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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-02-07, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE S E E V R I E R 2 0 01 LE DEVOIR ROEDERER ET CHOUINARD Les 22e Rendez-vous du cinéma québécois prennent l’affiche du 12 au 22 février 2004 Page3 Vingt-deuxième rendez-vous NANCY HUSTON L’auteure du Cantique des plaines rend hommage à Jean Chabot — à l’homme et à l’œuvre PageS L’Œil du chat de Rudy Barichello i 1 La Grande Séduction de Jean-François Pouliot SOURCE: ALLIANCE ATLANTIS VAFILM Amélia de Édouard Lock SOURCE: FCMM face cachée succès Il y a le bon côté des choses.Mesurée en termes de profits et pertes, la dernière année aura été profitable pour la cinématographie québécoise.Quand en effet a-t-on vu un film être à l’affiche pendant quatre saisons consécutives?Ce que Les Invasions barbares ont fait peu de films, aussi américains soient-ils, peuvent s’en vanter.Et que dire du succès de La Grande Séduction qui, des mois après sa sortie, peut toujours être visionné dans les diverses villes québécoises jouissant sur leur territoire de la présence d’une salle de projection?Et l’été dernier, le Séraphin de Bina-mé s’imposait comme une sortie obligatoire, succès tel que la société de télévision radio-canadienne inscrit cette année encore, dans ses cases horaires du dimanche après-midi, la série télévisuelle qui la première mit en vedette le personnage.Ici et ailleurs Et il y a plus.À hauteur d’homme de Labrecque a fait les manchettes, toutes les manchettes, débordant des pages culturelles pour envahir la une des quotidiens, D’autres aussi — que ce soit Gaz Bar Blues, Amélia, La Face cachée de la lune ou un Roger Toupin, épicier variété — ont connu leur heure de gloire.Résultat: les distributeurs sont enthousiastes.Comme le dit Simon Beaudry, d’Alex Films, *on n'a plus de problème de temps d'écran.Ce type de cinéma prend l’affiche en période de pointe, lorsqu’il y a énormément de volume de films américains» Et ce n’est pas fini.Si, en début de la semaine dernière, le film La Grande Séduction faisait plaisir à tous en étant retenu par le public américain en tant que meilleur film étranger au festival de Sundance, ils sont aussi nombreux à attendre de voir à qui sera attribué dans une quinzaine l’oscar «Le cinéma d’auteur n’a jamais autant souffert dans toute l’histoire du cinéma canadien!» du meilleur film étranger, qu’Arcand convoite pour une troisième fois, film pour lequel les Français ont déjà eu le coup de cœur à Garnies, Marie-Josée Croze recevant la palme remise pour la meilleure interprétation féminine et Arcand, le prix du meilleur scénario.Ce même dimanche soir, il s’en trouvera aussi pour douter du choix des votants si la chanson thème des Triplettes de Belleville ne remporte pas la mise, film remarquable dans lequel le Québec est aussi pour beaucoup.Une année faste, donc.Et l’événement est d’autant plus extraordinaire que, partout ailleurs sur la planète, les diverses cinématographies nationales peinent à résister devant ce rouleau compresseur américain qui, à coups de millions de dollars publicitaires, prend d’assaut les salles.Ainsi, le 13 % de part de marché obtenu au Québec par les films produits localement s’affiche comme un résultat des plus honorable.Abondance Il faut aussi dire que des films, il s’en .tourne beaucoup au Québec.A un point tel qu’il est loin maintenant le temps où le projet des Rendez-vous du cinéma québécois consistait à mettre à l’affiche toute la production locale, sans discrimination et sans choix préalable.Cela ne serait plus possible.Ainsi, dans la seule catégorie du film documentaire, si 36 films prendront l’affiche pendant la dizaine de jours que compte l’événement, cela ne représente même pas le tiers des films soumis à l’attention des organisateurs (il y en eut 114 au total).En fait, année faste ou pas, il y a grogne.Contre les subvention-neurs: les cinéastes ont déjà manifesté leur volonté de s’opposer à la politique de subventions telle qu’établie par Téléfilm Canada, où le succès obtenu par un réalisateur de- vient la mesure de l’aide accordée à tout nouveau projet (il y aurait alors crainte que les Loft Story et autres Occupation double changent un jour d’écran).Les premières actions menées ont d’ailleurs occasionné une révision du projet originalement déposé.Contre les distributeurs aussi: «On clame que tout va bien, on fait du graissage de pattes, mais le cinéma d’auteur n a jamais autant souffert dans toute l’histoire du cinéma canadien!, signale un Daniel Bouchard de 7' Art Distribution, un producteur indépendant.Ce sont les quatre mêmes films qui se partagent la cagnotte aux Jutra.» Il est d’ailleurs de ceux qui ont initié un réseau indépendant pour faire en sorte que le cinéma d’auteur prenne toujours l’affiche au Québec: ensemble, ils sont à équiper numériquement des lieux de diffusion, jouissant d’ailleurs pour l’entreprise de l’aide de tous, même d’Alliance ou de Séville.Cette année donc, dans un monde cinématographique en ébullition, les Rendez-vous deviennent une pause obligatoire, occasion de faire un retour sur cette année où le succès en cinéma ne fut pas que d’estime.Dans les diverses tables rondes, ils seront toutefois nombreux à s’interroger sur la question de savoir de quoi ce succès est garant.À voir ce qu’il advint à un Jean Chabot, à qui les Rendez-vous rendent dommage, lui qui fut obligé aux compromis afin de poursuivre son travail de création, il est en effet permis de se demander où le succès mène.Comme le dit Nancy Huston, qui se déplacera pour l’occasion, «d’avoir eu de plus en plus de difficultés à tourner avec les années, d'avoir dû faire des compromis, ç’a dû être difficile à vivre».Il faut savoir qu’en cinéma, le succès n'est jamais garant de l’avenir.Comme quoi, pour le public comme pour le créateur, ce sera toujours le prochain film qui compte.Même si la magie opère d’abord quand il y a en salle projection.Normand Thériault IMAGES D’ICI Animation Art et expérimentation DISTRIBUTION Courts et Page 3 Page 5 Succès et défis moyens métrages fiction Page 4 Documentaires Page 2 1h DEVOIR Courts et moyens métrages fiction Faire silence et faire son cinéma L’apparente ressemblance des quatre finalistes du Jutra de l’«autre» fiction Avant d’apprendre qui, de Stefan Miljevic, Simon Lavoie, Tomi Grgicevic ou Nicolas Roy, sera récipiendaire à la soirée des Jutra du prix accordé au meilleur court ou moyen métrage fiction, il sera possible de les visionner aux 22' Rendez-vous.En guise d’introduction, présentation des œuvres.ANDRÉ LAVOIE \ Aune époque pas si lointaine, les Rendez-vous du cinéma québécois représentaient un moment privilégié pour visionner des courts métrages de cinéastes d’ici.Et cela était-il possible en dehors de l’événement?À l’occasion, dans les salles commerciales avant la présentation d’un long métrage, si le distributeur faisait preuve d’un peu d’audace, ou à la télévision, quand il s’agissait de combler quelques minutes à la programmation.Maintenant, les Rendez-vous, c’est un moment parmi d’autres pour en découvrir, entre les événements Kino, les soirées Prends ça court, et toutes les initiatives (émission de télé, site Internet, concours, etc.) proposées par Silence on court Les réalisateurs, se servant du court métrage comme d’un tremplin, d’une carte de visite, peuvent maintenant espérer une vie prolongée pour des œuvres souvent tournées avec plus d’enthousiasme que de moyens.les quatre finalistes du Jutra du meilleur court/moyen métrage fiction espèrent sans aucun doute qu’une fois passées leurs secondes de gloire le 22 février prochain sur les ondes de Radio-Canada, leurs efforts cinématographiques seront récompensés en se voyant offrir de nouvelles tribunes.Pour l’heure, Stefan Miljevic (Mammouth), Simon Lavoie (Corps étrangers), Tomi Grgicevic (Bager) et Nicolas Roy (Léo) souhaitent attirer l’attention des participants aux prochains Rendez-vous du cinéma québécois.Quatre films en portrait Les réalisateurs auraient-ils tout à coup donné leur langue au chat?Certes non, mais il en va autrement de leurs personnages, du moins ceux qui peuplent les courts métrages nomi-nés.Tomi Grgicevic et Nicolas Roy privilégient le silence tandis que Simon Lavoie réduit les dialogues à leur plus simple expression, symbolisant le malaise d’un homme devant une femme inaccessible, à moins bien sûr d’y mettre le prix.Seul le trio coloré et décoiffant de Mammouth n’a pas la langue dans sa poche, surtout quand sonne l’heure de la vengeance.Pour Léo, l’adolescent timoré du film de Nicolas Roy, le moment est plutôt venu de quitter le monde douillet de l’enfance pour celui, maintenant tout près, de l’âge adulte.La transition va pourtant se faire de manière brutale sans qu’une seule parole ne soit échangée avec son père.Vivant tous les deux à la campagne dans un lieu d’une profonde tristesse, accentuée par une image délavée, ils s’apprêtent à accomplir une tâche qui n’est pas sans difficultés ni tiraillements intérieurs.Car ils étaient trois à partager leur sinistre demeure mais l’un d’entre eux, un pauvre chien visiblement au bout de sa course et de son dernier souffle, n’en a plus pour très longtemps.Quelques sons grappillés ici et là et une caméra à l’épaule suivant au plus près les personnages composent ce moment solennel, ce douloureux rituel de passage.SOURCE RENDEZ-VOUS DU CINEMA Mammouth, de Stefan Miljevic.Derrière le volant de sa vieille bagnole, une serveuse (Julie LeBreton) très anxieuse tente de retracer un homme dont on ignore tout, sauf qu’il ne répond plus au téléphone.Cauchemars Une bande sonore épurée, mais tout aussi percutante, distingue Bager de Tomi Grgicevic, autre portrait de la campagne qui recèle sa part de violence et d’étrangetés.Ce qui s’annonçait comme une simple promenade à vélo, suivie d’une baignade dans un lac entouré d’un paysage de fin du monde, se transforme en drame insolite.On ne saurait trop le définir car la jeune femme qui regarde son copain s’amuser dans l’eau entend peu à peu des bruits curieux tandis qu’une pelle mécanique, laissée à l’abandon, semble se méta- morphoser en bête féroce.Est-ce vraiment le cas ou ne s’agirait-il que d’une hallucination parmi d’autres d’un personnage sur le point de perdre contact avec la réalité?Le cinéaste refuse de trancher mais l’escapade se conclut d’une manière tragique.Dans Corps étrangers de Simon Lavoie, le cauchemar d’un concierge (Martin Dubreuil), lui, est bien réel, et il prend les traits d’une prostituée (Isabelle Blais) qui habite dans l’édifice où il travaille.Son attirance pour elle frise l’obsession et alors qu’il paie pour obtenir ses services, au dernier moment, il la repousse, effrayé d’être si près de celle qui hante ses pensées.Mais par la suite, utilisant tous les stratagèmes, surtout les plus malhonnêtes, il tente de se rapprocher d’elle mais le malaise persiste, et l’indifférence de la jeune femme apparaît insoutenable.Homme étouffé par son désir, prostituée lassée de son métier, ce duo dépareillé suinte l’ennui, raison pour laquelle leurs échanges se résument à des banalités.Ils semblent entourés d’un silence inquiétant, comme s’il n’y avait qu’eux dans cet immeuble anonyme.Cap sur Carie et Morin Devant le décapant Mammouth de Stefan Miljevic, on ne peut s’empêcher d’avoir une bonne pensée pour Gilles Carie et Robert Morin.Ce court métrage au ton irrévérencieux décrit une campagne qui n’a rien de buco-üque, où ses habitants appliquent leurs propres lois, tout comme dans les films de Carie des années 1970 (Les Mâles, La vraie nature de Bernadette, Red, etc.).Et lorsque surgit Robin Aubert, abonné aux rôles de hum, il semble sorti tout droit du Nég" de Morin, prêt à fomenter d’autres plans tordus, à rendre une justice brutale et expéditive.Derrière le volant de sa vieille bagnole, une serveuse (Julie LeBreton) très anxieuse tente de retracer un homme dont on ignore tout, sauf qu’il ne répond plus au téléphone.En panne sur le bord d’une route, une âme charitable (Aubert) la conduit chez un garagiste (Louis Champagne) trop méticuleux pour être honnête.On apprend ainsi que la jeune femme est originaire de l’endroit et les souvenirs d’enfance commencent à remonter à la surface.Des souvenirs qui finissent par se recouper, un peu trop tard pour elle car ses deux sauveurs n’agissent pas que pour des motifs honorables.Ce délire kitsch, ftirsemé de visions macabres, adopte progressivement un ton plus'tragique, captivant jusqu’à la fin.Stefan Miljevic risque sans doute de remercier bien des gens lors dé la prochaine Soirée des Jutra.^ • y AfA C * T P ‘-f Mammouth de SiefanMiljevic, Corps étrangers de ^mofi'Lavoie, Bager de Tomi Grgicevic et Léo de Nicolas Roy seront présentés à 19h le 14 féyrier au Cinéma Beau-bien et, en reprise, le 20 à 21h à la salle Claude-Jutra de la Cinémathèque québécoise.Gens d’ici et d’ailleurs Formulation d'un visage actuel pour la réalité contemporaine Documentaires Quatre films pour décrire ce que le documentaire est devenu.En attente d’une remise de prix lors de la Soirée des Jutra.MARIE CLAUDE MIRANDETTE Rien n’est plus emblématique de la tradition cinématographique québécoise que le documentaire.fi est à ce point intimement lié au développement de l’identité nationale et au mouvement de prise de conscience qui fit s’incarner la Révolution tranquille qu’on ne peut le reléguer au rang de simple icône folklorique.Certes, il fait partie de notre patrimoine mais il est encore bien vivant et après une période de tergiversations durant les années 1980 (mais quel domaine n’a pas connu un ralentissement à cette époque?), il est revenu en force au début des années 1990.Au sacro-saint cinéma vérité qui a fait la réputation du cinéma québécois s’est substitué un documentaire plus scénarisé, mêlant images du réel et mises en scène, tâtant de la «fictionnalisation» au profit d’une relative dramatisation qui vise souvent moins la vérité que la vraisemblance.Bon an mal an, il se réalise quelques dizaines de docus au Québec et la cuvée 2003 ne fait pas exception.Trente-cinq films ont été retenus pour la grande fête du cinéma québécois; de ce nombre, quatre peuvent prétendre au titre de meilleur documentaire; The Fifth Province de Donald McWilliams (ONF), À hauteur d’homme de Jean-Claude Labrecque (Virage), Roger Toupin, épicier variété de Benoît Pilon (Cinéma libre) et L'immortalité en fin de compte de Pascale Ferland (Cinéma libre).Tour d’horizon The Fifth Province de Donald McWilliams évoque avec lyrisme les affres de l’errance apatride à travers diverses expériences.L’arrachement aux racines historiques ferait naître en soi la «cinquième province», un espace, une porte tournante intérieure ouverte aux autres et qui est essentielle à l’interdépendance VOIR PAGE RÉALITÉ Roger Toupin, épicier variété de Benoît Pilon.Appel de projet m artistes / Date limite : 1er mars IM Québec SS Montréal# SrSÜT* té O LE DEMUR *“21 CINEMA V I N G T - D E U X I È M E' RENDEZVOUS DU CINÉMA QUÉBÉCOIS CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT nlheriaiillalodevoir.ca 2050.ritf dp Blmrv.9' 6Ug«, Montréal (Onébe.c) HSA 3M9.Tel.: (514) 985-SSS3 rpdaptionolpdpvoir.com FAIS CE QUE DOIS SOURCE CINÉMA LIBRE .L’ASSOCIATION DES CINÉMAS PARALLÈLES DU QUÉBEC — maître d'œuvre du RÉSEAU PLUS, de L'ŒIL CINÉMA et de CINÉ-BULLES — se CONSACRE À la DIFFUSION DU CINÉMA D'AUTEUR ET À L’ÉDUCATION CINÉMATOGRAPHIQUE DANS TOUtfes LES RÉGIONS DU QUÉBEC depuis 25 ans! , Pour connaître nos activités et celles de nos membres ou pour vous abonner à la revue Ciné-Bulles : www.einemasparalleles.cie.ea PARALLELE®) QUEBEC WÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ C0B LE DEVOIR.LES SAMEDI ' ET DIMANCHE 8 E É V R I E R 2004 (ï CINEMA Rendez-vous du cinéma québécois Ça festoie du 12 au 22 février Une nouvelle vocation pour la fête annuelle du film Les 22 Rendez-vous du cinéma québécois ne projetteront pas sur écran toute la production cinématographique québécoise de la dernière année.Loin s’en faut: ainsi seulement 36 des 114 documentaires produits en 2003 seront mis à l’affiche.Pourtant, le succès de l’événement est assuré: «Vingt-quatre heures après l’annonce de la conférence de presse des Rendez-vous, on avait déjà 230 confirmations de journalistes.)» « On veut convaincre ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Les Rendez-vous du cinéma québécois sont la mémoire annuelle de notre septième art, la réflexion de ses bons et de ses mauvais coups.«Miroir, petit miroir, dis moi.» Ça fait 22 ans qu’ils roulent, mais cette fois, l’image reflétée paraît plus souriante que d’habitude.Autant l’apprécier.Ça ne passe pas si souvent L’année qui s’écoule a sonné l’heure de la grande réconciliation du public avec son septième art Les Invasions barbares montent à l’assaut des grands prix internationaux.Le film d’Arcand et La Grande Séduction de Jean-François Pouliot se sont exportés.Qualité et succès ont fait un peu la paire.Même le documentaire a trouvé son public.«Les gens ont vu et apprécié A hauteur d’homme.Ils ont aime Roger Toupin, épicier variété», rappelle la directrice des Rendezvous, Ségolèpe Roede-rer.Lutte de miel, donc.Denis Chohinard, le président des Rendez-vous, sent déjà que ce 22' événement ne sera pas comme les autres: «Vingt-quatre heures après l’annonce de la conférence de presse des Rendez-vous, on avait déjà 230 confirmations de journalistes», explique-t-il.Place aux réalisateurs Denis Chouinard et Ségolène Roederer vous diront que le milieu a envie de festoyer, que les troupes sont galvanisées.«Les gens veulent revoir les films et ceux qui les ont faits sont contents de venir leur présenter», affirme la directrice.Edouard Lock accompagnera son film Amélia avec le difej^eur photo André Turpin.Il y aura beaucoup de va-et-vient, d’échàages.Les chauds déBSts de l’année, les controverses sont aussi au menu: ainsi, mardi le tï février.les distributeurs que les Rendez-vous sont la meilleure rampe de K.fV* lancement pour les films québécois » un 5 à 7 fera le point sur les Cinéastes en colère qui protestaient au Devoir en décembre dernier contre les politiques d’aide à la performance de Téléfilm Canada et continuent d’appeler à la vigilance.«On va profiter de cette tribune pour faire le point sur la question.Quelle est la place des réalisateurs dans la chaîne de production?», demande Denis Chouinard, qui fut un des cinéastes à l’origine de la lettre collective du 16 décembre.Les Rendez-vous deviennent de plus en plus un lieu de rassemblement L’an dernier, leur fréquentation a atteint 20 000 présences, tous événements confondus, une augmentation de 150 % en deux ans, liée à la diversification du programme.Les films classiques québécois attirent notamment beaucoup de monde.Cette année, Les Bons Débarras, Sonatine et Léolo sont projetés, mais aussi l’ineffable Petite Aurore, l’enfant martyre, en présence de la comédienne principale.Nouvelle vocation Mine de rien, ces Rendez-vous ont changé de vocation au fil des ans et cherchent à se repositionner encore pour l’avenir, sans trop savoir encore de quoi les cuvées prochaines seront faites.Longtemps, ils servaient en vrac de présentoir à toute la production annuelle, histoire de permettre au milieu un retour en arrière, en réfléchissant sur le cru.Mais il se tourne de plus en plus de films et de vidéos, à la faveur des nouvelles technologies.Leur nombre a triplé depuis trois ans.«Le contexte n’est plus le même, précise Ségolène Roederer.«Des films québécois sortent presque chaque semaine.» Depuis quelques années, les courts et moyens métrages, les vidéos, les documentaires faisaient l’objet d’un tri aux Rendez-vous.On ne présentait plus dans JACQUES GRENIKK U.DEVOIR Denis Chouinard et Ségolène Roederer, respectivement président et directrice des 22* rendez-vous, croient que cet événement annuel devient de plus en plus un pont entre le public cinéphile et les professionnels.ces sections l’ensemble de la production.Cela dit, c’est la premiere fois qu’une sélection est effectuée parmi les longs métrages.Les cinéastes aux oeuvres rejetées sont évidemment malheureux et plus nombreux à l’être encore dans le champ des docu-mentaristes.Sur 114 documentaires, 36 seulement furent retenus cette année.L’étau se resserre et l’événement ressemble de plus en plus à un festival qui fait et présente sa sélection.Primeurs Bien sûr, il y aura quelques primeurs: à l’ouverture d’abord, Dans l’œil du chat de Rudy Bari-chello, un film grand public.En programme double avec lui, le très beau court métrage Accordéon de Michèle Cournoyer à qui on devait déjà Le Chapeau.La Beauté du geste de Jeanne Cré-peau, documentaire hommage à la Cinémathèque, clôturera le bal.Mais la question des primeurs demeure toujours un peu problématique.Ce sont surtout elles qui attirent les journalistes et les membres de l’industrie.«On veut convaincre les distributeurs que les Rendez-vous sont la meilleure rampe de lancement pour les films québécois», déclare Denis Chouinard.Pour l’heure, les primeurs, on les retrouve surtout dans le champ du film expérimental, du court et moyen métrages, de la vidéo.Ainsi Mammouth de Stefan Miljevic et Bager de Tomi Grgicevic, courts métrages en nomination aux Jutra, sont lancés aux Rendez-vous en primeur.De même, des documentaires attendus, tel Le grand dérangement de Saint-Paulin Dalibaire de Jean-Claude Labrecque.Du maître au fantastique Pour cette 22' édition, les Rendez-vous donneront entre autres l’occasion d’assister à l’atelier de maître de Jean-Claude Labrecque qui vient de vivre une année faste grâce à l’impact d’À hauteur d’homme.Il sera en compagnie de son lils Jérôme, également réalisateur,.Les Kino sont au poste aussi, bien sûr, avec leurs meilleurs films.Au chapitre des soirées chaudes à surveiller: le lancement du DVD de Pierre Fa-lardeau et Julien Poulin présentant leurs œuvres en duo, qui recouvrent la période des années 1970 et 1980, Pea Soup et compagnie.Fa-lardeau viendra rencontrer le public, offrir une performance, réciter Speak White, entre autres.L’hommage au défunt cinéas- te Jean Chabot promet d’être un moment fort du cru.Deux films de lui seront projetés: Voyage en Amérique avec un cheval emprunté et Notre-Dame-des-che-vaux dans sa version originale, l^j romancière Nancy Huston, le producteur Roger Frappier et le scénariste réalisateur Michel Langlois viendront parler de l’homme et de son œuvre d’appartenance.Il y aura aussi la soirée «Spasm» du vendredi 13, abordant l’émergence du cinéma de genre québécois, avec des œuvres de jeunes réalisateurs: fantastiques, psychotroniques.À noter également, l’intercollé-gial du cinéma étudiant ainsi qu’une fenêtre ouverte au cinéma belge.Sans compter le reste.«On devient le pont entre le public et les professionnels», conclut leur président en donnant à tout le monde rendez-vous aux Rendez-vous.Lhommage au défunt cinéaste Jean Chabot promet d’être un moment fort t^ONS SOURCE VIRAGE À hauteur d’homme de Jean-Claude Labrecque se veut une incursion au coeur de la dernière campagne électorale du premier ministre Bernard Landry.RÉALITÉ SUITE DE LA PAGE G 2 de l’expérience humaine dans le respect de l’altérité.Amalgamant reconstitutions, scènes originales, images d’archives, films amateurs, grattage de pellicule, abstraction et animation, The Fifth Province est un plaisir visuel autant qu’une expérience humaine.Beau et lent Dans un tout autre registre, À hauteur d’homme de Jean-Claude Labrecque se veut une incursion au cœur de la dernière campagne électorale du premier ministre Bernard Landry.Les rapports entre le politique et la presse y sont dépeints parallèlement à la lente descente vers la défaite du chef du PQ.Un document éclai- rant qui expose en partie les rouages de la machine électorale.Mais on se demande encore ce qui, dans le comportement des journalistes, a bien pu susciter un tel tollé d’indignation lors de la sortie de ce film.Dans un registre nostalgique, Roger Toupin, épicier variété de Benoît Pilon et L’immortalité en fin de compte de Pascale Ferland proposent deux visions de modes de vie qui disparaissent lentement mais sûrement.Le premier film dépeint le quotidien simple d’un vieil épicier de quartier au cœur du Plateau-Mont-Royal, dernier vestige du Plateau d’avant la venue des baby-boo-mers.Le film a ce ton de nostalgie ordinaire qui plaît; mais la ca- méra et le propos frôlent parfois la condescendance propre à ceux qui n’ont pas connu une époque et la regardent à distance, un léger sourire au coin des lèvres.Dans un registre similaire, L’immortalité en fin de compte dépeint l’univers de gens âgés ordinaires qui pratiquent un art teinté de naïveté.Il y a un je-ne-sais-quoi de folklorique dans ce film qui ne parvient jamais à transcender l’anecdotique pour toucher l’universel avec cette qualité quasi mythique que Perreault savait procurer à ses pêcheurs de marsouins.Malgré nos réserves, gageons que Pilon repartira avec la statuette! The Fifth Province de Donald Mc- Williams au Cinéma de l’ONF le 17 février à 21h et, en reprise, le 22 à 15h.À hauteur d’homme de Jean-Claude Labrecque au Cinéma de l’ONF le 15 février à 14h39 et, en reprise, le 22 à 17h à la salle Clau-de-Jutra de la Cinémathèque québécoise.Roger Toupin, épicier variété de Benoît Pilon à la salle Claude-Ju-tra de la Cinémathèque québécoise le 14 février à 16h30 et, en reprise, le 17 à 19h au Cinéma Beaubien.L’immortalité en fin de compte de Pascale Ferland au Cinéma de l’ONF le 13 février à 19h et, en reprise, le 19 à 21h20 à la salle Fernand-Séguin de la Cinémathèque québécoise.HOUVEAUTES DVD En toute liberté le cinéma indépendi A VENIR EN FORMAT DVD Entra la mar at l'aau douta • Mithal Brault A tout prondro - Claude Jutra La foiama da l'hôtel - Léo Pool Saved by the Balles - Ziod Thouma Las I mm artels - Pool Thinal cinéma lita*© w vav .c in e ma 1 ib r e a c om ur tous les é le bonheur c'est une chanson triste A L'AFFICHE ce printemps fp/t K h VA me TC I LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 FÉVRIER 2004 G 4 CINÉMA ?DISTRIBUTION Les belles aimées du box office québécois «Mais le cinéma d’auteur n’a jamais autant souffert dans toute l’histoire du cinéma canadien!» Les observateurs de la planète cinéma sont unanimes: l’année 2003 aura été une année faste pour le film québécois, avec une part de marché estimée à 13 %.Un «discours dominant» qu’endossent les distributeurs de cinéma dit grand public, mais que dénoncent ceux de films d’auteur.SOURCE RENDEZ-VOUS DU CINÉMA r .Séraphin: un homme et son péché, avec Roy Dupuis et Karine Vanasse.MYLÈNE TREMBLAY Tout récemment, plus de 200 intervenants de l’industrie du cinéma québécois se sont rencontrés à Québec pour tisser des liens entre eux et «rendre au cinéma non américain sa juste place sur nos écrans».Jusqu’ici, l’événement baptisé Travelling Québec et initié par Alex Films semble porter fruit.«La synergie entre tous les intervenants s'es'grandement améliorée au cours des dernières années, de sorte qu’il est plus facile maintenant de promouvoir le cinéma québécois, avance Simon Beaudry, président de l’organisme.Les propriétaires de salle sont maintenant à l’affût des films à venir.» La part du film québécois sur le marché local a d’ailleurs fait un bond de 55 % par rapport à 2002.Du jamais vu.«Cet été, deux films québécois — La Grande Séduction et Les Invasions barbares — ont battu toutes les grosses machines américaines.C’est incroyable», lance Guy Gagnon, président du principal distributeur de films au Québec, Alliance Atlantis Vivafilm.Nouvelles stratégies marketing Selon M.Gagnon, joint au téléphone au Travelling, la méthode de mise en marché utilisée pour Séraphin: un homme et son péché est venue changer la donne du cinéma québécois.«On y allait de façon trop craintive sur les lancements de films.Avec Séraphin, il y a eu tout un changement.On a mis beaucoup d’argent dans les dépenses publicitaires et ça s’est avéré rentable.On a fait le même tra- vail avec Les Invasions barbares, La Grande Séduction et Sur le seuil.Il manquait une machine derrière le cinéma.» Une machine promotionnelle qui roule sur un budget pouvant atteindre parfois plus d’un million de dollars en frais de stratégie de mise en marché.K-Films Amérique, considéré comme un moyen joueur sur l’échiquier des distributeurs, a consacré jusqu’ici un demi-million pour mousser le film Jack Paradise.«On a monté un site Web sur lequel on peut télécharger des photos, la bande-annonce, une entrevue avec le réalisateur et des extraits de musique», explique Louis Dussault, lui aussi présent au Travelling.Le directeur de K-Films a même organisé une tournée du «Jack Paradise Jazz Band», groupe fictif de musiciens, afin de promouvoir l’œuvre de Gilles Noël qui prendra l’affiche le 20 février sur la plupart des écrans du Québec.«On se sert du band pour faire parler du film à travers la musique», dit-il.«Avant, c’était rare de se battre pour la chanson d’un film, renchérit Guy Gagnon.Ça a commencé avec Séraphin.Puis Léa Pool a eu l’idée d’aller chercher Marie-Élaine Thibert de Star Académie [pour la chanson accompagnant le générique du film Le Papillon bleu].Je prédis un gros succès.C’est une autre façon d’annoncer les films.» Sans parler de l’effet «attente», devenu la règle d’or des stratégies de marketing des distributeurs.Du flair et du risque Car tel est l’ingrat travail des distributeurs: détecter les films prometteurs dans les différentes foires pour les vendre ensuite aux institutions de financement, aux exploitants de salles, aux clubs vidéo et magasins, et aux diffuseurs télé.«Sortir un film, c’est comme accoucher d’un enfant!, s’exclame Louis Dussault.On le dorlote, on le fabrique, on fait toutes sortes de stratégies de mise en marché pour intéresser la presse et le public.Il faut absolument que le film nous branche.» Ainsi, malgré l’échec commercial du film français Le Chignon d’Olga, Louis Dussault persiste à croire qu’il s’agit là d’une grande œuvre: «Le film fonctionne aujourd’hui très bien en vidéo.On dirait que les gens se rattrapent.Mais c’est long avant que le bouche à oreille ne fasse son œuvre.» Il faut dire que la réponse du public est à la merci de multiples facteurs.Si la mise en marché est inadéquate, le timing mauvais et les températures hostiles, le distributeur court tout droit à sa perte.«Il y a toutes sortes de raisons pour qu’un film ne rencontre pas son public.Et la règle des salles de cinéma est sans pitié, ajoute Louis Dussault.Si la première semaine vous ne faites pas des recettes suffisantes, le film prend la porte.» D’autant plus qu’il est extrêmement difficile de prévoir la demande, ajoute Simon Beaudry.«Il y a des genres de cinéma qui, pour toutes sortes de raisons, fonctionnent très bien à un certain moment puis, sans trop savoir pourquoi, se mettent à piquer du nez II n’y a pas de recette gagnante.» Aussi, bien malin qui pourra dire ce que réserve l’année en cours même si, pour le moment, le cinéma québécois dit de grand public jouit d’une position enviable.«On n’a plus de problème de temps d’écran.Ce type de cinéma prend l’affiche'en période de pointe où il y a énormément de volume de films américains», soutient celui qui compile les statistiques de cinéma au Québec pour Alex Films.Un cinéma en souffrance Là où la situation se corse, c’est du côté du cinéma d’auteur, souvent tourné en format vidéo et exclu du réseau des salles commerciales qui ne diffusent qu’en format 35 mm, 70 mm ou hnax.«On clame que tout va bien, on fait du graissage de pattes, mais le cinéma d’auteur n’a jamais autant souffert dans toute l’histoire du cinéma canadien!, s’insurge Daniel Bouchard de 7e Art Distribution, absent du Travelling.Ce sont les quatre mêmes films qui se partagent la cagnotte aux Jutra.Et ça n’ira pas en s’améliorant car la politique est de permettre aux producteurs qui ont connu un succès en salle l’année précédente de faire d’autres films l’année suivante», dit-il en faisant référence aux politiques controversées de Téléfilm Canada, qui encourage le succès en accordant des subventions automatiquement aux producteurs qui bnllent au box-office.«La situation est plus sensible de ce côté car, effectivement, il n’y a pas vraiment de réseau susceptible d’accepter rapidement ce genre de cinéma.C’est un genre plus difficile à vendre et qui a moins de chances de “performer” au box-office.Le réseau conventionnel de salles absorbe difficilement les films d’auteur», convient Simon Beaudry.Attention au discours domi-nant, met encore en garde Daniel Bouchard, puisque c’est la diversité du cinéma d’auteur qui en prend pour son rhume.«On dit que le cinéma ne s’est jamais si bien porté, qu’on fait de l’argent.Mais qui en fait?Les contribuables se font rouler en payant pour aller voir un film en salle alors qu’ils ont déjà payé pour le faire faire.Et les Américains n’ont même plus besoin de débourser pour faire des films au Québec.Ils empochent l’argent lorsqu’on joue des films québécois dans leurs salles au Cinéplex Odéon et autres Famous Players.» Rézo contre-attaque ! En réponse à cette réalité décriée par des centaines de personnalités du milieu cinématp-graphique, le Saguenéen Daniel Bouchard a mis sur pied l’automne dernier un réseau de diffusion pour le cinéma d’auteur au Québec.Le Rézo présente un film différent chaque semaine, simultanément dans sept salles de la province, à Montréal, Jon-quière, Rouyn-Noranda, Pierre-ville et Mont-Laurier.«On joue les films dans les cafés-théâtres et les bars culturels.Tout ce qu’on a à faire, c’est d’acheter des projecteurs numériques et d’équiper les salles.D’ici un ou deux ans, on espère diffuser dans une trentaine de salles.» Une initiative saluée par les distributeurs, de plus en plus nombreux à s’associer à ce cir-‘ cuit indépendant de diffusion.On note, entre autres, l’adhésiqn de Film Tonie, Films Séville, Ci-néwsa libre, Vidéographe, Les films çp vue, 7C Art Distributiqn et Alliance Atlantis Vivafilm.«Il est illusoire de penser que ce genre de film pourra'mi jour entrer dans le réseau dit conventionnel, reconnaît toutefois Simon Beau-dry.On doit luf,Prouver une niche.C’est extrêmement important que ce réseau parallèle se développe.Les efforts déployés par ces gens-là sont bénéfiques à moyen et à long terme.Mais ce réseau sera toujours probablement parallèle, comme il y a de la télé, de la littérature et de la musique parallèles», conclut-il.Québec Demers \EALIXE 3 IMvfilm Canada Radio-Canada «•««tflIT Télévision (anadi présentent fl, r: s .m Ji Le dimanche 22 février à 19 h 30 mmmmm en direct à la Télévision de Radio-Canada Cinéma d’animation La beauté du trait Loin de l’aventure numérique Qui dit animation ne dit pas nécessairement simple divertissement.Quatre films québécois en font la preuve.ANDRÉ LAVOIE Les cinéastes d’animation en lice pour le Jutra du meilleur film sont jeunes, peu connus.et c’est tant mieux.Derrière Co Hoedeman, Jacques Drouin, Michèle Cournoyer, Pierre Hébert et bien d’autres, la relève en animation est en pleine expansion et, contrairement aux discours apocalyptiques souvent entendus, ils ne sont pas tous obnubilés par le numérique ou désireux de signer le prochain Finding Nemo.La simplicité — apparente — de leur démarche est peut-être involontaire, mais le résultat n’en demeure pas moins empreint de poésie ainsi que de préoccupations sociales et environnementales.Avant le dévoilement du grand gagnant le 22 février prochain, les Rendez-vous du cinéma québécois nous offrent la chance d’établir notre propre palmarès et surtout de miser sur le film qui saura rallier la majorité des distingués membres votants.Qui l’emportera entre Nicolas Brault (îlot), Masoud Raouf (Bleu comme un coup de feu), Steven Woloshen (Two Eastern Hair Lines) et Félix Dufour-Laperrière (Encre noire sur fond d’azur)?S’il est vrai que la compétition en art est une hérésie, comme l’expliquait Denys Arcand pour minimiser sa défaite lors de la remise des Golden Globes, elle n’en demeure pas moins utile pour faire connaître au grand public le travail des cinéastes qui trop souvent est relégué dans l’ombre.Ombre et tableaux Des ombres, il y en a beaucoup dans le premier film de Félix Dufour-Laperrière, Encre noire sur fond d’azur.Sous le regard du cinéaste, la ville devient un espace inquiétant, chargé de solitudes, où l’architecture des édifices adopte des formes étranges.Mais s’agit-il d’un lieu réel ou imaginaire?Ou ne serait-ce pas plutôt la vision déformée d’un homme en panne d’inspiration devant sa table à dessin?Il nage en plein chaos, comme sur le point d’être noyé par l’encre noire.Le cinéaste utilise une technique rudimentaire (l’aquarelle sur papier ainsi que des photographies retouchées à la main) pour illustrer un univers angoissant, se permettant aussi quelques clins d’œil amusants à des personnages de cartoons.Steven Woloshen ouvrait les Rendez-vous du cinéma québécois l’an dernier avec Cameras Take Five, nous permettant ainsi de découvrir un cinéaste d’animation travaillant depuis de nombreuses années avec des moyens simples et une grande régularité.Depuis 1977, il a signé pas moins d’une vingtaine de films d’animation et son approche très personnelle, artisanale, se retrouve dans son dernier court métrage, Two Eastern Hair Lines.Dans cette fantaisie expérimentale, Woloshen utilise une fois de plus de la pellicule trouvée çà et là, s’en servant comme autant de tableaux sur lesquels^! applique différentes couleurs.Cette succession rapide d’images et d’extraits de films à l’aspect volontairement décousu, évoquant l’incommunicabilité, est soutenue par une musique aux sonorités orientales.Couleurs et cultures Le cinéma d’animation se moque des frontières et des barrières culturelles, explorant des mondes aux contours réalistes pour mieux y introduire une poésie qui n’étonne que les tenants du vraisemblable à tout prix.Visiblement fasciné par la culture inuite, le cinéaste Nicolas Brault en illustre quelques aspects avec une grande simplicité dans le trait, de belles touches d’humour absurde, le tout assorti d’un appel à teneur écologique, sans pour autant donner dans le film à thèse.Dans îlot, l’Arctique apparaît tel qu’on l’imagine, dénudé, formé pàr quelques coups de crayon précis du cinéaste.La pêche d’un Inuit se transforme en escapade maritime puisque la glace se fissure de partout et le pousse à la dérive.Pendant ce temps, une baleine tombe littéralement du ciel tandis que des poissons prennent tout à coup des allures de cerfs-volants.Derrière cette belle fantaisie se cachent bien sûr des drames que Brault dénonce avec la même approche minimaliste que ses images.De manière nuancée, il évoqfie les affres de l’industrialisation galopante et, surtout, présente les mutations provoquées par les changements climatiques, bouleversant les coutumes de tout un peuple.Même souci de conscience sociale tout en refusant de jouer la carte purement militante chez le cinéaste canadien d’origine iranienne Masoud Raouf.Il propose l’œuvre la plus délicieusement colorée des quatre films en nomination.Ce qui ne dénature en rien la portée de son propos.Dans Bleu comme un coup de feu, la technique de la peinture sur verre se déploie en quelques minutes de pur éblouissement et de peurs contenues, illustrant différents aspects de la barbarie des hommes, dénonciation de cette méchanceté éclaboussant la splendeur des paysages.Refusant de céder au défaitisme, leei-néaste présente une nature qui sans cesse reprend ses droits, la suggérant dans dés formes amples alors que les lieux en viennent à se fondre les uns dans les autres.Ces magnifiques images, ne succombant jamais à la tentation strictement réaliste, ressemblent davantage à un rêve éveillé.Assurément celui du cinéaste qui, dans ce film, fait triompher la bonté, la lumière, sur la bêtise et la barbarie.Voilà autant de rendez-vous cinématographiques inspirés et inspirants à ne pas manquer aux Rendez-vous.Présentation en continu de îlot, Bleu comme un coup de jeu,Two Eastern Hair Lines et Encre noire sur fond d’azur au Cinéma de l’ONF le 14 février à 15h et, én reprise, le 19, à 19h, au Cinéma Beaubien.SOURCE RENDEZ-VOUS DU CINÉMA Une scène d’îlot, de Nicolas Brault.Qui l’emportera entre Nicolas Brault (îlot), Masoud Raouf (Bleu comme un coup de feu), Steven Woloshen (Two Eastern Hair Lines) et Félix Dufour-Laperrière (Encre noire sur fond d’azur)?\ \ i LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D I M A X OHE 8 FEVRIER 2 0 01 ( i f) CINEMA ?«Hommage à Jean Chabot», pour mémoire « C’est toujours utile, une voix comme ça » L’auteur du Cantique des plaines sera de Y Hommage à Jean Chabot, elle qui fut la romancière canadienne de Sans raison apparente.L’amitié de deux créateurs, Chabot et Huston, qui avaient l’image et l’écriture en partage.ROBERT CHARTRAND Pas surprenant que la romancière Nancy Huston soit parmi les invités de marque des Rendez-vous du cinéma québécois.Canadienne d’origine, Française d’adoption, elle est également, pourrait-on dire.Québécoise de cœur elle a ici un public lecteur fervent, et elle fait un peu partie de notre cinéma puisqu’elle a notamment joué dans des films de Léa Pool et du regretté Jean Chabot •Jean m’avait invitée à jouer dans Sans raison apparente, en 1995, le rôle — tout à fait vraisemblable, pour moi — d’une romancière canadienne venue à Montréal faire des recherches pour un nouveau roman, finterviewais un médecin légiste sur son métier.C’était un des pans du film, alors que l’autre était une fiction qui parlait d’exil, de mort, d’une identité à reconstruire.» Connivence S’ensuivit entre la romancière et le cinéaste, une amitié qui ne s’est pas démentie.«Je viens de dépouiller notre correspondance, qui fait quelque 400 pages, où je retrouve l'homme et l’artiste.Chabot avait une intelligence très singulière.U lisait beaucoup — je crois bien qu’il connaissait Mark Ttvain et William Faulkner par cœur hêtHe s’il était avant tout un homme d’images.U avait surtout un rapport très fort au tangage et à la littérature, si bien que j’ai trouvé cher lui un lecteur hors pair'de mes propres livres.Il m’écrivait des lettres bouleversantes à la parution de chacun, sans les compliments d’usage.C’était le résultat d’une écoute en profondeur.» La connivence entre Huston et Chabot n’a pas été un hasard puisque les thèmes qui étaient chers à celtii-ci — l’enracinement la mémoire et le rapport au passé, et la perte de ceux-ci — sont présents dans l’œuvre écrite de Huston.«Il tentait, dans ses films, de jeter des ponts entre les générations, de s’interroger sur le sens de l’appartenance à un lieu ainsi que sur ce que cela peut signifier de le quitter, de tourner le dos à son passé.» Cette question identitaire et celle du temps qui passe, Chabot se les est-il posées dans une perspective exclusivement québécoise?«Le Québec et sa problématique particulière lui ont été une source d’inspiration très riche, le modèle à partir duquel il a travaillé, mais, il n’était pas viscéralement lié à son histoire.Témoin, son film sur le célèbre Mack Sennett, un Québécois irlandais d’origine qui q fait la carriète que l’on sait aux Etats-Unis.C’étaii les trajectoires qui l’intéressaient.Votà savez que son dernier film portait sur le peintre Ozias Leduc.Là, c'est autre chose.Avec le passage du temps — et à cause de la maladie, peut-être — Jean revenait de plus en plus vers son coin de pays d’origine, Saint-Jean-Baptiste-de-Rouviüe, près de Saint-Hilaire, où il voyait bien qu ’on peut faire tenir tout l'univers.Il est question dans ce film de départ, de voyages, de ce qui fait qu’on est ici et non ailleurs, de ce qu on voudrait transmettre à la génération qui suit, mais également du sens de cette iconographie religieuse à laquelle Leduc a beaucoup travaillé.» Recherches identitaires Dans le monde d’aujourd’hui, les identités revendiquées, les appartenances individuelles ou collectives sont défendues avec, parfois, des moyens extrêmes qui donnent lieu à toutes sortes de dérives: quel est le sentiment de Nancy Huston, à la vue ce qui se passe autour de nous?«Je ressens de l’effroi, de l’effarement devant ce qu ’on appelle en France les crispations identitaires Mais chaque fins que le désespoir se répand, il y a aussi, il me semble, de l’espoir qui se profile.Pour ce qui du Canada, il me semble que les rapport entre le Québec et le reste du pays se sont apaisés.Cêst bien, non?» ” • Mais elle reconnaît qu’il lui est plus commode qu'à d’autres — coordonnées obligent — de prendre ses distances par rapport à ces préoccupations.«f ai beau jeu, dans ma situation, d’être antinationaliste, parce que je suis très privilégiée.Mais je peux très bien comprendre qu’on ait besoin de s’accrocher à une bouée quelconque quand on est privé de l'essentiel: l’éducation, l’estime de soi, la reconnaissance.J’ai connu, moi, ce luxe de tirer parti de mes origines pour en faire une œuvre.Je peux à la fins y revenir et m’en éloigner.» Jean Chabot, l’ami disparu, a peut-être connu ce luxe, qu’U a vécu autrement.«Il va me manquer.Cétait, voyez-vous, une très belle personne.En revoyant récemment le “making of de Sans raison apparente, j’ai retrouvé tout à coup son rire éclatant.Et il aimait bien les débats, la zizanie, poser des questions parfois embêtantes.C’est toujours utile, une voix comme ça.» Jean Chabot aura été, tout compte fait un empêcheur de penser en rond.Nancy Huston évoque un de ses films, révélateur de sa démarche: «C’était, je crois, une commande au départ, dont il a fiait une belle réflexion sur le temps libre, sur ce que le tourisme masque comme misère; mais il y avait aussi un autre versant sur la beauté de cet effort des voyageurs qui s’efforcent de comprendre une autre culture pendant les quelques jours de loisirs dont ils disposent chaque année.Il aurait jacilement pu ironiser sur ces capsules d’histoire que gobent dis-' traitement les touristes.Non.Il a su et je trouve ça très noble de sa part — aborder la question du tourisme sans sarcasmes.» YERGEAUIMAGE Jean Chabot Difficile réception Intransigeant parfois, exigeant toujours, Jean Chabot n’aura pas été un créateur commode.«Ses films, il est vrai, ne sont pas faciles.Les documentaires, en général, sont plus difficiles à appréhender que des fictions.Et puis, Jean Chabot, dans ses films, avait coutume d’aborder plusieurs aspects d’un même sujet, de raconter plusieurs histoires à la fois, de se tenir à plusieurs niveaux de discours.Je me souviens, avant la sortie de Sans raison apparente, de lui avoir demandé: crois-tu que les gens vont comprendre?Et il m’avait cité Sacha Guitry qui avait écrit que, pour une plaisanterie, il fallait toujours trois personnes: une pour la raconter, une deuxième pour en rire, et une troisième pour ne pas comprendre.J’ai retenu la leçon.» Nancy Huston reconnaît même qu’en 1995, elle n’avait pas tellement goûté Sans raison apparente.C’est quand elle l’a revu, bien longtemps après, qu’elle en a mesuré la cohérence.«Je me alors suis dit: ah, tout ça se tient! Il a fallu que je fasse moi-même un bout de chemin avant de bien saisir ce qu’il disait.» Difficiles d’accès, les films de Chabot sont estimés mais demeurent méconnus du grand public.«Je pense que ça lui est resté sur le cœur — d’avoir eu le sentiment d’apporter du nouveau, de suggérer une réflexion cohérente, d’avoir bâti une œuvre, quoi.Et d’avoir eu de plus en plus de difficultés à tourner avec les années, d'avoir dû faire des compromis.Ça dû être difficile à vivre.» Nancy Huston, elle, sera donc aux Rendez-vous pour rendre hommage à l’œuvre de Jean Chabot, pour la rappeler à notre mémoire.Amitié et estime obligent.Elle travaille par ailleurs à la scénarisation du Cantique des plaines avec un Québécois.Jean Chabot, on l’imagine, aurait aimé en être.Hommage à Jean Chabot, avec Nancy Huston, Roger Frappier et Michel Langlois, animé par Marcel Jean, au Café SAQ des Rendez-vous de la Cinémathèque québécoise le samedi 14 février à 14h., :ï ¦ .La SODEC, toujours présente aux Rendez-vous avec le cinéma québécois.www.sodec.gouv.qc.ca Parce que notre culture est une force, N % Soc/été de développement des entreprises culturelles Québec SS Le film d’art au confluent des genres Tour de scène, toutes disciplines confondues Art et expérimentation Diversité, pourrait-on dire.Expérience aussi: un Pierre Hébert ne fut-il pas un des premiers à explorer un travail confrontant cinéma et art numérique, et cela il y a plus de 30 ans?Ajoutons-lui un Pelletier, un Boudreau, un Lock même et un Rollo, et il est dit que la confrontation est vive quand l’art et l'expérimentation sont au rendez-vous.MARIE CLAUDE M1RAN DETTE Encore une fois cette aimée, le Prix de la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) sera remis au meilleur film d’art et expérimentation dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois.Dans cette catégorie qui relève tout à la fois des arts visuels, de la danse, du théâtre et de l’art cinématographique, les artistes dans la course sont Marik Boudreau, Pierre Hébert Edouard Lock, Alain Pelletier.Michael Rollo.Le jury, constitué de la vidéaste multimédia Pascale Ma-laterre, de la réalisatrice Marielle Nitoslawska et du producteur Michel Ouellette, n’aura pas la tâche facile, ces films s’avérant très différents tant par leur sujet que par leur facture.D’abord La Maison des rêves de la photographe Marik Boudreau propose une série d’allers-retours entre les paysages urbain et rural (Montréal et l’étang Sugar Loaf dans les Cantons-de-TEst) à partir de photographies et de courts films numériques.On connaît le travail de Boudreau, notamment à titre de collaboratrice de Martha Fleming et Lyne Lapointe, mais aussi ses recherches personnelles sur le paysage, la géologie et l’urbanité qui ont fait d'elle une figure de proue de cette tangente de l’art actuel qui explore les questions identitaires et territoriales.À bras le corps Cinéaste et artiste multidisciplinaire à la feuille de route déjà bien garnie — on l’associe d’emblée au programme français d’animation de l’ONF où il fut réalisateur pendant plus de 30 ans —, Pierre Hebert a réalisé, en collaboration avec le compositeur et musicien Bob Ostertag, Entre la science et les ordures, un film qui commente, par le biais de la musique autant que des images, le rôle des détritus dans notre civilisation, ainsi que les rapports corps/machine.Véritable méditation politique, ce film s’inscrit dans le prolongement d'un spectacle multimédia qui a amorcé au lendemain du 11 septembre une vaste tournée mondiale.Le danseur et chorégraphe Edouard Dx k offre une version cinématographique de son ballet Amélia.Caméra et danseurs s’unissent en une véritable osmose sym biotique à travers une chorégraphie surprenante qui risque de modifier notre perception de la danse contemporaine presque aussi radicalement que La La La Human ÉDOUARD LOCK Amélia, d’Édouard Lock.Steps avait chamboulé le paysage de la danse québécoise lors de sa venue.Lock donne ici une vision renouvelée d’Amelia, une version épurée et minimaliste d’une beauté à couper le souffle, qui fait la démonstration d'une veritable obsession à explorer les limites de son art à travers une approche originale de la technique des pointes, des séquences archicomplexes de pas de deux, de même que des enchaînements exécutés à une vitesse vertigineuse.La facture cinématographique demeure sobre et plutôt traditionnelle, certes, mais l'œuvre chorégraphique est magistrale! Tour de monde World Trade Opera d'Alain Pelle tier, long film-travelling, illustre l’état du monde à travers commentaires et images en forte opposition.Quant à Still/Mate de Michael Rollo, il évoque le déclin d’une petite communauté sise au cœur des 1 Vaines canadiennes qui a vu le jour lors du développement du chemin de fer (notre version de la conquête du «Far West») au siècle dentier et qui disparaît lentement avec le dé clin de celui-ci.A travers un album de famille colligeant photos, cartes postales et lettres anciennes, Rollo incite le spectateur à une réflexion sur les valeurs de notre société dont l’incessant besoin changement semble être devenu une sorte de moteur qui tourne à vide.La Maison des rêves au Cinéma de l’ONF le 15 février à 19h.Entre la science et les ordures au Cinéma de l’ONF le 20 février à 21h.World Trade Opera à la salle Clau-de-Jutra de la Cinémathèque le 14 février à 21h.still/Move au Cinéma de l’ONF le 15 février à 19h.Ces quatre films seront en reprise le 22, à 15h20, à la salle Fernand-Séguin de la Cinémathèque.Amélia à la salle Claude-Jutra de la Cinémathèque le 18 février à 19h et, en reprise, le 19, à 19h, au Ciné ma Beaubien.125 Voir avec des idées Penser avec des images La Faculté des arts et des sciences offre de nombreux programmes d'études en cinéma et en histoire de l'art.> Études cinématographiques La seule formation qui met l'accent sur la créativité et l'expérimentation à travers un dialogue constant entre l'étude et la pratique du cinéma! • Mineur • Majeur (études et pratiques cinématographiques)* • Baccalauréat bidisciplinaire en études cinématographiques et littérature comparée* Inscription : Avant le l*' mars 2004 Caroline Guay, (514) 343-6111, poste 3679 • Ces programmes sont contingentés.^ Histoire de l'art • Mineur • Majeur • Baccalauréat spécialisé Inscription : Avant le 1" mars 2004 Jeannine Raynal, (514) 343-6111, poste 3678 Nous offrons aussi des programmes de maîtrise et de doctorat.A www.histart.umontreal.ca Université de Montréal I I { .V, • ¦ ¦' •• .v: 1 ^ \ ¦MÊfr&sÉâ MONTREAL 12>22 FEVRIER.2004 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE.CINÉMA ONF.CINÉMA BEAUBIEN.PLACF DES ABTS mm une aventure presentee par •WiiWVSfï ' ‘"tyA-i ‘ÇNï 'fy-' > •- à1, v'„ ; - sa* - V- '> %-.t.1.^ Radio-Canada Montréal# QuébCC Q Telefilm Canada Télé-Québec telequebec.tv uni commuPiCBtion d’>raM«tMf«
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