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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-01-31, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES S A .N! E D 1 31 JANVIER ET DIMANCHE 1 E E V R 1 E R 2 O O I Le Tigre et le Loup d’Emmanuelle Brault Page F 3 Ho( À won mm La carrière de Gilles Carie au Musée de la civilisation Page F 6 ?LE DEVOIR ?MUSÉE DES URSUUNES DE QUÉBEC Attribué à Claude François (dit frère Luc), La France apportant la foi à la Nouvelle-France, 1614-1685, huile sur toile, XVII' siècle.' WHI IH :"'> Ils ont poussé l’engagement jusqu’à la mission, le zèle jusqu’au martyre.Non, ce ne sont pas les évangélistes américains ou les kamikazes islamistes actuels, mais les missionnaires catholiques français qui ont colonisé la Nouvelle-France, avec dans leurs rangs les Paul Le Jeune et Marie de l’Incarnation.Dans un volumineux ouvrage intitulé Croire et faire croire, l’historienne des religions Dominique Deslandres revient sur l’action des missionnaires français auprès des Amérindiens et propose une histoire comparée des missions françaises au XVII' siècle, dans la France de l’intérieur et en Nouvelle-France.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR quand une ethno-histoire des missionnaires?demandait Dominique Deslandres dans un article publié en 1995./ \ Son livre, Croire et faire croire, qui vient de paraître chez Fayard, pourrait répondre à cette question.La chercheuse, qui est aussi professeur d’histoire à l’ilniversité de Montréal, se positionne dès le début de l’entrevue.Son livre n’est pas une entreprise de réhabilitation des missionnaires dans l’histoire (lu Québec, ni une apologie de la mission.A la lumière des travaux de deux écoles d’historiens opposées, l’une ayant, jusque dans les années 60, complètement évacué l’Amérin-dien de l’histoire et l’autre, notamment défendue par les anthropologues, ayant depuis plutôt occulté l’activité missionnaire, elle tente aujourd’hui de rétablir un certain équilibre entre les deux.«Car la rencontre franco-amérindienne ne saurait se réduire à des tractations économiques, à des échanges de savoir-faire, où l’intérêt matériel expliquerait tout», souligne-t-elle en introduction.L’une des particularités de Croire et faire croire est de replacer l’action missionnaire en Nouvelle-France dans le contexte des missions catholiques françaises, qui, jusque dans l’intérieur de la France, visaient à convertir et à éduquer, tant l’Amérindien que le paysan breton, le musulman que le protestant Ce que l’auteur — qui a déjà signé de nombreux textes, notamment sur le rôle du diable dans les missions françaises et sur les femmes missionnaires en Nouvelle-France — a tenté de traquer, c’est comment les missionnaires s’y sont pris pour sauver les âmes et ainsi atteindre le salut Elle met notamment en lumière le fait qu’on est à une époque où l’on pressent une fin du monde possible et qu’il y a par conséquent urgence, pour les missionnaires qui désirent gagner le ciel, de convertir le plus d’âmes possible.Or, dans les croyances catholiques de l’époque, le fait de mourir en martyr permettait d’éviter le purgatoire et d’atteindre directement le paradis après la mort ce qui n’est pas sans séduire de nombreux appelés.Ensuite, précise-t-elle, ces entreprises de conversion se situent, dans le temps, tout de suite après les guerres européennes de religion, dans un contexte précartésien où le mot d’ordre n’est pas encore «je pense donc je suis», mais plutôt «je suis donc je crois».Aux yeux des catholiques, toute croyance étrangère à la leur est «obscène».Les missionnaires, tout zélés qu’ils soient, n’ont donc aucune considération pour la culture autochtone telle qu’ils la rencontrent.Tout au plus notent-ils dans leurs lettres certaines particularités de ces païens qu’ils tentent de convertir: ici quelques plumes, là un tambour.Et s’ils s’avèrent des linguistes avertis et que c’est grâce à eux et à leurs travaux que l’on peut aujourd’hui accéder aux langues autochtones de l’époque, ce n’est que parce que cet apprentissage des langues autochtones représentait une étape indispensable de leur entreprise d’évangélisation.En fait, en entrevue, Dominique Deslandres reconnaît que, somme toute, peu d’autochtones se sont effectivement convertis à la religion catholique, au sens où Rome, fort exigeante sur la question, l’entendaiL Et la Nouvelle-France, à la période étudiée, n’a compté aucun autochtone devenu prêtre.Tout au plus certains natife convertis, qu’on appelait les dogiques, pouvaient-ils remplacer les prêtres catholiques dims l’exécution de prières lorsque ceux-ci s’absentaient D faut dire que cette évangélisation se déroulait dans un contexte où neuf Amérindiens sur dix mouraient des épidémies apportées par les Européens et que, du nombre restant, peu passaient les tests des évangélisa-teurs qui les auraient fait devenir de «vrais Français».VOIR PAGE F 2 : ÂMES Aux yeux des catholiques, toute croyance étrangère à la leur est «obscène» Maurice Nadeau ou le lecteur en tête Entretien avec le fondateur de La Quinzaine littéraire FULVIO CACCIA Avec la parution de plus de 600 nouveaux titres, même la «petite» rentrée littéraire d’hiver de Paris prend les allures d’un marathon permanent Comment s’y retrouver dans ce feu d’artifice perpétuel?Qui sont les auteurs dont on parlera demain?Dans un monde littéraire, désenchanté, agité par des guerres intestines où se dévoilent les ambitions et les cynismes ambiants, Maurice Nadeau fait figure de dernier des Mohicans.À 91 ans bien sonnés, cet ancien compagnon de route du surréalisme promène toujours sa longue silhouette de dandy désabusé dans un paysage littéraire qu’il a lui-même contribué à façonner.Tous ceux qui ont compté sur la scène littéraire de la seconde moitié du XX' siècle ont été de quelque ma- nière en relation avec lui D a défendu tour à tour Michaux, Leiris, Queneau, Borges, Samuel Beckett, J.-M.G.Le Clézio, republié Sade, imposé Henry Miller, mais aussi David Rousset, Chalamov, Soljénitsyne, Walter Benjamin, Octavio Paz.Comme éditeur, il prend tous les risques et publie les premiers ouvrages d’inconnus qui deviendront célèbres: Roland Barthes, Edgar Morin, Arrabal, Georges Perec, Hector Bian-ciotti, René de Obaldia, Tahar Ben Jelloun, Michel HoueDebecq.de quoi donner te tournis.Rien a priori ne prédisposait cet ex-instituteur, militant trotskiste de la première heure, à devenir un des acteurs majeurs de la scène littéraire de l’aprèsguerre.Son destin bascule te jour où Pascal Fia lui ouvre tes portes de Combat, te légendaire quotidien de la résistance.Ses collègues sont Albert Camus, Roger Grenier, Henri Catet Très vite ses critiques font mouche.Comme ses ouvrages qui secouent te landerneau, dont sa célèbre Histoire du surréalisme.En 1966, après moult péripéties, il fonde La Quinzaine littéraire, puis cinq ans plus tard sa propre maison d’édition.Quel est le secret de son flair?Et de son indépendance?Deux ouvrages récents lèvent le voile: Maurice Nadeau, une vif en littérature, conversation avec Jacques Sojcher, Editions Complexes, et Serviteur! un itinéraire critique à travers les livres et auteurs depuis 1945, chez Albin Michel Entretien.Fulvio Caccia.Dans l’un de vos ouvrages, Le Roman français depuis la fin de la guerre, vous définissez ce genre comme une «expérience, un savoir transmué en vision globale».Aujourd’hui, peut-on toujours parler ainsi du roman?Maurice Nadeau.C’était pour moi l’idéal du roman, que j’ai tenté de cerner dans cet ouvrage.Le roman est d’abord l’expression d’une intimité.Mais il faut qu’à travers cette intimité apparaissent des sentiments, des situations, des questionnements qui confrontent les personnages et les obligent à se révéler de la façon la plus personnelle qui soit Que penser de cette tendance qui privilégie justement l’intime, l’autofiction?Je ne suis pas très au fait de cette tendance.Ce qui compte au fond, c’est que le lecteur puisse partager, coécrire l’expérience que lui propose l’auteur.D faut VOIR PAGE F 2 NADEAU I LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 .JANVIER ET DIMANCHE I F 2 ** FÉVRIER 2 004 ••Livres HISTOIRE DES SCIENCES Les souvenirs des plantes CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il n’y a que le creux de l’hiver pour nous rendre profondément nostalgiques de l’été.Et alors que roses et marguerites sont si loin qu’elles semblent avoir été rêvées, Le Voyage botanique de Sandra Knapp, qui paraît chez Mengès, s’ouvre comme une fenêtre sur ces souvenirs.L’auteur, elle-même scientifique, s’est appuyée sur la collection d’art botanique du Muséum d'histoire naturelle de Londres pour retracer dans une langue vivante l’histoire pleine de rebondissements d’une collection de ces plantes qui ornent nos parterres et nos champs.Qui eût cru que l’histoire des fleurs et des plantes pouvait être aussi fascinante?Les récits que nous présente Sandra Knapp regorgent à la fois de données scientifiques et d’anecdotes sur la façon dont ces plantes ont été récoltées et cultivées de par le monde avant de faire leur entrée en Angleterre.«L'Angleterre est le jardin de l'Europe, le jardin du monde», écrit l’écologistç Jean-Marie Pelt dans sa préface.A la Renaissance et au cours des siècles qui l’ont suivie, les plantes y affluèrent de partout Ce sont ces périples que retrace Sandra Knapp dans un livre foisonnant comme un jardin anglais.Du nénuphar, p^r exemple, on apprendra que les Egyptiens le révéraient car les fleurs du lotus du Nil étaient associées à l’apparition de la lumière sur Terre.Cette fleur, pourtant, compte des especes entièrement nocturnes, qu’on retrouve uniquement sous les Tropiques et qui se ferment une fois le matin venu.«Lorsque le ciel est voilé, écrit pourtant Sandra Knapp, les corolles restent ouvertes, ce qui permet de penser que l’intensité de la lumière contribue à se faire fermer les fleurs au matin.» Du pavot ce cœur saignant qui enflamme les parterres au début de l’été, l’auteur note qu’il est paradoxalement un symbole du souvenir dont on tire la drogue de l’oubli.La plupart des variétés horticoles du pavot ne contiennent cependant presque pas d’opium alors que «d'autres formes en regorgent».Cette concentration d’opium se retrouve dans le latex qui s’écoule à la coupure des tiges et des feuilles de la plante.Et certains attribuent son m ¦m Librairie Tu VOX POPUL1, VOX DEI Palmarès des ventes 21 au 27 janvier 2004 1 Roman Qc L'HISTOIRE DE PI T - Booker Prize 2002 Y.MARTEL XYZ éd.1 24 L Psychologie GUÉRIR ?SERVAN-SCHREIBER Robert Laffont ü 3 Jeunesse HARRY POÏÏER ET L'ORDRE DU PHÉNIX ?J.K.ROWLING Gallimard 4 Roman Qc .ES FILLES DE CALEB, t.3 - L'abandon de la mésange A.C0USTURE Libre Expression il 5 Biograph.Qc J'AI SERRÉ LA MAIN DU DIABLE V R.DALLAIRE Libre Expression ü 6 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?4P 1.SPENCER Michel Lafon 164 1 Dictionnaire 1300 PIÈGES DU FRANÇAIS PARLÉ C.CH0UINARD La Presse 3 3 B.D.TINTIN ET L'ALPH-ART HERGÉ Casterman 13 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT 4P E.TOLLE Ariane 172 10 Essais MAL DE TERRE V H.REEVES Seuil ü 11 Roman IMPÉRATRICE 4P * Rencontre d'auteur 1er février, suce.Champigny S.SHAN Albin Michel 18 12 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.MORENCY Transcontinental 64 13 Cuisine THE ULTIMATE WEIGHT SOLUTION P, MCGRAW Simon & Shuster ii 14 Essais Qc LA ROUTE DES HELES SHER / MARSDEN L'Homme il 15 Psycho Qc VICTIME DES AUTRES, BOURREAU DE SOI-MÊME 4P G.CORNEAU L'Homme 11 16 Biograph.Qc DUROCHER/FORTIN Stanké 2 D Polar SHUTTER ISLAND 4P D.LEHANE Rivages 20 18 B.D.LES SARCOPHAGES DU 6' CONTINENT 4P Y.SENTE Blake & Mortimer 8 13 Roman J.-C.RUFIN Gallimard 20 Essais Qc CHRONIQUES DU DIMANCHE S.LAPORTE La Presse il a Psychologie TOUT CE QUE VOUS NE DEVRIEZ JAMAIS SAVOIR SUR U SEXUALITÉ DE VOS ENFANTS ¥ M.RUFO Anne Carrière 10 a Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! ¥ T.D'ANSEMBOURG L'Homme 158 23 Culture humaine CÉLIBATAIRE AUJOURD'HUI 0.LAMOURÈRE L'Homme 24 Cuisine CUISINE VÉGÉTARIENNE ¥ COLLECTIF Marabout 54 VENEZ RENCONTRER Shan Sa Shan \.| g|| Impératrice Le dimanche 1er février de 15 h à 16 h Succursale C Cfiamplgny, 4380, rue St-Denis — (514) 844-2587 MX*A* * AlJtt» MKTKX Métro Mont-Royal 25 Roman Qc POUR DE VRAI F.AVARD ühre Expression 17 26 Roman Qc LE CAHIER NOIR M.TREMBLAY Leméac ü 27 Roman D.GABALDON Libre Expression 1 28 Roman LA NOSTALGIE DE L'ANGE ¥ A.SEB0LD Nil n 29 Roman LESAMES GRISES ¥ P.CLAUDEL Stock je 30 Nutrition Qc NOURRIR SON CERVEAU L.THIBAULT L'Homme Ji7 31 Scence-fiction A.RICE Plon 2 32 B.O.ASTÉRIX ET LA RENTRÉE GAULOISE U0ERZ0/G0SCINNY Albert Rene 22 £ Maternité COMMENT NOURRIR SON ENFANT, 3e édition ¥ L1AMBERT-IAGACÉ L'Homme 231 34 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN, 1.1 ¥ A BRASHARES Gallimard 83 35 Jeunesse LES EXPÉRIENCES DES DÉBROUILLARDS ¥ COLLECTIF Bayard ii 36 Roman Qc LIFE OF PI ¥ - Booker Prize 2002 Y.MARTEL Vintage Canada 6j Ë Guides Qc GUIDE DE SURVIE DES EUROPÉENS A MONTRÉAL H.MANSION Agent* Serendipity il 38 [Éducation COLLECTIF Jobboom 2 Biographie JFK, LE DERNIER TÉMOIN ESTES/REYMOND Flammarion il K Psychologie ARRÊTEZ DE VOUS FAIRE DU SOUCI.R.LAD0UCEUR Odile Jacob il fi Polar MYSTIC RIVER ¥ D.LEHANE Rivages 96 42 Biographie H.GRIMAUD Robert Laffont il Psychologie GRANDIR.AIMER.PERDRE ET GRANDIR J.MONBOURQUETTE Novaiis 515 44 BTV GARFIELD, t.37 - C'est la fête ! J.DAVIS Dargaud 7j 45 Histoire Qc LES COUREURS DES BOIS ¥ G.-H.GERMAIN Libre Expression 15 T : Coup de Coeur RB : Nouvelle entrée Ntx* de semaines depuis parution Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.succursales nom à l’ancien celtique papa, qui désigne la bouillie de graines que l’on donnait aux enfants pour les calmer.En effet, l’usage du pavot remonte à la nuit des temps.Dans la mythologie grecque, nous apprend Sandra Knapp, Morphée, le dieu du sommeil, couronnait de pavots ceux qu’il souhaitait endormir.Au sujet des marguerites, on se penche sur la façon qu’elles ont de disposer leurs fleurons selon une règle mathématique appelée «suite de Fibonacci», telle qu’énoncée par Leonardo Pisano.Quant aux chrysanthèmes, on apprend qu’ils sont détestés dans les pays nordiques, «où ils annoncent l'automne et les jours sombres», tandis qu’en Chine, ils «symbolisent la longévité et la résistance à l’adversité», et où la noblesse et la solitude de la fleur rappellent celles du philosophe Confucius.Enfin, on découvre la course effrenée de l’explorateur David Douglas, qui a donné son nom au sapin de Douglas, parti en mission en Amérique du Nord pour trouver des essences de conifères qui remplaceraient les arbres abattus pour construire les bateaux lors des guerres napoléoniennes.L’homme a traversé les pires périls pour trouver un spécimen de pin à sucre, arbre qui ne devait par ailleurs jamais trouver beaucoup d’amateurs en Grande-Bretagne, où il se cultivait mal L’ensemble est abondamment illustré de gravures'tirées de la collection du Muséum d’histoire naturelle de Londres.L’amateur y comparera les espèces de passiflores ou de roses telles qu’elles ont été dessinées aux XVIIT et XDC siècles.Une façon toute discrète de découvrir les secrets des plantes et d’apprendre une histoire qu’elles-mêmes, ces être tendres et muets, ne livreront jamais.LE VOYAGE BOTANIQUE Sandra Knapp Mengès Paris, 2003,338 pages NADEAU «La valeur d'une œuvre réside dans l'écriture, la qualité de ce qui est dit et comment c'est dit» SUITE DE LA PAGE F 1 qu’il la fasse sienne au point de s’y sentir immergé comme un poisson dans l’eau.L’auteur a le choix: U peut heurter le lecteur, le provoquer, le séduire.Mais en tout état de cause, il se doit de le faire réagir.Les moyens, les procédés qu’il utilisera pour ce faire, constituent son écriture.C'est par son biais que se manifeste la singularité de son univers intérieur.S’il réussit à nous le faire partager, c’est gagné.Cela ne veut pas dire pour autant que le lecteur doit rester passif, bien au contraire.La lecture, cela demande un effort ou bien cela n’a aucun intérêt L’Histoire a souvent été le creuset, et pour cause, des grandes narrations.Dans une époque dépourvue de grands combats, la littérature qui en est issue n’en ressort-elle pas appauvrie?Dans cette situation, le danger est de voir l’événement prendre le pas sur l’individu.Or, pour que la violence de l’Histoire devienne compréhensible, déchiffrable, il importe qu’elle soit filtrée par une conscience.C’est le travail de l’écrivain.Au lendemain de la guerre, j’ai publié L’Univers concentrationnaire, un livre de David Rousset L'ouvrage n’a rien d’un roman, mais les procédés romanesques y sont magistralement mis en œuvre.Son but était de décrire un monde qui a sa propre loi, ses propres finalités.Mais voici que son témoignage déborde et plonge d'un coup le lecteur dans une réalité fantastique et sordide proche de l’univers d'un Kafka.Aujourd’hui, alors que ces événements, du moins en Occident, se sont estompés, que reste-t-il?fl reste le corps, le sexe, à en croire les préoccupations de certains auteurs contemporains.Remarquez qu’avant on évoquait l’âme ou Dieu.Vous, qu’en pensez-vous?J’observe.Je ne suis pas partie prenante.J’examine dans la mesure où il m'arrive d’écrire sur ce type de roman.La plupart du temps, cela me laisse froid.Le défi est toujours de trouver le point de contact.Avec le sexe, c’est relativement facile, mais ensuite on tombe dans les clichés.'Heureusement il n'y a pas que cela; il y a beaucoup de variétés dans le roman de nos jours.Chacun cherche de son côté.On entend souvent dire aujourd’hui que la direction littéraire brille par son absence dans les maisons d’édition.Quel est votre sentiment?Je ne peux pas répondre à la place des autres.Moi, FULVIO CACCIA «La lecture, cela demande un effort ou bien cela n’a aucun intérêt», estime Maurice Nadeau, fondateur de La Quinzaine littéraire.Sur le mur de son bureau, une photo d’André Malraux.quand j’ouvre un manuscrit, je me demande: est-ce qu’il y a quelqu’un derrière?Est-ce qu’il imite?Est-ce qu’il y a une écriture?Tout est là.S’il n’y en a pas, c’est peut-être très bien, mais cela ne m’intéresse pas.Il n’y a pas de critères d’appréciation.Mais il y a des modes.Sans aucun doute.Elles finissent par passer, comme celle qui concerne la surenchère sexuelle, bien .différente, soit dit en passant de la tonique provocation d’un Miller que je publiais durant les années 50.Voyez-vous des tendances nouvelles se dessiner?Là où il y a du nouveau, c’est toujours dans l’ordre de l’intime.Mais il est difficile à apprécier.Car sa perception dépend de chacun.La valeur d’une œuvre réside dans l’écriture, la qualité de ce qui est dit et comment c’est dit Car la question, au fond, se résume à ceci: pourquoi lit-on?Si on le fait, c’est bien pour chercher quelque chose.L’écrivain fait de même et c’est là où la rencontre est possible.!é^Œau 7 avril 2004 à 19b30 au Studio-théâtre de la Place des Arts rin W.lanvier au Éiaborte par Michelle Cmbeil et Stéphane Lepine du 28 janvier au un ce *>0||r Le mercredi 11 février à 19H30 J’entends la rumeur des oiseaux La chanteuse et accordéoniste Lou Babin, le pianiste Pierre St-Jak et l'accordéoniste Caroline Meunier mettent en musique et en chansons ia poésie de Michei X.Côté Stanley anCo'*a Faucher Marcel Pomerlo Billetterie'.(514)842-2112 °^ Sans frais : 1 866 842-2112 www.pda.qc.ca Entrée: 15$/Étudiants: 10$ © Place des Arts Quétorc» AMES Pour séduire les Amérindiens, les missionnaires devaient leur parler du paradis plutôt que de l'enfer SUITE DE LA PAGE F 1 Il faut dire aussi que les Amérindiens manifestaient des réticences à confier leurs pupilles aux missionnaires.Dans une lettre écrite à son fils, Marie de l’Incarnation raconte que «[certaines de ses élèves ne sont au monastère] que des oyseaux passagers, et n’y demeurent que jusqu’à ce qu’elles soient tristes, ce que l’humeur sauvage ne peut souffrir: dès qu’elles sont tristes les parens les retirent de crainte qu’elles ne meurent».Pour séduire les Amérindiens, car il s’agissait là d’une entreprise de séduction, les missionnaires devaient donc parler aux Amérindiens du paradis plutôt que de l’enfer.Et bien des conversions n’ont eu lieu que lorsque les Amérindiens étaient à l’agonie et que, faisant le pari de Pascal, ils choisissaient le chemin du bon Dieu.En fait selon le jésuite Paul Le Jeune, qui l’a affirmé dans ses Relations de 1634, tous en Nouvelle-France s’entendent pour dire que «les sauvages ont plus d’esprit que nos paysans ordinaires».Et si l’on conclut à un échec des entreprises missionnaires de conversion, soutient l’historienne, on conclut du même souffle à une victoire de la résistance autochtone.Par ailleurs, souligne-t-elle, tout aveuglés de leur foi et tout leaders de la colonisation qu’ils aient été, les missionnaires français n’ont jamais pris les armes contre les Amérindiens.Cette constatation s’explique aisément d’un point de vue historique, mentionne-t-elle, puisque les Amérindiens nourrissaient le commerce des fourrures nécessaire aux Français et qu’ils étaient, de ce fait, des alliés indispensables à leur survie en Amérique.CROIRE ET FAIRE CROIRE Dominique Deslandres Fayard Paris, 2004,640 pages FÉLICITATIONS ia I * * S0”** jpN I 1— .à Hans-Jurcjen GREIF lauréat du PRIX LITTÉRAIRE DU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC CATÉGORIE ADULTE pour son roman ORFEO NOUVELLES- ROMANS-ESSAIS émm Gallimard La librairie Gallimard cherche LIBRAIRE À TEMPS PLEIN (h/0 Bonne expérience exigée.Connaissances approfondies en littérature et sciences humaines, dynamisme, créativité et esprit d'équipe sont les qualités recherchées.Envoyer CV et lettre de motivation avant le 10 février 2004 à : Librairie Gallimard 3700.bout Saint-Laurent Montréal H2X 2V4 Att : Claire Champagne ou par courriel : clairecham pagne® galKmardmontreal.com l'acte terroriste Sous la direction de Dianne Casoni et Louis Brunet 160 pages, 25$ www.puq.Ga Des sociologues, politicologues, psychologues, criminologues, philosophes et historiens présentent ici différents aspects de l'action terroriste.Téléphone : (418) 657-4399 • Télécopieur : (418) 657-2096 «I Presses de l'Université du Québec Les grands diffuseurs de la connaissance l l I LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JANVIER ET DIMANCHE 1 '* E E V R 1 E R 2001 F a Littératdre ^ ROMAN QUÉBÉCOIS La douleur des autres Que deviendrait l’art, en tant qu’écriture de l’Histoire, s’il se débarrassait du souvenir de la souffrance accumulée?» Cette interrogation d'un des plus grands penseurs du XXr siècle, Theodor W.Adorno, hante le premier roman d’Emmanuelle Brault.Le philosophe allemand affirmait qu’avec Auschwitz et Bir-kenau, l’humanité avait fait un «saut dans la barbarie» et que par conséquent les hommes étaient mis en demeure de repenser l’avenir à la lumière de cette catastrophe.fl insistait sur le devoir d’adopter une nouvelle posture éthique.La nécessité de voir ce qui nous lie à la souffrance des êtres dans des zones de guerre lointaines, l'interaction qui s’opère entre l'actualité, les obligations de la conscience et la littérature, voici résumé en quelques mots le projet ambitieux du roman Le Tigre et le Loup.Effet du hasard ou pas, les préoccupations de l’auteure dans la jeune quarantaine rejoignent celles de l’Américaine Susan Sontag, dont le dernier ouvrage.Devant la douleur des autres (C.Bourgois), était commenté tout récemment dans les pages de ce cahier Livres.La souffrance des autres est inséparable de la nôtre.Cette pensée est au centre de ce premier roman énigmatique et profondément imprégné de symbolisme, qui a pour toile de fond l’autogénocide d’un pays imaginaire qui ressemble étrangement au Cambodge.D'entrée de jeu, il faut souligner que, malgré une écriture maîtrisée et un sens narratif indéniable, Emmanuelle Brault n’a pas choisi la voie la plus facile: celle du paranormal.Les perceptions extrasensorielles de son héroïne, les citations du Tao-tô-King, le Livre du taoïsme, le recours à la métaphore animalière (Tigre et Loup) pour désigner les deux personnages principaux, leurs voix alternées, rendent la lecture complexe.Il nous faut avancer à tâtons dans une forêt de signes et Suzanne Giguère de symboles.De prime abord.Le Tigre et le Loup apparaît impénétrable, insaisissable.Puis il finit par avoir im parfum de conte lointain.Un conte philosophique que la romancière déroule comme un rituel méticuleux, sur un rythme d’une élégance sombre et belle.Au-delà du réel «Je passe tout mon temps en silence à réfléchir.J’imagine alors des lieux, des gens, des moments, hors du commun.» Anticonformiste, idéaliste, rebelle, Michelle cultive depuis l’enfance son jardin intérieur en marge de la réalité.Elle est entraînée dans une histoire abracadabrante, à la hauteur de son imagination fertile, lorsqu’elle rencontre dans un parc un jeune Cambodgien, Khaï, qui se débat avec «la douleur irréparable de la guerre».Celui-ci reconnaît en la jeune femme l'incarnation du Loup (symbole du Nord).Il l'introduit dans un réseau secret d’Asiatiques qui tentent de sauver leur Terre Vénérée détruite par la guerre.Pour cela, le Loup doit rejoindre le Tigre (symbole du Sud) et s’unir à lui.S'amorcent les premières énigmes qui trouveront leur aboutissement à la fin du roman.Michelle reçoit d'un vieux maître.Peï, l’enseignement nécessaire à son rôle de Loup.Elle part en Asie, subit une série d'epreuves initiatiques, physiques et psychologiques.Tribulations, obstacles, prophéties maudites, rebondissements de toutes sortes s'enchaînent.Nous sommes en plein récit d'aventures.Il n’y a peut-être pas de poursuite sur les cimes d'une forêt de bambous comme dims le tüm Tigre et dragon d'Ang lev, mais l’héroïne, douée de facultés télekinesiques.fait pivoter l'arme dans la main d'une ennemie, s’en eue pare et la met en joue.Au cours de ses peregrinations en terre orientale, le Loup rencontre un tigre sauvage, un vrai, qui devient son ami, son confident la romancière déroute de nouveau le lecteur et le plonge dans une fable.l\jama — c'est son nom — et le Loup s'amusent ensemble, se chamaillent.«Et la réalité s'en est allée», note discrète ment la fabuliste.Kahâï, le Tigre, celui de la prophétie, entre en scène.Le Loup est séduit, leur alliance est consommée.La reconstruction du pays peut commencer.Vous refermez Le Tigre et le Loup étourdi par les nombreux -rentiers qui bifurquent» de ce roman.Vous venez de lire l'histoire d'une femme engagée dans tme aventure à la fois morale et politique.«Nous sommes tous liés, nous formons une chaîne humaine au-delà de l’espace et du temps, et en ce sens, nous sommes tous responsables (de la douleur des autres).Tenus de demander ponton et de réparer, c'est-à-dire de nous réconcilier et de reconstruire ce qui aura été détruit.Tel devrait être notre engagement, celui de lliumanité.» L’art rend visible L’éditeur attire notre attention sur le fait que Le Tigre et le Loup est un roman qui ne ressemble à rien de ce qui se publie actuellement dans la littérature québécoise.Roman atypique donc.Emmanuelle Brault s'ingénie à tisser plusieurs réseaux de sens et à recréer des mondes mystérieux, imprévisibles, insondables.Comme si elle desirait ragaillardir nos imaginations paresseuses, quitte à perdre en route les lecteurs pressés ou peu attirés par les phénomènes paranormaux.En revanche, ceux qui consentiront à lire ce roman jusqu'au bout risquent de découvrir derrière ses rt^ tlets fantastiques un monde reel qui apparaît dans toute sa clarté, peuple d’êtres intenses tounnentés par leurs passés respectifs, en quête d'une jwix intérieure que la guerre leur a ravie, lorsque le symbolisme des mots tombe, apparaissent des réflexions graves sur la compassion, l'engagement, la trahison et la honte.Le glissement du réel vers l'irréel passe par un humour légèrement perceptible, un érotisme tendre, celui «des souffles et des frottements» et quelques perles conune «la vie est infinie, et le rêveur heun'ux».Au milieu du roman, le Loup écrit et dessine dans son cahier d’écolier, dans un style qui rappelle «très humblement celui de Klee».Le peintre qui a emmagasiné tant de sensations dans ses tableaux soutenait que «l’art ne reproduit pas le visible, il rend visible».Dès lors, l’essentiel n'est-il pas de laisser notre imagination rejoindre celle de la romancière qui.maigre les multiples enchevêtrements de son récit, réussit à garder souplesse et équilibre?Et de nous abandonner comme le Loup à la réflexion, son activité préférée?LE TIGRE ET LE LOUP Emmanuelle Brault Boréal Montréal, 2(XH, 256 ixiges CHRONIQUES L’horreur du nïmporte quoi Jean-Pierre Issenhuth appartient à une espèce rare: c’est un lecteur qui va où il veut et qui dit ce qu’il pense sans détour MICHEL BIRON Jean-Pierre Issenhuth s’est fait beaucoup d’ennemis dans le milieu des poètes et des éditeurs de poésie au Québec lorsqu’il écrivait dans Le Devoir, au début des années 90.Il était capable de ridiculiser un recueil de poésie, et plusieurs l’ont même accusé d’y trouver un malin plaisir tant il pouvait mettre du style dans certains de ses textes les plus féroces.Ses victimes n’iront sans doute pas lire Le Petit Banc de bois, recueil de ses chroniques, appelées «lectures libres», publiées entre 1985 et 1999.C’est infiniment dommage car, oui, il s’agit bel et bien de lectures libres comme il y en a très peu aujourd’hui.Jean-Pierre Issenhuth appartient à une espèce rare: c’est un lecteur qui va où il veut et qui dit ce qu’il pense sans détour.Il aime la poésie et en parle avec une précision admirable.Ne pas se payer de mots semble être sa devise: il a horreur du n’importe quoi.L’époque actuelle, se dit-on, doit le faire cruellement souffrir.Mais la poésie, tout comme la critique d’ailleurs, ne doit pas forcément être actuelle pour être bonne.C’est même probablement le contraire qui est vrai, comme le démontrent ses chroniques qui tirent une partie de leur saveur du recul qu’elles s’accordent.Ce qui frappe d’abord, dans Le Petit Banc de bois, c’est moins le nombre élevé de grands et de petits poètes qu’Issenhuth fréquente régulièrement que sa manière toute personnelle de passer de l’un à l’autre.Sa vision est si singulière qu’elle lui permet d’embrasser aisément le disparate.Cela donne des phrases comme celle-ci: «On peut être efficace en s’insinuant comme Cavafy, en parlant simplement comme Saba, en appuyant comme Ungaretti, en modulant comme Mandelstam, en débordant comme Claudel, en condensant comme Char, en chuchotant comme Verlaine et même en ronronnant comme Tennyson.» Reprenez les noms un par un: il y a un Grec, deux Italiens, un Russe, trois Français et un Anglais.Ailleurs, il sera question de poètes polonais, allemands, espagnols, américains, suédois, etc.EL bien sûr, de nombreux poèteg québécois contemporains.A quelle école, dans quelle université enseigne-t-on autant de poètes venus d’autant de lieux différents?Nulle part, évidem- ment.Et n’allez pas croire que ces noms sont jetés au visage du lecteur dans le seul but d’impressionner ou de faire étalage d’une culture cosmopolite.S’il en parle, c’est qu’il les a lus et ne cesse de les relire.Ils font partie de sa mémoire — on oserait même dire de son être.La poésie qu’aime Issenhuth est celle qui évoque le monde concret.Sentir, voir, écouter: c’est aux sens les plus élémentaires qu’il demande de créer un rythme, une atmosphère, un univers qui soit unique, fondé sur l’expérience la plus simple et la plus fragile.Dès que la poésie se donne des airs supérieurs et se met à prêcher des idées, à concocter de la doctrine, le critique voit rouge.Il attend du poète qu’il ne mette pas sa poésie au-dessus des choses.«Tel arbre vivait ici avant que j’y sois; il y vivra encore quand je n’y serai plus.La poésie m’intéresse quand elle laisse croire qu’elle porte plus d’intérêt à cet arbre qu’à elle-même.» Une exigence On apprend plus sur la poésie en lisant ces chroniques de Jean-Pierre Issenhuth que dans les meilleurs traités de poésie.Il faudrait donner à chaque étudiant en lettres le paragraphe où il compare deux versions d’un poème de Robert Melançon: en quelques lignes d’une exactitude parfaite, on voit tout à coup le poème dans sa beauté la plus sobre.Il n’y a pas un mot de trop dans le commentaire, il n’y a pas non plus une seule idée vague.Une telle clarté et une telle intelligence ne relèvent pas du hasard: le critique travaille ses textes, lit et relit les poèmes et n’accepte d’en parler que lorsqu’il trouve enfin les mots justes.Combien de fois revient-il à la charge avant d’en arriver là?On ne le sait pas.Il lui arrive de n’être pas satisfait du résultat et de laisser tomber un commentaire qu’il juge approximatif.Sur Gilles Cyr, il écrit: «Il y a dix ans que je remets au lendemain un article sur Sol inapparent Commencé souvent, de trente-six façons, il n’a jamais dépassé deux pages.» Il y revient cette fois, et c’est bon: «Risque d’insuffisance inhérent au laconisme, risque de matraquage par densité.La mesure des risques courus indique qu’on est dans l’art.» Pour qui a lu les poèmes de Gilles Cyr, on ne saurait être plus clair.Est-il toujours aussi juste?Il lui arrive de se laisser emporter aussi bien par sa mauvaise humeur que par son enthousiasme.Il est particulièrement sévère à l’endroit de Normand de Belle-feuille et Denise Desautels.A l’inverse, il est dithyrambique dès qu’il est question de Rina Lasnier (à qui il emprunte son titre).Un guide fiable Mais la plupart du temps, c’est un guide fiable, capable de repérer les bons vers dans un recueil médiocre.Devant chaque recueil, il a la même attitude: il attend beaucoup de chaque poème, et sa déception, que celle-ci s’exprime avec humour ou dépit, n’a jamais pour ressort le mépris, contrairement à ce qu’on a pu écrire à son propos.Elle vient d’une exigence qui est aussi une sorte de respect pour le poème et la poésie en général.À vrai dire, elle est surtout le fait de sa propre vision de la poésie.Jean-Pierre Issenhuth n’est pas un critique comme les autres: il est lui-même poète et entretient avec la poésie un rapport de nécessité.C’est ce qui lui permet de découvrir des voix, comme celle de Jean-Marc Fréchette, qui ne sont pas au goût du jour.Ou d’aller vers des poètes que la critique moderne a jugés naïfs, comme Verlaine ou Nelligan.Ou encore de se porter à la défense du verbe «être», de Maître Eck-hart, de la nature, du très urbain restaurant Lafieur du Centre-Sud («Il n’y a pas d’endroit plus éprouvant pour les vers»).Il n’y a aucun parti pris chez Issenhuth: il entre dans le poème le plus naturellement du monde.Il y va tous les jours comme on va chercher son pain.La poésie n’est pas un monde satellite, décoratif ou réservé à quelques illuminés et bon pour les colloques.Elle est la vie même.Assis sur son «petit banc de bois», le critique passionné qu’est Jean-Pierre Issenhuth suit ce que Philippe Jaccottet appelle «la voie d’en bas».Il n’attend rien de particulier, sinon quelques mots qui sonnent juste: «Le fait qu’on ne peut dire n’importe quoi est chose à mes yeux très mystérieuse et très réconfortante.» LE PETIT BANC DE BOIS (LECTURES LIBRES, 1985-1999) Jean-Pierre Issenhuth Trait d’union Montréal, 2003,442 pages Félicitations à nos auteures L$:$0îïi*tîr: «!(* *oriw Anique Poitras Lauréate du Prix d'excellence des arts et de la culture - prix littéraire catégorie jeunesse pour son roman La Chute du corbeau Julte w te wmwnt de b Coi rive«i Martine Latulippe Finaliste pour son roman Julie et le serment de la Caniveau PUL-ÏQR Miohe: C»bari*|; LA CiNQU: INFLUENCE LA DIALECTIQUE DU PLAISIR LA CINQUIÈME INFLUENCE ou LA DIALECTIQUE DU PLAISIR MICHEL CABANAC Michel Ciihtinaca consacré sa recherche a lot iule des mécanismes comportementaux et» service de la physicflo yie humaine.Dans cet te démarche, il a découvert limpor tance universelle du plaisir comme moteur îles comportements utiles Le plaisir est au cent te de la vie Comme ces observations ont une importance fondamentale pour la comprehension des» moi ivat ions de I homme le but principal de ce liviv est de faite partager au, led cur les hases scientifiques et les conclusions qui ont conduit l’auteur,) considérer le plaisir comme la cinquième force de Iunivers Ln effet, le plaisir optimise non seulement les comportements à visées biologiques mais aussi toutes nos prises de decision et notre fonctionnement mental De ces hases sc ient ifiques.fauteur tin' finalement les conclusions qui s'imposent /tour la conduite de la vie monll° 2-7i37'7W5-6 • 312 pages • 31 $ 17e Gala des Prix d'excellence Ces prix soulignent l'excellence des artistes et artisans de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-ameriqùe.com Doter de plus amples informations I es i dilions IMII l()RC IH UIIB) GSG 7 Wl • I elot.(4IHH«S6 *$05 l>ominit|iic.(,iii}*r«iK‘| pul itLivnl t a w'ww.ulovol.t (Vptll Les grandes figures Mil édlieur : >• ï I Un très grand explorateur : de 1881 à 1905, il cartographia le territoire du Nouveau-Québec.Il fut aussi celui qui prit possession de l’Archipel Arctique au nom du Canada.Camille Laverdière Albert Peter Low Le découvreur du Nouveau-Québec récit biographique 160 p.• 16 $ XYZ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) HzL 3Z1 Téléphone : (514) 525.a1.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 Courriel: infoQxyzedit.qc.ca • www.xyzedlt.qc.ca I I I t LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JANVIER ET DIMANCHE 1 FEVRIER 2004 F 4 -«•Littérature-*- ROMAN FRANÇAIS Entre chair et vapeurs, les élus d’Andreï Makine GUY LAI N E MASSOUTRE Blanc.L’univers d’Andreï Makine est résolument blanc, brumeux, fantomatique, vaporeux, glacé.D’un livre à l’autre, la même étendue d’eaux mornes contamine les pages; ici, la mer Blanche, là un collier de lacs, et toujours, des femmes transparentes et des soldats perdus se croisent sans se voir.Folie de l’histoire, histoires d’amour, l’âme russe perdure et s’expose.Dans La femme qui attendait, le meilleur de l’écrivain russe francophüe nous revient Avec la subtilité qu’on lui connaît, il peint une femme de 47 ans qu’on dit demeurée fidèle à un soldat Ce soi-disant fiancé, absent depuis trente années, n’a jamais été porté disparu.La rumeur enveloppe la femme, qui se satisfait de cette distance.Chacun se dispense de la connaître, sauf peut-être quelques vieillardes isolées, qu’elle paraît fréquenter.Makine connaît bien la mentalité, le folklore, les pensées et le quotidien des êtres qu’il décrit, dans ces années 70.Il revient vers eux en imagination, dans le va-et-vient, chaud d’ambiance, des souvenirs flottants et des distances nostalgiques.L’incertitude se fait complice du narrateur qui, fixé sur l’attente, devient lui-même une seconde figure de veilleur.Tout revit à l’imparfait, et l’impressionnisme monochrome affine ses touches verbales jusqu’à atteindre une obsédante perfection.Loin de la dissidence Le roman se situe à Mirnoïé, à l’écart d’Arkhangelsk, la ville principale, déjà sise à plus de mille cent kilomètres au nord-est de Moscou.Fin septembre, la glace prend.Les eaux et la terre forment alors une seule surface miroitante, où se déplacer, glisser et disparaître ne sont qu’un même geste, promis à s’engloutir dans la nature irrépressible.Celui qui perce les mystères de Véra, la villageoise désignée dans le titre, n'a que 26 ans.Intellectuel sûr de lui, raffiné et éduqué dans la très occidentale Leningrad, il tombe sous l’empire d’une vraie fascination pour Véra, qui entraîne le lecteur dans un univers où le réel et le fantasme s’interpénétrent sournoisement.Le verdict du livre tombe: le vernis du savoir n’est que fatuité devant les mystères d’une vie accordée au règne de la nature sauvage.Que se pas-se-t-il donc de si bouleversant, sous ces latitudes rudes, au dernier rivage hanté par quelques humains?La simplicité de Makine se construit dans la lenteur et le dépouillement.Tout paraît net et joué d’avance.Plusieurs figures contrastées se détachent en s’opposant Or le tour de magie littéraire se produit dans ce clair-obscur.Le narrateur passe, sans qu’on s’en aperçoive, derrière le miroir: il précipite une histoire dont il pensait n’avoir qu’à la prendre en note.L’art du romancier est là, dans ce regard qui biaise et glisse entre son désir de réalité et la puissance de son rêve.Intensités croissantes Comme dans un conte d’hiver, la géographie n’est pas le moindre acteur.Sont-ils si stagnants, ces êtres bourrus et grossiers du Nord russe, à peine sortis de l’âge de pierre, ou n’est-ce pas le froid qui assiège leurs habitations et leurs mœurs, jusqu’à sceller leur cœur?Inversement, les coups de sonde de la psychologie savante peuvent-ils rendre les perspectives vertigineuses, entrevues dans la joie des tourbillons blancs?La Russie de Makine, né en Sibérie, est une alchimie, une peinture classique teintée de folie.Sur un fond magique, voir les forces humaines s’y déployer, ravageuses et stériles, ou braves et solidaires, ouvre d’un coup nos connaissances, insuffisantes, sur ces régions lointaines.Que faut-il de plus à l’onirisme, sinon le dépaysement, dans ces terres impossibles d’accès?A l’image des latitudes qui, de la Sibérie au Québec, affichent une singulière proximité de paysages, il faut en suivre attentivement les variations, y voir grouiller la vie.Imaginez le corps véritable d’une femme frêle, enveloppée dans une capote militaire râpée.Ressentez le vent qui plie sa silhouette comhe jusqu'à l’entrée de son isba, tapissée par les bourrasques de flocons.Transportez, avec le narrateur, une morte si décharnée qu’on dirait une gerbe de branches à fagoter.Entrez dans une minuscule isba cigogne, agencée de manière primitive pour repousser I hiver.Alors, vous tirerez le meilleur parti de ce roman, dont la vertu réside, une nouvelle fois, dans le détail vu juste.Le secret de l’écriture est tout proche.On dit que c’est aimer.Qu’il y faut une foi.En vous abandonnant aux portraits étranges, à l’accroissement des perceptions fines, vous lirez, du moins vous le croirez, que la folie ne se donne pas à qui ne mérite pas d’en suivre la pente douce.LA FEMME QUI ATTENDAIT Andreï Makine Le Seuil Paris, 2004,214 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR Andreï Makine ¦ 'T ¦' LITTÉRATURE ALGÉRIENNE L’Algérie : histoire, mythes et légendes Dans les ténèbres de Volodine NAÏM KATTAN Le premier roman du jeune écrivain algérien Salim Bachi, Le Chien d'Ulysse, m’a frappé par l’élégance de l’écriture et la maturité du propos.La Kahéna, son deuxième roman, est bien plus ambitieux.La langue de Bachi est riche même si, parfois, elle semble chargée.L’auteur entreprend dans ce roman de faire le portrait d’une Algérie meurtrie par la colonisation et aussi par le règne de ceux qui ont lutté et obtenu son indépendance.Son personnage principal, Louis Bergagna, d’origine maltaise, est un colon français qui est devenu le maître de Cyrtha, où il a construit un palais dont l’architecture occidentale épouse celle de l'Orient arabe.Il lui a donné le nom de la Kahéna, celui de la femme légendaire, juive et berbère, qui a combattu les conquérants arabes.Bergagna a tenté de concilier les contraires, d’établir une harmonie entre les adversaires.Homme riche, puissant, devenu maire de la ville, il est à la fois colon français et ami des nationalistes arabes.Il épouse, en grande pompe, une Parisienne qui lui donne une fille et qui se tient ensuite à l’écart, et du domaine et de son époux.Sa maîtresse arabe donne, elle aussi, naissance à une fille qu’il reconnaît.L’auteur fait état de diverses explorations, d’alliances inattendues, de croisements.Son héros part au Brésil, en Amazonie, et revient avec deux bagnards français qu’il a aidés à échapper à leurs geôliers.Ceux-ci le servent avec dévouement mais l’un d’eux finit par l'assassiner.De sanglants soubresauts traversent cette terre, de la colonisation jusqu’à l’indépendance, et qui culminent aux émeutes de 1988, quand des Algériens affrontent d’autres Algériens.Ce pays aux multiples composantes, qui, au cours de son histoire, frit voué au métissage, à l’échange et à l’intégration des différences, ne parvient jamais à surmonter ses contradictions.La douceur d’une possible harmonie cède périodiquement la place à de sanglants affrontements.Bachi cherche à laisser s’exprimer des voix multiples.La narratrice est la maîtresse d’un fils arabe du protagoniste qui découvre des carnets laissés par son père.Ces voix s’opposent, empêchant ainsi le métissage de s’accomplir.On a parfois l’impression que les propos de l’auteur ne sont pas à la hauteur de son ambition.Ainsi, le récit de l'expédition amazonienne semble surajouté.Le roman conserve toutefois sa vigueur et son immense dispersion est à l’image d’un pays qui se cherche, qui ne s’est pas encore trouvé.Bensoussan Je voudrais par ailleurs signaler le dernier ouvrage d’Albert Bensoussan, Aljezar.Auteur de plusieurs récits, grand traducteur de romanciers latino-américains, notamment de Mario Vargas Uosa, Bensoussan, juif algérien, a suivi ses parents dans leur exode en France.Il aime Alger, sa ville natale, évoque avec nostalgie une enfance riche de sa découverte de cette ville aux multiples facettes.Dans ce récit, l’auteur raconte des souvenirs hauts en couleur.Une vie juive évoluait en symbiose et parfois en parallèle avec celle des musulmans.Aujourd’hui, il accepte son identité éclatée.Son humour fait souvent oublier les contrariétés dont il fut le sujet, et les petites humiliations et les violences qu’il a subies ne réussissent pas à éliminer totalement la douceur d’Alger, une ville que la nostalgie rend quasi mythique.LA KAHÉNA Salim Bachi Gallimard Montréal, 2003,309 pages ALDJEZAR Albert Bensoussan Editions Al Manar Paris, 2003,118 pages DAVID CANTIN Après la consécration récente de Dondog (Seuil, 2002) ou même Des anges mineurs (Seuil, 1999), on se demandait si Denoël allait finalement remettre en circulation les premiers romans d’Antoine Volodine.Au milieu des années 1980, c’est Elizabeth Gille, directrice à l’époque, qui accueillait cet écrivain authentique dans la célèbre collection de science-fiction.En 1986, Volodine recevait même le Grand Prix de la science-fiction française pour Rituel du mépris.Aujourd’hui, l'éditeur parisien regroupe pour la première fois, en un volume, les quatre livres qui donneront naissance au post-exotisme.Une pure merveille.Quelque part au milieu de la Biographie comparée de Jorian Murgra-ve, un personnage résume assez bien le destin marginal et pessimiste à l’œuvre chez Volodine: beaucoup trop souvent nous évoluons dans un univers qui nous échappe.Nous traînons à contre-pied dans ce bas monde, à contrecœur, et tout cela pour prolonger un peu notre souffle, pour gagner un peu de vie incompréhensible.Souvent je crois que nous sommes les héros d’un fatras inutile.C’est dans un monde assez glauque, d’une violence inouïe, qu’on découvre les histoires troublantes que met en scène l’auteur français.La lumière se fait rare dans ces quartiers clandestins ou au fond des cellules de détention.Chaque fois, c’est un peu le même scénario.Un homme doit se débattre avec ses souvenirs afin de comprendre un peu mieux l’énigme cruelle de sa réalité.De plus, Volodine invente des genres inédits tels que la shag-ga ou le narrai afin de raconter, avec beaucoup de ruse, le désespoir existentiel qui frappe la plupart de ses héros maudits.D’une fiction à l’autre, on entre en contact avec des individus en lutte avec un système où la torture, la paranoïa et le crime ne font qu’un.Dans Rituel du mépris, le personnage principal se doit de réinventer sa propre enfance afin d’éviter de se perdre à jamais dans une souffrance physique et mentale intolérable.Par ailleurs, Volodine multiplie les points de vue et les indices comme dans Biographie com- parée de Jorian Margrave.La réalité se brouille à l’intérieur de multiples labyrinthes, bien que la privation sensorielle est parfois à l’origine de ces intrigues fabuleuses.Il est souvent question d'enquêtes, de fugues, de défaites et d’idéaux perdus dans ces livres où la menace politique demeure constante.Au fil A’Un navire de nulle part, l’inspec leur Kokoï doit rétablir l’ordre dans une Petrograde méconnaissable alors que les grandes vertus du communisme semblent bel et bien à la dérive.Ailleurs, au centre Des enfers fabuleux, un étrange emboîtage transforme le réel en rêves contradictoires.En plus de créer des imaginaires déroutants, Volodine possède une écriture d’une force poétique remarquable.Dans l’horizon du postexotisme (une esthétique propre à l’auteur de Lisbonne, dernière mai' ge), rien n’est stable à travers cette menace constate d’un chaos révolutionnaire.Loin d’un nihilisme dérisoire, la complexité de ces narrations entraîne le lecteur dans un lieu où le mensonge, la détresse et le vide intérieur deviennent une sorte de prophétie visionnaire.Sans contredit, ces livres démontrent que Volodine se situe nettement en marge des pratiques courantes en littérature française.Un monde qu’il faut ainsi apprivoiser par soi-même dans ces textes fondateurs autour d’une quête révélatrice.Comme le mentionne le personnage principal de Rituel du mépris: curiosité, insolence, inconscience, stupidité: c’était peut-être aussi contre cela que protestaient mes ombres, captives dans les miroirs magiques, et désireuses de me frire part de leurs quatre-vingt-dix années d'expérience à venir et de sagesse.BIOGRAPHIE COMPARÉE DE JORIAN MURGRAVE UN NAVIRE DE NULLE PART RITUEL DU MÉPRIS ET DES ENFERS FABULEUX Antoine Volodine Denoël, coll.«Des heures durant» Paris, 2003,781 pages ÉCHOS Quinzaine Jacques Perron (Le Devoir) — À L’Assomption, du 9 au 20 février, le grand public pourra, grâce à une série d’activités, mieux découvrir l'œuvre de Jacques Ferron.Ala librairie L’Embellivre, on présente les œuvres et des manuscrits de l’auteur du Ciel de Québec.Au collège de L’Assomption, dans la vieille chapelle, il y aura projection du Cabinet du docteur Ferron, un documentaire poétique signé Jean-Daniel Lafond.Aussi au programme, plusieurs lectures des lettres de l’écrivain.Près de deux décennies après sa mort Ferron ne cesse d’attirer l’attention et de susciter de nouvelles passions.An point où les activités dérivées de l’œuvre peuvent parfois apparaître un peu curieuses: qu’est-ce au juste, par exemple, qu’un repas ¦'servi dans l'ambiance Ferron S Pour plus d’information: Yolande Gingras (450) 589-1455 ou Luc Gauvreau (450) 526-3767.Lire us, lire mieux, lire.n H Le magazine québécois sur les littératures écrites ou traduites en français Au sommaire du numéro 93 Jacques Languirand et son théâtre par P.Boivin ; une entrevue avec Louise Dupré par L.Amyot; des articles : Imre Kertész par J.Quinn ; les différentes formes du bouddhisme par M.Peterson ; Sébastien Japrisot par H.Gaudreau ; Mario Bergeron par L.Laplante ; « Ecrivains méconnus du XXe siècle » : Pierre Bost par F.Ouellet; « Le livre jamais lu » par G.Brulotte.En librairie le 30 janvier Exclusivités Internet www.nuitblanche.coni Max Gallo et les fondements de l'Europe et la rubrique « Littérature jeunesse » par L.Laplante offrez-vous un abonnement 4 numéros pour 26,17$ (t.t.c.) .Prénom : .Nom : .Adresse : .Ville : .Code postal : Tél.:.Courriel : .Q Ci-joint mon paiement par chèque ?Par carte de crédit Visa n° : .Date d’expiration : .Envoyez votre chèque à l’ordre de Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean, bureau 403, Québec (Québec), GIR 1R7 Tél.: (418) 692-1354 Télécop.: (418) 692-1355 Courrier électronique : nuitblanche@nuiblanchc.com MICHEL BIBAUD Épîtres, satires, chansons, épigrammes et autres pièces de vers présentation de Bernard Pozier MICHEL BIBU D irnmvmiK (imviVUNUÜHHG et um» mm * n ti mu-iAtintn m K>vuœ «-mu œ LES HERBES ROUGES/COLL «FIVE O'CLOCK» -rf- I l LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JANVIER ET DIMANCHE 1 ¦ * FEVRIER 2 0 0 4 F r> ?r Les deux Paul Martin Des élections fédérales, semble-t-il, auront lieu au printemps et, pour l’heure, on voit mal qui pourrait empêcher Paul Martin de les remporter haut la main.D’un point de vue québécois, la chose ne lasse pas de surprendre.Comment expliquer en effet la relative popularité, en nos terres, de ce politicien sans vision qui appartient à un parti plus que réfractaire aux demandes traditionnelles du Québec?Les Québécois tentés de lui accorder leur vote verraient-ils en lui un moindre mal?Paul Martin, pourtant, n'est pas vraiment intéressant.Orateur aux discours creux et politicien obsédé par l'approche gestionnaire et par le pouvoir, il se démarque mal de son prédécesseur, qui n’enchantait plus grand monde.L’homme, dit-on, serait «avenant, intellectuellement curieux et plein de savoir-vivre».Qualifié par certains de «séducteur en série», il charmerait dit-on encore, tous ceux qu’il rencontre en faisant semblant de les écouter, mais toutefois, il n’en ferait toujours qu’à sa tête, qui est bien plus celle d’un p.-d.g.que celle d'un politicien au service du public.Intéressant donc, Paul Martin?Peut-être pas.Mais important, certainement, et c’est la raison pour laquelle le solide essai que lui consacre le journaliste canadien-anglais Murray Dobbin s’avère, lui, franchement fascinant Analyse détaillée de la carrière de l’actuel premier ministre du Canada, Paul Martin, un PDG à la barre se présente surtout comme un réquisitoire contre un politicien racoleur à la double personnalité: celle du citoyen concerné et à l’écoute, fils d'un libéral à tendance sociaklémocrate, et celle du froid p.-d.g.qui «rationalise» les entreprises en difficulté.Comme l’écrit Dobbin: «Paul Martin le p.-d.g.peut vous serrer la main dans votre quartier, mais c’est de Bay Street qu’il prend ses ordres.» Créature, en quelque sorte, de Paul Desmarais, qui en a fait un des hauts dirigeants de Power Corporation dans les années 60, Paul Martin s’est rapidement impo- Lo il is Cornellier ?sé comme un gestionnaire habile à «résoudre des crises d’endettement par l’attrition plutôt que par des strategies de croissance».Acheteur, en 1981, de Canada Steamship Lines (CSL), alors propriété de Desmarais, il ne tardera pas, même s’il affirme avoir «toujours suivi les règles», à faire preuve d’un sens de l’éthique tout relatif: «En choisissant ces mots, Paul Martin affirme que son entreprise n'est pas seulement éthique selon les normes moyennes mais qu'elle est exemplaire.Pourtant, les témoignages sur les comportements antisyndicaux, l’évasion fiscale, les infractions relatives à l'environnement et à la sécurité, de même que les associations louches en Indonésie, démontrent exactement le contraire.» Quand, enfin, en 2003, afin de respecter les lois relatives aux conflits d'intérêts chez les ministres du cabinet il se départira, au profit de ses fils, de CSL, ce sera à contrecœur, comme s’il comprenait mal pourquoi il devait le faire.De plus, pour illustrer l’éthique affairiste de Martin, Dobbin va même jusqu’à soulever le rôle indéterminé qu’aurait pu jouer l’homme d'affaires dans le scandale du sang contaminé dans les années 80, alors qu’il était membre du conseil de la Corporation de développement du Canada: «Les produits sanguins contaminés qui ont causé tant de morts et de souffmnces ont été fournis par les Laboratoires Connaught à la Croix- Rouge canadienne pendant les années où Paul Martin siégeait à son conseil.» Toutefois, les enquêtes à ce sujet faut-il le préciser, riont pas mis Martin en cause.L’œuvre de l’homme d’affaires, écrit Dobbin, an-noncait celle du ministre des Finances: «L’immersion prolongée de Paul Martin dans le monde des affaires et sa longue carrière de p -dg.ont créé un fosse infranchissable entre le libéralisme social de son père et sa det
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