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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-11-22, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET THÉÂTRE Une vraie histoire à dormir debout Page E 3 D I M A S C H E 2 3 N O V E M B R E 2 O O 3 DE VISU Rita Letendre ou la couleur comme objet Page E 7 LE DEVOIR POLANSKI • POLANSKI • POLANSKI • POLANSKI • POLANSKI • POLAN ™ I ¦¦ 'w ViVl I passes.Plus prédsément, on pourra y étudier le rapport du cinéaste au huis clos (entre Répulsion et La Jeune Fille et la mort, par exemple) et construire des ponts entre les œuvres sur l’eau (depuis Le Couteau dans l’eau jusqu’à Lune de fiel, en passant par Pirates).Ou encore, si le cœur vous en dit, retrouver dans Macbeth les échos du meurtre de son épouse Sharon Tate par les disciples de Charles Manson, dans Tess ceux de son procès avorté pour détournement de mineure.À nous de faire le tri puisque le cinéaste, qui n’a pu venir à Montréal pour l’occasion mais a fait parvenir un mot d’excuses d’une humilité sublime (voir encadré), se prête de mauvaise grâce à l’analyse rétrospective de son œuvre, sinon pour dire que ses «films sont l’expression d’un désir passager.J’obéis à mon instinct, mais d’une façon ordonnée».Au rendu, ça fait pourtant désordre.Cul-de-sac et Chinatown, ou encore Rosemary’s Baby et Le Pianiste n’ont pas grand-chose en commun, lorsqu’on sonde rétrospectivement les impressions qu’ils nous ont laissées.Or on retrouve dans les deux premiers un semblable intérêt pour les blessures physiques et psy- nen chiques, dans les deux derniers une même fascination pour les prisons mentales.Déséquilibres, ruptures, distorsions sont aussi au menu des films de Roman Polanski, dont l’action est presque toujours campée dans un réalisme trompeur, traversé de personnages en apparence normaux.Enfant dans une Europe déchirée par le nazisme, adolescent et jeune adulte dans une Pologne plombée par le VOIR PAGE E 2: POLANSKI JAZZ Le protecteur de la mélodie Houston Person signe Valbum de Vannée SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Cette année, le jazz a fait maigre.D y a trois ans de cela, même deux, il était costaud.E avait de la vitalité, de la sensualité, de la sève ainsi que de la colère.Son gabarit, si l’on ose dire, était aussi imposant que celui d’un haltérophile sans les stigmates inhérents à l’EPO.En clair, il était musclé sans rouler des mécaniques.Aujourd’hui, il a la min- ceur d’un filet d’anchois.Parce qu’il a le profil du filet, il faut bien s'attarder à celui-ci, il tient à peu de chose.S’il n’est pas passé de vie à trépas, c’est qu’il y a des exceptions.De ces exceptions qui, on l’espère, feront entorse à ce qu’on leur prête, soit de confirmer la règle.Ces exceptions ont des noms.Des propres.De ceux qu’on souligne en les habillant de majuscules.Alors, ces noms?S l’on s’en tient aux productions publiées cette année, donc signées par des musi- ciens qui se démarquent encore et toujours, on retient David Murray pour la vitalité et la colère, l’Art Ensemble of Chicago dont le salut à Lester Bowie tient de la colère et de la sève, John Zorn pour la colère et la vitalité et., le saxophoniste Houston Person pour la sensualité et la sève.La colère?Elle lui a tou-jours été étrangère.La vitalité?On ne peut pas tout posséder.Encore que, de cela, la vitalité, il a usé.Elle l’a habité lorsque, dans les années 60 et surtout 70, il fut un des barons perchés de l’acid-jazz.Aujourd’hui, la vitalité a laissé sa place à la sensualité.Une flère chandelle E faut rendre grâce à Joe Fields, infatigable producteur militant pour un jazz qui est et demeure jazz et non pas un jazz prisonnier de ces sangsues sonores dont usent les wiz-kid afin de noyer le jazz dans autre chose qui n’est pas du jazz en le faisant passer VOIR PAGE E 2: PERSON t LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2003 E 2 ?Culture * PERSON SUITE DE LA PAGE E 1 pour du jazz.On suit’ 0.k.! Le coup du vent norvégien soufflant sur une roue de bicyclette que l’on accouple au saxophone de Jan Garba-rek.on ne s’en est pas remis! Toujours est-il qu’à Joe Fields on doit une fière chandelle.Maintenant que CBS a fermé sa division jazz, obligeant de facto Wynton Marsalis à pointer au chômage, maintenant que Gitanes Jazz Productions a également été fermée, que le rythme de parutions de Blue Note n’est plus que l’ombre de ce qu’il était, idem pour Enja, Birdology, Soul Note, Steeple Chase, Black Saint.On lui doit une fière chandelle, à Joe Fields, parce qu’il a fait de Houston Person l’artiste phare de son catalogue.Au cours des dix dernières années, il lui a fait enregistrer autant d’albums.Et alors?Lorsqu’on regarde l’ensemble, on constate, réalise, observe qu’on est devant un fait accompli: Houston Person est le protecteur de la mélodie.L’expression est de lui Elle mérite précision.Voilà, après avoir écouté son dernier album — Social Call sur étiquette High Note —, on a voulu causer avec lui pour éclaircir ce qui avait alors la forme d’une intrigue.Laquelle?Pourquoi s’évertue-t-il à être le gardien du temple où reposent Coleman Hawkins, Ben Webster, Gene Ammons, Lester Young, Stan Getz, Dexter Gordon et John Coltrane?Autrement dit comment expliquer qu’il soit le seul à défendre les couleurs du jazz classique, donc intemporel?Joint à son domicile.Person a confié ceci: «Chaque fois que j’enregistre un morceau, je me concentre sur la mélodie.En fait, le processus commence lorsque je pratique le morceau.]e veux protéger la mélodie.» Ce n’est pas une simple question de fidélité, mais de mise en valeur de chaque note.La plupart du temps, la mélodie se suffit à elle-même.Il n’est pas nécessaire d’en rajouter.J’ai d’ailleurs remarqué que trop souvent des musiciens noient la mélodie parce qu'ils enfant trop.Ils surjouent, alors que dans la plupart des cas vous n’avez rien à ajouter.» Parce qu’il est le contraire du vantard, parce qu’il est un artisan hors pair, il n’est pas enclin à dire ce qu’il faut dire sur son art II fait partie de ce groupe très restreint de musiciens cpÀ font ce qu’on appelle les standards.Le jour au cours duquel Thelonious Monk a écrit Round About Midnight, il ne s’est pas levé en se disant: tiens, aujourd’hui je vais composer un standard.D en va avec Monk comme il en va avec le duo Rodgers et Hard, H.Arien, S.Cahn, Duke Ellington et d’autres.Des compositions sont devenues des standards parce que Person, Hawkins, Lester Young, Ben Webster et Coltrane se sont approprié ces pièces pour mieux les ciseler.Pour mieux réaliser la mise en relief des beautés souvent drapées dans des nappes de violons sirupeux, donc dans l’insigni- fiance.«Là-dessus, tout ce que je peux dire c’est que Stan Hope [le pianiste].Chip White [le batteur] et moi, nous jouons ensemble depuis une vingtaine d’années.Nous connaissons beaucoup de ballades parce que nous aimons les ballades.Quand nous enregistrons une pièce, c’est que nous avons atteint ce moment où tout ce qui devait être enlevé l’a été à la faveur de nos shows, de nos pratiques.D’ailleurs, nos séances sont brèves.On a complété le dernier album en trois heures seulement.» De Social Call, il faut retenir une chose: Person a transformé Social Call de Gigi Gryce, Juicy Lucy d’Horace Silver et Stolen Sweets de Wild Bill Davis en standards.Auparavant, ces pièces appartenaient à la catégorie hard-bop.Person, le protecteur de la mélodie, vient de les projeter dans l’univers des classiques.C’est énorme.Dans son genre, qui est celui du jazz qui est jazz, Person vient de signer l’album de l’année.POLANSKI SUITE DE LA PAGE E X stalinisme, Roman Polanski est à la fois un ennemi de la normalité et son plus extraordinaire radio-graphe.Son génie n’est pas en surface mais en retrait.Ses mises en scène ne sont pas non plus ostentatoires, mais au contraire transparentes, extrêmement précises, évocatrices par voie subliminale des troubles et dérèglements qui affectent ses héros.Cela dit, la schizophrénie chez Polanski n’est pas mise au service du doute et du désespoir, mais à celui du savoir-faire et du plaisir.«Je crois que les auteurs font rarement les choses par accident, mais lorsque c’est bien fait, on en a l'impression», déclarait-il lors de la sortie de La Neuvième Porte.Depuis le début des années 80, Roman Polanski habite Paris, ville où il est d’ailleurs né, en 1933.La première bobine de son existence est moins connue, parfois floue.Di- sons simplement qu’en 1936, ses parents décident de rentrer en Pologne.Le moment est mal choisi.Sa mère meurt à Auschwitz, mais son père survit à l’Holocauste.Pendant la guerre, le petit Roman est caché chez des paysans catholiques.Dans l’après-guerre, il entre aux Beaux-Arts, fait l’acteur dans quelques productions oubliables pour gagner sa vie, puis est admis en 1954 à l’Institut du cinéma de Lodz, qu’il quittera en 1959, après y avoir réalisé une poignée de courts métrages — parmi lesquels Deux hommes et une armoire, qui lui vaut d’être remarqué.Polanski profite du laxisme relatif de la Pologne d'avant le Mur pour aller tenter sa chance à Paris.Un court métrage plus tard {Le Gros et le Maigre, variation vaseuse sur le thème du bourreau et de l’esclave coréalisée avec Jean Rousseau), il revient chez lui où il tourne Le Couteau dans l’eau, su- ¦Le Théâtre de La Manufacture présente ¦t * Jkr} jÉpr {lm HOMMES ne CHRYSLER «ont en ville) usfon i/a a i/a Maria folie natteur üa François létournomi Avec Maxime Dénommas Kathleen Fortin Maxi m Gaudette Frederic Blanchette François Letourneau Fanny Mallette Patrice Robitaille r i lomMI* il piincM» al» itanaMf ifftnfs CORNE t décentra talques plaça* Jusqu'au 6 décembre 03 2 5 m al au 12 juin 04 ) 4SS9, PAPINEAU-MONTREAL-OC ¦’* ' www.theatrelalicorne.com LA LICORNE 514.523.2246 RÉSEAU ADMISSION 5t4.790.1245 ou 1.800.361.4595 perbe exercice de style doublé d’un suspense psychologique à trois personnages, dont l’action se situe entièrement sur un voilier.Le film jette les bases dramaturgiques de son oeuvre (l’unité de lieu, d’action et de temps) et sème un trouble qui ne s’est jamais complètement dissipé depuis.0 Candidat à l’Oscar du meilleur film étranger, Le Couteau dans l’eau donne par ailleurs à Polanski le ticket dont il avait besoin pour se voir ouvrir les portes des milieux cinématographiques de l’Europe de l’Ouest.Or le cinéaste a peu d’atomes crochus avec la Nouvelle Vague de Godard, avec qui il tourne en 1963 le film à sketchs La Rivière des diamants.(D dira: «En général, les cinéastes de la Nouvelle Vague faisaient des choses pires encore que celles contre lesquelles ils luttaient.») Il fait néanmoins sur ce projet la rencontre du scénariste Gérard Brach, qui sera son principal complice pour une dizaine de films (Quoi, Le Locataire, Frantic, Tess) répartis sur trois décennies.Mais son génie n’est pas tant dans les histoires qu’il raconte que dans ses mises en scène, qui nous font avancer à l’aveugle et basculer dans l’abîme du doute.Pour Pierre Jutra, «legénie de Polanski, c’est qu’il place ses personnages dans le même cadre, souvent de profil, avec parfois un personnage au centre de l’image, reculé et flou.Puis, dans cette contrainte, il les fait bouger, se déplacer, et bouge la caméra, sans jamais avoir recours au classique champs-contrechamps».Pour Jutra, les études de PolansM aux Beaux-Arts ont beaucoup influencé ses compositions, davantage, peut-être, que ses faits d’armes à Lodz.Par son triomphe, Le Pianiste a intégré les quatre opus précédents, jugés jusqu’ici négligeables, dans une somme qu’on appelle son œuvre.Une œuvre qui vient de retrouver sa cohérence, sa noblesse, son intégrité.Pendant quarante ans, Polanski a créé dans l’espoir que le prochain film devienne la pièce maîtresse de son œuvre.Le Pianiste serait cette pièce.À l’heure où il se prépare à adapter Y Oliver Twist de Dickens, en paroles, il nous rassure: «Je me contente de faire des films qui m’intéressent en tant que spectateur.Je suis devenu mon propre fournisseur, en quelque sorte.» Du 28 octobre au 22 novembre 2003 COMPLET MERCI ! DE RETOUR du 7 au 18 septembre 2004 Billets disponibles maintenant : Oftrez-les pour Noël ! « Vous aimez le théâtre 7 même il vous ne l'aimez pas, courez voir Milli feuilles » voir « SI vous avez une pièce à voir, allez voir Mille Ituilles.C'est extraordinaire.On rit du débat à la fin.» Y'É Tnor> DE SONNE HEURE CKOI « Une rare maestria.On s'incline devant tant d’humour et d'intelligence léunis.» DÉSAUTEIS, SRD « Une comédie débridée.D’excellents numéros d'acteuis.» AUJOURD’HUI, SRC « C’est excellent, on s'esclaffe.Déplacez-vous ça vaut la peine.» SALUT BONJOUR WEEK-END, TVA « Tchékhov est lé.sous l'acide.C’est drille à hurler.> la presse « Mille fei/iWej frappe dans le mile.Drille et grinçant.» LE JOURNAL DE MONTRÉAL « Rire avec esprit.Une pléthore de personnages, tous plus farielus les uns que les autres.Les pointes enrobées d’humour atteignent leur cible.Amusant et intelligent.» de Pierre-Michel Tremblay Mise en scène de Martin Fauchar assisté de Nadia Bélanger Avec Christian Bégin Marie Charlabois Patrice Coquaraau Pier Paquette Isabella Vincent Les concepteurs Jonas Vsroff Bouchard Marc Senécal Etianna Boucher Stéfan Boucher Susanna Tkrépanier l Une coproduction «PIGISTES Théâtre d’Aujourd’hui le théâtre de It création québécoise 3900, rue Saint-Denis, Mtl (514) 282*3900 www.theatredaujourdhul.qc.ca EN COLLABORATION AVEC GL" Hydro Québec CHANSON SOURCE AUDIOGRAM Daniel Bélanger est le premier à l’avouer, il n’y a pas de single attendu dans son nouvel album, Déflaboxe.Daniel Bélanger sur le ring BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR On attendait le jab de la gauche.Il est bien venu de ce côté.Mais jamais on ne l’attendait aussi fort Déflaboxe, de Daniel Bélanger, oui, oui, le Daniel Bélanger des Quatre saisons dans le désordre et de Rêver mieux, s’est lâché lousse et assène un solide coup à l’horizon de nos attentes.On savait depuis quelques lunes que le monsieur préparait un projet qui tenait la chanson à distance.La chanson au sens habituel du terme, on s’entend.Daniel Bélanger est le premier à l’avouer, il n’y a pas de single attendu dans ce nouvel album présenté comme «un projet spécial».Cette nouvelle dimension dans l’univers du chansonnier est faite d’échantillonnages, de paroles davantage parlées que chantées et d’un seul et unique récit, celui d’un boxeur qui se fait planter et dont on partage la gamme des, émotions en cours de massacre.Normalement, on dirait d’un album aussi touffù et relativement exigeant, imprévisible aussi, qu’il est à prendre à petite dose.Mais là, on se fait prendre à vouloir suivre ITdstoire, à vouloir connaître son dénouement, à pousser un peu plus loin le récit de ce boxeur presque sans défense que Bélanger raconte avec une force qui, eüe, ne nous surprend pas, vu la qualité déjà éprouvée de ses textes.En plus, avec toute la liberté qu’il s’est donnée, hors des sentiers battus de la chanson, VOIR PAGE E 5: BÉLANGER PLUS QU'UN RESEAU ! if m m L » il www.ticketpro.ca < 514 > 908-9090 SPECTRUM METROPOUS THEATRE OLYMPIA THEATRE OUTREMONT CLUB SODA CABARET DU PLATEAU MEDLEY FRANCOFOLIES DE MONTREAL FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ-DE MONTREAL FESTIVAL MONTREAL EN LUMIÈRE 1 DEUX PAS VERS LES ÉTOILES.Le Festival Les Coups de Théâtre félicite Jean-Rock Gaudreault, lauréat du Prix du Gouverneur général - catégorie meilleur texte théâtre - pour sa pièce jeune public Deux pas vers les étoiles, créée lors de l'édition 2002 du Festival Les Coups de Théâtre.4 au 29 II novembre Jeudis et vendredis, 20 h; samedis, IG h [Matinees el soirees scolaires en semaine.10 h 30.13 b 30 et 13 hj | d Alexandre Dmnas père Impartie du Comte de Monté Desjardins fabule destin f d’un ho trahi Adaptation Elizabeth Bourget Mise en scène : Robert Bellefeuille mie François-Xavier Dufour.Bénédicte Décary.Gary Boudreault, Normand Bissonnette, Geoffrey Gaquere.Vincent-Guillaume Dtis, Olivier Aubin, Simon Rousseau.Justin laramée, Erwin Weche, Frédéric Belanger, Jean Robert Bourdage, Sasha Dominique [Kirilins [manuelle Kirouac Sanche Patricia duel.Sarah Balleux, Nicolas Descoteaux.Jasimne Caludal, Suzanne Trépanler.Anlk Généreux.Ionise Beaudoin.Yannick Bncquet _ :î h É Â DlNISi-KimffiL | .a r Billetterie ism 253-8974 Admission s" 790-1245 t 8(10 3SI 4555 admlsslon.com Une création de la compagnie Mathieu, François et les autres, en coproduction avec le Théâtre les gens d’en bas et les Coups de Théâtre (' « U .l' S iif: tiii:\ti!i; FESTIVAL INTERNATIONAL DES ARTS JEUNE PUBLIC DES COUPS DE THÉÂTRE OUI SE DÉPLOIENT.ASSITEJ International a confié au Festival Les Coups de Théâtre l'organisation de son 15' Congrès et festival mondial.Cette célébration des arts pour la jeunesse, qui a lieu tous les trois ans, rassemble des milliers de participants en provenance de 76 pays répartis sur les cinq continents.Un rendez-vous qui a pour nom Montréal 2005 : Festival mondial des arts pour la jeunesse.HWIIÜ v t LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 2 3 NOVEMBRE 2 0 0 3 K 3 ?Culture *- THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Une vraie histoire à dormir debout L’Illusion, Théâtre de marionnettes vous convie dans son petit théâtre de poche JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Le spectacle Histoire à dormir debout s’est constamment reconstruit à partir de ce que lui ont apporté tous ceux qui y participent», dit Claire Voisard.Terriblement efficace MICHEL B É LAI R LE DEVOIR Il y a déjà 25 ans que L’Illusion, Théâtre de marionnettes est inscrit dans le paysage du théâtre jeunes publics québécois.Depuis sa fondation, la compagnie a fait circuler abondamment une bonne vingtaine de productions, la plupart d’entre elles mises en scène par Claire Voisard et mettant en vedette ce merveilleux comédien-animateur qu’est Petr Baran — on ne peut pas oublier son savoureux accent quand on l’a vu dans Contes merveilleux ou, plus récemment, dans La Ballade du plombier.Sauf que Petr Baran n’est plus là: il y a un an, il retournait au pays de ses ancêtres, quelque part en Tchéquie ou en Slovaquie.Mais Claire Voisard continue toujours, elle, à investir dans L’Illusion.Elle a formé une nouvelle équipe, trouvé de nouveaux comédiens et, dès mardi, elle nous convie dans son petit théâtre de poche de la rue De Bienville à voir Histoire à dormir debout, une création délirante racontant l’aventure d’un inventeur réinventé par sa propre invention.Au cœur du quartier La petite salle de L’Illusion est un écrin.Angle Saint-Hubert et De Bienville, elle est située au coeur d’un Plateau Mont-Royal où les enfants jouent encore dans les ruelles.C’est tout juste si elle peut accueillir une cinquantaine de marmots — ou une trentaine d’adultes de taille (pas plus que) normale.*Cest un ancien garage, explique Claire Voisard en nous faisant visiter les lieux.Nous l’aménageons depuis une dizaine d’années déjà et c’est d’abord un lieu de travail où nous élaborons nos spectacles.Mais C’est aussi une salle qui accueille les enfants du quartier depuis que nous avons tissé des complicités avec les écoles environnantes.Cest ici, par exemple, que nous avons développé et présenté d’abord La Ballade du plombier avant que le spectacle prenne la route.» L’été, le local de L’Illusion se transforme même en camp de jour; il y a à peine quelques mois, on y a travaillé sur Les Oiseaux d’Aristophane en chargeant les enfants de la conception des marionnettes.Et lorsque vient le temps de présenter un nouveau spectacle aux diffuseurs, c’est ici que ça se passe.Mais aujourd’hui, à moins d’une semaine de la première â’Histoire à dormir debout, la petite salle renferme une machine fantastique: une serinette, une sorte de petit orgue de Barbarie dont se servaient les «dames de qualité» du XVIIIe siècle pour apprendre à chanter aux serins — on trouvait aussi des perroquettes et des mer-lines.Avec la comédienne Mélanie Charest, Claire Voisard s’affaire encore à vérifier le fonctionnement de tout cela en mettant en place les derniers morceaux d’illusion.Le chaos créateur «C’est Pierre Potvin qui a construit la machine, explique Claire Voisard.Et lorsqu’il nous l'a proposée, nous n’avons pas pu résister; nous avons repris le spectacle qui était presque prêt en mettant de côté la bande sonore pour lui faire toute la place.Évidemment, le spectacle s’est complètement transformé.» L’occasion est trop belle pour ne pas raconter le «chaos créateur» dans lequel baigne souvent l’élaboration d’un spectacle pour les tout-petits.Histoire à dormir debout repose d’abord et avant tout sur une rencontre, sur plusieurs même.Celle des trois idéateurs — Claire Voisard, Petr Baran et la Bulgare Maya Petrova — se revoyant après des décennies et se lançant le défi de construire un spectacle mettant en vedette «un personnage féminin fart».Très tôt apparaissent deux coffres dont une boîte à musique actionnant une poupée qui danse; on pense aux automates: on fouille.La relation machine-musique allait tenir.On se met aussi à faire des recherches sur L’orgue de Barbarie et parallèlement à relire Hoffmann, celui des contes fantastiques.Baran et Petrova sont maintenant retournés sentir les Carpates en direct L’histoire elle- même est devenue une quête: celle d’un inventeur et de la machine humaine qui construit Claire Voisard a en main une maquette et, bientôt, elle se sent prête à travailler en atelier à partir d'un mince canevas avec ja comédienne Mélanie Charest À un moment la serinette et sa prétentieuse histoire font surface.Et lorsque, inopinément comme le font les ordinateurs, le comédien-musicien Pierre Potvin propose à L’Illusion un modèle de serinette à traction pneumatique qu’il a lui-même construit.on reprend tout On s’ajuste: «Le spectacle s’est constamment reconstruit à partir de ce que lui ont apporté tous ceux qui y participent», dit Claire Voisard.Et des mois plus tard, ça y est On a placé l’histoire, la scénographie, on a construit les costumes, le décor, les éclairages, le maquillage, la partition musicale.et on ouvre la porte pour laisser entrer les enfants! «Ce spectacle est vraiment une histoire à dormir debout, raconte encore Claire Voisard en éclatant de rire.Il s’est bâti de peut-être en peut-être.De la conception jusqu’à l’entrée des premiers spectateurs, nous l’avons vraiment créé dans le chaos.ce qui colle tout à fait avec ce que nous racontons aux enfants.Qu’en conjuguant vérité et liberté on arrive toujours à s’en sortir même quand ça va mal.» Et là-dessus, on s’arrête.Parce qu’il n’est surtout pas question qu’on vous raconte id dans le détail l’histoire de œt inventeur réinventé par son invention.Pour ça, il vous suffira de trouver une petite nièce ou un petit neveu si vous n’avez pas d’enfant et de vous rendre, au cœur du Plateau, dans le merveilleux petit théâtre de la rue De Bienville.HISTOIRE À DORMIR DEBOUT Un spectacle de Petr Baran, Maya Petrova et Claire Voisard mis en scène par Claire Voisard.Une présentation de L’Illusion, Théâtre de marionnettes, pour les enfants de 4 ans et phis.Du 25 novembre au 14 décembre au Studio-théâtre de L’Illusion, 783 rue De Bienville.ROMANCES ET KARAOKÉ Texte de Frands Monty mis en scène par Benoît Vermeulen.Avec Patrice Bélanger, Marie-Eve Bernard, Sandrine Bisson, Mathieu Gosselin et Monique Gosselin.Scénographie et costumes: Raymond Marius Boucher.Une production du Théâtre Le Clou présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 23 novembre.Durée: environ 70 minutes.Public visé: les adolescents de 13 à 17 ans.MICHEL B É LAI K LE DEVOIR Même si ça remonte au milieu du siècle dernier, je me souviens d’avoir été adolescent.Vous me direz que vous vous en.doutiez, mais que voulez-vous, les productions du Théâtre Le Clou me font souvent l’effet d’un voyage dans le temps.Ce n’est pas que je retournerais butiner de ce côté, non merci j’ai déjà donné.Mais quelque part, je reconnais ces hésitations, ces bravades, ce malaise permanent et ces morceaux trop longs ou trop courts qu’on ne sait jamais où mettre.Cette longue introduction ne vise en fait qu’à souligner à quel point Romances et karaoké est une production qui s’adresse spécifiquement aux ados; les rares adultes que j’ai rencontrés à la Maison Théâtre l’autre après-midi semblaient tous avoir eu d’énormes difficultés à embarquer dans le spectacle.C'est que Romances et karaoké est d'abord une production efficace avant d’être un «beau» spectacle — je doute d’ailleurs que l’équipe du Clou ait jamais cherché à «faire beau».Par son rythme, son texte, ses références et ses couleurs constamment agressantes, on y sent l’adolescence à plein nez.Comme si quelque chose de «pas mûr» flottait au-dessus de la scène.Ou plutôt comme si le metteur en scène Benoît Vermeulen avait vqulu transcrire le malaise de l’adolescence dans la texture même du spectacle.Les co- médiens sont criards, parfois même insupportables, leurs tics de langage connue leurs comportements stéréotypés frôlent à tout moment la caricature et les personnages qu’ils incarnent sont d’un vide sidéral.C'est précisément ce qui fait d’abord surface lorsqu'on essaie de «jouer un rôle».De se conformer à — ou de se révolter contre, ce qui revient souvent au même — l'image que l'on pense devoir projeter.En empruntant la plupart du temps la voix et les allures des autres: comme si la vie était une séance de karaoké! En ce sens, il faut paradoxalement constater que le spectacle arrive à ses fins puisque c’est exactement le message qu’il essaie de faire passer.Car tout n'est qu’apparence ici, taux-semblant.Tanguay «joue» au bum, Julie,, à la fille déniaisée, et Joanne et Erik se cherchent tout autant — lui dans les livres, elle en évoquant la Vierge Marie — mais en ayant la maladresse ou plutôt l'honnêteté de le reconnaître.Tous ces jeunes jouent à ne paâ être ce qu'ils sont, c’est-à-dire des êtres en manque de contacts véritables, et prétendent pouvoir se passer de tout le monde.Ils n’y réussissent évidemment pas.Et tous n’arrivent finalement qu’à crier leur désarroi.Quant à la mère de Julie, qui est censée être le personnage le plus «plein» — le moins vide ou le plus solide, au choix —, c’est elle qui livrera l'essentiel du message entre deux chansons quétaines: soyez d’abord vous-mêmes plutôt que de vous préoccuper du look que vous avez.Tout cela est rendu à vif, pourrait-on dire, très «premier niveau», autant par la mise en scène que par le jeu des comédiens: c’est un choix qu’il faut respecter.Même si cela fait de Romances et karaoké le spectacle le plus ciblé jamais présenté par Le Clou.Câf cette approche a le grand mérité d’être terriblement efficace s’il faut en croire les commentaires et les discussions passionnées entendus à la sortie du spectacle.Tous ces jeunes jouent à ne pas être ce qu’ils sont DE LA RUE sueet-ÉMENTA.B3| Mklos Laszlo :va .¦ E-FAixorn lJ.Zilbermann : v m ernst urarrecH use bj scène Pœrre-Ouvœr Scotto Martine Feudmann Jean-Louis Roux, Myriam Poirier, Louis-Olivier Mauffette, Jean-Bernard Hébert, Réjean Vallée, Sylvain Dubois, David Fontaine, Marjorie Vaillancourt, Sylvio Archambault et Odette Lampron larquablement Presse I able du souvenir retrouvé Jean ^dubtuesdenovendrre.^^- d,vient alors contagieuse » David cantm Cité du conte pour tous » Jean St-Hilaire - U ne.Et plein les tripes par l’émotion cul S, adeau - Le Journal de Québec_ THÉÂTRE DU RIDEAU VERT vvy V (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca ABONNEMENT DÉCOUVERTES Centre des auteurs dramatiques Un cœur en domino eMittlroviiEAson McweMum Beaudoin À travers trois personnages, un cœur voyage.Littéralement.Un cœur en domino, texte tour à tour cynique et touchant, en trace le parcours.Rise en lecture de LOUlSG L3PP3(I6 Avec ram Loiiin, uavio savaro n sonia npieaui Lecture publique Lundi 24 novembre 2003 à 20h à La Licorne Entrée are Réservations obüsatotm ; (614) *88-8384, pests 221 Une présentation du CEAD en collaboration avec Playwrights' Workshop Montreal Le CEAD remerde de leur soutien le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal, le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Fonds de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec, tm It collaboration d« ESPACE GO BANQUE LAUKINTItNNF en reprise à la demande générale hxrm/rg de amu£s - mai 20© «.un spectacle ÆS= u-J °" W mordrait rate.» fa Owsii: Montréal " un spectacle haut m contour, un feu unedosptu.iaflK '"^Ptfeoeinant «trèscomptot » VOffU&l «mine au fl rléoêinbre 2003 des MOTS Mi*» ftn scène, monlage des le.i»., Y paulbÜissonneaÏÏ D aprè!l cBuvre^ JEAN TARDIEU Idée originale ei dramaturgie de DANIÈLE PANNETON Biuemnir ion 845 4890 «I S(AU ADMISSION .su, 790 1245 air ÎmpisâÎ imex-voub eâ km ou- men- mmef retfMe i; Culture DISQUES Let It lubie SYLVAIN CORMIER Trente-trois ans après la sortie de l’ultime album des Beatles paraît Let It Be.Naked, ou Let It Be «tel qu’il aurait dû être», à en croire la méga-campagne de mise en marché orchestrée par la compagnie de disques Apple et la multinationale EMI.Grosse victoire pour Paul McCartney, le plus influent des deux Beatles survivants, désormais libre de récrire l’histoire de son seul point de vue.L’histoire d’un détpurnement Ah! Let It Be.Eternel sujet de débat chez les «beatlemaniaques dépressifs du monde entier», comme disait Gotlib.Trente-trois ans qu’on se crêpe le chignon entre exégètes plus ou moins patentés, à savoir si le disque paru en mai 1970, tel que décanté par le producteur-réalisateur Phil Spector à partir d’un gros tas de bandes laissé en plan par des Beatles trop occupés à divorcer, vaut ou non tripette.Et voilà que ce mécréant de Paul McCartney déverse un pétrolier d’huile sur les vieilles braises.Lui le grand trahi de l’histoire officielle, lui qui se plaint à qui veut l’entendre depuis 1970 que l’excessif Phil a beurré ses chansons d’orchestrations dans son dos, voilà qu’il obtient enfin ce qu’il a toujours réclamé: une version de l’album Let It Be à son goût Ouste Spector, bonjour Let U Be.Naked.Bonjour l’arnaque, oui.Naked mon œil, oui.Un ravalement de façade à l’ère numérique, oui.Un rafistolage de plus, voilà ce que c’est vraiment.Car il faut rappeler ce que fut le projet Get Back, rebaptisé Let It Be: un beau gâchis.Il y aurait de quoi écrire des livres.D’ailleurs, on l’a fait Résumons.En janvier 1969, ça ne va pas fort chez les Beatles.Les garçons dans le vent se sont asticotés des mois durant pendant les sessions de l’album blanc, tellement que l’impossible est évoqué: la séparation.Paul l’optimiste a une idée de génie (c’est sa spécialité) : ressouder le groupe en recréant l’ambiance live des débuts.Il envisage une émission spéciale de télé dans le genre du tout récent Rock’n’Roll Circus des Rolling Stones, dont le clou serait un retour sur scène des Beatles dans un spectacle majoritairement composé de nouvelles chansons (avec un peu de vieux rock’n’roll pour le plaisir), pondues en groupe lors d’un marathon de répétitions.Avec des caméras pour immortaliser le processus.Du spontané, de la collégialité, du bon temps qui roule.La renaissance, quoi.Loft Story version Beatles Le résultat?Imaginez Loft Story version Beatles.Un gros mois de création obligée devant caméras, du matin au soir.Imaginez Paul en meneur de claque, John qui n’a d’yeux que pour l’omniprésente Yoko, George qui voudrait bien que le groupe joue ses nou ch; Le groupe n’existait plus depuis neuf mois quand parut le Let It Be velles chansons mais que personne n’écoute et Ringo qui tape, qui tape, l’air triste.«Lps plus misérables sessions imaginables», dira Len- tnnutiiro non.Vite abandonné, le concept d’émission spéciale se réduisit à une performance des quelques chansons potables sur le toit de la bâtisse d’Apple, la compagnie des Beatles.Pire, le groupe dégoûté tabletta le projet — des centaines d’heures de fiim et de musique — et rallia ce qui restait de forces vives pour un ultime hourra: l’album Abbey Road, vrai travail de studio sous la supervision de Pièces de guerre Rouge noir et ignorante! La Furie des nantis de [dm td Bond ¦ Une coproduction de Félicité Théâtre et de L'Ange-Éléphant en codifrusion avec Le üroupe de la Veillée www.laveillee.qc.ca DU 18 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE, 20H AU THÉÂTREPR0SPER0 1371 RUE ONTARIO EST mise en scene Robert Reid avec Delphine Bienvenu Geraldine Charbonneau Chantâle Jean - Olivier Morin Frédéric Paquet Jean François Nadeau $ 22 régulier $ 17 étudiant $ 96 passeport (6 entrées) billetterie 514.526.6582 admission 514.790.1245 Fonds Jeunesse Quebec Ange-Elephant Espace dynamique II ! Jean-Pierre Perreault JEAN GERVAIS DOMINIQUE PORTE avec 8 interprètes COivr.f.PTClJéS LUMIÈRE LUCIE BAZ20 MARC PARENT LOUfS-PIERRE TRÉPANIER 28 et 29 novembre, 20h00 - Lu 5 et 6 décembre, 20hû0 • Louis 12 et 13 décembre, 20H00 - Ma A L'ESPACE CHOREGRAPHIQUE -de la Fondation Jean-Pierre Perrea 2022, rue Sherbrooke Est Billetterie Usine C (5K1 521-4493 SOURCE APPLE RECORDS Séance d’enregistrement du projet Get Back, rebaptisé Let It Be.George Martin.Le groupe n’existait plus depuis neuf mois quand parut le Let It Be mouture Spector, coïncidant avec la sortie en salle du documentaire du même nom, témoin de l’expérience ratée de janvier 1969.Que venait faire Spector dans ce merdier?D venait faire son possible, après que George Martin et l’ingénieur de son Glyn Johns eurent vainement proposé leurs propres best of des sessions.Recruté in extremis parce qu’on avait besoin d’un album pour accompagner le film, l’excentrique Spector, connu et reconnu pour sa technique de mixage à base de saturation d’instruments et d’écho caverneux, appliqua son fameux wall of sound aux plus belles rescapées, surtout Let It Be et The Long And Winding Road.Deux ballades de McCartney.Grand orchestre, chœur céleste, il y alla gaiement.Paul, alors occupé à enregistrer son premier album solo, donna distraitement son aval.Et n’amorça son concert de lamentations qu’une fois l’album sorti, alimentant le procès qui l’opposait à ses trois ex-compères.Deux desquels sont aujour- d’hui décédés.Restent Paul, ce bon Ringo et deux veuves pour gérer l’héritage.Autant dire que McCartney fait ce qu’il veut.(Harrison a dit oui à Let It Be.Naked sur son lit de mort, assure-t-on: la belle affaire.) Et que veut McCartney?Une belle fin proprette aux Beatles.Mais non, ils ne se chicanaient pas vraiment.Oui, son idée de recréer l’ambiance des débuts était bonne.La preuve, voici le petit album parfait qu’on aurait dû en tirer, saps les fla-flas de Spector.Bon.A cela près que ce Let It Be «nature» est tout aussi artificiellement créé que le Let It Be que vous connaissez: les interventions y sont plus sournoises, voilà tout Prenez la chanson-titre: la nouvelle version n’est pas simplement déspectori-sée, elle est recomposée à partir de plusieurs prises différentes.Magie de la digitalisation.Pour Across The Universe, histoire de compenser l’absence de l’orchestre de Spector, on a ajouté de l’écho là où il n’y en avait jamais eu.Pour I Me Mine, on a tout bêtement réédité le trucage de Spector, en moins réussi: le refrain dédoublé à la fin.Pareil pour I Dig A Pony, où la décision d’enlever les voix dans l’intro, initiative de Spector, est maintenue dans le nouveau mixage ultra aéré.Phis grave, on a enlevé les petits bouts de dialogue et les chansonnettes improvisées (Dig It, Maggie Mae) qui conféraient précisément à la version Spector sa part de naturel.En lieu et place, on obtient certes une version jusqu’alors inédite de Don’t Let Me Down (celle du concert sur le toit, trafiquée pour corriger une phrase mâchouillée par John) ainsi qu’un disque boni intitulé Fly On The Wall, lequel contient une vingtaine d’alléchantes et frustrantes minutes d’extraits divers, à raison de quelques secondes par extrait.Pour quiconque a entendu l’un ou l’autre des innombrables bootlegs du projet Get Back, c’est rageant (21 secondes du refrain AK Things Must Pass chanté à trois voix, ça rend fou).Les Beatles «au naturel» existent, j’en témoigne, moments d’extraordinaire intimité où Paul travaille avec John et George aux chœurs de Let It Be, où John suggère à George des idées de rimes pour Something, où John se met à chanter la toute première chanson de Paul (I Lost My Utile Girl), etc.De quoi remplir au moins les 80 minutes disponibles sur le disque.J’imagine qu’il faudra, pour que la planète entende ça et le reste, attendre la mort de Paul.Et de ses héritiers.Entre-temps, le pire est possible.Dans un forum sur Internet, un fan entrevoyait la suite: et si Paul décidait qu’il ne voulait plus qu’un seul «yeah.» plutôt que trois dans She Loves You?LET IT BE.NAKED The Beatles Apple (EMD MUSIQUE CLASSIQUE Claire-Marie Le Guay: fragilité et détermination CHRISTOPHE HUSS La pianiste Claire-Marie Le Guay fera ses débuts à Montréal lundi 24 novembre à la salle Maisonneuve de la Place des Arts dans le cadre des concerts «Emeraude» de la Société Pro Musica.La venue de cette ambassadrice de charme du piano français annonce sans doute l’un des beaux rendez-vous pianistiques de la saison montréalaise.Même si elle n’est pas aussi connue du grand public que sa compatriote Hélène Grimaud (voir Le Devoir du 11 novembre 2003), Claire-Marie Le Guay partage avec sa consœur l’amour des défis et du répertoire romantique.Ses deux premiers disques, consacrés aux Etudes d'exécution transcendante de Liszt, puis aux Kreisleria-na et au Carnaval de Schumann, enregistrés respectivement en 1994 et 1997, ont fait l’effet d’une bombe auprès des professionnels et des amateurs en France.Lorsqu’on a 21 ans et qu’on affronte, avec un tel succès, les plus grands dans Liszt, c’est qu’on a quelque chose dans le ventre.Mieux encore, confirmer une telle réussite dans un disque Schumann, un univers en tous points opposé, relève quasiment du miracle.Car dans ces œuvres redoutables, Claire-Marie Le Guay n’est pas allée «au combat» en misant uniquement sur la vélocité.Elle les a abordées avec un alliage fort heureux de concentration et de poésie.Quand on la rencontre, cette même dualité frappe: fragilité apparente, mais détermination évidente.D est très éloquent que dans son second disque sur label Accord elle ait choisi de révéler une transcription pour piano seul de l’intégrale du Daphnis et Chloé de Ravel.Autant que le pan d’un marathon pia-nistique de près d’une heure, c’est le défi narratif qui l’a audiblement captivée.Dans Daphnis et Chloé, Claire-Marie Le Guay a franchi un palier, déployant un sens de la narration encore plus aiguisé.libre comme l’oiseau, relevant les défis là où on ne l’attend pas, couvant ses phrases pianistiques avec chaleur et poésie, mettant volontiers en relief les demi-teintes, Claire-Marie Le Guay fait son petit bonhomme de chemin sur la scène pianistique en cultivant une voix originale.On l’entendra lundi dans un programme misant sur les contrastes et la polyvalence.D s’ouvrira avec un couperet musical; la dramatique Sonate de Janacek, 1er octobre 1905, relatant la mort d’un ouvrier tué lors d’une manifestation à Brno (Slovaquie).S’enchaîneront les univers échevelés, énigmatiques des Kreisleriana de Schumann.«Musique bizarre, musique folle, [.] Il m’arrive de me sentir éclater à force de musique», écrivait le compositeur allemand à propos de cerre partition piège sur laquelle tant de pianistes se sont cassé les dents.En seconde partie, la 59 Sonate de Haydn (Hob XVL49) Tune de ses dernières, mais aussi l’une des plus proches de l’univers de Mozart, précédera les Trois mouvements de Pétrouchka de Stravinski que Claire-Marie Le Guay a si bien immortalisés en complément de son CD Ravel.Pro Musica a manifestement fait un choix avisé.A Claire-Marie Le Guay de voler maintenant de ses propres ailes dans ce programme qui balaie toutes les facettes de ce qu’un pianiste peut espérer révéler à son public.CLAIRE-MARIE LE GUAY EN CONCERT Société Pro Musica.Lundi 24 novembre, 20h, salle Maisonneuve de la Place des Arts.Œuvres de Janacek, Schumann, Haydn et Stravinski (514) 842-2112.La pianiste Claire-Marie Le Guay.' U %- », 1 y ( \0n *3 \ “ \ k \ \ \ \ \ ’¦‘'S-.eW J Dernière semainej } Matinée le samedi 29 novembre a 1 o rr ever Y b o dy £ (elles ¦pour tous II: Dl HOIS & MAKTIN I.ABk’l (ic ci interpretation PATRICK I 1 un scene A rvcir CNTHI KIM :.K i.wnkKAin.K fSri.iirae('< \KMA 1,1 PIN coslunii s t \k HHilllatirs SM Al K RO] | \\i> SOURCE PRO MUSICA ),!•: nKYnin T H É A T R I R) S aÜ 23 No\Jewt 2003 48*0 SAINTLAUftiMI (514) 845 4890 M (514) 790 1245 espace go V LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2 0 0 3 E 5 0 0 g ÿesÙfisSUX tél.(514)861-4036 .'DIX ANS Poésie, danse et musique dans l'église AU COEUR, .dimanche 23 novembre, 15h, 5 $ delà matière avsc les portes jom Asqu«uu.mbit psoich«mi>«iiu>a Mlnlll* Clioh* JoU Pourb&ix et Kathlji Rook, 1200.rue de Bleury la denseuse-chorégraphe Alio* La FUehe wv projet jumelait chorégraphes et architectes autour d’une création en six jours.Le chorégraphe Jean-Pierre Perreault, qui nous a quit-¦ tés précipitamment il y a un an, voulait renouveler l’expérience en associant d’abord danse et théâtre, puis danse et lumière.«77 voulait v faire danser Andrée Lachapelle», ,ï évoque son ami et collègue depuis ;.• 20 ans, le directeur technique et directeur de production de la fondation, Louis-Pierre Trépanier.«Mais Jean-Pierre est devenu de plus en plus malade et ça n’a pas pu se faire.Un peu avant son décès, je lui ai demandé s’il m’autorisait à faire le volet danse4umière.» , Sa voix trahit l’émotion et le -1 • soud de transmission.Celui qui a passé près de quinze ans de sa l ! î vie professionnelle auprès du grand chorégraphe (et artiste visuel) québécois veut être fidèle à l’esprit d’exploration que Jean-Pierre Perreault voulait insuffler au projet.«Le but de l’exercice pour le spectateur, c’est la perception de la lumière dans le mouvement, explique-t-il.On parle de représentation en définitive, mais il I ( faut garder l’esprit du constat artistique.Jean-Pierre disait: vous pouvez vous casser la gueule, vous ' en avez le droit», rappelle le direc-* '1 teur de production.Contraintes et difficultés Dans Espace dynamique II -.Danse et lumière, la chorégraphe : Dominique Porte prête donc suc-| cessivement sa chorégraphie à ; l’univers des éclairagistes Lucie ; ; ; Bazzo, Louis-Pierre Trépanier et tlL Marc Parent «On aimerait que le 11 î : public vienne trois fois voir les trois univers», confie M.Trépanier, qui disposera, comme les deux autres concepteurs, d’une semaine pour livrer sa signature lumineuse ou faire son «constat».* v t • | » * • é * » I « « « « * é » i * • * Métier de Tombre parce qu’il «accompagne» une autre pratique artistique, l’art de la lumière joue pourtant un rôle essentiel en danse.«Les éclairages créent des lieux, c’est une proposition en soi; le monde intérieur devient tangible par la lumière», témoigne la chorégraphe.Art éphémère et insaisissable qui communique au-delà des mots, la danse requiert une sensibilité et une intuition particulières de la part d’un concepteur d’éclairages.«En danse, il n’y a pas les trois unités de temps, de lieu et d’action — à part en ballet classique; on n’a pas de décors — ou ils sont souvent abstraits; on part à zéro, avec les répétitions», précise Louis-Pierre Trépanier.A la difficulté d’interprétation ou de décryptage de la danse s’ajoute celle du temps très limité dont dispose l’éclairagiste, qui entre habituellement en scène quelque deux ou trois jours avant la première.«On est souvent les derniers à intervenir dans le processus du spectacle», fait remarquer Lucie Bazzo, qui assure la première mouture lumineuse de ce projet Avec toutes ces contraintes et ces difficultés, à partir de quoi peut-on forger un univers, choisir une couleur plutôt qu’une autre, la densité lumineuse de tel ou tel projecteur?«C’est très personnel.Moi, ce qui vient me chercher en danse, c’est l’émotion, répond Lucie Bazzo.L’analyse détaillée, cérébrale du mouvement, je ne suis pas capable.» La conceptrice croit aussi qu’un bon éclairage n’en est pas nécessairement un qui se démarque de la danse; au contraire, il se fond plutôt dans l’ensemble de l’œuvre.«Quand on voit un bon spectacle, on sort avec l’idée que ça forme un tout», dit-elle.Avec seulement trois semaines de création gestuelle, Dominique Porte a choisi de retravailler une pièce déjà présentée en 2002 à Helsinki, dans le cadre des «Pépi- nières européennes».En en récupérant des segments, sa pièce Up and Down allait ainsi avoir une deuxième vie.«Je trouvais intéressant de savoir dans quel univers ça avait déjà existé, et de voir comment les éclairagistes allaient réagir par rapport à cet univers-là», relate-t-elle.Pour la première semaine à’Espace dynamique II, le tandem Lucie-Dominique a choisi de mettre les spectateurs tout de suite dans le bain des nuances lumineuses.«Pour augmenter le défi, on va créer une chorégraphie de 30 minutes et la présenter deux fois, explique la chorégraphe, qui vient d’amorcer le travail d’échange avec l’artiste de la lumière.La première fois, [l’éclairage sera] selon l’instinct et la deuxième, on prendra plus de risques.» «En allant chercher des contrastes par rapport au premier choix, en changeant la palette de couleurs, ou en faisant un autre accrochage», de préciser Lucie Bazzo.Sa première lecture, plus intuitive, est presque déjà en place.«Dès les premiers enchaînements, j’ai vu des images très claires, très fortes.», raconte-t-elle, sans toutefois en dire plus sur la nature de ces images, car les trois éclairagistes se sont mis au défi de ne pas voir l’univers des deux autres avant d’avoir livré leur propre création lumineuse.Motus et bouche cousue, laissons donc planer le mystère.et que la lumière soit! ESPACE DYNAMIQUE II -DANSE ET LUMIÈRE Les 28 et 29 novembre (éclairages de Lucie Bazzo), les 5 et 6 décembre (éclairages de Louis-Pierre Trépanier) et les 12 et 13 décembre (éclairages de Marc Parent) à la Fondation Jean-Pierre Perreault La chorégraphe Dominique Porte (au premier plan) et son équipe.JACQUES CREMIER LE DEVOIR t * * « » * t t » M • » * * BELANGER «Je ne sais pas si on est tous des guerriers, mais on a passé plusieurs années à être des guerriers.On ne peut plus en parler sans que ça devienne de la violence.» ?|fi ?* » M» * * t qM * -A* • •*M * ÛM t ai; 3 i SUITE DE LA PAGE E 2 l’homme se donne des permissions savoureuses: il invente encore plus de mots qu’à l’habitude et décline les paroles comme si c’était du spoken word.«J’avais quarante minutes pour développer une manière d’écrire.J’imagine mal avoir ce ton-là pour une chanson pop.Ce n’est pas un album pop, mais ça peut le devenir si les gens le décident.» Mais pas de rap, sinon que par la force des choses.«C’est un métier, les rap-peurs et hip-hoppers.Je ne veux pas être un touriste dans quelque chose que je ne connais pas.» Boxe, vous avez dit boxe?Mais que vient faire la boxe chez Daniel Bélanger?En conférence de presse plus tôt cette semaine, Bélanger expliquait que «ça vient d’un combat vu à la télévision.Un boxeur suicidaire ne se défendait pas, présentait toujours sa joue, plus que le bon sens le demande, comme s’il n’était pas capable de décider par lui-même d’arrêter.Ça m’a touché beaucoup.» Il n’était pas touché auparavant par la boxe, du moins pas plus que le commun des mortels.En novembre 1998, il était au Centre Molson, avec son DAT, pour enregistrer la cloche résonnant dans le temple.Puis Bélanger s’est retrouvé au même endroit avec ses frères, son père et Marc Déry pour le combat Hil-ton-Ouellet, celui qui s’est décousu en un temps éclair, au profit du premier.«La boxe pourrait être une métaphore de tous les métiers.Cest la vie.La soirée de boxe, c’est ce qui précède le combat.Hilton s’était présenté avec une bonne quinzaine de joueurs de cornemuse.C’était tribal.» La violence qu’on associe à la boxe, Bélanger ne s’en formalise pas.En entrevue, il précise que ce qu’«o» appelle de la violence aujourdhui, il y a trente ans, on appelait ça de la robustesse.C’est le monde interlope qui gravite autour de la boxe que j’associe à la violence.• Quand il a vu le combat Hilton-Ouellet, le chanteur et compositeur a connu un réel plaisir.«Ça vient chercher quelque chose de tribal.Je ne sais pas si on est tous des guerriers, mais on a passé plusieurs années à être des guerriers.On ne peut plus en parler sans que ça devienne de la violence.rai juste voulu aller voir un côté de moi et développer sur ce qu’on m’a donné à la naissance, me réapproprier ces valeurs.» C’est peut-être ce tribalisme qui a mené Bélanger à vouloir sortir de [’«espèce de routine de chanson» qui était la sienne.«Pas de manière agressive, mais pour continuer le voyage, pour continuer de m’amuser.Pour faire changement», dit-il.Et ces changements viennent avec la forme d’arythmie que peut offrir un combat de boxe, avec ses reprises, ses accélérations, ses coups fatals, ses accrochages.Tout cela se retrouve dans la musique, en plus d’un festin d’échantillonnages: Elvis Costello, Ville-Emard Blues Band, Fernand Gignac, Jean-Pierre Fer-land et bien d’autres.Elvis Costello, nous a expliqué Bélanger, a une drôle de manière de régler les demandes d’échantillonnage de sa musique: «77 ne vend pas ses échantillons.Il exige d’être cocompositeur des chansons.» Voilà donc Daniel Bélanger co-compositeur avec Elvis Costello.Depuis le début des années 90 que Bélanger caresse ce projet DJ Shadow Ta «assommé.Je me suis informé comment il travaillait.Et ça m’a plu, ses machines et sa manière simple de travailler.[.] Ça adonnait que je découvrais d’autres façons d’écrire par l’échantillonnage.Rêver mieux a bénéficié de ce que j’ai appris avec Déflaboxe.Rêver mieux s’est composé facilement.J’ai éprouvé des difficultés avec Déflaboxe.Je me souviens d’avoir pris un break de Déflaboxe pour composer des chansons.Ça m’a fait du bien de me rappeler que j’aime toujours ça, composer des chansons.» Le projet de départ voulait que tout soit fait par Bélanger, tout seul avec ses machines, mais il n’était pas satisfait «Le plaisir ne durait pas.» Des musiciens ont été ajoutés.Le public, qui va recevoir le disque en pleine gueule, risque peut-être de plier les genoux à l’écoute de cette mouture exploratoire, d’où le risque.«C’est la partie où il faut assumer ce qu’on fait.J’ai été gâté.J’ai connu un succès d’estime et commercial.et j’aime ça.Rêver mieux, avant qu’on le sorte, je pensais que c’était un risque aussi.C’était un nouvel album que personne n’avait entendu.Deux ans après, on le sait.Il faut être beau joueur: si ça ne marche pas, c’est correct.Ça va être difficile de promouvoir Déflaboxe».7 LE STUDIO DE L'AGORA DE LA DANSE / PROGRAMMATION HIVER AUDACE CRÉATION POUR S'ABONNER, C’EST TOUT SIMPLE = LAGORADELA DANSE lilMir 840, RUE CHERRIER MÉTRO SHERBROOKE 514.525-1500 Tnrt AAAi www.agoradan5e.com i Dkvoii v T 30e anniversaire l Inc œuvre vibmnlc uni llirlc «iv ec le l.m^o Trente années de magie DERNIÈRES CHANCES Î0 21 22 novembre, 20 h 11,12,13 décembre, 20 h r\ Th4êtraM.N Ow ^]*C41 Art» Mets : (514) 842-2112, (514 lillli’K .14 0H7 .11 7‘M) 124 I DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2003 Culture ENTREVUE Deux sœurs, une famille Vingt-trois ans après The French Record, Kate et Anna Mc-Garrigle ont enregistré un deuxième disque en français, La vache qui pleure, à l’enseigne d’une compagnie de disques francophone.Et réédité The French Record par la même occasion.Profession de foi?Renouvellement des vœux, plutôt SYLVAIN CORMIER Z'"' a sent bon le café mais aussi la V" bohème hippie au Café Perk de la rue Du Parc.Notez le jeu de mots bilingue Perk/Parc.Bon endroit pour revoir Kate et Anna Mc-Garrigle et parler de leur magnifique nouvel album en français, La vache qui pleure.Le photographe veut qu’elles se collent Elles se collent Je leur dis qu’ainsi collées, on les croirait sœurs siamoises.«C'est ça, joined at the hip», dit Kate en riant d’un petit rire moins aigu que le rire d’Anna.Même quand elles rient, me dis-je, Kate et Anna Mc-Garrigle sont en harmonie.«On n’a pas toujours été ensemble, précise Anna.Au début, Kate voulait pas que j’existe.» Kate rit et ajoute: «En 1974, quand ils ont su chez Warner qu’Anna existait, ils voulaient encore d’autres sœurs.» Anna: «Jane, notre autre sœur, avait déjà des enfants.Elle n’a pas pu.» C'est tou- jours ainsi dans leurs entrevues: Anna commence, Kate continue, Anna complète, Kate renchérit, et ainsi de suite.Pas facile de transcrire la micro-cassette.Heureusement qu’elles n’ont pas la même tonalité, on ne saurait jamais qui parle.«C’est pire quand on est avec Jane», dit Kate.J’essaie d’imaginer une fête de famille.Un monde Car il n’y a pas que les sœurs: le clan McGarrigle est un monde.Des tantes, des oncles, des cousins, des compagnons, des ex-compagnons qui ne sont jamais très loin, des enfants, des amis musiciens comme Joel Zifkin ou paroliers comme Philippe Tartatcheff qui font pour ainsi dire partie de la famille, leurs enfants à eux, etc.Une sacrée smala.Tout ce beau monde chante et harmonise, chacun joue d’au moins un instrument Et c’est comme ça depuis des générations.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Kate et Anna McGarrigle ont enregistré un deuxième disque en français, La vache qui pleure.Dans la salle de cinéma que gérait le grand-père paternel au Nouveau-Brunswick dès 1906, nous apprend la bio des McGarrigle dans Folk & Blues: An Encyclopedia, la famille chantait et jouait entre les projections.Papa Frank aimait les chan- sons à boire, maman Gabrielle affectionnait le music hall.Pas surprenant que les enfants de Kate et de Loudon Wainwright, pour ne nommer que ceux-là, exsudent la musique de tous leurs pores: Rufus est la nouvelle idole de la musique "Y a d'là chanson dans l’air 30 novembre MORICE BENIN 5 & 7 décembre JACQUES BERTIN Spectacle à 20h00 Maison des Jeunesses Musicales du Canada 305, Av.Mont-Royal Est réservations (sans frais) 1 866 633 0555 une production des Oiseaux de passage MAGNIFICAT Jean-Sébastien BACH John RUTTER MARIE-FRANCE DUCL0S FRÉDÉRIC ANT0UN soprano ténor NOËLLA HUET NORMAND RICHARD mezzo-soprano baryton-basse CE SOIR, 22 NOVEMBRE, 20 H, ÉGLISE DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION Billets : 28$ pop baroque champ gauche, et Martha une folkie dans le style vigoureux de papa Loudon.On se dit qu’un jeune fan de Rufus Wainwright (en supplémentaires au Spectrum les 27 et 28 novembre), pour peu qu’il soit curieux, a des découvertes à faire.«Je ne sais pas si les gens qui aiment Rufus peuvent aimer notre musique, relativise Kate.On est roots.H est le contraire de roots.» Je dis à Kate que la seule différence est la marque d’un style.Pareil pour Martha.Tous deux partagent l’esprit McGarrigle.«Au fond, réfléchit Anna, c’est vrai qu’ils sont comme nous: they’ll never make any money!» Kate est d’accord.Dans les deux langues.«We are under the delusion qu’on fait de l’art, et non pas du commerce.» Anna s’esclaffe: «Y a personne dans la famille qui comprend ça, le commerce.» Même Rufus?«À New York, soumet maman Kate pour preuve, il vit dans une pièce avecunlitetsonpiano.il n’a rien de luxueux et ça lui suffit.» Tante Anna rigole encore: «Dans une entrevue, il a dit: “My parents are folk musi- Çuatuor Le Quatuor selon Schafer, en Molinari 20’21 et 22 novembre 2003 CLAIRE-MARIE LEGUAY Janocek Schumann Haydn Stravinsky Lundi, 24 nov.2003 20 h '"ofébecSS —SleîîS ***»£ Jeudi 20 novembre 2003 : 16 h : Table ronde : Le Quatuor.une nécessité !?19h30 Dialogue I Vendredi 21 novembre 2003 : 13h30 : Cours de maître de R.Murray Schafer 16 h : Dialogue il 19h30 : Environnement sonore et mythologie schaferienne.Causerie En co-production avec la Conservatoire de musique de Montréal.Maison JMC, 305, avenue Mont-Royal Est, Montréal.Tél.(514) 845-4108, (514) 873-4031#221.Entrée libre.Dimanche 23 novembre 2003 : L'intégrale des quatuors à cordes de R.M.Schafer ^6 h : R.Murray Schafer: Quatuors nos 1 à 4 h : R.Murray Schafer: Quatuors nos 5 à 8 Ile Pierre-Mercure, Centre Pierre-Péladeau Prix des billets : 25 $ (20 $ étudiants et aînés) par concert.30 $ (25 $ étudiants et aînés) pour les deux concerts LaBmZatUmSfKAN Info.: 514-527-5515 www inari.qc.ca 3 Renseignements : (514) 8450532 | Stte web (www.pronrusica.qc.ca) s —.*.0 Billets (avec taxes et redevances) o 30.20 S et 24,45 S Etudiants 15,25 S Québec! Thôàtre Maisonneuv* Place des Arts tsen vemoauSiA S42 2112 1 www.pda.qc.ci* iau Admission 514 790 1245 2003Q4 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE UVAL Orchestre symphonique de Laval La Dic»a au siècle des lumières Natall* Choquotte Soliste / Soloist : Natalie Choquette, soprano Chef / Conductor : Jean-François Rlvest Le mercredi 3 décembre 2003 é 20h W9dn9sday, December 3, 2003 at 8:00 p.m.Église Ste-Rose - 219, boul.Ste-Rose, Laval www.osl.qo.os Information : 480 078-3668 Blllsttsrls : 480 SS7-2040 Admission : S14 790-1 >48 Blllats à partir do Sl.sos / Ttcksts starting at »31.»o SAUt ANDRF MATHIEU Il IMM'II LES VIOLONS DU ROY LA CHAPELLE DE QUÉBEC Directeur artistique et musical: Bernard Labadie Le ÿHeaAie, Incontournable et bouleversant ! G.F.HANDEL ¦¦ Messiah, HWV 56 Christine Brandes, soprano ¦* Susan Platts, mezzo-soprano Michael Slattery, ténor ss Neal Davies, baryton-basse Vendredi 5 décembre 2003 | 19h30 | Avec la Chapelle de Québec Salle Claude-Champagne, Université de Montréal : 220, av.Vincent D'Indy Admission: 1 800 361-4595 Pour tout savoir sur la programmation, demandez notre brochure au (514) 987-6919 ou sans frais au 1 888 643-8131 www.violonsduroy.com Québec SS *• C«p Québec b '2V(Stonr,’ du dans.Tm a serious musician."» Pas moyen d’avoir la grosse tête dans une telle tribu.En cela, retrouver les McGarrigle à l’enseigne de La Tribu, l’étiquette des Fauberp Charlebois et autres Cowboys Fringants, n’est pas une coïncidence, mais un aboutissement naturel Entre tribaux, on se reconnaît «Us sont comme nous, dit Anna, ils font les choses en famille.On est touf égal.» C’est Laurent Saulnier, l’ex-critique rock devenu programmateur du FUM et des FrancoFolies, qui a aiguillé le duo du coté de La Tribu.«On voulait une compagnie francophone de Montréal.True North Records voulait aussi sortir notre disque, mais on ne voulait pas passer par Toronto.» En 1980, leur French Record en main, c’est aussi à la porte d’une boîte locale, le Kébec-Disc de feu Gilles Talbot, qu’elles cognèrent «C’était important pour nous, affirme Anna.Surtout à cette époque-là, Juste avant le premier référendum.C’était un “statement" pour des Québécoises avec un nom anglophone de faire tout un disque en français pour une compagnie de disques québécoise francophone.» La loi des hasards heureux Elles auraient bien enregistré un joli tas d’albums en français avant La vache qui pleure, à les occasions s’étaient présentées.«Nous autres, explique Anna, on n’est pas toujours au téléphone avec des gens de compagnies de disques.On n’a pas de gérant.» Kate enchaîne: «Quand on nous appelle pour nous demander si on est intéressées à faire un disque, on est toujours intéressées.Mais on n’envoie pas de démos.They know who we are.Et puis, quand on ne fait pas de disques, on n’est pas malheureuses non plus.» Logique imparable.Si Gilles Talbot avait vécu, d’autres albums auraient sans doute suivi.«On n’a pas de carrière, résume Anna.Nous autres, ça se passe quand ça se passe.» C’est ainsi qu’au cours des ans, on a entendu Kate et Anna chanter chez Michel Rivard (Pars mon bel oiseau) ou Vigneault (Charlie-Jos): simple affaire de circonstances.Pareil pour cette version de leur Petite annonce amoureuse, chantée par Chloé Sainte-Marie sur Je marche à toi: «C’est arrivé juste parce qu’on a rencontré Chloé avec Gilles Carie au Coup de cœur francophone», commente Anna.Même loi des hasards heureux aux Etats: c’est Emmylou Harris, après Linda Ronstadt et Maria Middaur, qui les a trouvées, pas le contraire.Sur le dernier disque de la grande Emmylou, l’exqufa Stumble Into Grace, les McGarrigle participent à quatre chansons, choristes ou co-auteures.«Elle, c’est pas comme nous, commente Anna, c’est une travailleuse.» Kate: «Pendant qu’on a fait neuf disques, elle en a fait 29.Et tous beaux.» Beauté pour beauté, La vache qui pleure est peut-être encore plus à chérir: on ne sait absolument pas quand il y aura le suivant Goûtons donc pleinement et longtemps ces sombres, belles et mélancoliques histoires de «corbeau solitaire», de «morte le jour d’là noce» et de «bambocheur», personnages toujours déchirés entre la chair et la religion.«C’est l’univers de notre parolier Philippe, ça», nuance Anna.«Mais c’est vrai que nos voix peuvent bien exprimer ces sentiments», ajoute Kate.Guitares, banjos, pianos, ambiances un brin hippies qui rappellent au moins pour deux titres les disques dç l’Incredible String Band, c’est du McGarrigle et rien que du McGarrigle.«Heureusement, dit Anna, c’est moins “loose” que d’habitude, à cause de notre réalisateur Michel Pépin.» Kate: «On est très organiques.Ça nous prend quelqu’un pour faire la balance entre rustique et professionnel.» Les sœurs sourient et pour la première fois de l’entrevue, disent la même chose en même temps: «On est bien contentes.» A l’unisson et à l’unanimité.LA VACHE QUI PLEURE Kate & Anna McGarrigle La Tribu (Sélect) En spectacle les 11 et 12 décembre au Cabaret Music-Hafl.2$ saison y FMdman-FrelbwTi violon Nadia Francavllla violon/alto Vukarl Cousineau alto Paml Pauli violoncelle Katherine Skorzewtka Œuvras » Turtit, Bocdwlni * Dvin* jeudi 27 novembre, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre kMrtratoi 0» Usqura Uvnomn i LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2 0 0 3 LE DEVOIR De Visu Rita Letendre, une grande dame de la peinture québécoise.SOURCE MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC La couleur comme objet Le Musée national des beaux-arts du Québec propose une rétrospective des tableaux de Rita Letendre DAVID CANTIN Au moment même où la galerie Simon Blais inaugure une exposition de ses œuvres récentes, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) propose une magnifique rétrospective des tableaux de Rita Letendre.Grâce à une présentation trps lumineuse de la part de la commissaire Anne-Marie Ninacs, Aux couleurs du jour ne fait que confirmer l’audace ainsi que la S de sagesse de cette pionnière irt abstrait au Québec.Bien qu’on associe souvent la production de Rita Letendre à une esthétique hard edge, en lien étroit avec l’art canadien du début de la décennie 1970, cette nouvelle lecture d’un trajet fondateur de la modernité québécoise va à l’encontre des idées reçues.Tout d’abord, 4nne-Marie Ninacs ne privilégie aucunement un parcours chrono-logique à travers les cinquante der- nières années.On sait qu’en 2002, à la faveur d’une promesse de don d’une centaine de tableaux et d’œuvres sur papier, le MNBAQ rassemblait déjà la plus importante collectign d’œuvres de Rita Letendre.A partir d’un tel choix, la commissaire a surtout voulu faire des rapprochements d’une période à une autre.Ainsi, on entre en contact avec cette peinture abstraite dans une perspective de mutations intérieures et d’enseignements zen.Par le biais du mouvement, des couleurs chaudes ou de la matière même, ces tableaux deviennent autant d’horizons à saisir à travers un espace sans fin.Le monde émerge de cette jouissance des sens et du rythme, des gestes comme des lignes.Grâce aux leçons de Borduas sur l’art ainsi qu’à l’influence directe de l’automatisme des années 1950, Letendre découvrira que sa propre recherche doit avant tout reposer sur le principe d’une écoute «d’un savoir déjà enfoui à l’intérieur d’elle-même; comme la joie d'une partie de l’être qui se sent comprise».Aux couleurs du jour suit ce principe dans l’éclosion de murales lumineuses telles The Dream of the Midsummer Night’s Dream (vers 1981) ou de toües plus expressives comme la superbe Drift (1964).De plus, le facteur de vie semble être un indice à suivre dans un paysage en éclosion tel Fandango (1998) ou encore la nuance des effets d’un fusain sur papier comme Voltan’s Dream (1983).Sans trop revenir sur l’ensemble de la carrière de l’artiste, on remarque que son premier séjour en Europe en 1962-63 deviendra une étape charnière et qu’un souci d’épuration viendra quelques années plus tard.Dans son travail récent, une œuvre telle Kyrie (2000) accentue la profonde spontanéité des lames de couleurs.Les références directes au paysage se mêlent à un élan tout à fait vertigineux.Les rayonnements s’intensifient dans la forme en émergence, de même que ses contrastes.Un lieu s’ouvre afin de mieux consentir aux permutations du temps.C’est d’ailleurs dans une pareille confrontation de l’artiste avec elle-même que l’œuvre de Rita Letendre gagne à être redécouverte.Un magnifique catalogue est également disponible pour tous ceux qui souhaitent en connaître davantage sur cette grande dame de la peinture québécoise.En parallèle En parallèle à Rita Letendre.Aux couleurs du jour, le MNBAQ inaugure aussi une œuvre de David Blatherwick conçue spécifiquement pour la salle 1.En pensant à toi est composée de deux projections rotatives où l’on peut contempler le sourire d’un homme et d’une femme.Au centre de l’espace, le spectateur est amené à vivre ANDREA BLANAR "Œuvres récentes" L'exposition sera prolongée jusqu'au 30 novembre.L'artiste sera présente les samedis 22 et 29 novembre Heures d'ouverture : Lundi au vendredi : 10b à 18h Samedi : 11h à 17h La Galerie d'arts contemporains 2165, Crescent, 2'étage, Montréal (514) 844-6711 Fax: (514) 844-0419 www.artscontemporains.net courriel: artshowcase@videotron.ca Musée d’art de Joliette GALERIE BERNARD Dernière journée Richard Roblin “Gravity and Grace” huile sur papier, nouvelle série 5926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) ÇS14) 877-0770 LES NAÏFS 22 NOV - 3 DEC CatbeiÂA^e Peubie&u Cfitta Pettetiet, btbkie Ev&iett vernissage : 22 novembre 13h - 17h Ouvert les dimanches 23/30 de 13h - 17h Ouvert du lundi au samedi de lOh à 17h CAiÆRiE WEST END 1A58-I.V.0, U KM K (.KI KM , WKS IMOUNT.U( 113/ 2IV1 Tél.! (514) 933-4314 ______ « « w.wesU'itcluallery.coni mes EXPOSITION RICHARD MONTPETIT DU 24 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE Visitez le site www.klinkhoff.com pour voir l’exposition 50 artistes canadiennes au musée 7 septembre - 22 février Claude Mongrain Les circuits lapidaires 23 novembre - 29 août 14s, rue Wilfrid-Corbeil, loliette (450)756-0311 www.bw.qc.ca/musee.joliette "Vers les chapiteaux", 2003 Huile sur toile 24 " x 36" GALERIE WALTER KLINKHOFF inc.1200.RUE SHERBROOKE OUEST.MONTRÉAL TÉL.288-7306 Courriel: lnfoOklinkhoff.com une expérience sensible où le plaisir côtoie le malaise de l’intimité.Ainsi, la relation à l’autre est vécue à travers le prisme du détail sonore comme de l'échange le plus spontané.Un concept minimal qui suscite d’emblée une dimension interactive avec le visiteur.Un exercice simple à la base, mais complexe dans sa tentative de définition des rapports humains.RITA LETENDRE.AUX COULEURS DU JOUR Jusqu’au 4 avril 2004.DAVID BLATHERWICK.EN PENSANT À TOI Jusqu’au 28 mars 2004.Au Musée national des beaux-arts du Québec, parc des Champs-de-Bataille, Québec.Méduses sur mur LE DÉCUN BLEU Diane Landry Galerie Christiane Chassay 358, rue Sherbrooke Est Jusqu’au 13 décembre BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Diane Landry fait des machines.L’artiste de Québec, qui expose ces jounn-i à la galerie Christiane Chassay, construit des machines pour émerveiller, et rarement rate-t-elle son coup.À vrai dire, la présente exposition de trois de ces machines de son cru est probablement une des meilleures que nous ayons jamais eu la chance de voir de l’artiste.TYois machines, d’une simplicité effarante, ont un effet des plus renversants.Trois manivelles à coulisse, trois petites lumières, un peu de plastique.C’est tout ce dont a eu besoin l’artiste pour déployer sur le mur des méduses de toute beauté.Sur des corbeilles de plastique à peine modifiées, elle a fixé des bouteilles de plastique, en couronne.La petite ampoule, sur la glissière, avance et recule doucement devant ce bricolage, pour donner des effets dont on mesure mal, encore, les effets.Des ombres portées sur le mur se déploient et se contractent.Dans la pénombre, des vortex semblent vouloir nous engloutir.À moins que ce ne soient des rosaces ou des méduses dont la membrane se transforme en corolle au dessin envoûtant.Des méduses dans leur plus simple appareil.Ces machines sont d’une sobriété à peine croyable.Au bout du compte, ces dessins en mouvements, sur le mur, modifient l’échelle de l’espace de la galerie, rompent la rigidité des murs, bref, habillent la salle d’une aura toute particulière.Une des réussites de la chose, c’est que ces machines ne lassent pas.Elles résistent à livrer tous leurs secrets et demandent à ce qu’on s’arrête quelque peu si l’on veut goûter toutes les dimensions d’un geste aussi modeste.Landry a produit dans le passé des pièces qui explorent les possibilités du son, notamment en utilisant des toumedisques.Id, tout se Edans le silence, pour mener à *tte étrange aventure dans le monde de l’immatérialité.Un des incontournables du moment CAROL BERNER Éclipse Dernière journée GALERIE SIMON BLAIS Expose en duo FRANCINE LABELLE : THÉÂTRE DE EL H III El YVES DURAND : MOUVANCE Les 28, 29, 30 nov.et 1 décembre Vernissage : vendredi le 28 novembre : 17h a 21 h L'exposition se poursiiii les samedi, dimanche et lundi : 13h a j 7h • 7595, boni: St-Laurent, espace 201 Montréal (Québec) I I2R 1W9 (514) 278-3136 www.Ira ne inc.la bell ecp .c a Exposition jusqu’au 30 novembre 2003 >» Flash Urbain «< Deux Univers 4 — t m r i ZÏIon Johanne Cullen L .I Yvrs LaROC III 4, St-Paul Est, c.J - a li : ' O'ARi oc.Vieux-Montréal (514) 393-1999 / www.yveslaroche.com LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2003 E 8 -• |)E \ÏSü *- PHOTOGRAPHIE ET VIDÉO 'Wm Images militantes Pour Les Déclencheurs, les images dominent la société mais la décrivent mal Sommet des Amériques, Québec, 2001.Un groupe de photographes et de vidéastes militants se retrouvent dans un petit trois et demie pour développer des images de l’événement.Frustrés par leur manque de ressources et pris d’un sentiment d’urgence devant l’actualité, ils développent l’idée d’un organisme qui serait dédié à l’image alternative.De cette idée est né cette année le collectif Les Déclencheurs.Portrait d’un projet de conquête visuelle.ISABELLE PORTER "VT ous voulons nous réappro-N prier l’image pour qu’elle soit une tribune au lieu d’être juste un outil pour vendre des produits», résume Alexandre Piché, 21 ans.Pour les Déclencheurs, les images dominent la société mais la décrivent mal.Composé au plus d’une uinzaine de photographes et vi-éastes, le collectif s’est installé cet été dans un petit local du centre d’artistes Le lieu dans la Basse-Vil- le de Québec.Avec l’appui financier du programme gouvernemental Jeunes volontaires, ils ont constitué un laboratoire photo et acquis du matériel informatique.Des «attentats photo» On les a vus dans les manifestations contre la guerre en Irak, contre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et plus récemment au Congrès forestier mondial.Os ont aussi présenté une exposition cet été au Lieu et en pré- parent une nouvelle au printemps.Le groupe vient de produire un calendrier dans lequel on retrouve certes des thèmes de prédilection des militants, comme des scènes de manifestations, mais aussi un tricycle d’enfant rouillé et un troublant gâteau d’anniversaire.Dans l’ensemble, leurs photos sont surtout diffusées dans les publications militantes.Ce qui ne les surprend pas mais les laisse sur leur faim.«Le visuel est presque absent dans les milieux militants, il y avait un besoin évident d’images», explique Emilie Baillargeon, 22 ans, avant d’ajouter «qu’en ce qui concerne les galeries d’art, la reconnaissance n’est Pas encore là».Ces derniers mois, les Déclencheurs ont également pris part à «des actions qui sont un prétexte à prendre des photos», de préciser Emilie Baillargeon.Lorsque des commerçants ont résisté au déménagement de la soupe populai- re dans le Mail Saint-Roch, les Déclencheurs ont photographié les habitués de la soupe pour leur confectionner des «permis de flâner».Ils ont également développé le concept des «attentats photo», au cours desquels ils invitent les gens à participer activement au processus de la photographie.Du côté de la vidéo, un groupe de Déclencheurs travaille actuellement à un projet de film avec des écologistes qui dénoncent l’exploitation de la forêt de lïle Levasseur.Le groupe a par ailleurs organisé à la mi-novembre une soirée de projection de films étrangers sur le Chiapas et la Tchétchénie qui devrait faire des petits.On attend la suite.LES DÉCLENCHEURS declencheurs@bellnet.ca Le Lieu, 347, rue du Pont (418) 524-8228 SOURCE LES DÉCLENCHEURS Ces derniers mois, Les Déclencheurs ont pris part à «des actions qui sont un prétexte à prendre des photos».STUDIO DU QUÉBEC À BERLIN Le Conseil des arts et des lettres du Québec met à la disposition des artistes professionnels des studios et des ateliers au Québec et à l’étranger.Après Paris, New York et Rome, un nouveau studio du Québec voit le jour à Berlin, autre capitale culturelle parmi les plus importantes d’Europe.Dès 2004, un atelier-résidence sera offert à la Künstlerhaus Bethanien, institution internationalement reconnue pour son dynamisme et la qualité de ses événements.Outre le studio, plusieurs espaces de travail sont disponibles (les candidats peuvent consulter le site Web de la Künstlerhaus Bethanien : www.bethanien.de).Conditions d’admissibilité Être un artiste en arts visuels ou en arts médiatiques.Être admissible aux bourses de type A du Conseil des arts et des lettres du Québec, c’est-à-dire compter plus de dix années de pratique professionnelle au Québec ou à l’étranger et avoir diffusé ses œuvres dans un contexte professionnel reconnu.Durée du séjour : Juin 2004 à mai 2005 L’artiste aura la possibilité de travailler à la réalisation du projet lié à sa demande de bourse et de le présenter au public à la Künstlerhaus.Aide financière La bourse accordée par le Conseil est de 20 000 $.L’artiste doit assumer ses assurances personnelles, ses déplacements et ses frais de subsistance.De plus, le Conseil verse à la Künstlerhaus Bethanien les sommes nécessaires à la réalisation du projet.Pour obtenir le formulaire d’inscription Directement des bureaux du Conseil ou à partir de son site Web : www.calq.gouv.qc.ca Renseignements : Mme Francine Royer Conseil des arts et des lettres du Québec 514 / 864-3350 ou sans frais 1 800 608-3350 Date d’inscription : Le 7 janvier 2004 SOURCE LES DECLENCHEURS Dans l’ensemble, les photos du collectif Les Déclencheurs sont surtout diffusées dans les publications militantes.Conseil des arts et des lettres Québec BEI APPEL DE DOSSIERS EN ARTS VISUELS Eaux vives - Regards croisés Montréal Dans le cadre de l’Année internationale de l’eau douce, décrétée par l’Organisation des Nations Unies, le Service du développement culturel de la Ville de Montréal prépare, pour l’été 2004, une importante manifestation en art contemporain sur le thème de l’eau douce et tout ce qui s’y rattache.Les artistes sont invités à réfléchir aux impacts sociaux, politiques, économiques et autres propres aux usages de l’eau et ce, en lien avec leur culture d’origine, quelle qu'elle soit.En partenariat avec plusieurs maisons delà culture et galeries municipales, le Service du développement culturel invite les artistes professionnels en arts visuels à soumettre un ou plusieurs projets d’œuvres d'art déjà existants, ou qui s’inspirent de cette thématique.Commissaire invitée : Pascale Beaudet Les artistes professionnels Intéressés peuvent faire parvenir un dossier comprenant les documents suivants : • un maximum de 15 diapositives (numérotées et identifiées) des œuvres proposées ou de travaux récents (3 ans); - une liste descriptive des diapositives correspondantes; - un texte résumant la démarche artistique; - un curriculum vitæ; - tout autre document pertinent (catalogues, revue de presse, etc.); - une enveloppe de retour préalablement adressée et affranchie.Prenez note que les dossiers incomplets seront refusés Les dossiers doivent être acheminés au plus tard, le mercredi 7 janvier 2004, 17 h, à l’adresse suivante : Appel de dossiers EAUX VIVES - REGARDS CROISÉS Service du développement culturel 5650, rue D’Iberville, 4* étage Montréal (Québec) H2G 3E4 Renseignements : Éric Dufresne-Arbique, Agent de développement culturel Téléphone: 514872-1161 Courriel : edufresne@ville.montreal.qc.ca Pour plus de précisions, consultez le www.ville.montreal.qc.ca/culture VERNISSAGE Du 23 nov.au 21 déc.Raymonde Duchesne GAL EU I E Linda Verge 10 49, AVENU! DES ERABLES QUÉBEC (418) 525-8393 ita Letendre Musée national des beaux-arts du Québec Du 13 novembre 2003 au 4 avril 2004 Aux couleurs du jour Musée national des beaux-arts du Québec Québec SS Parc des Champs-de-Bataille, Québec (418) 643-2150 /1 866 220-2150 / www.mnba.qc.ca S 2^*" Le Musée national des beaux-arts du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.Culture et télé pour ne rien manquer \ » ¦ LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2003 LE DEVOIR Tl om n llVJliiuj 52=3 C e n t r i s hor ai ms 514 847 2206 www.ix-cintris.com Les malheurs de Miranda GOTHIKA Réalisation: Mathieu Kassovitz.Scénario: Sebastian Gutierrez.Avec Halle Berry, Robert Downey Jr., Charles S.Hutton, John Carroll Lynch, Penelope Cruz.Image: Matthew Libatique.Montage: Yannick Kergoat Musique: John Ottman.Etats-Unis, 2003,95 min.ANDRÉ LAVOIE Hollywood est prêt à cueillir le talent partout où il se trouve, même s’il lui faut aller jusqu’en France, ce drôle de pays qui prône l’exception culturelle et où les cinéastes, y compris les plus mauvais, sont considérés comme des auteurs.Les heureux élus doivent savoir qu’on ne les paie pas pour être originaux mais efficaces, surtout avec entre les mains un scénario que le moins habile des vieux routiers refuserait de tourner.Mathieu Kassovitz (Métisse, La Haine) n’avait visiblement pas le luxe de choisir, encore moins d’avoir des scrupules, en se lançant dans cette première aventure américaine.Reconnu pour sa virtuosité visuelle — non sans céder parfois à un certain racolage prétentieux —, capable d’être à la fois devant et derrière la caméra sans jamais y perdre au change, on ne voyait pas d’objections à ce que le cinéaste français passe des tueurs en série (Les Rivières pourpres) aux fantômes avec Gothika.Et le mannequin d’occasion de Lancô-me récolte au passage une actrice oscarisée, Halle Berry, cherchant à nous prouver que la récompense était bel et bien méritée.Tout ce beau monde se retrouve empêtré dans une histoire où le niveau de panique n’équivaut jamais, ou très rarement, à celui des emprunts à d’autres drames fantastiques récents (bonjour The Ring, The Sixth Sense, etc.), le tout en deçà d’un savoir-faire minimal pour éviter de sombrer dans le ri- La psychologue Miranda Grey (Halle Berry).SOURCE WARNER BROS.dicule plutôt que dans l’horreur.«Tm not deluded, Pete, I’m possessed», assure Miranda Grey (Halle Berry), sur le ton de celle qui ne rigole pas avec les mauvais esprits tout en étant capable d’évaluer sa propre santé mentale.Elle le fait depuis longtemps comme psychologue pour les pensionnaires d’un hôpital psychiatrique, mais sur la route un soir de pluie, elle se réveille trois jours plus tard, apprenant avec effroi qu’elle a assassiné sauvagement son mari (Charles S.Hutton, rarement mauvais casting ne fut aussi flagrant), le psychiatre en chef des lieux.Son collègue Pete (Robert Downey Jr.) tente de lui venir en aide, mais c’est grâce à une patiente (Penelope Cruz) aux propos en apparence décousus et incohérents qu’elle découvre que la fille ensanglantée qu’elle a vue sur la route avant de perdre la carte pourrait bien être la clé de ses tourments ainsi que des coups et blessures que tous croient qu’elle s’inflige à elle-même.Kassovitz apparaît bien conscient des carences du scéna- rio de Sebastian Gutierrez, petit traité de psychologie qui fait fi de celle des personnages et où les rares mystères se dissipent sous le poids des bavardages inutiles.Le cinéaste les masque comme il peut avec la dextérité qu’on lui connaît, posant sa caméra dans tous les coins de la cellule de la pauvre possédée, offrant même à Berry l’occasion de se prendre pour James Bond dans une succession de cascades qui rendrait fou de jalousie son ancien partenaire Pierce Brosnan.La stupidité de cette histoire n’était pas la seule contrainte de Kassovitz puisqu’on se doute bien qu’il n’est pour rien dans le choix d’Halle Berry, qui en fait ici des tonnes pour nous émouvoir et nous glacer le sang.Dans les deux cas, ses efforts sont trop palpables, trop appuyés, pour transmettre un quelconque sentiment de peur.Pour tout dire, on se sent aussi prisonnier qu’elle dans sa cage de verre et d’acier, implorant les fantômes du cinéma de venir nous délivrer de pareil cauchemar faussement gothique, véritablement raté.Entre l’animation et la fiction THE CAT IN THE HAT Réalisation: Bo Welch.Scénario: Alec Berg, David Mandel et Jeff Schaffer, d’après le livre de I> Seuss.Avec Mike Myers, Akc Baldwin, Kelly Preston, Dakota Fanning, Spencer Breslin.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Après How The Grinch Stole Christmas, The Cat In The Hat (publié en 1957) est le deuxième succès d’édition pour enfants du Dr Seuss porté à l’écran.Cette fomâ, c’est Bo Welch, designer de production derrière les excellents Edward Scis-sorhands et Men In Black, qui en assure la réalisation.On retrouve d’ailleurs des reflets de l’esthétique surréelle si particulière d’Edward Scisso-rhands dans ce Cat In The Hat compte tenu, bien entendu, de l’évolution des effets spéciaux nu- mériques, ici mis à contribution comme jamais.Le film s’adresse aux enfants et saura les amuser.De leur côté, les adultes seront sensibles aux couleurs acidulées, aux décors kitsch évoquant les années 50, aux costumes délirants, aux effets spéciaux de ce film à cheval entre l’animation et la fiction.Mais à moins d’avoir eux-mêmes été dans leur jeune temps des lecteurs passionnés de The Cat In The Hat, ils trouveront sans doute l’intrigue bien simpliste.Cette histoire de deux enfants, Sally (Dakota Fanning) et Conrad (Spencer Breslin), laissés à la maison avec une gardienne endormie et qui entrent dans un monde de fantaisie quand un grand chat de six pieds (Mike Myers) les y invite, possède un charme un peu suranné.Entre une maman aux allures de Barbie (Joan Walden), un voisin méchant qui soupire après sa main (Alec Baldwin) et un monde adulte qui ne tient pas compte de leurs besoins, les deux petits héros trouveront la route du rêve aux côtés de ce grand chat, d’un poisson rouge bavard et de deux créatures capricieuses qui nuisent ou aident tour à tour.Mike Myers, un peu trop grimaçant, cabotine dans son rôle de félin maître de cérémonie.Les enfants sont charmants, mais les personnages secondaires, la gardienne par exemple, apparaissent comme étant les mieux dessinés, véritables caricatures que les maquillages et les costumes font ressembler à des personnages de bandes dessinées.C'est vraiment l’aspect visuel qui intéresse.Les scènes de destruction de la maison, envahie par des globules mauves puis réduite à l’état de ruines fumantes, sont les meilleures du film.Fantaisie pour un très jeune public.The Cat In The Hat, conte de fées moderne, manque quand même de substance narrative pour nourrir un adulte bien longtemps.VERNISSAGE PETITS FORMATS - PLUS DE 40 ARTISTES AUGER, LISE BAUÇAN BERNIER, IRÈNE BOIVIN, MAURICE BRUNELLE, LYNE BRUNET, SYLVIE DROUIN, ANNE FALARDEAU, P.HENRI FAUCHER, FRANÇOIS GSNGRAS, JOCELYNE GIROUX, MARIE GOSSELIN, MONIQUE LAMOUREUX, LUCE LAPOINTE, JEAN PAUL LEBLANC, ALBINI LECLERC, RAYNALD LÉGARÉ, LOUISE MARSY, BERNARD MOSONYL, ÉVA PICCIOLI, ILIO PRIMIANO, PATRICE SÉGUIN LEMAY, MARGUERITE SIMARD, MADONE ST-CYR, LISE TRUDEL, GÉRALD TURMEL, JANET VANASSE, MARGUERITE et plusieurs autres SCULPTEURES: LAURIN, FRANCINE GUAY, CARMEN EXPOSITION JUSQU’AU 21 DÉCEMBRE 2003 Cj ft L E K 1 E SYMBOLE 2780, rue de Salaberry • Montréal (Québec) • H3M 1L3 Téléphone / Télécopieur: (514) 336-2332 Courriel: mmercied3symbole-art.qc.ca www.symbole-art.qc.ca DEGAS DECO réunis jusqu au % y 4 janvier.Un week-end culturel à Toronto.Oui, c’est possible.Un week-end à Toronto, des milliers de choses à raconter.Voyez en exclusivité canadienne deux expositions d’envergure internationale : Sculptures de Degas, au Musée des beaux-arts de l’Ontario, et Art Déco 1910-1939 au Musée royal de l’Ontario.Deux remarquables musées situés au cœur de Toronto, là où se côtoient gastronomie, boutiques branchées et spectacles renommés.Les billets et forfaits incluant l’hôtel sont offerts exclusivement chez TicketKing.Composez le I 800 461-3333 ou visitez le site TicketKing.com * Tarifs basts sur une occupation double pour une nuit Tous les forfaits sont fonction de la disponibilité Forfaits non offerts si achat en personne Ces forfaits ne peuvent ttre combinés avec aucune autre offre ou rabais et ne peuvent être appliqués à un achat antérieur Les pris incluent toutes les taies applicables Valide jusqu'au 4 janvier 2004 Des frais de service peuvent s'appliquer sur les commandes téléphoniques Ornement de capot.Bulcit McLaughlin.Canada.1904 Prit du Musée canadien de l'automobile.Oshawa OOrian Boyle.ROM Edgar Degas.Petits danseuse de quatorze ans.bronze conçu vers 1178-1881, fondu entre t819-t937 Collection de la Ny Cartsberg Glyptotek.Copenhague 02003 Photographe Ole Haupt.Courtesy International Arts.Memphis SM «LO Commencez votre visite des 73 sculptures de l'exposition au www.ago.net Muté* dos boaux-arts do l'Ontario Commanditaire ta Fondation American K.x press ExpoïHton txj»nl»4e par S Czottochowikl, lntom*tk>n*l Art», Mwnphii, TannoiiM, d* la coNoctton da la Ny Cartfbarg Glyptotok.Copanb«|u« Renseignez-vous sur notre forfait week-end hôtel comprenant des billets pour les deux expositions à partir de 89 $ par personne*.Démarrez votre visite des 250 pièces de la collection Art Déco au ROM MUSÉE ROYAL DP.L'ONTARIO www.rom.on.ca PRÉSENTÉE PAR theArfShOppe 'Ontario V > E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2003 LE DEVOIR CINÉMA Le nez de la fin année 2003 qui s’achève aura été, sur le plan des parts de marché, la plus prodigue de l'histoire du cinéma québécois.À une semaiqe de la sortie de Nez rouge, d’Eric Canuel, le bilan oscille autour des 15 % de fréquentation.En d’autres mots, de tous les billets achetés cette année par les amateurs de salles de cinéma, 15 % l’ont été pour des films québécois, Séraphin (recettes de huit millions) et La Grande Séduction (6,5 millions), suivis de près par Les Invasions barbares (cinq millions), ayant amassé la plus grosse part du gâteau.A pareille date l’an dernier, Séraphin, distribué par Alliance Atlantis Vivafilm, venait de prendre l’affiche.Dans la foulée, Cristal Films, son seul véritable concurrent, lançait ce qu’à la lumière du triomphe de ses trois Boys il espérait être le grand succès du temps des Fêtes: Les Dangereux.Mal lui en prit.Le film, d’une bêtise sidérante, a été boudé par le public, qui n’a pas mordu à l’hameçon publicitaire.Pourtant, Véronique Cloutier était à l’avant-plan, Stéphane Rousseau également.Le star-système joue parfois de vilains tours à ceux qui misent aveuglément sur lui.À l’époque, on ignorait encore que le gros mélo de Charles Binamé serait ce blockbuster du temps des Fêtes.On ne savait pas non plus que l’année 2003 qu’il inaugurait un mois d’avance allait voir le cinéma québécois reprendre ses droits auprès du public.Maintenant que cette donnée est enregistrée — et que les 15 % de parts du marché dépassent de 9 % les attentes formulées par Téléfilm Canada au moment de publier sa nouvelle politique du long métrage, en 2001 —, Nez rouge a la lourde responsabilité de maintenir le cap.Il montera seul au front (S«r le seuil étant sur son déclin), devant une armée américaine ayant pour colonels Torn Cruise (The Last Samurai), Julia Roberts (Mona Lisa Smile), Tim Burton (Big Fish) et une poignée de sympathiques hobbits (Lord Of The Ring: The Return Of ne King).A défaut de savoir distinguer un grand film d’un mauvais, nos deux «majors» locales ont trouvé la recette du succès commercial ou, du moins, sont parvenues à déterminer les principales conditions gagnantes pour y parvenir: décupler les budgets publicitaires, démultiplier le nombre de copies (en flirtant avec les exploitants afin qu’ils ouvrent leurs portes), donner la vedette à des stars de l’humour (dont Patrick Huard dans Nez rouge) et, enfin, faire du premier week-end d’exploitation un coup de tonnerre au milieu duquel la critique peut être complètement assourdie.Cette recette, d’invention américaine, ils l’ont apprise des Américains mais souffraient de ne pas pouvoir la reproduire.Le vent a tourné.Avec sa nouvelle politique récompensant le rendement et favorisant l’augmentation des budgets marketing.Téléfilm Canada leur en a donné les moyens.Comme pour leurs adversaires, 4/you can't beat them, join them» est devenu le mantra d’Alliance et de Cristal.De passage jeudi à l’émission Aux arts, etc.de la Chaîne culturelle de Radio-Canada, le cinéaste André Forcier, qui vient de recevoir le prix Albert-Tessier, fai- g- Nous sommes en quelques années passés d’un cinéma d’auteurs à un cinéma de producteurs, puis de distributeurs Du réalisateur de L'AUBERGE ESPAGNOLE Entre «Reservoir Dogs» et «La Bande à Bonnot» Marie Gillain, est savoureuse du début à la fin! — Philippe Rezzonlco, Jri de Mtl .que c'est plaisant de voir un film avec autant de haute voltige! — Mathew Hays, Mirror .Une belle petite collection petite de gags très drôles! — Francis Bohkic, Echos Vedettes .ce film enfin de compte, on serait plutôt pour.— Aletei K.Lepage U Presse iilllJiltlIKlJilTÏÏl
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