Le devoir, 15 décembre 2003, Cahier A
LE DEVOIR Vol.XCIV N" 285 ?LE LUNDI 15 DÉCEMBRE 2003 87c + TAXES » 1$ ALEXANDER DEM1ANCHIIK RKUTERS Des Irakiens dansaient dans les rues de Bagdad, hier, après l’annonce de l’arrestation de l’ancien dictateur Saddam Hussein près de Tikrit.«Le tyran est prisonnier» Un commando capture Saddam Hussein dans une cache souterraine près de Tikrit BRIAN MYLES LE DEVOIR Comme un rat au fond d’un trou.Un commando des forces spéciales américaines a capturé samedi l’homme le plus recherché de la planète après Oussama tyen Laden, le dictateur déchu de l’Irak, Saddam Hussein.11 se terrait dans une cache pas plus grande qu’une tombe, près de sa ville natale de Tikrit, avec deux kalachnikov, un pistolet et 750 000 $ en main.L’homme fort du parti Baas n’a offert aucune résistance et aucune excuse pour son règne de terreur, affirmant même qu’il s’était montré juste, mais ferme avec son peuple.Les images d’un Saddam Hussein hirsute et celles de sa cache ont déjà fait le tour du monde.Le dictateur irakien a passé les dernières heures de liberté de sa vie dans ce trou, dans une ferme près de la ville d’al-Daour, d’où il ne contrôlait visiblement pas les opérations de VOIR PAGE A 8: TYRAN PERSPECTIVES Comment juger Hussein?Serge Truffaut Le Devoir Alors que l’ex-dictateur est sous les verrous, se pose dès à présent la question de son procès.Qui jugera Saddam Hussein?Un tribunal international bâti sur le modèle de ceux qui ont statué sur le Rwanda et les Balkans, un tribunal spécial créé par les Américains, la Cour pénale internationale ou les Irakiens?D est fort probable que ces derniers vont hériter de ce mandat qu’ils réclament d’ailleurs avec force.Sur ce sujet, le Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) détient une bonne longueur d’avance sur ceux qui souhaiteraient soustraire Hussein à un examen des faits effectué exclusivement par des Irakiens.VOIR PAGE A 8: HUSSEIN Les forces américaines ont diffusé hier cette photographie montrant Saddam Hussein tel qu’il est apparu au commando qui a procédé à sa capture.REUTERS Scènes de liesse à Bagdad Incrédulité chez les partisans du ra ïs LE MONDE Les chiites et les Kurdes persécutés par l’ancien régime ont particulièrement fêté la capture de Saddam Hussein, hier.Quant aux sunnites, incrédules, ils appellent à continuer la lutte ou à restaurer la monarchie.Les Bagdadis sont sortis dans les rues, hier, pour célébrer la capture de Saddam Hussein, qui dirigea le pays pendant 24 ans.Sur la place Ferdaous, où la statue du rais avait été déboulonnée le 9 avril, les habitants ont lancé en l’air d’anciens billets de banque portant son effigie.Des dizaines d’autres portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: «Félicitations, félicitations, à tout Irakien honorable, et honte aux partisans d'Aftak», en allusion à Michel Aflak, cofondateur du parti panarabe Baas, dont la branche irakienne était contrôlée par Saddam Hussein.«Je n'y crois toujours pas.C'est comme un rêve», déclare Ahmad Ali, un cambiste.«Cest incroyable.Il doit s’agir de son sosie», affinne Ta-her, un chauffeur de taxi.«Je n'en ai pas cru mes yeux en voyant Saddam Hussein sur les écrans de télévision.Il porte une barbe et il a l'air fatigué», poursuit-il.Ali Mohammad, 30 ans, «espère que cette capture mettra fin aux opérations terroristes qui ont accablé le pays».«Les Irakiens sont exténués, ils ont besoin de se reposer et de se concentrer à présent sur leurs conditions de vie», souligne ce vendeur de thé.«Je ne m’imaginais pas qu’un Jour Je le verrais dans cet état misérable, s’étonne Jassem Abboud, commerçant.Il aurait dû se suicider pour que personne ne le voie dans cet état» Mais dans le quartier sunnite d’Adhamiyeh, 200 personnes ont manifesté en faveur de Saddam Hussein.Brandissant des portraits du président déchu, ils scandaient: «Saddam est la gloire de notre pays», «avec notre sang et notre âme, nous te défendrons Saddam».L’un des manifestants estime que «la résistance augmentera surtout contre les agents [irakiens] travaillant pour les Américains».VOIR PAGE A 8: LIESSE ¦ Lire autres textes en pages A 2 et A 5 ! "il REUTERS PAKISTAN Le président Musharraf échappe à un attentat ¦ À lire en page A 4 INDEX Annonces__ B5 Idées.A 7 Avis publics.B 4 Météo-B 5 Convergence.B 7 Monde.A 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 4 Décès____B 5 Religions.B 6 Économie .B1 Sports.B 5 Éditorial .A6 Télévision.B 7 L’ENTREVUE La prison des religions Le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, s’en prend au caractère prétendument «carcéral» de l’identité juive, la sienne À 83 ans, Jean Daniel critique, dans un essai-choc, sa propre identité, l’identité juive, qu’il qualifie sans détour de «prison».Au moment où l’on parle du retour de l’antisémitisme et de nouvelle judéophobie, où la critique d’Israël dégénère souvent en condamnation indistincte de tous les juifs, le célèbre directeur du Nouvel Observateur, héritier des philosophies de la décolonisation, développe cette thèse qui pourrait, de son propre aveu, être détournée et alimenter de nouvelles haines.Mais le risque en valait la peine, selon lui.Débat ANTOINE ROBITAILLE Dans son grand bureau, place de la Bourse, à Paris, l’interview est commencée depuis quelques minutes lorsque sonne le téléphone, sur la grande table ovale en marbre gris.Jean Daniel, fondateur et directeur du Nouvel Observateur, répond.On entend une adjointe qui propose un «nouveau titre» pour un article de l’intellectuelle musulmane Taslima Nasreen.Expéditif, Daniel ordonne d’ajouter un sous-titre, et sans «merci» ni «d’accord», il repose le combiné et reprend le fil de la conversation.Voilà- ce n’est pas parce que Jean Daniel a plus de 80 ans qu’il ne dirige plus le Nouvel Observateur.A la barre, il l’est «encore», pour prendre ce mot qu’il déteste puisqu’il exprime 1’approche inexorable du crépuscule.Coquetterie?En tout cas, fl refuse avec une moue de dégoût qu’on le prenne en photo.D’où le cliché usuel qui accompagne le présent texte, le même qui jouxte ses longs et minutieux éditoriaux du «Nouvel Obs».Image où, du reste, il paraît à peine plus jeune qu’aujourd’huL VOIR PAGE A 8: DANIEL LE NOUVEL OBSERVATEUR Jean Daniel plus meilleure; I tfARNaTfE s K en 2003 À travers 120 pages et plus de 150 caricatures politiques, revivez l'actualité de 2003 au Québec et dans le monde.Des dessins éditoriaux surprenants, biaisés, exagérés, tordus, injustes, vengeurs, indignés.mais toujours assaisonnés d'une pointe d'humour ! Les plus meilleures caricatures de Gamotte en 2003 Éditions du Concassé 120 pages - illustrées 17,95$ Distribution : Fides LE DEVOIR ?LES ACTUALITES ?Les Canadiens d’origine irakienne célèbrent l’arrestation de Saddam PRESSE CANADIENNE Ly arrestation de Saddam Hus-r sein par les forces armées américaines en Irak a été accueillie avec joie par plusieurs Ira-ko-Canadiens.Ali Moussavi, qui a perdu plusieurs membres de sa famille sous la dictature de Hussein, croyait que son père blaguait lorsqu’il lui a annoncé la capture de Saddam, hier.Mais M.Moussavi a pu constater la véracité de la nouvelle en voyant le tyran barbu et hagard examiné par des soldats américains au fond d’un trou, près de Tikrit, sa ville natale.L’étudiant de Montréal a quitté l’Irak avec sa famille alors qu’il n’avait que trois ans, mais quatre de ses oncles n’ont pas eu cette chance puisqu’ils ont été exécutés en 1983.«Je n’ai jamais su si mes oncles étaient morts ou en vie avant que le régime de Saddam Hussein s’ef- fondre, a-t-il dit Ils ont été exécutés parce qu’ils étaient contre le régime de Saddam, mais ils étaient seulement des hommes d’affaires.» •Plusieurs de mes cousins sont morts.J’ai probablement perdu 10 membres de ma famille», a ajouté M.Moussavi qui a émigré au Canada en 1989 avec sa mère.Pour sa part, le cheikh Mohammad Al-Taie, un chef religieux né en Irak mais qui vit aujourd’hui à Montréal, estime que la résistance de ses supporteurs est terminée maintenant que Saddam a été capturé.•Le régime est fini.Plus personne ne veut de lui, et ses supporteurs ne peuvent plus compter sur lui», a ajouté M.Al-Taie, 58 ans, qui a quitté l’Irak en 1970 avec deux de ses six enfants.A Ottawa, une cinquantaine d’Irako-Canadiens opposés à Saddam Hussein et arborant des drapeaux irakiens ont manifesté devant le Parlement pour célébrer la capture du tyran.Lettre expédiée à tous les députés Dumont veut plus de temps de parole pour son parti à l’Assemblée nationale NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Le chef de l’Action démocratique Mario Dumont tente une autre manœuvre pour améliorer le statut de sa formation politique à l’Assemblée nationale.M.Dumont expédie aujourd’hui une lettre à chacun des députés des autres partis siégeant à l’Assemblée nationale, leur demandant de faire un geste démocratique pour «que soit entendue à l’Assemblée nationale la voix d’un Québécois sur cinq».•Je vous demande personnellement, dans un geste bien humble et sincère, d’appuyer non pas les demandes de l’ADQ, mais les principes démocratiques de base sur lesquels s’appuie notre démarche», écrit M.Dumont à ses collègues.La Presse canadienne a obtenu copie de la lettre.Droit de parole réduit Son geste vise à mettre fin à la situation par laquelle les quatre députés de l’Action démocratique ont un droit de parole réduit en Chambre, parce qu’ils ne constituent pas officiellement un parti reconnu.C’est ainsi que les députés adé-quistes n’ont droit de poser que deux questions par cinq jours lors de la période quotidienne des questions à l’Assemblée nationale, soit à peine 6 % de toutes les questions permises par la présidence de la Chambre.M.Dumont rappelle que sa formation a obtenu l’appui de 694 000 électeurs le 14 avril dernier, soit plus de 18 % des suffrages exprimés ce jour-là.Pour qu'un parti politique soit officiellement reconnu en Chambre, il doit avoir recueilli au moins 20 % des voix lors du dernier scrutin, ou y avoir fait élire 12 députés.C’est par une très mince marge que l’ADQ ne remplit pas l’un de ces critères.•Les 694 000 électeurs adé-quistes sont les électeurs québécois les plus discriminés en termes de droits démocratiques de notre histoire parlementaire.Rien ne justifie qu’on tente depuis le 14 avril de diluer un vote au profit des deux autres partis», écrit M.Dumont Le chef adéquiste cite en appui une lettre rendue publique il y a deux semaines et signée par une quinzaine de personnalités québécoises.Ces dernières déplorent que «presque un électeur sur cinq est réduit à un quasi-silence en Chambre», ce qui constitue à leurs yeux «une situation indéfendable».Parmi les signataires, on note l’ex-président du Mouvement Desjardins Claude Béland, les anciens ministres Jean Coumoyer, Gérard Latulippe et Yvon Picotte, l’écrivain Jacques Godbout le sénateur Pierre-Claude Noün et l’universitaire Henry Milner.Tant qu’ils ne jouissent pas d’une reconnaissance officielle à l’Assemblée nationale, les quatre élus de l’Action démocratique sont considérés comme députés indépendants et ne bénéficient que d’un droit de parole très limité.Martin est convaincu que Saddam sera jugé par une cour internationale PRESSE CANADIENNE Le nouveau premier ministre Paul Martin s’est dit convaincu que l’arrestation de Saddam Hussein accélérerait la reconstruction de l’Irak et que le dictateur déchu serait jugé par un tribunal international compétent Au cours d’un déjeuner hier matin à Montréal, M.Martin a félicité le peuple irakien, les forces de la coalition, le président George W.Bush et le premier ministre britannique Tony Blair pour ce coup d’éclat Saddam Hussein a été arrêté samedi soir dans un village près de Tikrit après s’être terré depuis la chute de son régime en avril «Je suis convaincu que cela permettra la prochaine étape, la réconciliation, et que cela aidera à la reconstruction», a déclaré le premier ministre tout juste intronisé, en ajoutant que le Canada devrait faire partie intégrante de cet effort de reconstruction.«H n'y aura plus de crainte que Saddam Hussein revienne, a-t-il ajouté.Legrand vainqueur est le peuple irakien.» Il a aussi insisté à plusieurs reprises sur l’importance de juger l’ancien homme fort de Bagdad devant une cour pénale internationale.«Je suis convaincu qu’il sera jugé devant un tribunal de compétence internationale.Il y a plusieurs façons de procéder, comme on l’a vu au Cambodge et en ex-Yougoslavie.Je suis convaincu que ce sera un procès juste et crédible.» Le nouveau chef aura d’ailleurs une conversation téléphonique avec M.Bush ce matin à ce propos.Contrats en Irak M.Martin a fait parvenir hier des messages de félicitations aux leaders des coalisés, MM.Bush et Blair.Il a dit, lors du point de presse, qu’il trouvait étrange que le Canada soit exclu des contrats de reconstruction, réservés aux seules forces ayant participé à l’effort de guerre, tel qu’il a été annoncé la semaine dernière.Ottawa avait déjà réservé un montant de 300 millions pour l’aide à l’Irak, mais le premier ministre sortant Jean Chrétien avait signalé au président Bush la semaine dernière que la décision pouvait être réévaluée.M.Martin a rappelé hier que le Canada avait déjà apporté une assistance technique pour rebâtir le système policier et judiciaire de l’Irak.Paul Martin avait appuyé la décision de son prédécesseur M.Chrétien de ne pas participer à la guerre.Le nouveau ministre de la Justice, Irwin Cotler, expert en droit international, a, du reste, été prudent sur l’instance qui jugera le tyran.•Nous ne sommes pas aux premières loges, a rappelé M.Cotler dans une entrevue au réseau anglais Newsworld.Il revient aux Irakiens de prendre ces décisions.» D a aussi suggéré que le Canada pourrait mettre à profit son expertise dans les tribunaux internationaux, comme ceux qui ont jugé des crimes contre l’humanité en ex-Yougoslavie et au Rwanda : ¦ .PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR Au cours d’un déjeuner hier matin à Montréal, le nouveau premier ministre Paul Martin a félicité le peuple irakien, les forces de la coalition, le président George W.Bush et le premier ministre; britannique Tony Blair pour l’arrestation de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein.Fini le programme de commandites PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre Paul Martin a promis un «vent de changement» sur Ottawa et il n’aura pas tardé à frapper un grand coup.Pressé de se démarquer de l’ère Chrétien, M.Martin a annoncé samedi la fin du controversé programme de commandites et la mise en œuvre de règles d’éthique plus sévères pour les ministres.Ces annonces surviennent à peine 24 heures après l’assermentation de M.Martin et de son conseil des ministres, qui se réunissaient pour une première fois samedi matin.«Si on veut donner des octrois pour aider [.], il y a des meilleures façons de le faire.Ce n’est pas une question de visibilité», a fait valoir le premier ministre, à sa sortie de la réunion du cabinet Associé à une série d’abus et de scandales, le programme de commandites était depuis un an, en situation précaire.Le programme avait été créé à la suite du référendum de 1995 sur la souveraineté, afin d’augmenter la visibilité du gouvernement fédéral.La presque totalité des contrats était accordée à des événements culturels et sportifs du Québec qui, en échange d’un unifolié et du mot «Canada» bien en vue, obtenaient une subvention.Le problème se situait cependant entre le fédéral et les organisateurs d’événements, puisqu’un nombre restreint de firmes de publicité servait de courroie de transmission et obtenait une juteuse rémunération, parfois gonflée intentionnellement Après avoir fait beaucoup de bruit aux Communes et dans les médias, l’affaire s’est retrouvée entre les mains de la vérificatrice générale, qui concluait qu’à peu près toutes les règles de saine gestion avaient été violées.La GRC mène de phis des enquêtes et a même déposé cet automne ses premières accusations de fraude contre une firme de publicité.•Nous n’avions d’autres choix que de conclure que le programme était profondément vidé, en fait, il était irrécupérable», a laissé tomber le ministre des Finances, Ralph Goodale.Ottawa met également la hache dans l’organisme Communication Canada, did la fin de l’exerdce {mander.Après examen, les services jugés essentiels seront redistribués au sein de l’appareil gouvernemental.Pour le Bloc québécois, cette annonce n’est que poudre aux yeux «Si Paul Martin voulait présenter aujourd’hui une image d’un gouvernement différent, d’un gouvernement qui veut vraiment nettoyer la maison, le vrai geste qu’il avait à poser c’était d’annoncer la mise en place d’une enquête publique et de rappeler Alfonso Gagliano du Danemark», a argué le leader pariementai-re du Bloc, Michel Gauthier.La fin du programme de commandites permettra au fédéral d’économiser environ 40 millions par année.Les demandes déjà reçues seront traitées comme il se doit, mais plus aucune nouvelle demande de fonds ne sera acceptée.Les organismes ne se refrouveront pas sans appui pour autant, s’est empressée d’expliquer la ministre du Patrimoine, Hélène Scherrer.Règles d’éthique Le premier ministre Martin a également, comme promis, divulgué une série de nouvelles règles d’éthique plus sévères pour les ministres, les secrétaires parlementaires et les sous-ministres, afin d’éviter des épisodes qui pourraient placer son gouvernement dans l’embarras.En vertu de ces nouvelles mesures, ils devront rendre publics, tous les trois mois, leurs dépenses de voyage.Les ministres ne pourront plus accepter de voyager à bord d’avions privés, à moins de circonstances exceptionnelles.Ils devront également remettre au gouvernement tous les cadeaux reçus d’une valeur de plus de 1000 $.Par ailleurs, M.Martin a déclaré samedi qu’il était peu probable qu’il annule un crédit d’impôt de 4,4 milliards accordé aux entreprises, malgré un contexte où il se voit contraint de réévaluer le financement des programmes gouvernementaux pour trouver les deux milliards promis aux réseaux de soins de santé des provinces.Ottawa met également la hache dans l’organisme Communication Canada QUIZ Vous pensez connaître le Québec ?1) Quelle actrice québécoise a mérité te Prix d'interprétation féminine à Cannes en 2003 et pour un râle dans quel film ?2) Quel pourcentage des couples vivent en union libre au Québec ?3) Quel est le taux de syndicalisation au Québec?‘ttuoçwq SUûKOhUI S»1 suvp WÔJ3 «fSOf-tyJBN (i : SMWrftyl Pour ah savoir dIus consultez L’annuaire du Québec 2884 Sous la direction de Michel Venne Les textes inédits de plus de 130 auteurs À GAGNER 5 exemplaires du livre par jour, du 10 au 15 décembre 2003 ?Société iwm, tn Politique ?Débats Oui «HMSO * U fMWifîX**} L'annuaire Us erapl&is do hrtut U «I*r* lore* d'ottnetton du (nwçols U phénomène « Stnr Acsdomle» Us onfonts d* U lot 101 Qultstftul Mnrttn?Être jeune au Québec Il DEVOIR P I D I S | Pour participer au tirage, il suffit de remplir et de retourner le coupon i l’adresse suivante : I Quiz Annuaire/Éditions f ides ¦ US, rue Deslauriers ' Ville Saint-Laurent (Québec! H4N 2S4 le linge s'ülresse aux perconnts de 11 ois tt plus.1 Un seul coupon per enveloppe les reproductions étectronigms ne seront pas occeptéos.Votoui de 7S0$.I Les gagnants seronl innonces te ?0 décembre 2003 ha-_a_.i_m-ra.i_ Nom h 1 Adresse_____________________________________________________________________ App._________ Ville____________________________________Province____________Code postal _________________ III maison Tél.travail J Un premier entretien téléphonique ce matin Bush et Martin ont du pain sur la planche BETH GORHAM PRESSE CANADIENNE Washington — Un ordre du jour substantiel attend le nouveau premier ministre Paul Martin et le président américain George W.Bush pour leur premier entretien téléphonique ce matin, un peu plus de 24 heures après la capture de Saddam Hussein.Prévu depuis quelques temps LOTO QUIBI'C Tirage du 2003-12-12 M17D 04 QZ1112 28 3Z 42 Complémentaire (25) Ventes totales : 16 622 742 $ Prochain gros lot : 10 OOO OOO S Tirage du 2003-12-13 m.ÛZ1Û 3Q 34 35 (01) w Tirage du 2003-12-13 15 20 313Z 38 45 (18) Tirage du 2003-12-12 LOT 100 000$ NUMÉRO 547836 ¦HE! Oa-ÙNANTG 717 0 7 500 000,00 $ 6/7+ 6 48 290,10$ 6/7 105 2 464,50$ 5/7 6 833 136,20$ 4/7 141 972 10,00$ 3/7+ 131 589 10,00$ 3/7 1 164 296 Participation gratuAe 6/6 1 2 000 000,00 $ 5/6+ 3 162 602,90 $ 5/6 249 1 567,20 $ 4/6 13 247 56,40 $ 3/6 239 244 10,00 $ Ventes totales 12 543 332 $ Prochain gros lot (appr ) 2 OOO 000$ 6/6 0 LOT» 1 000 000,00$ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 7 600,00$ 4/6 720 60,00$ 3/6 15 045 6,00$ Ventes totales 572 971,50 $ 1 lira Tirage du 2003-12-13 NUMÉRO LOT 378822 100 000$ ëh c»a -> mu ***TWtt ao?biile $ gagriantt prsissert lu verso je?billets i H11 f $MISWON«-TIRÂOE* LE LUNDI ET LE MARDI A IMl SUR LE RESEAU TVA déjà, l’entretien téléphonique interrient peu après l’intronisation officielle de Paul Martin au poste de premier ministre et est censé inaugurer une nouvelle ère de rapprochement, selon l’administration américaine.Les relations Canada-Etats-Unis ont en effet été mises à mal par le refus d’Ottawa d’aller en guerre en Irak et d’autres frictions avec le gouvernement Chrétien.Paul Martin a affirmé hier qu’il ne comprenait rien à la décision de Washington d’exclure le Canada des soumissions pour les 18 milliards en contrats de reconstruction en Irak.L’ancien vice-premier ministre, John Man-ley, avait pour sa part en conséquence remis en question l’aide de 300 millions d’Ottawa réservée à l’Irak.Le président Bush aurait toutefois assuré jeudi lors d’une conversation téléphonique que la question se réglerait, a assuré Jean Chrétien à son dernier jour en fonction.Paul Martin a déclaré hier à Montréal qui était important que le monde et le Canada contribuent à la reconstruction de l’Irak.Des observateurs américains avaient dit plus tôt cette semaine que l’affaire des contrats en Irak était inopportune et navrante.•Les relations avec le nouveau premier ministre commencent sur une mauvaise note, a estimé un ancien ambassadeur américain à Ottawa, James Blanchard.C’est une grave erreur, un geste stupide et arrogant qui ne facilitera pas nos rapports.Le Canada ne peut être placé sur le mime pied que la Russie.» A V LE DEVOIR.LE LUNDI 15 DÉCEMBRE 2003 A 3 -* LE DEVOIR «- ACTUALITES Gambard I Vente et service technique de Rolex 6^ARUEWTHC^XMONTR^A^C^rrR^VIU^j^TÉL^te6-Wl^ Nouvelle manifestation À Montréal Plan d’action contre la pauvreté Des centaines de personnes hurlent leur colère devant le bureau de Jean Charest Vivian Labrie se désole de la valse-hésitation du gouvernement PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR L ' •rte, Ils étaient plus de 500 personnes, hier, devant le bureau du premier ministre Jean Charest à Montréal, à protester contre la «réingénierie» mise en chantier par le gouvernement libéral.BRIAN MYLES LE DEVOIR Plus de 500 personnes ont bravé un froid de - 9 -C hier à Montréal lors d’une manifestation devant les bureaux du premier ministre, Jean Charest, visant à démontrer que le mouvement d’opposition à son gouvernement n’était pas à bout de souffle.A l’initiative de la CSN, la «Coalition j’ai jamais voté pour ça», formée des représentants des milieux communautaire, altermon-dialiste et syndical de Montréal, a signifié son vif mécontentent à l’égard des libéraux de Jean, dit «Mario» Charest Compressions à l’aide sociale, augmentation des tarifs dans les garderies, le transport en commun et l’électricité, modification de l’article 45 du Code du travail pour faciliter la sous-traitance, privatisation des services publics, tarification de l’eau: voilà autant de tares associées au régime libéral qui ont été dénoncées hier à grand renfort de slogans hostiles.«Charest, ta réingénierie, c’est rien qu’un paquet de menteries», ont entre autres scandé les protestataires.L’objectif de cette manifestation du «monde ordinaire» visait à prouver au gouvernement Charest que la grogne dépassait le monde syndical.Selon Denyse La-celle, représentante de la Table régionale des organismes volontaires d’éducation populaire (TROVEP), «il est faux de croire que la population est d’accord avec les projets de loi sur la table.Utiliser le bâillon pour faire adopter ces projets de loi en vitesse, c’est un détournement de la démocratie».Intensification des moyens de pression La coalition se souvient des promesses électorales de Jean Charest sur le maintien des garderies à cinq dollars, ou les baisses d’impôts pour tout le monde.Huit mois après l’élection générale du 14 avril, ces ci- toyens ont rejoint les rangs «de ceux qui n’ont jamais voté pour ça».À quelques jours de l’imposition du bâillon à l’Assemblée nationale, les syndicats de la fonction publique vont intensifier leur pression cette semaine.La Centrale des syndicats du Qué- bec tiendra, dès ce midi, une vigile permanente sur la colline parlementaire.La CSN et la Fédération des infirmières du Québec ont par ailleurs l’intention d’interpeller directement les directions des différents établissements du réseau de la santé.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Un an après son adoption, la loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale n’a toujours pas franchi le stade des vœux pieux.Devant un nouveau report du plan d’action annoncé la semaine dernière, les groupes populaires font appel au «sens de l'Etat» du gouvernement Charest pour passer à l’action.Vivian Labrie, du Collectif pour une loi sur l’élimination de la pauvreté, se désole des hésitations du gouvernement.Le 13 décembre 2002, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité d’une loi anti-pauvreté.Un plan d’action devait suivre en mai dernier.Il a été reporté à l’automne puis à une date ultérieure.pliquer le droit à la sécurité du revenu», a souligné Mme Labrie.Au Collectif qui a été à l’origine de cette loi anti-pauvreté, on s’inquiète que le gouvernement puisse avoir recours à des mesures dilatoires et invoquer des finances publiques en mauvais état pour ne pas adopter des mesures concrètes pour lutter contre la pauvreté.«L'abondance est là.Cest la distribution de cette richesse qui fait défaut», a tranché Mme Labrie.Les seuls gestes pratiques dans le dossâer de la lutte contre la pauvreté qui ont été faits par le gouvernement Charest allaient à l’inverse de l’esprit de la loi, estime Mme Labrie en soulignant les récentes compressions dans le régime de Taide sociale.Pour Vivian Labrie, il est pourtant clair qu’un véritable plan d’action devra comporter une Grand Prix 24 heures de Tremblant La Fondation Charles-Bruneau «Le gouvernement doit d’abord s’entendre de l'intérieur et, à l’évidence, il y a un problème là puisque le plan d’action n’arrive pas.Il en va de la conscience et du sens de l’État du gouvernement Charest.Cest ce qui est absent actuellement du discours public.Il y a une rhétorique, mais ü n'y a pas de contenu», a soutenu hier Mme Labrie.Double langage La porte-parole du Collectif estime que le gouvernement Charest tient un double langage en souhaitant conduire les bénéficiaires de l’aide sociale sur le chemin de l’emploi afin qu’ils se prennent en main et, en même temps, privilégier la sous-traitance.«On ne peut pas dire: nous allons vous appauvrir pour que vous avanciez.Ça ne se peut pas.Des compressions, ça ne se peut pas.Des reculs dans le droit à la sécurité du revenu, ça ne se peut pas non plus.Le ministre parle de récompenser l’effort, mais, ce dont il devrait se préoccuper, c’est d’ap- injedion de fonds publics.Les craintes du Collectif viennent des informations révélées le mois dernier par Le Devoir.Un projet du plan d’action démontrait les intentions gouvernementales de revoir de fond en comble le régime de la sécurité du revenu pour, entre autres, en restreindre l’accès.Ce qui a filtré risque de générer plus de problèmes que d’en résoudre, croit Vivian Labrie.À l’heure des paniers de Noël, des guignolées et de quelques bonnes pensées pour les démunis, le plan d’action apparaît encore phis comme une nécessité.L’année dernière, les parlementaires avaient quitté leur siège pour la période des fêtes avec une certaine fierté d’avoir voté pour la première fois dans l’histoire du Québec un projet de loi issu des groupes populaires.«S'entendre sur les principes doit maintenant conduire à leur application», a rappelé Mme Labrie qui prévient le gouvernement que les pauvres n’accepteront pas un recul qui n’est pas une option acceptable.EN BREF reçoit un don de 377 160 $ Ces fonds permettront de mener à bien la deuxième étape du développement du centre de cancérologie MARC DELBÈS PRESSE CANADIENNE Mont-Tremblant — Les 377160 $ recueillis en fin de semaine lors du Grand Prix 24 heures de Tremblant au bénéfice de la Fondation Charles-Bruneau est un véritable cadeau qui contribuera à la deuxième étape du développement du centre de cancérologie, associé à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal.«Il s’agit d’une activité des plus bénéfiques pour la Fondation», a reconnu le docteur Jocelyn De-mers, coordonnateur du centre de cancérologie Charles-Bruneau, hier, au sujet de l’événement parrainé par le coureur automobile Jacques Villeneuve et dont l’objectif est d’aider les en- fants atteints de maladies graves.Depuis sa création, la Fondation Charles-Bruneau a contribué à l’aménagement d’un centre de cancérologie pédiatrique provincial et au soutien de ses nombreux chercheurs.Après huit ans de fonctionnement, le centre est devenu trop petit et on prépare déjà son agrandissement «Depuis la création du centre, nous avons poursuivi deux grands thèmes: celui de la recherche sur la génétique du cancer et l’étude sur les médicaments pour contrôler les tumeurs, a poursuivi le Dr Demers.«Dans la phase 2, nous prévoyons l’aménagement d’un centre de greffons de cordon ombilical, un champ d’expertise prometteur pour mener la bataille contre le cancer.» L’agrandissement du bâtiment exigera un investissement de 5 millions, qui ont déjà été réunis, et permettra au centre de cancérologie Charles-Bruneau de devenir l’un des plus importants en Amérique du Nord.On est présentement un peu en retard sur l’échéancier fixé mais le Dr Demers pense pouvoir entrer dans le nouveau bâtiment en 2005.Près de 300 nouveaux cas de cancer chez les enfants sont diagnostiqués chaque année au Québec et le centre Charles-Bruneau accueille 60 % de cette clientèle.Actuellement, plus de 2000 enfants sont atteints de cancer dans la province.«Le centre effectue aussi le suivi à long terme de 1200 enfants qui sont en voie de guérison, a ajouté le Dr Demers.Il faut savoir que lorsqu’un enfant, par exemple, est atteint de leucémie, il faut attendre sept ans avant de parler de guérison complète.» La Fondation Charles-Bruneau a été créée en mémoire du fils de Pierre Bruneau, le chef d’antenne au réseau de télévision TVA décédé en 1988 et qui est devenu un symbole de courage et d’espoir pour tous les enfants qui doivent se battre quotidiennement pour leur survie.«On amasse 1,5 million par année, alors vous comprenez que ces 376 OOO $ sont d’une importance capitale dans notre mission qui est le développement du centre de cancérologie, a noté M.Bruneau, porte-parole de la Fondation.Notre seul objectif, c’est la guérison des enfants atteints de cancer.» Mont-Tremblant s’apprête a lancer les phases 2 et 3 de son développement MARC DELBÈS PRESSE CANADIENNE Mont-Tremblant—Dix ans et 967 millions après la première pelletée de terre, le centre de villégiature Mont-Tremblant est prêt à entreprendre les phases 2 et 3 de son développement qui exigeront l’injection d’un milliard supplémentaire de la part d’Intra-west au cours des 10 prochaines années.Il s’agit du plus important projet immobilier en Amérique du Nord en cours actuellement et Michel Aubin, président de la station des Laurentides, doute qu’on puisse envisager d’autres Tremblant sur le continent Après l’aménagement du versant Sud de la montagne, qui est presque achevé, on se prépare maintenant à aménager les versants Soleil et Nord dans le but de donner une vocation encore plus internationale à ce centre de villégiature qui attire 2,1 millions de visiteurs par année.Tous les plans sont déjà élaborés pour la construction d’un centre des congrès d’une capacité de 1200 personnes, d’un grand hôtel de plus de 400 chambres et de 1200 logements sur le côté ensoleillé de Tremblant à deux kilomètres du village piétonnier original.D ne reste phis qu’à parachever les ententes avec le gouvernement fédéral pour la construction d’infrastructures adéquates pour répondre à un achalandage accru.«Ce village aura une vocation axée sur la clientele d affaires, explique Michel Aubin.Présentement, nous ne sommes pas en mesure de répondre à la demande pour accueillir de grands congrès.» ___ La décision du gouvernement québécois de fermer la porte au projet de construction d’un casino à Tremblant ne touchera en rien ce projet de développement «Un casino nous aurait permis de nous distinguer face à la concurrence internationale, précise Aubin, expliquant que son projet prévoyait la construction d’un petit casino touristique en rien comparable à celui de Montréal ou de Las Vegas.«Nous n’avions pas l’intention d’attirer la clientèle en fonction d’un casino, mais on le voyait davantage comme une activité importante parmi la liste des 200 possibles sur le site.» La phase 3 prévoit par la suite le développement du versant Nord, un village qu’on prévoit phis modeste et axé sur l’écotourisme.Question d’ambiance Mais comment expliquer ce succès qui ne se dément pas?Aubin, qui est associé au projet depuis ses débuts, parle d’un site qui réunit plusieurs atouts et d’une vision d’ensemble.«Dans la grille d’évaluation élaborée par Intrawest au départ, Tremblant réunissait tous les critères.C’est une montagne qui possédait une histoire, ayant un bon dénivelé, avec des lacs et des rivières tout près, facile d’accès par les routes, avec des aéroports à proximité, un bassin de population de 55 millions de personnes à moins de huit heures de route et la présence de la culture québécoise.» L’architecte retenu pour l’aménagement du village a conçu un site qui rappelle les villages de ski dans les Apes européennes.«Nous avons voulu créer un village avec une ambiance, note Aubin.Les immeubles ne comportent que quelques étages, ils sont construits de façon à profiter de l’ensoleillement à un moment ou à un autre de la journée et permettent une vue sur la montagne ou sur le lac.Réchauffement climatique L’industrie du ski souffrira PRESSE CANADIENNE Ottawa — Une nouvelle étude effectuée par le Programme des Nations unies pour l’environnement conclut que le réchauffement climatique aura un effet dévastateur sur l'industrie du ski.Selon des chercheurs de l’Université de Zurich en Suisse, les précipitations de neige dans les centres de ski à basse altitude vont devenir de plus en plus faibles et difficiles à prévoir dans les prochaines années.Même en tenant compte de la technologie actueUe pour la fabrication de la neige artificielle, les centres de ski de l’est du Canada pourraient constater un raccourcissement de la saison de ski de 7 à 32 % d’ici 2050.«Les changements climatiques vont forcer les amateurs de sports d’hiver à aller de plus en plus au nord ou de plus en plus haut dans les montagnes pour s’adonner à leurs activités favorites», affirment les chercheurs.Akkal accusé de complot en Israël (PC) — Les autorités militaires israéliennes ont accusé un Canadien d’origine palestinienne de complot pour commettre un meurtre et d’entrainement militaire illégal en vue de s’attaquer aux Israéliens et aux Juifs en Amérique du Nord.Selon l’acte d’accusation, Jamal Akkal, âgé de 23 ans, aurait collaboré avec le mouvement terroriste Hamas pour faire des attentats contre 4es représentants israéliens aux Etats-Unis ou des intérêts juifs en Amérique du Nord.L’accusé comparaîtra aujourd’hui en cour martiale pour son enquête préliminaire, ont confirmé des sources militaires.L’acte d’accusation décrit qu’un militant du Hamas, Ahmed Wahabe, avait dit à Akkal d’attendre le signal des dirigeants de l’organisation pour passer à l’action.On ne précise pas toutefois si l’ordre est jamais venu.« Un roman axoaptionnol ! *» Christophe Rodrigue/, Bouquinvil.le, Radio Canada 544 pages 29,95 $ Guérin éditeur 514.842.3481 U I M JALOUSIE Destinations toute occaAÙm, led à la VÂoucJw umt une façon ovùfwale de dire memi ou tout lèmfilemeMt ietaime.Vf \ www.leaualabouche.com Ste-Adèle 450.229.2991 Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au (S 14) 985-3456 ou i jdebillyOledevoir.com LE DEVOIR.LE LUNDI 15 DECEMBRE 2003 A 4 ?LE MONDE- AFGHANISTAN PAKISTAN La loya jirga sur la future Constitution s’ouvre enfin STEPHEN GRAHAM ASSOCIATED PRESS Kaboul — L’Afghanistan est entré hier dans une phase cruciale pour son avenir avec l’ouverture de la loya jirga (grand conseil traditionnel) qui doit adopter la future Constitution du pays.Après plusieurs reports, quelque 500 délégués, des mollahs des villages aux anciens exilés, ont entamé leurs travaux sous une grande tente dressée sur le campus universitaire de Kaboul.L’ancien roi Mohammed Zaher Shah a ouvert le Conseil en lançant un appel à la «pave, la stabilité et l’unité du peuple afghan».«Les gens comptent sur vous.Vous ne devrez pas les oublier», a lancé aux délégués l’ex-monarque âgé de 88 ans.«J’espère que vous ferez de votre mieux pour maintenir la paix, la stabilité et l’unité du peuple afghan.» «La Constitution déterminera l’avenir politique, social et économique de l’Afghanistan», a déclaré pour sa part le président Hamid Karzai.«Pour la première fois dans l’histoire de l’Afghanistan, le peuple afghan a l’occasion de nommer les représentants de son choix.» «Cette Constitution garantira les droits de tout le peuple afghan» et «mettra un terme à l'anarchie», a-t-il ajouté.Étape clé Dix-huit mois après la première réunion du grand conseil qui avait donné naissance au gouvernement provisoire, cette nou- velle loya jirga constitue une étape clé de la période de transition de deux ans, qui doit s’achever avec la tenue d’élections nationales en juin prochain.Les Etats-Unis espèrent que le modèle afghan servira d’exemple en Irak, où même le calendrier des travaux sur la future Constitution fait déjà l’objet de désaccord entre les Américains et le Conseil intérimaire de gouvernement irakien.Les délégués devraient travailler de dix jours à plusieurs semaines pour adopter les 160 articles rédigés par une commission constitutionnelle.Les délégués s’attendent déjà à des débats houleux sur l’équilibre de l’exécutif.Le président Karzai' veut qu’il repose entre les mains du chef de l’État, tandis que ses adversaires réclament un premier ministre fort.Hamid Karzai' affirmé qu’il ne se présenterait pas aux élections l'an prochain si un tel poste était créé.Certains délégués redoutent que les luttes de pouvoir n’éclipsent les questions sur le rôle des femmes, la place de l’Islam dans les institutions politiques et le partage du pouvoir.Hamid Karzai a remporté une première victoire hier soir, avec l’élection d’un modéré musulman considéré comme l’un de ses proches alliés comme président de la loya jirga.Sibghatul-lah Mujaddedi, un aristocrate afghan, ancien président, a obtenu 252 voix.Pour offrez un abonnement au journal LE DEVOIR à un nouvel abonné et recevez GÏMTÜITEME^T le livre Je Gamotte, notre Caricaturiste ! S.''.'- î: ' FOUR COMMANDER : (çif) 8ÔÇ-335S 1 8oo 463-7553 CETTE OFFRE EST VALABLE POUR LES ABONNEMENTS DE : 13 semaines, du lundi an samedi 26 semaines, du lundi au samedi Ç2 semaines, le samedi Ç2 semaines, Ju lundi au samedi 75,23 4 + baes 150,-fO 4 + taxes 101,32 4 f taxes 217,31 4 + taxes («u jwur tout «Uinenwat J W vidtwr 2» çe # plus «vwat tawt) AVANT DE COmŒlQ.Vm AVF/flOnQ AÇÇÜBE&'VOUÇ D’AVOIR.: l'adresse complète et le numéro de Wkphone de la personne k « .îp» «S»! LWto Mt nUU, JM4> W rf «Mto Mi li LE DEVOIR Le président Musharraf échappe à un attentat REUTERS Islamabad — Le président pakistanais Pervez Musharraf a échappé de peu à un attentat hier à Rawalpindi, dans le nord du pays.Une explosion a soufflé un pont de la ville que venait d’emprunter le convoi présidentiel, ont annoncé les autorités qui ignorent si le chef de l’État en était la cible.«Le convoi présidentiel est passé une minute avant l’explosion», a déclaré un porte-parole militaire, le général Chaukat Sultan.«Il est sain et sauf»' a-t-il ajouté à propos du chef de l’État «C’est un acte terroriste.Qu’il s’agisse ou non d'une tentative d’as- sassinat, nous pourrons le dire après l’enquête.» , Le chef de l’État pakistanais revenait de Karachi, dans le sud, et l’explosion est survenue à deux kilomètres de l’aéroport international d’Islamabad, près des faubourgs de la ville voisine de Rawalpindi.Musharraf s’est mis à dos les militants musulmans radicaux, nombreux au Pakistan,, en se rangeant aux côtés des États-Unis dans la guerre internationale contre le terrorisme lancée par Washington après les attentats du 11 septembre 2001.Le président Pervez Musharraf, rappelle-t-on, a déjà échappé à un attentat le 26 avril dernier à Karachi lorsqu’une petit véhicule utilitaire bourré d’explosifs n’a pas explosé comme prévu au passage de sa voiture dans une rue commerçante.Cinq personnes, appartenant à l’organisation islamique interdite Harakat-ul-Mujahedin al-Alaami, avaient été arrêtées à cette occasion et trois d’entre elles condamnées à dix ans de travaux forcés en octobre dernier par une cour spéciale.Ce même véhicule, selon la police, avait été utilisé en juin dans un attentat devant le consulat américain à Karachi qui avait fait 12 morts, tous pakistanais.Les trois condamnés appartenaient à la faction al Almi du Har- kat-ul Moudjahidine, un groupe également accusé d’avoir perpétré l’attentat, de 2002 contre le consulat des États-Unis à Karachi, qui avait tué 12 Pakistanais.Le mois dernier, Musharraf a annoncé la mise hors la loi de six groupes d’activistes à la suite de plaintes américaines selon lesquelles ils auraient resurgi sous de nouveaux noms après une première interdiction il y a un an.Des témoins ont déclaré que l’explosion avait détruit un pont dans la ville, où l’armée pakistanaise a son quartier général.«Le pont a été soufflé juste après le passage du convoi», a déclaré Ta-, hir Farid, employé d’une organisation caritative privée.ANALYSE L’UE face au danger -de la dilution Législatives à Chypre nord FATIH SARIBAS REUTERS Rauf Denktash (au premier plan), l’actuel dirigeant de la partie turque de Chypre, au sortir du scrutin, hier, à Nicosie.Opposition et majorité à égalité AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTERS Nicosie — À Chypre nord, les partis favorables à une réunification de Tfle, divisée entre Turcs et Grecs, étaient à égalité hier soir avec ceux de fa majorité sortante, selon les premiers résultats officiels partiels à Tissue d’élections législatives.L’opposition pro-européenne de fa partie turque du nord de Chypre n’a pas tardé à revendiquer la victoire hier à Tissue d’élections législatives déterminantes pour une éventuelle réunification de lie.Mehmet Ali Talat, du Parti turc républicain (CTP), s’est engagé à s’unir avec tous les opposants à Rauf Denktash, l’actuel dirigeant de 1a partie turque de Chypre.«Nous n ’avons pas encore les résultats exacts, mais il y aura une coalition», a dit le chef de file de l’opposition.Près de cinq heures après la clôture du scrutin, les deux principaux partis de l'opposition sortante — le Parti républicain turc (CTP) et le Mouvement pour la Paix et fa Démocratie (BDH) — recueillaient environ 49 % des voix, contre près de 45 % pour les deux partis de fa m^o- REUTERS ET PRESSE CANADIENNE Jérusalem — Israël s’abstiendra pendant plusieurs mois de toute mesure unilatérale pour mettre fin au conflit avec les Palestiniens afin de laisser du temps aux efforts visant à relancer la «feuille de route», a-t-on appris hier de sources politiques israéliennes haut placées.Washington s’est inquiété de rumeurs selon lesquelles le premier ministre israélien Ariel Sharon pourrait évacuer certaines colonies juives et imposer de facto des frontières.Certaines ont laissé entendre ue Sharon pourrait annoncer ces écisions lors d’un discours de politique générale cette semaine.Mais de sources politiques, on dément ces informations et on déclare que Sharon ne prendra aucune action unilatérale avant rité sortante — le Parti de l’Unité nationale (UBP) et le Parti Démocrate (DP).Mais en termes de projection de sièges, l’opposition comme fa majorité sortante recueilleraient chacune 25 sièges sur les 50 au parlement La troisième formation de l’opposition, le Parti pour une solution et pour l’UE, elle aussi favorable à 1a réunification de File, recueillait moins de 5 % des voix et n’avait donc aucune chance d’obtenir un siège au parlement Les élections d’hier, au terme d’une campagne très virulente, étaient considérées comme un quasi-référendum, pour ou contre la réunification de File et l’adhésion à l’Union européenne.Les trois partis de l’opposition, qui affichait un front uni, s’étaient déclarés en faveur de fa reprise de pourparlers de paix avec les Chypriotes grecs sur fa base d’un plan du secrétaire général de FO NU Kofi Annan.Les deux partis de 1a majorité sortante ont pour leur part farouchement attaqué le «plan Annan» qu'ils voient comme sonnant le glas de fa souveraineté nationale.qu’un nouvel effort pour sortir fa feuille de route de l’impasse ne soit entrepris.«E mettra en avant des idées sur la façon défaire démarrer des négociations avec les Palestiniens et dira qu’il prendra des mesures unilatérales uniquement si tous les efforts de mise en oeuvre de la feuille de route sont épuisés et ont échoué», a affirmé un proche du premier ministre.«Il estime qu’il faudra plusieurs mois pour déterminer si de tels efforts sont épuisés», a-t-il ajouté, sans préciser quel critère d’échec serait pris en compte par Israël.Par ailleurs, des tirs de mortier palestiniens ont visé hier des implantations juives de 1a Bande de Gaza sans faire de victimes.En Cisjordanie, des soldats israéliens ont abattu dans fa matinée un activiste recherché du Djihad islamique à l’entrée d’un village proche de Ramallah.REUTERS Bruxelles — L’Union européenne est confrontée à une crise sans précédent après l’échec des négociations sur la Constitution, qui risque d’entraîner sa dilution à moins d’un sursaut dont on voit mal les contours.Jacques Chirac a voulu minimiser samedi la gravité du fiasco du sommet de Bruxelles en rappelant que 1a construction européenne n’avait jamais été «un long fleuve tranquille».«Toute son histoire est marquée par sa capacité à surmonter les difficultés», a-t-il déclaré à Tissue de fa réunion.Il y a eu d’innombrables crises politiques, comme celle de fa «chaise vide» en 1965-1966, qui a vu le général de Gaulle refuser de siéger dans l’Europe des Six pendant plusieurs mois.Il y a eu un nombre incalculable de crises budgétaires, une spécialité dans laquelle Margaret Thatcher, son sac à main et son slogan préféré — «I want my money back!» — excellait Il y a eu de multiples crises de confiance, du sabordage de fa Communauté européenne de défense (CED) en 1954 aux «non» danois et irlandais aux traités de Maastricht et de Nice.Jamais, toutefois, tous ces éléments n’avaient été réunis.«h est parfois plus sage et plus sain de parler de crise quand il y a crise», a estimé le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui préfère appeler un chat un chat «C’est avant tout une crise politique de l’élargissement», a souligné un ambassadeur d’un pays fondateur de l’Union.Faute d’accord entre les gouvernements sur le partage du pouvoir, l’Union européenne passera le 1" mai prochain à 25 États membres avec un mécanisme de décision prévu pour six.La paralysie, qui guette déjà, risque de s’installer avec un système qui multiplie les possibilités de créer des minorités de blocage pour les coalitions de «petits», de «grands», de pays méditerranéens et des gros contributeurs au budget commun.Une atmosphère empoisonnée L’Espagne et 1a Pologne, soucieuses de préserver le pouvoir de blocage quasiment équivalent à celui de l’Allemagne qu’elles avaient obtenu en décembre 2000 dans le traité de Nice, ont refusé le mécanisme proposé par fa Convention européenne.Une décision aurait été acquise si elle obtient l’approbation d’une majorité d’États membres représentant 60 % de 1a population, ce qui permettrait de rééquilibrer le processus de décision en faveur des pays les plus peuplés de l’UE.Pour Daniel Gros, directeur du CEPS, un centre de réflexion sur l’Union européenne basé à Bruxelles, «cette UE à 25 ou à 27 ne peut réellement fonctionner avec le traité de Nice».L’atmosphère risque en outre d’être empoisonnée pour longtemps entre la Pologne et fa plupart des pays, puisque fa première décision de l’Europe élargie est marquée par un veto.«Les Polonais doivent maintenant se rendre compte des dégâts qu’ils ont provoqués», estime Ulrike Guerot, une experte des questions européennes au DGAP, un «think tank» allemand.Une crise budgétaire risque très bientôt de venir s’ajouter à fa crise politique liée à l’élargissement.«On ne peut pas entrer dans l'Union en brandissant son veto contre la Constitution et dans la foulée venir réclamer de l'argent aux Allemands», a ironisé un diplomate.Les négociations qui commenceront dès la fin janvier avec fa présentation des propositions de fa Com- mission européenne pour le budget européen de 2007 à 2013 seront: donc très dures et pourraient se traduire par une réduction des ambitions.Le chancelier Gerhard Schroder a ainsi réaffirmé samedi sa dé-: termination à réduire 1a limite du; budget européen de 1,27 à 1 % du PNB, et il est suivi par tous les contributeurs nets, au moment même où adhéreront 10 pays beaucoup plus pauvres.Quelle sortie de crise?«On va vers l’Europe à l’anglaise avec un grand marché et des institutions lâches», prévoit un diplomate.Enfin, une double .crise de confiance — entre les États membres d’une part et entre l’UE et ses citoyens d’autre part — devrait découler de l’échec des négociations.Alors que tous les sondages d’opinion montrent que le soutien à l’élargissement est en chute libre, les Européens seront à coup sûr perturbés d’apprendre que le projet de Constitution adopté par la Convention européenne après 18 mois de négociations en juillet dernier doit être oublié.«Le bateau est sorti en pleine mer, sous les applaudissements quasiment unanimes des gouvernements, et au premier écueil il s’échoue», regrette un diplomate.Deux scénarios sont envisagés à Bruxelles pour éviter que ces sombres prévisions de dilution ne se réalisent Pour les plus optimistes, l’architecture institutionnelle de Convention européenne s’imposera d’elle-même lorsque la preuve par l’absurde aura été faite que Nice ne fonctionne pas.«Nous allons protéger ce texte comme à une époque très ancienne de notre histoire on protégeait le feu», a déclaré samedi le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel Mais il est peu probable que cela se fasse à court terme — les véritables négociations ne reprendront au mieux qu’au second semestre de 2004—et le résultat est douteux.L’autre scénario est celui de l’Europe à deux vitesses agité dès samedi par la plupart des pays fondateurs soucieux de poursuivre Tintégration avec un groupe plus restreint de pays afin d’entraîner in fine les autres pays dans leur sillage.> Jacques Chirac a ainsi relancé son idée de «groupes pionniers»^ tandis que Gerhard Schroder se dû sait prêt à envisager ce genre dTiyf pothèses avec fa France et d’autres.Plusieurs responsables gouver-i nementaux ont d’ailleurs vu dans le refus du président français de marchander le texte de fa Convention une volonté de forcer le cours des événements.«Chirac pense qu’il faut donner une nouvelle dynamique et que cà n’est pas possible à 25 ni même à J5», a dit l’un d’eux > D’autres pays ont immédiate-1 ment embrayé et plusieurs diplomates affirment qu’un groupe dé pays prépare une déclaration soulignant leur détermination à aller de Tavant «Vous pouvez compter sur les pays fondateurs pour protéger la flamme et aller plus loin», a expliqué Louis Michel Mais si l’Europe à deux vitesses est déjà une réalité — la France et l’Allemagne harmonisent leurs positions sur tous les dossiers tandis que le Royaume-Uni a fait un pas majeur vers ses partenaires dans le domaine de 1a défense —, il sera très compliqué d’aller au-delà pour toute une série de raisons.D est ainsi difficile d’envisager la construction d’institutions séparées, sauf à torpiller définitivement l’UE, ou le renforcement de fa coopération économique en dehors de l’Union et de son principal atout, le grand marché unique.«Toute la machinerie est dans l’Union depuis 40 ans», explique un diplomate plutôt pessimiste sur l’avenir.Sharon s’abstiendrait pour l’heure de toute mesure unilatérale LE DEVOIR.LE LUNDI 15 DECEMBRE 2003 A 5 LE DEVOIR LE MONDE Saddam Hussein capturé La communauté internationale se félicite de la capture du raïs Attentat sanglant à l’ouest de Bagdad AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les dirigeants du monde entier se sont félicités hier de la capture de Saddam Hussein et ont exprimé l’espoir que la résistance anti-américaine s’affaiblisse, alors que les réactions des pays musulmans étaient plus mesurées.«Maintenant, l’ancien dictateur va faire face à la justice qu’il a refusée de donner à des millions» de gens, a déclaré le président américain George W.Bush.«Tous les Irakiens peuvent maintenant se rassembler et rejeter la violence et construire un nouvel Irak», a-t-il souligné.Pour son secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, cette arrestation marque la fin de son «régime terroriste».«L’ère de la dictature brutale de Saddam Hussein est terminée», a-t-il souligné.Les principaux alliés de Washington en Irak, souvent contre l’avis de leur opinion publique, ont accueilli la nouvelle avec soulagement Le premier ministre britannique Tony Blair a estimé qu’il fallait «mettre le passé derrière nous», que seule «une petite minorité» d’irakiens était en faveur d’un retour au pouvoir de Saddam Hussein.«Ils doivent savoir que leur cause est désormais vaine.» Le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar a déclaré que Saddam Hussein devait «payer pour ses crimes».Son homologue italien Silvio Berlusconi a ironisé: «Maintenant que l’arme de destruction massive a été trouvée, nous pouvons et nous devons tourner la page.» Autre allié inconditionnel, l’Australie s’attend désormais à un «formidable coup d’accélérateur» à la cause de la démocratie en Irak qui «libérera le peuple irakien d'un immense fardeau et d’une grande peur».Pour le Japon, «il est trop optimiste de prétendre que [cette capture] va conduire immédiatement à l’arrêt des activités des partisans du régime de Saddam Hussein et des terroristes étrangers» en Irak.Appel à la stabilisation Des témoignages similaires sont venus du camp opposé à l’intervention américaine en Irak.Le chancelier allemand Gerhard Schroder a félicité le président américain et exprimé l’espoir que cette «arrestation [soutienne] les efforts de la communauté internationale pour la reconstruction et la stabilisation de l’Irak».Le président français Jacques Chirac «se réjouit de l’arrestation de Saddam Hussein.C’est un événement majeur qui devrait fortement contribuer à la démocratisation et à la stabilisation de l’Irak».La Russie «compte que l’arrestation de Saddam Hussein va contribuer au renforcement de la sécurité en Irak et à l’activation du processus de règlement politique dans le pays sous l’autorité des Nations unies», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov.Le sort de Saddam Hussein «doit être décidé par le peuple irakien», selon lui.Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, disait voir en Irak l’occasion d’un «nouvel élan» pour «la recherche de la Paix et de la stabilité».À Londres, l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a estimé vital que Saddam Hussein soit jugé «de manière équitable et transparente».Les pays musulmans plus mesurés Au Proche et au Moyen-Orient, seuls Israël, le Koweït et l’Iran se sont ouvertement félicités de l’arrestation de Saddam Hussein.Pour le Koweït, envahi par l’Irak en 1990, c’est un instant «tellement attendu: voir l’arrestation de ce tyran qui a terrifié son propre peuple et plusieurs autres dans le monde».L’Iran est «très heureux», demande un procès public et souhaite la remise du pouvoir aux Irakiens «dès que possible».Les réactions arabes ont été plus çirconspectes.L’Egypte a exprimé l’espoir que la capture de Saddam Hussein, dont le sort doit être tranché «par le peuple irakien», «accélère le processus permettant au peuple irakien de recouvrer sa souveraineté et de prendre en main les affaires du pays au plus vite».Le secrétaire général de la ligue arabe Amr Moussa a également estimé que le peuple irakien devait décider du sort de Saddam Hussein après sa capture, qu’il a qualifiée sans enthousiasme «d’événement important».Son homologue du Conseil de coopération du Golfe, Abderrahman Al-Attiya, a parlé d’un «acquis, un pas sur la voie de la restauration de la stabilité et de l’unité nationale en Irak».La capture de Saddam Hussein retire toute justification à la pré- sence américaine en Irak, a estimé à Rabat un responsable de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, gouvernementale), tandis que la Jordanie estimait qu’une «page avait été tournée».«Le dernier mot, en ce qui concerne la capture de Saddam Hussein et son sort, doit revenir au peuple irakien.» En Israël, le premier ministre Ariel Sharon a applaudi à «un grand jour pour le monde démocratique, pour ceux qui se battent pour la liberté et la justice, et pour ceux qui luttent contre le terrorisme».Du côté palestinien, si Yasser Arafat et son gouvernement n’ont pas conunenté la nouvelle, un dirigeant du mouvement islamique Hamas, Abdelaziz ql Rantissi, a affirmé hier que les Etats-Unis paieraient cher l'arrestation de Saddam Hussein.«Ce qu’ont fait les États-Unis est hideux et méprisable.C’est une insulte à tous les Arabes et une insulte aux musulmans», a-t-il dit.Pour sa part, l’Afghanistan voit dans la capture de Saddam Hussein «un avertissement à d’autres terroristes comme Oussama ben Laden ou le mollah Omar».Pour le président colombien Alvaro Uribe, il s’agit d’un «bon résultat de la persévérance» des Etats-Unis dans la lutte mondiale contre le terrorisme.La Turquie q parlé de «nouvelle ère» pour cet Etat, tandis que la Grèce évoquait la fin d’un «chapitre dramatique» de l’histoire irakienne.Pour le Portugal, cette arrestation «ouvre de nouvelles perspectives pour la stabilisation et la sécurité en Irak».REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Khalidiyah, Irak — Au moins 17 personnes ont trouvé la mort hier dans l'explosion d’une voiture piégée devant un commissariat de Khalidiyah, 60 km à l’ouest de Bagdad, annonce l’armée américaine évoquant l’hypothèse d'un attentat suicide.L’explosion, qui a retenti aux alentours de 8h40 (5h40 GMT) a soulevé un épais nuage de fumée noire au-dessus de cette localité située dans le fameux «triangle sunnite» où ont lieu la plupart des actes de guérilla.Des taches de sang et les chaussures éparpillées de quelques victimes étaient visibles parmi les éclats de verre, à proximité du commissariat, un bâtiment de deux étages, devant lequel gisait l’épave d'une voiture.Outre les 17 morts, un officier américain a précisé que l’attentat avait fait 33 blessés, ajoutant qu’aucune victime n'était à déplorer dans les rang:?de la coalition emmenée par les Etats-Unis.Un agent de la police irakienne avait auparavant fait état de 16 morts et 32 blessés.Des soldats américains, ap- uyés par des chars et véhicules lindés Bradleys se sont postés à une cinquantaine de mètres du commissariat et quelques-uns se sont interposés entre la police irakienne et un groupe de manifestants qui scandaient des slogans à la gloire de Saddam Hussein.Sur place, le lieutenant colonel Jeff Swisher de l'armée armée américaine a indiqué à la presse que «certains éléments» plaidaient en faveur de la thèse d’un attentat suicide.Les victimes ont été conduites à l'hôpital de Ramadi, 50 km plus à l’ouest, haut lieu de la résistance à l’occupation américaine.La police irakienne ainsi que les personnels qui coopèrent avec les forces américaines ont été fré-uemment pris pour cibles ces erniers mois.Le chef de la police de Khalidiyah, désigné par les forces américaines, avait ainsi été tué en septembre.Par ailleurs, quelques heures après l’annonce de la capture de Saddam Hussein, une camionnette transportant trois barils d’essence a explosé hier après-midi dans le centre de Bagdad, déclenchant un violent incendie mais ne faisant aucun blessé, selon des responsables de la police irakienne.I K A K Un projet de transfert de souveraineté sera présenté à l’ONU PORTRAIT La fin du parcours d’un mégalomane W ASSOCIATED PRESS Bagdad — Le 9 avril dernier, sa statue avait été renversée, puis piétinée par des Irakiens en liesse.Un peu plus de huit mois plus tard, c’est Saddam Hussein lui-même qui a été capturé.Car si deux guerres et plusieurs années de privations infligées à son peuple n’avaient pas suffi à ébranler son pouvoir brutal, le dernier conflit aura eu raison de l’ancien homme fort dç l’Irak.Chef de l’Etat, président du conseil des ministres, président du Conseil de commandement de la Révolution (CCR), commandant en chef de l’armée et dirigeant du parti Baas irakien: la litanie des fonctions qu’il cumulait depuis 1979 en disait déjà long sur la façon de gouverner d’un homme de 66 ans qui s’est entouré d’un culte de la personnalité comparable à ceux des plus grands mégalomanes communistes.Saddam Hussein était loin d’être un tendre.Homme fort de l’Irak depuis juillet 1968, il tenait d’une main de fer un pays de 22 millions d’habitants réputé ppur la fréquence de ses coups d’Etat depuis sa création en 1932 après la fin du mandat britannique.Son pouvoir, ü l’a assuré par des purges sanglantes qui ont notamment touché l’armée, cette «usine à coups d’Etat», qu’il a progressivement transformée en un outil à la dévotion du parti unique, le Baas.Ambitieuses réformes Pourtant, les potentialités semblent prometteuses lorsqu’il prend le pouvoir d’un pays possédant les secondes réserves mondiales de pétrole.Dans le courant des années 70, Saddam Hussein lance d’ambitieuses réformes sociales, éducatives et économiques.En une décennie, celui qui n’aurait appris à lire qu’à l’âge de dix ans fait passer le taux d’alphabétisation de 30 % à 70 %.Saddam Hussein se fait alors appeler «Père-dirigeant», «prince de la Nation arabe», «Héros de la libération nationale».Dans un encart publicitaire paru autrefois dans le New York Times, une officine gouvernementale le comparait à Hammourabi, le grand roi de Babylone qui codifia pour la première fois les lois void 4(X)0 ans.Des qualificatifs à la hauteur des ambitions de plus en plus gigantesques de l’homme.En septembre 1980, il lance l’armée irakienne à l’assaut de l’Iran, espérant profiter du chaos provoqué par la Révolution islamiquepour reconquérir rapidement le Chott elArab, qu’un accord de 1975 l’obligeait à partager avec Téhéran.Il échoue et l’Iran occupe Le président Saddam Hussein l’Irak, le 17 mars 1998.même une partie du territoire irakien avant que la guerre ne s’enlise.Le mécontentement qui s’ensuit vaut au président deux tentatives d’assassinat suivies, comme il se doit, de purges sévères.En 1988, son pays sortira exsangue et à moitié vainqueur de huit années de guerre.La carotte et le bâton Né le 28 avril 1937 à Al-Aoudja, près de Tikrit (160 km au nord de Bagdad), dans une famille pauvre, il n’a pas connu son père, un paysan, mort avant sa naissance, et a été élevé par l’un de ses oncles, Khaïrallah, un ancien officier nationaliste.C’est en 1957 qu’étudiant il adhère au parti Baas, alors clandestin.Son ambition lui vaut déjà d’être désigné pour diriger un groupe chargé d’assassiner le dirigeant de l’époque, AbduHcarim Kassem.ARCHIVES REUTERS en visite à Tikrit, au nord de L’attaque à la mitrailleuse échoue le 7 octobre 1959.Mais Saddam, blessé à la jambe, peut s’échapper et la mythologie offidel-Ip glorifie aujourd’hui sa fuite en Egypte.De 1963 à 1968, ü partage sa vie entre les geôles ou l'exil.Lorsque le Baas prend le pouvoir le 17 juillet 1968, Saddam Hussein utilise à son profit le prestige du général Ahmed Hassan al-Bakr pour mieux l’écarter le 16 juillet 1979.Face à son opposition potentielle, il manie carotte et bâton.Aux Kurdes, il promet d’abord l’autonomie, puis «oublie» ses engagements et poursuit ce peuple dans ses retraites montagneuses du nord.Fin mars 1988, il n’hésitera pas — comme lors de la guerre avec l'Iran — à utiliser des armes chimiques contre le village kurde dHalabja, faisant 5000 morts.Avec les chiites, majoritaires dans le sud et très menaçants du fait de l’exemple iranien, il se montre assez habile en restaurant leurs lieux de culte pour obtenir leur ralliement.Mais il se montre aussi impitoyable à l’occasion et fait en 1980 exécuter le grand ayatollah Mohammed Bakr al-Sadr, un des six grands dignitaires de l’islam chiite.Et juste après la guerre du Golfe en mars 1991, il écrasera leur révolte dans le sang, les chiites ayant été lâchés par George Bush père qui avait pourtant incité les Irakiens à briser leurs chaînes.Si le rais s’appuie sur sa famille et le clan des Tikriti, accordant de larges pouvoirs à ses fils Oudaï Qoussaï, les membres de sa famille ne sont pas à l’abri des représailles.En août 1995, deux de ses gendres, également ses cousins, font défection et se réfugient avec leurs femmes en Jordanie.En février 1996, ils rentrent en Irak, assurés du pardon de Saddam Hussein.Moins de trois jours plus tard, ils sont exécutés.Sa femme Sadjida lui a également donné trois filles.Ambition nucléaire L’une des grandes ambitions de Saddam Hussein aura été de doter l’Irak de la bombe atomique.Grâce à une centrale nucléaire fournie par la France, il est proche du but quand, en 1981, un raid israélien détruit le réacteur nucléaire d’Osi-rak.Cela ne l’empêche pas tout au long des années 80 d’acheter à tour de bras, auprès de sociétés occidentales, de quoi se constituer un véritable arsenal chimique et bactériologique, dont Kurdes et Iraniens ont eu un avant-goût En dépit du processus d’inspection de l’ONU, souvent chaotique, Saddam Hussein n’a cessé de provoquer des confrontations sporadiques avec la communauté internationale, s’attirant à plusieurs reprises une riposte militaire américaine comme lors de la campagne de bombardement de décembre 1998 à la suite d’un nouveau bras de fer avec les inspecteurs de l’ONU.Mais son insolence n’aura pas résisté à la détermination farouche du président américain George W.Bush de «finir le travail» commencé par son père en 1991.Et si depuis la chute de Bagdad, son sort restait un mystère, l’étau se resserrait autour de l’ancien président, dont plusieurs gardes du corps avaient été capturés dans la région de Tikrit Cela n’avait pas empêché le raïs de continuer à défier la coalition: plusieurs enregistrements exhortant les Irakiens à combattre les troupes américaines lui ont ainsi été attribués.AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Le ministre irakien des Affaires étrangères par intérim Hochyar Zebari a indiqué hier à l’AFP qu’il allait présenter demain prochain au Conseil de sécurité de l’ONU un projet irakien de transfert de souveraineté prévoyant un référendum et des élections fin 2005.«Je vais à New York à l’occasion de deux sessions du Conseil de sécurité, Tune ouverte, l’autre à huis clos, exposer notre projet de transition de la souveraineté au peuple irakien», a-t-il déclaré après son arrivée à Paris.«En février prochain nous aurons une constitution intérimaire et en octobre 2005 il y avra un référendum sur un projet de constitution et des élections générales en décembre 2005», a dit M.Zebari.Le ministre est à Paris avec une délégation du Conseil de gouvernement transitoire irakien, arrivée hier soir et qui doit rencontrer aujourd’hui le président Jacques Chirac et le ministre des Affaire étrangères, Dominique de Villepin.Cette visite intervient après la capture de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein.«Aujourd’hui c’est le jour de la célébration», a dit M.Zebari en soulignant qu’il souhaitait que Saddam Hussein soit jugé en Irak.«Nous vivons une période qui est une grande chance pour l’Irak», a-t-il ajouté.Les Américains ont récemment indiqué qu’ils envisageaient ce transfert en juin 2004.Paris a également fait part de sa volonté de participer à la reconstruction de l’Irak alors que Washington l’en a récemment exclu avec l’Allemagne, la Russie et le Canada.Cette décision a été interprétée comme une mesure de représailles après que Paris, Berlin et Moscou eurent constitué un «camp de la paix», farouchement opposé à la guerre contre l’Irak.Day-Date en or rose 10 carats Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 I A 6 LE DEVOIR.LE LUNDI 5 DECEMBRE 2003 ÉDITORIAL La contre-offensive républicaine Dans le rapport que la commission Stasi a consacré à la laïcité en France, il est écrit noir sur blanc «qu’aujourd’hui, la question n’est plus la liberté de conscience mais l’ordre public».Ce verdict, qui annonce un virage à la fois brusque et prononcé au sein de la République, est un miroir.Il ne relève en rien de la fiction.Il est le reflet de cet islamisme militant qui, sous couvert de voile, a transformé le droit à la différence en devoir d’appartenance communautaire.Religieuse, s’entend.Q u’on se le dise, le rapport composé par les sages réunis autour de Bernard Stasi, ex-ministre aujourd’hui médiateur de la République, est loin d’être cantonné au port du voile par les jeunes musulmanes dans les écoles.Il est d’abord un inventaire des espaces publics que la laïcité, valeur fondatrice de la République, a perdus au profit du religieux.Après s’être immiscé dans cette école dont on attend qu’elle protège les enfants de «la fureur du monde», le prosélytisme religieux, car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’en déplaise aux crédules, s’est introduit dans le réseau hospitalier et s’est invité dans les services publics, notamment municipaux, en plus d’investir le secteur associatif, le monde de l’économie, le secteur militaire, les prisons, etc.En un mot, ce prosélytisme a atteint une masse critique propre à saper certains fondements de la République, à commencer par celui qui stipule l’égalité des sexes.Cela posé, comment ce militantisme religieux agit-il au ras du sol?Abandonnons l’école, dont il a fréquemment été question au fil des ans, pour mieux explorer le réseau de la santé.Contrairement à la situation qui prévalait il y a encore cinq ans, la dispense de soins est aujourd’hui plus hasardeuse en France.On a constaté que les femmes musulmanes subissant la fureur religieuse de leur mari ne bénéficient pas du plein traitement auquel elles ont droit.Il est de plus en plus fréquent de voir des hommes refuser que leur femme soit soignée par un infirmier et un docteur.«Des femmes ont ainsi été privées de péridurale.Des soignants ont été récusés au prétexte de leur confession supposée.» Pour ce qui est du droit, l’espace juridique de la République ressemble de plus en plus à un gruyère.On savait que dans les cités, ces secteurs de banlieue où les musulmans sont majoritaires, les fous de Dieu imposaient la charia et violentaient les jeunes filles qui ne voulaient pas se soumettre.Et voilà que la commission Stasi nous apprend que les islamistes ont amorcé un rapport de force au sein même des tribunaux afin de gommer tous azimuts l’étendue du droit républicain.Autrement dit, on se complaît dans l’autodiscrimination pour mieux jouer la corde de la victimisation devant les agités du bocal médiatique.Aux chantres du communautarisme qui, ici, militent et travaillent pour l’implantation d’un tribunal judiciaire appliquant la charia en Ontario, on osera recommander les passages évoquant les changements décidés par les autorités allemandes et néerlandaises.Comme on craint à Berlin qu’une aile militante «ne conçoive] pas l’islam comme une religion mais comme un projet politique global», on envisage un recentrage juridique.Aux Pays-Bas, pays précurseur du communautarisme, «la tribalisation» du pays relevée par certains universitaires a convaincu le gouvernement d’adopter une politique de rupture qui, dans les prochains mois, va consister à voter une loi dite «d’intégration volontaire [.} stipulant que les nouveaux immigrants adhérent aux valeurs fondatrices de la société néerlandaise».Dans les jours qui viennent, le gouvernement Chirac va présenter une loi qui, vraisemblablement, reprendra les principales propositions de la commission Stasi, dont celle appelant à une interdiction de signes religieux «ostensibles» dans les écoles et ailleurs.On espère qu’il reprendra à son compte celle qui souhaite «reconnaître la libre-pensée et les humanismes rationalistes comme option spirituelle à part entière».Ainsi, la rationalité pourrait mieux combattre les fictions.Serge Truffaut ?LE DEVOIR Méfiance Josée Boileau —il ieux vaut tard que jamais, disent les esprits conciliants.MMais le tard arrive entaché par le passé, et ce serait beaucoup exiger que d’en faire abstraction.C’est pourquoi rien n’cst plus justifié que la grande méfiance des Centres de la petite enfance (CPE), personnel et pa-II rents compris, devant la soudaine ouverture du gouvernement Charest à leur égard.Venez siéger au comité de travail qui définira notre politique familiale, lançait la semaine dernière la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, à l’Association québécoise des CPE.C’était là, aux yeux du gouvernement, tout ce qu’il fallait pour enrayer la participation des CPE aux manifestations du lendemain.D’accord pour les discussions, a répondu l’association, mais nous afficherons quand même notre scepticisme.Cai comment croire tout à coup les jolis cœurs après sept mois de vents contraires?Après tout c’est en mai, avant même qui y ait eu discours du Trône et budget que le ministre responsable de la Famille, Claude Béchard, a annoncé la fin des garderies à 5 $.Au milieu des rumeurs qui couraient c’était la première certitude émanant du nouveau gouvernement Qui plus est celle-ci rompait bel et bien une promesse électorale.S’en sont suivis la diminution des budgets de fonctionnement des CPE; le gel du développement des places dans le réseau public au profit du privé; la récupération des surplus que les CPE ont toujours accumulé en vue de rénovations ou d’améliorations du service; le resserrement du taux d’occupation (et tant pis pour le CPE accueillant des cas problèmes et qui veut baisser son ratio éducatrice/enfants); la création d’un taux de présence (désormais abandonné mais qui était fermement prévu par le ministère).Bref, à lire l’approche libérale, on aura compris que le sort tout entier des finances du Québec reposait sur ce nid de gaspillage que sont les CPE.Les plus retors ajouteront que le fait que les CPE soient un joyau péquiste, largement admiré, aura contribué à l’acharnement libéral.En effet, la politique tient à de si petites choses.On aimerait toutefois croire que l’approche libérale a de la hauteur de vue.Nous l’avons déjà écrit, la création des CPE par le Parti québécois avait ses lacunes, mais elle répondait à une approche cohérente, ciblant une économie immédiate pour les parents, une approche pédagogique pour les enfants, la création d’emplois pour les éducatrices et reconnaissant la place des femmes sur le marché du travail.La politique familiale du gouvernement Bourassa, elle, misait sur la hausse de la natalité avec les bébés-bonus.L’approche était peut-être critiquable, mais elle a fonctionné.Que sera la politique familiale de ce gouvernement?Peut-être que la hausse à 7 $ serait plus acceptable si on savait dans quel ensemble elle s’inscrit Or pour le moment il n'y a qu’un acquis effiloché, des décisions assénées, des inquiétudes soulevées.Et une politique remise, elle, au printemps.j bo i lea uffblede voir.ca FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-préaidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artisUque CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE V@v/' ÇXACÎCmÇnT
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