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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-02-21, Collections de BAnQ.

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George Szanto traduit par François Barcelo Page F 3 Le style et la pensée militante de Guy Ferland Page F 5 LE DEVOIR o Je sms Canadien, ce au on appelle Canuck, je n 'ai pas su parler anglais avant cinq ou six ans, a seize ans je parlais avec un accent hesi tant et j étais un pauvre triste demeuré a lecole.Le ciel erouac la terre de VLB I ILLUSTRAT10N:TÏFFET MICHEL LAPIERRE La Hudson légendaire conduite par Neal Cassady, dans laquelle traversa l’Amérique en 1949 le passif Jack Kerouac, qui jusque-là voyageait plutôt en autostop et en autocars Greyhound, aurait-elle été, en fait, une carriole invisible glissant sur la neige de la Nouvelle-Angleterre en direction du Bas-du-Fleuve, vers les paroisses ancestrales de Saint-Hubert et de Saint-Pacôme?Voilà l’étonnante question qu’on se pose après avoir lu la réédition de Jack Kéromc (avec l’accent aigu!), «essai-poulet» de Victor-Lévy Beaulieu qui, publié pour la première fois en 1972, a fait date dans l’histoire littéraire du Québec.«Au beau milieu de l’hiver glacé, écrivait Kerouac à Cassady en 1950, j’ai découvert mon âme», comme nous le révèle l'irremplaçable édition, très documentée, de Sur la route et autres romans, publiée par Yves Buin.Kerouac, écrivain avant-gardiste, héros de la Beat Generation et de la contre-culture, associait la neige à une tragédie survenue au cours de son enfance: la mort prématurée de son frère aîné Gérard, petit saint maladif de neuf ans, qui incarnait à ses yeux un phénomène aussi peu révolutionnaire que le catholicisme ca-nadien-français.Si Gérard était mort, cela ne pouvait signifier qu’une chose pour Jack Kerouac enfant: quitter Lowell (Massachusetts), cette terre d’exil, pour retourner au Québec.Selon Jack, Gérard ne pouvait être qu’au Québec: le Québec, c’était le del.Ce secret si québécois, Kerouac, au cours de la gestation de son roman Sur la route, le dévoile étrangement à Cassady, «vrai cow-boy» du Colorado, pour l’inviter, en cette «nuit de neige» du 28 décembre 1950, à réaliser avec lui un grand rêve: devenir «les pionniers de l'âge d’Or de l’Ecriture Américaine».Toute l’ampleur de la contradiction, chez le Canuck de Lowell, entre le Canadien français passéiste et l'Américain tourné vers l’avenir, Beaulieu l’a saisie avec acuité.Loin d’être, comme certains l’ont cru, une tentative québécoise d’accaparer naïvement une œuvre de réputation internationale, son essai sur Kerouac est le récit d’un combat intérieur entre l’admiration profonde et le rejet brutal.Beaulieu reconnaît en Kerouac l’écrivain qui, par sa fameuse prose spontanée, s’est employé «pour la première fins en Amérique» à «changer l’homme».Mais, en trouvant cette prose beaucoup moins moderne que celle de William Burroughs, il nous fait cet aveu: «Je haïssais Jack.il était pour moi le romancier «Dans mes voyages en Amérique du Nord, je tournais en rond et j’ai vécu mainte morne tragédie.» québécois dans toutes ses misères.» Beaulieu oppose le Kerouac cosmopolite, païen et novateur de New York et de San Francisco au Kerouac provincial, bigot et romantique des jupes maternelles et du ghetto canadien-fran-çais de Lowell.Mais son admiration prend le dessus et finit par dissiper cette opposition.«Je suis stupide, et même crétin, peut-être seulement canadien-français», déclare Kerouac.Comment un écrivain québécois ne pourrait-il pas se retrouver dans cet aveu désarmant?Touché par l’innocence de Kerouac, Beaulieu résout magnifiquement les contradictions entre les personnalités avant-gardiste et passéiste du Canuck en le définissant comme «le meilleur romancier canadien-français de l’Impuissance».La reconnaissance de la prééminence littéraire de Kerouac dans l’exploration autodestructrice des abîmes de la douleur québécoise ne peut que provoquer une catharsis chez nos écrivains.C’est sûrement l’idée que Beau-lieu a en tête lorsqu’il affirme, à propos de l’auteur de Sur la route-.«Il est important que nous annexions son oeuvre.» Pourquoi ne pas abandonner le ciel québécois à Kerouac, qui se voyait comme «un mystique catholique, étrange, solitaire et fou», et ne pas se réserver la terre québécoise?Pour un mystique païen et volontariste comme Beau-lieu, le Québec, après tout, c’est la terre.Mais pour exister, la terre a besoin d’un del, fût-il ride et simplement teinté du bleu de la mélancolie.Le del est l’élément essentiel de toute mythologie.Beaulieu en est consdent H a toujours espéré l’avènement définitif d’une mythologie québécoise, comme nous le rappel-, lent les auteurs savants de Victor-Lévy Beau-" lieu: un continent à explorer, prédeux ouvrage publié sous la direction de Jacques Pelletier.Cette mythologie serait impensable sans la présence fulgurante du seul écrivain mythique d’envergure mondiale qui ait pu écrire: «Je suis Canadien, ce qu'on appelle Canuck, je n'ai pas su parler anglais avant cinq ou six ans, à seize ans je parlais avec un accent hésitant et j’étais un pauvre triste demeuré à l'école.» Kerouac en impose à notre imaginaire.Ce qui compte pour nous, ce n’est pas tant Kerouac lui-même, écrivain officiellement américain, que le mythe de Kerouac, seule garantie de la pérennité de l’œuvre.Si la littérature connaît des frontières linguistiques, la mythologie, qui la dépasse, n’en connaît aucune.Kerouac n’a pas à nous donner de leçons d’anglais.La firsion de ses personnalités québécoise et américaine, il commençait, VOIR PAGE F 2 KEROUAC LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 2 2 FÉVRIER 2004 F 2 2 1 -Livres ^- L’éditeur Pierre Turgeon s’agite encore JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les Editions Trait d’union reçoivent désormais uniquement sur rendez-vous.L’éditeur affirme que ses activités le conduisent souvent à Toronto.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR L> éditeur Pierre Turgeon ne ' baisse pas les bras.Alors que les critiques s’abattent sur ses maisons d’édition Trait d’Union et Cantos, il lance une nouvelle maison bicéphale: City Publishing - Editions de la Cité.La nouvelle entité loge pour l’instant dans les bureaux de Trait d’Union, carré Saint-Louis, à Montréal.En entrevue, l’éditeur précise toutefois que l’essentiel de ses activités se déroule désormais à Toronto.Le premier titre de la maison, • annoncé pour le printemps, est une biographie du financier Conrad Black signée George Tombs.Journaliste et historien montréalais, Tombs est aussi un ancien éditorialiste au quotidien The Gazette.Son livre, Going Down In History, présente notamment le point de vue de plusieurs personnalités, dont deux des plus célèbres admirateurs de Black: Henry Kissinger et Margaret Thatcher.Conrad Black a lui-même beaucoup collaboré à l’ouvrage.La traduction française doit être publiée; plus tard cette année par les Editions de la Cité, explique Turgeon.Pourquoi une telle multiplication des étiquettes alors que Trait d'Union ne compte même plus d’employés permanents?«Avoir des étiquettes différentes permet d’offrir une image cohérente auprès des libraires et des lecteurs.Im nouvelle maison doit aussi nous permettre de changer de distributeur.Nous sommes très mal servis par notre distributeur actuel, Édipresse.» Pascal Chamaillard, directeur de la diffusion chez Édipresse, affirme pourtant n’avoir jamais entendu Pierre Turgeon se plaindre des services de son entreprise, bien au contraire.«Il est venu nous offrir de distribuer City Publishing le 5 février en nous demandant une avance sur son Conrad Black à paraître.Nous sommes une entreprise de distribution, pas une banque.Et comme nous avions déjà assuré la promotion du livre sous une autre étiquette, celle de Cantos, cela compliquait d’autant plus les choses: il y a un risque d'injonction contre nous puisque, pour l’instant, tant les livres que les comptes de Pierre Turgeon sont sous le contrôle d'un administrateur nom/né par la cour.» Par le passé, Édipresse avait déjà confié à Pierre Turgeon la direction de Beaumont éditeur, ses éditions maison, avant de décider de fermer boutique.Une manœuvre ?création de City Publishing - Éditions de la Cité peut-elle être vue comme une simple manœuvre financière visant à se dégager à toute vapeur d’une pluie de critiques?Oui, affirme sans hésiter l’homme d’affaires Julien Béliveau, lié à la réalisation de plusieurs projets éditoriaux de Pierre Turgeon.«Les livres de Turgeon sont frappés d’une hypothèque légale qu'il a contractée envers moi.Celui consacré à Conrad Black n'a pas plus le droit d’être publié ailleurs que les autres: il y a là un contrat à respecter.» Cet homme d’affaires devenu producteur pour la télévision se présente comme «le banquier» de l’éditeur et affirme que celui-ci lui doit toujours plusieurs dizaines de milliers de dollars.Pierre Turgeon rétorque que son ancien allié n’a pas financé ce livre et qu’il entend désormais lui répondre par la voix de ses avocats.Rappelons que Pierre Turgeon n’en est pas à ses premiers démêlés judiciaires autour d’un livre.Tout cela indique-t-il que le groupe Trait d’Union-Cantos se- rait en difficulté?Pierre Turgeon se contente de répondre que ses éditions «sont loin d’être mortes».Et pour son nouveau bébé, City Publishing, les perspectives lui apparaissent tellement bonnes que les subventions deviennent à ses yeux «accessoires», ce qui paraît pour le moins hors du commun dans le fragile édifice de l’édition québécoise.L’éditeur affirme cependant attendre encore de l’argent des organismes subventionnaires, à commencer par la SODEC.«On attend de l’argent de la SODEC, notamment des crédits d’impôt.Ils sont les premiers à admettre leur retard.» Réactions à la SODEC À la SODEC, on tient à souligner que la seule maison de Pierre Turgeon admissible aux subventions gouvernementales demeure Trait d’Union.Louis Dubé, adjoint au directeur général, explique d’ailleurs que cette maison devra faire solidement la preuve, en mai prochain, qu’elle remplit toutes ses obligations.«Je dois dire que plusieurs auteurs se sont plaints.Pour l’instant, il est aussi nécessaire de dire que nous ne devons rien à aucune entité éditoriale de Pierre Turgeon, contrairement à ce qui a pu circuler.» L’avocat-conseil de l’Union des écrivains, François Coderre, observe lui aussi d’un œil attentif la gestion du droit d’auteur menée par les maisons placées sous la responsabilité de Pierre Turgeon.«Je peux vous dire qu’il y a plusieurs écrivains qui se plaignent du non-respect des contrats et de droits non payés.C’est effrayant! Dans la plupart des cas, on n’est cependant pas encore allé devant les tribunaux.» KEROUAC Un écrivain mythique SUITE DE LA PAGE F 1 a l’échelle de son propre mythe, à l’accomplir dans son œuvre.Ce qu’il y a de plus profondément québécois chez Kerouac, c’est son exaltation poétique de l'Amérique plurielle et vagabonde où chacun appartient à une minorité: le continent amérindien, noir, hispanique, notre Amérique et celle de tous les autres.«Dans mes voyages en Amérique du Nord, écrit Kerouac, je tournais en rond et j’ai vécu mainte morne tragédie.» En unissant le ciel antique à une terre nouvelle digne de l’œuvre future de Victor-Lévy Beaulieu, Jack Kerouac n’aurait-il pas, par sa nostalgie des tribus d’un continent sauvage et protéiforme, annoncé l’éclatement probable de la tragique standardisation nord-américaine comme l’événement capital du XXI' siècle?JACK KEROUAC Victor-Lévy Beaulieu Typo Montréal, 2004,232 pages SUR LA ROUTE ET AUTRES ROMANS Jack Kerouac Gallimard Paris, 2003,1428 pages VICTOR-LÉVY BEAULIEU : UN CONTINENT À EXPLORER Sous la direction de Jacques Pelletier Nota bene Québec, 2003,456 pages ! ; Série présentée i9h30 au Studj0.,hèâtre de la Place des Arts du 28 janvier au _ Élaborée par MichalloCoibeiUt Stéphane upine Librairie tin e®Pa ce Pour Le mercredi 25 février à 19h 30 DERNIÈRES LETTRES de Stalingrad Une lecture-spectacle de lettres authentiques de soldats allemands lors du siège de Stalingrad et d'une missive, œuvre de fiction celle-là, d’une mère juive à son fils.Avec les comédiens Françoise Faucher, Christian Bégin, Claude Gagnon, Marcel Pomerlo et DenisTrudel.Présenté en collaboration ‘•«u s.lb) i ^ avec les Productions.s»am8y Péa % «et Jules à mes' côtés.» Faucher Marcel r°"’er,° Billetterie : (514) 842-2412 Sans frais: 1 866 842-2112 vww.pda.qc.ca : 15$ / Etudiants : 10$ Intrée ©Place des Arts /******¦' La Main nue Jean Royer Jean Royer « La Main nue, récit-témoignage rédigé dans une prose poétique à la fois délicate et prenante, raconte les sources et les chemins de cette passion [de la littérature].» Louis Comellier.Le Detvir La Main n ue QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com POPULI 1 Essai Qc CES RICHES QUI NE PAIENT PAS D'IMPÔTS B.ALEPIN du Méridien 7 J n Roman Qc L'HISTOIRE DE PI V - Booker Prize 2002 Y.MARTEL XYZ éd.V i Psychologie GUÉRIR V SERVAN-SCHREIBER Robert Laffont 4£ ± Jeunesse HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHÉNIX éR (M^t) J.K.ROWLING Gallimard 11 ¦ Roman LORD JOHN, UNE AFFAIRE PRIVÉE D.GABALDON Libre Expression 4 h Roman IMPÉRATRICE ?S.SHAN Albin Michel 11 : Roman GLOBALIA ?J.-C.RUFIN Gallimard 4 s Roman VŒUX SECRETS D.STEEL Presses de la Cité 3 ii Psychologie LES CODES INCONSCIENTS DE IA SÉDUCTION P.TURCHET L'Homme 3 Roman Qc S.DOMPIERRE Québec Amérique 2 | B.D.COLLECTIF Dupuis 2 i?Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT éf E.TOLLE Ariane 176 i> Biograph.Qc J’AI SERRÉ LA MAIN DU DIABLE ?R.DALLAIRE Libre Expression 17.14 Roman Qc LES FILLES DE CALEB, t.3-L'abandondelamésange A.COUSTURE Libre Expression 11 b Roman Qc LA DÉCOUVERTE D'AURÉLIE C.PONTBRIANO les Intouchables 4 1!, Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?V J.SPENCER Michel Lafon 167 17 B.D.TINTIN ET L'ALPH-ART 1 ERGÉ Casterman 6 18 Roman LUXURE ET FANTAISIE J.PELLETIER Québécor JL 19 B.D.ASTÉRIX ET LA RENTRÉE GAULOISE UDERZO/GOSCWY Albert René 25.20 Biograph.Qc SALUT LES AMOUREUX, 1.2 DUROCHER/FORON Stanké 21 Psychologie LA SYNERGOLOGIE V P.TURCHET L'Homme 195 22 Psycho.Qc VICTIME DES AUTRES.BOURREAU DE SOI-MÊME ?G.CORNEAU L'Homme 11 23 Cuisine THE ULTIMATE WEIGHT SOLUTION P.MCGRAW Simon & Shuster 22 Assistez à un débat ^ i animé par Jean Fugère.avec Denise Bombardier, le docteur J.-F.Chicoine et Jocelyne Robert autour du livre du mois Mtupim I Mtori&jwésMir bsrafttfc ms «farts le dimanche 22 février à 15 h 30 Succursale Champigny, 4380, rue St-Denis «(514)844-2587 P Stationnement i l'arrière Métro Mont-Royal '1 Roman Qc W.ST-HILAIRE LanctOt 3 7n Dictionnaire 1300 PIÈGES DU FRANÇAIS C.CHOUINARD La Presse 1.2b Biographie VARIATIONS SAUVAGES V H.GRIMAUD Robert laffonl il 2' Essais MAL DE TERRE V H.' REEVES Seuil 11 .b BD B.WATTERSON Hors Collection 3 29 Psychologie LES MOTS QUI FONT DU BIEN N.GUILMARTIN L'Homme 20 Roman LA FEMME QUI ATTENDAIT V A.MAKINE Seuil Roman Qc M.L0RT1E Quebocor 5 22 Biographie VIVRE POUR LA RACONTER V G GARCIA-MARQUEZ Grasset il Roman N.ROBERTS Belfond JL -i Roman Qc POUR DE VRAI F.AVARD Libre Expression .20.b Culture humaine CÉLIBATAIRE AUJOURD'HUI 0.LAMOURÈRE L'Homme J6 b Essais Qc CHRONIQUES DU DIMANCHE S.LAPORTE La Presse 11 (• Psychologie cessez D'Etre gentil, soyez vrai i * T.D'ANSEMBOURG L'Homme 161 28 Psycholo.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.MORENCY Transcontinental 11 29 Éducation LES CARRIÈRES D'AVENIR 2004 COLLECTIF Jobboom J 40 Biographie CONFIDENCES ROYALES P.BURRELL Michel Lafon :: 41 Polar MYSTIC RIVER AT D LEHANE Rivages 99.42 Cuisine CUISINE VÉGÉTARIENNE » COLLECTIF Marabout il 43 Polar SHUTTER ISLAND V D.LEHANE Rivages 11 44 Biograph.Qc SALUT LES AMOUREUX ! DUROCHER/FORTH Stanké 22 45 Spiritualité PLAIDOYER POUR LE BONHEUR V M RICARD Nil 16 V : Coup rte Coeur RB : Nouvelle entrée ttttf dt wnnew Omw penffice J Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.25 succursales au Québec y www.renaud-bray.com T MONETTE Il y a quelqu'un' L Y A QUELQU’UN ?La pcéiie comme acte de résistance à l’infinie solitude de l'homme, au chaos planétaire, aux désillusions de l'amour.Poésie 304 pages • 21,95 $ Du même auteur en Boreal compact Unless Roman • 204 pages • 13.95 $ BC n® I 57 ln www.editionsboreal.qc.ca i LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D 1 M A X C H E 22 FEVRIER 2 0 0 4 F 3 ?r ITTERATURE ROMAN QUÉBÉCOIS Perché entre ciel et mer LITTÉRATURE CANADIENNE Vie fantôme Enfant, Pan Bouyoucas a certainement creusé un petit trou dans son âme pour y enfouir les eaux turquoises et iodées de la mer Egée, le vaste ciel bleu, les parfums de gardénias, de thym et de fleurs d’oranger.Né à Beyrouth de parents grecs, il a émigré au Québec avec sa famille il y a quarante ans.Pour lui, pas de doute, il est Québécois.Mais parfois, quand la nostalgie se fait insistante, il descend en lui-même.Il en rapporte des odeurs et des couleurs méditerranéennes et les dépose dans ses livres.Dramaturge, nouvelliste et romancier, il signe avec Anna Pourquoi son sixième roman.Ce dernier a pour cadre l’île grecque de Léros.L'esprit des dieux antiques plane sur les lieux.Un drame amoureux se joue dans l’atmosphère mystérieuse d’une forteresse byzantine accrochée au sommet d’une montagne.Conte philosophique sur le désir, les tourments de l’amour et de la foi, Anna Pourquoi se lit d’un trait.Nicoletta, Anna et Maximos Le roman s’ouvre sur une énigme: deux mots, Anna Pourquoi?peints en blanc sur les rochers gris acier situés à proximité de la forteresse reconvertie en monastère.Trois cents mètres plus bas, il y a la mer.«Que du bleu.À perte de vue.Le ciel.La mer.» La nuit, «l’impression qu'au moindre mouvement on puisse tomber dans le firmament n’est pas fausse».Du côté ouest de la montagne s’étend le village de Platanes, «dont les maisons à terrasses, blanchies à la chaux, dégringolent, collées les unes contre les autres, jusqu’à la mer».La nonne Nicoletta vit seule depuis quatre ans dans le silence total de ce monastère perché entre ciel et mer.A vivre ainsi au bord du vide, à regarder les mouettes planer librement en savourant la volupté de l’abandon, certains jours elle est prise de vertige que d’aucuns^ qualifieraient de mystique: «À toujours regarder l’humanité de haut, ce n’est pas Dieu que je vois m’attendant les bras ouverts.Non.Je me prends pour Dieu.» L’arrivée au monastère de Vé-roniki, une jeune novice d’une grande beauté, et de Maximos, diacre et peintre d’icônes, quelques semaines plus tard, vient interrompre cet état de grâce et d’apesanteur.Lorsque l’iconographe lance un regard brûlant à la novice et la reconnaît — «Anna, murmure-t-il, ému» —, Nicoletta sait que cet homme apporte les tourments diaboliques du désir en ce lieu clos.Avec le temps, les insulaires finissent par forger un mythe avec la mystérieuse Anna.Le prénom peint sur le rocher sème la pagaille dans le village.Les maris soupçonnent leur femme, leur fille ou leur sœur d’avoir eu une relation avec le diacre.Les femmes se réfugient dans la chapelle du monastère et se tournent vers la Vierge afin qu’elle ramène la paix dans leur foyer.Sur fond d’intrigues et de malentendus où s’entremêlent trois destins singuliers, Pan Bouyoucas suggère habilement que les inclinations humaines s’accordent mal avec la sagesse divine.Il est bien difficile pour les humains de réconcilier les «oppositions irréductibles de la vie terrestre et du royaume des deux».Des reflets du paganisme hellé- Suzanne Giguère ?nique apparaissent à la surface du récit.La vision païenne du rapport à Dieu et à la vie que développe le romancier se rattache à toutes les religions naturelles et polythéistes de l’espèce humaine qui rendent un culte à des dieux et honorent les puissances et les énergies de la Nature.Une vision païenne du monde Cette vision païenne du monde est incarnée par Nicoletta et Maximos.Pour la nonne, le caractère sacré et divin de la nature est indéniable.Elle affirme: «La nature ne porte jamais le deuil.Les malheurs et les désastres ont beau se succéder, les saisons, les fleurs et les fruits persistent à célébrer, avec leurs couleurs et leurs parfums, la vie et ses résurrections.» De son côté, Maximos raconte de manière guillerette des épisodes de l’Histoire sainte, dont celui de Salomé demandant la tête de Jean le Baptiste.Cet épisode ramassé en quatre pages est décoiffant.Tel un tragédien, sa voix module les émotions, «se réduisant à un murmure un instant, pour retentir l’instant d’après pleine de fureur ou d’exaltation».Pour lui, l’Histoire sainte n’est pas qu’une «célébration du martyre et de la mort».Ses propos truculents traduisent une acceptation joyeuse de la vie.Nous ne sommes pas loin de la fête dionysiaque.Cette vision païenne du monde considère la nature comme divine et l’humanité comme faisant partie de celle-ci et devant vivre en harmonie avec l’univers.Est-elle la solution la plus sage en vue d’une restauration de l'équilibre écologique et social comme le soutenaient les éditeurs d’une revue grecque (Dii-petes) lors du World Congress of Ethnie Religions tenu à Athènes il y a quelques années?Pan Bouyoucas ne pousse pas sa réflexion jusque-là.D n’en dénonce pas moins le détournement du message biblique originel par les doctrinaires de l’Église catholique qui évacuent le désir et le plaisir de la vie et «étouffent l’âme et ses élans» au profit du sacrifice.D’élan et de création D’élan et de création il est aussi question dans ce bref roman.Le romancier fait un parallèle entre Maximos peignant des icônes étranges et «païennes» que personne n’apprécie et Cézanne qui s’entêta à peindre les cinq portraits de sa conjointe «sans fraîcheur et assez déshéritée par la nature» malgré les critiques et les moqueries.Ces tableaux furent salués plus tard comme des chefs-d’œuvre.«Il y a quand même une certaine grandeur dans cette volonté de s'obstiner à tout prix dans la lutte malgré les moqueries et l’indifférence de tous», s’exclame Nicoletta.Le romancier nous laisse méditer sur ces lois imposées par le regard de l’autre.Quand, à la fin du roman, Vé- Liber Mario Bunge Matérialisme et humanisme Pour surmonter la crise de la pensée traduit et préfacé par Laurent-Michel Vacher n m Vi roniki demande aux enfants venus visiter la chapelle de dessiner une icône, elle leur dit: «Des-sinez-la selon les lois de votre cœur.L’icône doit exprimer votre amour et votre ferveur spirituelle.Si je vous impose d’autres lois, elles étoufferont votre âme et ses élans.» Anna Pourquoi est un roman captivant.D se démarque par son art consommé de la narration, son humour exquis et son intensité dramatique.Pan Bouyoucas se révèle une fois de plus un excellent conteur d’histoires.ANNA POURQUOI Pan Bouyoucas Les Allusifs Montréal, 2004,112 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pan Bouyoucas CHRISTIAN DESMEULES Andre Breton disait du Mexique qu’il était »ie seul pays au monde instinctivement surréaliste».Le pays offre un mélange de mysticisme, de violence et de contrastes qui a su magnétiser nombre de poètes en mal de paradis perdus.C’est au cœur de ce terreau fertile, parmi les fantômes et les démons intérieurs, que prend racine l’univers romanesque de George Szanto qui, après La Face cachée des pierres (XYZ éditeur, 1997), poursuit sa «trilogie mexicaine» avec La condesa Maria Victoria — encore une fois traduit par François Barcelo, George — ou «Jorge» comme l’appellent ses amis mexicains —, écrivain canadien et narrateur, retourne cette fois à Michoàcua-ro, dans le centre-ouest du pays, au nom du comité des écrivains emprisonnés de sa section locale du PE.N.international.Il doit y enquêter sur l’emprisonnement irrégulier d'un prêtre accusé d’avoir cambriolé une banque.Joaquin Chuscadôn, connu comme écrivain sous le nom de Mono Loro, est l’auteur de La condesa de Michoâcuaro — un livre qui raconte la vie d’une femme riche et puissante du XVIII' siècle, accusée de «sacrilège».A peine arrivé dans la petite ville de 30 000 âmes, avec sa nouvelle épouse et sa fille Kiki, Jorge commence à traduire l’ouvrage de Mono Loro tout en menant sa petite enquête.Entre les tournées obligatoires de tequila, toute une galerie de personnages fascinants, de légendes locales, de rumeurs se déploit Dès lors, le récit alter- Olivieri librairie «bistro Causerie avec Jorn Riel ANIMÉE PAR Marie-Hélène Cousineau et Jean Morrisset Jeudi, 26 février içhoo Réservation obligatoire Té!.: 739-3639 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges service^librair ieolivieri.com ]0rn Riel )0m Riel a vécu 16 ans au Groenland.Du fatras des glaces et des aurores boréales, il rapportera une bonne vingtaine d’ouvrages.Au-delà du rire, parce que ces livres sont dé nature à dérider les plus mélancoliques, c’est bien toute une nouvelle vision du monde que nous offre Jorn Riel.Celui qui a vécu dans le désert, désert de sable ou de glace, sait aller à l’essentiel.En visite au Canada à l’occasion de l’adaptation cinématographique de son livre Le jour avant le lendemain, il vient nous livrer son étrange vision du monde.Cet événement est organisé en collaboration avec Igloolik Isuma Productions.Un petit pas pour l'homme Stéphane Dompierre « Un texte brillant et drôle, parfait contre la grisaille hivernale.» Chantal Jolis, Indicatifprésent Radio-Canada « Il signe avec Un petit pas pour l'homme un roman urbain, festif [.] qu’on lit le sourire aux lèvres.» France Tardif, Radio-Canada wmm ttriHwsa QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-anreriqiie.coni SOURCE XYZ ÉDITEUR i/T-'-N George Szanto ne entre l’enquête de Jorge et l’histoire de la comtesse de Michoâcuaro, Maria Victoria Cervantes y Gazoponda.telle que racontée par Mono Loro.Une adepte de «la supériorité naturelle de la femme», féministe avant l’heure, un peu sorcière.Un remarquable personnage de femme libre, à la fois forte et passionnée, à qui son époux décédé apparaît régulièrement — rien de plus normal.Récit complexe, fantastique : sorcellerie, croyances Des membres de la Nueva Be-lén, une communauté religieuse dissidente, kidnapperont Kiki et une autre fillette, en qui ils verront «l'Enfant innocent» qui pourra purifier la communauté.Un lieu où se déroulent d’étranges manifestations du Saint-Esprit: de nombreuses et très jeunes religieuses •parfaitement» vierges y deviennent enceintes.Enjeu du pouvoir ecclésiastique.Nueva Belén attend le dernier des quatre miracles: le retour du pape Paul VI qui leur ouvrira les portes du paradis.Le passé et le présent se rejoignent, les croyances païennes s’accommodent du catholicisme le plus conservateur à la sauce de YÔpus Dei.Et les véritables motifs de l’emprisonnement de Mono Loro se révéleront peu à peu, sur fond de corruption, de croyances païennes, de machismo.Face à un cocktail réunissant fantômes et bourgade mexicaine, difficile de ne pas y voir l’ombre de Juan Rulfo et de son Pedro Pà-ramo, œuvre phare du XX' siècle mexicain: les fantômes errants de Comala, les détresses d’un inonde rural soumis au pouvoir absolu d'un cacique, le parricide, l'inceste, etc.Car George Szanto connaît son Mexique.Après avoir enseigné la littérature comparée durant plus de vingt-cinq ans à l’université McGill.Szanto habite aujourd'hui en Colombie-Britannique.Un regard romanesque fécond qui cherche à embrasser la grande complexité de la réalité mexicaine.Im condesa Maria Victoria nous plonge dans un monde.qui nous révèle la face cachée du Mexique.IA CONDESA MARIA VICTORIA George Szanto Traduit de l’anglais (Canada) par François Barcelo XYZ éditeur Montréal, 2(X)3,336 pages / LEFEBVRE Table rase j I.OIIIS I.IIIHVHI ï ¦¦ Servi I.I par un sens du dialogue et le naturel de la narration, Table rase de Lcuiâ Lefebvre gagne a être lu.Suzanne Giguère Le Devoir Roman 186 pages • 19,95 $ Du même auteur en Boreal compact Le collier d’Hurracan Lmin l^fcbvie Lf Coûter dH imac an Roman • 320 pages an • 14,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 FÉVRIER 2004 F 4 «'LlTTÉRATÜRE-» HISTOIRE LITTÉRATURE FRANÇAISE Le féminisme à l’épreuve du nationalisme LOUIS CORNELLIER C* est une histoire à la fois stimulante et triste que raconte Andrée Yanacopoulo dans Le Regroupement des femmes québécoises (1976-1981).Né de la volonté de quelques militantes d’ici de donner la priorité absolue à la lutte contre l’oppression des femmes, ce groupe de pression, après quelques années d’actions énergiques, a frappé le mur des déchirements internes.Chronique de ce mouvement féministe révolutionnaire, «c’est-à-dire un féminisme qui remet en question l’ensemble des structures sociales», le court essai de Yanacopoulo fait ressortir les deux principales hypothèques qui pèsent sur tout mouvement politique radical au Québec: les bisbilles internes suscitées par le dogmatisme de certains militants et le malaise engendré par une question nationale irrésolue.Le RFQ a achoppé sur ces deux questions, particulièrement sur la féconde.Sa prise de position, au moment du référendum de 1980, lèctif par épuisement moment du référendum de 1980, qn laveur au «m oui ni non, mats ftmme», a marqué la mort du col- É C H Un orchestre fait homme (Le Devoir) — Les vendredi 27 et samedi 28 février, Denis Wet-terwald présente un spectacle intitulé Denis Wetterwald et son orchestre, où il n’y aura pas d’orchestre mais le comédien et écrivain Denis Wetterwald.Il s’agit de l’adaptation livresque d’un Andrée Yanacopoulo, qui se dit toujours indépendantiste, persiste à croire que cette position était la bonne puisqu’il ne fallait pas permettre la récupération du féminisme par un nationalisme patriarcal.On ne sache pourtant pas que le fédéralisme épuisé ait été, depuis, un terreau particulièrement propice à l’avancement de la cause des femmes québécoises.«À revivre ces années de luttes si pleines, si intenses, conclut l’essayiste, je me réjouis de penser qu'il fut un temps où les idées nous menaient, où l’espoir nous animait, où la joie d’être et d’agir ensemble nous faisait nous sentir grandes et fortes.» On veut bien, mais on souhaiterait que cette saine nostalgie s’accompagne d’une tout aussi saine lucidité qui permettrait de reconnaître les erreurs d’hier pour ne pas les reproduire.LE REGROUPEMENT DES FEMMES QUÉBÉCOISES (1976-1981) Andrée Yanacopoulo Point de fuite - Remue-ménage Montréal, 2003,150 pages O S spectacle d’improvisations.Denis Wetterwald y aborde des problématiques essentielles, comme Dieu et le suicide, l’être et le néant d’un trompettiste, le réalisme confronté à une tempête.Le spectacle a valu à son auteur le Grand Prix du festival Performance à Cannes.À la Maison des Jeunesses musicales, 305, Mont-Royal Est, à 20h.Réservations: 1 866 633-0555.CHAIRE DE RECHERCHE DU CANADA EN HISTOIRE DU LIVRE ET DE L’EDITION CONCOURS DE BOURSES ' La Chaire de recherche en histoire du livre et de l’édition de l’Université de Sherbrooke annonce l’ouverture d’un concours pour l’attribution d’une bourse de maîtrise de 5000 t, d’une bourse de doctorat de 10 000 $ et d’une bourse postdoctorale de 25 000 $.EXIGENCES POUR LA BOURSE DE MAÎTRISE * avoir terminé des études de 1er cycle dans une université : québécoise, canadienne ou étrangère; ;• s’inscrire au programme de 2e cycle en études françaises, cheminement en études littéraires, de la Faculté des lettres et ; sciences humaines de l’Université de Sherbrooke en 2004-2005; ;• produire un mémoire sur un sujet relié au programme scientifique de la Chaire.I EXIGENCES POUR LA BOURSE DE DOCTORAT avoir terminé des études, de 2e cycle dans une université québécoise, canadienne ou étrangère; • s’inscrire au programme de 3e cycle en études françaises, .¦ cheminement en études littéraires, de la Faculté des lettres et I ; sciences humaines de l’Université de Sherbrooke en 2004-2005; •• produire une thèse de doctorat sur un sujet relié au programme scientifique de la Chaire.;EXIGENCES POUR LA BOURSE POSTDOCTORALE détenir un doctorat d’une université québécoise, canadienne î : ou étrangère depuis 1999; s’engager à participer activement aux activités de la Chaire.^PRÉSENTATION DU DOSSIER ‘Pour participer au concours, la candidate ou le candidat doit ièire parvenir les documents suivants : :• un curriculum vitæ; ;* un projet de mémoire de 250 mots (pour la bourse de maîtrise) * ; ou de thèse de 500 mots (pour la boune de doctorat); ;• un relevé de notes et une copie du diplôme de baccalauréat, : : de maîtrise ou de doctorat (selon le cas) ou un document ; ; officiel attestant que les exigences du programme approprié * ; ont été respectées; U pour la bourse postdoctorale, une copie d’un article publié I ! dans une revue avec comité de lecture ou un chapitre de la S1 thèse ayant un Lien avec le domaine de recherche de la Chaire; une lettre de recommandation de la directrice ou du directeur de mémoire ou de thèse.ILa personne sélectionnée pour la bourse postdoctorale pourra également postuler pour une charge de cours rémunérée selon les tarifs en vigueur à l’Université de Sherbrooke.Les bourses sont offertes pour une période de 12 mois avec une ; possibilité de renouvellement pour une deuxième année.'¦ Date limite pour le dépôt des demandes : 30 avril 2004 : Date d'entrée en fonction : 1" juin ou 1" septembre 2004 * ¦¦ '¦ ¦ .- ¦ .' ' » ' .—.I-.— ¦¦¦m Pour plus d’information sur la Chaire, voir le site web : www.USherbrooke.ca/recherche/centres/michon.html Les dossiers devront être envoyés à Jacques Michon, Département des lettres et communications, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke, Sherbrooke (Québec), J1K 2R1.Courriel : Jacques.Michon@USherbrooke.ca UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE y Dans la forteresse de l’enfant douée GUYLAINE MASSOUTRE Une fée littéraire s’est penchée sur son berceau.Anne Wia-zemsky, petite-fille de Mauriac et fille d’un prince russe, égérie du cinéma de la Nouvelle Vague et épouse de Jean-Luc Godard durant une vingtaine d’années, membre du jury Médicis, réunit tous les atouts d’un jeu gagnant Pourtant, sa bibliographie montre une femme prudente et économe de ses mots, avec seulement neuf romans chez Gallimard, dont le dernier, le portrait d’une fillette 4e douze ans, s’intitule Je m’appelle Elisabeth.Serait-ce qu’on l’attend, cet amour de la page soignée?Sa marque, elle l’a faite par sa limpidité.Rien n’échappe à sa phrase, rien n’excède le sujet Plutôt dire peu et le faire bien.Mer au but sans quitter le rêve.Demeurer, en tout temps, à la hauteur du sujet Je m'appelle Élisabeth est un de ces portraits méticuleusement brossés, propres à faire les délices d’un cinéma lent Elisabeth, qui a mamtenant une cinquantaine d’années, revient dans une bulle de son passé, trois petites journées qu’elle a voulu oublier mais qu’une circonstance l’invite à considérer.Elle raconte ce qui s’est passé.La parole déchargée On ne vous dira pas les faits car ils sont tout simples.La famille est exemplaire, la fillette choyée, aimée, couverte d’attentions.Mais ce qui l’est moins se produit dans la faille que les enfants finissent toujours par trouver sous le vernis parental.Il suffit d’un moment d’in- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Anne Wiazemsky attention.Quel enfant ne s’en est pas saisi un jour pour inventer ce qui va satisfaire son imagination, ses pulsions, son inconscient, sa volonté de savoir ce que les adultes ne veulent pas lui dire?Certains aiment à surprendre, d’autres agissent en cachette.Elisabeth est de la seconde espèce.Trop bien élevée pour assumer son désordre agissant, elle manigance une aventure, une expérience, un jeu qu’elle réussit à garder dans l’ombre, au fond d’un jardin.La duplicité du mensonge peut se refouler.Elle fait alors une bulle invisible, une enveloppe secrète, un manteau d’identité peut-être impure mais personnelle.La construction psychologique est magnifique: Elisabeth, sous sa normalité, cache un fort penchant pour les malades de son père, psychiatre.Après 40 ans, elle vient tout juste de s’en rendre compte.Dans l’arrachement du non-dit, qui laisse autour de lui un halo d’émotions refoulées, la parole dévoilée vient au jour.Le récit, d’une transparence qui sait affoler, bouleverse par sa justesse.L’enfant est là, sur les pages, avec véracité, tandis que la femme mûre, retrouvant ses fantômes, consent à soi.Enjeux en coulisses Wiazemsky atteint la vacance profonde, la disponibilité d’une préadolescente intelligente et douce, assez aventureuse pour risquer sa vie, sans bien mesurer ses gestes.Défi au père, à la loi, à tous les ordres, le jeu prend le pas.Le plus touchant n’est pas l’acte manqué, ni l’interdit qui pèse, ni l’aspect lisse d’une dynamique familiale très logique, ni la hantise de Fantô-mas.Tout converge.Ce qui touche est le trouble de l’enfant sensible, gérée par des peurs dont aucun adulte ne mesure la profondeur.L’angoisse la pousse à peupler son petit monde pourtant strict, discipliné et occupé.Ainsi se construisent les petites personnes qui ont du caractère.Solitaires et braves, elles passent entre les regards qui se posent pourtant sur elles.Leur apparence domptée trompe l’entourage.Qui voit la noirceur du mal qu’elles perçoivent et la beauté d'un être qui les attire?Qui croit à la vision d’un écureuil à la tête tranchée, sur la fenêtre d’une chambre?La phobie d’une enfant sage est un drame accessoire.Mais Betty veut être Elisabeth.Sans cri ni caprice, eDe grandit, se libère de l’enfance.Elle ne sait pas ce qu’elle retient d’impuissance et de colère.Qui la dirait en état d’abandon?Pourtant, elle ressent le déni, la fragilité d’une cadette, les inhibitions d’une mère, le regard absent d’un père, tout est enregistré et restitué avec subtilité.Le merveilleux, c’est bien l’écriture de Wiazemsky: il fait découvrir un spectacle vivant de transformation intérieure, sans jugement, sans explication, moins brutalement que lorsqu’on rêve, mais dans un même ordre de réalité.La vérité du roman, finement élaborée, est donnée en partage.Sans arguments ni mystification, elle concerne la reconnaissance des émotions qui, coupées ou non de la conscience, jettent un pont ou exigent des sauts pardessus le vide, à chaque tournant de la vie.Toutes les relations aux autres en sont durablement affectées.JE M’APPELLE ÉLISABETH Anne Wiazemsky NRF Gallimard Paris, 2003,169 pages Je m’appelle Élisabeth est un de ces portraits méticuleusement brossés, propres à faire les délices d’un cinéma lent BEAUX LIVRES Le luxe de la connaissance CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le savoir n’a pas été également réparti parmi les hommes au fil de l’histoire, loin s’en faut.On le constate aisément en feuilletant les images d’ornements en or, de fioritures de marbres et de somptueuses enluminures des bibliothèques du monde, auxquelles les Editions de la Martinière viennent de consacrer un beau livre.Rien ne dit plus que ce luxe écrasant à quel point le savoir a été, au fil des siècles, l’apanage d’une élite qui, cependant, a souvent eu la bonne idée d’ouvrir ses collections rares, ses ouvrages de prix, au grand public.L’ouvrage survole plusieurs grandes,bibliothèques d’Europe et des Etats-Unis, celles des grands monastères d’Autriche à celle du Congrès des Etats-Unis en passant par la Bibliothèque nationale de Prague et celle de Russie.Présentant chacun de ces lieux de savoir, ces «cocons généreux», comme les auteurs les désignent justement, un texte relève quelques anecdotes liées à l’érection de chacun d’eux.«Alexandrie nous rappelle que tout établissement humain est un organisme qui naît, vit et meurt.Tant qu’une bibliothèque est utile et fréquentée, elle se développe.Lorsqu’elle ne répond plus à sa fonction, elle perd peu à peu de son influence», écrivent Guillaume de Laubier et Jacques Bosser en avant-propos.Ainsi, les bibliothèques conventuelles, qui se sont épanouies en Europe à partir du XIe siècle, sont presque toutes disparues aq XK' siècle, subissant le repli de l’Eglise romaine et son refus des Lumières.On ne s’étonnera donc peut-être pas de constater que la bibliothèque du Vatican est l’une des bibliothèques du monde où les livres sont les moins accessibles.On y raconte même qu’en 1852, un jeune poète allemand du nom de Paul Heyse en a été expulsé pour avoir tenté d’y copier quelques vers.On avait donc le droit d’y lire mais non celui d’y copier.Cette pratique renvoie à une mentalité moyenâgeuse, celle-là même qui a fait que saint Colomba a été «chassé d’Irlande au VI' siècle pour avoir copié sans autorisation un livre qu’il admirait».Encore au XXIe siècle, n’«entrepas qui veut» dans la BibliotecaApos-tolica, pourtant ouverte au public, disent les auteurs.Pourtant, dès le XVIII' siècle, Charles VI d’Autriche disait attendre de sa bibliothèque, la Bibliothèque de Vienne, qui fut la première bibliothèque publique d’Europe, que «l’utilisateur n’ait rien à payer, il doit en partir enrichi et y revenir plus souvent».Le souverain a cependant ajouté qu’étaient exclus de ces lieux de connaissance «les ignorants, les valçts, les fainéants et les badauds».À l’endroit initial de la Bibliothèque de Vienne, aujourd’hui, «on ne lit plus dans la Prunksaal, et on paye pour la visite», constatent les auteurs.On mesure aussi la puissance que symbolise la grandeur d’une bibliothèque en visitant sur papier glacé les salles de la Bibliothèque du Congrès, à Washington.Lors de son inauguration, en 1897, on a qualifié cette construction de bibliothèque la «plus vaste», la «plus coûteuse» et la «plus sûre» au monde.En introduction, les auteurs mettent cependant le lecteur en garde contre l’apparente immortalité des bibliothèques: «Que seront nos bibliothèques dans 50 ans?», demandent-ils.«Il est fort possible que l’informatisation supplante totalement les bibliothèques, du moins dans le sens que nous donnons à ce mot.» Pourtant, au hasard de ces pièces pleines de livres, photographiées sans lecteurs, on se surprend à rêver de cette anecdote racontée par Nicholas Bas-banes.Alors qu’en 1995 il trouvait à la bibliothèque Athenaeum de Boston plusieurs tomes d’un ouvrage daté de 1914 dont les pages n’avaient encore été ni coupées ni feuilletées, il s’était demandé tout haut: «Mais pour qui avait-on bien pu acheter ces livres, il y a 85 ans?» Ce à quoi le bibliothécaire avait répondu: •Mais nous les avons achetés pour vous, Mr.Basbanes.» BIBLIOTHÈQUES DU MONDE Guillaume de Laubier , et Jacques Bosser Editions de la Martinière Paris, 2003,250 pages Des rééditions attendues Elise Turcotte La terre est ici Genevieve Amyot La mort était extravagante La terre est id Helene Donon Les retouches de l’intime C »
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