Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2008-05-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Objectifs: favoriser la mobilité des étudiants québécois et créer des partenariats Page A 3 v w w \v .led t' \' o i r.i' o DEVOIR Vol.X C 1 X N " !) 6 ?L E .1 E UDI I fR M A 1 2 O O S S !) O + T A \ K I $ Québec aide les immigrants à parler l’anglais Le gouvernement paie des cours aux francophones pour améliorer leur employabilité ROBERT DUTRISAC uébec —Afin de tenir compte des exigences.du Vv marché du travail dans la région de Montréal l'Étal québécois paie des cours d’anglais à des immigrants qui souffrent du handicap de ne connaître que le français.Ces cours d’anglais sont offerts par des organismes d’intégration et de francisation de la région de En 2008, Ottawa versera 205 millions au Programme alimentaire mondial GÉRARD BÉRUBÉ ".sÜ & Indécence pétrolière Le bénéfice net d'Exxon en 2007 aurait placé la pétrolière au 82e rang des pays en matière de PIB sur une liste de 232pays ¦ Page B 1 Montréal.Dans certains cas, les professeurs sont fournis par la commission scolaire English-Montréal.Dans d’autres cas, des groupes communautaires obtiennent des fonds d’Emploi-Québec pour offrir des activités afin d’améliorer X«employabilité» des immigrants, ce qui peut comprendre l’apprentissage de l’anglais.Enfin, les commissions scolaires anglophones offrent directement des cours d’anglais aux nouveaux arrivants.En vertu des nouvelles règles établies cette année par le ministère des Finances, c’est normalement le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (M1CC) qui doit assumer la note pour les cours donnés à des immigrants par des professeurs des commission scolaires.Ainsi, Carrefour solidarité Anjou, un organisme chargé de l’intégration des immigrants dans l’est de l'ile de Montréal, a reçu fil) 000 $ pour offrir à 40 femmes immigrantes des activités d’une durée de huit semaines afin de leur permettre d’acquérir des compétences de base et des «competences améliorant leur employabilité».Selon l'entente de service qui lie l’organisme et Emploi-Québec et dont Le Devoir a obtenu VOIR PAGE A 8: IMMIGRANTS Crise alimentaire 50 millions de plus pour les pays pauvres Le NPD et le Parti libéral jugent qu'un pays riche comme le Canada peut en faire davantage ALEC CASTONGUAY Ottawa—Deux mois après le cri d’alarme lancé par l’ONU, le Canada a délié les cordons de sa bourse hier pour contrer la crise alimentaire mondiale.Le gouvernement fédéral versera 50 millions de dollars supplémentaires cette année pour combattre la faim dans les pays pauvres, ce qui porte sa contribution totale à 230 millions pour 200809.D s’agit d’une hausse de 28 % par rapport à l’an dernier.Le NPD et le Parti libéral jugent toutefois qu’un pays riche comme le Canada peut en faire davantage.Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies réclame de toute urgence une somme de 755 millions $US pour fournir de la nourriture à 73 millions de personnes dans 78 pays.Le PAM a reçu 60 % de cette somme jusqu’à présent La hausse vertigineuse du prix des produits alimentaires de base depuis un an ne permet plus à l’organisme onusien de remplir ses obligations.Par exemple, le prix du riz sur les marchés a bondi de 74 % et celui du blé, de 130 %.Seton le PAM, 37 pays sont déjà confrontés à une urgerr ce alimentaire qui a déclenché des «émeutes de la faim».En raison de la hausse des prix, le PAM ne peut fournir aujourd’hui que 60 % de l’aide apportée l’année dernière.La situation est particulièrement difficile pour le milliard d’humains qui vivent avec moins d’un dollar par jour.Sur les 50 millions annoncés hier par Ottawa, 45 millions iront au PAM.Le Canada solidifie donc sa position de grand donateur en matière de sécurité alimentaire, VOIR PAGE A 8: PAUVRES *; SPr ai A c 'fc I I A;#*" AGENCE FRANCE-PRESSE Le Canada modifie sa façon de contribuer au Programme alimentaire mondial en n’exigeant plus que son argent serve à acheter des denrées alimentaires au Canada à hauteur de 50 %.Ottawa ne veut qu’une seule voix Tous les documents destinés au public devront être approuvés par le bureau du premier ministre HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — 1a* gouvernement fédéral élabore une politique de communication unifiée pour tous ses ministères de manière à ce que, désormais, tous les documents destinés au publie transitent au préalable par le bureau du premier ministre pour fins d’approbation.Cette réglementation ratisse tellement large que la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, ainsi que les autres agents du Parlement se sont sentis visés et se battent pour s’y soustraire.Le NPD a sauté sur cette information hier comme étant une preuve supplémentaire que le gouvernement de Stephen Harper tente de lout contrôler au sein de l’appareil gouvernemental, même ce qui est censé en être indépendant Les conservateurs rétorquent que leur politique n’a rien de nouveau et qu’ils n’ont aucune intention d’empiéter sur l’indépendance des agents du Parlement Sheila Fraser a lâché sa bombe en comité parlementaire mardi.Elle a expliqué qu’Ottawa élaborait une nouvelle politique d’uniformisation de toutes les communications gouvernementales.Y seraient assujettis non seulement les agences et ministères fédéraux mais aussi les agents du Parlement que sont la vérificatrice générale, les commissaires à l’information et à la vie privée ou encore le conseiller à l’éthique.«Une ébauche de politique de communication circulait récemment, une politique qui prévoit que toutes les VOIR PAGE A 8: VOIX -Stephen Harper L’école pour les nuis L écrivain français Daniel Pennac reçoit le prix littéraire Metropolis bleu 1 N D K X .Annonces B4 Idées A7 Avis publics B 6 Météo B 5 Bourse B 2 Monde B 5 Culture B 8 Mots croisés B3 Décès B 4 Sports B6 Économie B 1 Sudoku B 4 Éditorial .A6 Télévision B 7 CAROLINE MONTPETIT Il a toujours le verbe lent la posture tranquille, un regard de myope, comme tourné à l'intérieur de lui-même, quelque chose de rassurant Ecrivain doublé d'un professeur ou, inversement professeur doublé d’un écrivain, Daniel Pennac a gagné cette année le prix Renaudot pour son livre Chagrin d’école, où il fait une admission de taille pour un enseignant de carrière: avant de réussir, il était un cancre.Cette semaine, Daniel Pennac, l’ancien cancre, est à Montréal.D a reçu hier le prestigieux prix littéraire Metropolis bleu, assorti d’une bourse de 10 000 $ qui couronne l’ensemble de son oeuvre.Or cette réussite, raconte-t-il dans Chagrin d’école, il la doit essentiellement à des professeurs.Des professeurs attentifs, habiles, qui l’ont littéralement sauvé, par leur savoir-faire, de l’échec scolaire, de la délinquance, et d’autres professeurs qui le maintenaient au fond du trou.«Oui, c’est le propre des cancres, ils se racontent en boucle l’histoire de leur canererie: je suis nul, je n’y arriverai jamais, même pas la peine d’essayer, c’est foutu d’avance, je vous l’avais bien dit, l'école n’est pas faite pour moi.écrit-il.L'école leur parait un club très fermé dont ils s’interdisent l’entrée.Avec l'aide de quelques professeurs.parfois.» En tait, Pennac a connu de telles difficultés scolaires étant entant qu’encore aujourd'hui.VOIR PAGE A 8: PENNAC fî: fftl «Le verbe “lire” ne supporte pas l’impératif.Aversion qu’il partage avec le verbe “aimer”.le verbe “rêver”.» r ; I PEDRO RUIZ LE DEVOIR Daniel Pennac a connu de telles difficultés scolaires étant enfant qu’encore aujourd’hui, sa mère, qui a 102 ans, marquée par ses échecs, se demande encore s’il s’en sortira un jour. L E \> E V 0 I R .L E .1 E I' 1> I I M AI 2 0 0 8 A ‘2Î ÆS ACTUALITES Commission parlementaire sur le congédiement de Bruno Fortier L’ADQ conclut à l’échec MARTIN OUELLET Québec — Les Québécois ne connaîtront pas les circonstances exactes qui ont amené le gouvernement Charest a limoger le délégué général du Québec a New York, Bruno Fortier.Après deux jours d’audiences, la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur le congédiement précipité de M.Fortier n’a pas livré la marchandise, a reconnu hier l’opposition officielle.«C'est clair qu’on ne ressort pas avec la lumière sur le congédiement.On ressort avec davantage de questions, je pense, et le flou artistique demeure», a dit le leader parlementaire de l’AÜQ, Sébastien lYonlx, en point de presse à l’Assemblée nationale.Beaucoup de choses ont été dites sur le tempérament de M.Fortier par les huit témoins entendus en commission parlementaire, dont M.Fortier lui-même, le premier ministre Jean Charest et la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.Mais les témoignages ont souvent été contradictoires, notamment celui livré par la directrice des ressources humaines au ministère des Relations internationales, Josée Cerone, confus et évasif.Four le reste, les parlementaires n'ont pas cherché à révéler au grand jour la chaîne d’événements qui a conduit une employée de la délégation à déposer contre M.Fortier une plainte pour harcèlement psychologique.Qui plus est au terme de l’exercice, les membres de la commission ne sont toujours pas en mesure de comprendre la raison pour laquelle M.Fortier, une fois congédié, a été sommé de ne plus remettre les pieds à la délégation et d’attendre au Québec qu’on lui expédie ses effets personnels.Pour cela, le député Proulx blâme le fouillis administratif qui régné, selon lui, au ministère des Relations internationales.«Il n’y a personne qui est arrivé en nous disant moi, je l’ai, le dossier complet, j’ai bien fait mon travail d’administrateur.Cela soulève plusieurs questions sur la façon dont on gère, à l’intérieur du ministère des Relations internationales, ce type de plainte et notamment sur la gestion de la ministre», a-t-il soutenu.L’opposition officielle croit en effet que la ministre Gagnon-Tremblay sort affaiblie de la commission parlementaire puisque ses allégations a l’égard de M.Fortier — un individu qu’elle a décrit comme entêté, insubordonné, manquant de jugement et de discernement — ont été contredites à plusieurs reprises par les témoins.«On a fait la démonstration que la ministre des Relations internationales n’a pas été en mesure de gérer une crise.La crise, si elle a existé pour le gouvernement du Québec, c’est parce qu’elle l’a créée elle-même», a dit M.Proulx.La Presse canadienne CONTINUEZ LA BELLE VIE mmmmm mb iVI mm OBLIGATIONS D’ÉPARGNE DU QUÉBEC + Remboursables quotidiennement, sans pénalité.+ Taux annuel minimum garanti.+ Émission 2008: offerte jusqu’au 31 mai.OBLIGATIONS À TAUX PROGRESSIF + Remboursables chaque année, à leur date anniversaire, sans pénalité.+ Taux progressifs garantis pour 10 ans.+ Offertes à l’année.Les derniers sondages rendent Charest de bonne humeur ANTOINE ROBITAILLE uébec — Jean Charest flottait la période de questions au Salon bleu, hier.Un sondage CROP-La Presse indique une tendance analogue à celle révélée par le coup de sonde Léger Mar-keting-Le Devoir publié la semaine derniere.Le Parti libéral récolte 38 % d’appui alors que le PQ, à 29 %, est revenu à son niveau d’appui du scrutin de 2007, et l’ADQ, a celui de 2003 (17 %).Avec 32 % d’appui du côté des francophones, le PLQ chauffe même le Parti québécois, qui récolte 34 % des intentions de vote à ce chapitre.L’ADQ tombe à 19 %.Le premier ministre, très détendu et débonnaire, a multiplié les blagues non seulement dans ses réponses mais aussi lorsque les autres parlementaires avaient la parole.«Quelle arrogance!», a-t-il répondu, pince-sans-rire, à la chef pé-quiste Pauline Marois hier lorsqu’elle l’a questionné sur le décrochage scolaire en rappelant qu’il est au pouvoir depuis cinq ans et qu’il n’a pas respecté sa promesse de 2003 de faire reculer ce fléau.La chef péquiste est revenue à la charge en question complémentaire, s’accordant le crédit pour de bons résultats des élèves québécois en lecture, en mathématiques et en sciences: «Ce sont nos réalisations!», a-t-elle lancé.Le premier ministre s’est ensuite amusé: «Elle vient nous blâmer parce, selon elle, le taux de décrochage scolaire est trop élevé.Puis là, elle prend le crédit parce que les enfants réussissent bien.Il faudrait qu’elle se décide: c’est-tu de notre faute, on est-tu responsables, oui ou non?» Alors qu’elle était explicitement adressée à sa ministre line Beau- champ, M.Charest a tenu à «prendre» la dernière question, laquelle portait sur l’implantation des normes californiennes au Québec.«Je reviens par demande populaire», a-t-il plaisanté avant de rétorquer au critique adéquiste en matière d'environnement, Simon-Pierre Diamond, qu’il avait justement eu l’occasion la semaine dernière, au Connecticut, de discuter de la question des nonnes californiennes avec le gouverneur Arnold Schwarzenegger.«C'est mon nouvel ami, le gouverneur Schwarzenegger.On est pareils, lui et moi, M.le président», a badiné le premier ministre.Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a manifestement été inspiré par le persiflage de son chef.Après avoir souligné que, selon un candidat de l’ADQ, il faut «investir dans la santé» et «accueillir les immigrants», il a lancé: «Le vent a tourné [.], et ça nous fait [.] penser à ces instruments qu’on voit, sur le toit des maisons, qui sont dotés, on le sait, de propriétés anémo-tropes», a-t-il dit pour éviter le fameux mot banni: «girouette».Exempte d’échanges marquants, la période de questions d’hier a cependant été ponctuée d’un fou rire général.Prenant origine dans les banquettes minister rielles, il a été déclenché par le flétrissement soudain et accéléré d’un iris à la boutonnière du ministre du Travail, David Whissell, alors que celui-ci répondait à une question et ne comprenait pas la raison pour laquelle l’assemblée était plongée dans l’hilarité incontrôlée: «Le député de Terrebonne semble trouver ma réponse très drôle.» Le président a même menacé de suspendre les travaux.Le Devoir Mario Dumont remanie son équipe Québec — Plusieurs changements ont été effectués au cours des derniers jours au sein du cabinet du chef de l’opposition officielle, Mario Dumont Tel qu’il l’avait annoncé la semaine dernière à la suite d’un sondage où les intentions de vote pour son parti chutaient passablement, le chef de l’Action démocratique a nommé Vital Adam à la direction des communications de son cabinet Originaire de Joliette, M.Adam est un communicateur stratégique qui a œuvré autant en agence de communication qu’auprès des entreprises.Par ailleurs, Stéphanie Desforges devient l’attachée de presse du chef de l’opposition officielle.Sébastien Gariépy assurera également les fonctions d'attaché de presse à l’aile parlementaire adéquiste.Dans le secteur du contenu et des opérations politiques, Jean-Nicolas Gagné est nommé conseiller politique au cabinet du chef de l’opposition officielle.M.Gagné a occupé les fonctions d’attaché de presse du chef de l'opposition officielle du- rant les six dernières années.Elodie Girardin-Lajoie est nommée pour sa part coordonnatrice des opérations politiques.Elle sera secondée par Eric Vachon, qui accède au poste de coordonnateur de tournée.Jean Nobert un membre fondateur de l’ADQ, sera chargé de la liaison entre le cabinet du chef de l’opposition officielle et le caucus.Un autre membre fondateur, Patrick Robitaille assurera quant à lui la liaison entre le cabinet du chef de l’opposition officielle et le parti.Finalement, le conseiller politique, l’ancien bloquiste Pierre Brien, est nommé chef de cabinet du leader parlementaire.Ces changements surviennent alors qu’un deuxième sondage en moins d’une semaine fait chuter passablement les intentions de vote en faveur de l’ADQ.Un sondage CROP-La Presse ne donne qu’environ 17 % des intentions de vote au parti de Mario Dumont si des élections avaient eu lieu la semaine dernière.La Presse canadienne Pour en savoir plus sur ces produits et sur notre gamme de produits sécuritaires, téléphonez-nous ou consultez notre site Internet.J’essaie de vous éviter un procès EPARGNE PLACEMENTS QUEBEC 1800463-5229 I VOS ÉCONOMIES GARANTIES À100% www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec llll ON VEUT PAS QUE ÇA ARRETE! François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 L'Exposition d'Antiquités de Montréal # 2-4 mai, 2008 HIPPODROME de MONTRÉAL 7440, boul.Décarie HIPPOOWOME 15 Décart» Des antiquaires prestigieux vous offrent une sélection vaste d'objets du monde entier Vendredi 2 mai 11h-21h Samedi 3 mai 11h-18h Dimanche 4 mai 11h-17h Adulte $8.00 • Âge d'or $6.00 • Enfant $1.00 Productions Behr (514» 93S-6375 # » ft LE DEVOIR.LE J E T D I 1 MAI 2 0 O 8 \CTUALITES Michel David Le geste Si un jury avait eu à se prononcer à partir des témoignages entendus en commission parlementaire, il y a de fortes chances que l’ex-délégué du Québec à New York, Bruno Fortier, aurait vraisemblablement été acquitté.11 y avait trop de contradictions dans les propos qu’on a entendus pendant deux jours pour lui retirer le bénéfice du doute, à moins de considérer comme une faute grave le fait d’être un ami intime du premier ministre.La thèse de l’insubordination défendue par la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, et son sous-ministre, Alain Cloutier, n’est pas très convaincante.On avait reproché à M.Fortier d’avoir mis en œuvre une réorganisation sans l’autorisation du ministère, mais le conseiller à l’administration à la délégation, André Prince, soutient que celle-ci n'a jamais été entreprise.Certes, il peut arriver que le pouvoir monte à la tête, a reconnu le prédécesseur de M.Fortier, Michel Robitaille, qui en a cependant gardé le souvenir d’un subordonné dévoué et respectueux de l’autorité.S’il y a eu des abus qui justifiaient une liquidation aussi expéditive, ils n’ont pas été documentés devant la commission.Il est regrettable que les libéraux aient empêché la comparution d’une ex-employée de la délégation qui souhait témoigner du climat qui y régnait Pour ajouter à la confusion, La Presse rapportait hier avoir reçu une lettre expédiée à partir d’un télécopieur de la délégation, selon laquelle M.Fortier aurait été victime d’une «campagne de salissage».L’employée qui a porté plainte pour harcèlement psychologique aurait «colporté des rumeurs».L’ex-délégué dit avoir été victime d’un traitement «intempestif et injustement sévère».Logiquement il devrait entreprendre des recours judiciaires.D est clair que cette affaire risque de nuire considérablement à la suite de sa carrière, et il est trop jeune pour prendre sa retraite.?Quelque chose ne colle pas dans cette histoire.Pour accabler ainsi un ami du premier ministre, il fallait certainement que l’affaire soit grave.Si les raisons qui ont motivé son renvoi et l’interdiction de retourner à New York ne sont pas celles qui ont été invoquées, quelles sont-elles?Dans l’entrevue qu’il avait sollicitée avec ma collègue Kathleen Lévesque, début avril, M.Fortier avait lui-même expliqué qu’une plainte pour harcèlement psychologique avait été invoquée pour justifier son congédiement Mardi, il a déclaré ceci: «La plaignante.l’employeur m’a informé, le 19 janvier, qu’elle faisait des vérifications administratives sur un geste que j’aurais pu commettre — je n'en fais pas l’admission — à l’endroit de la plaignante.» Très bien, mais quel geste M.Fortier a-t-il refusé d’avouer?Depuis le tout début, des rumeurs toutes plus croustillantes les unes que les autres circulent sur la colline parlementaire.Interrogée par le député pé-quiste de Richelieu, Sylvain Simard, la directrice des ressources humaines du ministère, Josée Cerone, qui a participé aux échanges avec la plaignante, n’a pas voulu révéler la nature de sa plainte puisque «rien n’a été confirmé ou infirmé».Marchant visiblement sur des œufs, Mme Cerone a expliqué que «le dossier a été transféré à la personne-ressource experte en ce domaine-là [et qu’]e//e devait faire rapport au sous-ministre».Or, selon ce dernier, la plainte est désormais caduque puisque M.Fortier n’est plus à l’emploi du ministère.On a congédié un ami du premier ministre sans même prendre la peine de vérifier les allégations de la plaignante?Si l’affaire se retrouvait maintenant devant la justice, on voit mal comment le gouvernement pourrait invoquer une plainte dont le bien-fondé n’a pas été établi.C’est comme si on avait décidé d’enterrer l’affaire, peu importe le prix à payer.Le premier ministre Charest s’en tire remarquablement bien dans les circonstances.Si M.Fortier s’adresse aux tribunaux et obtient réparation, personne n’ira reprocher à M.Charest d’avoir été trop sévère pour son ami, bien au contraire.Et si les choses en restent là, cette histoire sera rapidement oubliée.Tout semble lui réussir par les temps qui courent.On ne peut pas en dire autant de Monique Gagnon-Tremblay.La ministre des Relations internationales n’est f>as une politicienne assez talentueuse pour jouer au plus malin.Elle a géré cette affaire de façon déplorable du début à fa fin.A aucun moment on n’a pu penser qu’elle disait fa vérité.11 faut néanmoins lui reconnaître une qualité: la loyauté.Elle a toujours été d’une fidélité absolue envers Jean Charest, qui le lui a d'ailleurs bien rendu.S’il avait écouté ses conseillers après fa victoire d’avril 2003, Mme Gagnon-Tremblay serait devenue présidente de l’Assemblée nationale plutôt que d’être nommée vice-première ministre.Dînant le premier mandat quand elle s’est livrée à une partie de bras de fer avec son collègue responsable des Affaires intergouvemementales canadiennes, Benoît Pelletier, qui convoitait son ministère, M.Charest a tranché en faveur de sa vieille amie.Quelqu'un de plus habile aurait sans doute pu éviter de placer la diplomatie québécoise dans cette situation embarrassante, mais elle a fait de son mieux pour couvrir le premier ministre.Peu importe qu'elle se $oit ridiculisée, du moment qu’il s’en sort indemne.A en juger par les sondages, fa cohabitation a bien des vertus aux yeux de fa population, mais elle ne doit pas avoir pour effet de créer une confusion des genres.Un problème de cet ordre devrait se régler au niveau administratif.Cette fois-ci, le gouvernement avait un peu couru après, direz-vous, mais il ne faudrait pas en faire une habitude.mdavid@ledevoir.com CLÉMENT ALLARD LE DEVOIR Bruno Fortier -rpîi ' \ -A- y « * ARCHIVES AGENCE ERANCE PRESSE L’Université du Québec s’installe à Paris Objectifs: favoriser la mobilité des étudiants québécois et développer de nouveaux partenariats L’heure est à l’internationalisation de l’éducation.De plus en plus, les universités cherchent à attirer davantage d’étudiants étrangers et à faire vivre des expériences internationales à leurs étudiants québécois.Le réseau de l’Université du Québec s’inscrit résolument dans cette tendance en ouvrant un bureau à Paris.CLAIRANDRÉE CAUCHY Le réseau de l'Université du Québec (UQ) a désormais pignon sur rue à Paris.Le regroupement des neuf universités publiques québécoises inaugurera à la fin du mois la Maison de l’Université du Québec dans 1a métropole française dans l’espoir de tisser des liens plus étroits avec le milieu universitaire français.On souhaite ainsi favoriser la mobilité des étudiants québécois et développer des projets de recherche conjoints avec des universités françaises.Avant même que le ruban ne soit officiellement coupé, le bureau parisien compte déjà un employé, un seul, depuis janvier.H s’agit du directeur des affaires étudiantes, Georges Arcand, qui continuera à assumer ses fonctions en collaboration avec ses vis-à-vis des universités québécoises tout en développant des partenariats avec les institutions françaises.Le bureau, dont l’inauguration est prévue le 27 mai, dispose d’un budget de fonctionnement annuel de quelque 200 000 $.On précise cependant à 1TJQ que le salaire du directeur des affaires étudiantes était déjà couvert par le réseau.Pour l’heure, le siège social finance la dépense, mais des négociations sont à prévoir avec les différentes composantes de l’UQ afin que les coûts soient partagés.Selon le vice-président à l’enseignement et à la recherche du réseau UQ, Daniel Coderre, cette présence physique en France contribuera à établir des partenariats avec les uni- versités françaises, voire européennes, pour l’enseignement et fa recherche.«En ayant quelqu’un en France, on fait rapidement partie des cercles où l'injurmation circule», a expliqué M.Coderre.La Maison de l’UQ à Paris ne vise pas nécessairement à recruter des étudiants français.Dans ce rayon, les affaires vont déjà plutôt bien.En fait il y a cinq étudiants français dans le réseau de l’UQ pour chaque étudiant québécois qui effectue un séjour en France.In croissance des effectifs du réseau depuis deux ans, qui s’établit à 0,7 %, est en effet es-sentieflement attribuable à l’accroissement du nombre de séjours d’étudiants étrangers, dont une très grande majorité proviennent de France.Le nombre d’étudiants français dans les composantes de 1UQ est passé de 1481 en 2005 à 1734 deux ans plus tard.«On veut faire bouger davantage les étudiants québécois à l’étranger La Maison du Québec devient un acteur facilitateur», a poursuivi M.Coderre.L’UQ veut notamment développer des programmes de formation conjoints entre ses établissements et des universités françaises.«Nous voulons nous assurer de développer des cursus intégrés pour nos étudiants québécois o l’étranger.On veut éviter le simple tourisme académique», a indiqué M.Coderre.Déjà, les projets vont bon train avec des universités parisiennes ainsi que les régions de l’Aquitaine et de fa Bretagne.Un projet de maîtrise commune sur l’eau en coopération avec l’Université de Bordeaux est d’ailleurs dans les cartons.L’UQ espère même que les parte- nariats avec les universités françaises serviront de tremplin vers l’Europe, voire avec le reste du monde, notamment grâce au programme de 11 Inion européenne Erasmus Mundus, dont l'objectif consiste à fa voriser fa mobilité étudiante.Recherche conjointe Au-delà de la mobilité étudiante, 11JQ caresse aussi l'espoir de développer des projets de recherche conjoints France-Québec, ce qui permettrait de tirer profit de fa manne de financement universitaire de l’Union européenne.«Par notre présence plus continue, cela facilite un type de maillage et de financement auquel tuna n’avons pas accès actuellement», a ajouté M.Coderre.L’UQ espère ainsi gagner certains avantages sur le plan de fa recherche internationale dans ses créneaux comme fa forêt, l'eau, l'énergie, fa santé et le développement régional.«Cest notre réptmse à la rmm-dialisation.Les universités de pays comme le Brésil, la Russie ou la Chine connaissent des croissances incroyables en recherche.Nous ne voulons pas rester isolés ici.[.] Notre masse critique avec notre réseau au Québec, ajoutée à une masse critique en France, va nous permettre de mieux nous positionner à l'international», croit M.Coderre.L’ouverture de ce bureau sur vient au moment même où le Centre de coopération inter-universitaire franco-québécoise (CCIFQ), qui existait depuis près de 25 ans, est en train de fermer ses portes, selon ce qu’a appris Le Devoir.Qué bec songerait à créer un organisme qui nécessiterait moins de dépenses fixes (comme un bureau à Paris) et distribuerait plutôt des enveloppes directes aux universités.Les discussions se poursuivent toujours entre les gouvernement français et québécois afin de définir ce qui remplacera le CCIFQ.Le Devoir Culture et éthique religieuse L’accueil des parents est positif CLAIRANDRÉE CAUCHY Si le nouveau coins d’éthique et culture religieuse (ECR) suscite son lot de craintes et de questions, il semble néanmoins généralement bien accueilli par les parents impliques dans k-s structures scolaires.C'est du moins ce que Le Devoir a pu constater lors dime des nombreuses assemblées d'information qui se tiennent ces joursci à travers le Québec, «je suis convaincu que cela va aider ptmr le développement de la sexfiété plus tard.Par rapport au cours d’enseignement religieux que ma fille suit présentement, je gagne une certaine ouverture sur le monde», croit un père qui se définit comme un catholique non pratiquant, Mathieu Cadotte, dont la fille fréquente une école primaire de Saint-Hubert Plus de 150 parents membres de conseils d’établissement d'écoles de la Rive-Sud s'étaient déplacés mardi soir pour assister, dans une polyvalente de Brossant, à une présentation du nouveau progranune par le fonctionnaire qui en a piloté fa conception, Denis Watters.Père d’une fillette de 11 ans inscrite à l'enseignement religieux catholique, Sylvain Croteau voyait kii aussi un «potentiel intéressant» au nouveau cours.Des doutes le taraudent néanmoins: «Dans des cas ixtrêmes, comment un enseignant musulman ou sikh pourra-t-il tbmner une formation culturelle sur une religiim qu'il ne pratique pas (fa religion catholique] ou dans laquelle il n’a pas été élevé?», demande M.Croteau.Au fil de discussions à bâtons rompus, Le Devoir a pu constater que le programme est plutôt bien reçu par les parents dont fa progéniture est inscrite en enseignement religieux.«Mes enfants vont po\ AwTi$PoRTif1 vW',w -4/ h fi m Vx-V=- >/ A i \ /U IV &***Tt£ ic&ofol Le coupable, c’est nous Même si je trouve important de stabiliser l’arrivée chez nous du nombre d’immigrants afin de trouver d’abord les moyens de mieux les intégrer à notre société de langue française, je ne partage pas du tout la perception de l’ADQ, qui associe le recul du français à l’arrivée de ces nouveaux citoyens sur notre territoire.Les maux de notre langue proviennent essentiellement de notre laxisme, de notre paresse, de notre manie, par exemple, de nommer nos enfants Dave, Steve, Cinthia, Johnny ou Frank et de trouver normal d’appeler un groupe rock Simple Plan (prononcé à l’anglaise) au lieu de Simple Plan (prononcé en français).Nous sommes les «sales oiseaux qui salissent leur nid», comme le dit l’adage.Arrêtons d’accuser les autres de nos malheurs linguistiques; ce sont nous les coudions, les imbéciles, les paresseux qui saccagent le patrimoine par notre irrespect constant et notre fascination niaise devant l’anglais.Inutile de chercher d’autres coupables que nous-mêmes, c’est aussi stérile qu’enfantin.Kenald Tremblay Montréal, le 23 avril 2008 L’ADQ au bord du naufrage Pourquoi la flambée de l’ADQ retombe-t-elle?On peut accuser l’inconstance de l’opinion, des anecdotes qui desservent le parti, des départs assez négligeables.Il y aurait aussi l’étonnante habüeté de M.Charest qui, par son profil fuyant, neutralise les combats.D’un parti local, l’ADQ promettait de devenir le parti de l’identité québécoise, et de l’affirmation de celle-ci.Hérouxville répondait à une nécessité historique, même si ses initiateurs n’ont pu porter très loin son inspiration.M.Dumont a suivi la comète le temps qu’elle a duré.D n’a pas réussi à dépasser le stade de l’instinct, et cet instinct même s’est révélé faible et diffus.Le sentiment s’est efftité faute d’une vision claire, de la formulation d’une doctrine nationale et de l'élaboration d’une politique originale.les événements offraient à l’ADQ la chance LETTRES - inestimable de se hisser au premier plan, de mobiliser le Québec contre le chaos que lui prépare la commission Bouchard-Taylor.L’ADQ aurait eu besoin d’une pensée forte, d’un sentiment national sans faille, d’une grande audace de vues et d’action.Elle s’est montrée faible, indécise, opportuniste.Sa médiocrité l’apparente aux autres partis.Est-il trop tard pour qu’elle revienne à son âme?Hubert Larocque Gatineau, le 24 avril 2008 Obéissez sans entrave Réaction à l’article «Que reste-t-il de l’esprit 1968?», paru dans l’édition des 26 et 27 avril derniers du Devoir.Pauvre Hannah Arendt! Une fois de plus citée par ceux qui piétinent de clichés et de sarcasmes les efforts des gens qui, aujourd’hui ou hier, refusent de se résigner à l’ordre des choses et à un monde toujours marqué par les inégalités et les injustices.Voici qu’on se sert d’efie pour réduire Mai 68 — le plus important mouvement de masse de la seconde moitié du XX' siècle — à une «histoire de cul» et à une rébellion d’«enfants-rois» contre l'autorité: «Pour la philosophe Hannah Arendt, l’autorité permet d’obtenir l’obéissance "sans recourir à la contrainte par la force".» Il y a deux manières de ne rien entendre aux révoltes collectives d’hier, ne pas se donner la peine d’aller voir en quoi elles ont consisté ou les accuser de tous les torts de la société contemporaine.L’article de Stéphane Baillargeon fait les deux, froissant sur son passage ce qui du passé pourrait encore inspirer ceux qui restent indignés par la violence des puissants, par l’exploitation et les dominations.Tout porte à penser que ce sont d’abord de telles voix médiatiques qui permettent d’obtenir l'obéissance «sans recourir à la contrainte par la force».Martin Jalbert Co-responsable du dossier «Nous sommes héritiers dp 1968» de la revue sociale et politique À bâbord!.Le 28 avril 2008 La tricherie À la suite de la perquisition par Élections Canada dans les locaux du Parti conservateur du Canada, Stéphane Dion a affirmé que «cela a pu avoir un effet [sur le résultat des dernières élections].Nous n’en aurons jamais le coeur net, mais on ne triche pas pour rien.Lorsqu’on triche, c’est qu’on pense qu’on en tirera quelque chose.Ils ont tenté d’obtenir plus de votes d’une manière illégale».Pour une fois, je suis en accord avec lui.En 1995, lorsque le camp du NON, mené par une réunion de libéraux et de conservateurs, a dépensé pour le seul love-in plusieurs dizaines de millions de dollars, les fédéralistes ont triché.Ils ont bafoué les règles fondamentales de la démocratie québécoise en ayant comme seul objectif de gagner plus de votes.Des personnes sans valeur démocratique ont violé les lois québécoises pour satisfaire leur objectif personnel, sans se soucier du mieux-être de la collectivité.Aujourd’hui, une décennie plus tard, après le scandale des commandites, les millions dépensés pour une chefferie, les milliards pris dans la caisse d’assurance-emploi, Stéphane Dion se fâche.Un pyromane parlant d’un incendie criminel d’une autre source ne ferait pas mieux.C’est ridicule.La seule conclusion claire de cette réalité est que les fédéralistes canadiens s’équivalent.Traficotage chez les libéraux, tricherie chez les conservateurs, dans tous les cas, l’argent des Québécois est volé pour le bien-être de quelques individus et leur stabilité au pouvoir.Voilà la politique fédérabste canadienne dans sa plus simple expression.Les indépendantistes édictent des règles démocratiques et les respectent.Les fédéralistes savent bien qu’ils ne peuvent les respecter, car ils perdraient alors la partie.Ils ont perdu au niveau des arguments, la seule chose qui leur reste, c’est l’argent, la publicité et leur influence entre petits amis.Dégoûtant! Alexis Gagné-LeBrun Saint-Hyacinthe, le 22 avril 2008 LIBRE OPINION Le contrôle des communications au Québec ALEXANDRE CLOUTIER Député de Lac-Saint-Jean et porte-parole du Parti québécois en matière d’affaires intergouvemementales canadiennes Le Parti québécois s'est engagé dans la voie de la gouvernance nationale et il entend tout mettre en œuvre pour défendre avec ardeur tout ce qui touche les composantes de la nation québécoise.Tant et aussi longtemps que le Québec ne sera pas souverain, le Parti québécois ne restera pas les bras croisés à attendre le grand jour, sans rien dire ni rien faire.En cette ère moderne, où les communications représentent un véhicule privilégié d’expression de la culture d’une nation et où elles n'ont jamais joué un rôle aussi important dans la vie des Québécois, l’enjeu de leur plein contrôle est crucial.C’est pour cette raison que Pauline Marois a demandé au gouvernement fédéral de transférer à l’Assemblée nationale tous les pouvoirs en cette matière.Le lien qui existe entre la construction de l’identité d'une nation et les communications va sans dire, et il n’aura pas fallu attendre longtemps dans l'histoire du Québec «province» pour que l'Assemblée nationale reconnaisse cette évidence.En effet, dès 1929, alors qu'un rapport émanant du fédéral (commission Aird) recommandait «que les autorités provinciales devraient avoir un contrôle absolu sur les programmes de la station ou des stations situées sur le territoire respectif de la province», le gouvernement du Québec de Taschereau a adopté la première loi relative à la radiodiffusion.En 1867, le moyen de communication le plus avancé qui existait était la télégraphie, pouvoir octroyé au Parlement d’Ottawa.C’est sur la base de cet article que le Conseil privé de Londres a invalidé la deuxième loi portant sur la radio, adoptée en 1931 par l’Assemblée législative, ce qui a donné lieu à un différend constitutionnel sans fin entre Québec et Ottawa.Cette décision judiciaire défavorable au Québec n’a toutefois pas eu raison de la volonté de Maurice Duplessis d’adopter la loi autorisant la création d’un service provincial de radiodiffusion (1945), à Jean-Jacques Bertrand de créer le ministère des Communications (1969) et à Robert Bourassa de déposer son plan de travail intitulé Pour une politique québécoise des communications (1971), dans lequel on déclare qu’**»?politique des communications n'est pas utile au Québec: elle lui est essentielle à chaque jour davantage».Les jugements subséquents de la Cour suprême établiront toutefois graduellement le plein contrôle du Parlement d’Ottawa sur les communications.Ce n’est pas pour régler la question de TQS que le Parti québécois propose de rapatrier tous les pouvoirs en communication à l'Assemblée nationale.D'ailleurs, dans le cas précis de TQS, Mme Marois a suggéré la tenue d'audiences publiques à Québec afin de faciliter la recherche de solutions, suggestion d’ailleurs saluée par le premier ministre.Le pouvoir sur les communications a tou- jours été un enjeu crucial pour le Québec, parce que c'est le CRTC qui contrôle le pourcentage de contenu canadien diffusé sur les ondes, la présence de la langue française et la mise en valeur d'artistes francophones.Si le Parti québécois rappelle cette demande historique, c’est parce que l'identité québécoise est en cause.Le Parti libéral n'a pas tenu promesse à propos de cet enjeu.En effet depuis 2001, on peut lire dans le rapport du ministre Benoît Pelletier qu’une entente Ottawa-Québec dans le secteur des communications «s’impose compte tenu de l’importance toujours grandissante des nouvelles technologies de l'information, de leur présence au cœur de la nouvelle économie et des problèmes identitaires liés à leur contenu».D aura fallu la crise de TQS, sept ans plus fard, pour voir le PLQ envoyer une lettre au gouvernement fédéral lui demandant une participation accrue du Québec au CRTC.Or, ce que le Parti québécois veut c’est son propre conseil, avec ses paramètres.S'il s'agit de «disques usà, au point de sombrer dans le radotage», comme certains l’ont soutenu, de revendiquer les pleins pouvoirs en matière de communications, il me fait plaisir de rappeler que tant et aussi longtemps qu’il y aura des députés du Parti québécois et que les revendications traditionnelles du Québec qui touchent directement l’identité et l’expression de la nation québécoise ne seront par réglées, les Québécois pourront compter sur nous pour agir.D ne s'agit pas là de «radoter» mais d’être conséquent dans la défense des intérêts du Québec.« LE DEVOIR.LE .1 E l' R I I 1 “ MAI >008 A 7 IDEES » %, ifcv ^ h ' * AKCHIVKS KKUTKKS Fête des travailleurs le 1er mai Y a-t-il de quoi fêter?JACQUES KOUILLAKD Professeur au département d’histoire de l’Université de Montréal et auteur de l’ouvrage Le Syndicalisme québécois - Deux siècles d’histoire (2004) ^.n pourrait se demander s’il est 0 encore de misé pour les centrales syndicales de célébrer, le lL'r mai, une fête consacrée aux travailleurs.Elle rappelle la lutte des salariés nord-américains en 1886, en faveur de la journée normale de travail de huit heures, et les événements sanglants qui ont eu lieu à Chicago à cette occasion.=^^^====J La célébration de cette journée par un défilé dans les rues s’est répandue en Europe à la fin du XIX1 siècle et elle est devenue de nos jours une fête internationale commémorée partout dans le monde.Les organisations syndicales en Amérique du Nord n’ont pas suivi ce mouvement sauf au Québec, où les cenlrales syndicales se sont joints à la tendance internationale depuis 1970.Manifestation de solidarité A l’origine et pendant longtemps, cette manifestation des travailleurs salariés visait à montrer de manière symbolique, par un défilé sur la place publique, la solidarité des ouvriers salariés et leur identité comme classe sociale.Comme l’autre fête du Travail célébrée le premier lundi de septembre et propre aux travailleurs nord-américains (marquée par un défilé à Montréal de 1886 à 1952), elle est le reflet de la montée de la classe ouvrière dans les sociétés industrielles.Mais cette volonté d’affirmation a-t-elle encore sa place de nos jours?En effet, la notion de classe ouvrière est disparue du vocabulaire et de l’analyse de la société contemporaine.Elle a été largement remplacée par la notion de classe moyenne, qui s’étend bien au-delà des travailleurs salariés.Cette dernière appellation, basée uniquement sur l’échelle de revenus, présente un contour très vague, ce qui permet aux analystes, aux partis politiques et aux groupes d'intérêts de définir à leur façon et de manière bien contradictoire les intérêts et les aspirations de cette classe moyenne.Au cours des dernières années, elle signifierait pour plusieurs des réductions d’impôt et un repli de l’interventionnisme étatique.Salariés en expansion Mais la classe des travailleurs salariés est-elle vraiment disparue?Les statistiques sur la population active (qui participe au marché du travail) montrent qu'au contraire, les travailleurs salariés sont une catégorie sociale en voie d’expansion.Les personnes qui échangent leur force de travail pour un salaire for- ment de nos jours pas moins de 90 % de la population active, contre 71 % en 1961.Bien sûr, la structure occupationnelle de ces salariés a changé, la proportion des cols bleus ayant diminué et celle des cols blancs augmenté.Mais cela n’empêche pas qu’une proportion de plus en plus importante de personnes touchent une rémunération pour leur travail.La théorie économique néoclassique voudrait que la croissance de la richesse dans une société permette «d’améliorer le niveau de vie, de réduire la pauvreté et d’enrichir la classe moyenne», comme le défend le dernier rapport du groupe de travail sur l’investissement des entreprises présidé par Pierre Fortin et remis dernièrement au gouvernement du Québec.Le rapport plaide pour une hausse de la productivité des entreprises, source de croissance de la richesse collective, en favorisant l’investissement Pour ce faire, il recommande, entre autres, de réduire les impôts des entreprises et de taxer davantage la consommation, afin de «rendre le Québec encore plus concurrentiel et ouvert sur le monde».Cette stratégie permettrait finalement «d’augmenter le confort matériel de la classe moyenne», de diminuer la pauvreté et d’assurer le financement des services publics.Pouvoir d’achat Cette approche est suivie par nos gouvernements depuis le milieu des années 1980.Elle repose sur le postulat qu’il faut respecter les forces du marché et créer un environnement favorable à l’offre de biens plutôt que de stimuler la consommation.D en résulterait un enrichissement collectif bénéfique pour tout le monde.Mais ce n’est pas ce que montre l’expérience des 25 dernières années.Les travailleurs salariés, qui forment la majeure partie de la population active, n’ont pas vu leur pouvoir d’achat augmenter pendant cette période.En effet le salaire réel hebdomadaire ou horaire moyen dans l’ensemble des industries a même légèrement diminué depuis 1983 au Québec comme dans l’ensemble du Canada Même les travailleurs salariés de la grande entreprise régis par des conventions collectives n’ont pas vu leur rémunération augmenter au-delà de la hausse des prix pendant cette période.C’est unique dans l’histoire du Québec et du Canada que les salariés ne puissent bénéficier d'une hausse de leur rémunération réelle.En effet depuis que Statistique Canada relève des données sur les salaires et les prix (depuis 1900), l’inflation a été très rarement supérieure à l’augmentation moyenne des salaires horaires et hebdomadaires jusqu’à la fin des années 1970.Gel salarial Le gel salarial depuis le début des années 1980 s’ac-’ compagne également d’une semaine de travail qui n’a guère bougé depuis les années 1960, Elle a perdu un maigre deux heures (de 40 à 38,3 heures) pour les employés à plein temps (emploi principal) sur près de 40 ans.Encore une fois, c’est un raccourcissement du temps de travail beaucoup moins marqué que pour les décennies antérieures où, par exemple, la semaine moyenne de travail est passée en général de 48 à 40 heures dans les deux décennies d’après-guerre.En ce qui concerne les avantages sociaux qu’on peut mesurer dans les conventions collectives, il y a im statu quo depuis le début des années 1980.Depuis cette période fleurit également plus que jamais le trav;dl précaire (temps partiel, intérimaire, autonome), qui est passé de 16,7 % de la main-d’œuvre en 1976 à 31,3 % en 2001.Pas étonnant que les Québécois ne puissent plus épargner, que l’endettement des ménages atteigne des sommets et qu’il faille deux revenus par famille pour avoir un niveau de vie convenable.Niveau de vie Ces constatations sont d’autant plus singulières que la croissance économique a été au rendez-vous au Québec comme au Canada au cours des dernières années.Le produit intérieur brut mesuré en dollars constants s’est accru de 2,3 % par année au Québec de 1981 à 2006, et la productivité du travail a augmenté de 1,2 % par année pendant la même période.La richesse se crée, mais les travailleurs salariés, qui forment 90 % de la population active, n'améliorent pas leur niveau de vie.C’est unique depuis plus de 100 ans de vie en société industrielle au Québec et au Canada.Une stratégie de croissance économique qui ne privilégie que le fonctionnement des lois du marché (déréglementation, libre-échange, recul de l’interventionnisme étatique) sans se soucier d’en mesurer les effets sociaux se traduit par une concentration des richesses au sommet de la pyramide et fait de la majeure partie de la population des laissés-pour-compte.D est certainement souhaitable d’établir une économie forte et de s’enrichir collectivement afin de pourvoir, comme le veut le rapport Fortin, «diminuer la pauvreté, se procurer un plus grand confort matériel, s’accorder plus de temps libre, augmenter la quantité et la qualité des services publics».Le sort des travailleurs Mais le chemin suivi depuis plus de 25 ans ne s’oriente pas dans cette direction.C’est le contraire qui prévaut Et constamment, on entend répéter qu’il faut créer de la richesse afin de pouvoir la redistribuer.Elle se crée, mais la redistribution est toujours reportée à plus tard.A-t-on oublié que l’objectif de la croissance industrielle est d’améliorer le sort des humains et non de l’avilir?La célébration du 1" mai a encore toute sa signification pour montrer que les travailleurs salariés sont toujours une force sociale et que le discours néolibéral ne permet pas une distribution équitable de la richesse.Son application depuis 25 ans engendre une dégradation de la condition des salariés et une inégalité croissante du revenu des familles.Mois du mont Royal Lettre d’amour à ma montagne STEPHANE BOURGUIGNON Auteur et porte-parole des Amis de la montagne 1 y a les coups de foudre éblouissants et les I passions dévorantes.La plupart du temps, ces histoires disparaissant en laissant une vague odeur de brûlé.A choisir, je préfère les amours qui s’installent sans faire de .bruit.Et pour toujours.Le mont Royal et moi, c’est une idylle comme celles-là J’aime cette étrange protubérance qui dort au milieu de Montréal.Même pas une vraie montagne, plutôt une butte avec un ego! Ou un cachalot maladroit qui se serait échoué au milieu d’une île.Mais son physique ingrat ne le rend-il pas plus attachant?Comme beaucoup d’amours, mon amour pour le «monticule» est d’abord égoïste.Je l’aime parce que j’y trouve le repos, la paix et le contentement Je peux y prendre une petite dose de campagne en plein cœur de la cité.De l'air jusqu'à s’enivrer, l’immensité pour laisser jouer le regard; l’ombre et le frais les jours trop chauds; le silence, denrée rare entre toutes! Sans oublier la neige et le vent, qui, souvent, peuvent re-meftre bien des choses à leur place.Egoïste aussi parce que j’aime ce que j’y retrouve invariablement: une distance par rapport à ma vie, à mon travail, à ceux que j’aime.Ici, j’ai l’espace pour espérer et pour rêver.Ici, je peux prendre le recul nécessaire avant de redescendre dans la plaine et tenter de sauter les obstacles qui attendent d’être sautés.Mais surtout, je vous y vois, riant, discutant Vous joggez, vous patinez, vous concluez des affaires, vous pique-niquez entre amis, vous parlez anglais, italien, portugais, hébreu ou arabe.Vous êtes toute la richesse et la diversité de ma ville, et je fais partie de ce tissu, intensément, l’espace de quelques heures ou de quelques minutes.Il faut bien s’oublier un peu, aussi, parfois.Mais il reste que la particularité la plus extraordinaire de cet amour égoïste, c’est justement qu’il se partage! Au plaisir de vous y croiser.Norman Spector Nos voisins les Américains Les trois partis représentés à l’Assemblée nationale ont récemment exigé la création d’un CRTC québécois.Au Canada anglais, il y a déjà longtemps que les points faibles de la politique canadienne en matière de radiodiffusion sont mis en évidence.Et il n'y a probablement que le mot «échec» qui puisse décrire les fruits de cette politique qui a grandement favorisé l'importation d’émissions américaines tout en étant incapable de favoriser la production de contenu canadien.Aujourd’hui, cet échec se mesure notamment à l'importance accordée à la couverture de la politique américaine.Certes, les Canadiens s’intéressent à la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, qui oppose Hillary Clinton et Barack Obama.S’il en allait autrement, les radiodiffuseurs — et les quotidiens aussi — n’y toucheraient pas.Mais le théâtre reste le théâtre, peu importe les comédiens.Et au théâtre de la politique américaine, les Canadiens sont des spectateurs gagnés d’avance.On doit reconnaître que les Canadiens sont un enjeu dans cette course.Selon un récent sondage, 15 % de nos compatriotes souhaiteraient même pouvoir voler à cette élection, ce qui ne change rien au fait que leur intérêt pour la politique américaine soit condamné à demeurer au stade du pur divertissement Nonobstant la quantité de nouvelles américaines que les Canadiens consomment quotidiennement, nos médias ont accordé tit's |X'u d’attention la semaine dernière à une annonce pourtant significative du président Bush, soit la nomination du général David Petraeus — commandant américain en Irak et père de la nouvelle stratégie du «sursaut» — au titre de responsable de la guerre en Afghanistan.(La manchette du Globe and Mail nous informait qu’il serait dorénavant responsable de la région du «Proche-Orient».) Depuis que les libéraux et les conservateurs ont convenu d’une date limite pour notre mission dans ce pays, il me semble parfois que les Canadiens ont oublié cette guerre.Il est manifestement plus facile de critiquer la participation américaine en Irak que le rôle des Etats-Unis dans un pays où des Canadiens continuent de mourir.?Discuter des défaillances de la société américaine a toujours donné aux Canadiens anglais des occasions de se sentir bons et gentils.À l’abri des conséquences directes des décisions américaines, cela nous donne le luxe d’adopter des positions nobles et désintéressées.Cela constitue également une menace à la souveraineté canadienne.C’est d’ailleurs ce souri qui, à l’époque, avait mené à la création de RadioCanada/CBC.I^i polémique autour de la fuite rapportant une conversation entre nos diplomates et un conseiller de Barack Obama illustre la véritable nature du problème.Malgré sa position à propos de l’ALENA, les sondages indiquent que la plupart des Canadiens souhaitent une victoire de M.Obama.Cela étant, cet incident est beaucoup moins grave que les remarques faites en 20(X) par l’ancien ambassadeur Raymond Chrétien.À l’époque, ses remarques avaient été largement interprétées comme exprimant la préférence du Canada pour une victoire d’Âl Gore à l’élection présidentielle.Cette fois-ci, des observateurs ont critiqué nos diplomates à Chicago pour avoir écrit un simple rapport.D’autres ont même dit qu’ils n’auraient même pas dû poser la question au conseiller de M.Obama.En réalité, nos diplomates ont fait leur travail, et ils l’ont fait plutôt bien.Beaucoup de rapports diplomatiques remâchent les rapports de la presse locale.Pas celui de notre consulat à Chicago, qui a fait preuve d’une recherche originale.Pour tout dire, il me faudrait mentionner que le consul général, Georges Rioux, a été membre de mon équipe alors que j’étais affecté à Tel-Aviv comme ambassadeur du Canada.Inconnu des Canadiens, il est parvenu à organiser une réunion avec Yasser Arafat à Tunis au cours des années qui avaient précédé l’accord de paix d’Oslo, faisant alors exactement ce que les diplomates canadiens devraient faire aujourd’hui avec le Hamas.Personnellement, je suis devenu un admirateur de M.Rioux le jour où notre véhicule a accidentellement frappé un adolescent à bicyclette à Gaza.Il avait alors réussi à calmer la foule avant qu’un ou l’autre d’entre nous n’ait eu à en subir les foudres.Heureusement pour le Canada, même si le premier ministre Stephen Harper a accédé aux demandes de l’opposition visant à étudier la fuite du fameux rapport émanant de son consulat il n’a pas été trop timide pour affirmer les intérêts du Canada lors (le son sommet avec les présidents du Mexique et des Etats-Unis.À part le fait que le Canada se comporte maintenant comme une superpuissance énergétique, M.Harper a pu compter sur le fait que les deux candidats démocrates embrassent une position sur le commerce qui a été critiquée par une grande variété d’éditorialistes.Même si les Américains élisent un démocrate, ce qui ne semble plus aller de soi maintenant force est de comprendre que peu de choses changeront dans nos rapports avec eux.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.nspedoÆglobeandmail.ca r Ecrivez-nous ! U Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l information).Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées),-Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence C\ave\(pupitre), Philippe Papineau (pupitre), Louise-Maude Rioux Soucy (Santé1 Pauline Grave! tsnencest ; Michel Garneau 'caricaturisteJ : Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duck*.Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correcteurs); Jaurjues Grenier et Jacques Nadeau (photographes).à ru^ormabon cuhurvflc Michel Bélair (théâtre ei cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (Waema J Isabelle Paré (culture), è l'information économique Gérard Bérube (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny (pupitre), Eric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins; À l’information internationale Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale), Claude lévesque.Guy Taillefer (ad/oint au directeur de {information), Serge Truffaut (éditorialiste) : à l’information politique Hélène Buzzetü et Alec Castonguay (anrespondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires a (Québec), Kathleen I/*vesquc .Amélie f.audreau (secrétaire a la rédaction): Emilie Parent Bouchard.Etienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction).Ijk documentation : Gilles Paré (directeur), Manon Derome.Olivier Spéciel (Québec).Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron (directeur adjoint), Julie Chrétien.Marlène Côte.Christiane Ijegault.Amélie Maltais, Claire Paquet, Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Martine Riopelle.Isabelle Sanchez.Nadia Sebai.Mélisande Simard (publicitaires).Sylvie Laporte, Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bornatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin.Nathalie Zemaitis.Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBl TION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Filion, Kachelle Ix‘derc, Jean-Robert Divers (responsable promotion).L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des sendees comptables), Céline Furoy, Ghislaine l^fleur.Claudette Beliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross LE DEVOIR.LE .1 E L' D I 1 M Al 2 0 0 8 ACTUALITES IMMIGRANTS SUITE DE LA PAGE 1 copie, Carrefour solidarité Anjou dorme des ateliers sur «l'anglais parlé de b(ise«.Sur les 160 heures étalées sur les huit semaines que dure cette activité, 32 sont consacrées a l’anglais.Toutefois, «une penonne ayant un excellent français écrit pourrait passer plus de temps sur son anglais», peut-on lire.Outre l’apprentissage de l’anglais, ces femmes immigrantes, qui n’ont pas d’emploi, participent a des ateliers de recherche d’emploi, de connaissance de soi, d’informatique et de français écrit, préci-se-t-on dans l’entente de service, en vigueur du 4 septembre 2007 au 16 mai 2008.le Centre d’appui aux communautés immigrantes de Bordeaux-Cartierville offre quatre classes d’anglais, le jour et le soir, deux sessions par année.Près de 200 immigrants s’y inscrivent chaque année, a sigpalé la directrice de l’organisme, Anait Aleksanian.A titre de comparaison, le centre tient 14 classes de francisation qui accueillent 1000 nouveaux arrivants par an.Selon Mme Aleksanian, les cours d’anglais font partie des mesures lY «employabilité» offertes par l’organisme.Ce sont surtout des inunigrants francophones d’origine maghrébine qui suivent ces cours d’anglais.«L'immigrant apprend l'anglais seulement s'il connaît le français.C'est une condition, d’ailleurs», a-t-elle précisé.Pour Mustapha Kachini, président du Regroupement des organismes en francisation du Québec et directeur général du Centre d Intégration multiservices de l’ouest de Hie de Montréal, le bilinguisme anglais-français aide grandement l'immigrant à se trouver un emploi dans la région de MontréaL «Un candidat bilingue avec les deux langues officielles, c’est vraiment du gâteau», estime-t-iL M.Kachani a toutefois fait observer qu’il est beaucoup plus facile d’intégrer au marché du travail le nouvel arrivant qui connaît seulement le français que celui qui ne connaît que l’anglais.L’organisme qu’il dirige ne donne pas de cours d’anglais aux immigrants francophones, une pratique qui serait contraire a la vocation de francisation de son organisme, croit M.Kachani.Toutefois, les nouveaux immigrants n’ont aucune difficulté à obtenir ces cours par l’entremise de la commission scolaire anglaise Lester B.Pearson, a-t-il mentionné.En outre, ce centre pour immigrants offre des services d’intégration au marché du travail en anglais à des immigrants non francisés.M.Kachani a reconnu que le taux de chômage chez la population immigrante maghrébine dépasse les 25 % alors que ces nouveaux arrivants sont francophones et souvent très scolarisés.Leurs attentes sont très élevées et ils insistent pour obtenir un emploi qui correspond parfaitement a leurs qualifications.«Dès que l’emploi n’est pas au rendez-vous, ils manifestent certains problèmes de frustration», a souligné M.Kachani, lui-méme d’origine marocaine.Ces immigrants maghrébins «disent: “Si on ne trouve pas de travail, c’est parce qu’on n’est pas bilingues.’’ Us vont prendre des cours d’anglais pour améliorer leur employabilité», a relaté M.Kachani.«Us disent: “On a choisi une province francophone." Ils sont surpris de voir que ne pas savoir l'anglais devient un handicap», a-t-il poursuivi Au MICC, on a soutenu hier que les immigrants sont maintenant bien informés de l’importance de l’anglais au Québec.«On en parle, maintenant», a signalé le porte-parole du MICC, Claude Fradette.«Il faut être honnête et réaliste.» «H y a des Européens qui arrivaient et qui disaient: “On nous avait dit que c’était français [au Québec], mais on ne nous avait pas dit que c’était en même temps anglais”, a raconté M.Fradette.«Bien oui! C’est l'Amérique du Nord.» Le MICC veut «s’assurer au bout du compte que les gens puissent bien s’intégrer à la société et à la réalité nord-américaines.Il ne faut pas se le cacher».Pour décrocher certains types d’emplois, le bilinguisme est essentiel dans la région de MontréaL C’est le cas notamment des emplois en administration et en informatique, a signalé M.Kachani.D faut aussi noter la pré- sence de nombreuses filiales de compagnies américaines où la connaissance de l’anglais est bien vue.Comme il s’écoule quelques mois entre le moment où un candidat est sélectionné et son arrivée au Québec, le MICC peut lui suggérer d’améliorer sa connaissance de la langue de Shakespeare dans son pays d'origine avant son départ «Si quelqu ’un est en informatique, c’est sûr que c’est de bonne guerre qu’on lui dise de profiter des prochains mois pour essayer de parfaire sa connaissance de l’anglais», a fait valoir M.Fradette.Depuis quelques années, non seulement le Québec accueille plus d’immigrants qui connaissent le français (plus de 56 %), mais davantage sont bilingues anglais-français et donc trilingues s’ils ont une langue maternelle autre.Près de 40 % des immigrants récents savent à la fois le français et l’anglais.Ce bilinguisme donne d’ailleurs des points dans la grille utilisée par le MICC pour sélectionner les immigrants.Les candidats choisis par le MICC ont 28 ans en moyenne.«La plupart des jeunes qui ont 28 ans en ce moment ont une connaissance de l’anglais.C’est normal.C’est exigé et ils le savent.La plupart parlent trois langues.De toute façon, c’est l’avenir», a fait observer M.Fradette, qui parle d’une «réalité internationale».Le Devoir PENNAC «Si vous êtes mon élève et que vous êtes en détresse, le personnage important c'est vous, ce n'est pas moi» SUITE DE LA PAGE 1 sa mère, qui a 102 ans, marquée par ses échecs, se demande encore s’il s’en sortira un jour.le premier sauveur de Pennac, un professeur de français, dépistant un conteur à travers les mensonges que le cancre utilise pour masquer sa faillite, l’a carrément exempté de dissertation pour lui demander d’écrire un roman, au rythme d’un chapitre par trimestre.Malgré les problèmes d’orthographe du jeune Pennac, de son vrai nom Pennacchioni, le professeur lui demande de rendre une copie sans faute «pour élever le niveau déjà critique».On promettait donc de parler littérature.A quinze ans, le Pennac romancier était né, qui signera plus tard la série des Ma-laussène, dont on pourra voir le titre Malaussène au théâtre à la Grande Bibliothèque le 4 mai prochain.Les autres sauveurs du jeune Pennac étaient professeurs de mathématiques, d’histoire et de philosophie.Daniel Pennac le reconnaît carrément en entrevue: il s’est énormément ennuyé à l’école comme élève.Pourtant, il a adoré y enseigner.D croit que le sauvetage des cancres est pour leurs professeurs, histoire de leur redonner leur honneur, de les replacer dans la réalité, en rejetant leurs réponses absurdes, cette fuite dans le non-sens qui empêche le dialogue.M;tis pour ce faire, il faut d’abord et avant tout les aider à surmonter leur peur de l’échec, qui est associée à une image négative d’eux-mêmes, en décelant leurs forces, leurs talents cachés.Bref, en prenant le temps, la peine de les connaître.«C’était un livre sur l'origine de la douleur de ne pas comprendre qui affecte les élèves en échec scolaire.Le premier de ces élèves en échec scolaire, c’était moi.Je me suis au fond utilisé comme objet d’analyse, au moins en introduction.J’ai attendu de ne plus être professeur pour réfléchir.Je pense qu 'il n était pas pédagogiquement heureux de soulever un problème personnel de cet ordre devant mes propres élèves.Les professeurs ne sont pas là pour parler d'eux.C’est le fimd de ma pensée en matière de pédagogie.Je me suis toujours interdit de parler de moi devant mes élèves |.|», dit-il C’est sans doute cette extrême attention à l'autre, dans ses revers, dans ses faiblesses, mais aussi dans ses forces, qui fait de Pennac le formidable conteur qu’il est Une attention aux élèves, mais aussi à leurs mères, qui téléphonent au maître avec des sanglots dans la voix, affolées quelles sont des piètres résultats de leurs enfants.«Si vous êtes mon élève et que vous êtes en détresse, le personnage important c ’est vous, ce n 'est pas moi.Et cette détresse, c’est la peur de ne pas comprendre, la peur de l’image de soi ne comprenant pas, comme un enfant qui ne comprend rien.Ma priorité a toujours été de guérir les enfants et les adolescents de cette peur, de façon à ce qu ensuite ce que j’avais à leur transmettre puisse passer», dit celui qui a toujours enseigné à des élèves en situation d’échec scolaire.Par ailleurs, dit-il, lorsqu’on enseigne à un enfant, il faut lui faite vivre des choses dans le moment présent, indépendamment de son avenir, qui pourrait ne pas être du tout le gâchis que l’on pressent à ce moment-là «Un enfant, dit-il, vit en gros, jusqu’à la prépuberté, dans une sorte d’état d’éternité, à l’intérieur duquel il est tout à fait vain de lui dire: si tu ne travailles pas.l’année prochaine tu auras des problèmes.» Mais il n’y a pas que l’enseignement et quelques professeurs géniaux qui ont fait du petit Pennac le sexagénaire reconnu qu'U est devenu aujourd’hui.D y a aussi les livres, ces compagnons merveilleux qui lui ont d’ailleurs inspiré tm autre livre fabuleux.Comme un roman, dans lequel il fait l’apologie d’une lecture libérée de toute contrainte.«Le verbe ’lire” ne supporte pas l’impératif.Aversion qu'il partage avec quelques autres: le verbe “aimer".le verbe “rêver".», écrivait-il alors.Le verbe «aimer», quant lui, peut aussi se conjuguer avec «enseigner», dans l’univers de Pennac: le verbe «aimer» et le mot «amour», même s’ils demeurent imprononçables dans une école, tabous qu’ils sont dans le langage courant des professeurs et de leurs élèves.Arriver à aimer l’école, donc, et surtout à s’aimer à travers elle.Et peut-être, ensuite, la faire aimer aux autres, en aimant les autres.Le Devoir \ AGENCE FRANCE-PRESSE Les Etats-Unis arrivent en tête de peloton avec une contribution de 1,1 milliard de dollars au Programme alimentaire mondial en 2007.PAUVRES SUITE DE LA PAGE 1 puisqu’il est bon an, mal an parmi les cinq pays qui contribuent le plus au PAM.Pour 2008, Ottawa versera en tout 205 millions au Programme alimentaire mondial.L’an dernier, c’étaient 160 millions.Les États-Unis arrivent en tête de peloton avec une contribution de 1,1 milliard de dollars en 2007.Le PAM a reçu 2,7 milliards de dollars des pays donateurs l’an dernier.le gouvernement fédéral a demandé au PAM d’utiliser une partie de sa nouvelle contribution (10 des 50 millions) spécifiquement pour aider Haiti à sunnonter la crise alimentaire.Cette soimne servira à nourrir 350 000 Haïtiens.Ottawa versera aussi cinq millions de dollars supplémentaires à la Banque de céréales vivières du Canada, un organisme basé à Winnipeg et dirigé par des congrégations religieuses de l’ouest du pays.Cet organisme, qui utilise entre autres les dons des fenniers canadiens pour alimenter les pays pauvres, recevra en tout 25 millions du gouvernement Harper cette année.Le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), une association qui regroupe plus d’une centaine d’ONG, salue cette initiative, puisque la Banque de céréales vivières du Canada est un organisme «très efficace», selon le président du CCCI, Gerry Barr.Une aide sans condition Pour augmenter l’efficacité de son aide, le Canada modifie également sa façon de contribuer au PAM.Auparavant, Ottawa exigeait que son argent serve à acheter des denrées alimentaires au Canada à hauteur de 50 %.La nourriture achetée ici était ensuite redistribuée par le PAM ailleurs dans le monde.Lier le financement à une telle condition permettait d’aider indirectement les agriculteurs canadiens.En contrepartie, cela faisait augmenter les coûts de transport et empêchait les fermiers des pays pauvres d’en profiter.Mais ce ne sera plus le cas.Toutes les sommes versées par le Canada serviront maintenant à acheter des produits alimentaires dans les pays en développement Le PAM aura toute la marge de manœuvre nécessaire.«Le Canada donnait l’image de vouloir s’aider lui-même avant d’aider les autres.Ce n’est pas ce qu’on veut.En déliant notre aide, le PAM pourra acheter des produits dans les pays en développement, ce qui réduira le transport, améliorera l’efficacité et sera beaucoup plus rapide.On pourra donc en acheter plus avec les mêmes montants», a soutenu la ministre de la Coopération internationale, Beverly Oda.Le Canada et les États-Unis étaient parmi les rares pays à encore imposer de telles restrictions au PAM.Le secrétaire d’État à l'Agriculture, Christian Paradis, a affinné que le Canada, à titre de pays riche, «a la responsabilité d’aider les pays dans le besoin».La ministre Oda a toutefois été forcée d’admettre que les sommes supplémentaires serviront essentiellement à couvrir la hausse vertigineuse des prix des aliments et du transport.Bref, pour ce qui est de la quantité, il n’y aura pas plus de nourriture pour les résidants des pays pauvres.«On n’est pas en mesure d’augmenter sensiblement le tonnage», a-t-elle avoué.Terri Toyota, directrice des relations avec les gouvernements au Programme alimentaire mondial, a affirmé qu’il est trop tôt pour savoir combien de tonnes de nourriture l’argent canadien permettra de livrer aux populations affamées.«On ne sait pas ce qui va arriver avec le prix des produits et combien on pourra en acheter», a-t-elle dit lors de la conférence de presse.Des critiques Les ministres du gouvernement Harper rejettent du revers de la main les accusations voulant que le Canada contribue au problème mondial avec sa politique d'utilisation de l’éthanol dans l’essence.Cette initiative favorise la production de biocarburant à partir du mais, ce qui contribue à la rareté de cette céréale et fait grimper les prix.Le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, estime que la transformation d’aliments en carburant est un «crime contre l'humanité».Beverly Oda s’en défend.«Même quand nous aurons atteint notre objectif de mélanger 5 % d’éthanol dans le carburant d’ici 2010, il y aura encore 95 % des terres canadiennes qui seront destinées à la production de nourriture ou à l’exportation de la ressource.Notre approche sur les biocarburants est réaliste et équilibrée», a-t-elle soutenu.Le prix du baril de pétrole, qui fait augmenter les coûts de transport, ainsi que l’intérêt des spéculateurs en Bourse pour les denrées alimentaires et les changements d’habitudes de consommation dans les pays émergents (notamment l’Inde et la Chine) sont autant de facteurs qui aggrayent la crise actuelle, a soutenu la ministre Oda.A ses côtés.Terri Toyota, du PAM, était d’accord pour dire que le biocarburant à base de maïs n’est pas le seul responsable des problèmes actuels.Le chef du NPD, Jack Layton, a plutôt critiqué le montant de l’aide canadienne annoncée hier.«On ne peut pas régler une crise de la faim avec un simple pansement.Cest trop peu, trop tard.Il aurait fallu des centaines de millions de dollars.» Son de cloche similaire du côté du leader libéral.«C’est un strict minimum, a dit Stéphane Dion.On a dû faire pression sur le gouvernement pour qu ’il consente enfin à bouger et, si [les conservateurs] n ’avaient pas été aussi imprudents dans la gestion des finances publiques, le Canada aurait pu en faire plus.» Le président du Conseil canadien pour la coopération internationale, Gerry Barr, salue les nouvelles sommes consenties par le gouvernement mais reproche à l'Agence canadienne de développement international (ACDI) de ne pas investir à long terme pour prévenir ce genre de crise alimentaire.«Àk début des années 90, l’ACDI consacrait 20 % de son budget de développement à l’aide aux fermiers dans les pays pauvres.La proportion est passée à 5 % de son budget dans les dernières années.H faut faire plus que seulement acheter des aliments, il faut aider à structurer la production alimentaire dans les pays pauvres pour qu 'ils subviennent à leurs besoins», dit-il.Le Devoir VOIX Les ministères se sont fait retirer leur droit de fournir des informations factuelles SUITE DE LA PAGE 1 stratégies de communication, toutes les communications, absolument tout, passeraient par le Bureau du Conseil privé, a déclaré Mme Fraser.Eh bien, je peux vous dire qu’il n’est pas question que mes communiqués de presse ayant trait à mes rapports se rendent au Bureau du Conseil privé ou que nos stratégies de communication soient approuvées par le Bureau du Conseil privé.» Le Bureau du Conseil privé est le ministère du premier ministre du Canada.La question a été soulevée à la Chambre des communes par le député néo-démocrate David Christo-pherson.«Il s’agit d’une tentative d’empiétement sans précédent sur l’indépendance de ces agents», a lancé le député.«Le premier ministre retirera-t-il cette politique et reconnaîtra-t-il que l’indépendance des agent du Parlement doit être protégée et respectée?» C’est le ministre responsable du Conseil du trésor, Vie Toews, qui a répondu.«Je puis vous assurer que nous respectons l’indépendance des agents du Parlement et que ce gouvernement ne ferait rien qui soit incompatible avec le rôle indépendant de ces agents.» Plus tard en journée, l’entourage de M.Toews a indiqué que le NPD avait «sauté trop vite aux conclusions».L’indépendance des officiers du Parlement est inscrite dans leurs lois constituantes, qui ont préséance sur toute politique du Conseil du trésor, assure-t-on.Dans la politique de communication, tout ce qui entraverait l’indépendance des agents ne sera pas mis en application.En entrevue avec Le Devoir, Mme Fraser a indiqué qu’il s’agissait «de la même réponse que nous avons eue des fonctionnaires.J’ai bon espoir qu’on puisse trouver une solution».Mais on ne crie pas victoire trop vite non plus.Au Commissariat à la vie privée, la commissaire adjointe Suzanne Legault a diplomatiquement fait valoir qu «il y a une certaine ouverture mais [que] les pourparlers ne sont pas terminés».Les huit agents du Parlement ont en effet créé un comité pour discuter en groupe de ce sujet avec le Conseil du trésor.Leur position est unanime.«Je me demande combien de temps nous devrons faire pression sur Stephen Harper pour qu ’il comprenne qu ’il y a des gens dans ce pays qu’il ne peut pas contrôler», a lancé le député Christopherson.Des communications encore plus centralisées ?Lampleur de la nouvelle politique de centralisation des communications que concocte Ottawa n'est pas connue.Le gouvernement n’était pas en mesure d’en fournir une ébauche hier.Le porte-parole du ministre Toews assure que cette réglementation n’est pas différente de la politique actuelle et que le Conseil privé jouera seulement un rôle de «coordination» des communications.Mais ceux qui ont vu l’ébauche de politique, notamment Sheila Fraser et Suzanne Legault, soutiennent qu’il s’agit de faire «approuver» toutes les communications gouvernementales, y compris les communiqués de presse, par le bureau du premier ministre Stephen Harper.Dans ce cas, il s’agirait d’une tentative inégalée d’uniformisation des messages fédéraux.Ce n’est pas la première fois que les conservateurs tentent de faire parler la capitale fédérale d’une seule et même voix.Outre le fait que le premier ministre Harper annonce désormais lui-même à peu près toutes les initiatives d’importance de son gouvernement, les ministères se sont fait retirer leur droit de fournir des informations factuelles, tout particulière ment aux journalistes.Par exemple, le ministère de l’Environnement, pris dans le tourbillon des changements climatiques, a rapidement perdu son droit de parole.Toutes les questions, mêmes les plus anodines, sur des sujets factuels sont désormais transmises au bureau du ministre John Baird.Lorsqu’on a appris, par exemple, que certains programmes de préservation de la faune avaient été abolis, il a été impossible d’en obtenir confirmation.Plus récemment, le ministère de la Défense a subi le même sort.L’automne dernier, une consigne du Conseil privé a été émise, obligeant les militaires à obtenir l’assentiment de fonctionnaires civils avant de divulguer des informations jugées «d’importance nationale» en ce qui concerne la guerre en Afghanistan.À ce moment aussi, le gouvernement avait indiqué qu'il n’y avait «pas de changement de politique» et que la «coordination» avec le Conseil privé avait toujours existé.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury.(L étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@lecIevoir.com La publicité ' Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-9833344 Par télécopieur 514-9833340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9833322 Par télécopieur 514-9833340 Les abonnements Au téléphone 514-9833355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9835967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-4637559 L’agenda culturel Au téléphone 514-9833346 Par télécopieur 514-9833390 Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteur» Si vous ne souhaite* pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuille* en avertir notre service à la clientele Lt Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situe au 2050, rue De Bleury.9' étage.Montréal.(Québec).HSA 3M9 11 est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean, 800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest.Montreal L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et A diffuser les informations publiées dans U Devoir, le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (troupe Québécor Inc .900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval Envoi de publication — Enregistrement n’ 0856.I>épét legal Bibliothèque et Archives nationales du Québec.2007
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.