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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-02-07, Collections de BAnQ.

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Cahier E Art engagé Une série d'œuvres satiriques de Dominique Blain au MACM LE DEVOIR V O L .X C V X ° 2 5 ?LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 E E V R I E K 2 0 01 2 .1 8 S + T A X K S = 2 .r» 0 $ PERSPECTIVES Un mandat douteux La Régie risque de se retrouver en contradiction avec ses propres décisions Le renvoi du projet du Suroît devant la Régie de l’énergie devrait convaincre le gouverne* ment Charest de la nécessité d'abolir les dispositions de la loi 116, véritable cause de la crise sociale et environnementale suscitée par ce projet La loi 50 qui a créé la Régie devait permettre de contrôler les appétits du monopole hydroquébécois, de justifier et de hiérarchiser les projets énergétiques en fonction non plus de leurs simples coûts économiques mais aussi de leurs coûts sociaux et environnementaux, ce qu’on appelle la planification intégrée des ressources (PIR).La loi 116, décriée par les libéraux qui oublient maintenant de l’abroger, a justement retiré à la Régie le pouvoir d’examiner le bien-fondé des projets de production et de les hiérarchiser en fonction des besoins de la société et des générations futures.Hier, le gouvernement Charest s’est donc plié au minimum de logique qu’il pouvait encore imprimer au dossier en confiant un mandat ponctuel à la Régie émasculée d’aujourd’hui Celle-ci écope au fond de l’évaluation douteuse réalisée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans ce dossier, qui a en quelque sorte permis au ministère et au ministre de l’Environnement de compter dans leur propre filet en proposant au gouvernement d’autoriser ce projet Le ministère de l’Environnement est en grande partie responsable de Timbroglio actuel.Dans sa directive au promoteur du Suroît, il a évité d’exiger, comme la loi le permet au Québec et l’exige au fédéral, un portrait chiffré de toutes les solutions alternatives que la Régie devra évaluer en deux mois.Si l’étude d’impacts incomplète mais pourtant acceptée par l’Environnement avait précisé le potentiel de la gestion de la demande en électricité dans les sec-teurs résidentiel, commercial et industriel, le potentiel d’économies d’énergie chez toutes les clientèles d’Hydro ainsi qu’une étude solide des options éoliennes optimales, le BAPE aurait pu statuer sur la justification de ce projet autrement qu'avec des faux-fuyants.Devant un dossier aussi manifestement 4 Louis- Gilles Francœur VOIR PAGE A 10: MANDAT LE MONDE Carnage dans le métro de Moscou ¦ À lire en page A 6 INDEX Actualités.A2 Annonces.C 5 Avis publics.C 8 Bourse.C 2 Carrières.C 5 Décès.-C 7 Économie.C 1 Éditorial.B4 Idées.B5 Monde.A 6 Mots croisés.C 7 Météo.C 8 Perspectives.B 1 Rencontres.D 2 Société.B6 Sports.C 10 Le Suroît : Charest recule La Régie de l’énergie a 60 jours pour réexaminer le dossier ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC C 7 est la Régie de l’énergie qui aura le dernier mot et déterminera, did 60 jours, s’il est nécessaire ou non de construire la centrale thermique du Suroît Cédant à la pression populaire mais secoué aussi par la grogne au sein du caucus des députés libé- raux, le gouvernement Charest a annoncé hier qu'il donnait le mandat à la Régie de l’énergie de vérifier si Hydro-Québec a raison d’affirmer qu’il y aura un défiât énergétique au Québec de 2007 à 2010, la seule justification officiellement avancée par la société d’Etat pour construire une centrale au gaz naturel de 800 MW à Beauhamois.Accompagné du ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, et du ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad, le premier ministre Jean Charest a fait cette annonce lors d’ime interruption de la réunion, qui s’annonçait particulièrement houleuse, du caucus de ses députés.«La population, depuis l’annonce de cette décision VOIR PAGE A 10: CHAREST Le grand saut J NEWSCOM Les adeptes du conventionnel crient famine faute de recevoir une juste rétribution pour le fruit de leur labeur.Le bio, pour survivre De plus en plus de producteurs délaissent Vagriculture conventionnelle pour des raisons économiques FABIEN DEGL1SE LE DEVOIR La chute draconienne du revenu des agriculteurs, vertement dénoncée jeudi par l’Union des producteurs agricoles (UPA), ne fait pas le malheur de tous.Les farouches défenseurs d’une agriculture plus biologique qu’industrielle ont même de quoi s'en réjouir.Depuis quelques mois en effet, sous la pression de cette conjoncture économique défavorable, un plus grand nombre de producteurs bio font leur apparition dans les campagnes.C’est que le bio, de plus en plus populaire dans les épiceries et même dans les restaurants, semble aussi être un peu plus payant pour les agriculteurs.Et afin de colmater les brèches dans leur budget, plusieurs La certification a grimpé de 25 % entre 2002 et 2003 n’hésitent désormais plus à succomber à l’appel de la conversion.*En 2002, 700producteurs étaient certifiés bio», dit Marcel Roy, qui suit depuis 35 ans l’évolution de ce secteur au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).«Depuis l’an dernier, nous en avons 1000.Et d’autres exploitations sont en cours de certification.» La tendance est perceptible.Y compris chez les organismes chargés d’encadrer les pratiques de ce secteur, comme Garantie Bio/Eco-cert, où la demande en certification a grimpé de 25 % entre 2002 et 2003, prédse la directrice générale, France Gravel.Les secteurs les plus actifs?Le sirop d’érable, où, en deux ans, le nombre VOIR PAGE A 10: BIO Shawinigate : Beaudoin retrouve son intégrité i Un jugement accablant pour Ventourage de Jean Chrétien ¦ Le Bloc québécois exige la démission du président de la BDC BRIAN MYLES LE DEVOIR Ly ex-président-directeur général de la Banque de dé-r veloppement du Canada (BDC), François Beaudoin, a retrouvé son intégrité et sa réputation hier à la faveur d’un jugement de la Cour supérieure du Québec accablant pour la direction de l’organisme et des conseillers de Tandon premier ministre Jean Chrétien.Le juge André Denis rejette en bloc les allégations de malversation formulées à l’encontre de M.Beaudoin, l’homme qui a refusé de consentir un prêt à l’auberge Grand-Mère et qui en a payé le prix de sa carrière.La cour condamne la BDC à verser 220 000 $ en indemnité de départ à M.Beaudoin, de même qu’une pension annuelle, à vie, de 200 000 $ rétroactive au 27 janvier 2001.Le tout est conforme à une entente de départ que le conseil d’administration de la BDC ne s’était même pas donné la peine d’analyser, faute de «compétence intellectuelle» pour comprendre le régime de retraite, estime le tribunal.Selon le juge Denis, François Beaudoin «a subi une injustice inqualifiable suite à toute cette affaire».«On aurait voulu le briser et ruiner sa carrière que l’on n’aurait pas agi autrement», écrit-il.Le principal intéressé envisage maintenant de poursuivre la BDC pour atteinte à sa réputation.Beaudoin envisage maintenant de poursuivre la Banque de développement pour atteinte à sa réputation VOIR PAGE A 10: SHAWINIGATE PERSPECTIVES Jean Lapierre, homme de convictions ou caméléon ?¦ À lire en page B 1 AVENIR.UN CAHIER AUTOMOBILE pour chaque mois de l'année 2004.LE PROCHAIN.le mercredi 11 février 2004 Le devoir WmM t .4 t 778313000696 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2004 LES ACTUALITES Un autre conservateur fait défection au profit du PLC PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre Paul Martin s’est adjoint un autre conservateur hier en la personne de John Herron, le député néo-brunswickois qui siège comme progressiste-conservateur indépendant depuis qu’il a refusé de se joindre au nouveau Parti conservateur du Canada, né de la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l’Alliance canadienne.M.Martin, qui a réussi à retirer trois députés au caucus conservateur, a qualifié M.Herron, un député peu connu à l’échelle nationale, A'«ajout majeur» à la famille libérale.«On voit quelqu’un avec une stature, un militant, quelqu’un avec une vision de l’avenir du pays, rejoindre les rangs du Parti libéral, a affirmé le premier ministre.Et pour moi, c’est symboliquement très important et c’est aussi important en substance.» M.Herron ne deviendra pas libéral immédiatement Il va continuer de siéger comme progressiste-conservateur aux Communes et tentera, le mois prochain, de gagner l’investiture libérale dans son comté de Fundy-Royal dans l’espoir de représenter le parti au pouvoir aux élections législatives qui devraient avoir lieu ce printemps.«Je voulais m’engager au sein d’un parti vraiment national qui serait pancanadien par sa nature, progressif par son programme, qui comprendrait les aspirations de toutes les régions du pays.», a affirmé M.Herron, qui s’est fait élire pour la première fois aux Communes en 1997.Les deux autres conservateurs qui ont décidé de se joindre aux libéraux sont l’ancien progressiste-conservateur Scott Brison et l’ancien alliandste Keith Martin.M.Brison est passé chez les libéraux le mois dernier, alors que M.Martin a affirmé qu’il briguerait l’investiture libérale en vue des prochaines élections.Les députés conservateurs Joe Clark et André Backhand ont aussi refusé de s’associer au nouveau Parti conservateur mais ils ont également refusé de se joindre aux libéraux.Ils ont plutôt annoncé qu’ils ne se présenteraient pas aux prochaines élections.Pierre Pettigrew au Devoir Tout est dans le ton «Paul Martin m’a demandé d’incarner ce nouveau partenariat, cette nouvelle façon de faire axée sur la collaboration» John Herron JIM YOUNG REUTERS MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le ministre fédéral Pierre Pettigrew en a plein les bras.En plus d’être responsable du délicat dossier de la santé, il est aussi chargé d’établir ce «nouveau ton» promis par Paul Martin en matière de relations fédérales-pro-vinciales.Mais même s’il est déjà à l’œuvre, il refuse de présumer des résultats concrets qui en découleront, que ce soit sur le front de la santé ou des villes.«Ce qui est important pour l’instant est le ton, le ton différent que nous voulons donner aux relations jèdérales-provtnciales, avec une nouvelle ouverture», a-t-ü confié au cours d’une très brève entrevue avec Le Devoir hier.«Quand Paul Martin m’a donné ces responsabilités, le 12 décembre, il m’a demandé d’incarner ce nouveau partenariat, cette nouvelle façon de faire axée sur la collaboration plutôt que sur la confrontation.» Peu importe le sujet, M.Pettigrew insiste: pas question d’empiéter dans les domaines de compétence des provinces.Cependant, les tests ne manqueront pas.Le premier ministre a ouvert ou s’apprête à ouvrir plusieurs fronts avec les provinces: négociation d’un pacte avec les municipalités, négociations sur la «viabilité» du système de santé, négociations avec Québec au sujet des congés parentaux et du rôle des provinces sur la scène internationale.L’amélioration du programme de prêts et bourses en vi-gueim dans le reste du pays suscitera aussi des discussions de nature financière avec Québec.En matière de santé, M.Pettigrew se montre prudent D reconnaît qu’il faut un financement prévisible mais refuse de lever le voile sur les intentions fédérales à ce chapitre.Les ministres de la Santé et des Finances se rencontreront au printemps pour discuter de la viabilité du système et donc, dit le ministre, de financement et de réformes éventuelles.Le résultat de leurs travaux servira de base à la conférence des premiers ministres, l’été prochain.Tant le discours du Trône que la réplique de M.Martin insistaient sur la nécessité de s’attaquer aux listes d’attente et notaient la contribution que pourrait foin* le Conseil national de la santé, dont le Québec ne fait pas partie et qui vient tout juste d’amorcer ses travaux.Ottawa veut-ü en faire plus?M.Pettigrew répond en soulignant l’utilité d'information plus précise sur le sujet «Il y a beaucoup de mythes autour des listes d’attente.Il n’y en a pas lorsque c’est une question de vie ou de mort.R serait donc à propos d’avoir un portrait de la situation pour prendre ensuite les bonnes décisions.» «Le problème, en/ait, c’est l’accès, poursuit-il.La situation dans les urgences et la question des listes d’attente en sont les symptômes.C’est donc le problème d’accès qu’il faut résoudre, et on veut travailler avec les provinces sur ça.» 1 JACQUES NADEAU.ARCHIVES LE DEVOIR Pierre Pettigrew assure qu’il n’est pas question d’empiéter sur les champs de compétence des provinces en dépit des interventions annoncées dans plusieurs secteurs relevant d’elles.La proposition faite à maintes reprises par Paul Martin de créer un système national de gestion des listes d’attente, avec la possibilité pour un patient de se faire soigner dans une province plus expéditive, semble avoir disparu des écrans-radars.M.Pettigrew n’en a pas parlé à ses homologues provinciaux au cours de sa récente tournée et il cache mal son étonnement quand on l’interroge à ce sujet En matière de prêts et bourses, Pierre Pettigrew est catégorique.Le Québec, qui a son propre programme depuis environ 35 ans, aura sa part des fonds fédéraux, comme par le passé, dit-il.«Nous devons nous assurer que le Québec ait sa juste part, en jonction de son système à lui.On n’ira pas lui imposer de choses par-dessus sa tête.» Il soutient que la même philosophie doit guider Ottawa dans le dossier des congés parentaux.«R y a au Québec une politique familiale très intégrée qui est en avance sur le reste du pays et c’est normal que le gouvernement canadien essaie de les accommoder».dit-il, même si c’est le ministre des Ressources humaines, Joe Volpe, qui dirigera les négociations.C'est Pierre Pettigrew, par contre, qui discutera avec les provinces de leurs contributions aux négociations et forums internationaux, mettant ainsi à profit l’approche qu’il avait adoptée au ministère du Commerce international.«On veut faire pénétrer dans la culture à Ottawa une méthode de travail où les provinces sont capables de s’exprimer, de faire valoir leurs intérêts et de contribuer, par exemple, à la relation ca-nado-américaine.On veut de cette manière renforcer notre politique étrangère.Et le premier ministre ne veut pas que ce soit le fait d’un ministre particulier mais que ça fasse partie du système et de la culture à Ottawa.Autrement dit, [nous voulons] que les provinces ne soient pas soumises à l’arbitraire d’un ministre capricieux qui, tout à coup, ne ferait pas les négociations de la même manière.» Le futur sans conditionnel : (Jcwse - * XoMeffe V d’a/fiour iBoar la < Ji- Hfa/entin, nous ooas (^ons^radeusement les serotces cli callfpreyhAe èlloyer1 fJBeaucfotn, (fui,sera,surfJacçJeudi le /2février de /pAàïfA, le oeru/redi/Sfèvrier de /SA difA et le samedi /4/èorier de 12k à /6k, .ipendas, fbafiebmafuies, cartes, plumes et stylos, allume c/eplotos en cuir ddialie ¦ 446, rue Jt-iSuf>ice, HLear-, ffoniréal tTéléfrlione :846fqtixe Emisitc Explore, une publication virtuelle du Centre de recherches pour le développement international (CRDI).CENTRE DE RECHERCHES POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL IDRC ^ CROI CanadS Semaine du développement international, 1® au 7 février 2004 \ LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2004 A 10 -?LE DEVOIR *-—- ACTUALITES CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 d’acériculteurs qui ont opté pour des pratiques plus proches de l’environnement est passé de 200 à 350, indique la Fédération des producteurs biologiques du Québec, Et il y a aussi la production de lait ou de bœuf, où les adeptes du conventionnel crient famine faute de recevoir une juste rétribution pour le fruit de leur labeur.«Ce contexte est sans doute favorable à l’agriculture biologique», résume l’agronome Sonia Gosselin, qui aide les fermes à faire le saut vers le bio dans la région du Centre-du-Québec.«Mais la plupart des gens qui décident de se convertir le font avant tout par conviction.Bien sûr, il y a des primes particulières à ce secteur Mais il y a aussi d’autres risques liés à des baisses de rendement que les médicaments ou les produits chimiques [formellement interdits dans le bio] ne peuvent pas enrayer.» Le jeu semble toutefois en valoir la chandelle.A preuve: le club agroenvironnemental spécialisé dans le passage au lait biologique qu’anime Mme Gosselin affiche complet depuis l’an dernier avec ses 25 membres convertis ou en cours de conversion.La conseillère technique peut même se vanter d’avoir quatre fermes sur sa liste d’attente.Un exploit dans une région agricole où les indécrottables de l’agriculture industrielle sont légion.Une liste d’attente, Gratien Tremblay, lui aussi spécialiste en conversion dans la région du Basdu-Fleuve, n’en a pas.Mais il ne chôme pas pour autant par les temps qui courent.«Nous avons déjà aidé 16 fermes à passer au biologique, dit-il.22 vont le faire dans les prochaines années [le passage au bio prend en effet trois ans d’adaptation].Et les gens se parlent.Quand certains agriculteurs voient que le changement est profitable, ils décident eux aussi de foire le saut.» Parmi sa clientèle se trouvent des accros de la nature, bien sûr, mais aussi de plus en plus de jeunes agri-culteurs qui, au moment de reprendre la ferme familiale (de type conventionnel), choisissent d’emprunter la voie biologique.«Nous avons aussi de vieux exploitants issus du conventionnel qui, après avoir poussé le modèle industriel au bout, reviennent à des pratiques plus saines, ajoute Gratien Tremblay.Surtout quand ils ont perdu beaucoup d’argent dans les médicaments ou les fiais vétérinaires nécessaires pour régler les problèmes de santé induits par l’industrialisation des élevages.» Du côté biologique de l’agriculture, ces factures n’occupent pas beaucoup de lignes dans les livres comptables.Pas plus d’ailleurs que les centaines de dollars à verser pour les produits chimiques qui augmentent la productivité des champs.«En bout de course, pour une forme laitière de 50 vaches, cela peut représenter une économie de 8000$ à 10000$», explique M.Tremblay.À cela s’ajoute aussi la prime de 8 $ perçue pour chaque hectolitre de lait bio tiré des pis, l’absence de dépenses pour les hormones qui amènent l’animal à donner son «110 %» et, bien sûr, le plaisir de se servir de la nature sans trop l’exploiter, clament en chœur les spécialistes en mutation agricole.«C’est plus de travail pour moins de rendement, poursuit-il.Mais une exploitation laitière biologique peut, à la fin de l’année, générer un revenu net de 5 % supérieur aux fermes conventionnelles.» Des fermes qui, indiquait l’UPA cette semaine, vivent, comme le reste du secteur agricole, au rythme de la pire crise de leur histoire avec des revenus en chute de 50 %! La performance a de quoi séduire.Mais il faut y mettre l’effort, soutient toutefois Jocelyne Bernier, productrice de bœuf biologique à Leclercville, dans la région de Lotbinière.«Il y a beaucoup de registres à tenir pour assurer la traçabilité de la viande [un principe défendu depuis des années par la filière biologique avant même qu’il ne devienne populaire dans le reste du secteur agroalimentaire], beaucoup de soins à prodiguer à droite et à gauche pour maintenir son troupeau en santé sans l’aide de médicaments, dit-elle.Et puis, il y a la mise en marché, qu’il est nécessaire de bien développer pour ne pas se retrouver avec la viande sur les bras.» Ses bovins, moins imposants que leurs pendants de l’Ouest — scientifiquement amenés à maturité en des temps records —, n’ont bien entendu pas accès au rayon des supennarchés par l’entremise des réseaux de distribution conventionnels.Et c’est tant mieux.Les steaks, aloyaux (t-bones) et rôtis qu’ils produisent sont en effet vendus directement à la ferme, sans intermédiaire, où à certains restaurateurs et propriétaires de commerces spécialisés.Et avec une valeur de 5,50 $ le kilo à la sortie de l’abattoir, soit le double du prix versé aux éleveurs de bœufs non biologiques en janvier 2004, selon les chiffres de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, présentés jeudi.«Et ce n'est pas cher, ajoute Jocelyne Bernier.Dans d’autres régions, des éleveurs vendent leur bœuf biologique en carcasse à 6$, 7$ et parfois 10$ le kilo.» De quoi faire rêver les collègues éleveurs non biologiques qui, depuis la crise de la vache folle, aimeraient bien envoyer paître leur cheptel.«C’est attirant, en effet, souligne Mme Gosselin.Mais le bio ne doit pas être vu comme la recette magique à des problèmes financiers.Pour réussir, c’est comme ailleurs dans la société, il fout être responsable dans ses modes de gestion.Et, dans ce cas en plus, être convaincu.Mais un mauvais gestionnaire dans le conventionnel ne peut pas devenir un bon gestionnaire dans le bio.» LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Hacedes-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par I* Devoir Inc.dont le stèRe social est situé au 2060, rue l>e Bleury, V étage, Montréal, (Québec).HUA 3M9.11 est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence IVesse Canadienne est autorisée à employer et i diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Detvir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication —- Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 [de construire la centrale], a manifesté une préoccupation très évidente sur l'ensemble du dossier, pas juste la question de sécurité énergétique, a dit M.Charest Ça va nous permettre de foire le débat dans un contexte où on pourra avoir une vision large, une vision complète.» Tout cela «est très positif» et «tout le monde en sort gagnant», a soutenu le premier ministre.Le gouvernement accorde à la Régie de l’énergie un mandat à trois volets.La Régie doit déterminer quelle est l'augmentation de la capacité de production d’électricité nécessaire pour répondre à la demande d’ici 2010 et assurer la sécurité énergétique du Québec.L’organisme doit évaluer toutes les formes de production possibles en tenant compte de la protection de l’environnement et du développement durable.Enfin, elle doit étudier l’apport des mesures d’efficacité énergétique.Comme le veut la loi, c’est le ministre de l’Environnement qui a recommandé au gouvernement d’autoriser la construction de la centrale du Suroît, ce qui fut fait par un décret adopté par le conseil des ministres le 17 décembre, en l’absence de M.Mulcair.Ce dernier s’est dit «ravi» de la décision d’hier même si elle invalide sa recommandation.A-t-on tenu son crayon quand il l’a signée en décembre?«On a travaillé très fort.On a eu le résultat qu’on voulait», a indiqué M.Mulcair, qui est ainsi sorti de son mutisme qui durait depuis plusieurs semaines.«H fout dans ces matières-là, en environnement en particulier, que le public ait la conviction d’avoir une information transparente et complète», a-t-fl constaté en rétrospective.Se défendant de succomber à l’improvisation, le premier ministre a présenté la décision de recourir à la Régie de l’énergie comme la conséquence d’un sain exercice de la démocratie.Alors que la déci- sion de construire la centrale du Suroît a été prise «dans un contexte de sécurité énergétique», la décision d’hier sort donc de cet étroit paramètre pour englober les sources alternatives d’énergie, les économies d’énergie, le développement durable et le respect du protocole de Kyoto.Du côté de M.Hamad, ardent défenseur du projet de la centrale — il affirmait pas plus tard que jeudi que le gouvernement ne reculerait pas —, la lumière sera venue d’un groupe d’élèves qu’il a rencontré jeudi soir.«Je voyais que les jeunes posaient des questions sur le Suroit», a-t-ü relaté.M.Hamad a dit percevoir maintenant que la population ne recevait pas le message.Il est donc «tout àfoit d’accord» pour que la Régie de l’énergie «explique davantage» à la population les impératifs de la sécurité énergétique.Dans les rangs des députés libéraux, la grogne couve au sujet de la centrale du Suroît Plusieurs députés sont outrés que le conseil des ministres ait pris la dérision d’aller de Tavant sans même les consulter.«Le caucus du Parti libéral du Québec et du gouvernement, c’est un caucus qui est fort et qu’on laisse parler C’est important pour Jean Charest de l’écouter», a dit le président du caucus libéral, Norman MacMillan, qui a pris le blâme pour n’avoir pas appelé de réunion des députés libéraux en temps utile pour qu’ils puissent discuter du dossier.La réunion du caucus d’hier a justement permis aux députés d’échanger sur ce dossier controversé juste avant le Conseil général du Parti libéral qui se déroule en fin de semaine à Québec.Chez Hydro-Québec, on se dit confiant de pouvoir démontrer à la Régie de l’énergie que la construction de, la centrale du Suroît est nécessaire.La société d’État fournira toute l’information que demandera la Régie, y compris le niveau d’eau dans ses réservoirs, une donnée qu’elle considère pourtant comme sensible, a assuré son porte-parole, Elise Proulx.Du côté des groupes écologistes, c’est avec prudence qu’on se réjouissait de la décision du gouvernement La manifestation contre la centrale du Suroît qui doit avoir lieu aujourd’hui à Québec à l’occasion du Conseil général des libéraux n’est d’ailleurs pas décommandée.C’est à Montréal, dimanche dernier, que l’opposition à la centrale thermique s’est traduite par la plus importante manifestation de l’histoire du Québec pour un enjeu environnemental, a souligné André Bé-lisle, porte-parole de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).Hier, Greenpeace rendait public un sondage Léger Marketing qui suggérait que les deux tiers des Québécois s’opposaient au projet du Suroît Chez les écologistes, on estime qu’il est rassurant qu’un organisme indépendant puisse analyser objectivement les prétentions d’Hydro-Québec.«C’est un grand pas dans la bonne direction», a dit M.Bélisle au cours d’une conférence de presse.Selon lui, il ne fait pas de doute que la Régie de l’énergie conclura que la centrale du Suroît n'est pas nécessaire.«S'il y avait pénurie d’énergie, ce dont je doute énormément, il y a plein d’autres moyens plus rapides, plus efficaces et plus économiques [d’y faire face] que le développement de la filière thermique», a-t-il dit Le porte-parole de Greenpeace, Steven Guil-beault, craint que le délai de 60 jours accordé à la Régie de l’énergie pour produire son rapport soit bien court compte tenu de la complexité des enjeux.Même son de cloche du côté du député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’énergie, Stéphan Tremblay, Pour le Parti québécois et pour l’Action démocratique du Québec, le gouvernement doit abandonner le projet Pour M.Tremblay, le Parti libéral doit aussi respecter sa promesse de tenir un débat public sur la politique énergétique du Québec.MANDAT SHAWINIGATE André Caillé, président d’Hydro, Thierry Vandal, président d’Hydro Production et d’Hydro Pétrole et Gaz, André Boulanger, président d’Hydro Distribution, et Michel Gourdeau, vérificateur général d’Hydro-Québec, sont tous d’anciens présidents ou vice-présidents de Gaz Métropolitain SUITE DE LA PAGE 1 orienté vers une approbation parce qu’il ne chiffrait vraiment qu’une option, celle du thermique, le BAPE a au moins soulevé l’incohérence d’ouvrir la porte au Suroît sans une politique affirmée sur Kyoto.Mais il a frileusement évité de qualifier d’inacceptable le fait de combler des besoins temporaires, le déficit 2007-10, avec un équipement de production qui devait polluer pendant 30 ans.Il a aussi évité de juger l’amorce d’une politique publique qui justifie la recherche de dividendes par des investissements dans une filière pollpante et dans un marché boulimique, les Etats-Unis, pays coupable d’un gaspillage énergétique que ses propres citoyens commencent à qualifier de crime confre l’humanité en raison de ses impacts sur le climat planétaire.On peut aussi se demander quelle est la valeur et la sincérité de l’examen commandé par Québec alors qu’il ne met pas dans la balance, avec le Suroît, le projet de Bé-cancour, une autre centrale thermique de 500 MW tout aussi dommageable pour le climat et contestable au chapitre du développement durable.On demande maintenant à la Régie de valider le déficit allégué par Hydro-Québec, «d’examiner toutes les options possibles» en matière d’économies d’énergie et toutes les options de production plus compatibles avec le développement durable et le protocole de Kyoto.C’est certainement courageux de la part du premier ministre Jean Charest de faire ainsi marche arrière, et il fait preuve de dignité en se rendant au jugement des deux tiers de la population du Québec, opposée au Suroît.Mais l’examen enclenché hier risque fort de déboucher sur une décision favorable de la Régie à l'égard du Suroît Québec n’aura plus qu’à dire: «s’ils le disent.» Conunent cet organisme, en effet, pourra-t-il examiner objectivement la gestion des pics de la demande sans ouvrir au public le dossier des barrages, qu’elle gère en secret avec Hydro-Québec par décision formelle?Comment la Régie pourra-t-elle proposer de remplacer par des économies d’énergie en trois ans les 6,5 TWh du Suroît après avoir statué l’an dernier que la société d’Etat ne pouvait pas économiser plus de 0,75 TWh en trois ans?Comment enfin, la Régie pourra-t-elle, sans renier son propre verdict sur le potentiel éolien à moyen terme (1000 MW autorisés en dix ans), statuer que les producteurs éoliens pourraient fournir en trois ans 800 MW en énergie de base avec des parcs éoliens d’une puissance installée de 1600 MW?Comment la Régie pourra-t-elle décréter que l’éolien peut fournir autant de mégawatts que l'hydroélectricité si on l’accouple à des réservoirs hydrauliques, qui peuvent servir d'accumulateurs, après avoir accepté dans les faits de séparer les deux filières pour affaiblir le potentiel éolien?Comment, enfin, la Régie, à laquelle on demande de définir l’équivalent d’une politique de production énergétique durable, pourra-t-elle y arriver en deux mois après avoir été empêchée de développer son expertise en planification intégrée des ressources par la loi 116?La Régie va se retrouver «à la pèche» dans ce dossier.Et sans filet D'un côté, elle aura les arguments et les dossiers bien chiffrés à l’appui du Suroît Mais elle sera incapable de leur opposer des calculs aussi solides qui chiffrendent le potentiel de la gestion de la demande en électricité.Elle n’aura pas à sa disposition des évaluations indépendantes sur le potentiel de la biénergie dans les secteurs résidentiel, commercial, industriel et institutionnel.Rien non plus sur le potentiel de réduction des pointes avec des thermostats électroniques programmables ou des interrupteurs de chauf-fe-eau qu’on pourrait actionner à distance.Où puisera-t-elle des données indépendantes sur le potentiel d’interruptibilité dans le secteur industriel, où Hydro-Québec semble intéressée à réduire son potentiel de récupération des mégawatts?Les groupes environnementaux, qui ont forcé Québec à reculer dans le dossier du Suroît, n’ont pas la capacité de valider en seulement deux mois le dossier des solutions alternatives chiffrées.La Régie de l’énergie prend souvent presque deux mois uniquement pour choisir les intervenants et leur budget! La superficialité de l’exercice qui s’annonce confère dès le départ un avantage insurmontable aux détenteurs de chiffres, d’expertise et d’influence: Hydro-Québec.La société d’Etat cherchera aussi à se prémunir contre l’électrochoc que certains lui promettent Devant l’épaisseur du mur dressé par le public devant le Suroît la société d’Etat aura tendance à le contourner plutôt que de le défoncer.Et elle est équipée pour le faire.La cabine de pilotage d’Hydro-Québec est actuellement remplie d’anciens managers de Gaz Métropolitain, qui croient tous à l’émergence de cette filière qui permet aux prix du gaz et de l’électricité de s’épauler plutôt que de se concurrencer.Un double monopole en liberté a succédé à l’ancien qu’on voulait en principe contrôler par la loi 50.L’équipe de Gaz Métro greffée chez Hydro est de taille à résister au choc et à décrocher le Suroît en jouant sur le temps: André Caillé, président d’Hydro, Thierry Vandal, président d'Hydro Production et d’Hydro Pétrole et Gaz, André Boulanger, président d'Hydro Distribution, et Michel Gourdeau, vérificateur général d’Hydro-Québec, sont tous d’anciens présidents ou vice-présidents de Gaz Métropolitain.Ils comptent au gouvernement un allié de poids, leur ami et ancien collègue Stéphane Bertrand, aujourd’hui chef de cabinet du premier ministre Charest! M.Bertrand était leur porte-parole à Gaz Métro à titre de vice-président aux communications.La présidente de la Régie de l’énergie.Lise Lambert joue la crédibilité de son organisme dans ce dossier, le plus visible de tous ceux qui lui auront été soumis.Il ne lui sera pas facile de nommer un groupe de régisseurs au-dessus de tout soupçon et aussi versés en développement durable qu’en électrons.Devant toutes ces contraintes et résistances, la logique environnementale et le pouvoir populaire feront-ils le poids?On peut en douter, et ce n’est certainement pas le forum étroit de la Régie qui permettra au Parti libéral de dire qu’il a respecté ses engagements électoraux d’un grand débat public sur l’énergie et d’une mise en échec de la fihère thermique.SUITE DE LA PAGE 1 Selon lui, le conseil d’administration de la banque doit évaluer la possibilité de se débarrasser de son actuel président, Michel Vennat, qui a fait des pieds et des mains pour lui nuire.Il suggère également au premier ministre, Paul Martin, de «prendre des mesures pour dépolitiser cette banque.On ne doit pas mélanger la politique et les prêts d’argent.C’est une recette désastreuse», a-t-il commenté hier.Le Bloc québécois exige la tête de Michel Vennat, un ancien conseiller politique de Pierre E.Trudeau qui a aussi présidé le conseil d’administration du Conseil pour l’unité canadienne.M.Vennat a déposé deux plaintes criminelles contre François Beaudoin sans que le substitut du procureur général y donne suite.Il a talonné les représentants du vérificateur général afin Qu’ils enquêtent sur la gestion de la BDC sous Beaudoin, à un point tel qu’ils ne détenaient plus «l’autorité morale et la distance nécessaire» pour compléter leur travail en toute sérénité, estime le juge Denis.C’est enfin M.Vennat qui a orchestré des perquisitions «mesquines» à la maison, au chalet et au bureau de François Beaudoin et à celui de son avocat L’ex-p.-d.g.de la Banque de développement nourrit l’impression qu’il a fait l’objet d’une vendetta politique.«La férocité, voire la méchanceté avec laquelle il a été traité [.] lui permettent certainement de penser comme il le fait, tranche le juge Denis.Toute cette affaire laisse une profonde impression d’injustice.» Une vendetta politique L’affaire renvoie à la genèse du «Shawinigate».Jean Chrétien est intervenu à trois reprises auprès de François Beaudoin afin que celui-ci accorde un prêt à l'auberge Grand-Mère, qui était la propriété d’un ami personnel, Yvon Duhai-me.Malgré les réticences de M.Beaudoin, l'auberge a reçu, en août 1997, un prêt de 615 000 $ au lieu des 400 000 $ demandés.«[.] la raison principale, voire la seule raison de l’octroi du prêt, est l’insistance du premier ministre», estime le juge Denis.Lorsque l’auberge demande un prêt supplémentaire de 200 000 $ en avril 1999, sa situation n’est guère reluisante.Elle a pris du retard dans ses paiements à la BDC, ses taxes municipales sont impayées et elle fonctionne à perte.M.Beaudoin refuse de corriger une erreur par une autre erreur.Michel Vennat est président du conseil d’administration de la BDC à l’époque.Dans une conversation avec François Beaudoin, il insiste pour que l’auberge «passe au travers».Vennat niera le tout devant le tribunal, mais le juge Denis n’accorde aucune crédibilité à son témoignage.Il se montre tout aussi cinglant à l’égard de Jean Carie, l’ex-directeur des opérations au cabinet de Jean Chrétien, qui a agi comme vice-président aux affaires institutionnelles de la BDC de 1998 à 2001.De concert avec M.Vennat, Jean Carie mandate la firme d’experts KPMG pour enquêter sur M.Beaudoin, en octobre 1999, à la lumière des révélations de son chauffeur, Michel Bourque.François Beaudoin est alors soupçonné d’avoir utilisé des biens de la BDC, sa limousine de fonction et ses chauffeurs à des fins personnelles, pour une valeur de 160 000 $.On lui reproche notamment d’avoir fait le plein de sa voiture personnelle aux frais de la BDC et d’avoir affecté ses chauffeurs à des travaux sur sa maison pendant leurs heures ouvrables.La suite des événements «laisse une profonde impression d’injustice», déplore le juge Denis.KPMG ne se donne pas la peine de contre-vérifier les allégations de Bourque et d’un deuxième chauffeur, Stéphane Dupuis.Si la firme de juricomptabilité l’avait fait, elle aurait réalisé que Bourque a trafiqué la vérité pour sauver son emploi, que les allégations des chauffeurs «étaient exagérées et non fiables», qu’ils ont probablement trompé eux-mêmes la BDC.Le juge Denis finit par écarter l’expertise de KPMG, sous prétexte qu’elle ne respecte «aucun des critères de fiabilité, de rigueur scientifique, d’indépendance intellectuelle et éthique».«La BDC n’a pu démontrer qu’après une carrière exemplaire et éthique, M.Beaudoin serait devenu subitement le fraudeur que la contestation décrit», affirme le juge Denis.*[.] la cour retient le témoignage d’un homme sincère, réfléchi, documenté, compétent et intègre», ajoute-t-il.Le Bloc aux barricades En 14 ans de carrière, Me Doug Mitchell n’a jamais vu un jugement aussi sévère.«J’espère qu’on va tirer une leçon de cette cause.Et c’est qu'on ne peut pas dépenser des fonds publics pour s’acharner sur un individu d’une intégrité remarquable.Espérons que ça ne se reproduira plus», a déclaré l’avocat de François Beaudoin.M'Mitchell avoue que ce procès l’a troublé.Les autorités gouvernementales et les officiers de la banque ont déployé toutes les ressources de l’Etat afin de «détruire la carrière et l'intégrité de François Beaudoin», peu importe la véracité des faits.«Le bureau du premier ministre et ses hommes de main se sont comportés de cette façon-là tout simplement parce qu’un homme leur a résisté.Ils se sont servis de Beaudoin comme un exemple», affirme le leader parlementaire du Bloc québécois, Michel Gauthier.M.Gauthier trouve dans ce jugement «lapidaire» la confirmation de l’arrogance de l’ex-premier ministre Jean Chrétien et de ses hommes de main.«Ils se sont comportés comme s’ils étaient les actionnaires uniques de la BDC», a-t-il dit L’affaire est d’ailleurs symptomatique de l’attitude générale des libéraux, «qui se sont toujours comportés comme s’ils étaient propriétaires de l’État», estime le député de Roberval.Selon M.Gauthier, le premier ministre Paul Martin doit maintenant «redonner confiance» aux grands fonctionnaires de l’État et aux dirigeants de société de la Couronne en punissant les responsables de ce gâchis.Pour ce faire, il suggère de faire comparaître Jean Chrétien, Michel Vennat et Jean Carie devant le comité de la procédure et des affaires de la Chambre des communes.L’affaire n’est pas terminée, elle rebondira lundi à Ottawa.Avec la Presse canadienne
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