Le devoir, 23 février 2008, Cahier F
LE DEVOIR L E S A M EDI 2 .3 E D 1 M A X (' Il E FEVRIER 2 0 0 8 Avec l’hiver qu’on connaît cette année, tout le monde a le goût de s’évader.L’équipe du Salon du livre de l’Outaouais (SLO) a donc visé juste en choisissant l’évasion comme thème de sa 29' édition.Du 28 février au 2 mars, les visiteurs du SLO sont invités à partir à la découverte de pays éloignés, de cuisines exotiques, de mondes fantastiques et, surtout, d’auteurs passionnés.¦ ANNE MICHAUD Comme président d’honneur, le Salon du livre de l’Outaouais a fait appel à Stanley Péan.Président de l’Union des écrivains et écrivaines québécois, rédacteur en chef du magazine Le Libraire, porte-parole du Mouvement des arts et des lettres, critique littéraire et musical.A travers tous ces rôles, Stanley Péan demeure un passionné des mots, et l’équipe du SLO espère que sa passion contaminera les trente et quelques mille visiteurs annuels du Salon du livre de l’Outaouais.Six invités d’honneur entoureront Stanley Péan, dont notre collaboratrice Carole Tremblay, porte-parole des auteurs pour la jeunesse.C’est un domaine qu’elle connaît très bien, puisqu’en plus de signer dans nos pages la chronique consacrée à la littérature jeunesse étrangère, Carole a déjà publié plusieurs albums et romans pour les enfants.Bertrand Gauthier, Philippe Béha, Laurent Chabin, Sylvie Brien, Annie Groovie et plusieurs autres idoles du jeune public iront aussi faire un tour à Gatineau.De plus, grâce à la collaboration de l’ambassade de France, le SLO accueillera l’auteur français Xavier Laurent-Petit, dont les romans pour la jeunesse parlent aussi bien de la guerre que du terrorisme ou de la maladie d’Alzheimer.Toujours dans le cadre de ce thème de l’évasjon, Anne Robillard (Les Chevaliers d’Émeraude, Editions de Mortagne, et la série AN.G.E.aux Intouchables) invitera les visiteurs du SLO à s’évader de leur quotidien par la littérature fantastique.Quant à Stéphane Dompierre (Un petit pas pour l’homme et Mal élevé, Québec Amérique), il représentera la littérature grand public et participera, entre autres, à une table ronde sur le thème «L’écriture pour les hommes et l’écriture pour les femmes».Beau débat en perspective! Lauréate du prix littéraire Jacques-Poirier - Ou-tpouais, Claire Boulé (Calendrier des terres froides, Ecrits des Hautes-Terres) est l’mvitée d’honneur en poésie.Elle sera entourée de plusieurs poètes de l’Ou-taouais, auxquels se joindra Alexandre Voisard, dont la venue est rendue possible grâce à la collaboration de l’ambassade de Suisse au Canada.Des prix Comme il le fait chaque année, le SLO honore deux écrivains qui œuvrent de chaque côté de la rivière des Outaouais.Lauréat du Prix de la relève littéraire Archambault en 2006 pour son roman Des cendres sur la glace, Georges Lafontaine sera le porte-parole des auteurs de l’Outaouais québécois et offrira aux lecteurs son premier roman policier, Le Parasite (Guy St-Jean éditeur).Quant aux auteurs de l’Ontario français, ils seront représentés par Daniel Marchildon, don,t le plus récent roman, L’Eau de vie, uisge beatha (Éditions David), se déroule en Huronie.Même si l’Outaouais accueille chaque année un événement spécifiquement consacré à la bande dessinée (Le Rendez-vous international de la BD de Gatineau), le 9 art a aussi sa place au cœur du SLO.Cette année, le Salon accueille entre autres les bédéistes Jean-François Bergeron (alias Djief), Eva Rollin et Jessica Sam-son-Tshimbafanga, lauréate du 2r Concours québécois de bande dessinée.Pour cette 29 édition, l’équipe du Salon du livre de l’Outaouais a mis sur pied un éventail d’activités et d’animations qui devraient répondre aux attentes des visiteurs de tous âges.Pour les plus jeunes, on a prévu des jeux, des spectacles et des concours participa-tifs (Anoushka en chansons, Caillou à la bibliothèque.Délirons avec Léon!, Place aux sosies!, etc.) qui leur feront connaître de nouveaux livres et de nouveaux auteurs; pour les plus grands, il y aura plusieurs lancements de livres, des entrevues, une soirée de poésie et des tables rondes portant sur des sujets aussi divers que la qualité de la langue, le bonheur et l’écriture pour adolescents.Pas mal pour un Salon qui a bien failli ne pas avoir lieu.En effet, il faut se rappeler qu’il a fallu attendre la fin du mois d’octobre dernier avant que l’équipe du SLO ait la certitude que le 29 Salon aurait bel et bien lieu au Palais des congrès.Ce n’est qu’à ce moment lorsque le gouvernement du Québec a enfin annoncé que la gestion du Palais passait de la Ville de Gatineau à la Société immobilière du Québec, que les préparatifs ont réellement pu débuter.Grâce à l’appui des auteurs et des éditeurs, les organisateurs ont pu mettre sur pied une programmation qui reflète bien la diversité de la littérature d’ici et d’ailleurs.D ne reste plus qu’à espérer que le public sera au rendez-vous, du 28 février au 2 mars.Pour plus de renseignements, consultez le site mmslo.qc.ca Collaboratrice du Devoir PI.DRO RUIZ I.E DEVOIR I .U) IfrrK ¦vô' ENTRETIEN C’est la faute à VLB L écrivain publie La Grande Tribu Les nouvelles «tribulations» romanesques et politiques d’un malcommode impénitent.CHRISTIAN DESMEULES rois-Pistoles — la controverse ne lui fait pas peur.Les provocations et les pirouettes, il les cultive comme d’autres tricotent en regardant la télévision.Presque une seconde nature.Depuis qu’il a fait paraître un texte vitriolique fustigeant les propositions de Pauline Marois sur le bilinguisme, les lettres aux journaux et les règlements de comptes pleuvent sur lui: «Quand les VLB de ce pays mourront-ils?», allait même jusqu’à implorer un lecteur du Devoir.D y a quelques jours, sur les ondes de la radio publique, il promettait une nouvelle dentition à Noah Richler, qui le caricature sans ménagement — Ihomme autant que sa pensée — dans Mon pays, c’est un roman (Boréal, 2008), une sorte d’essai-voyage que le fils de l’auteur du Monde de Barney consacre à la littérature dite «canadienne».Conséquences imprévues, cascade publicitaire ou ras-le-bol véritable: Victor-Lévy Beaulieu annonçait avec un certain fracas en début de semaine qu’il annulait tous ses engagements publics entourant la sortie de La Grande Tribu.C’est la faute à Papineau, son nouveau roman annoncé comme œuvre à paraître depuis 1973.L’épouvantail juché sur l’un des côtés de l’étable serait-il un double empaillé de l’écrivain?Dans sa grande maison de Trois-Pistoles, l’écrivain de 62 ans parait à la fois fatigué et exaspéré, même s’il lui faut admettre qu’il a largement contribué à toute cette agitation.Debout derrière le comptoir de sa cuisine, entouré de ses innombrables chiens et chats qui semblent régner en petits maîtres sur les lieux, il revient sur la genèse de l’ouvrage.«C’est le pre- mier livre que je voulais écrire, commence VLB.fy ai même consacré cinq ans à plein temps entre 1980 et 1985, juste avant d’écrire L’Héritage.C’était un peu mon syndrome post-référendaire à moi», reconnaît-il.Une fable politique Gros livre bicéphale, La Grande Tribu se divise en deux parties qui alterneront tout au long des 876 pages: les Libérateurs et les Lésionnaires.VLB nous offre d’abord les biographies de quelques libérateurs populaires du XIX' siècle: Daniel O'Connell, Simon Bolivar, Jules Michelet Walt Whitman, l/mis-Joseph Papineau, Abraham Lincoln et, sans doute moins connu, Charles Chiniquy — un personnage terriblement fascinant Du côté de la fiction, le narrateur, Habaquq Cauchon, est un cul-de-jatte à la recherche de ses origines, fier descendant de la Nation dite du Peuple des Petits Cochons Noirs, qui croit avoir un trou dans le crâne.Il se liera d’amitié, au fil de sa quête pour se libérer de la «schizophrénie collective», avec un autre pensionnaire du «château, manoir, asile ou maison» où ils sont enfermés, l’orignal épormyable.Un personnage où on reconnaîtra aisément la figure de Claude Gauvreau, à qui VLB rend ici un vibrant hommage.«J’ai été complètement soufflé par sa poésie», dira-t-il.Son caractère révolutionnaire, libérateur, encore largement occulté aujourd’hui, estime-t-il.Au final, La Grande Tribu met en scène le rêve d'une «démentielle utopie» qui mêle la violence et le politique.Les personnages d’estropiés, de héros défaits ou réduits, on le sait sont légion dans l'œuvre du barbu.Cette fois, c’est une escouade de kamikazes en fauteuils roulants — les Lésionnaires en question — qui prennent d’assaut l’Assemblée nationale, exigeant rien de moins qu’une déclaration unilatérale d’indépendance pour «Au Québec, pour que ça bouge, pour qu’il se passe quelque chose, il va falloir que ça aille dans les extrêmes » mettre un point final, disent-il, à Y«hystérie historique» dont souffrent les Québécois.«J’ai appelé ça une grotesquerie, confie VLB en maniant sa pipe éteinte, parce que ce n’est pas vraiment un roman.C’est plutôt une sorte de fable.» Une fable qui devait à l’origine faire la part belle à un autre de ces perdants magnifiques qui abondent dans le grand livre de l’Histoire empêchée: I nuis Kiel.Jusqu’à ce qu’une redécouverte de la vie et de l’œuvre de Louis-Joseph Papineau, notamment grâce aux importants travaux de Georges Aubin, lui fasse modifier la trajectoire du livre.«Papineau a vraiment été le chef politique québécois qui a essayé d’aller le plus loin, explique-t-il.Celui aussi qui a manqué son coup.On dirait que, depuis, tous ceux qui ont suivi n’ont fait que répéter ce grand ratage.Pour moi, à un certain niveau, le père fondateur du Québec — mais qui ne l’a pas été —, c’est vraiment Papineau.» Agent provocateur «Je n'ai pas la prétention de me mesurer à ces auteurs-là, mais quand on lit Don Quichotte, Les Voyages de Gulliver ou La Vie et les Opinions de Tristram Shandy, on se rend compte que ce sont des livres très politiques, écrits sous forme de fable, de métaphore, d’allégorie», soutient VLB.«En littérature, depuis une vingtaine d’années, on est comme enfermés dans un cercle de la biographie déguisée.I«es romanciers se contentent d’écrire leur petite histoire personnelle, et pas seulement au Québec.On n’a jamais écrit autant de petites histoires plates et mmbrilistes que depuis qu’on prétend qu’on habite un univers élargi.C’est assez paradoxal.Alors, je me suis demandé: qu’est-ce que pourraient dire Sterne ou Swift aujourd'hui s’ils étaient Québécois?J’ai essayé de répondre à ça dans mon petit livre.», confesse-t-il en ricanant Quant à la couleur de son propre engagement politique, l’écrivain refuse de se laisser enfermer d;ins ses apparentes contradictions.«Moi, je ne suis pas adéquiste, tient-il à préciser en bon agent VOIR PAGE F 2: VLB «s SALON dùUVRE DE L’OUTAOUAIS _ WWW.SLO.QC.CA - MIME 'IsliS * m mus m * «nisiiiGiH» * - cv**9' LeDroit |w| Québec tî w Con«ild«Am for tb« Art» du Canada Gatineau Kaboom ! t LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 FÉVRIER 2 0 0 8 LIVRES EN APARTÉ L’épidémie Jean-François Nadeau Près de deux milliards déniants vivent dans des pays pauvres.Un sur trois ne complète pas une cinquième année.La plupart n’auront jamais droit à une éducation minimale.En 2005, le projet One Laptop per Child Project (OLPC) va de l’avant pour essayer de fournir des ordinateurs à ces enfants démunia Les ordinateurs peuvent-ils sauver le monde des ravages de l’ignorance?On semble le croire partout ici comme ailleurs.Au Québec, il suffit d’entrer dans une classe du primaire pour voir que les ordinateurs trônent bien en vue sur leurs piédestaux à roulettes, mais que le coin lecture est presque toujours vide.Qu’importe désormais les livres pourvu qu’on puisse avoir des ordinateurs partout, même s’ils finissent pas coûter plus cher que des bibliothèques entières! Dans l’enthousiasme général qui coiffe un projet comme l’OLPC, on affirmait d'entrée de jeu, et sans rire, que les enfants qui n’ont jamais ai un livre à portée de la main pourraient enfin, grâce à ces précieux ordinateurs, tenir le monde entre leurs jolies menottes! Est-ce vraiment parce que les pauvres du monde n’ont pas encore d’ordinateurs qu’on trouve toujours des milliers de gamins une Kalachnikov à la main, cette arme de guerre par excellence de toutes les régions où l’enfant n’est jamais roi mais tout au plus soldat?Entre 250 (XX) et 300 000 enfants du monde sont utilisés comme chair à canon, selon les chiffres de l’ONU.Les photographies du Brésilien Sebastiâo Salgado, tenu à raison pour un des témoins les plus sensibles du malheur des peuples africains, expriment toujours de façon criante le décalage abyssal qui existe entre nos considérations d’Occi-dentaux et la réalité du terrain.Son Africa, que vient de publier l’éditeur Taschen, rassemble quelques-uns de ses meilleurs tirages des quarante dernières années.Ce livre est assurément à tenir au nombre des albums de maîtres.Au-delà du monde de l’image et parlant de l’Afrique, le livre que la journaliste d’origine montréalaise Stephanie Nolen consacre aux ravages du sida constitue une lecture étonnante.Installée depuis plusieurs années sur le continent noir pour le compte du Globe and Mail, Stephanie Nolen explique, dans 28 témoins du sida en Afrique (Editions Leméac), ce que signifie pour la planète le fait que trente-sept millions de personnes vivent aujourd’hui avec le virus.Dans la plupart des pays, raconte-t-elle, le pourcentage de la population infectée par le virus ne dépasse pas la barre du 1 %.Les personnes touchées appartiennent d’ailleurs souvent à des communautés plus à risque, ce qui a permis de renouveler un vieux réflexe qui consiste à associer une maladie à une charge morale.La réputation faite à une maladie, on ne le souligne pas assez, peut lui ajouter des souffrances.Or le sida a fait éclore à qui mieux mieux des préjugés contre des communautés déjà stigmatisées: les pauvres, les Noirs, les homosexuels, les marginaux.Dans nombre de pays, parmi lesquels il faut bien sûr compter le Canada, il est tout de même possible désormais de survivre tant bien que mal avec le virus grâce à des soins médicaux appropriés.En Afrique, centre de l’attention de Stephanie Nolen, le virus touche parfois plus de 30 % de la population de certains pays où les soins minimums ne sont même pas disponibles.Inutile de vous Enfant souffrant de sévère malnutrition, en Angola.dire que l’idée de recevoir un ordinateur gratuit et de tenir ainsi «le monde entre ses mains» offre une bien mince consolation lorsque la mort s’avance vers vous irrémédiablement.Mais pourquoi tant s’intéresser au sida en Afrique alors que c’est toute la panoplie des malheurs qui frappe plus souvent qu’à son tour ce continent?Après tout, Stephanie Nolen pourrait aussi s’intéresser aux guerres, à la corruption, aux pénuries diverses, et à toutes les autres maladies qui déciment des populations africaines entières.Pourquoi le malheur du sida plutôt qu'un autre?«C’est que le sida sous-tend l’ensemble de ces fléaux, plaide-t-elle, en ce sens qu’il en amplifie les effets néfastes tout en limitant la possibilité de les vaincre.» Une étude de cas Dans son essai, la journaliste commence par rappeler les origines du virus et les conséquences apocalyptiques qu’il a sur des populations déjà lourdement touchées par des problèmes, structurels.Cette introduction bien menée est suivie, sur un mode très journalistique, par la narration habile de vingt-huit cas précis d’Africains aux prises avec le virus.De cette approche très individualiste propre à l’«étude de cas», on en arrive tout de même à tirer des leçons générales sur la propagation de la maladie.Tout cela fît de cet ouvrage au titre a priori rébarbatif un véritable essai digne de mention.Ouvrage riche, le 28 témoins du sida en Afrique de Stephanie Nolen est tout de même bercé par une SEBASTIAO SALGADO pauvre naïveté dont s’empiffre volontiers notre époque.La journaliste, en bonne ancienne élève de la London School of Economies, croit en effet qu’une partie des solutions au sida viendra de l’action de gens qui ont pourtant contribué plus que d’autres à faire de notre monde ce qu’il est aujourd’hui.Peut-on sérieusement cçoire qu’un ancien président des Etats-Unis tel Bill Clinton peut désormais faire plus pour l’Afrique qu’au moment où il était en fonction?Le chanteur Bono, celui-là même qui lançait un disque en exclusivité dans un Wal-Mart et qui quitte l’Irlande pour s’éviter l’impôt, doit-il vraiment être tenu pour un héros des temps nouveaux pour l’Afrique?Faut-il envisager sérieusement de consommer plus de iPods et de t- En Afrique, le virus touche parfois plus de 30 % de la population de certains pays où les soins minimums ne sont même pas disponibles shirts Gap pour soutenir convenablement un fonds mondial d’aide aux plus démunis?Ce genre de perspectives de lutte ressemble parfois à un aveu de défaite totale face au monde tel qu’il va.Mais il serait injuste de dire que Stephanie Nolen ne croit qu’en l’existence illusoire de pareilles enflures médiatiques pour sauver l’Afrique.Elle donne, à la fin de son livre, une suite de noms d’organismes sérieux auxquels elle croit légitime de prêter son concours, tout en faisant quelques mises en garde utiles à tous ces gens trop enclins à se transformer, pour les besoins de leur édification personnelle, en coopérant plus encombrant qu’autre chose sur le terrain.jfnadeau@ledevoir.com VLB «Au Québec, pour que ça bouge, il va falloir que ça aille dans les extrêmes» ivieri librairie ?bistr Soirée festive le 27 février Lectures d’auteurs afro-américains antillais, africains et québécois.Dany Laferrière, Pascale Montpetit, Anthony Phelps, Normand Baillargeon Stanley Péan à la trompette.19 H À LA LIBRAIRIE ENTRÉE LIBRE, RÉS.739-3639 Souper créole + Jazz Réservation obligatoire 739-3303 Au menu des recettes de Dany Laferrière, Stanley Péan et Rodney Saint-Éloi.Musique - Anthony Rozankovic et sa bande et Chantal Lavigne 20h30 au bistro SUITE DE LA PAGE F 1 provocateur.Je les ai appuyés ponctuellement, en disant que c’était important qu’ils soient là, malgré leur inexpérience et toutes leurs maladresses.» Il poursuit «Et si j’enlève l'idée de l’indépendance, qu’aucun des trois partis ne défend vraiment, j’ai plus confiance dans l’être identitaire que véhicule Mario Dumont et l’ADQ qu’en celui des libéraux ou des péquistes, qui ne semblent le faire que pour des raisons bassement électoralistes.» Et cette aliénation qu’il condamne?«L’aliénation, elle s’explique en grande partie par la domination d’une élite fuckée, dans un système lui-même dirigé par une nation étrangère et ennemie, il faut bien le dire, à qui on continue de faire des petits guili-guili.» Entre la sainteté, la santé et le terrorisme Poursuivant sur la lancée de ce qu’il faut bien appeler son «pessimisme démocratique», le polémiste ne mâche pas ses mots: «Moi, j’admets le terrorisme exactement pour les mêmes raisons que Michel Foucault, à savoir pour des raisons nationalistes.Pensons aux Irlandais, par exemple, qui ont eu ce courage-là.Ceux qui réussissent, pour revenir à mon livre, on ne les appelle pas des terroristes, mais des libérateurs.» Entre la sainteté et le terrorisme, pour reprendre le titre d’un recueil de ses essais parus en 1984, quel choix faire pour donner une forme à pareils rêves de liberté?«Au Québec, pour que ça bouge, pour qu’il se passe quelque chose, il va falloir que ça aille dans les extrêmes», prédit-ü, rappelant du même souffle la phrase de Sartre qu’il place en exergue de La Grande Tribu («On n’est jamais assez radical»).Quoi qu’on puisse penser des positions politiques ou esthétiques de l’auteur de Race de monde, la caricature restera toujours une manière commode de ne pas lire.De refuser de voir et de comprendre l’engagement profond et fidèle de cet homme-écriture envers son «imperturbable moi», comme il l’écrit, et une certaine idée du «Kebek».Un Québec qui se tiendrait debout, libéré de ses atavismes et de ses aliénations — culturelles, économiques, identitaires ou politiques.Mais dans la grande salle à manger de son «château, manoir, asile ou maison» de Trois-Pistoles, Victor-Lévy Beaulieu ne cache pas son inquiétude: «Pour moi, à partir du moment où la santé — et il faudrait plutôt parler de maladie — devient le seul sujet qui finit par rejoindre tout le monde, c’est qu’on a atteint un niveau assez grave comme société.» Collaborateur du Devoir LA GRANDE TRIBU C’EST LA FAUTE À PAPINEAU (GROTESQUERIE) , Victor-Lévy Beaulie Editions Trois-Pistoles Paroisse Notre-Dame-des-Neiges, 2008,876 pages En librairie le mardi 26 février éditions Liber Philosophie * Sciences humaines • Littérature Jacques Senécal Le bonheur philosophe De Pythagore à Al Gore IPPE NOIR CONVERSATIONS AV BRUNO PUTZUlf «Je me Jacques Senécal le bonheur philosophe CONVERSATIONS INEDITES Flammarion 4 pages.24 dollars «Malgré leurs différences, [.] les deux hommes avaient beaucoup en commun, à commencer par un amour exigeant du métier d’acteur [.].C’est d’abord cette passion qu’ils partagent dans ces délicieuses et étonnantes Conversstions.» André Lavoie - Le Devoir Flammarion Série de la Place des Arts LerStudio Httérairt' pôur Lee ticois Lundi 3 mars 2008 • 19h30 À la Cinquième Salle de la Place des Arts f Lettre à un otage, Saint-Exupéry ^ Lu par Andrée Lachapelle Léon Werth confie à Saint-Exupéry son manuscrit sur l’exode français et lui demande d’en rédiger la préface.Ce livre ne paraîtra pas, mais la préface deviendra Lettre à un otage et sera publiée en 1944.On ne saurait imaginer plus belle déclaration d’amour à Léon Werth ainsi qu’à tous les Français privés de leurs racines et soumis à un exil forcé dans leur propre pays.Andrée Lachapelle lit intégralement ce livre, méconnu de Saint-Exupéry, qui a marqué sa jeunesse et qu’elle a offert en cadeau un nombre incalculable de fois.Coproduction tes Capteurs i de mots Plaça des Arts Québeca Entrée : 15 S* Étudiants : 10 $* ‘Texte comprises SU 842.2112 laptacadasarts.com t 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 21 LEVRIER 2 0 0 8 F 3 ITTERATURE Les balles traçantes rouges À:- PKI) RO RUIZ LE DK VOIR Victor-Lévy Beaulieu chez lui, à Trois-Pistoles Oublier VLB ?Danielle Laurin est le premier ouvrage qu’il voulait écrire.Victor-Lévy Beaulieu présente ce livre, son 70", comme l’aboutissement de 45 ans d’écriture.Difficile de ne pas penser à ça quand on lit La Grande Tribu.¦ Difficile d’oublier que VLB est l’auteur d’un monumental James Joyce, l’Irlande, le Québec, les mots, encensé jusqu’en Europe.Et qu’il est considéré par plusieurs, ici, comme le plus grand écrivain québécois vivant.Pour ne pas dire, selon certains, de tous les temps.Difficile, aussi (surtout?), d’oublier le personnage médiatique et tout le folklore qui vient avec.Comment séparer l’homme de l’écrivain?Et l’écrivain de ses livres?Surtout quand il est si présent dans l’actualité.Jai essayé, jai plongé tête baissée dans La Grande Tribu.Comme si je sautais dans l’inconnu.Je viens tout juste d’émerger des 880 pages.C’est encore tout chaud.Pas de recul Ne me demandez pas ce que j’ai compris.Ne me demandez surtout pas de résumer l’histoire.Tout ce que je peux dire, c’est que le roman alterne entre deux genres de récit Un à la troisième personne, assez neutre.L’autre au «je», complètement éclaté.D’un côté, ce qu’on pourrait appeler la réalité.Sous forme de récapi- tulatifs biographiques.Portant sur de grands hommes qui ont marqué l’histoire (pas de femmes, non).Ds sont appelés les Libérateurs.Ds viennent de partout d’Irlande, d’Amérique cju Sud, de France, du Québec, des Etats-Unis, de Chine.Ils ont vécu à peu près au même moment, au XK" siècle.De qui s’agit-il?De Daniel O’Connell, Simon Bolivar, Jules Michelet, Charles Chiniquy, Abraham Lincoln, Shang-Ti, Walt Whitman.Et Louis-Joseph Papineau.On découvre, de façon presque simultanée, leur vie, leurs idées, leurs combats.Et le contfexte géographique, politique, historique dans lequel ils ont évolué, depuis leur enfance jusqu’à leur mort Le tout farci de citations, parfois longues, mais éclairantes, provenant de manuels d’histoire et de biographies.De l’autre côté, il y a ce qu’on peut considérer comme de la fiction.Sans que la réalité soit exclue pour autant On a un homme, dans une maison de fous.Il a un trou dans la tête.A perdu ses jambes.Est orphelin.L’homme en question est obsédé par ses ancêtres.Il est persuadé qu’il descend, tenez-vous bien, d’une baleine.elle-même mère d’un baleineau rebelle «qui rêvait de fonder la Nation du Peuple des Petits Cochons Noirs».Hystérie historique.C’est la maladie dont souffre le bonhomme, selon son médecin, le docteur Avin-cenne.Qui ne se gêne pas pour faire toutes sortes d’expériences sur son patient lobotomie, insulinothérapie.Il lui implante même une puce électronique pour mieux le contrôler.Parmi les autres patients ,de ce charmant établissement: Emile Nelligan.«Aujourd'hui, le plus grand poète kebecois copie dans de petits carnets les poèmes de Verlaine qu’il n’a pas encore oubliés et essaie de faire accroire au monde qu’ils sont de son invention.» Mais le pensionnaire le plus impressionnant de l’endroit est un orignal épormyable.Claude Gauvreau lui-même, oui.Même s’il n’est jamais identifié comme tel.Une bonne partie du roman lui est en fait consacrée.De même qu’à la femme de sa vie, Muriel Guil-bault, simplement présentée comme «la grande actrice rousse».Sachez que je n’ai encore rien dit Impossible à résumer, cette histoire, je vous dis.Même André Arthur et Jeff FiDion sont évoqués à un moment donné.Mais retenez que l’homme sans jambes a «la grosse tête à Papineau».Autrement dit «Le seul problème que j’ai, c’est que personne de mes alentours ne semble se rendre compte qu’à moi seul, je constitue toute la nation, son idée raciale et son idée civile, son idée de rébellion et son idée d’indépendance.» Sa phrase leitmotiv: «Je suis vivant et j’ai hâte.» Tenez-vous le pour dit bientôt il passera à l’action.Avec plein de gens des régions.Ce sera la révolution.Pourquoi, non?D’autres, ailleurs dans le monde, ont réussi avant lui.Cessons d’avoir peur.Peur d’avoir peur.Peur de faire peur.Cultivons la graine de héros.Car: «S’il n’y a pas de héros véritable, il n’y a pas de pays, il n'y a pas de nation, il n’y a pas de peuple.» Compris?Je mentirais si je vous disais que je n’ai pas levé la tête au ciel de temps en temps.J’ai soupiré, aussi, par moments.L’impression que ça tournait en rond.Mais je ne compte plus les fois où je suis restée bouche bée.Devant cette langue réinventée, cet imaginaire lâché busse.Ce tourbiUon de mots, d’images, qui mitraillent la page.Font des flammèches.Cette façon, aussi, de tout se réapproprier.De tout se permettre.Sans barrière, sans censure.Même les pires grossièretés.Et ce désir de tout embraser: l’art, l’histoire, la politique.Je suis passée par toutes sortes d’états contradictoires.Je me suis parfois demandé si, à l’autre bout, quelqu’un n’essayait pas de me mener en bateau.J’imaginais VLB, chez lui, à Trois-Pistoles, en train de se taper sur les cuisses.J’avais beau essayer de 1’ou-blier, à tout bout de champ il surgissait Il était là, VLB, caricature de lui-même, en train de lire pardessus mon épaule.Quand ce n’était pas ses «ennemis» qui gloussaient en choeur.Allez, ouste.Laissez-moi lire en paix.Laissez-moi dire ceci.C’est gigantesque, c’est jubilatoire.C’est effrayant.C’est trop.Je cherche encore le mot.Je crois qu’il faudrait l’inventer.C’est du VLB.Collaboratrice du Devoir LA GRANDE TRIBU.C’EST LA FAUTE À PAPINEAU Victor-Lévy Beaulieu Editions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2008,880 pages SUZANNE G1GUÈRE Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, hiver 1994.Les rumeurs les plus folles courent Madonna donnera un grand concert, Bill Clinton a été enleve au moment où il s’apprêtait à prononcer un discours en plein air, sur la place où, le 28 février 1914, François-Ferdinand d'Autriche fut assassiné.Dans la ville assiégée depuis bientôt mille jours, seule la parole est encore en état de marche.D’autres histoires arrivent par la suite, font le tour des conversations, histoires grotesques à la mesure du grotesque de ce siège qui n’en finit pas.Dans la ville encerclée, le silence ne dit rien qui vaille, au ntieux cela signifie une offensive imminente.«Les feux d'artifice» reprennent à heure fixe, «les balles traçantes rouges» traversent le ciel, «une peur panique», inséparable de l’odeur du phosphore, s’empare des Sarajé-viens.Puis, le sifflement des balles qui se perdent en rafales, les mortiers du matin.A travers le désarroi de son personnage, un poète bosniaque, Cyrille Martinez nous fait pénétrer à petits pas dans l’intimité de la guerre, une guerre sous haute surveillance mais qui se déroule en pleine indifférence.L’Enlèvement de Bill Clinton est une histoire de perdition.Perte de sens «La journée serait calme, deux ou trois cents obus tomberaient sur la ville.Tu avais à peine le temps d’y songer que ça tombait déjà, un colis de cent vingt millions arrivait lancé depuis l’Ouest.» Sarajevo va sur son millième jour de siège.La ville se désintègre à partir de son centre.Un désert de façades.Chaque habitant espère secrètement recevoir un sauf-conduit lui permettant de partir.Il n’y a plus d’électricité.11 fait froid, un froid dense.«On dort habillé, durant l’hiver tenue de jour et tenue de nuit ne diffèrent que par le retrait des chaussures, et éventuellement du manteau, le manteau, l’anorak, ou le gilet pare-balles, du nom que tu lui attribues parfais, ah ah ah, si tu as souvent crevé de faim jamais tu ne t’es retrouvé totalement à court de blagues.» L’ironie est la poRtesse du désespoir.L'espace vital de Nedim Hrbat se limite au périmètre de la cuisine.Posté à sa fenêtre, il observe les silhouettes qui passent au travers du quadrillage des baDes.Chercher du pain, de l’eau, du bois devient une affaire de vie ou de mort, soumise à l’arbitraire des tireurs serbes embusqués.Les services hospitaDers sont saturés, les médecins, à court de diagnostics: «le plus facile ce sont les malades qui présentent les symptômes d’une maladie».Les communications sont bloquées.Rien ne passe à part les nouvelles rapportées par le journal Odo-bodjenje ou par la radio qui grésiUe par intermittence.Les rues, les anie- re-cours, les jardins, les terrains de football se transforment en cimetières.«Nos morts onusiens, comme tout le numde s’était très vite mis à les rummer, sont recouverts parles bâches bleues de TONU qui à l’origine devaient servir à calfeutrer les fenêtres » Journées vides en dépit du temps libre.Incapable d’écrire, incapable de travailler à quoi que ce soit.La plupart du temps, pour couper court à la nullité quotidienne, Nedim Hrbat revient à la cinquantaine de livres qui composent sa bibliothèque.Quelques minutes de lecture quotidienne — «penser c’était souvent déjà beaucoup trop lourd».Il finit par ne plus savoir dans quel monde, dans quel trou le conflit l’a emmené.«Ce nulle part où tu baignes, comme expulsé du monde.Depuis bientôt mille jours Sarajevo est en état de siège et ta langue est à bout [.] tu n’es plus très sûr d’être toi-même en vie.» Sa langue bosniaque lui a été confisquée.11 n’y a officiellement qu'une langue: le serbocroate.«Est-ce à dire que tu parles dans la langue de l'ennemi?» Aucun plan de paix en vue, aucune trêve à court terme, seulement des annonces diplomatiques.Nedim reçoit son ordre de mobilisation.Déjà tout est pire que dans le pire des cauchemars: «Résister, tenter l’attaque, tenir une position, hésiter entre tuer et être tué.Il y a toi Nedim Hrbat dans le fond d’une tranchée.» Vivacité d’écriture Au-delà de l'intérêt immédiat d’un récit où résonne l’histoire ré cente, le premier roman de CyriUe Martinez, poète et critique littéraire français, possède une vivacité d’écriture qui se tend et se détend, épousant peu à peu la détresse du narrateur.A force d’aller et venir dans sa tête, les mots et les phrases se chevauchent, se télescopent, puis vacillent.Des images flottent parfois, souvent les sifflements et les détonations lui enlèvent les mots de la bouche et les phrases demeurent en suspens.Fragments de mots, à demi muets, chuchotements, souffles.Dans une sorte de monologue à rebours, L’Enlèvement de Bill Clinton mélange subtilement les faits réels et inventés, la vision documentaire et la fiction.Sur un fond de tristesse et dliistoire humaine profonde.«Parfois, on serre les dents et les larmes coulent quand même», comme l’écrivait si bien Zlatko Dizdqre vie dans son Journal de guerre (Editions Spengler, 1993).Collaboratrice du Devoir L’ENLÈVEMENT DE BILL CLINTON Cyrille Martinez Les 400 Coups et L’Instant même Montréal et Québec, 2008, 126 pages fff Presses de l'Université du Québec HP- Manuel clinique psychothérapies couple MANUEL CLINIQUE DES PSYCHOTHÉRAPIES DE COUPLE Sous la direction de John Wright, Yvon Lussier et Stéphane Sabourln 860pages • 85* Les directeurs de cet ouvrage ont réuni ici une équipe de spécialistes québécois et américains.Leur expertise, à la fine pointe des développements les plus récents en psychottiérapies de couple, est éclairée par un vaste éventail de données probantes et actuelles et tient compte de la diversité des unions conjugales.L'originalité de cet ouvrage, tient à une analyse approfondie, riche en exemples concrets, de la juxtaposition des troubles mentaux individuels et des troubles conjugaux.|| L’odyssée H Èrvjeux, sdem trh-n B3.fjrt» nMMwrW sriirHT'-iû-'S L’ODYSSÉE TRANSNATIONALE Enjeux, acteurs, sites Une perspective minimaliste Chalmers Larose 206 pages • 27* son ENFANCE au SEIN d’une SECTE RELIGIEUSE GômpWKfte pouf rffieux intervenir VIVRE SON ENFANCE AU SEIN D’UNE SECTE RELIGIEUSE Comprendre pour mieux intervenir Lorraine Dérocher Collection Problèmes sociaux et interventions sociales 204 pages • 25’ En examinant l’interaction des acteurs civils avec le monde des États et la politique internationale et les différents modèles de relations transnationales, l'auteur analyse l'impact et l'Influence des acteurs non étatiques sur la gouvernance du commerce international, en particulier sur le processus de libéralisation des échanges commerciaux, sur les enjeux environnementaux et sur la sécurité des États Quels peuvent être les effets à long terme d'une enfance vécue à l'intérieur d'une secte religieuse où l'intervention divine constitue bien souvent l'unique réponse aux problèmes humains ?Que savons-nous des parcours de ces enfants maintenant devenus adultes, notamment des difficultés qu'ils affrontent ainsi que des stratégies d'adaptation qu'ils utilisent afin de s'intégrer en société ?En vente chez votre libraire ou au www.PflfQ.ca Québec i JUGEMENT PROFESSIONNEL EN ÉVALUATION Pratiques enseignantes au Québec et à Genève Sous la direction de Louise Lafortune et Linda Allai Collection Éducation - Intervention 272 pages • 32' Le jugement professionnel - de quoi s'agit-il ?En quoi est-il une dimension fondamentale et incontournable de la pratique enseignante ?Comment s'exerce et se développe le jugement professionnel des enseignants et enseignantes en évaluation des apprentissages ?Le livre Jugement professionnel en évaluation propose des pistes de réflexion et d'action qui intéresseront tant le personnel enseignant que les personnes accompagnatrices et formatrices.Jugement professionnel ^évaluation Fm+kjafs AO Qyfbeï èî o étef* LES DÉFIS DU PARTENARIAT DANS LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES Un regard systémique -Théorie et pratique Sous la direction de Michel Bolsdalr et Louis Dollalre Cédérom inclus 394 pages • 47* À Iravws une vision systémique, cet ouvrage présente différents aspects et paramètres û prendre en compte dons l'étaboration, la mise en œuvre et la gestion des partenariats qu'ils soient privés, public-public, public-communautaire S'appuyant sur des pratiques Inspirées du secteur privé.Il explore différentes options permettant de réaliser des équipements et des services collectifs en gérant mieux leurs ressources, particuliérement financières II propose quelques exemples d'application qui intéresseront certainement les élus, les gestionnaires des réseaux et les professionnels l es défis du partenarial j danti k* administrations publiques | Lu rtftrd mttnfrqu* • rht*rk d pr*t«tw | IMPATIENT D’ÊTRE SOI-MÊME Les étudiants montréalais, 1895-1960 IMPADÉNT 0 ÊTRE SOI MÊME lc« etuditntt montrealatt, Karlne Hébert ; Collection Enseignement supérieur 306 pages • 30* Les étudiants et la jeunesse en général font partie de ces groupes qui ont émergé à la faveur du XIXe et surtout du XX* siècle.En s'interrogeant sur les fondements identitaires du groupe étudiant, en mettant en évidence le processus de construction identitaire menant ù une prise de parole publique, cet ouvrage participe à ce courant historiographique qui trouve toute sa pertinence dans le contexte actuel de renouvellement de lo démocratie.I LE DEV 0 1 R , LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 FÉVRIER 2008 F 4 LITTERATURE Les mots de la fin Louis Hutnelin Derrière la petite table transformée en présentoir, Alain RobbeGrillet m’attendait Attendait quelqu'un, n’importe qui.Dans cette atmosphère de grand centre commercial, au Salon du livre de Montréal, en 1985.Je n’avais jamais lu un livre de lui.Je n’avais absolument rien à dire sur la littérature.Je voulais parler à un écrivain.Il était là à m’expliquer un truc: que le premier mot de la première phrase du livre était aussi celui de la un (peut-être dans Le miroir qui revient, publié l’année précédente, ou un autre), et moi je l’écoutais sans 1 entendre, trop occupé à penser il te parle.Je n’étais nen à ses yeux, peut-être moins que rien, en fait: un acheteur potentiel.Qui, après avoir soupesé le livre et fait semblant d’hésiter, est reparti sans rien prendre, sauf cette image d’un Robbe-Grillet assis au milieu du centre commercial des livres de la Place Bonaventu-re, tenant boutique pour le premier venu, en 1985.une image sauve, valant bien ses mille mots.On ne sait toujours pas si la vie va finir par avoir la peau du roman, mais elle continue d’avoir la nôtre.Plus loin, j’étais tombé sur Gilles Lamer, auteur de Bâtissez mon temple, qui avait inspiré à Réginald Martel une autre de ses célèbres envolées.Prosterné au pied du temple, il était, le Martel.Dans une envolée de son cru, l’auteur a alors commencé à m’expliquer que le livre que j’avais entre les mains était le premier tome d’une trilogie qui elle-même s’inscrivait dans un cycle plus vaste devant ultimement comporter neuf volets.Une trilogie de trilogies, bref, véritable Star Wars de la prose canayenne.Ambitieux, vous avez dit?Je suis ressorti du Salon du livre et n’ai plus jamais entendu reparler de Gilles lamer.Les bébés sont rarement célèbres.C’est pourquoi les journaux préfèrent les morts aux nouveau-nés.Sur cette planète, on meurt 364 jours par année, puis, le 1" janvier, nous avons enfin droit à notre photo de nourrisson.Du haut du balcon de son palais, un certain maharadjah de l’Inde impériale exhibait à ses sujets, une fois l’an, la majestueuse érection qui dressait son membre.La permanence du pouvoir s’incarnant aux yeux du peuple.J’ai vu un film dans lequel les naissances cessaient tout à fait Plus réaliste, Ken Kesey, dans Sailor Song, s’est contenté de la disparition à peu près complète du désir sexuel.A l’autre extrémité de la vie, José Saramago, Prix Nobel de littérature, imagine que la réalisation imprévue de son plus vieux rêve précipite l’humanité dans la catastrophe inverse: la fin de notre fin dernière et une bien encombrante vie étemelle ici-bas.M’attaquer au Saramago a demandé du courage.Je sortais de l’Amérique post-apocalyptique de Cormac McCarthy, mais aussi du bunker d’Adolph Hitler.Le Hitler de Jonathan Fest faisait en effet partie d’un lot de livres découverts par mon propriétaire dans une cabane qu’il retape au bord de la rivière L’Assomption.On est là, c’est l’hiver, on se boit une bière en examinant des lots de livres anciens et j’ai l’impression d’être dans Va savoir de Réjean Ducharme.Le Littré en six volumes monte désormais la garde dans une boîte de carton à l’entrée de mon bureau.Et pour Hitler, ça ne s’arrange pas: il a provoqué l’extermination de quelques dizaines de millions d'êtres humains, l’Armée Rouge se trouve à une portée de canon de la porte de Brandebourg, le continent qu’il a entraîné dans la guerre est en train de s’écrouler sur sa tête, et lui, le Führer, il fait quoi?D se bourre de gâteaux.Humain, trop humain, comme dirait l’autre.Le livre de Saramago est nerveux, un peu bavard.Ce n’est pas de l’utopie, ni même une uchronie.Je crois que le terme exact est plutôt cacotopie.Le romancier introduit un grain de sable dans l’engrenage et s’intéresse ensuite à la manière dont les choses vont évoluer.Or le sort (ou l’omniprésent catastro- phisme de ce début de millénaire?) a voulu que deux cacotopies viennent grossir mes piles presque au même moment.Je vais d'abord m’intéresser à celle, plutôt ingénieuse, de TArgentin Pedro Mairal, né en 1970.Si le monde est encore debout dans deux semaines, nous nous occuperons de Saramago.L’Intempérie date de l’automne 2007, même que l’achevé d’imprimer nous ramène aussi loin en arrière que la saison dorée des épluchettes, mais il fallait absolument parler de ce livre, d’autant plus que son thème est précisément le temps, dans tous ses avatars.L’Intempérie pourrait bien être le seul exemple d'une antichronie romanesque parfaitement réussie, maîtrisée de bout en bout, l’équivalent narratif d’un numéro de fildefériste accompli par un historien érudit Tout simplement étonnant.Et quelle écriture! Brutale, poétique.Des trouvailles, des images frappantes, des horreurs débitées de la voix tranquille, presque neutre, d’un témoin qui, pour survivre, a renoncé à s’étonner, et une densité de la langue, une paisible luxuriance qu’on sent pousser comme une coulée de lave encore chaude sous la traduction.«[.] ils montraient fièrement leqrs cicatrices roses comme des fermetures Eclair en chewing-gum.» «On avait fait fuir de mon corps l’oiseau profond du langage.» Je veux être pendu si on n’y trouve pas même quelques phrases parfaites, où chaque mot pèse son poids d’absolu: «On sentait la joie secrète de la forêt sous les grandes averses.» Pas besoin de connaître intimement l’histoire du continent latino-américain et de son Cône Sud pour pouvoir apprécier ce récit de rétro-anticipation mené au rythme d’un galop de chevaux sauvages dans la pampa Apres le cinéaste Solanas montrant, dans son Voyage, un président argentin obligé de chausser des palmes pour quitter son palais rose cerné par les eaux, Û y eut dans la réalité, effondrement complet d’une économie moderne, suivi d’une brève plongée dans l’anarchie, puis d’expériences de pouvoir populaire et d’autogestion, et enfin d'un probable retour, à coups de tapes dans le dos du système bancaire international, à une forme ou l’autre de normalisation.Nul doute que cette exemplaire catastrophe ait joué un rôle dans la genèse, par Pedro Mairal, de la mystérieuse intempérie qui, dans son livre, va cependant très rapidement déborder le cadre national et atteindre à l'universalité de l’Homo megapolis.Nous sommes tous des habitants du Buenos Aires de ce roman.Et si le cours de l’histoire s’inversait?s’est-il probablement demandé.La ville s’étendait?La voici qui recule, ses murs lentement bouffés par une entité jamais décrite, une sorte de champignon, croit-on deviner, ou de microbe, mais peu importe: L’Intempérie s’attaque à toutes les structures modernes et, tandis que la banlieue, ceinture après ceinture, s’écroule comme un château de cartes, que les réfugiés inondent les rues et s’approprient l’espace urbain, que la barbarie menace et que le chaos s’installe, on assiste à la dissolution des liens sociaux traditionnels et à la régression vers de nouvelles formes communautaires.Les centres de pouvoir sont balayés.L’Intempérie, c’est la revapche de la périphérie.Coups d’Etat, guerres civiles, émigration massive, retour à l’élevage, intervention de l’Espagne, guérillas sauvages et affrontements tribaux: en une fantastique régression vers l’origine, l’Argentine retraverse sous nos yeux son histoire à l’envers, et le moindre talent de Mairal n’est pas de rester logique jusqu’au bout et de ne jamais dévier de son idée, qui le ramène inexorablement à l’avant-Conquête, à l’avant-Découverte.On voit apparaître des tribus inédites, des hommes-montagnes si obèses qu’ils ont renoncé à se déplacer, des nations et des monstres dignes de Gulliver et des toutes premières cartes de l’Amérique.Mairal nous monte un bateau et même l’amiral est dans le trouble.C’est magnifique.hamelinloèqsympatico.ca L’INTEMPÉRIE Pedro Mairal Traduit de l’espagnol par Denise Laroutis Rivages Paris, 2007,302 pages Un récit de rétro- anticipation mené au rythme d’un galop de chevaux sauvages LA PETITE CHRONIQUE POÉSIE Du côté de Flaubert Gilles Archambault Suis-je vieux, mon Dieu!», écrit Flaubert à une vieille amie, le 20 avril 1876.Il a un peu plus de quatre ans à vivre.Le tome V de sa Correspondance vient de paraître dans la Bibliothèque de la Pléiade.On y a ajouté, dans un livre non relié, un index, à mon sens indispensable.En fin de vie, l'auteur de Madame Bovary est nettement pessimiste.Pour lui, «les morts sont plus agréables que les trois quarts des vivants».Qu’il s’entretienne avec sa nièce, qu’il adore, ou avec des confrères écrivains — Mau-passant, Tourgueneff, Edmond de Concourt, Zola —, ses lettres sont de longues plaintes qui concernent surtout ses difficultés financières, ses problèmes d’écriture et l’imbécillité de l’époque dans laquelle il vit Il affirme s'être «remarié avec la littérature».La mort de son amie George Sand l’affecte et les recherches qu’il effectue pour venir à bout de son roman inachevé Bouvard et Pécuchet l’épuisent.De plus en plus, la littérature est «l’art du sacrifice».11 n’aime pas que l’on parle de lui, défend qu’on utilise sa photo.En avril 1879, il confesse que «la littérature l'a empêché de donner carrière à [ses] Vertus comme à [ses] vices».Il vit à Croisset comme un moine, ne séjourne plus à Paris que pour de courtes périodes.L’argent se fait rare.Pourtant, il résiste jusqu’au dernier moment avant d’accepter une sinécure qui le tirera d’embarras.Il croit dur comme fer que «les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la jbnçtion abrutit».A son ami Tourgueneff, il confesse quVw de certains jours, il me semble que je suis saigné aux quatre membres et que ma crevaison est imminente».Confession qui se termine tout de même par cet aveu: «puis je rebondis et je vais quand même».On est en août 1879.Est-ce étonnant de la part d’un homme qui avoue n’aimer que les confessions excessives?Aux lettres des quatre dernières années de Flaubert, on a ajouté des missives retrouvées depuis la parution des tomes pré- cédents.À noter que, si cet ultime tome nous parvient avec un certain retard, la chose en est imputable au décès de Jean Bru-neau, qui avait mené l’entreprise de la publication de la Correspondance jusqu’alors.Yvan l^eclerc, qui a pris la relève, s’applique à restituer la figure de Flaubert avec la même ferveur, la même justesse.«Heureux ceux qui sont nés sans le désir de la perfection», note l’auteur, qui sue sang et eau sur le manuscrit de ce Bouvard et Pécuchet dont il semble parfois deviner qu’il n’en verra pas la fin.Il songe à des lectures sans fin.Des lectures dont la bêtise est évidente.Dans un manuel consacré aux jeunes femmes travaillant comme bonnes et intitulé Manuel des pieuses domestiques, il lit, au chapitre intitulé «De la modestie pendant les plus grandes chaleurs», de ne pas «se trop découvrir ni d’entrer en service chez les comédiens, les aubergistes ni les marchands de gravures obscènes».Même si de son propre aveu il est «tanné d’écrire des lettres», il donne des conseils à un jeune écrivain: «Vous êtes jeune; travaillez longtemps dans la solitude et sans espoir de récompense, sans idée de publier.Exercez-vous à écrire des choses que vous avez senties personnellement.» J’attendais depuis trop longtemps que paraisse ce livre.Je n’ai pas été déçu.J’imagine même qu’il ne soit pas possible qu’on prétende aimer la littérature et ceux qui la font sans être envoûté par une lecture de ce type.C’est vous dire.Collaborateur du Devoir CORRESPONDANCE V (1876-1880) Gustave Flaubert Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade» Paris, 2007,1556 pages CORRESPONDANCE Index Gustave Flaubert Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade» Paris, 2007,484 pages Gustave Flaubert www.triptyque.qc.ca tripcyque^ediüomriptyque.com Têt.: (514) 597-1666 ANTOINE On m ro Le chant des oyseauix essai, 273 p., 25 S Au confluent de l'ornithologie, de l'écologie et de la musique, un livre étonnant qui enchante par son propos à la fois simple et riche, ludique et sérieux, rigoureux et audacieux.Le chant des oyseauix « ouvre la discussion sur un thème qui est tout à fait d'actualité chez les scientifiques, celui de l'intelligence, voire de la culture des animaux.» Caroline Montperit, Le Devoir LeGrand 3LOSSAIRE des anglicismes du Québec a &Triptyq ue Antoine Ouellette Le chant des oyseauix rnptysiuv PLUS DE 10 000 ENTRÉES la référence sur les anglicismes DISTRIBUTION: DIMFDIA ?liberté 279 4* CORE UN EFFORT 07 JEAN-PHILIPPE WARREN LES ACCOMMODEMENTS RAISONNAOLES EN TROIS PARADOXES 16 RJDBERT RICHARD QU ENCORE IN EM.31 ANDRE MAJOR INFIDELE ET SOUDA115 CATHERINE MAVRIKAKIS TRAHIR LA RACE: PORTRAIT DE L'INTELLECTUEL QUEBECOIS EN JUDAS 15 MICHEL PETERSON LA TIE DES TURCS 16 PIERRE LEFERVRE CECI N'EST PAS UN QUEBECOIS -r/curStc U STÉPHANE LÉPINE K - MBS K Mt EIE UOi (I1 Mill) 93 mis POEMES DE LAWRENCE FERLINGHETTI - flMM DANDRE TROTTIER102 SIMON RADEAU EMOIIE D'UNE CONSCIENCE: MORIN (I* MUE) WWW.REVUEUBERTE.CA Présence de Patrice Desbiens HUGUES CORRIVEAU Mettre des années à aimer la poésie de Patrice Desbiens aura sans doute été nécessaire, si cela me permet aujourd’hui de lire avec un réel plaisir plusieurs textes de son dernier recueil, intitulé En temps et lieux.Chose certaine, ce livre-ci parle tout bas, confidentiel presque, tellement la vie y est lente, le ton précis et toujours un peu délinquant, ainsi qu’il se doit Comment ne pas sourire, en effet devant ces «Deux métaphores, une lune»: «Heureux comme / une puce dans /un chat angora / et // nu et lucide / comme une / luciole // je danse sur / mon anse // sous le djembé / de la pleine / lune.» Cette espèce de simplicité qui met en jeu à la fois la profondeur d’une solitude étonnée et l'étrangeté d’un propos décalé fait en sorte que ces poèmes trouvent leur accent véritable, imposent une vision intérieure épanouie.Sans compter leur rythme souvent «râpé» , dirait-on, qui entraîne la lecture saccadée que les textes imposent.Patrice Desbiens a cette manière assez particulière d’ouvrir le réel, comme s’il n'y touchait pas mais que, regardant les choses sous des angles incongrus, s’en échappait du sens inédit: «Le matin est sloivbine / avec deux n.!f Je me lève et / entre plancher et plafond / je m'enfarge dans les / décombres de décembre.// [.] je m’enveloppe de lumière / et l’archange des neiges / me poste sans timbre / jusqu’aux limbes.» Et ce n’est jamais sans cynisme que le poète décape les événements.Son incarnation, où qu'il soit, est toujours immédiate; le sujet de ses poèmes tient souvent à presque rien, traverser une rue, manger une soupe aux pois ou parler de trois poètes en avion.Ce qui compte, c’est cette manière de voir la douleur éperdue derrière le geste le plus anodin, où de traduire la perte, comme darts ce texte où il demande qu’on jette sa soupe mais qu’on garde le cheveu qui s’y trouve, car c’est celui de sa mère.Le désarroi passe aussi dans ce texte tragique qui le décrit: «Dans la rue / un homme est étendu / un homme anonyme / qui me ressemble // Son index est pointé / vers le ciel comme / un clocher d’église et / il respire des nuages / par les yeux.U La mort ne peut que sourire / son smile scalpel.» Disons de plus, ce qui ne gâche rien, que le livre est beau, d’un bleu intense, illustré d’une carte géographique sur laquelle on voit les Grands Lacs, un peu du Québec et l’emplacement de Sudbury.Bref, l’objet lui-même fait signe, désigne ces lieux où le temps passe.S’il en est qui ne connaissent pas l’univers de ce poète qui, par quelque côté, évoque Jean Narrache, ce livre-ci s’impose comme entrée en matière.Collaborateur du Devoir EN TEMPS ET LIEUX Patrice Desbiens L’Oie de Cravan Montréal, 2007,60 pages Qjfivieri librairie ?bistro;;’ Olivieri au coeur de la littérature Mardi 26 février à 19h Université de Montréal Entrée libre 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 Rencontre avec 4 finalistes du Prix littéraire des collégiens 2008 Le Prix littéraire des collégiens est décerné par un jury d’étudiants provenant des différents collèges et cégeps du Québec.Doté d’une bourse de 5000 $, le prix récompense une œuvre de fiction québécoise parue au Québec.Stéfani Meunier Ce n'est pas une façon de dire adieu, (Boréal) Pierre Samson Catastrophes, (Les Herbes rouges) Lise Tremblay La sœur de Judith, (Boréal) Élise Turcotte Pourquoi faire une maison avec ses morts, (Leméac) Animée par Stanley Péan Avec le soutien du Conseil des Arts du Canada s t 5511 17817201 LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 24 FEVRIER LITTERATURE L I T T AISE Barthes et Boltanski Rançon de la renommée CHRISTIAN DESMEULES Méticuleuse jusque dans son souci inquiet de la postérité, Marguerite Yourcenar prenait soin de répertorier et de reproduire en double — parfois aussi en triple et souvent de la main de Grace Frick, secrétaire et compagne de vie — la plupart des lettres qu’elle rédigeait.C’est ainsi que Gallimard est aujourd’hui en mesure de nous offrir un second volume de sa correspondance générale.Une partie des lettres plus intimes, celles-là conservées sous scellés à la Houghton Library de l’université Harvard, devront encore attendre une vingtaine d’années pour voir la lumière du jour en vertu des multiples précautions légales voulues par l’écrivaine décédée en 1987.Couvrant les années 1957-1960 — une période qui se confond en partie avec la gestation de L’Œuvre au noir —, ce sont 346 lettres, presque toutes parties de Petite-Plaisance, la maison qu’elle habitait à Northeast Harbor dans le Maine, qui témoignent de ses activités et de ses préoccupations créatrices.Un gros plan sur cette «volonté sans fléchissement» d’une femme d’exception, pour qui le roman demeurait encore «le meilleur moyen d’investigation psychologique offert au littérateur».Des lettres où l’auteure des Mémoires d’Hadrien apparaît tour à tour appliquée, procédurière, polie.Très polie.Sans débordements, sans émotion.Presque sans style.«Etait-il vraiment nécessaire d’entreprendre la publication d'une correspondance exhaustive de Marguerite Yourcenar, après la passionnante anthologie de trois cents Lettres à ses amis et quelques autres (Gallimard, 1995)?», se demandait récemment Josyane Savigneau dans Le fllonde.A la fois un peu comptable, organisatrice de tournées, documentaliste ou agent de voyage, ARCHIVES LE DEVOIR Marguerite Yourcenar avec un soin minutieux et parfois jaloux, Yourcenar veille à l’édition de son œuvre, à ses recherches historiques.Quand elle n’est pas tout entière absorbée par l'urgence tatillonne d’avoir à régler ses différends avec un éditeur.«Comme vous le savez, confie-t-elle un jour à un ami, les lettres qu’on voudrait écrire passent après toutes les autres.» C’est la rançon de la renommée et la rigueur légendaire de Yourcenar, en somme, qui grèvent cette correspondance qui constitue aussi, quand même, une incursion fascinante dans ce qui s’approche malgré tout le plus du laboratoire de l’écrivaine.Collaborateur du Devoir UNE VOLONTÉ SANS FLÉCHISSEMENT Correspondance 1957-1960 (d’Hadrien À Zenon, II) Marguerite Yourcenar Édition de Joseph Brami, Maurice Delcroix, Colette Gaudin, Rémy Poignault, Michèle Sarde Gallimard Paris, 2007,550 pages Retour sur les années 1970 GUYLAINE MASSOUTRE L’ artiste visuel Christian Boltans-' ki a mis la biographie impossible au centre de son œuvre.Tour à tour résurrection et dispersion, son autobiographie constitue une œuvre faite d’images — films, installations, photographies—qui le racontent en pièces détachées.Au Centre Pompidou, une de ses œuvres occupe une salle.La Vie impossible de Christian B.Dans la pè nombre, sous de faibles néons, des archives sont agencées en un collage méticuleux.Photographies en noir et blanc, aux coins soulevés, y créent un rythme à percevoir dans vingt vitrines grillagées.De telles «archives minuscules» ont fait l’objet d’un film en 2001.Dans La Vie possible de Christian Boltanski, l’écriture adopte la même perspective, qu’il qualifie volontiers de «crépusculaire», entre «la vie lamentable» et «le souci de réalisme et de vérité».Sans se dire littéraire, il aborde les modes de l’intime, de la famille, du politique et du social Sylvie Grenier, conservatrice au Centre Georges Pompidou, met en valeur cette existence singulière, foisonnante de projets réalisés.Est-il indispensable de connaître son œuvre pour s’y intéresser?Non.La «confession dictée» présente cet homme, né en 1944 d’un père juif, médecin, et d’une mère corse, écrivaine.On découvre une enfance délirante, cloîtrée dans une famille symbiotique, resserrée sur elle-même dans une grande maison inoccupée.Ce récit précis et intelligent, telle l’œuvre visuelle, ressemble à un conte.Dans une famille hors du commun, le garçon reçoit le soutien de toutes ses fantaisies.Ses expériences matérielles, manuelles et sensibles, il les mène sans formation.Ce desfin d’artiste exemplaire, affirmé avec autant de naïveté que d’insolence, cette certitude de vivre dans l’art reflète une personnalité souple et entêtée.Obsessif et versatile, il fabrique des objets modelés, à côté des poupées d’Annette Messager.près de l’art brut D sait montrer et fabriquer «le passage du plus personnel au plus collectif».Boltanski partage son monde imaginaire: «L'artiste envoie une sorte de stimulus, et le regardeur va prendre l’inuige pour lui, se l'approprier etfinir l’œuvre.» Rien de théorique.Les âges, la fuite du temps et ce qu’il en reste: «L’art est toujours une sorte d’échec.» Nourri de Fellini, de Kantor, de Chaplin, de Warhol, de Beuys, de Pina Bausch, parmi les grands, il se déplace avec aisance à travers les dé marches d’artistes contemporains.D les a suivies au moment même où elles se sont Mes.lœurs chemins se croisent.Signalons: d'Alain Fleischer, parus cet automne, L’Ascenseur.Fiction (Le Cherche Midi) et Quelques obscurcissements (Le Seuil), suite et fin de L’Amant en culottes courtes.L’artiste écrivain y reprend sa remémoration sur l’adolescence.Ces récits et nouvelles reposent sur quelques images fortes, nœud central obscur.Le discours de l’artiste contemporain demeure essentiel: il constitue un moment de l’acte de figuration.On frôle l’indicible, le senti des noirs de la fiction, la poésie, la scène et leurs images.Le sujet créateur s’y ancre, dans la dimension symbolique de la littérature et des arts.De tels livres inventifs éclairent des images au mode peu diurne.Grâce à leur lucidité, ils jettent des passerelles extravagantes vers l’imaginaire.Ces artistes savent tenir une caméra, produire des images inconscientes, puis les monter, quitte à entretenir des effets d’immersion.Obscurcissement: Fleischer l’exige de son art, comme \’«empreinte double et réciproque, recto verso, de la vie dans l’écriture et de la littérature dans la vie».Barthes, le temps retrouvé Par leur spiritualité, les signes du quotidien sont devenus des symboles.C’est le grand apport des années 70.Roland Barthes et Roger Caillois, dont on republie certains textes fondateurs, comptent parmi les sémiologues les plus inspirés de ce temps.Lieux publications importantes nous y replongent Primo, le séminaire de Barthes sur le discours amoureux, inédit donné à l'École pratique des hautes etudes de 1974 à 1976.Secundo, Images du labyrinthe de Gallois (Gallimard), recueil d’articles toujours aussi stimulants, consacrés à l’art De Barthes, le volumineux Fragments d’un discours amoureux, quoique publié en gros caractères, fera la joie des spécialistes.L’édition est morcelée, mais savante, allant de Jalousie à Potin, de Geste tendre à Vacance, de Cœur à Démon.On y retrouve le cheminement du maître jusqu’au best-seller de 1977 et la suite du cours au Collège de France, publié sous le titre Comment vivre ensemble?.Rien que de l’essentiel.LAmoureux?«C’est un sujet singulier, intempestif, fou, pourrait-on dire, si, par un dernier tour de son imaginaire, il n’était pas impuissant à porter le masque glorieux de la folie: il n’était partie d’aucun répertoire, d’aucun asile.» D ne s’agit pourtant que de notes de cours, rédigées par Barthes, d’une correspondance, d’un journal, qui participèrent à ce grand séminai- re, lequel ne hit pas enregistré.Plus de vingt entrées de son dictionnaire sur des lieux communs.très personnels y sont rassemblées.Claude Coste, l'éditeur, y souligne une affectivité, un lyrisme, chez cet intellectuel qui rassembla une génération après lui, sur le thème «Vitre et écrire.sans distinction».Collaboratrice du Devoir LA VIE POSSIBLE DE CHRISTIAN BOLTANSKI Christian Boltanski et Catherine Grenier Le Seuil Paris, 2007,266 pages LE DISCOURS .AMOUREUX, suivi de FRAGMENTS D’UN DISCOURS AMOUREUX: INÉDITS Roland Barthes Avant-propos d’Éric Marty Présentation et édition de Claude Coste lœ Seuil Paris, 2007,746 pages COMPTER JUSQU'À CENT Mélanie Géiinas Rencontre avec Nicolas Ancien, auteur de Nous sommes fous des playmobites* La librairie Alire vous invite à rencontrer l’écrivain belge, jeudi le 28 février 2008 à i 9 h.Soirée animée par Eisa Pépin, chroniqueuse littéraire au Journal ici.*Püb!ié aux éditions Le grand miroir Alire, Librairie indépendante agréée 825, rue Saint-Laurent Ouest, Longueuil | 450.679.8211 LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Littérature Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Philosophie Sciences humaines Service de presse BD, livres jeunesse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoecasion ©bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUEBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.L’amertume des départs n’est faite que pour augmenter la douceur des revoirs.(18 février / 943) Jeannine et Gérard se rencontrent en mars 1942.Elle a 19 ans, lui 21.Deux mois plus tard, ils échangent leur premier baiser.Mais en août, la conscription sépare nos deux amoureux.Gérard est enrôlé dans l’armée canadienne, où il restera trois ans.Ils s’écriront plus d’un millier de lettres, entretenant une relation amoureuse passionnée.SE PT E NT R ION.QC.CA Membre ÈAssodation njitlnnvdc dm eritteurs de lh»rw -7 ARCHAMBAULT SI Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES ROMAN I Marie-Sissi Labrôche (Boréal) MILLÉNIUM T.1 : LES HOMMES QUI.Stieg Larsson (Actes Sud) SANS RIEN NI PERSONNE Marie Laberge (Boréal) hF B DECEPTION POINT Dan Brown (Livre de Poche) n COFFRET À FAIRE ROUGIR T.2 Marie Gray (Guy Saint-Jean) PRINCESSE Danielle Steel (Presses de la Cité) MILLE MOTS D'AMOUR T.4 Collectif (Impabents) LA ROUTE Cormac McCarthy (Olivier) (¦i NOBLESSE DÉCHIRÉE T.1 : PARFUM.Jennifer Ahem (Libre Expression) L'ÉLÉGANCE DU HÉRISSON Muriel Barbery (Gallimard) JEUNESSE LES CHRONIQUES DE SPIOERWICKl 1 Tony Di Teriial (Héritage) HARRY POTTER ET LES RELIQUES.J.K.Bowling (Gallimard) LE JOURNAL D'AURÉLIE LAFUUME14 India Desjardins (Intouchables) IV DÉLIRONS AVEC LÉON T.5 Annie Groovie (Courte Échelle) HÉSITATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) LA FILLETTE DISPARUE Dotti Enderle (ADA) H FUNESTE DESTIN T.1 : NÉS SOUS UNE.Lemony Snicket (Héritage) LE SECRET OU COURAGE Geronimo Stilton (Albin Michel) M A U CROISÉE DES MONDES Philip Pullman (Galllmanl) HE MEURS PAS LIBELLULE Linda Joy Singleton (ADA) OUVRAGE GÉNÉRAL STMULEZ VOTRE SYSTÈME.Isabelle Huol (De l’Homme) LE SECRET Rhonda Byrne (Un Monde Différent) LE GRAND UVRE DE LA MUOTEUSE Collectif (Broquet) D MISSION ANTARCTIQUE Jean Lemire (La Presse) METS-LE AU3 Louis-José Houde (Groupe Phaneut) B PASTA ET CETERA A U DI STASH) Josée Di Stasio (Flammarion Québec) ANnCANCER : PRÉVENIR ET LOTTHI.David Servan-Scbreiber (Robert LaffoW) PETIT ROBERT 2008 Collectif (Robert) ILE MEULEUR DE SOI Guy Comeau (De l'homme) L’INDÉPENDANCE FINANCIÈRE GRACE.Jacques Lépine (Monde Différent) ANGLOPHONE ANEW EARTH Eckhart Toile (New American Ubrary) EAT, PRAY, LOVE Elizabeth Gilbert (Penguin Books) THE OVERLOOK Michael Connelly (Vision) ¦PI THE SECRET Rhonda Byrne (Beyond Words) XrOMBKNT Ian McEwan (Seal) THE APPEAL John Grisham (Doubleday) niHEHIMCaTMNI John Grisham (Defl) DUMA KEY Stephen King (Scribner) NEXT Michael Crichton (Harper Collins) THIS IS YOUR BRAM ON MUSK Daniel J.Levitin (Plume) Escapades à NEW-YORK avec Kent Nagano du 7 au 9 mars 2008 Pour information : 514.380.3113 ou 1.877.371 2323 ou consultez www.archambault.ca/escapades et-iwAS COMPIIR JUSQU A CEftl! Première invitée de la collection Première Impression, Mélanie Géiinas offre un texte dont la lecture ne laissera ni indifférent ni indemne.Derrière Compter jusqu'à cent se cache avant tout le désir d’évoquer un attentat déjà vécu afin de l’exorciser.On a ici affaire à une écriture de survie où les mots disent le drame par fragments choisis au gré des souvenirs qui remontent à la surface.TOUT M’ACCUSE B V én >mqu
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