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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-01-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JANVIER 2 0 0 8 7 DANSE Danser à 50 ans: une leçon d’acceptation de soi PfigeEL H THÉÂTRE Une nuit avec Shakespeare Marie-Thérèse Fortin s'amène au TNM pour jouer Élizabeth Te et Jean-François Casabonne, Shakespeare MICHEL B É LAI R Il est toujours fascinant de rencontrer les comédiens à quelques jours de la première; ils brûlent, ils piaffent, se consument presque devant vous en attendant les questions, comme si leur vie allait être bousculée à jamais.Marie-Thérèse Fortin, qui s’amène au TNM pour jouer Elizabeth I et Jean-François Casabqn-ne, qui sera Shakespeare dans Elizabeth, roi d’Angleterre, qui prend l’affiche mardi rue Sainte-Catherine, ne font certes pas exception à la règle.Leur personnage respectif déborde déjà aux coins de leurs sourires et, sous les replis de leurs vêtements, ils parviennent à peine à les retenir.La scène se passe sous la terrasse vitrée d’un petit café du centre-ville; et pour colorer encore plus dramatiquement l’ensemble, ajoutons que, dehors, le brouillard avale tout ce qui ose encore rester debout en cette fin de journée de redoux.Une histoire «simple» La conversation s’amorce sur le climat, jouissif, dans lequel s’est amorcé le travail sur le texte de Timothy Findley.Cela se poursuit avec l’évocation de l’incroyable duo que forment René-Daniel Dubois, à la traduction, et «C’est une pièce qui vient nous chercher très profondément dans l’image que l’on se fait toujours de soi-même» René Richard Cyr, à la mise en scène.RDD & RRC.Solides.Présents.Surtout que René Richard Cyr joue, aussi, l’un des trois rôles principaux de la production: celui de Ned, le comédien de la troupe de Shakespeare qui se spécialise dans les personnages féminins des,pièces du grand William.Et à qui Elizabeth demandera de lui apprendre comment être une femme.Croisements divers, remises en question des images toutes faites.Jeu de rôles.Jeu tout court théâtre.Féminin, masculin.Pouvoir politique versus pouvoir de l’imaginaire.C'est un peu à tout cela que l’on fait face quand on s’embarque dans un truc pareil, non?«Oui», répond tout de suite la directrice artistique du Théâtre d’Aujourd’hui, que l’on voit trop peu souvent sur les planches.«C’est une pièce qui pose de grands défis et qui vient nous chercher très profondément dans l’image que l’on se fait toujours de soi-même.Le personnage de la reine Elizabeth est en ce sens particulièrement troublant.» «Surtout, enchaîne Casabonne, que nous avons abordé le texte en collégialité, je dirais: René-Daniel nous a expliqué que Findley a toujours beaucoup travaillé à Stratford, en Ontario, et que l’on n’a pas là-bas le rapport à Shakespeare que l’on a ici.Cela était déjà très présent dès l'étape de la lecture du texte autour d'une table et on le retrouve dans la traduction très ancrée de RDD, qui s’est approprié la langue pour mieux rejoindre tout le monde.Cest comme si l'on n’avait en fait gardé que l'essentiel, et le texte y gagne un impact encore plus marqué, VOIR PAGE E 2: SHAKESPEARE e ia piancne a i écran Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud convoquent les souvenirs de Kiarostami et de Mafalda dans un heureux et savant mélange de poésie, d’humour et d’esprit MARTIN BILODEAU Depuis le Festival de Cannes, où leur délicieux Persepolis a décroché le prix du jury, les vies et visions de ses coréalisateurs Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.n’ont pas du tout changé.U faut dire quelle, Iranienne d’origine et auteure de la bande dessinée autobiographique du même nom, et lui, dessinateur, Français de souche et court-métragiste d’animation à ses heures, n’ont ni l’air ni la chanson de cinéastes de carrière.Aucun plan quinquennal ne se dégage de leurs propos, aucun rêve de gloire ne se lit dans leurs yeux.Ils sont et se présentent simplement comme deux artistes, deux amis, qui partagent un atelier et «qui ont une vie en dehors de tout ça».Le «tout ça» évoquant la supermachine du Festival international du film de Toronto où, en septembre dernier, Persepolis a fait un malheur, comme partout ailleurs d’ailleurs.Tournée à la manière d’un Disney de la première époque (i.e.à la ligne claire, en noir et blanc, façon Fantasia), cette comédie douce-amère inspirée de la vie de Satrapi raconte l’avant, le pendant et l'après de la révolution islamiste en Iran à travers le regard d’une enfant curieuse muée en une adolescente rebelle.La peur, la répression, la révol- te, l’exil involontaire sont autant de thèmes qui parcourent cette ôeuvre belle, bien construite et franchement originale, qui convoque les souvenirs de Kiarostami et de Mafalda dans un heureux et savant mélange de poésie, d’humour et d’esprit Retour à l’animation traditionnelle «J’ai hésité à m’impliquer dans ce projet parce que c’est son histoire à elle et que je trouvais la bande dessinée très réussie», déclare d’emblée Vincent Paronnaud, tandis qu’on attend que Marjane se joigne à nous.«C’est toujours un peu risqué de vouloir retoucher quelque chose qui marche déjà.C’est pourquoi, bien que l'histoire soit demeurée la même, les projets sont totalement différents.C’eût été trop facile de faire du copier-coller.» Si le scénario posait problème en raison de la structure elliptique de la bédé, l’obstacle formel, en soi, était encore plus aigu du fait que la technique d’animation par dessin à la main a quasiment disparu.«On a dû former des gens, trouver des animateurs âgés qui ont enseigné leur métier, etc.Tout le processus a été très classique, analogique, ringard presque.L'ordi- « On avait une histoire à raconter et on voulait trouver le meilleur moyen de la raconter» nateur intervient seulement à la dernière étape», explique Paronnaud juste au moment où Marjane Satrapi, un peu mal lunée en émergeant de sa sieste, nous rejoint Y a-t-il quelque chose de provocateur dans ce retour à l’animation traditionnelle, dans un monde du cinéma où les Japonais et les Amé ricains repoussent constamment la frontière du possible?«Non, il n’y a rien de revendicateur dans notre démarche, tranche la cinéaste.On avait une histoire à raconter et on voulait trouver le meilleur moyen de la raconter.» La difficulté de transformer une œuvre faite de planches, où on imagine le mouvement, à une œuvre séquentielle où le mouvement l'emporte était grande.«Un lecteur de bande dessinée doit imaginer l’action entre les cases, de sorte qu’il est toujours actif, résume Satrapi.Contrairement au spectateur de cinéma, passif, à qui tout est imposé.» Solitaire, le métier d’animateur?Pas pour Vincent Paronnaud, qui évoque avec nostalgie le «monastère hystérique» d’une centaine de personnes qui a présidé à la création de Persepolis.«Il faut rester alerte et s'appuyer sur un scénario solide afin d'éviter que ça parte dans tous les sens», affirme celui qui, paradoxalement en- tretenait un rapport plus émotif avec le matériau original que la principale intéressée.L’individu tout au centre Marjane Satrapi confirme néanmoins qu’au-delà des transitions, transpositions et mutations, cette histoire lui appartient toujours.«Cela dit, nous ne sommes pas des artistes névrosés.Nous sommes des artistes pragmatiques.Si j’ai demandé à Vincent de travailler avec moi sur ce film, ce n 'était pas pour qu'il fasse ce que je veux.J’adore son esprit, j’admire son talent, et je savais qu’il apporterait au film une dimension personnelle.Dans le même ordre d’idées, tous ceux qui ont travaillé au film ne sont pas des pions.Ce sont des artistes aussi, avec une pensée, des idées, et nous avons voulu leur laisser un espace pour les exprimer.Que l'histoire m’appartienne ou pas, ça ne change rien, au fond.» Et Paronnaud d’ajouter «On s'est tous les deux détachés du caractère autobiographique du récit pour aller vers une oeuvre plus libre, qui aborde les thèmes plus franchement, tels l’exil et la famille.» Persepolis échappe à toutes les étiquettes, à tous les pièges didactiques et à tous les raccourcis démagogiques.«On vit dans une époque de polémique où tout le monde attend que quelqu’un mette le feu aux poudres.Mais VOIR PAGE E 2: PERSEPOLIS tt 1; LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET D 1 M A X C H E 13 JANVIER 2 0 0 8 E 2 CDLTÜRE Canonnade pour un 400e Odile Tremblay Québec, ma ville natale.400 ans.Vénérable.Romantique côté décor, un peu folle quant au reste, avec ses chicanes de clochers à n'en plus finir.Je lui porte un amour malheureux, navré.Faut-il vraiment que les plus heureux événements, comme ce gros anniversaire de l’établissement de Champlain, soulèvent immanquablement la poussière de querelles intestines, de conflits d’intérêts, de manque de transparence, de carences promotionnelles?Depuis plusieurs mois, ça s’est joué dans ces eaux troubles.Or nous voici en 2008, et non seulement les conflits ne s’apaisent pas, ils s’attisent Les jeux de chaises musicales entraînent des virages de la onzième heure.On voudrait participer à une liesse, mais on reste abasourdis, incapables de saisir tous les rebondissements de ce qui semble devenu un feuilleton pour initiés.Un nouveau patron de la Société du 400, Daniel Gélinas, vient de surgir tel un as de pique le 2 janvier dernier, après que son prédécesseur, Pierre Boulanger, eut été renvoyé, pour des raisons nébuleuses, aux ténèbres extérieures.Gélinas — quatrième p.-d.g.de cette société en huit ans; ça fait mauvais effet, vous dites?— brûle de réinventer la roue.Le non moins nouveau maire Régis Labeaume également, lequel qualifiait cette semaine de «fouillis total» l’opéra urbain conçu par Danielle Roy, événement phare de juillet conspué d’une même voix par Daniel Gélinas.La nomination de ce dernier est trop tardive pour lui permettre de changer le cap d’une programmation déjà orchestrée, mais le nouveau chef a donné ses couleurs: il veut privilégier le côté mégashow populaire, rêvant d’appâter les foules avec Céline — qui viendra, c’est promis — comme avec d’autres grosses vedettes, qui restent à déterminer.Miser sur le côté artistique lui semble trop risqué pour attirer, comme l’explique candidement le p.-d.g., «mon gars de Brassard qui est assis sur le bord de sa piscine et qui entend parler du 400’.».L’homme veut du solide, du déjà connu, pas des patentes trop inédites, trop conceptuelles.Du rabâché.Et l’originalité, là-dedans?Comme si craindre le risque et ressasser des formules éprouvées allait susciter les grands frissons des visiteurs.Comme si Québec devait à tout prix se déguiser en Montréal pour plaire.Misère! J’ignore si l’équipe de l’opéra urbain peut mener à bon port son projet ambitieux (six millions) du 2 au 5 juillet, avec marionnettes, illuminations, acrobaties, etc., sur fond d’histoire des anciennes traversées de l’Atlantique.S’agit-il bien du fouillis total dénoncé?En tout cas, le projet mise sur l’audace, cette audace qui semble effrayer si fort le nouveau manitou du 400f et le maire à sa suite.Tout cela n’augure rien de bon.La ville de Québec ne devrait-elle pas compter au contraire sur ses forces propres, sur son histoire unique?Et puis, cet affligeant spectacle d’une communauté désorganisée, querelleuse, où le diable est aux vaches.Verrouillez les canons, quelqu’un! Ici, à Montréal, depuis le temps que le monde ricane: «Ah! Québec et ses bisbilles!» Chicanes de clochers, de paroisses, de circonscriptions, radio-poubelle et scandales sexuels gérés comme des psychodrames mal scénarisés, on s’en sent tout gêné.Rien d’ailleurs pour séduire le gars de Brossard, auquel le nouveau directeur des manifestations du 400 ne prête guère trop de finesse.Comble de malheur! Un mauvais départ Le gros show du 31 décembre n’a pas fait l’unanimité, d’autant moins que la place dYouville était trop petite pour accueillir la foule.Manque de planification, costumes affreux, écrans extérieurs trop petits.Trop de ratés.Que l’équipe derrière ces célébrations fasse si peu de cas de l’histoire d’une ville dont elle célèbre l’anniversaire constitue peut-être l’aspect le plus triste de la chose.Dieu merci, Robert Lepage, à travers son spectacle multimédia de l’été prochain, Le Moulin à images, sur les silos à grains de la Bunge, devant le Vieux-Port, mettra en lumière l’histoire de Québec.Quelques événements feront bel et bien référence au passé.Noyés, semble-t-il, dans le désir d’organiser un gros party contemporain, amnésique et bien arrosé, qui laissera les souvenirs d’une bonne cuite, à défaut de souligner vraiment le parcours de la ville la plus ancienne de l’Amérique du Nord.Moi, je m’avoue ravie d’avoir grandi à Québec, parce qu’une ville romanesque, gorgée d’histoire à chaque coin de rue, constitue une pâture exquise pour l’imagination enfantine.On rêve au passé en franchissant les portes cochères et en escaladant l’es- calier Casse-cou.Vagabonder sur les plaines d’Abra-ham, c’est reconstituer la bataille fatale.Grimper la côte d’Abraham signifie emprunter les premiers tracés des pionniers.Les fantômes sont omniprésents.En fait, tous les Québécois sont un peu mordus d’histoire.D existe dans cette ville un bassin de généa-logistes amateurs plus imposant que nulle part ailleurs dans la province.La proximité de l’île d’Orléans, de la côte de Beaupré, les rues escarpées de Québec renferment trop de souvenirs de peuplements anciens pour que ceux-ci ne déteignent pas sur les .citoyens.À Québec, il y a toujours un moment où les époques se superposent Durant le temps des Fêtes, à travers la fenêtre d’un restaurant du Vieux-Port j’ai vu l’autre jour des hommes enfourcher un canot à Lévis, le pied écartant les glaces, accostant quelques minutes plus tard sur la rive de Québec.De toute évidence, les rameurs s’entraînaient pour la course en canot du carnaval.Mais hors compétition, seuls, sur le fleuve glacé, leur présence semblait aussi insolite que poétique.On aurait dit qu’ils allaient s’envoler pour une chasse-galerie, en plus d’offrir aux heureux élus, près des battures, un voyage dans le temps.Moi, je souhaite de tout cœur, pour ce 400 anniversaire de Québec, que la capitale se réconcilie avec le meilleur d’elle-même: sa beauté, son histoire, sa modernité dressée sur ses racines, qu’elle cesse de vouloir offrir aux visiteurs un ersatz de Montréal et des programmations balisées.Surtout, qu’elle remise ses querelles, le temps d’un anniversaire.Juste un an.Ça devrait pouvoir se négocier.otremblaVfcledevoir.com PERSEP0IÆ SHAKESPEARE SUITE DE LA PAGE E 1 en faisant cela, on reste dans l’anecdotique», déplore la cinéaste.Les questions épineuses, notamment la dictature religieuse, le port du voile, la place des femmes dans la culture perse, sont transcendées par le récit, par les personnages.Satrapi serre les dents quand on la questionne sur la laïcité en France («Mon opinion sur la question n’est pas plus valable que celle du boucher du coin»), semble prête à mordre quand on ose la qualifier de féministe.«Je suis un individu et il est temps, aujourd’hui plus que jamais, de mettre l’individu au centre de l’attention.Nous sommes continuellement assimilés à des groupes, des masses, des ethnies, des nations, etc.Ce film est très individualiste, c’est en ça aussi qu’il est à notre image.Qu’est-ce qu’il y a de plus universel qu’un individu?Une nation, un pays, c’est abstrait.Un individu, c’est complexe.» Marjane Satrapi et Vincent Pa-ronnaud, qui prévoient de faire un nouveau film ensemble — «mais pas une animation parce que ça, on sait maintenant comment ça marche» —, en sont la preuve vivante.Collaborateur du Devoir wim i-£ février zooê Ptstu/dl us Folies éiectnjius présentent dL AYY}£nq\A£S Ne MaNquez pas JoHn Giotmo poète Ne^-yorkais icÔNe de la Beat GeNeratioN et du Pop Art figure iNcoNtourNable de la poésie perfonviée depuis 50 aNS iNvité d’hoNNeur du FVA 2008 U (dln Rjiïsa, Ccw del Pcpolv, Eï-Cthtru Lrtftr »ç- I.E DEMUR ç’Sy PARTKWAIHK DB SAISON : transat ' i h ‘ ^ T; < n , ,i' • y-, CE QUI MEURT EN DERNIER DE NORMAND CHAURETTE MISE EN SCÈNE DE DENIS MARLEAU AVEC CHRISTIANE PASCIUIER ET PEER PAQUETTE DU 15 JANVIER AU 9 FÉVRIER 8008 Une création nUBU, en coproduction avec ESPACE GO et le ThéAtre français du Centre national des Arts du Canada /MW-MMWS J / AMMUrON COM / Ci Théâtre ESPACE GO billetterie : 514 845-4890 •WIKI.BOUL.SAINT-LAURENT MONTRÉAL (QUÉBEC) HüT IRA (SMCIOO.COM SUITE DE LA PAGE E 1 plus net, je pense.» L'histoire est simple, comme dit le comédien en souriant à peine.Le tout commence à Stratford-upon-Avon, la vraie, et devant nous, dans une grange sans àne ni bœuf, William Shakespeare lui-même s’éteint lentement Nous sommes bien sûr en pleine fiction puisque l’on en sait vraiment très peu encore sur Shakespeare et que le mystère qui entoure sa vie comme sa mort est aussi épais que le brouillard de cette fin de journée.Menfin.Toujours est-il que le rideau se lève sur la nuit qui précède sa mort, et c’est ce moment que choisit Timothy Findley pour faire revivre à son personnage une tout autrç nuit survenue 15 ans plus tôt en 1601, avec la reine Elizabeth I e.Flash-back donc sur une autre veille assez spéciale, puisque la reine vient de condamner à mort son amant le comte d’Essex, et qu’elle choisit de passer la nuit précédant l’exécution avec la troupe de William Shakespeare, qui vient de jouer Beaucoup de bruit pour rien.Voilà, vous savez tout Enfin, presque.Theatrum Mundi Autres temps, autres mœurs, la reine décide donc de passer cette nuit fatidique avec des gens de théâtre, en se frottant à la «vérité» du théâtre.Marie-Thérèse Fortin poursuit.«Bindley invente bien sûr la rencontre.Ce qui est certain, c’est qu 'en fouillant dans les registres de l’époque élisa-béthaine, on voit qu’il est plausible que Much Ado About Nothing ait bien été joué le soir du mardi gras, en 1601, la veille de l’exécution du comte d’Essex, et qu’Éizabeth ait pu voir la troupe.Mais tout le reste, tout ce qui nous amène à réfléchir sur la vie et la mort, sur le pouvoir des mots, des images et de l’imaginaire, tout ce “reste” on le doit à la magie du théâtre, à la vérité profonde à laquelle il nous convie.C’est Timothy Findley qui imagine Shakespeare comme il l’imagine; qui crée ses propres personnages-synthèses comme ce merveilleux Ned.Qui les fait se confronter, se rencontrer bien au-delà de la vérité historique.» Jean-François Casabonne acquiesce.«Elizabeth décide de passer cette nuit au théâtre pour toucher, pour entrer en contact avec ses sentiments les plus profonds, et cela, elle le sait clairement.Elle connaît Shakespeare; elle le craint.Elle se méfie du pouvoir de l'imaginaire.Elle sait que son PEDRO RUIZ LE DEVOIR Marie-Thérèse Fortin et Jean-François Casabonne théâtre est encore plus “vrai” que la vie et qu’il permet d’aller au cœur des choses.Et c'est bien ce qui va se passer parce que le texte déshabille tout le monde, les met à nu et leur fiiit découvrir à eux-mêmes les sentiments qui les Imbitent et qu’ils se refusent souvent à voir.» Marie-Thérèse Fortin conclura, elle, en soulignant qu’à l’époque élisabéthaine, le théâtre était aussi un lieu où l’on trouvait des solutions pour agir par la suite dans la vraie vie; le théâtre était une autre façon de nommer le monde.Theatrum Mundi.Le théâtre du monde.Mais tout cela débouche aussi sur une réflexion sur la mort puisque les trois principaux personnages de la pièce vont devoir s’accepter eux-mêmes pour ce qu’ils sqnt avant de mourir.Ned, de la syphilis qui le ronge; Elizabeth et ses contradictions, deux ans après l’exécution d’Essex, et Shakespeare devant nous.Au-delà des apparences, au-delà des rôles plus ou moins consciemment assumés et du prix qui en découle.En plein théâtre.En pleine représentation de la «vérité».Tout nus, mais pas vraiment encore plus.Le Devoir ÉLIZABETH, ROI D’ANGLETERRE Texte de Timothy Fmdley traduit par René-Daniel Dubois.Mise en scène; René Richard Cyr.AuTNM jusqu’au 9 février puis en tournée à travers le Québec jusqu’à la fin mars.Rens.: « 514 86641668; www.tnm.qc.ca —- .eâlËSSs» François Tassé, Catherine-Anne lOttpiB Assistance à la mise en scène Italie-Hélène Mort Cnncepieun Angelo Barsetti, Oliviei landniie.hes Morin, André Riom, Patricia Ruâ.Matc Senècal U LICORNE 4559, PAPINEAU MONTRÉAL www.theatrelaKcomc.Com 514.523.2246 RÉSEAU ADMISSION S14.790.124S ou 1.*00.361.4*95 « A Ÿ LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JANVIER 2 O O R E 3 CULTURE THÉÂTRE Troublant état des lieux La Licorne propose un spectacle sur la détérioration, oui, oui, des liens entre les gens MICHEL BELAIR Il y a des gens comme ça qui vous donnent l’impression de vivre des journées de 32 heures.Catherine-Anne Toupin et Frédéric Blanchette font partie de cette catégorie.Voyez par vous-même.Avec François Letourneau, ils fondent le Théâtre Ni plus ni moins dès leur sortie du Conservatoire en 1999; ils jouent tous les deux au théâtre, Toupin même à la télé et au cinéma; Blanchette traduit Mamet et Pinter et signe des mises en scène régulièrement un peu partouL dont œ A présent qui prend l’affiche de La licorne.et qui est déjà le deuxième texte pour la scène de Catherine-Anne Toupin (après ZÆwrie).A présent, il faut le souligner, s’est d’ailleurs vu remettre le prix spécial du jury Françoise-Berd de la Fondation Gratien Gélinas en 2006 et fut présenté en lecture publique lors de la Semaine de la dramaturgie.Pas en reste, Blanchette, qui s’est d’abord imposé avec la mise en scène de Cheech ou Les hommes de Chrysler sont en ville (de Létour-neau), fignole lui aussi un deuxième texte pour le théâtre après Le Périmètre (pour lequel il a reçu un Masque du texte original) tout en montant une production au Rideau vert (Les Grandes Occasions) dans quelques semaines à peine.Un café avec ça.Au-delà du couple Aune semaine de la première, ils sont là tous les deux, à peine fébriles, comme s’ils avaient fait cela toute leur vie, dans la grande salle de répétition à l’étage de La Licorne.Entre quelques bouteilles d’eau plate, la conversation s’amorce sur une question un peu cliché sur «le couple», puisque mon souvenir continue à les associer tous deux à des productions sur ce thème.D’entrée de jeu, ils s’offusquent presque; chacun d’eux précisera à sa façon qu’À présent n’aborde pas la question du couple comme ils l’ont souvent fait ensemble.Et que l’on ne trouvera pas ici une «étude du couple contemporain».«Le couple est ici un prétexte, tranche gentiment Blanchette.Une sorte de moteur pour aborder la question beaucoup plus large de l’identité.» D’accord.L’auteure ajoutera, elle, que le couple de la pièce est rapidement confronté à une sorte de famille dys-fonctionnelle particulièrement étrange fonnée du père, de la mère et du fils de 35 ans.et que c’est la rencontre de ces cinq êtres et de leurs besoins primaires qui est au centre de l’action.«La cellule familiale explose; le couple éclate, les conventions éclatent à la suite de cette rencontre.En poussant encore plus, on peut dire aussi que c’est une pièce sur la solitude.Sur des gens isolés, mal ancrés dans la réalité, qui deviennent en fait des proies consentant à toutes les manipulations.Cela L’âge de raison Pour ses 18 ans, Sortie de secours nous invite sur la route de Compostelle PEDRO RUIZ LE DEVOIR Catherine-Anne Toupin et Frédéric Blanchette devant le décor d’T présent, qui prend l’affiche à La Licorne.nous amène ailleurs, nous fait en quelque sorte déboucher sur un monde autre où tout le monde, utilise tout le monde et où seuls comptent les besoins de chacun.» Ailleurs Brrrr, voilà qui me rappelle je ne sais trop quoi de pas particulièrement réjouissant.Presque silence.Et puis Frédéric Blanchette poursuit en disant qu’A présent est aussi une pièce sur «la fonction des gens dans nos vies».«Dans la vraie vie, les gens remplissent une fonction les uns par rapport aux autres: parent, enfant, conjoint, pourvoyeur, responsable de ceci ou de cela.Ici, cela devient interchangeable.Le profond malaise engendré par la rencontre des cinq personnages ouvre rapidement sur l’ambiguïté et sur le mal-être.Et comme les attaches émotives sont faibles — le couple vient de passer un moment difficile, par exemple —> le cadre des relations habituelles va éclater.Chacun en vient à chercher d’abord à satisfaire ses besoins à lui en ne se préoccupant plus des conséquences auprès des autres.» Catherine-Anne Toupin enchaîne là-dessus en précisant que les personnages sont aspirés malgré eux dans cette dynamique, qu’ils n’y peuvent rien et qu'en se soumettant avec fatalisme à cette nouvelle façon de faire, ils embarquent dans un train qui va s’écraser confie un mur en détruisant tout ce qui l’entoure.«Et pourtant, dit-elle en souriant, c’est très drôle! Mais c’est un humour jaune; comme quand on rit jaune.Le malaise profond et la maladresse des personnages créent en même temps une forte tension dramatique et des situations irrésistiblement drôles.» En enfilant un deuxième bizarre de sourire, elle Le Théâtre Sonie de Secours, en codiffusion avec le Théâtre d'Aujourd'hui présente SANTIAGO SUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE - n texte
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