Le devoir, 7 février 2004, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FEVRIER 2 O O I THÉÂTRE Marc Béland dans un Gauvreau «vibratoire» Page E 3 CINEMA Un film qui surfe sur une tragédie Page E 8 ?LE DEVOIR ?PHILIPS CLASSICS Zoltan Kocsis MUSIQUE CLASSIQUE Les nouveaux modèles de l’industrie CHRISTOPHE HUSS « c omme vous le savez, Norman Lebrecht, le __' journaliste musical avec la plus grande gueule corrélée au plus petit cerveau, a prédit, dans un éditorial du 31 décembre 2003, que l'année 2004 sera celle de la mort de l'industrie, phonographique classique.À cette heure dans un an, nous serons donc tous ailleurs.Je tenais à vous dire que c’était un plaisir de vous avoir connus et, si vos nouvelles activités vous amènent dans les prochaines années à Brooklyn, passez-moi un coup de fil!» La salle, remplie des directeurs de tous les labels classiques, s’esclaffe.Nous sommes le 26 janvier dernier au MIDEM (Marché international du disque et de l’édition musicale) à Cannes, où le truculent critique américain David Hurwitz vient d’ouvrir en ces termes la cérémonie des Cannes Classical Awards (l’annuel Prix international du disque classique).Il est vrai que cela fait dix ans que Norman Lebrecht plumitif anglais, pythonisse patentée de la chose phonographique classique, nous sert à coup de bouquins et d’articles, l’œil rivé sur Abbey Road, sa vieille rengaine du «ça va très mal; c’était mieux avant».On dirait du Francis Cabrel, en plus obtus et sans la musique.En fait oui, le modèle économique qu’on a pu connaître n’est plus.D reposait sur des «stars» qui n’en étaient pas (Cal-las, Karajan et Pavarotti mis à part), car toute «starisation» dépend du grand public et la musique classique n’atteint pas.sauf exceptions susmentionnées, le «grand pubKo.Retour de manivelle De cette illusion de paillettes et de strass est né un fort déséquilibre coût/profit, accentué au début des années 90 par l’arrivée de Sony sur le marché du disque, à la suite du rachat de Columbia.Le mandat de Günter Breest, que les Japonais avaient débauché de la Deutsche Grammophon, était alors clair du luxe, sans impératif de rendement financier.Le label de disques Sony était la vitrine glo rieuse qui donnerait le vernis et le «glamour» aux chaînes hi-fi de la marque.S’en est suivie une escalade des coûts artistiques qu’une certaine industrie, celle des «majors», n’a pas encore fini de payer.Le retour de manivelle a été encore plus brutal que la bulle était irréelle.Un label tel que Decca au-jourdTiui se gère non plus à long VOIR PAGE E 2 : INDUSTRIE Une série d’œuvres satiriques le spectateur au MACM déstabilisent ¦¦ I H 00* T ' 0 s?J, * ^ g Traces, 1991, de Dominique Blain Deux expositions nous présentent la vision particulière des artistes montréalaises Dominique Blain et Kamila Woznia-kowska.Il s’agit de leur première manifestation d’envergure dans ce musée.Et le spectateur s’y verra forcé de s’interroger sur sa propre attitude.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Village, 2003-2004, de Dominique Blain MICHEL HELLMAN Le travail de Dominique Blain est très varié — sculptures, photographies et installations —, mais il évoque avec consistance le même message à caractère social et politique.Une œuvre accessible qui, par une grande simplicité de moyens, interpelle la conscience sociale du spectateur.Pour l’artiste, l’effet provoqué par la mise en scène est très important Dès l’entrée on remarque les deux installations récentes, côtoyant des travaux plus anciens, qui font ressortir le caractère engagé de son exposition.Le parcours ne suit pas de trame chronologique et cherche plutôt à provoquer un dialogue entre les œuvres.En juxtaposant des scènes ou objets anodins à des réalités souvent insupportables, l’artiste nous révèle ce que nous avons tendance à dissimuler ou à oublier.Ainsi, cette image de la jeune fille avec son fardeau trop lourd dans Something/Nothing (2003) fait écho aux images de travailleurs dans Duty Free (1989).Ce sont nos habitudes de consommateurs, notre société d’abondance qui sont clairement dénoncées ici.Ces œuvres satiriques déstabilisent le spectateur en le forçant à s’interroger sur sa propre attitude.Dans Détails, de 1992, on voit, sur un mur, des photographies en noir et blanc dans un cadre.Mis à part l’aspect vieillot des photos, ces visages d’hommes noirs ou asiatiques n’ont rien à première vue de particulièrement original.Mais de l’autre côté du mur, ils apparaissent dans leur contexte: ces mêmes visages sont ceux de porteurs, à l’époque coloniale.L’œuvre la plus remarquable est sans doute Rug, de 2000; dans une salle sombre, on s'étonne de voir un tapis persan.En l’observant plus attentivement, on remarque que les motifs géométriques tissés sont en fait des représentations de différents modèles V Une œuvre accessible qui interpelle la de mines antipersonnel.L’image familière du tapis devient dérangeante.inquiétante.Cette idée est renforcée dans deux montages photographiques dans lesquels on retrouve le même tapis, installé cette fois-ci dans le bureau ovale de la Maison-Blanche et dans une salle des Nations unies à Genève.Le message est clair mais tend à s’essouffler rapidement.Cette vision manichéenne du monde peut agacer, et certaines œuvres semblent trop souvent suivre une formule et ne dégagent pas véritablement de profondeur.Malgré cela, on reste séduit par les compositions habiles et ce langage visuel fort, propre à l’artiste.conscience sociale du spectateur Comme un bilan Nous retrouvons cette dimension sociale, mais dans un style très diffé-rent, dans l’œuvre de Kamila Wozniakowska.Dans des tableaux à l’iconographie particulière, elle crée un monde ludique qui interroge le rapport de l’individu à la société.L’exposition est présentée comme un bilan.Intitulée Le monde comme il va, elle permet de suivre l’évolution de son travaiL Au début des années 90, ses peintures mettent en scène des formes humaines grotesques, entrelacées.Des images qui nous font penser un peu à Francis Bacon.Il en ressort une certaine confrontation, un jeu d’attraction/répulsion dans lequel se mêlent amour et violence.Puis apparaissent ces tableaux étonnants arrangés en petites cases régulières, comme une espèce de bande dessinée ou Storyboard.Le thème du conflit est repris mais d’une manière plus humoristique.Les œuvres prennent ici un caractère narratif, se présentant comme des histoires ou des fables qu’il faut déchiffrer.Cet arrangement en grilles, ou saynètes, crée un impact graphique singulier.Comme Dominique Blain, elle porte une attention particulière au VOIR PAGE E2 : BLAIN LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2004 E 2 Culture BLAIN Des symboles puissants sont confrontés ou réinterprétés SUITE DE LA PAGE E 1 spectateur, créant des mises en scène théâtrales.Les titres évoquent le caractère de ces toiles: Two Mortal Enemies Seen From A Distance, 1999; Character Assassination, 1996.La série intitulée Avant et après de 2000 reprend des iconographies célèbres en les repeignant en bleu.Des symboles puissants sont confrontés ou réinterprétés.Nous pouvons voir par exemple le Marat de David (1793) fusionner avec le portrait de Louis XIV d’Hyacinthe Rigaud (1694).Signalons enfin les cinq triptyques, créés pour l’exposition, qui montrent avec humour des scènes qui font référence à l’histoire de l’art, comme ce Deux théoriciennes tentent d’appliquer la théorie sur la pratique de l'art actuellement en vigueur (2003).De ces œuvres récentes se dégage un aspect plus parodique qui s’éloigne de la tension caractéristique des autres tableaux.S’incarnant dans un symbolisme plus difficile à aborder que celui de Dominique Blain, les œuvres de Kamila Wozniakowska sont tout aussi déstabilisantes.Elles nous interpellent par leur humour et leur ironie et elles nous plaisent par leurs qualités esthétiques.Mettant au centre de leurs discours notre comportement envers l’autre, elles apparaissent finalement aussi comme un portrait complexe de la nature humaine.KAMILA WOZNIAKOWSKA DOMINIQUE BLAIN Du 6 février au 18 avril Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Ut» èM 'et toujours jeune premier! ,e*cetA'o0"eV' c° «ue e* de ^uS '^at\^e L© *iîe musique de Denis Gougeon livret de Normand Chaurette d'après Le Conte d'hiver de William Shakespeare Plus de trente personnes sur scène : comédiens, chanteurs, musiciens ! Direction : Raffi Armenian Mise en scène : Suzanne Lantagne Préparation musicale : Louise-Andrée Baril Du vendredi 13 au samedi 21 février 2004 (relâche le 16 février) Théâtre d1 Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal Représentations : les 13,17,18,19,20 et 21 février à 20 h et les 14 et 15 février à 16 h Prix d'entrée : 15 $, 10 $ (étudiants/ainés) Blets disponibles au Théâtre d'Aujourd'hui : (514) 282-3900 221 vrvi'M .caf _ Conservatoire de musique et d'art dramatique Québec SS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dominique Blain Le Groupe delà Veillée présente femmes GRANDES d'edward albee PfEKUWE «EHSCÈN1 CARMEN JOHN tt BÉATRICE PICARD * MARIE CANTIN MARIE CLAUDE SABOURIN * JEAN CHAPIEAU cûwwm twit siBitw-smif «ü «èÉMpr [.] cette mise en scène de Carmen Jolin dégage un pouvoir corrosif considérable [.] Béatrice Picard livre une prestation électrisante dans le rôle d une vieille haïssable [.] Marie Cantin déborde d’amertume en cinquantenaire colérique alors que Marie-Claude Sabourin fait preuve d’une belle présence en représentante de la jeunesse [.] - Hervé Guay, Le Devoir [.] le principal mérite, et ce n’est pas le moindre, est de nous donner cette pièce en français pour la première fols au Québec.[.] C'est un plaisir énorme que de voir Béatrice Picard (.] dans ce rôle consistant qu elle habite complètement.- André Ducharme, Aux arts.etc.Radio-Canada C'est un texte à découvrir [.] Béatrice Picard, dans ce rôle, est formidable [.] Elle a une grande maîtrise du texte et des émotions [.] - Pascale Navarro, C'est bien meilleur le matin.Radio-Canada 7usquau 21 février 2004 au THÉÂTRE PROSPERO I 514.526.6582 I Admission 790 1 245 à.Lt § à I ouKiahe Mo de François Godin — mise en scène Claude Poissant av«c Émllie Bibeau, Louise Bombardier, Marie-France Lambert, Vincent Leclerc, Olivier Morin équipe ne production Annick Asselin, Ludovic Bonnier, Florence Cornet, Maory Gastelo, Simon Guilbault, Catherine La Frenière, Érik Palardy, André Rioux, Suzanne Trépanier.À L’ESPACE GO du 20 février au 20 mars 2004 ¦—isr- JS.“a- 4890, boulevard Saint-Laurent à Montréal "QuebecSS "“¦waists*- ^ uwmiK Réservations : 514.845.4890 - Réseau admission : 514.790.1245 Le Théâtre de Fortune et l'Institut Goethe présentent La Promenade de Robert Walser «; Traduction française: Bernard Lortholary Mise en scène: Jean Marie Papapietro Avec Paul Savoie Roch Aubert Du 13 janvier au 14 février 2004 mardi mercredi samedi à 20 H 00 Au Goethe Institut 418, rue Sherbrooke E.Métro Sherbrooke BILLETTERIE ARTICULÉE: 514 844 2172 Conseil des «rts jçj Lh: RkvoiiP Québec El D INDUSTRIE Les éditeurs indépendants deviennent le moteur de Vindustrie phonographique classique SUITE DE LA PAGE E 1 terme mais les yeux rivés sur la rentabilité immédiate.Et lorsque le classique «pur sucre» intéresse moins de monde, l’exercice devient périlleux.On songe trop peu que le développement des années 1985-95 était aussi celui, démographique, des baby-boomers et de la «génération 1968», dont une partie, celle qui a accédé à un certain statut social, passait des Beatles au jazz, du jazz au classique, encouragée (et non dissuadée comme le prétend Lebrecht) par la simplicité du format numérique.Ces mêmes personnes et la génération suivante consomment tout autant aujourd’hui.Mais elles consomment des DVD et des jeux vidéo.Ce que Lebrecht ignore, ce sont des nouveaux schémas qui se mettent en place depuis quelques années déjà.Le MIDEM l’a confirmé: les éditeurs indépendants deviennent le moteur de l’industrie phonographique classique.Cela bouillonne dans d’autres marmites, et cela depuis près de 10 ans.Petite structure Le modèle qui fonctionne est celui de la petite structure (une dizaine de personnes) qui sait faire financer des enregistrements par des apports extérieurs, renouvelle le répertoire, découvre de nouveaux artistes talentueux, trouve des partenariats de distribution dans les différents pays et se prépare à entrer en contact directement avec les mélomanes par l’entremise d’Internet.On parle ici de sociétés telles que Hyperion, Chandos, Harmo-nia Mundi, mais aussi des québécoises Analekta, ATMA, Ear-ly-music.com.J’irais même au-delà en imaginant que, dans les prochaines années, les labels forts seront ceux qui auront réussi à cultiver une identité sonore nationale, dont ils seront les porte-drapeaux dans le monde.Un pianiste tel que le Hongrois Zoltan Kocsis, l’un des plus éminents au monde, n’enregistre plus pour Philips.On risque bien de le retrouver chez Hungaroton ou BMC, deux labels hongrois, dont il serait la juste et logique figure de proue.En ce sens, trois ans après qu’AOL-Time Warner a sabordé les labels Teldec (75 ans d’histoire phonographique allemande) et Erato (50 ans d’histoire phonographique française), on revient au modèle cultivé pendant des décennies par.Teldec et Erato.Certains ont vraiment tout faux! Lés Pitiés êettrùpsts présfhtent s Ptitiml Wu' dr AhYCLqiACS 3->3 ftvrur k Mmtréfr et tk Hum ifÀgmenir f t Mi frç a p» À 'in Om M Ptrpvitj ft {{rqtMc Urf?ffwrjéhc ^ k 22k PrtrJPJT PtMrpqiu- fTMj jOY/'î tdfi Z (' ck ptffis www.fv et.oet LEDEWflt * r é LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE S FEVRIER 2001 E :i * full ure * Le théâtre « vibratoire » de Claude Gauvreau prend l’affiche au TNM L’Asile de la pureté pour la première fois sur une scène professionnelle Il faudrait des pages pour donner une idée juste de la carrière de Marc Béland: interprète de nombreux premiers rôles au théâtre, danseur à la compagnie de Jo Lechay, puis avec La La La Human Steps (Édouard Lock), cet acteur doué, dont la présence lumineuse est soutenue par une remarquable souplesse, a joué aussi bien Feydeau, Labiche et Vitrac que Shakespeare, Brecht, Heiner Müller, Sophocle et Dostoïevski, Normand Chaurette, Michel Tremblay, Camus, Michel Marc Bouchard, Claudel et Tchékhov.II s’apprête à devenir Donatien Marcassilar, le poète sacrifié de L’Asile de la pureté, de Claude Gauvreau, qui sera créé au Théâtre du Nouveau Monde dans une mise en scène de Lorraine Pintal.SOLANGE LÉVESQUE Au plus récent Festival de théâtre des Amériques, qui a eu lieu au printemps 2003, Lorraine Pintal avait amorcé son travail sur L’Asile de la pureté par une lecture tenue dans les locaux du Centre hospitalier Louis-Hippoly-te-LaFontaine.La pièce avait déjà fait l’objet d’un exercice d’étudiants à l’École nationale de théâtre sous la direction d’Yves Desgagnés, mais elle n’avait jamais été montée sur une scène professionnelle.Baroque, baveux, barbare «Chez Claude Gauvreau, on n’est pas dans la psychologie, affirme d’emblée Marc Béland.Son théâtre est un théâtre d’état énergétique, un théâtre vibratoire.Le texte est un souffle, plus proche de la poésie que du dialogue traditionnel.Ses personnages sont des archétypes qui s’affrontent.» Le comédien qualifie ce texte de «baroque, baveux, barbare et gargantuesque, fait avec la nette intention de déranger.Cest “de santé”, teinté d’un humour capable d’ironie, très tonique, dénué d’autoapitoiement».Ce qui emballe l’interprète, c’est le caractère iconoclaste de cette pièce de jeunesse écrite en 1953, «comme un geste créateur fait à la suite du suicide de Muriel Guilbault, muse et amie de Claude Gauvreau.L’auteur l’a lancée comme une provocation à la face du monde, entraîné par sa désillusion.Le poète Marcassilar y défend la beauté, l’extase, l’absolu est le représentant».Selon Marc Béland, la pièce pose les questions suivantes: que faisons-nous avec la part d’absolu qui nous habite?Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves?Par sa façon d’aller au bout des choses, Gauvreau nous renvoie à des interrogations troublantes qui ne sont jamais résolues une fois pour toutes.«De toute façon, il n’y a pas tant de choses qui ont changé depuis 1953.Ce qui paraissait opaque et difficile l’est encore.C’est le fait de toute société, d’essayer de tuer la lumière.Ce sont les produits culturels de masse qui étouffent maintenant les langages authentiques particuliers», estime Marc Béland.La place de l’artiste est encore presque folklorique, et il en sera toujours ainsi, croit l’interprète, qui voit un caractère christique dans le parcours de Gauvreau.«Sa recherche de pureté s’inscrit dans le corps, à travers un jeûne de 34 jours.Sa quête spirituelle est dégagée de toute étiquette.» L’amoureuse de Claude Gauvreau (Muriel Guilbault dans le réel, Édith Luel dans la pièce), s’est suicidée.«Dans l'entourage [son égrégore, dont il est le phare] de Marcassilar, chacun essaie de dire qu’il n’est pas bien de frayer avec quelqu’un qui s’est suicidé.Mais lui ne veut pas se désolidariser d'Edith Luel comme le héros se désolidarise de ses proches dans Les oranges sont vertes», explique Marc Béland.Donatien Marcassilar est en état de choc, ce qui l’amène vers la, lucidité.Son égérie Édith Luel lui a, en quelque sorte, montré une voie lourde de conséquences.«Elle s’est suicidée pour témoigner d’un malaise.Son geste encourage Donatien à poursuivre et à témoigner à sa façon.Je meurs parce que après avoir trop combattu, je ne peux pas susciter l’autrement”, avouera-t-il.» C’est pourquoi, plutôt que d’abdiquer, de sombrer dans le cynisme et l’amertume, Marcassilar s’en- gage dans une quête de la purete; cette façon de témoigner et de provoquer le conduit à la mort.«Le jeûne est plus fort que toute forme d’engagement; il agit directement sur le corps et l'esprit.» Dans les mots Il suffit d’écouter et de regarder Marc Béland commenter la pièce pour deviner l’impact que le rôle a déjà sur lui.«Sur le plan personnel, ça résonne en moi.Et puis, je suis fier de jouer dans ma langue.C’est émouvant et très agréable d’aller puiser à l’inconscient collectif de chez nous.Sur le plan professionnel, remarque-t-il, tous les comédiens donnent le meilleur d’eux-mêmes.On fait face au même trac, aux inquiétudes, au lot de démons qui accompagnent toute création.» Si Donatien Marcassilar est fou, remarque Marc Béland, c'est d’aller au bout de quelque chose.«Je cherche l'humanité, la blessure du personnage.» Contrairement à l’expérience réalisée le printemps dernier à Louis-Hippolyte-LaFontaine, la pièce sera incarnée, non lue.«Le travail que nous avions accompli s’est révélé très utile pour vérifier que les enjeux étaient dans les mots et dans les phrases.Grâce à cette approche, on a plongé rapidement au cœur des choses.» Marc Béland résume à sa façon ce que Gauvreau tente de dire aux spectateurs, en quelques phrases: «“Vivez! Faites ce que vous avez à faire!” Il y a, dans son texte, une charge contre la psychiatrie qui était barbare à l’époque.Il veut protéger la vibration essentielle et immanente de toute création, et sa propre vie a débouché sur une impasse.Il cherchait l’amour mais le compromettait en multipliant les conquêtes, n’aimant que les femmes sublimées.» Marc Béland souhaite que les gens ne viennent pas voir «la vie d’un fou».«Pour moi, le dramaturge Gauvreau et son avatar Donatien Marcassilar sont loin d’être fous.Leur chemin est parfois obscur, mais c’est d’abord Iç regard des autres qui les étouffe.A la fin, très lucide, Marcassilar demande au public de porter son propre jugement sur la pièce: est-elle un progrès?Une trahison?Une tragédie?Une comédie?À chacun de juger.» ¦ L’Asile de la pureté, de Claude Gauvreau, mis en scène par Lorraine Pintal, avec une distribution et une équipe de concepteurs étoilées, prend l’affiche du TNM du 10 février au 6 mars 2004.Ce qui emballe l’interprète, c’est le caractère iconoclaste de cette pièce de jeunesse écrite en 1953 JACQUES (.RK N IKK I V DEVOIR m av IIIUVII ni nnumi | Mül fi ü * Marc Béland résume à sa façon ce que Gauvreau tente de dire aux spectateurs, en quelques phrases: «Vivez! Faites ce que vous avez à faire!» Les Femmes S@V@NTES de Mohe^e PIGEONS INTERNATIONAL présente une nouvelle création théâtre danse 0 X gr û g i §"%3 if % 0 O # «k jf » X*) jnjNQf jtm XX M :rp.e O***) MM1 ggiippgg mtmgamm MMH Conception+miseenscène+chorégraphies.PauladeVasconcelos/Lumières.MichelBeaulieu/ Musiquesoriginales.SamShalabi.MitcheHAkiyania/AssistantsDécorCostumes.StéphaneLongpré+ AnneMarieVeevaete/Interprétation.MileneAzze+MomcaGan+Einmanue1ûouthe+Mathi1deMonnard +IgorOvad1s+MarcelPomerlo+AnitaSharma+PaulAnto1neTaineter+El1seVanderborght+ CamilledeVasconcelosTailleter/Musiciens.GuillaumeEizIini+GenevièveHeistek +SamSbalabi «AEJYLiONE DU 30 JANVIER AU 14 FÉVRIER 2004,20H USINE 0 521-4493, ADMISSION 790-1245 m •nés ente] home ^ ROQKiE Rnokie ransliwe un *3'5ÎOf ., uvitiaue wc/énia&M> p r.funZ^Ore co^e mnpss ( * BVou ¦ 2002 «O*» «fît ‘s „ fentes de iméeeiconcae.y^nK' ,2002 mprcsl'ZidfmR( P* 13 hrstoiië mots ( ) présence et ¦ lHinr unaue (te ta rue .r pf rie ilffine o imam Avo .and Ctc n nrunmëe aod vu*“r e (Je ° tv/f/i back X" ?£SÎ ;a'„«e 2002 rfiHunw» scène mahk o -BOWE - LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2001 Oleg SouMmenko iv.nn< > Yann L'Heureux Kar .Karine Denault {Montre, i 7 20h30 / 8 !r 16h billetterie: 525-1500 Culture LF a n g e n t J1 ¦» DANSE CONTEMPORAINE* le mm pturl'leriiretonipltt, L’AGENDA Vasistas et Mois Multi Même combat ! FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR Il est de plus en plus difficile de classifier les genres artistiques puisque ceux-ci s’interpénétrent constamment.Comment identifier, par exemple, un spectacle de musique qui n’est pas vraiment présenté sous forme de concert et dans lequel des projections complètent la partition?Le directeur artistique du Théâtre La Chapelle, Richard Si-mas, a trouvé la solution, celle de les réunir dans un événement aussi éclectique que ces expressions artistiques, intitulé Vasistas, qui ne se veut toutefois pas un festival.«J'évite le concept de festival dans lequel on retrouverait les meilleurs spectacles du genre.Je voulais que ce soit un événement avec une identité assez large pour pouvoir faire toutes sortes de projets différents, explique M.Si-mas.C’est un moment où l’on se pose la question: mais qu’est-ce que ce type de travail?» Né du prolongement montréalais du Mois Multi à Québec, l’événement biennal en est à sa troisième édition indépendante et se concentre davantage sur les arts de la scène que sur le multimédia.Les deux organisations continuent toutefois à entretenir des liens, mettant en commun certaines productions.C’est le cas cette année d’Espèces mena- cées, de Pierre Hébert et Bob Os-tertag, performance-vedette de l’événement, au croisement de la musique, du multimédia et de l’animation en direct.«C’est le seul projet qui a une feuille de route importante, note le directeur; il est en tournée mondiale depuis plusieurs années et est passé par toutes sortes de festivals, de l’Asie et l’Europe à l’Amérique du Sud et du Nord.» Autre projet notable, celui du compositeur Michael Reinhart, qui a invité plusieurs danseurs, une chanteuse, un artiste du cirque et un vidéaste afin qu’ils interprètent les pièces de son album Qabaret Quaraaluktuq, issu d’une collaboration avec neuf musiciens du Nunavut.Bien connue de Vasistas, l’artiste Nathalie Derome propose également sa nouvelle création, Les Écoutilles, cabaret de fortune, qui décortique l’être social au gré de la danse, du jeu, de la chanson et de projections.Dans un tout autre esprit.Re-Writing the Body, de l’artiste en arts visuels Pam Hall, aborde le pouvoir du texte dans la définition du corps féminin en greffant à son installation un atelier d’écriture.Mais ce n’est là qu’un petit aperçu de Vasistas, qu'une petite fenêtre dans la grande, comme l’indique le titre de l’événement qui se déroule du 11 au 28 février.DANSE STEPHEN WILDE REUTERS Un périple spirituel et esthétique Tai-gu Taies présente The Life of Mandala USINE: © présente- dans le cadre du Festival Montréal en Lumière Une référence dans le monde de la COMPAGNIE # danse hip hop m&\ CORPS EST GRAPHIQUE de Mourod Merzouki (France) en vente maintenant FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR Ârt et science.L’Occident s’est évertué à les séparer, l’Orient a toujours pris soin de les réunir.Pour sa première venue au Cana- da, la Taïwanaise Hsiu-Wei Lin a choisi de semer la graine de cette culture holistique qui joint les extrêmes en présentant The Life of Mandala, une chorégraphie pour douze danseurs portée par la philosophie bouddhiste.Il y a quinze ans, alors qu’elle vivait le deuil difficile d’un collègue et ami, la chorégraphe n’a pu trouver meilleur remède que d’animer les corps d’une sagesse puisée dans la philosophie indienne, l’un des terreaux de sa propre culture.« .fusion entre la danse moderne et les traditions de l'opéra de Pékin.» Exploredance.com DANSE t « .Une symphonie à la vie.» China Times iqj-gu Taies Darfce Theatre ^ Bssa Unell Thouin Project eijing Modern t^nce Company Quelxx Chine Os 18, 19, 20 mars, 20 h Théâtre Maisonneuve Place des Arts " Corps est graphique (.) est une fois de plus une réussite efficace, Libération.2003 The Life of Mandala 12, 13, 14 février, 20 h ceniRe pierre-péladeau Billetterie: 514.521.4493 Admission: 514.790.1245 Billets (514) 842-2112, 987-6919 ADMISSION : 790-1245 www.usme-c.com J/a passion Gitane qui enflamme Montréal COMPAGNIE Nouveau specta En vedette SOLEDAD BARRIO Directement d'Espagne 20-21-22 février 20H30 Infos et billetterie KOLA NOTE (514)274-9339 ADMISSION: (514)790-1245 FRENESIE-ABANDON-URGENCE-POESIE INTERPRETES > Johanna Bienaise Hannah Lagerway.Nancy Leduc, Anne Le Beau Mayali Stall, Jamie Wright COLLABORATEURS > Michel F.Côté.Marc Parent Vandal Costumes « époustouflants de grâce, de colère et de fierté.» La Presse Une co-présentation Les Productions Nuits d’Afrique et Traquen’Art / Musiques ave.du Parc (coin Fairmount) Lé PéUMR iLt»i bruçqt 4e Rehjufc»'’ ’e 1 entte wtu-M d** Ai» tfffi.,»*.1 l\»Act»K»rtA t* U4 df Vf* l'Otîntif tfè la i* h * fenit Ctnî'C W Hfl*'1 et Traditions du Monde T^T L'AGORA DE LA DANSE ÎS lM i l 840.HUE CHERRIED METRO SHERBROOKE 514.525.1500 Met Mf* reseau admission 514.T90.1245 www.agoradanse.rom www.festivalnuitsdafrique.com «La vie passe si soudainement de la lumière à l’obscurité», constate Mme Lin dans un anglais maladroit mais délicieusement imagé.«Quand mon ami est mort, j'ai eu besoin de trouver des réponses: d’où venons-nous, où s’en va-t-on quand on meurt?Alors j’ai lu des ouvrages de philosophie bouddhiste qui m’ont apporté beaucoup de réconfort et que j’ai digérés en créant The Life of Mandala.» Les mandalas sont ces petites images symboliques et géométriques qui, dans le bouddhisme, représentent l’univers.«Quand les gens regardent ces superbes images, leur esprit se purifie et s’élève, explique la chorégraphe.J’utilise les corps des danseurs pour recréer ces différentes images derrière lesquelles le public peut lire des messages que véhiculent la culture et la philosophie asiatiques sur la naissance et la mort, l’amour et la haine, de paix et de violence sur le contact avec la nature et l’âme humaine.» Comme un cercle La pièce nous entraîne dans le voyage d’un homme à travers le temps, la mémoire et la nature afin d’y trouver sa place en quelque sorte.L’odyssée est divisée en quatre volets, la sublimation, le monde des désirs, l’éveil et les chants bouddhiques.La danse moderne se mêle aux influences de l’opéra chinois, tradition millénaire de cette culture de l’Orient qui allie chant, musique et acrobaties.«L’opéra chinois a des rythmes très particuliers, parfois rapides, parfois lents, toujours hyperconiras-tés, qui exigent un entraînement extrêmement exigeant, proche de celui du cirque, pendant dix ans, explique la chorégraphe.C’est un art empreint de philosophie chinoise [du yin et du yangj.Les interprètes puisent aussi dans les forces animales, sautent comme le tigre ou le singe, volent comme l’oiseau.» L’éclairage aux chandelles qui domine dans cette pièce plonge la scène dans une humeur toute méditative.Pour la chorégraphe, la lumière de scène représente davantage le divin tandis que les chandelles illustrent plutôt la vie humaine, faible et vacillante.«J’aime mettre ainsi en lumière les différentes parties du corps: les yeux, les oreilles, la poitrine, le ventre, qui ont chacun leur propre sens», sou-ligne-t-elle.Présentée en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, The Life of Mandala a vu le jour l’année de la fondation de la compagnie Tai-gu Taies, en 1988, et a donc insufflé à la jeune institution les mêmes principes qui guident l’œuvre phare de son répertoire.Ainsi, les douze danseurs de la troupe doivent suivre une formation spécialement conçue par la chorégraphe, qui va de l’exploration méditative et organique du mouvement à son déploiement explosif en passant par la quête de soi contemplative.Avec cette pièce issue de la première manière de Hsiu-Wei Lin (elle tient à le souligner), la chorégraphe entend livrer un message d’espoir, puisque son propre cycle de création artistique, bien qu’amorcé dans le deuil, s’est révélé foire corps avec la vie même.«Quand j’ai terminé la création de cette pièce, je suis tombée enceinte et j'ai eu une fille qui danse maintenant avec moi dans cette pièce, raconte-t-elle avec émotion.Elle a 15 ans.Pour nous, cette pièce a une signification incroyable, c’est comme un cercle.» 4 LE DEVOIR, LES SA M E D 1 ET DI M A N t H E S FEVRIER 2 O O I Mirl’liinirtcoipltt.L’AGENDA h .> * y ?.7 février 20 h Centre Pierre-Pétadeau 514 987 6919 DE VISU Cent ans de créativité De Millet à Matisse offre un magnifique tour d’horizon des mouvements novateurs de la peinture française entre 1830 et 1940 DAVID CANTIN Une fois de plus, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) risque de séduire de nombreux visiteurs avec une nouvelle exposition en provenance de la réputée Kelvingrpve Art Gallery, de Glasgow, en Ecosse.Grâce à une soixantaine de tableaux de grands maîtres, De Millet à Matisse offre un magnifique tour d’horizon des mouvements novateurs de la peinture française entre 1830 et 1940.Un parcours incontournable, à Québec pour quelques mois seulement.Organisée par l’Ame-rican Federation of Arts, alors que la Kelvingrove Art Gallery procède à d’importantes rénovations, cette sélection d’envergure internationale ne s’arrête qu’à un seul endroit au Canada.Ainsi, le MNBAQ accueille en ses murs, jusqu’au 2 mai, des toiles resplendissantes d’artistes tels Van Gogh, Gauguin, Picasso, Cézanne, Braque, Renoir et Monet L’exposition procède ainsi par thèmes afin de mettre en valeur l’évolution des styles dans la peinture française au tournant du XK* et du XX' siècle.Il faut savoir d’emblée que, de 1800 à 1900, les collectionneurs de Glasgow s’intéressent davantage à l’art français contemporain qu’aux immenses fresques classiques.C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la Kelvingrove possède aujourd’hui cette collection aussi attrayante.Un espace propice Sans tomber dans le piège de l’académisme, la commissaire invitée Vivien Hamilton, en coordination avec Daniel Drouin du MNBAQ, met à profit les grandes étapes qui transformeront la peinture française, du mouvement réaliste jusqu’au pointillisme.On découvre tout d’abord ces scènes contemporaines de la nature qui deviendront l’un des principaux sujets pour bien des artistes en marge tels Monet ou Cézanne.Plutôt que de s’inspirer des modèles du paysage traditionnel, certains peintres décident de sortir de la norme en privilégiant le travail direct à partir de la nature.C’est le cas, notamment, de Monet, qui rend les effets ftigaces de la lumière dans Paysage à Vétheuil (1880), ou encore d’un Pierre Bonnard qui peint de mémoire plutôt que «sur le motif».Des œuvres telles La Chaîne de l’étoile et Pilon du roi (vers 1878-1879) de Cézanne, de même que Paysage, Saint-Briac (vers 1887-1889) d’Emile Bernard (un impressionniste proche de Gauguin) innovent grâce à l’utilisation d’un vocabulaire visuel avant-gardiste.Autre fait à souligner, à partir des années 1870, de nombreux artistes se mettent à dépeindre une classe moyenne qui devient le reflet d’un essor social et économique.En 1901, lors de son deuxième séjour à Paris, Picasso met déjà son talent à l’épreuve dans La Marchande de fleurs dans la rue.Cette huile sur carton s’intéresse davantage à une certaine dynamique de la scène urbaine qu’à de nombreux détails à retenir.Tout le potentiel artistique de Picasso est déjà contenu dans cette toile d’une grande force expressive.Dans la deuxième salle, on s’intéresse plus précisément à une représentation subjective de l’eau et de ses reflets.De Boudin à Marquet, l’économie des moyens invite à une force d’expression incomparable.Dans la série des portraits, on s’arrête plus longuement devant ce chef-d’œuvre qu’est le Portrait d’Alexander Reid (1887) de Van Gogh, qu’on a longtemps classé parmi les célèbres autoportraits du frère de Théo.De biais, la Fille de cirque (vers 1939) met également à profit l’art plus spirituel de Georges Rouault.La dernière partie de l’exposition pointe finalement du côté de la nature morte.Du réalisme de Courbet aux effets décoratifs de Matisse, les contrastes sont plus que flagrants.Le Plat de fruit, verre et bouteille (1926) de Braque laisse transparaître une forme d'intemporalité qui inspire tout au long de ce trajet d’une force remarquable.On souligne aussi l’apport d’un design qui, tout en rappelant les intérieurs de la haute bourgeoisie du XDC siècle, offre un espace propice aux nombreuses trouvailles esthétiques.De Millet à Matisse a tout pour connaître un succès retentissant dans la capitale nationale.DE MILLET À MATISSE Peinture française du XIXe et du XX' siècle de la Kelvingrove Art Gallery de Glasgow.Au Musée national des beaux-arts du Québec, parc des Champs-de-Bataille, Québec.Jusqu’au 2 mai 2004.Cette sélection d’envergure internationale ne s’arrête qu’à un seul endroit au Canada € PICASSO ADMINISTRA PION, DACS / (iLASCîOW MUSKUMS La Marchande de fleurs dans la rue, 1901, de Pablo Picasso.GLASGOW MUSEUMS Portrait d'Alexander Reid (détail), 1887, de Vincent Van Gogh.De 1800 à 1900, les collectionneurs de Glasgow s’intéressent davantage à l’art français contemporain qu’aux immenses fresques classiques GIASGOW MUSEUMS Le Départ pour le travail, versl850-1851, de Jean-François Millet.Lise Daoust flûte Louise Bessette piano PRIME DONNE Jeudi 19 février, 20 h Œuvres de Arcuri, Arseneault, Berio, Boulez, Collard, Saariaho, Scelsi et Vivier.Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau M—W— (514) 987-6919 2$ $ {régulier} 12,50 $ (50 an»+) 5 $ (étudUnt) SHca Société de musique contfimooi-!' du Québec Walter Boudreau directeur artistique Montreal® ¦onlaidir» Le Devoir 38’ saison — 2003-2004 Québec! IA CHAPELLE PRESENTE >VA SIS TAS FENETRE SUR LART INTERDISCIPLINAIRE NATACHA ROUSSEL.MARC COUROUX.MICHAEL REINHART.FOLLOW FOLLOW.PAM HALL.GANESH ANANOAN.CLÉ0 PALACIO-QUINTIN et MARYSE MORIN, PIEfiRE HÉBERT et BOB OSTERTAG, NATHALIE OEROME, FARINE ORPHELINE cherche AILLEURS MEILLEUR Wfi£^t!ï'i8ÊÊËÊÈi*M&f.-.ÊlÊk 3700.RUE ST-DOMINiqUE.MONTREAL MÉTRO SHERBROOKE OU ST-IAURENT BUS 55 OU 144 LA CHAPELLE S CENES C 0 « TEMP 0 R UN ES & LES VIOLONS DU ROY LA CHAPELLE DE QUÉBEC Directeur artistique et musical Bernard Labadie GUUianor Carmignola « Un véritable festin sonore » Richard Boisvert, Le Soleil, 2002 J.S.BACH «k Concerto pour violon en la mineur * Concerto pour violon en mi majeur « Concerto pour 2 violons en ré mineur Sinfonias extraites de cantates Giuliano Carmignola, viobn m Nicole Trotier, violon m Mardi 17 février 2004 20 h ¦i Salle Pollack, Université McGill 550, rue Sherbrooke Ouest Admission: 1 800 361-4595 Concerts Pour tout savoir sur la programmation, demandez notre brochure au (514) 987-6919 ou sans frais au 1 877 643-8131.www.violonsduroy.com Québec "" Québec • «MM* GanaJaG lu Canada fat Aj Québec tîrï CuFONDS dcaftMtéFIQ \ J 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2001 E fi LE DEVOIR De Vise Le charme et le mystère des tanagras Une exposition qui lie l’histoire de l’art à l’archéologie dans des œuvres d’une finesse exceptionnelle TANAGRA: LE PETIT PEUPLE D’ARGILE Du 5 février au 9 mai 2004 Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Michal et Renata Hornstein 1379, rue Sherbrooke Ouest HERVE I.EWANDOWSKY / RMN La Sophocléenne, fin IV' siècle av.J.-C.Emce VERRE Exposition des lauréats de la bourse Houdé-Mendel : Catherine Benoit, Maude Bussières, Diane Canuel, Carole Frève Louise Gingras, Nathalie Hillman, Caroline Ouellette et de bijoux sn verre Du 5 février au 3 mai 2004 Parcours Galerie Espace VERRE 1200, rue Mill, Montréal Québec) H3K 2B3 (Près du pont Victoria) 514-933-6849 www.espaceverre.qc.ca 1 Diane Canuel Blanc Photo Jocelyn Blais 2 Carole Frève Pour Francis Photo : Jocelyn Blais 3 Maude Bussières La princesse au petit pois Photo : Jocelyn Blais Québec S ¦ Québec SS Montréal© MICHEL HELLMAN Collaboration entre le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée du Louvre à Paris, Tanagm: le petit peuple d’argile rassemble des trésors de l’Antiquité.Découvertes à partir de 1870 dans des nécropoles de l’antique cité de Tanagra, en Béo-tie, les tanagras sont de petites statuettes en argile, certaines remarquables par leur raffinement Cette exposition, qui lie l’histoire de l’art à l’archéologie, nous invite à réfléchir sur le contexte historique ainsi que sur le mythe entourant ces figurines aussi élégantes que mystérieuses.Leur découverte provoque au XK' siècle un véritable engouement.Les artistes s’inspirent de la délicatesse du drapé, de la finesse des détails, et les pastiches se multiplient on peut voir dans l’exposition les nombreuses imitations de la «célèbre danseuse voilée».Le nom «tanagra» devient même un qualificatif pour désigner les coquettes de Paris.Une image s’impose peu à peu, comme en témoigne ici la présentation de quelques œuvres du peintre Jean-lion Gérôme.Le contexte culturel et historique L’exposition veut opposer cette image romantique à la réalité archéologique, en replaçant ces statuettes dans leur contexte culturel et historique.Devenues objets de décoration très convoités, elles avaient essentiellement à l’origine, il y a plus de 2000 ans, une fonction funéraire et religieuse.Les nombreuses fouilles illicites suscitées par l’enthousiasme et la demande toujours croissante ont malheureusement détruit tous les repères archéologiques qui auraient pu nous GALERIE DE B E L L E F E U I L L E EXPOSITION FABIAN JEAN [HJ 0 AU 1" FÉVRIER 2004 [ '*¦ ' AVI .fi R F I NE .WF S T MO UN T IM: fi 14.933.4406 FAX: 914.933.6963 WWW.) F B F L L E F EU I L L E.fi0M Éros et Aphrodite, vers 375-350 av.J.-C.aider à mieux comprendre l’origine de ces figurines qui apparurent vers 340-300 av.J.-C.pour disparaître vers 200 av.J.-C.Grâce à différents objets provenant de prêts exceptionnels, l’exposition nous permet de suivre l’histoire du travail de l’argile dans la Parle-moi d'amour - 6e édition Une exposition-encan pas comme les autres Plus de 200 tableaux réalisés par les Impatients et par une centaine d’artistes professionnels.Du 10 février au 9 mars 2004 Les Impatients 100 rue Sherbrooke Est.4e ét.Infos: (514) 842-1043 Du lundi au vendredi de lOh à 17h - samedi et dimanche de 13h à 17h Avec F appui de Lundbeck Canada.Fondation des maladies mentales, Gaz Métro, GlaxoSmithKline et Rona.RITA LETENDRE Nouvelles œuvres et rétrospective DENIS JUNEAU Gouaches de Paris Jusqu'au 7 février 2004 GALERIE SIMON BLAIS i boni.Saint-Laurent H2T 1ST S14.849 llbs Ouvert du mardi au vendredi iOh à 18h samedi région de Tanagra depuis la période mycénienne et d’apprécier la richesse artistique de la Béotie.Par la suite, avec les conquêtes d’Alexandre le Grand, les tanagras vont se répandre dans une grande partie du monde hellénistique.Ces petites figurines nous révèlent l’intimité de la vie quotidienne de cette époque (une femme tenant son bébé, un laboureur, un joueur d’osselet.) Les célèbres statuettes de La Dame en bleu et de La Sophocléenne, du Musée du Louvre, drapées dans leur «himation», sont particulièrement remarquables: les manteaux et les robes épousent le corps et tombent en plis fluides, créant une impression de mouvement et de vie.Pour la commissaire de l’exposition, Violaine Jeammet, ces sculptures possèdent avant tout une fonction symbolique liée à une représentation du passage de l’adolescence à l’âge adulte.Représentations séculaires ou symboles religieux?Un résultat en tout cas d’une finesse exceptionnelle, d’une grande fraîcheur et d’un naturalisme touchant.À travers quelque 180 œuvres — statuaires, céra- HERVE I.EWANDOWSKY / RMN miques et peintures —, l’exposition nous propose un parcours fascinant dans lequel l’énigme des tanagras n’en fait que plus ressortir leur beauté intemporelle.MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Québec présente du 6 février au 18 avril 2004 » R - 1 U * V Kamila Wosniakowska ndi 11 février a 18h Dominiaue Blain «Le monde comme il va» Les mercredis soir sont gratuits 185, lue Sainte-Catherine Ouest Metro Place-des Arts (514) 847 6226 www,macm.org i HERVÉ I.EWANDOWSKY / RM La Dame en bleu, vers 33( 300 av.J.-C.la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Le dimanche 8 février à 14 h 30 Visite commentée PAR Francis Rollin de l’exposition Le Design contemporain au Québec présentée jusqu’au 29 février Info: (S 14) 630-1254 i r 3773 LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FEVRIER 200 K OUTREMONT 1248.rue Bernard Ouest (514) 495-9944 wwv.ttieatreoiitre«Mt.ca TABLEAU DE FAMLlffeFoanQzpect (Le ta® ignoranti) V.0.tafeme avec sous-ttres français mnœïtafie.2002.111 rrmiGf atéwiaf 19hM Culture e x iCe n tris NORAIMS S14 847 2206 WWW.iX-CINT*IS.COM CINÉMA Culture et dépendance Une expérience originale à Québec a grogne dans le milieu du cinéma québécois.Les producteurs accu-sennes cinéastes de leur voler leur heure de gloire et les cinéastes reprochent à Téléfilm Canada les enveloppes à la performance que les premiers couvent comme une poule s’assoit sur ses œufs.À l’heure où les Rendez-vous du cinéma québécois (du 12 au 22 février) se promettent d’aborder le problème de front à travers débats et rencontres, un regard sur ce qui se tait dans le reste du monde s'impose à mon avis.Car si elle ne console pas toujours, la comparaison peut être fort instructive.Ainsi, un coup d’œil rapide sur l’Europe suffit à constater que la nouveUe politique de Téléfilm Canada en matière de financement des films, contestée depuis son entrée en vigueur, en 2001, est assez emblématique d’une tendance mondiale qui favorise la culture du succès au box-office au détriment de la culture de l’excellence par laquelle les cinématographies se construisent Prenons l’exemple de l’Italie.Son cinéma fut autrefois majestueux et déterminant dans l’avancement du septième art.Il est aujourd’hui aphasique.Outre quelques mégasuccès internationaux (La vie est belle, Le Postier) et la reconnaissance mondiale de certains de ses auteurs (Nanni Moretti, Ferzan Ozpetek), le cinéma italien s'est tourné vers la production à moindre coût d’œuvres grand public qui se débobinent en circuit fermé dans la Botte.Résultat quatre films italiens, inconnus en dehors des frontières de ce pays, figurent au palmarès des dix films les plus populaires de 2003.Ce résultat aurait permis au gouvernement italien de se désengager davantage de l’industrie du cinéma, comme en témoigne sa nouvelle Loi sur le cinéma, dont rend brièvement compte la dernière édition de Zoom international, bulletin professionnel publié par Téléfilm Canada à l’intention des gens de l’industrie du cinéma.On y apprend que désormais, la part maximale de fonds publics investis dans les films passera de 80 à 50 %.De plus, ces sommes ne seront désormais plus versées à la lumière du scénario mais bien en fonction de la performance des producteurs-distributeurs au box-office.L’objectif de cette nouvelle loi, qui aurait supposément reçu l’aval du milieu du cinéma italien, viserait (vous reconnaîtrez les arguments) à favoriser le développement du financement privé et la production de films «rentables».L’heure des réformes a également sonné en Allemagne, pays autrement plus riche que le Canada, dont le cinéma recueillait en 2003 des parts de marché de 14 %.Ses politique en matière de financement du cinéma — nettement plus mercantiles que l’avance sur recettes française — ont (entre autres) inspiré les principes directeurs de Téléfilm.Alors que deux productions allemandes figurent au palmarès des dix films les plus populaires de l’année (Good Bye, Lenin !, de Wolfgang Becker, et Das Wunder von bern, de Sônke Wortmann), le FFA (ou Filmfôr-derungsanstalt) resserre lui aussi Martin Bilodeau ?les critères de participation à son programme d’aide automatique.D faudra désormais qu'un film obtienne 150 000 entrées pour y avoir droit (50 000 si le film a remporté des prix dans les festivals internationaux).En d’autres mots, devant le nombre croissant de films qui se qualifiaient pour l'aide automatique, le fonds manque.de fonds.Plutôt que d’aller vampi-riser les fonds manquants dans l’enveloppe destinée à l’aide sélective, on a préféré resserrer les critères d’admissibilité.Force est de reconnaître qu’un modèle parfait n’existe pas et qu’une politique en matière de financement ne peut qu’avancer à l'aveugle dans un contexte de mondialisation et de convergence comme celui que nous connaissons à l’heure actuelle.Les chicanes et les doléances des cinéastes et des producteurs montrent bien à quel point notre cinéma est dépendant des institutions, dont le moindre battement d’ailes peut provoquer une tempête.Or cette dépendance est devenue malsaine, infantilisante et complètement perverse à l’heure où les producteurs et les cinéastes se désolidarisent.C’est contre cette dépendance que les cinéastes (défavorisés) et les producteurs (favorisés) devraient se battre afin d’équilibrer leurs intérêts.Une fois unis devant Téléfilm Canada, leur cause aurait plus de poids aux yeux des contribuables dont l’agence gouvernementale fédérale se dit le reflet ?Ça va bien pour Les Invasions barbares.Deux nominations aux Oscars, quatre aux Césars, voilà que le long métrage de Denys Arcand fait un tabac en Italie, où il a cumulé jusqu’ici des recettes de 2,2 millions SCAN.Au cours de la même période mais sur deux fois moins d’écrans, il a récolté 442 000 $ en Allemagne, contre 623 000 $ en Espagne.Par ailleurs, en date du 25 janvier, ce film avait engrangé quelque 934 000 $US sur le territoire américain.Compte tenu du fait que ce résultat est antérieur à l’annonce de sa nomination aux titres de meilleur film étranger et de meilleur scénario dans la course aux Oscars, on peut s’attendre à ce qu’il franchisse sous peu la barre du million.Cela étant, on est encore loin des 6,2 millions $US récoltés chez nos voisins du Sud p^r la comédie Mambo Italiano, d’Emile Gaudreault, issue de Cinéma-ginaire, la même maison de production que le film d’Arcand.On peut entendre Martin Bilodeau trois fois par semaine dans le cadre du magazine quotidien Aux arts, etc.(midi dix) de la Chaîne culturelle de Radio-Canada, animé par Johanne Despins.S ARCHIVAS 1.K IIKVOIK Kitchen Stories, un film Scandinave sous-titré, raconte Phistoire d’une équipe de chercheurs qui étudient les déplacements d’hommes célibataires dans leur cuisine.Un film pour enfants, quoi.Pleurer en paix au cinéma Des séances pour papa, maman.et bébé ISABELLE PORTER Le cinéma Le Clap de Québec propose, tous les mercredis, des matinées cinéma pour parents et bébés.Une formule qui permet aux papas et aux mamans de voir des films en paix, dans le confort d’une salle où les pleurs, les gazouillis et l’allaitement sont tolérés.Il suffisait d’y penser.Sans bébé à moi pour vivre l’expérience et opposée à l’idée d’amener un toutou en remplacement (d’aucuns se rappelleront une certaine chronique de Josée Blanchette sur les cours prénataux à son époque «sans bébé»), j’invite l’amie Anne-Josée et Flavie, sa petite fille de cinq mois, à m’accompagner au cinéma.Kitchen Stories, un film Scandinave sous-titré, raconte l’histoire d’une équipe de chercheurs qui étudient les déplacements d’hommes célibataires dans leur cuisine.Un film pour enfants, quoi.Quand même, En plus de présenter des films pas trop «métal», on baisse un peu le volume et les bandes-annonces sont coupées quatre mamans et un papa se sont déplacés avec leurs petits en dépit du mauvais temps.Anne-Josée dit que, d’habitude, la salle est pleine et qu'il arrive que ça braille fort et collectivement.Comme une grosse vague.Quand ça arrive, les parents en profitent pour jaser.Il y en a même qui arrivent plus tôt avant le film pour ça.On ne sait jamais, les enfants pourraient ne pas pleurer du tout.«On a tenté l'expérience en octobre dernier en réponse à la suggestion d’une cliente.Ç’a été extrêmement concluant.Au début, on proposait seulement une représentation, puis on en a ajouté une autre.C’est souvent complet dans les deux salles», m’explique Stéphanie Bois-Houde, l’une des organisatrices du projet En plus de présenter des films pas trop «métal», on baisse un peu le volume et les bandes-annonces sont coupées.Ce matin, l’histoire est lente comme un accouchement qui n’en finit plus.En beaucoup moins intense, bien sûr.Mais le suspense est quand même là: quand vont-ils se mettre à hurler?La porte se met à grincer chez le vieil agriculteur.I>a petite de la troisième rangée hésite.Et de nous faire dans le «veevvv.veve.ve».Mais non, l’attention de mademoiselle a probablement été attirée par le plat de hareng fumé du scientifique suédois.Quant à Flavie, elle est tout simplement adorable.«Yaaaaaaa, yaya.» C’est sûr, elle veut qu’on dise du bien d’elle dans l’article.Elle se serait plainte un peu que nous aurions compris ixmrtant.Ça manque un peu de couleurs comme film pour enfants.À part le tracteur rouge de tantôt, c’est assez brun-gris.Et en plus, son suédois n’est pas encore au point.Le film est terminé.Je n’aurai pas assisté à la fameuse vague.Les enfants sont restés bien sages.Même pas une petite crise! Que voulez-vous, les enfants ne savent plus respecter les règles de nos jours.CINÉMA LE CLAP 2360, chemin Sainte-Foy, Québec Information: (418) 650-CLAP Culture et télé pour ne rien manquer « Une incursion poétique.» - Odile Tremblay, le Devoir « Une beauté-une splendeur » - Joël Le Bigot à la radio de Radio Canada LES 400 FILMS PRÉSENTENT Arbres UN FILM DE SOPHIE BRUNEAU ET MARC-ANTOINE ROUDIL Un parcours étonnant, un film plein de couleurs duquel se dégage une force et une sérénité inattendue.Comme devant un tableau, vous nêtes plus quémotion et vous vous laissez envahir par une béatitude jubilatoire.G EX-CENTRIS JSje.bout.Saint-Laurent.Mtl Billet tarie (su) 847**06 i*aSaill$,lae .mt A t’affiche dés le vendredi 13 février » Québec au cinéma CARTIER ?CINEMA ?SEMAINE DU 7 FÉVRIER AU 13 FÉVRIER 2004 Les NOUVEAUTES et le CINEMA en résumé, pages ?46 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?7,14 Château Bromont DOMAINE HOTELIER • HOTELS RESOR1 /liomont CHRèsiAL F1ÏÏMS présentent le concours : TENDRE ESCAPADE D’AMOUR Une fabuleuse détente amoureuse s’offre à vous r ( un film de Claude Fournier je naime que toi produit par Marie-Jo»é Raymond mu'iquc Jorane Michel Forget Noémie Godin-Vigneau Dorothée Berryman Jean-Nicolas Verreault France Castel Normand Chouinard Louis-José Houde Courez la chance de gagner un SÉJOUR GRAND CONFORT en amoureux au Domaine Bromont.Vous serez comblé par: • un souper gastronomique •UNE NUITÉE DANS UNE CHAMBRE DOUILLETTE •UN SOIN DÉTENTE OFFERT PAR Spa Concept Bromont.Bonne chance aux tourtereaux ! Pour participer, mmpljSMz la bulletin de participation d-dssaout «t envoyH le 4 : Concourt (Mente amoureuse au Château Bromont 37B avenue Victoria, bur 300, WestmountOuâbec, H3Z103 Participez des maintenant ! dans LAGENDA cuhunel RemplisM?!• but Mm d* participation at répondez conactamant * la question d'aptitude.• La concoura débuta la 31 janvier 2004 at aa termina la 19 février 2004.• U tirage aura Heu le 20 février 2004 à midi.vWa • Lae fac-eimilée ne aont paa accepté» App • • La règlement du concoura eet dtaponibte chez CHWSTAL FILMS.Coda poatd :_______________T4L(_ Ouettion d'aptitude 2 x 50 -25 » _ I LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2004 LE DEVOIR - Tl om ^ Il VJ 11JL UJ Entrevue avec le réalisateur Rudy Barichello Le parti pris de l’ombre SOURCE CHRISTAL FILMS François Cluzet en faux John Lennon et Marie Trintignant en fausse Janis Joplin dans Janis et John de Samuel Benchetrit.Un film qui surfe sur une tragédie JANIS ET JOHN Réalisation: Samuel Benchetrit Scénario: Samuel Benchetrit et Gabor Rassov.Avec Sergi Lopez, Marie Trintignant François Cluzet Christophe Lambert Jean-Louis Trintignant Image: Pierre Aim.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On va voir le film Janis et John comme on va déposer une couronne sur une tombe.De là à goûter vraiment le déplacement-Marie Trintignant, assassinée par son ami de cœur l’été dernier, reprend vie l’espace d’un film dirigé par son ex-mari, Samuel Benchetrit, qui réalise ici son premier long métrage en cherchant à magnifier sa muse.Dans le dernier plan, la comédienne montre le ciel: une image qui rétrospectivement paraît prémonitoire.Mais on eût souhaité pour Marie Trintignant un meilleur chant du cygne, car Janis et John ne casse rien, pour ce qui est de la qualité.On se retrouve devant une comédie qui se révèle très mineure, en fait.L’idée de départ est amusante pourtant.C’est l’histoire fofolle d’un agent d’assurances magouilleur (Sergi Lopez) et de sa douce épouse Brigitte (Marie Trintignant) englués dans une arnaque pour soutirer à un cousin doucement timbré une somme rondelette afin de rembourser un client lésé 0ean-Louis Trintignant).Ledit cousin (Christophe Lambert) demeure accroché à l’univers de Janis Joplin et de John Lennon, attend leur retour de l’au-delà.Reste à fabriquer deux clones de ses idoles pour lui soutirer le fric.Brigitte incarnera Janis et Walter (François Cluzet), un acteur au chômage, le Beatle ressuscité.Bien entendu, rien n’ira comme prévu et les deux stars du rock créeront autant de remous dans leurs nouvelles incarnations qu’à l’époque de leur gloire.Sur cette trame originale, com- SÉLECTION OFFICIELLE CANNES 2003 ?«La Petite UH s'impose comme une des plus grandes réussites de Miller» ¦ tue Perreault.U Presse la petite lili UN FUM DC CLAUDE MILLER g PRÉSENTEMENT A L’AFFICHE! M.«K»™ ¦^,K.Culture et télé pour ne rien manquer L’AGENDA chaque samedi ment un scénario pouvait-il s’entortiller, revenir sur ses pas, s'essouffler de la sorte?Force est de le constater: Benchetrit a coécrit et dirigé son histoire d’une main bien molle, faute d’avoir beaucoup de métier sans doute.Il y a des bons moments pourtant.Quelques gags font mouche et le choc des univers entre le cousin hippy et l’agent d’assurances bien rangé produit au départ des étincelles.Cluzet en faux John Lennon est étonnant et défonce l’écran.Certaine scène au restaurant, alors qu’il se confond avec son modèle et dévoile le pot aux roses de l’arnaque devant des clients abasourdis, est aussi vivante que drôle.Cela dit, Marie Trintignant paraît fade dans l’ombre de la grande chanteuse et, malgré les efforts apportés pour renouveler son registre, elle n’habite pas très bien son personnage.Quant à Sergi Lopez, habituellement si juste, il surjoue à un point qui irrite.Jean-Louis Trintignant a l’air d’un fantôme et Christophe Lambert, d’une marionnette.De plus, l’intrigue se déglingue sans se renouveler tout en égarant ses punchs à mi-parcours.Janis et John est un film qui surfe aujourd’hui sur une tragédie.Sans l’assassinat de l’interprète féminine, sa carrière internationale aurait sans doute connu une vie très courte, mais le pire est arrivé et cette comédie en réveille malgré elle toute l’horreur.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Son premier long métrage, Dans l’œil du chat, ouvrira jeudi prochain les 22“ Rendez-vous du cinéma québécois, avant de prendre l’affiche le lendemain en salle.Q s’appelle Rudy Barichello et sert au public un thriller psychologique à saveur érotique; mais pour lui, le terme érotique est de trop.Il lui préfère nettement le mot «sensuel», évoque longuement son amour pour l’ombre, le huis clos, les mystères dont se nourrit son film.«Maintenant, mon partenaire de danse, c’est le public.À lui de trancher.» Venant du monde de la publicité, Rudy Barichello est un Québécois d’origine italienne qui se sent citoyen du monde et qui est souvent par monts et par vaux.Ici, il est associé au scénariste Marcel Beau-lieu dans une société de développement et de production appelée les Films Fratelli, avoue partager avec lui le sens du sacré et un goût pour l’obscur silence.En Belgique, Barichello dirige Dragon Films, la maison de production fondée par Franco Dragone, le metteur en-scène du Cirque du Soleil.«J’ai un parcours de crabe, précise-t-il.Ou peut-être sept vies comme les chats.» Sous ses cheveux de rasta, il ne doute pas de lui, Barichello, nomme Hitchcock, Bertolucci et David Lynch en guise de mentors pour son film.Côté éclairages, il se réfère aux peintures du Caravage, avec son parti pris pour l’ombre.«Je préfère un cinéma d’évocation plutôt que de description.Le chat lui-même est un animal doté d'une part d’ombre.» Intrigue du film: dans le huis clos d’un appartement du Plateau en panne de sa locataire, sous le regard farouche d’un chat, un homme (Jean-Nicolas Verreault) enquête sur la disparition de son ex-compagne (Julie Le Breton), morte apparemment lors d’un périple autour du monde.La nouvelle fiancée (Isabel Richer) est aussi l’ancienne grande copine de la voyageuse et a bien des choses à cacher.«Le thriller et le huis clos se sont imposés», dit-il, en révélant adorer les films de genre, qui constituent des raccourcis pour parler au public et l’entraîner ailleurs.«C’est la démarche qui fait le film d’auteur et non le genre.Par ailleurs, je suis convaincu que la forme aide ici le message à passer.Mon film pose plusieurs questions sans apporter de réponses absolues.Est-il possible de choisir entre le fantasme et la réalité?Impossible de trancher.» Dès le début, écrivant le scénario à quatre mains avec Marcel Beaulieu, il a su qu’il dirigerait le film lui-même.Derrière lui, il y avait le court métrage Ismaël, ainsi qu’un autre petit film tourné en Sidle avec une minicaméra.«J’ai redécouvert là-bas le plaisir de la lumière, du cadrage.» SAIGNANT SOURCE CHRISTAL FILMS Marie Trintignant paraît fade dans l'ombre de la grande chanteuse Janis Joplin et, malgré ses efforts pour renouveler son registre, elle n'habite pas très bien son personnage.« Le petit monde bourgeois et réactionnaire de Bertrand Biier.continue d en mettre plein la vue.» « C'est Biier.à son meilleur.» - Andre Lavoie.Le Devoir « Le réalisateur un diamant qui brille toujours au firmament du cinéma français.» • Luc Perreault, la Presse JUv a Côtelettes UN FILM DE BERTRAND BIIER MRIDA R A H 0 U A 0 I CATHERINE HIEGEl Dans l’œil du chat devait être un court métrage aussi, puis le projet fut repris, étoffé.«On a créé une intrigue plus soutenue, le personnage de Gégé, la meilleure amie, est apparu.Les huis clos sont des bouilloires à pression, ainsi qu'une merveilleuse contrainte à laquelle il faut accepter de s’abandonner.Tout s’est mis en place.» Le film se voulait en creux le portrait d’une femme qui fait le tour du monde mais ne quitte pas un lieu, personnage présenté à travers son absence, son décor, ses amis, les messages sur son répondeur.Pour Rudy Barichello, l’appartement tout en longueur, avec ses vitraux, était un personnage à part entière, recelant sa tragé- die dans ses murs et ses pièces dérobées.«Jean-Nicolas Verreault est un acteur qui habite l’espace.La pièce se réorganise autour de lui.Avec lui et Isabel Richer, on a travaillé les relations anciennes de leurs personnages avec l’absente pour qu’elle imprègne leur attitude.Les scènes de nudité ne sont pas difficiles à rendre pour les acteurs, moins que la nécessité de se mettre à nu sur le plan psychologique.Isabel Richer k fait et parvient à garder la sympathie du public malgré ses coins d'ombre.Quant à Julie Le Breton, présente dans peu de scènes, eüe est le fantôme du film qui bouffe la vie des autres.Mais k cinéma n’est-il pas toujours une histoire de fantômes?» demande-t-il.MICHEL BOUQUET PHILIPPE NOIRET A, ^ JACQUES GRENIER LE DEVOIR «J’ai un parcours de crabe.Ou peut-être sept vies comme les chats», explique Rudy Barichello, le réalisateur du film Dans l’œil du chat.«.DES DIALOGUES SAVOUREUX.MARIE TRINTIGNANT ET SBIGI LOPEZ SONT PARFAITS.» -IWKtt « .SYMPATHIQUE COMBIIE PARSEMÉ DE CLINS D'OEIL À LA CULTURE POP.» u um « UN FILM DRÔLE ET CHALEUREUX.UNE RÉUSSITE ! » « .UN SCENARIO DEIRANT ET HAUTHAENT CASSE-GUEULE.» moauntc * ntmax « .EXCELLENTE SURPRISE.DRÔLE, IPENTIF ET À L'ÉNERGIE COMMUNICATIVE.» wwtuiim « .MISE EN SCÈNE MAGISTRALE, COMÉDIENS AU SOMMET DE LEUR FORME.» maim présentement à [CINÉMA | g»6, 9—ubéfi E 721 -eWO j EX-CENTRIS DA.M7 2KM l’affiche! -CINÉMA 9——1 OATINEAU ?I miJKZ MMKTM11QHNT FMÇMCUBT MBTWi LAMENT ET JM-UM TNHTINMHT PRÉSENTEMENT A L'AFFICNEI C- FAMOUS PLAYERS —• |-FAMOUS PLAYERS-| r— MÉOA PLEJC* QUZZO —» MÉOA PLEX' QUZZO — PARISIEN «H [VERSAILLES IjACQUa OÛlTIBI uTl [pQNT-VIAU |-CINÉMA——I I CINÉPLEX OOÉON l—MÉOA-PLEX'QUZZO—I r- CINÉMA B_ IST-EUSTACHE ?I [BOUCHERVILLE [tERREBOHNE 14 Tl FoATINEAU Y r FAMOUS PLAYERS STARCtTÉ , |-FLEUR D€ LYS-| [— MAISON DU CINÉMA HULL ?[sherbrooke ?] r— LE CARREFOUR 10——i r— CINEMA DINE- , IJOLIETTE ISTE-ÀPÉLeTH 4
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