Le devoir, 19 novembre 2007, Cahier B
LE DEVOIR.LE LUNDI 19 NOVEMBRE 2 0 0 7 .J TECHNOLOGIE One Laptop Per Child réussit son défi Page B 7 MOPE François Brousseau Vrais et faux dangers Vrai danger — Que la bombe atomique pakistanaise tombe entre de mauvaises mains.La Maison-Blanche multiplie les gestes et les insinuations qui donnent à penser que la sécurité des sites nucléaires militaires au Pakistan n’est pas ce que le généraklictateur Pervez Mouchar-raf dit qq’elle est Le New York Times annonçait hier que les Etats-Unis se montrent ces temps-ci très empressés auprès d’Islamabad et dépensent des sommes astronomiques pour aider le Pakistan à surveiller ses sites et à en bloquer l’accès à d’éventuels commandos terroristes.La bombe aux mains des talibans: quand le pire devient possible.Faux danger — Lin bombardement atomique iranien sur Jérusalem dans les cinq prochaines années.Tel est pourtant le scénario-catastrophe que font circuler, depuis des mois, des alarmistes américains et israéliens non dépourvus d’arrièrepensées idéologiques.Vrai danger — Que les «neocons» de Washington, moins affaiblis qu’on ne l’a prétendu, accélèrent les préparatifs d’une attaque militaire contre l'Iran et refassent à l’opinion publique américaine — ainsi qu’à l’élite politique de Washington — le coup des «armes de destruction massives».Mais, cette fois, avec l’Iran comme épouvantail Et—une fois de plus — avec une majorité de représentants et de sénateurs démocrates qui, sommés de prouver leur amour du drapeau, finiraient par monter dans le train «militaro-patriotique».Faux danger — Que la victoire des démocrates, souvent pronostiquée pour l’automne 2008, remette en cause les choix «sécuritaires» de Washington.Avec des politiciens comme Hillary Clinton et Joe Liberman, la tendance «dure» en politique étrangère américaine a de beaux jours devant elle.des deux côtés de la Chambre.Les faucons peuvent dormir tranquilles.Vrai danger — Que Pervez Moucharraf se maintienne au pouvoir avec sa casquette de général et maintienne l’état d,’urgence, malgré les avertissements répétés des Etats-Unis, du Commonwealth et du reste du monde.C’est l’un des effets de l’affaiblissement stratégique de Washington, consécutif à l’invasion de l’Irak.Affirmer par exemple: «Les États-Unis vont bientôt débrancher Moucharraf» (formulation banale dans la bouche d’un grand nombre de gérants d’estrade, avec comme sous-entendu que c’est Washington qui tire toutes les ficelles, partout et toujours.), cela n'a plus grand sens aujourd’hui.Moucharraf, même «débranché», a des piles en réserve pour continuer de rouler.H se peut que son pouvoir soit menacé — il l’est sans doute —, mais pas d'abord par un «lâchage» de Washington.Les talibans, les extrémistes pakistanais, la société civile, les juges et les avocats qui dans la rue réclament la séparation des pouvoirs, les généraux qui dans l’ombre affûtent leurs çouteaux: aucun de ces acteurs n’est le «jouet» des Etats-Unis.Mais ils doivent bien davantage troubler le sommeil de Pervez Moucharraf que l’attitude de George Bush à son égard.Vrai danger — Le retour de la famine en Somalie.C’est en tout cas ce que répètent, ceg jours-ci, des agences comme,CAKE et I'UNICEF.A Mogadiscio, «capitale» d’un Etat qui n’existe pas vraiment, près d’un quart de millions de personnes ont été chassées de chez elles au cours des dernières semaines.Des quartiers entiers ont été vidés par des «autorités» qui s’identifient de plus en plus à l’Ethiopie voisine, puissance occupante daps la capitale, elle-même soutenue activement par les Etats-Unis.Vrai darker — La réaction d’hostilité de la Serbie à l’indépendance du Kosovo, où les élections d’hier ont confirmé l’inexorable poussée séparatiste.Avec comme appui arrière à Belgrade: la Russie, totalement intransigeante dans son opposition à la «partition» de la Serbie.Te Kosovo est l’exemple d’un problème insoluble, où le compromis semble impossible: ou bien le Kosovo devient indépendant, ou bien il reste à l'intérieur de la Serbie.D se peut aussi que l’indépendance du Kosovo ouvre une boîte de Pandore et relance une «guerre des Balkans bis».Sans doute pas en Slovénie ou en Croatie, mais peut-être en Bosnie-Herzégovine où, dans la fraction serbe de cette république bancale, certains se préparent à réagir violemment si les Kosovars poussaient vraiment leur désir d’indépendance.Vrai danger — Que la Belgique binationale et unie cesse d’exister à moyen terme, et ce, malgré la manifestation organisée hier à Bruxelles pour clamer le désir d’unité — manifestation où, à dire vrai, les fiancophones prédominaient nettement sur les néerlandophones.Faux danger — Que cette séparation débouche sur la guerre.Nous sommes au coeur de l’Europe, la capitale du pays est BruxeUes (également capitale européenne) .la séparation reste difficile à concevoir en 2007 — tant sera forte la résistance que l'Europe entière opposera à cette demande des Flamands —, mais la Belgique semble avoir perdu le ciment du «vouloir-vivre» ensemble sans lequel les pays s’étiolent Vrai danger — La reprise des hostilités entre le Soudan-Nord et le Soudan-Sud.Alors que rien n’est réglé au Darfour, les signes se multiplient de la volonté des dirigeants de Khartoum (capitale du pays, au nord) de ne pas honorer leur promesse de laisser le Sud tenir, à la fin de la décennie, un référendum sur l’indépendance.François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada.On peut l'entendre tous les jours à l'émission Désautels à la Première Chaîne radio, et lire ses carnets sur www.radio- canada, ca/nouvelles/carnets.francobroussoa hotmail, corn i w a Llo n * +j_ UGfnajQde =2 BELGES ,«« 1.f-UMW • Aux cris de jaune-rouge YVKS HERMAN REUTERS «Belgique, Belgique!» ou de «Vive le roi», 35 000 personnes, selon la police, ont défilé dans une marée de drapeaux nationaux «noir-» avant de se reunir dans un des parcs de Bruxelles pour une fête «à la Belge» avec frites, bière et concerts.« Un Wallon plus une Flamande égale deux Belges » Les Belges manifestent en masse pour sauver leur pays YVES CLARISSE Bruxelles — Des dizaines de milliers de Belges ont manifesté hier dans les rues de Bruxelles pour démontrer leur attachement à la Belgique au moment où une profonde crise politique menace la pérennité du royaume.Un forêt de drapeaux belges a envahi la capitale 161 jours après les élections du 10 juin dernier, qui n’ont pas encore débouché sur la formation d’un gouvernement, tant Flamands et francophones sont divisés sur la gestion du pays.Trente-cinq mille personnes selon la police — bien plus selon les organisateurs — ont pris part à cette marche bon enfant, un exploit dans la mesure où l’initiative émane d’une simple citoyenne, MarieClaire Houard, fonctionnaire liégeoise qui a lancé une pétition sur signée par 140 000 personnes.«C’estformidable», a déclaré cette petite femme ronde de 45 ans qui n’était appuyée ni par les syndicats ni par les partis politiques, avant de remettre les signa- tures de sa pétition pour le maintien de l’unité de la Belgique au président du Sénat «Mon pari est gagné, la foule est là, il y a des Flamands, il y a des Wallons et il y a une très belle ambiance, sous le soleil.» Une quinzaine de confremanifestants nationalistes flamands, qui avaient pénétré dans la «zone neutre» près du palais royal et du parlement sans autorisation, ont été arrêtés, ont annoncé les autorités de la police de Bruxelles.Les slogans de la manifestation étaient clairs et clamés par une foule majoritairement jeune, ce qui contraste avec les traditionnelles manifestations d’attachement à la Belgique qui rassemblent souvent une poignée de vieux «Belgicains».«L’Union fiait la force», la devise du pays, était déclinée dans les trois langues nationales, tandis que «Touche pas à ma Belgique!» remportait un franc succès et que l’hymne national, la Brabançonne, était — pour une fois — chanté.«On nous avait annoncé un échec, on nous disait qu’il n'y aurait aucun néeriandophone, un journal néeriando-phone avait dit qu’il n’y aurait pas plus de 100 Flamands et que ce ne serait pas des vrais Flamands.Mais ils sont là, les vrais Flamands!», a souligné Mme Houard à la fin du défilé, sous les ovations de la foule.Un service d’ordre débonnaire contribuait à donner une impression de fête, ce qui était d’ailleurs le cas puisque, Belgique oblige, la manifestation s’est terminée entre les «baraques à frites» et les pompes à bière disséminées dans le parc du Cinquantenaire, où la manifestation s’est dispersée.Blocage total Les marcheurs ont exprimé leur angoisse devant la situation de blocage total qui prévaut sur l’échiquier politique, l^s négociations entre démocrates-chrétiens et libéraux du Nord et du Sud du pays pour la forrration d’un gouvernement «Orange bleue», le mélange de leurs couleurs politiques, ont dû été interrompues le 7 novembre dernier au plus haut de la tension entre les partis flamands et francophones.VOIR PAGE B 2: BELGES ÉLECTIONS Compte à rebours vers un Kosovo indépendant Les Kosovars choisissent Hashim Thaci, un ex-guérillero Les Kosovars albanais, impatients d’obtenir rapidement l’indépendance, ont donné samedi leurs suffrages à un ex-chef de la guérilla séparatiste pour les y conduire à la veille de négociations cruciales avec Belgrade.MARC SEMO Le compte à rebours vers un Kosovo indépendant est donc relancé.«Nous proclamerons l'indépendance immédiatement après le 10 décembre» a lancé samedi au soir de sa victoire électorale Hashim Thaci.Crédité de 35 % des voix pour son parti le PDK (Parti Démocratique du Kosovo), l’ancien chef de la guérilla albanaise évoquait devant ses partisans la date butoir fixée par l’ONU pour un accord négocié avec Belgrade sur le statut définitif de cette province du sud de la Serbie peuplée en écrasante majorité d’albanais de souche.Or les chances d'un compromis lors de ce nouveau «round» de discussions sont quasi milles.Las de huit ans de protectorat international, les représentants des quelque 1,8 million d’Albanais kosovars menacent de mettre la communauté internationale devant le fait accompli en proclamant unilatéralement leur indépendance au Parlement.Ce rêve d’un Kosovo souverain et reconnu comme Etat fait tellement l’unanimité parmi eux que cela n’a même pas été un argument de campagne électorale parmi les quelque 26 partis en lice.Mais la Serbie quant à elle exige de conserver une souveraineté au moins formelle sur cette région quelle considère être le berceau de leur histoire.Les serbes qui vivent encore au Kosovo (100 000 personnes soit 10 % de la population) — au nord de Mitrovka dans un territoire limitrophe de la Serbie ou dans le reste de la IMk ‘ Un homme se tient devant un graffiti peint dans la ville divisée de Mitrovica.DIMITAR Dlt.KOFK REUTERS province dans des enclaves protégées par la KFOR la force de l’OTAN — ont tous boycotté le scrutin.Ils veulent d’ôter toute légitimité au futur parlement ou 20 sièges sur 120 leur sont réservés.Les représentants de la MINUK (la mission des Nations unies chargée du Kosovo depuis le départ des forces de Belgrade en juin 1999) ou de la KFOR ne sont guère surpris du résultat des urnes et plutôt satisfaits.«Hashim Thaci passe pour être le seul homme politique à même de tenir ses troupes», explique un diplomate occidental.L’ex-guériDero, âgé d’à peine 39 ans qui fut sur- nommé «le serpent» aux temps de sa jeunesse combattante, dispose aujourd’hui d’une aura autant plus forte qu’il n’a plus de vrai rival politique.Le très populaire président Ibrahim Rugova, homme symbole de la résistance pacifique de masse des kosovars, est mort en janvier 2006.Son parti la ligue Démocratique du Kosovo, qui avait dominé la vie politique depuis les premières élections libres s’effondre atteignant à peine 20 % des voix.Ramush Aradinaj, VOIR PAGE B 2: KOSOVO LE DEVOIR.LE LUNDI 19 NOVEMBRE 2007 B 2 LE MONDE QUARTETTE FRANCE Blair va annoncer des projets économiques pour les Palestiniens La grève se poursuit, non sans grogne Quelques milliers de personnes ont manifesté contre le mouvement ADAM ENTOUS Jérusalem — L’émissaire du «quartette» pour le Proche-Orient, Tony Blair, compte dévoiler aujourd’hui des projets visant à relancer l’économie palestinienne, dont l’un concerne la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, ont rapporté hier des responsables occidentaux et palestiniens.L’ancien premier ministre britannique a fait cette annonce à une semaine d’une conférence de paix parrainée par Washington visant à relancer les négociations israélo-palestiniennes sur la création d’un Etat palestinien et à renforcer la position du président palestinien Mahmoud Abbas face aux islamistes du Hamas.Les responsables occidentaux et palestiniens, qui se sont exprimés sous le couvert de l’anonymat, ont indiqué que ces projets avaient pour but de créer rapidement des emplois et de dynamiser l'activité économique des territoires.Des responsables occidentaux ont précisé que l’offre comprenait la construction d’égouts dans la bande de Gaza.Abbas, dont le Fatah, laie, est toujours dominant dans la Cisjordanie occupée, veut ceprendre le contrôle de la bande de Gaza mais on ignore encore comment il va s’y prendre.Israël a renforcé son étau militaire et économique autour de la bande de Gaza et ses 1,5 million d’habitants depuis que les islamistes du Hamas ont pris le contrôle de ce territoire, à la mi-juin, aux dépens du Fatah.«De notre point de vue, c’est un problème humanitaire», a déclaré Shlo- mo Dror, porte-parole du coordinateur israélien pour les territoires pa-lestiniens, concernant le projet d’égouts dans la bande de Gaza Dror a dit que la seule inquiétude d'Israël, concernant ce projet, portait sur les conduites métalliques nécessaires, dont certaines pourraient servir aux activistes pour fabriquer des roquettes.Dror a ajouté que d’autres types de conduites pouvaient être utilisés.Les chantiers de Blair devraient aussi porter sur la création d’un corridor commerçant dans la ville de Jéricho en Cisjordanie et une modification des postes de contrôle de manière à faciliter les visites de Bethléem et d’autres sanctuaires chrétiens par les touristes en Cisjordanie.La construction d’une importante zone industrielle à Hébron viserait quant à elle à créer des emplois dans le secteur, a déclaré le maire de la ville, Khaled Oseily, ajoutant que Blair avait promis de trouver des financeurs internationaux pour ce projet Les projets seront dévoilés après une rencontre prévue aujourd’hui entre Blair, le premier ministre palestinien Sa-lam Fayyad et le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak.Pariant à des journalistes à Ramallah, en Cisjordanie, Blair a dit que ces projets «visaient à donner aux gens le sentiment que certaines choses peuvent changer sur le terrain».Des ONG ont fait savoir que le système d’évacuation des eaux usées de la bande de Gaza, d’une capacité insuffisante, était au bord de la rupture.Reuters Paris — Les syndicats de cheminots français ont reconduit la greve hier, pour la sixième journée, devant le refus du président Nicolas Sarkozy de reculer sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, alors que les fonctionnaires s’apprêtent a leur tour à cesser le travail demain.Les principaux syndicats des chemins de fer (SNCF) ont appelé à poursuivre aujourd’hui le mouvement, mais en faisant un geste en se disant prêt à participer à des négociations prévues mercredi pour «apporter leur plateforme revendicative».Le gouvernement qui a engagé l'épreuve de force avec les syndicats sur cette réforme emblématique de la volonté de «rupture» de M.Sarkozy conditionne sa participation à une reprise du travail.«Il y aura un représentant de l’État s’il y a bien une dynamique de reprise du travail», a expliqué le ministre du Travail, Xavier Bertrand, c’est-à-dire «davantage de trains, de métros qui reprennent».La direction de la SNCF a prévu pour aujourd’hui un trafic légèrement meilleur avec notamment 300 TGV (trains à grande vitesse) sur 650.Les transports parisiens resteront encore fortement perturbés, avec un métro sur cinq en moyenne et 40 % de bus.Des centaines de milliers d’habitants de la région parisienne s’apprêtaient donc à vivre une nouvelle journée difficile pour rejoindre leur travail.Quelques milliers de personnes ont manifesté hier à Paris contre les grèves à l'appel d’associations libérales, en dénonçant les «privilèges» des fonctionnaires.Les manifestants, entre 5 et 10 000 selon MAL LANGSDON REUTERS Beaucoup de manifestants arboraient hier des autocollants rouge et blanc « Stop la grève ».les organisateurs, 8000 selon la préfecture de police, ont défilé de la République à la Nation.Beaucoup arboraient des autocollants rouge et blanc «Stop la grève» fournis par l’association libérale liberté chérie, organisatrice de la manifestation.Le gouvernement ne veut pas revenir sur le fond de sa réforme, prévoyant notamment un alignement de la durée de cotisation des régimes spéciaux (37,5 ans) dont bénéficient 500 000 salariés, parmi lesquels les cheminots, sur les 40 ans du régime général.Il s’appuie sur des sondages qui ont montré qu’environ 60 % des Français étaient opposés à la grève.«Nicolas Sarkozy est convaincu que l’impopularité du mouvement ne permettra pas aux grévistes de tenir bien longtemps», avançait hier le quotidien populaire Le Parisien.Le Medef (patronat) a appelé à la reprise du travail, estimant que le mouvement faisait courir aux entreprises «un grave danger».S le syndicat majoritaire, la CGT a tenté une ouverture en proposant en début de conflit des discussions dans les entreprises, ep présence d’un représentant de l’Etat, la base des grévistes a campé sur une ligne «dure».Le numéro 2 de la SNCF, Guillaume Pépy, a affirmé hier que la grève était minoritaire».Pour accentuer leur pression, les cheminots grévistes semblaient compter sur une jonction avec la grève demain, pour un jour, des fonctionnaires qui protestent contre les réductions d’effectifs (22 900 postes supprimés en 2008) et réclament des hausses de salaires.Cette dernière revendication rejoint la principale préoccupation actuelle des Français, celle du pouvoir d’achat L’appel à la grève concerne l’ensemble des 5,2 millions d’agents de la fonction publique et pourrait notamment provoquer des perturbations dans les aéroports.Une manifestation est prévue à Paris.Le gouvernement est également confronté à la poursuite d’un mouvement de contestation dans les universités, avec plus d’une trentaine de facultés touchées sur 85.Les étudiants et lycéens veulent manifester le 22.Un appel à la grève le 29 novembre a aussi été lancé par les magistrats et avocats.Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE B 1 l’autre figure de la guérilla contre Belgrade reconverti dans la politique, est quant à lui hors jeu en raison d’une inculpation pour crime de guerre du Tribunal pénal international de La Haye qui l’avait obligé à démissionner de son poste de premier ministre il y a trois ans.Impatience Hashim Thaci a changé dans le discours comme dans le style.Après les émeutes anti-serbes de mars 2004, il n’avait pas hésité à clamer haut et fort que «le Kosovo n’appart\cnmt\ pas seulement aux Albanais».Il espère maintenant devenir «le premier ministre de l'indépendance», mais il n’aura pas la tâche facile d’autant qu’il devra faute de majorité créer une coalition avec la LDK pour une sorte d’union nationale.Huit ans après le départ des forces serbes et malgré la tutelle onusienne, l’économie kosovare reste toujours en déroute avec plus de 60 % de chômeurs et un KOSOVO HAZIK REKA REUTERS Hashim Thaci prés d’un habitant sur deux vivant au-dessous du seuil de pauvreté.Les trafics en tous genre prospèrent, et la corruption est générale.Moins d’un kosovar sur deux s’est rendu aux urnes.Cet immense ras-le-bol nourrit le rêve d’une indépendance perçue comme une panacée.Le mouvement «Vëtëv-bendosja» (autodétermination) de l’ex-leader étudiant Albin Kurti qui dénonce la «colonisation de l’ONU» a le vent en poupe.Et de petites bandes de guérilleros masqués réapparaissent dans les montagnes clamant devant des télévisions complaisantes qu’ils sont prêts à reprendre les armes.Si l’impatience de la population est immense le pari d’une indépendance unilatérale n’en reste pas moins hasardeux.Washington la soutient.Les européens sont eux divisés alors qu'ils devraient avoir la charge de «l’indépendance sous tutelle» prévu parle plan de l’ONU de l’ancien président finlandais Marrti Athissari toujours bloqué par le veto de la Russie traditionnelle alliée de la Serbie.Il s’agira pour la communauté internationale de choisir le moindre mal entre un statu quo explosif et une indépendance qui risque de «détricoter» tout le fragile édifice mis sur pied par la communauté internationale depuis 1995 dans l’ex-Yougoslavie.Libération avec l'AFP BELGES SUITE DE LA PAGE B 1 Si le programme socio-économique du futur gouvernement est pratiquement prêt, les Flamands demandent que l’on déshabille l’Etat fédéral de pratiquement toutes ses compétences, la sécurité sociale et la fiscalité étant gérée par les régions.La satisfaction de ces revendications ferait de la Belgique une simple confédération aux liens très lâches.Les francophones qui, à Bruxelles et en Wallonie, sont dans une situation économique difficile avec un taux de chôjnage de 20 %, ne veulent pas de cette réforme de l’Etat qui les obligerait à gérer des compétences sans en avoir les moyens.Le climat s’est encore assombri ces dernières semaines.Alors que les francophones veulent botter en touche et demander à des «sages» d’examiner les revendications flamandes, ces derniers demandent une garantie de résultat avant de reprendre les négociations pour la formation d’un gouvernement Double tranchant Pour la première fois dans l’histoire du pays, les Flamands ont par ailleurs utilisé le 7 novembre la majorité automatique dont ils disposent à la Chambre des représentants pour voter la scission du grand arrondissement électoral autour de Bruxelles.L’existence de cet arrondissement permet aux quelque 120 000 à 150 000 francophones qui vivent dans la périphérie flamande de Bruxelles de voter pour des listes francophones.En outre, la région flamande a refusé de nommer les bourgmestres (maires) francophones de trois communes flamandes où habitent une majorité de locuteurs de la langue de Voltaire sous le prétexte qu’ils avaient envoyé les convocations électorales en français à leurs administrés.Les partis francophones ont pris ces deux décisions comme des gifles et exigent un «geste» sur ces points de la part de leurs collègues flamands avant de recommencer les négociations, mais leur appel a été balayé d’un revers de la main.La mobilisation d’hier peut-elle changer la donne?Il est permis d’en douter, dans la mesure où il s’agissait d’une manifestation essentiellement francophone qui illustre le fossé qui s’est créé entre les deux parties du pays.Certes, les organisateurs démentaient cette perception et le président du PS francophone, Elio di Rupo, pensait que l’on «sous-estime le nombre de néer-landophones».Mais en remontant le cortège, si on trouvait bien quelques personnes criant «Vlamingen voor België!» («Les Flamands pour la Belgique!»), il y avait dans ce pâté d’alouette un cheval de trait francophone pour une maigre alouette flamande.Aucun homme politique flamand ne s’était d'ailleurs dérangé pour participer au cortège, contrairement à leurs homologues francophones, qui étaient presque tous présents.«Rien à attendre, ni gouvernés, ni gouvernables», affirmait un graffiti pessimiste peint sur le sol Reuters avec l’AFP ANDRE BERARD L'EX-PRÉSIDENT DE LA BANQUE NATIONALE RÉVÉLÉ COMMENT IL ENTEND DISTRIBUER SON HÉRITAGE.HISTOIRES A SUCCES CE SOIR, 19 H ANIMATION : GEORGES POTHIER ARGENT L'émission sera disponible mardi sur argent.canoe.com Une chaîne spécialisée du Groupe ^pTVfl Positions : Vidéotron 92, Cogéco 92, Expressvu 128, Star Choise 759 et Rogers 536 UUEBECUK MEDIA i t 4 SIMON E MONDE PAKISTAN Negroponte réclame la levée de l’état d’urgence ASIM TANVEER REUTERS Des journalistes ont protesté hier devant les bureaux des chaînes de télévision fermées.ISMSÉÔ •IV GARDENER Islamabad — Le secrétaire d’É-tat adjoint américain John Negroponte a exhorté hier Pervez Moucharraf à lever l’état d'urgence au Pakistan, déclarant qu’il le jugeait incompatible avec la tenue d’élections libres d’ici au début du mois de janvier et que la situation actuelle risquait de faire échouer le processus électoral.«L’état d’urgence n’est pas compatible avec la tenue d'élections libres, équitables et crédibles», a déclaré hier le numéro deux du département d’Etat lors d’une conférence de presse à l’ambassade des États-Unis, au lendemain d’un entretien avec le président pakistanais, dont il a loué les efforts dans la lutte contre al-Qaïda et les talibans.Cette rencontre était la première d’un responsable américain de haut niveau avec Moucharraf depuis que ce dernier a instauré l’état d’urgence le 3 novembre.Negroponte a dit aussi avoir appelé le président pakistanais à relâcher les milliers de partisans de l’opposition arrêtés depuis cette date et à tenir sa promesse d’abandonner ses fonctions de chef des armées.«Si ces mesures ne sont pas prises, la capacité du gouvernement à conduire des élections satisfaisantes sera certainement entravée», a-t-il dit Moucharraf a promis la tenue d’élections d’ici au 9 janvier et l’abandon de ses fonctions de chef des armées si la Cour suprême valide sa réélection le 6 octobre à la présidence.Mais il n’a encore rien dit de ses intentions concernant la durée de l’état d’urgence, le rétablissement de la Constitution, la libération des centaines d’avocats emprisonnés par les forces de l’ordre et la fin du silence imposé à certains médias.Plusieurs dizaines de journalistes ont protesté hier à Islamabad devant les bureaux de l’une des chaînes de télévision fermées, en scandant «Moucharraf, votre spectacle est terminé.» Des manifestations du même genre ont eu lieu en d’autres endroits du pays.Selon le journal News, Moucharraf tend vers «la folie».«Il est grand temps qu’il mette fin à ce règne draconien de la terreur contre son propre peuple, contre les médias et les institutions, et qu’il se retire», écrit le journal dans un éditorial cinglant.Tout en employant des termes sévères sur l’état d’urgence, Negroponte s’est refusé à répondre à des questions sur une éventuelle suspension de l’aide militaire au pays par Washington, décrivant les deux pays comme des nations «amies» confrontées à des défis communs.Une réconciliation souhaitable «Nous saluons l’annonce par le président Moucharraf d’élections en janvier, un engagement qu’il a répété devant moi hier en des termes sans équivoque.Il a également réaffirmé son engagement à quitter son poste dans l’armée avant d’entamer un second mandat présidentiel, et nous l’exhortons à le faire le plus tôt possible», a déclaré le diplomate américain.«Les récentes actions politiques contre les protestataires, la fermeture de médias et les arrestations de leaders politiques et des droits de l’homme vont directement à l’encontre des réformes entreprises ces dernières années», a-t-il estimé.«J’ai exhorté le gouvernement du Pakistan à cesser de telles actions, à lever l’état d’urgence et à libérer tous les prisonniers politiques.» Negroponte a aussi jugé «très souhaitable» une réconciliation des forces politiques modérées du pays, une allusion apparente aux dissensions publiques entre Moucharraf et la chef de file de l’opposition Benazir Bhutto.«L’engagement et le dialogue, au lieu d’une politique du risque et de la confrontation, devraient être l’ordre du jour de toutes les parties.Ce serait très positif que les deux parties prennent des mesures pour revenir au type de discussions de réconciliation qu’ils avaient,eues précédemment.» Les Etats-Unis avaient espéré que les deux responsables finiraient par s’entendre pour partager le pouvoir après l’élection présidentielle du 6 octobrç, qui a reconduit le chef de l’État, mais Bhutto a exclu de travailler avec Moucharraf.Reuters Washington aiderait le Pakistan à assurer la sécurité de ses têtes nucléaires Washington — Les États-Unis ont mis en place un programme top-secret destiné à aider son allié le Pakistan à assurer la sécurité de ses armes nucléaires, mais Islamabad reste malgré tout réticent à partager avec Washington les informations relatives à son arsenal, selon le New York Times publié hier.Citant des sources anonymes, anciens ou actuels responsables gouvernementaux, le quotidien new-yorkais indique que l’administration du président George W.Bush a dépensé presque 100 millions de dollars pour ce programme.Selon le New York Times, le programme américain de sécurité nucléaire pour le Pakistan inclut la livraison d’hélicoptères, de lunettes de vue nocturne et d’équipement de détection nucléaire, pour assurer la sécurité notamment des têtes nucléaires et autres laboratoires.Les fonds américains étaient également destinés à financer la construction d’un centre de formation à la sécurité nucléaire au Pakistan, mais ce dernier, qui devait ouvrir ses portes cette année, est loin d’être achevé, selon des responsables américains cités par le journal.Réticences Malgré cette aide, le Ppkistan est réticent à révéler aux États-Unis l’emplacement de ses armes nucléaires et de ses laboratoires d’enrichissement de l’uranium au pays.Washington estime pour l’heure que l’arsenal nucléaire pakistanais est bien contrôlé, malgré les troubles dans le pays depuis l’instauration de l’état d’urgence le 3 novembre.«Pour le moment, nous pensons que les armes et installations nucléaires du Pakistan sont sous le contrôle approprié des autorités pakistanaises», a seulement commenté hier par courriel le porte-parole du conseil pour la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, sans évoquer l’aide financière américaine révélée par le New York Times.Le chef d’état-major interarmées, l’amiral Michael Mullen, avait assuré jeudi que ces armes nucléaires «sont en sécurité», disant n’avoir «aucune indication du contraire».Selon le New York Times, cette affirmation repose sur deux rapports des services secrets transmis en novembre à l’administration Bush, concluant que l’arsenal nucléaire d’Islamabad était sécurisé.«Mais, alors que l’avenir du dirigeant du pays est en question, le débat s'intensifie sur le fait de savoir si Washington a fait suffisamment pour aider à protéger les têtes nucléaires et les laboratoires, et si la réticence du Pakistan à révéler des détails sur son arsenal a miné l’efficacité des efforts réalisés sur le plan de la sécurité», écrit le Times.Le quotidien affirme être au courant de l’aide américaine au programme nucléaire pakistanais depuis plus de trois ans, mais explique avoir décidé de ne pas publier jusqu’ici cette information à la demande de la Maison-Blanche, qui estimait qu’une telle révélation risquait de compromettre les efforts de sécurisation de ces armes.Agence France-Presse Ahmadinejad laisse planer le doute sur un recours à l’arme pétrolière Riyad — Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a laissé planer le doute hier sur un éventuel recours par Téhéran à l'arme du pétrole en cas d’attaque américaine contre son pays, tout en assurant qu’il n’y avait «aucune possibilité de guerre» dans la région.«Nous ne voudrions jamais devoir utiliser le pétrole comme arme ou avoir à prendre des mesures illégales, mais si l’Amérique décide d’une quelconque action contre nous, nous saurons comment répondre», a déclaré M.Ali-madinejad au cours d’une conférence de presse à l’issue du troisième sommet de l’OPEP à Riyad.Il était interrogé sur la menace d’un durcissement des sanctions contre l’Iran à l’initiative des États-Unis dans le dossier du nucléaire iranien.La crainte que l’Iran essaie de bloquer le détroit d’Ormuz, un bras de mer étroit à l’entrée du Golfe dont elle contrôle la rive Nord et par lequel transite une partie de la consommation mondiale de brut, üv quiète les marchés pétroliers et les capitales occidentales., L’Iran n’est «pas inquiet», car «les Etats-Unis ne sont pas capables de faire pression sur la natùm iranienne», a dit le président iranien, qui parlait en farsi et dont les propos étaient traduits en, anglais et en arabe.Les États-Unis ont annoncé jeudi qu’ils demanderaient à l’ONU l’imposition d’une troisième série de sanctions contre l’Iran après la publication du rapport d?l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA).Celui-ci déclare que l’Iran a fait des «progrès substantiels» en révélant la nature et l’étendue de son programme nucléaire, mais estime que cela reste
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