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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-02-14, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI ROMAN Le retour de Louis Lefebvre Page F 3 i ET DI M A X ( H E 15 E E V R I E R Ü 'SÊStT'1 o i ROMAN FRANÇAIS La globalisation romanesque de Jean-Christophe Rufin Page F 4 ?LE DEVOIR ?o * W>: .„ ^ DYLAN MARTINEZ REUTERS Louis Hatnelin ?Vous souvenez-vous de l’affaire Rushdie?Une écrivaine d’ici, Charlotte Boisjoli, dame très digne au demeurant, avait dédié un petit livre, qu’elle était sans doute la seule à croire sulfureux, «à Salman Rushdie».On ose espérer que les féroces censeurs de la province de Québec se l’étaient tenus pour dit! Qu’un si pudibond érotisme ait cru devoir s'abriter à pareille enseigne montre bien l'icône politico-culturelle que Rushdie a été pour les années 90, alors que (je le rappelle ici pour ceux qui se trouvaient alors au Mexique en train de se gosser des sandales avec des morceaux de vieux pneus) n’importe quel musulman un tant soit peu sain d’esprit, encouragé par la fatwa de l’ayatollah Khomei-ny, était susceptible de se réveiller un beau matin avec l’idée d’aDer buter l’hérétique auteur des Versets sataniques et d’obtenir ainsi son ticket pour un vaporeux parterre de quarante pétards.Un homme y pense à deux fois.Rushdie, lui, a vécu avec l’idée autrement singulière d’être devenu gibier légal pour environ un milliard d’êtres humains pendant tout près d’une décennie.Je ne sais pas trop quoi penser du bonhomme.Brillant, cultivé, il offre le visage souriant d’une mondialisation littéraire réussie.Un sourire un peu diabolique, aussi, sur la photo de la jaquette.Le côté prima donna peut énerver, quand il se pavane sous les projecteurs du stade de Wembley avec Bono, l’ami de Paul Martin, ou quand, lors d’un voyage à New York, il fait remarquer, avec juste le petit trémoussement de fausse modestie qui convient, qu’il se voit accorder le même traitement que Yasser Arafat.«Pour le Président, on bouclerait plus de rues latérales.» Tout de même.Parmi les coups de chance qui font que cet écrivain aujourd’hui célèbre peut, comme ses attaques entêtées à l’endroit de son compatriote V.S.Naipaul semblent en faire foi, commencer à se positionner en vue d’un futur prix Nobel, on trouve d’abord le fait d'être né dans un pays qui hit colonisé par les Anglais plutôt que, disons, par les Croates.Comme beaucoup d’écrivains indiens de l’après-indé-pendance (Rushdie est né en 1947), il a opté pour une langue d’écriture qui allait devenir l’incontestée lingua franca?du monde libre.Un Rushdie écrivant dans sa langue maternelle, l’ourdou, aurait il trôné aujourd’hui parmi les plus éclatants symboles d’une nouvelle Culture unique, multiple et dé-territorialisée?ü y a là une question qu’il faudra innit-être finir par poser au Québec.L’Inde, patrie d’une prolifération d’idiomes et de dialectes, semble offrir une illustration par l’absurde d’une littérature nationale réduite à sa seule dimension linguistique, là où le calcul du colonisateur, pour mieux régner, favorisait le morcellement géographique, sa langue bureaucratique allât paradoxalement servir d’élément unilicateur.Les Irlandais ont d’abord dû tourner le dos au gaélique pour produire un Joyce.Serions-nous trop à l’étroit dans notre patois?Devrions-nous, nous aussi, avoir une langue parlée et une autre écrite, conçue pour s’adresser directement au lecteur de Flin Flou et pour rendre un peu plus présentables ses auteurs adop^ tifs à la Foire de Francfort?Ça viendra peut-être.Mais pas si vite; voici Samuel Beckett qui, dans la foulée de Joyce justement, traverse la Manche, se met au français et., bing! décroche lui aussi son Nobel.Consolante épopée qui prouve qu’écrire en français, ça a déjà eu de la gueule.Peu importe la langue, peu importe le marché, écrire est d’abord affaire d’observation, de lecture et de réflexion.Avec Rushdie, on est servi.Le livre paru chez Plon contient des essais, chroniques, articles de journaux et textes de conférence publiés entre 1992 et 2002, période qui recouvre donc, pour essentiel, les années de la fatwa.Quant aux sujets abordés, ils font preuve à la fois d’une diversité remarquable et d’une cohérence, d’une unité qui témoignent d’une vision du monde aussi subtile que spirituelle.J’aime ce genre de livre qui se laisse dévorer comme un roman à suspense où les idées tiendraient lieu d’intrigue.VOIR PAGE F 2 RUSHDIE Un livre qui se laisse dévorer comme un roman à suspense où les idées tiendraient lieu d’intrigue La frontière de Rushdie Peu importe la langue, peu importe le marché, écrire est d’abord affaire d’observation, de lecture et de réflexion.Avec Rushdie, on est servi.Salaam Salman.Drame insulaire Les îles semblent avoir un don pour conserver les secrets.Comme si l’eau qui les entoure avait le pouvoir d’y encercler des histoires, de les tenir captives jusqu’à ce qu’un conteur daigne bien les cueillir pour venir les raconter sur le continent.C’est sans doute ce qui est arrivé à l’histoire que nous livre l’écrivain québécois Pan Bouyoucas, dans son dernier livre publié aux Allusifs, Anna Pourquoi, une fable sur la foi, qui surgit, infime et belle, comme une île grecque au milieu de la mer Égée.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR C% était il n’y a pas si longtemps, alors que ' Pan Bouyoucas faisait visiter Itle de ses grands-parents, celle de Léros, en Grèce, à sa bien-aimée.Comme ils grimpaient vers le promontoire qui y abrite une forteresse rénovée et reconvertie en monastère, deux graffitis semblables leur ont sauté aux yeux; «Anna Pourquoi?», «Anna Pourquoi?», demandaient les lettres qui se découpaient sur la pierre.Ces graffitis, et sans doute la beauté de la nonne qui a accueilli ensuite le couple au monastère, sont à l’origine du dernier roman de Pan Bouyoucas, Anna Pourquoi, une petite plaquette d’une centaine de pages publiée aux Editions Les Allusifs, dont les romans courts et brillants sont la spécialité.Parmi les odeurs de soleil et d’océan survient donc cette histoire mettant en scène Nicoletta, une nonne d’une cinquantaine d’années, toute emplie de charité et de sensibilité envers l’espèce humaine, au risque parfois de prendre çertaines libertés avec les consignes œcuméniques.A ses côtés on trouve Vé-roniki, une novice dévote fuyant l’amour déchaîné qu’un ancien amoureux, devenu diacre et artiste, Maximos, lui voue.Au-dessous d’eux, au-delà de la falaise sur laquelle niche la forteresse habitée, c’est le vide, ou l’absolu, qui pourrait aussi être une perception erronée que certains ont de Dieu.«A force de prier de ce côté-là, suspendu entre ciel et mer, Gabriel a dû finir par voir Dieu l’attendant, les bras ouverts», écrit Bouyoucas au sujet d’un moine qui avait précédé la nonne Nicoletta dans sa mission sur le promontoire de Léros et qui s’était jeté dans le vide.Car plus qu’une histoire d’amour, Anna Pourquoi est une réflexion sur la spiritualité et sur les intérêts qu’eDê doit servir.Elle pose les étemelles questions du sens réel de la religion, que l’Église elle-même, avec ses dogmes et ses préceptes, fait souvent dévier.Pan Bouyoucas est québécois.Né au Proche-Orient, de parents d’origine grecque, il est arrivé au Québec très tôt Tous les ans, cependant il retourne dans Tîle de Léros, en Grèce, où ses grands-parents maternels ont vécu avant les bombardements allemands.C’est sur cette île que se déroulait son dernier roman, L’Autre, également publié aux Allusifs.C’est là encore que le personnage du diacre tente de retrouver celle qui, dans un lointain passé, l’a éconduit pour rejoindre les ordres.En entrevue, l’auteur rappelle pourtant qu’il a énormément écrit sur le Québec et sur Montréal avant de se laisser emporter vers les hauteurs de Léros, et vers les relents de ses origines.Son roman La Vengeance d’un père, par exemple, paru chez Libre Expression, mettait en scène le Québec post-référendaire de 1995, quelques semaines après la déclaration incendiaire de Jacques Parizeau.Le Québec, Montréal, «sa» ville, U l’a donc dite et décrite, et il affirme que c’est bien ici qu’il retrouve la meilleure définition de son identité.Dans ce contexte, écrire sur la Grèce est comme un «retour à l'enfance».Pourtant, ici même, parmi les siens, il se sent parfois autre, reconnaît en lui ce qui le distingue de sa communauté d’accueil.Ainsi, il rejettera le modèle VPIR PAGE F 2 INSULAIRE Le cloche to^i PHOTO MN du monastère de Patmos. LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 15 FÉVRIER 2004 F 2 1 4 ^Livres Édition : un marché inondé ?RUSHDIE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Publie-t-on trop de livres au Québec?Entre 1989 et 2002, le nombre de titres publiés par année, au Québec seulement, a bondi de 2757 à 4362.C’est une augmentation de plus de 58 % en 13 ans, pour le seul champ de l’édition québécoise.Au cours de la même période, le nombre d’éditeurs agréés a également augmenté, passant de 85 à 158, et le tirage'moyen des titres a baissé, passant de 3049 à 2197 exemplaires.Ce sont des chiffres qu’on retrouve dans un récent rapport de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) sur les salons et le marché du livre au Québec.Le bassin de consommateurs québécois est-il en mesure d’absorber cette inflation?On en doute.Signalons d’ailleurs qu’au Québec on dépense beaucoup moins d’argent pour les livres, avec 88 $ par habitant, que nos voisins américains, avec 122 $ par habitant, ou encore que les Français, qui dépensent 117 $ par habitant, toujours selon la SODEC.En d’autres termes, il est à prévoir qu’à cause de cette croissance du nombre de titres et d’éditeurs, auteurs comme éditeurs seront plus nombreux à se partager les 88 $ que le citoyen accorde aux livres chaque année.Ainsi, après la disette des années 1950, alors que les éditeurs et les titres publiés au Québec se comptaient au compte-gouttes, on assiste aujourd'hui à un déséquilibre entre l’offre et la demande de livres au Québec.Ce sont des conclusions auxquelles arrivent d'ailleurs différents Le coin du voyageur ARCHIVES LE DEVOIR Y a-t-il place au Québec pour 4362 nouveaux titres par année?acteurs du milieu du livre du Québec, du président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), Denis Vaugeois, à celui de l’Union des écrivains du Québec (UNEQ), Bruno Roy.Du côté de l’ANEL, on reconnaît par exemple qu’il est beaucoup plus facile de se faire publier au Québec qu’ailleurs, notamment aux Etats-Unis, où il faut passer par un agent simplement pour que son manuscrit soit lu dans une maison d’édition.M.Vaugeois attribue cependant la croissance du nombre de titres publiés au Québec à la prolifération du nombre d’éditeurs plutôt qu’à une complaisance des éditeurs envers des œuvres qui ne mériteraient pas de voir le jour.Plusieurs éditeurs de bonne qualité voient ainsi des manuscrits qu'ils ont refusés paraître chez d’autres éditeurs, ou encore à compte d’auteur.M.Vaugeois se garde bien de vouloir museler le monde de l’édition.Et selon lui, s’il y a déséquilibre entre l’offre et la demande, c'est sur la demande du public qu’il faut travailler, en faisant la promotion de la lecture, à travers les bibliothèques par exemple, mais aussi dans les médias.Mais y a-t-il place au Québec pour 4362 nouveaux titres par année?•Il y a beaucoup de livres qui se publient, mais est-ce que ce sont des livres de littérature?», demande pour sa part Bruno Roy, qui ajoute avoir tendance à attribuer plutôt cette hausse au domaine des manuels scolaires, où de nombreux nouveaux ouvrages sont mis sur le marché chaque année.Plusieurs attribuent aussi à un système de subventions perverti cette multiplication de titres chez les éditeurs.En effet, sous certains régimes, notamment celui du Conseil des arts du Canada, la subvention tient compte du nombre de titres parus chez un éditeur, ce qui n’est pas le cas des subventions accordées par le ministère du Patrimoine canadien, ou par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).Ces deux derniers contrôlent plutôt le nombre total d’exemplaires vendus que le nombre de titres publiés.Cependant, selon M.Vaugeois, le Conseil des arts du Canada doit effectuer un suivi auprès de ses subventionnés pour s’assurer de la qualité de la production passée.Reste que les suivis auprès des éditeurs semblent laisser à désirer du côté des organismes subventionnaires.Ainsi, alors que normalement les subventions devraient être refusées aux éditeurs qui ne règlent pas les droits d’auteur des écrivains, ce processus fait parfois défaut, notamment du côté des subventions accordées par le gouvernement du Québec.En effet, un mécanisme prévoit que les auteurs qui n’arrivent pas à percevoir leurs droits doivent porter plainte auprès des organismes subventionnaires; ceux-ci devraient en conséquence s’abstenir d’accorder leurs subventions.Or, la plupart du temps, dit M.Roy, les éditeurs finissent par payer sous la pression des organismes subventionnaires et reçoivent quand même leurs subventions.Ce qui fait qu’il n’y a pas vraiment de sanctions qui sont imposées aux retardataires et aux mauvais payeurs.Parmi les éditeurs qui ont fait l’objet de plaintes et de mises en demeure gérées par l’UNEQ au cours des deux dernière^ années, Bruno Roy relève les Editions Trait d’Union, le secteur littéraire du groupe Sogides et les Editions Les Intouchables.Sïl ÏTÏt aow » 19hM au S-MI.**» {lu Züjanviei au Élaborée paf MichelleCorbeil at Stéphane lépme Librairie un e®Pa ce Pou, Le mercredi 25 février à 19 h 30 DERNIÈRES LETTRES de Stalingrad Une lecture-spectacle de lettres authentiques de soldats allemands lors du siège de Stalingrad et d’une missive, œuvre de fiction celle-là, d’une mère juive à son bis.Avec les comédiens Françoise Faucher, Christian Bégin, Claude Gagnon, Marcel Pomerlo et DenisTrudel.** Présenté en collaboration LOl> B«bih avec les Productions «et Jules à mes côtés.» Faucher Marcel Potrrorlo Billetterie : (514) 842-2112 °e Sans frais : 1 866842-2112 www.pda.qc.ca Entrée : 15$ / Etudiants ; 10$ Mj VOX POPULI, VOX DEI ©Place des Arts QuÜfcçcu JL-10 LES CONFLITS DANS LE MONDE • 2003 Rapport annuel sur les conflits internationaux Sous la direction de ALBERT LFGAILT, NICHE FORTNANN et GÉRARD HERVOUET 2-7637-8068-7 230 paies *23$ Pim ijiu' hmMis les lurhulenœs manies tlti mUo/ho itiU'ViwUotwl exigent une mise en onlre et In nécessité de consigner pour lu memoiiv ce qui fuit sens Depuis vingt deux uns Los conf lits dans le monde scffdr cent de rassembler en un bref volume les laits ayant marque Iannée ecoulee.Celte rettvsfhx tne ne se limite cependant pas a une chronologie factuelle.Plus encore que daut nés bilans disponibles cet ouvrage propose des synthèses originales tout en couvrant lactualiledes grands espaces régionaux.Ce livm s adresse aux chercheurs aux joui nul isles.au\ etudiants mais aussi aux fh'rsonnes moins averties qui souhai tent comprendre lactualite imtnc diate en la situant dans la continuité d'un mouvement plus long et dans Iespace élargi à < hacune des grandes réglons du monde Pour do plus amples informations Les Ltlitinns PU1 IQRC' l oi.(4IB) (i56 /ÏB1 • l’élét.(4ltt) f»56 tH)S vv\v\v.ulère.ïr, oine rt • autour du livre du mois F le dimanche^ février uccursale Champigny.p st,ti0n, i380, rue St-Denis S (514) 844-2587 m "«ro » Mttfrewu toriejjsaisMwi! nemant à l'arrière lont-Royal t )j 24 lattès 4 Biographie C.ANDERSEN 25 Roman Qc POUR DE VRAI F.AVARD Libre Expression 19 26 Psychologie LA SYNERGOLOGIE V P.TURCHET L'Homme 194 27 Biograph.Qc SALUT LES AMOUREUX, t.2 DUROCHER/FORm Stanké 4 28 Roman IA FEMME QUI ATTENDAIT 4P A.MARINE Seuil 2 29 Culture humaine CÉLIBATAIRE AUJOURD'HUI 0.LAMOURÈRE L'Homme 5 30 B.D.ASTÉRIX ET IA RENTRÉE GAULOISE UOERZO/GOSCIWY Albert René 74 il Psychologie N.GUILMART1N l'Homme 4 17 Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! V T.D'ANSEMBOURG L'Homme 160 33 Cuisine THE ULTIMATE WEIGHT SOLUTION P.MCGRAW Simon ( Shuster 21 34 Roman les Ames grises v P CLAUDEL Stock 18 35 Roman LUXURE ET FANTAISIE J, PELLETIER Québécor 5 36 Cuisine Qc IA CUISINE RAISONNÉE V COLLECTIF Fides 16 37 BD GARFIELD, t.37 - C'est la Itte! J DAVIS Dargaud 9 38 B.D.J000RCM6KY/GWEHEZ Humanoïdes 2 39 Roman Qc LIFE OF PI V Booker Prize 2002 Y MARTEL Vintage Canada 69 40 Cuisine Qc 101 PERSONNALITÉS, 101 RECETTES V COLLECTIF Johanne Demers 12 il leunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN.1.1 4P A.BRASHARES Gallimard 85 42 Histoire Qc LES COUREURS DES BOIS 4P G.-H.GERMAIN Libre Expression 17 43 B.D.LES SARCOPHAGES DU 6« CONTINENT 4P Y.SENTE Blake A Mortimer 10 44 Romeo DANSEUR 4P C.MCCANN Belfond 21 45 Polar K.FOLLETT Robert Laffont 2 ?Coud de Caur RB ¦¦¦¦ Nouvelle entrée «M 4.kmi» iwN >«««• T Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.25 succursales au Québec SUITE DE LA PAGE F 1 Le grand thème de Rushdie est la frontière.Thème prédestiné pour un homme né dans un pays qui compte à peu près autant d’ethnies que le Lac-Saint-Jean compte d’habitants, et dont la naissance même, en tant que nation et fédération moderne, devait s’accompagner de la déchirante et sanglante partition territoriale que l’on sait L’Inde et le Pakistan s’observent aujourd’hui en chiens de faïence équipés de missiles atomiques, et Salman Rushdie, lui, est devenu une sorte de super-Indien errant dont le parcours, commencé dans la cosmopolite Bombay et passant par la cité londonienne, semblait destiné à aboutir dans ce New York de l’étemel rêve migrant où 0 habite aujourd’hui.La frontière, nous dit Rushdie, constitue, avec ses flux et reflux, la métaphore par excellence de notre temps.Ouverte vers la fin du millénaire précédent, et grosse de toutes les promesses d’une globalisation conçue comme progrès incontournable et forme naturelle et achevée de l’économie de marché, puis se refermant un certain 11 septembre, et se resserrant depuis, autour du maître mot de l’ère nouvelle: Sécurité.Les capitaux passent toujours, mais pour les êtres de chair et de sang, les créatures du rêve et de l’espoir, c’est devenu un peu plus compliqué.De toute manière, l’avenir du monde est en train de se jouer quelque part du côté de l’Arizona, où de dignes héritiers du Ku Klux Klan et de Davy Crockett peuvent organiser en toute légalité ces incroyables safaris au cours desquels un bétail humain désorienté, sans papiers et dépossédé, remplace le buffle et le lion.Rushdie affirme clairement ses partis pris, et certains méritent d’être discutés.Oui à la liberté de parole et d’opinion (il a payé de sa personne pour en connaître le prix).Non à l’intolérance des religions et à l’obscurantisme médiéval des régimes coraniques.Et oui, bien sûr, au roman, cette forme par définition ouverte et impure dont le sort des Versets.prouve assez qu’elle s’oppose par sa nature même à la simplification des lectures littérales, et donc à l’intégrisme sous tous ses déguisements.Mais quand Rushdie feint de s’indigner de l’antiaméri-canisme grandissant et généralisé que ses pérégrinations planétaires l’obligent parfois à côtoyer, il devient soudain moins convaincant.Baskets, hamburgers, blue jeans et clips musicaux ne sont pas l’ennemi.Non, bien sûr.Et puis, ce cliché: ce n’est pas la globalisation en soi qui est le problème, mais la répartition inéquitable des ressources mondiales.Rushdie semble incapable de voir que l’un ne va pas sans l’autre, et que la «liberté» et la prospérité de son énergivore patrie d’adoption, parce que fondées sur le profit au détriment du civisme, sont justement inséparables d’une structure économique mondiale fondée, en un nécessaire déséquilibre, sur l’exploitation de classes entières de modernes intouchables dont font partie, entre autres, les enfants esclaves qu’il n’a peut-être pas eu l’occasion de rencontrer lorsque son cortège de cinq limousines le promenait autour de New Delhi pour un émouvant retour aux sources.Nike et Rushdie, même combat?Vous êtes avec nous ou contre nous.De toute évidence, Salman Rushdie sait de quel côté son pain est beurré.FRANCHISSEZ LA LIGNE Salman Rushdie Plon Paris, 2003,437 pages Pan Bouyoucas JACQUES GRENIER LE DEVOIR INSULAIRE SUITE DE LA PAGE F 1 de père que présente régulièrement le théâtre québécois, ce père défait, déchu, sans autorité, souvent alcoolique.Et c’est son modèle de père, un modèle qui se rapproche peut-être un peu du père grec, qu'il a d’une certaine façon exploité avec La Vengeance d’un père.C’est peut-être aussi à cause de ses origines grecques que Pan Bouyoucas n’est pas aussi virulent envers la religion que d’autres Québécois.Tout en se déclarant athée, il tente en effet de séparer le bon grain de l’ivraie et de trouver ce qu’il y avait de bon dans une religion qui a été jetée aux oubliettes, au cours des dernières décennies.Car pour lui, la religion, comme d’ailleurs la pensée grecque ancienne, offre plus des pistes phi- losophiques que des dogmes.De la religion grecque orthodoxe, par exemple, il dira qu’elle se rapproche des valçurs grecques traditionnelles.•L’Eglise a encore une emprise [en Grèce].Mais c’est pas comme chez les catholiques.[.] Quand on y pense, la religion orthodoxe a encore beaucoup de traits païens.» La foi l’intéresse, dit-il, dans la mesure où elle nous encourage à exploiter, toutes les possibilités humaines.A cet égard, il aime citer le •Connais-toi toi-même» de Socrate et argue que la religion catholique, au contraire, coupe l’homme de ses possibilités.ANNA POURQUOI Pan Bouyoucas Les Allusifs Montréal, 2003,112 pages Lib e r Lawrence Olivier Contre l'espoir comme tâche politique suivi de Critique radicale.Essai d’impolitique J/ www.renaud-bray.coni 252 paces, 24 dollars LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 K É V R I E R 2 0 0 4 ITTERATURE ROMAN QUÉBÉCOIS Tabula rasa Le narrateur de Table rase est écrivain.D est en panne d’inspiration.Curieusement, Louis Lefebvre, après nous avoir enchantés avec ses deux premiers romans, Le Collier d’Hurracan (1990) et Guanahani (1992), lesquels avaient pour cadre les Antilles, s’est tu pendant douze ans.Où s’arrête la réalité?Où commence la fiction?L’écrivain, par définition, est un brouilleur de pistes.Ce troisième roman marque une rupture avec ses précédents, où l’Histoire prédominait Quoique dans le rétroviseur du narrateur-écrivain apparaissent les premiers colons débarqués en terre d’Amérique.Roman intime, Table rase raconte l’histoire d’un voyage intérieur.D parle de la beauté des recommencements.Les histoires passées et présentes d’un homme et d’une femme s’emboîtent les unes dans les autres.Le ressort sur lequel repose le roman est l’écriture, murmure fragile s’il en est un, mais sans les mots un écrivain n’est rien.«Ce sont des mots, il n’y a que ça, il faut continuer», écrivait Beckett Lien invisible «L’instant qui déciderait de notre bonheur ou de notre malheur était celui où nous entrions dans le cercle parfumé de l’autre.» L’échec de sa relation amoureuse n’est peut-être pas étranger à la panne d’écriture de Marc-André Nadeau.Depuis des années il essaie d’écrire, mais il n'y arrive pas.Il connaît la force des mots, il sait que l’écriture délie, guérit parfois.«Tout ce qui pouvait sortir de nous, l’angoisse, la petitesse, la déception et la mettre ailleurs, dans un autre lieu, un autre siècle, Suzanne Giguère ?une autre vie, fictive ou non, tout cela allégeait la peine en la distribuant, en inventant ce qu’il fallait de personnages pour que la peine ne pèse plus rien tant il y avait d'épaules pour la porter.» De passage à l’île d’Orléans, venu visiter la ferme de ses ancêtres à la recherche de repères pour son roman, il trouve des éclats bleus de porcelaine ancienne.Son imagination s’emballe, chaque morceau de poterie contient sa part de mystère.«Là d’où viennent les mots, il n’y a pas de lumière.C’était pour apprendre qu’il avait voulu écrire et pas pour raconter des choses qu 'il savait déjà.» De retour vers Québec, il fait monter une jeune auto-stoppeuse «aux cheveux châtains avec des reflets de whisky».La conversation s’engage, le temps s’étire.Bien que tout les sépare, l’âge, la culture, leur vision du monde, un lien invisible les réunit Elle étouffe dans son île à touristes et rêve de partir avec son amoureux sur la côte ouest américaine.Lui, il a l’impression d’avoir raté sa vie et d’avoir failli à ses rêves.D espère un nouveau départ Le désir de partir, de tout recommencer à neuf, n’est-ce pas ce qui a motivé son premier ancêtre dont il essaie d'imaginer la vie dans un roman?L’histoire de ce paysan analphabète qui rêvait de se fondre dans la masse des pèlerins de Compostelle, pour rejoindre les galions espagnols qui devaient l'emporter vers l’Eldorado, et qui se retrouve en Nouvelle-France — «pas de poudre d'or, mais que des arbres à défricher» — laisse son interlocutrice perplexe.Cette histoire passéiste de «gars qui raconte des histoires plates sur des rêves ratés» ne l’intéresse pas.Encore moins la saga familiale sur treize générations que l’écrivain entend développer.Elle lui fait la leçon sur son roman, sème chez lui le doute et l’inquiétude.«Jamais il ne s’était senti aussi loin de son livre.» Attiré par son assurance, son effronterie et la verdeur de son langage, il l’écoute à son tour.Elle lui parle de sa méfiance à l’égard des hommes, de l’égalité de la femme dans les rapports amoureux qu'elle revendique.Au détour d’une confidence sur la folie de son frère, il sent chez elle une douleur intérieure qui se superpose à la sienne.La fin pathétique de sa grand-mère dans un centre d’accueil, «restée tout le temps à regarder par la fenêtre, sans parler à personne», lui revient en mémoire.Une fois encore, il en a l’intime conviction, la littérature aide à vivre.«Il faut enlever cette douleur par les mots, pas à une personne seulement comme le ferait un thérapeute, mais à des milliers en même temps, qui liraient mon livre et se sentiraient soudainement mieux.» Louis Lefebvre Silence intérieur Le huis clos entre la jeune femme idéaliste et l’écrivain désenchanté donne lieu à des réflexions graves sur l’histoire tronquée de l’Amérique («Celui qui était venu ici de l'Ancien Monde avait Perdu toute filiation avec Ulysse, mais ne pouvait pas non plus se dire enfant de Quetzalcdatl»), le flou identitaire québécois, le patrimoine architectural et écologique bradé à l’échelle planétaire.S'ensuit une vaste satire des travers humains sur l’indigence de la pensée, la montée de l’insignifiance, la confusion de l’époque, les rapports humains qui se dégradent, l a charge du romancier compte parmi les meilleures pages du roman.En observateur attentif, il se tient à distance.Il ne condamne ni n’eqjoüve.Par ailleurs, les nombreuses réflexions sur l'écriture et sur la (onction de la littérature qui jalonnent le roman témoignent dime longue fréquentation des écrivains et de leurs oeuvres.Sapphô, Boccace, Selma Ingeriot Pirandello, Beckett, Joyce, pour n'en nommer que quelques-ims.Certains reconnaîtront derrière le titre énigmatique de The Fads Behind the Helsinki Roccamatios (Faut e* Finlande) le recueil de nouvelles de l’auteur de IJje of Pi.Le voyage intérieur des deux protagonistes s'achève avec le concerto pour «silences et cordes» Tabula rusa du compositeur estonien Arvo Part.Au seuil d’une nouvelle vie, chacun va son chemin, apaisé.«C'était le plus beau cadeau que pouvait faire une histoire, vous donner l’illusion que vous n'êtes plus prisonnier de votre propre vie», dit le narrateur à la fin du roman.Servi par une langue à plusieurs registres, une précision descriptive, un sens du dialogue et le naturel de la narration.Table rase de Louis Lefebvre gagne à être lu avec attention si on veut saisir tous les plis et les replis de son écriture.TABLE RASE Louis Lefebvre Boréal Montréal, 2004,180 pages LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Histoires sans fin JOHANNE JARRY Ly écrivain portugais Antonio ' Lobo Antunes et l’écrivain français Régis Jauffret ont ceci en commun: ils ont écrit des livres-fleuves qui déroulent des histoires sans fin.Des histoires impossibles à résumer, qui débobinent leur fil attrapant tout au passage: voix, sons, visages, paysages, souvenirs et silences.Tout y est possible.Que ferai-je quand tout brûle?est hanté par plusieurs voix.Parmi les plus marquées, celle de Paulo le toxicomane, de son père Carlos le travesti, de sa mère Judi-te, une femme déçue.On y entend aussi les voix inquiètes d’un couple fragilisé par la mort de sa petite fille, celle de Gabriela rêvant de réentendre son père jouer de l’accordéon et la voix fatiguée d'un journaliste vieillissant méprisé.Les changements de narrateurs sont fréquents et imprévisibles, comme si ceux qui habitent l’univers de cette fiction cherchaient à parler ensemble.Dans chacun de ses romans (il en est à son seizième), Antonio Lobo Antunes repousse les limites de sa structure romanesque jusqu’au bord de l’éclatement tout en maintenant la cohérence du récit La fiction s’ouvre à ce qui surgit du passé, du présent et de toutes ces vies croisée en chemin; tout arrive, s’entend, se mélange et finit par disparaître.Seule la voix de chacun offre un repère stable, des voix que le lecteur apprend à distinguer par un phrasé où il reconnaît leurs obsessions, leurs blessures.Leur gravité n’empêche pas la gaieté, une certaine joie mêlée de dérision, et l’espoir de retrouver un jour ce qu’ils ont perdu en vieillissant.Un roman exigeant.absolument singulier, où on croit pourtant entendre (à peine) un essoufflement.L’écrivain arriverait-il, avec ce roman-là, à la limite de cette forme romanesque qu’il explore et qui l’obsède depuis tant d'années?Emma nouveau genre Porté par le conditionnel, le roman Univers, univers de Régis Jauffret se déploie sur plus de 600 pages à partir d’une idée: quelle serait la vie de l'héroïne du roman si.Si elle portait le nom des Gou-ri ou des Marurat, si sa mère était née Sandinot et que son père, propriétaire d’une pharmacie, avait inventé une lotion capillaire et s’était ruiné pour la promouvoir, qui serait-elle si son père s’était suicidé avant sa naissance et que sa mère, infirmière ayant voulu séduire un chirurgien, avait été mise au chômage, etc.À peine une vie fabulée terminée, la femme qui fait cuire un gigot en attendant le retour d’un mari et l’arrivée des convives, en commence une autre tout à fait différente.En proposant une multitude de destins au même personnage, le dixième roman de Régis Jauffret place la littérature résolument du côté de l’invention et rappelle au lecteur (s’il l’avait oublié) qu’on peut créer à partir de peu: une femme, un salon, un gigot, un mari, les Pierrot et leur piscine.Précisons toutefois que ce décor plutôt conventionnel donne régulièrement envie à la protagoniste de faire sa valise pour déguerpir avant l’arrivée du mari et des amis.Une fuite dont on ne connaît jamais la suite, qui finit toujours par s’ouvrir sur une autre vie où elle recommence à attendre.Est-ce parce qu’il est impossible d’échapper au vide de ce confortable salon pendant que le gigot cuit?Un vide que seule la littérature pourrait combler?QUE FERAI-JE QUAND TOUT BRÛLE?Antonio Lobo Antunes Traduit du portugais par Carlos Batista Christian Bourgois éditeurà Paris, 2003,712 pages UNIVERS, UNIVERS , Régis Jauffret Editions Verticales Paris, 2003,612 pages Lib e r Mario Bunge Matérialisme et humanisme Pour surmonter la crise de la pensée traduit et préfacé par Laurent-Michel Vacher \mi tmi imii I t ill MtMSMI 294 pages, 27 dollars William William St-Hilaire signe avec La femme papillon son troisième recueil de nouvelles érotiques.Elle nous offre l'œuvre de la maturité, une femme et une auteure qui déploient leurs ailes.St- Hilaire w MYUnMVM Milt l M •** autre versant de l’aube DANNY ruxiitue vers quelque (fiommrs nombreux à éur seul) Raymond-Marie | Léger l’HEXAGONE S Danny Plourde ^Triptyque www.gencrjtion.net/tripry mpryquc#Vdmonrriptyque.uim Tel.; 014) 597-1666 Monique Patenaudc Made in Auroville, India roman, 211 p., 20 $ En 196$, 1 vM.ini' Delambrca dix huit am, die cherche un sen* à l’absurdité de l'existence.Cette quête la conduit jusqu'en Inde, dans un désert de sable muge où une poignée d’hommes et de femmes yc sont réunis (tour construire une ville internationale qui «e veut I'cxpression vivante de l imité humaine Auroville.Monique Le Maner La Dérive de l'Éponge roman.155 p.17 S Un matin, George*, dit Gi ir L’HOMME k.- www.edhomme.com m ( i.illiuuil I « www.ganiiiiardmontre.il.com LOUIS DANTIN La Triste Histoire de Li-Hung Fong et autres poèmes choix et présentation de François Hébert lotis Dtvns ÜTRhTlIhTIISI K Ü HIH IflH n imnntmx f ¦ wpmm ¦ LES HEPBES ROUGES / COLL «FIVE O'CLOCK» LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 FÉVRIER 2 0 0 4 hSSAlS Le Québec jusqu’au bout Les économistes au pilori Pour les familiers de l’univers politique québécois et de son histoire récente.le personnage adulé de René Lévesque (L922-1987) n’a plus vraiment de secrets.Le politicien lui-même s’est assez longuement raconté, en 1986, Attendez que je me rappelle, et Pierre Godin, son rigoureux et passionne biographe, lui a consacré une somme, dont le dernier tome reste à paraître, qu’on peut d’ores et déjà qualifier d'indépassable.Pourquoi alors, une autre biographie de René Lévesque?Pour le comité éditorial de la charmante petite collection «Les grandes figures», la question, au fond, ne se posait même pas tant la réalisation de ce projet avait un caractère d’évidence.Comment en effet passer à côté d’un tel personnage dans une coDection dont l'ol> jecôf est de présenter, dans une forme vulgarisée, les êtres d’exception qui ont marqué notre histoire?Marguerite Paulin, à qui revient l’honneur de s’acquitter de cette tâche, justifie bien simplement son projet «n existe des dizaines de livres surlesàiejs d’Etat, sur de Gaulle, sur Kennedy.Pourquoi n’y aurait-il pas divers points de vue littéraires sur René Lévesque?Plus d’un cinéaste peut filmer un même personnage, plus d’un peintre peut faire le portrait d’un même visage.Chacun à sa façon et avec son style.» En effet Les sommes, pourrait-on ajouter, ne conviennent pas, pour toutes sortes de raisons, à tout le monde, et il n’y a rien de répréhensible, re-disons-le avec force, à vulgariser pour le plus grand nombre des connaissances que l’on considère essentielles.En ce sens, le récit biographique de Marguerite Paulin est bienvenu parce qu’il offre en partage un «René Lévesque pour tous» qui, malgré ses manques, ne rogne pas sur l’essentiel.Honnête résumé des réalisations politiques de Lévesque à titre de ministre libéral et de premier ministre péquiste, le récit de Paulin, qui fait suite à ceux qu’elle a consa- Louis Cornellier ?crés à Félix Leclerc, Louis-Joseph Papineau et Maurice Duplessis, cerne bien la personnalité du héros souverainiste.On y rencontre le joueur, le séducteur impénitent, le journaliste passionné d’informations internationales et le communicateur télévisuel hors pair.«Son style direct et franc, rappelle Paulin, étonne.Sa signature est cette voix éraillée et son phrasé nerveux.On écoute René Lévesque.Dans ce média encore jeune, il dépoussière le style de l’époque, rejette sa prétention.» Dans l’arène politique, sa nonchalance, qui «a un je-ne-sais-quoi qui séduit ceux qui l'approchent», ne va pourtant pas sans convictions très solides dont il tolère mal la contestation.Souverainiste-associa-tionniste, Lévesque, sa carrière durant aura maille à partir avec les in-dépendantistes plus radicaux et plus pressés.Grand démocrate pour les uns, il reste encore aujourd’hui, pour les autres, l’incarnation du souverainiste convaincu sur le plan idéologique mais enclin aux atermoiements sur le plan pratique.Aurait-il pu, compte tenu de son charisme et de sa popularité, en faire plus pour la cause en tergiversant moins?Son aigreur de fin de règne traduisait-elle ses propres déchirements intérieurs à l’heure du bilan?Les réponses à ces questions appartiennent pour toujours aux secrets de l’histoire.L’obsession du Nord Autant la figure de René Lévesque est connue, autant celle du Montréalais d'origine Albert Peter Low (1861-1942) reste, pour la vaste majorité des Québécois, ignorée.L'honune, pourtant, avait du coffre et, sans son oeuvre, notre connaissance du pays ne serait pas ce quelle est.Grand géologue et explorateur compulsif.Low, déjà à l’adolescence, connaissait son destin: «Albert Peter se fait à l ’idée qu ’il sera du Nouveau-Québec le véritable découvreur; il manifeste déjà de l'impatience!» Professeur retraité du département de géographie de l’Université de Montreal, Camille Laverdière, dont les états de service à titre d’homme de terrain sont aussi très impressionnants, a voulu rendre hommage à celui qui fut son prédécesseur dans la passion de la découverte géographique.Rédigé à la manière d’un rapport de mission sur le terrain, son récit biographique nous entraîne donc, «sur les traces d’Albert Peter Low», «dans la contemplation d’un paysage tout d’ampleur et de majesté», c’est-à-dire celui, plus particulièrement, du Nouveau-Québec.Les passionnés de géographie, de géologie, de géodésie, de cartographie, de topographie et de toponymie se plairont certainement à la lecture de cet ouvrage qui abonde en descriptions détaxées d’expéditions nordiques et qui se complaît dans une luxuriante prose poétique naturaliste.Le profane, cependant, même de bonne foi, ne pourra s’empêcher de constater que Laverdière, dans le genre, pousse le bouchon un peu loin.Devant l’accumulation de passages de ce type: «Aux marais succéda d’abord la tourbière, cette formation végétale constituée de sphaignes appartenant à la même classe que les mousses, de carex, d’éricacées, dont les bleuets.Cette étonnante couverture de plantes basses, serrées, croissait sur ses propres débris, imputrescibles: la tourbe»; «Par l’intermédiaire du comptoir de relais de Norway House à la décharge du lac Winnipeg, soit la tête du Nelson.York Factory permettait l'accès à la riche forêt d'un immense arrière-pays aux animaux à.fourrure si nombreux», on ne peut en effet qu'être étourdi.Fallait-il, pour être fidèle à la mémoire du grand explorateur qui a arpente des territoires aussi hostiles et majestueux que la baie d'Hudson, la baie de James, la baie d’Ungava, le Labrador et tous leurs alentours, imposer une telle nomenclature au lecteur soucieux lui aussi de découvertes mais qui n’en demandait pas tant?Vulgariser exige parfois d’en faire un peu moins pour susciter l'intérêt et prévenir le décrochage.L’entêtement d'Albert Peter Low, sa grande détermination, voire sa «violence extrême dans rétablissement de ses priorités» lui ont permis de mener à bien, au détriment toutefois de sa vie familiale, la mission que lui avait confiée la Commission géologique du Canada, son employeur, soit d'assurer «une meilleure prise de possession du territoire national par la connaissance».11 aurait d'ailleurs pu en faire beaucoup plus si une hémorragie cérébrale ne l’avait pas terrassé et rendu impotent, en 1907, alors qu’il n’était âgé que de 46 ans.Heureusement, d’autres allaient reprendre le flambeau, dont Camille Laverdière, qui signe ici un hommage un peu trop chargé.louiscornellieVa fxirroink).net RENÉ LÉVESQUE Une vie, une nation Marguerite Paulin XYZ Montréal, 2003,168 pages ALBERT PETER LOW Le découvreur du Nouveau-Québec Camille Laverdière XYZ Montréal, 2003,160 pages Terrorisme : revenir au réel FRANCIS BOUCHER Les commissions d’enquête récemment instituées par les administrations Bush et Blair sur la qualité des renseignements qui ont mené à la guerre contre l’Irak viennent confirmer — qui en doutait encore?— que tout n’a pas été dit sur cet épisode.L’ouvrage de Richard Labé-vière vient jeter un autre pavé dans cette mare trouble que constitue ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la «guerre contre le terrorisme».Nouvelle idéologie, «totale, dominante, innervante et énervante, dont le prisme produit trop de discours incertains et de lectures du monde improbables», la lutte contre le terrorisme est en passe de jeter le monde dans une guerre sans fin.Afin de contrer ces lubies, Labévière suggère de «revenir au réel», de retrouver notre capacité d'analyse et d’enquête.C’est ce qu’il se propose de faire dans Les Coulisses de la terreur.Rédacteur en chef à la RFI et auteur de plusieurs essais sur l’islamisme, l’auteur est un habitué des enquêtes minutieuses et fouillées.Des quelques mois qui précèdent le 11 septembre 2001 jusqu’à aujourd’hui, la trame de ces événements désormais ar-chiconnus est ici revisitée, point par point.Le journaliste revient longuement sur les liens qui unissaient Oussama ben Laden, ce «fils naturel de l’oligarchie saoudienne et des services américains», et la CIA Labévière suggère, preuves à l’appui, que l’administration américaine ferait tout pour ne pas retrouver son ennemi public munéro un.La peur d’un «Benla-dengate» serait à l’origine de ce manque d’effort dans la traque au milliardaire saoudien.En effet, le déférer en justice risquerait de compromettre le npuvel ordre géopolitique que les Etats-Unis souhaitent imposer au reste du monde.Par ailleurs, la menace constante que ferait peser al-Qaïda — dont l’auteur réfute jusqu’à l’existence même — sur les intérêts américains a trop d’utilité pour être levée.Pour preuve: «La chasse à Ben Laden et al-Qaïda a justifié le redéploiement le plus important de l’armée américaine depuis la fin de la guerre froide.» On le voit, l’essayiste penche, et c’est là toute sa force, pour une lecture politique des événements.Par conséquent, les réponses au terrorisme, avertit Labévière, ne peuvent, elles aussi, qu’être politiques.À lire, donc, par ceux — nombreux — que les conclusions du rapport Hutton c4it laissés sur leur faim.Oussama ben Laden LES COULISSES DE LA TERREUR Richard Labévière Grasset Paris, 2003,365 pages ELIZABETH SMART À la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j’ai pleuré « A un moment ou à un autre, tout vrai lecteur trouve sur son chemin À la Hauteur.Et il ou elle reconnaît alors une émotion essentielle qui habite chacun en permanence.» Michael Ondaatje LES HERBES ROUGES / C0LL«TRADUCTI0NS> PrjL-EQ m-mmiCr iü «au»/swum*/ COLLECTION POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET SÉCURITÉ le triangle Russie/États-Unis/Chine Un seul lit pour trois ?Albert Legault, André Laliberté, Frédéric Bastien Trois pays, trois puissances militaires, trois puissances commerciales, chacune avec ses problèmes intérieurs, ses rêves et ses illusions.Où vont ces trois empires ?Dans quelle mesure s’opposent-ils et dans quelle mesure peuvent-ils coopérer ?Un seul lit pour trois mais tous ne partagent pas le même rêve.ISBN -27637-8059-8,166 pages, 20 $ ASIE CENTRALE ET CAUCASE Asie centrale et Caucase Une sécurité mondialisée Sous la direction de Thomas Juneau, Gérard Hervouet, Frédéric Lasserre L’Asie centrale « le Caucase ont longtemps échappé aux regards médiatiques et aux analyses documentées.Cet ouvrage collectif articule les contributions des auteurs autour d’une problématique soulignant que, depuis le 11 septembre 2001, la sécurité de ces régions est désormais mondialisée.ISBN-27637-8056-3,250 pages.29$ Pour de plus amples renseignements Les Kililions PUI K)K( l el.(41H) 656 / mi - l olei .(4!H)6S6 1105 I >oniini(|iic.(>iiii*i
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