Le devoir, 3 décembre 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR Le parti de Poutine balaye les législatives Page B 1 V o L .X C V 1 1 1 N “ 2 7 5 ?LE LUNDI » DÉCEMBRE 2007 8 8c + T A X K S 1 $ CLÉMENT ALLARD Régis Labeaume s’adressant à ses partisans après sa victoire à la mairie de Québec.Il a remporté le double des voix de son adversaire Ann Bourget.Labeaume triomphe Afghanistan: flambée des achats de munitions Le coût projeté de la mission canadienne continue de grimper ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les coûts projetés de la mission cana-, dienne en Afghanistan continuent de grimper et se chiffrent maintenant à 4,5 milliards entre 2001 et 2009, une augmentation de 200 millions.La violence dans le sud de l’Afghanistan force d’ailleurs des achats importants de munitions et d’armes, ce qui contribue à faire gonfler la facture de la guerre.Seulement pour les six premiers mois de l’année financière 2007-08, l’achat de munitions de tous les calibres a bondi de 650 % comparativement à toute l’année 2006-07, selon les calculs effectués par Le Devoir.Cette augmentation spectaculaire des dépenses de munitions profite principalement à une entreprise basée à Le Gardeur, près de Montréal.General Dynamics Ordnance and Tactical Systems Canada a ainsi obtenu 85 % de tous les contrats de munitions accordés par le ministère de la Défense depuis six mois, pour un total de 48 millions de dollars.Les Forces canadiennes viennent d’ailleurs de réviser à la hausse les coûts supplémentaires de la mission en Afghanistan.Entre 2001 et 2009, l’armée évalue que la guerre dans ce pays aura engendré une facture totale de 4,5 milliards de dollars, soit 200 millions de plus que la dernière évaluation réalisée l’hiver dernier.Depuis 2001, le Canada a déjà dépensé 3,1 milliards de dollars pour son volet militaire en Afghanistan — ce qui exclut l’aide au développement — et prévoit donc encore dépenser 1,4 milliard d’ici février 2009, date prévue du retrait des troupes canadiennes.L’avenir de la mission en Afghanistan est toutefois en révision par un comité indépendant présidé par John Manley.Le Canada pourrait donc poursuivre son mandat actuel plus longtemps que prévu.Pourquoi cette nouvelle hausse de 200 millions?Au ministère de la Défense, on a refusé de donner des détails, précisant seulement que les coûts estimés de la guerre sont évalués «sar une base régulière».Au bureau du ministre Peter MacKay, on explique que l’arrivée de VOIR PAGE A 8: MUNITIONS ISABELLE PORTER Québec - La population de Québec a choisi Régis Labeaume pour compléter le mandat d’Andrée Boucher à la mairie de Québec.L’homme d'affaires de 51 ans l’a emporté sans difficulté hier sur la chef du Renouveau municipal de Québec, Ann Bourget «Je me suis donné pour mission de faire de Québec la ville la plus attrayante et performante au pays.Dès demain je me mets à la tâche», a déclaré le vainqueur lors d’un rassemblement dans un hôtel du centre-ville un peu après 21h30.L’avance de M.Labeaume était incontestable dès les premiers résultats, un peu après 20h.Elle ne s’est d'ailleurs jamais démentie au cours de la soirée, le candidat récoltant le double des appuis de Mme Bourget à environ 60 % contre 30 %.Les treize autres candidats à l’élection ont dû se contenter de miettes et se partager les 10 % restants.L’ancien ministre Marc Bellemare a obtenu à peine 4 % (contre 10% en 2005).Quant à Claude La-rose qui s’était alors classé deuxième avec 33 %, il a dû cette fois se contenter d’un peu plus de 1 %.En 2005, Andrée Boucher avait conquis la mairie avec 45 % des votes.Son mari, Marc Boucher se trouvait d’ailleurs aux côtés de M.Labeaume hier.Disant avoir «beaucoup d’attachement» pour M.Boucher, M.labeaume s’est CLÉMENT ALLARD Bureau Ann Bourget, grande perdante de l’élection à la mairie de Québec.engagé à «poursuivre ce que Mme Boucher avait entamé pvant son décès.» Âgé de 51 ans, père de trois enfants, Régis Labeaume est originaire de Duberger en banlieue de Qué- à Québec bec.Devenu millionnaire durant les années 1990 grâce à la vente de la compagnie minière Mazarin, il s’est engagé dans différents projets à Québec à la Fondation de l’entrepreneurship, chez Centraide, chez Innovated! ou encore à la tête du conseil d’administration du Festival d’été.Conseiller politique du ministre Jean-François Bertrand entre 1980 et 1985, il avait renoué avec la politique en briguant la chefferie du Renouveau municipal de Québec (RMQ) en 2005.Gagnant au premier tour, il avait été défait au second quand Ann Bourget s’était ralliée à.Claude I arose.M.Labeaume se savait en avance, mais rien ne laissait présager un tel triomphe.Le dernier sondage vendredi lui donnait huit points d’avance devant Mme Bourget à 38 % contre 30 %.Restait toutefois à «faire sortir le vote».Le triomphe de M.Labeaume est d’autant plus étonnant que Mme Bourget jouissait d’une majorité confortable jusqu’à tout récemment Or, les derniers sondages attribuaient au candidat une avance solide dans les banlieues qui comptent pour plus de la moitié de l’électorat.Régis Labeaume aura donc conquis ceux qui avaient voté pour Mme Boucher en 2005.Comme l’ancien ministre Marc Bellemare, M.Labeaume n’a pas manqué une occasion de faire VOIR PAGE A 8: QUÉBEC Réformes constitutionnelles L’ENTREVUE LES ACTUALITÉS Référendum serré au Venezuela Châvez aurait remporté son pari, selon trois ministres LISA-MARIE GERVA1S Le président du Venezuela, Hugo Châvez, aurait remporté son pari lors du référendum d’hier qu’il a organisé pour réformer la Constitution, selon trois de ses ministres qui ont cité des sondages à la sortie des urnes.Le «oui» l’aurait emporté avec 6 à 8 points d’avance sur le «non».La participation en revanche aurait été basse.Si les résultats définitifs confirment une victoire du oui au plébiscite, les 69 amendements souhaités par Hugo Châvez conféreront plus de pouvoir à l’exécutif et permettront au président élu de briguer un nombre illimité de mandats présidentiels et de jeter les bases VOIR PAGE A 8: VENEZUELA INDEX Annonces.B 2 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 2 Économie.AS Éditorial .A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B1 Mots croisés.B 4 Religions .B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 La géopolitique des passions Dion demande à ses militants de se tenir Le professeur Pierre Hassner invite à ouvrir la théorie des relations internationales à cette composante essentielle de Vâme humaine JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY ^ État est le L/ plus froid de tous les monstres froids», écrivait Nietzsche.L'adage fut repris en substance par les représentants du réalisme en relations internationales, Kissinger, Aron et Morgenthau, pour qui les affaires du monde sont l’apaqage de la raison et des intérêts d’Etat Selon Pierre Hassner, professeur de philosophie politique et de relations internationales à l’Institut d'études politiques de Paris et professeur invité à l’UQAM, cette approche pourtant répandue néglige le rôle névralgique qu'y jouent les passions les plus fondamentales: l’avidité — la recherche des biens matériels —, mais surtout l’honneur et la peur.Il invite donc à ouvrir la théorie des relations internationales, qu’il juge souvent stérile, à cette composante essentielle de l’âme humaine.«Au siècle d’Hitler et de Ben Laden, libre aux théoriciens de continuer à discourir comme si les relations internationales étaient le domaine exclusif du diplomate et du JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY Pierre Hassner stratège calculant avec une rationalité exemplaire leurs intérêts.Mais cette approche n'est d'aucun secours devant la nécessité de comprendre l’enthousiasme fanatique qui anime ces personnages.» Cette nécessité de comprendre est celle du philosophe mais élément celle d’un fils de famille juive roumaine ayant vécu sous les régimes totalitaires nazis et communistes.Une vie personneDe et intellectuelle, explique-t-il dans La vio- lence et la paix: de la bombe atomique au nettoyage ethnique, marquée par deux déceptions: celle d’après 1945 avec l’avancée du communisme vers l’Ouest et ceUe d’après 1989 avec le retour aux horreurs du nettoyage ethnique en Yougoslavie.Cette dernière déception s’est accompagnée d’un triple sentiment d’impuissance «à arrêter le crime, à secourir les victimes, mais aussi à secouer l’ignorance et l’indifférence d’un Occident satisfait».L’honneur blessé Cet «Occident satisfait» est celui qui est parvenu à oblitérer les passions de sa vie politique et de sa compréhension du monde.«Le projet des Modernes était de remplacer les passions par les intérêts, la guerre et la violence par le commerce et l'industrie.Et ce projet a partiellement fonctionné car nos sociétés développées et bourgeoises vivent essentiellement sous le signe de l'économie et des intérêts.Mais puisque l’action exige de la passion et que rien de grand ne peut se réaliser sans elle, l’évacuation de cet élément humain fondamental du libéralisme constitue l’une de ses grandes faiblesses.VOIR PAGE A 8: HASSNER prêts pour des élections Alors que le Parti libéral a maintenu au pouvoir cet automne le gouvernement conservateur en s'abstenant de voter à deux reprises à la Chambre des communes, Stéphane Dion a demandé à ses militants hier de se tenir prêts pour des élections qui pourraient survenir très tôt en 2008.L’époque de l’abstentionnisme tire à sa fin, laisse entendre depuis plusieurs jour le chef libéral.Le premier anniversaire du leadership de Stéphane Dion est cependant assombri par un sondage montrant que les Canadiens ne sont guère impressionnés par sa performance.Ce dernier reconnaît que le défi consiste à ce que son message atteigne la population.M.Dion a toutefois bon espoir de rééditer l’exploit d’autres chefs de l’opposition impopulaires qui ont réussi à décrocher le pouvoir.¦ À lire en page A 3 PEDRO RUIZ LE DEVOIR f
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