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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-04-26, Collections de BAnQ.

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.V, .E DEVOIR, LES SAMEDI 2 (i ET DIMANCHE 27 AVRIL 2 0 0 8 THEATRE Le Jamais Lu et l’urgence de dire Page E 3 ARTS VISUELS Quelques aspects de l’art au Québec après 1968 PageE 9 CULTURE MARIK-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Les deux guitaristes Christian Roberge et Byron Mikaloff et le contrebassiste Alex Morrissette forment The Lost Fingers, un nom qui fait référence aux deux doigts que Django Reinhardt a perdus dans 1 incendie de sa roulotte à Page de 20 ans.The Lost Fingers : jazz sous boule-miroir De jeunes virtuoses de Québec font se rencontrer l’univers musical de Django Reinhardt avec les grands succès des années 1980.Jouissif! ^ ISABELLE PARE A eux trois, ils forment un puissant anachronisme musical.Us incarnent le mariage incongru de deux univers antinomiques: celui des rythmes tziganes à la Django Reinhardt et celui de la boule-miroir des années 80.Deux, mondes irréconciliables n’eût été la furieuse curiosité musicale de trois virtuoses et amoureux du jazz manouche.Ces trois drôles de zigues, ce sont les membres des Lost Fingers.Trois adorateurs de Django, qui ont baptisé leur groupe en référence aux deux doigts que le roi du swing tzigane a perdus dans l’incendie de sa roulotte à l’âge de 20 ans.Une tragédie qui n’a pas empêché Reinhardt de devenir, avec ses doigts restants, l’un des plus influents guitaristes de toute l’histoire du jazz et une icône que les tziganes vont aduler chaque année jusque sur sa tombe de Samois-sur-Seine.Avec The Lost Fingers, on est donc en terrain connu.En fait, on n’est pas perdus du tout Quand la pompe à deux temps propre au rythme manouche s’emballe et entraîne dans son sillage la guitare Sel-mer dans de frénétiques solos chromatiques, l’univers tout entier de Django envahit nos tympans.Puis, tout à coup, un vague sentiment de déjà-entendu nous titille l’oreille.Notre mémoire auditive se trouve soudainement en proie à un puissant trouble de la personnalité musicale.C’est que les trois jazzmen des Lost Fingers se sont coincé les doigts dans des succès des années 80, pour leur plus grand bonheur et le nôtre.Entre deux volées d’arpèges diminués s'impriment sur leur manouche festif les mélodies de Billie Jean (Michael Jackson), de Tainted Love (Soft Cell), de Touch Me (Samantha Fox), ou même de Pumping Up The Jam (Technotronic)! D'où cette vague impression de connaître sans connaître.Leurs parodies sont à ce point bien ficelées qu’on en oublie presque le kitsch fini de la version originale et qu’on bénit ces dieux de la guitare d’avoir tiré du cimetière ces oubliés du palmarès des années 80.Sourire en coin, on laisse l’avalanche de notes débouler dans nos oreilles béates et le rythme gitan nous donner des fourmis dans les jambes.De la musique plein les doigts D y a à peine un an, le trio de cordes qui rallie Christian Roberge, Byron Mikaloff— deux guitaristes classiques formés au Conservatoire de musique de Québec — et le contrebassiste Alex Morrissette (Université Laval) commençait à peine à trimballer son swing manouche dans les bars, les réceptions et les ma- riages.Un soir, Roberge, le chanteur du groupe, eut soudain la drôle d’idée d’entonner un classique des année 80, pour amuser la foule.«Byron et moi, nous faisions du jazz manouche ensemble depuis longtemps.On s’est tout à coup amusés à trouver des classiques des années 80.On s’est battus pour choisir les pièces tellement il y avait un grand choix! Même si le tempo est souvent similaire à la version originale, on a varié les rythmes.Parfois, on a changé carrément l’harmonie», explique Christian Roberge, la voix chaude des Lost Fingers.Remaniés façon The Lost Fingers, des tubes com-mé Careless Whisper (George Michael), You Shook Me All Night Long (AC/DC) ou Part Time Lover (Stevie Wonder) deviennent sous leurs doigts des pièces quasi méconnaissables.VOIR PAGE E 2: MANOUCHE Où sont passées les « bombes » de 68 ?Qu’est-ce qui reste aujourd’hui sur nos scènes de ce que revendiquait l’époque à pleins poumons ?Hum ?MICHEL B É LAI K Changer le monde.Donner à tous l’accès à la culture, au savoir, aux «vrais besoins» comme aux «vraies affaires».Ouvrir vers le haut Elargir.Il y avait tout cela en 1968, oui, tout en même temps, ici.Dans tous les milieux.Dans tous les secteurs tout semblaibpossible: no limit', loin, très loin du m future.A l’époque, le milieu théâtral était déjà en train de vivre lui aussi une véritable révolution de l’intérieur.Les structures à peine mises en place éclataient pour la première fois alors que le milieu s’élargissait considérablement, pour ne'pas dire qu’il était en train d’exploser, d’imploser plutôt devant l’accroissement et la diversification de la demande.Théâtre, télé, cinéma, industrie du divertissement.tout naissait et s’affirmait en même temps.Par le plus heureux des hasards, il se trouve que j'étais moi-même à l’époque, tout jeunot barbu j’avoue, dans la même position qu’aujourd’hui par rapport au milieu théâtral d’ici: à regarder, à prendre des notes, à rencontrer des gens et à voir des spectacles.Quarante ans plus tard (et quelques parenthèses dans la vraie vie en plus), il est facile de constater que l'on est loin du compte dans certains secteurs, évidemment; surtout pour tout ce qui touche l’accès à la culture.Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela, toutes les «bombes» lancées contre le confonnisme élitiste qui encrassait le milieu, a porté fruits.Abondamment En accéléré Bien sûr, quand on parle de 1968, on pense tout de suite à la création des Belles-sœurs au Rideau vert: l’impact du premier Tremblay-Brassard fut majeur, on le sait Mais ce ne fut pas un événement isolé.Bien au contraire.Le Québec entier venait de se mettre à vivre en accéléré.Et c’est précisément ce qui arriva aussi dans le milieu théâtral de l’époque: une ex- plosion.Tout se mit à aller vraiment très, très vite.Les choses avaient toutefois commencé à bouger avant la création des Belles-sœurs, il faut le rappeler.Les grandes compagnies s'étaient d'abord multipliées dès le début des années 60: au Rideau vert et au TNM de l’Orphéum s’étaient rapidement ajoutés la NCT (qui allait changer de nom), le TPQ (qui allait disparaître plus tard), le Quat’Sous puis le Théâtre d’Aujourd’hui, en 1968 précisément.Jean Duceppe allait fonder son théâtre en 1973 pour compléter le cercle des «grandes compagnies».La bande des six.Conune au hockey.Phénomène nouveau aussi, révolutionnaire: l’existence de compagnies sans domicile fixe souvent sorties tout droit des écoles de formation (le Conservatoire est là depuis 1954, l’Ecole nationale arrive au début des années 60).Certaines de ces compagnies allaient se mettre à investir un milieu «travaillé au corps» pendant des dé- ARCHIVKS LE DEVOIR Quand on parle de 1968, on pense tout de suite à la création des Belles-sœurs au Rideau vert.cennies par le petit monde du burlesque et du cabaret, un réseau de tournée déjà bien en place en région avant même que l’on songe à en créer un.Il ne faut pas s'éton- ner davantage du succès populaire fulgurant du Grand Cirque ordinaire — j’aurai vu Y Opéra des pauvres à six reprises, toujours dans des cabarets, pour ne pas dire des clubs — puis des Jeunes Comédiens du TNM, avec Ronfard et Gravel, déjà.Avec lœs Belles-sœurs, oui, mais surtout avec la mise sur pied du Centre d’essai des auteurs dramatiques (avec «essai» comme dans «théâtre d’essai») dans le vieux hangar de La rue Papineau, qui abrita très vite le Théâtre d’Aujourd’hui, c’est le répertoire qui allait exploser.Ije texte.Comme si tout à coup, en théâtre comme en musique et en littérature, on allait prendre la parole.Pis là, «tchèquez»-vous! Parce que, cela va de soi, tout allait sortir.et sortit, merci! Par ici les barrières et les curés, et les préjugés tant qu’à y être! «Sous les pavés, la plage», mais aussi, le théâtre c’est la vie et on est là pour tout changer.Surtout la vie.Surtout le monde! Par la langue qu’il parlait, par les thèmes et les discours divers qu’il abordait, le théâtre que l'on faisait alors ici était une sorte de bouillonnement, VOIR PAGE E 2: «BOMBES» I 21 LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2008 E 2 CULTURE SUZANE O’NEIL ‘ ' ’ Benoit Gouin en Abraham Lincoln THÉÂTRE Sous les couches de fard ABRAHAM LINCOLN VA AU THÉÂTRE De Larry Tremblay.Mise en , scène: Claude Poissant A l’Espace Go jusqu’au 17 mai.HERVÉ GUAY Depuis Le Ventriloque (2001), aussi mis en scène par Claude Poissant, Abraham Lincoln va au théâtre s’avère le texte le plus stimulant et le plus drôle commis par Larry Tremblay.L’auteur du Dragonfly de Chicoutimi (1995) a été très présent sur les scènes montréalaises ces dernières années.Cette nouvelle création présentée à l’Espace Go par le PàP rebrasse d’ailleurs les thèmes et les types chers à cet auteur dans une veine aussi comique que celle de son inénarrable Téléroman (2003).Mais il en tire quelque chose de condensé et d’explosif du théâtre à la puissance dix, dont l’art dramatique est le principal sujet et qui, au surplus, propose une satire de ce milieu (jouée sur un mode parodique) remplie de clins d’œil et de complications merveilleusement échevelées.Le spectateur qui va voir du Larry Tremblay s'attend de toute façon à des emboîtements successifs et à de la confusion identitaire.Car cet auteur aime moins raconter une histoire toute simple que la recouvrir de multiples couches qui l’enrichissent et lui confèrent du relief.Tous ces niveaux, s'ils amu- sent le spectateur ébloui par la virtuosité de l’écriture, exigent une clarté inome dans l’interprétation.Qualité que l’on peut reconnaître entre toutes à la direction d’acteurs de Claude Poissant, qui traverse depuis quelques années une véritable période de grâce comme metteur en scène.Impossible à résumer sans vendre la mèche.Abraham Lincoln va au théâtre se sert d’un fait divers devenu une tragédie nationale, l’assassinat d’un président américain célèbre par un acteur qui le devient par ce geste d’éclat, comme motif d’une pièce que l’on répète sous nos yeux.Ce meurtre devient en quelque sorte le miroir aux alouettes d’artistes dérangés qui déraille pour notre plus grand plaisir.En cours de route, non seulement les insultes fusent («Tu as toujours été un acteur à larmes»), mais on passe de la grande histoire à l'anecdote croustillante sans crier gare et sans se priver d’accumuler la bouffonnerie et les invraisemblances.A l'instar de Poissant dont la mise en scène est un miracle de simplicité tiré d’un écheveau touffu, Jean Bard parvient à évoquer les multiples niveaux de théâtralité du texte à l’aide d’un rideau de scène dont il met en valeur le drapé et où est projeté, en début de représentation, un extrait de film mettant en vedette Al Pacino.L’espace pratiquement vide attire ainsi l’attention sur le maquillage et l’accoutrement ouvertement théâtral des trois ac- teurs — grimés comme on l’était deux siècles auparavant Inutile de dire que les trois comédiens sont excellents dans des registres qui leur sont propres et qu’exploite bellement Poissant Le caractère tyrannique, disjoncté et excessif des personnages incarnés par Benoit Gouin explique qu’il vole parfois la vedette aux deux autres, pourtant saisissants en avatars de Laurel et Hardy.Possédé, son Sébastien Johnson ne saurait l’être plus.Néanmoins, si tant est qu’on est sensible aux détails, Maxim Gaudette et Patrice Dubois ne sont pas en reste.La naïveté clownesque du premier en Laurel, la passion ténébreuse qui s’empare ensuite de lui et sa fibre masochiste et sentimentale comme acteur en disent long sur la palette de couleurs dont dispose Maxim Gaudette.D’ordinaire lunaire.Dubois devient ici terre à terre, d’une mesquinerie et d’une dureté qu’on ne lui connaissait pas.Bref, l’acteur ajoute des reflets charbonneux à son répertoire.Destiné prioritairement à l’amateur de théâtre impénitent, Abraham Lincoln va au théâtre n’amuse pas seulement à cause de ses références théâtrales et historiques.Bien d’autres interrogations traversent cette comédie drolatique de Larry Tremblay, dont la quête à tout crin de la célébrité n’est pas la moindre.Collaborateur du Devoir i J va authéâtre, iv * § s i THÉÂTRE texte DE LARRY TREMBLAY + MISE EN SCENE DE CLAUDE POISSANT AVEC PATRICE DUBOIS, MAXIM GAUDETTE, BENOIT GOUIN AINSI Qtri ÉTIENNE COUSINEAU, GUILLAUME CYR * SASHA SAMAR «2oiia.boi-a.t~ur» Jean Bard, Nicolas Basque, Alexandre Brunet, Alexia Bürger, Stéphanie Caplstran-Lalonde, Florence Cornet, Martin Labrecque, Catherine La Frenière, Caroline Laurin-Beaucage, Marc Senécal & fiachsl Tremblay DU 22 AVRIL AU 17 mai2008 présenté A ESPACE GO 4890.bout.Saint Laurent, MONTRÉAL Billets 5 1 4 -845-4890 WWW.ADMISSION.COM 514-790-1245 www.theatrepap.com Cnn Mil www.fta.qc.ca ÜLTÜRE DANSE L’histoire en mouvements Le Ballet de Lorraine interprète Sullivan, Perreault et Fortier FRÉDÉRIQUE DOYON C> est à un véritable panorama de la danse moderne et contemporaine que nous convie le Ballet de Lorraine.Avec sa Nuit des interprètes, la troupe française de 30 danseurs a développé un filon riche: revisiter les pionniers de différentes époques à travers des œuvres courtes, mises en lumière par des créations contemporaines.Cette fois-ci, ces pionniers et créateurs sont québécois, américains et français.L’œuvre chorégraphique de Françoise Sullivan, signataire du manifeste Refus global et fondatrice de la danse moderne au Québec avec Jeanne Renaud, revit depuis un an sur les scènes européennes grâce au Ballet de Lorraine.Ses danseurs, en visite pour la première fois au Québec cette semaine, reprennent les solos Dédale et Black and Tan, qui datent de 1948.«J'ai été totalement ébloui par cette grande dame, cette grande jeune femme», confie le directeur général de la compagnie française, Didier Deschamps, qui a été mis en contact avec le répertoire moderne québécois par l’entremise du chorégraphe Paul-André Fortier, en tournée à Nancy en 2006.«Il nous paraissait extrêmement intéressant de mettre l’accent sur cette période de l’histoire de.la danse québécoise.Quand on pense aux pionniers, on pense aux Allemands et aux Américains, on ne sait pas qu’il y a eu une avantgarde ici, au Québec», note le directeur, qui a déjà mis au programme des pièces des fondatrices de la danse moderne Isadora Duncan et Martha Graham.11 fallait attendre la visite d'une troupe française pour nous rappeler à notre propre modernité.Cette semaine, la compagnie incarnera aussi le répertoire d’un autre pionnier de chez nous, Jean-Pierre Perreault, en interprétant Les Ombres dans ta tête (1996).Une création toute fraîche de Paul-André Fortier complète le triplé québécois.Le duo intitulé -20 ° «est volontairement assez lent et très froid», décrit au Devoir le chorégraphe.Ce sont deux corps très sculpturaux, très photogéniques, éclairés avec deux projecteurs vidéo, donc d’un bleu surnaturel.Ça donne une impression de glace.» Après avoir signé la pièce de groupe Spirale pour la compagnie française, il a été invité à bonifier le programme de La Nuit des interprètes.«Le Centre chorégraphique national [CCN] -Ballet de lorraine a défini son identité à la fois comme une compagnie de création, avec des raines pièces nouvelles de chorégraphes d’aujourd’hui, mais, en même temps, il a aussi une mission de répertoire, en particulier du XXe siècle, explique M.Deschamps.Ce qui nous intéresse, c’est la mise en perspectives des pièces marquantes de l’histoire de la danse avec des démarches qui sont celles d’aujourd’hui.On tourne depuis presque un an [avec ce programme] et toujours le public nous dit qu’une pièce comme Dédalé aurait pu être créée aujourd’hui.» D’une révolution à l’autre Le parcours historique se poursuit de l’autre côté de la frontière avec Break, une pièce La troupe revisite les pionniers de différentes époques à travers des œuvres courtes, mises en lumière par des créations contempo- n I Deux danseurs des Ballets de Lorraine de Meredith Monk, figure du postmodernisme à l’américaine.De Refus global, on passe au mouvement révolutionnaire du Judson Church Theater, collectif des années 1960 qui réunissait à New York des danseurs, des peintres et des musiciens, fo-menteurs de happenings interdisciplinaires.Comme eux, Meredith Monk refusait de cloisonner les formes d’art.Chorégraphe, elle est aussi compositrice et chanteuse, à l’instar de Françoise Sullivan, peintre, sculptrice, danseuse.«Elle illustre assez magnifiquement ce qu’était le mouvement de la Judson stya:ssenc^de (Le Devoir.24 avril 2008J ULTIMA VEZ SAISON flîUkima SPIEGEL lltïl WIMVANDEKEYBUS 24 25,26 AVRIL 2008 **4 *} * ._Art* Place des Arts Théâtre Maitonneuve B42 2112 1 866 842.2112 ^wwwl.pda•qc•e• (Billets à partir de 22 $ d'-\ t *1 fÇ?" f *0^ A V ' ' ¦ 'N.¦"> MF Hft v BM vm.w Y imp’ Church, indique M.Deschamps./aime bien montrer que la danse se rattache à des courants esthétiques qui dépassent la danse elle-même.» Après les années 1940 et 1960, le Ballet de Lorraine aborde la pœ rite révolution des années 1980.Pendant que les Perreault et Fortier se font l’écho de la nouvelle danse montréalaise, Dominique Bagouet, Mathilde Monnier et François Duroure incarnent la nouvelle danse française.Du premier, mort prématurément en 1992, la troupe interprète Une danse blanche avec Eliane, qui pose les bases de l’écriture ba-gouetienne, découverte au Qué- bec à travers le Festival international de nouvelle danse (FIND) avec Le Saut de l’ange en 1989.On verra aussi Mama Monday, Sunday or Always, quatuor sur des musiques de Bernard Herrmann et de Kurt Weill signé par le duo-culte Mon-nier-Duroure.Voilà une autre filiation historique mise au jour par ce programme ambitieux puisque Monnier a pris le relais de Bagouet à la direction du Centre chorégraphique national de Montpellier et du Festival Montpellier Danse.«On peut établir beaucoup de correspondances», aime rappeler le directeur à propos de cette Nuit des LAURENT PHILIPPE interprètes concoctée pour le public d’ici.Enfin, pour témoigner de la danse d’aujourd’hui, le Ballet de Lorraine livrera Two, un solo du Britannique Russell Maliphant, qui avait récolté le Prix du public québécois au FIND 2001.Le Devoir BALLET DE LORRAINE Le 26 avril à la Rotonde de Québec Du 30 avril au 3 mai à la Cinquième Salle de la Place des Arts Du 8 au 10 mai au Centre national des arts d’Ottawa L'histoire d'un mineur Texte : Mansei Robinson Traduction et interprétation : Jean Marc Dalpé Environnement sonore : AYMAR Mise en scène : Geneviève Pineault Une création du Théâtre du Nouvei-Ontario présentée par le Théâtre de La Manufacture du 15 au 30 avril 2008 'mmm -WÊmm LmsÈÈÊm mMË&mmÊÈ • ü ¦ ; Dalpé livre un monologue brûlant [111 réussit.' présence.Geneviève Pineault.magnifiquement à habiter le petit espace de la me Papineau de son imposante présence.Geneviève Pineault .sert à merveille le texte et son interprète par une mise en scène tout en sobriété.Alexandre Cadieux, Le Devoir Jean-Marc Dalpé donne une performance qui impose le respect.impeccablement dirigé par la metteurs en scène Geneviève Pineault.L ’environnement sonore de Aymar soutient les moments forts, sans trop en faire.Josée Bilodeau, site Internet, SRC Dalpé est grandiose .Un jeu sensible, tout en retenue, authentique .La mise en scène de Geneviève Pineault est extrêmement sobre -.Tout est là pour mettre en valeur le texte de Mansei Robinson et la performance de Dalpé.Une pièce à voir absolument ! Isabelle Fleury, SRC-Ontario LA- 'LICORNE PETITE «isftw Mmmttm *m, • M-otsmf ai, çt S14.7M.1MS ou www.the»tr«t*M£orn* corn MMtAm 514 523.2246 GC Hydro Québec GRAND PARTENAIRE DE LA SAISON 08/09 Théâtre du Nouveau IVIonde NEBBIA DANIELE FINZI PASCA / CIRQUE ÉL0IZE et TEATR0 SUNIL LE RETOUR HAROLD PINTER / Traduction RENÉ GINGRAS / Mise en scène YVES DESGAGNÉS LE MARIAGE DE FIGARC Beaumarchais / Mise en scène normand chouinard LA CHARGE DE L’ORIGNAL ÉPORMYABLE Claude gauvreau/Mise en scène lorraine pintal LE DRAGON BLEU ROBERT LEPAGE et MARIE MICHAUD / Mise en scène ROBERT LEPAGE LA DÉRAISON D’AMOUR JEAN-DANIEL LAFOND et MARIE TIFO / Mise en scène LORRAINE PINTAL ABONNEMENT / WWW.TNM.QC.CA / 514.866.8668 0 SES M" ^ Aurai Miktlrl Mnohmgm 4 J ü LE I) E V (J I H , LES SAMEDI 2 (i ET I) I M A N C II E 27 AVRIL 2 0 0 K K 5 CULTURE MARC-ANTOINE CHARI.EBOIS Charles Perron, Pierre Fortin, Sébastien Séguin et Sylvain Séguin, de la formation Les Dales Hawerchuk.Voici la contre-attaque PHILIPPE PAPINEAU Presque trois ans ont passé depuis la première attaque massive de la formation rock Les Dales Hawerchuk.Après une année de repos et de création, ils reprennent du service cette semaine, avec la parution de leur deuxième galette, Les Dales Hawerchuk 2, toujours réalisée par le leader de Galaxie 500, Olivier Langevin.j En entrevue au bout du fil, quelque part sur la route entre îdontréal et Rimouski, le guitariste ét chanteur Sébastien Séguin peine à calmer le reste du groupe, visible ment dissipé à l’arrière du camion de tournée.Pas étonnant parce que les membres des Dales Hawerchuk, issus de Roberval, sont de bons vivants pour qui, visiblement il n’y a pas piauvais moment pour s’amuser.A trois reprises, Sébastien interrompt la discussion pour calmer son lière Sylvain Séguin, le batteur Herre Fortin et le nouveau bassiste Charles Perron.! Débutée en 2005 comme un trip un brin adolescent l’aventure musicale des «Dales» les a menés déjà bien loin.Leur premier disque, écoulé à près de 10 000 exemplaires, leur à permis de faire énormément de spectacles —125 concerts et autant de soirées de «brosse» en environ un an—et de voir un de leurs clips tourner abondamment sur les ondes de MusiquePlus.C'est une performance fort honorable, surtout dans un marché aussi étroit que celui du Québec.«Après, on s’est effacés un peu, raconte Sébastien Séguin, on était contents de se faire oublier, pour revenir aujourd’hui avec quelque chose de nouveau .pis de meilleur!» Il est vrai que les Dales ont pris du galon sur ce deuxième disque.Tech-niquement, ils sont devenus de meilleurs musiciens, et leur musique est plus chargée, plus lourde, sans pour autant taire dans la dentelle.Du rock et quelques passages country qui brassent la compagnie, quoi L’apport du réalisateur Olivier Langevin (Galaxie 500, Fred Fortin) —qui a aussi fait le mix et la prise de son — y est certainement pour quelque chose.«On a eu un peu plus de temps de studio; alors, avec Olivier, on a essayé de pousser les chansons une coche plus loin.H nous a aussi aidés dans les sons de guitares, explique Sébastien Séguin.Tsé, travailler a vec Langevin, c’est comme avoir Claude Lemieux dans ton équipe en série: il marque des buts gagnants!» Comme à son habitude, le grou- pe a livré un disque dense et court, où l'on peut retrouver 16 chansons en environ 33 minutes.Notons également la présence sur te Dales Hawerchuk 2 de Vincent Peak (Grimskunk, Groovy Aardvark) et du violon de Mara Tremblay.Nouveau bassiste L’alignement des Dales Hawerchuk a été légèrement modifié lors de la saison morte, avec l’arrivée du bassiste Charles Perron, anciennement musicien avec Les Frères Cheminaud.Perron a remplacé Martin Bergeron, qui a dû choisir entre son travail d’ingénieur en pétrochimie et la musique corrosive des Dales.L’arrivée de Charles Perron, un ami de longue date des autres membres du groupe, semble les ravir.«C’est un très bon bassiste, et le son qu’il a fitte très bien avec notre façon de jouer.En plus, il vient de s’acheter un gros ampli Ampeg, fa que on l’aime encore plus!», dit en rigolant le plus jeune des frères Séguin.Ils ont beau faire les zouaves dans le camion, les Dales ont quand même vieilli, et ça se sent dans quelques textes de ce deuxième disque.Swomp, par exemple, contraste avec leurs chansons de beuverie.Les frères Séguin, qui écrivent les textes, y racontent l’histoire d’un ami qui quitte Montréal «On est bien avec nos chums, on est tous très proches, et quand il y a quelqu’un qui part, ça nous jait de la peine comme si m perdait quelqu’un de notre famille, raconte Sébastiea On a peaufiné nos textes pas mal plus, on a essayé d’amener ça ailleurs, tout en faisant du Dales Hawerchuk.On va vers de nouvelles avenues, où on n’aurait pas osé s’aventurer sur le premier disque.» Le groupe a déjà plus d’une vingtaine de concerts à leur agenda, ce qui est de bon augure pour le reste de leur année.«On va tout faire pour que le monde embarque», assure Sébastien.Comme lancer leur album en pleines séries éliminatoires?«C’est pas du marketing! On est ben contents que le Canadien soit en séries, mais il faut écouter les matchs en même temps qu’on fait des spectacles, et ça, c’est pas mal d’ouvrage!» Le Devoir LES DALES HAWERCHUK 2 Les Dales Hawerchuk Disques C4 ¦ Lancement au Diable vert, le 30 avril MUSIQUE CLASSIQUE Karel Ancerl.rhomme libre CHRISTOPHE HUSS Le chef d’orchestre tchèque Karel Ancerl, mort à Toronto en 1973, reste une référence incontestable dans l’interprétation de la musique de son pays.Il aurait eu cent ans le 11 avril dernier.On a évidemment beaucoup parlé du centenaire, le 5 avril 2008, du chef le plus médiatique du XX' siècle, Herbert von Karajan.L’intense activité éditoriale autour de cet événement aura eu pour principaux effets la réédition de documents vidéo importants chez Deutsche Grammophon, la publication de l’intégralité du legs EMI en deux gros coffrets totalisant 160 CD, avec, à la clé, la revalorisation de son héritage enregistré avec le Philharmonia Orchestra.Six jours après la naissance de Herbert von Karajan, le 11 avril 1905, naissait à quelques centaines de kilomètres de Salzbourg, à Tu-capy en Bohême, un autre bambin qui marquera la vie musicale du XX siècle: Karel Ancerl.Rétrospectivement écrire un article sur Karel Ancerl présente un grand avantage par rapport à Herbert von Karajan.A la question, simple et éclairante, «dans quelles œuvres du répertoire symphonique l’interprétation de ce chef reste-t-elle une référence incontournable?», on a un peu de mal à répondre, s’agissant de Karajan.Ein Heldenleben de Strauss?Sans doute, mais il y a Kempe.La Cinquième de Beethoven?C’est très bien, mais avez-vous écouté Jo-chum-Berlin, Fricsay-Berlin, Maa-zel-Berlin?.Avec Karel Ancerl, les réponses pleuvent instantanément: Les Noces, Œdipus Rex, Le Sacre du printemps (eh oui!) et Petrouchka de Stravinski, Roméo et Juliette de Prokofiev (si, si.), Tableaux d’une exposition de Moussorgski (écoutez pour voir.), Ma patrie de Smetana, la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, et j’en oublie, par exemple les Symphonies n'J 5 et «° 6 de Martinu ou la Messe glago-litique de Janâcek! L’homme blessé Tout ou presque oppose Karajan et Ancerl.La carrière du premier s’est déroulée sous le feu des projecteurs; celle du second, derrière le rideau de fer.Le premier s'est empressé de s’inscrire au parti nazi en 1933 à Salzbourg pour favoriser sa carrière (engagement précoce qu’il a toujours cherché à cacher, évoquant une adhésion en 1935 lorsqu’il devint directeur général de la musique à Aix-la-Chapelle), alors que le second faillit laisser sa peau à Terezin, puis à Auschwitz, le camp de concentration où sont morts ses parents, sa femme et son fils.En 1959, quand Karajan, à la tête de l’Opéra de Vienne, du Philharmonia de Londres, du Philharmonique de Berlin, est déjà quasiment «direc- présente d’après un album-jeunesse de Dominique Demers, illustré par Stéphane Poulin ¦ avec Concepteurs SAUEAIBERT-OUMOUCHÏL f e s r i v a l perns eonneuns Dimanche II mai, 14H00 1 800 842-S794 RAISON CULTURELLE ET COMMUNAUTAIRE DE MONTREAL-NORD THEATRE OUTREMONT SamediImai, 14H00 Dimanche4mai, UhOO “t0H“ .b!4 528-5630 514 495-9944 Samadi 17mal, IJhJOtt 15h*0 514 376-8648 teur de la musique en Europe», Ancerl, devenu après-guerre chef de l’Orchestre philharmonique tchèque, reçoit des autorités politiques tchécoslovaques son premier «billet de sortie» pour une tournée avec son orchestre.Très prudemment, les pays visités seront l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Inde et l’URSS, où il dirige Richard Strauss, compositeur que les orchestres pusses ne programment pas.Les Etats-Unis et l’Europe, centres de la vie musicale, attendront les années 60.Pourtant, ce que fait Ancerl à Prague est miraculeux.Il parvient à cimenter l’héritage musical de son grand prédécesseur, Vaclav Talich, tout en reconstruisant l’orchestre, décimé par la guerre, dont le visage a complètement changé.Karajan est jalousé et craint en pleine lumière, Ancerl est respecté, admiré, dans l’ombre.Son histoire avec ce qui redeviendra le plus bel orchestre de l’Europe de l’Est est une histoire d’amour, depuis qu’il a accédé à sa direction en 1950 (il déclarera plus tard: «Ce fut un mariage heureux, pendant dix-huit ans nous nous sommes aimés»), Rafael Kukelik ayant fui en Occident en 1948, Ancerl était en Tchécoslovaquie l'indiscutable primus inter pares.Pourchassé par les nazis parce que son père était juif, l’homme, qui œuvra comme bûcheron et mineur entre 1939 et 1942 avant d’être interné, est cependant blessé, et il gardera de son calvaire pendant la guerre des séquelles et une santé fragile.Vous étonnez-vous qu’un tel chef puisse être l’un des plus grands interprètes de la Neuvième Symphonie de Gustav Mahler?La seconde mort d’Ancerl A Prague, Karel Ancerl, qui avait été encouragé par Bruno Walter à devenir chef, effectue un travail phénoménal qui, documenté par l’étiquette discographique nationale, Supraphon, fait aujourd'hui encore notre admiration.Il renforce la singularité sonore de l’orchestre (les fameux bois tchèques) — qui ne mettra que quelques années à se disloquer à KAREL ANCERL K A R E L A N C E R l Nïf&mïïm.la chute du Mur — et élargit le répertoire en faveur des grands compositeurs du XX siècle.Son travail se caractérise, comme celui du chef allemand Rudolf Kempe, par un sens aigu de la lisibilité et de la transparence orchestrale.La culture sonore, qui mise évidemment sur la beauté et la singularité des vents, se démarque du tout au tout de celle de Karajan, arc-boutée sur des cordes dominantes.La fusion des volontés de tous les musiciens dans le respect de leur singularité, voilà la racine du travail d’Ancerl.Il l’a dit lui-même en entrevue: «L’orchestre est une collectivité.U est composé de nombreuses individualités.Le premier travail du chef d’orchestre, à mon avis, consiste à souder cette collectivité, de façon à ce que tous ressentent, tous vivent de la même manière l’œuvre qu’ils interprètent.C’est la première étape de la véritable interprétation.» L’union dans le respect de la singularité, l’opposé du Klangkôrper (corps sonore) allemand: c’est ce qui aurait fait de Karel Ancerl le chef idéal de l’Orchestre de Paris.Ancerl dirige d'ailleurs à Paris en 1968.Une tournée en tant que çhef invité l’amène ensuite aux Etats-Unis.Il est à Cleveland lorsque les chars soviétiques envahissent Prague.En novembre 1968, le créateur et chef de l’Orchestre de Paris Charles Munch meurt subitement Le nom d’Ancerl est évoqué pour lui succéder.«Ancerl, c’est qui, ça?» s’écrie un de ces glorieux édiles ministériels qui ont fait la «gloire» de la gestion de la musique en France depuis quarante ans.Paris nommera.Karajan, avec le fiasco que l’on sait Ancerl, francophile comme Martinu, com-positeur qu’il interprète si bien, est déçu, meurtri même.D’autant plus qu’il est apatride, ayant décidé de ne pas rentrer à Prague, pour protester contre l’invasion soviétique.De toute manière ses biens sont séquestrés.L’Orchestre de Toronto lui avait offert un contrat dès 1968.Il y succède au jeune Seiji Ozawa.Tout construire, tout reconstruire.Il n’en aura pas la force et s’éteindra à petit feu en 1973, loin, si loin de chez lui.Collaborateur du Devoir KAREL ANCERL L’étiquette Supraphon, distribuée au Canada par Gillmore, a réalisé depuis plusieurs années un travail phénoménal de réédition de l’intégralité de l’héritage discographique de Karel Ancerl.Achevée à présent cette réédition compte 43 volumes et bon nombre de références.Cinq essentiels (parmi bien d’autres.) ¦ Volume 1.Smetana: Ma patrie.¦ Volume 24.Martinu.Symphonies n° 5 et n° 6.Mémorial à Lidice.¦ Volume 32.Stravinski: Les Noces, Cantate, Messe.¦ Volume 4.Moussorgski: Tableaux d’une exposition.¦ Volume 33.Mahler: Symphonie n°9.A paraître: un DVD très attendu avec l’interprétation de Ma patrie au Printemps de Prague 1968 (!), couplée au Concerto pour violon de Beethoven avec Henryk Szeryng.- PP PNi^-J ¦ iff .immtuâimii sws t ., '' \w'- tH- 'V' * ;¦ tvû ‘.y.a; ", • L.-v •• •'S'Wm i Le Porteur,Théâtre de rœil Le Saut de l'ange, Théâtre Maât (Belgique) er- f Mt, H' L'Homme Chopin et le petit tas de bois.Théâtre du Gros Mécano Le rendez-vous cuLTureL des ToUT-peTïTS ?Vieux Thomas et la petite fée Compagnie de danse Bouge de là I Venez découvrir.20 spectacles pour les tout-petits, 41 ateliers multidisciplinaires pour éveiller l’enfant à la création 8 conférences et rencontres pour les parents et les professionnels de la culture et de la petite enfance, I grande fête pour la famille le samedi 10 mai et plus encore.! Billetterie et réservations : 514 872-7727 www.petitsbonheurs.ca VcyMwhy Hoc brtitQK- M»i wnneu rc Montréal Montréal tthmalion l a/tJr *t Sport Québec Si Québec SS CooMèl «f»s Artt Québec i I Des jardins t A TOWN JMipoUlft* (tr U rtgMTfl («l iV ( «htr prtjmlAirc Préfonlatar IIiMftrUg* Moi hi iAg.i VQivninnrs» Vniru MH M mm ¦WWÜM f*mt»**i I' I- E DEVOIR.LES S A M E 1) I 2 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2 O O 8 CULTURE En coulisse.Avis aux amateurs des musiques concoctées par le violoniste Stéphane Grappelli: un de ses héritiers, Didier Lookwood, vient de lui consacrer un hommage sous la forme d’un album.Dans la dernière livraison de Jazz Magazine, Lookwood précise: «Hommage ne veut pas dire simple amp de chapeau.J’ai voulu ménager des surprises, trouver certains décalages.Ainsi, la participation de Bireli lagrène se fera a u violon tandis que, sur le même morceau, j'utiliserai pour ma part une mandoline électrique.» ?Les amateurs de jazz savent certainement que le contrebassiste Milt Hinton était également un sacré photographe.Et comme l’homme a joué avec les Lester Young, Coleman Hawkins, Branford Marsalis et qu’il a vécu longtemps (90 ans), il a pris des quantités de clichés.Et alors?La Venderbilt University-Press vient de publier un album de 260 de ses portraits en noir et blanc.Le titre?Haying the Changes.Le Jazz at the Lincoln Center Orchestra que dirige Wynton Marsalis va faire une tournée aux Etats-Unis et au Canada.Espérons qu’il s’arrêtera dans les environs.Parce que.parce que le nombre de big bands se compte sur les doigts d’une main amputée de deux doigts.Bref, le grand orchestre est devenu aussi rare que l’or ou le diamant.C’est au choix.La dernière livraison du magazine Down Beat consacre tout un dossier au quartet de Branford Marsalis, au quartet formé uniquement de battants.D y a également un long article sur le plus vieux des vieux bluesmen: Honeyboy Edwards.Il est aussi question de Return to Forever, de Bud Shank et des affiches de la ribambelle de festivals de jazz qui se tiendront cet été.Au cas où vous auriez raté le show que le saxophoniste Dave Liebman, un autre vétéran des groupes de Miles Davis, donnait hier soir au Upstairs, vous pourrez vous reprendre ce soir.Petit conseil, si cela vous dit, il serait préférable de réserver en appelant le 514 931-6808.Les passionnés par le travail du prolifique John Zorn seront heureux d’apprendre qu’un nouvel album de sa formation Bar Kokhba vient d’être mis en marché.Le titre?Lucifer: Book Of Angels, Volume 10.Le groupe est formé de Cyro Bap-tista aux percussions, de Joey Baron à la batterie, de Greg Cohen à la contrebasse, de Mark Fieldman au violon, d’Erik Friedlander au violoncelle et de Marc Ribot à la guitare.Zorn conduit et compose.?Encore des nouvelles de Zorn.En compagnie de Lou Reed et de I au rie Anderson, Zorn a enregistré un CD pour venir en aide au club The Stone.En effet, tous les bénéfices iront aux animateurs de ce club.Disponible seulement par l’entremise de Downtown Music Gallery et de Tzadik, la compagnie fondée par Zorn.Le nouveau Duke Robillard sera bientôt en magasin.Comme d’habitude, l’excellent, label Stony Plain a produit le tout A noter qu’aux complices habituels de ce fin guitariste, de ce digne héritier de T-Bone Walker, s’est joint le saxophoniste Scott Hamilton.Le titre?A Swingin Session With Duke Robillard.Serge Truffant JAZZ ET BLUES Une petite merveille signée Grossman Dans Fm Confessin’, le saxophoniste s’est appliqué méticuleusement à décortiquer les trucs et les styles de ses aînés.pour mieux s’en démarquer SERGE TRUFFAUT Le saxophoniste Steve Gross-man est une anomalie.Il se pourrait fort bien que cette singularité ne soit pas de son fait mais plutôt celle de son agent ou de son producteur, ou encore du distributeur.Toujours est-il qu’une petite merveille enregistrée en 1992 est depuis peu disponible.Enfin.depuis peu.ce n’est pas tout à fait exact Soyons-le.Il y a peu, on a lancé une OPA hostile à l’instant où l’on a découvert dans les bacs du disquaire l’album Tm Confessin’ sur étiquette Dreyfus, que Sony/BMG redistribue depuis 2007.On précise l’identité du distributeur parce que des disques du même homme réalisés pour la même étiquette ont été acheminés à leur point de chute par Koch International.On pense à Inner Circle, dont il sera aussi question aujourd’hui.Reprenons.Steve Grossman a ceci de très particulier qu’il a fait les choses à l’envers.Pas dans le sens contraire de l’endroit mais bien dans le sens.comment dire?Contraire à la progression du temps.Bon, là on s’est mélangé dans ses pinceaux.En clair, Grossman lorgne derrière lui.Il remonte l’histoire après avoir été à l’avant-garde.En fait, il a un parcours assez semblable à celui d’Archie Shepp.Voilà, ses débuts sur disque, Grossman les a faits au côté de.Miles Davis.Il avait 18 ans à peine.Il remplaçait nul autre que Wayne Shorter.C’était pour Big Fun en 1969.C’était pour le Miles converti au tout électrique, à la fusion, au jazz-rock, au pesant, au fort en volume.Au cours de l’année suivant la publication de cet album, Gross-man est devenu un membre régulier du quintet de l’homme aux doigts d’or.Solide amitié C’est après ce passage que le parcours du saxophoniste véloce devient intéressant, qu’il pique la curiosité.Car au lieu de coller à une esthétique alors en vogue, au lieu de rejoindre la cohorte des insupportables Spyro Gyra, Return SOURCE DREYFUS JAZZ Grossman lorgne derrière lui.Il remonte l’histoire après avoir été à l’avant-garde.to Forever et autres Deodato, il s’est installé sur un territoire qu’il avait peu fréquenté.Celui qu’avait défriché Dexter Gordon, John Col-trane et Sonny Rollins.Pour mener cette nouvelle aventure, il s’était fait engager par le batteur Elvin Jones.Auprès du bateleur personnifiant la puissance, Grossman s’est appliqué méticuleusement à décortiquer les trucs et les styles de ses aînés, pour évidemment s’en démarquer une fois cette opération achevée.Cela lui prit passablement de temps.Et ce, non pas parce que l’homme n’était pas doué, mais tout bêtement parce qu’il fut aux prises avec ces problèmes que l’on qualifie de personnels.Toujours est-il qu’après un long hiatus, Grossman s’est signalé à nous en compagnie d’un de ses vieux amis ayant accompagné.Yvon Deschamps! Il s’agit du merveilleux pianiste montréalais Fed Henke.Les plus vieux se souviendront certainement qu’avec le guitariste Fred Henke et le trompettiste Kevin Dean, Henke fut la cheville ouvrière du 2080 de la rue Clark, transformé après sa ferme- m & üROSSMÜN ¦± talwisi Rareld LAND » • w I a conleesln M GRÔSSMAN ture en Café Sarajevo.C’est d’ailleurs au 2080 que Grossman fit sa première apparition montréalaise en tant que chef de bande.Cette longue, donc solide amitié entre le saxophoniste et le pianiste est à l’origine de ce I’m Confessin’.C’est eux qui ont invité le contrebassiste Reggie Johnson et l’immense Jimmy Cobb, batteur de Kind Of Blue, des frères Adder-ley et de mille et une sessions.Pour bien marquer le coup, ou plutôt pour plaire à l’amateur de la note bleue, Grossman avait demandé à un maître ancien de se joindre à eux.De qui s’agit-il?Harold Land, le ténor trop méconnu même s’il est apprécié.Tout le monde l’aura compris, l’objectif de cet enregistrement consistait à écrire un chapitre dans l’histoire des duels.Ceux de Gordon avec Teddy Edwards ou Wardell Gray, ceux de Johnny Griffin avec Eddie Lockjaw Davis, ou encore de Gene Am-mons avec Sonny Stitt.A la différence des combats nommés, celui de Grossman et Land se caractérise par le goût de l’économie du second et par le MICHEL PETRUCCIANI phrasé tendu du premier.Par leurs affinités pour les ballades et aussi par le respect fait plus d’admiration que de politesse de Grossman pour son aîné.Pour l’énorme boulot que Land avait accompli entre Seattle et San Diego en passant par San Francisco et Los Angeles.Fait à souligner deux fois plutôt qu’une, Tm Confessin ’ comprend deux pièces de Thelonious Sphere: Let’s Cool One et San Francisco Holiday.Deux morceaux du génie désarticulé du jazz décliné sur le long, le temps long.Un régal! Comme l’est également leur interprétation de Born To Be Blue.Si d’aventure vous souhaitez vous procurer I'm Confessin ' mais qu’il n’y en a pas de copie en magasin, sachez que vous pouvez le commander.Cela étant, s’il n’y a pas de Tm Confessin’ mais qu’il y a par contre Inner Circle de Grossman avec le pianiste ML chel Petrucciani, n’hésitez pas une seconde.Emparez-vous de ce chef-d’œuvrè fait surtout de ballades, que Dreyfus Jazz avait publié en 1999.Le Devoir k 1de hjfàk Moment’hommc J Tangêntêl «MMK sjj ftft **.«*•-«!¦ Y •40 Ch*rri«r 9 6h«rtn-60fc» • ittt* 4» O l'HUttiitif 4**1» Ils une pièce de Frédéric Marier 1,2,3 mai à 19h30,4 mai 2008 à 16h Précédé de ICARE (Fl •RIES.Hêta 2/21) un court-méuaife de Estelle ClaietOU 1*1 a» Billetterie : 514 525 1500 www.tangente.qc.ca Ce soir a 19 h 30 W Demièrereprésentation|^ 4353, rue Ste-Catherme Est Du Théâtre avec un grand T.Une pièce lumineuse.» Élise Giguère, Voir ©strie Patrick Quintet Sur scène : jean-François Bt Syhrie Marchand Vtadana Mincevic AtexiaHiy |pw^ens : Julie Béchard René Béchard Concepteurs : René Béchard Louis Hudon Marcelle Hudon Mathieu Mardi m**- www.doublesigne.ca www.denise-pelletier.qc.ca tCon**ll des Art» Canada Council HydrX) „__, du Canada for ttw Arts 'OV Ouét>e< LE DEVOID .com Billetterie 514 253-8974 Accédez à votre profil en tout temps Faites vous-même vos transactions en ligne.Abonnements, renouvellements, changements d’adresse, arrêts temporaires, etc.Rapide, simple et efficace ! \ LE J)) VOIR LA 38e SAISON 8 ATRE DENT MARIE DE L'INCARNATION OU LA DÉRAISON D’AMOUR Jean-Daniel Lafond/Marie Tifo TABLEAU D’UNE EXÉCUTION Howard Barker à compter de LE DRAGON BLEU Robert Lepage/Marie Michaud LASILE DE LA PURETÉ Claude Gauvreau 1-877-643-813! Grand Théâtre de Québec LANUITDE VALOGNES Éric-Emmanuel Schmitt letrident.com Robert Lepage LE DRAGON BLEU Direction artistique Gill Champagne L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE « 86 I) K V 0 I H L F.S S A M F 0 1 F T I) I M A N C II F A V K I L 2 0 0 K Jouer à cache-cache La peintre Marie-Claude Bouthillier propose une réflexion sur la représentation et la peinture elle-même APPARITIONS Marie-Claude Bouthillier Centre d’art et de diffusion Clark Jusqu’au 17 mai MARIE-ÈVE CHARRON La nouvelle production de la peintre Marie-Claude Bouthillier tient dans une tension habilement maintenue.L’artiste continue, sur le plan du faire, de travailler la surface de la toile tout en approfondissant une réflexion sur la représentation et la peinture elle-même.Dans Apparitions, une nouvelle direction semble se confirmer, sans que les travaux antérieurs soient oubliés.Viennent encore à l’esprit les autres œuvres, l’inventaire de motifs abstraits et de formats variés de support, les paysages façonnés par la répétition obstinée des initiées «mcb» et les silhouettes de personnages féminins, autant de modalités d’autoreprésentation, d’écriture de soi et de l’impossibilité d’un tableau définitit Chez Clark toutefois, l’artiste file de manière plus serrée un thème déjà pressenti dans son travail, à savoir l’affirmation de l’opacité de la peinture qui cherche à représenter.L’exposition prend en charge cette démonstration dans une suite de tableaux à lire de la gauche vers la droite.Il y a en effet un point initial à la démonstration.Une évidence, d’abord, que rappelle Marie-Claude Bouthillier avec Petite toile a et Petite toile b.Cette désignation alphabétique énonce un point d'origine.Les tableautins montrent respectivement un motif de prédilection de l’artiste, la grille.Des grilles molles qui se superposent grossièrement à la trame du support laissé vierge, autre composante du vocabulaire de l’artiste.Le motif de la grille revient dans la toile suivante, mais pour faire voir une figure humaine.Dans L’homme invisible rendu visible par ses bandages mêmes, Bouthillier fait du motif de la trame, tracé à l’encaustique, la condition pour faire «apparaître» une image qui évoque un personnage de fiction caractérisé, justement, par sa transparence.Bandé comme s’il était blessé, il se fait voir.Le problème de sa vulnérabilité est posé lorsque celled fait image.Le support comme interface En allant puiser dans une référence populaire, c’est pourtant à un problème de la culture savante que se mesure Bouthillier.La recherche ou la négation de la transparence du médium, du support physique, est un lieu commun de l’histoire de la peinture.Bouthillier choisit de montrer le support comme une interface, celle-d impossible à nier, la faille en quelque sorte de la représentation, ainsi obligée d’affirmer ses limites et son altérité.Les autres tableaux poursuivent cette exploration, empruntant librement aussi dans d’autres conventions picturales, comme avec le motif du drapé et de la Vierge.L’Origine du monde entremêle une référence au célèbre tableau de Courbet montrant un sexe féminin et le drapé bleu de la Vierge.Sans visage, le drapé enserre plutôt une béance désignant à la fois ce qui est impossible à représenter ou à atteindre, l’origine et la génitalité féminine, et le support du tableau qui est le théâtre de l’illusion.La surface est impénétrable; le drapé encadre le trou, confirme qu'il n’y a rien derrière, que ce n’est pas un voile dissimulant une vérité.La toile est déshabillée.Il y aurait lieu de revenir sur la symbolique de l’iconographie religieuse et dévote que les motifs du drapé, du voile et de la blessure contiennent, symbolique d’ailleurs savamment étudiée, par exemple, par les historiens de l’art Daniel Arasse et Léo Steinberg.Cependant, il faut convenir ici que Bouthillier semble préférer une approche ludique et perceptuelle de la chose.L’artiste s’ingénie à mettre en tension la planéité de la toile et l’impression d’une troisième dimension, par exemple avec un motif à pois en aplat juxtaposé à un drapé doté de profondeur illusoire.Ces effets sont alimentés grâce à la technique de l’artiste, qui exploite le dessin et continue d’imbiber les pigments dans la toile avec laquelle ils font corps.Devant 'Lite Face, parmi les plis du drapé de la Vierge, le regard finit par déceler un visage si-miesque qui semble se moquer de nous, cherchant à voir à travers les replis.Bouthillier surenchérit avec un dernier tableau, La Visite, où, non, ce n’est pas l’Esprit saint qui se manifeste, mais une soucoupe volante.Croire, c’est peut-être le fond du problème que cherche à évoquer l’artiste.Comme pour un saint Thomas incrédule, voir ne permet pas de vérifier; il faudrait toucher pour y croire.Collaboratrice du Devoir L’Origine du monde, de Marie-Claude Bouthillier PAUL LITHERLAND EN BREF 10e symposium Derouin Le Symposium international d’art in situ que la fondation de René Derouin présente sur ses terres à Val-David en sera à sa dixième édition l’an prochain.Et il s’annonce encore plus gros, avec l’aménagement de nouveaux sentiers et de cinq autres agoras.C’est ce que la Fondation Derouin annonçait cette semaine.Pascale Beaudet, commissaire indépendante, a été invitée à mettre sur place l’événement Sous le titre de Chemins et tracés, sa sélection unira multimédia et nature, voyages réels et imaginaires.Rappelons que ce symposium se caractérise pour prendre place dans un boisé, légèrement aménagé au fil des ans par René Deroum.Le prochain, le 10 donc, aura lieu à l’été 2009.- Le Devoir Projets sur viaduc Le viaduc Van Home, mur de projections nocturnes?Cette structure en béton qui unit, ou défigure, c’est selon, le Mile-End et la Petite-Patrie?Et pourquoi pas, puisque c'est à ses pieds que le centre Dare-Dare a trouvé refuge depuis déjà, bientôt deux ans.L’événement projefcjtfionjs urbain(e)s est en tout cas un autre de l’hétéroclite programmation conçue dans ce « parc sans nom » entre les rues Saint-Laurent et Clark.Trois groupes universitaires, nommés ateliers de conception, ont exploré le potentiel artistique du viaduc et de ses alentours.Cette soirée « d’imagination » a lieu mardi, dès 20 h 30 (www.daredare.org).Notons par ailleurs que le centre Dare-Dare a appris cet hiver qu’il devra se reloger, l’arrondissement Plateau-Mont-Royal devant reprendre possession du parc à la fin juin.- Le Devoir Eduardo Roda Espace de protection mini-rétrospective GALERIE BERNARD 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (514) 277-0770 mercredi llh-17h jeudi-vandredi llh-19h samedi 12h-17h www.galeriebemaKi.ca EMILIO SANCHEZ (Camciguëy, Cuba 192! - New York !999) GALERIE SIMON BLAIS www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 Mosaïque d’Europe -toophotos DANIEL RENAUD a À L'ESPACE ARS LONGA 2320 MT-ROYALEST 2 AU 6 MAI 2008 Vernissage- 2 mai -16h à20h 3 au 5 mai- 12h à 20h 6 mai- 12h à 16 h Beaux-arts des Amériques COLLINS LEFEBVRE STONEBERGER 4928 rue Sherbrooke Ouest www.collirislefebvrestonebergef.com ARTS VISUELS ET MUSIQUE 8 juin - l’exposition GLENN GOULD PLURIEL à Gatineau, 28 juin - LE LOUVRE à Québec, 5 juillet - LE FESTIVAL DE LANAUDIÈRE, puis le Festival de TANGLEWOOD, MARLBORO.Les, beaux détours www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Nicolas Grenier Du 29 mars au 4 mai, 2008 En référence au jardin paradisiaque dans lequel vivaient Adam et Êve, des arbres peints forment une forêt qui entoure les visiteurs.Bien que leur rendu soit réaliste, les teintes que leur accorde Nicolas Grenier produisent un effet virtuel.De véritables pommes, symboles du fruit de la connaissance du bien et du mal, se trouvent dans un état de décomposition avancée et sont couvertes des mêmes coloris irréels que les autres œuvres puis déposées dans la pièce.Un des tableaux laisse voir deux arbres presque identiques, abordant la thématique des manipulations génétiques et de l'influence de la technologie sur les êtres vivants.Une autre pièce de l'exposition propose un étalage de spécimens humains à l’apparence dénaturée de par leur carnation artificielle et phosphorescente, leur nature asexuée et leurs anomalies parfois inquiétantes.Ces personnages questionnent les effets de l’intégration des avancées biotechnologiques actuelles dans une société de consommation axée sur la performance et l'optimisation telle la nôtre.La phosphorescence du pigment des pièces de Grenier cite le travail de l'artiste Eduardo Kac qui en 2000, créa par manipulations génétiques un lapin phosphorescent, ce qui anima plusieurs débats tant sur les biotechnologies que sur les limites de l'art.Grenier exploite les propriétés matérielles de son spectre coloré à travers une série de tableaux abstraits en référence directe aux couleurs des écrans d’ordinateurs.L’artiste confirme ainsi l'utilisation de ces teintes en tant que symboles de l'univers virtuel, d'un monde qui prend chaque jour davantage de place dans la sphère réelle.Extrait d'un texte cki Gencvève Lafleur 5826 St-Hubert (514) 933 -0711 www.artmurxcm Mûr pri* 200& conc°^s s’adressait ac»* jeunes créateurs en metiers «fart Ouvert aux jeunes artisans professionnels pour leur apport original à l'exercice d'un métier d'art relié à la transformation du bois, de la céramique, du cuir, des métaux, du papier, des textiles, du verre ou de toute autre matière.viu.c nie montrAai.cmaq LC pf*i « c e’V'prend ; • une bourse de 3 000 $ offerte au lauréat; • une exposition des œuvres du lauréat et des finalistes; • l'acquisition, par la Ville de Montréal, d'œuvres ou d'objets choisis parmi les créations des finalistes.Date limite d'inscription : le 15 mai 2008 avant 17 h Renseignements et formulaire d'inscription : www.metiers-d-art.qc.ca ville.mont real.qc.ca/culture/prixfrancoishoude Conseil des métiers d'art du Québec : Jennifer Potvin, 5K 861-2787 #322 Ville de Montréal : Normand Biron, commissaire Prix d'excellence et Relations culturelles internationales, 5H 872-1160 mêtrI ÉAL, -TUBELLE Montréal ® Gtb E S L K I) E VOIR., LES SAMEDI 2 « ET DIMANCHE 27 A V R I L 2 O ü 8 EXPOSITIONS Mariages forcés, souvent heureux INTRUS Musée national des beaux-arts du Québec Parc des CTminps-de-Bataille, Québec Jusqu’au 12 octobre JÉRÔME DELGADO Mariages forcés, mais réussis, l’exposition Intrus qu'inaugurait cette semaine le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) en célèbre une tonne.En insérant 24 œuvres contemporaines parmi sa collection permanente, le MNBAQ propose de (re)visiter ses salles, voire l’histoire de l’art, d’une manière à la fois instructive et ludique.Même si l’exercice plaît, Elisant sourire ici, sursauter là, il peut susciter un certain malaise.Visite-t-on les musées en dehors des expos temporaires et des coups médiatiques que peuvent être les Picasso érotique et autres Rodin de ce monde?Quel destin pour les œuvres institutionnalisées, cimentées dans une collection?Comme d’autres établissements en Europe ou ici — le Musée des beaux-arts invitait Nicolas Baier en 2006 à insérer ses photos un peu partout —, le MNBAQ cherche à créer l’événement autour de salles peu fréquentées.Autre interrogation, particulière au musée de Québec du fait de son titre, du sous-titre «Vingt-quatre créateurs contemporains s’introduisent au Musée!»: l’art contemporain serait si inhabituel à un musée des beaux-arts qu’il est un «intrus», quelqu’un à ne pas inviter?Ces artistes se sont «introduits»; soyez patients, d’ici quelques mois, ils seront chassés.De tout acabit Certaines œuvres mériteraient pourtant d’y rester.Baptism, de Carlos et Jason Sanchez, scène religieuse et contemporaine, est de cet ordre, avec comme voisins Incrédulité de saint Thomas, de Théophile Hamel, et Le Baptême du Christ, de Jean-Baptiste Roy-Aubry, deux œuvres du XIX' siècle.Trait d’union entre ces deux moments du christianisme, entre ces gestes de souffrance et de rédemption, la photo des Sanchez semble avoir été conçue pour être là.De tout acabit, mais très peu de peintures, les œuvres ont été disséminées dans les sept salles de la collection permanente.Chaque regroupement, de deux à cinq aiŒS «DM Ht® dRliüQ Les Evènements fusion Théâtre Maisonneuve Pdl 20h «mes* air transat l:E partie : France JSiilleiWilfiifl-Pelletier rance utherme Major i Samedi 26 juillet Espagne Véronique Sanson Dimanche 21 juillet Mardi 29 juillet Mercredi 30 juillet jeudi 31 juillet Vendredi 1“ août Félix L’homme de paroles une celebration en paroles et musipes, sous la direction de Dominic Champagne SPECTRCLE E CLÔTU Samedi 2 août Création médité pour les 20 ans des Francos MUTANTE! PIERRE LAPOINTE mise en scène : Glande Poissant 31 jnillet: 20h lf' aoît; 20h 2 août: 18h et 21H30 Salle Wilfrid-Pelletiev, Place des Arts Tout en chanson tfSEUri "" Pavillon Magique, 20h30 ®*s i/:- Thomas Dutronc * En primeur IT* 4 soirs! do 30 jnillet an 2 août Pavillon magique, Paie des festivals France Les Nuits focus Metropolis, 21 h France i Éric Lapointe Catherine Ringer Vendredi 25 juillet Samedi 26 juillet | Dimanche 27 juillet 1 Jpuli* Mardi 29 juillet C ThomaîlHëllmcin 4MaH^dy«Touré h ht Lull Wkl, IF rance Amadou et Mariam Tricot machine Trieorohs Camille Mercredi 30 juillet | jeudi 31 juillet | Vendredi 1" août | Samedi 2 août Haboration avec nii.pj , n.-7-" san oMax.• Club aoda, I9n taü Suisse WÊÊÈÊtiF'tFÈ 'Trance Tendances Pnncc Mercredi 30 jnillet [endi 31 millet Vendredi l'r août FRANCOFOLIES.COM myopnoa.oom/ frenooloileimtl fl Joignn* notro group» «or tacobooh.com BILLETS RENSEIGNEMENTS INFO FRANCOS H VtDÊOTftO BILLETTERIE CENTRALE - MÉTROPOLIS ,149„ 59, rue Sainte-Catherine Est fra Sauf pour les événements présentés à la Place des Arts PLACE DES ARTS MÉTROPOLIS PAVILLON MAGIQUE 814 842-2112 814 908^9090 814 908-9090 1 868 842-2112 1 866 908-9090 1 866 908-9090 laplactidetartB.com ticketpro.ca ticketpro.ca 514 876-8989 1888 444 9114 francofolles.com CLUB SODA 814 908-9090 1 866 908-9090 ticketpro.ca Q IXsiantin* E2 ' r Mirroring the Musée, d’Adad Hannah, un vidéogramme sonore.SOURCE MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUEBEC .pièces, prend la forme de mini-expos thématiques.Signée Mélanie Boucher, Intrus offre plus qu’une confrontation anachronique.Ce sont des mariages forcés, oui, mais dont se nourrissent les envahisseurs et les envahis, pour reprendre les tenues de John Porter, (encore) directeur à Québec.Parmi les bons coups, soulignons Limitée de Manon Labrecque, ancrée dans l’histoire du portrait Ou le crâne de David Almejd, complément inusité des masques de Pellan qui lui font face.L’œuvre emblématique de l’expo, qb ozzim Salon des compositeurs II Samedi 2G avril, 20 h Quatuor Bozzini + artistes invites George Kentros.violon Mats Oiofsson.violoncelle the peârls before swïne experience Oeuvres de Butterfield, Sokolovic, Vivier Studio 12 Maison de Radio-Canada 14G0, bout René-Lévesque Est ENTRÉE LIBRE Réservation: 514-845-4046 Mirroring the Musée, d’Adad Hannah, seule à avoir été conçue pour l’occasion, est une fascinante mise en abyme du musée-espace, du mu-séeconcept La vidéo (deux, en lait) prend le thème de l’intrus à la lettre, autant en jouant au camouflage qu’en stimulant la multiplication des regards.Hannah, qui a déjà maintes fois exploré le musée comme lieu de création, trouve encore moyen de surprendre, tout en restant fidèle à sa manière (personnages immobiles, léger tremblement de l’image).Le corpus visité ici, pourtant assez hétéroclite entre tradition et modernité, ne pouvait mieux être servi.Même les absents, comme le bronze d’Alfred Laliberté retiré pour faire place à la pièce contemporaine, sont.remarquables.Pas très loin, Daniel Oison joue aussi les apparences.Son Love and Reverie, vidéo sonore mimant L’Enfant au pain d’Ozias Leduc, côtoie naturellement un tableau du même Leduc.Dans la salle consacrée aux monstres modernes du Québec, Massimo Guerrera fraternise passablement bien avec les sculptures en place, notamment des Louis Archambault Pourtant, ses objets, issus du projet Darboral, ne trônent pas sur un piédestal.Guerrera, pape québécois de l’art relationnel, créateur matérialiste?Et pourquoi pas.La confrontation, ailleurs, est davantage de l’ordre de la discorde.D’échelle, comme les minuscules figurines de Catherine Sylvain titillant les pièces religieuses de François Baillairgé.De réalisme, comme le personnage obèse d’Alain Benoît, dont la posture cambrée et hagarde répond à la glorification de Dollard des Ormeaux.Remarquez qu’ici, dans cette salle dédiée à l’histoire du Québec, ou ailleurs, la sculpture grandeur nature de Benoît aurait eu le même effet on la prend pour un véritable visiteur.L’écho contemporain demeure cependant plus d’une fois, trop littéral ou.pas assez.Les œuvres qui accompagnent \’Hommage à Rosa Luxemburg de Riopelle demeurent collées à son bestiaire.Dans la salle d'art inuit, c’est tout le contraire,-l’insertion ne s’adresse pas à une pièce en particulier, ni même à l’ensemble exposé.Elle parle de la précarité de notre environnement, dont les régions nordiques sont les premières à l’éprouver.Mise en espace trop appuyée (dans le cas du vidéogramme de Bettina Hoffinann) ou installation totalement coupée de son entourage (la pourtant dérangeante Le Jeu chinois de Catherine Bolduc), les propositions ne tissent pas des rapports toujours intimes.Malgré ses faiblesses, Intrus pousse le visiteur, qu’il parcourt ces salles pour la première fois ou qu'il soit indifférent à l’art conteipporain, à se poser des questions.A pieux regarder.Pourquoi ça là?A quoi bon?demande même Karilee Fu-glem, dont les phrases presque invu sibles sont à découvrir dans la salle inuite.Intervention murale à effet réversible.Et si l’intrus, c’était nous?Collaborateur du Devoir Mariette Clermont (i 9412008) twMtjr \ Photo Médiathèriue du Musoo chart ccntc*r v un dt?Montréal À la mémoire de Madame Mariette Clermont, généreuse mécène et présidente du Conseil d'adminis-tration du Musée d'art contemporain de Montréal de 1989 à 1994, période au cours de laquelle fut construit et inauguré le nouvel édifice du Musée à la Place des Arts.Nos plus sincères sympathies à sa famille et à ses proches.www.quatuorbozzini.ca En coproduction avec musique 1007 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL »*» ‘ xr; I A USTE Canai 13 immicnclien lMo»*tr4«l h*'T] Québec SÎS stop.1“ I I M' ¦ ÉË ’• ’ 'V ' "'M .BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC vous invite à assister à la conférence Jean Baptiste Louis Franquelin, hydrographe et géographe du roi Conférencier : Jean-François Palomino, cartotliécaire à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, commissaire de l’exposition Us ont cartographie l'Amérique Nommé hydrographe du roi de France en 1686, Jean Baptiste Louis Franquelin a réalisé une cinquantaine de cartes illustrant le territoire allant du Saint-Laurent jusqu'au Mississippi.À l'Auditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre 475, tioul.De Maisonneuve Est, Montréal BftiTi UQAM 514 873-1100 OU 1 800 363-9028 www.banq.qc.ca le mercredi 30 avril à 19 h Bibliothèque et Archives nationales Québec mn t 614 WÊÊÊKÊtÊKÊHÊÊ L K DEVOIR.LES SAMEDI 2 (i E T D I M A N C HE 27 A V R I L 2 0 ü S \ Révolution, une sculpture urbaine de Michel DeBroin.ARCHIVES LE DEVOIR L’art après 1968 au Québec Entre transgression et intégration PHOTO Y VA N BINET Une valse de détresse, voici un S.O.S., performance des Fermières obsédées lors du Putain de bal masqué pervers de folie/culture à Québec en 2006.MARIE EVE CHARRON En 1968, la secousse dans le milieu des arts arrive en octobre.Notre Mai 68, en moips fort et décalé, prend forme à l’Ecole des beaux-arts de Montréal par une occupation étudiante de cinq semaines, sorte de gros happening tenu sous la bannière, révélatrice, de République.L’objet de la contestation?L’autorité en place et l’enseignement jugé par trop académique dans un contexte où les artistes en herbe veulent entrer dans la danse d’une révolution sociale déjà en cours et annoncée lors d’incidents antérieurs, en 1964 et en 1965.C’est l’enseignement des arts qui est alors en crise, véritable débâcle qui convoquera plus d’un observateur et spécialiste (rapport de la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts en 1966-68; rapport sur le secteur des arts de Noël Vallerand en 1973) et qui allait entraîner la disparition de l’École, en décembre 1968, au profit de la création de l’UQAM, en juin 1969.Exit les beaux-arts et la formation traditionnelle; l’art descend du socle qui le situait au-dessus de la société.A l’automne 1968, un autre coup de détonateur survient, en sourdine, avec l’opération Déclic.Des artistes de différentes disciplines se réunissent en novembre à la Bibliothèque nationale, formulant une réflexion sur le rapport de l’art à la société, la redéfinition du rôle de l’artiste face à la société et, de là, la nécessité d’un soutien organisé de l’État à la création et à la diffusion.L’exposition Déclics art et société sur les années 1960 et 1970 présentée au Musée d’art contemporain de Montréal en 1999 a déjà rappelé l’événement.Cette expo- sition montrait aussi le foisonnement des pratiques alors marquées, depuis le début des années 1960, par un intense décloisonnement des disciplines.C’était l’éclatement du modernisme par l’apport des technologies, de la performance, du quotidien et de la culture populaire (à travers les œuvres d’Edmund Alleyn, de Pierre Ayot, des Cozic, de Francine Larivée, de Serge Le-moyne, d’Armand Vaillancourt, pour ne nommer que ceux-là); bref, tout ce que les structures en place à l’époque, vétustes et engoncées, ne pouvaient pas intégrer.D’où la grogne et les revendications pour que ça change.Puisqu’il faut ici jauger ce que 1968 a laissé dans son sillage, sans prétendre dresser un portrait exhaustif et faire le récit de la situation actuelle, c’est du côté de la diversification des lieux de l’art et des pratiques, de la place de l’art dans l’espace social et du rôle de l’artiste qu’il faut regarder.Les lieux de l’art Selon les principes de l’autogestion et pour donner une place aux expérimentations, sont issus du tournant des années 1970 les centres d’artistes, dont les premiers, Média, Véhicule Art, maintenant disparus, et Powe-rhouse/La Centrale, toujours dédié à l’art des femmes, qui sont aujourd’hui organisés en réseau (RCAAQ).Le centre Optica, un pionnier qui célébrait ses 35 ans en 2007, est la preuve que les espaces dits alternatifs peuvent aussi durer, s’ajustant aux nouveaux défis liés à la professionnalisation et à la recherche de nouvelles formes de financement Plusieurs centres toutefois sont encore en mode survie, faute de moyens.Si certains voient dans la durée des centres un signe d’insti- tutionnalisation — processus qu’observait déjà Diana Nemiroff dans un article paru en 1983 —, force est de constater que le réseau ne se sclérose pas pour autant.Dans la poursuite d’un désir de décentralisation et d’ouverture à la relève, des initiatives ont vu et continuent de voir le jour, notamment la coopérative le Paradis à Rimouski, qui réunit les centres Caravansérail et Pa-ralœil, et Perte de signal, qui attestent de l’intégration des plus récents outils de création en se vouant aux arts médiatiques.Ce n’est pas tant la contestation qui donne le ton à ce mouvement que l’adaptation du réseau pour accueillir les nouvelles réalités.C’est sans compter les artistes, intégrés ou non dans le réseau, qui interviennent ponctuellement ou clandestinement dans les lieux non consacrés aux arts (terrains en friche, bâtiments abandonnés, etc.), bousculant encore les habitudes.Malgré leurs dimensions alternative et communautaire, ces espaces n’échappent pas aujourd’hui à l’impératif de diversification et d’élargissement des publics.En phase avec les idées d’éducation et de démocratisation de l'art, des centres, comme Clark, se prévalent de programmes publics en ce sens, ce que les musées et les galeries universitaires font aussi de leur côté.Formes d’engagement Les démarches et les actions pour rejoindre les publics sont toujours dans la mire, même si l’art contemporain, ici comme ailleurs, a souvent été taxé d’hermétisme.La situation d’un art transgressif, celui qui s’oppose aux normes, aux autorités, aux dispositifs en place, pose la délicate question de son accessibilité.Il n’y a qu’à rappeler la triste censure de l’événement Corridart en 1976, installé dans la rue Sherbrooke dans le cadre des Jeux olympiques, pour montrer que les visées de chacun ne sont pas toujours compatibles.Mais là où l’art dérange, peut-il rester?Visiblement, oui.Grâce aux politiques culturelles établies (ministère des Affaires culturelles en 1961, Conseil des arts et des lettres du Québec en 1992), la recherche ou l’art,dissident reçoit les appuis de l’État.Ce phénomène, observé par le philosophe Rainer Rochlitz à propos du cas français, consiste, entre autres, à subventionner l’art subversif.Est-ce une manière de se donner bonne conscience ou de récupérer la contestation?Sans répondre à la question, qui serait un objectif périlleux, il est possible au moins de reconnaître les avantages d’un tel soutien et d’un impact sur la transformation des manières de résister plutôt que leur disparition.Bien sûr, un foyer d’actjon comme celui du Lieu et des Éditions Interventions à Québec, loin de s’essouffler, poursuit des activités plus radicales, voire militantes, avec des pratiques comme la performance, les manœuvres et diverses insertions urbaines.Dans cette veine, Les Commensaux, une programmation spéciale du centre d’artistes Skol en 200(H) 1, a voulu montrer des nouvelles stratégies de relation de l’artiste à l’espace social et au registre du politique, par infiltration et à petite échelle, révélant moins un échec de l’engagement qu'une redéfinition de ses portées.Quant à l’ouverture du Québec sur le monde, amorcée sérieusement dans les années 1960, elle s’est formulée, dans le milieu des arts, dans un désir à la fois d’affirmation de l’identité québécoise (régionalisme, art populaire) et d’internationalisation, mouvement auquel la revue Parachute a notamment contribué.Avec la mondialisation accrue aujourd’hui, l’enjeu d’une identité collective n’a pas disparu, mais il coexiste avec des postures diversifiées, passant d’une reformulation des revendications féministes aux hybridations culturelles.Si l’héritage de 1968 nous interpelle aujourd’hui pour avoir contribué à doter le milieu de structures de diffusion plus diversifiées, d’un système d’aide public, à transformer l’enseignement des arts et la position de l'artiste dans la société, ses conséquences restent encore difficiles à mesurer, la donne actuelle étant aussi façonnée par la mutation du marché de l’art et l’apparent déclin du poids politique de l’État en arts.Collaboratrice du Devoir UNIVCRSITt STConcordia U N I V E R S I T Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nu/ct Séguin Hydro Quél présente | presents festival Orford 200 ORCHESTRE'MONDIAL DES NEW ZEALAND STRING Cil JOE SULLIVAN SIG BAND LES VIOLONS DU ROY ANDRÉ LAPLANTE MARIANNE FISET KARINA GAUVIN OLIVER JONES LOUIS LORTIE '/ jyZes • y y / ¦C yy/fsy?/?yfy, /y> BONNES NOTES LE DIMANCHE 4 MAI 2008, à 16 HEURES THÉÂTRE MAISONNEUVE.PLACE DES ARTS Venez entendre quelques-unes des plus belles voix du monde de l’opéra et soutenez par la même occasion la Faculté des Beaux-arts de TUniversité Concordia et l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal.RENfT FLEMING DIANA DAMRAU YANNICK NEZET-SEGUIN IOYCE DI DONATO MAT DI K W l’OIENZANI L’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal dans des œuvres de Handel, Rossini, Offenbach, Bernstein, Mozart, Delibes, Strauss Achetez vos billets dès maintenant.Événement bénéfice (avec reçu d’impôt) : 200 $ Tél.: 514.848.2424 (4397) opera@concordia.ca Billets : 75 $ et 50 $ Place des Arts : 514.842.2112 ?MUHOUt -ilr ."n ', AmerteanAirtmes mi - «Si Ccmd.-W AKCHAM1MÇU» «YAMAHA C«p«**n » .„V1 El W^W *’+!** «*•*««« 10MUtlQV! ÆÊÊL rtùèiOTi !S ijS oalaxip* A centre d’arts ctg orford r 614 E 10 DEVOIR S A M EDI t Articulée 514 844-2172 1 866 844-2172 PARTINAIRl DI SAISON À MONTRIAl mourmn utioH PMims SSQ financier Québec B S -.,41 * ¦ ___ Québec * P 614 86 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2 0 08 • ^ inûTTIO 11IU111U) E 11 x C e n t r i s T EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 CABINES / JOHANNE FOURNIER Ven.Lun, Mar, Mer, jeu : 1ShOO - 18h40 Sam, Dim : 18h40 PEDRO RUIZ LE DEVOIR La cinéaste Léa Pool Plonger dans le jardin piétiné de l’enfance Entretien avec la réalisatrice Léa Pool et la scénariste Isabelle Hébert pour le film Maman est chez le coiffeur ANDRÉ LAVOIE Pour Léa Pool, Maman est chez le coiffeur — qui prendra l’affiche le vendredi 2 mai —, c’est un peu le temps des vacances, mais c’est surtout le temps des retours: aux années I960, déjà explorées dans Emporte-moi] à la langue française, après deux films tournés en anglais, Lost and Delirious et The Blue Butterfly, à des thèmes chers depuis longtemps à la réalisatrice d’Anne Trister, comme l’abandon, les désillusions amoureuses, l’homosexualité.Et, plus que tout ce désir d’explorer ce magnifique jardin trop souvent piétiné, celui de l’enfance.En lisant le scénario d’Isabelle Hébert — celle dont tous savent depuis le documentaire Lauzon Lauzone (2001), qu’elle fut l’amie la plus fidèle et la plus tenace du réalisateur Jean-Claude Lauzon —, Léa Pool voyait bien sûr des parallèles avec Emporte-moi, un film inspiré de sa propre enfance blessée et de son ardente passion pour le cinéma.Or elle a perçu très vite les différences fondamentales, plongeant cette fois dans un milieu bourgeois et bucolique plutôt que pauvre et urbain, où les enfants ne sont pas tout à fait des rois mais coulent des jours heureux.Jusqu’au moment où la mère (Céline Bonnier), bouleversée de découvrir la face cachée d’un homme (Laurent Lucas) qu’elle croyait connaître et aimer, se trouve devant le seul choix possible: abandonner derrière elle son mari et ses trois enfants.Reconnaître le piège «Dès que j’ai eu le projet entre les mains, évoque Léa Pool, j’ai senti le côté autobiographique, mais je me suis dit: “Moins j’en sais, plus vite je me l’approprie.”» Même si elle se doute bien que «le départ de la mère est quelque chose de réel dans la vie d’Isabelle», la cinéaste reconnaît aussi le piège de vouloir tout ramener à l’histoire personnelle de celle qui écrit, ou de celle qui tourne.«Avec Emporte-moi, ça devenait délicat, car j’affirmais ouvertement son caractère autobiographique, mais contrairement au personnage principal, je ne me suis jamais prostituée! Et mon premier film de spectatrice, ce n’était pas Vivre sa vie, de Godard, mais La Mélodie du bonheur/ Quand je disais que c'était mon film préféré, les gens riaient.» Ils risquent aussi de sourire parfois devant Maman est chez le coiffeur, la chronique d’un départ précipité mais aussi celle de trois enfants qui, sous le chaud soleil de.Belœil («J’aurais bien aimé avoir 'T - ¦ ANNICK MH DF.CARUFEL LE DEVOIR Isabelle Hébert a élaboré le scénario de Maman est chez le coiffeur.un ou deux jours de pluie pendant le tournage, mais il a tout le temps fait beau!», souligne la réalisatrice), comblent tant bien que mal l’absence de la mère.Certains y arrivent aveç une certaine insolence, comme Elise (Marianne Fortier, la seconde Aurore en titre), dont la détermination la conduira dans le monde secret, et muet, de l’étrange monsieur Mouche (Gabriel Ar-cand), partageant son plaisir de la pêche et le bonheur d’être comprise sans paroles.«Non, je n’ai jamais connu de monsieur Mouche», tient à préciser Isabelle Hébert, rencontrée quelques jours avant la cinéaste.Fille de l’ancien sénateur et éditeur Jacques Hébert (décédé en décembre dernier), sœur de Bruno Hébert, dont le roman Cest pas moi, je le ju re! sera porté à l’écran par Philippe Falardeau et dont on n’a pas manqué de souligner les similitudes avec le film de Pool («On va vite découvrir à quel point ils sont différents, et qu 'ils ont leur place», dit la scénariste et documentariste), elle s’étonne avec candeur qu’un critique de cinéma veuille la rencontrer.11 est vrai que nos routes se sont brièvement croisées l’automne dernier, à Matane, lors d’un événement fort sympathique soulignant le dixième anniversaire de la mort de Lauzon.Elle y présentait, toujours avec la même émotion, son iMUzon Lauzone, portrait personnel cosigné avec Louis Bélanger et qui allait, en quelque sorte, humaniser l’image de celui que l’on connaissait surtout pour ses films coups-de-poing (Piwi, Un zoo la nuit, Léolo).et ses coups de gueule.Impossible, donc, de ne pas le mentionner au passage.«Nous n’étions pas si différents, s’empresse de dire Hébert Nous portions les mêmes blessures, nous partagions la même sensibilité, c’était un peu mon jumeau.» Un peu partout Mais comme une évidence, elle ajoute qu’elle est «heureuse et positive».L’autobiographie, on y revient toujours.«Dans tout ce que je vais écrire, il y aura toujours une part autobiographique.Je m’inspire de mon enfance, mais aussi de celle des autres; j’ai pigé un peu partout.Qu’il s’agisse de l’abandon d’une mère, d’un ami, d’un amoureux, si tu as vécu cette émotion, tu peux la décrire.» Isabelle Hébert tenait aussi à explorer quelques tabous à une époque où ils étaient encore très étouffants — mais les choses ont-elles vraiment changé?—, sans pour autant verser dans le film à thèse.«L’homosexualité du père et l’abandon de la mère ne sont pas nommés, car on les voit du point de vue d’Elise.Quand tu es petit, tu ne sais pas tout ce qui se passe entre les adultes; tu ne peux pas mettre des mots parce que tu n’as pas de références extérieures.Ce qu’il y a de formidable chez les enfants, c’est qu’ils vivent un grand drame, ils pleurent, et deux minutes après, quand arrive le marchand de crème glacée, ils rient.» Ces changements de ton caractéristiques de l’enfance ponctuent tout le scénario, une approche qui a plu à Léa Pool.«En plus de l’humour et des dialogues “punchés”, l’écriture d’Isabelle offre beaucoup de contrepoints: on ressent quelque chose de fort et tout de suite après, quelque chose de léger.» Ce qui n’empèche pas les deux femmes de partager, à des degrés divers, une même blessure à l’égard de la mère, souffrances dont elles ont su tirer profit.«Avant que sa mère ne parte, souligne Isabelle Hébert, Elise ignorait les autres réalités.Le fait d’être touchée, blessée, lui fait prendre conscience du monde autour d’elle.Tu n’as pas besoin de souffrir pour ça.mais ça aide.» Et Léa Pool reconnaît qu,e ce n’est pas à 13 ans, l’âge d’Elise, que peut venir le pardon.«D’un point de vue d’enfant, on se demande comment elle a pu faire ça.Plus tard, on se rend compte qu'une mère n’est pas qu’une mère, c’est aussi une femme.Tout comme un père n’est pas qu’un père, mais ça, dit-elle avec un sourire ironique, Best plus acceptable.» Collaborateur du Devoir IM O 1 AU B CMC-OFFICE ! « Réjouissant! Des répliques savoureuses et de l'action à revendre! Les enfants comme les parents peuvent s'en délecter.Chapeau! » Maxime Demers, Journal de Montréal oans UNE F»aés DE CHEZ VOUS M *3 9 PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE www.dansunegalaxie2.com VTvn «nam TVWHMS nimn Partonnlros promnttonnols: « J’ai vraiment ri, c’est vraiment amusant.Il y règne une extrême bonne humeur.» Christiane Charatte, Radio-canada HW SMSM ^ toe NM m KMWfZJK IwwwlDUhnryerniigR iRlilm nnin Iff MMMV f» ee HIT fi| * * 1VBIIIMS À L'AFFICHE La bataille d’Alger, vraiment?J Ê ' # ?, SOURCE FILMS SÉVILLE Dans L’Ennemi intime, la caméra d’Emilio Siri se concentre sur le détail horrible, la chair noircie, les femmes et les enfants égorgés, le tout, il va sans dire, en gros plan.L’ENNEMI INTIME Réalisation: Florent Emilio Siri.Scénario: Patrick Rotman et Florent Emilio Siri.Avec Benoît Ma-gimel, Albert Dupontel, Aurélien Recoing, Marc Barbé.France, 2007,108 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Le réalisateur français Florent Emilio Siri a d’abord été remarqué, façon de parler, pour son second long métrage, Nid de guêpe, un film d’action à l’américaine.Hollywood a manifesté son intérêt On lui propose donc un autre film d’action, celui-là conçu pour ramener Bruce Willis à l’avant-scène du genre.Ainsi naît Hostage.Le film ne vous dit rien?Normal, ce fut un bide.Ceci expliquant peut-être cela, Siri est retourné en France et s’est attelé à un projet autrement plus ambitieux: un film de guerre musclé consacré à une page sombre de l’histoire française: la guerre d’Algérie.Le récit s’attache à deux personnages: le sergent Dougnac, une tête forte, et son nouveau supérieur, le lieutenant Terrien, un jeune homme idéaliste sans expérience du terrain.Lancés aux trousses d’un révolutionnaire élusif, leur peloton vivra de dures épreuves dans un conflit aux motivations de plus en plus troubles.L’analogie avec Ben Laden et la guerre en Irak est intéressante et, Dieu merci, pas trop appuyée.Le film vaut surtout pour le rapport qui s’établit entre les deux officiers.Un respect s’installe là où l’on attendait de l’animosité.Complexes et intéressantes, évitant les écueils du conflit de personnalités sur fond de champ de bataille, leurs interactions offrent de solides assises au film.Albert Dupontel et Benoît Magimel, respectivement Dougnac et Terrien, sont intenses et le plus souvent sobres.Les autres comédiens offrent un jeu sincère mais défendent des personnages très schématisés; leurs destins ne nous touchent donc jamais vraiment D’excellents films ont déjà été consacrés au même sujet: La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo et le plus récent Indigènes, de Ra-chid Bouchared, pour ne nommer que ceux-là.L’Ennemi intime souffre un peu de la comparaison et n’atteint jamais ja puissance de ces deux œuvres.Etrangement le problème en est un de contenu.C’est d’autant plus triste que la matière était là, abondante, riche d’anecdotes, de déchirements, de faits historiques occultés, de drames humains qui se côtoient de part et d’autre des factions.La caméra de Siri se concentre plutôt sur le détail horrible, la chair noircie, les femmes et les enfants égorgés, le tout, il va sans dire, en gros plan.La manière est défendable — montrer l’horreur pour ne pas l’oublier — mais devient vite redondante et perd ainsi son pouvoir d’impact surtout que l’un des personnages nous martèle le message textuellement dans une scène d’exposition bien filmée mais inutile.Ce défaut agaçant revient d’ailleurs un peu trop souvent, le réalisateur chouchoutant la prise de vue au détriment du rythme.On se retrouve au final avec un film qui, malgré un montage dyna- mique et des scènes de combat plutôt bien foutues, paraît beaucoup trop long.Le dernier tiers, qui devrait pourtant amener le drame d’un paroxysme à un point de clôture, est ironiquement le plus faible.On sombre parfois carrément dans le grand-guignolesque tant le traitement visuel est appuyé dans quelques situations qui sont elles-mêmes à la limite du grotesque.Ainsi, la déchéance de Terrien et Dougnac n’émeut pas comme elle l’aurait dû.Après deux épilogues, on a même un peu hâte qu’ils en finissent.Dommage.On peut s’attendre à d’autres films français consacrés au conflit algérien.La France n’a reconnu qu’en 1999 qu’il y avait bien eu guerre en Algérie.Le sentiment collectif de culpabilité doit encore tirailler.Et certains démons demandent sans doute d’être exorcisés.Collaborateur du Devoir « Une bouffée d’air pur.» M.Bilodeau.LE DEVOIR UN FILM DE ÉRIC GUIRADO ^PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! TS PRODUCTIONS présente NICOLAS CAZALÉ CLOTILDEHESME LEFILSDE L’EPICIER EX-CENTRIS ARCHAMBAULT5I Une compajnle de Quebec » Media PALMARÈS DVD CÉUNt BONNIER LAURENT LUCAS MARIANNE FORTIER est chez le coiffeur LÉA POOL ÉQUINOXE FILMS nCMit u* mm n LYSE LAFONTAINE t MICHAEL M0SCA sSunocT nmous ISABEUE HÉBERT Lwn» * mmciixiAAWt 11ANIB J0BIN («K-iNMisraA PATRICt BENGli ostunb MICHÊIE HAMEL km THIERRY MORIAAS-IURBE CLAUDE BEAUGHANÜ IUC B'JUDRIAS •nwjn* o*«bMAflE-JANSHU -«KwrUeMMTMCARCUOJBUC ohm MMWXt HWRN *au mmiUWCfl EYOJftl «mu»iwurnifRANÇOISTREMBLAY NaunoN LYSE LAFONTAINE n MlCHAfl M0SCA «nwiw if A POOL çffi.mm jk* —- _i_ '«u Ora «m -4- Pi S Dès LE 2 MAI « Un film intelligent, fin et franchement très drôle! » Variety MATTHEW COLIN HELEN BETTE BRODERICK FIRTH HUNT MIDLER i., £ Une délicieuse comédie sur la découverte d’une nouvelle maman à 40 ans.BUT pris© Version frnnçnlso dotlien slio found me.Version française dotlien silo found me.®1 A L’AFFICHE LE 2 MAI Résultats des ventes: du 15 au 21 avril 2008 ALEX KOVALEV Trucs et méthodes d'entraînement ALIENS VS PREDATOfl : REQUIEM JUNO J IN THE NAME 0F THE UNE MYSTÉRIEUSES CITÉS D’OR THE 11"1 HOUR J 400e ANNIVERSAIRE DE QUÉBEC THERE WIU BE BLOOD AWN R THE CMPMUNKS RAM DAM Saison 1 SWEENEY TODO ONCE UPON A TIME IN THE WEST U DlNER D£ CONS DÉMONS DE LA MER JUSTIN T1MBERLAKE Futuresex / Loveshow : Live tram STUSATE: ARK OF TRUTH JIXM ET YVON FONT UNE SCÈNE DANS UNE GALAXIE PRÉS DE CHEZ VOUS F THE SECRET IEB ZEPPELIN The Song Remains the Same » E 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 B ET DIMANCHE 27 AVRIL 2 0 0 8 • ^ ITiamo llHjllUJt Un EJ.de contrefaçon .' * • ¦.¦’ ¦ ¦ wmÊSft Rr-'.'v ’ ?•: ^^'ÿ> .-téS^S.-^CSair.# SOURCE ALLIANCE Sur le mode de la retenue, The Visitor traite d’un thème universel: le besoin intrinsèque, fondamental, d’établir des liens significatifs avec d’autres êtres humains.De la belle visite CJ7 Réalisation: Stephen Chow.Scénario: Stephen Chow, Vincent Kok, Tsang Kan Cheong, Sandy Shaw Lai-King.Avec Xu Jiao, Stephen Crow, Kitty Zhang, Lee Sheung Ching.Image: Ponon Hang Sang.Montage: Angie Lam.Musique: Raymond Wong.Hong Kong, 2008,99 min.ANDRÉ LAVOIE Il y a quelques années à peine, le cinéaste hong-kongais Stephen Chow faisait tout pour casser la baraque et, ma foi, y parvenait fort bien.Avec des productions pétaradantes comme Shaolin Soccer (2001) et Kung-Fu Hustle (2004), les arts martiaux devenaient de véritables chorégraphies délirantes, pimentées de références occidentales, question de rallier tous les publics.Ceux qui pleurent encore le départ d’K.T, cette créature (lucrative) de Steven Spielberg, auront l’impression qu’un lointain cousin intersidéral vient tout juste d’échouer dans CJ7, film scellant le retour de Chow au cinéma après quatre ans d’absence.Encore une fois, il s’amuse à mélanger les genres, voire à brouiller les pistes, tout comme dans Kung-Fu Hustle où l’esprit de Sergio Leone et celui de Bruce Lee taisaient si bon ménage.Cette fois, le mélodrame le plus larmoyant se juxtapose à une amusante fantaisie spatiale, le tout pimenté de ces petites horreurs'scolaires où de parfaits imbéciles empoisonnent la vie des plus vulnérables.Heureusement, le petit Dicky (interprété, oui, par la petite Xu Jiao), neuf ans, peut compter sur une créature étrange que son père (Shephen Chow) a recueillie dans un dépotoir, là où il fait malheureu-sement toutes ses emplettes.L’étrange boule verte qu’il donne à son fils afin de se faire pardonner pour les jouets qu’il ne peut lui offrir se transforme en curieux chien docile (parfois) doté de pouvoirs étonnants.Pratique pour un gar- çon dont on se moque des souliers troués, souffre-douleur d’une école pour gosses de riches, là où son père engloutit son salaire de misère.Mais celui que Dicky a baptisé CJ7 (un clin d’œil du cinéaste au programme spatial chinois), abandonné par les siens mais guère pressé de téléphoner à la maison, n’est pas totalement invincible.Ceci ne l’empêchera pas de bouleverser l’existence de ce garçon privé de sa mère aujourd’hui décédée, vivant au milieu des coquerelles et croquant souvent dans des pommes pourries pour se remplir l’estomac.Ceux qui furent conquis par les excès passés de Stephen Chow le trouveront bien sage dans CJ7.Optant pour la forme consensuelle et rassurante du film familial, parsemé il est vrai de quelques rares bonnes bagarres, il n’hésite pas à accentuer le caractère misérable de cette famille pour mieux souligner le mépris des uns (les camarades de classe de Dicky donnent le goût d’adhérer au communisme version stalinienne) et la bonté des autres (une enseignante aux allures de mannequin fait office de bonne fée).Evitant la débauche d’effets spéciaux, le cinéaste concentre ses efforts techniques sur la bouille sympathique de cette créature de l’espace aux intentions imprécises (Pourquoi fut-il laissé au milieu des détritus?Mystère et boule de gomme.verte) mais jamais belliqueuses; la dextérité faciale de la bête rehausse son improbable humanité.Chow possède toutefois moins d’emprise sur Xu Jiao, jamais à court d’énergie lorsque vient le temps de piquer une sainte colère ou de répéter cent fois la même chose.CJ7 n’est pas près de déclasser E.T.dans le cœur de ses admirateurs encore nombreux, mais comme objet cinématographique de contrefaçon, la copie est celle d’un bon artisan, autrefois plus turbulent et plus irrévérencieux.Collaborateur du Devoir THE VISITOR Ecrit et réalisé par Thomas McCarthy.Avec Richard Jenkins, Haaz Sleiman, Danaijekesai Gurira, Hiam Abbass.Etats-Unis, 2007,108 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Dans les grandes villes, le concept de «vie en société» relève souvent du paradoxe.De fait, des centaines de milliers de personnes, voire des millions, se côtoient, se frôlent, mais se gardent d’entrer en contact les unes avec les autres.La grisaille des métropoles qui joue sur le moral, peut-être.Ou la peur de l’autre, tout bêtement.Ou la certitude que du contact peut naître l’attachement, et que de ce dernier, fatalement viendra forcément un jour la douleur de la perte.Sur le mode de la retenue, The Visitor traite d’un thème universel: le besoin intrinsèque, fondamental, d’établir des liens significatifs avec d’autres êtres humains.Après son fort agréable Station Agent, le réalisateur et scénariste Thomas McCarthy ex- plore de nouveau les complexités du rapport à l’autre sans sombrer dans les généralités ou le pathos à rabais.On se rend compte d’ailleurs rapidement que le récit qu’il propose n’en est pas un à s’abreuver à la fontaine des lieux communs.Les dialogues sont à l’avenant, présents si nécessaire, et ne soulignant jamais en gras une idée ou un message.Ils expriment les doutes, l’exaltation tranquille puis l’impuissance d’un homme rattrapé par sa propre humanité.Cet homme, c’est Walter Vale, veuf de sôn état et professeur d’économie dans un collège anonyme du Connecticut.Walter mène une existence morne au possible.Or on sent bien que ce type, ni triste, ni gai, cherche un exutoire.Ses tentatives pour apprendre le piano en sont la preuve, quoiqu’on puisse aussi y voir un effort désespéré pour maintenir en vie le souvenir de sa défunte épouse, une pianiste reconnue.Comme l’action est nécessaire au mouvement, une conférence à New York viendra brouiller les cartes.Sur place, Walter découvre, surpris (mais si peu), que l’appartement qu’il garde dans la Grosse Pomme est occupé par un jeune couple, lui Syrien, elle Sénégalaise.La suite ne saurait être dévoilée, mais que le spectateur sache que ce récit éminemment émouvant et sincère opère au moins trois changements de registre marqués, tantôt comédie de mœurs, tantôt drame social puis sentimental.Chacun plus prenant que le précédent Et pour qui souhaite en savoir plus, disons simplement que The Visitor ravira ceux qui ont succombé aux charmes discrets de Je ne suis pas là pour être aimé et de Shall We Dance?(l’original, s’entend), portraits au masculin d’êtres cherchant désespérément un sens à leur existence et le trouvant en des lieux, ou des gens, inusités.Le film est porté à bout de bras par Richard Jenkins, un «character actor» ayant joué un nombre incalculable de flics, d’agents du FBI et de shérifs.Aujourd’hui, on le connaît surtout pour son rôle de patriarche fantomatique dans la série-culte Six Feet Under.Jenkins a la banalité particulière, c’est-à-dire que ses traits quelconques, vague- ment tristes, semblent avoir été inventés pour exprimer toutes les déclinaisons de l’impassibilité.Un art en soi, et une source d’amusement à certains moments où d’autres acteurs auraient, nul doute, forcé la note pour s’assurer un rire.Pour notre plus grand plaisir, le comédien préfère, dans le jeu, la dentelle au macramé.Et c’est un privilège de le voir dévoiler, par petites touches, la lente ouverture sur le monde du personnage et les émotions parfois douloureuses que sa démarche humaniste charrie dans son sillage.Riche de détails finement observés et sans effet d’écriture, le récit de ce monsieur Tout-le-Monde émeut justement parce qu’il est honnête de bout en bout et qu’il assume son dénouement terre à terre.Cette conclusion a entre autres mérites celui d’être crédible.Si on ne sort pas de la projection dans un état de béatitude, on éprouve en revanche le désir immédiat de parler du film à son voisin, à l’ami qui nous accompagne, à n’importe qui.Juste quelques mots.Juste un échange.Un contact Collaborateur du Devoir SOURCE MONGREL MEDIA Le parcours du petit Dicky et de son amie Maggie sera bouleversé par l’arrivée d’une curieuse boule verte.H .Jl?- ¦ V.*.T .¦ - pappaa**.| HLM D'OUVERTURE DE II VUES D'AFRIQUE ?«Un vrai régal! Une petite merveille qui met durablement en état de grâce.» Anabslle Nicoud, La Presse «Du grand art! Un vibrant portrait de femme.» François Lévesque, Mediafilm «Un film coloré et ensoleillé.» Manon Dumais, Voir «Une pure merveille!» Rachel Haller, Ici «Un film extrêmement sympathique!» Catherine Perrin, Radio-Canada, C'est bien meilleur le matin «Je vous le recommande! D’un charme incroyable!» Michel Coulombe, Radio-Canada, Samedi et rien d'autre ïi’twf-vïm B 1 ZJ r A ""'"I jjfwws y.ij P ~J Bivounn nadia haci Rvun PRonm oaniei luhdh mi un Piini de nnom moHnèCHE métrofode À L'AFFICHE ! rCMCPirx urvwmMCMÉNT-.Iboucherville 1 BX-CENTRI8 |n>ONT-VIAu'ial[ SHEBBHOOKÊII I.KC'cLAP I «.un petit bijou de finesse et de drôlerie » Gérard Grugeau, 24 IMAGES Une fantaisie documentée de Jeanne Crépeau autour d'un drôle de séjour parisien.mvre therioe m du2au8mai EX-CENTRIS C INÉMA PARALL3L E 3536, bout.Saint-Laurent,Mtl.Billetterie (514) 847-2206 F3H ’'SS.™ ?«r- «C.» Q www.f3m.ca bande annonce disponible au www.boxfilm.ca FESTIVAL DE CANNES PRIX DU SCÉNARIO - PRIX DU JURY ŒCUMÉNIQUE ?L'Express L'Humanité Paris Match ?20 Minutes TéléCinéObs Télérama ?Le Parisien Positif Ciné Live « Splendide! » « Aussi beau que poignant! » Télérama Le Journal du dimanche « Bouleversant et profondément romantique! » Le Parisien «Entre Istanbul et Hambourg un enivrant chassé-croisé des destins.» Libération DE L'AUTRE UN FILM DE FATIH AKIN A L’AFFICHE DES LE 2 MAI! «
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