petite sœur de la rue», à qui il consacre plusieurs chapitres.«On avait en commun le bonheur de la rue, se souvient-il, mais pas pour les mêmes raisons.Elle, à cause de la misère, moi, parce que mes parents étrangers ne savaient pas vraiment comment on se comporte dans la rue».Ils ont donc, très tôt, laissé leurs enfants libres de courir un peu partout «Ce qui fait que j'ai connu la rue de très bonne heure, dit-il.Et qui connaît la rue cannait les mêmes lieux.À cette époque, c’étaient les bals-musettes».Car déjà, ce sont les arts de la scène qui tentent par-dessus tout le jeune Charles, qui écrit sa première chanson durant l’Occupation: Va des hiboux dans le beffroi.Il deviendra rapidement duettiste avec Pierre Roche et enfin, ami de Piaf.Cette femme, sans être sa maîtresse, le dominait et le fascinait en même temps.«C’était un esclavage que j’aimais», dit-il avec tendresse à son sujet.«La patronne», comme il l’appelait, lui ouvrira des portes, notamment à Montréal, où le duo passera deux ans et demi, à partir de 1948.VOIR PAGE F 2: AZNAVOUR SOURCE: COLLECTION CHARLES AZNAVOUR Charles Aznavour en compagnie de Charles Trenet et Jean Cocteau La bohème znavour «LArménie, c’est la patrie de mes racines, le pays de mes racines, dit-il en entrevue.Ma patrie à moi, c’est la France» I William St-Hllaire Femmes trop! Mesdames, apprenez à en faire MOINS et à être PLUS heureuses.à NTOUCHABLES ONT 10 ANS.PLUS DE 1 000 000 DE LIVRES VENDUS WWW.LESI NTOUCHABLES.COM LE DEVOIR.LES SAMEDI F 2 1S ET DIMANCHE 19 OCTOBRE 2003 '•Livres AZNAVOUR SUITE DE LA PAGE F 1 •C’est là que j'ai fait mes premières expériences, dans les coulisses du Faisan doré.Roche n’arrivait jamais de bonne heure.Il y avait un tout petit piano et je m'essayais à 'autre chose qu’à nos numéros de dUettistes.Cela a été mon laboratoire, cela m'a laissé des souvenirs, et en plus fy ai eu des amitiés», dit-iL Parmi ces amis, il comptait notamment le défunt animateur Jacques Normand.»0» s’appelait “les cousins”».Plus récem-Ment, Aznavour a également parrainé, de loin, la carrière de Linda Lemay.Mais ce sont pour les textes de ses chansons que l’on aime d’Az-navour, d’abord et avant tout.En entrevue, il raconte par exemple que la chanson Comme ils disent, qui dit la vie d’un homosexuel, lui a été inspirée par des amis homosexuels qu’il fréquentait à une époque où l’homosexualité était à l’index socialement •Il y avait une ségrégation [des homosexuels], et j'ai écrit cette chanson bien avant les autres.D'ailleurs, on n’a pas écrit beaucoup de chansons [sur le sujet] depuis», constate-t-il.A propos de la célèbre chanson Tu te laisses aller, dans laquelle un homme critique amèrement la négligence de sa femme, Aznavour confie qu’il l’avait d’abord écrite comme un scénario de théâtre, dans un élan de dramaturge qu’il n’a pas poursuivi.Quant à son autobiographie, qu’il présentera bientôt en personne au Salon du livre de Montréal, il a mis plusieurs années à de la terminer.•D’abord parce que je me suis relu.Je ne suis pas un littéraire mais j’aime lire, et à force de lire de bons auteurs, je sais ce qui est bon ou pas bon», dit-il humblement Mais, après quelques tentatives, le chanteur a finalement trouvé un style simple et pudique pour raconter «/a construction de l’homme, sa vie, sa carrière».L’histoire d’une longue bohème signée Charles Aznavour.LE TEMPS DES AVANTS Charles Aznavour Flammarion Québec, Montréal, 2003,352 pages LITTÉRATURE CANADIENNE / Etrangers parmi nous CATALOGUE D’EXPOSITION Sweet Sixties au Musée des beaux-arts CAROLINE MONTPETIT » Cf est l’époque du premier homme à marcher sur la Lune, de l’invention de la minijupe, de l’assassinat de John et Robert Kennedy et de Martin Luther King.C’est aussi l’époque de mai 1968, des Beatles, d’Andy Warhol et du pop art.Avec leur désordre, leur idéalisme, leur formidable énergie mais aussi leur désespoir impuissant les années 60 forment une époque charnière dans l’histoire du monde, et le Musée des beaux-arts de Montréal a eu la bonne idée cette année d’en faire le thème d’une vaste exposition.Pour accompagner ce témoignage sur une période bouleversante et bouleversée, le musée publie cette fois un catalogue remarquable, qui est à la fois réflexion sur l’époque, entrevues de penseurs et présentation des œuvres.•Utopies au bord du désespoir ainsi pourrait- on résumer en un mot la tendance qui caractérise les années soixante», écrit Anna Detheridge, en présentation de ce livre haut en couleurs et en idées, qui s’intitule Village global: les années 60.Au fil des pages, on alterne photographies d’œuvres de cet art transformé qui a marqué les sweet sixties, et des entrevues, simplement présentées sous forme de questions et réponses.Dans le lot on retrouve quelques noms phares de cette période de contestation tous azimuts: Daniel Cohn-Bendit, Yoko Ono, Agnès Varda et le capitaine Alan L Bean, à la fois astronaute ayant posé le pied sur la Lune et peintre, et une foule d’autres dont les réflexions authentiques offrent un retour éclairant sur une époque à jamais révolue.Sans être complaisantes, les réponses font état de cette période euphorique des années 60, qu’on pourrait comparer à l’adolescence, dans ce qu’eüe avait d’inéluctable- Librairie VOX POPULI, VOX DEI Palmarès des ventes 1 Pratiqua Qc DUVAL / DUQUET L'Homme 2 % fymnQc 1 L'HISTOIRE DE PI V - Booker Prize 2002 ! Y.MARTEL | XYZ M.! 8 i y GUÉRIR SERVAN-SCHBBER 1 Rotjert,Laffont hi\ ST 4 Psycho.Qc - VICTIME D$ AUTRES, BOURREAU DE SOI-MÉME 4P- IfeORNEAU L'Homme b i B.D.ASTÉRIX ET U RENTRÉE GAULOISE UDERZO/GOSCftNY Albert René 1 6 Polar K.REICHS Robert Laffont 2 / Roman LE PETIT COPAIN D.TARTT Plon A 8 BngraptM& JE SUIS UN BUM DE BONNE FAMILLE J.-F.BERTRAND L'Homme A.9 Pratique Qc C0UECTIF Annuel inc.2 10 Fantastique A.ROBILLARD de Mortagne 1 i Rqman | ANTÉCHRISTA \k NOTHOMB Albin Michel 11 12 Actualité COLLECTIF Boréal 2 13 Roman LE DICTATEUR ET If HAMAC D.PENNAC Gallimard 11 14 Romande UFE OF PI 4P -Booker Prize 2002 Y MARTEL Vintage Canada 52 b Roman DANSEUR 4P C.MCCANN Betlond 4 16 Polar SHUTTER ISLAND 4P D lEHANE Rivages b 1/ Polar Qc MEURS, MON AMOUR.MEURS B.PUTWZAC E.TOLLE Libre Expression 3 IS Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT 4P Ariane 157 ?19 Roman ONZE MINUTES 4P P.COELHO Anne Carrière 21) Roraindc ADIEU, BETTY CROCKER 4P E GRAVEL Quebec Amérique 4 21 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN, 1.1 4P A.BRASHARES Gallimard 68 22 Fantastique HARRY POTTER AND THE ORDER OF THE PHOENIX 4P ).K.ROWLING Raincoast II 23 Horreur Qc SUR L£ SEUIL P.SÉNÉGAL Alire x 24 Roman IA NOSTALGIE DE L'ANGE 4P A.SEB0LD Nil 6 JFowre vàe ma boite de couleurs et reprends mes pinceaux.Je mets en images ce Ihre des récits de mon enfance.Venez rencontrer Claude Jasmin ^ La petite patrie * Ht en image Succursale Chamoicnv 4380, rue st-Denis le samedi 18 octobre U (514) 844-2587 de 14 h à 16 h 25 Actualité K.BORJESSON des Arènes JB 26 Easals MAL DE TERRE 4P H.REEVES Seuil 24 21 Roman L'IGNORANCE 4P M KUNDERA Gallimard 24 28 Roman LE LIBRAIRE DE KABOUL 4P A SEIERSTAD JCLattès 18 29 Cuisina THE ULTIMATE WEIGHT SOLUTION P.MCGRAW Simon B Shuster 4 30 Actualité t.TOOOROV Robert Laffont 3 31 Actualité R.BAER JCLattès 2 32 Polar MYSTIC RIVER 4P D.LEHANE Rivages 82 33 Jeunesse QUATRE RUES ET UN JEAN, t.2 - Le deuxième été A BRASHARES Gallimard 18 34 Essais Qc BOYCOTT 1 S.PR0ULX les Intouchables 4 35 Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! ¥ T.D ANSEMB0URG L’Homme 143 36 Polar Qc INDÉSIRABLES C.BROUILLET la courte échelle 17 37 B.D.ALBUM SPIR0U, 1271 COUECTIF Dupuis 6 38 Roman Qc MEILLEURS CONTES FANTASTIQUES QUÉBÉCOIS C0UECTIF Fidet 90 39 Roman WINDOWS ON THE WORLD F.BE1GBEDER Grasset 8 40 Cuisina CUISINE VEGETARIENNE ¥ COUECTIF Marabout 39 41 Cuisina CUISINE EXPRESS AU BOUT DES DOIGTS MARTM/RUMUE Brimar 130 42 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.M0RENCY Transcontinental 49 «3 Maternité COMMENT NOURRIR SON ENFANT, 3* édition ¥ L LAMBERMACACÉ l'Homme 216 44 JountssaQc CHANSONS ET ROWES POUR S'AMUSER (Un 1 OC) ¥ H.MAJOR Fides 51 45 Essais Qc LE TEMPS DES GIROUETTES A PRATTE vlb éditeur ± V : Coup di Cour RB : Nouvelle entrée 1 Mus de lOOO Coups de Coeur, pour mieux choisir.mm ALLAN FINKELMAN C 1989 © CLAES OLDENBURG AND COOJE VAN BRUGGEN Projet de monument colossal sur la Tamise: Thames Ball, 1967, de Claes Oldenburg.New York, collection Carroll Janis.ment passager.•Le patriotisme, qui a connu son grand retour après les attentats du 11 septembre 2001, était plutôt étranger à l’Amérique des années 60», dit le philosophe Arthur Danto.Le souvenir qu’en garde le journaliste et homme politique Daniel Cohn-Bendit est •celui d’un immense bonheur, d’un souffle d’espoir».Pendant ce temps, l’Afrique poursuivait sa marche difficile, loin de ce grand phénomène de masse qu’a été le consumérisme des années 60, précise le poète nigérian Okwtü Enzewor.«Je crois au changement qualitatif de la société à travers le rêve commun», répond pour sa part la célèbre artiste Yoko Ono.Un rêve qui, pourtant, sous différents aspects, demeure encore à être réalisé.VILLAGE GLOBAL: LES ANNÉES 60 Sous la direction de Stéphane Aquin Musée des beaux-arts de Montréal, 11 Montréal, 2003, ^08 pages ¦ îîij .idg • ni.?frnsîb .rtnnvsp tsn ‘A J Mar c B r i è r e Le PQ, un parti EN SURSIS Ce livre choquera les indépendantistes radicaux que l'auteur appelle les « purzédurs » — et ne laissera personne indifférent, autant les péquistes et les bloquisles qui s'interrogent sur l’avenir de leur option, que les fédéralistes inquiets de l’avenir du Québec.L’auteur ne manque pas d'ajouter son grain de sel dans la controverse sur les fusions municipales forcées, considérées tant sous Tangle de l’appartenance identitaire que sous celui de la démocratie locale.150pages* ISBN2-922245-98-5 • 18,95$ K LES ÉDITIONS VARIA WWW V A 25 succursales au Québec www.renaud-bray.com CHRISTIAN DESMEULES Ils sont parmi nous, on ne les reconnaît pas toujours.As nous observent d’un regard flou, prennent des notes, se font parfois oublier.Les écrivains, quels qu’ils soient, peuvent correspondre à cette description.Ou mieux encore: les écrivains anglophones.Comme Judith Cowan, par exemple, qui vit depuis plus de vingt-cinq ans à Trois-Rivières et qui écrit en Trois-anglais des histoires de fuite et de confinement Rivières A moins que ces étrangers parmi nous ne prête une soient les protagonistes , de ses nouvelles évanes- fois de plus centes et lumineuses, ,, toutes traversées de 8011 décor vieux poètes, de muses v , , , décorées, de pique-as- a la P^Part siettes, de fous errants, d’êtres abandonnés ues ou solitaires.nouvelles de , Nee en Nouvelle-Ecosse et ayant grandi Judith à Toronto, Judith Cowan, après des études Cowan de littérature à Toronto et à Strasbourg, a enseigné plus de vingt-cinq ans à l’Université du Québec à Trois-Rivières.Elle-même poète et traductrice de plusieurs poètes québécois, dont Yves Préfontaine, Gérald Godin, Yolande Villemaire et Pierre Nepveu, elle poursuit depuis quelques années une œuvre discrète et constante de nouvelliste.Déjà, avec Plus que la vie même (Boréal, 1999), un premier recueil de nouvelles remarqué tant au Québec qu’au Canada anglais, elle captait «dans la lumière jaune et la fumée bruyante» quelques solitudes prises en suspens dans l’implacable spirale de l’ennui.Cette fois encore, avec La Loi des grands nombres, elle explore dans une continuité parfaite des instants volés chez des êtres fracturés et soumis à l’implacable loi du néant.Petites villes, petits destins, dirait-on, mais où les misères et les doutes ne sont pas moins lourds qu’ailleurs.Il suffit de regarder, de gratter un peu sous la surface.«Capitale» de la poésie, ville un peu décharnée, Trois-Rivières [ïrêfê'ùnë fois de plus son décôrï la plupart-dès nouvelles'.L’ombré tutélaire d’Alfred Piché, poète de service, flotte sur la ville et se mêle, sous la plume de Judith Cowan, aux effluves des papeteries, à l’odeur du fleuve, à la misère des vieux quartiers.Fractures et effritement Dans «Le Lancement», premiè- re des sept nouvelles qui forment le recueil, un poète en vue se prête au jeu de la représentation sous le regard détaché de sa compagne, dans un tourbillon étouffant de séductions silencieuses, d’hypocrisie et d’indifférence.«Un violoncelliste jazz décrivait à un cadre du cégep le cours qu’il suivait afin de devenir agent de voyages.Il y avait des peintres qui vivaient en permanence de l’aide sociale et une tisse-rande qui travaillait à mi-temps avec des ex-dé-tenus à qui elle enseignait l’équitation western.» Ce soir-là au Zé-nob — incontournable café-bar de Trois-Rivières — il y avait des vendeurs, des agents d’assurance, une horde de poètes et d’amis de poètes, beaucoup de solitude •et peut-être un ou deux meurtriers».«Lucifer, Belzébuth et Satan» nous fait suivre les déambulations délirantes d’un schizophrène dans les quartiers fantômes, où il oscille entre l’enthousiasme et le désespoir.Dans «La plus belle heure de la nuit», un homme fait sa vaisselle de la semaine en plein milieu d’une chaude nuit d’été.Abandonné par sa femme, oublié par ses filles, il s’interroge en silence sur sa médiocrité.Dans «Le Petit Cercle», une adolescente étouffe sous les consignes et les désirs contraints entre un professeur d’équitation tyrannique et un père absent.«C’était dehors, dans les bois, vers le soleil, les feuilles et l’horizon du monde réel qu’elle voulait aller.» «Naiah et le Roi-Soleil», «Le Poète inconnu» et «La Loi des grands nombres», les autres nouvelles de ce recueil grave et limpide, adoptent toutes le même ton fluide, toutes traversées de fragilité et de la conscience aiguë que quelque chose nous échappe — et nous échappera toujours.Attentive et discrète, minimaliste à la façon de Raymond Carver et d’Alice Munro, Judith Cowan brosse en quelques phrases l’effritement sans retour de ces êtres, leur immobilisme, leur point de faite.Une réussite de retenue et de sensibilité.LA LOI DES GRANDS NOMBRES Judith Cowan, Traduit de l’anglais (Canada) par Dominique Forüer, Boréal, Montréal, 2003,288 pages L’ESSENTIEL L’enseignement d’une poétesse anglaise Le 6 juillet dernier, la très grande poétesse anglaise Kathleen Raine est décédée, à l’âge de 95 ans, des suites d’un accident Les Editions Verger viennent de publier son avant-dernier recueil, paru en Angleterre en 1987, qui a pour titre La Présence.Déjà, dans une préface à un choix de poèmes à La Différence (Le Royaume invisible, 1991), elle dira: «La poésie est la langue natale de l’âme.» Dans ce livre magistral, on découvre une femme inspirée qui a su se nourrir intérieurement des sages de l’Inde tout comme de l’héritage spirituel de Blake ou de Yeats.La traduction de Philippe Giraudon se tient à l’écoute de cette voix particulièrement riche.Un monde lumineux jaillit d’un pareil apprentissage du cœur et de l’intelligence: «Sous mes yeux cette page, ma main qui écrit, / Livres, lampe allumée, jeu bas: /Me rappellerai-je ou oublierai-je / Ce temps et ce lieu, mon monde / Que nul autre que moi ne peut connaître, / Cet ici et maintenant secret, infini?» David Cantin LIBER Alain Médam De l’actualité Réflexions sur la forme éphémère du monde ])yu (au cinéma) et entendu sur la guerre.On n’éprouve pas d’indifférence pour le sujet niais bien pour la façon dont il est traité.Pour Alice Ferney, la présence du chien-soldat permet un point de vue inédit sur la guerre.Hélas, ce sont les personnages du roman qui rendent compte de sa présence au front Comment Prince voit-il la guerre?Jules se pose souvent la question, mais ses réponses se limitent à des suppositions.La singularité du point de vue aurait été réelle si on avait donné la parole à l’animal.Dans Quatre soldats, un roman d’Hubert MingareÜi, le narrateur tait le récit économe d’une guerre vécue par de jeunes soldats.Sa voix contraste avec le phrasé touffu et incessant qui traverse le roman d’Alice Ferney, où il n’y a pas de silence, pas de blanc à remplir.Le lecteur n’a rien à imaginer, à deviner.On en sort gavé et triste, parce qu’on aurait aimé y retrouver la subtilité narrative de Grâce et dénuement, autre roman de l’auteur, où une bibliothécaire et des enfants gitans apprivoisent leur différence en partageant une activité: la lecture.Au moment d’écrire ce commentaire, Dans la guerre est toujours en lice pour le prix Gon-court II figure aussi sur la liste du Femina et du Mé-dicis, en compagnie de Quatre soldats, d’Hubert Mjn-garelli.Prix ou pas pour ce dernier, c’est l’occasion de rappeler l’existence d’un texte fort et vrai, presque silencieux, indéniablement essentiel.DANS LA GUERRE Alice Ferney Actes Sud Arles, 2003,484 pages Tout est écrit Fort bien, on ne peut le nier, mais de façon si prévisible que le roman ronronne presque à l’oreille du lecteur ROMAN ÉTRANGER Korn-Adler et les trous noirs de Tailleurs CATHERINE MORENCY Auteur de La Vie aux enchères (Québec Amérique, 1997) et de Sâo Paulo ou la mort qui rit (Hurtubise HMH, 2002), Raphaël Korn-Adler est plus que prolifique.Tout en pratiquant la médecine au Brésil, il,trouve le temps^ de séjourner régulièrement au , Québec, où il lançait récemtiieqt son troisième roman.D’emblée, on retrouve la méga-pole qui avait servi de théâtre au roman précédent Mais si l’action de Faites le zéro.prend son envol à Sâo Paulo, c’est pour mieux la quitter, Korn-Adler se détournant des ressources créatrices qu’il avait richement mises à profit dans Sâo Paulo ou la mort qui rit.Moins éclatée que ses fictions antérieures, cette nouvelle incursion romanesque s’applique à cerner les contours de deux vies apparemment banales, l’auteur misant cette fois-ci sur l’art du huis clos plutôt que sur la fresque sociale à laquelle il nous avait habitués.D’origine modeste, mariés depuis quelques années, Maria et Lu-cio décident de rompre la routine et de bousculer les interdits que leur impose leur entourage en se payant un mois de vacances dans «ce pays froid dont tout le monde rêve, ce pays civilisé, tellement premier monde».Sans être nommé, ce Nord mythique renvoie de toute évidence au Canada, cet «étranger si lointain qu’il fallait onze heures d’avion pour y arriver».Gorgés de fantasmes au sujet du paradis vers lequel ils s’envolent, les deux tourtereaux reposeront bien vite les pieds sur terre.De douaniers en policiers en passant 1 SOURCE HURTUBISE HMH Raphaël Korn-Adler par les réceptionnistes d’hôtel les plus avares et les tenanciers les moins cordiaux, les premiers jours de Maria et Lucio tournent au vinaigre, la malchance s’abattant sur eux pendant qu’ils tentent de déchiffrer, naïveté et dictionnaire en main, l’origine de la calamité qui les poursuit A mesure qu’ils tentent de percer les codes sociaux et technologiques de cette civilisation apparemment si complexe, Marie et Lucio verront leurs utopies déboulonnées au même rythme que leurs plans idylliques.«Qu’est-ce qu’il foutait dans cette galère?, se martelait Lucio.U avait voulu impressionner sa femme?Eh bien, connard, c’est gagné! H l'impressionnait tellement que, chaque jour qui passait, il la sentait un peu plus étrange.La transformation était subtile, mais néanmoins bien réelle.» Road-story aux accents tragi-sati- riques, Faites le zéro.brosse donc le portrait des illusions entretenues, de part et d’autre, par les habitants du continent américain: Nord et Sud y mènent une lutte chargée de préjugés et d’incompréhension, le tout présenté sur fond d’affrontements idéologiques et politiques (avatars de la mondialisation et critique des grandes économies capitalistes en tête).En parsemant son récit des incessantes conversations téléphoniques au fil desquelles le couple tentera de pallier les nombreuses failles du système qui abuse de lui, l’auteur fait—non sans ironie — le procès d’une bureaucratie devenue lourde à l’extrême ainsi que celui de la déshumanisation des contacts et des rites sociaux.Emballé par cette thèse, Korn-AcHer s’étend parfois trop longuement sur des considérations qui nous font perdre de vue l’intrigue première du roman, à savoir conunent survivra une relation aussi durement mise à l’épreuve.Les névroses sexuelles de Maria demeureront, au même titre que la profondeur psychologique de Lgcio, une trame de fond trop abstraite pour la curiosité du lecteur,' pàr moments inassouvie.Reste la plume de Korn-Adler, précise et volubile, puis l’art avec lequel il maîtrise son sujet: espérons que le romancier nous ramènera bientôt en sol brésilien, qui demeure sans doute la plus féconde de ses sources.FAITES LE ZÉRO.Raphaël Korn-Adler Hurtubise HMH Collection «amErica» Montréal, 2003,345 pages LIBER LABORATOIRE D’ETHIQUE PUBLIQUE Une biographie de Mme Orwell ÉNAP-CHAIRE FERNAND-DUMONT (iNRs) Éthique publique hors série sous la direction de Isabelle Lasvergnas Le vivant et la rationalité instrumentale Smh k Amosm > fltûflftQBt utt veti Pour de plus amples renseignements l es Iditions 1*111 l()U( lel.UimiGsr* /mi • uimiosi* nos l)omi«iuuiL*.
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