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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-02-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET D 1 M A X C H E 3 FÉVRIER 2 O O H DE VISU Une expo aussi attrayante qu’ambitieuse Page E 6 E ¦ ULT T H E A T R E Les chemins incertains de Claude Ré Iprès le succès de Psychose 4.48, VUsine C accueille la semaine prochaine Homme sans but, autre mise en scène l’incertain qu’est l’homme mMmmwimmffii ______ de théâtre français Claude Régy HERVE GUAY Reconnu sur le tard, Claude Régy connaît à présent une carrière théâtrale d’une longévité peu ordinaire.11 est loin le temps où il étudiait les sciences politiques pour plaire à son père.Encore plus loin celui où il suivait les cours de Charles Dul-lin au Théâtre de la Cité, anciennement le Théâtre Sarah Bernhardt.Nom que ne pouvaient tolérer les Allemands, car la France était alors occupée.Dans les années 1950, André Barsacq engage le jeune homme pour faire répéter les doublures au Théâtre de l’Atelier.Les rares mises en scène qu’il y effectue ne remportent pas le moindre succès.Dans les années 1960, il en a un peu plus avec le théâtre britannique des jeunes gens en colère, alors qu'il fait connaître Pinter et Osborne au public français.A la même époque, il est aussi l’un des premiers à s’intéresser au théâtre confidentiel de Duras et de Sarrau-te, puis à celui des auteurs de langue allemande Peter Handke et Botho Strauss.Néanmoins, la lenteur qu’il privilégie à la scène a le don de fasciner ou d’irriter les spectateurs.En 2005, il vient présenter, à Montréal, 4.48 Psychose, de Sarah Kane, mais son apport à ce spectacle est, avouons-le, quelque peu éclipsé par la présence de la star du cinéma Isabelle Huppert Au hasard des rencontres Parcours singulier que celui de Claude Régy: il a, en effet, dû attendre jusqu’en 1976 pour toucher des subventions gouvernementales.Même si les plus grandes scènes l’invitaient, il est Tune des rares personnalités marquantes du théâtre français à n’avoir jamais dirigé un théâtre important; le metteur en scène admet qu’il n’a pas eu besoin de refuser souvent.On lui a proposé ce genre de poste seulement une fois.Il a décliné l'offre.Il s’en réjouit à présent, car il estime que la direction d’un théâtre l’aurait distrait de la création.Selon lui, la chose l’aurait forcé à se préoccuper de la fréquentation de la mai-son et privé de la liberté dont il a joui à l’extérieur de ce cadre.«Je crois que la donnée essentielle [de mon parcours] est le hasard.C’est très étrange, puisque la suite de mes mises en scène a l’air de correspondre à une espèce de rigueur.En même temps, les rencontres avec les auteurs, les acteurs, les directeurs de théâtre se sont beaucoup faites par des suites de hasard.Cependant, il est certain que j’ai tourné le dos au théâtre de divertissement et au théâtre politique.Bref, alors que nous étions en plein théâtre de l’absurde et en plein brechtisme, j’ai cherché d’autres auteurs.» « Ce qui est écrit permet d’accéder à quelque chose qui est de l’ordre de l’indicible » Le hasard, il s’est aussi manifesté en la personne de grands acteurs qui ont aimé travailler avec lui.Régy pense d’abord à Delphine Seyrig et à Jean Rochefort, puis à Michel Bouquet.Mais la liste est si longue qu’elle risquerait de lasser le lecteur.Autrement, Claude Régy se distingue surtout de ses collègues par l’importance qu’il accorde au texte.Au ffl des ans, il élabore l'idée que le langage est l’élément dramatique central À la suite de Afe-clumnic (Critique du rythme) , il estime que la théâtralité est inhérente au langage.En fait la parole prime à tel point dans son théâtre que même les personnages s’effacent devant elle.Quant à l’espace, quelle que soit la forme qu’il prend, il est surtqut là pour faire résonner les mots.A cet égard, le metteur en scène dit partager la même conception de l’art dra- matique que Sarah Kane, qu’il cite volontiers: «Rien qu’un mot sur une ligne et il y a le théâtre.» Régy insiste aussi sur la portée du silence sur une scène.Pour lui, le silence est une catégorie du langage.Le silence parle, dit-il, beaucoup en écho de l’écriture.Le comédien doit donc, à son avis, faire du silence avant de parler et après la fin de ses phrases.Il ajoute qu’il faut même faire entendre du silence à l’intérieur du bruit d’une phrase.L’autre découverte marquante de l’homme de théâtre fut celle de la lenteur, dont il s’est approché par instinct, mais qu’est venu confirmer Le Regard du sourd de Robert Wilson.Dans ce spectacle, la lenteur l’a complètement frappé «par la transposition que ça apporte, par l’irréalité que ça crée».Le metteur en scène s’est alors rendu compte à quel point le ralentissement modifie l’expression et l’interprétation, qui s’ouvrent alors à une infinité de possibles.«Ça change aussi complètement la notion PASCAL VICTOR ARTCOMART d’espace et la notion de temps.Par exemple, descendre une poutre en cinq minutes, c’est pas du tout pareil qu’une poutre qui tombe de son propre poids.[Grâce à la lenteur], on voit énormément de choses qu’on ne voit pas dans la rapidité.» Éloge de la lenteur et de la présence On s’explique mieux ainsi la prédilection de Claude Régy pour l’immobilité sur scène.Pour lui, l’immobilité crée sa propre dynamique, met en relief les mouvements de la conscience et attire l’attention sur l’expressivité du visage.Quand je lui dis qu’on qualifie souvent ce type de théâtre de cérébral en Amérique du Nord, il rétorque en boutade qu’il vaut mieux être cérébral que con.Régy affirme en outre que le jeu de l’acteur, psychologique et résiste, limite et banalise l’écriture dramatique.Il cite Duras à ce sujet, qui VOIR PAGE E 2: RÉGY Les deux tricoteuses Borderline de Lyne Charlebois, adaptant deux romans de Marie-Sissi Labrèche, qui donne la vedette à Isabelle Blais, sort vendredi prochain sur nos écrans ODILE TREMBLAY Lyne Charlebois y rêvait depuis si longtemps à son premier long métrage.Elle qui s’est fait connaître pour ses brillants courts métrages dans la série Quel jour était-ce?, par ses vi-déoclips et ses séries télé Nos étés et Tabou, fut un beau jour approchée par le producteur Roger Frappier de Max Films.Il désirait adapter La Brèche, roman de la Québécoise Marie-Sissi Labrèche, en partie autobiographique, abordant la liaison entre une romancière en herbe et son directeur de thèse.Elle lui a répondu: «Ce n’est pas à la mode d'engager une femme.En haut de 40 ans, en plus.» Au diable la mode! Lyne Charlebois s’est donc mise au travail avec l’auteure des autofictions, planchant à quatre mains sur le scénario.«Quelque chose manquait», dit la cinéaste aujourd’hui.À ses yeux, des éléments essentiels à la compréhension du parcours de la narratrice apparaissaient plutôt dans son premier roman.Borderline, sur fond de folie familiale, avec mère et grand-mère dysfonctionnelles perchées sur son berceau.Qu’à cela ne tienne! Le producteur a acheté les droits du second roman, et les deux femmes ont tricoté ensemble les deux univers, ajoutant des scènes et des personnages au besoin, jouant avec les époques, plongeant dans l’enfance pour revenir à l’âge adulte.«Ce qu’il y a de merveilleux avec Marie-Sissi Labrèche, c’est qu’elle n’a pas l’ego de l’auteur incapable de sacrifier une scène.Elle a compris que les langages cinématographique et littéraire possédaient des codes différents.» De cette rencontre avec Marie-Sissi labrèche, Lyne Charlebois parle comme d’un événement, non seulement dans sa carrière, mais dans sa vie.Il est d’ailleurs question d’une nouvelle collaboration au cinéma, à partir d’un scénario original cette fois.Le film Borderline est l’histoire de Kiki, que l’ange de la folie a effleuré de son aile, longtemps dépendante affective et sexuelle, abonnée aux mauvais partenaires, sauvée de ses gouffres intimes par la littérature.«L’héroïne est quelqu’un qui décide de faire la chose la plus difficile et la plus essentielle du monde: s’aimer soi-même et se cmnaître.Une malédiction pèse sur la lignée de femmes de sa famille et elle atteint la rédemption.» Lyne Charlebois savait ce qu’elle voulait: un visage neuf.Alors, elle ne lorgnait pas du côté des vedettes.Mais Isabelle Blais, à qui VOIR PAGE E 2 TRICOTEUSES 6 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 FÉVRIER 2008 L’âme de Cuba Odile Tremblay Il faut regarder au-delà du pittoresque.Même s’il vous saute aux yeux.Creuser plus profondément.L’âme de Cuba palpite chez ses artistes, davantage que chez les barbus de la Révolution.Cette leçon, on l’apprend là-bas en marchant, en tendant l’oreille.Chaque fois que j’ai mis les pieds à La Havane, c’est avec l’impression de tomber à minuit moins cinq dans un monde au bord du naufrage.Les années, les mois sont manifestement comptés pour cette capitale insolite où roulent les vieilles bagnoles rondouillardes, devant des bâtiments jadis glorieux, désormais en ruine.Le marché noir omniprésent, l’agitation de ces Cubains jeunes et vieux grouillant la nuit pour fuir des logements trop étroits, les groupes de musiciens à chaque carrefour, les flics qui font leur ronde, la pénurie de biens essentiels.Pour un peu, on se croirait dans le Chicago d’Al Capone, à l’heure où le crime côtoyait la misère, et les boîtes de jazz les maisons de passe, transposé sur l’écran d’un grand film noir.Bien évidemment, le départ imminent de Fidel Castro devrait modifier le paysage, pour le meilleur ou pour le pire.Le puissant voisin américain attend son heure dans l’ombre et au soleil, lui qui jusqu’en 1959 avait transformé la ville en bordels, en casinos et en clubs de nuit, asservi le peuple pour ses menus plaisirs.Ce Las Vegas d’antan se trouvait hors des Etats-Unis.Ça faisait plus propre et ça se contrôlait mieux.Pas de chance.Ils l’ont perdu.Depuis la Révolution, les Américains ont eu beau multiplier les embargos, jamais ils n’ont réussi à tuer l’âme du peuple (Castro non plus, malgré quelques efforts notables).D suffit de parcourir les îles des alentours pour comprendre à quel point Cuba est unique dans ses Caraïbes, par son extraordinaire pouvoir de résistance, qui dépasse de loin la sphère politique.A La Havane, on sent qu’au-delà des régimes et des tyrannies successifs ayant jalonné l’histoire cubaine, si l’identité nationale est restée debout, ça tient forcément à son rapport si particulier à la culture.Cet art follement vivant participe aussi, sans doute par-dessus tout, à sa résistance.On pense à sa musique, bien sûr, qu’il n’est plus besoin de présenter, à sa littérature (à dévorer.Avant la mit, l’autobiographie du poète Reynaldo Arenas), parfois à son cinéma.O le merveilleux Fresa y chocolaté! Quant à l’art visuel, il nous saisit par sa richesse dans les musées nationaux.En un si petit pays, voilà qui impressionne.Plus étonnant encore, chez les marchands des galeries extérieures, nous tombons parfois en arrêt devant la puissance dégagée par cer- taines toiles destinées aux touristes.Ces mêmes touristes à qui, ailleurs dans le monde, chacun offre allègrement des croûtes.Petit miracle.Un de plus.Et même si le régime de Castro devait s’écrouler avec lui, même les Etats-Unis remettaient un jour la patte sur la perle des Antilles, on garde l’impression que l’art cubain continuera a planer par-dessus ces contingences, défiant le politique, plus fort que lui.En parcourant la magnifique exposition sur Cuba au Musée des beaux-arts de Montréal, la luxuriance des paysages et la moiteur de l’air havanais ne nous remontent pas seules aux yeux et aux narines.La fécondité de cet art-là, en renouveau peipétuel, constitue le vrai trésor national d’un pays au parcours tourmenté.Cette expo le proclame, chez nous cette fois.C’est par l’art que renaissent sur les cimaises l’esclavage noir, à travers ce petit tableau de Victor Patricio de Landaluze (1880) où un esclave embrasse le buste d'une femme blanche, mais aussi les infamies des régimes de Machado et de Batista, le nigth life animé de jadis, l’espoir et l'injustice.Par lui que la Révolution, avec ses icônes usées à la corde (Guevara et compagnie) mais aussi ses contestations muettes des tyrannies, s’exprime librement.L’art abstrait a pu continuer à fleurir sous Castro, mais également tout ce courant figuratif sur lequel plane l’influence des grands muralistes mexicains.Aux murs et sur les présentoirs, rue Sherbrooke, les photos, les affiches de concert parlent et saignent Clou de l’expo du MBAM: l’immense fresque collective, à l’assaut de laquelle se sont lancés en 1967, à La Havane, avec une belle candeur, des artistes et intellectuels occidentaux et cubains.L’oeuvre géante se voulait dédiée à l’art contemporain mais paraît vouée à la gloire de la révolution des barbus.Durant le happening d’une folle nuit les créateurs célébrèrent sur la toile le rêve de toutes les fraternités.C’était avant les désillusions, avant le cynisme, avant la débâcle d’une gauche «crois ou meurs».Aujourd’hui, la fresque, avec sa centaine de carrés peints ou scribouillés par des mains exaltées, porte en elle ces élans engloutis des lendemains qui chantent Emouvante comme un fantôme et si dépassée.Mais vivante, encore un instant Au cours des années 90, le producteur et musicien Ry Cooder a sorti des boules à mites et enregistré d’anciennes gloires de la musique cubaine, transformées du coup en vedettes internationales.Puis le documentaire de Wim Wenders acheva de propulser le Buenavista Social Club vers les sommets.On espère que des expos comme celle du MBAM se multiplieront sur la planète pour permettre à l’art visuel cubain de rayonner loin à son tour.Un artiste comme Marce-lo Pogolotti, entre autres, dont l’œuvre sociale et engagée des années 30 rappelle la patte de Fernand Léger, mérite cent fois de traverser toutes les frontières.Souhaitons à Cuba, aujourd’hui à la croisée des chemins politiques, d’exporter davantage la force extraordinaire de son art multiforme.Il a jusqu’ici sauvé son peuple de tous les asservissements.A lui, la véritable puissance subversive! otrem blay@ledevoir.com REGY SUITE DE LA PAGE E 1 affirmait que «le jeu des acteurs n’aide pas l'écriture, il tue l’écriture».Aussi le metteur en scène s’oppose-t-il à toute notion de personnage.Pour lui, le comédien ne doit pas jouer le texte.Il fàut, au contraire, qu’il apprenne à laisser le texte jouer.Ce type de jeu demande surtout au comédien d’exister «d’une manière fa ntastique», puisque le corps de l’acteur devient pratiquement le seul élément visuel du spectacle.«On n’interprète pas un personnage.On n’est pas un personnage.On essaie de laisser transparaître ce que l’écriture contient d’invisible.Ce qui est le plus important dans l’écriture, ce n’est pas ce qui est écrit.Mais ce qui est écrit permet d’accéder à quelque chose qui est de l’ordre de l'indicible.» Il n’aime pas trop cependant qu’on voie en lui un continuateur du symbolisme.Mais il admire Maeterlinck.Ses mises en scène ont d’ailleurs contribué à tirer l’écrivain belge du long purgatoire où il séjournait.Il se rappelle que Duras et Sarraute, qui ne le connaissaient pas, ont été très frappées de voir que Maeterlinck avait déjà inventé la dissociation du récit et de l’image et prouvé que le récit pouvait être théâtre.Par son travail, Claude Régy pense avoir contribué à décons-fruire le théâtre à l’italienne qui, à ses dires, ne correspond plus à la sensibilité moderne.Il se sent lié à toute une école qui a travaillé dans des friches, des usines désaffectées, des endroits dévastés par des incendies.Il a tenté d’explorer des territoires intérieurs, de s’approcher de l’inconnu.Il a du reste donné à ses premiers écrits sur le théâtre le titre RENAUD MONFOURNY Claude Régy â’Espaces perdus.Plutôt parce que les autres les ont considérés ainsi, car lui a eu envie de ne pas voir une frontière interdite dans ces zones instables.Il affirme que, si on veut pouvoir ouvrir les sens à l’infini, il importe d’entrer en relation avec le monde non conscient.Un imaginaire complexe et déroutant, c’est ce que Claude Régy a trouvé chez Arne Lygre.Autçur dramatique norvégien dont les Editions de l’Arche lui ont suggéré la lecture, alors qu’il était «en mal de manuscrit».Homme sans but a frappé le metteur en scène par son écriture très minimaliste «qui dégage néanmoins énormément de possibilités».A quoi s’ajoutait pour lui le thème troublant d’un homme d’affaires qui entretient avec les membres de sa propre famille des relations factices, fondées avant tout sur l’argent Naturellement que cette pièce présente l’incertitude comme une donnée fondamentale de l’existence n’a pas dépju à l’homme de théâtre français.A 82 ans, Claude Régy se demande toujours s’il était fait pour travailler dans le monde du théâtre.Le sentiment de ne pas savoir le faire a été pour beaucoup dans son acharnement à élaborer une autre vision du travail sur le plateau: avec les acteurs, à partir d’un texte.Laissons-le conclure: «Je ne suis pas tellement fier.Pas tellement rassuré.Je continue d’être très incertain.Mais je suis surtout étonné de voir que mes expériences un peu extrêmes et quelquefois surprenantes ont fait me espèce de chemin.» Collaborateur du Devoir HOMME SANS BUT Texte d’Ame Lygre mis en scène par Claude Régy, à l’Usine C du 7 au 16 février.Un moment de théâtre intense, inoubliable, époustouflant mis en scène par Denis Marteau.Le mot qui me vient Immédiatement en tête, c’est virtuosité.Un mot qui s'applique autant à l’Interprétation de Christiane Pasquier, grandiose, qu'au texte de Normand Chaurette Marie-Christine Trottier.Disautels.Radio-Canada, Une pièce magnifique.J’étais tellement charmé, tellement impressionné par cet objet théâtral parfait.Tu ne t’ennuies jamais, jamais.Michel Lacombe.Ouvert le samedi.Radio-Canada.Une bête de scène romantique.Chrisbane Pasquier ne passe pas è cêté de l'occasion qui lui est fournie de montrer l'étendue de son talent.Pier Paquette compose un Jack l'Éventreur tour à tour envoûtant et terrifiant.U mise en scène de Denis Marleau épouse l’écriture de Chaurette et.sans en nier le caractère sombre, son travail en souligne tant la fantaisie que les jeux de miroirs.Hervé Guay, Le Devoir, Christiane Pasquier se donne sans retenue è ce personnage démesuré.Avec (beaucoup de) talent et (un soupçon) d’humour.Anabede Nicoud, La Presse Christiane Pasquier livre un quasi-monologue digne d'un exploit sportif.La comédienne interprète de façon époustouflante le rôle que lui a écrit l'auteur Nomnand Chaurette.Maritou Séguin, Journal de Montréal.«Christiane Pasquier endosse son personnage avec caractère et assurance : une prestation sans taille doublée de propositions originales et vives.Maude Gareau.Ici Montréal.Virtuose, c'est le mot qui nous vient spontanément i l’esprit au sortir de ce spectacle.Une comédienne au sommet de son art.Un auteur qui n'a plus rien à prouver et qui nous en met pourtant plein les oreilles.Un metteur en scène qui entrelace geste, intonation, musique et projection avec maestria.Avouons-le.il est rare, très rare que tous nos sens de spectateurs soient à ce point sollicités Pasquier est incandescente.Avec un personnage aussi torturé, mais non dénué d'humour et d'esprit, la comédienne parvient à nous émouvoir profondément Christian Saint-Pierre.I ~ ~ l’ARTKNAIKE DK SA ÊÉ .ÜJl: PAÜTKNAIKK DK SAISON P ' l| ; : S’il?!1; 11 r m > ! transat i* ’ I il: Tl.: :> i N p I: ' Il .émi: CE QUI MEURT EN DERNIER DE NORMAND CHAURETTE MISE EN SCÈNE DE DENIS MARLEAU AVEC CHRISTIANE PASQUIER ET PIER PAQUETTE DU 15 JANVIER AU 9 FÉVRIER 2008 Unk création d'UBU.en coproduction avec ESPACE GO ht le Théâtre français du Centre national des Arts du Canada Théâtre ESPACE GO J f onsotl tVs Arts.'WStS^ffUl du CMKMta V —— R11.1.ETTERIE 514 845-4890 »R90.ROUI.SAINT-LAURENT MONTREAL (QUKREC) llaT 1RS ISPACEGO.COM TRICOTEUSES « Un rôle aussi fort que celui-ci, je ne sais pas si j'en aurai un autre.», lance Isabelle Blais SUITE DE LA PAGE E 1 plusieurs années auparavant Ma-rie-Sissi Labrèche avait lancé: «Il y aura peut-être une adaptation au cinéma d’un de mes livres.Je te verrais bien jouer mon rôle», avait gardé l’idée en tête.Elle demanda à passer l’audition, et fut finalement retenue.Comme quoi les cinéastes changent parfois d’idée.«J’ai été impressionnée par sa capacité de pleurer en restant baveuse, de mélanger des émotions contradictoires, précise-t-elle.Sur les 31 jours de plateau, Isabelle en tournait 28.Sa générosité fut totale.» Ça embête quand même un peu la cinéaste de voir La Belle Empoisonneuse de Richard Ju-tras, avec la même vedette, prendre l’affiche juste avant Borderline.«Mais si Isabelle est partout, c’est pour son talent.» «Un rôle aussi fort que celui-ci, je ne sais pas si fen aurai un autre.», lance de son côté l’actrice.Les scènes de baise à l’écran, Isabelle Blais n’en est pourtant guère trop friande d’habitude, pas plus que de la nudité.Ici, elles valent au film la cote «16 ans et plus».«J’avais refusé des scénarios avec des scènes crues pour moins que ça, mais dans Borderline, ce sont des moments essentiels.Parfois, je devais me mettre à “off et plonger sans réfléchir.C’est sûr qu'être dirigée par une femme était plus facile dans les scènes délicates, mais une autre réalisatrice aurait fait un tout autre film.C’est le lien entre Marie-Sissi et Lyne qui a donné cet objet-là.» Isabelle Blais devait jouer sur plusieurs registres.«Quand j'incarne Kiki à 20 ans, elle est vraiment “borderline”.Il me fallait alors entrer dans ses excès, ses mutilations, l’alcool.Ce fut l’aspect le plus difficile de mon rôle.» Nouveaux éléments Du mariage de La Brèche (l’enfance et la jeunesse) et de Borderline (l’histoire d’amour avec le prof et la découverte de l’écriture), Lyne Charlebois et Marie-Sissi Labrèche ont fait surgir de nouveaux éléments.La mère est devenue catatonique (étonnante Sylvie Drapeau).Elle se tait tandis que l’héroïne se PEDRO RUIZ LE DEVOIR La réalisatrice de Borderline, Lyne Charlebois, avec la comédienne Isabelle Blais confie.Kiki est entrée dans un groupe de dépendants sexuels anonymes, ce qui aide à révéler des aspects d’elle-même sans passer par la voix hors champ.«J’ai même inséré des éléments personnels, poursuit Lyne Charlebois: Lorsque Kiki reproche à son amant marié: “Je n’ai jamais déjeuné avec toi”, c’est une phrase que j’ai déjà prononcée.» Le rôle de la mère, muet, crucial, a fait reculer certaines actrices.Pas Sylvie Drapeau, qui, aux côtés de la cinéaste, a assisté à des ateliers de peinture des patients du Centre Hyppolite-Lafon-taine pour mieux saisir son personnage.«Son rôle est de l’émotion corporelle pure.» La cinéaste se défend pourtant d'avoir fait un drame médical.«Il s’agit d’une allégorie de la folie, pas d’une description clinique.» Autre grand rôle: celui de la mémé, qu'Angèle Coutu incarne avec brio.«Cela faisait sept ans qu’elle n’avait pas joué.D’où ses doutes à l'audition, alors qu’on la trouvait tous sensationnelle.» Le Français Jean-Hugues An-glade incarne l’amant professeur et le jeune Michael Robin, le bon garçon sincèrement épris de Kiki.«Mais on ne le voulait pas homme rose, comme on refusait que le prof marié apparaisse comme un pur salaud.Il s’intéresse à Kiki, la pousse à écrire.Le film est perçu d’un point de vue féminin, mais sans clichés ou règlements de comptes contre les hommes.» La cinéaste avait d’entrée de jeu choisi son langage visuel: aucun mouvement de caméra pour la première époque, une caméra à l’épaule pour la seconde, et la maturité filmée de façon plus classique.Pas de flash-back en noir et blanc mais des retours au passé enchaînés de manières diverses, sans répétition de procédé.«Par-dessus tout, il me semblait important de faire un film lumineux, transcendant les aspects noirs du parcours», conclut la cinéaste.Le Devoir Arts aux intéressés, dans la foulée du lancement de Borderline, Boréal a publié un coffret compact comprenant La Brèche et Borderline, les deux romans à l’origine du film.7e festu/d Us PÜUs tlMTUfvw présentent cf Aménages ïjwken Word I Délire et iMpertÎNeNce à La Sala Rossa.Jeu.7 février - 20H30 - La Sala Rossa - 17$ CoMbat coNtre la laNque de bois, 4e rouNd Brigitte HaenfjeNS.René-Daniel Dubois.Jean-Marc Massie.Geneviève Rochette, Marie-louise Arsenault, Serge Bouchard, Louis Champagne, Evelyne de la Chenelière, Queen KA.Mado lamotte.et bien entendu Jacques Bertrand Billets : ESPACE GO (4890 St-laurent).S14-84S-4890 ou sur Admission S14-79Q-124S VeN.8 février - 20h30 - La Sala Rossa - 15$ Cabaret DADA - spectacle de clôture Une distribution de rêve., queer, hystérique, insolente, improbable Stéphane Crête.Nathalie Claude, Marcelle Hudon.Carole Nadeau.Dominique Pétrin.Alexandre St-Onge, 2boys.tv, Alexis O’Hara.Dayna McLeod.Lucas Joliy.Myriam Ginestier.Pascal A.Pioramore A bas la raison et vive l’extravagance ! Billets : Casa del Popolo (4873 St-Laurent) + durant le FVA, à La Sala Rossa (4848 St-Laurent) Utftï ç ^ I.KIXV
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