Le devoir, 22 mars 2004, Cahier B
FORMULE 1 Michael Schumacher remporte le Grand Prix de Malaisie Page B 4 FONDS D’INVESTISSEMENT Michel Marcoux ?Deux fonds aux rendements uniques Les fonds qui attirent habituellement mon attention doivent comporter certaines particularités précises: offrir un rendement intéressant par rapport aux indices de référence, bien maîtriser le facteur risque et afficher une constance quant au style de gestion.Ces critères prennent une importance accrue lorsqu'on désire s’aventurer dans des secteurs volatils.Les deux fonds considérés ici, Elliott & Page occasions de croissance et Sprott actions canadiennes, s’intéressent justement à des catégories d’actifs qui ont la réputation de bouger abruptement Le premier est axé sur les petites et moyennes capitalisations tandis que le second affiche un intérêt particulier pour les ressources minières.Quant aux performances, les investisseurs détenant des parts de ces fonds ont jusqu’à maintenant été très bien récompensés pour le risque encouru.En fait, les rendements obtenus surclassent de beaucoup ceux atteints par leur indice de référence, et ce, depuis près de cinq ans.Elliott & Page occasions de croissance D ne s’agit pas de la première fois que je considère ce fonds dont le niveau de capitalisation moyen des titres est seulement de un milliard comparativement à 16,9 milliards pour l’indice S&P/TSX.Géré par Ted Whitehead, le fonds Elliott & Page occasions de croissance répond aux critères de sélection les plus strictes.L’investisseur qui aurait misé sur ce fonds depuis sa création en novembre 1998 aurait obtenu un rendement annualisé de 24 %.De plus, ce produit n’a enregistré aucune année négative.Et, la pire année?2002 avec un rendement de 9,5 %.Le fonds est bien diversifié: l’actif est généralement réparti entre 60 et 80 titres différents et il couvre plusieurs secteurs à la fois.Est-ce en raison de son actif de 103 millions, toujours est-ü qu’il s’agit d’un fonds plutôt méconnu.Et, c’est bien ainsi.Un tel fonds doit demeurer petit la classe d’actif auquel il s’intéresse le commande.Sprott actions canadiennes Rendement annualisé de 42,4 % sur cinq ans, de 36 % sur trois ans et de 26,3 % sur deux ans, et rendements d’au moins 30 % pour chacune des cinq dernières années.Que dire de plus?Malgré ces performances plutôt inhabituelles qui le classent bon premier quant au rendement sur cinq ans, son actif est seulement de 335,3 millions.Un problème: sa distribution est déficiente, du moins au Québec, ce qui pourrait expliquer un tel résultat de vente.Ce fonds existe depuis septembre 1997.La mise de fonds minimum auparavant exigée était de 25 000 $, et elle s’établit maintenant à un niveau beaucoup plus raisonnable: 5000 $.H est géré par Eric Sprott, Anne Spork et Jean-François Tardif Ce dernier est un Québécois diplômé de l’Université de Sherbrooke et un ancien collaborateur chez Cote 100.Les frais de gestion sont établis de la façon suivante: 2,5 % de base et 10 % du rendement excédentaire obtenu par rapport au S&P/TSX.Cette rémunération peut paraître élevée, mais quand les rendements sont aussi soutenus, c’est un moindre mal.Le fonds se concentre particulièrement dans certains secteurs.Actuellement, il est présent à près de 44 % dans le secteur des métaux et minéraux et à environ 20 % dans le pétrole et gaz.La meilleure façon d’en savoir un peu plus sur ce fonds et cette entreprise de gestion est de consulter le site Internet: sprottassetmanagement.com.Notons que la langue de Molière se fait plutôt discrète à cette adresse.Rendement passé Pour les investisseurs désireux de détenir ces deux fonds à l’intérieur d’un portefeuille, sachez que le niveau de corrélation entre eux n’est pas très élevé: ils se complètent bien.Quant à ceux qui veulent opter pour un seul de ces deux fonds, rappelez-vous que le fonds Sprott se démarque par une volatilité plus élevée que le fonds Elliott & Page.Enfin, il est nécessaire d’avoir à l’esprit que le rendement passé n’est pas, hélas, un indicateur très fiable pour les rendements futurs.Toutefois, jusqu'à maintenant l’approche de placement utilisée par ces gestionnaires leur a donné pleinement raison.L’intérêt vient du fait que la surperformance affichée s’est étalée sur un peu plus de cinq ans, une période de temps qui donne davantage de crédibilité que les histoires d’une réussite d’un ou deux ans.questions&a vantages, com L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.DEVOIR LE LUNDI M A R S 2 0 0 I PET?N.MA.( GRAt%r KUALA ' CINÉMA FIFA: Danse, Grozny, danse remporte le grand prix du jury Page B 8 ?LE DEVOIR ECONOMIE Marchés boursiers La rumeur comme moteur de la fébrilité PETER MORGAN REUT1 Une semaine après les attentats de Madrid, qui ont fait 202 morts, il suffit d’une simple alei pour que les courtiers vendent du dollar ou des actions pour se réfugier sur des placemei relativement plus sûrs, comme l’or ou le pétrole.REUTERS ET AGENCE FRANCE-PRESSE La réaction des marchés la semaine dernière après la découverte d’une bonbonne suspecte près de Paris et le passage d’avions militaires dans le ciel de Londres montre à quel point les marchés financiers sont sensibles à la menace terroriste et à la moindre rumeur sur le sujet.Depuis les attentats de Madrid, une inquiétude même infondée peut se propager et enfler en un clin d'œil dans les salles de marché du monde entier.Lorsque trois avions militaires ont survolé Londres mardi dernier pour une simple commémoration militaire, nombre d’opérateurs financiers ont aussitôt pensé à une opération d’urgence de l’armée de l’air.La découverte, deux jours plus tard, d’une bonbonne sur la ligne TGV Paris-Lille-Londres dans la banlieue parisienne a aussitôt fait craindre une nouvelle attaque d’al-Qaïda, visant cette fois l’Euros-tar.Les démineurs dépêchés sur place ont découvert une bonbonne d’oxygène, vide, avec le sigle du mystérieux groupe «AZF».«Il y a un climat de paranoïa, et chacun y va de sa rumeur, qu’il prend soin d’embellir», commente un courtier d’une banque américaine basé à Londres.«Il suffit qu’une rumeur provoque une seule vente-stop [un ordre automatique en cas de baisse trop prononcée] pour que nous ayons un effet de domino, et cela même si la rumeur se révèle n’être que du vent», ajoute-t-il.Sentiment de nervosité Une semaine après les attentats de Madrid, qui ont fait 202 morts, il suffit d’une simple alerte pour que les courtiers vendent du dollar ou des actions pour se réfugier sur des placements relativement plus sûrs, comme l'or ou le pétrole.«Tout le monde s’attend à quelque chose de désagréable.Un véritable sentiment de nervosité gagne l’ensemble des marchés boursiers», constate Gary Parkinson de la société de pronostics financiers Finspreads.«Les investisseurs ne se demandent plus si nous allons être touchés, mais quand.L’ensemble des résultats de sociétés et des statistiques économiques se trouve malheureusement relégué au second plan.» La rumeur peut faire le tour de la planète financière en quelques minutes tant les outils permettant la communication quasi instantanée sont nombreux, téléphone, Internet, agences de presse ou chaînes de télévision.Les nouvelles technologies, et notamment les forums de discussion sur le Web, permettent aussi à des personnes qui ne pouvaient pas le faire jusqu’ici de communiquer désormais à la planète leur analyste de tel ou tel événement, et de participer à leur tour à la rumeur.«Avec le temps, les gens prendront l’habitude de vérifier l’authenticité d’une information», prévoit William Dutton, qui dirige au sein de l’Université d’Oxford l’institut consacré à Internet.«Mais la plupart des organisations ne sont pas encore aptes à répondre immédiatement».Il est rare qu’un courtier ait pour sa part le temps de vérifier une rumeur.«Le marché va bondir dessus et il faut être le premier à bondir, sans se poser de questions», souligne Peter Fontaine, stratège marchés chez KBC à Bruxelles.«La plupart du temps, les premiers éléments qui nous parviennent sont confus: s’agit-il d’un attentat, d’une bombe ou bien cela n’a-t-il rien à voir ?On met tout dans le même sac et on se dit: “C’est quelque chose de terroriste, alors vendons du dollar”.» La découverte de la bonbonne près de Paris a ainsi fait baisser les marchés d’actions européens et le billet vert, mais a profité au cours de l’or.En revanche, la rumeur selon laquelle les forces pakistanaises auraient encerclé le numéro deux d'al-Qaïda, information confirmée ensuite par des responsables pakistanais, a redonné des couleurs aux Bourses mondiales, jeudi soir à Wall Street et vendredi matin en Europe.À qui profite la rumeur?Les fluctuations des cours provoquées par une alerte, que celle-ci soit réelle ou imaginée, ne sont pas perdues pour tous les courtiers.«Beaucoup d’entre nous adorent utiliser les rumeurs pour tenter de faire bouger les cours, à la hausse ou à la baisse, comme cela les arrange», précise un opérateur londonien qui travaille sur le marché du pétrole.D raconte qu’un opérateur est devenu millionnaire après la première guerre du Golfe de 1990-1991.D s’était alors retiré des affaires et n’est revenu travailler que l’an dernier, pendant la nouvelle offensive américaine contre l’Irak.«Vous savez quoi?Il a de nouveau disparu avec un autre million, U roule en Ferrari et il voyage», ajoute-t-il.«Voici ce que j’appelle un courtier de guerre.» La grande volatilité des cours pose en revanche problème à ceux qui travaillent à plus long terme, notamment aux banques centrales et leur politique de taux d’intérêt «Le moral des consommateurs est vital pour les États-Unis et la Grande-Bretagne, et vital pour l’Europe continentale aussi.C’est là que se situe le véritable pouvoir économique du terrorisme», souligne un courtier actions britannique.Après les attentats du 11 septembre 2001, les banques centrales du monde entier avaient été contraintes de réduire leurs taux directeurs pour soutenir l’activité économique, et selon ce cour tier, elles pourraient devoir s’y résoudre de nouveau si une autre menace majeure venait à ébranler la confiance.Malgré cette fragilité et cette récente correction, alimentée par les inquiétudes économiques et géopo- litiques, la Bourse américaine a encore de beaux jours devant elle après la spectaculaire progression enregistrée depuis un an, s’accordent à prévoir les analystes.À leurs sommets plus tôt cette année, le Dow Jones, le S&P 500 et le composé du Nasdaq étaient respectivement en hausse de 43 %, 40 % et de 69 % depuis le 12 mars 2003, une semaine avant le déclenchement de la guerre en Irak.«Nous avons eu un mouvement spectaculaire au cours des douze derniers mois.Nous sommes maintenant dans un processus de correction et une fins qu’il sera terminé, nous allons avoir un nouveau mouvement de hausse qui va durer entre dix et douze mois», prévoit Ralph Acampora, analyste technique chez Prudential Financial.Pour Byron Wien, stratège de Morgan Stanley, «la correction actuelle du marché boursier était inévitable et n'est probablement pas terminée».Mais «en dépit de la correction, nous ne changeons aucune de nos prévisions et je réitère notre objectif pour 2004 pour le S&P 500 de 1300 points», écrit-il dans une note aux clients de la maison de courtage.«Quand elle [la correction] sera finie, je m’attends à ce qu’elle ait été supérieure à 5 %, mais inférieure à 10 %» pour l’indice Standard and Poor’s 500, qui est présentement à 1120 points, a estimé M.Wien.L’emploi à la traîne •L'emploi, qui reste à la traîne du reste de l’expansion économique, q donné au marché une excuse pour battre en retraite.A cela s’ajoute maintenant le facteur du terrorisme», a expliqué Peter Cardillo, stratège de la maison de courtage SW Bach.«C'est un facteur très, très négatif car on ne sait pas quelles conséquences cela va avoir au niveau national et à l’étranger sur l’économie», a souligné M.Cardillo.Les craintes de terrorisme ont été attisées par les attentats à Madrid, qui ont fait 201 morts et des centaines de blessés.L’enquête privilégie actuellement la piste d’activistes islamistes.La victoire-surprise du parti socialiste en Espagne, dont le secrétaire général José Inis Zapatero a promis de retirer d’Irak les troupes espagnoles, «a ajouté également un sentiment de négativité, car cela nous rend nerveux vis-à-vis de nos propres élections» en novembre, a également signalé Peter Cardillo.Byron Wien, de Goldman Sachs, se veut toutefois rassurant: «Je ne veux pas diminuer la signification des attaques terroristes à Madrid, mais il est important de se rappeler la résistance montrée par le marché américain en 2001 après les attaques contre le World Trade Center, quand il lui a fallu seulement deux mois pour revenir aux niveaux d’avant le 11 septembre», a-t-il souligné.Pour Peter Cardillo, «s’il ne se passe rien [de nouveau],/« soupçonne que nous sommes assez proches de la fin de la tendance négative», qui devrait comcider avec la publication des résultats des entreprises pour le 1" trimestre courant avril.Mais «toute nouvelle négative à propos du terrorisme annulerait [celles sur] les résultats et la bonne économie», a-t-il prévenu.«Le marché haussier se porte bien», a conclu Ralph Acampora.La rumeur peut faire le tour de la planète financière en quelques minutes I LE DEVOIR.LE LUNDI 22 MARS 2004 B 2 LES FONDS COMMUNS DE PLACEMENT Ces données, fournies par Fundata Canada inc., présentent le rendement des fonds communs de placement pour la semaine se terminant jeudi (sauf pour les rendements sur un mois (1 m%) et un an (1 an%), calculés à la fin du mots dernier).La valeur de chaque unité, i.e.la valeur de l'actif net par action (VANPA), est exprimée en dollars canadiens à moins d'indication contraire.Les données ne doivent servir qu'à titre d'information; une confirmation du prix devrait être obtenue auprès des gestionnaires du fonds ou d'un vendeur autonsé Var.% et Var.t indiquent les variations en pourcentage et en prix depuis une semaine lifl 3 M :S- STB* «™'>| W m Fonds d’investissement 10.00 mch mch NA ü m 3 i m 12,50 • *24.1 21,00 -1.01 -.3570 NA M j m : a s n mch inch *5,8 on rev can nch NA sL aq, uar sciions i s* '.V ,1 n cf pf pci i -m æ *.17 *,0400 56 -,1400 11,37 *,44 +,0500 +17,4 +2,17 +5700 *39 3 12,52 +,81 +,1000 +27,9 67 -.1400 NA :iS :m ® 1 m 1256 +,08 *,0100 NA 11,63 +152 *,1400 *18,2 ?,12 *,0125 ontr a le 7,76 -,51 -,0400 *17,3 1355 13 80 -3.70 -,5310 10 46 inch inch NA 21.53 -.15 -.0314 *28.7 +1 n : 6,61 -.59 10,91 +.31 +.0334 mch inch NA 5,64 inch inch +20.7 14,97 +.13 +.0200 NA 4,10 *.Q1 roissance max ort cr iponlS on ciQiss Uï en vies men men M :S3 Actions a -.11 -.0109 *14.7 mondiales jnC'.' .jl' Mus fa», ut eer inch 04 inch +1,8 ?1.6 03 +2,4 03 +1.7 +.04 +1.5 +.01 +1.6 35 +1.9 05 +2,0 +.01 +.2 12 +2.0 12 +4.5 01 +5 04 +3.8 inch +2,0  1:1 J 1:1 inch 1.64 -2.40 20.41 -.97 ,2000 +24,5 286,54 - +29.1 ?9.94 -.23 -.0700 +27.0 inch 14,04 150 -2,27 1.15 -2,56 ?4.50 1.11 +.92 1.00 -25.93 1,34 -3,62 14 +7,69 1,37 -8,11 1.91 -5,97 26,00 -.31 -.0800 «18,7 1.65 -2,38 1,51 inch +.05 +.0100 +1.4 184.12 - +9.0 4.12 4,20 +69.55 +1.69 iincom 1,58 1,59 1,59 1 2,45 2.48 1.73 1.74 inch 1,48 1.49 +2.00 1.32 1.33 ri erme 1,78 1.80 1,66 1,67 1,30 1,31 an»™ $U .27 -.0460 +34.2 •¦'ï 1 ES 330 SPORTDESIGN i Ofi* "dabk n^ksiexiMLSjJO 2004 nnmmioutamfÀM lard k 31 mon 3004 IrnmatmJahon.émgéTrmmL aminrxr agit ai momrr* & la krvmn Coût lotai dt la hcabon dt 3$ 614.39 S et fin de l ephar J’aet&dr 19 272 S nr ur m la kaa ifpUuMu m « Le locobon cnmprend la fnm àt fran^w* rt wnégéoookm DtsfvadrO.15 S (O.IOS arma mdrl 5J5 S Lefrmtirtiun+et « dr frtfnrahir] m rripa rornfm tkn k PD S.F La locakor m batr n* imr iocahur baldr 4A mon ft un tourrir ioœhor dr 4.9 % Imodèlr BAyoGP E) Acompte de P D.S.F.de 43 800.00 i.crmwumnmn Laus patrcpam pour fha rk dttadt le conamonrare peut louer d pea rmnnkr I LE DEVOIR, LE LUNDI 22 MARS 20 0 4 ETHIQUE ET RELIGIONS Scandales au Canada Est-ce la fin de la machine à distribuer faveurs et subventions ?ans les pays démocratiques comme sous les dictatures, une règle établie depuis longtemps veut que l’opposition accuse le pouvoir de corruption, et que celui-ci, parlant plutôt d’actes «isolés», s’engage à y mettre bon ordre.Quel n'aura donc pas été l’étonnement des capitales étrangères de voir le chef du gouvernement canadien annoncer un changement radical, pour ne pas dire un nettoyage total, dans la gestion des affaires publiques à Ottawa.Ni Parti conservateur, ni Bloc, ni NPD n’avaient donné à l’administration libérale des coups de boutoir comparables à ceux que Paul Martin, devenu premier ministre, porte aux pratiques de son prédécesseur et de son propre parti.On savait que des banques canadiennes avaient trempé dans des arnaques aux Etats-Unis.Mais quelle gangrène est si répandue dans l’administration publique que le cabinet doive en entreprendre d’urgence l’amputation?L’affaire est sans précédent.Aussi Wesley Cragg, professeur d’éthique des affaires à l’Université York et porte-parole canadien de Transparency International — l’organisme qui dresse un palmarès annuel des pays les plus corrompus —, s’attend-il à voir le Canada, qui a perdu quelques points l’an passé, dégringoler un peu plus l’an prochain.Si les scandales, en effet, ne touchent pas le seul gouvernement central, ils y sont toutefois très choquants et fort spectaculaires.Tant que les cas d’abus mis au jour par des journalistes ou des vérificateurs internes ont été des exemples de gaspillage, de mauvaise gestion ou de régalade électorale, la population n’a pas semblé trop réagir.Tous les partis n’ont-ils pas à leur bilan des «horreurs» semblables?La coupe a toutefois débordé quand le pays, acculé à la pénurie dans les services publics, a découvert un système d’enrichissement de toute une classe de parasites.Jean-Claude Leclerc La liste des abus recensés n’est pas complète, mais elle promet d’être explosive, à voir le zèle avec lequel les stratèges de Paul Martin s’emploient à le séparer de son propre parti et de l’ère de Jean Chrétien, l'ancien chef dont les amis et protégés ont commencé de tomber.Le nouveau premier ministre a beau plaider l’ignorance, le discours qu’il tient maintenant confirme l’ampleur du malaise et la gravité du favoritisme érigé en système par ce gouvernement Dans ce virage, d’aucuns ne verront qu’une autre manifestation de cynisme chez les libéraux, prêts à renier leur chef d’hier et ses agissements pour se maintenir au pouvoir.Voyons-y plutôt diront d’autres, la fin d’une époque.En tout cas, un constat semble s’imposer à la classe politique: un État moderne ne peut être dirigé comme * une république de banane.Il y a toute une différence, en effet entre un ministère qui commet des bévues, et une clique qui érige la magouille en pratique d’État Paul Martin ne se limitera pas, faut-il croire, à réformer le Parti libéral, cette antichambre des emplois et des contrats dans l’administration fédérale.C’est la manière 4e fonctionner d’Ottawa qu’il promet de changer.A vrai dire, pareille réforme éthique vaut pour l’ensemble des administrations publiques au pays.Aucun gouvernement ne peut plus être une machine à distribuer des faveurs et des subventions, surtout quand il prétend manquer de fonds pour les services publics élémentaires.Laxisme de la justice Au milieu de cette crise, le professeur Cragg voit quelque raison d’être optimiste dans la solidité foncière des institutions au Canada.D’autres observateurs sont plus circonspects.Si la vérificatrice générale, Sheila Fraser, est devenue si populaire, n’est-ce pas aussi que rares furent les hauts fonction- naires et les responsables d’organismes publics à désavouer des pratiques qui, pour n’être pas flagrantes, ne leur étaient pas toujours inconnues?Pire: l’arbitraire régnant au sommet, notent certains, n’a peut-être pas été sans effet sur l’intégrité des institutions et leur efficacité.Plusieurs s’expliquent mal, par exemple, que la Gendarmerie royale ait recherché jusqu’en Suisse les comptes bancaires inexistants d’un ancien chef conservateur, mais n’ait rien trouvé de louche à Shawinigan, le fief d’un ancien chef libéral.De même, de vrais abus ont proliféré à Ottawa sans que la GRC n’en trouve les auteurs, alors qu’elle traquait impitoyablement un ex-dirigeant de La Banque fédérale de développement, François Beaudoin, coupable de saine gestion.Ce laxisme du côté de la justice n’est pas exceptionnel, ni réservé aux institutions fédérales.Le public même le plus désabusé s’est fort étonné, par exemple, que l’affaire Cinar, non seulement ait pu se produire, mais n’ait donné Ueu à aucune sanction digne de ce nom.Y compris au Québec, où cette affaire a traîné, la surveillance provinciale des mœurs financières ne pèche ni par sa vigilance ni par sa fermeté.La GRC, il est vrai, a fait enquête à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, et elle a récemment porté des accusations contre plusieurs personnes.Les tribunaux jugeront à son mérite cette affaire de présumée corruption.Depuis longtemps toit tefois un pire mal grugeait cet organisme quasi judiciaire.Bien qui ait droit de vie et de mort sur les réfugiés, ses membres n’étaient pas tous compétents en droit d’asile ni versés dans les crises à l’étranger.Or, loin d’en finir avec les nominations partisanes du précédent gouvernement, le cabinet Chrétien a continué dans la même ornière.11 saute aux yeux qu’aucun commissaire à l’éthique, si indépendant soit-il, aucun code de conduite non plus ne saurait, à lui seul, enrayer des pratiques comme celles qui font aujourd'hui la honte de la classe po- litique.La sélection des personnes qui détiennent des mandats publics compte autant sinon plus que les politiques qu’elles sont chargées d’appliquer.Certes, la population n’a qu’elle-même à blâmer si elle élit des gens parfois ineptes.Mais pourquoi les citoyens au-rafent-ils à subir l'arrogance d’un président de société d’Etat ou l’incompétence d’un commissaire qu’ils n’ont aucunement pu choisir?Désormais, promettent tant les libéraux que l'opposition, les candidatures à la tête des organismes fédéraux seront examinées par le Parlement Cet examen est de nature à décourager les personnes qui n’auraient de mérite que partisan.On peut penser également qu’un premier ministre n’osera soumettre l’un de ses amis ou de ses fidèles à une épreuve semblable.Mais ce mécanisme n’est pas pour autant à l’abri de mauvais choix.Un parti qui dominerait les Communes à la suite d’un balayage électoral aurait le loisir d’en dominer aussi les comités parlementaires.Au demeurant, même l’opposition peut négocier des nominations récompensant ses propres fidèles.Néanmoins, un tel examen permet au public d’exercer d’ordinaire un sain regard critique, pour peu que les médias ne soient p>as plongés eux-mêmes dans l’auge gouvernementale.Entre-temps, ces scandales politiques auront dégonflé quelque peu les prétentions d’Ottawa à donner des leçons de bonne gouvernance, de respect des lois et de comportement démocratique aux petits pays qui se débattent avec la corruption, l’arbitraire et le favoritisme.Le Canada, il est vrai, a écarté la violence de ses mœurs politiques.Le premier ministre Jean Chrétien aura même entrepris d’assainir le financement des partis.Mais pour l’intégrité et la transparence, voire la compétence, il faudra, semble-t-il, repasser l’examen.redaction(&le devoir, com Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l’Université de Montréal.Destinations ÀLA BOUCHE WIAIS* Hrim RESTAURANT CHAI rAUX• 2£ 09-^ Lorsque vous séjournez à L'Eau à la Bouche pour un séjour de deux nulls consécutives dont une nuit avec, repas (souper et petit déjeuner) au tarif régulier, nous vous offrons l'hébergement de la 3e nuit gratuitement.www.leaualabouc he.com Salon disponibilités Valide jusqu'à la lin de I année 2004 Non transféiable et non négociable Sle-Adèle 450.229.2991 Pour annoncer 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réalisé par la nature, semblable à tous les êtres vivants, mais qui a le pouvoir de se métamorphoser en une personne consciente, à condition d’être tiré hors de lui-même, d’être éduqué».Le penser, c’est donc à la fois penser des faits de nature et des faits de culture sans jamais l’enfermer ni dans les uns ni dans les autres.Ainsi, être lucide, pour Albert Jacquard, cela veut dire faire l’éloge de l’éducation puisqu’il «s’agit de nous construire nous-mêmes en faisant suivre notre naissance, aboutissement d’un processus aléatoire et subi, d’une conaissance voulue et orientée par chacun»', cela veut dire, aussi, intégrer l’interrogation morale à nos réflexions scientifiques pour bien comprendre les «changements de notre regard sur nous-mêmes et sur notre place dans le cosmos» entraînés par la science moderne; cela veut dire, enfin, refuser le désespoir «parce que le regard que Ton peut porter avec lucidité sur l’être humain justifie tous les espoirs et donne leur sens à toutes les luttes».Qu’il traite de science ou d’économie, en ayant recours à de multiples métaphores et allégories dans un noble souci pédagogique, de guerre et de paix, d’éducation ou de la finitude de notre Terre, Jacquard ne perd jamais de vue l’essentiel, c’est-à-dire la lucidité et l’espoir, et stimule notre réflexion.Sa généreuse vision du monde lui permet souvent, d’ailleurs, d’ébranler certaines idées reçues qui empoisonnent le débat comme, par exemple, la tentation de la hiérarchisation scolaire ou encore la définition de la liberté: «Ta liberté s’arrête là où commence celle des autres» est une erreur.En réalité, puisque pour être libre, il faut être au moins deux, nous devrions affirmer: «Ta liberté commence avec celle des autres.Ce ne peut être qu’en participant à la liberté des autres que je construis la mienne.La liberté est donc un bien commun que tous devraient participera enrichir.» Jacquard, bien sûr, n’est pas sans défaut.Son entêtement à vouloir en finir avec l’hypothèse Dieu au nom de la science, une dérive qu’évite un Hubert Reeves par exemple, irrite et son rythme de publication le condamne à la redondance.Il reste, malgré ces travers, un penseur médiatique honnête qu’il fait bon fréquenter.louiscomellier@patroinfo.net TENTATIVES DE LUCIDITÉ Albert Jacquard Stock/France Culture Paris, 2004,252 pages A LA TELEVISION Vit:_ MP MX VRAK.TV TT F RDS HIS 1 O H IA ARTV SERIES -*¦ i: AN Al / ~C SAVOIR I VAS I II N TFO cïbc: C T V (IVIont ) Il M AV O DISCOVrRY~ HISTORY NEWSWORLD "SHOWCASE LEARNING LIFE TSN YTV CANAUX TTifTuWBHnl Aujourd'hui (17:00) L'union fait la force Virginie Rumeurs L'Auberge du chien noir SMASH (3/5) Le Télôjou rnal/Le | Cinéma / BAGARRE A LA UNE (5) | Point [avec Julia Roberts, Nick Nolte Le TVA 18 heures Macaroni tout garni Ultimatum Max Inc.Star Académie Annie et ses hommes Facteur de risques Le TVA Merci bonsoir/ [ M.Jasmin Michel Barrette | (23:17) Pub (00:02) Ramdam 1045.Parlementaires Diabolo menthe Points chauds / États-Unis L'oeil ouvert / Sables émouvants Gros Plan Le Vrai sur.Monde Diabolo Cultivé et menthe bien élevé Cinéma Le Journal (16:30) Flash Rire et Délire .monsieur Ripley Cinéma / COUPABLE PAR AMOUR (5) avec Mercedes Ruehl, Alberta Watson Le Grand Journal 1100/o Voyeur Pub Jrnl RDI .Actions Le Monde La Part.Guerre selon l'Amérique j Le Tôlôjournal/Le Point La Part.| Le Monde Le Journal RDI Téléjournal On a tout essayé (18:05) Jrnl FR2 Vie privée, vie./ La rencontre qui a transformé.[D’Ici et.J Journal (Actuel Hep! Taxi.Sans détour / Stupidité Maigrir I .Nicolas Biographies / B.Siegel I Chasseur de crocodiles Les Ultimes NYPD Blue Bushido / Kalaripayattu Cinéma [Décore ta.I I Môtamor.Diagnostic: inconnu Jeux de société Décore ta.Môtamor.cigogne Miracles .un flirt Top5 anglo |Top franco [Infoplus M Net Décompte | Vidéo Clips Crampe.Banzai Karaocllp .attaquent Vidéo Clips iTT.falt courir la ville?Salut les amoureux! Musicographie Génération 80 .Élégance Benezra Musicographie Salut.nÉdgemont .justiciers [Grenade I Deg rassi.Gilmore Girls Vice Versa .galaxie Moi Willy.Sacré Andy [Yakklty Yak Ratz Porcltô iFreddes.Simpson Henri pis.South Park | La Clique | Simpson ] Déchique.Moumoutte Sports 30 Sports 30 .la LNH Boxe / Shane Mosley - Wlnky Wright Sports 30 Combats ultimes TKO | Boxe Les deux font la loi Trouvailles./ Caraquet Made In Québec JAG | Cinéma / LE CONQUÉRANT (5) avec John Wayne | Face.Bibliotheca | Jardins Brigade des mers L’Héritage Albertine en cinq tern ps Palettes |.de vues Viens voir les comédiens Ally McBeal Médicopter Balko Témoins silencieux Six pieds sous terre Sexe à New York Da Vinci Au-delà du réel .Nerdz | .c’est fait Farscape Frontières Cour à "Scrap” La Porte des étoiles Dead Zone Centre de formation.Stratégie et dynamique.Entre l’arbre et l'école L’Univers de la Bible C’est mathématique .des psychotropes Capharn.Saveurs.| Entrada Évasion.| Bain de soleil [Alaska VR j .de neige |Casse-cou Gris | Évasion.Documentaires euro.Saveurs.A.Malabul Volt Panorama [Vie sans frontières | Cinéma / ATLANTIS (3) Documentaire Panorama Volt [Canada Now This Hour .Air Farce R.Mercer | Newsroom I This is Wonderland The National [Figure Skating: World Championships | News Access H.eTalk Daily 8 Simple.Degrassi The O.C.CSI: Miami CTV News | News Daily News .National Train 48 ET.| Fear Factor That ‘70 Show Average Joe: Adam.[News [Sports | Mike (00:06) 1 .(18:10) CG Kids History’s Courtroom ; Studio 2 Inspector Morse Lost Battlefields .(23:10) Studio 2 (23:40) Simpsons ABC News Will & Grace [Cinéma / NTSB: THE CRASH OF FLIGHT 323 20/20 Special Edition Frasier .(23:35) | Pub News [CBS News ET.Yes.Dear ( .Standing Raymond |.Half Men CSI: Miami News Late Show (23:35) [News I NBC News Jeopardy Wheel of.Fear Factor Las Vegas Average Joe: Adam.The Tonight Show (23:35) Seinfeld That '70s Show Seinfeld Bernie Mac |Cracklng.That ‘70 Show 7th Heaven Everwood [3rd Rock.The News! I BBC News Tour [ BBC News Profile Antiques Roadshow / Cleveland Ohio American Experience Great Campaign of *60 Business.Charlie Ro se I Business.The Newshour Journey to Sacagawea Snowtrails TV BBC News [News eTalk Daily [Jeopardy 8 Simple.[Degrassi The O.C.CSI: Miami CTV News News Dally [City Confidential American Justice Biography / C.Sheen Secret.a Serial Killer Airline House of Dreams Biography Videos I Road to Avonlea Ohm Grease Mania | Magic of the Dance Law & Order NYPD Blue Mow’d they do that?Dally Planet Monster House Monster Garage Frontiers of Construction Dally Planet .do that [T.Journeys of Earth JAG Public Enemy Number 1 Inside the FBI Turning Points of History JAG .Earth BBC News j CBC News CBC News: Canada Now Sports Jrnl [Fashion.The National The Passionate Eye Sports Jrnl | Fashion.National This Hour [Made in.Poltergeist Cold Squad Crow the Stairway.Queer as Folk Cinéma / CHUCK AND BUC K (4) (23 05) Clean Swe op In a Fix Trauma / Family Forces Residents / Code Blue Maternity Ward Trauma / Family Forces Residents Zoo Diaries Dogs.Jobs Real Renos I Opening.Extra [Matchm.Surgeons [Campus.English.|The Call Opening.[Matchm.Extra Off.Record Sportscent.Hockey Boxing / S.Mosley - W.Wright WWE Raw Sportscentre WWE Raw Spongebob Justice.Teen Titans Vvon of.^ Dragon Ball [ Dragon Ball Radio.I.Block [Ready.J Big Wolf Addams.1.Children .(00:05) Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable NOS CHOIX CE SOIR Paul Cauchon LA REVANCHE DES NERDZ Une émission spéciale sur le «LAN party* tenu cette fin de semaine à Montréal, cette grande fête des maniaques de jeux sur ordinateur.Z.19h ALBERTINE EN CINQ TEMPS Le chef-d'œuvre de Michel Tremblay adapté en téléthéâtre en 2001 par André Mélançon.Artv, 20h POINTS CHAUDS Le magazine décortique le rôle des États-Unis dans monde et sa présence militaire dans 130 pays! Télé-Québec, 20h SMASH La comédie écrite par Daniel Lemire se poursuit avec, ce soir, l’histoire du personnage interprété par Jean T’italien Radio-Canada, 21 h VIENS VOIR LES COMÉDIENS Denise Filiatrault est l’invitée de René Homier-Roy, ce qui ne devrait pas être triste (reprise de samedi).Artv, 23h Ce soir 20 h Etats-Unis : les soldats de l’empire.Points chauds 500 000 militaires américains dans 130 pays.Quels intérêts, quelles politiques défendent-ils ?19h 21 h 1045, rue des Parlementaires Sables émouvants Les artistes sont descendus dans la rue La saga humaine délié de Sable, craignant des compressions budgétaires.au large de la Nouvelle-Écosse.waitsaiWHOTomTOon were uvw Télé-Québec telequebec.tv Ça change de la télé i LE DEVOIR, LE LUNDI 22 M A R S 2 O O 4 B 7 LE DEVOIR CONVERGENCE MÉDIAS y h I Paul Cauchon ?Les médias de l’oncle Sam En décembre dernier, le président américain George W.Bush déclarait en entrevue au réseau ABC que plutôt que de lire les journaux, il préférait prendre ses nouvelles auprès des personnes en qui «il a confiance».Le commentaire du plus haut dirigeant américain traduit la méfiance grandissante des américains envers leurs médias.C’est cette méfiance, et une foule d’autres choses, qu’a voulu mesurer le Project for Excellence in Journalism (PEJ), un organisme affilié à la prestigieuse Ecole de journalisme de rUniversité Columbia, qui a diffusé la semaine dernière The State of News Media 2004, une étude d’une ampleur sans précédent, qu'on veut mettre à jour tous les ans.On ose à peine rêver qu’une telle étude soit menée au Canada.Pour se convaincre de son ampleur il faut consulter les dizaines et les dizaines de pages de tableaux, de graphiques et de statistiques disponibles depuis la semaine dernière sur le site Internet de l’organisme, portant sur le tirage des journaux, l’écoute de la télévision et de la radio, la propriété des médias ou encore les perceptions de la population.Profonde transformation Selon les auteurs de l’étude, les médias américains sont en profonde transformation, et ils sont actuellement sous les feux de deux grandes forces qui s’opposent, soit la fragmentation et la convergence.Ainsi, les Américains ont maintenant accès à un plus grand nombre de sources différentes d’information, mais ces sources appartiennent à un plus petit nombre de grosses entreprises.Les informations de qualité sont accessibles comme elles ne l’ont jamais été.mais c’est aussi le cas des informations triviales et partiales.L’étude nous apprend que 55 millions de journaux sont, vendus quotidiennement aux Etats-Unis, ce qui représente une diminution de 11 % par rapport à 1990.Alors que le tirage des journaux en anglais se réduit, celui des journaux en langue espagnole a triplé depuis duc ans.Par ailleurs, l’écoute des nouvelles sur les réseaux de télévision traditionnels a diminué de 34 % depuis 1993, et l’écoute des nouvelles sur le câble, après avoir progressé sans cesse dans les années 90, stagne depuis deux ans.Par contre, la fréquentation des 26 sites de nouvelles les plus importants sur Internet a augmenté de 70 % dans les 18 derniers mois.Le PEJ affirme que Ips seuls médias actuellement en progression aux Etats-Unis sont les médias sur Internet, les médias ethniques et les médias alternatifs.Les effectifs journalistiques ont également baissé: les salles de nouvelles des journaux américains comptent 2200 employés de moins qu’en 1990, et les réseaux de télévision ont réduit du tiers leurs correspondants depuis les années 80.La distribution avant la qualité La concurrence féroce entre les médias fait en sorte que les grandes entreprises ont surtout investi dans les nouveaux modes de distribution plutôt que dans la qualité de l’information elle-même, et les baisses d’auditoire ont réduit les marges de profit Résultat les réductions des budgets consacrés à l’information ont entraîné une baisse des standards journalistiques, soutient le PEJ, une baisse exacerbée par l’explosion des chaînes de nouvelles sur le câble, qui livrent des éléments bruts de nouvelles sans mise en contexte.Pourtant, les entreprises continuent à faire des profits.Le PEJ soulève ici une contradiction apparente: les revenus des entreprises continuent d’augmenter alors que leur auditoire décroît Pourquoi?En cette époque de fragmentation des marchés, avance le PEJ, les médias demeurent l’endroit où les annonceurs peuvent encore le mieux attirer le plus large auditoire possible.Cet auditoire est moins vaste qu’avant.mais attirer un vaste auditoire est également devenu plus difficile qu’avant pour n’importe quel annonceur.Les auteurs de l’étude remarquent par ailleurs que dans les magazines et à la radio la tendance va de plus en plus vers la spécialisation, vers de nouveaux médias occupant une niche de plus en plus pointue.D’autres contradictions semblent traverser l'ensemble de l’industrie.Ainsi Internet affaiblit le rôle traditionnel des journaux puisque les citoyens produisent de plus en plus eux-mêmes du contenu en ligne.Par contre, la prolifération des rumeurs et des nouvelles erronées fait en sorte que le rôle de référence et de chien de garde du journaliste professionnel est encore plus important qu’avant Loin de cannibaliser les médias traditionnels, Internet représente surtout une nouvelle façon pour eux de se développer, remarquent les auteurs de l’étude.Selon leurs enquêtes, 72 % des utilisateurs d’Internet déclarent passer le même temps qu’avant à lire les journaux (c’est l’écoute télévisuelle qui souffre le plus de la concurrence d’Internet).Néanmoins, 3 n’existe aucun modèle économique éprouvé permettant aux entreprises de faire de vrais profits avec les sites d'information sur Internet Une foule de données intéressantes donc, et nous aurons sûrement l’occasion de revenir sur d’autres aspects de cette étude.¦ Pour accéder à l’étude américaine: iedevoir.com/blog/media/archives/000354.html ! pcauchon@ledevoir.com Les seuls médias en progression aux États-Unis sont les publications sur Internet, les médias ethniques et les médias alternatifs ^ TECHNOLOGIE A vos guitares et à vos claviers, GarageBand fera le reste MICHEL DUMAIS Pouce! Fi donc les grandes réflexions cette semaine.Pause musicale pour le chroniqueur qui en profite pour causer musique et surtout GarageBand.une nouvelle application récemment lancée par Apple qui métamorphose un ordinateur en un studio d'enregistrement complet.•Les ordinateurs personnels ne servent pas à prendre des décisions: ils aident à réfléchir, ils font gagner du temps et de la liberté d'esprit.» Jean-Louis Cassée Que les musiciens frustrés, ou ceux qui ont toujours secrètement désiré l'être lèvent la main.Vous pouvez dès aujourd’hui cesser de rêver convergence, cache à homards et Machin Académie.Si vous croyez avoir ce qu’il faut en vous pour créer vos propres compositions musicales qui, sait-on jamais, se retrouveront peut-être sur un quelconque palmarès, alors ne cherchez plus, GarageBand est l'application que vous attendiez désespérément GarageBand, c’est le dernier-né d'Apple, un véritable petit studio d’enregistrement personnel qui n’attend qu’un signal de votre part pour se mettre au service de votre imagination et de votre créativité.Toutefois, rien de révolutionnaire, ni rien de nouveau, mis à part la traditionnelle facilité d’utilisation, signature traditionnelle des logiciels griffés du sigle de la Pomme.Parent d’ACID En effet, GarageBand partage une étrange familiarité au point de vue de l’interface utilisateur et des fonctionnalités avec ACID, un progiciel lancé sous environnement Windows il y a de, cela plusieurs années par l’éditeur Sonic Foundry.A vrai dire, lorsque l’on examine de près les deux progiciels, on dirait quasiment des frères jumeaux.Aujourd’hui, ACID fait partie de l’écurie Sony Software et une version allégée, ACID Express, à un prix tout aussi allégé (gratuit) peut être téléchargée.Mais revenons donc à GarageBand.Tout comme avec ACID, pour tirer profit de GarageBand, U n’est nullement nécessaire d’avoir su caresser un manche de guitare dans sa jeunesse, ou encore de savoir pianoter la blanche et la noire, bien que cela ne puisse pas nuire.GarageBand propose plutôt à l’artiste qui sommeille en vous d’assembler des boucles musicales (loops) sur une table de travail virtuelle.Ces boucles, composées de sons préenregistrés, peuvent être disposées comme bon vous semble sur la table de travail virtuelle, et dans le tempo qui correspond le plus à votre état d’esprit Au fur et à mesure que vous assemblez ces boucles, une pièce musicale commence à prendre forme.Un peu de cuivres, un soupçon de percussions, et pourquoi pas, un riff de guitare endiablé.Sortir la guitare Vous avez la tête au rock?Dégainez batterie, basse électrique et guitare distorsion à fond la caisse.De retour des îles du sud, et vous vous sentez soudainement plus salsa, rumba et rythmes latins?Apple a prévu des sons latins sur lesquels il sera difficile de ne pas remuer les hanches.Quelques petites manipulations, et voici une nouvelle composition dont vous êtes le héros.Exportez la par la suite dans iTunes et sauvegardez-la au format MP3 ou au format Quicktime audio pour la partager avec le monde entier.Cependant, ceux qui auront le privilège de pouvoir exploiter à fond les possibilités offertes par GarageBand sont ceux qui auront le courage de ressortir cette vieille Gibson ES-335 du garde robe où elle dormait depuis des années ou encore ceux qui feront l’acquisition d’un petit clavier USB pour le brancher G
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