Le devoir, 23 février 2008, Cahier G
LE DEVOIR .LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 FÉVRIER 2 0 0 8 Universités LE DEVOIR RECHERCHE N/ w H mm mm .i wl'wm mm WkWjmwm m w ou Newton?L’université se développe au rythme de partenariats multiples TIFFET LE DEVOIR Recherche théorique ou recherche appliquée?L’université québécoise n’hésiterait plus à définir sa réponse.NORMAND THÉRIAULT Pour les habitués du canon holmésien, l’anecdote est connue.En ouverture d’une autre de ses grandes aventures, quand Sherlock Holmes fut interrogé sur sa connaissance du système planétaire, à savoir si la Terre tournait ou non autour du Soleil, il répondit qu’il n’en savait rien, qu’il n’en voulait rien savoir, qu’il ne fallait surtout pas surcharger le cerveau d’informations inutiles.Bref, qu’une telle information ne pouvait en aucune façon l’aider à résoudre les différentes énigmes qu’on lui confiait.Holmes était un chercheur pratique.Une autre anecdote met en scène un autre personnage de légende, mais qui hit bien vivant celui-là.Assis sous l’arbre, Isaac Newton, quand il eut reçu sur la tète une pomme, au lieu de la balayer d’une main pour le désagrément causé durant ce moment de détente, réfléchit à la chose et, en ce XVIT siècle, déduisit un principe fondamental en physique, celui de la gravité.Allait s’ensuivre une série d’équations qui deviendront le lot de tout étudiant parfois pour le plus grand malheur de plus d’un et d’une d’entre eux.Newton était un chercheur-né.Entre ces deux positions, notre monde évolue.Et l’université n’échappe pas à cette polarité.Sciences et parents pauvres Il y a près de neuf siècles à Bo- logne prenait forme un lieu d’enseignement et de formation qui définirait cette institution qu’est l’université.En cette enceinte, les grands arts hérités de l'Antiquité fournissaient la matière des enseignements.Quel retour s’est opéré depuis ce temps: «Les arts et les sciences humaines et sociales, qui font pourtant partie des fondements historiques de l’université, comme le rapporte Jacques Beauchemin, professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal, deviennent aujourd’hui les parents pauvres de l’ensemble des disciplines.» Car au fil des siècles, un glissement s’est lentement produit.Le monde des humanités s’est ainsi vu accorder une place de plus en plus congrue devant la montée de cet autre secteur des connaissances que l’on regroupe aujourd'hui sous l’appellation de sciences pures ou appliquées.Récemment toutefois, ces définitions, qui classent par catégories les disciplines, ne suffisent plus pour comprendre l’évolution du système universitaire.Une autre université prend place, et ce dans tous les domaines de connaissance: l’université «utile» est née.Revenons à Jacques Beau-chemin: «Avec l’ensemble des contraintes actuelles, c'est-à-dire l’obligation de rendement optimal, la pression pour une reddition de comptes à l'image de celle de toute autre entreprise et le poids de la concurrence internationale, on a l’impression que l'université est devenue un enjeu surtout lié au marché.» Savoir et affaires On sait qu’en France un débat fait rage.Et ce n’est donc sûrement pas par hasard que l’Agence universitaire de la Francophonie réunira un groupe d’experts à Québec au début de mars pour formuler une démarche orientée «vers l’université entrepreneuriale».Et que la chose se passe dans la Belle Province ne tient pas du hasard: le Québec est devenu dans le monde francophone un lieu d’élection pour qui favorise les liens entre l’institution de savoir et le monde parallèle de l’industrie, du commerce et des services.Pour en avoir la preuve, il suffit d’entendre les responsables de la recherche des diverses institutions.Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche à l’Université de Sherbrooke, rapportera ainsi que «bien sûr, les organismes subventionnaires soutiennent toujours la recherche fondamentale, mais en même temps, ils ont plusieurs programmes où le financement est rattaché à des partenariats industriels sur des thématiques concrètes».Et Jean Elsliger, responsable de la valorisation et du transfert aux entreprises au sein de la Direction de la valorisation, du transfert aux entreprises et de la formation des cadres d’HEC Montréal, soulignera même que «le gouvernement canadien souhaite que les sommes investies en recherche un peu partout au Canada aient des retombées pour les contribuables».Et un professeur de son école, Laurent Simon, décrira le nouveau climat qui prévaut: «On reproche souvent aux chercheurs d’être déconnectés des milieux de pratique.Or, la recherche commanditée nous confronte et nous arrime aux enjeux quotidiens de la gestion.Cela se révèle particulièrement utile pour les « C’est l’université qui fixe les balises et c’est l’intérêt scientifique de la recherche qui prime » étudiants qui effectuent une exploration de première main.» Toutefois, de dire Claude Bé-dard, doyen du décanat à la recherche et au transfert technologique de l’Ecole de technologie supérieure, ce lieu voulu dès sa fondation comme assurant la convergence entre l’industrie et l’université défend toujours la nécessité de maintenir un cloisonnement réel entre l’utilitaire et la formation d’étudiants: «Bien sûr, on fait avancer les connaissances, on ajoute au patrimoine universel de celles-ci même dans nos secteurs appliqués, mais on le fait dans une démarche de formation.On est là pour former la prochaine génération d’ingénieurs.» Qui paiera en profitera Mais le réseau universitaire, on le sait, est toujours à la recherche de cet argent que l’on dit «neuf».Et Québec rechigne à en ajouter.Il faut donc trouver d’autres sources.L’université Laval est ainsi fière de parler de son PAIR, son Programme pour l’avancement de l’innovation et de la recherche.Ici, comme à McGilL on veut créer 100 nouvelles chaires.Le regard n’est cependant point tourné vers le programme des chaires de recherche du Canada.On parle carrément de partenariat avec l’autre monde, celui des affaires, des grosses affaires.Edwin Bourget, son vice-recteur à la recherche et à la création, incite donc les entreprises de tout secteur à investir 200 000 $ annuellement pendant au moins trois ans pour obtenir une chaire de re- cherche qui lui soit attitrée.L’avantage?Obtenir avant tout autre la communication des résultats atteints: «En étant partenaires, ils obtiennent les résultats en premier.Dans certains secteurs, comme la santé ou la technologie, c'est un net avantage concurrentiel.» Mais l’université demande toutefois à conserver le contrôle lors de cette démarche: «C’est l’université qui fixe les balises et c’est l’intérêt scientifique de la recherche qui prime.Le partenaire peut orienter la recherche, mais il ne peut pas la dicter.De plus, la chaire doit répondre aux exigences de formation des étudiants des cycles supérieurs.» Et voilà que dans cette vague de partenariats l’INRS débarque en offrant un programme de formation pour aider les chercheurs à mieux répondre aux attentes de leurs divers commanditaires.Comme l'indique Johanne Char-bonneau, directrice de l’INRSUr-banisation, Culture et Société, «que les recherches soient effectuées pour des ministères ou des organismes communautaires, il est évident que les résultats ne viennent jamais assez rapidement pour eux.Les étudiants du programme apprendront donc à trouver différents moyens pour faire en sorte que les partenaires aient le plus rapidement possible des réponses à leurs questions».Et voilà! L’université québécoise devient de plus en plus pratique.Entre Newton et Sherlock, elle a choisi: au Québec, il semble qu’on n’ait ni le temps ni l’argent d’attendre qu’une pomme tombe, quelque part, en un jour non encore déterminé, sur la tête d’un quidam.On vivrait une situation qui exige des résultats immédiats.Le Devoir PROJETS Des professeurs défendent l’université CONCORDIA Un nouveau doyen enthousiaste à l’École de gestion Jolm-Molson Page 6 SOCIÉTÉ DU SAVOIR La mission traditionnelle de l’université est remise en cause ETS Une école partenaire du Québec économique Page 4 À OTTAWA Recevoir au minimum 17 000 $ par année pour étudier! Page 7 PARTENARIATS «L’entreprise devient un laboratoire pour l’école» Page 5 QUÉBEC Laval se lance à la recherche de partenaires pour de nouvelles chaires 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 FÉVRIER 2 0 0 8 ( '.2 RECHERCHE UNIVERSITAIRE À McGill et Sherbrooke Les professeurs défendent l’université « utile » Depuis 2001, McGill a remplacé presque tous les enseignants de sa faculté des sciences La connaissance du monde dans lequel nous vivons vient pour l’essentiel de la recherche qui se fait dans les universités.Toutefois, celles-ci subissent d’énormes pressions pour que ces travaux mènent le plus directement possible à des applications concrètes.C’est ce que constatent Martin Grant, doyen de la faculté des sciences de l’université McGill, et Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche à l’IIniversité de Sherbrooke.CLAUDE LAFLEUR Les responsables de la recherche des universités McGill et de Sherbrooke observent que la pression mise pour promouvoir une recherche aux applications concrètes provient davantage des professeurs que du milieu environnant.«On ne sent qu’indirectement des pressions venant de l’extérieur», indique M.Beauvais, en fait «les pressions venant surtout de mon corps professoral», complète M.Grant «Evidemment, l’essence même de toute université est de faire de la recherche fondamentale, rappelle ce dernier.Par contre, on ne doit jamais oublier que nos recherches doivent bénéficier à la société.» Ainsi, dit-il, McGill est une «entreprise de plus d’un milliard de dollars» installée au cœur de Montréal.«Nous jouons donc un rôle majeur dans l’économie de la ville et de la province, et nous ressentons par conséquent une certaine pression.» « Les meilleurs chercheurs depuis des décennies ! » Ces dernières années, l’université McGill vit une sorte de renaissance, poursuit Martin Grant puisqu’elle vient de renouveler son corps professoral.«Depuis 2000 ou 2001, il se produit quelque chose de formidable ici, dit-il.Nous engageons une centaine de professeurs chaque année, ce qui m’a permis de remplacer presque tous les professeurs de la faculté des sciences.» McGill profite du fait que les Eta- suniens embauchent peu à cause des difficultés économiques et des limites imposées dans l’octroi des visas aux étrangers, alors que nos gouvernements, au fédéral et au provincial, offrent d’excellents programmes pour engager des chercheurs et que le dollar canadien est à parité avec la devise étatsunienne.«Tout ceci nous permet d’attirer un calibre de professeurs comme on n’en a pas m depuis des générations!», affirme M.Grant Il souligne en outre que le fait de procéder à un renouvellement rapide du corps professoral permet en même temps de réorienter la recherche universitaire.«Nous avons assemblé des noyaux de chercheurs dans les domaines les plus dynamiques de la science, dit-il.Notamment, en environnement, nous avons constitué une équipe spécialisée dans l’étude des systèmes planétaires.En astronomie, nous abordons pour la première fois la physique des hautes énergies.Même chose en écologie, en biodiversité, en neuroscience, en chimie “verte”, etc.» «Au départ, nous avons cherché à engager les meilleurs chercheurs dans ces domaines, poursuit-il.Or, nous nous sommes rendus compte que ceux-ci n hésitent jamais à explorer de nouveaux champs d’intérêt.Par exemple, nous avons engagé des spécialistes en biologie, en chimie et en physique, mais puisque tous s’intéressent aux nanosciences, nous nous retrouvons avec une formidable équipe de, nanoscientifiques.» Ces jeunes chercheurs sont en outre avides de développer des ap- ! JACQUES GRENIER LE DEVOIR La faculté des sciences de l’université McGill a mis sur pied divers programmes favorisant l’application des recherches universitaires.plications à partir des découvertes qu’ils font, constate le doyen.«Et comme je ne dois jamais perdre de vue qu’ils peuvent nous quitter en un claquement de doigts, je me dois de répondre à leurs attentes.» A cette fin, la faculté a mis sur pied divers programmes favorisant l’application des recherches universitaires.«On offre entre autres de petites sommes qui permettent d’amorcer des projets de commercialisation, indique Martin Grant.Et sous peu, nous annoncerons un programme qui permettra à des professeurs de consacrer une année ou deux à la commercialisation d’une découverte.» «C’est donc dire que, oui, je subis de la pression de leur part.et que j’en subis également d’un peu partout, enchaîne-t-il.En fait, en tant que doyen de recherche, je considère qu’il est de mon devoir de satisfaire mes chercheurs de talent pour le bien de l’université et de la collectivité où nous nous trouvons.» Martin Grant vise même à fai- / À Polytechnique, la volonté de collaboration et de partenariat avec l’industrie ouvre la voie à de fructueuses synergies.Cette vision commune place les sciences et le génie au coeur de notre développement économique.PREMIÈRE AU CANADA L’entreprise fait confiance à Polytechnique, lui accordant plus de financement pour des projets de recherche en partenariat qu’à toute autre école ou faculté de génie au Canada.À Polytechnique, on cherche et on trouve! LA RECHERCHE ET L’INNOVATION À POLYTECHNIQUE CEST : • Un budget de recherche de 60,5 M$ • Des subventions et contrats de 38,8 M$ • 16 chaires industrielles • 25 chaires de recherche du Canada • 31 laboratoires de recherche • 27 centres et groupes de recherche • 164,5 M$ en projets d’infrastructures FCI-Québec-Partenaires depuis 1999 • 1890 mémoires de maîtrise et thèses de doctorat dirigés par des professeurs de Polytechnique depuis 10 ans • 9494 publications scientifiques et 54 brevets délivrés depuis 10 ans • Plus de 1500 étudiants inscrits aux cycles supérieurs (maîtrise et doctorat) POLYVALOR / UNIVALOR • 30 déclarations d’invention par année • 9 entreprises dérivées actives , • 80 technologies actuellement commercialisées • 88 M$ investis dans les entreprises dérivées, par le secteur privé, depuis 1998 • 430 emplois directs et indirects créés par nos entreprises dérivées PROGRAMMES DE MAÎTRISE ET DE DOCTORAT OFFERTS DANS PLUSIEURS SPÉCIALITÉS 1 Génie aérospatial 1 Génie biomédical 1 Génie chimique 1 Génie civil Génie électrique Génie énergétique Génie industriel Génie informatique • Génie mécanique • Génie métallurgique • Génie minéral 1 Génie nucléaire 1 Génie physique 1 Mathématiques www.polymtl.ca/es '(*)} POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Affiliée à l’Université de Montréal Pour information : (514) 340-4720 www.polymtl.ca/recherche re de Montréal l’un des plus importants centres de recherche de la planète.«Nous avons tout ce qu’il faut pour cela, dit-il avec assurance.Et si nous y parvenons, nous transformerons la ville en quelque chose qu’on n’a pas vu depuis des générations!» Collaborations de plus en plus étendues La situation de l’Université de Sherbrooke ressemble assez à celle de McGill, aux dires du vice-recteur à la recherche.«On ne sent qu’indirectement des pressions venant de l’extérieur, confinne Jacques Beauvais.Bien sûr que les organismes subventionnaires soutiennent toujours la recherche fondamentale, mais en même temps, ils ont plusieurs programmes où le financement est rattaché à des partenariats industriels sur des thématiques concrètes.» Ce qui change ces dernières années, selon lui, c’est le fait que la plupart des recherches se font en équipes composées de spécialistes provenant de disciplines fort différentes.Par exemple, en géomatique — l’une des forces de Sherbrooke —, les spécialistes du domaine travaillent désormais avec des physiciens et des ingénieurs qui font du traitement de signal ou analysent ce qu’observent les satellites, le tout dans un contexte qui touche l’environnement.Équipes mixtes Par conséquent, l’université facilite le travail des équipes qui sont constituées de spécialistes de provenance étendue.«Nous avons par exemple créé le Centre d’excellence en génie de l'information, rapporte M.Beauvais, qui regroupe autant des ingénieurs que des chercheurs en sciences humaines et sociales, ainsi que divers spécialistes en médecine.Nous créons des lieux où les chercheurs tant en recherche appliquée que fondamentale se côtoient.» Toutefois, s’empresse-t-il de souligner, si l’université favorise les rencontres, les chercheurs demeurent toujours libres de s’associer entre eux.«En fin de compte, “ça clique” entre un chercheur en médecine et un autre en génie qui parviendront à se comprendre et à travailler ensemble, note-t-il.On peut les soutenir, mais il s’agit avant tout de relations basées sur des personnes, et non pas guidées parla direction de l’université.» Le vice-recteur à la recherche considère même que la taille relativement réduite de son université est un atout.«L’avantage de ne pas être me très grosse université, dit-il, c’est justement que nos chercheurs peuvent facilement s’asseoir ensemble pour pondre des projets.Ils réussissent ainsi à faire des choses vraiment intéressantes!» Collaborateur du Devoir L’AUF à Québec Vers une francophonie entrepreneuriale L’entrepreneuriat est « une sorte de disposition mentale» Les 3 et 4 mars prochains, l’université Laval sera l’hôte d’une conférence intitulée «Vers une francophonie entrepreneuriale».Qu’en est-il au juste?Réponses en compagnie du président du comité scientifique de cette rencontre unique, Yvon Gasse.THIERRY HAROUN Une conférence, organisée en partenariat avec l’Agence universitaire de la francophonie, aura pour principal objectif de réfléchir aux différents enjeux liés à l’entre-preneuriat sous toutes ses coutures à l’échelle francophone.Les organisateurs de «Vers une francoplumie entrepreneuriale» ont ciblé trois grandes lignes de force, soit le développement de fa culture entrepreneuriale, le rôle des institutions et des intervenants dans la promotion de Fentrepreneuriat ainsi que les ressources et les moyens qui viennent en appui à Fentrepreneuriat De manière concrète, ces thèmes seront abordés au cours d’une douzaine d’ateliers qui traiteront notamment du crédit communautaire, du financement de la formation, de l’accompagnement, de la jeunesse, du développement durable et du commerce équitable ainsi que de l’entrepreneuriat au féminin.Ainsi, une soixantaine d’universitaires, d’entrepreneurs et autres observateurs en provenance d’une vingtaine de pays francophones sont invités à partager leurs savoirs.A partager leurs connaissances certes, mais comment définit-on, dans un premier temps, la culture dite «entrepreneuriale»?«En fait, c’est une affaire collective, observe Yvon Gasse.A partir du moment où, en tant que société, nous commençons à appuyer des gens qui prennent des initiatives menant à la création d’entreprises qui innovent, nous allons donc au-delà de la seule notion d’entrepreneuriat.VOIR PAGE G 3: FRANCOPHONIE Études de 2e et 3e cycles Des programmes mieux adaptés que jamais Parce que les besoins de formation évoluent, l'ÉTS propose une structure souple convenant tant aux chercheurs qu’aux professionnels en exercice.Les crédits obtenus à l’issue d'un programme court peuvent être emboîtés dans Maîtrises avec mémoire (45 crédits) Un volet scolarité allégé Un volet recherche renforcé Maîtrises sans mémoire (45 crédits) Cours techniques et cours de gestion + un projet Diplômes d'études supérieures spécialisées (30 crédits) De 5 à 8 cours + un projet Programmes courts (15 crédits) 5 cours sur un thème donné Pour connaître nos programmes et leurs caractéristiques, visitez le www.etsmtl.ca/cyclessuperieurs École de technologie supérieure 1100, rue Notre-Dame Ouest (angle Peel) Montréal (Québec) H3C1K3 Métro Bonaventure V f'I Ü; il 1 - 'H Université du Québec École de technologie supérieure ^ ?fenhntt Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) est une institution culturelle qui a pour mission d’acquérir, de conserver et de diffuser le patrimoine documentaire publié, archivistique et filmique du Québec ou relatif au Québec.Elle offre aussi à tous les Québécois — sur place, par Internet ou par prêt entre bibliothèques — un accès à de vastes collections universelles et aux services d'une bibliothèque publique d'envergure.BAnQ regroupe la Grande Bibliothèque, le Centre de conservation et neuf centres d’archives répartis sur tout le territoire du Québec.1 800 363-9028 ou 514 873-1100 www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archivât nationale* Québec Sd Une société du savoir?La mission traditionnelle de l’université est remise en cause L’université doit aujourd’hui produire des connaissances « utiles et arrimées aux attentes du marché » Quelle place occupe l’université au sein de la société québécoise?Quelle est sa mission?Est-elle un temple de la connaissance ou une vaste entreprise essentielle au développement de l’économie du savoir?Deux sociologues, Marcel Fournier et Jacques Beauchemin, se penchent sur ces questions.MARIE LAMBERT-CHAN Depuis la fondation de l’Université de Bologne au Xle siècle se perpétue une longue tradition de transmission, de conservation et de production du savoir dans les établissements d’enseignement supérieur du monde.Une mission à laquelle le corps professoral n’a jamais failli, pas même dans les conditions de financement précaire qui menacent le système universitaire québécois depuis quelque temps, croit Jacques Beauchemin, professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal «Nous le faisons mieux que jamais, dit-il.Mais avec l’ensemble des contraintes actuelles, c’est-à-dire l’obligation de rendement optimal, la pression pour une reddition de comptes à l’image de celle de toute autre entreprise et le poids de la concurrence internationale, on a l’impression que l’université est devenue un enjeu surtout lié au marché.Bien sûr, il faut financer l’université et la penser selon la concurrence.Dans le processus, on oublie cependant qu’une partie de la mission universitaire échappe à ces farces, celle du regard critique sur la société.» Considéré comme essentiel par tous il n’y a pas si longtemps, ce rôle d'observateur critique, tributaire du principe de l’autonomie universitaire tant défendu, serait aujourd’hui en contradiction avec certaines valeurs dominantes, nommément le pragmatisme et rimmédialeté.Cela n’est pas sans effet sur les jeunes collègues du professeur Beauchemin, qui tient à préciser qu'il ne s’exprime pas ici comme spécialiste de la question universitaire, mais plutôt en tant que «modeste artisan de l’université».«La préoccupation de réfléchir à la raison d’être de l’université s’estompe peu à peu chez les nouveaux professeurs, décla-re-t-ü.Ils sont soumis à une pression extraordinaire dans leur carrière de chercheur et de professeur.Il leur reste alors peu de temps pour se questionner sur la mission de l’université.» Pierre angulaire de l'économie du savoir, l’université doit par conséquent produire des connaissances «utiles et arrimées aux attentes du marché».«La société s’attend davantage à ce que l'université diplôme des financiers et des scientifiques que des poètes et des sociologues, lance le sociologue.Les arts et les sciences humaines et sociales, qui font pourtant partie des fondements historiques de l’université, deviennent aujourd'hui les parents pauvres de l’ensemble des disciplines.Cest un retournement historique.» La recherche en eaux troubles Marcel Fournier, professeur spécialisé en sociologie de la culture, de la science et de l’enseignement supérieur à l’Université de Montréal, observe lui aussi la stagnation, voire le déclin de ces programmes fort populaires dans les années 1970 et 1980.«Ce sont plutôt les domaines de la finance et du commerce qui sont en expansion, indique-t-il./e m’étonne par ailleurs de la populari- té des prvfêssùms libérales, comme la médecine, le droit et le génie, auprès des étudiants les plus forts.Ce sont des programmes qui donnent accà à des carrières relativement indépendantes auxquelles sont associés des revenus assez élevés et un certain prestige.Ma génération avait l’idée de s'orienter en rupture par rapport aux valeurs du milieu — mon père voulait que je devienne avocat! — c’est-à-dire vers des disciplines plus créatives.Aujourd’hui, les jeunes veulent faire de l’argent et se dirigent donc vers des secteurs qui correspondent à cette ambition.» Loin de nier l’importance de la formation professionnelle au sein de (’université, le sociologue s’inquiète toutefois de l’impact de cette tendance sur le développement des sciences fondamentales et de la recherche.«Notre société se veut une société du savoir, mais elle fait peu de place aux disciplines proprement scientifiques, estime Marcel Fournier.Nous devons revaloriser le secteur de la recherche.EstDes diplômés très recherchés par les meilleures écoles de gestion : York University, California State University.University of Western Ontario, University of Toronto, HEC Montréal, City University of Hong Kong *1550, boul.De Maisonneuve Ouest Inscription et information: johnmolson.concord ia.ca 514 848-2424, poste 4149 École de gestion ohn-Molson Université Concordia t * i L K DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 FÉVRIER 2 0 0 8 (i 4 RECHERCHE UNIVERSITAIRE f Ecole de technologie supérieure Une école partenaire du Québec économique «Il existe des mandats de recherche qui n’exciteraient peut-être pas nos collègues dans d’autres universités » Mise sur pied en 1974, l’École de technologie supérieure (ETS) s’est résolument tournée vers la recherche en même temps qu’elle se lançait dans la formation d’ingénieurs dûment accrédités sur la scène nationale, à la fin des années 1980.Au même moment, elle s’engageait sur la voie des études de 2' et 3e cycles.Depuis ce temps, elle conduit de nombreux projETS de recherche en partenariat étroit avec plusieurs joueurs du monde socioéconomique.RÉGINALD HARVEY D> ouverture, TETS a embauché des docteurs et des personnes fortes d’une solide expérience de recherche industrielle à titre de professeurs réguliers au premier cycle et aux études supérieures.Il en a résulté que la recherche n’a cessé de croître de façon continue et en mode accéléré depuis près de 20 ans.Cette recherche revêt un caractère distinctif par rapport aux travaux conduits dans des institutions qui sont les héritières d’une plus longue histoire et tradition, comme le souligne Claude Bédard, doyen du décanat à la recherche et au transfert technologique de TETS: «On est une université et on fonctionne en tous points comme telle sur le plan de la formation, mais il reste que nous n’avons jamais renié nos origines, soit d’être très près des préoccupations de ceux qui utilisent les résultats de la recherche, très près des industriels, etc.On est très attentifs aux besoins de l’industrie et on oriente beaucoup nos programmes de recherche et de développement vers la résolution des problématiques industrielles.» Il s’effectue également une recherche de nature plus fondamentale, qui est financée de la même manière que dans les autres universités, mais, de façon générale, l’ETS axe davantage son action vers la recherche appliquée, par comparaison avec les autres facultés de génie.Il n'est pas question pour autant de considérer TETS comme une sorte de laboratoire industriel, comme M.Bédard le rapporte avec fermeté: «Tel n'est pas le cas.Une telle structure est là pour développer des produits qu’on mettra éventuellement en marché dans le but d’améliorer la position financière, la rentabilité d’une entreprise.Nous, on est là d’abord et avant tout pour la formation, ce qui distingue une université d’un centre de recherche.» Il complète sa pensée: «Bien sûr, on fait avancer les connaissances, on ajoute au patrimoine universel de celles-ci même dans nos secteurs appliqués, mais on le fait dans une démarche de formation.On est là pour former la prochaine génération d’ingénieurs, de gens qui font de la recherche industrielle, etc.» Le meilleur de deux mondes 11 n’empêche que TETS collabore de près avec le milieu industriel.Claude Bédard en convient, mais il ne croit pas qu’une telle approche nuise à l’obtention de fonds en provenance d’organismes institutionnels chargés de verser les subven- La science en Affl'l EVOLUTION - / JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’Ecole de technologie supérieure, à Montréal dons à la recherche: «On poursuit un processus intellectuel tout aussi académique qu’ailleurs; c’est en tout point comparable à ce qui se fait dans les autres universités et dans les autres disciplines universitaires.On est donc éligible aux mêmes programmes de financement, dédiés à de la recherche qui peut être très théorique, tout comme très appliquée.Dans ce sens-là, les portes ne nous sont pas fermées.» En contrepartie, il existe d’autres sources de financement où l’ETS peut puiser dans le contexte où elle évolue: «Comment dire?Il existe des mandats de recherche qui n’exciteraient peut-être pas nos collègues dans d’autres universités: ils les trouveraient sans doute trop appliqués ou trop orientés vers une résolution de problème à court terme, quoique cela demeure de la recherche-développement en ce sens qu’il faut trouver une solution novatrice à un problème irrésolu.Nous sommes donc tout à fait ouverts et prêts à collaborer aussi avec nos partenaires externes dans de telles démarches.» Le cas par cas à l’honneur Il est difficile d’inscrire à l’inté- rieur d’une formule toute faite ou d’un gabarit les mécapismes de fonctionnement de l’École avec ses partenaires, comme le rapporte le doyen: «Cela peut prendre une variété presque infinie de formes, en fonction de ceux avec qui nous traitons, des spécificités de leur contexte et de leurs besoins, de même que de leurs façons d’opérer; il n’y a pas deux entreprises qui fonctionnent de la même manière.On s’adapte donc à presque tout ce qui bouge et on effectue un montage en conséquence.On se situe là très, très loin du dogmatisme.» Il en résulte un modus opérande.«On s'assoit d’abord avec nos collègues et nos partenaires externes afin de déterminer les besoins, de savoir dans quel environnement ces gens-là opèrent, etc.De notre côté, on fait valoir dans quels secteurs on est bons, et dans quels autres on l’est moins; on dresse le bilan de nos équipements et de ce qu’ils peuvent réaliser.A partir d’une telle mise en commun émerge rapidement, si telle est la volonté des deux parties, la possibilité de répondre à leurs attentes respectives.» L’ETS fait preuve de souplesse et d’ouverture dans ses rapports avec l’industrie.Comment préserver l’autonomie intellectuelle des équipes de recherche dans un tel monde?«Je ne cacherai pas encore une fois que je me tiens tout à fait à l’opposé du dogmatisme; on aime à faire valoir la flexibilité dont on peut témoigner dans différentes situations.» Il fournit un exemple concret: «H y a des universités qui ont des attitudes très rigides sur la propriété intellectuelle; certaines décrètent tout de go que celle-ci leur appartient en entier, à 100 %, et que cette position n’est pas négociable.Chez nous, cette propriété se situe dans une gamme qui va de 0 à 100 %; on peut la détenir en entier dans une démarche de recherche-développement avec une entreprise externe, tout comme on peut la céder totalement à cette dernière.On ajuste le déroulement du projet en conséquence.» Dans le cas où le partenaire se montre gourmand en matière de propriété, l’École lui réclame des frais indirects plus élevés: «On sait à ce moment que, de notre côté, on ne peut rien réutiliser à l’interne pour faire de la formation.» Recherche et société Le Québec tout entier, et la région métropolitaine en particulier, possèdent des forces sur le plan économique: une telle réalité transpire dans les projETS sur lesquels se penchent les chercheurs de l’Ecole.Claude Bédard cite plusieurs exemples de travaux à ce propos, dont plusieurs relèvent de l’aéronautique, des technologies de la santé, des télécommunications, des technologies de l’information et autres.Plusieurs dossiers traités font partie des préoccupations de l’heure dans la société: il en est ainsi des énergies renouvelables, des changements climatiques, des infrastructures urbaines, du développement durable, de l’usinage des matériaux, de la santé et sécurité au travail, des nanotoxicologies ou des nanotechnologies reliées à la santé, de la gestion de projETS et de l’innovation ainsi que des chaînes d’approvisionnement, pour ne nommer que ceux-là.Quant à l’avenir de la recherche, il est envisagé sous cet angle à l’École de technologie supérieure, selon les propos de Claude Bédard: «B est certain qu’on va continuer avec les partenaires de l’industrie qui nous ont bien appuyés jusqu’à maintenant, mais notre cercle s’élargit.» C’est ainsi que TETS a tissé un partenariat avec les promoteurs du projet Griffintown et travaillera notamment sur le volet aspect durable de celui-ci.L’École est aussi intervenue dans les travaux en vue de l’implantation d’un nouveau processus d’ionisation dans le traitement des eaux usées de Montréal, et les travaux dans ce sens se poursuivront durant plusieurs années.Le marché des jeux vidéo, en pleine expansion sur la scène mondiale, retiendra lui aussi l’attention des chercheurs.Collaborateur du Devoir Une formation d’avenir L'INRS est une université qui offre un recherche et de formation de 2e et de Découvrez nos programmes d'études :: Biologie :: Démographie :: Études urbaines :: Microbiologie appliquée :: Pratiques de recherche et action publique :: Sciences expérimentales de la santé Développez des expertises de pointe :: Changements climatiques :: Communications sans fil :: Génie logiciel et télédétection :: Gestion intégrée des ressources :: Immunité, maladies infectieuses et cancer :: Nanotechnologies et photonique environnement valorisant et stimulant de 3e cycle.:: Sciences de l'eau :: Sciences de l'énergie et des matériaux :: Sciences de la terre :: Virologie et immunologie :: Télécommunications :: Phénomènes sociaux et gouvernance :: Santé environnementale :: Technologies et biotechnologies environnementales :: Tendances économiques et démographiques L'INRS accueille aussi des stagiaires postdoctoraux et des stagiaires de recherche.m Université du Québec Institut national de la recherche scientifique L’IRCM : reconnu pour l’excellence de sa formation L’IRCM est un centre de recherche pluridisciplinaire de premier ordre où sont menées des recherches fondamentales en biomédecine afin de mieux comprendre les mécanismes des maladies.Depuis plus de 40 ans, la formation d’une relève scientifique de haut niveau est au cœur de la mission de PIRCM.Supervisés par des chercheurs chevronnés dans différents domaines de la recherche biomédicale, une centaine d’étudiants à la maîtrise et au doctorat, ainsi qu’une cinquantaine de stagiaires postdoctoraux viennent chaque année parfaire leur formation scientifique à l’Institut.450 chercheurs, employés et étudiants 37 unités de recherche 6 axes de recherche principaux 8 Chaires de recherche du Canada 1 clinique de près de 40 professionnels de la santé Quelques-uns des thèmes de recherche : Cancer • Infections virales • Sida • Hypertension artérielle • Hypertrophie cardiaque • Hyperchplestérolémie familiale • Diabète • Parkinson • Alzheimer • Développement de nouveaux analgésiques • Découverte de nouvelles cibles pharmacologiques • Problèmes éthiques www.ircm.qcca nfo@ircm.qcca Téléphone : 418 654-2500 Sans frais : 1 877 326-5762 www.mrs.ca Certains croient que la recherche est liée aux découvertes Nous croyons qu’elle est d’abord liée à la qualité de la vie Bastion Llamas, stagiaire postdoctoral Unité de recherche en biologie card «vasculaire expérimentale Affilié à l’Université de Montréal £|RCM Institut de recherches cliniques de Montréal YVES BERGERON Professeur au Département des sciences biologiques et titulaire de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable Prix du Québec Prix Marie-Victorin 2007 destiné aux chercheurs de sciences pures et appliquées dont les travaux ne relèvent pas du domaine biomédical ALAIN G.GAGNON Professeur au Département de science politique, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes et directeur du Centre de recherche Interdisciplinaire sur la diversité au Québec Prix Marcel-Vincent 2007 de l'Acfas qui couronne les travaux d'une personne œuvrant en sciences sociales YVES GINGRAS Professeur au Département d’histoire, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences et directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie Prix multidisciplinaire Jacques-Rousseau 2007 de l'Acfas qui souligne les réalisations scientifiques exceptionnelles d'une personne ou d'une équipe qui a largement dépassé son domaine de spécialisation » LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DI M ANCHE 21 FEVRIER 2 O 0 8 (î 5 RECHERCHE UNIVERSITAIRE L’université et le privé « L’entreprise devient un laboratoire pour l’école » Bell et IBM sont devenues partenaires des HEC et de Concordia Les universités privilégient de plus en plus le transfert des connaissances vers les milieux de pratique, ce qui encourage forcément les partenariats avec les organisations privées.Menés rondement, ces projets peuvent provoquer d'heureux mariages, comme en font foi les expériences d’HEC Montréal et de l’École de gestion John-Molson de l’université Concordia.MARIE LAMBERT-CHAN La nécessité de transférer le savoir universitaire vers la société fait partie intégrante du quotidien des chercheurs depuis quelques années.«On le constate notamment chez les organismes subventionnaires de la recherche, qui exigent des chercheurs qu ’ils accordent une part importante de leur temps au transfert des connaissances, ce qui est une très bonne chose.Le gouvernement canadien souhaite que les sommes investies en recherche un peu partout au Canada aient des retombées pour les contribuables», observe Jean Elsliger, responsable de la valorisation et du transfert aux entreprises au sein de la Direction de la valorisation, du transfert aux entreprises et de la formation des cadres d’HEC Montréal.L’école de commerce a créé cette nouvelle entité il y a un an, afin de mieux soutenir et d’intensifier les liens entre ses chercheurs et les entreprises au moyen de projets de recherche commanditée, entre autres.En d’autres mots, l’industrie et les chercheurs s’entendent sur des sujets de recherche dont les retombées peuvent bénéficier autant à l’une qu’aux autres.«Les entreprises y trouvent leur compte parce qu’elles ont accès à des chercheurs de classe mondiale qui ont développé une approche et une rigueur scientifiques à toute épreuve, déclare Jean Elsliger.Quant aux chercheurs, ils ont l’occasion d’étudier en profondeur des milieux de pratique et des problématiques qui sont vécues au quotidien, ce qui leur permet de faire avancer la science.L’entreprise devient un laboratoire pour l’école.» Et une source de revenus non négligeable, puisque le partenaire privé débourse des milliers de dollars, qui serviront essentiellement à payer les assistants de recherche.Selon l'expérience de M.Elsliger, tout baigne entre ces deux univers dont les visées pourraient pourtant s’entrechoquer si ce n’était de contrats de recherche fort détaillés.«Dès le départ, on s’entend sur un devis où il est clair que l’entreprise ne peut s’ingérer dans le déroulement des activités qui y sont liées, indique le responsable.L'indépendance intellectuelle est à la base de l’entente.Sinon, l’école n’embarque pas dans le projet.» Des partenariats réussis Maintes fois éprouvé depuis la dernière année, ce procédé a donné naissance à une série de succès, à commencer par le projet de recherche qui unit IBM Bromont et les professeurs Laurent Simon et Patrick Cohendet.Depuis l’automne, ces chercheurs accompagnent «la mise en place d’une communauté de pratique intentionnelle».Les communautés de pratique constituent une nouvelle pratique de gestion qui mise sur la capitalisation et le partage des connaissances.Pour ce faire, elles rassemblent virtuellement ou physiquement des personnes autour de thématiques particulières, afin de cibler des problèmes, des expériences pertinentes, des méthodes et des bonnes pratiques.Les chercheurs espèrent mieux comprendre les impératifs de l’instauration de cette pratique dans une organisation du type de celle d’IBM Bromont, qui compte environ 3000 employés.«Les retombées semblent mineures, mais pour nous, ce n’est pas rien, explique Laurent Simon.On ne pourrait jamais reproduire cette expérience en classe.Par ailleurs, on reproche souvent aux chercheurs d’être déconnectés des milieux de pratique.Or, la recherche commanditée nous confronte et nous arrime aux enjeux quotidiens de la gestion.Cela se révèle particulièrement utile pour les étudiants qui effectuent une exploration de première main.» Ces propos font écho à ceux de Bianca Grohmann, directrice du Centre de recherche Bell sur l’in-novajion et les processus d’affaires de l’École de gestion John-Molson, un fleuron de la recherche commanditée à l’université Concordia.«Les chercheurs ont la responsabilité de réfléchir au moyen d’appliquer les résultats de leur travail dans des organisations en chair et en os, af-firme-t-elle.Mais ils n’y pensent pas automatiquement.Certains se montrent hésitants à embarquer dans de tels partenariats, de peur de mettre en jeu leur intégrité et leurs droits de propriété intellectuelle.» Pourtant, la liberté des chercheurs n’est pas contrainte par l’association avec Bell Canada, même si cette dernière finance généreusement le centre, insiste Bianca Grohmann.«Bell est très sensible à la notion de liberté intellectuelle.Nous pouvons publier les résultats de nos recherches sans restriction.Notre seule obligation est d’y mentionner le nom de Bell.Toutefois, si le sujet est plus délicat et comporte www.ibm.com PHILIPPE WOJAZER REUTERS IBM Bromont s’est fortement engagée dans certaines expériences d’HEC Montréal.VfaV't, N i.'kîSS «2 SHAUN BEST REUTERS La liberté des chercheurs n’est pas contrainte par l’association avec Bell Çanada, même si cette dernière finance généreusement le Centre de recherche Bell sur l’innovation et les processus d’affaires de l’École de gestion John-Molson, un fleuron de la recherche commanditée à l’université Concordia.des informations confidentielles, la compagnie peut en interdire l’accès aux chercheurs.» Gérer les risques Selon Mme Grohmann, la recherche commanditée, «c’est deux organisations travaillant main dans la main, et non l’une qui profite de l’autre».Pour y arriver cependant, il faut que les termes de l’entente soient bien établis avant d’amorcer le projet, comme le mentionnait Jean Élsliger, notamment en ce qui a trait à la proprié té intellectuelle.«L’université carbure à la connaissance qui est générée par les professeurs, dit le responsable de la valorisation et du transfert aux entreprises.Ils se doivent de publier pour progresser.C’est donc important pour nous de conserver la propriété intellectuelle.Exceptionnellement, nous sommes prêts à la céder moyennant différentes considérations.Je vais toujours m’assurer auprès du chercheur et des étudiants que cette manœuvre n’aura pas d’incidence sur la poursuite de leur carrière.De plus, quand on cède la propriété intellectuelle, on négocie toujours un droit d’utilisation à des fins de recherche et d’enseignement.Donc, à tout le moins, l’école conserve le droit d'utiliser les résultats de recherche.» Le droit de publication est également un élément qu’il vaut mieux négocier dès le départ, comme l’explique Jean Elsliger: «La plupart du temps, les entreprises acceptent cela sans problème.Mais par respect pour la confidentialité des données, on a développé des mécanismes avec l’industrie qui permettent à cette dernière de jeter m œil sur les projets de publication pour s’assurer qu’aucune donnée confidentielle n’a filtré.» La réussite des partenariats entre le privé et l’université réside tout particulièrement dans le type de boulot qu’effectue chaque jour Jean Elsliger, celui de gérer les risques.«On dégage les professeurs de la logistique et de l’administration, afin qu’ils puissent se concentrer sur l’objet de la recherche.Cet accompagnement les incite à se lancer dans le transfert et la valorisation.Us doivent sentir que la machine est bien huilée et qu’elle n’est pas un frein à leur créativité.» Collaboratrice du Devoir Pr Alexandre Blais invente le premier bùs quantique, pièce maîtresse vers la construction de l’ordinateur du futur Sauver des vies L'Université de Sherbrooke offre un cadre de recherche exceptionnel pour combler vos désirs de dépassement.La position de tête parmi les meilleures universités canadiennes pour nos installations de recherche (recherche selon The Globe and Mail) 65 chaires de recherche Des budgets de recherche qui ont progressé de plus de 60 % depuis 2001 12 équipes, 28 centres et 4 instituts reconnus pour l'excellence de leur recherche entre autres en nanotechnologies, inflammation, organisation du travail, supraconductivité, télédétection, génie parasismique, intervention éducative, pharmaceutique, matériaux nouveaux, compression de la parole Près de 2700 personnes travaillant en appui aux activités de recherche Des redevances de brevets parmi les plus élevées dans le réseau des universités canadiennes La création de 26 entreprises actives et la détention de plus de 324 brevets établis ou en instance ¦ Plus de 150 accords de coopération internationale avec 39 pays • Une politique avant-gardiste pour protéger la propriété intellectuelle www.USherbrooke.ca/larecherche UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE MICHEL HÉBERT Professeur au Département d’histoire Bourse Killam 2007 Accordées par le Conseil des Arts du Canada, les bourses ! Killam permettent à dix ides meilleurs scientifiques ¦ et chercheurs du Canada j l'de se consacrer à plein temps ; à la recherche pendant deux ans / RENÉ LAPRISE Professeur au Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère et directeur du Centre pour l’étude et la simulation du climat è l’échelle régionale Seul Québécois au nombre des auteurs du 4" Rapport d’évaluation du Groupe d'experts intergouvememental sur l'évolution du climat (GIEC), ce groupe étant lauréat ex aequo du Prix Nobel de la paix 2007 Personnalité de l'année 2007 La Presse Radio-Canada en sciences 1 YVES PRAIRIE Professeur au Département des sciences biologiques et directeur du Groupe de recherche Interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique Élu au Palmarès des 10 découvertes scientifiques de l'année 2007 du magazine Québec science dans la catégorie environnement Æ RENÉ ROY Professeur au Département Wm> de chimie et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie thérapeutique Nommé au Palmarès des 10 découvertes scientifiques de l'année 2007 du magazine Québec science dans le domaine médical i > t LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 3 ET DIMANCHE 24 FÉVRIER 2 0 0 8 (i (> RECHERCHE UNIVERSITAIRE École de gestion John-Molson Fonds québécois Un nouveau doyen enthousiaste «Les entreprises doivent déplus en plus tenir compte de l’impact environnemental de leurs activités » Concordia accueille en Sanjay Sharma un chercheur qui a longtemps côtoyé le monde des affaires.À l’université Sir-Wilfrid-Laurier, il avait mis en forme une nouvelle discipline: la viabilité organisationnelle.Après l’Inde et le Royaume-Uni, il débarque confiant au Québec.CLAUDE LAFLEUR Dans une institution comme l’Ecole de gestion John-Molson de l’université Concordia, on fait de la recherche scientifique afin de comprendre comment fonctionnent les processus d’affaires, pour améliorer la gestion des entreprises et aider celles-ci à croître tout en faisant face à leurs responsabilités sociales et environnementales.C’est ce que relate Sanjay Sharma, le nouveau doyen de cette école — la deuxième plus grande au Canada (après HEC Montréal) —, et lui-même chercheur émérite spécialisé dans la viabilité organisationnelle: «Bien que nous visions avant tout à former de façon la plus concrète possible nos étudiants aux réalités du monde des affaires, la recherche scientifique fait véritablement partie de tfotre mission.» A cette fin, l’école d’administration a constitué de judicieux noyaux de spécialistes au sein d’institutions comme le Centre de recherche Bell sur l’innovation et les processus d’affaires, le Centre Desjardins d’innovation en financement d’entreprises et le Centre de recherche sur la petite entreprise et l’entrepre-neuriat «Par exemple, notre Centre Desjardins se concentre sur les nouvelles façons de financer les petites entreprises, explique M.Sharma, puisqu’il s'agit d’un secteur où les institutions financières cherchent à comprendre les besoins des PME et à créer les outils nécessaires pour leur venir en aide.» Comment attirer lesj meilleurs chercheurs L’Ecole de gestion John-Molson abrite également un centre qui se consacre à l’étude des processus des transactions, «quelque chose d’unique au monde», relate fièrement M.Sharma.Ce centre a entre autres conçu un logiciel qui facilite les transactions entre entreprises et est utilisé par des milliers de gestionnaires à travers le monde.Le doyen Sharma confie même que sept ou huit autres centres pourraient voir le jour sous peu, notamment un institut sur la viabilité des entreprises, un deuxième sur les responsabilités sociales des entreprises, et un troisième sur la gestion de la vente au détail et le marketing de proximité.«Ces équipes de recherche sont un atout majeur pour notre école, dit-il, puisqu’elles nous servent à attirer de bons chercheurs.Vous savez, le salaire des professeurs au Québec est inférieur à celui offert en Ontario et ailleurs au pays.Il faut donc offrir quelque chose de plus et nous, en constituant de solides noyaux de chercheurs, nous mon- Le nouveau contrat familial Colloque organisé par Familles en mouvance et dynamiques intergénérationnelles 28
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.