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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-03-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 MARS 200 THÉÂTRE Comédie à saveur politique Page E 3 CINÉMA Une subtile expérience de l’apesanteur Page E 6 ?LE DEVOIR ?Après avoir proposé deux ans durant au Québec et jusqu’en Europe son spectacle le plus touchant et le plus personnel en carrière — En liberté conditionnelle, triomphe critique et populaire —, la plus frondeuse de nos chanteuses marque la fin d’étape par un sacré coup d’audace: voilà Diane Dufresne lundi à Wilfrid se frottant au répertoire casse-gueule de Kurt Weill, dans la foulée glorieuse des Juliette Gréco, Pauline Julien, Monique Leyrac et Marianne Faithfull.Et avec un orchestre symphonique pour que ce soit plus vertigineux.À folie, folie et demie.SYLVAIN CORMIER Un soir.Un seul soir et puis s’en va.Pas de captation pour la télé.Pas de disque prévu non plus.Huit mois de travail, pas loin de huit mois à répéter chez elle avec la bande-son de l’orchestre, et tout juste une semaine à répéter avec l’orchestre en personne, tout ça pour pouvoir chanter ce lundi soir et rien que ce lundi soir le répertoire de Kurt Weill, accompagnée par l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal dirigé par Yannick Nézet-Séguin.«Faut être là, c’est tout, laisse tomber Diane Dufresne au bout du fil.Ça se passe et puis c'est passé.C’est correct comme ça.Cest la vie.» Normal qu’elle évite les rencontres avec bisous et poignées de main, à sept dodos du grand soir.Il s'agit de ne pas faire la fête aux microbes.Au téléphone, elle chuchote plus qu’elle ne s’exclame.Il s’agit de ne pas jouer non plus à l’arbalète avec les cordes vocales.«Je ne vis que pour ce soir-là.C’est ça qui est bien quand tu Jais un seul soir tu mets tout ce que tu as dedans.Et si c’est une grande joie pour moi d’avoir cette occasion de chanter du Kurt Weill, c’est sûr que ça me demande beaucoup.Je ne suis quand même pas une chanteuse d’opéra.Les chanteuses d'opéra ont un entraînement, pour aller chercher des notes plus longues.Toute leur prononciation leur sert, leur donne du souffle.Moi, j’arrive avec ma prononciation de rocheuse, je chante comme je parle, je respire quand j’étouffe, j’apporte ce que je suis et Yannick le sait, mais je veux être à la hauteur.J’ai travaillé fort à retrouver mon côté soprano.» Farpaitement extrême Et Diane Dufresne de relater l’une de ses premières conversations avec Yannick Nézet-Séguin.La chanteuse, angoissée chronique comme la perfectionniste qu’elle est encore et toujours après trois décennies de spectacles en tous lieux et de folies de toutes démesures, a pris soin d’entrée de jeu d’avertir le jeune chef d’orchestre: «Ça ne sera pas parfait.» Nézet-Séguin, qui n’a Je mmaginais jamais être capable de chanter ça jamais pensé à personne d’autre qu’à Diane Dufresne pour cette soirée de Kurt Weill symphonique dont il rêvait, a répondu: «Cest parfait.» La diva était soulagée.«J’ai ri et je lui ai dit que si c’était parfait pour lui, que ça ne soit pas parfait, alors c’était parfait pour moi.» Farpaitement N’empêche qu’elle a un peu raison de se faire du mouron: chanter du Kurt Weill est une sacrée gymnastique.Seules les plus grandes s’y sont risquées sans mal, toutes chanteuses que Diane Dufresne admire depuis l’adolescence: la Gréco, bien sûr, mais aussi Pauline Julien, Catherine Sauvage, et celle qu’elle appeUe «madame»: Monique Leyrac.«Elles me fascinaient quand elles chantaient du Kurt Weill.Je n’imaginais jamais être capable de chanter ça.Cest tellement pas un répertoire normal.On a l’impression que ça parle, mais c’est très chanté.Ce sont des chansons très complexes, mais qu’on peut fredonner.» Au bout du fil, l’interprète s’enflamme.«Ce sont des mélodies de génie: dans chaque note, il y a l’intention de l’émotion.Et les émotions sont extrêmes.Extrême ironie, extrême désespoir.Ça brasse!» Ça brasse, mais pour ainsi dire à l’extérieur d’elle-même.«C’est beaucoup moins moi que dans le spectacle En liberté conditionnelle, où je chantais ma folie, ma peur de vieillir.Pour le concert symphonique, où je chante seulement en deuxième partie, je me suis inventée un personnage qui permet de piger dans plusieurs des opéras de Kurt Weill, que ce soit L’Opéra de quat’sous ou Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny.J'incarne une sorte de pute dans un grand port, qui séduit les marins.L'orchestre, c’est comme le grand navire.Chanter Alabama Song, La Fiancée du pirate, ça fait sortir d’autres côtés de moi.Par moments, je ne me reconnais pas.» Au rappel.Yannick Nézet-Séguin accompagnera seul au piano la chanteuse.«Mais je ne dis pas quelle chanson.» La France apeurée C’est bien parce que c’était Nézet-Séguin, dont l’enthousiasme était «contagieux», c’est bien parce qu’on lui offrait du Kurt Weill («Je n’aurais pas pu chanter du Mahler, quand même.») et c’est bien parce que l’aventure symphonique valait le surcroît de travail («Une symphonie, c’est le summum de la beauté.») que Diane Dufresne a ajouté le spectacle de lundi à ce qui était déjà une boucle bouclée.«Après la tournée en Europe, VOIR PAGE E 2 : WEILL A ii JACQUES GRENIER LE DEVOIR ymphonique’ m P -lllll WÈÊé m i Hmw mm.¦MM É L E C T R O La manière Ninja DAVID CANTIN En l’espace d’une quinzaine d’années.Ninja Tune est devenu une référence en matière de musique électronique et urbaine.Véritable plate-forme artistique globale, le label anglais (également basé à Montréal) a su attirer dans ses rangs des créateurs aussi singuliers qu’Amon Tobin, Bonobo, Kid Koala, ainsi que le nouveau venu Sixtoo.Alors que la caravane ZENtertaine-ment s'arrête à la SAT le 19 mars, deux compilations doubles de même qu’un DVD proposent une énorme rétrospective où la créativité se démarque à plusieurs niveaux.Créer des ponts Pour Jeff Waye, codirecteur de l’étiquette à Montréal, l’année 2004 marque une période de transition importante pour Ninja Tune.En préparant un magnifique DVD qui rassemble une trentaine de clips plus inventifs les uns que les autres, le projet ZEN a finalement pris une toute autre envergure.Comme l'explique ce mélomane anglophone, il fallait en un sens ajouter un complément CD au DVD.À partir de ce moment, on a voulu élaborer un concept (une triple compilation ZEN) qui donne un aperçu de l’esthétique Ninja Tune au fil des années 1990.Du coup, les remixes viennent éclairer certains classiques comme Get A Move On de Mr.Scruff ou encore Dark Lady de DJ Food.Les deux volumes se complètent à merveille.Un peu comme Warp, Ninja Tune a ouvert la voie à toute une génération de bi-douilleurs sonores capables de construire des ponts entre le hip-hop, le jazz, l’électronique, le funk et le breakbeat.Les premiers albums de The Herbaliser, de Funky Porcini ou de Coldcut marquent des étapes décisives dans l’évolution d’une musique qui mêle les genres sans le moindre compromis.En 1996, Ninja Tune s’installe dans la métropole afin d’intensifier sa présence en Amérique du Nord.Quelques années plus tard, le Brésilien Amon Tobin emménage au Québec et l’étiquette recrute le Montréalais Kid Koala.On demande toutefois à Jeff Waye ce qui caractérise le son Ninja Tune.En réécoutant les compilations, on s’aperçoit que le label se situait quelque part entre Warp et Mo Wax.Par ailleurs, nos artistes expérimentent sans jamais perdre de vue l’aspect mélodique.Je considère que quelqu’un comme Amon Tobin a aujourd’hui sa place aux côtés de gens tels Aphex Twin ou Squarepusher.Depuis les premières esquisses de Coldcut, il y a toujours eu ce soud d’inventivité capable de rejoindre un sens de l’humour des plus efficaces.Le DVD est une autre preuve ne l’originalité sans cesse croissante de Ninja Tune.Encore selon Waye, l’étiquette s’imaginait naïvement que des chaînes comme MusiquePlus ou MTV allaient diffuser ces clips qui n’ont absolument rien de banal.On était bien naïf de croire que ces trouvailles audiovisuelles en viendraient un jour à se tailler une place à la télé pour ainsi rejoindre VOIR PAGE E 2 : NINJA i i LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 MARS 2 0 0 4 Culture Ninja SUITE DE LA PAGE E 4 un tout autre auditoire.Finalement, c’est une découverte pour plusieurs.Un potentiel illimité Alors que Ninja Tune a été plutôt discret ces dernières années, jes mois à venir s’annoncent judicieux.D’ailleurs, la tournée ZEN-tertainement (de passage à Montréal vendredi prochain à la SAT) propose une affiche fort intéressante avec les Amon Tobin, Kid Koala, Bonobo, Blockhead et Six-too dans le cadre d’une même soirée.Très bientôt, ces deux derniers seront à l’honneur avec de nouveaux albums.Jeff Waye semble particulière-pient heureux d’avoir réussi à mettre la main sur ces jeunes talents au potentiel illimité.Comme il le souligne, Blockhead est un Ehe collaborateur d’Aesop qui réalise un hip-hop instrumental très mélodique.Music By Cavelight devrait plaire aux fans de DJ Shadow et KJÜ2.«En ce qui concerne Sixtoo, Robert a travaillé très fort avec des musiciens de la scène indépendante comme Eric Craven d’Hanged Up, Norsola et Thierry de Godspeed You! Black Emperor, de même qu’avec le légendaire Damo Suzuki (anciennement de la formation krautrock allemande Can].Sur Chewing On Glass & Other Miracle Cures, on entend un mélange de hip-hop, de jazz psychédélique et de rock expérimental qui renvoie beaucoup à un certain son très montréalais.Je suis particulièrement fier de cette sortie prévue pour le mois de mai.» En attendant, il y a aussi beaucoup d’autres projets dans l’air pour Ninja Tune: le volet Solid Steel (à la base, une émission de radio animée par Coldcut) se perpétue en compagnie de l’imprévisible Mr Scruff, The Cinematic Orchestra est en studio et Hexstatic risque de surprendre bien des fans cet automne.On dit également beaucoup de bien de la toute dernière création de Diplo (à paraître en juin sur Big Dada), de même que de la sui- te (et fin) du mémorable premier album de cLOUDDEAD.L’année prochaine, Coldcut, Her-baliser et Jaga Jazàst seront de retour.A propos de Jaga Jazàst, une rumeur veut que les Norvégiens soient de passage (pour une première fois) au .Québec cet été.Si cela n’était pas assez, Jeff Waye démarre bientôt un autre label (Tada) avec Patti Schmidt, de l’émission Brave New Wave.Mais pourquoi une nouvelle étiquette lorsqu'on travaille déjà chez Ninja Tune?Avec une certaine dose d’humour, Waye répond: «Farce que je suis un idiot! Non, sérieusement, c'est un autre truc complètement différent qui va me permettre de diffuser certains artistes locaux qui ne fonctionneraient pas sur Ninja Tune.» La scène indépendante montréalaise bouge plus que jamais en ce moment.On suit donc de près cette nouvelle initiative paraflèle.ZEN CD ZENRMX (Ninja Tune-Outside) ZEN IV DVD (Ninja Tune-Statik) ZENTERTAINEMENT À la SAT, 1195, boul.Saint-Laurent, le 19 mars.L’art et les anars Philippe Soldevila et Simone Chartrand créent au théâtre Périscope le double de Le miel est plus doux que le sang Célébrez avec nous le 20" anniversaire de Vues d’Afrique à l'occasion de la soirée d’ouverture, le jeudi 15 avril à 19h, Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, partenaifç de l’événement.15 au 24 avril 2004 Info-festival (514) 990-3201 www.vuesdafrique.org AU PROGRAMME animation m FAITES PARTIE DE lA^T «Si Place tes Arts au (5141842 2112 et au 1-866-842-2112 ou Réseau Admission au (514) 790-1245 Québec “S Montréal @ IMontréal Télévision rfi" TV5 isE! iwsat ©°^ r' ttâ&lü I.K DEVUIB Témoin de la mouvance anarchiste dans l’Espagne des années 1920, JAnarquista! de Simone Chartrand et Philippe Soldevila se veut une attaque contre l’inconscience.Petite discussion sur l’art et les anars à quelques jours de la création de cette pièce fort attendue au théâtre Périscope.ISABELLE PORTER Le duo n’en est pas à ses premières armes en théâtre «hispanique».D’origine espagnole, Philippe Soldevila avait lancé sa compagnie en 1989 avec Tauromaquia.Puis en 1995, les deux créaient Le miel est plus doux que le sang, un grand succès critique et populaire.Bonne nouvelle, le metteur en scène nous annonce que '.Anarquista! est son double.«Le miel.et lAnarquista! sont comme les deux faces d’une même médaille.La première pièce évoquait la révolution artistique de Bunuel, Garcia Lorca et Dali dans le contexte de surchauffe contestataire de l’Espagne des années 1920.Ce contexte-là devient le cœur de lAnarquista!.On s’est intéressés cette fois-ci à la vision de ceux qui posaient des bombes avec, comme toile de fond, l’ébullition artistique de l’époque.» Les personnages du Miel.avaient pour amie Lolita, une chante.use de cabaret qui parlait souvent de son frère anarchiste Marcelino.C’est ce frère qu’on retrouve au centre de .'Anarquista! Qacques Laroche), avec son compagnon d’armes (Patrick Ouellet), le roi (Jean-Jacqui Boutet) et une bourgeoise «défroquée» (Tania Kontoyani), entre autres.Le duo songe d’ailleurs à fondre les deux pièces en une ou à les présenter en parallèle.Pour créer Marcelino, Soldevila et Chartrand se sont inspirés de la vie de l’anarchiste espagnol Buenaventura Durruti SOURCE THÉÂTRE NIVEAU PARKING Les auteurs et concepteurs de ’.Anarquista!, Simone Chartrand et Philippe Soldevila.(1896-1936).Après avoir tué l’archevêque de Saragosse, il tenta, à plusieurs reprises, d’assassiner le roi Alfonse XIII.La pièce se penche sur cette époque.Dans son dossier de presse, la compagnie le qualifie de «dernier grand romantique», mais c’est pour son côté inspirant sur le plan artistique plutôt que politique.Simone Chartrand ne voulait pas écrire de manifeste: «Moi, je ne voulais pas faire des bons et des méchants, je voulais surtout parler de l’inconscience.L’idée, ce n’était pas de prendre pour les anarchistes.C'est sûr que, quand on écrit, on prend pour les personnages; mais moi, j’ai essayé de prendre pour tout le monde.» Ainsi, dans la pièce, le roi tortionnaire qui ordonne l’assassinat de centaines d’innocents est aussi un grand ama: teur d’arts, touché par la révolution artistique.D’ailleurs, ajoute Soldevila, nous serions un peu mal placés de «prendre pour» les anarchistes: «Si la dynamique est la même aujourd’hui qu’à cette époque-là, l’échelle géographique n’est pas la même.Pourquoi je serais anarchiste si, dans le fond, je suis le roi?Je peux critiquer Bush mais, en même temps, Bush, c’est moi.Moi, je vis, je pars mon char tous les matins, je pollue.C’est facile d’être anti-Bush, mais qui est ce qu’on tient asservi à côté?Donc, je pense que l’anarchisme, ce n’est pas ici.Ce n’est pas au sein de la grande famille bourgeoise que nous sommes.» iANARQUISTA! De Simone Chartrand.Mise en scène: Philippe Soldevila.Une production du Théâtre Sortie de Secours.Au théâtre Périscope du 16 mars au 10 avril.Weill SUITE DE LA PAGE E I après deux ans sur scène presque sans arrêt, il est temps que je tm retire un peu.» Expérience à la fois exaltante et troublante pour la chanteuse que ces retrouvailles de l’automne dernier avec le public européen.«À Paris, le dernier des trois soirs au Châtelet, le public était grandiose.» C’est très Diane Dufresne: mesurer la valeur d’un spectacle à la ferveur de l’auditoire.Là-dessus, on ne la trompe pas: un public se sent ou ne se sent pas.Imaginez sa déception quand un auditoire présente U Z H (A D En vente maintenant Nombre de places limite LA NOIRCEUR de Marie Brassard avec Marie Brassard et Guy Iiifiro 30 mars au 3 avril demeure à distance.Imaginez tout un pays.«Dans le reste de la France, j’ai trouvé"le public d’une grande tristesse.Quelque chose comme une grande peur de se laisser aller, une peur de s’émouvoir et que ça paraisse.J’allais dans les allées et personne ne me donnait la main.Ça me crevait le cœur.C’était comme au cirque, quand le ' clown s’approche de ton estrade et que tu te dis: pourvu qu’il passe tout droit.Les salles étaient pleines, mais j’avais l'impression de ne pas avoir fait mon travail.Parfois, ¦comme à Toulouse, c’était vraiment bien.Mais j’ai souvent eu cette impression que le monde avait changé.Que la peur s'était installée.» Peur du terrorisme, des épidémies, des catastrophes naturelles?«Je pense que c’est la télévision qui fait peur aux gens.» Diane Dufresne, elle, n’a peur que d’une chose: mourir avant son temps.Non, elle n’a pas écouté Folie douce: Diane Dufresne en paroles et musique, l'exemplaire série radiophonique rediffusée ces jours-ci à la Chaîne culturelle de Radio-Canada.Non, elle n’a pas visionné sa Musicographie.«Je suis contente que tout ça existe.Je sais que c’est le travail de gens passionnés.Mais je ne veux rien revivre.Et je ne veux pas trop me livrer.Quand on se livre, on s’appartient beaucoup moins.À chaque fois, il faut que je me refasse une vie pour avoir quelque chose à moi.» Chanter Kurt Weill, en cela, est presque un répit «C’est moi et ce n’est pas moi en même temps.J’en profite.» DIANE DUFRESNE CHANTE KURT WEILL L’OPÉRA DE QUATSOUS, SUITE ORCHESTRALE; SYMPHONIE N° 2; MÉLODIES VARIÉES Orchestre métropolitain du Grand MontréaL Yannick Nézet-Séguin, chef A la salle Wilfrid-Pel-letier de la PdA, lundi 15 mars à 19h30, conférence préconcert gratuite à 18h30.Tri Théâtre Deuxième Réalité présente .en codiffusion avec j^: qî Hr*' ¦ ow iL/i lJ** i une comedie de Nikolai Erdman Mise en scene et adaptation d Alexandre Marine 18 au 27 mars ÎI ü Une production tfliifrai'Otiqc' îlieatn la mise en scène, la scénographie et l'atmosphère sont fascinants; la présence des deux acteurs,stupéfiante Madrid, 1920 des femmes et des hommes sacrifient leur vie let celle des autres.Idans le but de provoquer une veritable revolution sociale Une descente vertigineuse, aux allures parfois surréalistes, au cœur d'une epoque trouble et explosive de l'Espagne Un univers qui n'est pas sans rappeler, à l'echelle mondiale, notre situation socio politique d'aujourd'hui.Production Theatre Sortie de Secours Texte Simone Chartrand en collaboration avec Philippe Soldevila ^Mise en scène Philippe Soldevila q Usine C 514.521.4493 l'envoûtement est provoqué par la présence intense et étrangement sensuelle de Marie Brassard.Admission 514 790.1245 Du 16 mars au 10 avril 20 h 2004 PERISCOPE 2, rue C r e m a z i e Est.Québec RÉSERVATION : (418) 529-2183 QuolX'c mi -L histoire d un homme qui menace* sjS^îemme de se suicider Histoire abrolument ABSURDE du point de vue du bon sens et absolument REALISTE du point de vue humain Traduction_Annc-Gatherme Lebeaù avec Alexandre Marine, Karyne Lemieux.Maria Monakhova, Igor Ovadis , Isabelle Lcmme , Sacha Samar, Marie-Helene Thibault, Marie-Lyse Forest, Peter Batakliev, David Buyle Vital! Makarov, Philippe Cyr www.deuxi«m*r«rfttàconi ïTSHNIE 0 Billets 18$/24$ 521.4493 Admission 790.1245 < * i LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 11 MARS 2001 E 3 TH É À T R E Un « rien » tout plein JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le metteur en scène du Collier d'Hélène, Martin Faucher, et la comédienne Diane Lavallée.Un peu partout sur la planète, on compte déjà une dizaine de productions du Collier d’Hélène de Carole Fréchette.Martin Faucher, Diane Lavallée et Agoumi le portent pour la première fois ici à la scène.La question est de savoir comment ils s’y sont pris.MICHEL B É LAI R LE DEVOIR On dirait un scénario de film.Ou un texte pour la radio.Ça se passe dans une ville dévastée du Moyen-Orient tout au long d’une balade en taxi à travers des rues jonchées de débris, des gens démolis, des maisons ravagées et des bords de mer envahis par des ruines d’une tout autre époque.On y voit littéralement un monde saccagé par la guerre.On y sent aussi la douleur de ces gens qui ont déjà vu tomber des grands pans de leur vie.C’est là qu’Hélè-ne a perdu son collier.Et qu’elle s’est mise à le chercher.Mais à la lecture, on se demande tout de suite comment on rendra tout cela sur une scène de théâtre sans y greffer des séquences vidéo et tout un attirail de moyens artificiels.qui collent finalement très peu à l’univers et à l’écriture fine et fragile de Carole Fréchette.C’est la question que j’ai posée au metteur en scène Martin Faucher et à Diane Lavallée, qui renoue id avec un type dexôle qu’elle a délaissé depuis des lunes — on se souvient d’elle dans Les Bonnes, mise en scène par René-Richard Cyr, dans La Ménagerie de verre aussi, et dans Inventaire.Une quête «Le texte pose des défis intéressants, répond Martin Faucher.Il n’a rien d’un documentaire sur une société déchirée par la guerre, même si Hélène est confrontée à un monde en ruine pour retrouver son collier.H n’y a pas de logique réaliste qui tienne dans son histoire.Il y a son parcours à travers cette ville, mais aussi son parcours à l’intérieur d’elle-même.Et avec une économie de mots et de moyens, avec presque rien, on sait tout cela très clairement et très rapidement.Au bout du compte, le spectateur peut très bien décider que tout se passe vraiment à l’intérieur de sa tête à elle.» Faucher a partidpé à la mise en lecture du Collier lors de la Semaine de la dramaturgie.C’est là qu’il en a vraiment senti les possibilités théâtrales, ce qui ne lui était pas apparu évident lors de la première lecture.«Je suis resté avec une très forte impression de “voyage”, poursuit-iL Une sensation, plutôt, greffée sur l’espace mental dans lequel on se sent quand on est en voyage.Quelque chose qui touche directement à la disponibilité età la vulnérabilité aussi Et tout cela a peu à peu donné forme à ce “rien” qu’on verra remplir toute la scène.» Pour mettre en scène cette fragilité toute «fnéchétienne» qui caractérise Le Collier d’Hélène, Martin Faucher explique ensuite qu’il a d’abord choisi d’approfondir le pouvoir de suggestion du texte et, surtout, qui a cherché à éviter le «piège de l’illustration».De l’autre côté de la table, Diane Lavallée est visiblement tout à fait d’accord.Elle poursuit dans le même sens.«C’est un texte simple, dépouillé.Et plein.Un texte qui, dans sa structure même, déborde de mouvements: Hélène rencontre des gens — qui seront tous joués par mon camarade de scène Agoumi —, elle traverse des quartiers dévastés, s’infiltre dans des maisons é ventrées.Mais elle raconte tout cela; Hélène nomme les choses.C’est un texte de conteur.L’histoire d’une quête.Pourtant, elle ne s’adresse pas à un public.Elle se parie à elle-même, dans l’absolu.Cest une quête spirituelle; c’est elle qu’elle va trouver en cherchant son ridicule collier en plastique.Cest un texte qui appelle à la sincérité par sa naïveté douloureuse.À la mesure et à la justesse aussi.On ne peut pas trop “en mettre” en le jouant.Il fout être le plus simple, le plus direct possible.» Tomber pile D’accord.Mais comment encore une fois incarner tout cela sur une scène de théâtre sans que le résultat, que le «rien» apparaisse statique, figé, alors que le texte est si vivant.Diane Lavallée et Martin Faucher parlent alors tous deux de patience.Du fait quls ont lu et relu et relu encore le texte jusqu’à ce qu’un parcours s’impose de lui-même, jusqu’à ce que tous les mouvements, tous les gestes des personnages «tombent pile».Je ne sais plus lequel des deux a souligné que Le Collier d’Hélène est un spectacle «pudique» puisqu’il s’appuie sur un univers «à peine palpable».Ds rediront aussi que le texte n’a pas à être illustré et que le spectateur aura le loisir de s’y investir et de voyager aux côtés d’Hélène.En insistant encore, toutefois, j'ai réussi à saisir que la scène du Théâtre d’Aujourd’hui allait être presque nue, à peine discrètement habitée par des «zones», comme dit Martin Faucher.Que la quête d’Hélène allait s’inscrire dans un grand dépouillement mettant en relief la force féminine de récriture de Carole Fréchette.Et que, comme le disent d’une même voix les deux complices, tout cela «élève l’âme».Pour une fois qu'on reçoit une invitation de ce type-là, on ne voudra pas la rater.Ça se déroule au Théâtre d’Aujourd’hui à compter du mardi 16 mars.Le Théâtre Teesri Ounlya présente une production de Cahoots Theatre (Toronto) et NeWortd Theatre (Vancouver) en collaboration avec le MAI (Montréal, arts interculturels); m mm f NUIRE $ GF Billets: Taiil reguliet 20$ .Aœès-Momréai iss Billetterie: (514) 982-3386 Groupes (dp 8 et pins) m Réservations de groupe : (514) 848-0238 Un choc frontal avec le Nouvel Ordre mondial à travers écrans, frontières et médias .Présenté au MAI (Montreal, arts interculturels) 3680, rue Jeanne Mance Mardi - samedi à 20 h Dimanches à 16 h Relâche le 18 mars Nous remercions Patrimoine Canadien.Culture et Communications Québec, la Ville de Montréal, Ontario Arts Council, Toronto Arts Council, Georges Laoun Opticien, Le Devoir.Mirror, CBC Radio.CBC Television et CKUT.Une comédie corrosive et dévastrice lancée par trois têtes fortement mises à pria, Marcus Youssef.Guillermo Verdecchia et Camyar Chai r avec Tom Butler ^ 11-21 mars 2004 JUSQU'AU 27 MARS 2004 Bilodeau et Fortin acrobates du théâtre.On les savait talentueux et rigolos, on les découvre ici virtuoses- Journal de Montréal Des spectateurs(.) fascinés par le jeu des acteurs(.) Une grande page du Rideau Vert - Cyberpresse.ca Ces deux acteurs doivent compter l’un sur l'autre comme si leur vie ne tenait qu'à un fil.Ou à une réplique Radio-Canada de Marie Jones trad, et adapt René-Daniel Dubois MISE EN SCÈNE YVES DESGAGNÉS avec Emmanuel Bilodeau et Bernard Fortin Concepteurs Éric Champoux, Judy Jonker, Carole Castonguay, Claude Lemeun, Jérôme Labrecque, Geneviève Dorion-Coupal Juste pour rire BANQUE nationale THÉÂTRE DU RIDEAU VERT V 2 SOUPERS-THÉÂTRE KX)$ (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca o: Hydlfo 0["hr' iMJ.um arxv Une comédie à saveur politique SOLANGE LÉVESQUE Alexandre Marine, adaptateur.metteur en scène de cette œuvre «absolument absurde du Point de vue du bon sens et absolument réaliste du point de vue humain», jouera également le rôle principal de la pièce qui constitue pour lui un pilier du répertoire russe du XX' siècle.D s’agit de sa première incursion comme acteur sur une scène francophone.Le trac?11 ne l’a pas encore, «mais ça viendra.'», assure-t-il.«Chefd’œutre».c'est l'expression employée par Marine pour qualifier la pièce d’Erdntan dont Meyerhold et Stanislavski se disputaient la mise en scène.Elle fut créée en 1928 par Stanislavski, qui la tenait lui aussi pour une œuvre de génie.Staline devait assister à la première; il ne se présenta pas et délégua plutôt des dirigeants du parti.Sur place, üs rirent à gorge déployée, mais la satire politique de la pièce leur resta en travers du gosier.Aussi, en les voyant quitter les lieux sans rien dire après la représentation, les artistes comprirent que celle-ci serait probablement interdite, ce qui fut fait Quant à son auteur, il frit déporté dans un camp en Sibérie.« Organique » «Cette fois-ci, Deuxième Réalité s’attaque à une pièce franchement drôle, qui réunit plusieurs genres, souligne Alexandre Marine.En ce sens, elle se rapproche de certaines œuvres de Molière ou de Gogol et n’est pas sans parenté avec le théâtre de l'absurde.Grande comédie brillante, très bien rendue par Anne-Catherine Lebeau dans sa traduction, c est aussi une tragicxmtedie qui se termine sur un mode plus grave et qui contient une impitoyable critique de la société sennétique.» L’argument s'amorce par une dispute de couple autour d'un bout de saucisson.La discussion dégénéré et le mari menace de se suicider.«U résulte de cette menace un enchaînement de circonstances qui transforment la pièce en un spectacle burlesque au travers duquel émergent des questions sociales et existentielles: être ou ne pas être?quel est le sens de la mort héroïque?pourquoi les gens développent-ils des relations entre eux?» Au depart.Alexandre Marine avait offert le rôle du suicidaire à un comédien québécois qui s’est désisté à cause du tournage d’im film.«Comme le temps des répétitions était compté, que j’avais choisi la pièce et que je etmnaissais à fond le personnage et le texte, j'ai décidé de jouer moi-même ce rôle.Le fait de cumuler la fonction de metteur en scène et docteur est det>enu une double expérience que je qualifierais d'organique.» Marine éprouve un bonheur particulier à côtoyer une équipe dont plusieurs membres ont déjà travaillé avec lui.«Les interprètes sont merveilleux, et le côté ludique de la pièce a créé un lien unique entre nous, explique-t-il.Après les répétitions, nous avons envie de rester ensemble parce que nous avons tellement de plaisir en travaillant à cette amedie qui, bien qu elle se passe au debut du siècle dernier en Russie, est intemporelle.» En réalité, elle se déroule en Russie quatre ans avant les grands massacres staliniens, à une ère où les appartements étaient devenus rares et où une tamille devait se loger dans une seule chambre; c’était aussi une époque très créatrice, alourdie par le fait que chacun devait surveiller ses paroles car il y avait des espions partout susceptibles de dénoncer quiconque osait parler contre le régime.«Ces apparatchiks stmt représentés dans la pièce par le personnage qu 'on appelle te marxiste'ou Te camarade” et qui fait peur à tout le monde, joué par Peter Batakliea Ce sont des gens comme lui qui seront responsables des grandes purges et de tanf d* déportations en 1932.» A la création, la pièce employait plus d'une vingtaine d’acteurs.Alexandre Marine a condensé cette distribution en 12 interprètes, dont six sont d’origine québécoise et six d'origine est-européenne.À la misé en scène.Marine sera assisté d’Anne-Catherine Lebeau (également traductrice) et de Justine Boulanger.Les concepteurs Julie pesro-siers, Spike Lyne et Marie-Eve Pageau complètent l’équipe.LE SUICIDAIRE Une production du Théâtre Deuxième Réalité, à l’affiche à l’Usine C du 18 au 27 mars 2004 Réservations: % (514) 5214493.Renseignements: wunudeuxiemerealite.com.En soirte seulement, lever de rideau : Tout le meade Un questionnement actuel la guerre et son absurdité de Michel Azanui Mise en scène : Lorraine Côté ii Intense Et d'wiE unité DENISE-PELLETIER mût Serge Bonin, frêdénck Boutlord, laltien Cleulier.Valérie Sesclteneaun.Valérie larnche.Caléerlne larochelle.Myriam Lellanc.Nicolas lélourneau.Jean-Nicolas Marguis.Olivier Normand laplante Concepleiirs Christian Innlaine, Isanelle Mere, flene Pearson.Snnovn Nishihawa, Ives Dubois.Jean Philippe Jnuberl Vue priMien h Itliln mm Pantuip Du 19 mars au 3 avril Jiilltil itifrtin ill: ihiIii III iNiiiiw ei um uaiürtt tu itliln II I II IIi il illlII Billetterie 253-8974 Admission w 790-1245 1 800 3BHS>9!) admission.corn nifi Es! Paptneati ou Vlan autobus 34 Pie IX.autobus 139 Sud V *•! b 1 » LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 11 MARS 2004 E 4 ?Culture ^ DANSE Toucher à la moelle de l’humanité Le duo québécois Jerry Snell et Nadine Thouin s’allie à la Beijing Modem Dance Company pour créer Os Solo.à quatre Dans Plus seule qu’en solo, Dominique Porte prête sa danse au dialogue inusité JACQUES GRENIER LE DEVOIR Os, du Snell-Thouin Project.FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR Ce sont deux artistes québécois en exil par goût du risque et de la nouveauté.Peu connus du public québécois, Jerry Snell, musicien et ex-membre de Carbone 14, et Nadine Thouin, chorégraphe et danseuse, forment depuis 1996 la compagnie Snell Thouin Project.Alternant grandes et petites productions dans lesquelles ils explorent les langages du théâtre, de la danse, de la musique et de la vidéo, ils se baladent à travers l'Europe, l’Asie et l'Amérique du Nord.La dernière fois qu’on les a vus à Montréal, c’était en 2000, lors de la tournée de Cash, the Performance.Par l’entremise de Danse Danse, ils reviennent avec une autre production d’envergure, Os, créée en collaboration avec la Beijing Modem Dance Company (BMDC), une première dans la jeune histoire de cette compagnie chinoise.Os, c’est le noyau dur du rap- LE STUDIO DE L'AGORA DE LA DANSE'S^ENTE DOMINIQUE PORT PLUS SEULE C 16 AU 20 MARS // 20 H PLUS SEULE QU’EN SpÜ ^ ^ PERCUTANT VIF SUEL INTRIG (lommique porte laurent maslé Charles papasoff sain COLLABORATEURS > Philippe Dupeyroux.Jennifer Glasgow PHOTO • CYLLA VON TIEÏή I.K DEVOlli miiir |» 1111111 L’AGORA DE LA DANSE m*|H| 840, RUECHERRIER METRO SHERBROOKE 514.525-1500 *AnA .¦¦ rtseau admission 514.790.1245 www.agoradanse.com L.V QlmMjcn.îï** MUSIQUE htm,*tc fOSTDMES ' |l,«« lavsif ««TiTties ; : fte/w 1 Satcbt, las,,,.W»u,u |M S#*M Sfefas, Sara! IJi P> 4 Ig sociétés > Hfiniitt cté.lion >» JCJtN-RItRRE PEHRtAHLT ci reuiMutios utt it ante us ans CRtâTIOH, HOMMAGE ET RÉTIOSPECTIVE > MARS 242526 2731- » flV811* l-23- ^ 2£>hjii > axn.rr J5,M $ » jtmsst 24|t4# >niissitiitms SH.M2.an2 j>' ! i EXPOSITION D ŒBYtESOrpUUiM DCS RAS PEUDCS ' K MAI» AC J AVRIL » , POl'R TOCS AVANT LES MkVtÉSRNTAnûf .» CONFÈRENCE avant la MMp i rsna n t-rmrir « iWMtEAClT AVmtlSfc! N (U A) rt VISUEL » fc* |alle Pl»ce dM Ait» port de l’homme au monde, à la nature, à l’époque où l’humanité vivait en symbiose avec son environnement.«Tous les ossements des premières civilisations qu’on découvre définissent beaucoup d’où l’on vient, quand on est arrivés ici, explique Nadine Thouin.Je veux parler d’avant qu’on définisse les choses, qu’on ait une civilisation avec des règles.» La chorégraphe aime aborder des thèmes qui la dépassent et qui engagent le reste de l’humanité.Ce n’est sûrement pas étranger à sa vie de femme du monde.«Le voyage est une des meilleures écoles au monde.Tu te retrouves dans une autre culture, tu dois t’adapter.J’aime être constamment face à un nouveau défi, me retrouver dans une situation inconnue.Un créateur devrait toujours être dans l’inconnu.» Un monde meilleur Les fréquents séjours en Asie des deux artistes et leur amour pour cette région du monde dé- teignent certainement sur leurs œuvres, et particulièrement sur celle-ci.Mais la chorégraphe ne prétend pas avoir volontairement ajouté des éléments de cette culture.«Ce n’est pas emprunté et collé dans le spectacle, c’est intégré dans nos personnalités, nos influences, précise-t-elle.Mais c’est sûr que ce sont des Chinois qui dansent et, au niveau de la musique, il y a une voix et un instrument chinois qui donnent une couleur asiatique.» Elle tire toutefois du modèle de vie asiatique un peu d’inspiration pour proposer une vision d’un monde meilleur dans ses spectacles.«Il y a là-bas encore une connexion à la vie que nous autres Occidentaux avons perdue dans notre confort, nos voitures, la télévision, la publicité, déplore Nadine Thouin.Les gens âgés là-bas sont encore en pleine forme, ils vont au marché.Ici, ils sont à l’hôpital.» Avec Os, le tandem Snell-Thouin appelle donc à une «reconnexion de Thomme avec un pouvoir qu’il a oublié», une foi qui le dépasse, à travers la musique, les images vidéo et la danse énergique des douze interprètes solidement formés de la compagnie chinoise.•C’est sûr que tout l'aspect plus théâtral et émotif est difficile à aller chercher à cause de la barrière de la culture et la limite du temps — deux mois pour créer le show», souligne la chorégraphe.Le directeur artistique de la BMDC, Willy Tsao, trouve au contraire qu’elle a réussi à toucher les danseurs: «Nadine vient donner une autre qualité, une émotion, et proposer de nouvelles directions aux danseurs, ce qui est très profitable à la compagnie.» Fondée en 1995, la BMDC, financièrement indépendante du gouvernement, est un peu le symbole du fleuron de la nouvelle manière de mener une institution culturelle en Chine.Sous le joug du communisme, qui réduisait l’art à la propagande, la danse moderne fiit longtemps considérée comme le «poison de l’Ouest», source des dérives individualistes.Un vent de libéralisation souffle depuis une vingtaine d’années, qui a permis l’émergence de la BMDC, l’une des deux seules compagnies de danse moderne «approuvées» par les autorités.Mais la BMDC a d’abord connu des débuts chaotiques, alors qu’elle était dirigée par un danseur très connu devenu transsexuel, qui attirait les foules pour les «mauvaises raisons», selon le directeur.Celui-ci y a mené un grand remaniement, tant administratif qu’artistique, depuis 1999.«J’encourage les danseurs à créer autrement, sans essayer de suivre un style.C’est ma vision de la danse contemporaine: il n’y a pas un seul style.» Aujourd’hui, la compagnie propose sue productions par année à Pékin, sans compter les nombreuses invitations qu’elle reçoit de l’étranger.«Ça aide les artistes à s’épanouir de différentes manières.Ils voient et expérimentent autre chose et ça se reflète ensuite dans leur travail.» OS Du Snell-Thouin Project et de la Beijing Modem Dance Company Du 18 au 20 mars au Théâtre Maisonneuve.des musiques de Charles Papasoff et de Laurent Maslé.FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR Une véritable tempête de création s’est abattue sur sa vie depuis deux ans: le travail chorégraphique de Dominique Porte apparaît pour la quatrième fois sur scène cette saison.«J’ai eu l’impression de vivre un grand cycle à force d’entreprendre des pièces de groupe, avec beaucoup de mélange de genres et de rencontres avec différents collaborateurs», confie la chorégraphe québécoise.Si cette expérience foisonnante lui a permis de se ressourcer, elle sent maintenant le besoin de se recentrer sur son travail d’interprète, délaissé depuis deux ans, et de l’incarner dans une plus petite forme, le duo, qu’elle livre ici avec Sarah Hanley.A l’origine du duo, il y a toutefois le souci de respecter l’espace intime et l’individualité artistique de chacun, si bien qu’on pourrait aussi y voir deux solos.D’où le titre, Plus seule qu'en solo.«Il y avait un paradoxe que je trouvais intéressant dans ce titre qui allait chercher un état représentatif de ce rapport à l’autre, qui n’est pas toujours celui d’une présence», explique Dominique Porte.Multiplier les solitudes «Plus seule qu’en solo est une extrapolation de nos mondes intérieurs individuels qu’on fait cohabiter dans le même espace», sur la même scène, résume-t-elle.Pour mettre cette ligne de conduite à rude épreuve, la chorégraphe a choisi de multiplier les solitudes.Ainsi, au dialogue qui se noue entre les deux danseuses, se superpose celui de deux musiciens aux horizons différents.«C’est la confrontation d’un monde musical où Laurent Maslé et Charles Papasoff co-composent, décrit la chorégraphe et danseuse.Laurent est au mixer et Charles Papasoff, qui vient du jazz, apporte beaucoup d’instruments acoustiques — piano, clarinette, guitare.Ils amènent beaucoup d’imagination dans l’abstraction des deux formes d’art.» Ce jeu d’oppositions donne pourtant lieu à une pièce d’une grande clarté, promet-elle, reconnaissant avoir pris plaisir à la complexité dans ces dernières pièces de groupe.«C’est concis, très vif et très dansé, commente-t-elle.Ça vient du ventre, et la variété du son contribue à cela en allant chercher quelque chose de plus viscéral.» La rencontre musicale est donc une dimension essentielle de cette nouvelle création de Dominique Porte, qui a longtemps et presque exclusivement travaillé avec la musique électronique, surtout celle de Laurent Maslé.L’an dernier, en création à Helsinki, elle mélangeait l’univers électro au piano de Glenn Gould et y trouvait une nouvelle piste de création.«J’ai aimé le mélange des genres», confie-t-elle.Au cœur du processus qui guide les quatre artistes sur scène, il y a d’abord une grande liberté qui fait en sorte que «la personnalité de chacun se démarque».Pour décrire l’humeur de cette pièce, la chorégraphe évoque ces moments passés au parc à regarder les gens déambuler, à voir les événements se faire et se défaire avec cette vague impression d’ordre, qui conserve pourtant son caractère totalement et délicieusement imprévisible.PLUS SEULE QU’EN SOLO De Dominique Porte, du 16 au 20 mars, à l’Agora de la danse.24,25,26,27,31 mars 2004 1,2,3,7,8,9,10 avril 2004 19 h 30 les mercredis et 21 h les autres soirs Bain Mathieu 2915, Ontario Est Métro Frontenac 514.527.1456 Billets 15$/20$ Wes tem psy chan aly tique /yv lepontbridge ICI VIII* d« Montréal Québec ïï ""Québec 55 Bain Mathieu CGNSHDCSUm DE MM— U LE DEVOIR ?et culturel Cett!>0uCidentse heurtent le.h Mua Daily Beiji„g sm*r.rmrrew.m le Devoir DANSE DANSE t^nell Thouin Project eijing Modem Dance Company Quebec Chine 18, 19, 20 mars, 20 h Théâtre Maisonneuve ¦Sillets : (514) 842 2112, (514) 790 1245 SaGeste - solos de femmes à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme Claudia Fancello (Montréal) Sarah Skaggs (New-York) Sally Morgan (Halifax) 11,12,13 mars 2004 à 20h30 14 mars à 16h00 N I O 0 “H Tangent^ I b» n/iwQF CONTEMPORAINE billetterie 514.525.tangente.qc c a www idL, r LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE II M A R S 2 O O I LE DEVOIR *¦ e Vise Un parcours varié à la galerie Art Mûr Renée Duval, Rebondissement/Revert Katharine Harvey et Kathryn Lipke Vigessa, Eau Jusqu’au 20 mars Claude Ferland, Cold Days Jusqu’au 3 avril Galerie Art Mûr 5826, rue Saint-Hubert MICHEL HELLMANN La galerie Art Mûr ressemble de plus en plus à un petit musée.De nouveaux espaces, au deuxième étage, viennent s’ajouter à la surface d’exposition déjà énorme du rez-de-chaussée.Cet ancien magasin de meubles de la rue Saint-Hubert commence à être utilisé à son plein potentiel.Les propriétaires Rhéal-Olivier Lanthier et François Saint-Jacques présentent actuellement une exposition solo de Renée Duval, une autre de l’artiste vidéaste Claude Ferland, ainsi qu’une exploration autour du thème de l’eau par Katharine Harvey et Kathryn lipke Vigesaa.L’espace est également occupé par des œuvres d’étudiants de Concordia (dans le cadre du festival Art Matters) ainsi que par une exposition présentée par le Conseil des arts textiles du Québec.La série de tableaux figuratifs de Renée Duval accueille le spectateur dans la première salle et le surprend par l'apparente simplicité du sujet: des arbres.Non pas des forêts romantiques ou idéalisées, mais plutôt des fragments, des détails de paysages, peints d’une manière très réaliste et détachée.Pour l’artiste, c’est «l’impact sensori-visuel qui prime», l’effet premier que l’on ressent quand on est confronté aux tableaux.L’importance accordée à la perception se voit clairement dans Raga n° 2 (pom-metier), une œuvre curieuse dans laquelle les feuillages d’un arbre sont peints sur des rondelles de bois.Ces cercles de différentes tailles accrochés au mur représentent des instants et font penser à des regards furtifs.Dans certains tableaux apparais- SOURCE ART MÛR Avec Cold Days, une série d’installations vidéo, Claude Ferland nous présente son univers mélancolique.sent des mains.Elles semblent vouloir cerner, encadrer l’espace.Font-elles référence à l’artiste ou au spectateur?Peut-être aux deux: l’exposition s’intitule d’ailleurs Rebondissement.L’installation Currents de Kathryn Lipke Vigesaa explore d’une manière poétique le thème de l’eau.Créée à partir de matériaux naturels, une espèce de pirogue suspendue est entourée de cailloux.Du plafond pendent des fioles en verre qui contiennent des échantillons d’eau, recueillis dans différents endroits, du fleuve Saint-Laurent à l’océan Arctique en passant par les Grands lacs.Cette œuvre avait été présentée en 2001 à la Maison de la culture Mercier dans l’exposition Locus in Quo.L’intention, décrite alors dans le texte de présentation, était de «faire éprouver au spectateur l’immensité des préoccupations environnementales et la complexité des liens entre tous les phénomènes naturels».Un projet ambitieux, mais le symbolisme qui se dégage de cette œuvre complexe, d’inspiration primitive, pousse certainement à ce genre de méditation.Katharine Harvey, elle, exprime sa fascination pour l’eau en cherchant à reproduire en peinture la texture du liquide.Elle applique de nombreuses couches successives de gel acrylique sur une surface pour créer un effet de fluidité.Dans Porthole, un trou (qui nous fait penser à un hublot de bateau) dans la matière gélatineuse apparaît comme un œil dans un océan embrumé.L'effet est original et on regrette que l’artiste ne pousse pas cette exploration plus loin car ces tableaux ont un caractère répétitif.Au deuxième étage, on trouve des œuvres plus expérimentales.Avec Cold Days, une série d’installations vidéo réalisées à Montréal, à Paris et à Berlin, Claude Ferland nous présente son univers mélancolique.Mélangeant images et musique, l’artiste s’approprie l’esthétique du clip vidéo.L’œuvre Cold Day est typique de sa production.Projetée sur deux écrans, elle fait ressortir un sentiment de claustrophobie, de déception.Un homme essaie de s’échapper d’un désert glacé et tente de rejoindre, en vain, le jardin, métaphore du paradis perdu, qui se trouve devant lui sur l’autre écran.Quand il semble l’atteindre, la scène se renverse et tout re- STEPHANIE BELIVEAU Figures archaïques Peintures récentes GALERIE SIMON BLAIS 5420, boul.Saint-Laurent H2T1S1514.849.1165 Ouvert du mardi au vendredi 10 h a 18 h.samedi lOh à 17h GALERIE GORA art contemporain international Annie Gervasi Michel Langlois François Belpaire Du 9 au 27 mars 2004 460, rue $?e-Catherine O, suite 306 mardi - samedi: 12h - 15h www.gallerygora.com Tel.514.879.9694 Metro P lace*de s-Arts LES COLLISIONS FRONTALES D CRÉATION CéljèjfW PRESENTENT ET LA COMPAGNIE ET MARIANNE ET SIMON une création de / Estelle Clareton avec / Sylvain Lafortune et Julie Mardi Du 17 au 27 mars 20h MONSIEUR EST UNE CO PRODUCTION DE L'AGORA DE IA DANSE MONSIEUR ET TRIO MÉTAL SONT UNE CO-DIFFUSION DU THÉÂTRE DE OUAT'SOUS ^ KÇTA L.rry une pièce chorégraphique de / Catherine Tardif EN COLLABORATION AVEC LES INTERPRÈTES / Marc Boivln, Éric Bernier inu 24 au 27 mars).Gary Boudreault et Daniel Parent lï^ t*™*5* i„„e satm-ue’ds.sop*"" .cLontl^J^e»^* .genéeCouture, éclarrap jean-François - Ginette Grenier.sa(nedi U m, Au Gesu ________ samedi 13 mars, 20 h 00 dimanche 14 mars, 15 h 00 1200, rue de Blemy, Montréal (Métro Place des Arts) • Réservation : (514) 861-4036 Billets : 29,50$, étudiants et ainés 27$, groupes (to pen.et plus) 25$ Réservations : (514) 861-4036 et (514) 729-5079 fard d’un automne-hiver 1969, Falling Angels démarre comme un documentaire animalier dont les sujets auraient été prélevés au hasard parmi ceux de centaines de vivariums (lire: bungalow) identiques ou semblables.L’échantillon retenu possède ceci de particulier que la vie semble s’y être arrêtée.Mary, la mère, défendue par Miranda Richardson, est dépressive et alcoolique.D’aussi loin que puissent se souvenir ses trois filles adolescentes, elle a toujours passé ses journées et ses nuits sur le canapé du salon.Lou (Katherine Isabelle), Sandy (Kristin Adams) et Norma (Monté Gagné) se relaient à ses côtés, qui pour changer les postes du téléviseur, qui pour ajouter une rasade de whisky dans son café, qui pour lui apporter ses tartines du matin.Ce désordre autour de l’«ani-mal domestique» est compensé par la discipline militaire imposée par le patriarche (excellent Keith Callum Rennie), obsédé par la menace atomique au point de faire construire un abri nucléaire sous la cour.L’abri, dans lequel il a fait passer leurs deux semaines de vacances à ses filles, dix ans plus tôt (épisode revisité en flash-back), constitue la métaphore de l’utérus maternel duquel les trois filles devront s’extraire — et avec elles, les mauvais souvenirs qui paralysent le présent — afin d’aller à la rencontre du monde et de l’avenir.Peu à peu, le point de vue vient se centrer autour du personnage de Lou, cadette de la famille, en révolte ouverte contre son père.Du coup, Smith polarise son monde construit autour de la folie tranquille de la mère.La mise en scène, très habile, fonctionne selon un système de tension et de relâchements, où l’humour jaillit parfois des instants les plus tristes et où la musique rétro, employée avec économie, compense les lacunes d’une direction artistique minimaliste.L’approche des personnages et de l’époque est intelligente, délicate, sans effets de style inutiles, Scott Smith cherchant la vérité des émotions dans les détails et les regards davantage qu’à travers les décors et les dialogues.Avec pour résultat une expérience subtile d’apesanteur, provoquée par une distribution admirable.Devant une Miranda Richardson formidable en ménagère paralysée de l’intérieur, Katherine Isabelle compose une Lou pleine de fougue et de maladresse hormonale, à travers laquelle filtre les émotions complexes, fulgurantes et contradictoires qui nous sont données à vivre au contact de cet étonnant Falling Angels.Hydro Québec Musîca IIP/;.\ ' ' Lundi, 15 mars 2004, 20 h VLADIMIR LANDSMAN, CARMEN PICARD, Mardi, 23 mars 2004, 20 h LE QUATUOR À CORDES DE LEIPZIG PRO MUSICA Renseignements : (514) 8450532 Site web (www.promusica.qc.ca) 5S ^ Theatre Maisonneuve Place des Arts Billets en vente au 514 842 2112 et au www.pda.qc.ca 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 K É V R I E R 2004 E 7 \ 111\J111U Richard Jutras, l’homme caméléon ¦ Martin Bilodeau n prenant place dans son salon, lundi dernier, je me sentais comme Claude Fortin pénétrant dans l'intimité de Serge Laprade dans 100 % Bio.Comme Laprade, Richard Jutras est un vrai personnage, porteur d’une histoire que je m’en venais chercher avec mes gros sabots — que j’ai laissés dans le vestibule, heureusement Car Richard Jutras (qu’il ne faut pas confondre avec le cinéaste de Hit and Run) a vu pleuvoir.Moins longtemps que Laprade, cela dit quoiqu’à 42 ans, Û compte déjà 28 ans de métier (!).On connaît son visage pour l’avoir vu mille fois à la télévision, dans de nombreuses séries télé (Ornertà, Le Dernier Chapitre), et reconnu traversant l’écran, à vitesse variable, dans une panoplie de productions américain.es tournées à Montréal C’est en voyant son nom aux génériques de Secret Window (à l’affiche) et de Taking Lives (en salle le 19) que l’idée m’est venue d’aller à la rencontre de ce caméléon mieux connu des-agents de casting américains que des médias québécois.Son salon confortable est un musée de sa petite histoire professionnelle.Parmi les nombreuses photos encadrées qui hérissent les meubles vernis, Jutras attire mon attention sur celle où il pose avec une Anjelina Jolie resplendissante: «Elle dégage quelque chose de magique», dit-il en se remémorant avec émotion le tournage de Taking Lives, l’été dernier, pendant lequel il a partagé une heure de lunch avec la belle Lara Croft et son bébé.Richard Jutras (les Anglais prononcent writcherd djoutraw) a beau être de toutes les aventures (il sera la vedette du prochain Conte pour tous.Un été avec les fantômes) , être reconnu du milieu de la comédie musicale 01 était La Tremouille dans Jeanne la Puçelle) et apprécié des cinéastes d’ici (Denys Arcand, Emile Gau-dreault, Yves Simoneau, Pierre Gang ont déjà fait appel à lui), son étoile brille à l’abri des regards médiatiques des deux solitudes.Et pour cause: ses rôles sont le plus souvent modestes et ses efforts d’autopromotion s’orientent avant tout vers ceux qui lui donnent du travail.Les tournages américains, qui se succèdent chez nous depuis le début des années 90, lui ont procuré une niche confortable: «Comme on dit, je suis devenu un gros poisson dans un petit étang», lâche-t-il pour expliquer sa présence aux génériques de films aussi diversifiés que Mrs.Parker and the Vicious Circle (d’Alan Rudolph), Where the Money Is (de Ridley Scott) et le mégasuccès The Whole Nine Yards, où il partageait l’écran avec Bruce Willis et Matthew Perry: «J’apparais dix minutes dans ce film, mais vous n’avez pas idée de la bizness que ça m'a apporté.» Malgré son patronyme, ce «p’tit cul de Verdun», benjamin de quatre enfants issus d’une mère franco-irlandaise, parle anglais avec «l’accent standard américain», qu’ü a savamment entretenu dès l’adolescence.En revanche, son accent français se trouve teinté de résonances anglo-saxonnes, et il a souvent re- Maintenant qu’Hoüywood est venu jusqu’à lui, qu’il fait partie de la famille élargie, Richard Jutras n’éprouve cours à l’anglais pour expliquer ce qu’aucun francophone ne lui a jamais demandé.Richard Jutras a choisi de vivre son rêve américain à l’échelle d’une île, une ville.En 1977, alors que tout le monde s’en allait à Toronto, lui a choisi de rester •Ma vie était ici.» Et maintenant.qu’Hollywood est venu jusqu’à lui, qu’il fait partie de la famille élargie, il n’éprouve aucune envie de s’exiler sur la côte ouest américaine.Et la présumée menace de voir se refermer la vanne des tournages étrangers ne l'effraie guère, lui qui faisait partie, il y a vingt ans de cela, de la distribution de L'Hôtel New Hampshire.«Je fais ce métier depuis que fai 14 ans.J’ai travaillé avant qu 'il y ait des tournages américains ici et je travaillerai après.» Et vogue le navire, donc, pour ce gars rompu à l’exercice du chauffeur le cueillant à sa porte pour l’amener sur le plateau où l’attend une loge, parfois même une roulotte.«Mais je ne passe pas tout mon temps là-dedans», précise celui qui, entre deux prises, préfère al 1er bavarder avec les membres de l'équipe, sans égard à la position hiérarchique de chacua L’expérience lui a appris à ne pas rester dans son coin.Ainsi, lorsqu’à 17 ans il décroche un rôle muet dans le téléfilm The Wordsmith, il s’empresse d’aller se présenter à Saul Rubinek, qui tient le rôle principal de cette production réalisée par.Claude Jutra.Aussitôt, Rubinek rassemble les deux hommes en déclarant «Vous devez être parents.» Sensible à la coïncidence, et en reconnaissance d’une parenté possible mais lointaine, le réalisateur de Mon oncle Antoine offre à Richard Jutras quelques répliques.Sa voix trouvée, sa voie était tracée.aucune envie de s’exiler sur la côte ouest américaine Ceux qui ont aimé la série radiophonique que la Chaîne culturelle de Radio-Canada consacrait récemment à la carrière de Denys Arcand savent sans doute que l'auteur de cette série, Réal Larochel-le, est à mettre la touche finale à la biographie qu’il a consacrée au réalisateur oscarisé des Invasions barbares.Un coup de fil passé cette semaine à Pierre Fil-lion, conseiller éditorial chez Leméac et directeur littéraire de cet ouvrage, m’apprenait que la parution de cette biographie est prévue pour septembre ou octobre.«On ajoute une ligne chaque semaine», lâche-t-il à la blague, précisant que l’ouvrage portera sur là pensée, l’écriture et l’univers d’Arcand, univers très proche, selon Pierre Fillion, de la littérature.A suivre.?Il faut des fous pour changer le monde et Simon Goulet est en bonne position pour y parvenir.Non seulement a-t-il passé onze ans à «garrocher» de la peinture dans les airs afin de créer sa cinépeinture Oïo, mais voilà que ce doux dingue a loué pour une semaine la salle 2 du cinéma Quartier latin.Jusqu’à jeudi soir prochain, on peut passer y voir son œuvre magistrale de neuf minutes, projetée tous les quarts d’heure, entre 12h et 23h.Qui plus est, l’entrée est libre, sinon pour une petite contribution volontaire que je vous encourage à fournir, sinon avant la projection, du moins après.Au-delà du splash de génie, cette diffusion inusitée d’Oib fait l’effet d’une invitation à passer sous la tente pour aller voir l’invention magique des frères Lumière.Fallait être un peu barjo pour penser à ça.Longue vie à Simon Goulet et à Oïo.Vous pouvez entendre Martin Bilodeau trois fois par semaine dans le cadre du magazine quotidien Aux arts, etc.(midi dix) de la Chaîne culturelle de Radio-Canada, animé par Johanne Despins.Yannick Nézet-Séguin, chef Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin j } erotic j Conférence pré-concert gratuite à 18 h 30 cft> Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Billets en vente au 842 ; et ait www.pria.qc.ca Resean Admission 514 790 1 Fl FAQ 11 - 21 MARS 2004 / MONTRÉAL WWW.ARTFIFA.COM Diane Dufresne CHANTE KURT WEILL UOpéra de quat’sous, suite orchestrale Symphonie n° 2 • Mélodies variées » Lundi 15 mars, ^ 19 h 30 Québec ti n 22e Festival International du Filmsur l'Art Événements spéciaux Événement 2 Samedi 13 mars, Cinéma ONF, à 14 h Visages : « Je suis cirque, lyrisme, poésie, horreur, bagarre, jeu » Que voulez-vous de plus?Projection : Wltold Gombrowlcz réalisé par Andrzej Wolskl Suivie d’une table ronde réunissant trois lecteurs passionnés de Gombrowlcz qui témoigneront de leur rapport personnel à cet auteur.Animé par Stéphane Lépine, Studio littéraire de la Place-des-Arts.Invités : Philippe Archambault, Dominique Garand, André Major, Andrzej Wolski.Trente-cinq ans après sa mort, Gombrowicz continue d'exercer sa fascination ; son esprit de jeu, son irrévérence et la souveraineté de sa démarche créatrice interpellent plus que jamais.Événement 3 Samedi 13 mars, Salle Beverley Webster Rolph, Musée d'Art Contemporain à 19 h Hommage à Colin Campbell Colin Campbell - les années 1970 : un corps, une voix Nicole Gingras et Nelson Henricks - tous deux familiers avec l'oeuvre de Colin Campbell- commenteront le travail de ce vidéaste canadien prolifique, décédé en 2002.La discussion est suivie par la projection de cinq de ses vidéos réalisées dans les années 1970.Événement 4 Dimanche 14 mars.Centre Canadien d'Architecture, à 14 h Repères nordiques Projection : Alvar Aalto - A Vision of a Batter World réalisé par Eeva Vuorenpaâ Suivie d'une table ronde qui traitera de l'art, du film et de la dimension Scandinave de la culture.Les clichés véhiculés sur les pays Scandinaves sont nombreux et recouvrent la culture.Dans son ensemble, la culture Scandinave est un agencement de minimalisme, d'expresstonisme et de technique.En font foi une architecture et un design aussi sobre que décontracté.Quant il s'agit de porter à l'écran l'art Scandinave, les balises ne sont plus tout à fait les mêmes.Les cinéastes adaptent leur propre culture à leur vision personnelle.Ils font revivre des artistes méconnus et posent un regard nouveau sur les divers courants artistiques.Événement 5 Mardi 16 mars, Salle Beverley Webster Rolph, Musée d'Art Contemporain, à 19 h Présentation de Robert Wilson Projection : La Mort do Mollira, réalisé par Robert Wilson Suivie d'un exposé sur l'expérience vidéographique et télévisuelle de l'artiste multidisciplinaire.Présentateur : Marcsl Brlsebols, directeur du Musée d'Art Contemporain.Figure de proue du théâtre d'avant-garde américain, Robert Wilson a fait voler en éclats les structures du théâtre et de l’opéra.Il s’est distingué également en art vidéo et télévisuel, disciplines qui seront abordées avec le public.Événement 6 Mercredi 17 mars.Institut Culturel Italien 1200, avenue du Docteur-Penfield, à 15 h Conférence : Le Cinéma et l’étude de l’art en Italie Projection : La Folsine, suivi d'un court extrait du film en compétition, Moderne, réalisé par Michele Truglio Entrée libre Projections en français / Discussions en anglais Information et réservations : (514) 849-3473 Les producteurs de la Rai Educational ont produit une série de documentaires sur l'art dans le but d'éveiller la conscience des Italiens face à la richesse de leur héritage culturel.Par la même occasion, ils ont voulu accroître l'intérêt des étrangers envers l'Italie.La Felslne traduit la voix de grands voyageurs du passé (de Stendhal à Dickens) qui nous mènent à la découverte de Bologne et d’un musée ayant tous deux une âme complexe : cultivée et populaire,aristocratique et plébéienne.Événement 7 Mercredi 17 mars.Salle Beverley Webster Rolph, Musée d'Art Contemporain, à 19 h Poétique de la vidéo conceptuelle Projection : Opus 11 OA, Passage, Cant Noms et Tremblant réalisés par Christoph Brech.Suivie d’une rencontre avec le vidéaste.En anglais avec interprète français.! Les courts-métrages poétiques de Christoph Brech saisissent des moment significatifs.L'artiste fixe ces moments sur pellicule et tente de les rendre mémorables.Bien qu’il y ait toujours du mouvement, il nous convie à une rencontre où faction semble figée.La vidéo conceptuelle de Brech évoque des rites de passage, de commémoration et de critique.Les billets sont en vente à la billetterie de la Place des Arts (842-2112) au coût de 8,50 î.(Événement 6 : gratuit.) Pour information, Festival International du Film sur l'Art au 874-1637 y LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 MARS 2004 LE DEVOIR Les déracinés LEGRAND DÉRANGEMENT DE SAINT-PAULIN DALI BAI RE Réalisation: Jean-Claude La-brecque.Scénario: Robert Tremblay et Jean-Claude Labrecque.Image: Elie Laliberté.Montage: Marc-André Perreault Musique: Martin Fournier et Robert Marcel Lepage.Québec, 2004,51 minutes.Du 12 au 25 mars 2004 au Cinéma Parallèle du Complexe Ex-Centris.ANDRÉ LAVOIE Les esprits nostalgiques de la décennie 1970, et Dieu sait qu’ils sont nombreux, préfèrent oublier qu’il s’agissait d’une époque où les solutions aux problèmes urbains et ruraux étaient tout aussi radicales que les manifestations qui les dénonçaient À la vitesse de l’éclair, on démolissait des quartiers entiers pour Élire place à une autoroute qui restait parfois sur la planche à dessin — ceux qui vivaient près de la rue Notre-Dame dans l’est de Montréal ne sont pas près de l’oublier.— ou on décrétait que des petits villages devaient disparaître de la carte.C’est le destin qui attendait les habitants de Saint-Paulin Dalibaire, un village de la Gaspésie dans la mire des autorités provinciales, l’une des 79 municipalités de la province à fermer boutique; le carnage fut de moins grande envergure, mais ceux qui en ont subi les affres en parlent aujourd’hui avec le même sentiment de trahison.Devant la caméra de Jean-Claude Labrecque, ils se confient en toute simplicité, évoquant des souvenirs qui semblent toujours aussi vifs malgré les années.Son tout premier film de fiction, Les Smattes, Labrecque a choisi de le tourner là-bas, mélangeant personnages fictifs et réalité tragique, filmant ce village en décomposition tout en promettant d’en faire une histoire «à suivre».Dans Le Grand Dérangement de Saint-Paulin Dalibaire, h fiction a cédé sa place à un triste état des lieux, où les citoyens dépossédés et déracinés reviennent témoigner de leur affection profonde pour leur coin de pays et pleurer sur les modestes ruines de leur passé.Juxtaposant les images des Smattes avec celles captées aujourd’hui, on découvre une nature, hostile depuis toujours à l’agriculture fil a même fallu «importer» de la terre pour construire le cimetière de la paroisse.), qui a peu à peu repris ses droits pour faire de Saint-Paulin Dalibaire un paysage anonyme.Après une première discussion à bâtons rompus avec les anciens citoyens où les anecdotes fusent de toutes parts, séquence quelque peu décousue, ils reviennent, chacun à tour de rôle, dévoiler les petits drames qui ont marqué leur départ.La mort d’un parent qui ne s’est jamais remis du déracinement; le confinement à de petits logements sociaux, eux habitués aux maisons imposantes et aux grands espaces; la froideur de la ville et le regard inquisiteur des voisins qui les considéraient pratiquement comme des étrangers furent autant d’obstacles à surmonter, d’humiliations à subir.On dit souvent que le mieux est l’ennemi du bien.Ceux chargés d’appliquer cette politique de délocalisation ont peu à peu pris conscience qu’ils provoquaient une importante fracture sociale, malgré les compensations financières, somme toute modestes, et les intentions louables d’assurer un meilleur avenir aux jeunes générations de ces villages en les rapprochant des écoles et autres services.Deux de ces porteurs de la mauvaise nouvelle posent un regard critique, articulé mais non dépourvu d’émotivité sur les planifications déshumanisantes des technocrates.À l’heure des supposées vertus de la «réingénierie», où des semblants de consultations viennent cautionner des décisions gouvernementales qui tiennent compte de tous les intérêts sauf de ceux des citoyens, Le Grand Dérangement de Saint-Paulin Dalibaire évoque une grossière erreur du passé dont les cicatrices ne se sont toujours pas refermées.Comme quoi ü est faux de croire que le temps arrange bien les choses.Révoltante démonstration MAKE MONEY, SALUT, BONSOIR! Réalisation: Christian M.Fournier et Martin Frigon.Image: Christian M.Fournier.Musique: Mathieu Farhoud.Documentaire.Au Cinéma Parallèle.Avec Le Grand Dérangement de Saint-Paulin Dalibaire de Jean-Claude Labrecque.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Présenté en complément de programme du film de Jean-Claude Labrecque sur les lendemains de la destruction d’un village industriel, Make Money, salut, bonsoir! examine de son côté l’impact de la fermeture de la mine Noranda en 2002 à Murdochville.Le chômage se double d’un cauchemar médical.Non seulement la ville est-elle livrée à son propre marasme lorsque les patrons de la mine plient bagage, mais des hommes dans la force de l’âge se battent contre un mal industriel, la bérylliose, qui les handicape à jamais, pendant que la liste des morts s’allonge.C’est le portrait d’une ville en décomposition qui est brossé ici.À travers le profil de victimes de la bérylliose qui se battent pour un dédommagement, mais aussi celui du maire abandonné par le gouvernement et la compagnie, le climat social insoutenable de Murdochville se dessine en arrière-fond.Les gens se haïssent, s’ennuient, fuient si possible ce drame collectif tissé de détresses individuelles.Le docu- mentaire de Christian M.Fournier et Martin Frigon pose un regard sur une terrible réalité, dont toutes les instances se renvoient la responsabilité et se lavent les mains.Le film est un constat d’incompétence gouvernementale et industrielle qui révolte au plus haut point H nm ck ii u m uj Un écrivain à la fenêtre SECRET WINDOW (V.F.: FENÊTRE SECRÈTE) Réalisation et scénario: David Koepp, d’après une nouvelle de Stephen King.Avec Johnny Depp, John Turturro, Maria Bello, Timothy Hutton, Charles S.Dutton.Image: Fred Murphy.Montage: Jill Savitt Musique: Philip Glass.États-Unis, 2004.ANDRÉ LAVOIE Que l’on daigne comparer Stephen King à une marque de commerce plutôt qu’à un écrivain, même lui n’y trouverait sans doute rien à redire tant ses œuvres nourrissent l’ogre hollywoodien avec une régularité suspecte, générant des profits qui n’ont rien d’imaginaires.Les adaptations de ses romans sont nombreuses, mais celles dignes de mention (Carrie, The Shining, The Shawshank Redemption) sont aussi rares que des fantômes égarés en plein jour ou des vampires s’admirant devant un miroir.Scénariste (Spider-Man, Panic Room, Bad Influence) et cinéaste (Stir of Echoes, The Trigger Effect), David Koepp ne cache pas ses préférences pour les personnages aux pulsions incontrôlables, souvent meurtrières, dictées par un environnement hostile, des phénomènes paranormaux ou la présence encombrante de magouilleurs sanguinaires.Son parcours ne pouvait que le conduire à Stephen King, empruntant à l’une de ses nouvelles le personnage de l’écrivain déséquilibré dans Secret Window, défendu par Johnny Depp.Enroulé dans la robe de chambre de son ex-épouse Amy (Maria Bello), luttant, sans conviction, contre l’envie de fumer et de s'empiffrer de croustilles, suppliant son chien de lui fournir une once d’inspiration, Mort Rainey (Depp) en sait long sur le syndrome de la page blanche.Après avoir surpris Amy dans les bras de Ted (Timothy Hutton), rien ne va plus pour lui, maintenant reclus dans un chalet isolé où il tente péniblement de se remettre à l’écriture.L’arrivée impromptue du mystérieux Shooter Uohn Turturro, arborant un accent délicieusement ridicule du Sud) ne favorisera pas sa concentration.Shooter l’accuse d’avoir plagié une de ses nouvelles, demande réparation, des excuses publiques et, surtout, la fin qu'il avait imaginée et non pas celle rédigée par Rainey.C’est alors que s’engage une véritable bataille rangée digne de Johnny Depp dans Secret Window.SOURCE COLUMBIA PICTURES Fatal Attraction (remplacez toutefois le lapin par un chien.), les deux hommes cherchant à prouver la véritable paternité d’une œuvre en partie inspirée de la relation de Rainey avec son épouse, dont il accepte d’ailleurs fort mal la séparation, et encore moins celui qui l’a remplacé.Après les menaces verbales, les moyens utilisés par Shooter deviennent de plus en plus expéditifs et violents, plongeant Rainey dans un délire paranoïaque, au grand désespoir de son entourage, éliminés les uns après les autres dans des circonstances atroces.Cette enquête désordonnée menée par cet écrivain à l’allure brouillonne, David Koepp s’y colle littéralement, soumettant le récit à ce regard parfois déformé, et toujours en retard d’un carnage ou d’une boucherie sanguinolente.Ne basculant jamais, ou si peu, dans l’esthétique gore, Secret Window tente plutôt d’exposer les tourments d’un auteur affligé de tous les maux (solitude, harcèlement, débâcle amoureuse) et dont le véritable combat est d’abord et avant tout inté-rieur, cherchant à prouver son intégrité tout en voulant reconquérir, en vain, celle qu’il aime.Les admirateurs de King y trouveront aussi des thèmes familiers, dont celui de la figure de l’écrivain martyr, n'ayant d’ailleurs rien à envier à celui de Misery, et de ces lieux bucoliques trop majestueux pour ne pas camoufler une part d’horreur qui ne demande qu’à éclater.Johnny Depp n’est pas seulement la vedette de Secret Window, il est le centre d’une toile où s’accrochent tous les fils de l’intrigue, les autres personnages gravitant autour de lui pour refléter les aspects contradictoires de la personnalité de l’écrivain qu’il incarne.Il le fait d’ailleurs avec son éternelle, et agaçante, propension au cabotinage, plus près du travesti que du flibustier dans The Pirates of the Caribbean, ici ressemblant davantage à un bum de bonne famille qu’à un auteur à succès.Même son portable dernier cri et ses lunettes récupérées d’un film noir des années 50 ne créent pas une illusion parfaite.Ces artifices sont à l’image d’un film qui contient sa part de surprises mais n’échappe pas aux lieux communs du thriller fantastique, même quand celui-ci s’inspire des bonnes vieilles recettes éprouvées de Stephen King.Au FIFA ce week-end ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le Festival des films sur l’art bat son plein dans huit salles de Montréal.Mieux vaut parfois se laisser guider au hasard des thèmes, de ses artistes d’élection.Le Devoir a quand même glané quelques titres.Imagine Imagine de Frederick Baker se pose dans le sillage d’une chanson, celle de l’ex-Beatle John Lennon, qui a composé des mots et une musique devenus mythiques avec sa compagne Yoko Ono.Le message pacifiste, universaliste livré dans Imagine a atteint une portée extraordinaire après l’assassinat de Lennon, mais aussi après les attentats du 11 septembre 2001.Sa résonance est désormais sans fin.Musée au Japon, aéroport à Liverpool, ligne de jouets pour bébés entonnant la mélodie, Imagine survit dans les écoles, aide des désespérés à supporter l’existence.Des témoignages, des documents d’archives font revivre une époque.Lennon est mort Sa chanson survit parmi les bombes et les cris.Samedi, Place des Arts, 21h30 Le documentaire La Casa Mila de Frédéric Compain s’adresse aux admirateurs du grand architecte catalan Antonio Gaudi.D faut déjà connaître l’univers des formes folles qu’il a semées à Barcelone pour apprécier cette incursion dans La Pedrera, un de ses baroques chefs-d’œuvre.En nous entraînant du vestibule fleuri aux arcs des combles jusqu’aux guerriers casqués surplombant la terrasse du toit, le documentariste ouvre une porte sur le génie de cet art organique aux détails fignolés jusqu’au vertige.Dimanche, Centre canadien d’architecture, 19h.LE FILM #1 AL CANADA ! "DEUX FOIS BRAVO! » + + + +'' "POIGNANTE GRANDIOSE!" PASSION" "UN FILM PUISSANT, "UN CHEF-D'OEUVRE TROUBLANT!" CINÉMATOGRAPHIQUE" jfgr U N 1 I L M D t PÇs MEL GIBSON kv K-F/IMS AMFWQUF i** vt*rt u*i fveevcrn* t /MA/VOOX FttMC [T vïkvfau mrcpMr/oMU « Sans doute le film le plus musical jamais réalisé au Québec.Coup de maître.Pour taper du pied et sécher quelques larmes voyez Jack Paradise » Paul Villeneuve II J0URNAI Df MONTRIAl « Dawn Tyler Watson crève littéralement l’écran.Sa voix merveilleuse mais aussi son charisme sont la découverte de ce film » Odile Tremblay U RI VOIR « Gilles Noël excelle à faire revivre le jazz de l’époque.Roy Dupuis y tient l’un de ses meilleurs rôles à l’écran.Jack Paradise réussit son pari: dépayser ceux qui croyaient tout savoir sur Montréal » lti< Perrault LA PRIAS! «.Effroyables Jardins est un film lumineux, léger et inspirant.» «.plein de tendresse.» - Le Journal de Montreal c> «.Effroyables Jardins fait un bien fou.» Juiem finsB twiHv Ümi «11(81! DIM0UII8 «munit IM6I1C1 ¦•.un hymne à la lumière qui ravit les yeux autant qu il enchante l’esprit Le Soleil < Films I ('lus Bccke: 1 t>CiÇp*K»cntcn amL Présentement à l’affiche! HÀLAFICHE! üsrrfi.Çgagga —a» *nx*i»ugo—i r—cMPLoaotow-1 STIIPOWT-VUU 16 ?! laOUCHEHVILLE ?! — I VfBSKXa OWIOlHALt AMOlAlï -[çi FORUMW22"7| [CAVENDISH —I ?— iZj dotai iWHWWWOKE 71 rÔÀTIN«AÜ"71 fjri-ÀDÉÎlkTl « Une beauté.une splendeur » • Jo« U Bl|0t, i ta ra«0 * Radto CMa* ,ggjgggg” LES 400 FILMS PRÉSENTENT Arbres UN FILM DE SOPHIE BRUNEAU ET MARC ANTOINE ROUDIL « DKENTtlS MikltltS ; truoo prtaantamaM è Caffloha à Quétec au oMéma CAOTVR P/55 ION JIM C AV I E Z E L À L'AFFICHE www.1apatslonduchrlat.com J V " / WOUPM —ft niwh mu MÎM* enrvivt aour mafrejaspi .[^sss.’uKLTi nFiafSëüiTi ri^vuuTê’.T] füaasiasGTi EwSssaann rhwSSoiwu ti fm-™aasiT.n niiay.iaffi'Ti i~c«uM:,ir',i FHiibNiîÂuTn m^a£N~7n f.r-HvÂc»m^i riyssasagri KSiïzzstTi fâ3r«M)SÜ4r 7) fwüMJ wcapTI IpiiiSSaawujiTl lMSi»f5î«iiùSr7l nournyin jjf rïr«!*D«LÔ~71 fi^RL-TÎGiêr71 [vÂijjypÎbjd'TI lowiîfvnxiVI ?j** râsssssis-Ti iHSgaaffiaTn raÆS^aa^ra^iaTi iDSsasNiiY^i [«wSicniôTi tâ&ÿSûSKî'Ti [-asaaffT-n KSiSmSITI n™5Bg’«T-i ?QNEMAtk- SEMAINE DU 13 AU 19 MARS 2004 Les NOUVEAUTES et le CINEMA en nésumé, pages ?mu ma ifs mrs PF Monimu 4 6 4‘IIMAINE1 as ONÉPGDCOOÉOM QUARTIER LATIN ?r—1 [oui riegftsgvi r— MÉQA «HEX' QUZ20 —1 iPONT-ViAU 1g ?] La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?714 dans LAGENDA culturel
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