Le devoir, 14 janvier 2008, Cahier A
NOUVELLE ATTAQUE DE BUSH CONTRE L’IRAN PAGE B 1 LE DEVOIR FRANÇOIS GUILLOT AGENCE FRANCE-PRESSE Stéphane Rousseai; et sa compagne encadrés par des légionnaires, hier soir, lors de la première d’Astérix aux Jeux olympiques qui avait lieu au Gaumont Champs-Elysées, à Paris.L’humoriste québécois tient dans le film un rôle important, celui du galant Alafolix.* : *, W-é Un Québécois chez les Gaulois Le dernier Astérixpxptfee la carrière de Stéphane Rousseau en Europe Le 30 janvier, 5000 écrans européens lanceront simultanément le troisième film (décevant) donnant la vedette aux irréductibles Gaulois: Astérix aux Jeux olympiques.Stéphane Rousseau y tient un des trois rôles principaux: le galant au cœur qui soupire.ODILE TREMBLAY Paris — C’est à quelques mètres des Champs-Elysées que l’on rencontre l’humoriste québécois Stéphane Rousseau.Dans sa seconde ville, Paris, il habite six mois par année.Mais le cinéma propulse un visage partout.Bientôt, toute l’Europe unie verra sa jolie tète.11 incarne le dernier amant romantique, Gaulois des temps jadis, répondant au doux nom d’Alafolix.Rien à voir avec son rôle dans Les Invasions barbares.Dès le 30 janvier, la mégaproduction (78 millions d’euros) Astérix aux Jeux olympiques atterrira dans quelque 950 salles de l’Hexagone, et près de 5000 simultanément dans une trentaine de pays.La France veut concurrencer Hollywood plus que jamais dans le gigantisme.Mais y parviendra-t-elle?Chez nous, la sortie se fera seulement en juillet.Alors, pas de panique! Troisième Astérix au cinéma, celui-ci est adapté très librement de la bédé dTJderzo et de Goscinny.Coréa-lisé par Thomas hangman et Frédéric Forestier, il constitue la production française la plus attendue de la saison, du moins côté recettes.Hier soir, le démarrage parisien officiel se déroulait au chic cinéma Gaumont Champs-Elysées.Une première qui se jouait en l’absence d’Obélix, alias Gérard Depardieu, officiellement en voyage privé à Cuba, le- quel a refusé, à une exception près pour la chaîne TF1, d’assurer la promotion ou le «service après-vente».Quant à Benoît Poelvoorde, autre star du film, il ne se regarde jamais au cinéma, ne décelant que ses failles.et lors de la première, s’est promis de filer avant que les lumières ne s’éteignent Autant vous le préciser ce film n’a rien à voir avec le deuxième volet Mission Cléopâtre, qui était le meilleur Astérix porté à l’écran, ou du moins le plus drôle.Rap pelons quTJderzo, un des deux pères de la bédé culte, s’était montré malheureusement irrité par l’humour décalé et la pluie d’anachronismes servie par Alain Chabat qui avait réalisé ce Mission Cléopâtre.Un troisième projet avait été mis sur pied par Gérard Jugnot et l’équipe du Splendid.Recalé encore par Uderzo.Il fallut l’obstination de hangman, qui dirige VOIR PAGE A 8: ROUSSEAU SANDOR FIZLI REUTERS ACTUALITÉS Une tragédie routière plonge Bathurst dans le deuil ¦ À lire en page A 2 I N D K X Annonces.B 6 Automobile.B 5 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 6 Économie.B 3 Éditorial .A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 En Allemagne, la pollution automobile affiche ses couleurs mm LOUIS-GILLES FRANCŒUR Au début de 2008, les grandes villes allemandes ont jeté les bases d’un système de vignettes attribuées en fonction de la pollution émise par les véhicules afin de gérer les épisodes de smog, et en particulier les émissions de particules ultrafines dues principalement aux moteurs diesels, très populaires dans ce pays.Depuis le Tr janvier, quatre grandes villes allemandes — Stuttgart, Berlin, Hanovre et Cologne — sont régies par des règlements qui imposent aux automobilistes d indiquer au moyen d’étiquettes rouges, jaunes ou vertes le niveau de pollution de leur moteur.Pour l’instant aucune voiture, même celles avec des étiquettes rouges, ne se voit interdire de rouler dans les «zones environnementales» très vastes que les règlements municipaux ont instituées dans ces villes.Mais, d’ici quelques années — et cela varie selon les villes —, les voitures les plus polluantes, y compris ceUes des ré- Une femme met sa vignette environnementale» de Cologne, sidants de ces zones, seront interdites de circulation à l’intérieur de ces périmètres «verts».Mais, si c’est l’interdiction progressive des véhicules dans les zones vertes selon leur niveau de HENNING KAISER AGF.NCF.FRANCE PRESSE bien en vue dans une «zone en Allemagne.pollution qui a frappé l’imagination des Européens, c’est l'efficacité et le caractère éthique de ce nouvel outil de gestion de la pollution urbaine, et VOIR PAGE A 8: ALLEMAGNE L’UQAM doit encore dégraisser Le plan de redressement actuel n’est pas viable, selon PricewaterhouseCoopers KATHLEEN LÉVESQUE CLAIRANDRÉE CAUCHY La marche à gravir pour atteindre l’équilibre budgétaire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) s’annonce encore plus haute que prévu.Selon les plus récentes projections, le déficit pourrait gonfler de 60 millions supplémentaires en cinq ans, a appris Le Devoir.Les mesures de redressement prévues en juin dernier ne donnent pas les résultats escomptés et tardent à être mises en œuvre.Une baisse de 1 % de la clientèle étudiante accentue également le problème, forçant l’UQAM à revoir ses revenus à la baisse.«Le plan de redressement au stade actuel n'est pas viable», peut-on lire dans le rapport préliminaire de la firme PricewaterhouseCoopers dont Le Devoir a obtenu copie.Cette mise à jour de la situation financière de l’UQAM a été transmise au conseil d’administration, à la ministre de l’Education et à l’assemblée des gouverneurs du réseau de l’Université du Québec il y a un mois.En juin dernier, l’UQAM avait adopté un plan de redressement permettant de diminuer de moitié le déficit accumulé en cinq ans, le ramenant à 155,7 millions.Or, on constate aujourd'hui que les mesures proposées laisseraient plutôt l’Université face à un déficit de 215,5 millions.VOIR PAGE A 8: UQAM CLÉMENT ALIARD Denis Brière L’ENTREVUE Le super-recteur Le nouveau patron de l’Université Laval semble posséder le don d’ubiquité Denis Brière est partout.Après avoir présidé avec succès le Sommet sur l’avenir de la forêt québécoise, le voilà à la tête d’un comité sur le projet de train rapide dans le corridor Québec-Windsor.Sans compter tout le reste.Portrait d’un recteur qui veut faire de la politique sans être politicien.ISABELLE PORTER Québec — Le patron de l’Université Laval était d’excellente humeur lorsque nous l’avons rencontré vendredi.La veille, les gouvernements avaient annoncé le financement d’une nouvelle étude sur la faisabilité d’un train rapide entre Québec et Montréal.Même l’Ontario est intéressé par le prolongement du trajet jusqu’à Windsor.«C'est extrêmement important.Si l'on réussit à faire Québec-Montréal en l’espace de deux heures, c’est certainement un avantage marqué», fait remarquer Denis Brière en soulignant que le contexte a bien changé depuis l’échec du projet de TGV du maire L’Allier, qui était par ailleurs beaucoup plus coûteux.«Par rapport au train rapide, le TGV, c’était extrêmement dispendieux Et la situation a changé.La mobilité de la main-d’œuvre et des gens d’af foires va devenir de plus en plus importante, et la question du réchauffement climatique n’était pas présente en 1995.» VOIR PAGE A 8: BRIÈRE ESPACE IP MUSIQUE 100,7 FM ChA|s|SoN 9h T www radlo-canada.ca/radlo \ En semaine avec Stanley Péan Réutiiatinr CcithO'inw Dupuy X A X Xv\ 77831302222303 LE DEVOIR.LE LUNDI 14 JANVIER 2 0 0 8 A 2 LES ACTUALITES Tragédie de Bathurst Les camarades des victimes tentent de se réconforter CHRIS MORRIS Bathurst, Nouveau-Brunswick — Alors que commençaient à apparaître fleurs et chandelles dans la petite ville de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, les autorités ont dévoilé hier l’identité des huit victimes de l’accident de la circulation survenu la veille qui a frappé une équipe de basket-ball de l’école secondaire anglophone locale.Cinq des victimes — Nathan Cleland, Justin Cormier, Daniel Hains, Javier Acevedo et Codey Branch — étaient âgées de 17 ans.Nicholas Quinn avait 16 ans tandis que Nicholas Kelly avait 15 ans.La femme de l'entraîneur de l’équipe, Elizabeth Lord, âgée de 51 ans, est la huitième victime de l’accident.Ils ont tous péri dans la collision entre leur fourgonnette et un camion semi-remorque sur une chaussée très glissante, à seulement quelques minutes de leur destination.Le groupe revenait d'une partie disputée à Moncton, à quelque 220 kilomètres de Bathurst «Etre ici et voir les lieux de l’accident est étonnant», a affirmé Norman Gallant, un enseignant de l’école francophone de la ville, qui connaissait une des jeunes victimes.«La route est tellement droite et si près de Bathurst», a-t-il ajouté.M.Gallant a affirmé qu’il se serait attendu à ce que l’accident ait eu lieu dans une courbe.En fait, le conducteur de la fourgonnette, en mesure d’accueillir 15 passagers, a donné des coups de volant et perdu le contrôle du véhicule sur une section droite de l’autoroute, avant de heurter de plein fouet un camion.Quatre occupants de la fourgonnette ont survécu à l’accident tandis que les victimes étaient éjectées du véhicule.Soutien aux élèves Le directeur de l’école, John McLaughlin, a indiqué que l’établissement était ouvert pendant le week-end, des conseillers en matière de deuil étant sur place.Des élèves se réconfortaient également les uns les autres dans un centre jeunesse tout près.«Reposez en paix, garçons», était-il écrit sur une carte accompagnant un bouquet de fleurs déposé à l’entrée de l’école secondaire.«Vous serez dans nos cœurs à jamais.» Il était prévu que les cours reprennent aujourd’hui, mais M.McLaughlin a indiqué que l’accent serait porté sur le soutien moral offert aux quelque 800 élèves.Les garçons devaient prendre part à un tournoi contre le FC Chaleur, samedi.Des photos des victimes ont été disposées à l’intérieur du centre de soccer intérieur de Nigadoo, à proximité de Bathurst Les coéquipiers des victimes ont rendu hommage à ces dernières durant le match, qu’ils ont gagné.«Chaque fois qu’ils marquaient, ils pointaient le doigt en direction du ciel, comme s’ils tentaient de communiquer avec quelqu’un au paradis», a affirmé un psychologue local, Gaétan Boudreau.«Ils étaient habillés pour la circonstance, avec un brassard noir au bras.» La Presse canadienne im-* ^ , m m »* .«•j».LJU, i \ • t l WÈLP SANDOR F1ZLI REUTERS Des élèves de l’école secondaire anglophone de Bathurst déposent des fleurs en mémoire de sept de leurs camarades de l’équipe de basket-ball décédés dans l’accident de la circulation survenu la veille près de cette petite ville du Nouveau-Brunswick.Un Québécois risque la peine de mort en Ohio Michel Veillette est accusé du meurtre de sa femme et de ses quatre enfants Mason, Ohio — Michel Veillette, ce Québécois accusé du meurtre avec circonstances aggravantes de sa fepune et de ses quatre enfants aux Etats-Unis, pourrait risquer la peine de mort, a indiqué Le Journal de Montréal, hier.Le système judiciaire de l’Ohio prévoit en effet la peine capitale pour un prévenu coupable de meurtre prémédité.«C’est une possibilité, mais cette décision n’a pas encore été prise par les procureurs», a dit le sergent Neil Garland, de la police de Mason, ville où s’est déroulée la tragédie.Selon le Département de réhabilitation et de correction de l’Ohio, 186 personnes sont détenues en attente de la peine de mort La peine capitale y est en vigueur depuis 1803.Par ailleurs, Veillette reposait toujours dans un état critique mais stable dans un hôpital de l’Université de Cincinnati, a indiqué un porte-parole de la police locale à La Presse Canadienne, hier.Il a été poignardé dans des circonstances encore indéterminées.Il demeure sous surveillance policière.Le drame est survenu vendredi.L’officier Garland a raconté que des policiers, appelés sur les lieux d’un incendie de maison, avaient trouvé un homme qui s’est avéré être le père qui souffrait de blessures non relatives à un feu.Ils ont plus tard découvert cinq cadavres dans le domicile.Les victimes sont Nadya Ferra-ri-Veillette, âgé de 33 ans, et ses enfants, Marguerite (8 ans), Vincent (4 ans) et de jumeaux de 3 ans, Jacob et Mia.Réactions familiales Selon Le Journal de Montréal, Même si elle est bouleversée par la mort de sa bru et de ses petits-enfants, la mère de Michel Veillette, qui est une des dernières personnes à lui avoir parlé au téléphone avant le drame, refuse de croire à la culpabilité de son fils.«J’ai parlé à Michel vendredi soir avant que ça arrive.Il m’a dit qu’il avait hâte d’arriver chez lui avant le dodo de ses enfants.Les trois plus jeunes se couchaient à 8h et l’autre à 8h30.Il était pressé, car il aimait ses enfants», a raconté Louise Dufault, ajoutant que toute la famille semblait heureuse lorsqu’ils se sont réunis à Saint-Lin pour Noël.De son côté, la famille de Nadya Ferrari-Veillette aimait beaucoup son conjoint Michel Veillette, et jamais ses proches n’auraient soupçonné qu’elle aurait pu être en danger à ses côtés.«Michel faisait partie de la famille, on n’aurait jamais pensé à quelque chose comme ça», a dit Guy Ferrari, l’oncle de Nadya, au Journal de Montréal.De l’aveu de tous, Michel Veillette n’était pas souvent à la maison auprès de sa conjointe et de leurs enfants.Son travail l’amenait fréquemment à passer plusieurs jours d’affilée à l’extérieur de la ville.Presse canadienne Veillette reposait ujours hier i Thopital M Gouvernement Government du Canada of Canada VOUS VOUS RENDEZ AUX ÉTATS-UNIS?À partir du 31 janvier 2008, si vous voyagez aux États-Unis en auto ou en bateau, une loi américaine exigera que vous présentiez : • une pièce d'identité avec photo émise par un gouvernement, telle qu'un permis de conduire, ET un certificat de naissance ou une carte de citoyenneté; OU WÊÊÊê • un passeport valide; OU • pour les personnes âgées de 18 ans et moins, un certificat de naissance.Les citoyens canadiens qui se rendent aux États-Unis en avion ou qui y font escale doivent présenter un passeport canadien valide.Pour en savoir plus sur les documents requis ou pour obtenir de l’aide dans la planification de votre prochain voyage aux États-Unis, veuillez consulter ou composer le : www.canada.gc.ca 1 800 O-Canada (1 800 622-6232) ATS : 1 800 926-9105 Canada ;-;v ¦ ilfi .¦ .: J.; 1 J * i - > J %, Résultats des tirages du: 2008-01-12 1.0 I O OU É BEC 16 1718 39 43 46 14 compl.(C) compl.(C) /tow 03 10 32 43 44 46 6/6 5/6+c 5/6 4/6 3/6 1 2/6+C 22 684 826 $ I Prochain gros lot (approx.) : 25 000 000 $ Gagnants Lots Gagnants Lots 0 16 039 715,00 $ 6/6 0 2 000 000,00 $ 5 94 352,50 $ 5/6+C 0 75 000,00 $ 156 2 498,20 $ 5/6 11 750,00 $ 9 433 78,20 $ 4/6 623 75,00 $ 184 459 10,00 $ 3/6 12 854 10,00 $ 122 542 5,00 $ 2/6+ C 9 886 Ventes totales : 5,00 $ 924 836,00 $ 9994034 500 ooo s | decomposable dans les deux sens Résultats des tirages du: 2008-01 -11 GBZJ, 05 06 16 36 37 44 46 30 compl.(C) E|tra 42 7 4 972 * 500 000$ 'decomposable dans les deux sens GAGNANTS 1 3 137 6 729 143 036 130 276 1 195 440 Prochain gros lot (approx.) Ventes totales : 7/7 6/7+c en en 4/7 3/7+c 3/7 LOTS 10 000 000,00 $ 68 286,80 $ 1 495,30 $ 103,50 $ 10,00 $ 10,00 $ Participation gratuite 2 500 000 $ 17 569 388 $ Nouvelle loterie sur terminal à 1$.3 façons de gagner chaque jour! En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec cette dernière a priorité.' 1^1 Destinaticm VOYAGES (/une vie RÉSERVATION 60 jours avant la date de depart : Rabais de 100 S par personne PÉROU Sud Pérou * 10 nuits * 2 859$ Départs garantis : 22 Jan, 05,12, 19 Fév, 04,11,18 Mars, 05,12,22 Avril lima fiaracas Ica Nazca Arequipa Puno lac Titicaca Cuzco Vâllée Sacrée Machu Picchu BRÉSIL Culture et Détente *14 nuits* 4 935$ Départ de groupe : 08 Septembre Rio de Janeiro Iguaçu Belo Horizonte Tiradentes Dura Preto Fiorianapolis TURQUIE Le Grçnd Tour de la Turquie occidentale 14 nuits À PARTIR 2 569 $ Départs : mere., entre le 1" Avril et le 31 Oct.Toute la Turquie *22 nuits* À PARTIR 5 499$ Départ : 05 Septembre Prix par personne, base double + 3627, rue St-Denis, Montréal H2X 3L6 514-844-0840 1866 713-4439 Métro Sherbrooke www.voyagesdunevie.com Services en français Rhéaume demande la mise en tutelle d’Air Canada Air Canada doit être mise en tutelle pour manquements graves et récurrents à ses obligations en matières linguistiques, selon l’ex-président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Gilles Rhéaume.Dans une lettre envoyée au premier ministre Stephen Harper, hier, celui qui est maintenant porte-parole de la Ligue québécoise contre la francophobie canadienne, qu’il a créée, déplore la situation qu’a vécue récemment le directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Ecosse.Celui-ci n’aurait pas obtenu de permission d’embarquement dans un appareil du transporteur aérien, en mars dernier, à Halifax, parce qu’il exigeait d’être servi en français.Dans sa lettre adressée au premier ministre canadien, M.Rhéaume soutient que la mise en tutelle d’Air Canada mettrait fin «à une mauvaise foi qui s’apparente hélas à un racisme linguistique éhonté».Gilles Rhéaume écrit qu’+Air Canada partage avec l’Armée canadienne le triste record des manquements graves à ses obligations statutaires en matière de respect des droits linguistiques des francophones du Canada».Il rapporte qu’en 2005, la Commissaire aux langues officielles signalait que «depuis plus de 30 ans, les Commissaires aux langues officielles successifs rapportent les manquements de la société à ses obligations et son absence de collaboration à l’instruction des plaintes à son égard».En entrevue à La Presse Canadienne, M.Rhéaume a affirmé que si le Parti conservateur veut être pris au sérieux au Québec et prouver sa détermination à faire observer les droits du français au pays, le gouvernement doit mettre Air Canada en tutelle.ftiiranncTuvr dons cf regroupement cmftufezJean de Silly au 5*4-985-3456 .: jdebüfyftledevcirccm La Presse canadienne E MASBOURIAN 20h Cette semaine Une série sur le stow living ou l’art de ralentir.Realisation: Joanna Bertrand www.radio-canada ca/radio * p" #K{I§@S ï- iir95.1 PREMIERE CHAÎNE RI n x * il ; LE DEVOIR.LE LUNDI 14 JANVIER 2008 QUALITES Chantal Hébert Le péril féminin n 1992, l’arrivée à la Maison-Blanche de Bill Clinton, un baby-boomer porteur des meilleurs espoirs de sa génération, avait soulevé un grand vent d’enthousiasme au Canada.Cet engouement ne s’est jamais démenti par la suite, mais il n’a eu aucun effet d'entraînement Quelques mois plus tard, c’est du revers de b main que l’électorat canadien rejetait Kim Campbell.Elle était alors la chef fédérale la plus susceptible d’incarner un virage clintonesque au Canada.En vertu de leur âge aussi bien que de leurs valeurs, Jean Chrétien, Lucien Bouchard et Preston Manning, grands gagnants dans leurs catégories respectives des élections de 1993, formaient un trio à [)es l’antithèse de l’image de Clinton.Les stratèges conservateurs sondages qui avaient cru jouer gagnant en pariant sur une femme et une révèlent que nouvelle génération pour remon- , ter leur parti ont dû déchanter, le Parti Croyant flairer l’arnaque, les femmes ont massivement préféré conservateur Jean Chrétien à Km Campbell.Dix ans plus tard, l’apparition de a Belinda Stronach, une néophyte artnpllement P^tique propulsée à l’avant-scè- acmeiiement ne de la politique fédérale à un sérieux coups de millions et de glamour, a de nouveau suscité davantage déficit par de méfiance que d’intérêt parmi l’électorat féminin.rapport au ?P LC auprès Les Canadiens, qui pardon-, nent facilement les frasques des de 1 electoral vedettes politiques américaines m .et qui admirent leurs personnali- leminin tés flamboyantes, n’appliquent pas nécessairement les mêmes règles à leurs propres leaders.Ceci expliquant cela, au tournant du XXI" siècle, le Canada a changé la garde en remplaçant des chefs vieillissants comme Jean Chrétien et Paul Martin par de vieux jermes comme Stephen Harper et Stéphane Dion.En 1993 comme en 2003, on a soupçonné — parfois injustement — les Campbell et Stronach de devoir leur place dans les hautes sphères de la politique au simple fait qu’elles étaient des femmes photogéniques.Avec le même genre de feuille de route que Km CampbeU, Pierre Trudeau avait dû se battre bec et ongles pour remporter le leadership libéral en 1968.Avec le même curriculum vite politique que Belinda Stronach, un homme n’aurait pas automatiquement accédé au peloton de tête d’une campagne au leadership d’un grand parti fédéral.Il a finalement fallu l’épisode Pauline Marois pour ressusciter les interrogations sur la place des femmes en politique.Devant le mauvais parti fait à Mme Marois dans la course à la direction du PQ en 2005, ridée qu’un candidat masculin de la même envergure n’aurait pas été écarté aussi sommairement a fait son chemin.Quand Gilles Duceppe a voulu disputer le leadership péquiste le printemps dernier, des femmes députés comme Christiane Gagnon et Maria Mourani l’ont pressé publiquement de se raviser.Le chef du Bloc québécois a eu la prescience de reconnaître que, contre Mme Marois, il n’y avait sans doute pas de bon scénario pour lui, et cela, même dans l’hypothèse d’une victoire.S’il était resté en piste, Gilles Duceppe aurait été l’instrument involontaire des péquistes réfractaires à l’idée d’être dirigés par une femme.Dans l’éventualité d’une victoire, ce genre de circonstances aurait eu de quoi empoisonner son leadership.Le fait de battre Pauline Marois aurait laissé des séquelles auprès d’une partie de l’électorat La semaine dernière au New Hampshire, c’est un sursaut d’impatience des femmes, en particulier celles qui ont l’âge d’avoir testé dans le réel les beaux discours sur l’égalité des sexes, qui a rescapé la campagne à la présidence d’Hillary Clinton.A tout prendre, une frange importante de l'électorat féminin n’était pas disposée à voir sacrifiée la meilleure chance d’installer une femme à la Maison-Blanche à la première occasion.On ne peut pas prédire jusqu’où ira ce mouvement mais il a révélé que d’eau dormante, l’électorat féminin peut devenir un courant porteur.Au Canada, aucun parti fédéral n’est dirigé par une Clinton ou un Barack Obama.Les Canadiens — qui viennent de vivre une longue période de prospérité et qui jouissent d'une relative stabilité politique ces années-ci — n’ont pas nécessairement le même appétit de changement que les Américains ou encore les Français le printemps dernier.Personne ne peut présumer que le vif intérêt que suscite la course à la présidence américaine se trans posera sur la scène canadienne ou qu’il se canalisera autour d’un des chefs en présence.En fait Stephen Harper incarne la relative étanchéité des deux scènes électorales.L’antipathie généralisée qu’inspire George W.Bush à l’électorat canadien n’a pas empêché le chef conservateur de remporter les dernières élections, alors qu’il est de loin le leader canadien le plus identifié à la présidence républicaine.Mais ce n’est pas parce qu’il n’y pas de femme chef dans la course électorale canadienne qu’il n’y a pas un réservoir latent de votes féminins susceptible de faire pencher la balance pour ou contre un parti.En 2004, le vote des femmes avait grandement avantagé Jean Chrétien contre un conservateur social comme Stockwell Day.Des sondages révèlent que le Parti conservateur de Stephen Harper a actuellement un sérieux déficit par rapport au PLC de Stéphane Dion auprès de l’électorat féminin.Le premier ministre ne fait rien pour s'aider.Comme le notait la semaine dernière Km Campbell, le peu d'intérêt que manifeste le Parti conservateur à l’égard de la place des femmes au sein de son gouvernement frise le mépris.De toutes les tendances qui font surface à la faveur de la campagne à la présidence américaine, ce n’est pas tant la soif du changement que la mobilisation grandissante des femmes qui aurait de quoi inquiéter Stephen Harper si cela devait faire boule de neige au Canada.chebertiàthestar.cù Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Tournée afghane : Dion et Ignaüeff restent sur leurs positions La mission canadienne à Kandahar doit prendre fin en février 2009 Après Kaboul, cap sur Kandahar.Au deuxième jour de leur visite en Afghanistan, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, et son adjoint Michael Ignatieff en ont profité pour réitérer leur intention de voir la mission canadienne prendre fin l’année prochaine, en février 2009.L1SA-MAR1E GERVAIS Poursuivant leur tournée afghane amorcée samedi, Stéphane Dion et Michael Ignatieff ont visité hier le poste avancé Wilson puis ont fait une halte à la base militaire canadienne et au camp Nathan Smith, à Kandahar, qui abrite l’équipe de reconstruction.Peu de temps avant les talibans avaient tué dix policiers lors d’un raid mené hier avant l’aube contre le poste de contrôle d’un village de la province de Kandahar alors qu'à Zangabad, non loin de la base canadienne, quatre soldats canadiens avaient été blessés lorsque leur véhicule a roulé sur un engin explosif alors qu’ils nettoyaient une route minée.Au premier jour de leur mission, samedi, les deux représentants du Parti libéral avaient rencontré le président de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, pour lui rappeler qu’ils souhaitaient que la mission canadienne prenne fin au début de l’année 2009, sans pour autant évoquer le retrait complet des troupes.«Ce qui est certain, c’est qu’il faut arriver à une situation où c’est l’armée afghane elle-même qui se défend comme il se doit», a néanmoins rappelé Stéphane Dion.En phis de plaider pour une aide pour la gestion de l’eau, l’éducation et les femmes, le chef du Parti libéral a insisté sur la poursuite des efforts globaux en matière de défense, diplomatie et développement (la strate gie des 3D) et a évoqué la possibilité d’étendre la présence des soldats canadiens au-delà de 2009 pour assurer la sécurité en Afghanistan.«On n’abandonnera pas la mission afghane.On dit plutôt qu’on a un rôle à jouer», a indiqué pour sa part à Ottawa le critique de l’opposition officielle en matière de défense, Denis Coderre.Il précise que son parti souhaiterait, à partir de 2009, voir redéfinir ce que veut dire le mot «sécurité».«Ry a plusieurs définitions, tout dépend de l'environnement.A Kandahar, on est en CHRIS WATTIE REUTERS Le chef libéral Stéphane Dion situation de combat; alors sécurité veut ici dire mission de combat.A Kaboul, c’est autre chose.Le Canada a accepté de jouer un rôle dans le développement et la sécurité, ce qui veut dire établir de meilleures conditions de vies pour les Afghans, la lutte antidrogue et la formation, par exemple», a-t-il ajouté, en mentionnant que telles étaient les visées du Parti libéral.Au cours de sa tournée afghane, Stéphane Dion a refusé de se prononcer sur la position qu’il souhaiterait que le Canada prenne si aucun autre pays de l’OTAN ne se manifeste pour prendre la relève.Il a toutefois souligné que, sans rotation, il deviendrait difficile de convaincre des pays d’accepter de déployer des missions militaires en Afghanistan.Rapport Manley Certains membres du gouvernement conservateur de Stephen Harper se sont moqués de la visite de Stéphane Dion en Afghanistan.La secrétaire d’É-tat aux Affaires étrangères du Canada, Helena Guergis, a ironisé sur le fait qu’il a fallu plus d’un an au chef des libéraux, depuis son élection, pour trouver le chemin de Kaboul.Si Michael Ignatieff a foulé trois fois le sol afghan, Stéphane Dion en est à sa première visite.Denis Coderre ne se soucie guère de ces railleries et accuse plutôt le gouvernement conservateur de manquer lui-mème de crédibilité, puisqu’il s’est prononcé en faveur de la prolongation de la mission jusqu'en 2011 lors du dernier discours du Trône, avant même d’avoir les conclusions du Groupe d’experts indépendant sur le rôle futur du Canada en Afghanistan qui doit s’exprimer sur le sujet d’ici la fin du mois.«Je ne remets pas en question [John] Manley, mais le comité [qu’il préside] n'est qu une pure tactique politique pour acheter du temps», a-t-il noté en déplorant que le premier ministre du Canada n’ait pas attendu que le Parlement soit saisi des recommandations du comité avant d’émettre son avis.Une question prioritaire M.Coderre dénonce également le manque de planification des conservateurs qui, selon lui, ne semblent pas prendre conscience des capacités limitées de l'armée canadienne.«On va avoir un problème parce que, dans le moment, on nous dit qu'on ne peut pas être ailleurs», dit M.Coderre en précisant l’importance d’autres missions internationales comme en Haiti et au Darfour.«Les Jeux olympiques de Vancouver vont nécessiter des éléments supplémentaires, il faut prendre cette réalité en considération.Je suis sûr qu'on n’a pas la capacité militaire de continuer [en Afghanistan]», poursuit-il en évoquant notamment les problèmes de recrutement.M.Dion subissant d’énormes pressions pour renverser le gouvernement de Stephen Harper, le rapport de John Manley sur l’avenir de la mission canadienne en Afghanistan pourrait constituer un bon prétexte pour déclencher des élections.Sans vouloir avancer quoi que ce soit, Denis Coderre confirme toutefois que la question de l’Afghanistan sera prioritaire lors de la prochaine campagne.«Je dirais même plus, le rôle du Canada dans le monde va être un des principaux enjeux», a-t-il affirmé.Le Devoir Maxime Bernier à Ramallah Ottawa promet 300 millions de dollars d’aide conditionnelle aux Palestiniens Ramallah, Cisjordanie — Le chef de la diplomatie canadienne, Maxime Bernier, a promis hier de débloquer 300 millions de dollars d’aide supplémentaire sur cinq ans pour les Palestiniens, selon un communiqué du gouvernement canadien.Cette aide, destinée aux investissements de sécurité et à la réforme gouvernementale, sera consacrée aux efforts palestiniens en vue de «promouvoir la tolérance et de lutter contre la haine et l’incitation à la violence», a précisé le ministre, qui a rencontré les responsables palestiniens à Ramallah hier.M.Bemier a rencontré hier le président de l’Autorité palestinienne.Mahmoud Abbas, et d’autres responsables palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie.Le ministre des Affaires étrangères, qui venait de conclure un voyage de deux jours en Inde, a aussi eu un entretien avec le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, plus tard le même jour.Au cours de ses discussions avec les Palestiniens, M.Bemier a tenu à souligner que l’aide canadienne de 300 millions de dollars, en cinq ans, débloquée pour la construction de la nation palestinienne n’est «pas inconditionnelle».«Nous aurons besoin de voir des progrès concrets dans les négociations entre les deux parties, et des progrà dans les réformes démocratiques palestiniennes», a affirmé M.Bernier après sa rencontre avec son homologue palestinien, Riad MaM M.Bernier a aussi précisé qu’une partie de cette aide est destinée à des programmes éducatifs destinés à «promouvoir la tolérance et à lutter contre la haine et l’incitation à la violence».Les détails de l’utilisation exacte de l’aide canadienne seront mis au point plus tard, mais M.Abbas et le premier ministre palestinien Salim Fayyad ont donné l’assurance qu’ils tiendraient compte des préoccupations canadiennes, a ajouté le ministre Bemier.En conférence de presse, M.Malki a qualifié sa rencontre avec M.Bernier de «constructive».Il dit avoir discuté avec le ministre canadien des «obstacles au progrès du processus de paix, particulièrement les colonies israéliennes», ainsi que des façons de coordonner les relations bilatérales.Il a aussi remercié le Canada pour son aide.D a cependant aussi fait allusion à des désaccords, affirmant que ces problèmes seraient traités de façon discrète, diplomatique, sans élaborer davantage.Israël et les Palestiniens se sont engagés à tenter de conclure une entente de paix d’ici la fin de l’année, un objectif «ambitieux», mais réaliste, a dit M.Bemier.Au cours de sa rencontre avec le premier ministre Olmert M.Bernier a «réitéré l’appui soutenu du Canada à Israël et au droit d’Israël d’assurer sa sécurité», a indiqué un fonctionnaire des Affaires étrangères, sous couvert de l’anonymat Tous deux ont discuté de questions de sécurité régionale, y compris de l’Iran, et M.Bernier a exprimé les inquiétudes du Canada à l’égard des propos inquiétants du président iranien au sujet d’Israël et de l’Holocauste, a ajouté ce fonctionnaire.Aujourd’hui, M.Bernier doit rencontrer les ministres israéliens des Affaires étrangères et de la Défense, respectivement Tzipi Livni et Ehoud Barak, et visiter le mémorial de la Shoah, Yad Vashem, à Jérusalem.La Presse canadienne EN BREF Layton accuse Harper de chantage Ottawa — Le dirigeant du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, affirme que le premier ministre fédéral Stephen Harper tente de >fdire chanter» les députés de l’opposition en associant à l’adoption du prochain budget conservateur l’aide d’un milliard de dollars promise aux industries et travailleurs en difficulté.A l’occasion d’une conférence de pres- se, hier, M.Layton a indiqué que cette aide, annoncée la semaine dernière par le premier ministre, semblait davantage motivée par des considérations d’ordre politique que par le désir réel de venir au secours de l’industrie.Le chef du NPD a estimé que le message lancé par M.Harper était que seul un vote de confiance en faveur du gouvernement conservateur et de sa vision des choses permettrait aux travailleurs ayant perdu leur emploi de recevoir de l’aide.- La Presse canadienne Un avocat différent François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 PERSPECTIVES INTERNATIONALES DU SECTEUR AÉRONAUTIQUE DEJEUNER-CAUSERIE 2| Desjardins PIERRE BEAUDOIN Président et chef de l’exploitation Bombardier Aéronautique Vice-président exécutif Bombardier inc.MARDI 29 JANVIER 2008 de midi à 14 h Chambr* dt commtrct du Montrial métropolitain Board of Trada of Matropolltan Montraal Inscription WWW.CCMM.OC.CA/PIERRE-BEAUDOIN 514 871-4000, poste 4001 En association avec : En collaboration avec : les affaire* BOMBARDIER CI\J Beff Q^qSumc A«W* LES ACTUALITES Avenue prometteuse pour les transplantations cardiaques Des chercheurs ont créé un cœur de rat en laboratoire Paris — Des chercheurs ont réussi à créer en laboratoire un cœur battant de rat, à partir d’un organe d’un animal mort et de cellules cardiaques néonatales de rat, ouvrant la voie à de possibles avancées dans le domaine de la transplantation, selon une étude à paraître dimanche dans Nature Medicine.Actuellement, 3000 patients sont en attente d’unç transplantation cardiaque aux Etats-Unis et, dans le monde entier, 22 millions de personnes vivent avec une insuffisance cardiaque.«L’idée serait de développer des vaisseaux sanguins ou des organes transplantables et fabriqués à partir des propres cellules d’un individu», explique Dons Taylor, de l’Université du Minnesota, une des responsables de ces travaux.Cette perspective pourrait apporter un élément de réponse au problème crucial de la pénurie d’organes, expliquent les chercheurs.S’il était mis au point chez l’homme, le «cœur bioartificiel» pourrait augmenter le nombre de cœurs disponibles pour une transplantation en allongeant la durée d’utilisation de l’organe après le décès du donneur (aujourd’hui de 4 heures au maximum).Les travaux des chercheurs de lUniversité du Minnesota ont pour le moment porté sur des rats et des cochons.Ds ont réussi à obtenir, en laboratoire (pas chez un animal vivant) un cœur battant de rat, en utilisant le cœur d’un animal mort comme «structure».Pour ce faire, ils ont éliminé la totalité des cellules de cet organe, grâce au procédé dit de «décellularisation», ne laissant que «la matri- ce extracellulaire», l’échafaudage sur lequel reposent les cellules.Ils ont ensuite injecté dans cette matrice des «cellules progénitrices» issues de cœurs de rats nouveaux-nés et ont placé cette structure dans une préparation stérile.Cœurs bioartiticiels Quatre jours après, des contractions étaient observées et huit jours après, le cœur avait une fonction de pompe équivalant à environ 2 % de la fonction d’un cœur adulte.Des résultats prometteurs, selon les chercheurs, pour une expérience de faisabilité du principe et qui doivent maintenant être améliorés.«Quand nous avons vu les premières contractions, nous sommes restés sans voix», a commenté Harald C.Ott.«C’est un des deux grands moments de ma vie, a confié à l’AFP Doris Taylor.Le premier était en 1997quand fai vu des cellules se développer dans un cœur de lapin après un infarctus.» Les chercheurs veulent maintenant optimiser leurs travaux, avec l’objectif de transplanter ces cœurs bioartificiels afin d’explorer leur fonctionnalité «in vivo».Ils ont bon espoir que cette avancée pourra avoir des développements dans la chirurgie de transplantation, pour le cœur, mais aussi d’autres organes.Un cœur bioartificiel créé à partir des cellules du receveur devrait avoir moins de risques de rejet.Une fois en place, il devrait, en théorie, être nourri, régulé et régénéré de la même façon que l’organe d’origine.Agence France-Presse Bois d’œuvre Un groupe américain critique le fonds Harper Toronto — L’annonce faite la semaine dernière par le premier ministre fédéral Stephen Harper d’un fonds de soutien d’un milliard de dollars visant à venir en aide aux collectivités en difficulté et aux travailleurs au chômage dans les secteurs de la foresterie, de la pêche et de la fabrication, notamment, fait rager un groupe de l’industrie américaine du bois d’œuvre.La U.S.Coalition for Fair Lumber Imports, organisation parmi les plus critiques des politiques canadiennes en matière de commerce du bois d’œuvre, a affirmé dans un communiqué de presse diffusé hier qu’elle examinait de près le fonds en fiducie national pour le développement communautaire projeté par Ottawa.L’organisation, dont le siège se trouve à Washington, qui représente de petits et gros producteurs américains de bois d'œuvre, s’est dite «profondément préoccupée» par le fait que les autorités entendent se servir du fonds «pour venir en aide au secteur forestier dans les conditions difficiles [actuelles] du marché».«Lorsqu’un milliard de dollars est réparti dans un secteur, cela soulève de toute évidence des inquiétudes», a affirmé à La Presse canadienne le directeur général de la coalition, Zoltan van Heyningen, lors d’un entretien accordé depuis la capitale américaine.«Nous aimerions seulement nous assurer que ce n’est pas une façon de décharger les entreprises de leurs obligations ou responsabilités financières sous la forme de subsides», a-t-il ajouté.Dans le communiqué publié par le groupe, le président de ce dernier, Steve Swanson, a indiqué: «Nous soupçonnons fortement que l’argent prétendument destiné aux travailleurs sera utilisé afin de réduire les obligations des entreprises canadiennes du [secteur du] bois d’œuvre, ce qui irait à l’encontre de l’Accord sur le bois d’œuvre résineux.» Le groupe a rappelé qu’en vertu de l’entente signée en 2006 par le Canada et les Etats-Unis, il était interdit au gouvernement fédéral de subventionner l’industrie canadienne du bois d’œuvre.M.Van Heyningen a indiqué que les avocats de l’organisation examinaient le fonds en fiducie annoncé par le premier ministre Harper.H n’était cependant pas prêt à accuser le gouvernement canadienne d’enfreindre les dispositions de l’Accord sur le bois d’œuvre résineux.«Nous avons de sérieuses préoccupations et nous allons regarder cela de très près, a-t-il dit Mais avant de dire “Vous violez X, Y ou Z”, nous souhaitons avoir l’occasion d’examiner [le fonds] de très près.» La Presse canadienne Document du Centre canadien des politiques alternatives Les baisses d’impôt pourraient créer un déficit au fédéral JULIAN BELTRAME Ottawa — Les récentes réductions fiscales du gouvernement fédéral sont si importantes que même un léger fléchissement de l’économie pourrait se traduire par le premier déficit budgétaire en plus d’une décennie, prévient un rapport qui doit être rendu public aujourd’hui.Le document du Centre canadien des politiques alternatives, un organisme de gauche, constate que les réductions du budget d’octobre dernier, additionnées aux réductions précédemment annoncées par le gouvernement de Stephen Harper, coûteront 40,2 milliards de dollars au Trésor fédéral à la fin du cycle de cinq ans.«La mise à jour relative à la situation financière est survenue à un moment où ils croyaient que le pire de la crise financière et du ralentissement aux Etats-Unis était passé», commente l’économiste Marc Lee, qui a rédigé l’étude pour ce groupe d’experts, habituellement critique des politiques fiscales et de dépenses des conservateurs.«Alors, il ne faudrait pas un gros repli de la croissance économique pour que le budget replonge en déficit.C'est possible qu 'ils aient mal calculé, ou il pourraient faire valoir que les baisses d’impôt sont exactement ce dont l'économie a besoin alors qu'elle se dirige vers une récession.» Le document se base sur les prévisions de dépenses du gouvernement contenues dans la mise à jour de l’automne dernier, mais il y substitue quatre scénarios de croissance du produit intérieur brut (PIB) — chacun plus sombre que le pré cèdent — au lieu des prévisions gouvernementales, qui apparaissent aujourd’hui plutôt optimistes.Le constat le plus surprenant est qu’il ne faudrait pas nécessairement que le Canada connaisse une récession — soit deux trimestres consécutifs de contraction de l’économie — pour que le gouvernement fédéral renoue avec les déficits budgétaires.Un taux de croissance nominal du PIB de moins de 2,65 % en 2008 (ou un taux de croissance réel de 0,65 % lorsqu’on déduit l’inflation, qui est d’environ 2 %), entraînera un déficit pour l'exercice financier 20084)9, conclut le rapport Surplus faible Or la semaine dernière, les responsables des finances ont réduit les prévisions pour la croissance réelle en 2008 à un peu plus de 2 %, excluant l’inflation, par rapport à une projection antérieure de 2,4 %.La plus grande partie de cette croissance proviendra des provinces de l’Ouest et de leurs riches ressources énergétiques.Bien que le gouvernement fédéral ait engendré un excédent de près de 14 milliards au cours de l’exercice 200607 — d’abord attribuable à la hausse des recettes fiscales provenant des impôts sur le revenu des particuliers et des entreprises — le ministère des Finances projette un surplus relativement faible de 3,3 milliards pour l’année budgétaire en cours, qui prend fin le 31 mars prochain.La suite dépendra en bonne partie dç la gravité du ralentissement aux Etats-Unis et de son impact sur les exportations canadiennes.Si les difficultés du secteur manufacturier au Québec et en Ontario, notamment s'accentuent et que les pertes d’emplois du secteur industriel ne sont pas compensées par une croissance dans les secteurs de la finance, du gouvernement de la santé, de l’énergie et des ressources, les finances du gouvernement fédéral subiront un resserrement La Presse canadienne Patiner malgré tout.PEDRO RUIZ LE DEVOIR >.¦ ¦ EN PLUS de la glace des patinoires de la Ville, les pluies des derniers jours avaient fait fondre les espoirs des patineurs de pouvoir s’adonner à leur sport favori en ces temps de redoux.Cependant, malgré des températures légèrement au-dessus des normales, des amants de l’hiver ont pu patiner hier sur la glace lisse de la patinoire réfrigérée du Marché Bonsecours dans le Vieux-Port de Montréal.et faire un pied de nez à Dame Nature.GM veut produire un éthanol de deuxième génération Des milliers d’autochtones sont toujours absents du recensement canadien SUE B Al LE V Detroit — Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a dévoilé hier à Detroit un partenariat avec une petite société américaine, Coskata, qui a mis au point un processus de production d’éthanol de deuxième génération, dérivé de divers types de déchets.«Nous travaillons avec Coskata à rendre cette technologie opérationnelle le plus tôt possible*, a indiqué le PDG de GM, Rick Wagoner, lors d’un point de presse.Le processus mis au point par Coskata, une société basée dans lli-nois, ‘permet de produire de l’éthanol à un coût de moins d’un dollar le gallon» de carburant, a assuré M.Wagoner, précisant que ce carburant propre nécessitera également moins d’un litre d’eau par gallon d’éthanol, comparé à 34 litres d’eau pour l’éthanol dérivé des céréales.Comparé aux carburants traditionnels dérivés du pétrole, l’éthanol mis au point par Coskata promet de réduire les émissions de gaz à effets de serre, responsables du réchauffement climatique, de 84 %.L’éthanol est «une technologie d’intérim», a souligné le PDG de GM, alors que le constructeur mise à plus long terme sur des véhicules électriques pour mettre un terme à la dépendance au pétrole, qu’ils soient hybrides ou fonctionnant à 100 % à l’électricité grâce aux piles à combustible (hydrogène).Pour l’heure, GM estime que la planète est encore trop peu équipée en infrastructures et en véhicules permettant un développement plus rapide des technologies propres.«Moins del % des 820 millions de voitures et véhicules lourds circulant dans le monde sont équipés de motorisation?hybrides ou de piles à combustibles».A ce rythme, «il va nous falloir 12 ans pour remplacer la plupart des véhicules en circulation par de nouveaux, économes en énergie», a-t-il averti.Se rapportant au marché américain, le PDG a déploré que «moins de 1 % des 170 000stations d’essence du pays fournissent du carburant E-85», le standard pour l’éthanol.U est temps que le gouvernement américain résolve le problème) par des incitations fiscales ou la législation.Pour ce qui est des véhicules mis au point par GM, 25 véhicules du constructeur, fonctionnant avec une technologie «verte», seront commercialisés dans le monde en 2008, toutes technologies confondues.Pour le seul marché américain, GM offrira d’ici la fin 2008 huit modèles hybrides, et espère en mettre 16 autres sur le marché d’ici les quatre prochaines années.Agence France-Presse Ottawa — Même si les autochtones ont été plus nombreux que jamais à accepter de participer au recensement en 2006, plusieurs des réserves les plus populeuses au Canada ont néanmoins été écartées dans le processus.Statistique Canada dévoile aujourd’hui ses données sur le nombre de personnes recensées comme faisant partie des Premières Nations, soit les Amérindiens, les Métis et les Inuits.Il s’agit du premier de quatre rapports qui seront rendus publics cette année et qui aborderont des thèmes allant de l'éducation des autochtones à leur revenu, en passant par leur travail.Bien que la participation des autochtones ait progressé au fil des ans, des milliers d’entre eux ne sont toujours pas pris en compte parce qu’ils sont sans-logis, en prison ou qu’ils ont refusé de collaborer.Le chef de Kanesatake, Clarence Simon, explique que si sa localité fait partie du groupe des 22 territoires autochtones qui ne sont pas inclues dans le recensement, c’est parce que les membres de son peuple ne se considèrent pas comme des Canadiens, mais bien des Amérindiens.«Nous ne sommes pas des citoyens canadiens», affirme-t-il, ajoutant que les fonctionnaires de Statistique Canada devraient pouvoir comprendre cela.Des données précises sont importantes pour permettre le financement fédéral pour le logement la santé, l’éducation et les services sociaux prévus dans les traités.Or, plusieurs bandes à court d’argent sont méfiantes quant à l’usage possible des données recueillies.Ds avancent par ailleurs que le ministère des Affaires indiennes collecte de toute façon des données sur ses membres annuellement «Le Conseil a des choses beaucoup plus urgentes à faire», soutient le chef du territoire mohawk de Tyendina-ga à l’ouest de Kingston, en Ontario, Don Maracle.Techniques d’échantillonnage Le directeur responsable du recensement de 2006 chez Statistique Canada, Anil Arora, affirme que 98 % des membres des Premières Nations collaborent.Son service préfère d’autre part privilégier le travail de proximité que la voie juridique.Il assure que le personnel du recensement a déployé des efforts particuliers dans les refuges pour sans-abri, et que les personnes vivant dans des institutions comme les prisons sont comptées, bien que les informations spécifiques sur leur identité ne soient pas isolées.Les techniques d'échantillonnage permettent de fournir de bon résultats, assure M.Arora.«Nos estimations sont très solides.» Au Canada, la collecte de données tente de dresser un portrait aussi fidèle que possible de la population du pays.Or, en dépit de l’embauche d’employés autochtones, les membres des Premières Nations sont de nouveau sous-estimés.Avec ses 2(XX) membres, Kanesatake fait partie des territoires autochtones les moins populeux des 22 absents du recensement.Akwesasne et Kahnawake au Québec, Little Buffalo en Alberta, Esquimalt en Colombie-Britannique et les six nations de Grand River près de Brantford, en Ontario, en font également partie.Des milliers d’autres n’ont pas été spécifiquement comptés en tant qu’autochtones, parce qu’ils n’avaient pas d'adresse permanente ou qu’ils étaient derrière les barreaux.«Nous pensons qu’ils sont vraiment sous-représentés, affinne Peter Dinsdale, directeur exécutif de l’Association nationale des centres d’amitié.Cela étant dit, ce sont tout de même les meilleurs chiffres que nous ayons eus jusqu’à présent.» Le recensement parvient à atteindre de plus en plus de gens, croit Nancy Zukewich, de Statistique Canada.Alors que les statistiques étaient incomplètes pour 77 territoires en 1996, ce chiffre est descendu à 30 en 2001.Près de 1,3 million de personnes rapportaient avoir des origines autochtones en 2001, soit 4,4 % de la population.La proportion était plutôt de 3,8 % en 1996.La Presse canadienne EN BREF Antarctique: fonte des glaces accélérée Paris — La fonte des glaces s’est accélérée de 75 % en dix ans le long des côtes du continent antarctique, atteignant en 2006 quelque 192 milliards de mètres cubes, une quantité suffisante pour noyer sous 4,6 mètres d’eau l’ensemble des Pays-Bas, selon une étude publiée hier dans la revue Nature Geoscience.Cette fonte des glaces est concentrée en aval des glaciers sur l’ouest du continent (132 milliards de m3 avec une marge d’erreur de plus ou moins 60 milliards) et la péninsule antarctique (60 milliards de m3 avec plus ou moins 46 milliards de m3 de marge d’erreur), ont constaté Eric Rignot, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA et son équipe internationale de chercheurs.Sur l’est du continent en revanche, la calotte glaciaire est restée stable.- AFP T La Cité interdite, l'héritage de Confucius, la préparation des Jeux olympiques.Un fascinant voyage dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui.DES RACINES ET DES AILES WWW.TVS.CA f ( ce soir 20h LE DEVOIR, LE LUNDI 14 JANVIER 2 0 0 8.A 6 EDITORIAL Marie-Andrée Chouinard Le courage de l’échec La ministre de l’Éducation prépare un plan d’action pour améliorer la réussite en français des élèves québécois.Il faut souhaiter aux générations à venir que cette énième politique, déclinée sur le thème des ratés de notre langue, permettra de voir grand et qu’elle sera portée par un courage inédit: celui d’affronter l’échec.H est une éternelle rengaine, qui fait mal chaque fois qu’on la reprend.Les résultats insatisfaisants, voire désastreux, des élèves en français écrit heurtent douloureusement la qualité de notre langue, que le Québec, plus qu’ailleurs, porte comme un étendard.L’école s’acquitte très mal de cette première obligation qu’est l’apprentissage des rudiments du français écrit et oral.Une autre livraison de mauvaises notes a convaincu l’an dernier le ministère de l’Éducation de soumettre cet éternd malaise aux réflexions d’un comité d’experts dirigé par l’actuel président du Conseil supérieur de la langue française, le linguiste Conrad Ouellon.Ses conclusions, déjà présentées à la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, doivent inspirer un plan d’action fort attendu.Le problème a beau être associé à une rengaine, pour le régler, le gouvernement ne peut se permettre de faire dans la redite.D’autres avant lui ont produit plans et politiques dans l’espoir de donner leur envol à des étudiants en leur fournissant l’essentiel: la capacité de lire et d’écrire.Au début des années 1960 déjà, le célèbre Rapport Parent formulait sa mise en garde: «L’école aura beau faire, le français utilisé au Québec continuera de se détériorer de façon lamentable si on n’adopte pas rapidement des mesures énergiques et dynamiques pour en sauvegarder et en élever la qualité.» Trente ans plus tard, le ministre de l’Éducation d’alors, Michel Pagé, publiait un court plan intitulé Pour une langue belle, destiné à bonifier l’enseignement du français dans le but d’éradiquer les lacunes.Pour lutter contre les démons de l’époque — l’audiovisuel et l’informatique —, on préconisa le retour aux grands classiques de la littérature.Aujourd’hui, au considérable espace occupé par la technologie dans l’apprentissage s’ajoute un nouveau tentateur, celui-là nommé réforme.La réforme de l’éducation n’a certes pas inventé les faiblesses des élèves québécois en français écrit.Mais, au lieu de corriger ce désolant tableau, comme elle le promettait haut et fort, elle semble avoir laissé les choses se dégrader tristement.Cettç déconvenue inacceptable s’est faite malgré les constats des Etats généraux sur l’éducation, qui ont placé un accent prioritaire sur l’enseignement du français.Pour remédier aux errements des élèves — il n’est plus exagéré d’évoquer des étudiants ayant réussi leurs études primaires, secondaires et collégiales, mais peinant à produire ou à comprendre un texte —, il faudra oser frapper fort et partout, et bien plus qu’en rétablissant une dictée ayant prétendument disparu.Miser sur la lecture chez les plus petits du primaire.Regarnir les bibliothèques, à coups de généreux millions.Espérer le minimum?Un dictionnaire et une grammaire dans chaque classe et, pourquoi pas, dans chaque pupitre?Étendre la maîtrise du français à tout l’apprentissage, plutôt que de la cantonner aux seuls cours de français.Il faudra oser mesurer l’effet pervers que peut avoir en classe ordinaire une mauvaise intégration des élèves en difficulté, faute de ressources.Oser aussi remettre en question les modes d’évaluation prônés par la réforme, au-delà d’une secousse portée sur le bulletin.Mais le gouvernement dévoilera son véritable courage lorsqu’il osera, ironiquement et paradoxalement, vivre avec l’échec.Lorsqu’il cessera, en effet, de pratiquer la promotion automatique et la délivrance de diplômes au rabais, quitte à montrer le fiasco dans toute son ampleur.Lorsqu’il retiendra des élèves plutôt que de les laisser se hisser dans la chaîne de l’éducation, poyr tomber ensuite de plus haut.A un autre tournant d’un ennuyeux cercle vicieux Q’élève formé par un enseignant lui-même mal préparé), il devra même se résigner à affronter l’immense problème de la sélection des futurs maîtres, dont on dit que la moitié aurait une connaissance insuffisante du français.Un examen national est attendu en septembre, dont l'objectif est évidemment de rehausser les exigences.Les conséquences de ce nivellement par le haut sont évidentes: pendant plusieurs années, il y aura un risque de perdre au combat des mots un certain nombre de futurs maîtres au fiançais hasardeux.Subsiste le danger de vivre avec un effondrement des taux de diplômés, car le resserrement des exigences pourrait entraîner, sans qu'on puisse l’empêcher, une franche débâcle.Mais l’échec, s’il sert ensuite à se relever plus grand et plus fort, n’est plus à éviter.machouinardlalede voir.com le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND L’UQAM est une université Le rapport de la firme PriceWaterHouseCoo-pers sur l’état de l’UQAM est une grossière aberration.Novice en matière d’universités, le sous-traitant privé coupe au plus court selon la firme, on devrait attendre des professeurs d’université qu’ils ne se consacrent qu’à l’enseignement Cette prémisse ignore qu’un professeur est aussi tenu de mener des recherches d’envergure et d’animer les cycles supérieurs, entre autres choses.D ne s’agit pas là de tâches marginales, mais de missions centrales pour toutes les véritables universités du monde.Recentrer le travail des professeurs sur le seul enseignement reviendrait à faire de l’UQAM une simple université de premier cycle, à peu de choses près.Tous ceux qui se sont opposés à cette option en septembre dernier doivent en être bien conscients.Quant à la ministre Courchesne et au recteur Corbo, qui avaient aussi rejeté cette hypothèse, ils doivent ne serait-ce que par souci de cohérence, se distancier l’un et l’autre de cet aspect du piètre rapport de leur sous-traitant Julien Prud’homme Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) Montréal, le 10 janvier 2008 Ahurissant aveuglement Sans vouloir offenser Jean Berthiaume de Contrecoeur («Le monde a bien changé M.Laro-se».Le Devoir du 11 janvier 2008), j’aimerais lui rappeler que le fédéralisme canadien, qu’il qualifiait sans le nommer de «pragmatique» et qu’il comparait hier dans ces pages au «TGV de la modernité» est aussi en fait ne lui en déplaise, une idéologie.Au Canada, elle détient en pratique le pouvoir depuis 140 ans.ce qui lui confère une aura de respectabilité.Le fédéralisme n’est cependant pas consubstantiel à la condition québécoise: nous n’y LETTRES -?- sommes pas soumis définitivement il est tout sauf immuable.Si la souveraineté est si rétrograde, peut-il me dire pourquoi, en 50 ans, le monde est passé de cent à plus de deux cents pays indépendants?Des confettis comme le Belize, l’Érythrée et la Lettonie sont depuis peu indépendants; même la macédoine des Balkans redevient multicolore.N’est-ce pas précisément une «idéologie» que de croire que le statut de pays est bon pour tout le monde, y compris le Canada, mais foncièrement mauvais pour le Québec?Bon sang! Qu’avons-nous donc fait au bon dieu pour mériter de croupir éternellement dans une condition de subordination?Et quel calvaire que d’avoir par surcroît à endurer les leçons de morale des fédéralistes de votre acabit, prompts à oublier que ce sont eux qui ont les premiers «usurpé la démocratie pour leur cause».Il est toujours ahurissant de constater à quel point l’idéologie peut aveugler les plus vertueux partisans du statu quo.Jean-François Vallée Québec, le 11 janvier 2008 De la gauche au populisme Comment un écrivain connu s’étant toujours défini comme indépendantiste et socialiste en arrive-t-il à appuyer une formation politique de droite?On pourrait dire par stratégie ou encore par opportunisme.Mais comment arrive-t-on à le faire lorsqu’on récidive dans l'appui à ce parti plus de neuf mois après l’élection?Probablement parce qu’on n’a jamais été à gauche, mais populiste, ce qui n’est pas la même chose.VLB nous présente les députés de l’ADQ comme les représentants du «vrai» peuple: béotiens mais de «bonnes personnes».Comme argument politique, ce n’est pas très fort Notre écrivain devrait savoir que ce n’est pas l'origine de classe qui est garante des orientations politiques.Tous les courants populistes de droite se sont toujours appuyés sur une plè- be pour adopter des positions réactionnaires qui dessert cette même plèbe et sert les intérêts des classes dominantes.Alors que les formations progressistes ont rassemblé un large faisceau d’intérêts, une véritable coalition qui avait pour but de rendre la vie en société moins dure, plus humaine.L’ADQ est un parti néo-duplessiste, et VLB en est le seul intellectuel à s’en faire le défenseur, et il en a parfaitement le droit Toutefois, il aurait intérêt à nous préciser ses propres revirements idéologiques sous peine de ne pas être pris au sérieux lorsqu’il aborde les questions sociales et politiques.Denis VeUlette Trois-Rivières, le 10 janvier 2008 Non aux Têtes à claques Je n’y comprends rien.Les Têtes à claques ont un très gros succès en France (ils font un «tabac»!).Le très sérieux quotidien Le Monde les encense.J’ai vu récemment à la télévision de Radio-Canada deux clips de ces Tètes.Le tout s’est révélé un ramassis de propos vulgaires, scatologiques, truffés d’anglicismes et de sacres, et sexistes.Je n’en revenais absolument pas, et en plus ces clips passaient à une heure de très grande écoute et étaient donc accessibles aux enfants.Je ne comprenais pas non plus que personne à Radio-Canada n'ait tiqué devant des propos aussi scabreux Pendant ce temps, nos élites affirment que le français est mal parlé au Québec dans les écoles et ailleurs, que cela affaiblit notre culture, qu’il faut absolument faire quelque chose, etc.Mais comme c’est bien reçu à Paris.Le Québec, le pays des contradictions! Mais la vulgarité demeure la vulgarité, peu importe le continent où elle officie.Les Têtes à, claques n’ont pas leur place à la télévision dÉfat Michel Lebel Entrelacs, le 7janvier 2008 LIBRE OPINION -?- Re Joyce! Re Joyce! PIERRE LANDRY Ex-rédacteur en chef du Mouton NOIR, écrivain et directeur général du Musée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-Loup Cinq jours.C’est le délai que m’avait laissé Victor-Lévy Beaulieu pour passer à travers ce volumineux manuscrit de près de 1100 pages! Cinq jours! Cinq jours pour piéger la coquille, traquer la faute de frappe, débusquer la moindre erreur typographique qui aurait pu malencontreusement se glisser ici et là au fil de l’incroyable enfilade de caractères et de signes qui constituent la fibre première de cette œuvre monumentale.Responsabilité énorme puisque j’étais en principe le dernier à effectuer ce parcours avant que les rotatives ne se mettent à tourner.Posé sur ma table de travail, le jeu d’épreuves formait une niasse faisant plus d’un pied d’epaisseur.Cinq jours.Épreuve avez-vous dit?En théorie, lorsqu’un correcteur révise un texte à ce stade ultime de la «chaîne de production», il ne doit pas porter attention au sens qui se dégage de l’amas de signes qui défilent sous ses yeux mais plutôt parvenir à en faire totalement abstraction pour se concentrer uniquement sur le juste agencement «mécanique* de chacune des composantes de l'ensemble.Il se métamorphose en une espèce de scanner dont la fonction ne consiste qu’à déceler les anomalies qui pourraient spolier le tout J’avoue ici avoir commis une faute professionnelle.Il m’a été tout à fait impossible d'atteindre ce degré de distanciation.J'ai été happé, aspiré, avalé par le sens.Tout en m’acquittant tout de même le plus adéquatement possible de la responsabilité qui m'avait été dé volue, je n’ai pu faire autrement que d'entrer de plain-pied dans cet univers fascinant et foisonnant.Impossible de lire à froid et de m’en tenir au strict plan du si- gnifiant C’est de la chair vive qui m’attendait ici, et comme l’a dit l’autre il y a de cela bien longtemps, la chair est faible hélas! Une mécanique à deux temps J’avoue en connaître peu de James Joyce.Gens de Dublin, Portrait de l’artiste en jeune homme, c'est dans leur version française que j’ai lu ces deux œuvres me réservant Ulysse et Finnegan's Wake pour un moment où je serais davantage aguerri à l’univers de Joyce.Ma mère étant d’ascendance irlandaise, il est cependant évident que tout ce qui concerne la «verte Éire» m’interpelle et me fascine au premier plan.D’autre part si le regard que pose VLB sur ces deux univers ne s’était limité qu’à une espèce de dissection froide et cartésienne comme le sont le phis souvent les essais littéraires, il m’aurait sans doute été relativement facile de garder une certaine distance, de parcourir et corriger ces pages avec détachement m’acquittant d'un simple devoir au meilleur de mes connaissances.Mais VLB nous a mis au parfum depuis belle lurette, il ne faut pas compter sur lui pour accoucher de traités qui suppurent l'ennui ou ne distillent qu’une liqueur adde réservée à l’élite intellectuelle ou aux plus pointus des clinidens.De fait, on pourrait même avancer que VLB a inventé un nouveau genre littéraire dont il transforme et peaufine la manière depuis des décennies.Qu'il les qualifie simplement d’essais (Hugo, Melville, Perron), d'«essai-poulet» Qack Kérouac), dVs-sai-joumal» (Tolstoi), de «romancerie» (Voltaire) ou d’«essfli hilare» (Joyce), les ouvrages que VLB consacre aux auteurs dont il scrute la vie et l'œuvre se présentent toujours sous un double jour.On y découvre en effet tout ce que l’on serait en droit de s’attendre à trouver dans un essai «normal»: mise en contexte, commentaires, analyse, regard critique, etc.; mais ces livres recèlent de plus une dimension absolument non conforme au genre en se doublant d’une structure narrative qui procède davantage du roman.Irlande de James Joyce Ainsi, dans son James Joyce, l’Irlande, le Québec, les mots, le lecteur est d’entrée de jeu mis en présence du narrateur Abel qui soliloque et devise sur la mort de son père.La partie romancée de l’œuvre se construit donc à partir de ce décès qui oblige une famille hautement dysfonctionnelle à se rameuter pour les funérafiles.Et au cœur même de ce récit initial, que l’on pourrait croire à haute teneur autobiographique, sont graduellement saupoudrées les premières références à l'Irlande et à Joyce.Ainsi s’amorce et se met en branle une phénoménale mécanique à deux temps, d'une robustesse et d'une fiabilité à toute épreuve, semblable à ces vieux tufs-tufs, ces moteurs stationnaires qui battaient le grain sans défaillir d’une noirceur à l’autre (et c’est un peu cela qui est mis en scène ici, la noirceur du récit, la noirceur de l’histoire de l'Irlande).Les chapitres se succèdent, l'un davantage centré sur Joyce, l'autre replongeant dans les abysses du drame familial et chacun de ces deux univers interpelle et sollicite le lecteur, si bien qu’il demeure toujours sur sa faim, avide d’en savoir encore plus sur les grands mythes irlandais lorsque la mère reptilienne s’incruste dans le quotidien du narrateur, impatient de connaître la suite de ce segment d’une saga dont seul VLB a les secrets au moment où l’auteur cherche à pénétrer les arcanes d’Ulysse ou de Finnegan’s Wake.Contamination du récit Mais là où réside l'infinie subtilité de cette structure bipolaire, c’est dans la «copénétration» permanente des deux univers mis ici en parallèle.De fait, le récit ne serait qu’une mise en abîme des événements marquants de la vie même de Joyce, une sorte d’illustration fictive des informations de nature plus factuelles qui nous parviennent dans ces portions du texte consacrées à la biographie de l’exilé irlandais.La méthode véléblanchiste (adjectif dérivé de VLB.) serait donc de plancher et de s imbiber de son sujet au point de le devenir, si bien que tout dans ce livre est à la fois VLB et tout est à la fois Joyce.Cette immense machine à ingérer qui a buté sur Joyce sans préavis, au tout début de son apprentissage de lecteur, cette formidable mémoire qui a assimilé non seulement le corpus d’un des auteurs les phis complexes à s’être attaqué à la langue anglaise, mais aussi la plus vaste partie du métatexte et de l'appareil critique greffés à son œuvre de même que tous les ouvrages majeurs consacrés à l’histoire de l’Irlande, cet écrivain rend enfin «dans ces grosseurs» le fruit d’une cogitation qu’il rumine depuis des décennies.Et le produit qui nous livre ainsi, cette créature multiforme qui aurait pu avoir tous les attributs du monstre le plus rebutant tans les enjeux étaient considérables, cet «essai hilare» demeure page après page d'une lisibilité, d’une cohérence, d’une jouissance de lecture permanente.Et cela même lorsque votre fonction première consiste à ne lire que pour chercher la petite bête noire.La bête est bien noire en effet mais eDe n’a rien de petit De fait voici le seul attribut qui puisse vraiment lui convenir magnifique.Impossible de lire à froid et de m’en tenir au strict plan du signifiant LE DEVOIR.LE LUNDI 14 JANVIER 2 0 0 8 DEES L’odyssée de Robert Latimer JACQUES GAGNÉ Professeur retraité de la Faculté de droit de l’Université Laval - «Il e 4 décembre 2007, un comité Lde la Commission nationale des libérations conditionnelles a refusé à Robert Latimer une libération de jour.Un autre recalage, qui fait suite au premier: le 18 janvier 2001, la Cour suprême lui refusait en effet une exemption constitutionnelle.Vendredi prochain, Latimer aura été emprisonné —=^==^^=J durant sept ans, soit les trois quarts de sa sentence.Le détenu demandait un transfert dans une maison de transition pour continuer à purger sa peine.Latimer était le père de quatre enfants.Trois d’entre eux étaient normaux, mais l’aînée Tracy souffrait d’une paralysie cérébrale depuis sa naissance, et sa capacité mentale équivalait à celle d’un enfant de quatre mois.Elle était paraplégique et incapable de se mouvoir.Le père jugea que sa fille, alors âgée de douze ans, ressentait des souffrances intolérables et décida, sans impliquer son épouse, de mettre fin à ses jours en l’empoisonnant au monoxyde de carbone.Un risque inacceptable Le principe essentiel, susceptible de guider la Commission nationale des libérations conditionnelles dans l’octroi d’une libération, consiste à évaluer si le détenu peut représenter, par un élargissement total ou partiel, «un risque inacceptable pour la société».Cette crainte ne s’applique pas au cas présent.Latimer a tué sa fille par compassion.Sa remise en liberté ne comporte aucun élément de dangerosité et au surplus, le problème d’une récidive ne se pose pas.Cette perception semble s’être dégagée d’un sondage effectué par la maison Angus Reid et publié dans le Globe and Mail en 1999, soit après le second procès subi par Latimer.73 % de la population sondée concluait alors que l’inculpé devait encourir une sentence moindre que la peine minimale de dix ans d’emprisonnement alors que seulement 23 % préférait s’en tenir à l’application rigoureuse de la loi.Un nouveau sondage favoriserait encore davantage l’accusé.L’absence de remords La présidente du comité, Kelly-Ann Speck, a reproché au détenu de ne pas avoir su profiter de son incarcération pour développer une autocritique de son comportement et de n'avoir pas compris que la loi existe «pour protéger les personnes les plus vulnérables».Latimer répondit «qu’il ne se sentait toujours pas coupable de son geste et que sa fille n’aurait pas voulu souffrir davantage».Latimer n’est pas un psychopathe et la recommandation du comité qu'il soit contraint à suivre des séances de thérapie est déplacée.Il est permis d’être en désaccord avec son geste, mais il est interdit de douter de la sincérité de l’affection qu’il a toujours témoignée à sa fille durant les douze années de son existence.L’état de Tracy commandait de la part de ses proches des soins constants et héroïques.Le fait pour Latimer d’interrompre ses souffrances constituait de son point de vue un acte de compassion et d’amour.La Commission n’avait pas à assujettir sa libération à l’aune d'une contrition extorquée.La réclusion additionnelle du détenu risque au surplus d’être inutile et stérile.Latimer sera admissible à une nouvelle demande de libération dans deux ans.Il reviendra devant la Commission avec la même conviction qu’il a bien agi avec sa fille.Cette reconduction carcérale a aussi pour effet de retarder sa réintégration dans la société.s'fi iâ.mm, m 7 sais ¦ Sfe.’.'i - llllPg pjppk,'^ i ¦ "1 ¦ ¦¦ m T " .1 I H Wt Robert Latimer en compagnie de sa fille Tracy, cela fera sept ans que Latimer est emprisonné de carbone.SOURCE CANAL D qui souffrait de paralysie cérébrale.Vendredi, pour avoir empoisonné sa fille au monoxyde D est permis d’être en désaccord avec son Une peine cruelle et inusitée La clause protectrice prévue à l’article 12 de la Charte canadienne des droits et libertés se lit comme suit: «Chacun a droit à la protection contre tous traitements ou peines cruels et inusités.» L’article 12 a pour objectif d’éliminer le prononcé de sentences immodérées.La Cour suprême l’a définie dans le passé comme une peine excessive au point d’être incompatible avec la dignité humaine ou une peine exagérément disproportionnée à ce qui aurait été approprié.geste, mais il est interdit de douter de la sincérité de l’affection qu’il a toujours témoignée à sa fille Le 18 janvier 2001, la Cour suprême a décidé unanimement que la peine minimale de dix ans imposée à Richard Latimer à la suite d’une condamnation pour meurtre au second degré ne contrevenait pas à l’article 12 de la Charte et par conséquent, qu’aucune exemption constitutionnelle ne pouvait lui être accordée.Avant de statuer ainsi, les sept juges avaient pourtant tracé un parallèle entre les circonstances aggravantes et atténuantes pour conclure que les dites circonstances s’entrecroisaient et s’équivalaient.La Cour aurait donc pu accorder le bénéfice du doute à l’accusé, tout en ajoutant comme circonstance atténuante le fait pour l’appelant d’avoir accompli seul son infanticide, évitant ainsi à son épouse d'être incriminée.La faiblesse du jugement du haut tribunal du pays consiste d’avoir omis de distinguer entre le meurtrier qui tue autrui par compassion ou pitié et celui qui le devient sous l’égide de la haine ou de la cupidité.Tous les meurtres sont différents et ne sont pas motivés par des desseins identiques.Comme l’exprime avec justesse le pénaliste David M.Paciocco, les soumettre tous à une peine minimale similaire devient irrationnel et pervertit le processus judiciaire en le rendant inéquitable.La solution réside dans le vouloir politique de lézarder le mur des peines minimales obligatoires pour y insérer des options sentencielles aptes à redonner aux tribunaux leur autonomie judiciaire.La clémence royale Faute d’avoir tranché la question éthique du meurtre par compassion, la Cour suprême a utilisé son pouvoir de référence et a laissé au pouvoir exécutif la responsabilité ultime de la sentence qui doit être imposée à l’inculpé.Fort de cet appui, le détenu aurait pu, après quelques années d’emprisonnement, s’adresser à la gouverneure en conseil pour obtenir un pardon.la prérogative de la clémence royale est régie par les articles 748 et 749 du Code criminel.Il est à prévoir que les membres du comité ministériel du Conseil privé constitué à cette fin auraient positivement réagi à sa requête, sans exiger nécessairement de sa part un acte de repentir.Rien n’interdit d’ailleurs au dit comité de provoquer proprio motu le processus de la clémence.La réprobation morale de la communauté à l’égard du geste du condamné a eu amplement le temps de se manifester.Les représentants des personnes handicapées ont également eu le loisir d’exprimer leurs réserves et appréhensions.Le fait pour la gouverneure en conseil de gracier Robert Latimer n'aurait pas pour effet de déconsidérer l’administration de la justice et l’on peut présumer que cette décision serait favorablement accueillie par l’ensemble de la population.À propos du mot « Haïtien » JULIE MIVILLE-DECHÊNE Ombudsman pour les Services français de la Société Radio-Canada e tiens à rectifier les propos que Gil Courtemanche m’a attribués dans sa chronique du 22 décembre 2007.M.Courtemanche a écrit que l’ombudsman de Radio-Canada a décidé de bannir de ses ondes le terme «Haïtien» pour le remplacer par «membre de la communauté haïtienne» ou «d’origine haïtienne».C’est inexact L’ombudsman n'a pas le pouvoir, heureusement de bannir quelque terme que ce soit du vocabulaire des journalistes.La liberté de presse fait partie des valeurs fondamentales auxquelles j’adhère.Voici les faits.En réponse à un plaignant, j’ai émis une opinion, à savoir qu’à mon avis, le terme «Haïtien» devrait surtout être utilisé pour décrire les immigrants de la première génération, ceux qui ont donc vécu une partie de leur vie en Haïti, ainsi que ceux qui se qualifient eux-mêmes d’Haï- tiens.Bien que dans le dictionnaire, le mot «Haïtien» signifie «un habitant d’Haïti», j’ai écrit que l'expression fait partie du langage populaire et que son emploi peut se justifier pour parler de la diaspora haïtienne.Par ailleurs, j’ai également écrit que «les journalistes devraient, dans la mesure du possible, tenter d’éviter d’utiliser le raccourci “Haïtien” pour parler des jeunes de la communauté haïtienne nés ici ou arrivés en bas âge au Québec».J’en suis venue à cette conclusion à cause de la charge émotive et des connotations négatives associées au mot «Haïtien» depuis quelques années, notamment à cause du fléau des gangs de rues et de l’association entre gangs de rues et Haïtiens.J’ai proposé aux journalistes d’utiliser plutôt les expressions «Canadien», «Québécois», ou «Montréalais d’origine haïtienne» quand ils font référence à des jeunes nés ici, qui n’ont jamais vécu en Haïti.Un malaise répandu Plusieurs membres de cette communauté, no- tamment l’écrivain Dany Laferrière, m’ont fait part de leur malaise quant à l’utilisation répandue dans les médias du qualificatif «Haïtien» pour parler de jeunes nés au Canada.Certains y voient une connotation d’exclusion.Je comprends que ce sujet provoque un véritable débat II n’y a pas de consensus là-dessus ni parmi les journalistes de Radio-Canada ni même au sein de la communauté haïtienne.Un dernier point.En tant qu’ombudsman, j’essaie de susciter la réflexion des journalistes, mais aussi de l’auditoire de Radio-Canada sur différentes questions soulevées par les plaignants.J’ai l’indépendance nécessaire pour le faire, cette notion d’indépendance étant inscrite dans mon mandat.Pour que ce processus soit transparent, mes réponses sont publiques, mais la direction de Radio-Canada est libre de tenir compte ou non de mon avis.Toutes mes réponses aux plaignants — y compris celles sur l’utilisation du mot «Haïtien» — sont disponibles sur mon site Web (www.radio-canada.ca/ombudsman) .Alstom contre la STM La Cour supérieure favorise une meilleure gouverne MICHEL FILION Conseiller en gestion de projets et en bonne gouvernance ardi dernier tombait le jugement de la Cour supérieure du Québec dans la cause opposant Alstom à la Société de transport de Montréal (STM) sur l’octroi d’un contrat de 1,2 milliard de dollars de gré à gré à Bombardier pour la construction de 336 voitures de métro.La décision conjointe de la STM et du gouvernement du Québec a été jugée non conforme à la loi.Il y a de quoi se réjouir de cette décision du juge Joël Silcoff.Les règles Rappelons que le processus de passation de marché pour l’acquisition de biens publics a pour objectif d'assurer la meilleure valeur des actifs acquis.Qu’est-ce que cela veut dire?Si l’on place plusieurs producteurs en concurrence sur la base de spécifications techniques précises, ces producteurs développeront une offre qui se démarquera sur la base des coûts.Tout simplement, à qualité égale, le contrat est octroyé au moins cher.A contrario, si l’on soustrait le contrat au processus normal, le prix s'ajustera sur la capacité de payer de l’acheteur (le modèle monopolistique s’applique).C’est-à-dire que nous paierons plus cher.Trois manières de faire D y a trois façons de passer un marché: ¦ un processus de gré à gré pour des contrats de petites tailles; sans appel d’offres, l’acheteur choisit un fournisseur.Ce processus ne s’applique habituellement au Québec que pour des sommes inférieures à 10 000 dollars; ¦ un processus de passation des marchés avec appel d’offres national; l’acheteur définit un processus de sélection ouvert, transparent et publicisé au niveau national.Des fournisseurs internationaux peuvent participer, mais l’information n’est disponible que dans les médias nationaux.Ce type de méthode s’applique habituellement aux contrats qui sont susceptibles de ne pas intéresser les étrangers; ¦ un processus de passation des marchés avec appel d’offres international; l’acheteur définit un processus de sélection ouvert, transparent et publicisé au niveau international.Tous les fournisseurs du monde ont accès à l'information.L’ensemble des législations nationales des pays du G7 et les accords de Marrakech (OMC) signés par le Canada, applicables par le gouvernement Québécois, vont tous dans le même sens: un contrat de 1,2 milliard mérite un processus d’appel d’offres international.La saine préoccupation des citoyens du Québec est d’obtenir le plus de retombées économiques, et tout particulièrement des emplois, grâce à cet investissement public.Pour répondre à cette préoccupation, il est possible — et tout à fait commun, d’ailleurs — de définir et d’intégrer certains critères d’évaluation permettant de favoriser le fournisseur qui emploie localement Le mécanisme existe déjà, et il est internationalement reconnu.Preuve d’influence politique Alors que les cadres de la STM soutenaient publiquement le processus d’appel d’offres, le ministre Claude Béchard affirmait vouloir favoriser Bombardier.La STM a reconnu en Cour que son intention a toujours été d’aller en appel d’offres jusqu’à la réception d’un appel du sous-ministre adjoint des transports à la fin de l’année 2005.La preuve révèle que c’est la politique du gouvernement de favoriser Bombardier avec ses installations à la Pocatière qui est à l’origine du renversement de la décision de la STM d’aller en appels d’offres.Ce sont les pressions politiques sur la STM qui vont retarder l’exécution de contrat de plusieurs mois; et non la décision judiciaire.La décision du juge s’appuie sur un élément technique et non sur l’intérêt public: les vérifications faites par le ministère et la STM sur la présence ou non d’un autre fournisseur sur le territoire du Québec ne se sont pas faites avant la prise de décision et elles n’étaient pas suffisamment sérieuses, ni suffisamment documentées.Même si la loi permet l’octroi d’un contrat de gré à gré, l’intérêt public commandait et commande toujours l’appel d’offres.jJmmÊÈki ! ¦ m SH AU N BEST REUTERS La STM souhaite faire construire 336 nouvelles voitures de métro.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Général) Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clavel(/>w/>ffre), Philippe Papineau (pupitre), liïuise-Maude Rioux Soucy (Santé): Pauline Gravel (sciences) ; Michel Ciameau (caricaturiste), Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos.Michéle Malenfant et Christine Dumazet (n^rra-tom); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (ph/ttographes) ; à l’information cuHurefle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture).Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett
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