Le devoir, 15 novembre 2003, Page(s) complémentaire(s)
w Le guide de vos soirées Gratuit dans LE DEVOIR ?www.ledevoir.com ?LE DEVOIR Vol.XCIV N ° 2 6 0 LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 200 3 2,18$+taxrs»2,50$ Le pouvoir de l’esprit sur le corps Martin cueille Des indices irréfutables prouvent l’existence de l’effet placebo PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Des indices irréfutables s’accumulent quant à son existence, voire à sa puissance.Des études de plus en plus nombreuses montrent que des placebos administrés à l’insu des patients, qui s’attendent à recevoir un .traitement ré-«Si un patient doute puté efficace, parviennent notamment à soulager des douleurs chroniques, à améliorer l’état psychologique de dépressifs, à réduire les symp-tômes de la maladie de Parkinson.L’effet placebo se fonde peut-être sur une supercherie, mais celle-ci démontre justement le pouvoir de l'esprit sur le corps dans le processus de guérison.D subsiste bien sûr encore des sceptiques qui remettent en doute l’existence réelle de la douleur ou de l’efficacité d’une chirurgie [.], on essaie désormais d’éviter cette intervention» VOIR PAGE A 10: PLACEBO ¦ Autres informations en page B 6 MONTAGE LE DEVOIR sa couronne MANON CORNELLIER LE DEVOIR Toronto — Jean Chrétien lui a donné son appui jeudi soir.Son adversaire Sheila Coh» s’est ralliée avant même le décompte des votes.D ne restait plus à Paul Martin qu’à cueillir la couronne de chef du Parti libéral du Canada, la même qu’il convoitait en 1990 et qui avait échappé à son père.Il l’a fait en invitant les Canadiens à tourner la page sur les années Chrétien pour mieux bâtir sur leurs réalisations.•Je suis très fier de tout ce que nous avons accompli ces dix dernières années.Mais aujourd’hui, le moment est venu d’aller de l'avant, de passer à une autre étape», a déclaré M.Martin, après avoir été élu chef avec 93,8% des voix exprimées par les 3455 délégués présents.Paul Martin voulait donc parler d’avenir et ne s’est pas beaucoup attardé à évoquer le passé, voire l’héritage laissé par Jean Chrétien.Il a toutefois remercié le premier ministre, s’écartant pour une rare fois de son texte.•La mesure réelle d'un leader est qu’à son départ, le pays est en bien meilleure condition qu’il l’a trouvé, alors Jean Chrétien peut être très fier.I.J Un de mes plus grands atouts comme ministre des Finances, lors de la lutte contre le déficit, a été le soutien indéfectible et pratiquement jamais vu du premier minis t re.»U n hommage bien reçu par le premier ministre qui, avec sa femme Aline, a retrouvé son successeur sur la scène à la fin du discours pour le féliciter.Le nouveau chef libéral a livré son discours avec fermeté et conviction, insistant sur son désir de faire les choses différemment et de sa vision de son propre rôle.•Le véritable défi du leadership est de rallier un pays autour de ses aspirations non réalisées, de bâtir une société fondée sur l'égalité et non sur le privilège, sur le devoir et non sur la domination VOIR PAGE A 10: MARTIN REUTERS «Le véritable défi du leadership est de rallier un pays autour de ses aspirations non réalisées, de bâtir une société fondée sur l’égalité et non sur le privilège, sur le devoir et non sur la domination gouvernementale» ¦ Mission accomplie pour la garde prétorienne de Paul Martin, page B 3 Dai Sijie : l’art du sarcasme Il avait atteint la gloire avec son premier roman, Balzac et la petite tailleuse chinoise.Aujourd’hui, il confirme sa vocation d’écrivain avec un roman plus complexe, plus drôle aussi.Dai Sijie, auteur du roman Le Complexe de Di (Gallimard), qui remportait cette année le prix Femina, est de passage au Salon du livre de Montréal.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR i etit et trapu, Dai Sijie semble toujours au bord de l’ironie lorsqu’il se prête au jeu de l’entrevue.Le Chinois d’origine, qui vit désormais en France, manie en effet à merveille la raillerie.Ce don lui vaut Dai Sijie d’ailleurs d’avoir eu certains ennuis avec le régime chinois.Son dernier roman n’échappe pas à cette règle.Et cette histoire de juge corrompu dans une Chine où les communistes sont désormais les plus ardents capitalistes n’a rien pour arranger ses relations avec le gouvernement de son pays natal.En fait, Dai Sijie a écrit ce roman après avoir séjourné durant deux ans en Chine pour procéder au tournage du film Balzac et la petite tailleuse chinoise.VOIR PAGE A 10: SARCASME INDEX Actualités .A2 Idées .B5 Annonces .C7 Monde .AS Avis publics .C 9 Mots croisés.AS Bourse .C 2 Météo CIO Carrières ,C5 Perspectives.B 1 Décès .C 7 Rencontres.D 2 Économie .Cl Sciences.B 6 Éditorial .B 4 Sports CIO De la mémoire collective à la mémoire individuelle La vie de tous les jours en 8 mm, ou la télé-réalité qui vient du passé FABIEN DEGUISE LE DEVOIR Clap.Au bord d’une rivière, un homme avec une chemise à carreaux pêche le saumon.Sous le regard amusé de ses chums assis sur un banc en bois.Clap.Un ti-cul, déguisé en cowboy, active une mitraillette en plastique.Le sourire coquin.Clap.Le père Noël, dans un traîneau tiré par deux chevaux, défile dans une rue enneigée.Clap.Une femme en robe de tulle sautille, un bébé dans les bras, devant une immense pancarte signalétique en bois: Matane, 21 km.Clap.Quatre hommes dans une décapotable, lunettes de motocyclistes solidement chaussées, sillccnent une route de gravier bordée d’arbres.En \ riant généreusement.Clap.Dans un camp de bûcherons, un cuisinier fait sauter une «Les histoires de famille sont universelles.Et on ne peut s’empêcher de les regarder.» crêpe qu’il vient de couler dans un énorme poêlon en fonte.Il regarde soudainement l'objectif.Et se met à rire.Les scènes sont en noir et blanc.Parfois en couleur.Avec des images granuleuses qui, bien que projetées sur un écran de télévision dans le silence d’un salon urbain, induisent comme par magie le ronron — virtuel s’entend — d’un projecteur de 8 mm.L’ensemble fleure bon la joie de vivre des années 30, 40, 50, 60 ou même 70, la famille, les games de hockey en plein air, les parties de chasse dans le Nord, les ceintures fléchées ou les vacances en voilier en Gaspésie dans un Québec d’une autre époque que ces films de famille ou d’amateurs — les Européens parlent plutôt d’«inédits» — font désormais resurgir dans notre présent Quarante, soixante ou soixantedix ans plus tard, la projection de ces sourires, de ces enfants qui se chamaillent et de ces plats mjjotes dans des casseroles en fer blanc au bord d’une rivière, un hydravion en arrière-plan, captive.Même en l’absence de bande sonore, VOIR PAGE A 10: MÉMOIRE OFFICE PROVINCIAL DF.PUBLICITÉ *êl m m •y* m | Les dessins de Serge Chapteau, caricaturiste à La Presse, la meilleure PlEi3 façon de garder un bon souvenir de l'année écoulée.Vanax rencontrer Serge Chapleau au stand Boréal N* 171 Samedi 15, de Mh à léh Dimanche lé, de Uh à Uh Jîak ft) Boréal âfWÈ " MU, , ^ www.edltlonsboreal.qt ÜL-lg. A 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2003 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES SARCASME MARTIN SUITE DE LA PAGE I Au cours de ce tournage, il a constaté un tel degré de corruption, partout en Chine, qu’il a eu ridée d’en faire un roman.*J’ai passé deux ans en Chine, ei ça m’a vraiment donné une occasion d’observer ce pays, que je connais déjà très bien.Quand on tourne un film, c’est différent de quand on va voiries parents [.].J’ai été très impressionné par la corruption.Chaque jour, il y a toujours -des surprises, il faut toujours payer sans arrêt, dans tous les sens.La corruption, c’était un petit jeu, presque un jeu national.Alors, je me suis dit: si je Peux faire quelque chose d’un peu marrant avec la corruption, ce serait bien, pour montrer la Chine d’aujourd’hui.» Le Complexe de Di raconte l’histoire d’un psychanalyste formé en France, féru de Freud et de Lacan, qui retourne en Chine pour libérer sa bien-aimée, Volcan de la Vieille Lune, emprisonnée pour avoir divulgué des photos ihterdites.Pour arriver à ses fins, le psychanalyste, Muo, doit fournir de jeunes vierges au juge Di qui, seul, peut libérer Volcan de la Vieille Lune.Mais au-delà de la critique sociale, c’est le choc des cultures que ce livre explore.Aussi, la psychanalyse, par laquelle jurent encore bon nombre d’Occi-dentaux, n’offre pas une grille acceptable pour la culture chinoise.Appliquée en Chine, elle est plutôt perçue comme de la voyance, qui donne lieu à des situations du plus haut comique.«La théorie de Freud a changé quand même la société occidentale, tous les arts et la littérature, dit Dai Sijie.Après certaines lectures, j’avais certains doutes sur la théorie de Freud.» En fait, le personnage de Muo pourrait être inspiré d’un copain de l’écrivain, d’origine chinoise comme lui, qui étudiait la psychanalyse à Paris.Retourné en Chine, cet ami a tenté, avec une vingtaine d’autres psychanalystes, de pratiquer son métier dans l’empire du Milieu.«La psychanalyse, dit Dai Sijie, c’est presque la vérité.» Appliquée en Chine, elle relève plutôt de la bonne aventure.«Ces psychanalystes, dit Dai Sijie, sont des gens bien courageux, qui essaient de déchiffrer cet immense truc qui s’appelle l’inconscient asiatique.[.] Je ne suis pas sûr qu’ils pourront bien réussir.» Fasciné par la langue française, dans laquelle il écrit d’ailleurs désormais, l’auteur s’amuse aussi à observer les profondes différences entre la culture chinoise et la culture française.Ainsi, il dit apprécier par-dessus tout le mot «amour» en fiançais, qui sonne, selon lui, tellement mieux que le «aï», qui signifie la même chose en chinois.«Le mot "amour”, c’est presque sensuel, tandis qu’en chinois, c’est un peu sec, “ai”, c’est beaucoup moins romantique», dit-il.En entrevue, Dai Sijie ajoute par ailleurs que les Chinois, en général, «ne se laissent jamais aller, ni à aimer, ni à haïr».«Alors, ça, c’est une tradition chinoise.Cétait une idéologie dominante, pendant 3000 ou 5000 ans, et c’est l’essence de la théorie de Confucius: il ne faut jamais ni aimer, ni haïr, il faut toujours rester au milieu», dit-il.Muo, pour sa part, est amoureux.H se croit inexorablement fidèle à Volcan de la Vieille Lune, alors qu’il finit lui-même par se laisser séduire par plusieurs vierges de passage.Mais ce n’est pas un éloge de la France, que Dai Sijie fait dans ses livres, mais plutôt un éloge de la langue française, de ses mots qui disent si bien les sentiments et l’action.«En français, souligne-t-il, on conjugue toujours les verbes avec les temps Alors que dans ma langue chinoise, on ne conjugue pratiquement jamais» Dai Sijie, qui a conservé la nationalité chinoise, affirme pourtant que, s’il le pouvait, il écrirait en chinois plutôt qu'en français, puisqu’il maîtrise sa langue maternelle infiniment mieux que la seconde.S’il écrit en français, dit-ü, c’est qu’il y est obligé.A cause du caractère un peu subversif de ses écrits, il n’arrive pas, en effet, à se faire publier en Chine.Et si son premier roman, Balzac ou la petite tailleuse chinoise, went d’être traduit en chinois, on a tenu, en Chine, à confier la traduction à quelqu’un d’autre, et cette traduction a été accompagnée d’une note signifiant que le gouvernement chinois était en désaccord avec cette œuvre sur le plan politique.En écrivant en fiançais, en vivant en France, Dai Sijie s’est par ailleurs découvert un nouveau public de leçteurs.Un public qui, si l’on en croit le prix qui vient de lui être décerné, n’est pas près de l’abandonner.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Ê3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La 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publication — Enregistrement n* 0850.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 gouvernementale.Une société basée sur la compassion et la solidarité et non l'indifférence ou la négligence.» Cette allocution a suivi un spectacle musical entrecoupé d’un discours percutant et des moins conventionnels prononcé par le chanteur rode irlandais Bono sur le sida ai Afrique.Bono a remercié le Canada d’envisager l’exportation de médicaments génériques vers les pays pauvres aux prises avec une épidémie mais a enjoint au gouvernement d’aller au bout de son idée et demandé à Paul Martin de tripler la contribution canadienne au Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose.Le projet de loi sur les médicaments génériques est mort au feuilleton cette semaine avec la prorogation des travaux parlementaires, mais l’équipe Martin dit que le nouveau chef libéral entend le présenter de nouveau et l’adopter.M.Martin a relevé le message de Bono, qu’il a lui-même invité au congrès, mais n’a pas répondu directement à ses deux demandes.Pour l’essentiel, le discours de M.Martin, livré devant des milliers de partisans, était avant tout un rappel des grands thèmes de sa campagne, assortis de ses élans rhétoriques préférés, du type: «Le monde n’attend pas après nous», «Nous sommes à l’aube de possibilités historiques», «un moment pour convertir des circonstances historiques en changement transformateur», ou encore: «Nous pouvons marquer l’histoire».D entend maintenir le cap en matière d’économie avec des budgets équilibrés, la réduction du ratio de la dette et la réduction des impôts.11 ajoute toutefois la nécessité d’améliorer la reddition de comptes et d’investir dans l’apprentissage, Fmnovatkm et la recherche.Sur le front sodal, il souligne la nécessite d’agir, sans dire comment, pour la petite enfance, les personnes âgées, les handicapés et les autochtones tout en s’attaquant aux listes d’attente dans le secteur de la santé.Il veut arriver à instaurer un climat de collaboration avec les provinces et compte s’y atteler dès demain lors de sa rencontre avec les premiers ministres provinciaux en marge du match de la coupe Grey.Avec les villes, il veut en collaboration avec les provinces, établir un nouveau pacte financier, fl promet toujours de s’attaquer au déficit démocratique au moyen d’une réforme parlementaire qui accroîtra le pouvoir et la liberté des députés.En matière de pot tique étrangère, il a réitéré son intention d’établir un «partenariat fructueux» avec les Etats-Unis, de revoir le fonctionnement des organisations internationales et d’en faire davantage en matière de développement Son accession à la tête du PLC n’est que le commencement de ce «voyage», a-t-il dit après avoir évoqué la mémoire de son père, Paul Martin S", qui avait tenté à deux reprises, en vain, d’en devenir le chef «Plusieurs [.] m’ont demandé si, en devenant premier ministre, j’aurai réalisé son rêve.La réponse est non, cela n’a rien à mir avec son rêve mais tout à voir avec ce qu’il m’a enseigné, que le rôle des Personnes qui choisissent la vie publique est défaire une différence dans la vie des gens» M.Martin n’a mentionné qu’en passant sa seule adversaire, Sheila Copps.Elle s’est pourtant ralliée en après-midi au moment de son seul discours au congrès, qui se termine aujourd’hui.Mme Copps, qui n’a obtenu que 211 ou 6% des voix, a agi comme promis et profité de cette dernière tribune pour réitérer son long plaidoyer en faveur des valeurs «libérales», son invitation «à rêver un rêve encore phis grand» et son message en faveur de l’égalité, 5\3 New York 913 Halifax £> 3\1 Chicago Cu 11\4 Ottawa O- 1V-8 Atlanta Eu ISVé Toronto etc Miami e.27123 Winnipeg O- 4V10 Loe Angeles c- 16\8 Edmonton O- ivii Rio de Janeiro e.25\21 Regina ivio Amsterdam «H 1216 Vancouver •Q 9\5 Moscou 0\-3 Whitehorse C» -12\0 Tokyo ie\9 Yellowknife Ci -5\-14 Sydney ©- 28M6 éiÜvec un evI.to'TT”] Pour I* t terni nr .JT, ,, imiraai 1 900-565-4455 mmmémmm / é 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