Le devoir, 27 décembre 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LE JEUDI 27 DÉCEMBRE 2007 ACTUALITES TUEUR SUITE DE LA PAGE 1 du coup des infections systémiques, aussi appelées septicémies, sepsis ou chocs septiques.Ces derniers peuvent aussi survenir à la suite d’une grippe, de brûlures étendues sur le corps, voire d’un simple accident ou trauma, ajoute Maya Saleh, professeure au département des soins intensifs et chercheuse au Centre d’étude de résistance de l’hôte du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Lorsqu’une pneumonie se déclare, par exemple, les globules blancs quittent le sang pour infiltrer le tissu pulmonaire dans lequel ils se transforment en macrophages, véritables fantassins du système immunitaire qui phagocyteront les bactéries.«Quand il y a une infection, des protéines du macrophage, dites détectrices de pathogènes, vont se lier aux bactéries et c’est alors que les macrophages vont activer la caspase-1, une enzyme qu’ils contiennent mais qui était jusque-là inactive», précise la biochimiste Maya Saleh.Une fois activée, la cas-pase-1 induit la production et la libération de médiateurs de l’inflammation, appelés cytokines, par les macrophages.L’inflammation pour éliminer les bactéries L’inflammation permet de combattre une infection en nous débarrassant des pathogènes, elle est bénéfique, explique la scientifique.Mais si les bactéries se répandent dans le sang, comme c’est le cas lors d’une septicémie, les bactéries déclenchent une inflammation aiguë très intense, se traduisant par une tempête de cytokines qui est très toxique pour nos tissus.«Lors d’une septicémie, c’est l’inflammation et non les pathogènes qui tue le patient car l’inflammation atteint dans ce cas une intensité telle qu’elle entraîne la destruction des tissus.» En se basant sur cette observation, des études cliniques visant à bloquer les cytokines dans le but de freiner l’inflammation avant qu’elle n’atteigne des sommets incontrôlables ont été effectuées, mais en vain.«Même si on bloquait l’inflammation par ces médicaments, on ne parvenait pas à stopper les dommages provoqués par la septicémie.Cet échec nous a indiqué que ce n’était pas seulement l’inflammation qui causait la mort, mais quelque chose d’autre.» Des souris génétiquement modifiées qu’on avait dépouillées du gène responsable de la synthèse de la caspase-1 sont devenues résistantes à la septicémie, raconte la chercheuse.Par contre, les souris qu’on avait privées des gènes produisant les cytokines continuaient à mourir de septicémie.«Cela nous a confirmé que les cytokines ne sont pas les seules en cause dans la létalité car si on les bloque, ce n’est pas suffisant pour arrêter la septicémie.On a alors décidé d’étudier les autres activités de la caspase-1 en plus de son rôle dans la régulation de l’inflammation», dit-elle.Maya Saleh et son équipe se sont donc appliqués à déterminer toutes les protéines sur lesquelles la caspase-1 intervient en plus des cytokines.Elles ont ainsi découvert que l’enzyme interrompt la glycolyse, une voie métabolique qui transforme le glucose en énergie pour les cellules.«Il s’agit d’une voie importante pour la survie des cellules, y compris des macrophages, souligne la biochimiste.La caspase-1 peut aussi causer la mort des macrophages en dégradant des protéines clés dans la glycolyse qui fournit normalement l’énergie à ces cellules.» La source d’énergie tarie par la caspase-1 La glycolyse est également importante pour la contraction des muscles, poursuit la biochimiste avant de faire remarquer que les patients en septicémie meurent souvent d’insuffisance respiratoire.«Or, nous avons confirmé que l’activation de la caspase-1 durant la septicémie contribuait aussi à la destruction de toutes les protéines intervenant dans la glycolyse au sein du diaphragme, le muscle qui entoure les poumons et le cœur.Privé ainsi de sa source d’énergie, le diaphragme perdait sa contractilité, ce qui conduisait à une insuffisance respiratoire», souligne Mme Saleh.Cette découverte fondamentale du rôle de la caspase-1 dans la glycolyse fait l’objet d’une publication qui a été sélectionnée «article de la semaine» dans le Journal of Biological Chemistry car il s’agit d’une découverte qui aura une portée déterminante dans la mise au point de nouveaux traitements pour contrer la septicémie.«Nous avons besoin de la caspase-1 pour produire des cytokines et induire l’inflammation afin de nous débarrasser des pathogènes.Mais nous ne voulons pas qu’elle s'emballe sinon elle déclenchera une tempête de cytokines et dégradera toutes les protéines de la glycolyse, ce qui entraînera une dépression de la respiration», résume la chercheuse en rappelant que les animaux génétiquement modifiés qui ne possèdent plus le gène de la caspase-1 sont résistants à la septicémie, mais demeurent plus vulnérables aux infections.Il faudrait donc bloquer la caspase-1 non pas au début de l’infection — car cela serait nuisible puisqu’on priverait l’organisme des macrophages, des cytokines et d’une réaction inflammatoire aptes à combattre les pathogènes et à anéantir l’infection — mais au moment où l’inflammation prend de l’ampleur.«Il nous faudrait administrer des inhibiteurs de la caspase-1 aux patients qui se trouvent aux soins intensifs au moment où débute la septicémie afin de bloquer la destruction des enzymes de la glycolyse», précise Maya Saleh, qui affirme par ailleurs que l’on pourrait disposer d’inhibiteurs de la caspase-1 d'ici quelques années tout au plus.«Plusieurs compagnies pharmaceutiques sont en train de les préparer.La caspase-1 appartient à une famille de caspases qui ont d’autres fonctions, mais pour lesquelles il existe déjà des inhibiteurs.Comme toutes les caspases se ressemblent, nous n’aurons qu’à modifier légèrement la structure de leurs inhibiteurs», souligne la scientifique dont la recherche promet l’avènement de traitements efficaces pour contrer la fatalité qui est trop souvent associée à la septicémie.Le Devoir CADEAUX SUITE DE LA PAGE 1 mais ce retard va être comblé», commente Jean-François OueDet, professeur de marketing aux HEC, spécialiste des innovations et des nouvelles technologies.«Déjà.75 % des Québécois ont un accès régulier à Internet et 40 % font au moins un achat en ligne par année» La version canadienne d’eBay revendique plus de dix millions de visites par mois.La version en fiançais {cafr.ebay.ca) n'a que quelques mois d’existence.«On ne peut pas savoir exactement qui fiait quoi et pour quelle raison», commente alors la directrice Sufrin.Elle révèle cependant des données portant sur la fin de Tannée dernière et qui fournissent de bons indices.Au cours de la semaine qui a suivi Noël 2006, la fameuse «boxing week», les catégories des DVD, des souvenirs de hockey (y compris les cartes), des CD et des livres (les essais, en fait) avaient dominé les échanges.Une semaine plus tôt au moment des achats de cadeaux, la faveur allait plutôt vers les appareils électroniques (y compris les consoles de jeu), les vêtements et les chaussures, les équipements sportifs et les ordinateurs.Le Centre francophone d’informatisation des organisations (CIFRIO) commence à suivre à la trace les activités sur Internet mais n’a pas de données à propos de la revente de cadeaux, à dernière étude, L’Indice du commerce électronique du Québec, montre tout de même que les achats en ligne représentent maintenant 3 % du commerce au détail québécois.Le secteur connaît un boum exceptionnel: la moyenne mensuelle a dépassé les 275 millions de dollars d’achats en 2007, par rapport à 88 millions de dollars par mois en 2005.Les enquêtes révèlent rarement la motivation profonde de la revente et même de la vente.Ifa vélo, c'est un veto, un point c'est tout Tout de même, eBay.com a noté en 2004 une hausse de 16 % des mises en vente de pull-overs pour femmes le 25 décembre par rapport au 23.Les catégories des vins, des livres et des équipements vidéo avaient connu une hausse instantanée du quart après le réveillon.Redonner et revendre Pour la directrice Sufrin comme pour les anglophones en général, la revente en ligne n’est qu’une version plus récente et plus lucrative du regifhng, soit l'habitude de redonner des cadeaux.I.e Macmillan English Dictionary explique que ce mot (avec ses dérivés regift et regifier) désigne aussi par euphémisme l’habitude de «revendre ou de mettre aux enchères sur Internet un cadeau peu apprécié»., «Redonner des cadeaux est devenu plus populaire aux États-Unis après l'épisode The Label Maker” de la série Seinfeld, dit-elle.Cest devenu une habitude acceptable et distrayante, une activité à la mode.» Le dictionnaire Macmillan cite même la populaire série Seinfeld conune creuset du mot servant à désigner cette chose tout de même plus ancienne.Une vieille blague affirme que dans toute l’Amérique, il ne se cuit que deux nouveaux gâteaux aux fruits par année, tous les autres étant des cadeaux recyclés du Noël précédent Dans cet épisode diffusé pour la première fois le 19 janvier 1995, le 98r de la drolatique série, Jerry Seinfeld reçoit une étiqueteuse que son amie Elaine a elle-même d’abord donnée à une de leurs connaissances communes: «He’s a regi/ler!» La série The Simpsons a poussé le bouchon de Tmsolence assez loin avec un spécial de Noël où un cadeau des mages était refilé en douce à une autre famiDe: «Personne n'a besoin de myrrhe!» Une des règles d'or à respecter par les «redonneurs», selon le site d’Emily Post, la Madame Etiquette à l'américaine, exige de ne pas se débarrasser de certains biens: les chandelles, les savons, les CD inqualifiables (conune celui des versions grégoriennes des tubes de Céline Dion par les moines de Saint-Be noît-du-Lac), les chaussettes et les gâteaux aux fruits, bien sûr.D serait aussi important de garder le secret, voire d’utiliser un pseudonyme en ligne.«Nous, ce que nous disons, c’est qu’il n’y a pas de problème moral avec cette pratique, dit la directrice Sufria Est-ce moins moral que d'échanger un cadeau?» Le professeur Ouellet, lui, distingue le don de la vente, ou plutôt le fait de donner ou de vendre au suivant, la première pratique pouvant paraître plus acceptable d'un point de vue éthique.Il cite aussi une enquête récente ayant distingué les comportements des consonunateurs québécois selon leur tradition protestante ou catholique.«Les protestants ont une vision transactionnelle du cadeau tandis que les catholiques semblent développer une relation émotionnelle plus forte, dit-il.Cette différence de rapport pourrait expliquer la réticence de certains à revendre im même à redonner les cadeaux reçus.» Le remords, ce sentiment très judéo-chrétien, fait regretter d’avoir conunis le péché.Il ne tarauderait que 7 % des revendeurs franco-français, selon l'enquête de PriceMinister.Tout de même, la conscience malheureuse pourrait bien porter, au moins un peu, sur les habitudes de surconsommation de nos sociétés: les Canadiens auront acheté pour près de 30 milliards de dollars de marchandises en décembre, qu’ils auront revendues quand le père Noël les aura déçus.Le Devoir OTAGES SUITE DE LA PAGE 1 Dans un communiqué publié à Paris, M.Sarkozy a remercié M.Châvez «pour ses efforts et son initiative, qu’il soutient pleinement», ainsi que le président colombien Alvaro Uribe «pour le sens des responsabilités dont il a fait preuve» dans cette affaire.M.Uribe a mandaté Luis Carlos Restrepo, haut-commissaire colombien pour la pane, pour le représenter dans cette opération, a précisé M.Araujo.«Pour des raisons constitutionnelles, les avions qui participeront à cette mission devront porter l’emblème de la Croix-Rouge internationale», a-t-il ajouté.La guérilla des PARC a promis le 18 décembre de libérer trois de ses otages, à savoir Clara Rojas, la principale collaboratrice d’Ingrid Betancourt, son fils de trois ans, Emmanuel, et la parlementaire colombienne Consueto Gonzalez.M.Châvez a expliqué hier qu’il avait opté pour une «opération dans la transparence», qui a reçu l’accord des PARC, car une «opération clandestine» aurait été trop risquée.Cortège d’avions Pour récupérer les otages en territoire colombien, M.Châvez et les PARC ont mis au point un plan prévoyant un cortège d’avions à bord desquels se trouveront des représentants des gouvernements dç plusieurs pays, dont l’Argentine, le Brésil, Cuba, l’Equateur et la France, ainsi que du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Hugo Châvez a fourni des détails du processus de libération: des avions et deux hélicoptères doivent partir d’un aéroport du sud-ouest du Venezuela vers la ville colombienne de Villavicen-cio, à quelque 100 km au sud-est de Bogotâ.De là, les deux hélicoptères équipés de réservoirs supplémentaires rejoindront le point de remise en liberté des otages, qui sera décidé par les PARC et tenu secret, puis repartiront vers le Venezuela M.Châvez a en outre souhaité que cette triple libération, promise par les PARC, soit suivie rapidement par celle de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée avec Clara Rojas le 23 février 2002.«Nous voulons libérer tous ces otages.Plaise à Dieu qu'un autre groupe soit libéré et fai l’espoir que dans ce groupe se trouvera notre amie Ingrid Betancourt, je l'ai dit au [président français Nicolas] Sarkozy», a-t-il fléclaré.Hugo Châvez a par ailleurs accusé les Etats-Unis d’avoir fait échouer un plan de libération de tous les otages dits «politiques» des PARC, au nombre de 45, que la guérilla propose d’échanger contre quelque 500 de ses combattants incarcérés par les autorités colombiennes.Les négociations «se passaient bien, nous étions très optimistes, il s’agissait d'un accord humanitaire intégral, [.], un plan de libération de tous les otages, pas seulement trois, mais tous, y compris les “gringos” [trois Américains], Uribe avait dit oui, mais d'intenses pressions du gouvernement des États-Unis ont fait avorter l’opération», a-t-il ajouté.Le président colombien Alvaro Uribe avait mis fin brutalement le mois dernier à la médiation menée par Châvez avec les PARC, mais ce dernier a poursuivi les discussions avec la guérilla colombienne, qui dit vouloir remettre les otages au président véné- zuélien ou à une personne désignée par ses soins.Le frère de la collaboratrice d'Ingrid Betancourt, Ivan Rojas, a déclaré aux journalistes en Colombie qu’il soutenait le plan de Châvez.«Nous sommes très optimistes d'er) arriver à une issue positive», at-il dit A peine achevée la conférence de presse à Caracas du président vénézuélien, qu’il a attentivement suivie depuis son bureau dans le nord de Bogotâ, Ivan Rojas, entouré d’une forêt de micros, a fait part de son «optimisme».Toutefois, M.Rojas s’est déclaré opposé à un éventuel transfert des otages à Caracas, où le président vénézuélien a dit les attendre.Le frère de l’otage a souligné qu’il ne voulait pas intervenir sur le plan politique dans la libération de sa sœur et de son fils de trois ans, conçu en captivité.Un certain soulagement était aussi de mise chez la famille de l’ancienne parlementaire Consueto Gonzalez, 57 ans, le troisième otage dont les PARC ont annoncé la libération.«Nous sommes heureux parce que nous allons avoir trois personnes libres et tous les otages, si Dieu le veut», a déclaré Patricia Perdomo, la fille de l’ex-parlementaire enlevée en septembre 2001.La libération de ces frois otages avait été annoncée le 18 décembre par les Fbrees armées révolutionnaires de Colombie comme un geste en faveur de M.Châvez, chargé d’abord d’une médiation avec la guérilla par le président colombien Alvaro Uribe avant de s'en voir privé brutalement par ce dernier à la fin de novembre.La libération des trois otages pourrait créer des conditions favorables à un échange avec d’autres prisonniers des PARC.Agence France-Presse et Reuters JUERG MUELLER AGENCE FRANCE-PRESSE Oscar Peterson et Niels Henning Orsted Pedersen (décédé en 2005) au cours d’un concert donné à Berne, en Suisse, au printemps 2000.1;*% M piWjpife PETERSON SUITE DE LA PAGE 1 à convaincre un jeune homme qui avait jusqu’alors refusé de faire le saut dans la cour des bonzes du jazz.Ce refus, fait d’une crainte de Tin-connu et d’une timidité certaine, découlait d’un environnement familial où la protection des parents alternait avec l’imposition d’une disciplina qu’on qualifierait aujourd’hui de fer.A cela, il faut ajouter un drame: la mort prématurée d’un de ses frères, aussi doué que lui pour la chose pianistique.Cela étant rappelé, Peterson s’est donc lié à Granz.Ce dernier était réputé être un producteur d’autant plus exigeant avec les musiciens qu’il avait sous contrat qu’il exigeait beaucoup, et avec raison, des propriétaires de salles, de cabarets et de clubs.Après avoir été témoin des conditions misérables imposées aux Charlie Parker, Dizzy Gillespie et consorts, Granz avait adopté le principe suivant: faire en sorte que les artistes vivent convenablement de leur art pour qu’ils restent avec lui.CQFD: les présenter dans des salles dignes de ce nom et non plus dans des bouges.Ce principe, entre autres raisons, explique sa présence à Montréal en 1949.Kansas City n’était plus une ville ouverte; Montréal Tétait New York mise à part parce qu’elle est toujours une exception, Montréal était la seule ville avec Chicago où les cabarets fermaient au petit matin et où l’alcool se consommait avec inflation.Il y avait TAlberta Lounge, mais il y avait aussi le Café Saint-Michel, l’Hôtel Windsor, le Mount Royal, Chez Maurice, le His Majesty’s et autres endroits où défilaient Count Basie, Duke Ellington, Cab Calloway, etc.A peine associé à Granz, Peterson devint le pivot rythmique du Jazz At The Philharmonie (JATP).Comme ce nom l'indique, il s’agissait de présenter des musiciens dans des salles aussi grandes qu’ornementées.Au cours de cette aventure, qui fut d’ailleurs longue, Peterson accompagna Lester Young, Harry Edison, Coleman Hawkins, Ben Webster et Benny Carter, sans oublier Ella Fitzgerald.Parallèlement, Peterson se mit à jouer en duo, avec un contrebassiste pour être précis.Lequel?Ray Brown.C’est d’ailleurs après qu’il eut joué avec Peterson que Brown quitta le Modem Jazz Quartet Au début des années 50, cette formation invite le guitariste Herb Ellis à la rejoindre.Ce trio devait établir un standard qui, encore aujourd’hui, est autant observé qu’admiré.Si on veut goûter la traduction musicale du raffinement et de la fluidité, sa maîtresr se, alors il faut se saisir d’un de ses enregistrements.On a souvent comparé le jeu de Peterson à celui d'Art Tatum.Même si on sait que ce dernier fut un virtuose du piano, on a toujours été agacé par cette inclination qu’il avait pour l’étalage de ses prouesses techniques.Consacrer Peterson unique héritier de Tatum, c’est faire l’impasse sur l’immense talent de Peterson en tant qu’accompagnateur.Prenez Ben Webster.On peut l’entendre en compagnie de Tatum, puis en compagnie de Peterson.Et alors?Parfois — on dit bien: parfois —, le premier Tétouffe.Tatum en remet tellement qu’il gèle ou intimide toujours Webster.Alors qu’avec Peterson.Webster se régale! Il est à Taise parce que le pianiste déploie une maîtrise du rythme propre à favoriser la sculpture de la note après la note.Jamais Peter-son ne joue contre ses complices mais bien pour et avec eux.Pour s’en convaincre, il suffit d'écouter Ben Webster Encounters Oscar Peterson (Verve).H est d’ailleurs significatif que le savant de la ballade au saxo ténor ait fréquemment fait appel à Peterson.Dans les années 60, Peterson allait se manifester avec l’enregistrement d’un des plus grands succès phonographiques de l’histoire du jazz.Il s’agit de Night Train, toujours sur Verve.Il y a toujours un contrebassiste, ici Sam Jones.Mais le guitariste a été remplacé par un batteur, en l'occurrence Ed Thigpen.On mentionne ce fait qui n’a rien de divers parce qu’une nouvelle école de pianistes, de trios, venait d’émerger.Voilà: dans la foulée du be-bop, certaines qualités du swing avaient été gommées au profit d’une saine agressivité, d’une juste colère.Parallèlement, à la faveur de ce jazz conçu sous le soleil de la Californie, certaines vertus du swing avaient fait place à l’introspection, à la méditation, au silence.On pense à Bobby Timmons, Horace Silver, Sonny Clark, Bill Evans et bien évidemment Paul Bley.Et alors?La publication de Night Train fut si on peut dire à l’image du pavé lancé dans la mare, de la bouteille jetée à la mer.Chose certaine, le swing qui suinte tout au long de cet enregistrement contrastait énormément avec les autres.On ne dit pas que Tun est meilleur que l’autre, mais.comment dire?Night Train était et reste toujours rafraîchissant On sait peu, bien trop peu, que Peter-son fut le modèle à imiter pour deux autres immenses musiciens: les Montréalais Oliver Jones et Paul Bley.Le premier a poussé cet exercice d’admiration jusqu’à se former auprès de Daisy.Le second?Après avoir remplacé Peterson à TAlberta Lounge, lui qui avait pris des cours auprès d’un autre professeur de Peterson, le Hongrois Paul de Marky, qui enseignait alors à McGill, Bley s’est construit contre Peterson.L’un a suivi le père avec le succès que Ton sait, l’autre Ta tué pour fomenter des révolutions musicales aujourd’hui admises et admirées de tous.C’est à eux deux que nous offrons nos plus sincères condoléances.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 113 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514985-3322 Par télécopieur 514985-3340 Les abonnements Au téléphone 514985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel I» Dnvir pmt, à l'occasion mrttr.la liste d'êdrrsw.dt se» abonni** I la disposition d’orpmiMlions rrconnue» dont la eau».1m produit» ou les lervkrs pmivent lecteurs.Si vous ne viuhailez pai rfwvoir dt rorrcfipondamr d»
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