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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-11-15, Collections de BAnQ.

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L E Roosevelt n’aurait pas souffert de la polio Page B 6 DEVOIR LES S A M E D 15 ET DIMANCHE NOVEMBRE %e fiscal O Ü 3 Déséquilibre fiscal: un problème qui doit être réglé Page B 5 * PERSPECTIVES Bush et sa réélection Apocalypse Now La droite religieuse forme environ 20 % de Vélectorat américain GUY TAILLEFER LE DEVOIR Une série de romans évangéliques, intitulée Left Behind, fait un tabac aux Etats-Unis depuis le milieu des années 90.L’antithèse d’un phénomène marginal: 40 millions d’exemplaires vendus.Le plus récent tome de la série, Armageddon, s’est retrouvé en tête de liste des best-sellers du New York Times le printemps dernier, tout comme plusieurs autres titres de la même série d’ailleurs, pendant qu’en Irak éclatait la guerre américaine.Autant de lecteurs que le président Bush a besoin de transformer en électeurs pour remporter la présidentielle du 2 novembre 2004.Le/l Behind met en fiction, sur le mode catastrophiste et hollywoodien, les prophéties bibliques de fin du monde en racontant l’histoire d’un groupe d’Américains que Dieu va «laisser derrière» parce que leur foi est insuffisamment solide.Constatant leur erreur, ils se convertissent à l’évangélisme.Comble de subtilité, l’Antéchrist occupe dans ces «romans» le poste de secrétaire général des Nations urnes et cherche à installer une dictature planétaire.Scénario grossier?Les gens qui s’y connaissent ne prennent pas le succès de Left Behind à la légère dans la mesure où il traduit une culture populaire évangélique en pleine expansion — au sein de laquelle l’Apocalypse occupe une place non négligeable.! ; L’Association Rationale des ; • évangéliques — Eglises «reviva- ; listes», ou born again, qui considè-I • rent que les chrétiens doivent entrer en relation directe avec Dieu — regroupe 43 000 congrégations dont les membres soutiennent 2500 librairies et une industrie musicale au chiffre d’affaires annuel de un milliard $US qui,accapare 10 % du marché aux Etats-Unis.Le nombre de stations de radio qu’elle contrôle a été multiplié par quatre (à plus de 1600) depuis le début des années 70.«Au lieu de condamner la culture populaire, .comme ils le faisaient par le passé, • beaucoup d’évangéliques adoptent maintenant ses formes pour créer un monde parallèle du divertissement, leur propre paradis de la consommation», écrivait récemment dans le quotidien new-yorkais The Nation une spécialiste de l’université George Washington, Melani McAlister.Le vent dans les voiles En parallèle, la droite chrétien-! ne a connu une indéniable crois-; sance politique depuis le début - des années 90 avec à sa proue les ! Jerry Falwell, James Dobson et ; Pat Robertson, qui a fondé en • 1989 le puissant lobby de la Christian Coalition (deux millions de membres).Les évaluations varient, mais ceux qui s’identifient aux Etats-Unis comme faisant partie de cette droite religieuse forment actuellement environ 20 % de l’électçrat, concentré dans le sud des Etats-Unis.Ce sont 45 millions de personnes.Ces électeurs de race blanche, que l’on ; qualifie sans toujours faire de I nuance de conservateurs chré-; tiens, d'évangéliques ou de fonda-; mentalistes, auraient compté pour ! 40 % des votes obtenus par M.' Bush en 2000.VOIR PAGE B 2: RELIGION n est improbable que Bush puisse être réélu sans le soutien de ce bloc électoral t ™ r- •„ , , , * ., PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Ur touillard observe les mêmes symptômes que les réformateurs précédents et renchérit là où ces derniers ont échoué.Une énième réforme pour le réseau de la santé Le ménage à trois Le ministre Philippe Couillard a présenté un remède nouveau pour un diagnostic connu ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Moins de duc ans après une réforme dont le Québec se remet à peine, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a relancé cette semaine le bal de la chirurgie plastique à grande échelle en promettant aux Québécois, en quelques coups de scalpel, un énième lifting du réseau de la santé.Avec le dépôt de ses deux importants projets de loi, le ministre Couillard s’inscrit ainsi dans la lignée des Marc-Yvan Côté et Jean Rochon, deux ministres de la Santé qui, depuis 1990, ont tenté de repenser l’architecture du système dans l’espoir d’y mettre un peu d’ordre et d’y insuffler le dynamisme qui lui fait défaut.Mais à quoi rime cette énième réforme?Bien malin qui pouvait dire cette semaine de quoi retournait le modèle caressé par Philippe Couillard, dont le projet de loi, formulé dans un jargon incompréhensible truffé d’acronymes, avait de quoi dérouter le commun des mortels.Chose certaine, les réformes passent, mais pas le diagnostic.Le Dr Couillard observe les mêmes symptômes que les réformateurs précédents et renchérit là où ces derniers ont échoué.Son but: faire tomber les murs qui existent entre les hôpi-taux, les CLSC et les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), qui travaillent trop souvent en vase clos.Et ce, au détriment du patient, qui doit sans cesse quémander à l’un et à l’autre les services que requiert son état Comment faire cette intégration?M.Couillard propose rien de moins que la fusion des conseils d’administration des hôpitaux, des CLSC et des centres d’hébergement d’un même territoire.D estime que tous ces établissements, fondus en une entité administrative locale, travailleront en harmonie, pour le seul bien du patient «Ce qu’il y a à gagner pour ces personnes, c’est une fluidité, puis une continuité de services, et ne plus avoir à se dépêtrer soi-même dans le labyrinthe qu’est le réseau de la santé et des services sociaux», insistait le ministre Couillard cette semaine.L’idée de réseaux locaux de services intégrés n’est pas nouvelle.La commission Clair, que le gouvernement péquiste avait chargée en 2000 de proposer des pistes pour «sauver» le réseau de la santé, frisait elle auçsi de l'intégration des services donnés par les CLSC, les médecins de famille et les hôpitaux une condition sine qua non pour améliorer les services de santé de première ligne.Idem pour la commission fédérale pilotée par Roy Romanow, qui concluait l’an dernier à la nécessité de mieux coordonner les soins de santé de proximité, donnés par les cliniques et les médecins, pour éviter la déroute du système.Cette fois-ci, c’est donc sur la méthode, et non sur le fond, que le ministre Couillard se distingue.Pour mettre fin aux chasses gardées, il prescrit le mariage forcé, un remède qui a déjà été administré par Jean Rochon à des dizaines d’hôpitaux, de CLSC et de CHSLD au milieu des années 90.Dans la suite logique de ces fusions, le ministre double ce premier projet de loi du projet de loi 30, qui ouvrira grand la porte à la réduction des accréditations syndicales dans le réseau de la santé et les fera passer de 3600 à 1900.« La direction que prend le ministre Couillard est la même que celle prônée par toutes les Tempête annoncée Déjà sur le pied de guerre, les CLSC ont prédit cette semaine que ces fusions signeront leur arrêt de mort Avalées dans le grand tout des hôpitaux, les CLSC crai- commissions » gnent de devenir une partie négligeable dans les nouvelles instances locales qui naîtront de la fusion.Exit la mission de prévention.Les médecins omnipraticiens, dont 1000 travaillent en CLSC, s’inquiètent aussi d’être aspirés par ces nouveaux monstres qui décideront de tout sur leur territoire.Les centrales syndicales, elles, promettent déjà une guerre sans merci au gouvernement libéral.Pourtant les fusions d’établissements à vocation différente ne sont pas nouvelles dans le paysage québécois.Dans la foulée de la réforme Rochon, des dizaines d’hôpitaux, de CLSC et de CHSLD avaient dû fusionner, souvent à cause de compressions budgétaires.À l’heure actuelle, on compte d'ailleurs au Québec plus d’une quarantaine de ces «centres de santé».Fusionnés à partir de 1996, ces centres or- chestrent trois missions: celles du CLSC, de l’hôpital et des centres d’hébergement (voir encadré).Mais pour l’Association des CLSC, ces modèles, qui ont frit leurs preuves dans de petites régions, ne sont aucunement transposables en milieu urbain, là où des centaines de milliers de patients et des réédités multiculturelles se côtoient.Un seul CLSC peut desservir 80 000 personnes à Montréal.Va pour l’intégration, disent-ils, mais pas la fusion.Une trajectoire sensée Selon Michel Clair, grand chef d’orchestre de la commission du même nom, le plan de match que Philippe Couillard met en branle avec ses deux projets de loi est tout à fait logique pour un politicien qui entame son parcours politique.«Il ne fait aucun doute que la direction que prend le ministre Couillard est la même que celle prônée par toutes les commissions, soit d’aller vers le niveau local.Et c’est en début de mandat qu'un gouvernement a la légitimité de prendre des moyens aussi musclés», croit-il.La commission Clair, qui voulait éviter un nouveau branle-bas de combat après les années difficiles qui avaient suivi h réforme Rochon, proposait plutôt d’arriver aux mêmes fins sans toucher aux structures, rappelle Michel Clair.«Nous avions mis en avant des modèles opérationnels en essayant de contourner ce type de changement de structures.Pour renforcer la première ligne, on proposait de créer des GMF, qui supposaient un rapprochement entre les cliniques médicales et les CLSC.Pour nous, la fusion n’était pas une condition de départ», souligne l’ex-président du Conseil du trésor, qui fut aussi ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Lévesque.Même si Michel Clair juge légitimes les inquiétudes des CLSC, il croit que les fusions peuvent être un moyen d’arriver au même but À son avis, la fusion des accréditations syndicales est quant à elle devenue indispensable pour faciliter une réorganisation des services.«Avoir plusieurs listes de rappel dans le même établissement après une fusion, ça devient ingérable», dit-il.VOIR PAGE B 2: MARIAGE JACQUES BOISSINOT PRESSE CANADIENNE Le ministre Couillard lors de la présentation de ses projets de loi.L a fusion si ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La fusion si nécessaire, mais pas nécessairement la fusion! Voilà ce qu’on pense dans certaines régions du Québec, où on frit déjà ménage à trois dans le domaine de la santé sans avoir eu à passer sous le rouleau compresseur des fusions forcées.C’est le cas à Sherbrooke, où le modèle rêvé par le ministre de la Santé existe d’ores et déjà.Fusion ou péts.Avec 140 000 habitants, la région de Sherbrooke compte aujourd’hui un seul hôpital universitaire, le CHUS, né de la fusion de trois hôpitaux, un seul CLSC et deux centres d’hébergement pour personnes âgées.Après avoir mené à bon port cette première fusion de CLSC et d’hôpitaux en 1996, la Régie régionale de la santé de l’Estoie décidait en 1999 de pousser un peu plus loin le rapprochement entre ces établissements pour créer des réseaux de services intégrés pour les personnes âgées.En 2001, le feu vert était donné pour une nouvelle façon de frire.«On s'est demandé s'il fallait aller plus loin et fusionner les structures restantes.On a plutôt adopté un plan commun pour l’hôpital, le CLSC, le CHSLD et la Régie régionale, où chaque établissement conserve son budget mais abdique un peu de son autonomie pour se préoccuper davantage des problèmes des autres», explique Céline Bureau, coordonnatrice du nécessaire.réseau de services intégrés pour personnes âgées (RESPA) de Sherbrooke.Les établissements de Sherbrooke ont plutôt décider de signer un «pacte» en vertu duquel des mécanismes formels sont prévus afin que chacun prenne le relais en cas de problème.Maintenant, quand un patient âgé, en attente d’une place d’hébergement, occupe un lit à l’hôpital, explique Céline Bureau, c’est autant le problème du CLSC que celui de l’hôpital.«Nous avons accepté, le principe des vases communicants, et maintenant, après dix fours, l’hôpital est autorisé à envoyer une picture au CLSC si une solution n’a toujours pas été trouvée pour dégager un lit occupé par une personne âgée qui devrait normalement être prise en charge ailleurs», explique Mme Bureau.Dans ce genre de réseau, chaque patient âgé se fait attribuer un gestionnaire de cas, souvent une infirmière du CLSC, qui s’acquittera des contacts à établir avec l’hôpital, avec le centre d’hébergement ou avec le CLSC pour trouver rapidement les soins les plus appropriés.«Ce qu’un conseil d’administration fusionné forait, on le fait déjà.On a changé nos façon défaire car tout le monde en sort gagnant.Pour nous, les désavantages de la fusion étaient plus grands, et on cherchait à garder des établissements à dimension humaine», soutient la responsable du RESPA VOIR PAGE B 2: FUSION t KJJéî B 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2 0 0 3 PERSPECTIVES si Une efficacité traditionnellement douteuse Jean Dion Les colocs ésolé, maître, de derechef t’importuner, mais j’ai appelé le doc Mailloux et c’était occupé.Remarque, c’est sans doute aussi bien pour mon amour-propre car il m’eût nul doute haché menu la psyché, le brave spécialiste.Donc toi, oui toi qui es le tison ardent par lequel se propage la braise qui rend comestible le marshmallow de la lucidité et le popcorn de l’érudition, nous brosserais-tu un petit tableau de la réalité actuelle, juste pour le kick?— D’accord, champion, mais je dois te confier que je suis tout entier happé par la frénésie des élections scolaires.Tu devrais d’ailleurs, toi aussi, t’intéresser à ça: imagine, lors d’élections provinciales ou un référendum, ta voix n’est qu’tine parmi deux ou trois millions, alors que là, elle est une voix parmi deux ou frois! Jamais, même dans ta loge des Chevaliers de Colomb, n’auras-tu pesé d’un tel poids démocratique.— Mais qu’est-ce qui t’attire là-dedans?— D’abord, le jargon de l’éducation.C’est plein de poésie.Et puis, il y a les noms des partis, qui donnent des acronymes enchanteurs.Prends par exemple le PLC: qu’estce que c’est que c’est que ça, le PLC?On ajoute un o pour faire onomatopée, et ça donne «ploc», à peine le bruit que fait un caillou chutant dans les flots bleus depuis un navire de Paul Martin battant pavillon du Vanuatu.Le PQ?Demande un peu à un Français s’il compte voter pour le pécu.Or, en politique scolaire, on a le MEMO et le CREE, le Collectif pour la Réussite et l’Epanouissement de l’Enfant, c’est bien plus inspirant.J’en profite d’ailleurs pour t’annoncer mon intention de lancer un nouveaq parti: la Ligue pour l’Encadrement des Savoirs, l’Etablissement des Compétences Transversales et l’Optimisation des Potentialités Ludiques, Académiques, Sociétales et Mnémoniques et de l’Estime de Soi (LES ECTOPLASMES).Ça va déménager pas à peu près.— Feras-tu des promesses électorales?— Un char ainsi qu’une barge.Je vais défusionner les commissions scolaires, même si elles ne sont pas fusionnées.Je vais faire sous-traiter la surveillance à la récréation.Et je vais relancer le peuplement du Québec en proposant un spécial: une garderie pour 7 $, mais deux garderies pour 12 $.Et aucun paiement, aucun intérêt avant que le Parti libéral n’avoue qu’il a menti à tout le monde en pleine face.Comme ça n’arrivera jamais, c’est un deal, ça, monsieur.?— Mais la hausse des frais pour les usagers n’est-elle pas rendue nécessaire par l’état déplorable des finances publiques?— Peut-être, mais il y a d’autres solutions.Comme, par exemple, dans cette histoire, il y a une opposition farouche à ce qu’on fasse davantage payer les riches, on pourrait ajouter des machines de vidéopoker.Comme ça, on ferait payer davantage les pauvres et tout le monde serait content.Sauf les pauvres, mais ils ne sont jamais contents de toute manière.— Je suis persuadé que ces problèmes sont au moins en partie la faute du fédéral.— Tu dégoulines de perspicacité, capitaine.Je suis d’ailleurs heureux que tu m’amènes sur ce terrain car on est en train d’y vivre l’histoire.Pour la première fois depuis que Jacques Cartier a dit à Poulett Thompson qu’il lui répondrait avec la poudre de ses canons tant qu’il y aurait un Iroquois derrière chaque arbre heureux de mourir sans avoir vu les Anglais dans Québec, nous avons en effet: un parti au pouvoir dont le chef n’est pas premier ministre et dont le premier ministre n’est pas chef, et vice-versa (un pouvoir en chef dont le premier ministre est parti).En fait, on se retrouve avec des espèces de colocs au 24 Sussex.Et il paraît, selon mes sources en patrouille sous-marine dans la rivière des Outaouais, qu’ils ont chacun leur tablette dans le frigo et qu’Ali-ne et Sheila — pas cette Sheila-là, l’autre, son épouse, bien oui, il a deux Sheila dans la vie, le chanceux — se bitchent un peu sur la décoration.— Le départ de M.Chrétien te fait-il de quoi?— Comment voudrais-tu qu’il en soit autrement?Tiens, jeudi soir encore, dans son discours d’adieu, il a dit qu’après le référendum de 1995, il avait été «vilenpidé» au Québec.Ecoute la cassette, tu verras, ou, mieux, tu entendras: «vilenpidé».Moi, je passe ma vie à me creuser la caboche pour inventer des nouveaux mots et recevoir des lettres de lecteurs courroucés qui disent que c’est même pas dans le dictionnaire, et lui, paf, il en pond trois quatre à l’heure sans même le faire exprès.C’est un peu comme un modèle qui s’en va.?— Et son successeur?— Je vais te dire, moi, un gars qui réussit à avoir Bono dans sa saynète d’inauguration, je respecte cela au plus haut point.Même s’il ne chante pas une tou-ne de circonstance, genre Under A Blood Red Sky, et ne se contente que d’un petit laïus de remerciement pour l’aide à l’Afrique, par exemple ces vaisseaux canadiens qui naviguent sous les couleurs du Liberia afin de contribuer au développement économique du Tiers-Monde.— Pourquoi fais-tu toujours des allusions désobligeantes à la flotte de M.Martin, qui est en réalité celle de ses fils, ha ha?— Mais ce n’est pas désobligeant, au contraire.Vois-tu, j’ai même imaginé qu’un des bateaux de Canada Steamship Lines serve de décor à une série de télé-réalité: on place Martin Cauchon et Denis Coderre dans la soute, et on les laisse là jusqu’à ce qu’il en sorte un lieutenant québécois.Comme, évidemment, il s’agirait de flairer au mieux dans quelle direction souffle le vent comme le font tous les politiciens d’envergure, l’émission s’intitulerait Lof Story.— Ça marcherait fort — En tout cas, la concurrence serait vive avec une autre série réalité, relatant celle-là la présence américaine et occidentale en Irak.11 y aurait des explosions, des attaques, et, chaque semaine, on voterait pour l’extinction d’une cinquantaine de personnes.Le tout s’appellerait Occupation trouble.On aurait aussi l’analyse approfondie du doc Mailloux, qui viendrait déclarer que les terroristes ont souffert de parents absents à la puberté et que les auteurs d’attentats suicide sont juste des pleutres qui bandent même pas.— Vous n’y allez pas de main morte, maître.— Non, et je sais bien que ce que tout cela va me valoir.Un de ces jours, je vais finir par être vilenpidé.Mais que voulez-vous.jtiionCdledevoir.com Le bâton et la carotte de la sécurité du revenu Déjà en 1988, Boumssa avait adopté une importante réforme de l’aide sociale TOMMY CHOUINARD DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC A chaque gouvernement sa réforme de l’aide sociale.D n’y a ainsi rien d’exceptionnel à voir la création d’un nouveau régime de la sécurité du revenu s’inscrire au cœur du plan d’action du gouvernement Charest en matière de lutte contre la pauvreté, plan dont Le Devoir a obtenu copie et fait état cette semaine.Ce qui l’est davantage, c’est son caractère plus coercitif par rapport à ce que le Québec a connu dans le passé.En décembre 1988, le gouvernement Bourassa avait adopté une importante réforme (le la sécurité du revenu.Pour la première fois, l’État obligeait un assisté social apte au travail à participer à des programmes gouvernementaux — stages en entreprise, retour aux études, emploi — pour recevoir le montant complet auquel il a droit.Sinon, des pénalités s’appliquaient à son chèque mensuel.L’époque d’une aide allouée à une personne dans le besoin peu importe sa situation était révolue.Le ministre de la Main-d’œuvre et de la Sécurité du revenu, André Bourbeau, avait aussi adopté des mesures fort impopulaires.Les libéraux avaient lancé une escouade de «Boubou macoutes», des agents vérificateurs de l’aide sociale, pour débusquer les fraudeurs.Cette mesure avait été abandonnée plus tard en raison de son inefficacité.Dix ans plus tard, c’était au tour du gouvernement Bouchard d’adopter sa propre réforme de l’aide sociale.C’est au Parti québécois que l’on doit d’ailleurs le vocable «assistance-emploi», qui témoigne bien de la logique adoptée alors.La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale de l’époque, Louise Hard, avait créé de nouvelles pénalités pour les assistés sociaux qui refusent des «parcours à l’emploi», pénalités qui, finalement, ont été peu appliquées.Attitude différente L’opposition libérale, dont l’actuel ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, avait dénoncé ce «rég,i-me coercitif».Or, aujourd’hui au pouvoir, il a décidé de renforcer l’imposition des pénalités de 75 à 300 $ par mois pour les assistés sociaux qui ne déploient pas suffisamment d’efforts pour décrocher un emploi.Ensuite, dans son plan d’action, il propose d’exiger aux demandeurs d’aide sociale d’entreprendre une démarche pour réintégrer le marché du travail dès le dépôt de leur demande: cette participation deviendrait une condition d’admission.Les nouveaux prestataires sans contraintes à l’emploi qui cumulent plus de 12 mois de présence consécutive à l’aide sociale verraient leur prestation réduite de 50 $ par mois, à moins qu’ils ne prennent part à des mesures actives d’intégration à l’emploi.Québec entend également abolir des allocations de 111 $ par mois destinées aux assistés sociaux ayant un enfant de cinq ans ou moins et aux prestataires âgés de 55 à 64 ans.Selon le gouvernement, ces mesures ne représentent pas des incita- m U y 1 SISF ¦ .-L_ mm.¦i
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