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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-04-03, Collections de BAnQ.

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3 LE D E V 0 R .LES SAMEDI ET DIMANCHE 4 AVRIL 2001 THEATRE Entretien avec Michel Marc Bouchard Page E 3 liiWtj CINEMA Dogville de Lars Von Trier Page E 8 ?LE DEVOIR * Un budget minuscule qui n’a rien à voir avec celui de la série Star Wars, une série de télévision d’abord diffusée sur une petite chaîne spécialisée mais un des films les plus attendus de l’année grâce à la détermination de ses artisans et à la ferveur des fans.Voici un voyage intergalactique bien réel.PAUL CAUCHON LE DEVOIR C% est l’histoire de sept astro-¦ ' nautes partis explorer les vastes contrées intersidérales pour trouver une nouvelle planète afin de loger les Terriens, «six milliards de tatas» qui ont complètement bousillé le climat de leur vieille planète.Avec une telle description, quel producteur aurait osé investir dans un tel projet, qui se voulait une «sitcom de l'espace», parodie de Star Trek, pour un budget qui ridiculisait d’avance toute tentative d’offrir des effets spéciaux du niveau de ceux de Star Wars?C’est l’histoire de deux auteurs tenaces, Pierre-Yves Bernard et Claude Le-gault, et d’une gang de comédiens allumés qui ont porté ce projet, d’abord dans l’indifférence générale, sim les ondes du Canal Famille, par la suite devenu Vrak.Personne n’avait rien vu venir.Puis, le bouche-à-oreille faisant son œuvre, l’émission Dans une galaxie près de chez vous a pris de l’ampleur et est devenue une sorte de phénomène avec des rediffusions sur les ondes de Vrak qui ne cessent d’attirer anciens et nouveaux téléspectateurs.Dans une galaxie.devient donc un long méfrage qui prend l’affiche la semaine prochaine dans quelque 75 salles au Québec, et c’est vraiment un des films québécois les plus attendus de l’année.Que ceux qui ne connaissent rien à l’émission originale sachent qu’elle a aussi suscité la naissance de nombreux sites Internet de fans qui décortiquent les 65 épisodes originaux de la série et qui sont en train de créer une attente démesurée pour le film.On remarquera au passage qu’il est exceptionnel au Québec qu’une série créée pour la télévision devienne un film (on ne parle pas ici d’un long métrage inspiré d’une série qui avait d’abord été inspirée d’un roman, comme Les Plouffe ou Un homme et son péché).Humour loufoque et absurde Revenons au point de départ Le projet initial de série télévisée, présenté comme étant une série humoristique adulte, avait d’abord été soumis à tous les grands réseaux et avait été démocratiquement refusé partout Pierre-Yves Bernard, également entraîneur à la Ligue nationale d’improvisation (LNI), est un scénariste profession- 1 .«à'.La folle équipe de l’émission Dans une galaxie près de chez vous part à la rescousse de «six milliards de tatas» dans près de 75 salles au Québec.nel qui a collaboré à de nombreuses émissions, dont Watatatow, Bouledogue Bazar, Km/h et Un gars, une fille.Claude Legault est plus connu du grand public comme comédien, mais ce joueur-étoile de la LNI fil y a vraiment une filière LNI dans ce projet) est également scripteur.L’ancien Canal Famille joint de nouveau Legault et Bernard après un premier refus pour leur demander s’il n’y aurait pas moyen d’adapter le projet pour les adolescents.«Nous n’avons à peu près rien changé», explique Legault, qui ajoute que «tout le monde était sceptique au début».On a d’abord réalisé une émission-pilote en «français international» qui a sombré dans le ridicule, explique-t-iL On a ensuite voulu imposer des rires en boîte ou encore enregistrer la série en direct devant public.Bref, Legault et Bernard ont tenu leur bout La série débute en juin 1999.«On a failli disparaître deux ou trois fois», affirme Legault Au fil des épisodes, la mayonnaise prend, mais le public adulte est toujours inexistant Les enfants deviennent passionnés, les parents de ces mêmes enfants commencent à y jeter un coup d’œil et se laissent rapidement séduire par cet humour loufoque et absurde, avec des personnages très bien définis: le capitaine Patenaude (Guyjodoin), imbu de lui-même et aux proverbes vaseux, le scientifique Brad Spitfire (Stéphane Crète), véritable peste, peureux et hypocrite, qui rêve de pendre la place du capitaine, la psychologue Valence (Sylvie Moreau), qui a le don de poposer des explications psycho logiques tordues, le bon gars courageux Flavien (Claude Legault) et son grand chum, le pilote Bob (Didier Lucien), obsédé par la bouffe et plutôt lent du cerveau, et ainsi de suite, évoluant tous dans des décors de carton-pâte censés illustrer la vie dans le vaisseau Romano Faford, qui ressemble à une vieille boite de conserve recyclée.Les ados adorent et les adultes craquent parce que les personnages sont remarquablement bien définis mais surtout parce que VOIR PAGE E 2 :FAFARD Le jazz agile de Susie et Jordan JACQUES GRENIER UE DEVOIR SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR On a beau dire, beau faire, on a beau aiguiser le scepticisme, cultiver l’humeur des râlements, sans accent, ça marche quand même.Le charme opère toujours autant Le charme de qui?Du Susie Arioli Bund, featuring, comme on dit en bon français, Jordan Officer.L’officier en question est guitariste; Susie, tout un chacun le sait, est une chanteuse agile.Bon.Alors, le charme.On a écrit ou plutôt conjugué ce charme qui est le leur au présent.Pourquoi?Parce qu’il publie ces jours-ci un nouvel album sans titre particulier sur étiquette Justin Time qui séduit autant que les productions antérieures.Autant?Non! Plus qu’avant et moins que demain.On sait, c’est couillon parce que c’est toujours un peu ainsi lorsqu’il y a du sentiment mais bon.On s’embrouille.Avec eux, leur histoire, on s’est dit comment se fait-il que ça marche alors qu’ils n’inventent rien?Pour- :• quoi leur tonalité convainc toujours alors qu’ils s’échinent à ausculter les pièces du passé accompagnées, il est vrai, d’originaux?Ou mieux, pourquoi ce qui marche avec eux ne marche-t-il pas avec d’autres?Tentons la réponse.Cela paraîtra curieux mais, en guise d’amorce de la réponse, on va puiser dans le dernier numéro de la revue Down Beat à cause du télescopage qu’elle propose.Sur la couverture, on reconnaît le sourire et fa cravate de Wynton Marsalis.Voilà un musicien qui vingt ans durant a fréquenté les cimes de l’univers jazz.Tout lui a réussi.C’était amplement mérité.D y a deux ans de cefa, lui qui était la vedette par excellence du jazz, qui avait fait fa couverture du magazine Time, qui était considéré comme un très grand trompettiste de classique, a appris que son contrat avec Columbia/Sony ne serait pas renouvelé.Raison invoquée?Ça ne marche plus comme cela devrait marcher.E paraîtrait que sa défense et illustration du -bibeaupe» épicé de ses sonorités chères à Duke Ellington ne récolte plus l’adhésion d’antan.Dans le même numéro, on apprend que les ritournelles identifiées à Django Reinhardt fonctionnent à merveille.Les gens, les simples, en veulent et en redemandent Ils aiment Nuages.Ils adorent ces rythmes qui dandinent Ces harmonies qui rigolent ces mélodies qui déshabillent C’est ainsi, c’est comme ça.Ça va tellement bien pour le Django que Susie et Jordan en ont fait un de leurs héros.Sur leur nouveau disque, ils jouent à leur manière les Nuages de l’autre.Grâce au télescopage de Down Beat, on dispose d’une réponse.L’énigme inhérente au charme et au succès de Susie et Jordan est en partie levée.On aime cefa parce que c’est léger, c’est frais, c’est joyeux On aime leur côté artisan, au sens ébéniste ou sculpteur de gargouilles.Plutôt que de partir à l’assaut du territoire où chaque pas commande un incessant et épuisant renouvellement, ils ont choisi d’égayer les plaisirs.De les étoffer.D y avait le Down Beat, il y a maintenant le producteur.Il s’appelle John Snyder.Ceux qui lisent depuis VOIR PAGE E 2 ARIOLI LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET D I M A X C H E 4 AVRIL 2 0 0 1 Culture SOURCE ASTRAL Une scène du film Dans une galaxie près de chez vous.FAFARD SUITE DE LA PAGE E 1 la série contient un nombre record de gags à double sens, ou au deuxième niveau, et d’allusions tordantes au Québec d’aujourd’hui, un peu comme les anachronismes dans les albums d’Astérix.Un acte de volonté L’émission a duré quatre saisons.«Nous avons vraiment senti que ça commençait à décoller à la fin de la deuxième saison, encore plus à la troisième», dit Sylvie Moreau.Décoller, cela signifie que les comédiens se faisaient accoster dans la rue avec des répliques tirées de la série.Décoller, cela signifie de vieux épisodes revus des dizaines de fois, qui ont encore attiré 110 000 téléspectateurs à l’hiver sur Vrak.Décoller, cela signifie que les sites Internet se multiplient, les amateurs les plus fervents recréant même sur vidéo des scènes des épisodes télévisés.De la même façon que le projet télévisuel a d’abord été porté à bouts de bras, le film est un acte de volonté.Aucun projet de cinéma n’était encore lancé que les comédiens répétaient partout que Dans une galaxie près de chez vous deviendrait un film.Tout le monde a donc fini par y croire.Claude Desrosiers, qui a surtout réalisé des productions télévisuelles (mais pas la série elle-même), s’est lancé dans la réalisation du film, produit par Zone 3, également producteur de la série.Avec un budget de 2,5 millions et un tournage de 23 jours, on est très loin d'une grosse production.Dans les bars où il s’arrête ces jours-ci, Claude Legault se charge même de laisser des piles de dépliants publicitaires du film! «En passant au grand écran, on peut aller beaucoup plus loin dans l'émotion des personnages, une émotion que la série n’avait pas le temps de développer, explique Claude Desrosiers.Et chaque personnage a plus de place pour se faire valoir.» «Dans une galaxie., c’est vraiment une convention de fiction qui a un grand potentiel esthétique pour le cinéma, ajoute Sylvie Moreau.Ce n’est pas comme si c’était un téléroman qui se passe dans une cuisine.C'est coloré, il y a de l’action, des images fortes, c’était parfait pour le cinéma.Et puis, il y a un public très fidèle qui nous soutient.» La série est drôle mais possède un fond «sombre», dit Claude Legault, sur la stupidité de la race humaine et les ravages causés à la planète.«C’est une œuvre d’humanisme social», lance Sylvie Moreau, une œuvre qui porte aussi sur la capacité des humains de s’autodétruire.Tout le monde se croise les doigts en espérant que le film marche.En effet, si c’est le cas, rien n’empêchera une ou plusieurs suites.«J’ai tout le temps des idées pour plein d’autres épisodes», conclut Claude Legault Comme le dit le capitaine Pate-naude, «il ne faut pas vendre la peau de l’ours, surtout s’il n’est pas d'accord avec le prix».SOURCE ASTRAL Dans une galaxie près de chez vous a été produit par Zone 3, également producteur de la série.24,25,26,27,31 mars 2004 1,2,3,7,8,9,10 avril 2004 19 h 30 les mercretSset 21 h les autres Bain Mathieu 2915, Ontario Est Métro Frontenac 514.527.1456 Billets 15$/20$ Wes tem psy chan aly tique /A.lepontbridge THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Le théâtre à risque Le festival Méli’môme continue d'aborder de nouveaux territoires La programmation de Méli’môme se permet cette année des percées dans des univers troubles qui ressemblent finalement beaucoup à celui dans lequel nous vivons.Petit survol marqué au sceau du risque.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Reims — Un festival — et dans le cas de Méli’môme c’est encore plus évident —, ce n’est pas qu’une vitrine où les spectacles se succèdent sans interruption: c’est un petit monde convivial construit sur l’intensité.Un univers ouvert, par définition, sur les rencontres de tous types: des spectacles à profusion, des échanges constants avec les artisans du théâtre, de grands repas en commun, des discussions jusqu’aux petites heures du matin, des colloques, des expositions.Et c’est la surprise toujours renouvelée, ici, de voir le plaisir des tout-petits, confrontés beaucoup plus tôt que chez nous à la réalité du théâtre.Mais il arrive parfois aussi que des tensions subites réussissent à se glisser à travers tout cela en ramenant brusquement tout le monde à la réalité de la paranoïa dans laquelle nous vivons tous maintenant, que nous le voulions ou non.Cela vient tout juste de se passer ici.Et comme le cas implique une compagnie québécoise en tournée en Europe, je me permets, avant de plonger dans l’édition 2004 de Méli’môme, une petite digression pour que la chose ne se reproduise plus.Disons tout de suite que cela n’a rien à voir avec Méli’môme.11 s’agit en fait d’une tuile qui est tombée sur la compagnie L’Arrière Scène de Belœil, qui est en tournée en Belgique et en France avec le très beau Pacamambo de Wajdi Moua-wad.C'est lorsque Serge Marois, le directeur de la compagnie, s’est pointé ici au festival pour voir des spectacles consacrés à la petite enfance qu’on a appris que L’Arrière Scène venait de se voir refuser le droit de jouer dans la région parisienne et même menacer d’expulsion lors d’un contrôle de police.La raison officielle: les comédiens doivent détenir un permis de travail pour jouer en France.Le hic, c’est qu’on a toujours fonctionné en croyant que, pour des séjours de moins de trois mois id, ce permis n’était pas nécessaire.Etant donné la quantité de compagnies québécoises qui tournent en France chaque année, c’est un risque qu’on ne devrait plus prendre.Peut-être encore moins, la paranoïa étant ce qu’elle est, lorsqu'on tourne avec une production d’un auteur au nom «suspect».Voilà, c’est dit.Les petites annonces étant faites, passons maintenant au festival.IVI sa vie, de la compagnie Médiane.SOURCE MÉU'MÔME Raconter différemment Dans l’ensemble, si l’on tient compte de la quinzaine de spectacles que j’ai vus sur une possibilité d’une trentaine, on peut dire que la programmation de cette année se caractérise par le risque.Risque de la création.Risque de la nouveauté, de présenter des propositions audacieuses, des nouveaux champs de réflexion, des nouvelles façons de raconter.C’est ainsi que j’aurai vu ma première production française de théâtre pour adolescents — L’Envolé, de la compagnie Amiel —, des spectacles axés sur la danse, même sur le cirque et l’opéra, et trois des cinq propositions offertes à la petite enfance, c’est-à-dire aux enfants de 18 mois à trois ans.D y a des réussites éclatantes, d’autres moins, mais presque toujours des surprises dans cette volonté de faire confiance aux sources d’inspiration les plus multiples.De tout cela, quelques productions ressortent nettement de l’ensemble.D’abord le déroutant et magnifique Alientje de la compagnie néerlandaise Wiersma & Smeets, qui s’adresse aux spectateurs âgés de cinq ans et plus.Ici, c’est la façon de raconter l’histoire de la petite Aline qui séduit d’emblée.Dans ce théâtre d’objets — Aline est grossièrement dessinée au crayon noir sur du papier blanc et elle nous fait visiter sa maison et même l’intérieur de son téléviseur —, on travaille avec des rétroprojecteurs qui renvoient les images sur un écran central à partir de cinq petits plateaux différents.Tout cela déborde d'invention, de trouvailles et d’ingéniosité.On ne peut que se souhaiter ap!Alientje traverse un jour les grandes eaux Autre temps fort du festival.Dégage, petit!, d’Agnès limbos et sa compagnie Gare centrale, frappe aussi par sa façon de raconter l'histoire archiconnue du Vilain petit canard.Ici, c’est la maîtrise de la ço-médienne qui surprend et sa façon d’actualiser ce conte sur la différence entre les êtres.L’interprétation est lumineuse et le discours, percutant Voilà un autre spectacle qu’on voudrait revoir chez nous.Troisième coup de cœur, L’Envolé, qui s’adresse aux plus vieux, à partir de dix ans.Ce qui surprend ici, c’est la mise en scène de Sylviane Fortuny, à qui l’on doit déjà le magnifique Emile et Angèle de Françoise Pillet et Joël Da Silva.La pièce raconte l’histoire d’un fils envolé et surtout l’impact de son départ sur une famille française ordinaire à la limite de la dysfonctionnalité.Tout se passe autour de la fable, comme il se doit, et c’est surtout plein de silences et de lourdeurs alors qu’au Québec, le théâtre pour ados nous a habitués à des prises de parole beaucoup plus bruyantes et à une volonté d’agir différemment Mais la proposition est claire et les enfants embarquent Une fort belle démonstration.Nouveau cap Ailleurs, dans le secteur petite enfance, on assiste aussi à un net changement de cap.Les trois précédentes éditions de Méli’môme avaient livré des productions où les objets, les matières et la musique venaient stimuler l’attention des tout-petits; ce n’est pas le cas cette année.Les spectacles que j’ai vus {Syncope, Roudoudou et Le Chant du petit pois) utilisent le langage à profusion et, malgré de beaux moments, ils n’atteignent jamais, par exemple, l’impact des productions de la compagnie FA7 d’Anne Françoise Cabanis déjà présentées ici.Et il y a tout le reste également Toutes ces productions que je n'ai pas vues au moment d’écrire ces lignes: Le Grand Ramassage des peurs, de la compagnie UArtifice de Dijon, et Bechtout’ du Baro d’Evel Cirk Compagnie, ou dont on a déjà parlé, comme le remarquable La Belle et la Bête du Puppentheater der Stadt Halle, qui est passé par Montréal lors des derniers Coups de théâtre, ou encore La Couturière de Jasmine Dubé, qui n’arrive ici qu’à la toute fin du festival.Sans compter tous ces spectacles de calibre plus que respectable qu’il est presque gênant de citer à la queue leu leu, en fin d’article, et qui témoignent tous d’une démarche originale: IVI sa vie, Hac-cah, L’Habitant de l’escalier, La petite fille qui sentait le papier.C’est ce qui arrive quand un festival s’inscrit sur la ligne du risque.ARIOIi Cet album, c'est un peu, beaucoup la galaxie Stephen Barry SUITE DE LA PAGE E 1 longtemps les pochettes de disques savent que le bonhomme en question est un vieux pro, comme dans grand pro.Au fil des ans, voire des trois dernières décennies, Snyder a enfilé bon résultat sur bon résultat D a produit Charlie Haden, Art Pepper, Ornette Coleman, Aretha Franklin, Junior Wells, James Cotton, Paul Desmond, Chet Baker, Don Cherry, Hampton Hawes, Dave Brubeck, Sun Ra.et aujourd’hui, il produit Arioli-Officer.Des confidences recueillies auprès de ces derniers, on a retenu ceci: «Nous nous sommes rencontrés après un show-case.Il était très cool.Nous avons gardé le contact.Puis, il a manifesté son intérêt pour nous produire.» Snyder a ceci de remarquable «qu’il écoutait constamment tout ce qu’on faisait.John n’est pas un producteur à retourner à son hôtel après une session.Nous étions toujours ensemble.Il est venu avec nous voir des shows au Barfly.C’est un homme très présent.Ça nous a mis en confiance.R a une façon d’être directif sans être autoritaire.R sait ce qu’il veut et nous encourage de manière à obtenir l’effet désiré».Cet album, c’est un peu, beaucoup la galaxie Stephen Barry.Lorsque Jordan ne joue pas auprès de Susie, on peut l’entendre aux côtés de Barry.Quoi d’autre?Sur cette nouvelle production, on retrouve Michael Browne qui, pendant plus de vingt ans, a joué dans le Stephen Barry Band.On retrouve également le guitariste Colin Perry, avec lequel Barry joue tous les mercredis soir au Barfly, sans conteste le seul petit bar tout croche de Montréal.D y a enfin le saxophoniste Danny Roy, qui promène son ténor à la Ben Webster sur six morceaux du disque.Le programme?Il a été établi par le duo avec Snyder bien évidemment.Mais encore?Ils reprennent à leur compte des pièces mille fois enregistrées, mais.mais pas aussi bien ciselées ou peaufinées que là.Attention! On ne dit pas que leur interprétation, par exemple, de Easy Living est la meilleure qui soit Ce n’est pas ça.Ce n’est pas quelque chose qui s’analyse ou s'étudie comme une compétition sportive ou économique.C’est que.C’est la voix de Susie.Sur cet album, sa voix est devant Ou peut-être au-dessus.On ne sait trop comment dire, si ce n’est qu’on l’a trouvée plus claire, plus aérienne, plus captivante que jamais, la voix d’Ario-li qui joue aussi du tambour.Elle est si sûre d’elle qu’elle libère les autres, ses compagnons.Ceux-ci la soutiennent évidemment mais en se promenant On pense à cette promenade où l’on n’hésite pas à emprunter les chemins de traverse.En clair, ils prennent des risques.Juste ce qu’il faut pour attirer notre attention et surtout., la conserver! IL, CI p CI II NI T" RI CI ll»E:S) Ml A, D) O) Ni CI Si a THÉÂTHS 0» E» commsio» »,EC ^ -a .Sophie Cadieux m'a épatée ! Elle est adorable, charmante et sait aussi être grave.“ Pmc»*» Xmm, C'wt bien nuis** tt mitfi .Un spectacle qui pose dos questions incroyahlement pnfendes : il faut aller le Voir.- ta** Oudianne.lui Mute.• Un propos percutant Sophie Cadieux a un talent (ou ! Une belle pièce à voir.• Valérie GriHAallU.Caféine un objet sobre, mais plus dérangeant encore qu'un bain de sang.- ht nu»», u moa -Une pièce (.) qui parle du ceuraae qu’ont certains jeunes de briser la loi Idu silence.Une révélation!-Myn*m ««Ie*- “«*>" ltartr**‘ -Il faut voir Cette filli-li (.) parce qu’il est essentiel d’entendre cette voix que les adolescents nous reluxent - M> om* vur DE JOAN MACLEOD TmouDTiDX OLIVIER CHOINIERE mise en scène SYLVAIN BÉLANGER «vec SOPHIE CADIEUX va - ou 23 mm au 17 «vm 2004 SUPPLÉMENTAIRES 3-10-17 AVRIL IS H I ÜMSLIPAïlO MICHELE lAUBERTf - mü - URSE* :tii MGH KARINE IAPIERRE otMCiiot ei Mnon I i MARI!N GAGNt AARIE HEIENE OUFORT tac NE IRE PANIER UNE BRASSARD avec la participation de ^ LE DEVOIR THÉÂTRE ESPACE GO BILLETTERIE 845- (5i4) 845-4890 www *»pjc*ço corn 4559.PAPINEAU • MONTRÉAL, QC ^7* V.T www.theatrelilicorne.cow - V S14.S23.2246 I,.,.,, f i MMHH LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE » AVRIL 2 0 0 1 E 3 Culture THÉÂTRE Au carrefour de Pamour et du sacré J u malrheur.Hp trp tare nre Le dramaturge Michel Marc Bouchard retourne à ses racines F Si Michel Marc Bouchard n’était pas devenu dramaturge, il aurait probablement été historien car l’histoire le passionne, la petite autant que la grande.Et c’est justement dans la petite histoire de son village natal de Saint-Cœur-de-Marie (Mistouk, au Lac-Saint-Jean) qu’il a puisé pour écrire Le Peintre des madones ou la naissance d’un tableau, une œuvre qu’il qualifie de «drame mystique» et qui, selon lui, s’inscrit dans la même lignée que sa pièce Les Feluettes ou la répétition d’un drame romantique, écrite en 1987, traduite et jouée depuis dans plusieurs langues partout dans le monde.SOLANGE LÉVESQUE C) est d’ailleurs la passion de Michel Marc Bouchard pour l’histoire qui a incité Lise Bissonnette, directrice de la future Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), à lui confier la direction artistique de l’exposition d’ouverture amalgamant les racines et l’histoire.«/aime à croire que je suis la suite et non l’aboutissement de quelque chose», affirme-t-iL Sa nouvelle pièce a été inspirée par un tableau qui existe vraiment et qui a été peint par un artiste italien pour l’église de Saint-Cœur-de-Marie en 1952.L’auteur a transposé ces faits réels en 1918.Dans la pièce, le curé commande un tableau à un peintre italien dans l’espoir d’amadouer Dieu afin qu’il éloigne l’épidémie de grippe espagnole, de sorte que ses ouailles soient épargnées; on y voit donc Alessandro, le jeune peintre fraîchement débarqué d’Italie, faire passer des auditions à des jeunes filles pour choisir celle qui servira de modèle à sa madone.Crise mystique et quête d'absolu suivent son arrivée au village, occasion pour chacun de chercher le siège de l’âme: le médecin en charcutant les gens, le prêtre à travers son apostolat et les femmes, qui n’ont pas accès au discours religieux, dans leur quête amoureuse.«L’art est le vecteur du langage amoureux et de la foi.Ces trois éléments sont tous des rejetons de la libido; ils sont l’expression de grandes forces canalisées.» Pour les exprimer, Michel Marc Bouchard a senti le besoin de retourner au vocabulaire franco-québécois du terroir, imprégné des racines religieuses.«Le matériel principal de la pièce, c’est le catholicisme, un monde où il y a toujours danger d’intégrisme.En faisant des recherches sur les martyrs, j’ai découvert que le supplice passe toujours par la chair pour les femmes: il tourne autour de l’amour, du désir et de la procréation.» L’interdit et la recherche de l’amour La structure de la pièce correspond aux 19 éléments identifiables du tableau: nuages, chérubins, voile, couronne, etc.Michel Marc Bouchard a l’impression d’être revenu à ses premières amours en écrivant cette pièce.«Après m’être consacré à des projets plus esthétiques ou politiques, je reviens un peu aux archétypes, aux étrangers et aux personnages demi-dieux.(Dans la quête du dépassement, il y a toujours une présence de l’étranger révélateur, miroir, porte de sortie.)» Avec ses mensonges, ses inventions et son exploitation d'une langue et d’une tradition imagées (sur la hiérarchie des péchés, par exemple), l’auteur situe la pièce dans la tradition des conteurs.«Ni psychodrame ni mélo, elle aurait plutôt les caractéristiques d’un opéra.Elle me ramène aux premières lectures qui m’ont marqué: Màrquez, Calvino.» Le dramaturge ne désavoue pas sa culture catholique.«Je suis agnostique, mais cette culture est encore très présente en moi.Le Québec est un peu schizoïde sur ce plan; Bourgault était athée et ses funérailles ont eu lieu à l’église NotreDame de Montréal.» Pour Bouchard, le désir d’extase et de rapprochement avec le sacré qui accompagnait nos habitudes religieuses a été remis entre les mains des artistes.«Le peintre, c’est l’artiste de Dieu, le marginal, l’étranger qui vient troubler la vie tranquille du village, fait-il remarquer.Plus l’amour est ténébreux, louche, étrange, plus il est attirant.La pièce fait écho à l’ex- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Michel Marc Bouchard situe sa dernière pièce dans la tradition des conteurs.«Ni psychodrame ni mélo, elle aurait plutôt les caractéristiques d’un opéra.Elle me ramène aux premières lectures qui m’ont marqué: Màrquez, Calvino.» tase et à l’attrait de l’interdit.On y trouve des choses émouvantes, une dimension tragique, la recherche du sacré et une illustration que l’amour est un leurre.» Collaboration féconde Il se dit particulièrement heureux de sa collaboration avec Serge Denoncourt «On travaille vraiment de concert.Serge a confiance en lui, en moi et dans le projet; en conséquence, on ne peut plus parler de la “solitude de l’auteur".C’est un très bon coach, comme André Brassard l’a été pour moi à la création des Feluettes.Souvent, la lecture de l’auteur est trop linéaire; les questions de Serge ouvrent des possibles.» En contrepartie, il arrive que l'auteur intervienne aussi dans le travail de Denoncourt «Celui-ci m’encourage à assister aux répétitions.Mais la médiation entre l’acteur et l’auteur ne peut être faite que par le metteur en scène.» Le fait de travailler à Go enchante Michel Marc Bouchard.«Dans un théâtre plus modeste, toutes les énergies convergent vers la production, fai tenu à être joué sur des grandes scènes parce qu’elles se sont traditionnellement consacrées au théâtre européen et que j’avais envie de dire: c’est à nous.Mais revenir à une scène de plus petit format me fait du bien.C’est idéal pour la création d’une pièce.» Les attentes sont très différentes dans un grand théâtre; le rapport entre le spectateur et l’acteur l’est aussi.Michel Marc Bouchard avoue ne pas connaître encore tous les tenants et aboutissants de la pièce car sa démarche, en l’écrivant, n’était pas volontariste.«C’est ce qui nous échappe qui fait la force d’une œuvre», conclut-il.Le Peintre des madones ou la naissance d’un tableau prend l’affiche à l’Espace Go dans une mise en scène de Serge Denoncourt, du 6 avril au 1" mai 2004.ROMANIA III Texte et mise en scène: Christina lovita Décors et costumes: Anne-Marie Matteau, lumières: Anne Catherine Simard Deraspe.Son: Christina lovita.Masques: Philippe Pointard.Avec, notamment Marc Mauduit Michel Lavoie et Vincent Brillant-Giroux.Une production du Théâtre de l’Utopie au théâtre Prospéra jusqu’au 17 avril.HERVÉ GUAY C* est peut-être ça, la quadrature du cercle: essayer de fuie tme pièce drôle sur les malheurs de la Roumanie.Pourtant.Christina lovita a voulu y croire en revenant sur les déboires de ses compatriotes.Elle s’est ao crachée à son projet en se disant que «survivre, c’est pouvoir se moquer de tout».EDe a toutefois accouché d’une farce politique en trois tableaux.Romania 111, qui fait moins rire jaïuie que désespérer, tant du théâtre que de la politique.Pour les besoins de la scène, lovita a découpé en trois tranches l’histoire récente de la Roumanie.Premier temps, le lavage de cerveau communiste illustré par un défilé de mode que -normalise» un secrétaire du parti particulièrement obtus.Deuxième temps, à l’heure du réveillon, les residents d'un immeuble d’habitation attendent l’exécution du couple Ceausescu.Troisième temps, des mendiants roumains, ayant fai leur pays, font face à la concurrence dans une gare allemande.Ramené à quelques lignes, il est possible de voir dans ces épisodes matièra à parodie.Mais écrits et interprétés comme ils l’ont été, l’écriture s'efforçant de souligner le commentaire politique et la commedia dell’arte grossissant encore le trait, la chose devient carrément insupportable.D’autant que c'est déballé en argot français et que les tentatives de passer d’un jeu extérieur à des pointes d'intériorité butent sur l'inexpérience d’une bonne partie de la distribution.Défaut commun à ses spectacles précédents, l'auteure et met-teure en scène paraît une fois de plus ne pas savoir quand s'arrêter.Je pense en particulier au réveillon qui s'éternise et où on continue à nous expliquer en long et en laige ce que nous avons compris depuis longtemps.L'âme dirigeante du Théâtre de l’Utopie me semble avoir été piégée par le fait de devoir monter elle-même son propre texte, lequel porte en outre sur un sujet face auquel elle a peu de read.Qui aurait pu l’éveiller aux vertus attachées au fait de condenser sa pensée?De même, la place qu'elle tient à laisser au jeu des acteurs ainsi que l’investissement corporel considérable qu’elle réclame d’eux accentuent l’effet d’éparpillement d’un spectacle où on s’efforce de rappeler des événements si graves à l’aide d’une gestuelle à ce point dérisoire.Non que le message ne méritait pas d’être entendu, mais la manière, pleine de gestiailations et de ratiocinations, est de nature à décourager le spectateur le plus tenace.C’est tout de même un signe que de voir des comédiens si jeunes venir saluer, l’air si démoralisés que leur fatigue en dit presque autant sur le calvaire roumain que les trois heures où ils peinent à rendre ce drame comique.JoRMcel Ju cificM âfïWr?et elrol 15 au 24 avril 2004 Info-festival (514) 990-3201 www.vuesdafrique.org Célébrez avec nous le 20* anniversaire de Vues d'Afrique à l'occasion de la soirée d'ouverture |c jctJt 4£âiti| à içlt, ~i yj Théâtre Maisonneuve [faites PARTIE DE LA FÊTE il de ,a p,ace Arts, 1 pbt* ÎP6CIAI : \ partenaire de l'événement DOimlLS ZD-, FAITES VUT CAR 1 S’ENVOIENT^ AU PROGRAMME : animation {cinéma ( réception Québec S S .Montréal© Montréal tlftSE»?-* ffl ivs IIÉl rasât ©§S£ théâtr* da QOAT’sons df WMOt M0UAWAD Texte et mise en scène Waidi Mounurnri >SCé”* Isabelle LarivièrT:^:;^:: Éric" chaSouîlain Roy rection musicale et conception sonore Michel F Côté ^Accessoires Marie-Eve Lemieux , ’ ^oce Avec >Annick Bergaron Angel° Barsetti >Andréa >*•** Ou.rinik Vr.".T* * Claujd- Langloia >laaballa Lablanc >Iaabella Roy >Richard Thériault PRESENTE DU 12 AVRIL AU 22 Réservations : (514) 845 7277 Réseau achùssion MAI 2004 (514) 790 1245 91.31» rrrrrrm ¦Ml.ut.Ill II DfMHR BILLETS POUR U SOIRÉE D'OUVERTURE : Place des Arts : (514) 842-2112 et au 1-888-842-2112 Réseau Admission : (514) 790- ©¦MS| billettene PRÉVENU CINÉI Articulée: (5i4) 844-2172 ou 1-866-844-2172 < LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2004 E 4 Thomas Lehmen (Berlin) I 3 20h30 / 4 16h billetterie: 525-1 500 www.tangente.qc.ca Culture trange n t.t Culture et télé pour ne rien manquer L’AGENDA chaque samedi PERFORMANCE La photographie en tant qu’outil intégral MICHEL HELLMAN Dans la performance, pratique artistique éphémère, la photographie (ou plus généralement l’image enregistrée) joue un rôle im- Sortant.En s’intéressant aux ens qui existent entre ces deux médias, l’exposition Point and Shoot, présentée à Dazibao par les commissaires Michèle Thé-riault et France Choinière, nous invite à découvrir le rôle de la photographie en tant qu’outil intégral de la performance.Divisée en deux volets, cette exposition rassemble d’importants artistes canadiens et internationaux.Le premier volet, exposé actuellement et intitulé «Point», présente des œuvres du début des années 70 au début des années 80.Le deuxième volet, «Shoot», présentera, du 15 avril au 22 mai, le travail d’artistes plus contemporains.On pourrait qualifier les artistes de ce premier volet de précurseurs.Les œuvres exposées ne représentent pas leurs performances les plus extrêmes, mais on y remarque la même volonté d’expérimenter.Ces œuvres s'interrogent sur les limites de la photographie et son rapport à la performance, questionnement toujours actuel.Temps et espace Cet aspect est clairement présenté dans les deux films de Vito Acconci qui nous accueillent dès l’entrée.Ces films montrent d’une manière simple l’aspect principal du lien entre la performance et la photographie: cette dernière agit comme une trace, une documentation de l’événement.Mais la performance enregistrée, projetée sur un écran, peut-elle vraiment évoquer la spécificité d’une véritable performance in situ?L’artiste remet en question ces concepts en jouant avec les notions de temps et d’espace.Filmé avec une caméra de type super 8 noir et blanc.Three Frame Studies comporte trois séquences dans lesquelles l’artiste effectue des mouvements devant une caméra qui, elle, ne bouge jamais.Dans la première séquence, intitulée «Circle», on voit l’artiste courir autour de la caméra.Dans la deuxième, «Jump», l’artiste saute.Mais c’est dans la dernière, «Push», que ce jeu avec les limites de la perception de la caméra est le plus expressif: deux hommes se poussent par le coude comme pour se faire sortir réciproquement du cadre.Dans son autre film, intitulé Disappearance, Vito Acconci est accroupi dans un coin et s’adresse directement au spectateur: «I will prove to you that I can make A llg Vac#:; SOURCE DAZIBAO, CENTRE DE PHOTOGRAPHIES ACTUELLES Suzy Lake parodie des magazines de mode dans CoEd Magazine #2(1973-1978), myself disappear.» Pendant près d’une demi-heure, il serre sa tête dans ses bras, se cache, se tortille dans tous les sens, en accompagnant ses mouvements d’un monologue délirant, tout ça pour tenter de «disparaître».L’artiste essaie de donner un sens à sa présence, à sa trace qui reste dans le film mais qui n’est qu’une séquence passée, disparue depuis longtemps.Autoreprésentation Dans d’autres présentations, le lien entre la photographie et la performance fait intégralement partie de la logique de la pièce.Paul Wong, dans sa vidéo In Ten Sity, danse d’une manière effré- née, se jetant d’un mur à l’autre dans un petit espace cloisonné, dont les caméras aux murs sont la seule «ouverture» vers l’extérieur.La performance n’existant que grâce à cette présence de la caméra, celle-ci devient alors le sujet de l’œuvre.L’autoreprésentation est un thème que l’on retrouve beaucoup dans l’exposition, «une autre manifestation où spontanément performance et photographie se chevauchent».Cette recherche s’articule autour du langage du corps et marie bien les deux disciplines.Dans Les Dents et les Cheveux, Arnulf Rainer griffonne, lacère, défigure son portrait photographique.En parodiant des MARC SEGUIN DESSINS ULYSSE COMTOIS PEINTURES - SCULPTURES Jusqu'au 1” mai 2004 GALERIE SIMON BLAIS 5420, boni, SiinHaiirmt H2t ISl 514.849.1165 Ouvert (lu marilt an vendredi lOh à I8h, samedi lOhd l/b pokplpyvfski Artïs Kamila Wozniakowska «Le monde comme il va» « Enfin un premier hommage rendu ici à cette artiste de renommée internationale.• Claude Couillard, Radio-Canada ».certaines de ses installations sont parfois aussi troublantes que les films les plus sanglants.» Nathalie Petrowski, La Presse « Une série d'œuvres satiriques déstabilisent le spectateur au MACM.» Michel Heilman, Le Devoir 656, Marie-Victorin, Boucherville ! 450.449.5999, www,galericartis,com Galerie d'art Mere au Sam - 11 h à I Th, Dim - 13h à 16h MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec:: Prolongation jusqu'au 25 avril 2004 magazines de mode, Suzy Lake ajoute sur une série de ses portraits des collages de coiffures différentes.Dans le tableau du groupe General Idea, un montage ludique intitulé Manipulating the Self, des gens sont invités à se prendre en photo avec leurs bras enroulés autour de la tête.Le choix des œuvres dans ce premier volet illustre bien les différentes approches que peuvent avoir l’artiste, aussi bien que le spectateur, avec le document photographique et l’œuvre soi-disant «spontanée» et apparaît comme une bonne introduction au deuxième volet de l’exposition, qu’il ne faudra pas manquer.Signalons aussi La Lumière comme surmoi, journée de performances organisée dans le cadre de l’exposition avec la collaboration de Sylvie Cotton, qui aura lieu le 17 avril avec les performances de Cari Bouchard, Martin Dufrasne, Daniel Bar-row, Rachel Echenberg, Judy Ra-dul et Karen Spencer.PERFORMANCE ET PHOTOGRAPHIE Point and Shoot Première partie: «Point» Dazibao 4001, rue Berd, espace 202 Jusqu’au 10 avril Les mercredis soir sont gratuits 185, rue Sainte-Catherine Ouest Métro Place des Arts (514) 847 6226 www.macm.org Les, beaux détours U I T S CULTURELS Samedi 24 avril au Musée du Québec DE MILLET À MATISSE et la première rétrospective des œuvres surréalistes de MIMI PARENT et JEAN BENOÎT Un grand événement! Dimanche 16 mai Une conférence et un concert pour la Fête des mères! Et très bientôt, notre programmation d’été (514) 352-3621 fe LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2004 E 7 LE DEVOIR Bas-Ums.2003,125 min.(13 ans et ?) 5 avril 19 h 30 n £mri o HVJlixtJU Uacadémie des néonazis SOURCE 1XION Christian Blümel dans Führer Ex de Winfried Bonengel.FÜHRER EX Réalisation: Winfried Bonengel.Scénario: Winfried Bonengel, Douglas Graham et Ingo Hasselbach.Avec Christian Blümel, Aaron Hildebrand, Julie Flierl, Luci Van Org.Image: Frank Barbian.Montage: Monika Schinder.Musique: Louk Dikker.Allemagne, 2002, 105 minutes.Version originale avec sous-titres français.ANDRÉ LAVOIE Personne ne peut ignorer que les prisons sont de véritables «académies» du banditisme, où le crime organisé recrute ses meilleurs soldats.Avec Führer Ex, le cinéaste allemand Winfried Bonengel montre un autre aspect de cet univers aux timides libertés étroitement surveillées.Un contexte social explosif, souvent alimenté par le chômage, donne bien sûr des armes supplémentaires aux plus désillusionnés et l’Allemagne, pendant les 40 ans de sa division mais aussi depuis sa réunification, a connu son lot de perturbations violentes.Après avoir réalisé un documentaire qui a fait grand bruit dans son pays, Profession: néonazi (1993), Bonengel s’intéresse de nouveau à ce phénomène, cette fois sous le couvert de la fiction tout en puisant dans les mémoires d’un ancien fidèle des idées d’Adolf Hitler, Ingo Hasselbach.Pendant les années 80, la RD A, «un pays construit sur des mensonges», est au bord du gouffre, mais la jeunesse est-allemande ignore qu’elle est sur le point de vivre, d’abord dans la joie et très vite dans l’amertume, une révolution d’une ampleur insoupçonnée.Heiko (Chnstian Blümel, d’une grande sensibilité) et Tommy (Aaron Hildebrand, jouant sans cesse sur le même registre tapageur) ne voient rien venir, trop préoccupés à draguer les filles et à rêver à l’immensité de l’Australie.Heiko a peur de son ombre et, à l’opposé, Tommy est toujours prêt à montrer ses poings ou à défier l’autorité.Après un premier séjour en prison, il réussit à convaincre Heiko de traverser les frontières ultraprotégées de Berlin-Est pour réaliser enfin leurs désirs de grands espaces.La traversée sera de courte durée, conduisant les deux amis en prison où des partisans de la doctrine nazie cherchent à grossir leurs rangs.Contrairement à Tommy, Heiko les évite, mais après avoir été violé par celui qui se prétendait l’un de ses protecteurs et frôlé la folie dans une cellule d'isolement, il décide de lais- ser de côté ses principes.Tommy réussit à s’échapper et, après la chute du Mur, les deux amis se retrouvent, plus tout à fait les mêmes.Pour avoir sympathisé avec la Stasi afin de sauver Heiko lorsqu’il était en isolement.Tommy risque maintenant de payer le prix de sa trahison.Si l'amnésie fut longtemps une caractéristique de la société allemande de l’après-guerre, ses cinéastes n’ont de cesse d’en montrer la face cachée, le côté obscur.Winfried Bonengel poursuit cette tradition, mais il le fait d'une manière se situant à mille lieues de l’angélisme de Wolfgang Becker (Goodbye Lenin!), préférant plutôt les descriptions crues du milieu carcéral dignes de Midnight Express d’Alan Parker.La Comparaison n’est pas fortuite car Führer Ex exploite le même filon de violence spectaculaire, provoquant ainsi un malaise qui court-circuite ses bonnes intentions.Le cinéaste frappe presque toujours sur le même clou, celui du caractère impitoyable de ce monde.Parfois aux limites du supportable, il enchaîne les scènes de bagarres, de viols et de sévices corporels comme autant d’épreuves destinées à transformer en monstres les êtres les plus vertueux.Comme si l’idéologie néonazie prenait uniquement racine parmi ces victimes innocentes broyées par un système pourri, ici le communisme dans ses formes les plus barbares.Ce parti pris aux accents sordides et les volte-face pas toujours cohérentes des personnages — les élans pacifistes de Tommy, une véritable tête brûlée, à la fin du récit ne remportent guère notre adhésion — font de Führer Ex un film aux émotions fortes mais à l’argumentaire limité.horaires 514 847 2206 www.ex-centris.com Un art de concentration En avril, la Cinémathèque présentera 23 courts métrages québécois ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Place au mois du court métrage et à l’occasion de rendre tribut à un genre qui prend de la graine chez nous depids quelques années, à la faveur des nouvelles technologies surtout.Il ne constitue plus un simple tremplin pour le long, un coup d'essai, mais se déploie désonnais comme un art de concentration et d’exigence qui ne supporte aucun temps mort.La Cinémathèque québécoise, du 1" au 24 avril, présente 23 courts métrages québécois, témoignant de la vitalité du genre qui prolifère chez nous, d’autant plus que les supports se multiplient pour l’appuyer: Kino, Sileir ce on court, Prends ça court, etc.Certains de ces filins sont des bijoux du genre, tels Léo de Nicolas Roy.Un paysage jauni entre les blés et les bois, un jeune garçon (Nicolas Baril) et son père (Luc Proulx), le chien de la maison: avec ces simples éléments parfaitement imbriqués, dims un climat sombre et douloureux, un terrible rite de passage transformera à jamais l’enfant de douze ans.Avec cette atmosphère sinistre mais quasi sacrée, cette caméra filtrée à l’esthétique mysté-rieuse, Léo est une œuvre de vraie simplicité glorifiée.À voir aussi: Mammouth de Stefan Miljevic.Un thriller de revirement qui transformera la promenade en voiture d’une citadine (Julie Le Breton) de retour au village en un pur cauchemar.Ici, les victimes ne sont pas celles que l'on croit.Et peu à peu, au fil de ce qui semble un scénario d'horreur, les masques tombent et l'effroi chair ge de visage.C’est bien mené, punché, insolite.Bager de Tomi Grgicevic s’appuie sur son silence et la beauté de ses images en noir et blanc.Le cinéaste use avec grâce de longs plans-séquences en pleine nature, s’arrêtant sur les détails d’un visage, d’une brindille, d’un corps qui nage.Les passages entre onirisme et réalité ne sont que suggérés, laissant place à l'énigme dans ce beau film muet.Deux amoureux à bicyclette à la campagne viennent prendre un bain dans un lac secret.Mais une pelle mécanique plane sur eux comme une menace.Im Sphatte de Denis Côté est avant tout le portrait d’une atmosphère.Dans un squat désert, sombre et mal identifié, en une nuit qui semble se dérouler depuis toujours, deux jeunes femmes s’égarent et se réchauffent, jusqu'à ce qu’un étranger fasse intrusion dans leur univers, pour en changer le climat (Quelques paroles sont proférées entre elles et celui qui viole leur territoire, mais le non-dit est plus bruyant que les mots, collé au froid et au noir de ce lieu indéfini et sinistre.Le film utilise avec adresse le langage des symboles, du silence et de l'obscurité qui recouvrent les personnages pour mieux préserver leur anonymat.Avalanche de films québécois en cuvée pascale ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le paysage du cinéma québécois a tellement changé ces dernières années qu’on ne reconnaît plus ses mœurs.Non seulement ce cinéma a-t-il davantage la faveur du public qu’au-trefois et prend-il d’assaut un grand nombre d’écrans à la fois, mais les films ne cessent de proliférer, au point de sembler vouloir se marcher sur les pieds.Ainsi, à la fin de la semaine prochaine, trois films québécois prennent l’affiche en même temps: Dans une galaxie près de chez vous de Claude Desrosiers, adapté de la série-culte farfelue et interplanétaire, est le gros morceau de cette cuvée pascale qui sortira d'ailleurs sur 80 écrans au Québec.A ses côtés: La Peau blanche, thriller fantastique et premier long métrage de Daniel Roby.Un autre premier long métrage, L’Espérance de Stefan Pleszc-zynski, est également un thriller, mais avec un village pour cadre où les blessures du passé sont réveillées par l’arrivée d’un intrus.Selon Pierre Lampron, à la tête de TVA Films qui chapeaute Dans une galaxie., on se retrouve en contexte inusité.«Cela ne s’est jamais produit dans l'histoire du cinéma québécois, pareil nombre de films qu’on met sur le marché avec un afflux d’audience.Entre distributeurs, on se consulte, on surveille les sorties les uns des autres, mais il y en a tant qu’on finit par se retrouver sur le même plateau.» Quand même, il n’était pas question de lancer Dans une galaxie.en même temps que Monica la Mitraille de Pierre Houle, autre production commerciale (qui sortira à la fin d’avril).Aux yeux de Pierre Brous-seau, qui dirige Les Films Séville, distributeur de La Peau blanche (lancé en 15 ou 20 copies), quand plusieurs œuvres se concurrencent, l’écrémage se fait vite et le ou les films plus faibles disparaissent rapidement de la circulation, sans trouver leur public.«C’est la jungle, dit-il.Il faut se battre.» Un tel embouteillage est vraiment as- Quand plusieurs œuvres se concurrencent, l’écrémage se fait vite MONTREAL LE 08 AVRIL 2004 VU DU DÉSERT Evénement d art electronioue à ciei ouvert; UN SOIR SEULEMENT : 1 9:3 0 2 3:0 0 SITUÉ DEVANT LE 325 RUE DES CARRIÈRES / ANGLE ST- ANDRÉ ACCÈS PAR LE MÉTRO ROSEMONT UNE PRÉSENTATION DE CHAMP LIBRE WWW CHAMPLIBR' wj/m sassin pour un cinéma plus difficile, qui réclame le bouche à oreille avant de s’imposer.Les trois films qui sortent à Pâques s’adressent à peu près au même public adolescent et amateur de cinéma de genre.Il y aura des perdants dans l’histoire.De toute façon, on retrouve désormais peu de cases vides dans le calendrier sans films québécois pour les occuper.Si bien que les distributeurs acceptent tôt ou tard de se faire concurrence à l’intérieur du même mois, si ce n’est de la première semaine, pour lancer leurs œuvres.L’Incomparable Mademoiselle C de Richard Ciupka, scénarisé par Dominique De-mers, suite d’un premier volet fort populaire, sortira de son côté le 23 avril prochain.SOURCE CHRIST AL FILMS Patrick Labbé dans L’Espérance de Stefan Pleszczynski et Bernadette Gogula.Ru Musée notional des beoux-orts du Québec Wl i m i Parent, Jean Benoît Surréalistes : LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2 0 0 4 LE DEVOIR Tl om o 11 \J 111 ut CINÉMA Martin Bilodeau Hot-dog froid Les chiffres publiés en début d’année par Alex Films le confirment: la volte-face du cinéma québécois dans le circuit des salles, où il a récolté 13 % des parts de marché, s’est faite aux dépens du cinéma européen, et particulièrement du cinéma français, sans toutefois ébranler l’impériale états-unienne, laquelle occupait encore 78 % des parts de marché.Ainsi, tandis qu’un certain cinéma québécois se complaît à copier les modèles du cinéma américain (voir Nez rouge, Le Dernier Tunnel et Vendus), les cinématographies qui se distinguent par leur diversité et leur originalité restent bloquées à la frontière.Si la carence est moins apparente sur le plan de la circulation des films d’Asie et d’Europe non francophone (qui remarquera 3ue le formidable film anois Reconstruction, Caméra d’or à Cannes, est resté inédit ici?), il en va tout autrement pour le cinéma français, cet ancien phoenix de nos écrans, dont la part de marché au Québec a chuté de 40 % en 2003.De fait, le cinéma de l’Hexagone se fait de plus en plus discret sur nos écrans.En faisait foi la récente cérémonie des Césars, où les trois quarts des films honorés nous étaient étrangers.Même que les plus prestigieux d’entre eux sont appelés à le rester.Ainsi, aucun distributeur québécois n’a fait l’acquisition de l’excellente comédie dramatique Les Sentiments, de Noémie Lvovsky, avec Baye, Bacri et Carré.Idem pour Pas sur la bouche, opérette qu’on dit délicieuse signée Alain Resnais, qui (comme le film de Lvovsky) concourrait contre Les Invasions barbares pour le César du meilleur film.Les distributeurs québécois achètent mois de films étrangers parce qu’ils bénéficient de moins d'espace-écran pour les diffuser.L'équation est simple à formuler, et les conséquences, immédiate-rpent observables.Comme aux Etats-Unis, où le cinéma indépendant a conquis l’espace qu’occupait autrefois le cinéma étranger, le cinéma québécois, impuissant devant son adversaire (le cinéma américain, qui monopolise bon an mal an le même nombre d’écrans), coupe l’herbe sous le pied de son allié naturel (le cinéma européen).Le processus d’insubordination semble bien enclenché et impossible à stopper, à en juger par l’avalanche de longs métrages de fiction québécois qui déferle sur nos écrans depuis le début de l’année, et par la pénurie de films français de qualité que cela provoque inévitablement.À cet égard, le titre du dernier film de Francis Veber sonne comme un mot d’ordre lancé au cinéma français chez nous: Tais-toi! À ce tableau s’ajoute un autre fait troublant, à savoir que la distribution québécoise et canadienne de films européens est très souvent tributaire des Américains.J’en veux pour preuve Dogville, distribué chez nous par Alliance Atlantis Vivafilm (pour la version sous-titrée en français) et Christal Films (pour la version originale anglaise).Ces deux entreprises, qui ont acquis les droits du film avant la première mondiale de celui-ci a Cannes l’an dernier, se sont vues obliger d’inclure dans leur contrat de distribution une clause stipulant que le film du Danois Lars Von Trier ne pouvait sortir au Canada qu’en même temps ou après la sortie américaine.Or le distributeur américain Lion’s Gate (dont Christal Films est le bras canadien), qui devait le sortir en octobre, en a reporté la distribution jusqu’à ce weekend, invoquant plusieurs raisons dont l’emploi du temps chargé de sa vedette Nicole Kidman.En fait.Lion’s Gate a choisi d’éviter Le cinéma de l’Hexagone se fait de plus en plus discret sur nos écrans l’embâcle Kidman qu’aurait provoqué la sortie de Dogville simultanément à celle de The Human Stain et deux mois avant celle de Cold Mountain, deux titres du géant Miramax — devant lequel t,out le monde s’incline, aux Etats-Unis comme ailleurs.•Ça me déçoit qu’il ait fallu attendre si longtemps, dit Patrick Roy, d’Alliance Atlantis Vivafilm.D'autant qu’il y avait un beau phénomène qui entourait le film il y a un an.» Bien que boudé par le jury de Cannes, Dogville a en effet suscité beaucoup d’enthousiasme à Cannes, et sa présentation ultérieure aux festivals de Toronto et de New York en faisait un beau plat de résistance à inscrire au menu cinéphi lique d’automne.À moins d’un mois du dévoilement du nouveau menu cannois, l’arrivée de Dogville sur nos écrans fait l’effet d’une stratégie de la onzième heure.Sinon d’un sabotage de philistins qui confirme les sentiments que Von Trier nourrit à l’endroit de l’Amérique (hypocrite, vénale, corrompue, etc.), sentiments qu’il projette dans le microcosme de Dogville.?Revenons au Festival de Cannes, qui aura lieu du 12 au 23 mai.À ce stade, on ne sait rien de la prochaine sélection, sinon les titres des filjns d’ouverture (La Mauvaise Éducation, d’Al-modôvar) et de clôture (De-Love-ly, bio de Cole Porter signée Irwin Winkler).On se doute toutefois que le profil du cinéma québécois sur la Croisette sera plus bas qu’en 2003.Parmi les coureurs potentiels, deux titres sont murmurés dans les coulisses, soit Littoral, de Wajdi Mouawad, et Trop près du sol, de Carole Laure.Devant le faible niveau de qualité de nos productions depuis le début de l’année, personne ne s’étonnera que les titres susceptibles d’être retenus soient encore inédits.?Du reste, une petite enquête m’a permis de dénicher quelques titres de films susceptibles d’être servis bien chauds sur la Croisette.Le nouveau François Ozon, intitulé 5X2 et mettant en vedette Valeria Bruni Tedeschi et Françoise Fabian, devrait y être.Idem pour le nouvel opus (sans titre pour l’instant) de Mike Leigh, la nouvelle science-fiction de Wong kar-wai (2046) ainsi que le film à sketchs que ce dernier a signé avec Steven Soderbergh et Michelangelo Antonioni (Eros).Au chapitre des films-événements, tout le monde espère découvrir là-bas le nouveau documentaire de Michael Moore, Fahrenheit 9/11, dont la sortie nord-américaine est prévue pour septembre.Même les retrouvailles d'Audrey Tautou et de Jean-Pierre Jeunet, à l’occasion à’Un long dimanche de fiançailles, pourraient avoir lieu sous le ciel azuré de la Riviera.Aussi espérés sous ce même ciel, en vrac: Land of Plenty, de Wim Wenders; Enduring Love, de Roger Mitchel (dont T'excellent The Mother, à la Quinzaine l’an passé, est toujours inédit ici); aussi.The Life Aquatic, de Wes Anderson (The Royal Tanen-baums); enfin, A Home at the End of the World, premier long métrage de Michael Mayer d’après le roman de Michael Cunningham, auteur de Les Heures.La programmation cannoise sera annoncée à la fin du mois.?Vous pouvez entendre Martin Bilodeau trois fois par semaine dans le cadre du magazine quotidien Aux arts, etc.(midi dix) de la Chaîne culturelle de Radio-Canada, animé par Johanne Despins.D A i ., ~ .ROLF K0N0W Près d un an après son lancement à Cannes, voici enfin le fascinant et brechtien Dogville sur nos écrans.Le film met en vedette Paul Bettany et Nicole Kidman.Voyage dans l’âme humaine Avec Dogville, Lars Von Trier a conçu un fascinant et cruel huis clos DOGVILLE Réalisation: Lars Von Trier.Avec Nicole Kidman, Paul Bettany, James Caan, Stellan Skarsgaard, Lauren Bacall, Harriet Anderson, Jean-Marc Barr, Ben Gazzara, Chloé Sevigny, Patricia Clarkson.Image: Anthony Dod Mande.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Au dernier Festival de Cannes, Lars Von Trier, descendu en camping-car de sa Scandinavie jusqu’en Côte d’Azur (d a la phobie de l’avion), avait rencontré la presse entouré de toute sa smala, les acteurs de Dogville entre autres.Et Nicole Kidman, l’héroïne du film, jurait sur les grands dieux qu’elle participerait aux deux autres films de sa trilogie.C’est elle qui avait approché le cinéaste danois pour travailler sous sa baguette.Il avait écrit le rôle dans Dogville à son intentioa Près d’un an s’est écoulé.Lars Von Trier a commencé à tourner la suite de Dogville, intitulée,Mnwder-lay, sans Nicole Kidman.Evoquant un horaire chargé, elle lui a fait faux bond.La fille du cinéaste Ron Howard, Bryce Dallas Howard, remplace la star de Moulin Rouge.Espérons qu’elle saura égaler Kidman, vraiment extraordinaire dans le premier film.En attendant, Dogville sort sur nos écrans.Parti favori l’an dernier, le film n’avait rien gagné à Cannes.D fut, par-dessus le marché, un des grands oubliés des compétitions de cinéma: European Film Awards, César, Oscar, etc.Injuste sort, car Dogville fut un des films les plus importants de l’année, et certainement l’un des plus audacieux.Sa facture expérimentale n’étonne pourtant pas chez ce cinéaste, qui fut un des instigateurs du Dogme, ce mouvement cinématographique s’amusant à multiplier les contraintes.Quand Lars Von Trier, qui lançait Breaking the Waves, s’était fait reprocher à Cannes par des journalistes américains d’avoir campé son action aux Etats-Unis sans y avoir jamais mis les pieds, ça l’avait piqué.D a entrepris dès lors de récidiver.Quelle séduisante proposition que celle de Dogvillel Sans décors ou presque, quelques meubles et des lignes dessinées à la craie indiquent les limites et le contenu des maisons d'une petite ville des montagnes Rocheuses.Avec son unité de lieu et d'espace, le film est cousin du théâtre.D'affleurs, Lars Von Trier s’est inspiré des codes de distanciation à la Brecht ainsi que du personnage vengeur de la pirate Jenny dans L’Opéra de quat’sous.La littérature se retrouve également au rendez-vous.L'action est en partie contée par un narrateur.En un prologue et neuf chapitres, on y suit les mu- tations des habitants de Dogville.Dans leur bled isolé, une belle fugitive (Kidman) poursuivie par des gangsters trouve refuge.Les gens l’accueillent d’abord avec générosité, puis profitent d’elle, la font travailler de plus en plus fort avant d’en abuser sexuellement de l'enchaîner, etc.Allégorie sur le pouvoir qui corrompt l’homme, Dogville poursuit la démonstration implacable des extrémités de férocité auxquelles une communauté peut atteindre quand elle possède plein pouvoir sur quelqu’un.Distribution de haut vol Dogville a pu s’offrir une distribution de haut vol qui compte, aux côtés de la blonde icône, des noms comme Ben Gazzara, Lauren Bacall, James Caan, Stellan Skarsgaard, Chloé Sevigny, etc.C’est Paul Bettany qui incarne l’amoureux de l’héroïne.D est également le Deus ex machina qui manipule ses concitoyens en se livrant à des expériences psychologiques sur eux.Même si le procédé théâtral occupe beaucoup de place, Dogville est un coup de maître, qui parvient souvent à faire oublier la présence des repères.Proche de son précédent Breaking the Waves dans sa thématique de la femme profanée et sacrifiée (Von Trier affirme que cette femme profanée est une partie de lui-même), il repose comme lui sur l’interprétation de l’actrice principale.Kidman atteint ici des niveaux d’émotion que bien d’autres cinéastes n’ont pu susciter chez elle.La transformation du village passe par son regard, d’abord lumineux, puis qui s’embue et implore, avant de briller sous la soif de vengeance.Autour d’elle, chaque interprète joue sa partie comme au théâtre, balayant les conventions de l’absence de décor, devenant eux aussi des icônes symboliques de la luxure, de l’orgueil, de l’envie, etc.James Caan, qui n’apparaît qu’à la toute fin du film, en père de la fugitive, livre avec Kidman la performance la plus impressionnante du lot.Chacune de ses phrases possède une longue portée d’intensité.Dogville dure trois heures.Cela dit, le spectateur, fasciné par les déroulements psychologiques mis en branle dans une mécanique d’horlogerie parfaitement huilée, ne sent jamais sa durée.D participe au voyage dans l’âme humaine auquel Von Trier l’a convié dans ce fascinant et cruel huis clos, qui fait éclater les frontières entre les formes d’art avec le brio et l’audace du maître danois.?.un hymne à la lumière qui rav it les yeux autant qu il enchante l'esprit.» •-Beau comme un tableau de Vermeer.** - le journal de Montreal ?a R VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS .-FAMOUS PiAYERS——1 | CINÉPLJDC OOfC*-y | MÉQA-PLEX^ OUZZO- utTn-71 resSuLLës 71 rÆimji rsîms?^ riîT^Ac'H-jTI riSSnuSgn Jf\ [^erbrookÈTI FiffSnNiOAN 71 £71 I^gggSiivTI sm wm'VinM nDiniu*.c «-_______ .' ’ Dial 1 AL VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS [Far/CmÔÏÏntTI J1 F^chebeauTsiTI fcTogiMiïaiVl mv iaIEUNEMLEAuPERLE Présentement à l’affiche! süasia3s.7i ftssasaTi wsksjkvi ^ i5.«BruTi[5i^âÿi ¦rat ?GNEMA ?SEMAINE DU 3 AU 9 AVRIL 2004 Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en résumé, pages ?4,6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?7,14 dans LAGENDA culturel !
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