Le devoir, 9 décembre 2003, Cahier A
POLITIQUE Le nouveau Parti conservateur devra vivre sans Clark et Bachand Page A 3 iX / BOIS D’ŒUVRE Le Québec serait perdant avec l’entente proposée Page B 1 www.ledevoir.com DEVOIR V o L .X C I V X " 2 8 0 ?LE MARDI 9 DECEMBRE 2 0 0 3 8 7 0 + T A X E S I $ Des parents chez Charest Jeun CHAREST l'urti libérai du Québec ts n'uw/ pus été du pour ÇA ! f i' - BAS CS m H w Li.Or’u’ \ X t I X = ! = - = ~ 1, JACQUES NADEAU LE DEVOIR AUCUN cadeau de Noël parmi les dizaines de bottes qui ont atterri hier dans le bureau montréalais du premier ministre Jean Charest.C’étaient plutôt 70 000 signatures demandant au gouvernement le maintien des places en garderie à 5 $.Les parents rejettent également les pénalités lorsqu’un enfant sera absent de sa garderie plus de 26 jours par année.La présidente de l’Association des centres de la petite enfance, Hélène Potvin, a indiqué que le mot d’ordre donné aux CPE de fermer leurs portes pour une journée, jeudi, tenait toujours.Crises sanitaires: des failles persistent à Montréal La Santé publique propose la création d’un état-major ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Si une canicule persistante ou une épidémie de SRAS avait frappé Montréal il y a un an, les autorités de la santé de Montréal n’auraient pas été en mesure de faire davantage que Toronto ou la France pour limiter les conséquences néfastes de telles crises sur la santé de la population.Tel est du moins le constat que trace la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal, dans un rapport important dont Le Devoir a obtenu copie, et qui fait le bilan et l’évaluation du traitement accordé aux diverses crises sanitaires survenues ces dernières années sur lie de Montréal, dont la crise du SRAS, la crise du verglas, VOIR PAGE A 8: CRISES La démocratie a souffert lors des législatives russes Rapport critique des observateurs de IVSCE et du Conseil de VEurope AGENCE FRANCE-PRESSE Moscou — Les législatives russes de dimanche ont été marquées par le non-respect de nombreux critères démocratiques et reflètent une «régression» de la démocratie en Russie, ont estimé hier à Moscou les observateurs de l’OSCE et du Conseil de l’Europe.«Les élections à la Douma [le Parlement russe] du 7 décembre 2003 n’ont pas répondu à de nombreux engagements pris par les pays membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et du Conseil de l’Europe en ce qui concerne des élections démocratiques», a déclaré le chef de la mission des observateurs de l’OSCE Bruce George.VOIR PAGE A 8: DÉMOCRATIE L’éditorial de Serge Truffaut en page A 6: La fraude du Kremlin INDEX Annonces .B3 Idées A7 Avis publics -B4 Météo B4 Culture ,B8 Monde B5 Décès .B3 Mots croisés B3 Économie ,B1 Sports B 6 Éditorial .A6 Télévision B7 Hachette-Lagardère, géant confirmé de l’édition en France Le groupe a toutefois renoncé au quasi-monopole JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le financier Arnaud Lagardère devient le patron du plus grand groupe d’édition de langue française avec le rachat officiel d’une partie de son ancien concurrent en ce domaine, l’ex-Vivendi Universal Publishing (VUP).Selon la proposition acceptée la se- maine dernière, la nouvelle entité aura un chiffre d’affaires astronomique de plus de 1,3 milliard d’euros (plus de deux milliards de dollars canadiens).Plusieurs acteurs du monde du livre sont inquiets de l’apparition de ce géant qui pourrait par ailleurs vite conduire à la constitution d’un autre mastodonte de l’édition constitué autour du groupe italien Rizzoli.En 2002, avec la déconfiture de l’empire Vivendi, l’édi- tion avait assisté à l’absorption spectaculaire de VUP par le groupe Hachette-Matra-Lagardère.Le groupe finan cier et militaire réunit alors sous sa coupe 70 % de la distribution de livres, 80 % de l’édition de livres de poche et 80 % de l’édition scolaire.Du jamais vu.La transaction s’élève à 1,25 milliard d’euros (deux milliards de dollars).VOIR PAGE A 8: ÉDITION Entre l’espoir et le deuil Deux femmes latino-américaines témoignent de leur vie d’angoisse après l’enlèvement d’un être cher Elles vivent l’angoisse de l’enlèvement Ce stress rongeant de ne pas savoir où est l’être cher et s’il est toujours en vie au milieu de la jungle des guérillas et des paramilitaires.Alors qu’elles étaient de passage à Montréal, Le Devoir a rencontré Angélica Mendoza de Ascarza, du Pérou, et Martha Cecilia Do* mico, de Colombie, qui luttent depuis des années pour retrouver un fils et un père que les conflits armés ont fait disparaître.ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR Minuit et demi, dans le village d’Ayacu-cho, perdu au milieu des Andes péruviennes.«Une trentaine de soldats, le visage caché par des passe-montagnes, sont entrés dans ma maison.Ils nous ont forcés à nous lever et nous ont poussés contre le mur.Ça criait, il y avait beaucoup de bruit Bs ont emmené mon fils, Ar-quimedes fai demandé pourquoi, fai dit qu’il n’avait rien fait.Il n’y avait aucune accusation contre lui, c’était un garçon de 19 ans tranquille.Ils m’ont dit qu’il devait témoigner.Je me suis mis devant la porte pour les empêcher de l’emmener.Ils ont dit: “pous-setoi la vieUle!’et m’ont tordu le bras avant de me jeter par terre et de me frapper à coups de pieds.» Angélica Mendoza de Ascarza raconte l'histoire en quechua, «la langue de la grande culture inca», précise-t-elle fièrement VOIR PAGE A 8: ESPOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR Angélica Mendoza de Ascarza (à gauche) et Martha Cecilia Domico se battent dans le but de savoir pourquoi un membre de leur famille a été enlevé.Louis Cornellier U» K»***' A brûle-pourpoint Interventions critiques Peser les Idées reçues, les contester et les éprouver pour en connaître la vraie valeur.Peut-être pour finir par y adhérer, parfois, mais souvent plus souvent même, pour les dégonfler.Voilà la mission du polémiste qui refuse que les Idées s’imposent sans qu’on sache vraiment ce qu’elles ont dans le corps.Louis Cornellier aime polémiquer.Cet ouvrage en témoigne.Devoirs «Thistoire Des historiens québécois sur la place publique Dans cet ouvrage, Louis Cornellier présente et commente le fruit des travaux des historiens québécois qui débattent des enjeux fondamentaux pour l’avenir.Il dresse un état des lieux des débats historiographiques les plus actuels.~é Septentrion “ __ ____ www.MpUnOlti.qc.cA .•» |l r "N Nos idées changent le monde D’abord, il y a eu l’idée.L’étincelle.La vision.Dès que cette idée est devenue réalité, un nouvel horizon s’est dessiné, comme jamais auparavant.Bombardier a révolutionné le transport aérien commercial en donnant aux transporteurs régionaux l’élan pour étendre leur réseau au delà de ce qu’ils avaient imaginé et les moyens de proposer des vols directs vers plus de destinations, à bord de jets rapides et confortables.En livrant aujourd’hui le 1000e avion Bombardier CRU*, nous célébrons une réalisation exceptionnelle dans l’industrie de l’aviation et démontrons notre leadership sur le marché des avions régionaux.Nous rendons hommage à nos employés pour leur esprit d’innovation, leur expérience et leur engagement de tous les jours.À nos clients et fournisseurs, qui sont au cœur de notre succès, pour leur conviction et leur loyauté.Aux gouvernements pour leur appui et leur soutien au financement tant à notre clientèle qu’à l’industrie canadienne de l’aéronautique.Merci à vous tous d’avoir donné des ailes à notre idée et rendu possible cette extraordinaire réussite.Une expérience extraordinaire Nous célébrons la livraison du 1000e avion CR J avec tous les exploitants de Bombardier CRJ : ADHA AIRWAYS AU CANADA AIR LfTTORAL AIR NOSTRUM AM OOLÛMfTI An CANADA JAZZ AIR SAHARA AIR WISCONSIN AMERICAN EAGLE ATLANTIC COAST AIRUNES ATLANTIC SOUTHEAST AIRUNES AUSTRIAN ARROWS BRTTAIR OM8ER AIR •MiiWk DUO AIRWAYS THE FAIR NC.QE CAPITAL HORIZON AIR N DEPENDENCE AIR J-AIR LAUDA AIR %.UJFTHAN8ACITYLME MAERSK COMMUTER MALEV EXPRESS MESA AIR GROUP PMNACLE AIRLNE9 NC.PSAANLNEBNC.www.aero.bombardier.com L y t * LE DEVOIR.LE MARDI 9 DÉCEMBRE 2 O O S A 3 Gambard Vente et service technique de Rolex |gg^W^t^rH(^.>«o>fn^Al.CENmviIl£ » rtl- X6-3«76j Michel David ?L’enfer, M.Pagnol Le miroir de l’étranger est parfois utile pour remettre les choses en perspective.Depuis des mois, les ténors du gouvernement Cha-rest, se tuent à nous expliquer que la «réingénierie» est une urgence nationale.La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, devrait profiter de sa prochaine visite en France pour mettre nos cousins en garde contre la dangereuse illusion de croire à notre efficacité.Pas plus tard que dimanche, le correspondant de Radio-Canada à Paris, Guy Gendron, rapportait que le gouvernement français s’inspirait de plus en plus de l’organisation de notre fonction publique pour réformer sa propre administration., Le ministre de la réforme de l’État français, Henri Pagnol, semble même être notre admirateur le plus enthousiaste.•Très franchement, de tous mes voyages, c’est celui au Canada qui m’a le plus nourri d’exemples.» En fait le plus grand service que Mme Gagnon-Tremblay pourrait lui rendre serait de le présenter à sa collègue du Trésor, Monique Jérôme-Forget, qui lui expliquerait à quel point il fait erreur.On peut comprendre que la France, qui accumule les déficits, soit à la recherche de nouvelles avenues, mais n’a-t-il jamais entendu parler des diamants du Canada?Soit, vu de là-bas, il peut paraître extraordinaire d’avoir accès à tous les services gouvernementaux en composant un numéro de téléphone unique, comme l’a découvert M.Pagnol, mais il faudrait aussi lui parler des contribuables-les-plus-taxés-en-Amérique-du-Nord, du scandale de la SGF, de celui de la Caisse de dépôt.Un véritable enfer! Tiens, il devrait lire le dernier rapport de l’Institut Fraser.Et je ne parle même pas de l’article 45, qui étouffe nos entreprises.Oui, je sais, vendredi, le ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, n’en finissait plus de louer la bonne performance de l’économie québécoise, qui s’est traduite par la création de 54 200 emplois en novembre, de loin la plus forte au pays.Simple hasard, M.Pagnol.Remarquez, dans leur inconscience, les Québécois eux-mêmes ne semblant pas se rendre compte à quel point le poids de l’État est devenu insupportable.Selon un sondage Crop, 70 % estiment qu’il occupe «juste assez» ou même «pas assez» de place.Seulement 22 % sont d’avis qu’il en prend trop.On ne peut certainement pas parler d’une allergie.M.Pagnol ne serait sans doute pas surpris d’apprendre que 79 % des personnes interrogées trouvent que les contribuables québécois paient trop d’impôt Ou plutôt si.En France, le chiffre serait probablement de 100 %.D’ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi les sondeurs s’entêtaient à poser une question dont la réponse est aussi prévisible.Le plus étonnant est de constater que 60 % se disent satisfaits des services qu’ils reçoivent en retour.Finalement, les libéraux ont peut-être raison de croire qu’ils ont un problème de communication.Os ont beau déblatérer quotidiennement sur le modèle de gouvernance hérité de la Révolution tranquille, les Québécois semblent refuser de les croire.A force de compressions budgétaires, le gouvernement réussira peut-être à les convaincre, mais il faudra y mettre le temps.Même avec les hausses de tarifs annoncés, le réseau des garderies demeurera un modèle du genre et l’électricité coûtera toujours moins cher qu’en Ontario.Le ministre des Finances, Yves Séguin, n’a pas le choix de noircir le portrait, mais il sait très bien qu’une comptabilité rigoureuse de tout ce qui sort de la poche du contribuable québécois, en regard des services qu’il reçoit, démontrerait qu’il n’a rien à envier à son homologue ontarien.D est vrai que les résultats des sondages peuvent parfois sembler paradoxaux.Par exemple, comment peut-on penser que le secteur privé est plus efficace dans la livraison de services, tout en reconnaissant que le secteur privé est •moins cher pour livrer un même service aux citoyens»?Tout dépend de la façon dont on comprend la question.Les personnes interrogées avaient peut-être à l’esprit la «médecine à deux vitesses», que tout le monde accusait l’ADQ de vouloir introduire au Québec.Indéniablement plus rapide.À la.condition de pouvoir payer.?Les réponses aux questions portant sur la sous-traitance, qui est au cœur de l’épreuve de force qui oppose le gouvernement aux syndicats, sont particulièrement intéressantes.Que 54 % se disent favorables à ce que certains services soient confiés à un sous-traitant n’a rien de particulièrement étonnant.Si cela doit se traduire par un moindre coût, comme le prétend le gouverne-ment, ce pourcentage semble même plutôt bas.Compte tenu du préjugé défavorable dont souffrent généralement les employés de l’Etat il est plus surprenant d’apprendre que 55 % s’opposent à une sous-traitance qui se traduirait par une détérioration de leu; s conditions de travail.En annonçant les modifications qu'il entendait apporter à l’article 45 du Code du travail, le ministre du Travail, Michel Després, n’a pas nié que les travailleurs pourraient faire les frais de la sous-traitance, mais il s’en lave les mains.Ce sera à eux de s'assurer que la convention collective les liant à leur nouvel employeur protège leurs acquis.C’est précisément ce comportement de Ponce Pilate que réprouvent les personnes interrogées par CROP Pas étonnant que le président de la FTQ s’en réjouisse, y voyant le signe d’un «tissu social plus serré qu’ailleurs».Le problème est que le gouvernement ne semble pas capable de le comprendre.Ou qu’il ne veut pas l'accepter.mdavid@ledevoir.com -?LE DEVOIR *- POLITIQUE Réunification de la droite canadienne LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE avec Bernard Oerome Des idées plein la tête CE SOIR 22 h Le nouveau Parti conservateur devra vivre sans Joe Clark et André Bachand Déjà trois députés conservateurs ont annoncé leur départ CHRIS WATTIE REUTERS L’allianciste Stephen Harper et le conservateur Peter Mackay ont scellé l’union de la droite.HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le nouveau Parti conservateur du Canada n’existe légalement que depuis 36 heures que déjà trois députés progressistes-conservateurs quittent le navire.L’ex-chef et ancien premier ministre Joe Clark n’en fera pas partie, tout comme le seul député •bleu» du Québec, André Bachand, et le néo-brunswickois John Herron.Le manitobain Rick Borotsik se donne 45 jours pour décider.Joe Clark, qui avait déjà annoncé qu’il ne se présenterait pas au prochain scrutin, entend siéger comme député progressiste-conservateur lorsque la Chambre des communes reprendra ses travaux, et ce, jusqu’au déclenchement des élections prévu au printemps.Visiblement abattu par les événements, M.Clark a répété à plusieurs reprises que c’était son dernier caucus progressiste-conservateur.«Cela a été dur pour moi, bien sûr.Certains comparent cela à la mort d’un membre de la famille.Je considère cela plutôt comme la mort de la famille.» 11 croit que cette fusion jouera en faveur du néo-démocrate Jack Lay-ton en qui les électeurs verront une solution de rechange modérée aux libéraux.Les militants progressistes-conservateurs ont voté samedi, par délégués interposés, à 90 % en faveur d’une fusion avec l’Alliance canadienne tandis que ceux de l’Alliance l’ont appuyée à 96 %.De son côté, André Bachand doit d’abord décider s’il continue sa carrière politique ou non.Dans l’affirmative, il choisira un nouveau parti, probablement le Parti libéral.«Après mûre réflexion, j’exclus l’option de me présenter sous la bannière du nouveau Parti conservateur.Donc c’est terminé Pour moi», a-t-il déclaré.Le député pense que le nouveau parti «est maintenant devenu un parti de la droite, et certains diraient même de l’extrême droite».M.Bachand, qui avait promis à l’époque où les défections conservatrices se multipliaient qu’il serait le dernier «bleu», s’est défendu de revenir sur sa parole.«On a vu des gens quitter le bateau dans le passé, mais là c’est le bateau qui m’a quitté.[.] J’ai le cœur gros, ce n’est pas facile.» M.Bachand aurait déjà été courtisé par les libéraux, mais il affirme qu’il ne voulait pas leur parler avant de connaître l’aboutissement de l’effort de fusion.D se dit maintenant ouvert à entendre les propositions.Dans son entourage, on soutient que tous les militants de sa circonscription lui demandent d’aller au Parti libéral.«Ils ont l’impression que les libéraux de Paul Martin sont un peu les conservateurs d’avant», explique cette personne.Quant à John Herron la seule chose qui pourrait le faire changer d’avis, c’est si le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, briguait et remportait la chefferie.Du côté des indécis, il y a Rick Borotsik qui veut voir comment les choses vont évoluer au cours des prochaines semaines.Chose certaine, il ne sera pas de la partie si le nouveau chef de la formation est l’actuel chef de l’Alliance canadienne, Stephen Harper.«Je ne crois pas que ça fonctionnera aussi facilement que les gens pensent.Je pense que c’est une prise de contrôle, pas une fusion.Je crois que Stephen Harper va remporter le leadership et, si cela arrive, tout s’effondrera.Et moi avec.» Le Terre-Neuvien Rex Barnes pense toujours que la fusion «n’est pas ce que je veux», mais il se dit prêt à donner une chance à cette expérience.Dimanche soir, le Directeur général des élections a reconnu officiellement le Parti conservateur du Canada né des cendres du Parti progressiste-conserva- teur et de l’Alliance canadienne.Aux yeux de la loi électorale, ces deux partis n’existent plus.Le chef intérimaire du nouveau PC sera le sénateur progressiste-conservateur du Québec, John Lynch-Staunton.Le nouveau leader en Chambre sera désigné par les deux caucus au cours des prochaines semaines.De même, il faudra encore attendre un peu avant que les deux ailes parlementaires fonctionnent de façon complètement intégrée.D est même possible que les deux groupes parlementaires ne siègent pas ensemble au retour de la Chambre même si «c’est l’objectif», comme le dit Peter Mackay.M.Harper et M.Mackay restent les porte-parole «principaux» de leur formation parlementaire respective jusqu’à nouvel ordre.Quant à la course au leadership, un autre candidat pourrait peut-être s’ajouter, l’actuel premier ministre de l’île-du-Prince-Édouard, Pat Binns.Il a indiqué hier qu’il ne «fermait pas la porte» à une candidature.Centre d’hébergement clandestin Il n’y aura pas d’enquête publique Les problèmes mis en lumière permettent aux organisations d'améliorer leurs façons de faire, estime Philippe Couillard JACQUES NADEAU, ARCHIVES LE DEVOIR Philippe Couillard SlfSS v: Jÿff , •ts-èf • ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Il n’y aura pas de commission d’enquête publique sur le centre d’hébergement clandestin et insalubre où croupissaient trois patients psychiatriques de l’Hôpital Jean-Talon.C’est ce qu’a indiqué, hier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui juge que la direction de l’hôpital a bien réagi à la situation mise en lumière par Le Journal de Montréal dans son édition de samedi.«Une commission d’enquête, je comprends que les gens voient ça comme une solution facile.Moi, je vois plutôt ça comme une potentialité de retarder encore plus l’action», a-t-il dit au cours d’un point de presse.Selon le ministre, il n’est pas clair jusqu’à quel point l’Hôpital Jean-Talon a envoyé certains de ses patients à ce centre d’hébergement clandestin où les résidents subsistaient dans des conditions malsaines.Les patients étaient autonomes, et c’était à eux de choisir leur lieu de résidence, a fait valoir le ministre.«Ce n’est pas la responsabilité exclusive du réseau de la santé et des services sociaux Bya un problème de société là-dedans, üyunpro-blème de pauvreté, il y a un problème de municipalité.Il faut quand même voiries choses dans leur ensemble.» Le ministre a reconnu toutefois que les références pour des centres d’hébergement que fournissent les établissements ou les régies régionales doivent faire l'objet de vérifications.Il voit «un côté positif» à la révélation de l’existence de ce foyer insalubre.Tant l’hôpital que la ré- gie régionale ont «reconnu et admis le problème» et ont mis en place un mécanisme de suivi.«Si l’ensemble du réseau, on transforme des problèmes en occasions d’améliorer les services, d’améliorer les soins, on va faire beaucoup de chemin comme ça», estime M.Couillard.Par ailleurs, lors de la commission pariementaire qui se penche sur le projet de loi 25 fusionnant les établissements de santé, la porte-parole du groupe de pression Coalition Solidarité Santé, Marie Pelchat, a contesté l’affirmation de M.Couillard qui soutient que les CISC ont obtenu davantage de fonds pour s’acquitter de leurs missions après avoir été regroupés avec des hôpitaux en région.Mme Pelchat a cité trois cas — le regroupement dans la région de Pontiac, le réseau de la santé de Kamouraska et 'c Carrefour de la santé de Val-Saint-François — où les centres hospitaliers avaient «vampiri-sé» les ressources des CLSC.Alléguant qu’il s’agissait de «documents de travail», M.Couillard a refusé, hier, de rendre publiques les études sur lesquelles il appuie ses dires, comme l’a demandé la porte-parole de l’opposition officielle pour la santé, Louise Harel.En outre, Coalition Solidarité Santé a fourni une liste de 826 organismes et syndicats, de 21 personnalités du domaine de la santé et 423 citoyens qui demandent au gouvernement de retirer le projet de loi 25.La coalition préconise que l’on confie la gouverne «d’une première ligne multidisciplinaire» aux CLSC et qu’on mette fin à «la médecine fastfbod» en abolissant le paiement à l’acte pour rémunérer les médecins.«On ne doit pas renforcer la médecine entrepreneuriale», estime Marie Pelchat E N Chrétien est attristé (PC) — La décision du Zimbabwe de quitter le Commonwealth plutôt que de se plier au maintien de son expulsion est une «triste situation», a déclaré le premier ministre Jean Chrétien hier, lors de la clôture du sommet qui a duré quatre jours.«Nous avons travaillé fort pour parvenir à un consensus, mais nous nous retrouvons dans une situation où personne ne gagne, a dit M.Chrétien.Cest triste.» Le premia- ministre a fait part de ses inquiétudes quant au sort qui sera réservé aux citoyens du Zimbabwe, dans un contexte où le pays est désormais totalement isolé de la scène internationale.M.Chrétien, qui prend officiellement sa retraite vendredi matin, a peu de chance de contribua à l’amélioration de la situation au Zimbabwe.Au terme du sommet, le premia ministre a aussitôt plié bagage pour s’envola vers la France, où le président Jacques Chirac l’attend pour une réception qui soulignera son départ à la retraite.BREF D'accord ou pas?(PC)—Les Québécois sont grandement divisés quant à la décision d’Ottawa de nomma l’aéroport de Dorval en l’honneur de l’anden premia ministre fédéral Pierre Eliott Trudeau: tout juste le tiers d’entre eux y sont favorables, indique un sondage commandé par une coalition qui s’oppose au changement de nom L’enquête menée par la firme Léga Marketing révèle que 38 % des personnes interrogées s’opposent au nom Pierre-Elliott-Trudeau, alors que 34 % l’appuient Chez les élevé: 42 % d’entre eux se disent contre le nouveau nom.Fait important à nota, plus du quart des répondants (27 %) n'ont pas voulu se prononça sur la question.«Ce que je constate, c’est que le sujet est très controversé, qu'il est loin de faire consensus, qu ’U divise, même», affirme en entrevue téléphonique Gilles Rhéaume, porte-parole de la Coalition contre l’Aéroport Pieire-EHiott-Trudeau.«Et rien n’indique que cela va s'étioler.» Grande liquidation au (j^lulo 402-hommc* 50% et plus Costumes importés d'Italie 100 % lame » tissus griffés téfl.9501 Solde 399$ Manteaux importés d'Italie cachemire et laine lèo.9001 Solde 399$ Parkas importés d'Italie doubles en polar Solde 175$ Fmnoi^^TtSlS laine' importes d Italie Solde 99$ ffinni^S«1^Ra1hoC0t0n' importées d Italie rég.1501 Solde 75$ 1118, rue Sainte-Catherine O., Du lundi au vendredi de lOh à 18h 2' étage, Montréal (Québec) Samedi de 10 h 1 16 h H3B 1H5 Tous les soirs après 18h tél.: 861-3636 sur rendez-vous seulement » LE DEVOIR.LE MARDI 9 DÉCEMBRE 2003 A 4 LES ACTUALITES Exploration gazière dans le Saint-Laurent L’inquiétude subsiste LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le front commun pour un moratoire sur la prospection pétrolière et gazière dans le Saint-Laurent se dit insatisfait des mesures «fragmentaires» adoptées par Québec qui favorisent une approche étapiste de ce projet hydro-québécois.La semaine dernière, les ministres des Ressources naturelles, Sam Hamad, et de l’Environnement, Thomas Mulcair, créaient un comité d’experts pour dégager les enjeux des projets d’exploration d’Hydro-Québec avant de confier le dossier pour consultation au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).L’insatisfaction du front commun tient fondamentalement au fait que le Québec limite son examen public de la seule Phase 1 du projet d’exploration sismique alors qu’il estime nécessaire d’évaluer le projet immédiatement dans son ensemble, y, compris les phases de forage et d’exploitation, question de savoir s’il est impératif pour le Québec de se lancer dans cette aventure.«Inquiet de voir l’examen du Flan d'Hydro-Québec morcelé par étapes, inquiet à l’idée que les forages exploratoires soient examinés à la pièce plutôt que gbbalement, inquiet de constater que le processus d’évaluation annoncé ne remet pas en question la finalité de l'exploration, le front commun continue de réclamer un moratoire sur toutes les activités» préparatoires en vue d’obtenir une évaluation de l’acceptabilité environnementale du projet, indiquaient hier les porte-parole par communiqué.Mario Dumont perd un autre collaborateur important Guy Laforest ne sollicitera pas un autre mandat à la présidence TOMMY CHOUINARD DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Un autre pilier de l’Action démocratique du Québec (ADQ) annonce son départ Le président de l’ADQ, Guy Laforest, ne sollicitera pas un nouveau mandat et quittera son poste au congrès du parti, en juin 2004, moins de deux ans après y avoir accédé.L’ADQ perd l’un des membres les plus influents de son aile progressiste, qui milite pour un recentrage du parti et une nouvelle position constitutionnelle.Guy Laforest, professeur de science politique à l’Université Laval, dit vouloir consacrer sa vie professionnelle à l’enseignement «Si on ambitionne l’excellence dans ce qu’on fait, on ne peut pas faire 52 affaires en même temps», a affirmé Guy Laforest au Devoir, lors d’un entretien téléphonique.La défaite électorale du 14 avril est à l’origine de sa décision.«Avant, j’étais prêt à envisager l’action politique à temps plein pour une bonne tranche de ma vie.Mais le choix des électeurs de Louis-Hébert me met devant l’obligation de choisir je jais de l’action politique à temps plein ou je jais de la vie universitaire à temps plein.J’ai le droit de faire bénévolement un certain nombre de choses, mais pas dans une structure où, pour être efficace, il faut que je donne un temps que je n’ai pas», a dit le candidat défait Guy Laforest estime qu’il ne peut déployer les mêmes efforts qu’au cours de la dernière année, ni concilier son action politique et son travail professionnel.«Cest impossible.Je ne peux pas faire ce que fai fait pendant cinq ou six ans de temps», a dit l’homme de 48 $*¦» ' y ARCHIVES LE DEVOIR Guy Laforest ans, tout en rappelant qu’il est le père de trois enfants.Le professeur Laforest ne quitte toutefois pas le bateau adéquiste, puisqu’il entend demeurer militant «Je continue à partager les valeurs adéquistes», a-t-il ajouté.Guy Laforest estime qu’il s’agit d’une décision strictement professionnelle.Aucun différend particulier avec le chef Mario Dumont ou son entourage ne provoque son départ, a-t-il ajouté.«M.Dumont et moi, on n’est pas des intimes, mais on n’a pas eu d’accrochages.On a eu des désaccords, et ça me semble normal.Mais on a une relation tout à fait correcte au point de vue de l’action politique», a-t-il expliqué.Mario Dumont n’a pas voulu commenter le départ de Guy Laforest qui est, à certains égards, sa caution intellectuelle.Son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné, a indiqué au Devoir que messieurs Dumont et Laforest entretenaient une «relation de confiance».«Tout le monde est satisfait de son travail», a indiqué M.Gagné au Devoir.Guy Laforest tient à achever son mandat et quittera son poste en juin 2004 seulement S’il a tenu à annoncer son départ aussi tôt c’est «pour être responsable» et favoriser la relève.Ce nouveau départ dans les rangs adéquistes s’ajoute à ceux du conseiller politique de Mario Dumont, Éric Montigny, et de son attaché de presse, Jean-Luc Benoît qui sont survenus plus tôt cet automne.Avec Guy Laforest ce sont trois adéquistes de la première heure qui décident de quitter des fonctions importantes quelques mois après la défaite du 14 avril Guy Laforest a été élu à la présidence de l’ADQ lors du congrès d’octobre 2002, au moment où le parti caracolait en tête des sondages.D a été parmi ceux qui ont ouvert la voie à la création de l’ADQ, puisqu’il a participé au Groupe réflexion Québec, fondé par Jean Allaire en 1993.M.Laforest est toujours demeuré dans l’entourage du jeune parti, avant de s’engager plus activement entre autres pour prendre part à la rédaction du programme.Le FX35 2004.Un VUS de luxe.Une voiture sport.Tout en un.HSlk '' B* ‘‘TiifBUj.Propulser nrs le futur 11 F 111TI mm WÊÊKSSm Le FX35 2004.Location à partir de $ Frais de transport et de préparation inclus et aucun dépôt de 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établir des prix Individuels.1 t LE DEVOIR, LE MARDI 9 DÉCEMBRE 2003 A 5 •LES ACTUALITES* Incinérateur à Belledune Les Gaspésiens transportent le débat à Montréal Un édifice s’effondre sur un autre I UNE PERSONNE a perdu la vie, hier matin, dans l’effondrement d’un cinéma de Toronto, a indiqué le chef des pompiers, Bill Stewart.Une deuxième personne serait toujours prisonnière des décombres.Les autorités ont aussi indiqué que 14 personnes avaient été blessées à des degrés divers; trois victimes seraient des enfants.Un mur du cinéma Uptown, en cours de démolition, s’est affaissé vers 10 h 30 sur des bâtiments avoisinants, dont une école, le Yorkville English Academy, qui enseigne l’anglais langue seconde à des adultes et adolescents.Le cinéma, situé au cœur du centre-ville de Toronto, à l’angle des rues Yonge et Bloor, avait été construit en 1920 avant d’être ravagé par un incendie en 1960, puis reconstruit.Bourque et Trent s’en prennent à Tremblay LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR C* est une intervention «politique», par laquelle le Québec mettrait son poids dans la balance derrière la population de la Baie des Chaleurs et de la Gaspésie, que la coalition contre l’incinérateur Bennett, à Belledune, au Nouveau-Brunswick, a réclamé hier du gouvernement Charest dans une conférence de presse tenue à Montréal pour ameuter les grands médias nationaux.Ils s’étaient en effet déplacés jusque dans la métropole, avec Kevin Parent en tête, afin de réclamer cette intervention du Québec au nom des 45 000 Gaspésiens qui ont signé une pétition pour que le gouverne^ ment fédéral impose une évaluation publique des impacts «transfrontaliers» du projet de la Bennett à Belledune.La Constitution canadienne prévoit que le gouvernement fédéral peut intervenir avec son processus d’audiences publiques lorsque les impacts d’un projet sont susceptibles d’atteindre une autre province, sont potentiellement importants et donnent matière à un important débat public.Si le ministre fédéral de l’Environnement, David Anderson, ordonnait la tenue d’une audience dans ce dossier, il aurait le pouvoir nouveau d’arrêter les travaux d’un ouvrage en cours afin d’en forcer l’évaluation environnementale.Bennett a été autorisé cet automne par le Nouveau-Brunswick, sans la moindre audience publique, à construire à Belledune un incinérateur qui brûlera des produits organochlorés apparentés aux BPC comme le créosote et des hydrocarbures.La semaine dernière, le ministre québécois de l’Environnement, Thomas Mulcair, déclarait au Devoir ne pas voir la nécessité d’intervenir dans le dossier puisque, contrairement aux prétentions de la coalition, sa démarche n’aurait pas l’effet automatique d’enclencher le processus fédéral d’évaluation environnementale.Il ajoutait hier au Soleil que l’Agence canadienne de l’Environnement d’évaluation environnementale étudiait déjà le dossier.Mais ce que réclament les opposants est différent, ont-ils précisé hier: ils réclament une «intervention politique» de Québec afin que le poids de la deuxième province canadienne s’ajoute à celui d’éventuelles recommandations de l’Agence.Ils font valoir que le Québec, potentiellement atteint comme la Baie des Chaleurs par les retombées de l’incinérateur, n’a pas pu obtenir une évaluation environnementale comme celle prévue dans sa loi, ce qui justifie, en fonction des règles d’harmonisation fédérale-provinciale, qu’il exige la mise en place du processus fédéral, plus semblable au sien.D’autre part, font valoir les adversaires du projet, la réalité des émissions toxiques du futur incinérateur est d’autant plus probable que celui de Bennett situé à Saint-Ambroise, au Saguenay, a émis des dioxines et furannes malgré toutes les précautions prises.Ils font valoir enfin que Bennett, qui avait convenu avec Québec d’un examen public des séquelles du projet sur le territoire gaspésien, a fait un pied de nez aux ministériels le jour où il a obtenu son permis du Nouveau-Brunswick.Et, ajoutent-ils, rien ne dit que le Nouveau-Brunswick a tenu compte des impacts du projet sur le Québec, ce qui justifie une analyse en vertu du processus fédéral.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Si leurs opinions divergent au sujet de l’avenir de la Ville de Montréal, l’ex-maire de Westmount, Peter Trent, et l’ex-maire de Montréal, Pierre Bourque, s’entendent au moins sur une chose: le maire Gérald Tremblay fait fausse route lorsqu’il propose de décentraliser les pouvoirs dans l’espoir de sauver la nouvelle ville, disent-ils.Invités par le Cercle canadien à prononcer un discours à l’occasion d’un déjeuner-causerie hier midi à l’hôtel Fairmont Le Reine-Elizabeth, MM.Trent et Bourque en ont profité pour faire le point sur le sort qui attendait la Ville de Montréal dans le contexte des défusions.Certains passages de l’allocution de M.Bourque avaient de quoi laisser perplexe.Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville a vanté les mérites du concept «Une île une ville» qu’il avait lancé en mai 1999, allant même jusqu’à faire un parallèle avec les ambitions de Martin Luther King tout en écorchant au passage le nom du militant afro-américain pour les droits civiques.«J'avais un rêve, comme Martin Luther “Quinn”, d’être réunis, de vivre ensemble et de construire quelque chose ensemble», a-t-il indiqué devant un auditoire composé en partie d’élus de Vision Montréal et de conseillers défusionnistes de l’Ouest de l’île.Le projet de loi 9 sur les défusions déplaît autant aux défusionnistes qu’aux partisans de la grande ville et il apporte une «solution technocratique» en proposant la création d’un conseil ^’agglomération «qui n’a pas d’âme», a-t-il soutenu.«À la Communauté urbaine de Montréal, on a travaillé ensemble [.] pendant sept ans, face à face.On n'avançait pas, mais au moins, on se respectait.[.] Ça, c'était déjà beaucoup.», a-t-il expliqué.Et le projet de loi 33, calqué sur le plan de décentralisation du maire Tremblay, est pire que le projet de loi 9, car il créera des iniquités entre les arrondissements, prédit-il.De son côté, Peter Trent, s’est efforcé de démontrer que les fusions sur l’île de Montréal n’avaient pas tenu leurs promesses puisqu’elles n’avaient pas permis de réaliser des économies d’échelle ou d’atteindre l’équité fiscale.La méga-ville était un «rêve bureaucratique dépassé» et un «échec prévisible», a-t-il fait valoir en chantant les vertus des villes de plus petites dimensions.11 a reproché au maire Tremblay de défendre une position ambiguë avec son plan de décentralisation des pouvoirs, réservant quelques bons mots pour celui qui partageait sa tribune.«M.Bourque a au moins le mérite d'avoir une vision claire, celle de la centralisation», a-t-il lancé.Et quand M.Bourque deviendra maire en novembre 2005, a-t-il ajouté en provoquant des rires dans la salle, le «maquillage» que tente de mettre M.Tremblay sur la méga-ville disparaîtra.Hausse de taxes à Laval LE DEVOIR Les contribuables lavallois du secteur résidentiel verront leur compte de taxes augmenter en moyenne de 1,7 % l’an pro-: chain, a annoncé hier le maire : Gilles Vaillancourt lors de la présentation du budget 2004 de son administration.Les propriétaires de maisons unifamiliales subiront des hausses de taxes de 1,6 %, soit un peu moins que le taux d’inflation prévu de 2 %, a fait valoir le maire Vaillancourt De leur côté, les propriétaires du secteur non résidentiel devront composer avec des augmentations de taxes de 2,4 %.Pour pallier les effets du nouveau rôle d’évaluation, qui a fait grimper la valeur des propriétés de 20,5 %, l’administration du maire Vaillancourt a décidé d’étaler sur trois ans l’augmentation de la valeur foncière.De plus, le taux de taxe foncière de base, qui était de 1,644 $ par tranche de 100 $ d’évaluation en 2003, baissera à 1,55 $ en 2004.La Ville de Laval n’a pas réussi à restreindre ses dépenses et son budget subira un bond de 6,5 %, passant de 516 millions en 2003 à 549 millions en 2004.Cette hausse s’explique notamment par une contribution supplémentaire qui sera accordée à la Société de transport de Laval dont le manque à gagner s’élèvera l’an prochain à sept millions.L’administration de maire de Laval a profité du dévoilement de ce nouveau budget pour annoncer que le programme de collecte sélective à trois voies, actuellement offert dans deux secteurs de la ville, serait étendu à 2000 foyers supplémentaires.POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D’EFFECTUER UNE SERVICE HO! La grande rit mb y H guignolee des médias Jeudi, rendez Noël plus drôle pour plusieurs.Donnez.Voici dans votre localité les points de collecte désignés.Trouvez le plus proche.RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS.Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 Dons en dent es non p rissables et en argent, de 6 h 19 h : MoetawnM St» Catherin» el T I ¦* bec m coin des net SeM*- Cetbertoe et FeOurn de 9b 19b TDS, inter sert km de* ne St Jacquet et St Ml MtoOObMlde Mattomew* Est.angle AlexandredeS «e Centre M (1760.de la Oaucbetl re Ouest) Place des Arts (en face de la bWetterle, au m Ste-Catherine) aa coin des net Sfeertroefte Eit et Hatg (6970 Sherbrooke est) face la station de m tro Henri Bouresta ter 0 carie au coin de I avenue des Jockeys Esse ear I Ha «ai far* au cale de chemm Her l moue et Berfc».de» Wh '!?**** des net Parthenat* et bout, «et lawentMes, cou» (au protld organismes lore» UMCtwi (au protld o Intersection «e la Iff et le au ISOS chemin Gascon, terrebonn* - au profit Dans les ttatMm de m tro au MS, chemin de le C te-de-Uene H tro lerrl U0AM M Ire Henri «ourassa M troC te-Perta M tro Square Victoria POUR DONNER DIRECTEMENT AUX ORGANISMES BÉNÉFICIAIRES POINTS DE COLLECTE AUSSI JUSQU’AU 23 DÉCEMBRE 4751.rue St Urbain Montreal 0< H?» 'V< 6M0.ch dt la Cftta de lit St-iaarent OcMTHt 1910.Champlain Montréal 0c H7l 7SI m*M cotnj 1 uHuhert www.lagrandeguignoleedesm9dlas.com A 6 LE DEVOIR.LE MARDI 9 DÉCEMBRE 2003 EDITORIAL Une mauvaise entente L’entente de principe intervenue entre les négociateurs canadiens et américains dans le dossier du bois d’œuvre ne règle malheureusement rien à long terme.S’il l’entérine, ce sera la troisième fois que le Canada choisira la voie du compromis plutôt que celle des tribunaux d’arbitrage pour mettre fin au litige.If you can’t beat them.ncore une fois, la tactique déloyale du gouvernement américain qui consiste à imposer des tarife douaniers exorbitants pour forcer ses partenaires à signer des ententes commerciales restrictives semble sur le point de porter ses fruits.Si le Canada accepte, c’en sera fait du libre-échange en matière de bois d’œuvre.Pour les cinq prochaines années, le Canada accepterait de limiter sa part du marché américain à 31,5 %, au-delà de quoi il devrait payer des tarife douaniers très élevés.On se souviendra qu’ü y a dix-huit mois, le département américain du Commerce imposait unilatéralement un tarif douanier de l’ordre de 27 % sur toutes les importations de bois canadien.Selon la version américaine, le bois canadien récolté sur des terres publiques profite de subventions gouvernementales déguisées sous la forme de droits de coupe inférieurs aux prix du marché.Outré, le ministre Pierre Pettigrew avait porté l’affaire devant les instances d’arbitrage de l’OMC et de l’ALENA, bien décidé cette fois à attendre les résultats dont il ne doutait pas qu’ils lui seraient favorables.À quelques reprises dans le passé, les instances d’arbitrage ont donné raison au Canada.Cela n’a pourtant jamais empêché les États-Unis de revenir à la charge.Les délais étant longs, le Canada y perd toujours au change.Depuis mai 2002 par exemple, le Québec, qui est le deuxième producteur en importance au pays après la Colombie-Britannique, a perdu 9000 emplois dans le secteur de la forêt.L’ensemble de l’industrie canadienne a dû verser plus de 1,6 milliard sous la forme de droits compensateurs et de pénalités antidumping, une somme colossale dont moins de la moitié lui serait rendue si l’entente était ratifiée.Mais ce n’est pas fait, puisque plusieurs joueurs majeurs sont furieux: pourquoi, disent-ils, ne pas attendre le jugement final du tribunal de l’ALENA?Au Québec, Domtar et Tembec ont toutes deux décrié l’entente qui ramènerait la part du bois canadien sur le marché américain à un niveau inférieur au passé.Quant au gouvernement Charest, ses réactions tardent à venir.Or, selon des informations qui circulent, le Québec serait désavantagé dans la répartition des nouveaux quotas entre les entreprises à cause du type de produits exportés.Cela dit, ü y a im risque à ne pas conclure d’entente présentement puisqu’il n’est pas assuré que le Canada gagnera sa cause devant l’ALENA En effet, dans une décision rendue en août dernier, le groupe spécial de règlement des différends dénonçait la méthode de calcul utilisée par les États-Unis pour en arriver au tarif de 27 %, mais il n’en assimilait pas moins le système canadien à une forme de subvention à l’industrie.À quelques mois d’une décision finale, une autre raison, politique celle-là, explique la précipitation dont fait preuve le ministre Pettigrew: l’arrivée prochaine de Paul Martin dont on dit qu’il souhaite ne pas avoir à revenir sur la question devant le président Bush.Voilà qui n’est certainement pas un motif suffisant pour accepter n’importe quoi.jrsansfacon@ledevoir.ca La fraude du Kremlin Jean-Robert Sansfaçon ?%* Serge Truffaut ?e tous les constats que proposent les élections législatives tenues en Russie dimanche, le plus éclatant est sans nul doute le penchant prononcé des citoyens pour le nationalisme.La victoire du parti présidentiel, Russie unie, et de ses satellites confirme la persistance des sentiments xénophobes ou chauvins qui agitent la so-dété russe depuis le milieu de la décennie antérieure.Les formations qui ont aiguisé la nostalgie pour la grandeur passée du pays ainsi que le rejet de l’étranger ont profité de l’effondrement combiné du Parti communiste et des démocrates pour s’installer à demeure à la Domna fia chambre basse) où Vladimir Poutine dispose désormais de la majorité absolue.Cette inflation nationaliste laisse entrevoir la poursuite de la politique tout en muscles que Poutine a choisie pour mettre à sa botte la Tchétchénie ainsi qu’une détérioration accélérée des relations que son pays entretient avec l’Ukraine et avec d’ex-républiques soviétiques qui, aux yeux du Kremlin, déroulent le tapis rouge aux États-Unis avec trop d’empressement La variable nationaliste mise à part, on retiendra que la forte majorité accordée à Poutine lui permet d’ores et déjà d’envisager un amendement à la Constitution.Plus d’un expert a relevé que la dérive autoritaire qui habitait le patron du Kremlin allait se solder par une mise au pas, si l’on ose dire, de la Constitution du pays.Plus exactement, ici et là on fait le pari que Poutine va tailler la loi fondamentale à la mesure de son ambition afin que le président ne soit plus obligé de plier bagage après deux mandats.Cela étant, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de l’Europe ont vivement critiqué le déroulement de la campagne électorale.Selon les observateurs dépêchés par ces deux organismes, trop d’irrégularités ont entaché ce scrutin pour le qualifier de démocratique.Lors d'un débat à la télévision russe, un de ces observateurs a comparé le scrutin «d une course à pied où l’un des concurrents aurait été dopé, un autre affublé de lourdes chaînes, tandis que le troisième aurait ingurgité des somnifères».C’est tout dire.En plus de refuser tout débat contradictoire, le président Poutine a usé et abusé de la position qui est la sienne pour mettre tout l’appareil d’État à son service.Qui plus est, on a souligné une fois encore la mainmise du patron du Kremlin sur les médias électroniques qui ont relayé son message comme on le faisait à l’époque du glacis soviétique.En fait, le déroulement de ces élections a été si bancal, que l’OSCE évoque une régression de la démocratie.Aux lendemains de ce scrutin, la formation d’un régime autoritaire épris du nationalisme le plus rétrograde qui soit est plus que jamais évidente.À bien des égards, ce régime s’avère Hiéritier de celui des tsars: autoritarisme et personnalisation prononcée du pouvoir.L’opposition communiste ayant été balayée et les partis démocrates réduits à néant, on peut s’attendre à ce que Poutine poursuive sur sa lancée en accélérant le rythme.Inquiétant! LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ÜAC \* MAIS NON- CtSt PAS AmN&ê w MS1 looVU-ot Que justice soit faite Le 1" décembre dernier, Abdul Rahman Khadr, un jeune Canadien de 20 ans, donnait une conférence de presse à Toronto, quelques jours seulement après avoir été libéré de la base militaire américaine située à Guantanamo Bay, Cuba.Khadr a été arrêté en novembre 2001 alors qu’il se trouvait en Afghanistan.H a ensuite été maintenu en détention sans qu’aucune charge ne soit portée contre lui pendant près de deux ans avant d’être relâché sans explication.Plus de 600 êtres humains, capturés par l’armée américaine apparemment en lien avec la guerre au terrorisme, sont toujours détenus à Guantanamo Bay.En contravention avec le droit international et plus particulièrement de la Convention de Genève, aucun de ces individus ne bénéficie des droits élémentaires qui devraient être accordés aux prisonniers de guerre, aucun d’eux n’a été mis en accusation, n’a eu l’occasion de démontrer son innocence ou même de prendre contact avec son avocat C’est d’ailleurs dans le but évident de les soustraire à la juridiction des tribunaux que le gouvernement américain a décidé de détenir ces êtres humains à Guantanamo Bay.Le 25 novembre dernier, Lord Johan Steyn, juge à la plus haute Cour de justice d’Angleterre, dénonçait vigoureusement cette stratégie.Selon Lord Steyn: «Le but de détenir les prisonniers à Guantanamo Bay était et est de les placer au-dessus de la règle de droit.[.] Comme avocat amené à admirer les idéaux mis en avant par la démocratie et la justice américaines, je devrais dire que je considère ceci comme un monstrueux échec de la justice [.].» Peu importe ce que ces êtres humains ont fait ou n’ont pas fait, ils doivent être mis en accusation sans autre délai et doivent pouvoir se défendre pleinement devant un tribunal indépendant et impartial et bénéficier d’un droit d’appel.S’ils sont reconnus coupables, ils doivent être punis, sinon ils doivent être remis en liberté.S’il veut pouvoir prétendre être le défenseur de la démocratie et le libérateur des opprimés, le pays le plus puissant du monde LETTRES -+- deyrait s’imposer comme leader en ce qui a trait au respect des droits fondamentaux.Ën se cachant derrière Iç rideau et en tentant d’éviter la justice, les États-Unis d’Amérique ne font, au contraire, que ralentir notre marche vers la liberté et la démocratisation.Sébastien C.Caron Montréal, le 2 décembre 2003 L’étape du cégep Le récent rapport de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) suggérait l’élimination complète du parcours collégial.Cette idée saugrenue a vite été écartée par le ministre Reid.La tentative de la FCSQ m’inspire toutefois certaines réflexions.L’examen du système d’éducation québécois ne doit pas se faire par des intervenants en conflit d’intérêts (le secondaire et l’université cherchant à récupérer une partie du collégial) qui avancent des chiffres non fondés (l’épargne annueUe supposée de près de un milliard de dollars n’a pas été démontrée) tout en se servant du collégial comme bouc émissaire pour masquer leurs propres lacunes.Il serait certainement plus profitable pour la coUectivité québécoise que les différents ordres d’enseignement se concertent et s’entraident: cette stratégie fait à coup sûr des gagnants.Je travaille depuis une trentaine d’années au collégial et je peux affirmer que les collèges ont atteint une maturité dans leur développement qui leur permet d’offrir une formation de grande qualité à leurs élèves.On est très loin du stéréotype des cégeps «où profs et élèves font ce qu’ils veulent sans rendre de comptes», tel qu’il a été utilisé par Josée Boileau dans son éditorial du 1" décembre.On n’a qu’à penser aux révisions périodiques des programmes d’études pour réaliser le sérieux du travail qui se déroule au collégial.En tant que première étape des études su-rieures, le secteur préuniversitaire du collégial déploie des efforts soutenus pour préparer adéquatement les élèves aux études universitaires.Ce qui suppose également le respect des élèves qui vivent de l’indécision quant à leur orientation.Ainsi que le sou- Ël J ligne le Conseil supérieur d’éducation dans un avis récent (avril 2002) sur le collégial, «Tous les spécialistes consultés sont d’avis que l’élève qui accède au collégial n’a généralement pas terminé son processus de développement vocationnel.» Jacques Boisvert Ph.D.Professeur et chercheur au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu Le 3 décembre 2003 La loi du silence existe Oui, la loi du silence existe dans notre société.Elle est imposée de gré ou de force dans toutes sortes de circonstances, et les autorités répriment sans hésiter ceux qui la transgressent.La loi du silence n’est pas la négation du droit de parole; c’est plutôt l’obligation d’utiliser ce droit à bon escient: pas n’importe quand, pas n’importe comment et pas devant n’importe qui.Les plus vocaux de nos concitoyens s’y conforment volontiers lorsque briser le silence vient nuire à autrui, injustement ou inopportunément Plusieurs politiciens l’utilisent même à leur avantage: on l’appelle alors le bâillon.la loi du silence existe dans une bibliothèque, dans une famille, dans une cour de justice, dans une assemblée délibérante, dans un hôpital, au cinéma, la nuit, durant une enquête, etc.Elle existe aussi dans un salon funéraire.la vendredi 28 novembre, la résidence Saint-Charles-Borromée était un salon funéraire où des centaines de résidents et de salariés pleuraient la mort de leur ami, bienfaiteur et protecteur Léon Lafleur.Ce jour-là, le record Guinness des câlins a été fracassé dans ce lieu bouillonnant de chaleur humaine qui tentait de s’isoler un peu de la terrible tempête sévissant à l’extérieur.On doit comprendre et remercier les personnes qui ont eu le courage de vouloir fermer la fenêtre par laquelle s’engouffrait un souffle glacial qui venait attaquer de plein fouet un milieu de vie vulnérable, affaibli et éprouvé.Ma mère me l’a souvent dit: la parole est d’argent, mais le silence est d’or.Denis Aubin Montréal, le 4 décembre 2003 LIBRE OPINION —*- Bravo messieurs et mesdames les syndiqués! NATHALIE ROCHEFORT Retraitée de l'Assemblée nationale, toujours militante communautaire et politique ET travailleuse autonome Au cours des derniers jours, vous avez causé ce que plusieurs ont qualifié de grabuge.Ên ce qui me concerne, c’est de la violence, du vandalisme, une attaque directe à notre démocratie.Vous avez trouvé le moyen de détruire les dossiers de citoyens qui avaient demandé l’aide de leurs députés.Avez-vous pensé aux conséquences?NON! Peut-être tout sim-ilement parce que vous ne savez pas que le mreau du député est très souvent le dernier recours des citoyens face à la «machine» gouvernementale.Un appareil gouvernemental tellement encrassé dans ses procédures que les gens qui y travaillent, les fonctionnaires, ont perdu la capacité de faire preuve de bon sens! En entrant en barbares à Sainte-Justine, un hôpital pour enfants, avez-vous pensé au stress que vous avez causé aux enfants malades qui ont besoin de calme pour se rétablir, à l’angoisse que vous avez causée aux parents qui ont vu ces images dans les médias ou, pire, à celle des parents arrivant à ’hôpital en situation d’urgence.sans parer des conséquences sur le personnel mé- dical déjà débordé?NON! Vous manifestez pour la paix dans le monde, mais vous brutalisez des gens et instaurez un climat de peur qui ne fait que nuire aux citoyens du Québec! Mais qui êtes-vous?De quoi avez-vous peur?Savez-vous que le Québec est actuellement en pénurie de main-d’œuvre?Savez-vous qu’il y a actuellement plein d’emplois disponibles au Québec qui ne trouvent pas preneur faute de main-d’œuvre qualifiée?Que, dans dix ans, si rien n’est fait, nous serons trop peu nombreux pour payer les services gouvernementaux que nous méritons par nos taxes! Des emplois de qualité et bien rémunérés pourront enfin êtres développés avec l’ouverture à la sous-traitance.Comment pouvez-vous être contre cela?Savez-vous que les petites entreprises du Québec sont composées majoritairement de moins de cinq employés et qu’elles n’ont pas d’autre choix que de développer leur capacité de faire de la sous-traitance en offrant des biens et des services aux plus grandes entreprises pour survivre et se développer.Ce faisant, elles améliorent les conditions de travail de leurs employés et de leurs localités.Savez-vous que 38 % de femmes québécoises sont syndiquées?La plupart de ces femmes, plus de 80 %, travaillent dans le secteur public; que seulement 30 % des membres de la FTQ ont moins de 35 ans?Qu’en ce qui concerne les communautés culturelles, c’est pratiquement impossible de savoir combien de gens sont représentés par les centrales syndicales?Au lieu de brandir le spectre des baisses salariales, pourquoi ne faites-vous pas l’effort d’envisager une hausse de la qualité de vie de l’ensemble des citoyens du Québec?’’ Votre protectionnisme syndical empêché des jeunes, des femmes et des gens issus des communautés culturelles d’avoir accès eux aussi à des emplois lucratifs et valorisants.Pourquoi ne voulez-vous pas construire le Québec de demain?On est sent millions, faut se parler! Vous dites que les salaires vont baisser.Alors que grâce au manque de solidarité des syndicats envers les jeunes Québécois, toute une génération a été sacrifiée avec la mise en place des clauses «orphelins., qui font des jeunes une sous catégorie d’employés, moins bien payés que leurs aînés!!! Une chose est certaine: partout au Québec, dans les écoles et les organismes communautaires, des citoyens engagés dans une lutte concrète pour construire un monde meilleur travaillent au quotidien pour expliquer et faire comprendre aux générations montantes que la violence ne résout rien Alors que vous. LE DEVOIR, LE MARDI 9 DÉCEMBRE 2 0 0 3 A 7 IDEES Place à une vraie «foire» du livre! Les salons du livre ou la mascarade financée par l’argent public JACQUES GRENIER LE DEVOIR Lâchez-nous le mot «salon» qui sonne XVIII' et XIX' siècles.C’est une «foire commerciale» n’osant pas dire son nom; le mot «foire» ne mord pas plus que le mot «chien».CLAUDE JASMIN Écrivain n dirigeant de «salon du livre» (saguenéen) se lamente: «Avec les coupures annoncées, un salon du livre deviendra un simple magasin de livres.» Haro sur Line Beauchamp, ministre ès culture.Mais quoi?C’est exactement cela un salon.du livre, un gros magasin.Lâchez-nous le mot «salon» qui sonne XVIII' et XIXe siècles.C’est une «foire commerciale» n’osant pas dire son nom; le mot «foire» ne mord pas plus que le mot «chien».Chaque année, il y a cinq ou six «auteurs favoris» qui amènent de petites foules aux stands à dédicaces.J’ai eu mon tour jadis.À Montréal on proclamait cette année: «Venez: plus de mille écrivains présents.» Une farce, 995 écrivains observent la poignée annuelle des populaires dédica-ceurs à la chaîne, bien mince peloton de chanceux, petit gang des élus de l’année, un Aznavour, un Beg-bédé [Beigbeder], un Yann Martel ou une belle Arlette à saga, sauce à rallonge.Et qui encore?Chaque année, on change de quarteron! «Si j’ara su, j’ara pas venu» Chaque mi-novembre, quelque sept ou huit grosses maisons d’édition (dont c,elles de Paris) installent de gros magasins.Ces HÉNAURMES — et néanmoins respectables — marchands de livres se transforment en «libraires» pour un week-end.Tout autour, une majorité de petits éditeurs regardent circuler vainement les chalands avec plein d’auteurs méconnus, non médiatisés — parfois, souvent inconnus injustement — qui s’ennuient fermement et gribouillent d’intimes graffiti devant leur comptoir.désert.Mon modeste éditeur («du Lilas») fut installé dans un recoin, dos au mur de béton, sous une mezzanine avec un espace pour une table et deux chaises! Chaque jour de ce week-end, tu t’attires une dizaine d’aficionados, mais ces droits d’auteur suffisent mal à rembourser ta bouffe et le parking à 20 piastres par jour.Un commerce non rentable! Consolation, on m’offrait des rencontres sur tréteaux.Jasette à micro avec des collègues: vendredi (modeste cachet) avec Kattan et Archambault, sous Fugère.Samedi, (sans cachet mais.quatre chocolats!) un «Génie en herbes», sous Paul Arcand.Dimanche (pas de cachet) avec la divine Clémence, sous Miss Bombardier Jr.Pour la majorité des auteurs: rien de cela.Rien.Pour moi ce fut, quoi, trois heures d’absence à mon «petit coin»! Aznavour, Martel et C*, très entourés, ont mal au poignet mais 995 écrivains se disent-ils: «si j’ara su, j’ara pas venu»?J’ai entendu des éditeurs (pas Gras-set-Seuil-Gallimard) affirmer.«C’est pas payant ces salons, mais, bon, c'est une vitrine».Les allées centrales, voies royales sur tapis rouge, débordent de bouquinistes du week-end.Plein de voiturettes, de poussettes et d’écoliers ramasseurs de signets signés.A voir cette foule, on se dit que Montréal est une ville intellectuelle.C’est un leurre, une illusion, exactement comme pour le Festival de jazz, l’été.Une vraie foire marchande Cette courte «fête du livre» est une vaine mascarade subventionnée par l’argent public.La semaine d’après, nos librairies, débarrassées de ces «concurrents d’une fin de semaine», restent des lieux peu fréquentés hélas — questionnez ces va- leureux «marchands de livres» hors les gros Archambault et Renaud-Bray Le régime Charest vient donc de poser un petit cran d’arrêt à ces magasins temporaires.Plein d’organisateurs, bureaucrates salariés soutenus par de merveilleux bénévoles — blâment la «minisse» des arts, Line Beauchamp.Pas moi.Je recommande à ces plaignards subventionnés de montrer un visage plus franc, de se réorienter.Suffit de jouer la snobi-nette carte culture.Bas les masques et place à la franchise marchande ordinaire.Par exemple: nos éditeurs accepteraient-ils pour une fin de semaine d’abandonner les 40 % du libraire?Les distributeurs feraient-ils pareillement! Pourquoi pas les imprimeurs?Abandon de leurs 15 % pour un week-end.D y aurait offres de bons-rabais et des concours à gages, des aubaines bien réelles, d’incessants tirages-bingo, sans cesse des prix de présence, des clowns par douzaines, trafic sans arrêt, des danseuses pas trop nues, penchées sur de pleins bacs géants à livres d’occasion à une piastre.Encore?Tiens, un coin «vedettes lisantes» avec des Roy Dupuis, Marina Orsini, et autres vedettes de téléromans chéries du grand public, maquillées, costumées pour des sketches dramatiques.«Oui, oui, dirait le loustic, on est disposé à payer des frais d’entrée, amenez-nous Wilfred-homard qui chante du Nelligan, du rond Brière-Bell en Ti-Zoune découvrant Agakuk en poche, Séraphin-Lebeau avec sa poche “d’argin” déclamant à pleine gueule du luisant polar neuf, viande à chien; un beau Survenant, nevermind, avec sa vieille fille martyre, récitant du Miron mironton; quelques chassés d’un loft french kissant le martellant tigre de Pi!» Foin des pudeurs littéraires, foin des aristocrates du livre, sus aux afféteries intel-lectichiantes.Ce sera «à guichet fermé» ces scènes payantes, vous verrez! On aura une vraie foire, les foules seront ravies, aussi tous nos marchands de bouquins, y compris les éditeurs de gastromania, de jardinageries et d’horoscopies.On se privera enfin de l’argent public si utile en santé et en éducation.Yves Séguin le dit: «Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l’État.» On aurait, pour trois ou quatre journées, un vrai «centre commercial» de bouquins variés avec tant de ces attractions habilement publicisées au lieu de ce prétendu «salon littéraire» profitable, aux cinq ou six «meilleurs vendeurs» annuels.Editeurs, stoppez le puritanisme et assumez votre très honorable vocation marchande.Les écrivains, avouons-le franchement, ont un urgent besoin, plutôt que de conseillers littéraires prétentieux, de véritables commerçants.Le Canada sabotera-t-il son initiative pour l’accès aux médicaments dans les pays en développement?RICHARD ELLIOTT Directeur des politiques et de la recherche juridique, Réseau juridique canadien VIH/sida et membre fondateur du Groupe pour l’accès mondial aux traitements L e nouveau premier ministre du Canada a proclamé son souci à l’égard des pays en développement et son intention d’accroître le rôle du Canada dans le monde.L’un des premiers tests de son engage- _____ment sera de mener à bon port l’initiative Canada pour fournir des médicaments moins coû-ix aux pays en développement qui sont aux prises ec le VIH/sida et d’autres problèmes de santé.A l’occasion de la récente Journée mondiale du da, on nous a rappelé l’ampleur de cette pandé-ie qui fait rage: plus de 20 millions de personnes ‘cédées du sida, plus de 42 millions qui vivent ac-ellement avec le VIH; et sa vitesse de croisière : tu elle: chaque jour 14 000 nouveaux cas d’infec-m à VIH et 8000 décès.À ne réciter que des cha-;lets de statistiques aussi funestes, nous ris-10ns d’obscurcir la tragédie humaine bien réelle; )us risquons aussi d’être paralysés par la magnifie de l’horreur.Nous savons pourtant quoi faire.Au devoir moral ; réagir à cette souffrance inimaginable vient s’ajou-r un constat bien pragmatique: les efforts pour pré-:nir la propagation du VIH ne porteront leurs fruits ellement qu’en présence des traitements et des lins dont ont besoin les personnes déjà atteintes du IH.Car l’espoir de recevoir un traitement est un lissant contrepoids à cette «autre épidémie» qui ac-impagne et catalyse l’épidémie virale: la discrimma-)n et le stigmate qui entourent le VIH.Dans cette optique, l’Organisation mondiale de la inté (OMS) a lancé un plan ambitieux pour assurer i accès efficace et soutenu à des médicaments anti-‘troviraux à trois millions de personnes dans des lys en développement, d’id à 2005.(.] Le Canada ra-t-il partie de cette mobilisation mondiale?Aller s l’avant pour aider à fournir des médicaments loins chers, voilà une contribution qui est à notre jrtée et que nous devrions faire.Mais le gouverne- ment canadien risque de saboter sa propre initiative, annoncée en fanfare il y a quelques semaines.La théorie.et les détails Début novembre, peu avant que le premier ministre Chrétien ne mette un terme à la session parlementaire, le gouvernement a introduit un projet de loi pour favoriser l’accès à des médicaments génériques moins chers pour les personnes malades dans les pays en développement En théorie, le projet de loi C-56 amenderait la Loi sur les brevets: les fabricants de médicaments génériques pourraient obtenir les licences nécessaires pour produire des versions moins dispendieuses de médicaments brevetés, destinées aux pays en développement qui n’ont pas la technologie et les ressources pour en fabriquer.Le projet de loi applique une décision récente de l’Organisation mondiale du commerce qui a assoupli les règles internationales du droit de propriété intellectuelle, précisément afin de rendre possibles de telles initiatives.Le Canada a été le premier pays à introduire une loi basée sur cet heureux développement Nous félicitons le gouvernement pour son action rapide.[.] Mais le diable se cache dans les détails — et certains détails de ce projet de loi ont été assourdis par le chœur de félicitations et de rhétorique.Tristement le projet de loi C-56 renferme de graves lacunes qui, si l’on n’y remédie pas, rendraient l’initiative futile.En particulier, un article du projet de loi permettait qu’une compagnie pharmaceutique de marque, titulaire du brevet canadien pour un médicament puisse s’emparer de tout contrat qu’une compagnie générique aurait négocié avec un pays en développement pour en fabriquer une version générique moins coûteuse.Ce faisant fa compagnie brevetée empêcherait le fabricant générique d’obtenir 1a licence qui lui permettrait d’exécuter son contrat Cette possibilité réduirait radicalement tout intérêt des fabricants génériques à même négocier de tels contrats avec des pays en développement Bref, toute pression susceptible de faire baisser les prix de médicaments serait en fait anéantie.De plus, fa compagnie pharmaceutique brevetée pourrait faire cela tous les deux ans.En vertu du tex- te actuel du projet de loi, 1a licence qu’un fabricant générique pourrait obtenir ne serait valide que pour deux ans.Pour continuer à approvisionner un pays en développement après ce terme, il devrait recommencer le processus pour obtenir une nouvelle licence.Si fa compagnie qui détient le brevet ne lui avait pas dérobé le contrat 1a première fois, elle aurait alors une nouvelle chance de le faire.Dans des circonstances aussi précaires, il est encore moins probable qu’un fabricant générique soit ouvert à payer pour négocier un contrat et à s’équiper pour une production de deux ans.Fausseté à dénoncer Certains porte-parole du gouvernement canadien prétendent que ces dispositions sont imposées par les règles de l’OMC.Or il n’en est rien.Rien dans les règles de l’OMC ne requiert que l’on donne aux brevetés pharmaceutiques un «droit» de dérober des contrats et d’empêcher des fabricants génériques d’obtenir des licences.S cette fausseté n’est pas démentie, elle viendra contredire ceux qui ont maintes fois affirmé que les règles de l’OMC laissaient assez de souplesse pour répondre aux besoins des pays en développement Si le Canada conserve ces dispositions dans le projet de loi C-56, il fera carrément échouer son propre plan.Le gouvernement sera gêné d’avoir adopté une loi qui renferme des faiblesses aussi flagrantes.Mais, pire encore, il aura trahi sa promesse d’aider les malades des pays en développement On peut facilement éliminer ces lacunes du projet de loi C-56, qui n’a pas encore été adopté et devrait être réintroduit au Pariement en début d’année.Le nouveau premier ministre, Paul Martin, a dit qu’il appuie cette initiative et ü a reconnu publiquement que ce projet de loi, dans sa forme actuelle, avait des défauts.Le premier ministre résistera-t-il aux pressions de l’empire pharmaceutique de marque et nèglera-t-il les problèmes du projet de loi pour réaliser fa promesse canadienne de médicaments plus abordables pour les pays pauvres?Ou faissera-t-il filer cette occasion de vrai leadership?S’il ferme les yeux, le prix ultime sera payé de fa vie de millions de malades pauvres qui ont besoin de médicaments.La quête d’un chez-soi des personnes psychiatrisées T PAUL MORIN Professeur associé, École de service social, UQAM et coordonnateur du Collectif de défense des droits de la Montérégie ous et toutes nous aspirons à avoir un chez-soi; ce désir légitime à l’intimité, à fa sécurité, demeure pourtant hors de portée de maintes personnes ayant des problèmes de santé mentale.En effet, l’actualité Ulustre encore, si besoin était, les misérables conditions de vie de ces personnes.Le loge» ment est pourtant à la base des stratégies gouvernementales pour maintenir les personnes ayant des troubles mentaux dans la communauté, les maisons de chambres représentant ainsi un élément spécifique et légitime du domaine de l’habitation.Il s’agit sans doute de l’une des entreprises de logement les plus florissantes qu’aura fait naître 1a désinstitutionnalisation.La raison d’être des maisons de chambres ne s’inscrit pourtant pas dans 1a perspective humanitaire (répondre aux besoins des individus, personnaliser les approches pour permettre une meilleure intégration sociale de 1a personne), car si elles peuvent offrir une structure plus souple et plus malléable, elles peuvent aussi être un lieu de contrôle où des chambreurs sont maltraités et exploités.Un voyage dans le quotidien des maisons de chambres à l’occasion d’une récente recherche (Morin, Dorvil, 2003) nous a révélé à quel point 1a maison de chambres occupait une position stratégique dans 1a géographie post-asilaire des lieux de résidence des personnes ayant des problèmes majeurs de santé mentale.Entre protection, contrôle et respect des droits, fa situation de ces résidents soulève des débats fondamentaux qui nous interpellent Comme le chambreur, supposé autonome, est censé contrôler ses revenus, et non le propriétaire qui l’héberge, celui-ci n’a aucun compte à rendre au réseau de fa santé et des services sociaux.Personne ne contrôle les conditions de vie et de soins offertes aux chambreurs ayant des problèmes de santé mentale, supposés avoir choisi librement leur habitation à leur sortie de l’hôpital.Pourtant le rapport Deschênes et Gagnon (1998) sur les personnes vulnérables susceptibles de bénéficier d’un régime de protection avait clairement défini les chambreurs comme des «personnes extrêmement fragiles qui ne sont pas détectées par notre système socio-sanitaire».Cela est particulièrement préoccupant, car «le sort de plusieurs chambreurs solitaires [est] à la merci d'exploitants pour leur logement, leur nourriture et leur prestation d’aide sociale».Le rapport explique qu’il s’agit là bien souvent de «personnes affectées de problèmes cognitifs et de confusion mentale [qui] sont d’une vulnérabilité particulièrement aiguë [.]».Nous avons distingué trois profils de résidents dans notre rapport de recherche.Nous avons repéré les nomades urbains pour qui la maison de chambres répondait à un besoin de liberté.Ces résidents étaient de loin ceux pour qui cet univers correspondait à leur manière d’être.Les outsiders ont représenté le deuxième groupe.Uoutsider est un être Gadoxal qui se promène entre liberté et sécurité mais qui a fa chance d’être suivi par quelques intervenants qu’il voit au besoin.Finalement, le troisième profil rencontré dans ce projet a été celui des dépendants délaissés, qui n’ont pas beaucoup de contact avec le réseau de la santé et de services sociaux malgré leur grande vulnérabilité.L’univers de la maison de chambres est donc fort complexe.Il n’est pas homogène d’un endroit à l’autre.[.] Cet univers est un construit social où s’est installé un équilibre précaire entre le besoin de sécurité et le besoin d’autonomie.Actuellement, il est manifeste que fa sécurité l’emporte sur l’autonomie, mais un besoin de sécurité tel que défini par les propriétaires.[.] Le chez-soi comme lieu d’un pouvoir personnel peine à s’imposer en ces lieux, sauf pour les plus débrouillards, ceux en haut de fa hiérarchie qui réussissent à exercer un certain contrôle sur leur environnement immédiat Décisions douteuses Pourtant un habitat qui permet «une intimité dans la communauté des autres» nous semble une démarche indispensable dans tout processus d’intégration.Les maisons de chambres hébergent des personnes qui sont vulnérables collectivement, qui n’ont pas les ressources pour défendre leurs droits, d’où l’importance que d’autres acteurs se mobilisent pour que leur dignité soit respectée.Selon les déclarations maintes fois répétées du ministre Couillard, les personnes vulnérables [.] constituent une des priorités du gouvernement du Québec.Or ses premières décisions dans ce champ d’intervention laissent perplexes nombre d’intervenants du milieu.L’équipe de santé mentale du ministère a été transférée de fa Direction générale des services à 1a population à 1a Direction des affaires médicales et universitaires; fa course à l’Institut universitaire pour les Centres hospitaliers psychiatriques est repartie; un comité restreint d’experts du milieu de la santé mentale a été constitué en remplacement du Groupe d’appui à la transformation des services de santé mentale dont le bilan de trois années de travaux semble avoir été classé sans suites.Alors que fa division de la santé mentale de l’Organisation mondiale de fa santé, depuis 1a publication de son rapport La santé mentale dans le monde (2001), centre ses activités sur fa promotion d’un réseau de services intégrés dans l’optique d’une santé mentale communautaire, il est d’autant plus légitime de s'interroger sur fa vision du ministre Couillard en ce domaine d’intervention.S'assurer de l’accessibilité à un chez^oi avec un soutien modulé selon les besoins de fa personne, et ce, dans un ensemble de services cohérents, intégrateurs et coordonnés, exige une approche qui a fait ses preuves: celle justement d’une santé mentale communautaire.I/ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Joumallütrs è l’Information générale H métropolitaine : Gérald Dallait» {adjoint au directeur dt l'information).Jeanne Corrivéïu {affaim municipales).Fabien lie»lier Marie-Andrée Choulnard tfduration) .Jo*ée Boileau (éditorialiste, responsable de la Pofe Idéts).Brian Myle» (justice et Martin Ducloa,_______—-^ n.narri Caroline (Tili^, O^l renih!^ ^ ^]|non {correspondantes partementaires à OBawoT.Tommy Choulnard et Robert Dutriaac tnnrespondanti parlementaires i Québec), Kathleen Uveaque ; Marie-Hélène Alarle (secrétaire d la rédaction) ; Umlae-Maude Rioux berge Tniffaut^ttoruü ate) a I tnio^ H.Kmmentntlon GUlea Paré (directeur); Manon Derome.Serge laplantr tQuébec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Marlène CAté, Slavica Bogdanov.Véronique Géraud, Chrlatiane Legauh, Amélie boucy.t^nevléve titiieirionne troai K.,rtian(| Sebat (publicitaires), Laurence ThériauH (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie laporte, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Barinet (responsable de la production).Nathalie Zemaitls, Michel Bernatchea, Philippe Maltan.Jacques A.Nadeau.Uaire t q • Cormiers Donald Fiüon.Olivier Zuida INFORMATIQUE.Yanlck Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Unda ThériauH (responsable service d la ciientile.distribution et ttrafe), Glièle Lenard, (coordonnatrice i la promo- i ôor -, «1 Mnninue 1Tleuroux lise Lachapelle.Racheüe Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Germain Hæck (contMeur).Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Rosaf LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur généraC \ n A 8 LE DEVOIR.LE MARDI 9 DÉCEMBRE 2003 - LE DEVOIR ACTUALITES Décès du pianiste du Buena Vista Social Club AGENCE FRANCE-PRESSE La Havane — Le pianiste cubain Ruben Gonzalez, membre du célèbre Buena Vista Social Club, est décédé hier à La Havane à l’âge de 84 ans, a annoncé sa veuve.Ruben Gonzalez est mort des suites d’une maladie osseuse, compliquée de problèmes rénaux et respiratoires, a précisé son épouse, Eneida Lima.Né à Santa Clara en 1919, Ruben Gonzalez avait étudié la musique, mais aussi la médecine, avant de s’installer définitivement à La Havane en 1940.D avait alors opté définitivement pour la musique et avait intégré plusieurs groupes musicaux notamment ceux d’Arsenio Rodriguez et Emique Jorrin.Ressuscité de l’oubli en 1997, il avait fait partie du projet musical Buena Vista Social Club, dont les membres ont été considérés comme des ambassadeurs itinérants de la culture cubaine après le succès de leur album (au moins quatre millions d’exemplaires vendus dans le monde et un Grammy Award), et du film Buena Vista Social Club du cinéaste allemand Wim Wenders, sorti en 1999.11 avait par la suite accompagné au piano plusieurs des interprètes du Buena Vista Social Club, dont Ibrahim Ferrer et Omara Portuondo.Un des plus célèbres membres du Buena Vista Social Club, le chanteur cubain Compay Segundo est décédé en juillet dernier à l’âge de 95 ans.DEMOCRATIE SUITE DE LA PAGE 1 «Selon une opinion unanimement partagée, ces défaillances mettent en doute la volonté de la Russie de se rapprocher des critères européens pour des élections démocratiques», a-t-il ajouté.Ainsi, l’élection a marqué une «régression» du processus démocratique, a poursuivi le diplomate.«Le recours massif aux faveurs de l’appareil d’État et des médias» au profit du parti pro-présidentiel a créé «un environnement défavorable pour les autres partis, a ajouté M, George.Le principe de traitement égal pour toutes les parties a été enfreint».Certes, a-t-il reconnu, tous les gouvernements profitent de leur position privilégiée, mais «il y a une ligne invisible qui ne doit pas être franchie».Or, selon lui, cette ligne a bien été franchie en Russie et, de ce fait, «les résultats électoraux ont été en grande partie faussés».Les observateurs de l’OSCE et du Conseil de l’Europe ont suivi le scrutin dans plusieurs villes russes.Dans leur déclaration commune, présentée par M.George, ils souhaitent que «dans le courant des prochains mois, des changements indispensables soient introduits pour que l'élection présidentielle à venir corresponde mieux aux normes internationales généralement admises».De son côté, le représentant du Conseil de l’Europe David Atkinson s’est dit «très préoccupé par une pratique injuste favorisant un seul parti».«Une concurrence politique réelle et la possibilité de choix Pour les électeurs sont des éléments indispensables d’un processus électoral véritablement démocratique», a-t-il conclu.Les Etats-Unis partagent les inquiétudes de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe sur l’équité des élections parlementaires en Russie, a déclaré hier le porte-parole de la présidence américaine, Scott McClellan, lors d’un point de presse au lendemain du scrutin qui a vu la victoire du parti Russie unie qui soutient le président russe Vladimir Poutine.«Nous soutenons les efforts [de la Russie] pour mener des réformes à la fois politiques et économiques, y compris celles d’institutions démocratiques qui sont importantes pour un État libre, d’une presse libre, de partis politiques respectueux de la loi, pour en citer quelques-unes», a poursuivi M.McClellan.«Nous espérons que la Douma De parlement russe] va poursuivre ce calendrier de réformes et soutiendra le partenariat entre les États-Unis et la Russie», a-t-il ajouté.«L’OSCE a fait part de préoccupations sur l’équité du processus électoral.Nous partageons ces préoccupations, et cela souligne la nécessité de voir les parlementaires russes se consacrer à la réalisation d’un calendrier de réformes politiques et économiques», a dit le porte-parole de la présidence américaine.Le président Vladimir Poutine a estimé hier que les législatives de dimanche avaient renforcé la démocratie russe.Russie unie (Edinata Rossia) a obtenu 36,8 % des voix au scrutin proportionnel par liste, en vigueur pour le renouvellement de la moitié des 450 députés, après dépouillement de 90,58 % des bulletins, a annoncé hier la Conunission électorale centrale russe.Le parti pro-Poutine, qui ne bénéficiait dans la Douma sortante que de 142 sièges, peut ainsi compter au total sur quelque 222 sièges, soit presque la majorité absolue de 226 sièges.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 La publicité Au téléphone Par télécopier Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt lïtvoir est publié du hindi au samedi par l* Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.9 étage, Montréal (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St jean, 800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Ikvoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (îruupe Québécor lnc„ 900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication —- Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.CRISES Les mesures proposées existent ailleurs, notamment à New York SUITE DE LA PAGE 1 la fuite d’ammoniac de 1997 à l’usine Montpak et les avis de chaleur accablante des dernières années.Si on estime avoir géré de main de maître l’épisode de la crise du verglas, l’incendie toxique de la compagnie de peinture Carterchem en 1998, et l’émergence du virus du Nil dans la métropole, les autorités de santé publique estiment toutefois que la crise du SRAS, l’incendie à l’usine Montpak, et les épisodes de chaleur accablante ont clairement mis en lumière les lacunes qui persistaient dans la capacité de prévenir et de gérer les risques de façon concertée dans la métropole.Si le Québec avait été confronté aux fléaux de santé publique qu’ont connus la France ou Toronto au cours de la dernière année, le rapport conclut que nos système de santé n’auraient pas fait mieux.«Il n’est pas faux de prétendre que nos systèmes actuels auraient aussi connu des limites advenant un cas réel de SRAS ou devant la persistance de la canicule, comme l’été dernier en France», peut-on lire.Même si la métropole n’a connu, par chance, aucun cas de SRAS l’hiver et le printemps dernier, 400 personnes ont quand même été mises en quarantaine, à la suite de la participation à un colloque à Montréal d’un Torontois soupçonné d’être infecté.Malgré cet épisode bien géré, le rapport souligne que «le réseau de la santé, déjà débordé, n’a pas la capacité de répondre à des situations d’urgence qui perdurent.Le réseau aurait donc éprouvé les mêmes difficultés que celui de Toronto».La Direction de la santé publique relève aussi des manques importants dans la gestion de la fuite d’ammoniac survenue en 1997 à l’usine Montpak, qui a entraîné la mort d’un travailleur et l’intoxication de 24 autres.Comme le rapport du coroner à l’époque, le rapport de la DSP conclut à l’absence de connaissance des risques et de mesures préventives, à l’absence de plan d’évacuation, et de préparation des premiers intervenants dont les pompiers.Selon ce rapport, il ressort très clairement des 17 épisodes de crises vécues à Montréal depuis dix ans que les autorités de santé publique, de même que leurs partenaires immédiats, manquent de moyens efficaces pour anticiper l’émergence de crises sanitaires, notamment pour ce qui est des maladies infectieuses et des maladies émergentes.«Nos 17 histoires de cas le démontrent amplement, [.] force est de constater que des lacunes persistent.Souvent, nous possédons une connaissance partielle de l’inventaire des risques et de leur impact sur la santé et nous n’effectuons qu’une surveillance limitée de leur évolution», note le rapport, précisant que cette surveillance est la pierre angulaire de toute préparation efficace.C’est notamment au chapitre des moyens de communications et du partage de l’information que le bât blesse, estime le rapport.En effet, la DSP dit ne pas être en mesure d’obtenir en temps réel les informations qui lui permettrait de détecter efficacement l’éclosion d’épidémies ou d’autres risques à la santé urbaine dans la métropole.•Nous ne possédons pas de système pour détecter à temps des situations inhabituelles causant de la mortalité, des hospitalisations, des consultations à l’urgence, et en cabinet privé, des appels à Info-Santé, une augmentation d’ordonnances pour un type de médicament indiquant une flambée épidémique», souligne la DSP.Des actions urgentes Devant ce constat, le rapport recense les actions urgentes à effectuer pour doter la métropole de moyens musclés pour prévenir et gérer les prochaines crises de santé qui risquent de frapper la région.On prône en premier lieu la création d’un véritable état-major, piloté par le maire de Montréal, qui réunirait une vingtaine de décideurs de tous les secteurs d’activité responsables de la protection des biens et des personnes, notamment la police, la sécurité civile, mais aussi les ministères provincial et fédéral de la santé, de l’environnement, et une multitude d’acteurs régionaux.Cet état-major serait responsable de faire l’inventaire des principaux risques sur le territoire montréalais et de développer des scénarios conjoints en cas de catastrophes naturelles, accidents industriels, d’épidémies ou d’actes terroristes.Il devrait aussi planifier des exercices de simulation et recenser les populations les plus vulnérables pour certains risques.A l’heure actuelle, le Comité municipal de sécurité civile de Montréal est la tête dirigeante des plans de mesures d’urgence dans la métropole.Le comité aviseur anti-terroriste de Montréal (CAAM) élabore quant à lui des protocoles, pour ce qui est des colis suspects et des bombes sales.Mais, selon la DSP, il faut pousser encore plus loin l’intégration de tous ces acteurs pour protéger la santé de la population.•Si l’on veut dépasser une gestion par crise pour tendre vers une gestion proactive et intégrée, on n’a d’autre choix que de privilégier une logique d’intervention commune», lit-on dans ce rapport Pour prévenir les crises, la DSP estime aussi qu’il serait urgent de créer un système de vigie régionale, capable d’avertir les autorités de l’émergence de certains diagnostics.Pour cela, il faudrait notamment créer un réseau informationnel partagé par les hôpitaux, les cabinets de médecin et les CLSC, où la prolifération de certains cas pourrait mettre la puce à l’oreille des autorités de santé publique.On propose aussi de créer un réseau de médecins et d’infirmières sentinelles dans les CLSC, ainsi qu’un réseau sentinelle de pharmacies, pour être en mesure d’observer les fluctuations quotidiennes dans la consommation de certains médicaments.Autant de mesures qui existent, notamment à New York, et qui ont permis d’alerter les autorités de santé publique sur l’éclosion des premiers cas d’infection au virus du Nil occidental dans la métropole américaine.SUITE DE LA PAGE 1 Contre cette prise de contrôle quasi totale de l’édition française par le groupe Lagardère, un seul obstacle se .dresse alors: la Commission européenne.Les Editions Gallimard, avec d’autres éditeurs qualifiés d’«indépendants», dont Le Seuil, La Marti-nière et Actes Sud, déposent alors auprès de la Commission européenne un dossier contre cette concentration jugée abusive.En entrevue à Télérama, le patron de Gallimard déclarait craindre, dans le nouveau paysage de l’édition, d’avoir désormais des difficultés «à imposer les Folio ou les guides de voyage».Cette concentration opérée par Lagardère père et fils place pourtant Gallimard au second rang des éditeurs français en ce qui a trait au chiffre d’affaires.Or si la nébuleuse Gallimard n’est effectivement plus en mesure, avec ses 900 nouveautés par an, de résister à l’emprise du colosse éditorial Lagardère, que dire des petits éditeurs indépendants?Environ 3000 éditeurs sur 3500 répertoriés en France n’appartiennent ni à Hachette-Lagardcre ni au giron de Gallimard, du Seuil, d’Actes Sud ou de La Martinière.Ces éditeurs, sur le plan commercial, ne comptent cependant pour rien ou presque.Qui s’occupera désormais de leurs livres au milieu de l’emprise du commerce?Coup de théâtre Devant la pression publique, la Commission européenne risquait plus que jamais de s'opposer au quasi-monopole de Lagardère.Pour s’éviter des ennuis et réussir néanmoins en partie son coup financier, Arnaud Lagardère a annoncé la semaine dernière ne vouloir conserver que 39 % du chiffre d’affaires de son ancien concurrent VUE Lagardère père et fils avaient d’abord souhaité prendre le contrôle total de l'entreprise.EDITION Désormais, le groupe Média-Participations et Riz-zoli a donc le champ libre pour acquérir, tel qu’il le désire, les 61 % restants de la dépouille de VUP La bannière Hachette n’en sort pas moins enrichie par l’opération financière mise en place au cours des derniers jours.Désormais, le groupe compte notamment des maisons telles Fayard, Stock, Grasset, Calmann-Lévy, Jean-Claude Lattès, Larousse, Mille et une nuits, Marabout, Anaya, Du-nod-Dalloz, Armand Collin, Hark-quin, et le Livre de poche.Hachette-Matra continue d’être, de très loin, le numéro un de l’édition en France et de jouer par ailleurs un rôle très important en Espagne.Son chiffre d’affaires passe de 950 millions d’euros (1,5 milliard de dollars) à plus de 1,313 milliard d’euros (2,06 milliards de dollars).Une stratégie prudente L’héritier Lagardère a expliqué qu’il aurait pu tenter de conserver tous les actifs de VUP, mais qu’il ne souhaitait pas «faire prendre aux actionnaires le risque d’une interdiction» de la transaction par la Commission européenne.Avec cette annonce de la nouvelle position du groupe Hachette-Matra-Largardère, le bal des tractations pour le rachat de plusieurs éditeurs importants a repris de plus belle.Et le monde du livre s’inquiète par ailleurs tout autant des changements que cela pourrait entraîner, notamment du côté de la distribution et des petits éditeurs.Les actifs de l’ex-VUP qui seraient cédés à Média-Participations et Rizzoli comprendraient en principe les maisons Robert Laffont, Solar, Belfond, Fixot, La Découverte, Plon, Bordas, Nathan, Le Robert, Pocket, 10/18 et Fleuve Noir ainsi que la distribution Interforum.Rizzoli, dont les principaux actionnaires sont Fiat et Mediobanca, est déjà numéro deux du livre en Italie et numéro trois en France, où il contrôle la nébu- leuse Flammarion, rachetée il y a trois ans.Charles-Henri Flammarion, arrière-petit-fils du fondateur, vient d’ailleurs de céder sa place à Ferruccio de Bortoli, patron de la branche édition du groupe Rizzoli.Selon le nouveau patron italien, Charles-Henri Flammarion n’a pas souhaité rester pdg de l’entreprise plus longtemps.Pour le monde de l’édition au Québec, ces changements dans le paysage éditorial n’entraînent aucun soubresaut pour le moment, mais pourraient remodeler avant longtemps la carte de la distribution.La fin des effets de la concentration?Ce recul apparent du groupe Lagardère dans la reprise totale des actifs de l’ex-VUP marque-t-il la fin d’un mouvement de concentration dans l’édition amorcée à la fin des années 1980?Rien ne semble moins sûr.La logique de profit et de rentabilité médiatique qui prédispose à ces regroupements continue de structurer la vie de bien des maisons d’édition autrefois plus libres.Ainsi le sort des Editions Jean-Jacques Pauvert, maison fondée au sortir de la Seconde Guerre mondiale, vient d’en être jeté: on ferme boutique pour des raisons de choix éditorial.Selon le quotidien Libération, la politique d’auteur exigeante menée par la directrice, Maren Sell, ne semble pas avoir été jugée suffisamment rentable par le groupe Hachette-Lagardère.Au fil du temps, les Editions J.-J.Pauvert ont publié plusieurs titres de littérature érotique, de même que des auteurs majeurs dont Genet, Cocteau, Montherlant, Sartre, Gide et Sagan.Mais, afin de répondre à des nécessités financières, la maison venait de publier le journal contesté de Loana, la pulpeuse gagnante de Loft Story en France, et du fils d’Alain Delon.L’activité de cette maison du groupe Hachette-Lagardère doit cesser en février 2004.ESPOIR SUITE DE LA PAGE 1 Le récit est clair, le ton est calme.Ce n’est pas la première fois qu’elle parle de l’enlèvement de son fils, le 12 juillet 1983.Voilà plus de 20 ans qu’elle cherche sans relâche à savoir ce qu’il est devenu.Et dans ses pensées, la même question qui tourne sans arrêt pourquoi?•Pendant 15 jours, j’ai demandé des nouvelles, sans résultat, raconte-t-elle.J’ai finalement reçu un bout de papier quelques semaines plus tard, où mon fils disait simplement: “maman, je suis détenu dans un camp militaire.Trouve de l’argent et un avocat”.Depuis, plus rien.» Elle pourrait être abattue, épuisée par ces années de combat Pas du tout Malgré ce vide, comblé uniquement par cette peur constante d’avoir perdu un fils, Angética Mendoza n’a jamais été aussi déterminée.Même à 74 ans, elle continue de se battre pour faire la lumière sur cet épisode tragique.Ce courage lui vaut aujourd’hui l’honneur qui l’amène à Montréal soit le prix John-Humphrey remis par l’ONG canadienne Droits et démocratie.La situation de Martha Cecilia Domico est légèrement différente, puisqu’elle se présente dans la métropole pour recevoir cette récompense à la place de son père, Kimy Pernia Domico, lui-même disparu depuis juin 2001.Il était le porte-voix des 3000 Embera-Katio de Colombie, un peuple autochtone menacé d’expulsion par l’érection d’un barrage hydro-électrique sur la rivière qui borde leurs terres.•Les paramilitaires ont accusé mon père de vendre de la drogue, même s’il a toujours dénoncé ce trafic, explique Martha Cecilia Domico, âgée de 27 ans.Puis, ils ont dit qu’il faisait partie de la guérilla, alors qu’ü l’a toujours combattue.Les paramilitaires l’ont aussi accusé de meurtre, mais il était au Canada pendant les actes qu’on lui a reprochés.La vraie raison de son enlèvement, c’est qu’il unissait tous les villages contre le projet de barrage.» Elle aussi reste sans nouvelles de lui.•]$ n’ai jamais reçu de demande de rançon, dit-elle.Les parami- litaires ont juste décidé de le sortir de la circulation.Des rumeurs disaient qu’il était mort.On a alors organisé une grande battue pour le retrouver, mais c’était difficile, parce que toute la région est occupée par les paramilitaires.Finalement, des gens m’ont dit qu’il était vivant.Je garde donc espoir.» Pas une situation unique Les cas d’Angélica Mendoza et de Martha Cecilia Domico ne sont pas uniques.L’enlèvement, souvent utilisé par les guérillas ou les groupes armés pour financer leur lutte, est en croissance dans le monde.En plus de l’argent reçu, les disparitions permettent souvent d’effacer une nuisance à leur cause, comme un leader trop acharné.Depuis 1980, l’Organisation des nations unies (ONU) a mis sur pied le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI), qui comptabilise les cas d’enlèvements politiques ou militaires et fait pression sur les gouvernements des différents pays pour élucider ces crimes.Depuis 23 ans.plus de 50 000 cas ont été portés à l’attention du GTDFI.À peine 4000 de ces mystères ont pu être dissipés.Lors de son rapport annuel en avril dernier, le président du GTDFI, Diego Garcia Sayman, a demandé à l’ONU plus de moyens pour mener à bien cette mission, puisque les membres du GTDFI sont •ensevelis par la tâche énorme qui s'accumule».Jusqu'à présent 70 pays ont été montrés du doigt ou interpellés par le Groupe.On y retrouve évidemment les habitués de ces délits, avec en tète de peloton l’Irak, l’Algérie, le Chili, la Chine et l’Indonésie.Mais c’est la Colombie qui trône au premier rang mondial.Du moins en ce qui concerne les chiffres connus.D’autres gouvernements moins associés aux enlèvements ont aussi été convoqués récemment par l’ONU, question d’aider à éclaircir le brouillard qui plane sur certains cas.Ainsi, la France, le Japon, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie ont dû s’expliquer cette année.En Colombie, où 28 % du territoire est hors du contrôle gouvernemental, les guérillas et les paramilitaires font bien souvent la loi, avec l’enlèvement comme arme principal.Jean-Pierre Taschereau, délégué de la Croix-Rouge, a vécu au milieu de cet étau militaire d’octobre 2001 à juillet 2003.•En Colombie, les disparitions font partie intégrante du mode de financement des groupes armés.C’est une spécialité.» Les chiffres officiels parlent de 3000 enlèvements par année dans ce pays d’Amérique du Sud.•C’est plus que ça, parce que beaucoup ne sont pas rapportés», soutient Jean-Herre Taschereau.Selon lui, c’est l’un des pires crimes qui existent •L’angoisse et l’incertitude permanente font vivre l’enfer à une famille.Tu valses entre l’espoir et le deuil, sans jamais savoir.En plus, si c’est la personne qui travaille qui se fait enlever, ça complique la situation financière du ménage.Émotionnellement, c’est presque insupportable.» Au Pérou, où Angética Mendoza a vu disparaître son fils, le conflit sanglant entre le gouvernement et la guérilla du Sentier lumineux a fait plus de 60 000 morts et des milliers de disparus dans les années 80 et 90.Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement élu en 2001, l’atmosphère est à la réconciliation dans le pays.Mais ce n’est pas suffisant pour Angética Mendoza.Sa détermination, comme celle de Martha Cedtia Domico, reste intacte.Elles travailleront •sans relâche» tant qu’une lueur d’espoir vivra.«C’est sûr que c’est extrêmement difficile, dit Angética Mendoza.Chaque fois qu’on frappe à la porte, je pense que c’est mon fils qui revient.Mais il faut continuer pour que les coupables soient punis.» Et pour faire taire le bruit bourdonnant du «pourquoi?» qui la hante depuis 20 ans.«Je Tai cherché dans les ravins où on lançait les morts par centaines, raconte-t-elle.Je ne vais pas arrêter maintenant.Je continue grâce à l’amour d’une mère Pour son fils, mais aussi pour les lames de toutes ces mères désespérées qui vivent la même situation que moi.Même après ma mort, je sais que mes filles vont poursuivre la lutte.»
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