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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-10-25, Collections de BAnQ.

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DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 2 H OCTOBRE 2 O O S DE VISU Yves Gaucher tel qu’en lui-même Page E 6 ?LE DEVOIR ?CINÉMA Une étonnante rencontre Page E 10 vfl/ A ?Piratage et MP3 L’industrie i qu’elle-même à blâmer À l’aube de ses 25 ans, l’ADISQ lance un cri d’alarme : «Le piratage de la musique représente une menace pour notre industrie».Trop peu, mais surtout trop tard.L’échange de fichiers numérisés n’est plus une menace, mais un fait accompli.Malgré les avertissements, qui sont venus dès 1995, l’industrie du disque doit faire le constat qu’elle a loupé totalement le navire et qu’elle seule est responsable de ce qui lui arrive.La manière tribale Pour survivre au «séisme qui secoue l’industrie du disque», tel que décrit la semaine dernière en conférence de presse par la directrice générale de l’ADISQ, il n’y a pas, du côté de La Compagnie La-rivée Cabot Champagne/La Tribu, trente-six moyens: c’est spectacle après spectacle qu’on fidélise et responsabilise un public.SYLVAIN CORMIER On est lundi, au gala hors d’ondes de l’ADISQ.Stephen Faulkner est excité.Pas à cause de son album Capturé vivant, en nomination pour la pochette de l’année (c’est celle de Volodia, l’album d'Yves Desrosiers, qui l’a emporté).Faulkner est toujours excité.Chien fou.Mais en plus, cette année, il est content.Lui qui n’est jamais content nulle part, râleur professionnel.* Alors, La Tribu, c’est la bonne place?», lui envoieje, certain de la réponse.Il s’exclame: «C’est la seule place!» Je relaie le cri du cœur à Claude Lari vée.Dont la bouille de boxeur se fend d’un sourire gagnant «Si un gars comme Faulkner est bien ici, c'est peut-être parce que nous autres, on est bien avec un gars comme Faulkner.» Pause.•On aime la musique comme lui, mais on n'est pas des délinquants.En plus, on est calmes.» Et de s’esclaffer ce grand gaillard à gueule de videur de club qui dirige La Compagnie Larivée Cabot Champagne — et l’étiquette de disques La Tribu — en compagnie de la Champagne (Marie-Christine) et du Cabot (Luc).J’écris «videur de club» exprès: ü était portier à ses débuts, au Café Campus de l’ère mythique dans Côte-des-Neiges.Marie-Christine y était serveuse, Luc, le coordonnateur de la coopérative.«Maniaques de musique, toute la gang.», évoque Larivée.«Trois mois après mon entrée au Campus, je faisais de la programmation.Marie-Christine a vite été promue aux relations de presse.» Quelque seize ans plus tard, le trio devenu tribu est le véritable success story de l’industrie du disque et du spectacle de chez nous.Fallait entendre la claque, lundi, à chaque mention de La Compagnie, redoublée à chacun des quatre Félix remportés.Pour un peu, on parlerait des fondations d’un petit empire.Larivée rigole.«Nous autres, on ne sent pas qu’on est plus gros.Oui, il y a une démarche de croissance, mais c’est pas plein d’employés qui attendent les ordres du patron ou qui courent comme des poules pas de tête.C’est encore Marie-Christine et moi, et Suzie, et la gang.On s’y retrouve, et les artistes $3* retrouvent.» Et pas nImporte quels artistes: à l’enseigne de La Tribu enregistrent les champions d’une «chanson folk éclatée» (dbdt Larivée), à la fois moderne et enracinée, un Faulkner, un Michel Faubert avec ou sans Les Charbonniers de l’enfer, un Urbain Desbois, un Martin Léon, Les Cowboys Fringants, l’inclassable groupe WD-40, le tout aussi indescriptible Jérôme Minière et depuis peu, les vétérans Robert Chariebois et Louise Forestier (s’ajouteront bientôt les McGar-rigle).Au Cabaret Music Hall qu’ils gèrent et programment sur la main (attenant au Musée Juste pour rire), la proposition est encore plus large: cela va des fameuses soirées «C’est extra» (le VOIR PAGE E 3: INDUSTRIE « sion Windows, c est soudainement près de 90 % des consommateurs améri-cains branchés qui peuvent s'abreuver en toute légalité de musique numérique.MICHEL D U MAI S u’elle le veuille ou non, l’industrie du disque devra foire à la musique et accepter ce que tous reconnaissent aujour-dhui, à savoir qu’elle a loupé le bateau _ Internet.Par son immobilisme et son refus de capitaliser sur les possibilités qui lui étaient offertes, elle n’a qu’elle-même à blâmer pour tout ce qui arrive.» Celui qui parle ainsi est Philippe Le Roux, un des stratèges Internet les plus respectés au Québec.«Les majors savaient très bien ce qui s’en venait.Qu’on ne vienne pas me foire pleurer et, surtout, qu’elle cesse de traiter de voleurs et de pirates sa clientèle, car il y a de fortes chances, au moment où une voie de rechange se met lentement en place, que celled déserte le bateau à tout jamais.» 1995.Le président et chef de la direction de la société RealNetworks, Rob Glasier, tout comme plusieurs autres visionnaires Internet fait part de son inquiétude aux principaux dirigeants de l’industrie du disque.Des bouleversements d’envergure sont à prévoir.Si rien n’était fait, cette industrie aurait à payer fort cher son immobilisme.Comment réagit l’industrie du disque?En ne faisant absolument riea 1999.Shawn Fanning, un jeune étudiant américain de 19 ans, lance le logiciel Napster.Un an et demi plus tard, devant les poursuites intentées par l’industrie du disque, Fanning est obligé de mettre fin aux activités de Napster, non sans avoir déclenché une véritable révolution: il est possible d’échanger des fichiers numérisés sur Internet Plusieurs observateurs du milieu plaident pour que l’industrie reprenne à son compte ce nouveau mode d’acquisition et d’échange.Que fait l’industrie?Rien.Sauf des procès.Quatre ans plus tard, avec les Kazaa, LimeWire et tutti quanti qui ont repris le flambeau de Napster, force est de constater que, en bloquant tous les projets de mise en marché de la musique numérisée, l’industrie du disque s’est tirée elle-même dans le pied.«Et pourtant, déclare Philippe Le Roux, les consommateurs avaient envoyé un message très clair à l'industrie.Un nouveau paradigme se mettait en place.Ils étaient prêts à acquérir et à consommer de la musique numérisée.La demande était là, il suffisait de fournir l’offre.» Si l’industrie avait réagi promptement, l’échange illégal de fichiers numérisés, tout comme le piratage de logiciels, serait devenu marginal.Une solution à l’horizon Aujourd'hui, comble d’ironie, c’est d’un fabricant d’ordinateurs, Apple, et non pas de l’industrie du disque, que semble venir la sohitioa Depuis quelques mois à peine, le service de vente en ligne iTunes Music Store a vendu phis de 14 millions de fichiers numérisés.Et avec l’introduction, cette semaine, de la ver- «Les majors savaient très bien ce qui s’en venait» De son côté, un autre acteur de l’industrie du logiciel, Roxio, se prépare à faire renaître Napster.Bref, il semble qu’un nouveau segment de l’industrie se mette en place.Cependant, ceux qui contrôleront ce marché ne seront non plus les majors, mais des firmes informatiques.Mais qu’en est-il des artistes d’id?Puretracks.com, un guichet virtuel canadien de vente de musique à la pièce, comme iTunes l’est, vient d’être lancé.On y retrouve plusieurs artistes du Québec.Mais les chances de voir un Richard Séguin ou un Richard Desjardins, en lieu et place d’une Céline Dion ou un quelconque rappeur américain en page d’accueil du service iTunes, sont carrément inexistantes.Que reste-t-il comme possibilité à l’industrie locale?Force est de constater que, durant toutes ces années, alors que moult observateurs envoyaient des signaux d’alarme à l’industrie, le Québec n’a pas su capitaliser sur ses particularités.Selon Le Roux, «avec des indépendants bien présents et un marché qui absorbait relativement bien la production locale, tout était en place pour permettre à l’industrie locale de développer une stratégie Internet, sans devoir s’en remettre aux majors.» Un iTunes local?Et pourquoi pas.Après tout, si l’ADlSQ s’était donné la peine de profiter des occasions offertes par le fonds de l’autoroute de l’information du gouvernement du Québec pour élaborer un véritable projet de commercialisation et de mise en marché de ses artistes, nous n’en serions pas là aujourd'hui.Mais tout n’est pas perdu, de dire Le Roux.«L'industrie a de 15 à 18 mois devant elle pour inventer et lancer avec succès un projet qui permettra aux producteurs de demeurer “sur la mappe".Passé cette période, c'est ‘game over’.» Or, alors que l’année 2004 se pointe le bout du nez et que de nombreuses études affirment que, à moins de changer complètement son modèle d’affaires, l’industrie s’apprête à vivre une crise encore plus grave, quelles sont les solutions préconisées par l’ADISQ?De traiter ses clients de voleurs et de pirates, des clients qui, incidemment, se situent dans tous les groupes d’âge et non plus dans la tranche des 15-25.Car ce n’est pas fiston qui VOIR PAGE E3: DISQUE > J IS I ' f ^ h.i V • :-r- ¦ i. ') iHnniilxv ZWn a ISIIOO Thème Saini-Üt-iiss, Ifi’M SrÀeitjs Pii* du hillui ; SZi, S:Hi.S Mi En vent»- au (S 14) WHI 1.au 1-S0(V*48 1594(sans frais) au wwrv.lH spw.dnn, Info PMA : (514) 747 (K*MI Hassan RI Hadi.Hassan Mohamed Minai.Ahmed Mohamed Youssef el Hassan Hakmonn dans Diliiamhu 2 iKAUtnlrru 2005 à 20630 Tliù.iire üoroua 2490, Noirp Oame O.S27 / Pli* pludiants d nines S15 BMIettiiie : Adniis'iou (314) 790 1245 Motaz Kabbani dans Vendredi 31 Octobre 2003 à 20h00 ; Salle Pierre-Mercure - 300.De Maisonneuve Ouest Prix du billet ; S20, $30, Prix étudiant et aînés S15 BilJetleiiej Admission (514) 790-1245 L’ensemble Constantinople, l’ensemble EnChordais, Chada Shbeir, Iman Homsy et Bassani Saba clans L’ensemble Zeugma dans Mardi 4 novembre 200.1 à 18!i tiibliurhècpiu Nationale - 1700 Sr-Dnnis, Eutreu übrt1 Info : l'M\ (514) 7474X11X) Le Festival du Monde Arabe de Montréal présente la diva de la chanson arabe Majida El-Roumi à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts.Accompagnée de son ordiestre composé de trente musiciens et choristes, la grande vedette ira, pour une seconde fois, à la rencontre de son public québécois.Si Magida El Roumi a atteint le sommet de la gloire, c’est grâce à son immense talent mais aussi grâce à cet étonnant mariage entre son extrême fragilité, le pouvoir de sa voix et sa capacité de faire vivre à son auditoire d’intenses émotions.Kiya et Ziya Tabassian dans Altiste passionnée et engagée.Srule musique mystique toujours renouvelée, elle chante l’espoir, la paix et l’amour.Son conceit sera composé de nouvelles chansons et de certains grands succès.En hommage aux plus grands de la chanson française, elle interprétera aussi Piaf.Bref et Dalida.pour le plus grand plaisir du public francophone montréalais! Un rendez-vous magique qui saura rompre les solitudes, transcender les différences et rapprocher les cultures.5fSl Omar Aktouf Dimanche 16 novembre 2003 à 1% Salie Wilfriil Pelletier - Ware des Arts Pli* du billet :$35.$70, SIOO.$l50(Uxes incluses) En vente à la Mare des Arts (514) X42 2112 el au www.pdax)ti soènr A régir CATIIKRIM' I.A ERKNlf RK décor cl accessoires ni MER LANPkEUILE érlairwrs MUTIN l.AURKcni K cmiiTi'lion sonore Ltk’SK.N 1.1 l'IN nislumt s (,\RIII,IM, l'iHKIEK miMimlldgos si LUE KOl.l.WI) .„ MVO »AltO MUSOO w s au z?4.,.fJOlfcMBPf 2003 ESPACE GO + RETOUR AUX SOUCHES" redécouvrez ses classiques ! Les œufs limpides La plainte aquatique Le fier monde 20,21 ET 22 NOVEMBRE U Radio-Canada tournent autour de la même histoire d’une fille d’immigrant parvenue à la tête d’un immense empire médiatique, Mass Inc.Cette jeune femme décidera d’investir une partie de sa fortune sur un flash, le «créneau du rêve», et de monter rien de moins qu’une comédie musicale sur Gauguin! Quant aux six autres tableaux, sans véritable lien les uns avec les autres, on y verra s’affirmer, différemment chaque fois, une manifestation de la sacro-sainte convergence puisque le pouvoir de l’image réussit aujourd’hui à nous rejoindre dans la moindre facette de la vie ordinaire.Un pigiste invité Mais la grande originalité de Millefeuilles, par rappprt aux autres productions des Éternejls Pigistes, réside dans le fait qu’ôn a adjoint au groupe un «pigiste invité», comme dit Pierre-Michel Tremblay.Il s’agit en fait de Martin Faucher — qui se multiplie sur les plateaux par les temps qui courent —, qui signe au Théâtre d’Aujourd’hui la mise en scène du spectacle.«La complicité s’est établie rapidement, poursuit Tremblay.Martin a trouvé la façon de se lier à un groupe très fort à cause de la très grande parenté d’esprit qui unit tout le monde sur le plateau.Mais il a aussi réussi à tirer ses fils à lui.C’est bien un show des Étemels Pigistes, mais on y sent la signature, la griffe plutôt, puisque le spectacle est assez grinçant, de Martin Faucher.C'est exactement ce que nous souhaitions.Nous avions besoin de ce regard extérieur à nous, qui vient, selon moi, mettre encore plus en évidence la dynamique du groupe et sa cohérence propre.Nous insistons beaucoup moins sur le factuel que les Zapartistes, par exemple; les cibles sont souvent les mêmes, mais notre univers fait plus appel au surréalisme.Martin a senti cela tout de suite et il a eu sur nous l’effet d’un liant encore plus que d’un lien.» La dynamique et la cohérence dont parlent avec enthousiasme Pierre-Michel Tremblay et Patrice Coquereau, à quelques jours de la première, se définissent aussi par la souplesse et les structures ouvertes de la compagnie.Chacun des Éternels Pigistes travaille de son côté; beaucoup à la télé, au cinéma, au théâtre aussi, dans d’autres productions.Et l’unité du groupe se recristallise autour d’un projet comme Millefeuilles ou Le Rire de la mer (qui part pour Vancouver au printemps et qui, on vous le répète en primeur pour la dernière fois, connaîtra une adaptation pour la télé cet hiver!).Lorsqu’un projet est en marche, tout le monde fait tout, on se divise les tâches: régie, secrétariat, relations de presse, administration, tournée.Ça fait beaucoup.Surtout avec un show qui maiçhe.Et ça explique aussi que les Éternels Pigistes risquent de prendre de plus en plus l’habitude de faire appel à des pigistes invités.MILLEFEUILLES De Pierre-Michel Tremblay Une production des Éternels Pigistes présentée au Théâtre d’AujourdTiui, du 28 octobre au 22 novembre # 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 2 « OCTOBRE 2 0 0 3 CINÉMA La Mostra Antonioni Jusqu’au 14 novembre, la Cinémathèque présente une trentaine de films du grand cinéaste italien Michelangelo Antonioni, pour la plupart fraîchement restaurés dans les laboratoires de Cinecittà.Une occasion en or de revoir les grands classiques, La Natte, L’Avventura, Le Désert rouge, Blow up et compagnie, mais aussi de découvrir des œuvres moins souvent projetées en version originale italienne (avec sous-titres français).ODILE TREMBLAY LE DEVOIR ' 1 ne s’exprimait vraiment qu’au .dnéma, mais qui mieux qu’Anto-ûoni a su transmettre la sensation l’incommunicabilité, montrer les Ibarois de solitude dressées entre Jes êtres?Le mystérieux magicien jiu plan, aujourd’hui handicapé par , Sa mauvaise santé, malgré des co-Réalisations (avec Wenders dans ( far-delà les nuages), existe surtout • par son prestigieux passé.Revoir !Son œuvre est une leçon de cinéma jet un voyage au cœur d’un isole-; ment quasi métaphysique.; ; De ce journaliste passé à la scé-; jiarisation puis à la réalisation, tout 1 ja été dit qu’il fut en partie issu du j néoréalisme, sans y participer vrai-’ ment mais en traçant le même : constat de pessimisme.D a apporté au cinéma un questionnement trou-• blant sur le réel, sur l’impossible fusion des êtres, sur la modernité chaotique, sur les paysages deve-nu$ plus importants que les mots.A revoir absolument sa tétralogie du début des années 60, L’Avventura, La Notte, L’Éclipse et Le Désert rouge, avec sa muse Monica Vrtti à la proue.Ces chefs-d’œuvre dans la beauté des plans posent des regards en biais sur l’échec du désir, sur le frôlement froid des êtres qui se cherchent sans savoir ce qu’ils traquent vraiment sur l’instabilité du monde et des sentiments.Dans L’Avventura, les îles Ioniennes sont le cadre des découvertes et des initiations; dans Le Désert rouge, un paysage hivernal désolé reflète les drames existentiels qui se jouent; dans La Notte (La Nuit), la ville elle-même, ses terrains vagues et une soirée mondaine deviennent des lieux de dépersonnalisation où les couples se quittent et se retrouvent L’Eclipse (L'Eclisse) exprime un même spleen de sentiments errants à travers la ville et le parquet de sa Bourse, où rien n’a vraiment d’importance et où les couples se forment comme les fortunes se perdent un peu au hasard.De rares étoiles Les œuvres qu’Antonioni a réalisées à l’extérieur de l’Italie brillent comme de rares étoiles, car peu de cinéastes se sont expatriés avec autant de bonheur que lui.Ainsi, Antonioni dirigeant les comédiens sur le plateau de L’Éclipse.SOURCE CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE -a -Ti ni .'d ,x Une scène de Blow up, d’Antonioni.SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Blow up, tourné au Royaume-Uni en 1966 et donnant la vedette au merveilleux David Hemmings, est une œuvre culte, fleuron des sixties.Ce film qui explore la réalité trompeuse n’offre aucune réponse, mais compose un prisme étrange et fascinant de questionnements, avec en prime un regard sur la modernité dont Londres fut un des porte-étendards.Tout aussi moderne et à l’écoute de son temps fut Zabriskie Point (plus vieilli aujourd’hui que Blow up toutefois).Antonioni l’avait réalisé en 1970 pour le compte de la MGM et sut suivre l’explosion de la révolte étudiante à travers la liaison amoureuse de deux jeunes contestataires en fuite.La Vallée de la mort, dans le désert du Nevada, offre ici un cadre magique au dénouement de ce happening.À voir ou à revoir aussi, les œuvres plus anciennes d’Antonioni, La Dame sans camélias (1953), Femmes entre elles (1955) et surtout Le Cri (1957), qui suit l’errance en Italie d’un ouvrier après une rupture matrimoniale, chronique d’une angoisse en marche et d’un désespoir d’amour que rien ne pourra consoler.On pourra également voir dans cette rétrospective des films rarement projetés, et pour cause, parfois.Comme la série documentaire d’Antonioni (en quatre volets), Chung Kuo, réalisée en Chine rouge en 1972.Peu de gauchistes européens remettaient en cause le communisme au cours des années 70.Et Antonioni, bien naïf, semble avoir gobé Mao tout rond, sans l’ombre d’un regard critique.Ces images d’une Chine en uniforme perçue à travers nos yeux d’aujourd’hui paraissent propagandistes à hurler.Pour mieux connaître Antonioni, le public aura accès à des entrevues, émissions et extraits d’émissions qui lui furent consacrées.La Cinémathèque en présente, en contrepoint à la rétrospective à la salle Fernand-Seguin, tels Antonioni, documents et témoignages, de Gianfranco Min-gozzi (1965), ou Premier Plan, de Gérard Chapdelaine (1961).xr r Du 4 au 29 novembre d’Alexandre Dmnas père ¦ partie du Comte de Mont Desjardins Le fabule destin d’ homme venge % I Adaptation : Elizabeth Bourget \ Mise en scene : Robert Bellefeuille ' mie francois-Xavier Dufour, Bénédicte Decary, Gary Boudreault, Normand Bissonnette, Geoffrey Gaquere, Vincent-Guillaume Dtis, Olivier Aubin, Simon Rousseau, Justin laramée, Erwin Weche, Frédéric Bélanger, Jean-Robert Bourdage, Sasha Dominique mills [manuelle Kirouac-Sanclie, Patricia Ruel.Saraü Balleui, Nicolas Descôteaui, Jasmine Caludal, Suzanne Trèpanier, Anil Généreun, Ionise Beaudoin, Vannick Bocquet S B i 111111 r i e loin) 253-8974 Admission ™7901245 1 800 3G1 4595 admission.cnm 4353.rue Sainte-Catherine Est ** Papineau ouViau.autobus 34 * * Pie IX, autobus 139 Sud \ V Va- ! ±2, 4Jf, 15 noxkmU'ç é ±9, 21, 22 rtoldrtïU'?2oo$ Cinquième salle Billets en vente au S14 842 2112 Plnro Hpq Art« et au www.pda.qe.ca rujot: ues mi is Réseau Admj88jon 514 7901245 EN TOURNÉE 2001 25 octobre Ste-Geneviève Salle Pauline Julien 4-5 novembre Québec • Petit Champtam - Coup de coeur francophone 2004 11 janvier Granby - Palace 16 janvier Joüette - Sa Be Roland Brune»e 17 janvier Laval - Salie André Mathieu 22 janvier Chicoutimi - Auditorium Dufour 23 janvier Baie-Comeau - Théâtre de Baie Corne au 29 janvier Longueuil - Théâtre de la Ville 30 janvier Gatineau Matson de ta culture 1 février Trots-Riviéree - Salle Anton o Thompson 5 févner Québec-Petit Champtam 6 févner Québec - Petit Champlain 7 février Drummondvüle - Centre culturel 27 févner Châlaauguay - Selle Jean-Pierre Houde 28 février Terrebonne - Théâtre du Vieux tenebonne 27 mars Ste-Théréea ¦ Théâtre Lionet Groulx 8 avril Sherbrooke - Salle Maurice O’Bready X Qjttwcïï Temp- It Ét CkKbccS: PM MMIN wm LE THEÛTRE DE LH IIRflUFHCTURE m coproduction troc T R H fl S - THEATRE préi$nt0 Un débat dïdées à la po.nte du revo ¦ , ( e nemlt Une métaphore .àt brillamment mise en scène.Von Tout peut arriver d’un mstant al autre.Les comédiens l-.-l sont ahurissants.Gagarin Way.Retenez ce titre, la_______________________________________— V 4559.PAPINtAU-MONTdÉAl'pC I RfiStAU ADMISSION www.thc4trriillcnrnB.com S14.7P0.1Z4S ou U UC»» 514.523.2246 I i.MO.Mi 4S9S Passez à table avec Espace Libre Mordez dans la vie avec nos soupers CARTES SUR TABLE VOUS S0UPEZ EN COMPAGNIE D’UN DES ARTISANS DU SPECTACLE.IL MET CARTES SUR TABLE ET CROQUE POUR VOUS LES PÉRIPÉTIES DE SON PARCOURS CRÉATIF.VOUS ASSISTEZ AU SPECTACLE.UNE AVENTURE TOUT À LA FOIS GUSTATIVE, OLFACTIVE ET THÉÂTRALE ! Mercredi 5 novembre 18h : Le Silence CARTES SUR TABLE AVEC Jean Asselin METTEUR EN SCÈNE Menu d’inspiration russe Mercredi 26 novembre 18h : La vida no vale nada / La vie ne vaut rien CARTES SUR TABLE AVEC Marcella Pizarro et Martin Choquette D’Ensemble Sauvage Public Menu d’inspiration mexicaine Mercredi 10 décembre 18h : Le Beau fait la bête cartes sur table avec Alain Prancoeur CHORÉGRAPHE Menu des fêtes Mercredi 14 janvier 18h30 : Aphrodite en 04 CARTES SUR TABLE AVEC Evelyne de la Chenelière AUTEURE ET Jacquea L’Heureux METTEUR EN SCÈNE Menu d’inspiration grecque lx L an chef cuisinier : Salim Hammad 16 places par souper, dans la cuisine d’Espace Libre coOt du souper : 20 $ en sus du billet de spectacle (vin, taxes et service inclus) 1945, rue Fullum à Montréal métro frontenac www.eapaeelibre.qc.ca Billetterie i (814) 521-4191 » LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2 003 LE DEVOIR DeVise « Un tableau est peint parce que j’ai besoin de le voir» YVES GAUCHER -RÉTROSPECTIVE Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 11 janvier 2004 BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le titre de l’article que vous lisez, qui vient de la bouche du peintre et graveur Yves Gaucher (1934-2000), montre bien que, chez cet artiste d’une rigueur implacable, un des grands maîtres de l’abstraction au Québec et au Canada, un petit côté pragmatique règne sur sa production.Les tableaux, chez Gaucher, sont des stations devant lesquelles le peintre prend les moyens pour qu’on s’arrête, suscitant un fort sentiment contemplatif.Pour cette exposition importante, la première manifestation depuis que • l’artiste et'enseignant est décédé, le défi consistait à trouver un ton.Mission accomplie.Dans une exposition que les visiteurs trouveront peut-être parfois sous-éclairée, la commissaire Sandre Grant Marchand a donné lieu à une présentation d’une belle sobriété, qui donne à ces vecteurs d’énergie que sont les tableaux — on paraphrase presque les textes de l’exposition en disant cela — toute la place qui leur revient.Grant Marchand avait été autrefois responsable de la rétrospective d’un autre monument de l’abstraction québécoise, Guido Moli-nari, une exposition articulée autour d’un dédale informe de salles, une présentation criblée d’une foule de textes, bref, un accrochage trop bavard.Ici, dans le respect, qui se doit d’être souligné, de la manière épurée de Gaucher, la conservatrice a signé une mise en espace dépouillée, évitant presque totalement les «bruits» qui auraient pu détourner l’attention des tableaux et des oeuvres gravées, et donc réduire le temps que l’artiste voulait voir le public accorder à sa peinture.La présentation essentiellement chronologique de cette rétrospective a le don de clairement mettre en relief les mouvements et les évolutions de cette production qui s'étend sur près de 40 ans.Lorsque des séries entières ne sont pas réunies, comme le fameux Hommage à Webern (vers 1963) dont on ne se lassera jamais, des séquences de tableaux sont articulées pour qu’on comprenne bien l’extrême cohérence d’une telle démarche et les diverses pulsions qui l’ont nourrie.En cela, l’exposition est un succès: sans être totalement portée sur la pédagogie, elle prend soin de montrer Sono, 1963, une œuvre d’Yves ( combien le peintre a été fidèle à des questionnements serrés.La gravure retravaillée On l’a dit, le mode de présentation est dépouillé.Environ 90 œuvres déterminent le parcours de cette exposition.Les cartels d'exposition ont été placés le plus loin possible des œuvres pour permettre à celles-ci de respirer et de s’affirmer.De plus, les éclairages encouragent un esprit de recueillement qui, franchement, ressort id, alors qu’il ne nous est jamais venu à l’idée que la production de Gaucher était autant une réflexion sur le temps que sur les rythmes et la composition.En effet, tant la suspension du temps inhérente à ces œuvres minimales que le temps requis pour en saisir les nuances sont accentués de façon à défendre le mieux possible cette production qui peut en rebuter plus d’un.Or, id, la présentation aidant, les tableaux de Gaucher sont placés sous leur meilleur jour le caradère énergétique — Grant Marchant insiste sur cette notion, fort à propos — des œuvres ressort; on y entre phis Paiement Les textes aux murs tentent de clarifier l’entreprise, qui n’a jamais cherché à mystifier les gens, comme en témoigne la dtation qui fait id office de titre.LA COLLECTION PRÊT D’ŒUVRES D’ART DU MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC Les artistes professionnels domiciliés au Québec sont invités à soumettre leurs œuvres au comité d’acquisition de la collection Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec.Créée en 1982 par le ministère des Affaires culturelles afin de soutenir le travail des jeunes artistes, ta CPOA réservé un accueil particulièrement favorable à la relève, mais sans pour autant négliger la production d’artistes confirmés.Tous les artistes sont donc invités à soumettre leur dossier.Les œuvres présentées doivent s’inscrire dans une des disciplines suivantes : arts décoratifs, arts graphiques, design, installation, peinture, photographie, sculpture, vidéo ou techniques mixtes.La diffusion de la CPOA est assurée par un programme de location aux ministères, sociétés d’État et délégations du Québec à l’étranger.Les œuvres de la collection sont aussi régulièrement exposées en milieu scolaire dans le cadre d’expositions thématiques, prêtées à d’autres institutions pour diverses expositions et demeurent en tout temps disponibles pour les projets du Musée.Formulaires d’inscription disponibles à compter du i" novembre dans les Institutions suivantes : • Musée national des beaux-arts du Québec • maisons de la culture (Montréal) • directions régionales du ministère de la Culture et des Communications • conseils de ta culture Renseignements : Collection Prêt d’œuvres d’art Musée national des beaux-arts du Québec Parc des Champs-de-Bataille Québec (Québec) GtR 5H3 Tél.: (418) 644-6460 poste 33U centres d’artistes et centres d’expositions D’INSCRIPTION SE TERMINE LE 12 DÉCEMBRE 2003 Musée national des beaux-arts du Québec L» forme masculine utilisée pour plus de commodité dans ce texte désigne tant les flemmes Que les hommes.Le Musée national des beaux-arts du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications.On entre dans l’exposition par la gravure, un des premiers amours de Gaucher.Ce dernier a défendu farouchement une position de modernité pour cette pratique engoncée dans la tradition.On le voit triturer les formes, cultiver un sens du vide, de ne pas s'aligner sur les limites du cadre.Gaucher s’engageait en gravure à aller là où personne ne s’était encore risqué.Gaucher l’a fait littéralement éclater, s’ouvrir, techniquement d’abord, ce qui lui a profité pour l’amener à forger une imagerie tout à fait personnelle.Des exemples de toutes ces actions sont présentés dans l’exposition, dans une sorte de petite chambre, variation sur le thème du cabinet d’estampes.On y retrouve le soin de l’artiste mis à superposer des strates de couleurs avec Sa, une eau-forte de 1962, qui contient douze couleurs, imprimées en un seul passage, une réflexion sur la géométrie, donnée par les découpages rigoureux du papier.Idem pour la série de XHomma-ge à Webem, que Gaucher a réalisé en 1963 après avoir assisté à un concert (en novembre 1962) d’œuvres du compositeur autrichien.Ici, l’épuration atteint un sommet dans la production de l'artiste.Une série radicale qui a marqué à cette époque une cassure dans la popularité montante de l’artiste, à cause du caractère aride qu’elle peut afficher.On ne comprend pas pourquoi, d’ailleurs, le quatrième, inauguré en 1996, à la Galerie Simon Blais (il n’avait jamais été pressé jusqu’alors) est présenté à l’écart des trois autres, réunis dans une autre des petites chambres qui donnent au parcours sa configuration.Par ailleurs, les rapports à la musique, qu’elle soit indienne avec la série CAROL BERNIER Eclipse JEAN-PIERRE SCHNEIDER La déposition Jusqu'au 22 novembre 2003 GALERIE SIMON BLAIS HENRI DESCLEZ l’Vtilvcr» b’H.t).du 23 octobre au 8 novembre 2003 261, St-Jacques Ouest, Montréal (Québec) Tél.: (514) 845-0261 - www.studio261.ca du lundi au dimanche lOh à 18h des Ragas — où le vide a déjà tous ses droits — ou sérielle, sont déployés avec doigté en montrant les résonances entre chaque tableau, dans une grande salle qui encercle la petite chambre de l’Hommage à Webem.Ratages • Il s’agit par ailleurs là d’un des rares ratages d’une présentation exemplaire.On s’explique mal que l’avènement de la diagonale dans l’art de Gaucher, une nouveauté qui n’a rien de banal, vu sa réticence à l’employer avant 1975, soit si mal exploité.Tout de suite après la magistrale série des Tableaux gris — on passerait des heures, devant ces monochromes gris transpercés de petits traits en mouvement, à tenter d’en comprendre les subtilités —, il est clairement expliqué que cet ajout fondateur survient en 1975, avec l’œuvre 2 Bruns - 2 Gris.Or l’œuvre est une des dernières qu’il est possible de voir dans cette section.Le tableau charnière est noyé, dans la mesure où il apparaît à la suite d’autres pourtant produits avant Ce n’est pas que l’on tient à tout prix à une dironologie — vous connaissez ma position à ce sujet — mais ce tableau initiateur est abordé lorsqu’on est déjà dans la section qui découle de lui.D’ailleurs, c’est cette section de l’exposition qui demeure la plus problématique.Comme pour insuffler un dynamisme au découpage de l’espace comme dans les tableaux de Gaucher dans ces années, la conservatrice a cherché à briser la monotonie des murs à angle droit en installant, au beau milieu de l’espace, une cimaise en oblique.On comprend bien qu’il fallait défaire un rythme par frop régulier, mais c’est à se demander si la seule so- SOURCE CATALOGUE DU MACM lution possible était de faire en sorte que, pour cette section, l’exposition absorbe la manière de l’artiste, devienne mimétique en quelque sorte de sa pratique.On comprend, mais la solution demeure simpliste, comme pour souligner à gros traits rouges le nouvel élément du vocabulaire du peintre.De plus, ce mur à angle empêche d’avoir un recul appréciable pour une des œuvres posées sur le mur en face.Autre maladresse, la séquence de tableaux qui commence par Traces, 1999-2000 (et dont le collage mémorable qui lui a servi de maquette est actuellement présenté à la galerie de Roger BeÛemare (jusqu’au 8 novembre), qui, com- me son voisin René Blouin (jus-, qu’au 15 novembre), consacre une plage horaire à l’artiste et se termi-1 ne par Red, Blue & Yellow de 1999, ^ est presque caricaturale.Dans le; premier tableau, une mince ligne j criblée de couleurs primaires' baigne dans un vide presque sidé- j raL Dans le second, c’est comme à la même ligne épaississait, et ainsi de suite.Organisée de la sorte, cette suite de tableaux donne à la démarche de Gaucher une allure scolaire, comme s’il s’était adonné à un bête exercice.Devant, pourtant, un richei amalgame fait de W3, de W6,) deux œuvres de 2000 sont rapprochées de Fugue jaune de 1963, à la manière de la série des Webern.Dans les deux cas, un même vocabulaire est activé, mais selon des manières très différentes.Ce bel accroc à la chronologie fait parler les œuvres de belles manières.L’exposition s’étend jusqu’en 2000, année du décès d’Yves Gaucher.Gaucher n’a jamais fait de surplace, même si, vers la fin, des œuvres comme Jaune, Bleu & Rouge IV (1999), une série de grands carrés colorés, légèrement décrochés les uns par rapport aux autres, sont moins convaincantes (on y voit le carré, une des formes de prédilection de l’artiste, prendre toute la surface et se muter en monochrome).Restent des perles comme 5 Bleus, une longue bande où des plages aux tonalités variables de bleu sont découpées par d’autres couleurs.Ici comme dans toute l’exposition, un sens du virtuel affleure, comme à, dans le fond, Gaucher parlait aussi de technologie,; d’espaces purs comme ceux que le cinéma, par exemple, associe à la grande toile numérique (on pense à Tron mais aussi à Johnny Mnemonic et leurs environnements essentiellement faits de lignes).La place dYves Gaucher dans le panthéon des grands artistes québécois est déjà acquise.Reste maintenant à goûter son œuvre, plus qu’à l’évaluer.Les trois expositions Gaucher en cours en ce.moment celle du MACM en premier, permettent précisément de faire cela.SOURCE CATALOGUE DU MACM place d’Yves Gaucher dans le panthéon des grands artistes j.» -«iJi 1- Reste maintenant à goûter son La place d’Yves Gaucher dans québécois est déjà acquise, œuvre, plus qu’à dévaluer.BONNIE BAXTER MICHEL BEAUDRY DAVID LAFRANCE tentations Exposition jusqu’au 23 novembre CENTRE D EXPOSITION DE VAL DAVID La maison du Village 819-322-2900 poste £ VIRNLSSAGI - il DIMANCHE 26 OCTOBRE Claude Pelletier Jusqu’au 20 novembre « AL E RIE Linda Verge f LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 2D OCTOBRE 2003 ?CINÉMA CINÉMA Invitation au secret Un film écartelé A Cannes, en mai dernier, chaque séance était précédée du même rituel de sécurité: ouvrir son sac, passer l’épreuve du détecteur de métal, merci, bonjour.A la première médiatique de In the Cut, au dernier Festival international du film de Toronto, chaque spectateur, en entrant dans la salle, devait passer dans le champ d’une,caméra à rayons infrarouges.À Cannes, on craignait les attentats terroristes, ce qui, vous en conviendrez, se passe d’explication.A Toronto, stupeur et tremblement, on prévenait le piratage, ce qui, vous en conviendrez également, requiert quelques éclaircissements.Tandis que les compagnies aériennes montrent des signes de laxisme quant à la sécurité des passagers, on ne peut désormais plus accéder à l’avant-première d’un film américain — qu’elle ait lieu à Montréal, Hong-Kong ou Chicago — sans montrer patte blanche, c’est-à-dire sans,être contraint d’ouvrir son sac.À défaut d’être fournis, les revolvers, seringues, somnifères sont permis.Sont interdits: les minicaméras numériques, webcams, téléphones cellulaires munis de caméra, bref, tout appareil, réel ou imaginaire, permettant de filmer l'écran et de restituer le fichier dans Internet.La peur du piratage s’est répandue comme un virus en Amérique du Nord, mais pour l’instant, seul Hollywood crie sa douleur.Haut lieu de piratage Bien qu’elles soient d’une importance capitale pour la publicité d’un film, du fait qu’elles génèrent la rumeur, les avant-premières sont devenues un haut lieu de piratage, s’il faut en croire les distributeurs des grands studios (Warner, MGM, Columbia, Fox, etc.).D’ailleurs, ils estiment le risque si élevé qu’ils font désormais appel à des entreprises de sécurité.Outre la vérification du contenu des sacs des spectateurs, les employés de celles-ci fouillent les salles vides, parfois même se postent à côté du projecteur (où un dispositif pourrait permettre la copie) pendant toute la séance et arpentent les allées pendant la projection, à l’affût d’un petit voyant rouge qui trahirait la présence en ces lieux d’un pirate.Le degré de sévérité des mesures est étabh selon la distance entre le visionnement et la sortie en salles du film (plus la sortie est éloignée, plus le dispositif sera sévère), selon l’importance, aussi, dudit film (maximale pour Matrix et Lord Of The Rings, minimale pour Beyond Borders et Down With Love).Nicole Saint-Hilaire, directrice de la promotion chez Pop-corn Communications, où on gère pour le Québec la carrière en salles des films de la 20th Century Fox, fait depuis avril appel aux services du Groupe de sécurité SLB, lequel n’a jamais — lors d’un contrat avec eux — pris qui que ce soit la main dans le sac.ou l’objectif sur l’écran.«Je suis d’accord pour que ces mesures se poursuivent, tout en étant consciente que ça ne vient pas de Montréal.Les films que j’ai trouvés dans Inter-nel avaient des sous-titres japonais ou chinois», dit-elle, précisant que cette mesure, davantage dissuasive qu’effective, rappelle aux spectateurs l’importance qu’il faut accorder à la propriété intellectuelle.Ma rtin Bilodeau Au Groupe de sécurité CLB, à toutes mes questions sur le sujet, on invoquait le secret professionnel, non sans préciser que les employés dépêchés dans les cinémas les soirs de première ont le droit de regarder à l’intérieur des sacs, mais qu’ils n’ont pas le droit de fouiller.Cette indiscrétion est excusée par le fait que les spectateurs qui assistent à de telles projections le font sur invitation (lire: ils n’ont pas payé l’entrée).L’hôte, dans ces circonstances, a le droit de fixer les règles.Mais la question qui me tiraille est la suivante: en quoi une copie enregistrée deux jours avant la sortie d’un film et téléchargée dans Internet est-elle plus dommageable pour la santé économique d’un film que celle qui sera filmée deux jours plus tard par les spectateurs qui pénètrent dans les salles sans détection?La question est d’autant plus pertinente que, de l’avis de Nicole Saint-Hilaire, le piratage compromet surtout les entrées secondaires, «c’est-à-dire les jeunes qui ont vu le film une première fois en salle et qui, si ce n’était pas de sa disponibilité dans Internet, retourneraient le voir une deuxième jbis».Au bureau de Columbia, à Toronto, on m’a raconté cette semaine que ça fait plusieurs années qu’on fait de la surveillance fantôme dans les salles les soirs de première.Or, depuis qu’on poste des gardes en uniforme, qu’on regarde l’intérieur des sacs et qu’on confisque les cellulaires munis de caméra à des gens qui, de toute façon, n’avaient aucune intention de pirater, les gens s'inquiètent.On m’affirme que personne chez Columbia n’a perdu la tète, même si, du même souffle, personne ne peut ou ne veut débattre de la pertinence de ces mesures et de leur incidence véritable sur le piratage.Le pirate intérieur Plusieurs statistiques incomplètes tentent toutefois de démontrer que, dans la majeure partie des cas, le piratage des films proviendrait de l’intérieur des entreprises émettrices ou de leurs fournisseurs de services de post-production.Chez Fox, on s’interroge; chez Columbia, on ne saurait dire.La question reste nébuleuse.Dans la logique de marketing de Hollywood, chaque film est un secret.Pour les invités de première, de se le voir confier avant la date de sortie doit être perçu comme un privilège.Les mesures de sécurité mises de l’avant pendant ces soirées donnent aux spectateurs l’impression qu’ils ont été élus et leur donnent du film l’impression qu’il est très hot.Bref, tout ce cirque, apparemment inefficace, serait maintenu pour des raisons publicitaires qu’on n’en serait pas le moins du monde surpris.¦ Vous pouvez entendre Martin Bilodeau trois fois par semaine dans le cadre du magazine quotidien Aux arts, etc.(à midi dix) de la Chaîne culturelle de Radio-Canada.200304 XI ORCHESTRE V SYMPHONIQUE y DE LAVAL Orchestre symphonique de Laval La Fl/îte Enchantée Mare-André Coalllor Animateur / Animator : Marc-André Coailier Chef / Conductor : Jean-François Rivest Le dimanche 9 novembre 2003 à 14 h Sunday, November 9, 2003 at 2:00 p.m.Salle André-Mathieu - 475, boul.de l’Avenir, Laval Les concerts sont précédés d’une causera avec Jean François Rivest à 19hl5 At 7:15 0 ™ • prt concert t*k» with Hi* conductor Jean François Rivest www.osl.qc.ca Information : 450 978-3650 Billetterie : 450 667-2040 Admission : 614 790-1245 Adulte 15* Enfant 10* Il IIIAHII ANDRE MATHIEU 1 Une première œuvre consacrée à la poétesse Sylvia Plath SIHIRCK Al IIANCE ATl ANTIS V1VAFILM Gwyneth Paltrow interprète la poétesse Sylvia Plath, qui s’est enlevé la vie à l’âge de 30 ans.SYLVIA De Christine Jeffs.Avec Gwyneth Paltrow, Daniel Craig, Jared Harris, Blythe Danner, Michael Gambon.Scénario: John Brownlow.Image: John Toon.Montage: Tariq Anwar.Musique: Gabriel Yared.Grande-Bretagne, 2003,110 minutes.MARTIN BILODEAU Le cinéma anglais en particulier et anglo-saxon en général aime bien tirer le portrait posthume des grands de la littérature.Au cours des 15 dernières années, les écrivains Franz Kafka {Kafka), Henry Miller (Henry And June), Iris Murdoch (Iris), Virginia Woolf (The Hours) et Lytton Strachey (Carrington) ont inspiré des œuvres d’intérêt inégal qui mesuraient invariablement l’acte de création à l’obstacle, réel ou imaginaire, qui le compromettait Sylvia, le second long métrage de la Néo-Zélandaise Christine Jeffs (Rain), ne fait pas exception.L la différence que la cinéaste y raconte la relation de deux créateurs dont chacun incarne l’obstacle de l’autre, à savoir le poète anglais Ted Hugues, décédé en 1998, et la poétesse américaine Sylvia Plath, qui fut son épouse de 1956 à 1963, date à laquelle celle-ci, mère de deux enfants, s’enleva la vie.Elle avait 30 ans.Enfant de la bourgeoisie bostonienne morte dans une relative misère à Londres, Plath est une proie facile pour qui veut illustrer la douleur de la création et le vertige de la mort.Or, tournant le dos aux clichés d’usage, Christine Jeffs cultive plutôt les paradoxes du personnage, s’étonnant que cette maîtresse de maison exemplaire, qui avait remisé ses ambitions littéraires pour fonder une famille, symbolise la résistance féministe.S’étonnant aussi que le poids de son sacrifice ne lui soit apparu qu'à la découverte des infidélités de son mari.Il aura fallu 35 ans à Ted Hugues pour briser le silence et publier en 1998, quelques mois avant sa mort, un recueil de poèmes, IJte Birthday Letters, dans lequel il évoquait sa vie avec Sylvia Plath.Ces poèmes constituent le point de départ du film de Christine Jeffs, ce qui explique que celle-ci néglige délibérément les obligations biographiques au profit des impressions et des émotions.Par une succession de détails, de symboles et d’allusions, son film dévoile peu à peu le visage de la poétesse, défendue à l'écran par Gwyneth Paltrow, tout en poussant un peu plus dans l’ombre, à chaque scène, celui de Ted Hugues, campé par Daniel Craig.Ainsi, sans adopter le point de vue de Sylvia Plath, le film pose un regard de plus en plus exclusif sur elle, jus qu’à nous entraner avec elle dans l’isolement et la dépression qui la conduiront au néant.Devant un parti pris aussi clairement assumé, on s’explique mal la joliesse de la reconstitution historique et la lourde tapisserie sonore que Gabriel Yared a déposée dessus.Du coup, Sylvia apparaît comme un film écartelé entre les ambitions de la cinéaste et les contingences de la production, entre l’hommage à une vie complexe et les exigences d'une dramaturgie simplifiée.L’interprétation à la fois retenue et minimaliste de Paltrow vient cependant rappeler qu’un regard (celui de la cinéaste posé sur le personnage) peut être à la fois porteur et chargé de mystère.Star montante du cinéma anglais (on le verra bientôt dans Vie Mother, de Roger Mitchell), Daniel Craig n’en fait pour sa part ni trop ni jxis assez, préservant l’équilibre précaire de ce film étonnant, décevant en ce que, dans sa forme, il se soumet à des règles de grammaire indignes de ses modèles, satisfaisant en ce qu’à défaut de nous faire comprendre leurs vies, il nous donne envie de les lire.Un fouillis d’images bricolées à la hâte PARTY MONSTER Ecrit et réalisé par Fenton Bailey et Randy Barbato.Avec Macaulay Culkin, Seth Green, Dylan McDermott, Wilmer Valderrama, Wilson Cruz, Chloe Sévigny, Diana Scarwid.Image: Teodoro Maniaci.Montage: Jeremy Simmons.Musique: Jimmy Harry.Etats-Unis, 2003,98 minutes.MARTIN BILODEAU Michael Alig est une figure légendaire de la scène underground new-yorkaise.Il ne chantait pas, ne dansait pas, ne posait pas pour Warhol.En vérité, son unique talent consistait à improviser des soirées costumées dans les endroits les plus incongrus de la Grosse Pomme (fast-food, quai de métro, boîte de dix-roues, etc.) et à dicter la mode du jour 15 minutes avant que celle-ci ne s’épuise.Après les punks, avant les raves, ce bisexuel issu des profondeurs de l’Indiana a fait la pluie et le beau temps pendant quelques années sur le Manhattan endormi avant de mettre fin à sa carrière en assassinant son dealer.Fenton Bailey et Randy Barbato avaient déjà rapporté son histoire dans un documentaire, Party Monster, datant de 1998.Ils en font le sujet de leur premier long métrage de fiction éponyme — produit entre autres par la reine du cinéma indépendant, Christine Vachon (/ Shot Andy Warhol, Far From Heaven) — non sans avoir au préalable demandé à l’ami et mentor d’Alig, James St-James (Seth Green), de coucher son histoire sur papier.Son roman, Disco Bloodbath, constitue le point de départ de cette comédie complaisante et bêtement futile qui restitue la forme du personnage (défendu par Macaulay Culkin, étonnant) sans remuer grand-chose du fond.Un vrai gaspillage quand on pense que les cinéastes avaient en main tous les attributs d'un bon film: des héros atypiques et révélateurs des errances de leur époque, un parcours singulier à travers lequel tout un monde Nouvel w / direction Lorraine Vajlfancourt \v yi W y M V CONCERT DE MUSIQUE ESPAGNOLE I Autour de Francisco Guerrero (1951-1997) LE MERCREDI 29 OCTOBRE 2003, 20 H Ars Combinatoria (1979-80) Concerto de chambre (1978) Delta Cep/re/(1991) DE FRANCISCO GUERRERO Cripsis (2001), Invarianza0999) D’ALBERTO POSADAS Invernal0991) DE DAVID DEL PUERTO Espacios intermedios (2002) DE CARLOS SATUÉ SAISON «• Mt D>WCI> * l VMVMSfTt M WOMTMM SALLE CUUDE CHAMPAGNE de l'U de M 220, Avenue Vincent-d'lndy, Montréal INFORMATION (514) 343-5962 www.nem.umontreal.ca b Him 20$, 10$ (étudiant aîné) RÉSEAU ADMISSION 514-790-1245 ou 1-000-381-4595 .admiuion.com Canaris Quebec» «nw% cm de Montreal u Dewm V nous est révélé ainsi que des thèmes et des enjeux riches (l’abandon, la trahison, la pénitence, l’arrogance et la soif de succès instantané) pour transcender l’anecdote.Or, de la même façon qu’ils ont laissé James St-James raconter l’histoire à leur place, Bailey et Barbato ont laissé le film se faire sans eux.Où est leur regard dans ce fouillis d’images bricolées à la hâte?Quelle est la pertinence de raconter cette histoire en cet instant précis de l’histoire du monde?Quels sont les enjeux fondateurs de leur projet?Autant de questions vaines qui nous traversent l’esprit en regardant sur l’écran ce bal costumé -transgenre» qui n'a d’audacieux que l’apparence et au milieu duquel, comme pour consolider cette impression, apparaît parfois Marilyn Manson.23* saison Ihy Fleldman-Fralberg violon Nadia Francavilla alto Yukarl Cousineau alto Peml Pauli violoncelle Katherine Skorzewska contrebasse Reuven Rothman Œuvres de Mendelssohn.Martini, S Schubert jeudi 30 octobre, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre En vertu (J’ifte entente avec la Fédération Américaine des Musiciens (A F M ), les compagnies de disques subventionnent en partie cet événement musical pour promouvoir la musique active, pai l'entremise de la Guiioe des Musiciens du Québec.At I 1 ^ SAlWn loC&'loôy ^ li*» f’KlbciïCélfV-oy -cllt-vcfcUIr at'-UfllIP® LA ROME DES pRINCES 31 OCTOBRE 2003 : 20h00 Concertos et sonates de Corelli, Scarlatti, Pasquini et Handel MESLANÇES HARMONIQUES 30 JANVIER 2004 20h00 Danses, fantaisies et chansons aux instruments de Lejeune, Guédron, Du Caurroy et Prætorius INVENTIONI STRAVACjANTI 26 MARS 2004 :: 20h00 Canzonas, sonates et toccatas italiennes des ,/ débuts du Baroque y SOURIRE FRANÇAIS ^ 21 MAI 2004 20h00 - L Humour en musique : Mouret, Corrette et Racot de Granval avec Isabelle Desrochers, soprano et Daniel Thonon, vièle à roue NOUVEAUTÉ : AGIS Ér GALATEA DE HANDEL CD double : ATM A Classique BILLET SIMPLE 23$ : 18$ :: 12$ PASSEPORT* 98$ : 78$ :: 50$ *Un passeport donne droit à cmq entrées de votre dioix Les concerts auront heu à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secoun 400.rue St-Paul Est, Vieux-Montréal Pour information et passeports LES BORÉADES DE MONTRÉAL T 514.634 1244 www borcades.com info^boreadescom J U: DEVOIR ”c£*bec2: n b b J «JÜÜTm SAQ w-.osu _ LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 5 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2003 E 8 ?/ i n ai va n ^ Autres temps, autres mœurs SOURCE CINEMA DU PARC Dans le documentaire de Sam Green et Bill Siegel, les anciens membres du clan rouge Weather Underground, aujourd’hui paisibles et rangés, reviennent sur leur passé 30 ans plus tard, parfois avec réticence.THE WEATHER UNDERGROUND Réalisation: Sam Green et Bill Siegel Images: Federico Salsano et Andrew Black.Musique: Dave Cerf.États-Unis.Documentaire.Au Cinéma du Parc.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Les États-Unis se passionnent depuis quelque temps pour leur passé agité des années 60 et 70, comme s’ils redécouvraient soudain et avec stupeur avoir été révolutionnaires en des jours moins mornes.Le captivant The Weather Underground participe de cette réappropriation des cris de protestation d’une génération M jgggfe Arrêtez-vous sur Www» £apîf3|e£uHune,c0Di t Et participez au Week-end culturel à Québec ! Amateurs d'art et de culture, d'histoire et de bonne chair, la région de Québec vous offre tout un univers culturel ! Participez au concours Week-end culturel à Québec et vous pourriez gagner des heures de découvertes et de plaisir ! À GAGNER : deux week-ends culturels à Québec d'une valeur totale de 2400$.Imaginez, un week-end à Québec pour'deux personnes les 21, 22 et 23 novembre 2003 ! Le prix comprend : le transport aller-retour par train, en première classe avec Via Rail; deux nuits à l’Hôtel Manoir Victoria ou à l’Hôtel Château Laurier incluant les petits-déjeuners et un souper table d’hôte pour deux personnes; des billets pour assister au concert de l’Orchestre symphonique de Québec du 22 novembre; les visites au Musée de la civilisation, au Musée national des beaux-arts du Québec et à l’Observatoire de la Capitale.www.vlanül.ca 1601+ VIA Rail CanadS Manoir Victoria Musée national des beaux-arts du Québec QuebecSS Québec:: Règlement du concours sur yv\jA~ cc^i?Ltc*-l& OAlfiA/e ! «X QuébecSS Cutture et Communications Québec “S U» fnARcité de l’Office du tourism» at das cotHRès de Quétac.Cette réalisation a ét* rawKie possible gr»ce i la c TOURISME CONGRl ¦ de la Capitale nationale et de Tourisme Quebec qui ne faisait pas qu’étudier sur les campus, mais qui montait violemment aux barricades.Les membres du Weather Underground, un groupe révolutionnaire issu du Students for a Democratic Society, avaient déclaré à la fin des années 60 et jusqu’au milieu des années 70 la guerre à leur propre gouvernement et multipliaient les interventions musclées.Ils tiraient leur nom de la chanson de Bob Dylan Subterranean Homesick Blues, qui disait: «You don’t need a weatherman to know which way the wind blows.» En 1969, les membres du Weather Underground, à la tête d’une manifestation géante, ont vandalisé un centre commercial de Chicago.En 1971, ils ont fait exploser un plancher du Capitole, mais leur haut fait le plus mémorable demeure l’évasion planifiée et exécutée du pape du LSD, Timothy Leary, emprisonné pour possession de stupéfiants.En fond de scène de leurs coups d’éclat: la guerre au Vietnam et le racisme antinoir à l’origine du mouvement des Black Panthers.Sexe, drogue, rock’n’roll et libération politique.Ça s’est joué sur fond d’époque, et les leaders se sont un à un rendus aux autorités à la fin des années 7Q quand le climat social a changé.Ils étaient contestés même en leur temps pour avoir embrassé l’action violente, pourchassés par le FBI.Sam Green et Bill Siegel, les auteurs du film, avaient l’impression que l’histoire de ces luttes soulevait d’importantes quesr tiens sur l’Amérique.Par ailleurs, toute une jeune génération ignorait jusqu’au nom de Weather Underground et devait s’approprier l’aventure.Dans ce passionnant docur mentaire, les anciens membres du clan rouge, aujourd’hui paisibles et rangés, reviennent sur leur passé 30 ans plus tard, parfois avec réticence.Bernardine Dohrn, Mark Rudd, Brian Flanagan, Bill Ayers, plusieurs figures dominantes du groupe, mais aussi de simples membres expliquent, souvent avec intelligence, à quel point leur propre société violente a engendré leurs ac^ fions, à quel point ils se sentaient impuissants face à la guerre au Vietnam et ne pouvaient pas laisser leurs gouvernants massacrer autant d’innocents en Asie.Des images d’archives, des photos et des documents du FBI achèvent de réveiller le passé.! Quel document fascinant! Fasr cinant parce qu'il éclaire le contraste de hier à aujourd’hui entre conflit au Vietnam et guer re en Irak, cette dernière suscitant aux États-Unis plus de passivité qu’autre chose.Le malaise de quelques anciens dirigeants du Weather Underground en dit long aussi sur le changement des valeurs.Si certains se sont recyclés dans l’action communautaire, la plupart ont abandonné les luttes et réintégré le système qu’ils avaient tant combattu.La violence ne signifie plus la même chose depuis le 11 septembre 2001: elle rime maintenant avec terrorisme pur.Autres temps, autres mœurs.Les documentaristes sont parvenus à démontrer, avec tous ces regards en arrière et tous ces tés moignages, que les mouvements de résistance avaient de justes causes à défendre et que la torpeur actuelle avalise des injustices d’État.Le film laisse le spectateur avec une nostalgie additionnelle des sixties.EN BREF Sur le seuil acheté par Miramax (PC) — Le cinéma québécois fait une nouvelle percée sur le marché américain.Les droits du film Sur le seuil, d’Éric Tessier et Patrick Sénécal, viennent d’être achetés par le géant d’Hollywood, Miramax.Le Journal de Montréal avance que la compagnie, un des plus importants studios hollywoœ diens, a l’intention d’en refaire une nouvelle version destinée au public américain.Miramax est la même maison qui a acheté Les Invasions barbares pour le distribuer aux Etats-Unis.Ce n’est pas la première fois qu’un studio américain acquiert les droits d’un film québécois pour en refedre sa propre version.Il y a eu, par exemple, Louis 19, devenu Ed TV, et Liste noire, devenu Black List.Culture «télé pour ne rien manquer L'AGENDA chaque samedi f I LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2 0 0 3 le dnémo pur l'kinire (iiplet, L'AGENDA LE DEVOIR H nm o Il VJ ill uj x C e n t r i s hor ai ms 514 847 2206 www.ex-centris.com Le tiers-monde en bus climatisé BEYOND BORDERS , Réalisation: Martin Campbell, t Scénario: Caspian Tredwell-Owen.Avec Angelina Jolie, Clive Owen, Teri Polo, Linus Roache, Noach Emmerich.Images: Nicholas Beauman.Montage: i Phil Meheipc.Musique: James Horner.Etats-Unis, 2003, 127 minutes.1 ! ANDRÉ LAVOIE Si, comme on l’entend souvent, le privé est politique, Beyond Borders, de Martin Campbell, est assurément le film le plus politique de l’année, au point d'en donner quelques complexes à Costa-Gavras.Par contre, le réalisateur de Missing et d’Amen n’aurait peut-être su quoi faire d'Angelina Jolie en version Vanity Fair de la missionnaire humanitaire — on est bien loin de mère Teresa.— mais pour Campbell, les famines et les guerres civiles île sont que des entraves bien commodes à une charmante histoire d’amour.Peu importe que Jolie débarque en plein désert africain peuplé de réfugiés affamés ou tente d’éviter une balle perdue dans la Tchétchénie à feu et à sang, il n’y a pas grand cœur mieux habillé, s’entichant à chacun de ses dangereux périples d’une âme en peine qui sera sauvée par ses bons soins.Son personnage, Sarah Jordan, n’était pourtant pas destiné à se ranger du coté des opprimés.En 1984, lors d’une chic soirée-bénéfice avec la bonne société londonienne pour l’aide aux pays africains, Nick Callahan (CUve Owen, une gueule de future star, mais l’acteur n’est pas assez connu pour faire de l’ombre à Jolie.) y débarque sans invitation pour y dénoncer le manque criant de fonds qui cqndamne à la mort des milliers d’Ethiopiens.Le réquisitoire enflammé de ce médecin saura convaincre Sarah de quitter temporairement son confort et un mari falot (Linus Roache), pour constater de ses yeux la misère dont Nick est le témoin impuissant Après un premier séjour en Afrique, où la bourgeoise se transforme peu à peu en pasio-rtaria de l’appareil onusien, elle Beyond Borders ne transgresse jamais les lieux communs et les idées reçues s’inquiète tout autant du sort du monde que de Nick, dont l’attirance réciproque est le secret le moins bien gardé du film.Quelques années plus tard, Nick utilise la position et la respectabilité de Sarah à l’ONU pour une histoire de trafic d’armes au Cambodge, à l’époque où les Khmers rouges faisaient régner la terreur.Même cette humiliation d’avoir été trompée ne saura ébranler l’admiration de Sarah pour ce médecin sans frontières.Elle est d’ailleurs autorisée à se jeter dans ses bras puisqu’elle a découvert que son mari la trompait.Le dernier épisode à saveur National Geographic se déroule en Tchétchénie, au plus fort des combats entre rebelles et soldats russes.Plus rien ne semble l’empêcher de jouer pleinement à la Lara pour son docteur Jiva-go, remuant ciel et terre pour le sauver, et surtout pour que se concrétise enfin cette passion dont les atermoiements, qui s’étirent sur près d’une décennie, relèvent autant de l’abnégation que de l’absurde.Le peuple américain se plaint souvent d’être méprisé par le reste du monde, un monde dont il saisit difficilement les contours.Jolie en représente la plus éclatante et la plus détestable preuve, donnant des leçons de morale à ceux qui s’engagent avec des moyens de fortune, s’insurgeant contre l'injustice tout en refusant d’en voir les causes profondes.D’accord pour verser des larmes de crocodile et emmitoufler des enfants meurtris dans des vêtements griffés, mais pour les véritables leçons de géopolitique, Beyond Borders ne transgresse jamais les lieux communs et les idées reçues, reconstituant les grandes tragédies des années 80 et 90 avec un regard de touriste enfermé dans un .autobus climatisé.A défaut d’eq savoir plus sur le drame des Ethiopiens, des Cambodgiens et des Tchétchènes — alors que chaque fois plane l’ombre communiste, ce qui n’est pas un hasard, vous en conviendrez.— on contemple la garde-robe tiers-mondienne d’Angelina en se disant que charité bien ordonnée commence par son couturier.Angelina Jolie dans Beyond Borders.UAbitibi se fait son cinéma La 22 édition du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue se déroule du 25 au 30 octobre ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Jacques Marte s’avoue content de pouvoir aller de l’avant, en ces années troubles, avec son festival de-cinéma.Depuis 22 ans, il dirige le rendez-vous de films à Rouyn-Noranda, aux côtés de Guy Parent et Louis Dal-laire.Or le Québec culturel traverse une période de turbulence ces temps-ci.En Abitibi, il y a eu des grèves, et les conditions économiques ne sont pas trop florissantes.Du côté de l’Etat, l’heure est aux restrictions.Alors, la subvention du ministère du Tourisme a diminué.Les commanditaires se font moins généreux.Un huitième environ du budget du festival a fondu.Il a fallu couper ici et là, dans les tournées régionales notamment.Aujourd’hui, Line Beau-champ, la ministre de la Culture, vient rencontrer tout le monde à Rouyn, avec des annonces à faire, sans doute.Là-bas, tout le monde l’espère.Depuis 22 ans, il roule bien sur ses rails, ce festival abitibien qui démarre aujourd’hui et se poursuit jusqu’au 30 octobre.Les salles sont pleines, le jeune public a ses propres programmes qui lui permettent de joindre les rangs des cinéphiles lorsqu’il entre à l’âge adulte: 14 000 entrées environ pour les projections au Théâtre du Cuivre, 20 000 si on inclut la participation aux ateliers et aux activités éducatives.Un franc succès régional.«Le gouvernement est conscient de l’importance du festival, estime Jacques Marte.On est devenu une institution en région et un exemple pour les jeunes qui ont envie de démarrer des projets.Ceux qui sont partis vivre à Montréal reviennent à Rouyn pour l’occasion.Il y a une fragilité culturelle chez nous.Montréal exerce une telle force d’attraction, alors, oui, il faut accorder au festival son importance parce qu’il constitue aussi un pôle et qu’il est une source de fierté.» Pas évident de recruter des primeurs pour un rendez-vous de films dans la capitale du cuivre.«On passe forcément après le FFM, Toronto, le FCMM, explique Jacques Marte, mais notre but est surtout de diffuser du cinéma dans une région qui a envie de voir du cinéma.De fait, la solution au problème de diffusion des films passe par les projections en dehors des grandes villes.» Miracle! On retrouvera au festival abitibien des primeurs mondiales et nord-américaines tout de même: 18 en tout.Le film d’ouverture, Marche et rêve! Les homards de l’utopie, de Paul Car-pita, une comédie provençale sur fond de solidarité ouvrière et de réflexion sur l’industrialisation, n’a jamais été présenté chez nous.«Ça fait un beau départ JACQUES GRENIER J E DEVOIR Malgré la difficulté à dénicher des primeurs, Jacques Matte, qui dirige le grand rendez-vous cinématographique de Rouyn-Noranda, promet quand même quelques belles surprises.avec un film ensoleillé et très beau aux accents de Pagnol.» Première nord-américaine aussi pour le dernier film du Français Jean Becker, Effroyables jardins, avec Jacques Villeret, André Dusso-lier et Thierry Lhermitte.Premières québécoises Jacques Marte se dit surtout fier des premières québécoises: Ma voisine danse le ska, de Nathalie Saint-Pjerre, et la comédie Nez rouge, d’Eric Canuel, présentée en clôture.«Et puis, un paquet de jeunes cinéastes viennent présenter fie très bons courts métrages: L’Ecrivain public, d’Alain Jacques, Noël Blank, de Jean-François Rivard.» Le lancement chez nous de Madame Brouette, de Moussa Sene Absa, une coproduction associant le Québec, le Sénégal et la France, prend aussi le tremplin du festival d’Abitibi.Serge Fiori et Majoly, derrière la musique du film, ont remporté un Ours d’argent à Berlin.Ils seront là-bas aux côtés du cinéaste et des interprètes.Le producteur Rock Demers en profitera pour remettre l’Ours d’argent aux lauréats.Une cinquantaine d’invités sont attendus.Aux yeux de Jacques Marte, le festival ne s’arrête pas à ses six jours d’activité.«Le reste de l’année, il donne envie aux gens de retourner au cinéma et de voir de nouveaux spectacles.Deux soirs par semaine, il y a les séances de Ciné-qualité.D’autres festivals, comme celui de la musique émer- gence, qui a eu sa première, édition à la fin août, sont apparus dans sa foulée.Les professeurs de cégep et d’université poussent leurs étudiants à aller voir des films, des spectacles et des pièces de théâtre.On s'inscrit dans un tout, mais on stimule notre monde à faire des choses.» SOURCE PARAMOUNT PICTURES MENTION SPECIALE DU JURY POUR MEILLEUR SCENARIO FESTIVAL INTERNATIONAL NOUVEAU CINEMA NOUVEAUX MÉDIAS MONTREAL 2003 «?1/2 Un audacieux mélange de vrai et de taux.» Jéfôma Delgado - La Pressa «(Claude) Fortin, le bon magicien.» Martin Bilodeau * U Devoir «.touchant et drôle.» Maxima Damara ¦ Journal da Momrtal « Ne ratez pas la chance de rire un grand coup devant tant d'autodérision.» Stéptun Larouctw - Voir « .un film tantôt drôle, tantôt émouvant, tantôt caustique, qui sait nous garder sur le qui-vive, à la manière d’un suspense.» Gillaa Cadgnan - U Soleil écrit par Claude Fortin et Serge Laprade r\ une mésaventure biographique avec Serge Laprade et Claude Fortin CINÉMA ?JNE DU 25 AU 3 I OCTOBRE 2003 Les NOUVEAUTES et le CINÉMA en résumé, pages ?46 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?7,14 L ¦ • T un film de Claude Fortin www cinemaRbf dans LAGENDA culturel PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE VERSION OR IQ IN ALE FRANÇAISE AVEC 8QU8 TITRES ANGLAIS EX-CENTRIS 3S)6, bout.Saint-Laurent, Mtl Billetterie (514) 847-2206 Ç IMÉMA PARALL3L E L’ŒIL ET LA NUIT L .« CROIS CHORÉGRAPHIES DF MOTAZ KABBANI ffflü ' lARTELLE AWAYS UDY GURUNl1 AN OCTOBRE 2003 A 20H00 VENDREDI CENTRE PIERRE-PELAOEAU - SALLE P1 ERRE-MERCUI 300, DE MAISONNEUVE EST - ADMISSION (514) 790-12' iC.lT.t 4 E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 5 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2003 ?LE DEVOIR ?n nm il \j m ENTREVUE Ci UJ L’une tend, l’autre joue La rencontre cinématographique la plus inattendue de la décennie a donné lieu à un des films les plus singuliers de l’année.Dans In The Cut, Jane Campion se dépasse, Meg Ryan se surpasse et les deux se rencontrent pile poil au milieu.SOURCE JAMES BRIDGE Meg Ryan défend Franny Avery, l’héroïne du dernier long métrage de Jane Campion, In The Cut.4* mû MARTIN BILODEAU Le cinéma de Jane Campion a quelque chose d’organique.On y cause, on y pense, mais la tension est permanente et la chair, dominante.Celle de ses héroïnes, avant tout Qu'elles soient tombées sous les feux de la normalité (Un ange à ma table), abandonnées aux intempéries de la nature (La Leçon de piano) ou offertes aux prédateurs de leur temps (Portrait de femme), à contre-courant et courageuses, toutes possèdent le don précieux de l’abandon.L’héroïne de son sixième long métrage, In The Cut, est, en ce sens, son héroïne la phis kamikaze.Franny Avery, défendue par Meg Ryan — en remplacement de Nicole Kidman, qui a néanmoins produit le film —, est une prof d’anglais célibataire et taciturne.Dans son horizon: une amie, sa délurée demi-sœur (Jennifer Jason Leigh) et une passion, les néologismes.Malheureuse au fond, elle apparaît en surface immunisée contre la souffrance.Enfin, jusqu’à ce qu’un tueur compulsif entre en action dans son quartier.Son tête-à-tête avec le détective du NYPD chargé de l’enquête (Mark Ruffalo) tournera au corpsàcorps.«Franny s’est retirée en dlemême, où elle s’isole de toute expérience nouvelle.Le film raconte comment le monde s’impose à elle et force les murs de sa solitude», a raconté Meg Ryan lors de son passage au Festival international du film de Toronto, où In The Cut a fait l’objet d’une soirée de gala Inspirée par l’inattendu Film cru sur le chaos urbain et les chairs qui s’entrechoquent, ce polar psychologique inspiré du roman de Susanna Moore (coscénariste du film avec Campion) a été tourné caméra à l’épaule, dans des lieux sombres ouvrant sur des perspectives incomplètes, la lentille agissant sur la surface des choses comme la truffe d’un sanglier sur le soi «Le film a pour thème la nécessité d’être à l’affût des choses qui se présentent», expliquait Jane Campion à Toronto.«C’est pourquoi nous avons décidé, dès le début, d’approcher le sujet de la mêmefàçon, c’est-à-dire avec une caméra plus observatrice, qui suit les mouvements des acteurs».Lesquels acteurs étaient à la fois ouverts à l’expérience et totalement surpris par le résultat «Avec la directrice de la photo [Dion Beebe],/ane criait “moteur* et partait à la chasse aux images», raconte Meg Ryan, habituée aux films traditionnels, la plupart du temps tournés de façon rationnelle et organisée.«Elle a complètement fait fi de la grammaire d’usage.Il m’arrivait de lui demander: “Quand est-ce qu’on tourne le gros plan?" Elle me répondait: “Mais je l’ai déjà."» En apparence instinctive et improvisée, la mise en scène de In The Cut est au contraire minutieusement orchestrée, structurée, équilibrée.La cinéaste néo-zélandaise ne laisse rien au hasard, mais s’inspire de l’inattendu.La ville de New Yoric, et plus précisément le Lower East Side de Manhattan, a largement déterminé la plastique du film.«Je suis fascinée par cette ville et fai cherché à la regarder à travers la fenêtre d’une histoire.Je voulais que la ville et l’histoire s’imbriquent parfaitement l’une dans l’autre.» On pourrait en dire autant de ses deux principaux personnages, que tout sépare et dont la passion inattendue est illustrée sans faux-fuyant à travers des scènes d’amour torrides.Et pour cause: la sexualité, dans In The Cut, est à la fois le boulet de Franny et son tic- ket de sortie, ce qu’elle craint le plus et ce vers quoi elle court.Quant au détective un peu macho qui lui donne le change, Campion le voulait rustre comme dans le roman, sans vernis, mais sincère dans son désir, largement exprimé, de donner satisfaction à sa partenaire.Bâtons d’encens, kamasutra et autres stimulants ont alimenté le tournage des scènes érotiques.«Jane est peut-être allée un peu loin dans les explications», reconnaissait timidement Mark Ruffalo lors de sa rencontre avec la presse.Vive d’esprit, curieuse, Meg Ryan, 43 ans, avoue pour sa part aimer la violence avec laquelle leurs corps se joignent «Ils baisent sans préambule, puis ça remonte jusqu’au baiser, qui survient à la fin», s’étonne encore la reine de la comédie romantique, pour qui ce personnage constitue un risque, mais aussi — et c’est ce qui l’a tentée—un passeport pour tes grands rôles qu’on la croyait trop mignonne pour jouer.Sans renier les When Harry Met Sally et autres You’ve Got Mail, elle reconnaîtra en entrevue avoir attendu pareil rôle toute sa vie et s’être battue bec et ongles pour l’obtenir.«Cest un film dans l’esprit de ceux qu’on faisait dans les années 70.C’est tellement honnête, cru, nouveau.Cest un film de genre, mais pas tant que ça; c’est avant tout une ^^Toronto, càTaccueil fut partagé, In The Cut a fait parler de lui pour deux raisons: la performance de Ryan, étonnante dans ce contre-emploi, et les scènes érotiques, qui ont fait à la fois tiquer et saliver la «Canadian press».Campion avait une réponse toute prête: «Pour tout le monde, il n'y a que deux enjeux ici-bas: survivre et procréer.Quels que soient nos sentiments par rapport au second, chacun doit composer avec ce besoin.Tout ce qu’on fait, dit, pense, est fonction de ces deux enjeux.» La Leçon de piano a déjà montré la disposition de Canqion à alxxder la sexualité sans détour.Le roman de Susanna Moore l’a inspirée dans son désir d’aller encore plus loin dans son iSusfratioa «Je ne pense pas avoir jamais lu quelque chose d’aussi étonnant dans la fiiçon de parier de ta relation sexuelle.C’est une œuvre de genre fm moderne, avec une femme très moderne au centre, qui de plus n’a rien d’une sotte.» Jane Campion n’aurait jamais permis qu’il en soit autrement La cinéaste de 49 ans a horreur des compromis, aussi a-t-elle l’habitude d’énumérer et de justifier ceux auxquels elle consent La fin du roman, par exemple, serait beaucoup plus noire que celte du fihn.«Cest évident pour tout le monde que le film n’aurait jamais été financé s’ü avait fallu man.Une fois qu’on a pris la décision de frire m film à partir de ce livre, il nous a fallu trouver des arguments pour convaincre.» Lui reste à convaincre les spectateurs d’aller voir In The Cut, tâche à laquelle je me sais privilégié de l’aider.UN FILM LUMINEUX, PERSONNEL, TOUCHANT.DROLE MARIE-CHRISTINE BLAIS.LA PRESSE «UNE REUSSITE!» CLAUDE DESCHÊNES, RADIO-CANADA ?JOHN GRIFFIN, THE GAZETTE "PRÉPAREZ-VOUS À VOIR UN GRAND FILM!» PASCALE NAVARRO, RADIO-CANADA «C'EST À VOIR! C'EST UN MUST!» CATHERINE VACHON, SALUT BONJOUR! «BRILLANT! UN FILM ADMIRABLE!» MICHEL COULOMBE.RADIO-CANADA ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM MEDIA PRINCIPIA FILMS FCL présev-t LA b ACC CACHCC DE LA UN FILM DE KUÜkKI LfcHAüfc: \ ROBERT LEPAGE ANNE-MARIE CAOIEUX MARCO POULIN CÉLINE BONNIER GREGORY HLADY YVESAMYOT RICHARD FRÉCHETTE ÉRIKA GAGNON SOPHIE FAUCHER LORRAINE CÔTÉ BOB KRUPINSKI MARIO ST-LAURENT DANIEL LANGLOIS ROBERT LEPAGE BENOIT IUTRAS JEAN LE BOURDAIS RONALD PLANTE.CSC MARTIN LAUZON PHILIPPE GAGNON PAUt CAUFFOPÉ MARIE-CHANTALE VAILLANCOURT MARIO RODRIGUE LOUIS GI6NAC FRANÇOIS SENNEVILLE PIERRE BOUCHARD JACQUES BENOIT ROBERT LEPAGE @61 PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! [quartier utffwiTI [' CINÉMA 23».B—Mtoln E.T21-W0 | .1 I-CINÉPLEX OOéON ——1 |-MAISON OU CINÉMA ^ 11BOUCHERVILLE?11SHERBROOKE ?! VERSION OniOlHALE FRANÇAISE avec sous-rrrecs anouus www.allianceatlantisvivafilm.com
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