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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-11-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET D 1 M- A \ t H E 1 S NOVEMBRE 2 0 0 7 ENTREVUE Madeleine Monette Page F 3 •t Une histoire des femmes québécoises en photos Page F 10 CAROLINE MONTPETIT Il y a beaucoup de violence dans la prose de Rawi Hage, dont le premier livre, Parfum de poussière, vient de paraître chez Alto.Une violence brutale, masculine, parfois gratuite, mais aussi intéressée, organisée, qui s’immisce dans chaque aspect de la vie quotidienne, dans le Beyrouth assiégé par la guerre chile des années 80.«Dix mille bombes étaient tombées et /attendais que la mort vienne prélever sa dîme quotidienne dans son abattoir d’abattis et de sang», écrit Rawi Hage.Et pourtant sous les bombes et la menace, dans le chaos de la corruption et du sauve-qui-peut il y a des moments de silence, des moments où on marche dans les rues de la ville en goûtant chaque seconde, des moments volés au désordre de la vie, en attendant de fuir pour toujours.La violence qu’il décrit dans son livre, Rawi Hage, qui vit aujourd'hui à Montréal, l’a vue, l’a vécue.«Dans un contexte de guerre civile, la violence est toujours quelque part autour de vous», dit en anglais, cet écri-vain qui a pourtant appris le français lorsqu'il était enfant au Liban, et qui a beaucoup lu de littérature française à l'époque, dont Albert Camus qu’il cite beaucoup dans son roman.«Nous avons étudié la Révolution française avant d'étudier notre propre histoire», dit-il.«Mais quand on se déplace [d’un pays à un autre], on perd certaines langues et on en gagne d’autres», dit-il encore pour expliquer pourquoi il n’a pas écrit son premier roman en arabe, qui est pourtant sa langue maternelle.L’exil, c’est donc le lot de celui qui dit avoir autant souffert d’être pauvre à New York que de vivre la guerre à Beyrouth.Parfum de poussière, d'abord paru en anglais sous le titre De Niro’s Game, c’est l’histoire de deux jeunes Parfum 3 : s '-V 'r’: till w „ -mi i*Æ': * m f •.ü I W « *: W: l—'ilMl.¦f Y- T.««rA hommes qui vieillissent dans ce Beyrouth déchiré, deux jeunes hommes qui, comme tout le monde, sont tentés par la possibilité d’en tirer profit S’ensuivront des vols, des meurtres, des trahisons, comme une conséquence normale du conflit qui empoisonne le pays.Le livre a eu un succès phénoménal, pour un premier roman.Il a été en nomination pour le Ciller prize, la plus importante récompense littéraire au pays.Il a aussi été sélectionné pour le International Impac Dublin Literary Award, aux côtés notamment de Margaret Atwood.Au Québec, il a remporté les prix Hugh MacLennan de fiction et le prix Ma-cAuslan du premier ouvrage.En entrevue, Rawi Hage insiste sur le caractère fictionnel de son œuvre, même si le contexte de guerre dont il est inspiré est bien réel «Je refuse de départager ce qui est fiction de ce qui est réalité.C’est mon privilège d’écrivain», dit-il, avant d’ajouter «Je n’ai pas durant la dit le cinquième de ce que /aurais pu dire sur la guerre du Liban.Parce que je suis un écrivain, et non simplement un témoin.» Il se défend aussi d’avoir fait une œuvre anthropologique, préfère parler de la poésie qui l’habite, et qui est aussi inspirée de la poésie arabe qu’il a lue dans sa jeunesse.Reste qu’il maintient en entrevue l’analyse froide de la guerre qui émane de son livre, un contexte où l’idéologie devient rapidement un prétexte pour tenter de s'enrichir.Ne reste que la corruption «Dans un contexte de guerre, l’idéologie finit par prendre le second plan.Elle n’est pas suffisante pour maintenir les gens en place.Ce sont les intérêts person- « Entrer dans la milice, c’était la façon de faire du profit guerre» nels qui prennent le dessus.Ça, c’est vrai dans toutes les guerres.» Il précise que des amis yougoslaves qui ont lu son livre ont témoigné du fait que la guerre avait eu la même saveur d’absurdité chez eux, le même parfum entêté de désillusion.«La guerre civile libanaise était complexe, ajoute-t-il, c’était une guerre à la fois locale, confessionnelle, régionale, et internationale.Mais ce qui en est resté, à la fin, c’est la corruption», dit-il.À la différence d’autres guerres, la guerre civile du Liban n’a pas inspiré de travail de mémoire à l’échelle du pays.Il n’y a pas eu de commission Vérité et réconciliation, comme en Afrique du Sud.Beyrouth ne compte même pas de monument aux victimes qui y ont péri, dit-il.«Ils ont effacé tout cela.Et les gens qui ont décidé de préserver cette mémoire sont les artistes, les écrivains et les poètes, sous toutes sortes de formes, fictives ou documentaires.Il y a beaucoup de femmes dans ce mouvement, notamment dans le cinéma.» Pour lui, plus encore qu’une guerre confessionnelle, la guerre du Liban était une lutte des classes, au cours de laquelle certaines couches défavorisées de la population ont gagné un peu de pouvoir.«Entrer dans la milice, c’était la façon défaire du profit durant la guerre.» L’un des personnages est par ailleurs un oncle communiste vivant à Beyrouth-ouest, alors que sa famille est à l’est «Cet oncle m’a permis d’introduire un personnage athée dans le roman.Je crois que le fait de dire qu’il n’y a pas de Dieu dans un roman arabe est quelque chose de majeur», ajoute-t-il, alors qu’il vient pour sa part d’un milieu chrétien, sans pour autant être croyant.«L’histoire arabe est vaste et n’est pas homogène.» Au Liban, aujourd’hui, les choses ont changé, dit-il.De nouvelles alliances se sont créées entre les différentes factions religieuses.«La guerre n’est pas finie, mais je ne crois pas que les Libanais veulent une autre guerre civile.C’est quelque chose qu’ils ont appris.» Quand il y est retourné en 1998, il a visité pour la première fois le quartier musulman de Beyrouth, lui qui avait toujours vécu dans l'enclave chrétienne.«J’ai pu tout voir pour la première fois», dit-il, encore ému de son voyage.Rawi Hage a quitté le Liban en 1982 pour s’établir à New York, où il a étudié la photographie.Il a ensuite migré à Montréal, où sa famille l'a rejoint C’est dans le domaine de la photographie, entre autres avec Raymonde April, avec laquelle il a étudié, que Rawi Hage s’est d’abord exprimé.Mais la photographie laisse beaucoup de place à l’interprétation chez celui qui la regarde.C’est pour aller plus loin qu’il s’est mis à écrire ce premier roman, qu’un autre devrait suivre au printemps.Celui-là, dit-il, se passera surtout à Montréal, et explorera l’implication de certaines personnes dans le trafic d’armes.Le Devoir PARFUM DE POUSSIERE Rawi Hage Traduit de l’anglais par Sophie Voillot Editions Alto Montréal, 2007,362 pages La grande mesure du continent JEAN-FRANÇOIS NADEAU Les Editions Septentrion, en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, viennent de publier un atlas historique de l'Amérique du Nord, depuis 1492 jusqu a 1814.Ce n’est pas un atlas banal.Loin de là Et pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de près, au Salon du livre de Montréal cette fin de semaine comme en librairie en tout temps, voilà un livre qu’il faut au moins se donner la peine de voir une fois.La Mesure d’un continent propose, souvent pour la première fois, des documents cartographiques uniques, la plupart de réelles œuvres d’art dessinées par des artistes dont les noms se sont parfois perdus dans la nuit des temps.Avant les avancées de la numérisation, ces documents, colligés depuis vingt ans aux quatre coins du monde, n’auraient pas pu être reproduits et mis ainsi à la disposition d’un vaste public.Mais outre l’exceptionnelle beauté de ces documents, que le travail d’un imprimeur québécois rend admirablement bien — cho- se d’ailleurs très rare désormais pour les «beaux livres» puisqu’on imprime le plus souvent en Chine —, quel intérêt y a-t-il à porter à un atlas historique pareil?Les intérêts sont en vérité multiples, comme l’expliquent Raymonde Litalien, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, qui ont mené de main de maître ce projet ambitieux et, sans l’ombre d’un doute, très onéreux.Les cartes reproduites dans La Mesure d’un continent traduisent en effet des ambitions à la fois de découvreurs, VOIR PAGE F 2: CONTINENT Peau de bison.Les peaux rappellent, le plus souvent, la mémoire d’un chef ou un événement d’importance.Musée du Quai Branly, Paris ’ f mm c Æ SOURCE SEPTENTRION * E DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2 0 0 7 LIVRES EN APARTÉ Vie de chien o Jearv-François Nadeau on collègue Antoine Robitaille est déçu.Très déçu.Il a lu L’Instinct Dumont, la biographie de Mario Dumont que vient de faire paraître un de ses confrères, journaliste comme lui à l’Assemblée nationale.Pourquoi est-il déçu?Il s’attendait, dit-il, à ce qu’on lui révèle enfin des passions cachées chez l’ancien chef des jeunes libéraux.Et alors?Rien, justement, me dit-il.Men de rien.«Dumont ne lit pas, n'évoque pas le moindre auteur!» Pas même Victor-Lévy Beaulieu qui, contre toute attente, lui cire les chaussures depuis des mois, tout en continuant de s’occuper à Trois-Pistoles, comme si de rien n’était, de ses livres autant que de ses animaux.Les livres, pour le collègue Robitaille comme pour bien des gens raisonnables, sont des signes tangibles d’une existence d’homme capable de s’élever un tant soit peu au-dessus de la mêlée.Pas de livres chez Dumont, déplore-t-il; donc, pas tout à fait d’homme public digne de ce nom.Mis à part l’exercice de la politique au quotidien, n’y a-t-il pas au moins chez Dumont une petite passion que révèle sa biographie?Si, me répond le collègue.A en croire son biographe, Mario Dumont vibrerait rien qu’à entendre les monologues de François Pérusse, les Minutes du peuple, dont le septième album vient d’ailleurs de paraitre.Entre Montréal et Québec, il aurait écouté et réécouté les blagues de Pérusse au point de les connaître presque toutes par cœur.De quoi rendre parfois dingues les collaborateurs qui l’accompagnent Rien de mal à écouter les Minutes du peuple et à en rire comme une otarie au cirque du quotidien.Mais peut-on lire aussi à l’occasion lors d’un long trajet avec chauffeur?Je veux dire lire autre chose que des rapports en diagonale?N’y a-t-il d’ailleurs pas d’autres moments pour lire dans une journée?Tout le monde sait bien que lire sur la rou-te fatigue indûment la vue.Surtout au Québec.A cause des cahots.Le soir venu, après tant de mauvaises routes parcourues, la basse lumière n’est pas non plus très bonne pour lire.Puis, au fond, la lumière du jour n’est guère plus recommandable que celle du soin le soleil rend les blancs trop blancs et vous aveugle peu à peu.lire, comme on le racontait jadis, c’est toujours courir le risque de s’abîmer indûment la vue et de se fatiguer l’esprit de surcroît Mieux vaut changer d’auto pour mieux affronter les cahots de la vie.Non?L’ami Robitaille est bien généreux de croire que Mario Dumont puisse lire davantage aujourd’hui qu’il ne lisait au temps où il aurait naturellement pu lire le plus, c’est-à-dire au début de l’âge adulte.La lecture, chez Dumont comme chez bien des hommes de notre classe politique, n’a toujours été qu’une histoire de surface.Dans Avoir le courage de ses convictions, une autobiographie publiée en 2005, « Dumont ne lit pas, n’évoque pas le moindre auteur ! » Mario Dumont montre que lire, au cours de ses années de formation, ne s'est fait que sur le modèle de chien savant que propose Génies en herbe-, lire, c’était donc «étudier les peintres, les fleuves ou les lieux de naissance des compositeurs».Rien à voir avec la culture mais uniquement avec ses représentations de surface.Déjà en 1993, à l’âge de 23 ans, Dumont avouait à une journaliste que les romans étaient chez lui laissés sur les étagères.Oh, en grattant un peu, on trouvait bien quelques lectures très scolaires! Il avait ainsi lu, avec «grand plaisir», «entre le cégep et l’université», un roman de Balzac: Eugénie Grandet.Il recommandait aussi «aux jeunes» de lire Au pied de la pente douce de Roger Lemelin.Ah! déjà du très moderne Dumont.En cet été 1993, il se proposait de lire bientôt Mes premiers ministres de Claude Morin.L’a-t-il lu depuis?L’histoire ne nous le dit pas.Mais peu importe, au fond, puisque c’est signé Claude Morin.Il avait aussi lu Ecotopia d’Ernest Callenbach.De ce livre, il aimait surtout considérer que, dans un monde nouveau, les hommes pourraient se voir en mesure de récupérer jusqu’à leurs excréments pour fabriquer du méthane, de l’énergie bon marché.La belle affaire.Quelle énergie Mario Dumont est-il à même désormais de tirer de la digestion de ses lectures?Comme il est ici question de Mario Dumont, personne ne m’en voudra, j’imagine, de conclure en parlant du chien de Pierre Bourgault.Après tout, les deux sont de bien curieuses bêtes.Le chien de Bourgault’1 En plein Salon du livre de MontréaL une dame du monde du spectacle, Maryle-ne, me téléphone.Elle m’apprend que c’est elle qui a hérité, à la mort du tribun, de son chien Beau Bonhomme.«C’est un chien qui a beaucoup de Bourgault en lui, vous savez, me dit-elle d’emblée./e suis triste df voir que plus personne ne s’intéresse à lui alors qu’il était si souvent en entrevue avec son maître.Beau Bort-homme, c’était le chien de Pierre Bourgault, après tout!» Veut-elle me reprocher de n’avoir jamais interrogé lç chien?Quand même pas.Mais Beau Bonhommd, s’empresse-t-elle d’enchaîner, serait heureux de mP rencontrer.«Est PARTIE) STÉPHANE LEPINE • 105 GUERRE ET ESSAI SELON VIRGINIA WOOLF DAVID LÉLANC • 106 PENSÉES SUR LA PAIX DANS UN RAID AÉRIEN VIRGINIA WOOt I LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET D 1 M A N C B E S \ O V E M R R E LITTERATURE ENTREVUE Baldwin et Mabanckou : même combat ?LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Les passeuses d’encre marine DANIELLE LAURIN Il est considéré comme un pionnier de la lutte des (Noirs pour les droits civiques aux Etats-Unis.Et comme un précurseur en matière de défense des homosexuels.Qui était vraiment James Baldwin, mort il y a vingt ans?Dans Lettre à Jimmy, l’écrivain congolais Alain Mabanckou trace un portrait sensible, personnel et intime de l’auteur de La prochaine fois, le Jeu.Son livre prend la forme d’une longue lettre, adressée directement à James Baldwin.«Je m’adresse à lui comme à un ami, je le tutoie, car il m’habite depuis si longtemps», confie Alain Mabanckou, professeur de littérature à l’Université de Californie à Los Angeles.Sa voix chaude me parvient de Paris, où il a gardé un pied-à-terre après y avoir vécu une quinzaine d’années.«Pour moi, James Baldwin est un confident, et une source d’inspiration inépuisable», indique l’écrivain de 41 ans, récompensé l’an dernier par le prix Renaudot pour Mémoire d’un porc-épic et lauréat du Prix des cinq continents de la francophonie en 2005 pour Verre cassé.D précise: «À la relecture de son œuvre, on se rend compte à quel point la vision du monde et les idées de James Baldwin demeurent actuelles.Il pose des questions essentielles sur l’identité, la négritude, le statut de la littérature dite noire et les conditions mêmes de l’écrivain.» Dans Lettre à Jimmy, Alain Mabanckou ne se contente pas d’offrir une analyse fouillée, éclairée, des écrits de Baldwin.D jongle avec ses idées, les remet en perspective.D remet aussi en perspective le trajet en dents de scie de sa vie mouvementée.Et plonge au cœur même des tiraillements intérieurs de celui qui allait devenir une tête pensante du mouvement de lutte pour les droits civiques des Noirs dirigé par Martin Luther King.James Baldwin était noir, il était laid, il était un bâtard.Trois ans après sa naissance à Harlem en 1924, sa mère, femme de ménage, lui a donné un père adoptif Un père prédicateur, petit-fils d’esclaves, qui détestait les Blancs.«Pour cet homme, tous les Blancs sans exception étaient mauvais, rappelle Alain Mabanckou.Il fallait re- PASCAl.GEORGE REUTERS L’écrivain James Baldwin en compagnie du chef d’orchestre américain Leonard Bernstein à Paris, en 1986.pousser les Blancs, source de toutes les souffrances du peuple noir.James Baldwin a été élevé dans cette haine-là, des Blancs.Mais il s’est rebellé contre son père.H voulait être mieux que lui.Il s’est battu contre lui, qui raillait sa laideur, en voulait à la couleur de sa propre peau, » De son père, qui a terminé sa vie dans un asile psychiatrique, James Baldwin dira: «Sans lui je serais mort car, connaître sa vie, sa peine, m ’apprit comment me battre.» Un temps prédicateur, comme son père avant lui, le fils va vite déchanter «Pendant son prêche, raconte Mabanckou, il a constaté que, darts la communauté noire religieuse, les pasteurs riches profitaient des pauvres.Ça l’a révolté.» Eveillé à la culture et aux arts par des Blancs, par une institutrice blanche, en particulier, qui le prend sous son aile à l’encontre de la volonté paternelle, le jeune Baldwin va très tôt «séparer le bon grain de l’ivraie», comme dit Mabanckou: «Pour lui, pas question de mettre tous les Blancs dans le même bain.Jartuiis il n’adhérera à b théorie du démon bbnc.» Un homme libre Le concept de négritude, très peu pour Baldwin, si cela signifie se complaire dans la position de victime.Et quand vient le temps d’assumer son homosexualité, c’est en homme libre qu’il s’affiche, non en victime.Tandis qu’il vit à Greenwich Village, dans les années 1940, l'ex-pas-teur s’étonne que l’homosexualité soit vécue dans l’opprobre.«On le voit dans ses écrits de l’époque, tait remarquer l’auteur de Lettre à Jimmy: alors que b société considérait généralement les homosexuels comme des malades mentaux, et examinait la sexualité avec des lunettes collectives, lui, il parbit d’androgynie et posait b question de b sexualité en termes de liberté individuelle.» Liberté individuelle versus destin collectif: cela deviendra le terreau de l’œuvre de Baldwin, de son questionnement.Quand il débarque à Paris, en 1948, sur les traces de l’écrivain américain Richard Wright, Baldwin va se rendre compte qu’il a une longueur d’avance sur ses frères africains.Parce que muni d’un passeport américain.«Les Noirs américains qui arrivaient à Paris à cette époque étaient associés à l’Amérique qui avait libéré b France, rappelle Mabanckou.Les Africains, eux, débarquaient en France sans aucun statut.On leur donnait les tâches les plus insalubres.Babwin ne comprenait pas comment en tant que Noir il était mieux considéré que son frère africain confiné à b misère.» En entrevue, plus tard, Baldwin allait confier «Je pouvais ne pas apprécier une telle situatwn privilégiée, c’était cependant la réalité.Si j’avais été africain, Paris aurait été une ville différente pour moi.» À Paris, il va frayer avec l'intelligentsia Va s'intégrer peu a eu à un petit ceade d’artistes et d’écrivains, autour de Richard Wright.avec qui il va finir par se brouiller.Il va même aller jusqu’à démolir l'œuvre de son mentor, qu'il qualifiera de «littérature d’opposition».«Pour Baldwin, explique Mabanckou, la littérature noire ne saurait se réduire à faire un inventaire des maux nègres, de l'oppression raciale.À ses yeux, l'écrivain, quel qu’il soit, ne doit pas jouer le rôle de pompier de service.Et je pense comme lui qu'il faut distinguer l’œuvre du militantisme, l’art de l’action.Lui-même a construit une œuvre qui dépassait les clivages raciaux tout en restant impliqué.» Une grande leçon d’humanisme.C'est ce que nous laisse d’abord et avant tout James Baldwin, selon Alain Mabanckou.«Il avait saisi que gommer les individus, imposer une morale, c'est une façon de voirie monde qui épouse b pensée unique.» L’auteur de Lettre à Jimmy insiste: «Je crois, comme James Babwin.que c’est d’abord l’expérience personnelle des indivbus qui fait l’histoire.» Collaboratrice du Devoir LETTRE À JIMMY Alain Mabanckou Fayard Paris, 2007,186 pages ERIC GAILLARD REU' Alain Mabanckou SUZANNE GIGUËRE Automne 1988.Bas-Saint-Laurent.Après 30 ans d’exil en Chine, le peintre Gabriel Belanger revient à la Grande Anse, le village de son enfance, pour faire la paix avec son passe.La soixantaine en-tamee, il ressemble à un vieux sage chinois, avec ses cheveux blancs, sa moustache et sa barbe taillée en pointe sur le menton.Dans son atelier, les odeurs de l’huile de lin de la peinture se mêlent au parfum poivré de l’encre de Chine.Assis en tailleur sur un coussin, avec à portée de la main un pinceau, un bâton d’encre de Chine, un gobelet d’eau, des feuilles de papier et quelques morceaux de fusain, au moment d’esquisser le visage de son père, Gabriel se rend compte qu’il n’a aucun souvenir de lui, prisonnier de l’oubli soigneusement entretenu par sa famille.Un premier roman féministe et social, porté par une érudition légère et un sens narratif Peindre avec les mots In découverte du journal intime de sa mère, de la correspondance amoureuse de son père et de fragments de carnets fait resurgir les visages de quatre femmes qui ont évolué dans l’orbite de Joseph Bélanger.Comme leurs aïeules — «passeuses d’encre marine» —, Ma-rie-Berthe et Joséphine ont pris la plume pour raconter leurs combats les plus intimes, leurs révoltes, leurs tourments, les mensonges et les méprises dont elles ont été victimes.Gabriel imagine ces femmes pleines de vitalité, déterminées, animées d’un esprit de conquête, échouées dans les bancs de sable de leurs rêves dans le Québec rural de la fin du XIX' siècle.Dans les lettres jaunies de Joseph trouvées dans un coffret orné d’un paysage chinois, Gabriel suit le tracé de la vie parallèle et secrète de son père.Voyageur d’orient égaré en son propre pays d’occident, Joseph fait la rencontre de la sombre et sensuelle üicienne aux bacchanales données par le général anglais Gardiner, à Québec.Image iconoclaste que ces fêtes particu- lières — où les fenunes se déguisent en femmes orientales, où on fume de l’opium et récite des vers de Sapho — qui se déroulent dans une capitale prude, siège de l’épiscopat catholique eanadien-français.Au til de ses investigations, Gabriel démêle patiemment et parfois douloureusement les tils enchevêtrés de ses origines.Secoué par les re-trouvaiDes manquées avec Joséphine, dernière pas-simte dims le jardin intime de son père, le peintre appréhende l'imminente rencontre avec Clara, seule témoin vivant de toute cette histoire.les mailles du récit, de plus en plus lâches, ne peuvent phis retenir le séant entourant la naissance de Gabriel.Dans son atelier de la pointe aiLx Hirondelles, un carnet d’esquisses sur les impres- genoux, Gabriel peint, es- pérant que ses toiles se-sionnant ront des refuges pour la beauté menacée.Les rumeurs de la Seconde Guerre commencent à st' répandre.Lyse Charuest a exercé le métier de libraire avant d’entreprendre des études en création littéraire à l’Université Laval, la romancière, qui semble issue d’un vivre indissociable de la littérature et de la peinture, a poli pendant sept ans ce premier roman féministe et social, porté pim une érudition légère et un sens narratif int-pressionnant.Profondément marquée par la poésie et la peinture chinoises, elle réussit à faire vibrer les mots avec les couleurs et la lumière, donnant à son écriture la force d’évocation que produisent les traits d’un pinceau oriental.On a parfois l’impression que le récit s’embrouille, comme si certaines lignes, effacées du manuscrit cent fois repris, n’étaient pins lisibles que par celle qui les a tracées.Mais peut-on en vouloir à l’auteure de nous prendre en flagrant délit de rêverie?Collaboratrice du Devoir MARCHER SUR L’EAU Lyse Charuest L’Instant même Québec, 2007,198 pages KÛMED SUR IA J£UA/ÊSS£ DU H0NÏ£ Sous U «Erection de SYLVAIN BOURDON MIRCEA VUtTUR Danki Merom Collection dirigée par Madeleine Gauthier f> , - « Aï.A- ' r - 7 » -, LES JEUNES ET LE mWtL ta Jeunesse en Afrique subsaharienne gmMMMK ISBN : 978-2-89224-360-4 M» JACQUES ROV LES LOÇIQUES SOCIALES et la réussite scolaire DES CÉQÉPIENS l,iis fou nos» « 318 pages >35$ ISBN : 978-2-89224-356-7 168 pages *20$ Li s É«>fi .„„ »*lOR< ISBN: 2-7637-8401-1 132 pages *20$ LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL • LES ÉDITIONS DE L'IQRC • www.pulaval.com Michael Delisle Pierre Graveline Une histoire de l'éducation Louise Portai Cap-au-Renard Jean Royer Caston Miron sur parole Gaëtan Brulotte L'emprise Marcel Chaput Pourquoi je suis À bout portant 8,95 S - 136 P.10,95$-168 p.9,95 $ • 200 p.9,95$ • 128 P.8,95 $-160 p.11,95 $ • 264 p.11,95$ • 252 p.Faites le plein pour presque rien BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE www.llvres-bq.com F « LE U E V 0 I K .LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2 0 0 7 LIVRES BÉDÉ Quand l’appétit va, tout va ï ïMà Illustration de Manu Larcenet pour Technique Grogro SOURCE DELCOURT SYLVAIN CORMIER Suivez le guide.Donjon n’est pas une bédé ordinaire.Accessoirement inspiré par le jeu de roles Donjons et dragons, c’est un univers infiniment ramifié, exploré à travers diverses séries plus ou moins labyrinthiques, où se croisent et se décroisent histoires principales, parallèles, annexes, complémentaires ou aléatoires: les Donjon Potron-minet pour la genèse du Donjon, les Donjon Zénith pour l’ère de gloire, les Donjon Crépuscule pour le déclin.S’y greffent les Donjon Monsters, les Donjon Bonus et les Donjon Parade.Ce qui nous fait une sacrée pile de bédés: des dizaines et des dizaines de tomes parus depuis la création de la série par Lewis Trondheim et Joann Sfar en 1998.Donjon est à la bédé de la dernière décennie ce que les Rou-gon-Macquart furent au roman de la fin du XIX' siècle.Un chef-d’œuvre, non pas de la bédé fan-tastico-médiévale, généralement barbante, mais de la bédé parodique, hilare et débridée.Notez qu’à la différence des Rougon et de leur seul papa Zola, tout un tas de dessinateurs et de scénaristes s’y relaient: sinon, c’est pareille- ment génial.Mais si.Technique Grogro est le cinquième tome de la série Donjon Parade.On s’y bidonne, on s’y marre, on s’y roule sur le plancher, on s’y atomise de plaisir en compagnie d’une sorte d'Obélix nommé Grogro, sympathique monstre protecteur du donjon parmi les autres monstres protecteurs du donjon, «montagne de muscles à petit cerveau» qui mange ses ennemis comme l’autre enveloppé ses sangliers.Laissons-le décrire sa technique de combat alors qu’à la planche 6 il se repaît de poulets (Grogro n’est pas regardant quand il a faim, et il a toujours faim) : «Bin.Chi quelqu'un m’embête, che le tape et che le chuchote.» Chuchote, demandez-vous?C’est bien ce qui intrigue le chef des Hyper-ménoréens: «Vou$ chuchotez des mots magiques?» Eclaircissement de Grogro: «Bô non.Che le met dans ma bouche et che le mâchonne bien.» En gros, Grogro, c’est ça.Mais il se trouve que Grogro est de la race des Péléens, et que les Péléens, une prophétie le dit, feront le malheur des Hyperméno-réens.Solution des Hyperméno-réens, des petits futés: éradiquer les Péléens.Rien de tel qu'un génocide.Encore faut-il retrouver leur cité mythique: malins et demi, les Hyperménoréens y emploient à son insu Grogro, lequel les mène tout droit.chez les Tilapins, espèce dont il se délecte.Et ainsi de suite, de détour en festin.Quête en forme de parcours gourmand.Pour qui n'est pas un initié de la saga Donjon, c’est l’épisode idoine.Ça se lit tout seul, sans se farcir le cours de Donjon 101 sur le site hyper-documenté des Murmures du Donjon {uiww.bi-bou.org/donjon), et ça peut constituer une sorte d’entrée en matière, par la porte de service.Des personnages-clés y apparaissent (le Gardien, Alcibiade, Horous, Zongo), des contrées y sont visitées (et ravagées) : tout ça donne furieusement le goût d’aller se perdre dans les méandres du donjon.Trio d’étoiles Qui plus est, comme pour les autres tomes de Donjon Parade, c’est le trio d’étoiles qui s’y colle: Trondheim et Sfar scénarisent, Manu Larcenet dessine.Les maîtres bédéistes humoristiques de la nouvelle génération réunis.C’est dire la félicité du lecteur.Ça nous vaut des tronches pas possibles (les Tilapins terrifiés avant de servir de hors-d’œuvre, la joie!) et des répliques imparables, dont celle-ci, gracieuseté du Gardien: «Grogro.Recrache le monsieur, c’est un client.» Un régal.Protéiné.On en redemande.Et on est exaucé: pendant le temps qu’il vous a fallu pour lire cette recension, le tome 6 de la série Donjon Zénith a fait son apparition chez les libraires.C’est ce qui s’appelle nourrir son public.A croire que Grogro mange aussi des bédés.Collaborateur du Devoir DONJON PARADE TOME 5: TECHNIQUE GROGRO Dessins de Manu Larcenet Scénario de Lewis Trondheim et Joann Sfar Delcourt, col «Humour de rire» 2007,32 planches LITTÉRATURE JEUNESSE Simon, le super lapin masqué CAROLE TREMBLAY Stéphanie Blake est née aux Etats-Unis, a fait des études de chinois et vit à Paris, où elle fait maintenant partie de l’écurie séjecte de la maison d’édition L’Ecole des loisirs.C'est en fabriquant des livres illustrés pour les anniversaires de ses frères et sœurs qu’elle a eu la piqûre de la littérature jeunesse.Cette autodidacte a un don extraordinaire pour raconter le quotidien des petits de manière à en tirer la substantifiquc et hilarante moelle.Les thèmes les plus rabâchés de la littérature jeunesse reprennent un air de fraîcheur sous sa plume.Ce qui est le plus étonnant, c’est quelle le fait avec une rare économie de mots et d’images.Simon, son personnage de lapin masqué, découvert dans l’adorable Caca boudin, en fait la démonstration à chacun de ses albums.Le dernier, Je veux pas Je veux pas aller à l’école aller à l’école, est encore un modèle du genre.Simon n’a pas envie de faire sa rentrée scolaire.Chaque fois qu’on lui parle d’école et qu’on avance un argu- ment pour le convaincre qu’il n’y a là rien de bien terrible, le coquin répond: «Ça va pas, non?» Le jour fatidique arrive et Simon çst bien obligé d’aller à l’école.Evidemment, tout se passe très bien.Tellement que, lorsque sa maman vient le chercher à la fin de la journée et lui annonce qu’il peut rentrer à la maison, tout ce que Simon trouve à répondre, c’est: «Ça va pas, non?» Une situation que de nombreux parents reconnaîtront sûrement.Stephanie Blake sera au Salon du livre de Montréal tous les jours pour dédicacer ses livres.Collaboratrice du Devoir JE VEUX PAS ALLER À L’ÉCOLE Texte et illustrations: Sfephanie Blake L’Ecole des loisirs Papis, 2007,24 pages (A partir de 3 ans) Poésie pour jeunes lecteurs ANNE MICHAUD On offre rarement des livres de poésie aux enfants.Peut-être parce qu’il y en a peu qui leur sont destinés.En voici quatre nouveaux, tous québécois.Après avoir charmé les enfants par ses illustrations, ses romans et ses albums, voici que Gilles Tibo leur offre un album de poèmes.Avec délicatesse, comme c’est son habitude, il aborde divers aspects de la beauté et de la laideur du monde et il s’amuse avec les mots, les phrases et les rimes.De bien beaux Rêves d’enjance que ceux de Gilles Tibo! Pour Guy Marchamps, la vraie vie goûte les biscuits! C’est lui-même qui le dit dans un recueil de petits poèmes tout simples, qui pourraient très bien servir d’inspiration pour un travail scolaire de niveau primaire.11 en faut de la patience et du talent pour arriver à une telle simplicité.ou peut-être suffit-il tout simplement de retrouver son âme d'enfant! Pour sa part François Gravel fait plutôt dans la poésie pour les îMSWWn ire PASSION, CONSELS ET DÉCOUVERTES Meurtre au Salon du livre LA MESURE :l ' \i n CONTINENT Un roman de David Brodeur illustré par Jimmy Beaulieu Soulières éditeur 112 pages *9,95 $ pour les 10 ans et plus Edmond s'amusait beaucoup au Salon du livre.Jusqu'à ce qu'il surprenne une conversation terrifiante.Librare ndépendante agréée Place tangueci • 825, St-Laurert 0.450-679-8211 • infiâtyarie-dre.com 4 Hü MHn _________ HUI HISTORIQUE « On ouvre et on sourit de bonheur.Un Hire merveilleux et splendide.» Jwi Utt Bigot, Rüdirr Cioiw.lü « Parfait pour écouter De remarquables oubliés: des caries, des cartes, des caries.Il est magnifique ce livre.» Serge Bouchard.RotHo-Gmada « Ce livre est sjrectaculaire !» Dkïor ïessou, L." Hikil À ne pas manquer : Une causerie autour du livré la Mesure d’un continent aura lieu le dimanche 18 novembre à 11 h à la librairie Olivieri, 219, chemin de la Gôte-des-Neiges, Montréal (jeunes) esprits rebelles! Après Voyage en Amnésie et autres poèmes débiles, il revient avec Débile toi-même et autres poèmes tordus!, où il joue avec les sens, les contresens et même les compétences (transversales) ! D y a là de quoi se tordre de rire.et réfléchir un peu! Enfin, près d’un an après qu’elle nous a quittés pour l’au-delà, Henriette Major offre à tous ses admirateurs, petits et grands, un dernier cadeau.Ses Pays inventés nous font visiter toutes sortes de lieux sortis tout droit de son imagination: le Pays des mots, le Monde du silence, le Pays des entants rois, le Monde des histoires et même File aux grimaces et File au chocolat! Et, grâce à la créativité de Philippe Béha, son complice des Devinettes d’Henriette et des Jongleries, ces pays inventés sont drôles à souhait! Collaboratrice du Devoir REVES D’ENFANCE Poèmes de Gilles Tibo, illustrés par Isabelle Arsenault Normand Cousineau, Caroline Hamel, Luc Melanson et Janice Nadeau Dominique et compagnie Montréal, 2007,32 pages (5 ans et plus) LA VRAIE VIE GOÛTE LES BISCUITS Poèmes de Guy Marchamps, illustrés par MarieClaude Favreau Soulières éditeur Saint-Lamberfi 2007,72 pages (6 ans et plus) DÉBILE TOI-MÊME ET AUTRES POÈMES TORDUS Poèmes de François Gravel, illustrés par Virginie Egger Les 400 Coups Montréal, 2007,64 pages (8 ans et plus) LES PAYS INVENTÉS Textes d’Henriette Major, illustrés par Philippe Béha Hurtubise HMH jeunesse Montréal, 2007,88 pages (5 ans et plus) ftV \s \ imm Sous la direction de Réginald HAMEL Panorama ne la littérature ouéliécolsa vieri librairie >bistr LA MESURE CONTINENT GA- Dimanche 18 novembre 14 h 00 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 La Mesure d’un continent Éd.du Septentrion Causerie avec Denis Vaugeois et Jean-François Palomino La parole est à ceux, Blancs et Indiens, qui ont marché, exploré et cartographié l’Amérique.Œuvres d’art, oeuvres de sciences, mais aussi pièces stratégiques d’un échiquier mondial, les cartes géographiques qu’ils nous ont laissées sont d'irremplaçables témoins de cette quête de savoir.« C’est une splendeur.On ouvre ça et on sourit de bonheur.Un cadeau magnifique.» Joël Le Bigot, Radio-Canada.832 pages’52.20$ ISBN 978-2-7601-4606-8 Axe ssr la notion os Que&écliude.GUERIN, éditeur Itee En vente Dans toutes les nerairies Le prix est indiqué sous réserve de modifications SePTENTRION.qc.ca 514-842-3481 SS Stephans Bertran François Magin Clark et les autres .La Belle et le hautbaj d A LO ançois Magin LA BELLE ET LE HAUTBOIS D'ARMAND CLARK ET LES AUTRES 180 pages | 21,9S $ 120 pages | 18,95 $ m Une nouvelle collection; un mélange inattendu de styles www.hurtubi2ehmh.com ' — i v 4 9753 LE DEVOIR.LES SAMEDI I 7 ET 11 1 M A X LUE 18 X (I V E XI B R E 2 O O 7 SSAIS Jasmin au combat LOUIS CORNELLIER Tous les militants honnêtes et dotés d’un certain esprit critique le reconnaitront: la lutte, à la longue, use.La démobilisation guette, surtout quand les combats font du surplace et n’aboutissent pas.C’est la raison pour laquelle l’indépendantiste Claude Jasmin n’hésite pas à prêcher à des convertis.«Les patriotes, écrit-il, ont bien le droit d’être stimulés et sans cesse, non?» Bien sûr que si.Dans Claude Jasmin, le Québécois, un recueil de «lettres, contes, chroniques» d’abord parus dans le journal Le Québécois et sur Poing comme net, le site Internet personnel de l’auteur, le romancier se fait pamphlétaire à sa façon, c’est-à-dire énergique et brouillonne.Dépeignant tous les fédéralistes qui s’agitent au Québec en «traîtres à la cause sacrée», il chauffe le poêle de la lutte indépendantiste beaucoup plus qu’il n'argumente.André Ouellet, Paul Martin, Michaëlle Jean et Jan Wong passent donc sous ses fourches cau-dines, de même que la plupart des éditorialistes et chroniqueurs du journal La Presse.Naïf, Jasmin écrit même une lettre à Paul Desmarais pour lui demander de faire une place, en éditorial, au point de vue souverainiste.«Il y a des limites, avance-t-il, à mépriser chaque jour l’orientation patriotique d’une majorité de ses propres lecteurs à La Presse, vous pensez pas?» Mais s’ils y restent, ces lecteurs, pourquoi le patron fédéraliste devrait-il lâcher du lest?Par grandeur d’âme?Le pamphlétaire, dans ce dossier, ne vise pas la bonne cible.S’en prendre à la concentration de la presse, et aux lecteurs trop conciliants, aurait été plus avisé.Jasmin, il est vrai, n’est pas du genre à s’enfarger dans les fleurs du tapis.Faisant flèche de tout bois, il tire d’abord, quitte à se demander s’il a bien fait ensuite.Ainsi, il qualifie Michel Tremblay de «renégat» parce que ce dernier a osé remettre en question la direction récente prise par le mouvement souverainiste.«Son tout frais coup de jamac à la souveraineté fait pitié et on a envie de le recouvrir du manteau de Noé par compassion tant l’on admire son œuvre», écrit-il dans une belle formule.Provocateur, Jasmin s’en prend aussi au Festival de jazz de Montréal, qui ne serait qu’un «gras cheval de Troie enfonçant davantage, chaque juillet, le colonialisme étasunien».Il ajoute: «Nos médias font la zélée propagande d’une culture pop qui n’a aucune réalité solide au Québec.» Il y a là, il faut le reconnaitre, une vraie bonne idée polémique, mais Jasmin la développe trop peu pour en convaincre ceux quelle heurte.Une défense des felquistes Dans les rangs souverainistes, la valeur de la croisade felquiste continue de faire débat.Doit-on considérer ses animateurs comme des têtes brûlées ou comme de méritants activistes?Jasmin, dans ces pages, choisit son camp.Ces jeunes combattants, écrit-il, furent courageux, «héroïques», et «il ne faut plus craindre de le dire, de vanter ces gars-là, de narrer leurs actions illégales, mais non “illégitimes”, dans nos livres d’histoire».On a le droit, précise-t-il, d’être en désaccord avec leur action, «mais on n'a pas le droit de leur cracher dessus».Plusieurs souverainistes, dont je suis, seront mal à l’aise devant cette acceptation du principe selon lequel la fin justifie les moyens, même si Jasmin précise que nous n’en sommes plus là.Ce n’est pas nécessairement «cracher» sur ces jeunes que d’affirmer que leur aventurisme fut une erreur, à la fois politique et morale.Plus encore, il faut dire que le fait de les élever au rang de héros, aujourd’hui, risque plus de ternir la réputation du souverainisme que de lui redonner de l'élan.La fougue militante de Jasmin est assurément une qualité, mais elle lui fait parfois mener de douteux combats.Pourquoi, par exemple, cet acharnement au sujet des hassidim, ces Berets blancs du judaïsme, selon deux amis juifs de l'auteur?Bien sûr qu’ils sont fondamentalistes et que leur fermeture aux autres peut irriter, et alors?Ils sont si minoritaires que cela ne change rien à la face du Québec.Ils veulent s’isoler?Tant pis pour eux, dans la mesure où Us n’offensent pas la Charte des droits et libertés.Jasmin, qui n’a rien d’un antisémite, devrait éviter de s’épuiser dans ce délicat dossier, tout comme il devrait comprendre que ce n’est pas en dénigrant la culture canadienne — «un sosie des USA», écrit-il — qu’on fera avancer la cause indépendantiste.La liberté nationale se défend pour des raisons intrinsèques plutôt qu'extrinsèques.J’aime, je l’ai souvent dit et écrit, l’énergie, la fraîcheur et la liberté de ton du polémiste Jasmin.Ce recueil, encore une fois, contient toutes ces indéniables qualités, mais U n’évite pas toujours les emportements mal maîtrisés.Collaborateur du Devoir CLAUDE JASMIN, LE QUÉBÉCOIS Lettres, contes, chroniques Claude Jasmin Du Québécois Québec, 2007,152 pages Le monde peu connu du heavy metal ALEXANDRE SHIELDS Pour l’œil et surtout pour l'oreille du néophyte, le monde du heavy metal a de quoi surprendre.En effet, qui peut bien s'intéresser à ce deferlement de decibels pesants, appuyés par une voix d'outre-tombe qui hurle des paroles traduisant le plus souvent des angoisses existentielles ou une rage bien sentie?La réponse facile, clichée, associe ce style musical à ime jeunesse en proie à un mal de vivre visceral et qui s'enferme dans le sous-sol parental pour ruminer sa haine du monde extérieur.Au-delà des idées reçues, cet univers n’en constitue pas moins une culture aussi riche qu'intrigante et que font vivre des artistes authentiques et talentueux, mais aussi, bien sûr, quelques caricatures plutôt burlesques.Même le Québec compte une scène plus qu’active dans le domaine.Réunir dans un seul livre L’Histoire définitive du heavy metal représente donc tout un défi de synthèse.Un tour de force réalisé par lan Christe./aM inconditionnel du genre.Ce dernier fait naître le style musical un certain vendredi 13 février 1970, jour de la parution du premier album de Black Sabbath, le légendaire groupe d’Ozzy Osbourne.Cette formation représente d’ailleurs l’archétype des artistes prédestinés pour donner dans le metal.Nés dans des milieux défavorisés, au cœur d’une ville industrielle sur le déclin, ils développent rapidement une haine de la société bien-pensante et une fascination FABRICK COITRINI AO! V F FRANCK l'RFSSl Keery King, le guitariste du groupe Slayer pour la magie noire, en plus de faire un pied de nez à la religion.Fait à noter, le groupe a trouvé sa signature musicale en tentant de transposer en musique l’effet des films d’horreur.Le ton était donné.Et le son lourd, grave, on le doit en partie au guitariste de Black Sabbath, Tommi lommi.Blessé aux doigts lors d’un accident de travail, il avait été forcé de réduire la tension de ses cordes.Le bassiste a suivi, abaissant la tonalité de son instrument Le metal était né et, dès le départ leurs riffs pesants plaisent.11 faut dire qu’à l'époque d'autres groupes avaient ouvert la voie, Cream, The Jimi Hendrix Experience et Led Zepp^ lin en tète.Au cours des années 70, mais encore plus au cours des deux décennies suivantes, les groupes se multiplient.Boudés ou méprisés par la presse, ils subissent aussi les hauts cris poussés par les associations parentales dénonçant les adeptes des devil’s hom, des costumes extravagants et des cheveux longs.Le livre de Christe trace justement la ligne temporelle tortueuse — ou plutôt l'arborescence — qui nous amène à aujourd'hui en traitant du parcours de tous les gros porteurs du flambeau: Judas IViest, AC/DC, Metallica, Def Ijep-pard.Iron Maiden, Slayer, etc.S;uis oublier les noms les plus amicaux, tels que Cannibal Corpse, Megadeth et Napalm Death.Cette bible du metal s’adresse évidemment aux initiés, mais elle peut aussi donner aux plus curieux des idées d’albums à découvrir.Une suggestion?Le Black Album.de Metallica, disque phare du heavy metal s'il en est.Car le style vaut l'écoute, d'autant plus que les musiciens talentueux sont légion dans le heavy metal, quoi qu’en pensent les bonnes gens.Et le fait que ces groupes parviennent à attirer des foules considérables mérite qu'on tente de voir au-delà des clichés.D'ailleurs, pour ceux qui n'ont pas envie de lire le livre, le documentaire Metal: A Headbangers Journey offre un bon survol du style, au-delà des idées reçues.la1 do cumentariste, anthropologue de formation, porte un regard des plus pertinents sur un monde mé connu du grand public.Le Devoir éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Jean-Marie Therrien Parole et pouvoir Figure du chef amérindien en Nouvelle- France \hm- Uten'fa i PajKMC*** j JUUVOtt ft£or».L 4
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