Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2003-12-20, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
¦MMMMi LE DEVOIR Recherche Entretiens Jacques Cartier MICHÈLE COURCHESNE La ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration et la place des femmes en politique Page3 DANIEL TAYLOR Escale lyonnaise pour le contre-ténor et son Theater of Early Music Page 6 I Déluge de N?®* ¦¦¦ ¦¦¦ »*», m Ml1 iiîïîïî ÏÏÎÎÏÏ! Mi Tout ou presque se passe en français, ce qui en fait un des événements majeurs du calendrier annuel de la francophonie v.% En 2004, ce sera au tour de la métropole québécoise de.recevoir colloques, échanges cl mises en réseau dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier % «* colloques s-Alpes r r ww rw ' SOURCE: ENTRETIENS JACQUES CARTIER On se souviendra sans doute des Entretiens Jacques Cartier (EJC) de 2003, les seizièmes, comme ceux des pluies diluviennes qui ont trempé le sud-est de ïa France en cette fin d’année.•De nombreux automobilistes et voyageurs SNCF se sont retrouvés piégés à Lyon, du fait de lignes ferroviaires et routières coupées*, pouvait-on lire dans le journal Le Progrès du 3 décembre, en pleins EJC.Mais puisque, selon le même journal, le Rhône et la Saône, deux des trois fleuves de Lyon (l’autre étant.le Beaujolais), se sont finalement •bien comportés» — les inondations s’étant surtout produites plus au sud — les Entretiens n’en ont pas été trop perturbés.Mais qu’est-ce que les Entretiens Jacques Cartier?Un événement annuel durant lequel se tiennent une quinzaine de colloques simultanés, sur autant de thèmes.Suprême actualité, un des colloques de 2003 portait sur les •événements hydrologiques extrêmes», notamment les inondations! Parmi les autres thèmes scientifiques abordés: les nanotechnologies, l’optique, les procédés de polymérisation.Des sujets santé, aussi: l’obésité, la vaccination, les eaux thermales.Plusieurs colloques sur l’urbanisme.Quelques sujets politiques, dont la parité hommesrfemmes, la gouvernance des grandes agglomérations (où l’on aborda la saga des fusions-défusions).Et enfin, plusieurs sujets culturels: le processus de création, le design, le théâtre aujourd’hui.Les EJC sont aussi l’occasion de «rencontres étudiantes» où de jeunes Français et Québécois échangent sur un thème qui leur est cher (l’an passé, le journalisme étudiant.Cette année, le théâtre).C’est l’occasion, enfin, d’une performance artistique, en sol lyonnais, d’un artiste québécois de renom (cette année, le hautecontre Daniel Taylor).Autour du binôme France-Québec Aux EJC se produit chaque année une rencontre sans équivalent entre Français et Québécois.La collection de clichés pour désigner l’evénement compte les suivants: •sommet franco-québécois», •mise en réseau» peu commune, vaste séance de «remue-méninges».Il y a dix ans, on parlait de •mini-Davos», mais c’était avant Seattle.Certes, il y a bien, comme le rappelle son fondateur et âme dirigeante, Alain Bideau, des participants provenant de 17 pays (dont la Russie, le Mexique et la Tunisie).Mais l’axe central se trouve constitué du binôme France-Québec.Tout ou presque se passe en français, ce qui en fait un des événements majeurs du calendrier annuel de la francophonie.Sur 215 Canadiens présents en 2003, une vague déferlante de 201 Québécois! En tout, 586 conférenders; quelque 2200 partidpants.Dont certains bien connus au Québec: Michèle Courchesne, ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration.Ronald Poupart, chef de cabinet de Jean Charest André Bourbeau, anden ministre libéral qui vient d’être nommé président du conseil d’administrar tion dUydro-Québec.Robert Lacroix, recteur de l’Université de Montréal Raymond Bachand, président-directeur général du Groupe Secor.Benoît LaSonté, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Jean-Marie Toulouse, directeur des HEC Montréal.Jacques Girard, ancien président de Montréal International et conseiller spécial pour cet organisme.Jean-Louis Baudouin, juge à la Cour d’appel du Québec.Jean-François Chi-coine, pédiatre et médecin bien connu des médias.Simon Brault, directeur de l’École nationale de théâtre.Le dramaturge Denis Marleau et l’écrivaine Marie-Claire Blais, qui ont reçu des doctorats honoris causa.Autre particularité des Entretiens: .ils se tiennent à Montréal une fois tous les quatre ans.Et en 2004, ce sera au tour de la métropole québécoise de recevoir le déluge de colloques, d’échanges et de mises en réseau des Entretiens Jacques Cartier.Antoine Robitaille tE I Z I È M D I T I O N Alain Bideau Page 2 GRANDES SOCIÉTÉ AGGLOMÉRATIONS Vaccination Fusion Marketing Transition Page 5 Vieillissement Page 4 ARTS Théâtre et auteurs Page 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 0 ET DIMANCHE 2 1 DECEMBRE 2003 JACQUES CARTIER, Une entrevue avec Alain Bideau Le grand architecte des réseaux «A Montréal, j'ai peine à me promener sans tomber sur un ami ou une connaissance » On dirait qu’il a le don d’ubiquité.Pendant les Entretiens Jacques Cartier, on le voit partout.Dans chacun des 15 colloques, Alain Bideau surgit tout à coup, allant s’asseoir dans un coin de la salle avec un grand sourire, regardant partout, contemplant l’activité d’un air satisfait.ANTOINE ROBITAILLE Sont-ce les colloques qu’il aime, cet homme?Pas tant ceux-ci, répond Alain Bideau, que «la mise en réseau» à laquelle ils donnent lieu.S’il a fondé le Centre Jacques Cartier en 1984 et puis lancé les Entretiens du même nom en 1987, c’est pour favoriser les rencontres et les «maillages».Entre le Québec et la région Rhône-Alpes, certes, mais surtout, pour forcer les «élites lyonnaises» à se parler, à sortir de leur logique cloisonnée, où les gens ne parlent qu’aux gens de leur milieu et ignorent les autres.Avec un huge sourire, il ressort sa métaphore préférée: «J’ai voulu faire un millefeuille! Rassembler les milieux économiques, politiques, culturels, financiers, intellectuels et culturels, qui fonctionnent ordinai- rement par couche.Moi, je ne me contente pas d’une seule couche.Je veux empiler celles-ci et faire un millefeuille qu’on peut manger avec délectation.Et même quand ça déborde un peu sur le côté, c’est bon!», raconte-t-il autour d’une table au superbe Café des Négociants, place Francis-Régaud, sur la presqu’île de Lyon.Alain Bideau est un hyperactif qui peut, en une demi-heure, évoquer avec enthousiasme 10 ou 12 projets pour ensuite exposer les tensions de sa vie politique lyonnaise.Car Alain Bideau, en effet, n’est pas seulement démographe, directeur de recherche au CNRS, directeur du Centre Jacques Cartier, il est conseiller municipal.«Centriste»' de l’UMP O’Union pour un mouvement populaire du président Chirac), il siège pourtant comme vice-président de la Communauté urbaine de Lyon aux côtés des socialistes du maire Gérard Collomb.Ce qui, dans sa famille politique, crée des remous.Certains à droite voudraient parfois qu’aucun élu de droite n’aille ainsi seconder un maire de gauche.Alain Bideau affirme que la situation n’est d’ailleurs pas toujours facile et que s’il y avait désaccord sur le budget, par exemple, il pourrait quitter la communauté urbaine.«Mais ce n’est pas tellement mon genre de démissionner», laisse-t-il tomber.Le Québec Alain Bideau est tombé amoureux du Québec lorsqu’il est venu faire une partie de ses études à l’Université de Montréal il y a 30 ans.«Je suis démographe, je travaillais sur les concentrations démographiques des maladies héréditaires.» Or, à lUdeM, on avait mis au point, à cette époque, un système de reconstitution automatique des familles sur ordinateur pour reconstituer toute la population depuis l’arrivée des premiers colons jusqu’à la fin du régime français.«Pour ma thèse, j’avais dressé, à la main, un fichier nominatif de 100 000 individus.» Le système, élaboré sur de gros ordinateurs de l’époque, lui a été très utile.Travaillant sur la concentration territoriale de la maladie de Rendu-Osler, il avait besoin de recréer des lignées généalogiques.«J’ai même adapté des méthodes conçues à Montréal à des données brésiliennes», raconte-t-il.D publiera prochainement un ouvrage sur la démographie de ce pays.«Je m’en vais d’ailleurs au Brésil à la fin de l’année pour finir ce livre.» Mais revenons au Québec.Depuis ses études, il a cultivé à son égard une sorte de gratitude qui ne se dément pas.C’est avec passion qu’il raconte ses rencontres avec des Québécois.Par exemple pour préparer la remise de doctorats honorifiques de l'Université de Lyon Il au dramaturge Denis Marleau et à l’écrivaine Marie-Claire Blais (voir Le Devoir du 1er décembre 2003), il dit avoir eu le plaisir, à Montréal, de rencontrer à quelques reprises ces personnalités.«Nous ANTOINE ROBITAILLE Alain Bideau, < 1987, séjourne mi a lancé les Entretiens Jacques Cartier en a Montréal plusieurs fois par année.ANTOINE ROBITAILLE C’était au tour de Lyon de recevoir cette année les participants aux Entretiens Jacques Cartier.avons vraiment fraternisé!», dit-il avec un évident bonheur avant d’expliquer qu’il était important pour lui de faire un clin d’œil à la littérature québécoise et de souligner le 4ravaü de génie» de Denis Marleau.«Je vais justement voir Les Aveugles la semaine prochaine!» Montréal 2004 Alain Bideau séjourne à Montréal plusieurs fois par année.C’est sans doute un des Français qui connaît le mieux la société québécoise.«A Montréal, j’ai peine à me promener sans tomber sur un ami ou une connaissance.En 16 ans, j’ai invité plus de 3000 Québécois à Lyon, vous savez.» Lorsque les Entretiéns ont lieu à Montréal, une fois aux quatre ans, il débarque encore plus souvent En 2004, ce sera au tour de la métropole québécoise de les accueillir.Parmi les thèmes abordés, on comptera, en ouverture, un grand événement sur la diversité culturelle.On abordera aussi le sujet très chaud au Québec de la gouvernance métropolitaine: des représentants de 16 grandes villes du monde viendront partager leur expérience.Le financement des transports en commun fera aussi l’objet d’un important colloque.On prévoit un événe- ment commandité par Hydro-Québec sur «Le développement durable après Kyoto».Une grande rencontre de jeunes de toutes les régions de la francophonie se tiendra sur le thème «Jeunesse et citoyenneté», organisée entre autres par l’OFQJ, la Ville de Montréal et plusieurs organisations jetmesse du Québec.En prévision des 20 ans du Centre Jacques Cartier en 2004 (les premiers Entretiens ont eu lieu en 1987), Alain Bideau prépare actuellement un livre d’entretiens sur cette aventure, ouvrage qui sera publié par la maison de son «bçn ami» Pascal As-sathiany, les Editions du Boréal.«Vingt ans, c’est bien, mais c’est le temps de penser à faire les choses autrement», dit-il.Aussi, il prévoit organiser prochainement des séminaires de réflexion sur «Les Entretiens de 2015».Un des buts est notamment de vouloir aller davantage «à la rencontre des jeunes générations, des hommes d’affaires de 35 à 45 ans.C’est pour ça que l’on a inscrit un important colloque sur 'L’action jeune citoyen" où on va faire un colloque sur les jeunes».D parle aussi sans trop donner de détails d’un colloque «ouvert au très grand public» pour 2005.Un entretien avec Hervé Fischer Science contre art: une opposition caduque Im créativité joue un important rôle dans ces deux domaines On oppose souvent, aujourd’hui, créativité artistique et rigueur scientifique.Et c’est une erreur, dit Michel Côté, muséologue québécois devenu directeur du Muséum d’histoire naturelle de Lyon.Ancien directeur de la recherche et des relations internationales au Musée de la civilisation du Québec, il a co-organisé un colloque sur le «Processus de création en art et en science», qui a eu lieu dans le cadre des 16" Entretiens Jacques Cartier.Michel Côté promeut le rapprochement entre scientifiques et artistes.Il a mis sur pied, dans son «Muséum», un «cycle de rencontres entre scientifiques et artistes à partir d une thématique».Des résultats récents en ont découlé: une compagnie de danse s’est associée à un paléontologue pour réaliser son nouveau spectacle sur le concept d’origine.Co-organisateur du colloque, l’artiste et philosophe québécois Hervé Fischer, répond à quelques questions du Devoir sur la question.Le Devoir.La figure de Léonard de Vinci est sans doute emblématique de la synthèse, chez une même personne, des processus de création en art et en science.Pourquoi ce qui semblait naturel à la Renaissance semble-t-il aujourd’hui tiré par les cheveux, voire rarissime?Hervé Fischer.Léonard de Vinci, scientifique, admettait volontiers faire de la peinture.Rubens fot peintre et diplomate; Goethç, poète et naturaliste — et un grand commis de l’Etat.Nietzsche, philosophe-poète.Et l’on pourrait citer beaucoup de créateurs, souvent parmi les plus grands, qui ne reconnaîtraient pas cette opposition entre art, science, technologie, et même politique.Pourquoi selon vous en est-on venu à opposer aujourd’hui les processus de création en art et en science?Ces deux champs d’activité humaine n’étaient pas traditionnellement séparés.Encore au Quattrocento, Léonard de Vinci se présente et est reconnu comme un homme de science, de technologie et d’art.Et art et science s'adonnent alors au réalisme.Un certain rationalisme inventé lors de la Renaissance européenne s’est cependant appliqué à mettre en œuvre un dispositif mental restrictif, puritain, «cartésien», qui impliquait le rejet de la sensibilité, de l’imagination, de la subjectivité, très éloigné de ce qui caractérise l’art aujourd'hui.Dans un premier temps, l’art classique a adopté beaucoup de ces SOURCE VLB ÉDITEUR «Les artistes ont vocation de nous faire voir ce que les scientifiques imaginent et de devenir la conscience de la science», estime Hervé Fischer.mêmes restrictions, au nom de l’équation entre le beau et le vrai, favorisant des conventions picturales, musicales ou prosodiques impliquant le contrôle de la raison sur l’imagination.Ce n’est qu’au XIX' siècle que le romantisme, puis des poètes comme Lautréamont, Rimbaud, un écrivain comme Lewis Caroll, un philosophe comme Nietzsche, ont lancé la bataille contre le rationalisme et restauré les valeurs du rêve, de l'imagination, de la nuit, de l’irrationalisme, bref le retour à la surface du refoulé du rationalisme.C’est alors qu’art et science se sont séparés et opposés progressivement.Dada, surréalisme, art abstrait, etc.ont alors consommé l’opposition entre les deux.Mais aujourd’hui, c’est la science actuelle elle-même qui remet en cause le réalisme et le rationalis- me classiques — notamment l’astrophysique, la physique, la biologie — et impose les valeurs de l’imagination scientifique pour relever les défis de la complexité, de l’indétermination, des logiques floues, des discontinuités, etc.: ce que j’appelle le post-rationalisme.Aujourd’hui art et science se rejoignent donc à nouveau à plusieurs égards.Je crois que la transversalité l’emporte de plus en plus sur les barrières, ou silos culturels.Y a-t-il vraiment «création» en science et «rigueur» en art?D y a rigueur autant en art qu’en science — je parle des créateurs importants.Certes les méthodes et les attitudes sont différentes.Mais face à l’énigme du monde, les artistes et les scientifiques sont égaux.Aujourd’hui, les uns et les autres élaborent des langages, les uns — les scientifiques — pour interpréter le monde, pour le maîtriser, pour le transformen les autres — les artistes — pour le questionner ou exprimer les mythes qui nous gouvernent.Pour autant, U ne faut pas confondre les artistes et les scientifiques: les artistes questionnent les attitudes, les valeurs, les conquêtes et les images de la technoscience, y compris, dans mon cas, le simulacre numérique que construit la science actuelle.La logique de la technoscience obéit beaucoup plus à ce rappel de Karl Popper «Tout ce que l’homme peut faire, il le fera.» L’artiste s’oppose nécessairement à cette résignation optimiste! Vous avez parlé dans ce colloque des «rapports étroits» entre les deux processus, leurs similitudes et leur «influences réciproques».Quels exemples évoqués lors du colloque vous ont particulièrement frappé?Je dirais le «bio-art», c’est-à-dire la rencontre entre art et biologie, qui est particulièrement d’actualité.Manipulations génétiques, codes de la vie, vie artificielle nous posent de grands défis, en même temps qu’ils témoignent de la capacité d’imagination, de création et de l’audace des chercheurs scientifiques.Les artistes suivent, se passionnent pour cette nouvelle forme de création, qui les interpelle évidemment au plus haut point Mais leur rôle n’est pas d’aller dans les laboratoires pour en rajouter et créer des chimères.Il consiste plutôt en une démarche culturelle et philosophique pour Artistes et scientifiques ont à nouveau rendez-vous, comme au temps de l’alchimie! s’interroger sur ce fantasme ou sa réalité possible.Un autre domaine: les technologies numériques ont la capacité grandissante de contrôler tous nos faits et gestes.La démocratie, le droit à la vie privée, nos droits et libertés sont menacés par ce nouveau «panopticon» numérique.Cela ne semble pas inquiéter beaucoup nos gouvernements.Ce sont les artistes qui mettent en évidence et questionnent cette évolution.Pourquoi tente-t-on de plus en plus de faire dialoguer les arts et les sciences?C’est ce que tient d’ailleurs à faire Michel Côté dans son musée.Incontestablement, le XXI' siècle rapproche les artistes et les scientifiques pour leur liberté d’esprit, d’imagination et de création.Ils ont donc à nouveau rendez-vous, comme au temps de l’alchimie! Ils nous parlent des futurs possibles de l’humanité et ils explorent les uns et les autres des simulacres, et les langages numériques de ces simulacres.Les scientifiques semblent aujourd’hui être à l’avant-garde, et les artistes suivent, car ils ne maîtrisent pas les langages scientifiques.Mais les artistes ont vocation de nous faire voir ce que les scientifiques imaginent et de devenir la conscience de la science.(Vous vous rappelez cet adage: «Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.» Le problème n’a fait qu’empirer depuis le temps de Rabelais.) Mais ce rôle ne peut être laissé aux seuls artistes! Les philosophes et chacun d’entre nous sommes interpellés dans le sens des responsabilités que doit de plus assumer l’espèce humaine dès lors qu’elle a décidé de concevoir elle-même les scénarios de son évolution.Si Dieu n’existe plus pour y pourvoir, ni la Nature, ni le Grand Horloger, ou si Dieu a abandonné la Création en cours de route, comme on dit, il faut bien 3ue l’homme — et pas seulement les chercheurs ans nos laboratoires —, devenu procréateur de lui-même, fasse une place importante à la technoscience dans la culture, à l’art dans la science et à la philosophie dans l’art L’opposition artificielle créée par le rationalisme classique entre art, science et philosophie n’a plus lieu d’être et pourrait signifier la mort de notre espèce.s 4^954714 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 DÉCEMBRE 20 0 3 G 3 ENTRETIENS JACQUES CARTIER Parité hommes-femmes France et Québec ne voguent pas sur la même galère La France et le Québec présentent des visages différents en matière de présence féminine au sein des rangs politiques.Pour un mince 12 % de femmes françaises élues, une loi sur la parité exige depuis tout récemment l’inscription égale de candidats et de candidates aux élections.Au Québec, sans une telle loi, les femmes réussissent à franchir la barre de l’élection dans 30 % des cas.Lyon — Le colloque avait lieu en terrain bien choisi: l'Institut national des sciences appliquées (INSA) de Villeurbanne, où 31 % des inscrits cette année sont en fait des.inscrites.En France comme au Québec, les disciplines scientifiques continuent de rebuter nombre de jeunes filles, même si les progrès sont remarquables depuis quelques années.D’un domaine à l’autre, les disparités sont titanesques: si l’INSA abrite 80 % de jeunes filles dans son département de bios-dences, elles ne sont plus que 15 % lorsqu’on traverse du côté du génie électrique, un fossé qui s’apparente à ce que l’on connaît de notre côté de l’AÜantique.Devant un public très majoritairement féminin—un signe d’une éloquence navrante — elles ont été nombreuses à défiler au micro pour exposer les tenants et aboutissants d’un système politique, sdentifique et entrepreneurial qui tente de faire la part belle aux femmes, avec ou sans succès.«En France, nous avons une loi sur la parité, mais malgré tout nous venons de très loin», a lancé d’entrée de jeu la très flamboyante Fabienne Lévy, vice-présidente du Conseil régional Rhône-Alpes, qui ouvrait ce colloque aux côtés de la ministre québécoise Michelle Courchesne.«Nous sommes toujours l’avant-dernier pays de l’Europe des 15 pour ce qui est delà représentation des femmes en politique.L’utopie, c’est5050 en politique.On voit bien que ce n'est pas la réalité, mais on espère que ce le sera pour demain.» Députée européenne invitée à partidper au débat, la philosophe Geneviève Fraisse croit que ces modes de discrimination positive adoptés par la France «sont de mauvaises réponses, mais pour l’instant, nous n’en avons pas d’autres».La France a beau avoir franchi le pas légal menant à une présence plus abondante des femmes en politique, les données démontrent que la partie n’est pas gagnée: 5 % de femmes seulement siègent aux conseils d’administration des grandes corporations françaises, 11 % de femmes ont été élues mairesses aux dernières élections munidpales de 2001 contre 12 % de femmes députées aux dernières législatives.«Les femmes essuient toujours un taux de refus au crédit des banques de 30 % supérieur à celui des hommes», a rappelé Dominique Daures, déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité pour la préfecture de la région Rhône-Alpes.Pour ces politiciennes françaises, l’herbe semble beaucoup plus verte au Québec en matière d’égalité.En 2002, les détenteurs d’un baccalauréat étaient à 60 % des femmes dans nos universités, et à nous avons un .tiers de députées (contre 1,1 % qu’elles étaient en 1962), 28 % des ministres sont des femmes dans le nouveau cabinet Charest «La notion de parité n’est pas utilisée au Québec», a rapidement précisé la ministre Courchesne, seule membre du nouveau gouvernement à s’être déplacée aux 16e Entretiens Jacques Cartier, aux côtés de Ronald Poupart, conseiller spécial du premier ministre.«Nous parlons plutôt d’égalité.» Obstacles québécois Avec le tiers d’un cabinet porteur de jupes, la parité est pourtant loin d’être atteinte au Québec aussi «Pourquoi ce 50 % qu’on cherche à atteindre est-il si difficile à trouver?», a demandé Mme Courchesne à un parterre très attentif au moindre de ses propos.Les femmes ont encore plusieurs obstacles à franchir avant d’atteindre l’arène politique, si alléchante fut-elle, a-teUe répondu, citant une étude de la chercheure Danielle Maisonneuve, de TUniversité du Québec à Montréal (UQAM).L’analyse révèle d’ailleurs de manière éloquente que les femmes qui osent embrasser une carrière politique sont soit sans enfants, soit âgées de plus de 50 ans, comme si l’on ne pouvait atteindre l’importante proportion de femmes qui oscillent entre ces deux extrêmes.«C’est encore et toujours d’abord une question de manque de temps», a expliqué la ministre, qui a elle-même fait le choix du combat politique pour une seconde fois, après l’avoir frit d’abord à l’âge de 28 ans au niveau municipal.«Les horaires du pouvoir sont des horaires masculins.» Prises par le tourbillon des réunions, les femmes ne peuvent se résoudre à se présenter mal préparées pour l’un de ces entretiens enùe collègues, a raconté la ministre sur le ton de l’anecdote.«Ce souci du détail, ce manque de confiance sont des caractéristiques fréquentes, c’est comme si elles s’imaginaient que c’est en ayant toutes les réponses à toutes les questions qu’elles pourront véritablement foncer.» La déchirure ressentie par la mère politicienne n’est pas non plus étrangère à la présence encore clairsemée des femmes en politique.«On parle beaucoup de la “superwoman”, Je n’aime pas tellement ce terme, mais il est vrai que nous sommes avant tout des mères et que tant que les enfants ne sont pas autonomes, c’est difficile de s’impliquer librement», explique Michelle Courchesne, elle-même maman de deux rejetons devenus plus grands.«Je le vois au Conseil des ministres, c’est flagrant: les jeunes femmes qui sont là n'ont pas d'enfants, c’est pour cela qu ’elles sont là!» Ecartelée entre les exigences du typhon politique et celles de la vie de famille, c’est finalement dans un bain de culpabilité que la mère politicienne nage invariablement, qu’elle s’anajyse sous la lorgnette de politicienne ou de maman.«A la fin de la journée, on a l’impression qu’on n’a rien accompli de bien, ni dans son rôle de mère, ni dans son rôle de conjointe, ni dans celui d’employée ou d’élue.» Les élus québécois «observent* attentivement les résultats de la loi sur la parité appliquée en France, mais ils n’ont pas l'intention d’adopter un système similaire.Un choix qui n’empêche pas de constater que d’importants progrès doivent encore être réalisés, a affirmé la ministre Courchesne, responsable du dossier de la condition féminine, qu’elle préfère appeler «cause des femmes».«On a encore besoin de notre bâton de pèlerine, mais aussi de notre bâton de pèlerin Nous avons de plus en plus d’alliés masculins, même si, quand on le dit trop flrrt chez nous, on est vite taxée de ‘masculiniste’’ et qu’on a toujours un peu l'impression de marcher sur desjeufs.J’ai toujours dit “K you can’t beat them, join them!”» Ayant récemment refait ce choix politique, la ministre y voit une manière efficace d'être entendue.«Je ne vous dirai pas que c’est le plus beau métier du monde.Mais c’est un choix que j'ai refait d’utiliser la politique comme agent de changement fai la ferme conviction que ce sont nous, les femmes, qui pouvons le mieux défendre certains aspects politiques plus sociaux» m.-a.a Une entrevue avec Michelle Courchesne Une Québécoise en politique «Il faut continuer à être déterminées, à manifester des convictions profondes» La ministre des Relations avec les citoyens et de rimmigration, responsable du dossier de la condition féminine, a parlé à Lyon d’engagement La place des femmes en politique, si nécessaire, ne peut s’inscrire à force de lois ou d’une politique de discrimination positive.Retour sur la parité hommes-femmes.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Lyon — La ministre québécoise des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, Michelle Courchesne, était invitée par la récente édition des Entretiens Jacques Cartier à donner le coup d’envoi à l’un des colloques qui s'y déroulait, autour du thème de la parité hommes-femmes («Entre utopie et réalités», 1" et 2 décembre dernier, Lyon).La ministre, porteuse du dossier de la condition féminine, y a brossé un portrait de la situation des femmes en politique au Québec (voir autre texte).Le Devoir s’est entretenu avec elle en marge de ce colloque.Le Devoir.Vous avez vous-même plongé une première fois en politique au niveau municipal alors que vous n’aviez que 28 ans.Les choses ont-elles changé depuis?Michelle Courchesne.J’étais très très jeune, et il y a 22 ans, il y avait pas mal moins de femmes qu’aujourd’hui, et des jeunes femmes, pas du tout.Je me rappelle même que mon arrivée avait fait l’objet de nombreux reportages à l’époque, j’avais même eu le grand privilège de «faire» Denise Bombardier, ce qui m’avait beaucoup impressionnée.On commençait alors à peine à parler de l’importance de l’implication des femmes en politique.Je pense que c’est important de s’y intéresser assez jeune, parce qu’on vit la réalité un peu différemment, et puis comme on exerce le pouvoir pour le présent mais aussi pour le futur, il y a un dynamisme, une belle création d’idées et une confrontation des enjeux qui forcément sont différents.L’exercice du pouvoir exige une représentation de tout le monde dans la société à mon avis: il faut qu’il y en ait des moins jeunes aussi, je dirais pour l’expérience, pour la sagesse, mais les plus jeunes sont indispensables aussi pour témoigner de réalités particulières, comme celle des jeunes familles, spécifiquement dans ces années où nous sommes.Il ne faut pas se priver des femmes plus jeunes.Vous êtes ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, responsable du dossier de la condition féminine.Est-ce que le fait que ce titre n’apparaisse pas dans le nom du ministère témoigne d’une moindre importance pour votre gouvernement?Mais il fait partie d’un ministère, il fait partie de mon ministère! Ce portefeuille-là a souvent été délégué, or il n’est plus délégué; il est quand même attribué à une ministre qui peut exercer le changement, qui peut le défendre pleinement et entièrement autour de la table du Conseil des ministres et qui peut aussi diriger l’action liée aux enjeux de la cause des femmes.Je ne sens d’aucune façon une diminution de l’importance du rôle qui m’est attribué dans la condition féminine, bien au contraire.Je sens que je peux y œuvrer en toute latitude et en toute liberté, mais aussi avec la force et la détermination requises pour ce dossier-là, comme pour d’autres.Dans l’esprit des groupes de femmes, peut-être [que le dossier semble avoir perdu de son importance].Elles avaient très peur de 1’éloignement de la ministre de leur cause et je crois que je p>eux dire en toute modestie qu’elles sont assez satisfaites de mon degré de disponibilité.Nous avons quand même livré de bons arguments sur les dossiers qui sont sur la table maintenant, et elles ont senti l’appui du gouvernement Ce que les femmes veulent c’est avoir une ministre qui est là et qui les appuie, et qui effectue le lien entre elles et l’ensemble du gouvernement D y a tellement à faire et c’est une responsabilité qui doit être partagée avec l’ensemble du gouvernement Je suis peut-être la porteuse du dossier mais il faut faire valoir cette voix auprès de l’ensemble des collègues parce que l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes doit être une responsabilité partagée par l’ensemble des collègues, qu’ils soient hommes ou femmes.Sentez-vous une bonne écoute à cet égard auprès du Conseil des ministres?Oui, très franchement, c’est oui.Je ne sens pas d’obstacles majeurs à l’écoute, absolument pas, bien au contraire.Je fais la comparaison avec d’autres époques, et c’est beaucoup plus facile maintenant.Mais comme gouverner, c'est souvent faire certains choix, est-ce qu’on répond toujours à 100 %?Je dirais qu’il faut continuer à être déterminées, à manifester des convictions profondes, et je ne suis pas en train de dire que tout est gagné d’avance: je ne prends pas ça à la légère, au contraire, je crois que c’est une responsabilité exigeante qui demande une vigilance de tous les instants.D y a encore dans notre société des acquis qui sont fragiles, des situations de discrimination, et notre responsabilité comme gouvernement, c’est de regarder ça bien en face et avec lucidité.Vous affirmez «observer» la loi française sur la parité.Peut-on envisager un système similaire chez nous?Non, la loi sur la parité [n’est pas envisagée] pour l’instant Très franchement, sur une base personnelle mais aussi comme ministre, je pense qu’il faut observer ce qui se passe en France, mais je ne suis pas en mode observation parce qu'on songe à passer une loi sur la parité, non.Si un pays comme la France se dote d’une telle loi, il faut regarder les résultats, les tenants et aboutissants, les aspects positifs, et il faut se poser la question: est-ce que c’est vers cela qu’on veut aller?Non, pour l’instant, ce n’est pas vers ça qu’on veut aller.En tant que femme—je ne parie pas en tant que ministre —, j’ai toujours eu au cours de ma carrière beaucoup de difficultés à sentir que je suis à un endroit parce qu'obligatoirement je dois faire partie d’un pourcentage.Toutes les femmes veulent accéder à des postes d’influence ou décisionnels parce qu’on reconnaît ce qu’elles sont, leurs compétences, leur expérience, leur expertise, et non pas parce qu’il faut obligatoirement avoir un pourcentage.J’ai beaucoup de difficultés avec cet aspect-là de la loi.La question qu’on doit poser, c’est: est-ce Ju’une loi comme celle-là est vraiment mobilisatrice ’une société vers un objectif à atteindre?Et est-ce qu’il y a un résultat par rapport à cet objectif à atteindre uniquement parce qu’on a adopté une loi?On peut se poser la question.Chez nous, dans la réforme des institutions démo- % % JACQUES GRENIER LE DEVOIR Michelle Courchesne, ministre des Relations avec I du dossier < belle Courchesne, ministre des Relations ¦ les citoyens et de l’Immigration, responsable lossier de la condition féminine.cratiques, il faudra faire valoir le point de vue des femmes à cet égard-là, il faudra écouter et voir quels sont les autres moyens qui peuvent inciter un plus grand nombre de femmes à se présenter en politique.Si on présente la majorité des femmes dans des comtés où elles n’ont aucune chance de gagner, tu aurais beau avoir 50 % de femmes candidates, tu n’as rien accompli.C’est l’autre aspect de la question et c’est complexe, ce n’est pas si simple que ça.Il faut faire tomber les obstacles et les craintes.Il faut communiquer cette assurance de soi pour que les femmes aient envie d’avoir vont au chapitre, de la même façon qu’il faut faire tomber certains obstacles qui ne facilitent pas la venue des femmes; je pense qu’il faut aussi continuer à faire évoluer l’exercice du pouvoir dans ce qu’il a de plus noble, et ça c’est vrai pour les femmes, et aussi pour les hommes.Je crois beaucoup à la valorisation du travail de l’élu, il faut travailler à l’amélioration de l’image du politicien et de la politicienne, et dans ce sens-là je crois que les femmes ont une contribution très positive à cet égard-là.Est-ce que la présence des femmes change quelque chose au jeu politique?Entre collègues d’un même parti et de partis ad- verses, il y a un plus grand respect dans la façon d’élaborer sur certains débats, pas tout le temps, s toujours au quotidien, mais si je compare aux dernières années, il y a quand même une amélioration, et je crois que c’est la venue des femmes ui a changé cette façon de s’aborder et cette façon e discuter de certains enjeux et de certains dossiers.Pour cela, les femmes ont un rôle très important à jouer en politique.La sohdarité féminine en politique existe-t-elle?Oui.Mais pas seulement au Conseil des ministres: entre toutes les parlementaires féminines, peu importe le parti.Je suis une de celles qui affirment — et je ne suis pas la seule, je l’entends de la part d’autres personnes — que certains dossiers 3ui sont moeurs dans les préoccupations sociales oivent être abordés sans partisanerie.Comme Par exemple la cause des femmes.Je donne exemple de la violence conjugale ou de la violence sous toutes ses formes à l’égard des femmes: on ne va quand même pas commencer à faire de la politique sur ce dossier-là! Ce sont des dossiers qu’on doit mettre au-dessus de la partisanerie politique et où on doit montrer de la solidarité politique.Oui, il y a encore une solidarité entre toutes les parlementaires, et i’y fais appel régulièrement, j’y crois.On la sent de la part de ces pionnières qui sont passées avant nous, mais aussi auprès des toutes jeunes, où on se regroupe parce qu’on veut partager cette nouvelle vie qu’on découvre.Je crois que ça peut contribuer à changer ce que j’appelle l’exercice du pouvoir.Que pensez-vous des projets qui ont été envisagés par certaines facultés de médecine québécoises d’effectuer de la discrimination positive l’égard des garçons pour rééquilibrer les admissions?Vous parlez de médecine, c’est très pointu, mais je ne pense pas qu’on doive faire de la discrimination positive à cet égard-là.Je me demande toujours quelles sont les causes.Attaquons-nous aux causes qui pourraient expliquer certains phénomènes, et là, c’est la sociologue qui vous parle.On parle ici d’un phénomène relativement récent.Attendons de voir conunent les choses vont évoluer au cours des prochaines années.Par contre, je dirais que c’est une très bonne chose qu’on fasse beaucoup plus d'efforts soutenus pour encourager les filles à étudier dans le domaines des sciences, toutes disciplines confondues.C’est pour cela que je pense qu’au contraire, ce qu’il faut, c’est faire des efforts dans toutes les facultés où les filles ne sont pas à égalité et où elles ont encore un grand chemin à parcourir.Pour le phénomène des médecins, j’aurais tendance à vouloir attendre un peu, voir les causes avant de prendre des décisions hâtives.O Z O Z u .i (A Z < Û «J ui G0
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.