Le devoir, 31 janvier 2008, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR, LE JEUDI 31 JANVIER 2 0 0 8 I B 5 Primaires américaines Edwards et Giuliani se retirent de la course Washington — Deux candidats de poids, le démocrate John Edwards et le républicain Rudolph Giuliani, ont abandonné hier la course à la Maison-Blanche pour cause d’échecs répétés dans les primaires, laissant deux duels se profiler mardi lors d’une très vaste consultation électorale.Pour l’investiture du candidat démocrate à la présidentielle du 4 novembre, le retrait d’Edwards laisse le champ libre à Hillary Clinton et Barack Obama.Côté républicain, l’affrontement principal est à attendre entre John McCain, vainqueur mardi en Floride, et l’ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney qui fait figure d’outsider.«71 est temps pour moi de me retirer» de la course, a dit John Edwards dans un quartier déshérité de La Nouvelle-Orléans, précisant que les deux candidats encore en lice lui avaient promis de mettre la lutte contre la pauvreté au centre de leur campagne.Depuis le lancement des primaires, début janvier, John Edwards, 54 ans, n’avait jamais réussi à s'imposer face à ses deux rivaux.Il était arrivé soit deuxième (Iowa), soit troisième.AvocaL ancien sénateur de Caroline du Nord et ex-candidat à la vice-présidence en 2004, John Edwards se voulait le champion des classes moyennes, sacrifiées, selon lui, au profit des milieux d’affaires.Hillary Clinton et Barack Obama ont salué hier l’engagement de John Edwards à défendre les laissés-pour-compte.Depuis plusieurs jours déjà, ils avaient anticipé son retrait et repris ses thèmes de campagne, insistant sur la défense des classes moyennes et modestes et la nécessité de revaloriser le salaire minimum.Ce soir, un autre affrontement télévisé en Californie est prévu du côté démocrate.Selon un sondage effectué pour le Los Angeles Times, CNN et Politico, Hillary Clinton est donnée gagnante en Californie, avec 17 points d’avance sur Barack Obama (49 % contre 32 %).Hier, le jeune sénateur Obama a assuré dans ses meetings qu’il était le mieux placé pour l’emporter en novembre face au républicain John McCain.«La façon de gagner un débat contre John McCain n’est pas de nommer quelqu’un [candidat démocrate] qui a été d’accord avec lui pour voter en faveur de la guerre en Irak, qui a été d’accord avec lui pour donner le bénéfice du doute à George W.Bush à propos de l’Iran», a-t-jl notamment lancé.À l’issue des primaires qui doivent s’étaler jusqu’en juin, deux conventions sont prévues cet été pour nommer formellement le candidat de chaque parti à la présidentielle du 4 novembre.Pour sa part, l’ancien président américain Jimmy Carter a salué la campagne «extraordinaire» de Barack Obama dans un entretien publié hier dans le Wall Street Journal.M.Carter, issu du Parti démocrate, a aussi révélé s’être longuement entretenu avec l’ancien président Bill Clinton sur son rôle dans la campagne de son épouse Hillary.«La campagne d’Obama est extraordinaire et excitante pour ma famille et pour moi-même», a-t-il dit, soulignant toutefois qu’il n’avait jamais appelé à voter pour quiconque dans les campagnes présidentielles successives depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche, en 1981.«Nous avons quatre enfants qui ont des conjoints, nous avons 11 petits-enfants, dont quatre ou cinq sont mariés, et tout le monde, à l’exception d’un seul, est pour Obama», a-t-il dit dans un clip sur le site Internet du quotidien financier.Agence France-Presse LEE CELANO REUTERS : r ^ ’ ~ wmÈm John Edwards hier annonçant son retrait.Aide au développement Mobilisation des sociétés civiles GUY TAILLEFER Nouvelle étape dans la mobilisation des organisations de la société civile à l’échelle internationale contre la déclaration de Paris adoptée en mars 2005 par 110 pays, dont le Canada, dans le but vertueux d’accroître l’efficacité de l’aide au développement L’enjeu n’est pas qu’institutionnel.L’aide publique au développement (APD) engage annuellement des sommes de 100 milliards à l’échelle de la planète.Les représentants des sociétés civiles apprécient que la déclaration de Paris cherche à accroître l’efficacité et la transparence de l’aide.Mais ils déplorent vivement que ce «contrat» entre institutions multilatérales et gouvernements de pays riches et de pays en développement ait refusé de les reconnaître comme acteurs et partenaires à part entière dans la lutte contre la pauvreté.La tendance est lourde à vouloir faire des ONG de simples exécutants de projets de développement La Déclaration de Paris a confirmé ce rôle de subalterne tout en liant de plus en plus la distribution de l’aide aux intérêts stratégiques — commerciaux et militaires — des pays donateurs.Une tendance qui dérange au plus haut point François Audet, directeur des opérations de CARE Canada en Amérique latine: «Dans l'état d’asymétrie où sont les relations internationales, nous sommes l’expression de majorités qui n’ont pas voix au chapitre.» Aussi l'année qui commence est-elle «cruciale» pour l’avenir des sociétés civiles, estime Maria Luisa Monreal, directrice générale de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).Elle veut croire qu’un consensus se dégage pour faire corriger la déclaration de Paris.En réplique, l’AQOCI a d’ailleurs adopté sa déclaration du Québec en novembre 2006.«Pour nous, dit cette déclaration, la société civile est l’expression des voix citoyennes, une constituante à part entière de la société, tout comme, par exemple, les institutions gouvernementales et les entreprises du secteur privé.» La levée de boucliers internationale a fait son effet L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a procédé à une série de consultations régionales des sociétés civiles du Nord et du Sud.La démarche culmine la semaine prochaine à Ottawa avec la tenue d’un forum international sur l’aide au développement.On espère ensuite que les pressions porteront leurs fruits en septembre prochain à Accra, au Ghana, où les signataires de la déclaration de Paris se réuniront pour faire le point Le Devoir PATER ANDREWS REUTERS m1 r s* • Un policier surveillait hier des manifestants à Nderi, au nord de Nairobi.Le calme revient au Kenya La police a ordre de tirer pour tuer Nairobi — Face aux violences meurtrières, la police kénya-ne a reçu l’ordre de «tirer pour tuer» les fauteurs de troubles, notamment les incendiaires, alors qu’un retour à la normale était observé dans Naivasha, en proie ces derniers jours à des affrontements entre communautés.En marge des réunions préparatoires au sommet de l’ilnion africaine (UA) à Addis Abeba, la sous-secrétaire d'Etat américaine aux affaires africaines, Jendayi Frazer, a qualifié une partie des violences au Kenya de «nettoyage ethnique».La police kényane a reçu l’ordre de tirer sur les pillards, les incendiaires et les personnes portant des armes ou bloquant les routes pour tenter d’endiguer les violences dans le pays, a indiqué un officier de la police sous couvert d’anonymat.«Nous avons des ordres de tirer pour tuer ces catégories de personnes si elles sont prises en flagrant délit», a-t-il ajouté.Selon cet officier, l’ordre a été donné mardi à Nairobi, peu après l’ouverture des pourparlers entre MM.Kibaki et Odinga, en présence du médiateur, l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.Réagissant à cet ordre de tirer pour tuer, M.Odinga l’a qualifié d’illégal et a réclamé son retrait immédiat.«Cet ordre prouve que le gouvernement est pris d’un accès de folie meurtrière», a-t-il ajouté lors d’une visite dans le bidonville de Kibera, bastion de l’opposition.Un retour à la normale était observé mardi dans les rues de Naivasha, dans la vallée du Rift, après plusieurs jours de troubles meurtriers, notamment entre ethnies rivales, et au lendemain de l’intervention d’hélicoptères de l’armée, pour la première fois depuis le début de la crise.La majorité des commerces étaient cependant toujours fermés et une forte tension régnait dans deux camps de déplacés installés près d’une prison et d’un commissariat de police.Au moins 12 000 déplacés, en majorité des Luos (ethnie de M.Odinga), sont réfugiés dans ces camps.A Kikuyu, à environ 20 km à l’ouest de Nairobi, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de Kikuyus (ethnie de M.Kibaki) qui entendaient expulser des familles luos de la ville.Depuis plusieurs jours, les conflits fonciers opposant différentes ethnies, récurrents et jamais mis à plat dans la vallée du Rift depuis l'indépendance, en 1963, se sont ajoutés aux rancœurs électorales dans cette province.Mercredi, Reporters sans frontières (RSF) et Amnesty International ont dénoncé de récentes menaces de mort à l’encontre de journalistes et de militants de défense des droits de la personne kényans, exigeant du gouvernement qu’il punisse leurs auteurs.Selon RSF, cinq journalistes ont reçu des menaces de mort d’un député de l’opposition, Meli- tus Mugabe Were, par courrier électronique au lendemain du meurtre, dans la nuit de lundi à mardi.De son côté, Amnesty a dénoncé des menaces de mort contre neuf militants renommés des droits au Kenya, en majorité ki-kuyus, accusés d’être des traîtres envers leur ethnie.Les équipes de négociateurs des camps Kibaki et Odinga devaient se rencontrer hier dans un hôtel de Nairobi, sous l'égide du médiateur de ITJA, Kofi Annan.Le Kenya traverse une crise majeure depuis la présidentielle du 27 décembre, remportée officiellement par M.Kibaki.M.Odinga l’accuse d’avoir fraudé pour lui voler la victoire.Près de 1000 personnes ont été tuées et plus de 250 000 déplacées à la suite des violences politico-eth-niques qui sévissent depuis un mois dans le pays.Agence France-Presse Le président se prononce Italie : une réforme du mode de scrutin avant des élections AFGHANISTAN Des mesures s’imposent pour redresser l’État Rome — La décision annoncée hier par la présidence italienne pour sortir de la crise, la recherche d’un accord entre les partis sur une réforme électorale avant de retourner aux urnes, a été aussitôt rejetée par la droite, en particulier par son leader Silvio Berlusconi.Le chef de l'État, Giorgio Napolitano, a annoncé qu’il avait chargé le président du Sénat Franco Marim, d'examiner «la possibilité d’aboutir à un consensus sur une révision de la loi électorale et [l’existence] d’un soutien à un gouvernement chargé d’une telle réforme».Avant même le refus de M.Berlusconi, cette mission paraissait quasiment impossible à réaliser, les partis politiques discutant sans succès depuis des semaines d’une révision du mode de scrutin.«Marini ne peut pas réussir.C’est une mission impossible», a déclaré le professeur de sciences politiques Roberto D’Alimonte.«Une dissolution du Parlement est une décision grave», a expliqué M.Napolitano, dont la décision a pour effet d’écarter pour le moment des élections, réclamées par la droite après la démission de Romano Prodi le 24 janvier à la suite d’une motion de défiance du Sénat Le président Napolitano a toujours déclaré être contre un retour aux urnes sans qu'une réforme électorale soit d’abord adoptée, l’actuelle loi aboutissant à des majorités fragmentées et donc à ringouvemabilité, comme l’ont mon- tré les 20 mois du gouvernement de Romano Prodi.«L’opinion publique, des représentants de.la société civile et du monde économique» craignent que «sans une telle réforme il ne puisse pas y avoir de stabilité politique et institutionnelle», a encore déclaré le chef de l’Etat «J’accepte ce rôle difficile et grave, j’agirai très rapidement et j’y mettrai toute ma détermination», a commenté M.Marini, 74 ans, une personnalité issue du monde syndical et de la gauche catholique, président du Sénat depuis la victoire de la gauche aux législatives d’avril 2006.Les consultations doivent commencer dès aujourd’hui.«Napolitano est cohérent.Il a toujours dit qu’il était contre un retour aux urnes immédiatement.Il est obligé de tenter de trouver une autre solution.Cela lui permet de montrer que le système fonctionne, que l’Italie ne déclenche pas des élections sous la pression de la rue», a déclaré le politologue français Marc Lazar, spécialiste de l’Italie.SMo Berlusconi avait menacé de faire venir à Rome des millions de manifestants ri le pays ne retournait pas aux urnes immédiatement Les sondages donnent la droite gagnante en cas d’élections face à la gauche qui cherche à reculer l’échéance, redoutant de faire les frais des records d’impopularité du gouvernement de Romano Prodi.Agence France-Presse E N Guerre du Liban: un ratage Jérusalem — Une commission officielle a conclu hier que la guerre du Liban en 2006 avait été «un grand et grave ratage» pour Israël tout en ménageant Ehoud 01-mert, pourtant attendu au tournant par ses détracteurs.«Cette guerre a été un grand et grave ratage.[.] Nous avons relevé des manquements graves au plus haut niveau de l’échelon politique et militaire», affirme le rapport présenté par le juge à la retraite Eliahou Winograd.Tout en visant généralement l’échelon politique et militaire, la commission a évité de faire assumer des «responsabilités personnelles, mais cela ne signifie pas qu’il n’en existe pas», a souligné le juge Winograd.-AFP Poutine à l’ex-KGB: empêchez toute ingérence Moscou — Le président russe Vladimir Poutine a ordonné hier aux agents des services secrets russes d’intensifier leur travail pour empêcher toute ingérence «de l’extérieur» dans la campagne présidentielle du 2 mars.Le président, lui-même ancien lieutenant-colonel du KGB à l’époque sovié- B R E F tique, a estimé nécessaire d’«intensifier le travail pour collecter à temps les informations sur les tentatives d'ingérence dans nos affaires intérieures», selon des propos rapportés par l’agence Interfax.En novembre, peu avant les législatives du 2 décembre, il s’était livré à une charge contre les «chacals» de l’opposition subventionnés par l’Occident.«Il y a malheureusement dans notre pays des gens qui sont comme des chacals devant les ambassades étrangères.Ils comptent sur le soutien de fonds étrangers», avait-il dit, reprenant des accusatipns classiques en Russie d’une tentative de coup d’État subventionnée par les Occidentaux.- AFP Ban Ki-moon en Birmanie Bangkok — Le secrétaire général des Nations unies, Ban Kknoon, devrait effectuer une visite personnelle dans la capitale birmane pour coordonner les efforts diplomatiques en vue d’amener la junte au pouvoir à engager des réformes, annonce un rapport de IICG rendu public hier.Les experts de HCG (Groupe international de réflexion sur les crises) estiment que ces efforts pourraient inclure un durcissement des sanctions visant la junte.-AFP Washington — L’Afghanistan risque de devenir un État défaillant si des mesures urgentes ne sont pas prises pour améliorer la sécurité et relancer les efforts de reconstruction et de bonne gouverne, ont prévenu hier des experts américains dans deux rapports séparés.«Des changements urgents sont nécessaires maintenant si on veut évite/ que l’Afghanistan devienne un Etat en perdition ou défaillant», indique un rqpport du Conseil atlantique des États-Unis, dirigé par l’ancien général James Jones.Le contrôle des talibans sur les régions les moins peuplées du pays augmente et les réformes civiles, la reconstruction et le développement n’ont pas progressé dans l’ensemble du pays, notamment dans le sud, ajoute ce rapport qui devait être présenté dans la soirée hier aux élus du Congrès.«Le comble, c’est que moins de 10 % de l’aide internationale à l’Afghanistan va directement aux Afghans, ce qui aggrave encore les problèmes des réformes et de la reconstruction», précise le document «Il n’y a pas que l’avenir des Afghans qui est en jeu.Si l’Afghanistan faillit, les conséquences stratégiques menaceront la stabilité régionale et affecteront gravement le combat contre les extrémistes», souligne ce rapport «L’avenir de l’OTAN en tant qu’alliance crédible, stable et pertinente serait gravement menacé.» Un autre rapport du Groupe d’études sur l’Afghanistan, coprésidé par le général Jones et l’ancien ambassadeur des États-Unis à l’ONU Thomas Pickering, estime qu’il faut remplacer les opérations «légères» des États-Unis et de leurs alliés en Afghanistan par des opérations «adéquates».Ce groupe, qui comprend des experts reconnus de la région, appelle à la nomination d’un émissaire spécial américain pour l’Afghanistan et à l’élaboration d’une «nouvelle stratégie unifiée» des États-Unis et de l’OTAN pour stabiliser l’Afghanistan dans les cinq ans.Agence France-Presse LE DEVOIR, LE JEUDI 31 JANVIER 2 0 0 8 B 8 iULTURE .n» rfn «r %al|.Jfi ' l.ui ptioM SANTIAGO * DU 15 JANVIER r -Tr- AU 2 FÉVRIER 2008 .Stéphane Rousseau se révèle transparent dans un Astérix médiocre Les critiques français accueillent froidement la superproduction à Vaffiche depuis hier MICHEL DOLBEC Paris — A l’affiche depuis hier en France et en Europe, la superproduction française Astérix aux Jeux olympiques, avec Stéphane Rousseau, a été démolie par la critique française.Celled a jugé le film «très mauvais», «médiocre» et «consternant d’indigence».C’est «une marmelade tiédasse et sans idées», a résumé le quotidien Le Parisien.A quelques exceptions près, les médias ont par ailleurs passé sous silence la performance de Stéphane Rousseau, qu'un quotidien a frouvé tout bonnement '«transparent».Dans ce troisième volet des aventures d’Astérix au cinéma, Stéphane Rousseau incarne un Gaulois du nom d’Alafolix, dont l’amour pour une princesse grecque sert de prétexte à l’histoire.Jugeant le travail des huit principaux acteurs, le journal «populaire» Le Parisien lui a accordé la plus mauvaise note: trois sur dix, contre neuf pour le Belge Benoît Poelvoorde, le vrai héros du film.«Le comique play-boy québécois n’est pas franchement à la fête dans le costume d’Alafolix, le ravi du village.Son personnage d’amoureux naïf flirte parfois avec la niaiserie», a estimé le journal.Au milieu des stars qui défilent à l’écran (Gérard Depardieu, Alain Delon en César, Benoît Poelvoorde en Brutus, Zinedine Zidane, Michael Schumacher), Stéphane Rousseau a du mal à exister.Il faut dire que les deux réalisateurs du film ont bridé son côté comique pour le confiner à un rôle d’amoureux fleur bleue et sans relief Au final, l’humoriste se révèle «transparent», selon la fonnule du journal gratuit Métro.Alafolix, tout en demeurant un personnage secondaire, occupe pourtant une place centrale.Pendant les 15 premières minutes du film, on ne voit même que lui.C’est pour éviter que son amoureuse ne soit donnée en mariage à Brutus, le fils de César, que les Gaulois prennent part aux Jeux olympiques.Calibré pour faire sonner les ti-roirs-caisses, Astérix aux Jeux olympiques est le film français le plus coûteux de l'histoire: 78 millions d’euros (115 millions $CAN), dont 20 pour la publicité.Le long métrage est sorti dans 1070 salles en France (un record) et environ 5000 dans une quarantaine de pays d’Europe.Les producteurs visent les dix millions d’entrées au minimum.Rien n’est acquis, même si la superproduction a connu, comme il fallait s’y attendre, un excellent démarrage lors des premières projections parisiennes.Le Parisien, qui rejoint le public cible du film, avait pourtant mis ses lecteurs en garde dès le début de la journée: «Vous risquez d’être déçus», pouvait-on lire en première page du quotidien, qui a cherché «en vain une once d’esprit, un brin de vivacité au milieu d’un défilé de stars et d’une mise en scène poussive».L’ensemble de la critique est de la même eau, le film, «consternant d’indigence» (Les Inrockuptibles), avec ses «gags mal écrits» et son scénario «anémique», n’ayant pas convaincu grand monde.«Le film est très mauvais», a dit L'Express, alors que Télérama parlait d’un «spectacle assez médiocre» et Le Monde d’un «échec».«La vacuité de cette gigantesque marmite finit même par susciter un sentiment de malaise», a écrit le quotidien.«Par Toutatis, que le temps paraît long!», a quant à lui soupiré le Figaroscope, le supplément culturel du Figaro.La Presse canadienne W PEDRO RUIZ LE DEVOIR Radu Lupu, lors de sa répétition au Théâtre Maisonneuve, hier après-midi CONCERTS CLASSIQUES Les rêves du grand Radu PRO MUSICA Schubert: Sonate pour piano en ré majeur D.850.Debussy: Préludes, Livre I.Radu Uipu (piano).Théâtre Maisonneuve, mercredi 20 janvier 2008.CH RISTOPHE HUSS Sous quel visage allait se présenter Radu Uipu?Le bougon expédiant un concert pour passer à autre chose ou le sorcier du clavier au toucher incomparable, capable de faire résonner l’immatériel.On a eu peur pendant un peu plus d'un mouvement de Schubert que ce soit le premier, puis la conviction, pendant plus de la moitié du concert, d'avoir pu admirer le second.Ce que j’ai entendu hier soir en seconde partie du récital de Radu Lupu est la plus grande élucubration sur les Préludes de Debussy depuis l'enregistrement de Claudio Arrau il y a vingt ans.Ce que nous avons entendu a certes un vague rapport avec la partition de Debussy.mais en dit davantage sur l’ampleur de l’imagination de l'artiste que sur l'oeuvre, rigoureusement cadrée par le compositeur.«Grande», car cette divagation (au sens propre, celui de la rivière qui sort de son lit), était d’iuie force évocatrice stupéfiante.Il n’y aurait rien de pire que de prendre cela pour modèle, rien de pire que de vouloir limiter et ce serait même dangereux de vouloir le fixer sur disque.Laissons à cette vision la puissance des rêves, aussi évanescents qu'indélébiles.Dans Debussy, Lupu a donc exploré des sonorités et des résonances, déconstruisant les tempos ou les phrases, dès les Danseuses de Delphes.Nous n’oublierons pas de sitôt Voiles, avec des petites notes effleurées à la main droite.Les Collines d’Anacapri, avec des transitions pianississimo sidérantes et, surtout Des Pas sur la neige, d’une tristesse glaçante.La Fille aux cheveux de lin fut peu ou prou le seul prélude abordé a un tempo «normal».Dans La Sérénade interrompue désarticulée, Lupu Èdt même l’économie du dernier accord.Mais on n’en a cure, on est en face d’une ré-interprétation comme seuls les vrais grands musiciens peuvent se les permettre.D ne faut pas en abuser, mais, avec un tel magicien du clavier, une fois de temps en temps, ça fait du bien.Dans Schubert, Radu Lupu aplanit les contrastes dynamiques.Il gomme le caractère beethovénien de la Sonate en ré.En enchaînant tous les mouvements attacca il donne l'impression de dépeindre une même cellule organique observée sous quatre angles différents.On trouve ici le grand Radu Lupu par moments, par exemple dans le scintillement de la main droite à la reprise du thème du 2’' mouvement.Les autres miracles, sont les diminuendos, le passage piano en forme de Landler dans le troisième volet et surtout, le Finale, génialement moderato, comme vu par les yeux naïfs d'un enfant.Dernières précisions: le pianiste a assuré son récital malgré une très forte fièvre, le piano de Maisonneuve était dignement réglé et le bis était D'un cahier d’esquisses de Debussy.Collaborateur du Devoir Le retour de Rue des Pignons Radio-Canada et Imavision mettent en marché cette semaine un coffret DVD d'un des téléromans les plus populaires des années 60 et 70, Rue des Pignons.Diffusé de 1966 à 1977, écrit d'abord par Louis Morisset et ensuite par Mia Riddez, Rue des Pignons présentait la vie dans un quartier populaire de l'est de Montréal.Sur les 427 épisodes diffuses à l'époque, Radio-Canada en a récupéré 24.réunis sur deux DVD, se situant entre 1969 et 1977.De nombreux comédiens s'étaient distingues dans cette série, dont Réjean Le-françois, Marie-Josée Long-champs.Huguette Oligny, Roland Chenail, Roland Bédard, Jean Du-ceppe, Claude Préfontaine, Robert Rivard, Hélène Loiselle et Roland D'Amour.- Le Devoir EN BREF Le Cirque du Soleil aux Grammys Toronto — In troupe du Cirque du Soleil se produira à la prochaine soirée des Grammys, à Los Angeles, le 10 février.Outre le cirque d’origine québécoise, la chanteuse canadienne Feist, de Calgary, sera également de la soirée, en plus des vedettes déjà annoncées, dont les chanteuses Beyoncé, Carrie Under-wood et Aretha Franklin et le groupe Foo Fighters.la 50 cérémonie annuelle organisée par la National Academy of Recording Arts and Sciences récompensera les meilleurs résultats et les meilleures performances dans l'industrie du disque dans différentes categories.C'est la troupe du spectacle Love du Cirque du Soleil, à l'affiche à Las Vegas, qui donnera le spectacle et le long métrage Across the Universe sera projeté dans le cadre d’un segment spécial sur les Beatles.- La Presse canadienne La littérature sur le Web Une nouvelle émission littéraire sera lancée en mars exclusivement sur Internet Daniel Mena-ker, un ancien dirigeant de l'éditeur Ramdon House et un ex-directeur littéraire au New Yorker, prévoit lancer le 3 mars Titlepage, une série d'entrevues avec des écrivains qui prendra la fonne d'émissions diffusées sur le site Internet titlepage.tv.Selon les producteurs de l'émission, celle-ci se veut un croisement entre l'ancien Apostrophes de Bernard Pivot The Charlie Rose Show sur PBS et Dinner for Five sur Indépendant Film Channel.L’écrivain Richard Price sera un des invités du premier épisode.- IjC Devoir Bilan du MIDEM Le marché mondial de la musique sur une note optimiste malgré la crise PAUL RICARD Cannes, France — Le 42' MIDEM, le marché mondial de la musique, s’achève sur un certain optimisme, l’industrie musicale croyant enfin discerner l’émergence de nouveaux modèles économiques sur Internet et les téléphones mobiles pour compenser l’effondrement de la vente de CD.«L’industrie fait face à d’énormes défis, mais J’ai senti des notes d’optimisme de la part de beaucoup d’entreprises», a commenté la directrice du MIDEM, Dominique Leguem, à la veille de sa clôture à Cannes.La baisse du nombre de participants (9100 venus de 91 pays, contre 9400 l’année dernière) vient essentiellement de l’industrie traditionnelle (les CD) alors que la part d’entreprises issues du monde numérique a augmenté de 19 %.Depuis cinq ans, les ventes de CD s’effondrent — le marché de la musique a perdu la moitié de sa valeur en cinq ans en France, par exemple —, ce que l’industrie attribue au piratage sur Internet Cela fait autant d'années que la filière répète comme un mantra que son salut viendra des nouvelles technologies, Internet et les téléphones mobiles.En 2008, l’émergence de plusieurs modèles économiques pourrait véritablement prendre corps, parallèlement au schéma à l’acte (le consommateur paie pour chaque téléchargement) dicté par Apple et son site iTunes.Les formules d’abonnement à des services de téléchargement illimité sont celles qui suscitent le plus d’espoir dans l’industrie musicale.Autre possibilité, les services gratuits financés par la publicité.Mais leurs promesses de revenus semblent nettement plus floues et hypothétiques.Le MIDEM a d’ailleurs été marqué par le lancement raté du site poste-à-poste QTrax.Basé à New York, il prétendait proposer plus de 25 millions de titres en téléchargement gratuit grâce au financement publicitaire avant que les majors (Universal, Sony-BMG, EMI et Warner) ne démentent avoir conclu des accords avec lui, au moins pour l’instant Pour que ces offres émergent l’industrie veut jugu- ler la piraterie.Les producteurs français attendent beaucoup des mesures nées de la mission confiée par le gouvernement au p.-d.g.de l’enseigne culturelle la FNAC, Denis Olivennes.Elles prévoient l’envoi aux pirates de messages d’avertissement puis la suspension de l’abonnement Internet des récidivistes.Au-delà du seul cadre hexagonal, ces mesures ont été saluées par l’industrie internationale.Le gérant du groupe U2, l’Irlandais Paul McGuin-ness, qui a violemment dénoncé au MIDEM la responsabilité des fournisseurs d’accès Internet dans le piratage, a qualifié ce «plan Sarkozy» de «superbe précédent que les autres gouvernements devraient suivre».Cela ressemble à un revirement de l’histoire deux ans après que les députés français se furent attiré le courroux de l’industrie internationale en esquissant un premier pas vers l'adoption de la licence globale (et donc la dépénalisation de fait du téléchargement dit «pirate»).Opération séduction de la Chine Enfin, le MIDEM a été marqué par une opération séduction de la Chine.Une délégation officielle de 100 personnes est venue promouvoir ce marché de 1,3 milliard d’habitants, pourtant touché par un taux de piraterie énorme (80 % pour les CD, 99 % en ligne).«La Chine est le plus gros des marchés émergents et je ne vois pas comment notre industrie pourrait ne pas travailler avec elle», a estimé Mme Leguern.Selon elle, il y a 480 millions de téléphones mobiles en Chine, un nombre en hausse de 10 % par mois.Une trentaine d’entreprises exposent dans le pavillon Music China, présent au marché pour la deuxième année consécutive.Le sac distribué aux participants du MIDEM contient deux CD de musique chinoise: l’un de morceaux traditionnels et l’autre de musique pop, qui peut sonner très kitsch aux oreilles occidentales.Signe de cet intérêt pour l’Asie, Reed MIDEM, l’organisateur du MIDEM, lancera en novembre à Hong Kong un salon consacré à la disfribution des contenus de loisirs sur les plateformes numériques.Agence France-Presse En 2008, l’émergence de plusieurs modèles économiques pourrait véritablement prendre corps Borderline, le film de Lpe Charlebois, sera interdit aux moins de 16 ans Le film Borderline de la réalisatrice Lyne Charlebois sera interdit aux moins de 16 ans.La Régie du cinéma a jugé que le film méritait ce classement en raison de son thème complexe et bouleversant, de sa présentation d'un mode de vie destructeur et de l’intensité de ses images érotiques.Selon la Régie, cette œuvre risque de troubler les jeimes adolescents.Le film raconte l’histoire d’une jeune femme, Kiki, incarnée par la comédienne Isabelle Blais, qui se réfugie dans des aventures sexuelles et des pratiques automu-tilatoires afin de combler son manque d’amour-propre.Interrogée par Le Journal de Montréal, Isabelle Blais a indiqué que le film aurait très bien pu hériter d’une cote de 13 ans et plus, compte tenu de l’évolution des mœurs québécoises.Selon elle, pour comprendre le personnage, il faut montrer ces scènes de nu et d’intimité.La réalisatrice, Lyne Charlebois, se réjouit de son côté que le film n’ait pas obtenu la mention «réservé aux 18 ans et plus».Et elle demeure sceptique quant à l’impact que les scènes d’ordre sexuel ont sur les décisions de la Régie du cinéma Mme Charlebois trouve en outre aberrant qu’on puisse montrer des films où les gens s’entretuent mais que, quand il est question de sexualité, «on grimpe au plafond».Borderline sort en salle le 8 février.Outre Isabelle Blais, il met en vedette Angèle Coutu, Sylvie Drapeau, Rerre-Luc Brillant, Jean-Hugues An-glade et Antoine Bertrand.La Presse canadienne Grève des scénaristes aux États-Unis L’Académie des Oscars prépare un plan d’urgence Los Angeles — L’Académie des Oscars prépare actuellement un plan d’urgence pour le cas où la grève des scénaristes serait encore d’actualité lors de la cérémonie de remise des prix le 24 février, a-t-on appris hier auprès de son président Sid Ganis.Deux cérémonies sont en préparation: «Le show que nous adorerions faire [.] et celui que nous préférerions ne pas faire», a-t-il déclaré à l’Assodated Press.En cas d’accord dans la grève des scénaristes, le tapis rouge sera déroulé.Dans le cas contraire, les organisateurs préparent une cérémonie au cours de laquelle des clips et des concepts sortant de l'ordinaire seront présentés.Mais la cérémonie de remise des prix aura lieu quoi qu’il arrive, a ajouté le président de l’Académie, «fl est de notre devoir de remettre les Oscars, donc nous devons prévoir la possibilité de ne pas être en mesure de procéder à cette remise à cause de piquets dégrève ou faute d’accord.» Selon une porte-parole de l’Académie des Oscars, Leslie Unger, des discussions sont en cours avec les scénaristes.«Nous avons pris contact avec le syndicat, a-t-elle précisé.Nous voulons pouvoir présenter le type de cérémonie que nous faisons habituellement, et nous voulons créer les circonstances qui nous permettront de le faire.» Associated Press fyjtwnl us Filles élcctrupus présentent XAYMnqiAtS Mar.5 février - 20h30 - La Sala Rossa - 1 5$ Body aNd Soul 5 Des filles iMpertiNeNtes et audacieuses Giselle NuMba ÛNe et DoNzelle eN Ie partie Puis, l’étraNge chaNteuse aiviéricaiNe Baby Dee et son baNd Mer.6 février - 20h30 - La Sala Rossa - 15$ JérôiMe MiNière : la vérité sur les arbres Des coNtes, de la parole, des chaNSONS.et de l'actioN ! Avec Guido Del Fabbro.Marie-Pierre NorwaNd, DaN Popa Billets : Casa del Popolo (4873 St-laureNt) duraNt le F VA.à La Sala Rossa (4848 St-Laurest) ot/tr p4-4-3ç-ipr IKIHVOIK * 4
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