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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-01-03, Collections de BAnQ.

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LE P E V 0 I R .LES SAMEDI S ET DIMANCHE t JANVIER 200 DE VISU Les héros du vidéo Page F 4 tr CINEMA Le bilan de Tannée Page F 5 LE DEVOIR «- 0 PHOTO l’I.KK 1 AV01 K.VKKS \9'20 m *' ^ Le journaliste et pamphlétaire Olivar Asselin en 1916.PHOTO: AUTEUR INCONNU.1916.COI.I.KCTION P.ASSI I IN PHOTO.CONRAD POIRIER, 1941.ARCHIVES NATIONALES DU QUÉIIKC A MONTRÉAL IjA VIIÏ citadine et bourgeoise, COMME LA VIE RURALE, Y ESI' représentée; un grand éventail DE PROFESSIONS ET DE MÉTIERS, DONT PLUSIEURS SONT PERDUS, Y SONT ÉGALEMENT ÉVOQUÉS POUR NE PAS OUBLIER LA RICHESSE DE SES RACINES Avec cette collection chapeautée par le nom «Aux limites de la mémoire», les Publications du Québec offrent une petite histoire absolument originale de la vie quotidienne au Québec, couvrant à peu près 150 ans.On y trouve «la partie la moins officielle, la moins achevée de notre histoire», celle qui dort dans les archives, les musées ou les albums de photos de famille.PHOTO: FRANÇOIS FLEURY, 1943.CENTRE D’ARCHIVES DE QUÉBEC Ces albums ne sont pas simplement de beaux livres À POSER SUR LA TABLE À CAFÉ ; ILS S’IMPOSENT COMME UNE NÉCESSITÉ DANS UN PAYS DONT LA DEVISE EST *JE ME SOUVIENS» MAIS QUI OUBUE SI FACILEMENT SOLANGE LÉVESQUE histoire de cette collection commence en 1995, alors que paraissait «Aux limites de la mémoire» Photographies du Québec 1900-1930, un album élaboré par le Musée du Bas-Saint-Laurent et produit par les Publications du Québec, comprenant 200 photos acquises par des donations et choisies dans le fonds du musée.Les bas de vignette ont été réalisés, pour ce premier album, à partir du témoignage oral recueilli auprès de personnages âgées.Après l’avoir parcouru, le lecteur, quel que soit son âge, aura en tête un panorama très évocateur de ce que fut la vie québécoise au début du vingtième siècle.Qui aurait pu prévoir l’intérêt suscité par un ouvrage comme celui-là?Il fut tel que les Publications du Québec ont décidé de poursuivre l’aventure en multipliant les thèmes, de sorte que la collection comprend déjà à ce jour dix volumes, toujours en noir et blanc, étonnamment riches d’information, mis en page avec la rigueur qu’exigeait un tel projet Chaque album, préfacé par un auteur spécialisé dans un domaine qui se rapporte au thème, rassemble environ 200 photos soutenues par des titres suivis de commentaires qui ne manquent ni d’esprit critique ni d’humour subtil et qui font preuve de beaucoup d’à-propos et d’amour pour leur sujet.Ces albums ne sont pas simplement de beaux livres à poser sur la table à café; ils s’imposent comme une nécessité dans un pays dont la devise est «Je me souviens» mais qui oublie si facilement (parmi ceux qui l’ont souligné, Jean-Claude Germain, qui a ironiquement et fort justement donné pour titre Un pays dont la devise est je m’oublie à l’une de ses pièces en 1976).Car, en effet, il a la mémoire courte, ce pays qui hésite à se considérer comme tel et qui fait trop souvent l’économie de l’analyse, notamment en résumant par les mots de «Grande Noirceur» (avec une inquiétante légèreté) une époque qui fut, certes, sous l’emprise de divers jougs (dont on n’a pas encore tout dit) mais qui fut, par ailleurs, extrêmement riche en opiniâtreté, en invention et en évolutions de toutes sortes.Les voies très diverses que proposent ces albums au lecteur ont de quoi ébranler les préjugés qui entravent la circulation de la mémoire.Toute personne qui sait lire et regarder, quel que soit son âge, trouvera à feuilleter ces albums de véritables petits films; les quelque 2000 photographies de provenances diverses qui les composent stimulent la curiosité autant qu’elles rappellent la vitalité des racines québécoises, en renouant avec ses physionomies intimes.Si l’on considère l’époque entière couverte par la collection, qui va de 1859 à 1982, on se rend compte que ces quelque 150 ans ont vu le Québec passer, comme on l’a souvent remarqué à la blague, du Moyen Âge à la modernité quasiment sans transition.Il est à noter qu’aucun livre de cette collection n’entretient un culte commercial ou passéiste du «bon vieux temps».À les parcourir attentivement, ce qui frappe, c’est que les gens qui ont vécu à ces époques savaient tout faire, utilisaient les ressources dont ils disposaient et cultivaient celles-ci au maximum.La vie citadine et bourgeoise, comme la vie rurale, y est représentée; un grand éventail de pro fessions et de métiers, dont plusieurs sont perdus, y sont également évoqués.Le plaisir de fouiller dans ces livres est si vif qu’on voudrait parler de tous.Œuvre de femmes 1860-1961, l’album émouvant conçu par Inde Desrochers, qui retrace un siècle d’activités et de travaux dévolus aux femmes, se révèle particulièrement étonnant sous ce rapport Le livre illustre ce que Simonne et Michel Charlrand, à l’instar de plusieurs autres, ont affirmé chaque fois qu’ils l’ont pu, à savoir que les femmes ont porté sur leurs épaules des responsabilités beaucoup plus énormes que l’histoire ne le rapporte et accompli un travail trop souvent tenu pour acquis mais titanesque dans le développement du Québec.Quant à Naviguer sur le fleuve au temps passé 1860-1960, conçu par Alain Franck, ethnologue spédalisé en histoire maritime, il se révèle un complément essentiel au film de Pierre Perrault Us Voitures d’eau, rappelant que le Saint-Laurent fut, pendant cette période, non seulement une voie commerciale, le couloir d’entrée des immigrants au pays et une artère essentielle au commerce du bois, mais également un lieu vivant et rassembleur, appartenant vraiment aux riverains qui y trouvaient non VOIR PAGE E 2: RACINES LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE I JANVIER 2001 E 2 iw Livres RACINES Des albums aussi agréables à consulter que bien documentés SUITE DE LA PAGE E 1 seulement de quoi se nourrir, mais également de quoi s’y retrouver, s’y divertir et y rêver.Alexander Retord, historien et directeur des Jardins de Métis (et petit-fils de leur fondatrice Elsie Retord), signe Des jardins oubliés 1860-1960, un siècle de jardins, du plus modeste jardin de curé ou de fermier aux plus opulents domaines horticoles.(Alexander Retord est également l’auteur de l’album Au rythme du train 1859-1970.) Les deux historiens Paul-André Leclerc et Jacques Saint-Pierre ont réalisé, quant à eux, La Vie rurale 1866-1953, où l’on ne redécouvre pas seulement tous les aspects de la vie à la campagne mais aussi l’ingéniosité et l’imagination des familles des cultivateurs, la pureté de l’architecture de leurs bâtiments.Quel Québécois (quelle que soit sa provenance) n’a pas, de près ou de loin, par le biais d’une attirance personnelle ou de son atavisme, un rapport avec la forêt?La question des forêts et du bois (peuples qui y vivent, coupe, circulation, commerce, chantiers, trappe en forêt, drave, transformation, moulins à scie, etc.) est cernée par Lynda Dionne et Georges Pelletier dans Des forêts et des hommes 1880-1982.Le dernier paru, Le Québec et la Guerre 1960-1954, sous la direction de l’historien et muséologue Jean-Marie Fallu, évoque les nombreuses guerres auxquelles le Québec a participé, de celle des Boers à la guerre de Corée en passant par la guerre civile d’Espagne, la conscription et le fameux «effort de guerre».Il était temps qu’une telle collection paraisse, pour que tous les fonds photographiques, ceux des Archives nationales, des musées ou des collections privées, redeviennent vivants et abordables pour tous grâce à des albums aussi agréables à consulter que bien documentés, qui font circuler les visages de l’histoire de la vie quotidienne en rendant celle-ci accessible à tous.«Aux limites de la mémoire» constitue donc une initiative absolument nécessaire, et un cadeau d’une incommensurable richesse.?La collection «Aux limites de la mémoire», aux Publications du Québec, comprend à ce jour 10 titres: ¦ Photographies du Québec 1900-1930, Guy Bouchard et Jean Régis (1995); ¦ Entre campagne et ville 1940-1950, Paul-Louis Martin (1996); ¦ Les Voies du passé, 1870-1965: les transports au Québec, Serge Lambert et Jean-Claude Dupont (1997); ¦ Des forêts et des hommes 1880-1982, Lynda Dionne, Georges Pelletier (1997); ¦ Des jardins oubliés 1860-1960, Alexander Reford (1999); ¦ Naviguer sur le fleuve au temps passé 1860-1960, Alain Franck (2000); ¦ La Vie rurale 1866-1953, Paul-André Leclerc, Jacques Saint-Pierre (2001); ¦ Au rythme du train 1859-1970, Alexander Reford (2002); ¦ Œuvres de femmes 1860-1961, Lucie Desrochers (2003); ¦ Le Québec et la Guerre 1860-2961, Jean-Marie Fallu (2003).ESSAIS QUÉBÉCOIS La santé pour tout le monde Librairie VOX POPULI, VOX DEI L 1 Jeunes» HARRY POTTER EUORDRE DU PHENIX* (34*]) 1 K ROWLING Gallimard 4 !- «eman Qc L'HISIOIRE DE PI * - Booker Prite 2002 Y.MARTE! XY2 éc.19 3 Roman Qc LES fILLES DE CALEB, t.3-L'abandon de la mésange i S.COUSTURE Libre Expression 8' I Biographie Qc J'AI SERRE U MAIN DU DIABLE * R DALUÏRE Libre Expression 10’ 5 Cuisine Qc LA SÉLECTION CHARTIER 2004 F.CHARTIER La Presse 9 6 Psychologie GUERIR * SERVAN-SCHREIBER Robert Laffont 37 7 Cuisine Qc LE GUIDE DU VIN 2004 M PHANEUF L'Homme 8 8 B.D ASTERIX ET LA RENTRÉE GAULOISE UDERZ0/G0SCINNY Albert René 18 9 Essais Qc CHRONIQUES DU DIMANCHE S.LAPORTE La Presse 5 10 Biographie LE TEMPS DESAVANTS C, AZNAVOUR Flammarion Qc 10 11 Essais MAL DE TERRE ?H, REEVES Seuil 35 12 Histoire Qc LES COUREURS DES BOIS* G.-H.GERMAIN Libre Expression 11 13 Sport Qc LA GLORIEUSE HISTOIRE DES CANADIENS * NORMAND/BRUNEAU l'Homme 7 14 Biographie VIVRE POUR LA RACONTER ?G.GARCIA-MARQUEZ Grasset 8 15 Cuisine Qc 101 PERSONNALITÉS,loi RECETTES * COLLECTIF Johanne Demers 6 16 Biographie 1FK, LE DERNIER TEMOIN ESTES/REYMOND Flammanon y 17 Roman Qc LE CAHIER NOIR M TREMBLAY Leméac 9 18 Guides Qc GUIDE DES REST0S VOIR 2004 COLLECTIF Comm Voir 7 19 Guide Qc LE GUIDE DE IA M010 2004 C SIDWELLS Les Guides Moto 2 20 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN, t, 1 * A 8RASHARES Gallimard 79 21 Mai LE PROTOCOLE SIGMA R.LUDI.UM Grasset 11 22 Cinéma LE SEIGNEUR DES ANNEAUX ¦ Armes et guerre C.SMITH Pré aux clercs 4 23 Cuisine Qc LA CUISINE RAISONNÉE ?COLLECTIF Ftdes m ' 5'.Au seuil de a nouvelle ann l’tte ée.la librairie Renaud-Bray ypyf ' vous offre ses meilleurs vœux p"ur 2004 24 Roman LE LIBRAIRE DE KABOUL * A.SEIERSTAD JC Latlès 29 25 Roman LE COMPLEXE DE DI * Prix Femma 20oI D SUIE Gallimard 15 26 Roman COURAGE D, STEEL Pi de la Cité 10 27 Jeunesse LES EXPÉRIENCES DES DÉBROUILLARDS * COLLECTIF Bayard 10 28 Cuisine PORTO - Le guide du connaisseur * G.SPENCE Modus Vivendi 191 29 Roman DANSEUR * C.MCCANN Beifond 15 30 Biographie Qc CAMILLE LAURIN * J.-C.PICARD Boréal 9 31 Cuisine SUSHIS El COMPAGNIE * COLLECTIF Marabout 88 32 Actualité L'Etat du monde 2004 COLLECTIF Boréal 12 33 Psycho Qc VICTIME DESAUIRES BOURREAU DE SOI MÊME * G C0RNEAU L'Homme 16 34 Essais Qc LA ROUTE DES HELES SHER / MARSDEN L'Homme 10 35 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT * E TOLLE Anane 168 36 Roman Qc HELENE DECHAMPUIN.il N.FYFE-MARTEL Hurtubise HMH ‘32 37 Roman Qc LIFE 0F PI* ¦ Booker Pn s 2002 Y MARTEL Vintage Canada i 62 38 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGUIS.t 3 N LESTER les Intouchable: s 7 39 Cinéma LE SEIGNEUR DES ANNEAUX t.03 - le retour du roi J.FISCHER Pré aux clercs 4 40 Photos K LIBBRECHT l'Homme 7 41 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, t 1-Gabnelle* M.UBERGE Boréal 161 42 Photos 366 JOURS POUR RÉHECHIR A U TERRE Y ARTHUS-BERTRAN 9 la Martimére 10 43 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN t.2 - Le deuxième été A BRASHARES Gallimard 29 44 8.0 LES SARCOPHAGES DU 6* CONFINENT * Y.SENTE BlakeA Mertunei r 4 45 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ’ * J.SPENCER Michel Lafon 160 I V Coup de Cœur RB ¦¦¦¦ Nouvelle entrée Nb«f •l^wnunfttléptii* pÉiuhw ^ | J Plus de lOOO Coups de Cœur, pour mieux choLsir.e docteur Robert Pate-naude a du nerf et du coeur.Après avoir livré un témoignage rythmé mais accablant au sujet des services d’urgence des hôpitaux québécois dans 24 heures à l’urgence en 1999, le voici qu’il récidive avec encore plus de force dans La Santé, ce mal nécessaire, un essai très personnel qui aborde le même univers, mais dans une perspective plus large.Afin d’illustrer «les ratés du système québécois», Patenaude, en homme de terrain, nous amène encore à l’urgence par un beau vencfredi froid de novembre.Huit heures, cette fois-ci, lui suffiront pour réitérer le diagnostic établi dans son ouvrage précédent.Dans un style bousculé qui évoque le climat tourbillonnant d’un banal mais combien essentiel service d’urgence québécois, le médecin indigné illustre, dénonce et s'attendrit Il illustre, d’abord, les conditions inacceptables que réserve l’état actuel des lieux aussi bien aux patients qu’au personnel soignant Du toucher rectal réalisé sans ménagement dans le corridor, au vu et au su de tout le monde, au désarroi d’une schizophrène et de son conjoint qu’on renvoie chez eux cavalièrement parce qu’on ne peut rien faire pour eux, en passant par le triste clochard qu’on perd et les chanceux qu’on parvient à réchapper, tout un généreux désordre s’étale qui permet de comprendre qu’il faudrait bien, de toute urgence, oui, faire quelque chose pour améliorer la situation.Ce que Patenaude dénonce, du même souffle, ce sont les conditions de désorganisation, voire de violence, avec lesquelles le personnel soignant doit composer, surtout la nuit C’est aussi, l’utilisation abusive des services ambulanciers qui coûte la peau des fesses et congestionne les services; les consultations inutiles qui détournent les intervenants de l’essentiel; l’irresponsabilité parentale qui engendre ou des enfants-rois ou de tristes petits poucets hantant des corridors qui ne sont pas pour eux; l’hypocrite médecine actuelle à deux vitesses qui vaut un traitement privilégié à la douillette épouse du président de la Louis Cornellier ?fondation de l’hôpital et les néons de l’urgence aux autres; quelques-uns de ses coDègues embourgeoisés qui se changent les idées en discutant de leurs problèmes d’impôt avant de retourner dans la «merveilleuse» île des Sœurs; mais surtout les gestionnaires déconnectés de la réalité de l’urgence qui font leurs choux gras de la multiplication de comités dont les rapports aboutissent dans les limbes.L’esprit des Invasions barbares n’est pas loin et cela inquiète un peu; ce qui est exagéré n’est-il pas insignifiant?Derrière ce feu roulant de critiques à l’emporte-pièce se trouve un désarroi dont l'auteur n’est pas dupe: «Et cela n’est pas sans conséquences sur la vie dite privée: radicalisation des idées et des prises de position, manque d’indulgence envers les autres, intransigeance et manque de tact face aux amis les plus proches.sans parler de la vie sentimentale qui, à cause de tous ces paramètres, tend à ne devenir qu’une succession d’aventures sans cesse plus insatisfaisantes.» D’autres, moins concernés ou moins lucides et moins engagés, s’en sortent, on l’imagine, plus facilement.On serait mal venu, cela étant, de reprocher au docteur Patenaude l’admirable souci humaniste qu’il applique à son champ d’intervention qui, faut-il insister làdes-sus, finira par tous nous rejoindre un jour ou l’autre, en ce moment précis où notre vulnérabilité sera à son summum.La santé, c’est pour tout le monde parce que la maladie, nul n’y échappe non plus.Cela, Patenaude, qui fut naguère sauvé d’une leucémie grâce à une greffe de moelle osseuse provenant de sa sœur Diane, le sait mieux que quiconque.Et s’il parvient encore à s’attendrir, aujourd’hui, c’est grâce au souvenir de cette frangine, schizophrène et réduite à vivre de l’aide sociale, mais incarnation, à ses yeux, de la générosité humaine.Elle est morte en 1997, en se jetant du pont Jacques-Cartier.Et c’est au chevet de Réal conjoint de celle-ci et cancéreux en phase terminale, que Patenaude, dans les pages les plus profondément humaines de cet ouvrage, se remémore ces tragiques événements et ne peut s’empêcher de bouillir encore une fois: «Je suis hanté par les figures de Diane et de Réal et de leurs frères et sœurs dans la détresse.Tous ces malades mentaux oubliés, craints, cachés, rejetés, chaque jçur» assassinés «par leur société».A l’arrivée du «providentiel chèque de bien-être», se souvient-il, le poulet de St-Hubert BBQ, «ultime gâterie», leur était une fête.Des propositions C’est pour eux, et par conséquent pour tous les autres, tous nous autres, que Patenaude a choisi la bataille plutôt que le repos du guerrier.Les douze propositions consignées dans son «rapport Patenaude», écrit-il, n’ont pas d’autre objectif: «Le meilleur baromètre pour évaluer cette volonté réelle d’intervention et de changement se situe au niveau de l’amélioration de la qualité de vie des plus démunis.Si nous ne pouvons pas assurer à cette classe de la population des soins adéquats, alors que nous demeurons l’un des peuples choyés de la planète, c’est que nous ne sommes pas vraiment capables d’autocritique et de véritable effort de partage social et humanitaire.» On veut bien et le projet nous semble l’un des plus dignes et des plus urgents qui soient, mais la présence du docteur Yves Lamontagne à titre de préfacier de cet ouvrage ne laisse pas de semer le doute dans notre esprit quand on connaît les positions idéologiques plutôt néolibérales de ce dernier.Lamontagne saisit-il mal les intentions de Patenaude pour ainsi l'appuyer?Ce dernier dit-il une chose et son contraire?Est-ce nous qui saisissons mal l’esprit de ce projet?Multiples, les propositions Patenaude, qui souhaitent améliorer la qualité des soins sans augmenter substantiellement les coûts, ne sont pas toutes faciles à évaluer pour un profane.Abolir, par exemple, le ministère de la Santé pour le remplacer par une Régie québécoise de la santé sans lien partisan avec le gouvernement en place peut paraître une solution intéressante en ce qu’elle nous libérerait des ministres «parachutés» et de cette «politique de la chaise musicale [qui] occasionne d’irrécupérables retards et rend notre système de moins en moins compétitif».Mais qui décrétera les principes fondamentaux qui guideront les décisions de cette Régie?Des sociaux-démocrates ou des néolibéraux?Patenaude peut bien souhaiter que la santé ne constitue plus un enjeu politique, mais on voit mal comment cela pourrait être le cas.D’ailleurs, si certaines des propositions de ce «rapport» s’inscrivent parfaitement dans le généreux projet affiché par le docteur (lutte au coût croissant des médicaments et réforme radicale dans la prescription de ceux-ci, amélioration des soins à domicile et en centre d’accueil, formation de groupes de médecine familiale, participation de la population dans une entreprise collective de conscientisation, entre autres en milieu scolaire, mise sur pied d’un seul centre hospitalier universitaire à Montréal), d’autres, en revanche, y détonnent (par exemple, l’instauration de frais d’utilisateur dont l’efficacité reste à être prouvée).Une chose, somme toute et pour l’heure, est sûre: cet ouvrage, à la fois instructif, vif et humaniste, dans le vrai sens de ce terme galvaudé, est une contribution importante à un débat vital louiscornellietffparroinfo.net LA SAMÉ, CE MAL NÉCESSAIRE Dr Robert Patenaude Québec Amérique Montréal, 2003,208 pages BÉDÉ JS 3JXtia 31 .mVj.___-, .J 831 .£i .:I08 -LIS ilSJS Le présent n’est plus ce qu’il était m 25 succursales au Québec www.renaud-bray.com DENIS LORD Inventaire avant travaux, le cinquième et plus récent album de la série Monsieur Jean, signée Du-puy et Berberian, est pétri de représentations de la mort.C’est d’abord ce poème, que le petit Eugène écrit pour un travail scolaire et qui se résume en une phrase: «On va tous mourir.» C’est encore cette théorie élaborée par Félix, son père adoptif, loufoque a priori, voulant que la prolifération des crottes de chien sur les trottoirs en France soit symptomatique de la peur de mourir.Et il y a encore ces fantômes, cette caisse de babioles trouvée par Monsieur Jean dans son nouvel appartement, laissée là par un précédent locataire, décédé.Jean est obsédé par cette caisse.Dans une fort belle séquence onirique.Monsieur Jean se voit cerné par des murs de caisses semblables, qui se métamorphosent ensuite en buildings.On va tous mourir?Malgré le caractère tragique du sujet, Inventaire avant travaux fait la part belle à l’humour et à la tendresse.«Nous cherchons un ton entre légèreté et gravité, dit Berberian.Comme dans ces films italiens, ceux d’Ettore Scola ou de Dino Risi par exemple, où il y a des choses drôles mais difficiles aussi, où on se sent coupable de rire.Nous aimons provoquer des déclics chez nos lecteurs sans pour autant imposer un discours.Ça nous paraît important de poser des questions plutôt que d’asséner des réponses.Déjà que nous sommes deux et que nous n’avons pas les mêmes.» Ce à quoi Dupuy ajoute: «Le récit fonctionne par ce qui est dit mais aussi par ce qui ne l’est pas.Nous sommes tous confrontés à la mort, alors le lecteur peut apporter ses propres choses à la lecture.» Pour le tandem, le thème de la mort est également lié à l’idée de la transmission.Comme cette vieille voisine de Jean qui ne peut léguer ses souvenirs parce qu’elle a perdu la mémoire et qui colle partout des post-it.Comme Jean, ce romancier, cet adolescent attardé, qui commence à vieillir, fonde une famille et veut laisser quelque chose.Une communauté esthétique Depuis le début de leur travail en équipe, en 1982, Dupuy et Berberian ont produit une trentaine d’albums de bande dessinée, sans compter les carnets de dessin.Comment font-ils pour se partager et le scénario et le dessin sans qu’il y ait apparence de rupture dans le style?Les deux artistes demeurent résolument muets sur ce sujet, avouant tout au plus qu’il leur a fallu une période d’adaptation.Sur le plan graphique, leur travail se rattache à une esthétique en vogue chez les illustrateurs et affichistes des années 20 et 30.Cette filiation se perçoit entre autres dans la manière de schématiser personnages et édifices, dans ces petites boucles qu’on retrouve dans les lignes de contour du feuillage des arbres.On ne saurait affirmer que ces références graphiques ancrent la série Monsieur Jean dans quelque passéisme que ce soit, mais elles soulignent l’élément nostalgique de l’œuvre, une nostalgie proche de celle des Portugais, affirme Berberian, qui est le regret du temps présent Sans qu’il y ait de concertation entre eux, quelques auteurs actuels empruntent à cette esthétique en Amérique du Nord et en Europe.«Notre intérêt pour l'illustration, qui représente 50 % de notre travail, nous a ouverts à l’influence des affichistes des années 20 et 30, explique Berberian.Cela nous semble une approche également valable en bande dessinée.Dans cette même famille, on retrouve également François Avril et Philippe Petit-Roulet, Michel Ra-bagliatti et Seth.Il y a aussi des liens chez ces auteurs dans la manière de raconter.Dans les années 20, il y avait une tendance à synthétiser les choses, à montrer les lignes fortes, dans la presse mais aussi dans le dessin de mode.Des gens comme Savignac et Paul Collin font partie de nos sources, tout comme Matisse.» Dupuy précise: «Ce qu’on recherche, c’est une patine, comme les guitares dont le son s’améliore en vieillissant.Dans les premiers albums, le trait était hési- tant et en même temps esthétisant, sympathique.Au fur et à mesure des albums, il s’épaissit et devient plus rugueux.Le trait, c’est comme le timbre de la voix.On le module selon ce qu’on chante.On ne peut pas avoir un trait qui ne nous ressemble pas mais on peut le modifier selon ce qu’on ressent.Le nôtre est devenu plus riche et plus dur; c’est une évolution à la fois intuitive et logique.» Tout comme la série Henriette, Monsieur Jean vient de passer des Humanoïdes Associés à Dupuis.Les auteurs ont-ils une idée de l’endroit où cette série se dirige?Berberian demeure évasif: «Nous nous laissons porter par l’histoire.Il y a des similitudes entre Monsieur Jean et nous, enfants des années 70.Le but et l’intérêt, c’est de voir Monsieur Jean vieillir, Félix évoluer, Kathy s’affirmer.Nous avons un intérêt à voir nos personnages se transformer.Nous sommes dans cette optique, cette envie.Mais soyons honnêtes, il y a aussi l’importance de l’inspiration et du plaisir de notre collaboration.» denislordfjendirect.qc.ca MONSIEUR JEAN: INVENTAIRE AVANT TRAVAUX Dupuy-Berberian Couleurs: Ruby Dupuis, collection «Expresso» Bruxelles, 2003,56 pages ESSAI LITTÉRAIRE Le petit Québec infini MICHEL LA PIERRE Toute ma connaissance, écrivait Jack Kerouac, me vient de mon identité canadiennefrançai-se.etde nulle part ailleurs.» Il se servait de la langue anglaise comme d’un simple «instrument» aseptisé pour fouiller l’inconscient québécois.«Si je manie l’anglais avec autant d’aisance, c’est, prédsait-U, parce que ce n’est pas ma propiy langue.» Kerouac, l’écrivain «québécois» le plus célèbre, serait-il un écrivain majeur qui a écrit dans qne langue majeure, l’anglais des Etats-Unis, en exprimant l’imaginaire d'un peuple mineur?C’est l’une des questions qu’on se pose après avoir lu un ouvrage collectif intitulé Littératures mineures en langue majeure.Donner un titre pareil à un livre qui traite des littératures québécoise et wallonne-bruxel-loise peut ressembler à un affront fait au Québec et à la Belgique francophone par des partisans de la «langue majeure» en question: le français de Paris.Tel n’est pourtant pas le dessein de Jean-Pierre Bertrand et de Lise Gauvin, qui dirigent la publication de ce recueil de textes souvent remarquables.Tous les deux donnent au mot mineur un sens positif en soutenant que la vraie littérature se situe dans le mode mineur de l’aventure, car, pour éviter l'académisme, elle évolue en marge d’une institution langagière qui se définit selon le mode majeur.C’est Kafka qui leur inspire cette magnifique réflexion.En tentant d’exprimer sa double identité juive et tchèque en allemand, la langue majeure dans laquelle il écrivait, le grand Praguois n’a-t-il pas transfiguré l'écriture pour y faire retentir le cri des deux cultures mineures qu'il refoulait?De brillants collaborateurs de l’ouvrage développent un thème analogue.Michel Biron estime que la littérature québécoise tend à abolir la distinction entre le majeur et le mineur; Karim Larose salue en Jacques Ferron l’écrivain mineur absolu.Ils nous entraînent, sans le dire, vers un éclatement kerouacien des catégories linguistiques, littéraires et géographiques.On saisit l'ampleur d’un tel éclatement lorsque Kerouac raconte qu’en 1953, rue Sainte-Catherine, à Montréal, il se voyait comme l’adversaire mythique du Canadien anglais archétypal.Que demander de plus québécois au Canuck du Massachusetts, le seul écrivain qui ait, jusqu’ici, donné au Québec sublhni-nal un écho universel?LITTÉRATURES MINEURES EN LANGUE MAJEURE Sous la direction de Jean-Pierre Bertrand et Use Gauvin PIE-Peter Lang et PUM Bruxelles et Montréal, 2003 320 pages LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE l JANVIER 2 0 01 Cull lire Huit personnages en quête d’un spectacle Le Nouveau Théâtre expérimental continue à investir dans l’urgence en montant Aphrodite en 2004 MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR a raconte de façon tout à fait Vç/ bizarre une histoire impossible.Celle d’un homme, Max, qui se rend compte peu à peu qu’il lit les émotions et les idées des gens qu’il croise dans la rue, dans l’autobus ou dans le métro.Pire: Max entre dans la tête des gens.Et sa vertigineuse descente lui fait rapidement frôler la perte d’identité.Comme si le contact intime et permanent avec la masse de moins en moins anonyme du monde menait à l’aliénation totale.C’est dans ce contexte que «l’expérience des transports en commun devient l’ultime expérience du commun».La phrase est d’Evelyne de la Chenelière.C’est elle qui depuis deux ans, morceau par morceau, a écrit le texte et développé le concept à’Aphrodite en 04 avec Jean-Pierre Ronfard.Elle est là devant moi et elle me raconte tout cela avec son grand sourire à faire fondre les bancs de neige.Ça se passait dans un petit café du Quartier latin, une dizaine de jours avant Noël.Une entrevue étrange.Vous essaierez, vous, de parler avec son concepteur d’une production qu’il n’a pas vue non plus.Un luxe L’expérience, car c’en est toute une, repose sur le luxe tel que le définissait Jean-Pierre Ronfard: se donner le luxe d’avoir le moins de contraintes possible en travaillant sur une production.Que tous les comédiens soient sur le même plan: qu’ils se libèrent complètement durant les quatre semaines de représentations; qu’ils sachent tous le texte qu’ils ont en main depuis l’automne et qu’ils participent en fait à une sorte de séminaire d’un mois sur l’urgence au théâtre.Petit détail crucial, vous l’aurez peut-être reirçr* qué, les comédiens n’ont encore jamais répété Aphrodite en 04.C’est cela aussi le concept qui a donné naissance au projet «La première répétition aura lieu la veille de la première publique de la pièce, explique Évely-ne de la Chenelière, avec Jacques L’Heureux à la mise en scène.Jacques qui a beaucoup de .irenté d’esprit avec le travail du NTE, qui travaille souvent ici d’ailleurs, qui a généreusement accepté de prendre la place que Jean-Pierre s’était réservée et de sauter dans le train en marche du projet.Ce sera sa mise en scène à lui, Jean-Pierre n’ayant presque rien laissé sur Aphrodite, sauf sur la disposition des gradins et la surface de jeu.» L’urgence Récapitulons.Les spectateurs MUSIQUE CLASSIQUE Berlin s’émancipe de certains héritages de Karajan AGENCE FRANCE-PRESSE Berlin — La Philharmonie de Berlin s’est émancipée de certains héritages du mythique chef d’orchestre autrichien Herbert von Karajan, qui a profondément marqué le prestigieux orchestre entre 1954 et 1989, estime Simon Rattle, aux baguettes de l’ensemble depuis 2002, dans une entrevue publiée par le quotidien Der Tagesspiegel.«Un exemple: au début, je répétais inlassablement que la dernière note n’est pas forcément la plus forte juste parce qu’elle est la dernière.Et peu à peu, les musiciens ont arrêté de jouer plus fortement la dernière note», abandonnant ainsi un réflexe «hérité de Karajan», a-t-il souligné.Autre particularité de l’ère Karajan, «la phobie du pizzicato», une manière de jouer en pinçant les cordes sans les faire vibrer avec l’archet, ne figure plus au cœur des efforts de T’orchestre, selon le successeur de l’Italien Claudio Ab-bado.«Karajan avait cette phobie du pizzicato et a transmis cette peur à l'orchestre pendant deux générations.Aujourd’hui, nous plaisantons sur ce trait», a relevé le musicien adulé par les Berlinois.MUSIQUE C L A S S 1 Q U E La Symphonie n° 14 de Chostakovitch au Centre national des arts LE DEVOIR L’ Orchestre du Centre ' des arts (OCNA), sous Li direction de l'inchas Zucherman, présente les 7 et 8 janvier la Symphonie h° 14 de Chostakovitch.La Symphonie n 14 présente un cycle de mélodies sombres et puissantes.En vedette pour l’occasion, la soprano britannique Elizabeth Byrne et la basse canadienne Gary Relye.Pinchas Zucherman Angleterre, Elizabeth Byrne habite désormais Chicago.Elle est reconnue internationalement, entre autres pour ses inter-pretations dans des opéras italiens.le concert présente aussi les débuts du pianiste polonais primé IHotr Anderszewski.Le pianiste propose aux mélomanes le Concerto pour piano n ' 20 de Mozart en do mineur.Ce concert est pré senté à la salle Southam du CNA à Ottawa., JACQUES GRENIER LE DEVOIR Depuis deux ans, Evelyne de la Chenelière a écrit le texte et développé le concept A'Aphrodite en 04 avec le regretté Jean-Pierre Ronfard.sont là, les comédiens, le texte et le metteur en scène aussi, jït on répète.C’est cela?«Oui.La distribution des rôles s’est faite cet automne et les comédiens savent qui ils vont jouer.Nous nous sommes rencontrés à trois reprises déjà, question de savoir qui était qui, comment tout le monde entrait en contact les uns avec les autres — puisque la pièce porte là-dessus! — et comment la conscience de la démarche sonnait aux oreilles de toute l’équipe.H y a eu une lecture, en octobre, mais, oui, le spectacle n’aura été répété qu’une fois au moment où les spectateurs entreront dans la salle le soir de la première.» On reconnaît là une des hantises de Jean-Pierre Ronfard qui, depuis ses années comme secrétaire du TNM, a toujours cherché à désacraliser l’événement qu’est devenue la «première» d’un spec- tacle.C’est de là aussi que vient le concept de l’urgence.Mais, souligne l’auteur, ce ne sera pas un work in progress, une expression que Ronfard ne pouvait pas supporter.«Pourtant, le spectacle n’aura pas l’air d’une répétition, assure Evelyne de la Chenelière.La scène est presque nue, le texte su, l’éclairage et le décor minimalistes — puisque le budget de la production est d’abord destiné aux comédiens afin qu’ils puissent se permettre de se consacrer vraiment à l’expérience, f.] C’est un jeu sur le travail de l’acteur qui se met dans la peau d’un personnage.Chaque soir, tout cela sera donné dans l’urgence; chaque spectacle sera pleinement assumé, complet.» Et vous?«Moi, je ne joue pas, précise-t-elle un air presque narquois au fond des yeux.Je suis là tous les soirs, j’observe, je regarde le spec- tacle évoluer.Et une fois par ser moine, c’est-à-dire quatre jbis puisqu’on jouera un mois, pour rendre l’urgence encore plus urgente, j’apporterai des changements au texte que je remettrai au metteur en scène.[.] Ce qui fait qu’on ne verra jamais le même spectacle; la courbe dramatique restera la même, mais les personnages pourront prendre des chemins différents pour arriver à leurs fins.» Et combien de fois faudra-t-il voir le spectacle?«Une seule.Ou encore quatre fois, une fois par semaine.Ou même plus, au choix de chacun.Nous offrons d’ailleurs des forfaits, dira-t-elle en souriant encore.Pour permettre aux amateurs de vivre aussi l’expérience, le prix du billet diminue selon le nombre de représentations auxquelles on assistera.» Voilà une façon originale de commencer l’année! Si j entendais penser mon voisin d'autobus*mm i Aium uuiic 10$ oc DU 6 AU 31 JANVIER À 20H30 l 1 À ESPACE LIBRE espace 1945 rue fullum (metro frontenac) LIBRE RÉSERVATIONS (514) 521-4191 Evelyne de la Chenelière Jean-Pierre Ronfard Evelyne de la Chenelière Mise EN SCENE Jacques L’Heureux Delphine Arnaud Marcelo Arroyo Émilie Bibeau Jocelyn Caron Francis Ducharme Marie-Christine Lavallée Patricia Ubeda Erwin Weche Guillaume Cyr Nouveau Théâtre Expérimental ûùv nummej saison 20 0 3 2 O 0 4 Susie Napper & Margaret l ittle violes de qambe B dgm 1 ^ mercredi 14 janvier 2004 à 20H00 âcnrinm John Dowland: l'Art de la Mélancolie en chansons el en danses.b 1111» 14 z : > i i : > s (511) 812 2112 Sylvain Bergeron, luth le consort de violes des Voix Humaines Mcmjiu'ut Littic’.Susto Napper, Mclisandu ('oui veau.H in S ««luntom «1 Arnaud Lerov F A C r O R îS; (8mnïïf51f3ri ( a natta • j., Rn ComeW des arts et de» lettres Québec vin MOMENTUM PRÉSENTE EN CODIFFUSION AVEC L’USINE C Un spectacle qui se transforme au fil des soirs Venez le revoir' Prix réduit de fois en fois lüDKVom Hit fXf'funtdhl www.nte.qcxa Un hommage à Samuel Beckett de Nancy Huston Mis en scène et interprété par Nathalie Claude ir Lin Snelling Spectacle pour espaces vides/a Piece pou F.mpty Spaces 9 DU 15 AU 24 JANVIER 1HS, AVENUE ULONDE (UNE RUE AU SUD D’ONTARIO ENTRE RUNET ET VISITATION) RÉSERVATIONS : ISU) 521-4493 WWW.USINE-C.COM ici iwimoRi le Devoik «)kùT I.fi DEVOIR, L fi S SAMEDI 3 ET DI M ANCHE I ,1 A X VIER 2 0 0 I - LE DEVOIR ?- e Visu Rêver sa vie en vidéo Un parcours où l’humour et l’autodérision sont souvent au rendez-vous Theme Song II, 2001, de Tricia Middleton et Joël Taylor.VIDÉO HERO(E)S Galerie Liane et Danny Taran Centre des arts Saidye Bronfman 5170, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Jusqu’au 11 janvier MICHEL HELLMAN Industrie du rêve et de l’illusion, le vidéoclip est une véritable manifestation de la culture populaire.À travers les œuvres d’une quinzaine d’artistes, l’exposition Vidéo Hero(e)s, présentée par la commissaire Sylvie Gilbert à la galerie Liane et Danny Taran, explore le pouvoir à la fois libérateur, évocateur et tyrannique de l’image vidéo.Un parcours où l'humour et l’autodérision sont souvent au rendez-vous.Dans My Heart the Rock Star de Nikki Forrest, un concert de Patti Smith devient prétexte à une réflexion sur l’identité.«Etait-ce un homme ou une femme?», s’interroge la narratrice, face à cette chanteuse à l’allure androgyne.Au-delà de la musique, la star devient symbole: son image, libératrice, brise les chaînes des conventions établies, repousse les limites de l’identité sexuelle.Faisant ressortir un autre aspect du pouvoir de l’image, Benny Nemerofsky Ramsay parodie le phénomène des Boys Band.L’artiste crée son propre groupe et interprète à lui seul les rôles typiques: le rebelle, le sensible, le tombeur.La mise en scène ridiculise l’industrie de la musique pop et les stéréotypes qu’elle engendre.D’autant plus que le «tube» est une adaptation ludique d’une chanson du XVI' siècle.Dans la même veine, l’œuvre de Tim Lee joue sur l’image classique du musicien rock en superposant son propre visage asiatique sur le corps d’un homme blanc, guitare électrique à la main.L’œuvre nous rappelle ainsi que ces «héros» du vidéoclip per- pétuent trop souvent des clichés.La commissaire de l’exposition insiste sur le fait que ces vidéos proviennent d’une génération dite du «do-it-yourself», à l’aise avec les moyens d’expression technologiques.Ces œuvres ne nécessitent pas de moyens complexes.Contrastant avec les vidéos pop à grand budget, et riches d’effets en tous genres, les œuvres qui composent cette exposition sont évocatrices dans leur simplicité.Sad Eyed Lady, de Daniel Oison, explore les possibilités poétiques du clip: un personnage assis, immobile, vu de dos, fume.Au-dessus de lui: un portrait de femme.Seul mouvement, celui de la fumée qui s’échappe de la cigarette.Comme bande sonore, la chanson Sad Eyed Lady of the lowlands de Bob Dylan.L’image est-elle une interprétation de la chanson?Ou est-ce la chanson qui vient donner une autre dimen- sion à l’image?Le résultat est saisissant.Dans Deer Dreams, l’artiste Meesoo Lee explore de manière semblable la relation entre l'image et la musique en superposant une scène du film Bambi à une chanson de Donovan.L’harmonie de cette superposition est intrigante.Qu’est-ce qui est plus puissant, les mots de la chanson ou l’image vidéo?La dernière partie de l’exposition présente des «clips maison» faits par des «gens ordinaires», avec des résultats souvent très drôles.Ces vidéos montrent le désir bien humain de s’exprimer, de sortir de la masse.Mais hélas, comme il est dit dans l’œuvre de Tricia Middleton et Joël Taylor: «Résignez-vous.Vous ne serez jamais celui dont-vous rêvez.Désolé.» C’est sur ces désirs frustrés que se fonde le succès des clips.Derrière l’idéal de la star se cache finalement une certaine tristesse.SOURCE GALERIE LIANE ET DANNY TARAN La dernière partie de l’exposition présente des «clips maison» faits par des « gens ordinaires », avec des résultats souvent très drôles.am zen 4 iMlA Bruno Coppens en marchand de bonheur Écriture et jeu Bruno Coppens .S* >1MI M Marc-Aurèie FORTIN I Mise en zen Éric de Staercke XmmV'Nàl LE DÉVOIB Paysages de Sainte-Rose et des Laurentides JUSQU’AU 25 JANVIER Musée d’art contemporain des Laurentides Centi * d’eypMfflOfi du Vieux Patau IBS,rue du Palais,Saint-Jérftme «l«phone.45 E Y II 1 - Mystic River, de Clint Eastwood (États-Unis) 2- Elephant, de Gus Van Sant (États-Unis) 3- 21 Grams,,d’Alejandro Gonzales Inarritu (États-Unis) 4- The Lord of the Rings: The Return of the King, de Peter Jackson (États-Unis) 5- Lost in.Translation, de Sofia Coppola (États-Unis) 6- L'Homme sans passé, d’Aki Kau-rismaki (Finlande) 7- À hauteur d'homme, de Jean-Claude Labrecque (Québec) 8- L'Arche russe, d’Alexandre So-kourov (Russie-Allemagne) 9- American Splendor, de Shari Springer-Berman et Robert IHilri-ni (Etats-Unis) 10- 20hl7 rue Darling, de Bernard Émond (Québec) SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM Une scène de Elephant, de Gus Van Sant.IcC&'loô1) LmIaC.! 5 - JiucLlA1' eœ-ÉlTi MESLANCjES HARMONIQUES 30 JANVIER 2004 20h00 Danses, fantaisies et chansons aux instruments de Lejeune, Guédron, Du Caurroy et Praetorius INVENZIONI STRAVACjANTI Canzonas, sonates et toccatas italiennes • .fl/, s 26 MARS 2004 :: 20HO0 des débuts du Baroque 21 MAI 2004 2OH0O Concertos et suites concertantes de Bach et de Telemann NOUVEAUTE AGIS G GALATEA DE HANDEL CD double :: ATMA Classique BILLET SIMPLE 23Î 18$ : 12$ PASSEPORT* 98$ 78$ 50$ *Un passeport donne droit h enq entrées de votre choix Les concerts auront heu à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue St-Paul Es:, Vieux-Montréal Pour information et passeports LES BORÉADES DE MONTRÉAL T 514.634.1244 www borezvJe.com into "twreades.com I.K Dl Villll DEUTSCHE CONCERT! LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE I JANVIER 2 0 0 4 E H ?LE DEVOIR ?om u m .M SOURCE TOUCHSTONE Calendar Girls, de Nigel Cole, s’inspire d’une histoire véridique.T*.fe -J' %’^mj Le déclin de la comédie britannique CALENDAR GIRLS De Nigel Cole.Avec Helen Mirren, Julie Walters, Ciaran Hinds, John-Paul McLeod.Scénario: Tim Firth, Juliette Towhidi.Image: Ashley Rowe, Olivier Curtis.Montage: Michael Parker.Mu- sique: Patrick Doyle.Grande-Bretagne, 2003,108 minutes.MARTIN BILODEAU La comédie britannique a la cote depuis une dizaine d’an- nées (Four Weddings and A Funeral, The Full Monty), quoique récemment certains cas d’errance semblaient annoncer un déclin.L’exemple le plus flamboyant de ce phénomène: Love, Actually, sorti en novembre, pour lequel Richard Curtis réquisitionnait toute une galerie de vedettes (Hugh Grant en tête) afin de compiler les meilleures pages du catalogue Notting Hill et Bridget Jones.Dans Calendar Girls, Nigel Cole (Saving Grace) malmène pour sa part une idée suave dont il est indigne et une distribution scintillante — portée par Helen Mirren et Julie Walters — dont il n’exploite que le quart du potentiel.Déclin, disais-je.Calendar Girls s’inspire d’une histoire véridique.En effet, en 1999, un cercle de fermières du Yorkshire, en Grande-Bretagne, s’est attiré l'attention du monde anglo-saxon en publiant un calendrier dans lequel douze d’entre elles posaient nues, leurs corps de quinquagénaires délicatement estompés, qui derrière un ornement floral, qui derrière une tablée de brioches.Leur but premier financer le département d’oncologie de l’hôpital où le mari de l’une d’elles a été emporté par la leucémie.Leur but second: rendre hommage au débonnaire défunt, pour qui le corps d’une femme mûre avait la grâce d'un tournesol.Publié dans un climat de joie et de défi, leur calendrier les a menées jusqu’en Californie, où Hollywood leur a fait la cour.avec le résultat qu’on connaît.Le film, qui bat pavillon britan- nique, a en effet été produit en collaboration avec Touchstone, filiale de Disney.Ceci, hélas, explique cela.Tiraillé entre l’authenticité des personnages (qui à eux seuls feraient le fdm) et le caractère extraordinaire de leur aventure (recomposé par le scénario sans être réinventé pour le cinéma), le film de Nigel Cole sacrifie l’un pour l’autre, selon la séquence, et au final perd sur les deux tableaux.Une bonne idée sabotée Sorte d’éloge de la femme mûre, qui à son tour fait un pied de nez aux conventions et aux traditions, le film est continuellement asservi puis saboté par un scénario superficiel qui reconstitue docilement leur histoire mais, pour le bénéfice du spectacle et du gag bien envoyé, ne rend pas compte de la profondeur des individus qui l’ont articulée.Nigel Cole s’y connaît en femmes mûres, en serres humides et en campagne anglaise.Celles-ci étaient les ingrédients de son précédent opus, Saving Grace, un film (mettant en vedette Brenda Blethyn, au sortir du succès de Secrets and Lies) qui semblait conçu, à l’instar de celui-ci, comme une page touristi-co-comique pour un public nord-américain.Hélas, au-delà d’une poignée de gags efficaces et de moments tièdes, d'éclats de jeu sporadiques (dévolus pour la plupart à Mirren et Walters), Calendar Girls témoigne surtout de l’usure d’un style et d’une panne d’imagination.Inutile, en tout cas, de marquer d'une croix votre calendrier.SOURCE TOUCHSTONE V, -"iiiMUHlu.' ¦; luuuuuiuuauuuuuuvuuuiuuivuiuuiuuuuuuuui JUUI WALTERS 1IUIN MIRREN CALENDMlQBLS IN THEATERS DECEMBER W L’affiche du film Calendar Girls.Le film raconte l’histoire d'un cercle de fermières du Yorkshire, en Grande-Bretagne, qui s’est attiré l'attention du monde anglo-saxon en publiant un calendrier dans lequel douze d’entre elles posaient nues, leurs corps de quinquagénaires délicatement estompés.Odile Tremblay ?La chronique d'Odile Tremblay sera de retour le 17 janvier prochain.Culture et télé pour ne rien manquer L’AGENDA chaque samedi : 11 n ' : ?Bernard Perusse.The Gazette ?' Whatever you do.don t miss it.' lyieg Hewings.Hour Oeuvre lente et émouvante le pendant documentaire de Gaz Bar Blues." Odile Tremblay.Le Devoir (HtnûïXJvu fJ*n fréimt* Utn EX-CENTRIS SS)6.bovl telnUnirtnt.Mtl.MlWttvri* (SH) *4?*** ,t doupM UPlCirn MAP IL TC urt pim SUMMOUIIMIR O U) BILAN Cinéma 2003 : le Québec a pris sa place MARTIN BILODEAU Les films québécois ont récolté entre 12 et 13 % des parts de marché au cours de l’année qui vient de s’écouler (source: Alex Films).Du jamais vu.Les causes de ce succès sont multiples et complexes.Pour simplifier, disons qu’il est attribuable à la convergence de deux facteurs, l’un structurel (la mise en marché des films, hissée à la hauteur de la concurrence), l’autre contextuel (la qualité de l’ensemble de la production).Au-delà de cette hypothèse incomplète, il faut prendre en compte le désir renouvelé des spectateurs québécois de se reconnaître dans l’image qui lui est donnée à voir à l’heure où la globalisation efface les cadres.Rien d’étonnant, donc, à ce que la «palme de la reconnaissance» revienne à La Grande Séduction.Avec le scénariste Ken Scott, Jean-François Pouliot a conjugué des préoccupations bien de chez nous (le chômage et l’appauvrissement des régions) sur un mode «comédie à l’anglaise» parfaitement maîtrisé.La «palme de l’ambassadeur» revient quant à elle à Denys Ar-cand pour Les Invasions barbares, applaudi partout sur la planète depuis l’épicentre cannois où le jury de la compétition lui a accordé deux prix (celui du scénario et celui de l’interprétation pour Marie-Josée Croze).La «palme de la parole» Le film d’Arcand a lui aussi fait courir les Québécois (cinq millions de dollars au guichet), mais le vrai débat de société qu’on espérait qu’il soulève est venu d’un autre film: À hauteur d’homme, excellent documentaire sur la campagne électorale de Bernard Landry sjgné Jean-Claude La-brecque.A lui la «palme de la parole», en partage avec Claude Fortin (pour la parole donnée à Serge Laprade dans 100 % Bio) et Micheline Lanctôt (pour la parole refoulée d’une mère infanticide dans Le Piège d’Issoudun).Le reste de la cuvée s’est partagé entre Jes films de genre (Sur le seifil, d’Eric Tessier; Nez rouge, d’Frik Canuel; Mambo Italiano, d’Emile Gaudreault; Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause, de Sébastien Rose), «palmes du cœur» aux vertus inégales, et deux grands films d'auteur aux succès plus modestes, qui remportent ex æquo la «palme de l’éloquence»: Louis Bélanger avec Gaz Bar Blues, film émouvant sur les rçlaüons père-fils, et Bernard Emond avec 20hl7 rue Darling, une œuvre sobre sur la renaissance et les sursauts de la providence.Quels meilleurs mots pour qualifier le cinéma québécois de la cuvée 2003! ?CINEMA ?SEMAINE DU 3 AU 9 JANVIER 2004 Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en nésumé, pages ?La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?715 dans LAGENDA culturel ANNIE MILLER PRESENTE ***' SÉLECTION OFFICIELLE ^ CANNES 2003 NICOLI JEAN-PIERRE BERNARD LUDiVINE ROBINSON JUUE GARCIA MAMELLE GIRAUDEAU SAGNIER STEVENIN DEPARDIEU ET Y¥“ JACQUES Adaptatlon-sctntrio-dMogun 4* CLAUDE MILLER at JULIEN BOIVENT llbnnwnt Inspiré CANTON TCHEKOV JEL BBE SS.» £*8* gf; S-tl- *r=- HIM la ffltite UU * rj- m % X UN FILM de CLAUDE MILLI S À L’AFFICHE DÈS LE 9 JANVIER! 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