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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2007-12-27, Collections de BAnQ.

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w w w .1 e d e v o i r.c o m ?LE DEVOIR ÉCONOMUSÉES ARCHE DE ZOE Huit ans de travaux forcés T:i^ pour les six accusés français Page B 5 la» modèle québécois s’implante en Europe Page B 8 PARC Châvez reçoit le feu vert d’Uribe pour la libération de trois otages Le gouvernement colombien a autorisé hier une opération du Venezuela pour récupérer dans la jungle les trois otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC) que la guérilla colombienne se dit prête à remettre au président vénézuélien Hugo Châvez.Cette intervention vénézuélienne par voie aérienne en territoire colombien accompagnée d’une délégation internationale pourrait, selon M.Châvez, avoir liei) et être achevée aujourd’hui.A Bogotâ, le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araujo a précisé que le gouvernement de M.Uribe avait «autorisé la mission humanitaire» de libération des trois otages «dans les termes proposés» par M.Chavez dans une lettre.Selon le texte complet de cette missive diffusée à Caracas, M.Châvez a pris contact ces dernières heures par téléphone avec la présidente argentine Cristina Fernandez, le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, les présidents équatorien Rafael Correa, bolivien Evo Morales et cubain Fidel Castro, pour mettre au point la composition de la délégation internationale qui sera à bord des avions vénézuéliens pour récupérer,les trois otages.A Buenos Aires, les autorités ont annoncé que l’ex-président Nestor Kirchner et le chef de la diplomatie argentine Jorge Aiana feront partie de la délégation internationale et partiront à Caracas dès ce matin.VOIR PAGE A 8: OTAGES \\« H' A/oè7 IMÎDRO RUIZ LE DEVOIR C’était de nouveau la ruée vers les aubaines au centre-ville de Montréal hier, lors des soldes d’après-Noël, un phénomène en marge duquel en est apparu un autre: la revente des cadeaux sur Internet.Des cadeaux revendus sitôt reçus Les ventes aux enchères ont la cote sur Internet après Noël JAIME RAZURI AGENCE FRANCE-PRESSE Le président vénézuélien Hugo Châvez expliquant hier l’opération de récupération de trois otages des PARC dans la jungle colombienne.STÉPHANE BAILLARGEON Le père Noël vous a déçus?Les sites d’enchères sur Internet proposent une solution.Des millions d’internautes sans gêne et décomplexés s’engagent cette semaine dans cette toute nouvelle activité commerciale du temps des Fêtes: la revente de cadeaux en ligne.Les Québécois ne devraient pas faire exception.Plus d’un million d’entre eux font maintenant des achats sur Internet.Ils dépensent chacun une moyenne de 268 $ par mois par cette entremise virtuelle.La bûche à peine digérée, il n’y a pas que le Boxing Day pour chasser les aubaines.«La revente en ligne constitue un moyen efficace et discret d’écouler des marchandises tout en ménageant la susceptibilité de ceux qui nous les ont données», résume Erin Sufrin, directrice des relations publiques pour eBay Canada.L’ampleur du phénomène ne se laisse pas cerner facilement, de l’aveu même de la directrice.Le site eBay, fondé en 1995, demeure de loin le plus populaire du monde avec environ 250 ipillions d’utilisateurs enregistrés.Les Etats-Unis comptent pour la moitié des ventes aux enchères mondiales, qui totalisent plus de 50 milliards de marchandises réparties dans 50 000 sou^catégories (antiquités, monnaie, voyages, etc.).La moitié des clients américains avouent «redonner» les cadeaux qu’ils n’aiment pas; un sur dix en aurait déjà revendu au moins un en ligne, selon un sondage réalisé en 2005.Cette dernière proportion double (22 %) dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans.En Grande-Bretagne, une enquête de Nielsen/Net situe le taux de revendeurs de cadeaux à 15 %, avec un bon tiers de répondants (35 %) prêts à se lancer.En France, l’an dernier, un internaute sur sept se déclarait prêt à brocanter ses cadeaux sur la grande toile.Le site très français PriceMinister a vu les offres doubler dès le lendemain de Noël 2005, celles-ci passant à 200 000 produits.Janvier serait même devenu le meilleur mois de l’année de ce big bazar virtuel, alors qu’auparavant, c’était décembre.Le site eBay belge a lancé une campagne de pub avec un slogan en anglais on ne peut plus explicite: «When Santa bores, eBay scores», qui pourrait devenir «Quand le père Noël déçoit, eBay reçoit», ou encore: «Mauvaise pige?eBay corrige.» Et ici?«Le Québec aune petite longueur de retard pour le commerce en ligne par rapport aux autres Américains, VOIR PAGE A 8: CADEAUX ¦ Une saison de magasinage décevante aux Etats-Unis: page B 1 Le secteur des achats en ligne connaît un boum exceptionnel au Québec Septicémie Découverte clé contre le tueur n° 2 des unités de soins intensifs PAULINE GRAVEL Après quelques semaines aux soins intensifs dans un état précaire mais stable à la suite de problèmes cardiovasculaires, Hubert et Yvon ont finalement contracté une septicémie qui les a emportés en l’espace de quelques heures.Deuxième cause de mortalité dans les unités de soins intensifs, la septicémie est létale pour 50 % des personnes qui en sont victimes.Cette infection systémique est très souvent fatale en raison de l’absence de traitements efficaces.Et le seul qui agit tant bien que mal coûte énormément cher et n’est accordé qu’aux cas exceptionnels.Une équipe de chercheurs de l’université McGill a récemment découvert une nouvelle cible à viser, soit une enzyme dénommée caspase-1, pour sauver les personnes atteintes de septicémie.Grandement affaiblis, les patients aux soins intensifs contractent fréquemment des infections pulmonaires, intestinales ou urinaires.Et en raison de leur état de santé fragile, leur système immunitaire ne parvient parfois pas à contrôler ces infections — souvent nosocomiales — qui se disséminent alors dans le sang, voire dans l’ensemble de l’organisme, causant VOIR PAGE A 8: TUEUR I N D K X Annonces.B 4 Avis publics.A 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B6 Monde.B 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Sudoku.A 4 Télévision.B 7 Le pianiste sans faille Avec la mort d’Oscar Peterson disparaît le dernier acteur de l’âge d’or du jazz C’est tout simple: il y eut d’abord le piano joyeux de Jelly Roll Morton, puis le piano charnel de Duke Ellington, le piano économe de Count Basie, puis le piano bancal de Thelonious Monk.Ensuite?Il y eut la puissance d’Oscar Emmanuel Peterson.La puissance doublée d’un swing sans faille.À telle enseigne qu’après lui, c’est bête à dire, la manipulation des touches ébène et ivoire ne pouvait plus être ce qu’elle avait été jusqu’alors.Décédé à l’âge de 82 ans dimanche soir, Peterson était colossal.Il le demeure.POLLUTION AUTOMOBILE Levée de boucliers sans précédent contre l’EPA aux États-Unis ¦ À lire en page A 2 C’est un livre irrésistible.il rapproche les générations.ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Oscar Peterson, une des plus grandes figures de l’histoire du jazz.KS"!', SERGE TRUFFAUT Commençons par une lapalissade: dans la vie des grands de ce monde, au sens évidemment noble du terme, il y a toujours ce moment au cours duquel tout bascule, souvent pour le pire, parfois pour le meilleur.Dans le cas d’Oscar Peterson, né à Montréal le 15 août 1925, le bouleversement s’est produit au cours de l’année 1949.A l’époque, le prodige formé par sa sœur Daisy, la très religieuse Daisy, se produisait en trio à l’Alberta I-ounge, cabaret alors situé là où on a érigé une râpe à fromage faite hôtel à la lisière de la place du Canada.Régulièrement, les spectacles de Peterson étaient diffusés sur les ondes de CFCF.Toujours est-U que l’un d’eux fut entendu par le producteur américain Norman Granz alors qu’il était assis dans un taxi qui le ramenait à Dorval.Subjugué davantage que séduit par la virtuosité de ce fils d’immigrants originaires des îles Vierges, Granz ordonna au chauffeur de l'amener à l’Alberta Lounge.Au terme du set Granz parvint VOIR PAGE A 8: PETERSON Christiane Charette •«?U UNE HISTOIRE DES QUÉBÉCOISES «MA'm.m * K" Hélène-Andrée Bizier Une histoire des Québécoises en photos Fl D ES y O a n s de bonne» lecture» www.editionsfidcs.com * i A 2 LE DEVOIR.LE JEUDI 27 DÉCEMBRE 2007 LES ACTUALITÉS * «niasSï' iEfliSaa» >|r ONLY •im,\ >iS’ .t Wmmms ^ÊÈKiàlIt'^::::^' - .GABRIEL BOUYS AFP Plusieurs États américains sont en colère: alors qu’ils voudraient imposer au parc automobile des réductions des émissions de C02 de l’ordre de 30% d’ici 2016, (’Environmental Protection Agency impose plutôt le respect du plan fédéral prévoyant des réductions de 20% d’ici 2020.Levée de boucliers sans précédent contre l’EPA La Californie combattra devant les tribunaux la décision de l’agence, qui refuse d’approuver ses normes plus sévères d’émissions de C02 LOUIS-GILLES FRANCŒUR L> Environmental Protection Agency (EPA), res-i pensable de la protection environnementale au niveau fédéral étasunien, fait face à une levée de boucliers sans précédent en raison de son refus d’approuver les normes d’émissions de dioxyde de carbone (CO) de la Californie, imitées par 16 autres Etats.Les normes californiennes, que le Québec entend être la première province à promulguer sur son territoire, exigent une réduction des émissions moyennes du parc automobile de 30 % did 2016.L’administrateur de l’EPA, Stephen Johnson, a défendu la décision de son organisme, le 20 décembre, par le fait que le projet de loi sur la sécurité énergétique, signé la veille par le président, Bush, allait imposer dans l’ensemble des Etats-Unis une réduction de la consommation du parc automobile d’environ 20 % d’ici 2020.«L’administration Bush, a déclaré Stephen Johnson, va de l'avant avec une solution d’envergure nationale — et non au moyen d'une série de normes étatiques disparates — pour réduire l'empreinte sur le climat du parc automobile américain.» Le refus de l’EPA d’approuver )es normes californiennes — et celles des 16 autres Etats, par effet d’entraînement — constitue un précédent historique qui a immédiatement soulevé la colère du Congrès.De son côté, Arnold Schwarzenegger, gouverneur de La Californie, a immédiatement donné instruction d’en appeler de la décision de l’EPA devait les tribunaux, immédiatement appuyé par les Etats de Washington et de la Penn- sylvanie.La mesure a aussi é(é dénoncée par les écologistes d’un bout à l’autre des Etats-Unis.D’autre part, le comité du Congrès sur le contrôle et la réfonne du gouvernement a immédiatement exigé de la direction de l’EPA à la veille de Noël qu’elle protège tous les documents qui ont conduit à cette décision, lesquels devront lui être remis pour le 10 janvier.Stephen Johnson a pour sa part été convoqué devant le comité du Congrès pour le 23 janvier.Selon le sénateur Henry Waxman, de la Californie, ces documents démontreront que l’administrateur de l’EPA a pris cette décision malgré les avis de son contentieux et de ses propres services techniques.Dans les deux Chambres, les voix se sont élevées pour dénoncer ce refus d’ap-propver les règlements envisagés par les 17 Etats, d’autant plus que la Cour suprême des Etats-Unis avait confirmé en cours d’année que le dioxyde de carbone constituait un contaminant au sens des lois et, partant, pouvait être réglementé en vertu de leurs responsabilités constitutionnelles.Trois tribunaux fédéraux différents opt de plus confirmé en cours d’année le droit des 17 Etats de légiférer en matière de gaz à effet de serre même si cela équivaut à imposer une réduction de la consommation d’essence aux voitures, une responsabilité qui relève en principe du gouvernement fédéral américain.Tout comme au Canada.La norme californienne impose l’atteinte de ses objectifs de réduction quatre ans plus tôt que celle du président Bush — 2016 contre 2020 — mais ses premiers jalons de réduction s’appliqueraient dès 2009.Comparaison Le parc automobile étasunien, VUS et 4x4 exceptés, consomme présentement en moyenne 8,6 milles au gallon (mpg), soit environ 196 gr de CO, par kilomètre.Avec la proposition du président Bush, cette moyenne serait ramenée à 6,8 mpg en 2020, ou l’équivalent de 155 gr par kilomètre.Le même jour où l’EPA bloquait la norme californienne en refusant de l’entériner, la Commission européenne publiait ses nouvelles normes d’émissions de C02.Selon son état de la situation, le parc automobile européen émettait en 2004 en moyenne 162 gr/km, soit sept grammes de plus que ce que les Etats-Unis ciblent pour 2020.L’Union européenne, quant à elle, se donne pour objectif de ramener la consommation moyenne de son parc automobile à 130 gr/km en 2012 par des réductions draconiennes du poids, de la puissance et de la cylindrée.LUE ciblait une réduction de 120 gr/km, mais les engage ments volontaires des constructeurs ne permettront pas d’atteindre cet objectif, d’où la publication d’une norme lé gale.Les changements apportés aux voitures pour atteindre cet objectif vont se traduire par une augmentation du prix des véhicules de 1300 euros, un montant qui sera compensé par des économies d’essence qui atteindront en moyenne 2700 euros sur la durée de vie du véhicule.L’économie sera telle qu’elle pourrait inciter plusieurs consommateurs à délaisser les transports en commun.Par ailleurs, les constructeurs de gros véhicules pourront s’allier à d’autres pour obtenir la moyenne imposée, ce qui ne fait pas l'affaire notamment des Allemands, inconditionnels des luxueuses voitures énergivores.Le Devoir Dépotoir à Lachenaie Les citoyens refusent d’avoir une audience à rabais LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les citoyens qui vivent à proximité du site d'enfouissement de BEI à Lachenaie ne veulent pas d’une audience publique à rabais et s’insurgent contre le refus de la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, line Beauchamp, de les recevoir pour discuter avec eux du contexte anormal qui a présidé au lancement de ce projet Dans la demande d’audience qu’il a fait parvenir à la ministre le 19 décembre, le Comité des citoyens de la presqu’île Lanaudière évoque même des «irrégularités» dans le processus d’évaluation actuel.Se réservant tous ses droits juridiques, le comité, qui a attaqué sans succès les activités du dépotoir de Lachenaie, explique à la ministre Beauchamp que sa «façon d’agir vicie le processus et prive les citoyens, entre autres, de documents nécessaires à leur préparation pour intervenir adéquatement lors des audiences publiques.Nous devrons réagir à la dernière minute et sans préparation à plusieurs affirmations ou arguments» contenus dans l’étude d’impacts du promoteur, dit-il.Le promoteur, la société BEI, a déposé son étude d’impacts auprès du ministère le 3 octobre.Sbc jours plus tard, le ministère entreprenait de l’analyser pour finalement la juger conforme à sa directive en moins de dix jours.Cet exercice exige normalement des semaines, voire des mois d'échanges et d’analyses.Contrairement aux règles en vigueur, le MDDEP n’a pas lui non plus soumis cette étude d’impacts aux autres ministères pour obtenir leur avis à propos de leurs préoccupations avant de la déclarer complète.Cette analyse critique est souvent très utile aux citoyens en audiences.Enfin, plusieurs citoyens de la région de Lachenaie ainsi que le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) estiment que le promoteur invoque actuellement sa propre turpitude pour obtenir un feu vert qui lui permettrait d’augmenter de 22,5 millions de tonnes sa capacité d’enfouissement prolongeant ainsi sa vie utile d’au moins 17 ans.En effet selon le promoteur, ce site, qui recueille près du tiers des déchets de la Ville de Montréal devra fermer ses portes au printemps prochain si Québec n’augmente pas sa capacité d’enfouissement did là, ce qui semble expliquer la précipitation du ministère à gérer sa demande.Or un gestionnaire de site d’enfouissement est en mesure de savoir longtemps à l’avance quand son site doit fermer et peut présenter normalement une demande d’agrandissement beaucoup phis tôt et ainsi s’éviter des accusations comme celle de prendre Montréal en otage dans le but de forcer la main de Québec à la dernière minute.Dans sa lettre à la ministre Beauchamp, le président du Comité de dtoyens, Mario Desrosiers, rappelle que si Québec justifie sa prétipitation par le fait qu’il s’agit du même projet d’agrandissement qu’en 2002, il devrait aussi se rappeler que «la commission du BÀPE avait qualifié d’inacceptable ce projet d'agrandissement et que depuis, malgré certaines tentatives de mise en place de mesures d’atténuation, les activités du site ont créé des impacts négatifs croissants auprès des riverains».Un autre élément majeur du contexte régional a aussi changé.La Communauté métropolitaine de Montréal entend cesser d’exporter ses déchets et prévoit plutôt en tirer de l’énergie par une destruction totale, sous vide, dans un procédé au plasma qu’elle utiliserait dans au moins quatre usines réparties sur son territoire.La CMM mettrait ainsi fin à son recours massif à l’enfouissement, ce qui pourrait modifier les prévisions des sites régionaux Quant à la région de Lanaudière, elle compte désormais sur l’agrandissement du site de Saint-Tho-mas-de-Joliette, propriété de Dépôt Rive-Nord, une augmentation de 21/1 millions de tonnes, autorisée en juillet 2006 par l’ancien titulaire du MDDER Claude Béchard, malgré l’avis formel d'une autre commission du BAPE.Le Devoir Le patron de l’agence devra s’expliquer devant le Congrès On soupçonne des irrégularités dans le processus d’évaluation Encore du chemin à faire pour vivre en vert GREGORY BONNELL Toronto — Ce fut l’année déterminante pour vivre de façon écologique, ou du moins pour se faire demander d’adopter un mode de vie plus vert, alors que des politiciens de tous les horizons ont adhéré à la cause des changements J SOLDESu AUTOMNE- HIVER 2(X)7-2(X)8 30% à 60% Vêtements d’enfants 0 à 18 ans Vêtements de maternité 1(X)7, rue Laurier Ouest, Outremont Tél.: 274-2442 r climatiques, inspirés par la croisade d’Al Gore.Malgré les appels à investir dans les nouvelles technologies et modifier leur style de vie, les Canadiens qui souhaitent agir concrètement en 2008 devraient savoir qu'être vert ne comporte pas que des sacrifices.Des experts soutiennent qu'un style de vie écologique peut non seulement réduire le prix de certaines factures, mais aussi améliorer la santé mentale et physique, notamment en remplaçant certains déplacements en automobile par la marche ou le vélo.Toutefois, le nombre de per- SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE DU TEMPS DES FÊTES Lundi, 31 décembre : 7h30 à 16h30 *** Mardi, 1er janvier : FERMÉ Mercredi, 2 janvier : FERMÉ Jeudi, 3 janvier : 7h30 à 16h30 ***Pour être effectives le 3 janvier, les demandes d’arrêts temporaires de livraison par camelot doivent nous parvenir au plus tard le 31 décembre avant lOh.sonnes prêtes à passer de la parole aux actes demeure une question importante et dont la réponse est incertaine, selon les groupes écologistes.«P y a des sondages dans lesquels les gens disent: “Oui, nous sommes prêts à payer plus cher pour être verts."Je pense que c’est une affirmation qui doit encore être vérifiée, soutient Clifford Maynes, le dirêc-teur général de Green Communities Canada./espère vraimentqu'elle soit vraie.» Acheter de la nourriture biologique, installer un appareil de chauffage au gaz à haut rendement énergétique et des nouveües fenêtres ou encore se procurer une voiture hybride sont toutes des options écologiques qui comportent de plus importantes dépenses que le statu quo.«Nous savons tous que c’est la bonne décision à prendre dans notre vie, mais si nous sommes très verts, nous faisons des calculs à l’occasion: pouvons-nous nous permettre d’être aussi verts?, note M.Maynes.Toutefois, il y a assurément beaucoup d’intérêt dans la population et nous essayons de faire le plus de progrès possible.» Politique Dans l'arène politique, la question des changements climatiques est sortie de l'ombre en 2006 pour Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocat Vieux-Montréal 514.861.0469 devenir l’enjeu le plus pressant pour le Parlement et les gouvernements provinciaux La chef du Parti vert Elizabeth May, qui prédit que l’environnement et la guerre en Afghanistan seront les deux enjeux les plus importants au cours des prochaines élections fédérales, affirme que le débat doit maintenant aller au-delà des paroles et se manifester par des actions concrètes dans la vie de tous les Canadiens.Chris Winter, du Conseil de conservation de l’Ontario, note d’ailleurs qu'il faut des infrastructures sociales, notamment des programmes d'autopartage et une plus grande disponibilité de sources d’énergie verte ou d’aliments locaux, pour appuyer la volonté du public d’adopter un style de vie plus écologique.La réglementation sur les ampoules à faible consommation d’énergie et une taxe sur le carbone font aussi partie de l’équation, selon M.Winter.Quant à lui, M.Maynes tient rappelle que les initiatives vertes ne sont pas toujours restrictives ou négatives.«L’exemple parfait est la marche, remarque-t-il.C’est un plaisir en soi.Même s’il n ’y avait aucun bénéfice environnemental, j’aimerais marcher.» La Presse canadienne é t LE DEVOIR.LE J E l 1) 1 27 DECEMBRE 2 0 0 7 A 3 1CTUALITES « 'vij^ ; K JMkt.JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’Etat québécois a dépensé 55 millions entre 2000 et 2004 pour aider — souvent avec succès — les fumeurs à écraser.Bientôt, de nouvelles mesures dissuasives entreront en vigueur, notamment en ce qui concerne la présentation des cigarettes.Le remboursement des produits antitabac a des effets tangibles au Québec C LAI RAN D RÉ E CAUCHY Au moment de s’exiler pour griller une cigarette dans la cave ou sur le pas de la porte après avoir enfourné leur dernière portion de tourtière et de bûche, nombreux sont les fumeurs qui renouvellent ces jours-ci leur résolution d’écraser pour la nouvelle année.Près du tiers des fumeurs québécois ont utilisé au cours des deux dernières années des timbres de nicotine pour les aider à mettre en oeuvre cette résolution, contre 11 % pour les gommes de nicotine et 5 % pour le bupropion (Zyban).Plusieurs d’entre eux n’en étaient pas à leur première tentative pour se débarrasser de ce vice.C’est ce qui ressort des données recueillies en 2006 et présentées dans un récent rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) visant à évaluer l’efficacité du remboursement de ces produits par le régime d’assurance médicaments depuis 2000.Les données colligées nous apprennent également, sans surprise, que c’est en début d’année, à l’heure des bonnes résolutions, que les pharmaciens rem- plissent le plus d’ordonnances de produits antitabac.Si on ne sait pas combien de fumeurs ont bel et bien renoncé à leur vice grâce à cette mesure, il apparaît clairement que le recours à ce que les experts appellent les «aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique» est assez répandu et que les tentatives sont de plus en plus sérieuses au fur et à mesure des essais.LTNSPQ estime qu’en-viron la moitié des fumeurs ont eu recours à ces médicaments entre 2000 et 2004, soit plus de 300 000 personnes inscrites à l’assurance médicaments et quelque 450 000 Québécois assurés dans le privé.Lorsque l’on considère uniquement les prescriptions honorées par le régime public d’assurance médicaments (RPAMQ), on constate cependant que le nombre d’utilisateurs a diminué d’environ 30 % entre 2002 et 2004, alors que la proportion de fumeurs chutait de seulement 14 % pour la même période.D faut toutefois préciser que ces mesures ont été colligées avant l’entrée en vi- gueur de la loi qui restreint l’usage du tabac dans les lieux publics en mai 2006, dont un nouveau train de mesures sera d’ailleurs mis en application au printemps prochain.Persévérance Si on comptait moins d’adeptes des produits antitabac en 2004, les tentatives semblaient de plus en plus sérieuses d’une fois à l’autre.On estime que l’État a remboursé en moyenne cinq à six ordonnances en quatre ans pour chaque personne ayant essayé d’arrêter de fumer.«C’est donc dire qu’une rechute lors d’une tentative de renoncement au tabac ne semble pas dissuader les fumeurs d’utiliser à nouveau une aide pharmacologique reconnue pour doubler les taux d’abandon», conclut le rapport de l’INSPQ, intitulé «Remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique au Québec».Les fumeurs repentants sont de plus en plus persévérants au fil des tentatives.«Les utilisateurs de timbres ont tendance à s’en procu- rer pour une durée plus longue d’une utilisation à l’autre, soit une durée moyenne de 43 jours à la première utilisation et de 57 à la quatrième», peut-on encore lire dans le rapport.Ces données incitent l’INSPQ à penser que le remboursement des produits antitabac depuis 2000 est responsable «d’un nombre important d’abandons du tabac».Des études montrent que le taux d’abandon, estimé à seulement 10 % sans aide, double avec le recours à un des produits pharmacologiques ou un counselling professionnel.L’État québécois a dépensé 55 millions entre 2000 et 2004 pour aider les fumeurs à écraser, soit un maximum de 15 millions en 2002 et 11 millions en 2004.C’est sans compter le coût des ordonnances défrayé par les régimes d’assu-rancçs privées.L’État dépense en moyenne 129 $ par année pour chaque utilisateur de produits antitabac, soit 138 $ pour ceux qui ont recours aux timbres, 67 $ pour les consommateurs de Zyban et 58 $ pour ceux qui mâchent des gommes à la nicotine.Le Devoir La moitié des fumeurs ont eu recours à ces médicaments depuis 2000 Afghanistan : Harper n’est pas certain que le message passe MURRAY BREWSTER Ottawa — le premier ministre Stephen Harper dit ne pas être certain que les Canadiens comprennent bien l’importance de rester engagés en Afghanistan.11 a fait ce commentaire dans une entrevue de fin d’année avec-la Presse canadienne.Depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, 73 soldats et un diplomate canadiens ont perdu la vie, créant des débats souvent houleux au pays.Le Parlement devra se prononcer d’ici au printemps sur le genre de mission que devrait entreprendre le Canada après la fin de son mandat actuel en février 2009.Quand on lui a demandé si les Canadiens comprenaient vraiment ce qui était en jeu, M, Harper a répondu qu’il ne le savait pas.l>es conservateurs ont été constamment attaqués aux Communes et dans les médias au cours de la dernière année sur leur façon de gérer la guerre en Afghamstan.Plusieurs sondages ont démontré que les Canadiens considèrent trop élevé le prix à payer pour amener la paix et la prospérité en Afghanistan.Alors que le nombre de morts ne cessait de grimper au printemps, le premier ministre avait semblé reculer quelque peu en juin, laissant entendre que la mission de combat pourrait ne pas être prolongée au-delà de l’échéan- cier actuel si la poursuite des opérations ne faisait pas consensus chez les députés.Toutefois, après un remaniement ministériel au cours duquel l’ancien ministre de la Défense, Gordon O’Connor, a été rétrogradé au Revenu, M.Harper a pu suffisamment reprendre le contrôle de la guerre pour affirmer dans le discours du Trône que le Canada devrait rester engagé en Afghanistan jusqu’en 2011.«Le gouvernement comprend que nous avons pris un engagement international important pour des raisons importantes de sécurité internationale, ce qui aura à long terme un impact direct sur ce pays», a déclaré M.Harper à la Presse canadienne.Selon un sondage effectué quelques semaines après le discours du Trône, les Canadiens seraient en grande majorité contre la poursuite de la mission actuelle en Atghanistan durant trois années de plus.«Je ne sais pas si les Canadiens comprennent ou ne comprennent pas, a dit M.Harper./e pense que les Canadiens sont très troublés par les morts.» En juin, dans un sondage Déci-ma-La Presse canadienne, 67 % des répondants avaient dit croire que le nombre de morts était inacceptable étant donné les progrès réalisés à Kandahar.La Presse canadienne «Je pense que les Canadiens sont très troublés par les morts» _____________________________________________________________________________________________________________________________| \ ^ - y FINBARR O’REILLY REUTERS Le Parlement aura à se prononcer bientôt sur le genre de mission que devrait entreprendre le Canada après la fin de son mandat actuel, en février 2009.EN BREF La police d’Ottawa défend Tutilisation du laser Ottawa—La police d’Ottawa défend l’utilisation d’un pistolet Taser, la semaine dernière, pour contrôler un adolescent qui se comportait bizarrement dans la rue.Le sergent Peter Couillard a précisé que des policiers avaient maîtrisé le jeune homme avec un pistolet à décharge électrique et l’avaient en> mené en détention, où il avait bénéficié de toute «l’attention nécessaire» avant d’être relâché.Selon la police, il ne s’agissait pas d’un incident grave.Le policier a défendu l’utilisation du pistolet paralysant contre l’adolescent soutenant que c’était la meilleure façon à ce moment-là de maîtriser le jeune homme agressif.L’utilisation du pistolet Taser est de plus en plus remise en question dans l’opinion publique, surtout depuis la mort de l’immigrant polonais Robert Dziekanski.- La Presse canadienne Alcool au volant: la lutte stagne Ottawa — Les progrès des efforts visant à réduire le problème de la conduite en état d’ivresse au Canada sont au point mort C’est du moins la conclusion d’un nouveau sondage réalisé par la Fondation de recherche sur les blessures de la route (FRBR).Un indicateur du pourcentage de Canadiens ayant conduit avec un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise selon la loi a grimpé à 8,2 %, alors qu’il était de 5,6 % en 2004.Ward Vanlaar, chercheur de cette fondation basée à Ottawa, rapporte que l’absence de tendance à la baisse de la conduite en état d’ivresse se vérifie aussi dans d’autres pays.M.Vanlaar soupçonne plusieurs facteurs d’être à l’origine de l’arrêt des progrès, mais il désigne comme facteur contributif important les récidivistes de l’alcool au volant L’an dernier, ceux-ci ont effectué 6,6 millions de déplacements sous l’influence de l’alcool au Canada, ce qui représente environ DANIEL AGUILAR REUTERS Davantage de Canadiens conduisent en état d’ivresse.90 % de toute l’activité de conduite en état d’ivresse.Le chercheur croit aussi que le manque de préoccupation mani- festé par les conducteurs aux facultés affaiblies à l’égard de ce problème pourrait freiner les progrès.Le sondage a aussi permis de dégager un profil des conducteurs en état d’ébriété.Comparés aux conducteurs sobres, ils étaient généralement des hommes et avaient eu davantage de contraventions pour divers excès.D’autre part, les conducteurs qui conduisent avec les facultés affaiblies ne semblent pas comprendre qu’ils augmentent ainsi substantiellement leurs risques de collision, comme le démontrent des recherches.Le sondage illustre par ailleurs que plus de 80 % des Canadiens appuient l’usage obligatoire d’antidémarreurs et la mise en fourrière immédiate du véhicule des conducteurs aux facultés affaiblies.Le sondage a été mené auprès de 1238 Canadiens; sa marge d’erreur s’élève à 2,8 %, 19 fois sur 20.La Presse canadienne La chronique de Michel David sera de retour le 8 janvier.Montréal 514.845.5545 ROLEX OYSTER PERPETUAL DATEJUST TURN-O-GRAPH ACIER ET OR JAUNE «Mi A* '< yf/wufo/y-uf Gàmbard Vente et service technique 630 A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 LE DEVOIR.LE JEUDI 27 DÉCEMBRE 2007 A 4 LES ACTUALITES Personnalité de l’année de la Presse canadienne Les agents de la GRC ont volé la vedette La police fédérale a souvent perdu pied en 2007 \ s" '¦ > '-1 : itm SHAUN BEST REUTERS Entre les retombées de l’affaire Maher Arar, un examen approfondi dans le cadre de la commission d’enquête sur l’attentat contre un avion d’Air India en 1985 ou la clameur entourant la mort de l’immigrant polonais Robert Dzierkanski, les agents de la GRC ont été à U avant-plan tout au long de l’année écoulée.JIM BROWN Ottawa — Du terrorisme aux pistolets Taser, du scandale des fonds de pension aux dangers des patrouilles en solitaire, la Gendarmerie royale du Canada a été constamment sous les projecteurs au cours des 12 derniers mois — même si les raisons n’ont sûrement pas plu à la force policière.Dans le cadre d’un sondage annuel mené par la Presse canadienne auprès des rédacteurs en chef et des directeurs de l’information des journaux ainsi que des stations de radio et de télévision de tout le pays, les agents de la GRC ont ainsi été nommés Personnalité de l’année 2007.Les répondants au sondage ont cité diverses raisons pour justifier leur sélection, mais le rédacteur en chef du Halifax Daily Nem, Jack Romanel-li, a bien résumé la situation: «La GRC a dominé les nouvelles canadiennes cette année.» Plusieurs histoires concernant la Gendarmerie royale ont ébranlé l’image traditionnelle, en tant que symbole national, du corps policier établi il y a 134 ans.Il y a eu les retombées constantes de l’affaire Maher Arar, un examen approfondi dans le cadre de la commission d’enquête sur l’attentat contre un avion d’Air India en 1985, la clameur entourant la mort de l’immigrant polonais Robert Dzierkanski à la suite d’une intervention avec un pistolet Taser, et le deuil qui a suivi la mort de deux jeunes gendarmes abattus alors qu’ils patrouillaient en solitaires dans le nord du pays.D y a aussi eu la nomination d’un premier civil, le fonctionnaire de carrière William Elliott, à la tête de la GRC, et des recommandations pour une refonte majeure de l’administration de la force policière à la suite d’un scandale concernant le fonds de pension.La somme de tous ces événements a mené à une crise de confiance du public envers la GRC.«La société canadienne a changé, a noté Paul Kennedy, président de la Commission des plaintes du public contre la GRC.Legros problème maintenant est de réussir à maintenir la confiance du public envers les grandes institutions.» La plupart des gens ont toujours fait confiance à la police montée sans trop poser de questions, a-t-il dit, mais maintenant, «cette position générale n ’est plus aussi évidente».M.Kennedy a toutefois ajouté que, peu importe les erreurs passées de la force, il n’est pas trop tard pour corriger le tir — notamment si on prend en compte l’indulgence dont plusieurs personnes font preuve à l’égard de la GRC.Cette notion est illustrée par Joanne McKenzie, directrice de l’information de la station de radio CJCD de Yellowknife et une des répondantes au sondage.Elle a remarqué le sentiment de perte et le deuil collectif qui ont suivi les morts des agents Christopher Worden et Douglas Scott dans deux incidents séparés dans le nord du pays.«R est temps que notre pays se rende compte de ce que font ces policiers et de la manière dont ils aident à unir ces collectivités, a-t-elle soutenu.Notre sentiment de perte devrait être un signal au reste du pays pour démontrer la valeur de notre force policière reconnue et respectée à travers le monde.» Les agents Worden et Scott ont été abattus alors qu’ils répondaient en solitaires à des incidents impliquant des résidants locaux.La GRC a, par la suite, établi une nouvelle politique pour s’assurer que des renforts soient disponibles dans le futur, mais on ne sait toujours pas comment elle pourra être appliquée, le manque de personnel étant un problème récurrent dans les régions éloignées.Il s'agit de la deuxième année consécutive où les répondants au sondage désignent un groupe plutôt qu’un individu comme Personnalité de l’année.En 2006, ils avaient choisi les soldats canadiens en Afghanistan.Un tel choix a été fait une seule autre fois au cours des 61 ans d’existence du sondage: en 1992, les répondants avaient opté pour le référendum sur l’accord constitutionnel de Charlottetown.Les agents de la GRC ont obtenu 37 votes cette année, devançant Conrad Black, qui a obtenu 27 votes, et Stephen Harper, qui en a obtenu 15.D’autres choix populaires ont été Robert Dzierkanski, l’immigrant polonais mort après avoir reçu une décharge d'un pistolet Taser, avec 14 votes, le meurtrier en série Robert fickton, avec huit votes, et Maher Arar, aussi avec huit votes.Karlheinz Schrei-ber, Brian Mulroney et Rick Hillier ont reçu cinq votes chacun, alors que le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont en a obtenu quatre.Maher Arar a obtenu 10 millions de dollars en compensation du gouvernement fédéral après qu’une enquête publique eut démontré qu'il avait été identifié à tort comme un terroriste membre du réseau al-Qaïda par la GRC — une information qui a ensuite été utilisée par les autorités américaines pour le déporter en Syrie où il a été torturé.Le tumulte qui a suivi a forcé le départ de Giuliano Zaccardelli, le commissaire de la GRC, à la fin de l’année dernière et a mené à la nomination du civil William Elliott au milieu de l’année.Une nouvelle enquête sur l’explosion d’un avion d’Air India en 1985 a ramené à l’ordre du jour, de façon très détaillée, les erreurs commises par la GRC et le Service canadien du renseignement de sécurité dans leurs enquêtes sur un attentat terroriste qui a coûté la vie à 329 personnes, mais n’ont mené qu’à une seule condamnation au criminel en 22 ans.M.Zaccardelli a aussi dû essuyer les critiques d’un avocat de Toronto, David Brown, qui, dans un rapport, a soutenu que la manière autocratique d’administrer de l’ancien commissaire avait aggravé la controverse entourant la mauvaise gestion du fonds de pension de la GRC.Dans un deuxième rapport plus général, M.Brown a recommandé d’établir un nouveau conseil de gestion civil pour la GRC et une nouvelle commission de surveillance plus puissante afin d’enquêter sur les plaintes du public.La Presse canadienne Plusieurs événements ont mené à une crise de confiance du public envers la GRC AVIS LÉGAUX ET APPELS D'OFFRES AVIS LÉGAUX & APPELS D'OFFRES • HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Té!.: 514 985-3344 Fax.514 985-3340 Sur Internet : www.ledevolr.com/avls.html • www.ledevolr.com/offres.html ______________ Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS PUBLICS TOMBÉES POUR LA PERIODE DES FÊTES Le Devoir ne sera pas publié les 25 et 26 décembre 2007 ainsi que les 1* et 2 janvier 2008.Nos bureaux seront fermés ces mêmes jours.KSOtVATIONS n MATEWa Publications des lundis 24 déc.et 31 déc.Publications des jeudis 27 déc.et 03 janv.Publications des vendredis 28 déc.et 04 janv.Publications des samedis 29 déc.et 05 janv.les vendredis précédents avant I2h00 les vendredis précédents avant 16h00 les lundis précédents avant 16h00 les jeudis précédents avant 16h00 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sudoku par Fabien Savary Niveau de difficulté : DIFFICILE 0746 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 1 9 5 8 | 6 4 2 3 7 8 6 3 5 7 2 1 4 9 2 4 7 1 3 9 8 5 3 1 4 9 8 6 7 2.5 5 8 6 3 2 7 4 9 ï 9 7 2 4 5 1 6 8 3 7 5 1 2 4 3 9 6 8 6 2 8 7 9 5 3 1 4 4 3 9 6 1 8 5 7 2 0745 SUDOKU : le logiciel 10 OOO sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s'il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.En cas d'erreur de l'éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est par les présentes donné que suite du décès de Thérèse Martin, en son vivant domiciliée au B-8205, Berri, Montréal (Qc) H2P 2G4, survenu le 24 octobre 2007, un inventaire des biens de la défunte, a été fait conformément à la Loi, par Pierrette Martin, la liquidatrice successorale, ainsi qu'il appert de l’acte reçu devant Me Laurent Fréchette.Notaire, le 20 décembre 2007.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Laurent Fréchette, Notaire, sise au 7160, boulevard Pie IX, Montréal (Québec), H2A 2G4.Donné, ce 21 décembre 2007 Pierrette Martin, liquidatrice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est par les présentes donné par France Choinière en sa qualité de liquidatrice de la succession de feu Paul Breton, que l'inventaire successoral a été dressé et qu'il peut être consulté par les intéressés chez Micheline Ouellette, notaire.4201 rue Sainte-Catherine est, à Montréal.CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL No: 500-12-290137-078 ÇQUR SUPÉRIEURE Présent: Greffier adjoint BLANCA MARGARITA HERRERA DE ALBIN Demanderesse c.FEDERICO ALBIN VEGH Défendeur ASSKMHQN ORDRE est donné à Federico ALBIN VEGH de comparaître au greffe de cette Cour situé au 1, rue Notre-Dame E, salle 2.17.le 18 lévrier 2008.à 9h00 suite à la publication du présent avis dans LE DEVOIR.Une copie de ia Requête de la demanderesse pour mode spéciale de signification par la voie des journaux a ete remise au greffe à Mention de Federico Albin Vegh Lieu: Montréal (Québec! Date: 21 décembre 2007 Julie Gagné Greffier adjoint J.G.2064 AVIS DE DEMANDE DE DISSOLUTION PRENEZ AVIS que 9146-3869 Québec me.demandera au Re-gistraire des entreprises la permission de se dissoudre Montreal, le 21 décembre 2007.CHAGNON V0CELLE FECTEAU.notaires, s.e.n.c.Procureurs de la compagnie Un don d'espoir pour la vie Erratum Le présent avis public remplace celui publié dans l'édition du 21 décembre 2007.Montréal ENTRÉE EN VIGUEUR DE RÈGLEMENTS Avis est donné que le conseil de la Ville, à son assemblée du 17 décembre 2007, a adopté les règlements suivants : 07-041 Réglement relatif à certains règlements de subvention (exercice financier 20081 Ce règlement prévoit les règles permettant de faire la concordance entre le régime de taxation à taux variés, l'abandon de la taxe d'affaires et de la taxe de l'eau et de services, et le régime fiscal précédent.07-042 Règlement relatif au fardeau fiscal (exercice financier 2008) Ce règlement précise la partie de l'augmentation du fardeau fiscal qui ne relève pas de la création de la Ville en ce qui a trait à l'harmonisation des fardeaux fiscaux des différents secteurs.07-043 Règlement sur les taxes (exercice financier 2008) 07-044 Règlement sur la subvention aux débiteurs de la taxe foncière générale imposée sur les unités d'évaluation admissibles (exercice financier 2008) 07-045 Règlement sur les tarifs (exercice financier 2008) 07-050 Règlement sur la fermeture d'une ruelle située au nord-ouest de la rue Everett entre la 20* Avenue et la 21* Avenue, aux fins da transfert aux propriétaires riverains, dans l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension 07-053 Réglement du conseil de la ville sur la subdélégation de certains pouvoirs relatifs è des équipements, infrastructures et activités d'intérét collectif identifiés è l'annexe du Décret concernant l'agglomération de Montréal (1220-2005, 8 décembre 2005) 04-047-53 Règlement modifiant le Plan d'ui^ banlsme de la Ville de Montréal (04-047) léglise St-John the Divine, arrondissement de Verdun) 04-047-54 Règlement modifiant la Plan d'urbanisme de la Ville de Montréal (04-047) (avenue Émile-Legrand, arrondissement de Mer-cier-Hochelaga-Maisonneuve) 04-047-55 Réglement modifiant le Plan d'urbanisme de la Ville de Montréal (04-047) (chapitre 18, arrondissement de Pierrefonds-Rox- boro] 04-047-56 Réglement modifiant le Plan d’urbanisme de le Ville de Montrée! (04-047) (avenue De Lorimier et boulevard René-Lévesque, arrondissement de Ville-Marie] 04-047-57 Réglement modifiant le Plan d'urbanisme de la Ville de Montréal (04-047) (rue Hochelaga, arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve) Les présents règlements entrent en vigueur en date de ce jour et sont disponibles pour consultation durant les heures normales de bureau à la Direction du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Ils peuvent également être consultés en tout temps sur le site Internet de la Villa : www.ville.mon-treai.qc.ca/reglements Montréal, le 27 décembre 2007 Le greffier par intérim de la Ville, M* Yves Saindon Une tigresse joue les assassins à San Francisco GLENN CHAPMAN San Francisco — Les autorités, qui cherchent à comprendre comment une tigresse a pu s’échapper de son enclos au zoo de San Francisco le jour de Noël, tuant un visiteur et en blessant deux autres avant d’être abattue, envisageaient hier la possibilité d’une libération intentionnelle de la bête.«Parce que nous ne sommes pas certains que ce soit le résultat d’une intervention humaine ou d’un accident [.], nous considérons le site comme une scène de crime», a indiqué Heather Fong, chef de la police de San Francisco, au cours d’une conférence de presse.Selon lui, le zoo sera considéré comme tel jusqu’à ce que les enquêteurs puissent déterminer comment l’animal a pu s’échapper.«Nous voulons nous assurer que nous rassemblons toutes les preuves pour que, en cas de responsabilité humaine, nous en ayons suffisamment pour la déterminer», a-t-il affirmé.«R semble que l'animal ait escaladé ou sauté hors de son enclos», avait déclaré plus tôt Robert Jenkins, l’un des directeurs du zoo, à des journalistes, précisant que cela n’était théoriquement pas possible.Les tigres du zoo sont maintenus dans un espace ouvert séparé du public par une douve de plus de cinq mètres de large et de six mètres de profondeur, ainsi qu’une grille de six mètres de hauteur.Mardi en fin d’après-midi, alors que la nuit commençait à tomber, Tatiana, une tigresse sibérienne de quatre ans qui pesait 136 kilos et qui avait déjà attaqué une gardienne l’année dernière, s’est retrouvée du mauvais côté du mur.Il était presque 17h, l’heure de la fermeture, et les allées du zoo, déjà clairsemées en ce jour de Noël, étaient presque vides.Mais un jeune homme se trouvait près de l’enclos, et la tigresse Ta immédiatement attaqué, se jetant sur lui par derrière et lui tranchant la gorge.H est mort sur le coup, le torse couvert de profondes coupures.Le félin s’en est alors pris à deux autres jeunes hommes qu’elle a grièvement blessés.Les policiers accourus sur place ont trouvé la tigresse assise à côté de l’un d’entre eux, penchée sur lui.Quand Us se sont avancés pour le secourir, l’animal a lâché sa proie et s’est retourné contre les policiers qui ont dû ouvrir le feu et l’abattre, a expliqué le sergent Steve Mannina.En décembre 2006, Tatiana avait déjà grièvement blessé une gardienne, lui arrachant une partie du bras d’un coup de patte à travers les grilles, alors que des dizaines de visiteurs assistaient au repas des fauves.Une enquête a conclu que la responsabilité du zoo était engagée dans cet accident parce que la jeune gardienne n’était pas suffisamment formée pour approcher les tigres.Agence France-Presse E N La pêche sur glace est commencée Quelque 135 000 pêcheurs amateurs étaient attendus dés hier à Tune des plus grandes traditions hivernales québécoises: la pèche aux petits poissons des chenaux qui durera jusqu’à la mi-février à Sainte-Annede-la-Pérade, en Mauricie.Le terni» froid qui a sévi récemment a favorisé la formation d’une épaisse couche de glace sur la rivière Sainte-Anne.Quelque 300 cabanes de BREF pèche sont installées pour le début de la pêche.L’année dernière, le temps très doux avait grandement nui à la pêche.Peu de cabanes avaient pu être installées en décembre et on avait dû les retirer après le jour de l’An, pour environ deux semaines, en raison de l’amincissement de la glace.Les retombées économiques de cette pêche pour la Mauricie sont évaluées à entre 3,5 et quatre miffions $.Environ la moitié des pêcheurs proviennent habituellement de la région de Montréal - La Presse canadienne «P'î ; L ÿ \ ?.\ V, :V^v#V?iV ¦ ¦ '' .vr ~ >' : » ««F • - ïitï -V ' ¦ £' ' >v V ' I#»#® ^1 'JV| -V “ ¦;v*-'V'0:f ¦‘z 4 a^LT'S im.• #S-' .- *# 0m,t x -¦ % >• '% - V &$;&*ÿv0, ¦¦ ^ «st¦*.’.*&'* .j, i *• • ï ^£«>^ WmWi m r» 4 ^ ‘1 : • * 4< 4 ; * .* * ¦ >1^ p, vMml n &'¥*¦ 4 ° y*» 4*+ i'*m * i I * ^ifc.Ml.f .ï?: f^Jf' # " ü * LeDevoir.com Maintenant actualisé 24h/24 LE DEVOIR, LE JEUDI 27 DÉCEMBRE 2007 EDITORIAL L’effet papillon Encore une fois, les banques centrales ont décidé d’agir de concert en injectant des masses de capitaux dans l’espoir d’estomper la crise de confiance qui saigne les livres des établissements financiers.Signe d’une angoisse économique plus prononcée qu’on veut bien l’admettre, les mesures arrêtées ces jours-ci sont d’une ampleur sans équivalent depuis des lunes.A Serge Truffaut u début de l’ébranlement provoqué par l’éclatement de la bulle immobilière, on estimait que les pertes afférentes avoisineraient les cent milliards.Puis, au fur et à mesure qu’on a inventorié la masse des hypothèques exotiques ayant fait défaut, on a réévalué à la hausse les impacts négatifs.Bref, on calcule aujourd’hui que les fictions financières avec lesquelles divers gestionnaires ont jonglé vont se traduire par la disparition de.2000 milliards de dollars! Ce chiffre mentionné, on ne sera pas étonné d’apprendre que la Banque centrale européenne (BCE), et elle seule, vient de mettre 500 milliards de dollars (!) à la disposition des prêteurs conventionnels.Jamais depuis son existence la BCE n’avait fourni autant d’argent frais.L’objectif recherché?Rendre confiance aux acteurs concernés au premier chef par cette débâcle.Car le problème n’est pas tant le manque de liquidités — il y en a suffisamment — mais bien le fait que les banques rechignent à se prêter entre elles.Depuis des mois, elles se regardent en chiens de faïence.À preuve, les sujets de leurs appels à l’aide.Contrairement à l’usage courant, les grandes banques américains ainsi que le géant suisse DBS ne se sont pas manifestés sur le territoire habituel — marchés boursiers, syndication financière, etc.— mais bien auprès des fonds souverains.Il est en effet notable de relever que Citigroup et Morgan Stanley hier, UBS et Merrill Lynch aujourd’hui ont frappé à la porte des caisses de dépôt du golfe Persique, de la Chine et de Singapour pour convaincre ces dernières d’acheter pour des milliards et des milliards de leurs actions.Dans le lot, il y a une exception: Goldman Sachs.Son cas a çeci de passionnant qu’il fourmille d’enseignements à propos de ce que ses responsables ont fait et ce que les autres n’ont pas fait.Pour parler cru, pendant que ces derniers se complaisaient dans les délices évidemment artificielles du bingo financier, les premiers collaient avec plus d’acuité que jamais sur ce qui est le cœur de leur culture d’entreprise: la gestion du risque.Obsédée, avec raison, par les conséquences que peut avoir sur sa réputation l’indolence qui s’empare des marchés lorsqu’il y a des masses de liquidités à la disposition de tous, cette banque s’emploie à ce que, du sommet au bas de sa hiérarchie, personne ne baisse la garde.À l’endroit de qui, de quoi?Des règles de prudence.On ne répétera jamais assez que la crise financière actuelle a ceci d’enrageant qu’elle est à bien des égards une répétition de crises antérieures.On pense aux junk bonds, ou obligations pourries, aux établissements d’épargne et de crédit (savings and bans) américains, à la déconfiture de la Barings dans les années 90 et à d’autres qu’on oublie.De quoi s’agit-il?De la méconnaissance des hauts dirigeants pour des véhicules financiers si complexes qu’ils engagent des mathématiciens et des physiciens pour les administrer.Bref, hier comme aujourd’hui, ils concoctent la rencontre d’Einstein et de Perrette et le pot au lait Plus incongru que ça.Enrageante est également l’attitude de la Réserve fédérale.Qu’elle se porte au secours des banques est légitime, car on évite ainsi que tout l’édifice ne s’écroule.Par contre, qu’elle ait décidé de baliser l’octroi de prêts immobiliers ces jours-ci, soit quatre mois après l’amorce de la crise, est révélateur d’une paresse qui, pour rester poli, laisse pantois.Au Canada, l’effet subprime a eu ceci d’inattendu qu’on s’attend à ce que les déboires subis par la CIBC réveillent, si on peut dire, le débat sur la fusion des banques canadiennes.On sait la CIBC plus exposée que les autres.On sait que, contrairement aux américaines, la CIBC n’a pas démarché de fonds souverains.Du moins pour l’instant.Et alors?Certains avancent que la solution à son problème consisterait justement en une fusion pure et simple avec la Royale, la Scotia, la Banque de Montréal ou la TD.C’est évidemment à suivre.Cela étant, il faut s’attendre à ce qu’une fois le pire de la crise derrière nous, les autorités dites compétentes se penchent sur ce fiasco.Cette fois-ci, espérons qu'ils prendront des mesures propres à policer les garnements de l’industrie.LE DEVOIR FONDE P AK HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE autre grand moment * Aiti WuvêAkX ARRIVANTS/ ?'ImTûI-cS REPRISE Tel père, tel fils On pensait que l’ère trudeauiste était bel et bien enterrée.Ce n’est pas le cas.Il a fallu que la progéniture de Pierre Elliott Trudeau remette ça.A la suite de la déclaration du gouvernement Harper admettant l’existence de la nation québécoise, il affirme qu’une telle reconnaissance est «une idée du XIX' siècle» qui divise le Canada Comme vision rétrograde, on ne fait pas mieux.La libre détermination des peuples, selon le concept de nation, est un principe fondamental des relations internationales du XX’ siècle et la simple remise en cause de ce droit est un affront à la souveraineté des peuples.Est-ce à dire que nous devrions nous soumettre à l’autorité fédérale sans mot dire?Si nous parlons une langue différente et avons une culture différente, cela ne nous donne-t-il pas le droit de gérer nos affaires à notre guise ou au moins d’avoir plus de liberté par rapport aux autres provinces?À écouter Justin Trudeau, les Québécois sont encore et toujours une population incapable de se gérer elle-même sans les grands frères «canadiens».Il s’agit d’une croyance aveugle que la confédération canadienne est idéale et ne comporte aucun défaut Au lieu de perpétuer un système fédéral déficient datant de la conquête britannique, qu’on «patche» au moindre problème, il feudrait redéfinir ses principes afin de créer un véritable regroupement conjuguant besoins nationaux autant que pan-nationaux.La Communauté européenne, qui vient d’accueillir neuf nouveaux membres cette semaine, devrait servir à Justin Trudeau d’exemple de fédération réussie.Par cette sortie publique, celui que l’on voit comme le futur chef du PLC vient de s’aliéner le vote des «nationalistes mous» en s'obstinant dans la même vision que son défunt père.Une tactique naïve et peu stratégique qui pourrait mener à la disparition de ce parti au Québec.Jimmy St-Gelais Saint-Jérôme, le 20 décembre 2007 LETTRES -?- Un lock-out différé La décision de la direction générale de la Télé-université, l’université à distance de l’UQAM, de suspendre les admissions et les inscriptions des étudiants revêt tous les aspects d’un lock-out.Lorsque les étudiants actuellement inscrits auront terminé leurs cours, les tuteurs se retrouveront sans travail.Il s’agit donc d’un lock-out différé.Cette décision ne vise pas à protéger les étudiants d'une grève, mais à exercer de la pression sur les tuteurs dans l’espoir qu’ils acceptent des offres salariales qui couvrent à peine l’inflation.Malgré la crise financière de ITJQAM, la Télé-université engrange des surplus depuis plusieurs années.Les tuteurs demandent un rattrapage salarial avec les chargés de cours de l’UQAM alors que tous les autres groupes de salariés de la Téluq ont obtenu la parité avec leurs collègues de l’UQAM.Les propos tenus dans cette lettre sont ceux de l’auteur et n’engagent que lui.Mike Almeida Étudiant au doctorat et chargé de cours à l’UQAM et tuteur à la Télé-université Le 20 décembre 2007 La naissance de Jésus et celle du Bouddha La connaissance des autres religions prend de l’importance et est très instructive.Par exemple, en cette période de Noël, on peut souligner que la naissance de Jésus rappelle étrangement certains aspects de la naissance du Bouddha six siècles auparavant.Le roi Çuddhodana et la reine Mâyâ pratiquaient la continence, comme Joseph et Marie.Au cours d’un songe, la reine voit un éléphant blanc pénétrer son flanc droit et devient enceinte.Dix mois après la conception immaculée, elle se rend visiter ses parents et s’étant arrêtée dans un parc, debout, appuyée sur un arbre, le Bodhisattva (futur Bouddha) sort de son flanc droit «sans la blesser».Plutôt que le bœuf et l’âne, deux nâgas (serpents) le baignent avec de l’eau chaude et froide, et plutôt que les rois mages, deux divinités le reçoivent dans leurs bras.Sa mère meurt sept jours plus tard et renaît dans le ciel le plus haut des deux.Pour en savoir plus sur le Bouddha, on lira avec intérêt La Sagesse du Bouddha de Jean Boisselier dans la collection «Découvertes Gallimard Religions».Louis Duchesne Québec, le 20 décembre 2007 Où vont les transports en commun?Il y a près de 11 ans que je demeure à Montréal et mes seuls et uniques moyens de transport sont l’autobus et le métro.Je n’ai jamais vu de ma vie une telle détérioration du service de la STM.Ces deux dernières semaines ont été extrêmement éprouvantes tant pour moi que pour un nombre considérable d’usagers.Le ras-le-bol est atteint, et j’ai bien peur que la STM ne soit plus capable de renverser le cours des choses.Les usagers n’en peuvent plus.J’ai vu cette semaine de l’agressivité des usagers, des gestes inquiétants de chauffeurs exténués par l’état de la situation.Un chauffeur a même arrêté complètement son autobus (pas d’éclairage ni chauffage) au coin de Saint-Michel et Rosemont parce qu’un usager manifestait verbalement haut et fort son écœurement profond à cause de la piètre qualité du service de la STM.Je crois que le problème est rendu tel — et ce n’est pas une question de tempêtes de neige — qu’une intervention des politiciens et des médias s’avère nécessaire afin d’apporter des solutions véritables et non accessoires.Il y a présentement à Montréal une population silencieuse prise en otage devant la détérioration inquiétante des transports en commun.Luc Cloutier Montréal, le 20 décembre 2007 LIBRE OPINION -«- Méditation devant la crèche JOSEPH GIGUÈRE Montréal Me voilà consciemment en ta présence pendant quelques instants.D’habitude quand une personne s’adresse à toi, te prie, elle le fait privément, dans l’intimité de son cœur.D'ailleurs, à la commission Bouchard-Taylor, il y a eu beaucoup d’insistance sur le caractère privé de cette relation.J’en ai retenu que je ne devais pas exiger de la société des privilèges particuliers pour m’aider à parler de toi, à te rendre hommage, à annoncer ton message et organiser la communauté de ceux qui croient en toi.Mais j'ai aussi compris que rien ne m'interdit de témoigner de ma foi en ta personne dans l’espace public et n’empêche les autres de m’écouter ou non, en autant que nous le faisons à notre propre compte, que nous ne demandons pas de faveur exclusive et ne troublons pas l'ordre.Tu as été toi-même clair sur le sujet quant aux pharisiens qui voulaient te piéger sur la question de l’impôt, tu as dit: «Rendez à César ce qui est à Char et à Dieu ce qui est à Dieu.» En cette veille de Noël, je contemple symboliquement le bébé que tu as été.Je suis ému et attendri.Je retourne à ma propre naissance, également en décembre, au fond de la campagne, dans une maison pauvre et mal chauffée.Le visage de ma mère apparaît, son front, ses yeux.Je revois le regard extatique de toutes ces mères en adoration devant leur bébé.J'évoque le début de vague de «baby-boom» qui pourrait être en train de se produire au Québec, ébloui par l’apparition en séquence de ces milliers de bedons rayonnants de belles jeunes femmes, à commencer par celui de la fiancée de mon fils.Merci de m’avoir révélé ma propre humanité J’aime Noël, parce que pour moi, la bonne nouvelle, Hnfiniment merveilleuse nouvelle, c’est ton incarnation.Tu viens nous dire que notre chair, que notre humanité, est belle, pure, radieuse d'espérance comme la lumière des yeux d'un bébé.L’amalgame dans mon imaginaire entre ta splendeur divine et ta naissance humaine dans une étable, en bébé plutôt pauvre, afin d'assumer notre condition à son niveau le plus hinnble, a bercé mon enfance de magie.A cette époque, les Venez Divin Messie et Dans cette étable étaient pratiquement des hymnes nationaux.Merci pour ce merveilleux, qui m’a en quelque sorte révélé ma propre humanité.Quand j'étais coopérant au Pérou, j’avais entendu des femmes évoquer leur vie misérable, où elles n'avaient pour tout destin que de s'échiner au travail dime clarté à l’autre, en disant «Entre nous et des animaux, il n'y a pas de différence.» Et cela me renvoyait à mon enfance de fils de cultivateur pauvre où toute la vie était configurée par le travail et je me disais que chez nous, heureusement il y avait le dimanche où, à travers rites et chants, à frôler le mystère parmi les fumées d’encens, nous finissions par éprouver plus ou moins confusément que notre vie avait une autre valeur, une autre dimension, que nous étions en quelque sorte des morceaux d'absolu avec une espèce de vocation précieuse.Quand je parle de toi avec mes amis, ils sont nom- breux à trouver que tu es un personnage historique infiniment intéressant moderne et branché sur les valeurs les plus belles et absolues qui soient prophète de ce que l’humanité a de meilleur avec ton «aimez-vous les uns les autres» et fa loi du pardon inconditionnel et inlassable; mais ils ont de la misère avec ta divinité.LEpître aux Hébreux définit la foi comme la manière d’avoir accès à ce que nous espérons, de connaître ce que nous ne voyons pas.Mais pourquoi il y en a qui croient et d’autres qui ne croient pas, ça je n’en sais rien.La Bible nous montre, à commencer par Abraham, plein de gens qui ont cru en toi, qui ont dialogué serré avec toi, qui même parfois t’ont chicané, mais qui ont progressivement développé avec toi une grande intimité, laquelle est devenue l'inspiration première de leur comportement fis ne comprenaient pas nécessairement ta logique, mais ils t’ont fait confiance.Croire en toi est en effet irrationnel.Tu es l’Autre.Nous n’avons pas de grille pour ramener ta logique à l’intérieur de notre rationalité humaine.Nous devons donc nous en remettre à la manière dont les uns et les autres te perçoivent selon leur trajectoire et leur histoire.C'est pourquoi, afin de respecter la liberté de croire de tout ce beau monde, il nous faut mettre en place des accommodements raisonnables.Ton Église née de la lumière de ta résurrection Au sortir de cette démarche des accommodejnents raisonnables, j’ai le goût de te parler de ton Eglise.Qui est mon Eglise aussi.Je ne m’en dissocie pas.J’essaie même de m’y engager un peu.Nous assistons d’un côté à un processus de vieillissement qui donne la funeste impression que nous sommes en train de vivre la fin d’un monde.En même temps, j’ai rarement senti dans cette Eglise autant de chaleur humaine, vu autant de regards allumés et vécu autant le sentiment que c’est la foi qui nous rassemble, que maintenant.Les gens de ma communauté chrétienne, ils sont plutôt vieux, ils ont les petitesses, les grandeurs et les contradictions des gens ordinaires, mais je sais qu’ils sont là parce qu’ils croient en toi.Et quand ils se prennent la main pour réciter le Notre Père, ils le font avec l’ardeur des tout-petits dans une garderie.Récemment, je discutais avec une amie religieuse, une femme exceptionnelle, un visage taillé à même la bonté, qui tout en se disant tannée de s'écraser le nez contre la vitre dans sa lutte pour la cause des femmes dans l’Eglise, avait dans l’œil la luminosité d’une Marie-Madeleine le matin de fa résurrection.Je ne suis pas pessimiste pour l’avenir de l'Eglise.J’ai évidement très hâte qu’eDe procède à sa révolution démocratique car sur une planète de plus en plus ouverte aux droits et libertés, sa structure de gouvernance est un peu gênante.Je me plais à imaginer que, phis démocratique, elle serait mieux connectée à ce que tu veux faire arriver dans notre monde.Cependant je ne suis pas découragé.Comme cette Eglise est née de la clarté inédite du matin de Pâques, de la lumière même de ta résurrection, c'est là un gage qu’eDe arrivera à faire ce qu'il faut pour qu’advienne le monde nouveau que nous devinons dans les yeux des enfants.Je m'excuse, je dois quitter ce moment d’intimité.J’ai un déjeuner de Noël avec ma gang du Sac à dos, des personnes en situation d’itinérance; du monde que tu nhaïs pas, je pense. LE DEVOIR.LE JEUDI OECE M B R E 2 O O 7 A 7 TÉLÉ-QUÉBEC Charles Chaplin est mort le jour de Noël 1977: trente ans plus tard, il faut revoir l’œuvre de ce génie tragi-comique du cinéma et se souvenir de l’humaniste, de l’«agitateur de la paix», comme il aimait à se qualifier lui-même.w * 30 ans sans Charlie Chaplin SYLVIO LE BLANC Montréal ela a lait 30 ans ce 25 décembre qu’est décédé Charles Chaplin, plein auteur de 66 films tournés entre 1914 et 1966.L'occasion est belle de rappeler la feuille de route de ce génie du cinéma doublé d’un humaniste.Né à Londres le 16 avril 1889, Charles connaît une enfance indigente.Charles père, alcoolique, trépasse en 1901; la fragile Hannah est souvent admise à l’asile et le frère aîné, Sydney, souvent parti au large (il est steward).Comme chez Charles Dickens — duquel Chaplin allait conserver Oliver Twist comme livre de chevet toute sa vie durant —, les douloureux souvenirs de jeunesse imprégneront l’œuvre chaplinesque.En 1914, il crée son personnage resté dans l’imaginaire: Chariot, qui fera d’abord rire et puis aussi réfléchir.Roger Boussinot l’a bien cerné: «Le “petit homme”, ainsi que Chaplin dénommait lui-même son personnage, est au premier abord la victime plus ou moins passive d’un ordre — ou d’un désordre — social qui le dépasse et l’écrase; mais le révolté gronde sous la victime et, tout au long de sa carrière, il n’a cessé, de plus en plus clairement, de plus en plus directement, de lancer de violents coups de boutoir contre la société et ses mythes: l’argent, l’armée, la religion, le travail.» Dans Chariot policeman (1917), il pratique le vol à l’étalage pour apaiser la faim d’une pauvre femme.Sur un bateau, L’Émigrant (1917), Chariot aperçoit enfin la statue de la liberté; suit un intertitre: «Arrivée sur la terre de la liberté», puis des employés de l’émigration encerclent vigoureusement les immigrés avec une corde, comme des bestiaux.Dans Une vie de chien (1918), Chaplin montre d’abord un petit chien disputer un os à une meute de chiens féroces, puis Chariot rivaliser férocement avec d’autres postulants pour un rare emploi.Le barda de Chariot soldat (1918) comprend un piège à rats et une râpe anti-poux.Dans Le Pèlerin (1922), Chariot est un prisonnier évadé qui vole l’habit d’un prêtre, gagne bientôt une ville, y prononce un sermon fort apprécié, puis — séquepce finale et célèbre —, refoulé tant par les Etats-Unis que par le Mexique, il sautille le long de la frontière, un pied dans un pays, un pied dans l’autre, dans un no man’s land absurde.Prémonition?Lumières sur Chaplin Un an après le terrible krach de 1929, Chaplin achève Les Lumières de la ville.Un millionnaire s’est pris d’amitié pour Chariot qui l’a sauvé de la noyade, et accepte de lui verser l’argent nécessaire pour guérir la cécité d’une fleuriste dont le vagabond s’est épris.Le hic, c’est que le millionnaire ne se montre prodigue que lorsqu’il est ivre, alors que dégrisé, il ne reconnaît même plus son sauveur.Ce qui a fait dire à Dan James: «Il n'avait probablement jamais lu Marx, mais sa vision du millionnaire des Lumières de la ville est une image assez exacte des conceptions de Marx sur le cycle des affaires.» Au moment de foire son tour du monde, en 1931, il déclare à une journaliste: «Les techniques pour réduire le travail et les autres techniques modernes n ’ont pas été inventées pour le profit mais pour aider l'humanité dans sa recherche du bonheur.» A une époque où la cinématographie ambiante est toute conçue pour faire oublier la misère et le chômage, Chaplin sort Les Temps modernes (1936), où Chariot est avalé par une chaîne de montage, alors que le directeur de l’usine lit d’un œil Tarzan et de l'autre surveille ses ouvriers sur un grand écran.Chariot se retrouve bientôt en prison.et n’en veut plus sortir.Finalement éjecté, il ramasse un chiffon rouge dans la rue et se retrouve inopinément à la tête d’une manifestation ouvrière.La fin du film reflète l’optimisme de la Nouvelle Donne (le New Deal) lancée par Roosevelt Le Dictateur Depuis que le ID" Reich a interdit La Ruée vers l’or pour sémitisme (!), Chaplin se rend compte du danger que représente Hitler pour la liberté.Il est fasciné par une actualité qu’il se repasse sans arrêt et qui montre le dictateur descendre d’un train et exécuter un petit pas de danse.H dit bien connaître le bâtard.Ne sont-ils pas nés à quatre jours d’intervalle?Ne lui a-t-il pas volé sa moustache?Il fera un film à son encontre.Aussitôt le projet connu, on se ligue contre lui (un sondage Gallup de l'époque révèle que 96 % des Etats-Uniens se déclarent hostiles à l’entrée de leur pays dans une guerre en Europe).Il est à peu près le seul cinéaste à oser se lever (malgré que les états-majors des majors états-uniennes soient quasi exclusivement constitués de personnes de confession juive, aussi incroyable que cela paraisse).Chaplin tennine le script du Dictateur le 1" septembre 1939, la journée même où Hitler envahit l’infortunée Pologne.Il est facile de reconnaître, derrière les personnages d’Adenoid Hynkel, Garbitsch (une référence à «garbage»: ordure), Herring («hareng») et Benzino Na-poloni (Napoléon), Adolf Hitler, Goebbels, Goring et Benito Mussolini.Dans le nom prêté à l’Allemagne — To-mania — niche le mot anglais mania: «manie», «démence»; dans celui prêté à l'Italie — Bacteria —, «bactérie».En 1942, voyant souffrir l’Europe et l’URSS, il milite pour l’ouverture d'un second front et lance devant 10 000 personnes: «Je ne suis pas communiste, je suis un être humain, et je crois connaître les réactions des êtres humains.Les communistes ne sont différents de personne; s’ils perdent un bras ou une jambe, ils souffrent comme nous tous et meurent comme nous tous.Et la mère communiste est la même que n’importe quelle mère.» Puis, aux journalistes: «Mon patriotisme ne s’est jamais inspiré d’un pays ou d’une classe mais du monde entier» Chariot à la barre Meurtrier en série sous peu guillotiné, Monsieur Verdoux (1947) répond à un journaliste outré: «Pourtant, c’est l’histoire d’un bon nombre de grosses fortunes.Un seul meurtre fait un méchant, des millions un héros.Le nombre sanctifie, mon bon ami.» Chaplin confie à un journaliste: «Monsieur Verdoux pense que le meurtre est le prolongement logique des affaires.» Puis, Q écrira: «Cest m film contre la guerre et le vain massacre de notre jeunesse.» Ce film lui vaudra de longs démêlés avec la censure.Mise sur pied par le sinistre McCarthy, la Commission sur les activités antiaméricaines voudrait le foire témoigner.Il déclare alors aux journalistes que si on le convoque, il se présentera déguisé en Chariot (Dans Un roi à New York, sorti en 1957, il se paiera les.têtes des membres de cette commission tant honnie.) A une époque où la simple prononciation du mot «communisme» fait frémir, il prend fait et cause pour Hanns Eisler, qn communiste allemand menacé d’expulsion des Etats-Unis, et demande à Pablo Picasso de mener une délégation d’artistes français à l’ambassade étatsunien-ne à Paris pour protester.Chaplin paie la note.Son fils relate: «Le petit chalet du tennis et la verte pelouse où autrefois mon père tenait une cour gracieuse étaient devenus déserts, le dimanche après-midi.Mon père fut l’homme le plus seul de Hollywood à cette époque.» Territoire hostile En 195?, au moment d’être considéré persona non grata aux Etats-Unis, il déclare: «/'aime la liberté, ce qui ROY EXPORT COMPANY Chaplin dans Les Temps modernes (1936).ne saurait m’être reproché dans aucun pays libre.» Dans son autobiographie, il écrira: «Des amism ’ont demandé comment j’en suis arrivé à m’attirer une pareille hostilité des Américains.Mon grand péché fut, et est toujours, d’être un non-conformiste.Bien que je ne sois pas communiste, j’ai refusé de suivre le mouvement en les détestant.Cela a bien sûr choqué beaucoup de gens.» Durant son long séjour, de 1912 à 1952, lui, le mime anglais, qui n’a jamais voulu de la naturalisation éfats-unienne, n’a jamais hésité à prendre position, par devoir, par humanisme.En 1972, on le fait sortir de sa tanière suisse et lui décerne un Oscar pour l’ensemble de son œuvre.On le presse alors de faire voir ses films au monde.Il s’exécute.Et c’est la découverte.Quels films ferait Chaplin aujourd’hui?Je gage que Bush y goûterait, de même que les intégristes musulmans et les faucons israéliens.S’il rivait au Québec, il suivrait un chemin opposé à celui qu’empruntent 95 % de nos comiques et humoristes à la gomme, qui font rire jaune et pour rien.D ferait des colères aux responsables de la SODEC et de Téléfilm Canada pour avoir subventionné des comédies idiotes, empêchant ainsi le talent d’éclore ailleurs, et leur enverrait ses œuvres complètes pour montrer ce qu’est une bonne comédie.En 1989, à la Place des Arts, j’ai assisté à la plus belle projection de film de ma rie, à savoir celle des Lumières de la ville, en noir et blanc, sur un support d’une netteté inespérée, muet mais avec musique, jouée par up orchestre dans la fosse (en l’occurrence, I Musici).A deux pas de moi, sur ma droite, une jeune fille d'à peu près 15 ans; sur ma gauche, un vieil homme probablement décédé aujourd’hui, riant tous les deux aux larmes à la séquence dite du combat de boxe: Chaplin n’avait pas pris une ride.Dans leurs analyses des Temps modernes, les exégètes (dont Sadoul et Mitry) de Chaplin ont tous constaté qu’à la séquence du troupeau déferlant de moutons blancs se juxtapose celle du «troupeau» d’ouvriers fonçant à l’usine, faisant ensuite les rapprochements de sens qui s’imposent Mais personne n’a remarqué, allez savoir pourquoi, que dans le troupeau de moutons blancs se profile un seul et unique mouton noir, qui semble suivre le troupeau, mais.Il faut revoir l’œuvre de ce génie tragi-comique du cinéma et se souvenir de l’humaniste, de Y«agitateur de la paix», comme il aimait à se qualifier lui-même.Chaplin a toujours lancé des des coups de butoir contre la société et ses mythes Changements climatiques: victoire relative à Bali ANDRÉ ROUSSEAU Membre de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a conférence de Bali sur les changements climatiques s’est conclue par une victoire relative, surtout diplomatique, engageant pour la première fois tous les pays participant aux négociations d’un accord post-Kyoto, qui doivent s’amorcer en avril 2008 et se tenniner fin 2(X)9 à Copenhague, au Danemark.C’est une victoire car les Etats-Unis ont dû se rallier au principe de la responsabilité commune mais différenciée (qu'ils rejetaient dans l'accord de Kyoto) devant permettre de réunir pays développés et pays en développement à une même table de négociations bien qu’ils aient fait reporter l’adoption de mesures ternies, chiffrées à la fin de ces prochaines négociations.Cependant, l’Union européenne et les pays en développement se sont entendus sur l'accélération des transferts tec hnologiques, la lutte contre la désertification et l'aide en cas de catastrophes naturelles, lœs engagements fermes recommandés par les scientifiques du Groupe' intergouvememental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), appuyés par l’Union européenne — soit une réduction globale de 25 à 40 % des émissions de gaz à effet de serre pour 2020 —, sont reportés comme base de discussion à la fin de 2009, L’urgence de décider immédiatement de ces engagements se base sur le travail de 800 scientifiques, sur plus de 2500 études et sur un taux d’exactitude de plus de 80 %.Le gouvernement canadien actuel, tout en refusant de ratifier l'accord de Kyoto, s’opposait aussi, pendant la conférence, à des objectifs chiffrés pour déplorer la faiblesse* de l’accord par la suite.A la suite des pressions publiques, il a dû se rallier aux autres accords importants mis en avant par l'Union européenne et les pays en développement.Pensons globalement, agissons localement Après cette conférence cruciale, on doit revenir au mot d’ordre «Pensons globalement, agissons localement».Montréal et le Québec peuvent être plus efficaces en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, bien que nous appuyions déjà le protocole de Kyoto.Le Québec peut exporter davantage d’énergie propre et renouvelable (hydroélectrique, éoliennç) au Canada (Ontariq, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, etc.) et aux États-Unis pour leur pennettre de fermer des centrales polluantes au charbon ou au gaz.Hydro-Québec construit une ligne pour doubler ses exportations en Ontario.Les exportations génèrent aussi des profits dont une moitié, versée au gouverne-ment, finance en partie nos services publics.Une nouvelle gestion de la forêt boréale avec 8 % d’aires protégées et sans coupes à blanc permettrait à la forêt de jouer son rôle de puits de carbone pouvant capter 100 tonnes annuelles de C02 par hectare de forêt.En stimulant le transport de marchandises par train et par bateau, cela contribuerait à réduire le transport routier par camion et donc la pollution ainsi que la facture de réfection du réseau routier.Des projets de trains rapides pourraient aussi être lancés.Volonté politique demandée Le gouvernement du Québec peut aussi accélérer la mise sur pied d’une industrie éolienne intégrée par des exemptions fiscales prolongées, attirant ainsi de nouveaux investisseurs.Le Danemark et l’Allemagne ont appliqué qne telle politique avec une réussite extraordinaire.A l’échelle du Canada, on pourrait hausser les impôts des entreprises d’énergies fossiles pour provoquer un transfert de capitaux vers les énergies renouvelables plus rentables, donc un remplacement plus rapide de ces énergies traditionnelles polluantes (pétrole, gaz, etc.).Les entreprises doivent penser l’innovation technologique autant sur le plan environnemental que du point de vue de la productivité.Le nouveau plan de transport devant être adopté par la Ville de Montréal peut réduire substantiellement la pollution et les épisodes de smog dans la grande région métropolitaine.Dans tous les centres urbains, on peut planter des dizaines de milliers d’arbres comme puits de carbone, capteurs de la pollution par l’automobile.Ces mesures et ces objectifs, appuyés par la majorité, peuvent faire du Québec un leader exemplaire en Amérique du Nord qui ne compte pas ses efforts pour améliorer l’environnement appliquer Kyoto et se préparer à l’après-Kyoto, en 2012.In mobilisation citoyenne alliée à la volonté politique de nos gouvernants fera toute la différence.Le Québec peut faire mieux pour réduire les émissions deGES Ecrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (re-daction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (od/oiat au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées).Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Général) Dion, Louis-Gilles Francceur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet) Laurence CTaveU/nipifre), Philippe Papineau (pupitre) Inuisc-Maude Riuux Soucy (Santé) ; Pauline Gravel (snences) : Michel Carneau (caricaturiste t ; Diane Précourt (responsable des pages thématutues).Martin Dudos, Mk-hele Malenlant et Christine I iumazet (correcteurs): iucuuis ( .renier et Jacques Nadeau (ptwO/graphes) A rMrnnriion culmrefle : Michel Bétair (théâtre et radier Culture) Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre radiers spéciaux et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile I remblay rriMéma.Isabelle Pare (culture) A l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de i information).Dominique Reny (pupitre).Eric Desrosiers.Claude Turcotte.Francois Desjardins; A l'information internationale ; Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale), Claude lévesque.Guy faillefer (adjoint au directeur de I infirmation).Serge Truffaut (éditorialiste).A I information politique : Hélène Buzzetti et AJec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec) Kathleen lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire a ta rédaction).Emilie Parent Bouchard.Etienne Plamondon-Emond (commis a la rédaction).In documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Olivier Spéciel (Québec).Monique Bhercr tfMaira) LA PUBLICITÉ Amélie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bossé, Dave Cameron (direrteuradjotnt).Julie Chrétien.Marlene CAtc, Christiane Icgault.Amélie Maltais.Claire Paquet.Geneviève Pierrat.Chantal Rainville.Martine Riopelle.Isabelle Sanchez.Nadia Sebai, Mélisande Simard (publicitaires).Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production ).Michel Bernatchez.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald l-ilion.Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORM.ATIQI'E Yanick Martel (responsable) PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service a la clientele).Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Fillon, Rachelle leclcrc, Jean-Robert Divers (responsable promotion).L'ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau.Danielle Ross.» LE DEVOIR, LE JEUDI 27 DÉCEMBRE 2007 ACTUALITES TUEUR SUITE DE LA PAGE 1 du coup des infections systémiques, aussi appelées septicémies, sepsis ou chocs septiques.Ces derniers peuvent aussi survenir à la suite d’une grippe, de brûlures étendues sur le corps, voire d’un simple acadent ou trauma, ajoute Maya Saleh, professeure au département des soins intensifs et chercheuse au Centre d’étude de résistance de l’hôte du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Lorsqu’une pneumonie se déclare, par exemple, les globules blancs quittent le sang pour infiltrer le tissu pulmonaire dans lequel ils se transforment en macrophages, véritables fantassins du système immunitaire qui phagocyteront les bactéries.«Quand il y a une infection, des protéines du macrophage, dites détectrices de pathogènes, vont se lier aux bactéries et c’est alors que les macrophages vont activer la caspase-1, une enzyme qu’ils contiennent mais qui était jusque-là inactive», précise la biochimiste Maya Saleh.Une fois activée, la caspase-1 induit la production et la libération de médiateurs de l’inflammation, appelés cytokines, par les macrophages.L’inflammation pour éliminer les bactéries L’inflammation permet de combattre une infection en nous débarrassant des pathogènes, elle est bénéfique, explique la scientifique.Mais si les bactéries se répandent dans le sang, comme c’est le cas lors d’une septicémie, les bactéries déclenchent une inflammation aiguë très intense, se traduisant par une tempête de cytokines qui est très toxique pour nos tissus.«Lors d'une septicémie, c’est l’inflammation et non les pathogènes qui tue le patient car l’inflammation atteint dans ce cas une intensité telle qu’elle entraîne la destruction des tissus.» En se basant sur cette observation, des études cliniques visant à bloquer les cytokines dans le but de freiner l’inflammation avant qu’elle n’atteigne des sommets incontrôlables ont été effectuées, mais en vain.«Même si on bloquait l’inflammation par ces médicaments, on ne parvenait pas à stopper les dommages provoqués par la septicémie.Cet échec nous a indiqué que ce n’était pas seulement l’inflammation qui causait la mort, mais quelque chose d’autre.» Des souris génétiquement modifiées qu’on avait dépouillées du gène responsable de la synthèse de la caspase-1 sont devenues résistantes à la septicémie, raconte la chercheuse.Par contre, les souris qu’on avait privées des gènes produisant les cytokines continuaient à mourir de septicémie.«Cela nous a confirmé que les cytokines ne sont pas les seules en cause dans la létalité car si on les bloque, ce n’est pas suffisant pour arrêter la septicémie.On a alors décidé d’étudier les autres activités de la caspase-1 en plus de son rôle dans la régulation de l’inflammation», dit-elle.Maya Saleh et son équipe se sont donc appliqués à déterminer toutes les protéines sur lesquelles la caspase-1 intervient en plus des cytokines.Elles ont ainsi découvert que l’enzyme interrompt la glycolyse, une voie métabolique qui transforme le glucose en énergie pour les cellules.«Il s’agit d’une voie importante pour la survie des cellules, y compris des macrophages, souligne la biochimiste.La caspase-1 peut aussi causer la mort des macrophages en dégradant des protéines clés dans la glycolyse qui fournit normalement l’énergie à ces cellules.» La source d’énergie tarie par la caspase-1 La glycolyse est également importante pour la contraction des muscles, poursuit la biochimiste avant de faire remarquer que les patients en septicémie meurent souvent d’insuffisance respiratoire.«Or, nous avons confirmé que l’activation de la caspase-1 durant la septicémie contribuait aussi à la destruction de toutes les protéines intervenant dans la glycolyse au sein du diaphragme, le muscle qui entoure les poumons et le cœur.Privé ainsi de sa source d’énergie, le diaphragme perdait sa contractilité, ce qui conduisait à une insuffisance respiratoire», souligne Mme Saleh.Cette découverte fondamentale du rôle de la caspase-1 dans la glycolyse fait l’objet d’une publication qui a été sélectionnée «article de la semaine» dans le Journal of Biological Chemistry car il s’agit d’une découverte qui aura une portée déterminante dans la mise au point de nouveaux traitements pour contrer la septicémie.«Nous avons besoin de la caspase-1 pour produire des cytokines et induire l'inflammation afin de nous débarrasser des pathogènes.Mais nous ne voulons pas qu’elle s’emballe sinon elle déclenchera une tempête de cytokines et dégradera toutes les protéines de la glycolyse, ce qui entraînera une dépression de la respiration», résume la chercheuse en rappelant que les animaux génétiquement modifiés qui ne possèdent plus le gène de la caspase-1 sont résistants à la septicémie, mais demeurent plus vulnérables aux infections.Il faudrait donc bloquer la caspase-1 non pas au début de l’infection — car cela serait nuisible puisqu’on priverait l’organisme des macrophages, des cytokines et d’une réaction inflammatoire aptes à combattre les pathogènes et à anéantir l’infection — mais au moment où l’inflammation prend de l’ampleur.«Il nous faudrait administrer des inhibiteurs de la caspase-1 aux patients qui se trouvent aux soins intensifs au moment où débute la septicémie afin de bloquer la destruction des enzymes de la glycolyse», précise Maya Saleh, qui affirme par ailleurs que l'on pourrait disposer d’inhibiteurs de la caspase-1 d’ici quelques années tout au plus.«Plusieurs compagnies pharmaceutiques sont en train de les préparer.La caspase-1 appartient à une famille de caspases qui ont d'autres fonctions, mais pour lesquelles il existe déjà des inhibiteurs.Comme toutes les caspases se ressemblent, nous n aurons qu 'à modifier légèrement la structure de leurs inhibiteurs», souligne la scientifique dont la recherche promet l’avènement de traitements efficaces pour contrer la fatalité qui est trop souvent associée à la septicémie.Le Devoir CADEAUX SUITE DE LA PAGE 1 mais ce retard va être comblé», commente Jean-François Oueüet, professeur de marketing aux HEC, spécialiste des innovations et des nouvelles technologies.«Déjà, 75 % des Québécois ont un accès régulier à Internet et 40 % font au moins un achat en ligne par année.» La version canadienne d’eBay revendique plus de dix millions de visites par mois.Ia version en français (cafr.ebayca) n’a que quelques mois d’existence.«On ne peut pas savoir exactement qui fait quoi et pour quelle raison», commente alors la directrice Sufiin.Elle révèle cependant des données portant sur la fin de l’armée dernière et qui fournissent de bons indices.Au cours de la semaine qui a suivi Noël 2006, la fameuse «boxing week», les catégories des DVD, des souvenirs de hockey (y compris les cartes), des CD et des livres fies essais, en fait) avaient dominé les échanges.Une semaine plus tôt, au moment des achats de cadeaux, la faveur allait plutôt vers les appareils électroniques (y compris les consoles de jeu), les vêtements et les chaussures, les équipements sportifs et les ordinateurs.Le Centre francophone d’informatisation des organisations (C1FR10) commence à suivre à la trace les activités sur Internet mais n’a pas de données à propos de la revente de cadeaux.Sa dernière étude, L’Indice du commerce électronique du Québec, montre tout de même que les achats en ligne représentent maintenant 3 % du commerce au détail québécois.Le secteur connaît un boum exceptionnel: la moyenne mensuelle a dépassé les 275 millions de dollars d’achats en 2007, par rapport à 88 millions de dollars par mois en 2005.OTAGES SUITE DE LA PAGE 1 Dans un communiqué publié à Paris, M.Sarkozy a remercié M.Châvez «pour ses efforts et son initiative, qu’il soutient pleinement», ainsi que le président colombien Alvaro Uribe «pour le sens des responsabilités dont ü a fait preuve» dans cette affaire.M.Uribe a mandaté Luis Carlos Restrepo, haut-commissaire colombien pour la paix, pour le représenter dans cette opération, a précisé M.Araujo.«Pour des raisons constitutionnelles, les avions qui participeront à cette mission devront porter l’emblème de la Croix-Rouge internationale», a-t-il ajouté.La guérilla des PARC a promis le 18 décembre de libérer trois de ses otages, à savoir Clara Rojas, la principale collaboratrice d’Ingrid Betancourt, son fils de trois ans, Emmanuel, et la parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez.M.Châvez a expliqué hier qu’il avait opté pour une «opération dans la transparence», qui a reçu l’accord des PARC, car une «opération clandestine» aurait été trop risquée.Cortège d’avions Pour récupérer les otages en territoire colombien, M.Châvez et les PARC ont mis au point un plan prévoyant un cortège d’avions à bord desquels se trouveront des représentants des gouvernements dç plusieurs pays, dont l’Argentine, le Brésil, Cuba, l’Equateur et la France, ainsi que du Comité international de Les enquêtes révèlent rarement la motivation profonde de la revente et même de la vente.Un vélo, c’est un vélo, un point c'est tout Tout de même, eBay.com a noté en 2004 une hausse de 16 % des mises en vente de pull-overs pour femmes le 25 décembre par rapport au 23.Les catégories des vins, des livres et des équipements vidéo avaient connu une hausse instantanée du quart après le réveillon.Redonner et revendre Pour la directrice Sufrin comme pour les anglophones en général, la revente en ligne n’est qu’une version phis récente et plus lucrative du regifting, soit l’habitude de redonner des cadeaux.Le Macmillan English Dictionary explique que ce mot (avec ses dérivés regifi et regifler) désigne aussi par euphémisme l’habitude de «revendre ou de mettre aux enchères sur Internet un cadeau peu apprécié».«Redonner des cadeaux est devenu plus populaire aux Etats-Unis après l’épisode “The Label Maker” de la série Seinfeld, dit-elle.C’est devenu une habitude acceptable et distrayante, une activité à la mode.» Le dictionnaire Macmillan cite même la populaire série Seinfeld comme creuset du mot servant à désigner cette chose tout de même plus ancienne.Une vieille blague affirme que dans toute l’Amérique, il ne se cuit que deux nouveaux gâteaux aux fruits par année, tous les autres étant des cadeaux recyclés du Noël précédent Dans cet épisode diffusé pour la première fois le 19 janvier 1995, le 98' de la drolatique série, Jerry Seinfeld reçoit une étiqueteuse que son amie Elaine a elle-même d’abord donnée à une de leurs connaissances communes: «He’s a regifter!» La série The Simpsons a poussé le bouchon de l'insolence assez loin avec un spécial de Noël où un cadeau des mages était refilé en douce à la Crok-Rouge (CICR).Hugo Châvez a fourni des détails du processus de libération: des avions et deux hélicoptères doivent partir d’un aéroport du sud-ouest du Venezuela vers la ville colombienne de Villavicen-cio, à quelque 100 km au sud-est de Bogotâ.De là, les deux hélicoptères équipés de réservoirs supplémentaires rejoindront le point de remise en liberté des otages, qui sera décidé par les PARC et tenu secret puis repartiront vers le Venezuela.M.Châvez a en outre souhaité que cette triple libération, promise par les PARC, soit suivie rapidement par celle de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt enlevée avec Clara Rojas le 23 février 2002.«Nous voulons libérer tous ces otages.Plaise à Dieu qu’un autre groupe soit libéré et j’ai l’espoir que dans ce groupe se trouvera notre amie Ingrid Betancourt, je l’ai dit au [président français Nicolas] Sarkozy», a-t-il déclaré.Hugo Châvez a par ailleurs accusé les Etats-Unis d’avoir fait échouer un plan de libération de tous les otages dits «politiques» des PARC, au nombre de 45, que la guérilla propose d’échanger contre quelque 500 de ses combattants incarcérés par les autorités colombiennes.Les négociations «se passaient bien, nous étions trà optimistes, il s’agissait d’un accord humanitaire intégral, [.], un plan de libération de tous les otages, pas seulement trois, mais tous, y compris les "gringos” [trois Américains], Uribe avait dit oui, mais d’intenses pressions du gouvernement des États-Unis ont fait avorter l’opération», a-t-il ajouté.Le président colombien Alvaro Uribe avait mis fin brutalement le mois dernier à la médiation menée par Châvez avec les PARC, mais ce dernier a poursuivi les discussions avec la guérilla colombienne, qui dit vouloir remettre les otages au président véné- une autre famille: «Personne n à besoin de myrrhe!» Une des règles d’or à respecter par les «redonneurs», selon le site dEmily Post la Madame Etiquette à l’américaine, exige de ne pas se débarrasser de certains biens: les chandelles, les savons, les CD inqualifiables (comme celui des versions grégoriennes des tubes de Céline Dion par les moines de Saint-Be-noît-du-Lac), les chaussettes et les gâteaux aux fruits, bien sûr.D serait aussi important de garder le secret voire d’utiliser un pseudonyme en ligne.«Nous, ce que nous disons, c’est qu’il n’y a pas de problème moral avec cette pratique, dit la directrice Sufrin.Est
de

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