Le devoir, 28 février 2004, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 2D K E V R I E R 2 0 01 ?LE DEVOIR ?CINÉMA Place au FIFEM ! Page E 12 Donner corps à Rimbaud Page E 3 \’ Q La Passion selon Gibson Une œuvre réductrice et névrosée «Cet étalage de violence est fondamentalement en contradiction avec le message éthique des Evangiles, centré sur l’amour» ALAIN GIGNAC La Passion du Christ de Gibson ne peut prétendre être une re-constitution historique plausible, selon les données actuelles de la recherche en théologie.C’est avant tout une œuvre d’une grande qualité sur le plan cinématographique, qui donne l’illusion du réel et enferme ainsi le spectateur dans l’imaginaire du cinéaste.Du début à la fin, l’intrigue du film est mythique, puisant peut-être son inspiration dans l’Evangile de Jeaa D s’agit d’une lutte sans merci entre le Prince de ce monde et l’envoyé du Père, où l’antique seipent sera écrasé.Et il l’est devant nous, littéralement, au jardin des Oliviers.Le personnage de Satan est mis en scène, de manière lugubre et sinistre, mais originale.D accompagne Jésus tout au long du chemin de croix, pour le narguer et indiquer au spectateur que c’est lui qui est à l’œuvre derrière cette malfaisance humaine qui s’acharne sur Jésus.A la fin, on voit Satan se tordre de douleur à son tour et crier sa défaite, du fond d’un désert infernal Gibson ose même nous donner le point de vue de Dieu sur la mort de Jésus: il nous montre le Golgotha en plongée, vu du ciel, alors qu’une goutte de pluie se forme pour arroser le sol — larme d’amour du Père envers son Fils, sacrifié.Mais voilà le problème: le film reprend à son compte une théologie pseudo-sacrificielle et expiatoire, en confondant le geste d’alliance et de réconciliation de l’Ancien Testament, où le sang symbolise la vie, avec l'idée du bouc émissaire.La clé de lecture de ce film est donnée dès l’ouverture, avec une citation hors contexte d’Isaïe 53,4: «Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé.» Théologie réductrice, morbide, où le Dieu vengeur n’est pas loin.L’insistance sur la souffrance et la torture est troublante et quasi névrosée.Après une scène de flagellation qui s’étire démesurément, on voit Marie, mère de Jésus, et Marie-Madeleine, laissées seules, éponger le dallage pour récupérer VOIR PAGE E 2 : PASSION ym ^ EQUINOXE FILM ¦ ï,, Jf DES REMAKES La tornade soulevée par Vœuvre-choc de Mel Gibson ne s’apaisera pas de sitôt ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il soulève encore les flammes, la rage, l’adoration, la frénésie, au XXIe siècle.Jésus semble laisser derrière lui un sillage infini.De fait, La Passion du Christ de Mel Gibson est cette semaine le film par qui le scandale arrive.Pendant que les groupes juifs dénoncent l’antisémitisme qu’ils y voient tapi derrière la hargne des grands prêtres et la violence de la foule hébraïque, certains membres du clergé catholique crient à la trahison du texte évangélique.D’autres chrétiens croient y voir la vérité pure d’une exécution effectuée 2000 ans plus tôt sur le Golgotha.La droite américaine, grande consommatrice des messages des preachers, pourrait y trouver son compte, de même que les publics d’ados amateurs de films gore gorgés de souffrance et de sang.Après une seule journée d’exploitation sur 4 000 écrans d’Amérique du Nord, La Passion de Gibson récoltait 26 millions$ de recettes au guichet Un record! Chose certaine: la tornade soulevée par cette œuvre-choc est puissante et ne s’éteindra sans doute pas de sitôt Le climat politique mondial fait renaître l’antisémitisme et les sensibilités sont à vif, d’autant plus que le père de Mel Gibson, qui adhère comme lui à un catholicisme d’arrière-garde pratiquant la messe en latin, tient des propos antisémites et jette de l’huile sur le feu.Risques et périls Au reste, la religion et le septième art ne se marient parfois qu’à leurs risques et périls.Jésus de Montréal de Denys Arcand, en 1989, le disait dans son propos.Le film actualisait les Evangiles en ancrant leurs répercussions dans le monde moderne.Or cette histoire de Passion réinterprétée dans un spectacle organisé par des comédiens au chômage provoquait le courroux des autorités religieuses.Ces dernières exigeaient la fin des représentations, appelaient à la censure.Plus ça change.Et pourtant., si une histoire a fait l’objet de remakes au cinéma, c’est bien celle du Christ Encore tout jeune et balbutiant le cinéma n’a pas résisté à la tentation de frotter ses pellicules au chemin de croix.La religion chrétienne a tant influencé l’histoire de l’art au fil des siècles, pourquoi le septième art un condensé d’à peu près tous les autres, serait-il demeuré en reste?Le sujet fut tellement traité qu’un recensement exhaustif des films qui l’abordent serait fastidieux, et qu’on en oublierait au passage.En 1904, La Vie et la Passion de Notre-Seigneur Jé-sus-Christ de Ferdinand Zecca, s’inspirant de tableaux célèbres tel La Cène de Vinci, connaît un franc succès.En 1910, Louis Feuillade remet ça avec Le Christ en croix.Jésus est au début du cinéma conforme à son profil édulcoré et doucereux qui circule dans les chaumières, à grand renfort d’images pieuses.Après une période de flottement dubitatif, l’Église voit les bienfaits qu’elle peut tirer des remakes de l’histoire du Christ.Pie XI considère «le cinéma comme le plus puissant moyen de diffusion que l’heure connaisse».Message compris! Le Vatican s’en sert donc.Mais la créature se met bientôt à vivre de sa vie propre, comme un, Frankenstein destiné à échapper au contrôle de l’Église.En 1927, Le Roi des rois de Cecil B.de Mille ajoute une dimension spectaculaire à des situations, on en conviendra, déjà connues.En 1935, Julien Duvi-vier, avec Golgotha, montre un Christ en lutte ouverte avec les riches et les pharisiens.Il sera le premier d’une série de Jésus au profil révolutionnaire, VOIR PAGE E 2 : REMAKE «Si une histoire a fait l’objet de remakes au cinéma, c’est bien celle du Christ» Le succès mondial de Denys Arcand % INVASIONS BARBARES winuMw INVASIONS IflHM Scénario 240 pages • 17,95 $ 16 pages de photos couleur Prix Jutra 2004 Prix César 2004 PRIX DU SCÉNARIO ?Meilleur film festival de cannes ?Meilleur réalisateur * Meilleur film de l'année ?Meilleur réalisateur IL \ Boréal 2003 ?Meilleur scenario « Meilleur scénario jt.ML.www.edltlonsboreal.qc.ca t LE DEVOIR.LES A M E D I 2 8 ET DIMANCHE 29 FEVRIER 2 0 0 1 E 2 REMAKE En 1976, Paul VI commande ]ésu$> de Nazareth à Franco Zeffirelli, qui livre une œuvre magnifique SUITE DE LA PAGE E 1 collés aux idéaux communistes.La Mus Grande Histoire jamais racontée, de George Stevens, en 1964, verse dans la superproduction hollywoodienne à la Cecil B.de Mille.L’épique dans l’épine.Procès d’intention N’allez surtout pas croire que seuls les croyants ont porté le Christ, sa vie et sa Passion à l’écran.Roberto Rossellini réalise Le Messie en 1976 avec une simplicité monastique, sans fla-flas et sans effets, démontrant son absence d’états d’âme face au sujet.C’est L’Évangile selon saint Matthieu du marxiste Pier Paolo Pasolini, en 1965, qui déchaîne vraiment les foudres des chrétiens fondamentalistes.Il est pourtant dédié «à la douce mémoire du pape Jean XX11U.Rien n’y fait Vrai chef-d’œuvre, prix spécial du jury au Festival de Venise, puisant à différents styles, du mime au cinéma vérité, suscitant l’émotion par la puissance de ses images, L’Évangile selon saint Matthieu est devenu un classique.Mais à l’époque, sa liberté de style choque vraiment, avec des références aux guérillas, à la révolte du fils de l’homme contre tous les puissants, aux côtés des damnés de la terre.11 vaut à Pasolini une volée d’insultes et quelques œufs pourris.Jesus Christ Superstar, de Norman Jewison, en 1973, achève d’ébranler l’image doucereuse de la représentation christique, pour mêler le spectacle et le showbiz à une Passion servie décidément à toutes les sauces.En 1976, Paul VI commande/ésus de Nazareth à Franco Zeffirelli, qui livre une œuvre magnifique avec up Christ enfin confirme à la vision que l’Eglise véhicule des Evangiles.Pas de scandale cette fois.Mais ce n’est qu’un répit Les pouvoirs ecclésiastiques ne perdent rien pour attendre.Ils furent d’ailleurs souvent piqués par la bande.De Godard à Bufiuel, bien des cinéastes ont semé des images iconoclastes dans leurs œuvres, transformant l’imagerie christique à travers leurs messages de révolte et leurs fantasmes.Grand scandale en 1988: La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, qui montre un Jésus titillé par le démon de la chair, vaut au cinéaste tous les procès d’intention d’un certain clergé intégriste avant même le tournage.En France, une salle qui projette le film sera même incendiée.Scorsese se voit diffamé, insulté, menacé.Gibson, avec son film sanglant, qui s’exprime à travers des langues mortes, est l’aboutissement d’une longue lignée de films évangéliques ou contre-évangéliques ayant ou non fait scandale.Mais quelle forme prendra donc le prochain remake sur l’épineux sujet5 On n’ose l’imaginer.L’Évangile selon saint Matthieu de Pasolini est devenu un classique ¦ QUATUOR MOLINARI SSttSS „„ Québec” La Fondatkm SOCAN Samedi, 28 février 14 h Dialogue à la Chapelle Chapelle historique du Bon-Pasteur,100 rue Sherbrooke Est, Montréal.Entrée libre.?Vendredi 5 mars 20 h Le jour et la nuit Tremblay : Croissant Kancheli : Night Prayers Bartôk : Quatuor no.5 Salle Redpath, Univ.McGill Billets à l’entrée $25 ($20 étudiants et aînés} ?514-527-5515 www.quatuormollnari.qc.ca EQUINOXE FILM Jésus parlant à ses disciples lors de la Cène, dans le film de Mel Gibson.PASSION Le film de Gibson ramène le supplice de Jésus à un fait divers SUITE DE LA PAGE E 1 le précieux sang du supplicié.Dolorisme extrême: à trop vouloir montrer, on tourne les choses en mascarade.Et à trop représenter la violence, on risque aussi d’engendrer la violence.Le film ne peut être directement taxé d’antisémitisme, comme plusieurs Juifs l’ont craint.Mais n’y aura-t-il pas des chrétiens sincères, remués par cette mise en scène, qui se diront: «C’est la faute des Juifs»?Peut-être.Hélas.D’autant plus que le film porte la marque d’un antijudaïsme théologique, en contradiction avec les déclarations des Eglises depuis la Seconde Guerre mondiale.Ainsi, là où, iiiiiiiiiiiiiiim .smcq.qc.ca 514.843.9305 0*3 .Tue ou aOÉBEC -Tt nostaue , 50 ,'té de wsiauE °E L ° mxl6*siTv emtSÆ f .erTS , 4 COHEÉ^DE , , CLftoSÉ-' HowadBasta«.wntésd'ho»'"* PWWa^Bouli»e, Œuvre3 de \ .SMOSL ma*** v McGill O 1*1 i ac# radiât CanaSan Patrimoine Heritage canadien Canada âWRctl: fertile Ar» Québec «m La Rmâatùm SOCAN Montréal® Le Devoir /T\ Gracieuseté :rroNDS ^ de soMarW FTQ Lorraine Desmarais présente l Elles JOZZentl Un concert-événement réunissant cinq grandes du jazz **» *» Lorraine Desmarais Jane Bunnett Ingrid Jensen Rosemary Galloway JoAnn Blondin UNE SOIRÉE DE MUSIQUE UNIQUE ET ENLEVÉE I UN SOIR SEULEMENT LE VENDREDI 5 MARS A 20 H 00 À la Salle du GESÙ : 1200, rue de Bleury, Montréal Prix d’entrée : 19.50$régulier-14.50{étudiant Réservations : (514) 861-4036 ou réseau Admission (514) 790-1245 LOVE EN VENTE EN MAGASIN Québec! Québec ¦¦ musicaction ,______A kmv -«.*/-> se* Cornea Oat Arts CM?Canada «u Canada JI3 «Lorraine Desmarais : volcan jamais éteint.» U Presse dans les Évangiles, le rideau du Temple se déchire, c’est plutôt ici le Temple lui-même qui est détruit.De toute manière, cet étalage de violence est fondamentalement en contradiction avec le message éthique des Évangiles, centré sur l’amour.Sens et souffrance Le sens de la mort de Jésus n’est pas la quantité de souffrance qui y est associée, ni son caractère violent et sanglant, mais la vie, celle qui précède et celle qui suit.Sa vie de prophète sur les routes de Galilée; sa vie de ressuscité, dans le cœur des croyants depuis l’aube de Pâques.En deçà de sa mort, Jésus a été un maître incomparable, animé d’une spiritualité qui lui a attiré des disciples et doté d’un enseignement surprenant et captivant sur Dieu.Cela, le film ne le montre pas, ou le montre très mal, par de rares flash-back qui servent surtout à apaiser la tension dramatique suscitée par tant d’hémoglobine.C’est par fidélité à Dieu que Jésus a affronté une mort violente, quand son enseignement est venu heurter les autorités politiques de son époque.Or voilà un aspect complètement ignoré par le film.Par-delà sa mort, ses disciples ont expérimenté dans leur vie que l’esprit de Jésus, vivant, les poussait vers.la vie.Il s’avère instructif de comparer la perspective d,e Gibson avec la manière des Évangiles de mettre en scène, eux aussi, la mort de Jésus.A lire les récits évangéliques, on est frappé par leur sobriété et leur discrétion.Point de détails scabreux et morbides, l’évocation de la crucifixion suffit.La mort ne saurait avoir le dernier mot, et il ne faut pas en rester au premier degré.Autrement dit, les Évangiles cherchent à évoquer la réelle souffrance du juste, mais sans la décrire et sans s’y attarder, nous invitant justement à regarder plus loin, plus profondément.Certes, le Nouveau Testament ne cesse d’affirmer, sans jamais l’expliquer, que «Jésus est mort pour nous» ou «à cause de nos péchés», que cette mort est réconciliation et que ce crucifié est maintenant vivant.Il le fait à l’aide d’images très diverses et souvent contradictoires.Qu’une mort puisse être interprétée ainsi est éminemment paradoxal.Je me demande si le film réussit à sauvegarder ce paradoxe.Les chrétiens voient dans la croix un événement de salut dont il faut faire mémoire, mais comment en parler sans le caricaturer, sans le rendre insignifiant?Or, par sa brutalité, sa violence extrême, son sadisme, le film de Mel Gibson ramène le supplice de Jésus à un fait divers, sans portée symbolique.En représentant de façon crue la mort, il nous emprisonne dans le macabre, ce qui contracte avec le message même des Évangiles.Le sens de la croix ne peut être donné par une représentation aussi directe, sous peine d’être perverti.L’auteur est professeur du Nouveau Testament à la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal.DU 2 AU 27 MARS 2004 MA8IE JONCS.RENE OANIEL DUBOIS MISE EN SCÈNE YVES DESGAGNÉS Emmanuel Bilodeau et Bernard Fortin Éric Champoüx, Judy (onker, Carole Castoncuay, Claude Lemelin JÉROME LaBRECQUE, GENEVIÈVE DORlON-COUPAi BANQUE NATIONALE THÉÂTRE DU RIDEAU (514) 844-1793 www.ndeauvert.qc.ca i^hfàro ______ «1 Qufb^ ffsmni 1 2 SOUPERS-THÉÂTRE 100$ * f LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 FEVRIER 2 0 01 Culture Donner corps à Rimbaud Comment incarner la fulgurance et les illuminations du poète-comète sur une scène de théâtre ?Beau défi, non Une contrée inventée En octobre 2004, on célébrera le 150f anniversaire de naissance d’Arthur Rimbaud, «le poète maudit».Le génial Rimbaud, «l’homme aux semelles de vent», «l’enfant de colère».Mais ici, dès la semaine prochaine, le collectif FragmenThéâtre monte Carnet de damnés, d’après Une saison en enfer, dans une mise en scène de Claude Laroche, l’ancien du Grand Cirque.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Un spectacle de théâtre sur Rimbaud, ça ressemble à quoi?Une lecture en mouvement?Une biographie mystico-pétée-poético-flyée?Quelque chose qui colle à la musique éclatée des mots de Rimbaud?Aux couleurs, peut-être?Genre A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu.Pas du tout Du moins pas dans ce Carnet de damnés qui prend l’affiche de la salle Fred-Barry dès mardi.Claude Laroche, qui assure la mise en scène du spectacle, et Francis Du-charme, qui sera Rimbaud jusqu’au 20 mars, précisent plutôt qu’ü s’est toujours agi pour eux de «traduire physiquement l’esprit du texte de Rimbaud».Attaquer le texte au corps «Au départ, c’était un exercice avec mes étudiants durant un cours», explique Laroche, qui enseigne depuis une douzaine d’années à l’option théâtre du cégep Lionel-Groulx.«Plus précisément, c’était un atelier sur le corps de l’acteur et le texte.Un atelier comme il y en a dans la formation de tous les comédiens qui passent par une école de théâtre: le langage du corps, les techniques, les codes, Grotowski, etc.Mais là, il s'est passé quelque chose de très spécial avec ce groupe de finissants qui ont vraiment choisi de pousser leur corps à la limite.Durant l’atelier, un spectacle a pris forme, a pris corps aussi, peu à peu, en atteignant une force absolument exceptionnelle, collective.Et lorsqu’on l’a présenté enfin d’année, ce fut un triomphe.Ce qui explique qu’on ait décidé de le reprendre à Fred-Barry, une salle vouée à la création et à la recherche qui est faite sur mesure pour diffuser ce genre de travail.» Le metteur en scène précisera aussi que jamais dans cet atelier il n’a été question de «jouer» les poèmes à’Une saison en enfer, encore moins la vie de Rimbaud.On a plutôt, dès la naissance du projet, choisi de miser sur des extraits.Et sur l’aspect physique, sur le mouvement sur le corps.Les étudiants de Claude Laroche, un noyau très fort dont les membres ont ensuite formé le collectif Frag- JACQUES GRKNIER LE DEVOIR Francis Ducharme sera Rimbaud jusqu’au 20 mars, dans un spectacle mis en scène par Claude Laroche.Ils précisent qu’il s’est toujours agi pour eux de «traduire physiquement l’esprit du texte de Rimbaud».menThéâtre, ont ensuite travaillé en développant chacun une gestuelle particulière avec l’aide du chorégraphe Dave St-Herre.Sur sa chaise, à côté, le jeune comédien Francis Ducharme suit la discussion l’œil brillant en attendant son moment pour intervenir.Le public vient tout juste de découvrir son talent et son immense présence dans Aphrodite en 04 d’Evelyne de la Chenelière, mais tous les directeurs de théâtre se l’arrachent depuis sa sortie de l’option théâtre l’an dernier — on vous annonce en primeur qu’il a choisi de travailler avec Gervais Gaudreault et le Théâtre du Carrousel sur un texte de Geneviève Billette, au cours de l’année qui vient C’est un jeune homme intense, séduisant tout en justesse et en instinct que tout le monde dit promis au plus brillant avenir.Ducharme prend la parole au passage d'une voix veloutée, affirmée, qui fait penser un peu à celle de François Girard, le cinéaste.«La forme du spectacle était déjà choisie avant que nous ne nous intéressions au fond.Nous voulions traduire la fulgurance des poèmes de Rimbaud par et dans le mouvement.Dès le départ, le groupe a voulu que le corps soit au centre du spectacle, que le spectacle se déroule dans le corps: les nôtres et celui du poète aussi.[.] Nous sommes dans sa tête.Et nous cherchons à incarner physiquement ses visions, ses illuminations.Cela n’a aucun parti pris réaliste.Bien au contraire, nous illustrons une sorte de combat moral.De lutte entre le corps et l’âme où l’on passera de la charge violente au silence, à la paix.» Inventé dans l’action Pour les onze comédiens du col-ledit cette présence vient s’inscrire dans une série de tics, de gestes et de souffles particuliers.Ce travail très près de la danse — ou du «jeu en mouvement», précise Laroche — repose sur l’étroite collaboration entre le collectif et le chorégraphe Dave St-Pierre.L’expérience a d’ailleurs été si détenninante pour le groupe qu’il a déddé de travailler «quelque chose» en atelier avec le comédien-danseur Marc Béland au cours de l’année qui vient Claude Laroche dira que chaque membre du collectif en est venu au fil du travail à développer «une sorte d’alphabet personnel».«C’est aussi un spectacle qui s’est construit dans l’intensité et dans la plus totale liberté de création, poursuit Ducharme.Un spectacle intuitif, inventé dans l’action.Ce qui débouche bien sûr sur une forme éclatée, un peu étrange, dans laquelle il faut renoncer à saisir le sens du moindre geste.» Claude Laroche insiste toutefois pour souligner que le spectacle est accessible à tous les sens, sans prérequis.Ce qui semble fascinant aussi, selon les deux complices, c’est la brûlante actualité de Rimbaud, qui disait à 20 ans avoir «la vie usée».«La souffrance, la révolte, la désillusion et la déchéance sont des données qui font partie de la réalité des jeunes d’aujourd’hui et la parole visionnaire de Rimbaud rejoint concrètement les préoccupations de la majorité des gens», souligne Fran- cis Ducharme.«C’est un spectacle plutôt court, vous verrez, condut le metteur en scène, mais c’est un spectacle intense.Un spectacle qui frappe très fort.» CARNET DE DAMNÉS Une production du collectif FragmenThéâtre A la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier Du 2 au 20 mars (514) 523-9095 LOUISIANE NORD De François Godin.Mise en scène: Claude Poissant.Scénographie: Simon Guilbault.Éclairages: André Rioux.Costumes: Maory Gastelo.Musique: Ludovic Bonifier.Mouvement Suzamie Trépanier.Avec Emilie Bibeau, Louise Bombardier, Marie-France Lambert Vincent Leclerc et Olivier Morin.Une production du l’ai’ à l’Espace Go jusqu'au 20 mars.Rien de plus agréable, au milieu d'une saison, qui ne le laisse pas deviner par avance, que d’être séduit, de tomber sous le channe, d'ètre transporté loin.C’est ce qui s'est produit en moi dès les premiers instants de Louisiane Nord.dont, il est vrai, le titre avait déjà attisé ma propension au rêve.Il m’a suffi d’apercevoir ce bord de mer signé Simon Guilbault, si envoûtant et évocateur que j'avais moi-même envie de m’y allonger, pareil aux personnages de François Godin, et de me perdre, comme eux, dans cette lumière automnale là.Puis les voix se sont élevées.Le dépaysement s’est amplifié d’entendre cette langue-là, pleine de «ça que», de mots choisis (diaphane, réminiscences, alangui) et de bouts d’américain.L’auteur fabrique ainsi une musique, dont le sens incertain en devient plus beau de ne pas être compris tout à fait.Bien maladroitement, j'essaie de rendre justice au poème dramatique de François Godin, qui rappelle à la fois Claudel et Garneau.En effet, son Amérique imaginaire a quelque chose de cosmique.Mais il s’inquiète également du désaccord des âmes et des corps, de leurs blessures et de leurs envies manifestes, imprévisibles ou secrètes.Résumer hmisiane Nord est inutile.j'y consens malgré tout.Qu'on sache seulement qu'on y voit deux adolescents et deux sœurs s’étioler.Ils vivent dans un hôtel de troisième catégorie .dors que, tout à côté, im établissement de grand luxe, le Manoir Resort, est sur le point d’être transformé en residence pour convalescents.Le quatuor au complet subit en outre l'influence d'un aventurier.Fraser.Sauf exception, ses Indies paroles entraînent moins ces velléitaires dans l'action qu’elles ne It's enfoncent plus profondément dans leur rêverie.11 fallait la sensibilité de Claude Poissant pour conférer à cette utopie statique et étrange son poids charnel et son battement intérieur.11 a obtenu de ses acteurs qu’ils rendent naturelle cette langue sinueuse et composite.11 s’est assuré qu’ils soient vêtus de matières et de couleurs qui leur collent à la peau.11 a vu à sculpter leurs mouvements.Bref, il a soigné les plus infimes détails.Jusqu’à la musique de scène de laido-vic Bonnier qui se fond au paysage et prolonge, sur un autre plan, l’onirisme de ce coin de pays, à la fois lointain et familier.lœs interprètes ne contribuent jw s peu à asseoir la prégnance de ce théâtre poétique.À part Vincent Leclerc, dont le corps stéréotypé dessert un peu le channe qui devrait émaner de son Fraser, ils brillent tous d’une intensité placide.Je veux dire par là qu’ils s’abandonnent à ces mots-là et qu’ils en transmettent, avec fluidité, les inflexions, sans surcharge et sans psychologisme.Emilie Bibeau, toute à la joie de se dorer au soleil tardif, incarne bien cette façon de faire.El le même aplomb caractérise Louise Bombardier et Marie-France Lambert, l’une ravie à l’idée de soigner des malades, l’autre atteinte d’un mal de vivre particulièrement tenace.r Hsr/o/te et Ecriture Martin Boileau Mise en scène Johanne Benoit Création de Johanne Benoit et Martin Boileau Interprètes Johanne Benoît, Patricia Bergeron, Martin Boileau, Maryse Poulin THEATRE PROSPERO 1371, rue Ontario Est, Montréal du 3 au 14 mars 2004 Billetterie: (514) 526-6582 Admission : (514) 790-1245 Uni?création du par -eu’ HOWifi LE ROQKiE .V':-.",'- Si H * juëv^ïg;,,’ ".*#• mm, ¦ * ¦ “fi f ' ' ¦ ' -• - Le Journal de Montréal COLIN SCARLETT TOM FIRTH JOHANSSON WILKINSON laIEUNEFILLEàuPERLE La version anematograpliiijue de ce best-seller est tout simplement magique! .chrAstai www.girlwithapearlearnngmovie.com fll!MS Présentement à l’affiche! p—C1NEPLEX OOtON-I I-ClNfPlFX OOfOH- I QUARTIER LATIN ?] IbOUCHEWVIILE ?l VERSION ORIGINALE A MOLAIRE -CINÊPlXX OOÉON ——» f— LES CINÉMAS OUZ20 - r— CINÉMAS A MC -l f-CiNÉPLEX OOÉON —» •— LES CINÉMAS OUZÜO [le FORUM 22 ?! | CAVENDBH (ÎUID ?| |D6S SOURCES 10 ?I K II horAiris S14 847 2206 www.ex cintris.com Un suspense décati TWISTED De 1 Tulip Kaufman.Avec Ashley Judd.Andy Garda, Samuel L Jackson, David Strathairn, Caryn Manheim.Scenario: Sarah Thorp.Image: Peter Denting.Montage: Peter Boyle.Musique: Mark Isham.Etats-Unis, 2tXLt, 97 minutes.MARTIN BILODEAU Twisted est un film tordu.Pas tant par son contenu ou sa forme, hélas.Ce thriller, dressé sur les vestiges d'anciens thrillers du même acabit, reste jusqu’au générique final en quête désespérée d’im twist qui le démarquerait des autres.Si Twisted est tordu, c'est avant tout parce que, à défaut de nous ennuyer ferme, on s’y tord l’esprit à imaginer entre les mains de quels cinéastes le scénario a dû passer avant d’atterrir dans celles de ntilip Kaufman, un cinéaste raffiné (L’Etoffe des héros et L’Insoutenable Légèreté de l’être), qui avait de toute évidence besoin d’un chèque de paie.Plus encore, on se demande, en regardant Twisted, quelle star du grand écran avait été envisagée pour camper l'héroïne, avant que le rôle n’échoie à une demi-portion d’étoile, et piètre actrice au demeurant, j'ai nommé Ashley Judd.Celle-ci campe une détective san-franciscaine nouvellement intégrée au département des homicides.La trentaine, elle est célibataire, lève le coude plus souvent qu’à son tour et succombe la nuit venue aux urgences de sa cuisse légère (on entend les Kidman et Diaz raccrocher).Or, justement, la nouvelle enquête qui lui est confiée a pour objet les meurtres successifs d’hommes avec qui elle a déjà passé une nuit.Tandis que les cadavres s’empilent, son parte naire (Andy Garcia), qui en pince pour elle, son mentor (Samuel L Jackson), qui l’a élevée, et son psy (David Strathairn), en alerte, compilent les données et élargissent le couloir des possibilités de l'intrigue où se confondent meurtriers, suspects et faux coupables.A première vue, sautent aux yeux les amputations du scenario de Sarah Thorp (See Jane Run) ainsi que les incoherences, les vi rages abrupts et la gestion machinale des soupçons — que Kaufman distribue comme des cartes dans la première bobine avec la fausse énergie d’un croupier à six heures du matin.Au second regard.on s’étonne de l'énergie déployée (vu- la scénariste pour rapiécer (et, à peine, déjouer) les vieux clichés des années 80, où la prise en charge des femmes de leur propre sexualité (Sea Of Love, Fatal Attraction) faisait d’elles un danger pour leur propre personne et pour les mâles qui avaient l’infortune de passer par leur lit.Enfin, d’un projet qui avait de toute évidence l'ambition d’être un nouveau Memento, on se désole de reconnaître que Philip Kaufman a accouché d’un suspense décati qui peine à se hisser à la hauteur de Out Of Time et Fortier.On croit deviner le tordage de bras survenu à l’éta|>e de la post-production (durée: 18 mois.Hum!) afin d'aseptiser cette intrigue déboulée d:uis les rues mal éclairées de San Francisco — capitale américaine du péché de la chair et, pour cette raison puisqu’il en faut une, théâtre de Basic Instinct.Pour qu’un film réalisé par un grand auteur (qui n’a pas volé ce titre), par ailleurs photographié par le chef-opérateur de Mulhol-land Drive (Peter Denting), assemblé par le monteur de The Hours (Peter Boyle) et mis en musique par le compositeur de Quiz Show (Mark Isham) atteigne ce degré d'incompétence, voire d’imbécillité, il faut que des forces extérieures incommensurables se soient interposées.Seuls l'argent et la morale possèdent ce pouvoir.?CINEMA ?SEMAINE DU 28 FÉVRIER AU S MARS 2004 Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en résumé, pages ?5.6 La liste complète des FILMS, des SAULES et des HORAIRES, pages ?714 dans LAGENDA culturel À L'AFFICHE GIBSON MEL it;':.www.lapassionduchrist.com i55ssaias.-7i i-ssiïfsvry i rwiisauxr;n fiaaiïîasiTn nasüaü» »^i ï r— -cinéma • ¦ ¦ i r— -outzo —i > jttPMi'**>m .'.••Fnr/ , icotowm LWAl TH 1 rr-RUtTACHi ?| IPOHT-VIAU 10 ?] [ BOUCHCRVILLE ?| \ ST-BRUNO ?1 r—-CMtrua outo*-¦ r— ouuo r— >** '.n«MAa outzo —i r— '-in*ma tbiompmf —., ruvjut piatow rrwr.rrf , ICÀlWgOUB DWOlî/1 iTIRRRIOWMi 14?| IfTl-llmlÊllÉ 8 f' 11LACHENAIE ?11 HULL ?I .r,intun* • — r— cmCma OÂAJorr ——.umwjm utj owrfMA —i r '«A4 rT-»«ŸAC4KTM* -, f- du mom —ï IQATIMEAuTI [ÎHgMMOOKl ?! 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