Le devoir, 10 avril 2004, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 AVRIL 2004 LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Alain Beaulieu explore la Vieille Capitale Page F 5 ESSAIS La langue française selon Bernard Pivot et Diane Lamonde Page F 20 Qui a peur du livre?LOUIS CORNELL1ER Qui a peur du livre?Mais la télévision, répond le journaliste Jacques Keable dans un pamphlet intitulé La Grande Peur de la télévision: le livre.«L’exception ponctuelle confirmant la règle, précise-t-il, le livre est absent des ondes Québécoises depuis la naissance de la télévision, en 1952!» Une jeule question, alors, se pose: pourcuoi?En préface à cet ouvrage, 3runo Roy, président de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, avance des hypothèses de réponses: peur de la pensée et «terrorisme de la consommation» qui imposeraient le divertissement plutôt que la réflexion, runiformité idéologique plutôt que les opinions multiples.Reprenant une réflexion dYves Beau-chemin, Roy demande: at-on affaire à de la censure ou à de la bêtise?Aux deux, répond Jacques Keable.La télévision, d’abord, craindrait la «charge de subversion» dont le livre est porteur et, pour cette raison, ne prendrait pas de «La lecture nsque: en 1 ex- cluant d’emblée, elle s’éviterait ainsi d’avoir à le ’censurer en cas de dérapage.«Elle ne demeure l’activité de loisir préférée des créera tout sim- ___ plement pas, Québécois» écrit le journaliste, Voccasion-qui-faitAeAarron.» Cette peur télévisuelle du livre, ensuite, et c’est là que la bêtise apparaît, s’expliquerait par «le séculaire complexe d’infériorité dont souffre le Canada français à l’égard de la France, de son milieu littéraire et intellectuel en général, [qui] mine sournoisement sa confiance dans sa propre culture et dans sa libre expression publique».Résultat pas de place pour le livre québécois (ou autre) à la télé publique généraliste.Le livre, pourtant, est irremplaçable: «R a été et demeure — et de très loin — le plus grand et le plus impressionnant porteur de la pensée de l'humanité dans ce qu’elle a de meilleur et de pire!» Hus encore, un surprenant document du ministère de la Culture et des Communications nous apprend que «la lecture demeure l’activité de loisir préférée des Québécois».N’est-ce pas suffisant pour que la télé s’en fasse l’écho?Péril en la demeure Car, s’il est vrai que la lecture continue d’intéresser plusieurs Québécois, il rien reste pas moins qu’il y a péril en la demeure.Depuis 1994, en effet, le lectorat serait à la baisse et, aujourd’hui, «à peine plus de 50 % de la population adulte lit des livres».Létal des bibliothèques scolaires et publiques, quant à lui, laisse à désirer, la concurrence déloyale des grandes surfaces fait mal aux librairies, qui en sont réduites à se transformer ai magasins généraux pour survivre, les titres se multiplient mais se vendait de moins en moins et la concurrence d’Internet n’augure rien de bon pour le livre.Pendant ce temps, «témoin sourd, muet et aveugle de cette évolution, le plus grand moyen de communication populaire, la télévision, singulièrement la télévision publique qui détient un mandat culturel majeur, demeure indifférente.Elle s’en lave les mains» (sic).Va pour la place du hockey, que députés et ministres fédéraux défendent allègrement en cas de menace, mais pour le livre, ce sera rien, ou les plages horaires suicidaires (le fameux dimanche après-midi), ou le saupoudrage ici et là et dans des contextes spectaculaires qui le dénaturent: «Au mieux et à l’occasion, pour peu qu’ils soient disposés à se plier à quelques cloumeiries, des artistes et écrivain-e-s seront invités à venir VOIR PAGE F 2: PEUR LE DEVOIR du livre littérature: Serge Lamothe, Amin Maalouf, Henri Michaux Essais: Hélène Pedneault, Guido Knopp, Diane Lamonde, Torn Franck Bande dessinée: Daniel Svatek, Martin Villeneuve, Art Spiegelman Polar: Henning Mankell Jeunesse: François Gravel Manger ses mots ISABELLE PORTER Le salon est au livre ce que le buffet est à la nourriture.Ainsi, au prochain Salon international du livre de Québec, on trouvera autant du Pierre Morency et du Jean-Jacques Pelletier que le deuxième volume de Botanique et horticulture de Rock Giguère.L’expression «pour tous les goûts» prend id tout son sens.Pour le président du Salon, Philippe Sauvageau, de la petite à la grande littérature, ce qui compte, c’est la lecture: «Un buffet?C’est tout à fait ça, avec une belle table et un menu très diversifié», nous disait-il un peu plus tôt cette semaine.Quelque 600 auteurs et autant de maisons d’édition prennent part à l’événement qui se tiendra de mercredi à samedi prochain au Centre des congrès de Québec.Après avoir connu des difficultés à la fin des années 1990, le Salon a repris du poil de la bête, notamment en faisant passer l’entrée de six à deux dollars, il y a deux ans.Ainsi, on recensait l’an dernier 47 000 visiteurs, dont le cinquième étaient des écoliers.Des noms, des noms ! Côté romans et poésie, parmi les auteurs présents cette année, on pourra notamment rencontrer Chrystine Brouillet, Sylvie Desrosiers, Stéphane Dompierre, Hélène Dorion, Hans-Jürgen Greif, Sergio Kokis, Antonine Maillet.De l’étranger, on attend la venue de la Belge Régine Vandamme, des Américains Michael Hoeye et Patri-cia MacDonald, ou encore des Français Philippe Besson et Marc Lévy.On accueillera par ailleurs plusieurs personnalités de la scène culturelle et politique parmi les auteurs d’essais, de biographies et d’ouvrages plus spécialisés tels Roméo Dallaire, Jean Désy, Andrée Ferreti, Louise Fores- tier, Yves Laframboise, Laurent Laplante ainsi que les Françaises Fadela Amara et Hortense Dufour.Philippe Sauvageau note par ailleurs que le domaine de la «non-fiction» gagne en popularité.«On remarque depuis une dizaine d’années que le lectorat évolue.Avant, les gens lisaient seulement du policier ou des romans d’amour et d’aventure.Maintenant, ils puisent aussi beaucoup dans les volumes documentaires.Qu’il s’agisse d'ouvrages sur la poldique ou la sexualité, les ventes de ce type d’ouvrages augmentent», souligne l’ancien directeur de la Bibliothèque nationale.À ce titre, de plus en plus de débats sur des questions sociales côtoient les classiques rencontres d’auteurs durant le Salon.Ces tables rondes se pencheront sur des sujets comme les problèmes des adolescents, les angoisses de la retraite, la détresse masculine, les autochtones ou encore le terrorisme.On a également organisé une discussion sur le thème de la diversité culturelle, le vendredi soir, à laquelle participeront entre autres la ministre de la Culture, line Beau-champ, et son homologue du Burkina Faso, Mahamou-dou Ouedraogo.Burkina Faso, Mexique et Haïti La présence du ministre burkinabé n’est pas un hasard puisque le Salon donne une certaine place à la littérature de son pays, qui doit accueillir le prochain Sommet de la francophonie.On a donc invité le représentant d’une maison d’édition de livres scolaires ainsi que l’auteure et juriste Monique Dboudo, qui s’intéresse particulièrement à la situation des femmes au Burkina Faso.L’équipe du Salon du livre a également voulu consolider les liens entre le Québec et le Mexique établis l’an dernier lors de la Foire de Guadalajara en invitant trois éditeurs mexicains et Sylvia Pratt, la traductrice en espagnol des livres de Claude Beausoleil, de Louis Jolicœur et de Robert Lalonde.En outre, c’est à l’auteur d’origine haïtienne Dany Lafeniè-re qu’on a confié la présidence d’honneur de l’événement, un heureux hasard puisque la littérature de son pays bénéficiera d’une attention particulière lors du Salon.Ainsi, on comptera sur la présence de la poétesse Ketlly Pierre Mars, qui a entrepris la rédaction d’une anthologie de la littérature féminine haïtienne, du poète Claude Pierre et de l’auteure Evelyne Trouillot, à qui on doit cette phrase: «Écrir re en Haiti aujourd’hui est plus que jamais dire non à la laideur, à la médiocrité et à la paresse, pour un peu plus de bonheur au bout du chemin.» Au départ, la présence d’Haïti au Salon visait à souligna le 200' anniversaire de l’indépendance de ce pays.Elle prend maintenant un nouveau sens.À la lumière de la crise politique et sociale qui ravage l’île, on a lancé une opération visant à fournir des livres aux jeunes Haïtiens.Les visiteurs du Salon sont invités à faire un don de livres qui leur sont chers.Tous les genres sont acceptés, mais on encourage les gens à donner des albums ou des bandes dessinées.Les livres amassés saont distribués dans le réseau scolaire, les bibliothèques et les centres culturels d’Haïti.À COMPTER DU MERCREDI 14 JUSQU’AU SAMEDI 18 AVRIL Au Centre des congrès de Québec 1000, boulevard René-Lévesque Est «On remarque depuis une dizaine d’années que le lectorat évolue» Un dictionnaire attentif à la «parlote» publique » Benoît Melançon en collaboration avec Pierre Popovic > * ' ' LE DEV OIK.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 AVRIL 2004 F 2 «r Livres ^ SALON DU LIVRE DE QUÉBEC F Les ados québécois et leurs habitudes de lecture CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Un grand usage d’Internet aurait tendance à développer les habitudes de lecture chez les usagers plutôt que de les inhiber.Les adolescents préfèrent les bibliothèques publiques aux bibliothèques scolaires.Voilà quelques-unes des conclusions qui se dégagent d’une étude effectuée à Montréal et en Maurice par une équipe dirigée par Monique Lebrun.Cette étude, intitulée Les pratiques de lecture chez les adolescents québécois, publiée aux Editions Multimondes, est le premier volet d’une enquête qui portera également sur la lecture de grandes œuvres au secondaire.Mme Lebrun y a travaillé en collaboration avec Colette Baribeau, Flore Ger-vais, Marie Nadeau, Hélène Lévesque et Priscilla Boyer.Par ailleurs, l'étude avance aussi que les enseignants ont intérêt à favoriser des moments de lecture libre, au-delà des lectures obligatoires, pour former de grands lecteurs.; En termes statistiques, les cher-çheurs ont établi que, sur un échantillon de 1727 élèves, 20 % sont en it de grands lecteurs.Ce sont des unes, plus souvent des filles que les garçons, qui aiment lire et qui nt, dans plusieurs cas, une biblio-lèque personnelle d'une centaine livres à la maison.• Du même échantillon de base, 10 % des élèves sont totalement réfractaires à la lecture et 20 % n’ai-pient pas du tout lire.Cependant, remarque Mme Lebrun, il arrive GENEVIÈVE GOYETTE Environ 20 % des élèves du secondaire sont en fait de grands lecteurs.que des élèves qui n’aiment pas du tout lire découvrent de l’intérêt pour un livre au moment d’activités liées à la lecture de ce livre.Les bibliothèques Par ailleurs, les auteurs de l’étude se sont largement penchés sur la question de l’usage des bibliothèques scolaires et publiques.Ainsi, constate Mme Lebrun, qui enseigne au département de linguistique et de didactique de TUni-versité du Québec à Montréal, les adolescents qui sont de grands lecteurs préfèrent de loin fréquenter les secondes.L'équipe de Mme Lebrun dénonce en effet «l'appauvrissement des bibliothèques scolaires perceptibles depuis une vingtaine d’années».La chercheuse en a profité pour dénoncer le désistement de l’équipe libérale envers l’engagement, pris plut tôt par le Parti québécois, de fournir 100 millions de dollars au ministère de l’Education pour renflouer les bibliothèques scolaires.Or les élèves ne sont pas dupes de cette dégénérescence des bibliothèques scolaires.«Ils n'y trouvent pas les livres qu’ils cherchent», dit Mme Lebrun, qui ajoute que les adolescents se sentent aussi plus libres à la bibliothèque municipale, où ils ne sont pas assignés à des places particulières et où ils peuvent aussi consulter, par exemple, des CD.En entrevue, Mme Lebrun signale aussi que, contrairement au souhait du gouvernement actuel, il existe peu de collaboration entre les bibliothèques municipales et les bibliothèques scolaires.Mais tout n’est pas sombre dans ce tableau des habitudes de lecture des jeunes.Ainsi, on constate qu’un usage accru d’Internet serait une stimulation plutôt qu’un frein à la lecture.Cette constatation n’empêche pas les auteurs de spécifier que les parents et les éducateurs doivent baliser l’usage de l’ordinateur.«Les dangers d’une utilisation tous azimuts d’Internet à l'école sont trop grands», mentionnent-il.Quoi qu’il en soit, l’enquête a démontré qu’internet est devenu la première source d’informations pour les élèves, avant les parents, les amis et l’encyclopédie.Les chercheurs vont par ailleurs jusqu’à mettre en avant les facultés de lecture qu’exige l’usage de certains jeux vidéo.Mme Lebrun n’est pas pessimiste quant aux habitudes de lecture des adolescents québécois.S’il est vrai que cette activité est concurrencée par la musique et la télévision, elle risque bien, conclut la chercheuse, de demeurer au cinquième ou au sixième rang des loisirs des jeunes Québécois pour encore de longues années.LES PRATIQUES DE LECTURE DES ADOLESCENTS QUÉBÉCOIS Sous la direction de Monique Lebrun Editions Multimondes Québec, 2004,315 pages Librairie Renaud-Bra Le baromètre du livre au Québec I -JS» Biograph.Qc P.DUCHESNE Québec Amérique r 1 ?Roman P.AUSTER leméac/ActesSud J.3 Polar DA VINCI CODE 4P D.BROWN Lattès i 4 Psycho Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.MORENCY Transcontinental 74 :> Roman Qc L'HISTOIRE DE PI ?- Booker Prize 2002 Y.MARTEL XYZéd.34 A Psychologie GUÉRIR ?SERVAN-SCHREIBER Robert Latlont 51 / Roman IA PROCHAINE FOIS M.LÉVY Robert Latlont .1 « Polar H.MANKELL Seuil ; B.D.BOING ! BOING ! BUNK ! n» 9 MIDAM Dupuis 1 i" Cuisine Qc BON POIDS.BON CŒUR AU QUOTIDIEN CLOUTIER/OUMESNIL Flammarion Qc 5 n BD.OPÉRATION MONTE CRISTO, 1.16 VANCE/VAN HAMME Dargaud ’ i-’ Biograph.Qc J'AI SERRÉ LA MAIN DU DIABLE ?R.DALLAIRE Libre Expression 71 n Roman LA FEMME QUI ATTENDAIT T A.MAKINE Seuil 11 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?J.SPENCER Michel Lafon ! 1‘.Essais Qc MARCEL TESSIER RACONTE.U M.TESSIER L'Homme 7 If B.D J.DAVIS Dargaud .17 Jeunesse HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHÉNIX V (M“|) J.K.ROWLING Gallimard U 18 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT * E.TOLLE Ariane 177 l‘l B.D.GOTLIB Dargaud 7 20 loisirs Qc LES MORDUS.n° 6 M.HANNEQUART Rudel Médias ! 21 Essais Qc MARCEL TESSIER RACONTE.t.2 M.TESSIER L'Homme , 27 Sport Qc P.ALLARD L'Homme 23 ¦ Biographie MÉMOIRES NP F.PAHLAVI XOéd.8 CONCOURS Visitez notre site wwww.renaud-bray.com Chaque semaine Marc Chapleau répondra à la question d’un internaute.Un tirage au sort aura lieu le 12 avril parmi tous les participants Cinq gagnants se mériteront chacun : - Deux billets pour le Salon des Vins et Spiritueux de Montréal, awc un.visite guidée du Salon en compagnie de Marc Chapleau, dimanche te 25 avril à 14 h.- Un exemplaire dédicacé de A nous deux, le vin !.- Un chèque-cadeau de 30.00$ de la Librairie Renaud-Bray.le'vîn! levin! Psychologie VIVRE M CSKSZENÎMWALY1 Robert Laffont 7 Psycho.Qc LES MASQUES TOMBENT P.MORENCY Transcontinental ’/ Jeunesse ARTHUR, t.3 - Un croisé i Venise K.CROSSLfY-HOll^M) Hachette 3 Fantastique Qc LES CHEVALIERS D'ÉMERAUDE.L 4 - La pnncesse rnhelle A ROBILLARD de Mortagne Fantastique Qc l£S CHEVALIERS D'ÉMERAUDE.11-Le leu dans le ciel A ROBILLARD de Mortagne Roman Qc SORCHA DE MALLAIG ¥ D.LACOMBE vlb éditeur ¦ Essai Qc CES RICHES QUI NE PAIENT PAS D'IMPOTS B.ALEPIN du Méridien 17 Roman LE SECRET DES ABEILLES S.M.KIDD Lattès J Essai TOUS AUX ABRIS ! ?M.MOORE Boréal 7 Biograph.Qc POUR QUATORZE DOUARS, ELLES SONT A VOUS C.LOMEZ Publistar Roman Qc UN PERT PAS POUR L'HOMME S.DOMPIERRE Québec Amérique h9 Psychologie QUESTIONS DE PARENTS RESPONSABLES F.OUMESNIL L'Homme - Polar BATON ROUGE 4P P.CORNWELL Calmann-Lévy Fantastique Qc LES CHEVALIERS D'ÉMERAUDE, t.2 - Les dragons de l'Empereur Noir A ROBILLARD de Mortagne 47 fcîsl Psychologie C.THOMAS Payot 39 Roman Qc I0TÉKHA 4P R.LALONDE Boréal J.40 Roman Qc LE MILLIONNAIRE, t.2 M.FISHER Québec Amérique J 11 DidionnainQc DICTIONNAIRE QUÉBÉCOIS INSTANTANNÉ V MElANCON/POPQVtC Fides JO M2 Spiritualité D.MELCHIZEDEK Ariane - 7 [43 Essais Qc MCCANN/POIRIER Stanké 7 M4 Psychologie ET MOI ALORS 7 P.MCGRAW Marabout 1 |4S| Roman GLOBALIA 4P J.-C RUFIN Gallimard n : V : Coup de Cœur R8 HHBI : Nouvelle entrte Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.25 succursales au Québec www.renaud-bray.com 1 r i HL, H MONETTE Il y a quelqu'un ?II.Y A OUfl.QU Ur 1 < À lire à voix I haute ou dam 1 un murmure, à sober ¦I soulùment ou || à savourer daru une lente delectation.À ne pas manquer, surtout.» Stanley Pean ! Le Libraire Poésie 302 pages ?24,95 $ - Du même auteur en Boréal compact KB- Unless Roman ?204 p.iges * 13,95 S ^ BC n 157 «Éf! Boréal www.editionsboreal.qc.ca PEUR SUITE DE LA PAGE F 1 ploguer leurs œuvres dans des émissions au ton léger, type émissions de nouvelles dites culturelles, présentées en annexe aux bulletins de nouvelles générales, émissions de variétés et autres talkshows.» D est possible, pourtant insiste Jacques Keable, de faire de bonnes émissions littéraires sans que cela coûte uqe fortune.Pascal Assathia-ny, des Editions du Boréal résume: «Un bon concept, un bon animateur et une bonne heure d’écoute.» Le journaliste ajoute: «Une table, des chaises, de l’intelligence, une bonne préparation.Et un pichet d’eau! Pivot en a pait sa fortune et celle de son public.» Indépassable Pivot encore?Mais non! C’est le concept que salue Keable: un concept journalistique, ni savant ni vulgaire, animé par un outsider intelligent et informé qui se fait Y «interprète de la curiosité publique».La télévision, on le sait résiste, mais ses prétextes ne tiennent pas la route.Pressions de la concurrence et des cotes d’écoute?Avant même que celles-ci n’existent le livre était déjà le parent pauvre de la télé.Baisse des subventions gouvernementales?La même réplique s’applique et d’ailleurs, cette baisse, «qui est bien réelle, ne dégage pas automatiquement la télévision publique de son mandat culturel».Manque d’auteurs?Ce prétexte relève de la mauvaise blague tant l’abondance est évidente.Keable souligne, au passage, que dans les rares émissions littéraires qui ont pris l’antenne, le livre québécois est demeuré minoritaire.Ça n’intéresse pas les Québécois?Un calcul rapide, qui ne tient compte que des écrivains, des professeurs de cégep et d’université et de leurs étudiants, une partie de la classe instruite du Québec, quoi, en arrive à un auditoire potentiel de près de 500 000 personnes.Un débat sur le drame rwandais entre le général Roméo Dallaire, le romancier Gil Courtemanche et l’essayiste Robin Philpot n’intéresserait pas?Foutaise, réplique Keable.L’industrie du livre est divisée?Et alors?Comme l’écrit Roch Côté: «Ce n’est pas à l’industrie d’avoir des objectifs clairs pour une émission, c’est à la télévision publique d’en avoir» Une émission sur le livre créerait un précédent qui rendrait jaloux danseurs, peintres, musiciens et autres artistes?Argument frivole, encore une fois: «La danse est la danse, la peinture est la Peinture, la musique est la musique.Le livre, lui, porte la danse, la peinture, la musique, tous Jacsiies K t A b i { rtmct 8i 1(809 «y la grande peur de la télévision : LE LIVRE les arts, toutes les sciences, tous les savoirs et toutes les techniques.» Si tous ces prétextes sont faux, ne restent, pour expliquer l’absence du livre à la télévision québécoise, que les deux raisons évoquées plus haut la censure, dans sa nouvelle version qui consiste à ne même pas donner la parole pour s’assurer de n’avoir pas à l’enlever («le livre dont personne ne parle est un livre qui n’existe fois») en cas de subversion, et la bêtise, ou l’aliénation culturelle, qui repose sur cette «intime, inavouable et secrètement douloureuse conviction que nous ne sommes pas de taille! Que nos livres, par comparaison à ceux signés dans l’Hexagone, ne tiennent pas le coup».Bel éloge du livre comme outil de connaissance et comme puissance subversive, La Grande Peur de la télévision: le livre est aussi, malgré les apparences, un éloge de la télévision publique généraliste comme moyen de communication populaire essentiel.quand il fait preuve de courage et d’intelligence, c’est-àdire quand il joue son rôle et remplit son mandat culturel.Ce livre, qui sent l’envoi un peu vite rédigé, se veut surtout un appel à tous (citoyens, organisations sociales et politiques, partis politiques et gens de culture) en faveur d’une «mobilisation tous azimuts».Le temps est venu, clame-t-il, d’exiger une vraie place pour le livre à la télé.Espérons qu’il sera entendu.Les gens de la télé ont peur du livre?Forçons-les à surmonter leur crainte! LA GRANDE PEUR DE LA TÉLÉVISION: LE LIVRE Jacques Keable Lanctôt éditeur MontréaL 2004,160 pages É C H Quel prix pour Yann Martel?(Le Devoir) — Yann Martel a récemment reçu le German Book Prize pour la traduction allemande de L’Histoire de Pi et non le «Deutch Booker Prize», contrairement à certaines informations qui ont circulé.Le prix lui a été remis lors d’un gala télévisé à l’occasion de la fin de la Foire du livre de Leipzig, en Allemagne.Yann Martel a reçu une sculpture réalisée par l’écrivain Günter Grass lui-même.O s Les Intouchables déménagent (Le Devoir) — Les Éditions les Intouchables déménagent L’éditeur, Michel Brûlé, qui voit toujours très gros, a fait l’acquisition d’un immeuble rue Saint-Denis à Montréal, à proximité des bureaux des Éditions Guérin et de ceux des Editions du Boréal.Deux étagés fraîchement rénovés accueilleront les trois employés de la maison, dont Marie-Ève Maltais, la nouvelle directrice littéraire.Venez nous voir au stand Prologue Allard, Francine Vocalise pour un sanglot Trois •Mercredi 19hà21h •Jeudi 19hà21h •Vendredi 19hà21h Chevrette, Christiane Ô pain d’épices Trois •Samedi 11hà12h •Samedi 13hà14h •Dimanche 11hà12h Kovacs, Stephen Une Saison étrangère Trois •Samedi 16hà18h ——- Lavallée, Dominique La Course folle des spermatozoïdes Trois •Samedi 14hà16h •Dimanche 13hà15h Editions TROIS V LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 11 AVRIL 200I 1 0 «r Livre s ^ SALON DU LIVRE DE QUEBEC F 3 ROMAN QUÉBÉCOIS L’effacement du monde était l’année de toutes les déceptions, longtemps après le mégatsunami et les pluies diluviennes qui suivirent.On ne savait pas exactement quand.Personne n’aurait dû survivre à ça.Mais qu’est-ce qu’on pouvait y faire?Les gens s’accrochent On ne peut même Pas leur en vouloir.Ils veulent continuer à marcher sous le soleil, même absent, même oublié» Une terre dévastée.Des zones, des hangars.Une lumière «d’un rose émulsifiant».Des êtres errants, socialement désorganisés, repérables à leur isolement et à leur détresse physique et psychologique, survivent.Les Baldwin — c’est leur nom — tentent de s’adapter aux changements survenus depuis l’élection du dernier gouvernement leurs racines sociales et culturelles encore ancrées dans ce que nous nommons aujourd’hui la post-Histoire.Observateur lucide, Serge Lamothe nous a déjà donné une trilogie romanesque dans laquelle il cherchait à «retrouver l'improbable sens de la condition humaine».D poursuit son exploration dans ce quatrième roman.«Les Baldwin [.] n’ont jamais rien su de l’origine ni de la destination.» Dans ce livre déroutant déconcertant le romancier trace dans un style qui passe du fantastique au réalisme un portrait philosophique de l'état du monde et de ses contemporains.Son art est celui du rédt bref, de l’esquisse.Le pittoresque clan de ce roman hybride - il tient à la fois de la nouvelle et du roman - est observé avec un humour subtil «La guerre était finie depuis longtemps.La civilisation, depuis plus longtemps encore.L’humanité, personne n’aurait su dire exactement depuis quand.» L’efface- Suzanne Giguère ?ment du monde est en marche.Cest du moins ce que suppose le lecteur en écoutant les narratrices-récitantes qui dévoilent par fragments le passé de quarante hommes, femmes et enfants.Mais déjà le romancier brouille les pistes.Les narratrices viennent de temps en temps semer le doute sur la véracité de leurs témoignages et nous entraînent dans une autre direction: «Voilà c’est comme ça que les choses se sont peut-être passées.» L'imagination du lecteur est sans cesse sollicitée.Les histoires s’empilent, les mystères se multiplient, les sens se dérobent Le romancier suggère davantage qu’il ne montre.Que voient les narratrices dans le rétroviseur du temps?D’abord, une époque qui ressemble étrangement à la nôtre.Avec ses maux, ses démesures, ses quêtes.Qui explose d’inégalités sociales, d’injustices et de fanatismes.De pouvoirs et de dominations.D’incertitudes.Voyez.De saison en saison, Olivier comptait les oies sauvages qui se posaient sur le lac aux Outardes en plein coeur de la toundra.Les saisons se prolongèrent de façon inquiétante et désordonnée.Les volatiles se firent rares.Le père de famille craignait de perdre son emploi.Ruth Baldwin clignait des yeux pour oublier l’horreur de la guerre, le rêve devint pour elle un support d’évasion et de divagation Bevinda buvait des Grands Crus Bourgeois, évoluait dans un monde de fibres optiques et de cellules souches.Une époque formidable?Peut-être, mais elle vivait «à deux cents années-lumière d’elle-tnème».Un jour, l’atualité la projeta dans le monde des enfantsesdaves et des maladies endémiques ai Afrique.La planète était à cette époque cassée en plusieurs morceaux.Les histoires se multiplient aux iDuminations mystiques du contorsionniste péruvien, Bruno Baldwin, succède celle de Kito le psychotique: un seul geste fou, irrémédiable, de sa part et la Terre n’était plus qu’un souvenir.Du temps des Baldwin, les garde-frontières surveillaient les clandestins.Des temps troubles marqués par l’obsession sécuritaire où on emprisonnait sans chef d’accusation.On ne comptait plus les sans-abri et les sans-statut, comme Gretchen et son cœur pesant de trop de souffrances.Et le papa de Tacha, neuf ans, lui enseignait les maux engendrés par le «tur-boUbémlisme» à l’ère de la globalisation.Liberté créatrice S’approcher du clan Baldwin, c’est aussi glisser danjs les «labyrinthes indéchiffrables» de l’âme humaine.A cette époque, la fragrance de Sheida inspirait aux hommes «une concupiscence d’enfer».Grisés, ils s’en- fonc'aiait dans une jouissance oisive et couraient à leur perte.L’homme du plaisir ne peut réussir que sa propre vacuité.On y perçoit l’écho de Nietzsche.Obsédés par la poursuite du bonheur, les Baldwin nèn connurent que son inassouvissanent.Un recul important dans les rapports humains fat observé sous leur régne.Es menèrent leur existence comme un combat, sachant que celui-ci était perdu d'avance.Enfin, ils furent confrontés aux silences de Dieu - un vieux nvaître tendit les bras vers un ciel désespérément muet - et à la mort: «Père, quand satvns-nous que c’est terminé?», demanda Enayat au vieil Inuit.Quelques Baldwin, toutefois, gardèrent en eux des traces dTnunanité.Et une grande soif de liberté.Anticipant la courbe d'évolution où l’humanité s’est engage'!1 aujourd’hui, le roman se veut une métaphore de l'effacement du inonde.Le roman de Serge Lamothe s’inscrit sous le signe d’une totale liberté créatrice: jeux de mots, jeux de laie gage, images évocatrices, atmosphères poétiques.Quand, à la fin, «un lac noir s’embrase et rougeoie dons la nuit», on se rappelle l'inoubliable phrase qui ouvre le roman Prochain épisode d’Hubert Aquin: «Cuba coule en flammes au milieu du lac IJman pendant que je descends au fond des choses.» On retrouve dans Les Baldwin la même succession d’émotions et de dépaysements brusques et de coups au cœur.LES BALDWIN Serge Lamothe L’Instant même Québec, 2004,126 pages ROMAN L’Acadie, l’Acadie CHRISTIAN DESMEULES P remier grand roman social "A de l’Acadie moderne», nous apprend très vite l’éditeur, Complices du silence?entremêle la ré-flexioq identitaire au récit historique.Ecrit afin de commémorer le 400' anniversaire de la fondation de l’Acadie, ce huitième roman de Claude Le Bouthillier, écrivain et psychologue originaire de Bas-Caraquet, au Nouveau-Brunswick, imagine la Couronne britannique s’agenouiller au pied de la statue d'E-vangéline, à Grand-Pré, et demander pardon au peuple acadien.Le roman débute dans la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, où le jeune prince William prend la défense des démunis, dilapide sa fortune et brocante les dorures du palais de Buckingham.Expulsé de la cour, il se réfugie en Acadie, où il deviendra l’un des plus ardents défenseurs de la réconciliation.Une série d’aventures et de rencontres déterminantes suivront, dont celle de l’amour sous les traits d’une Œuvre touffue aux accents tantôt burlesques, tantôt merveilleux jeune Acadienne découvrant ses véritables origines après avoir été adoptée par une famille loyaliste.Une histoire échevelée, parcourue de déboires personnels et collectifs, qui culmine dans un immense fantasme de raccommodement où l’honneur retrouvé du peuple acadien tient la première place.Œuvre touffue aux accents tantôt burlesques, tantôt merveilleux et sombres, les personnages s’y nomment Po-séidpn, Miryam, Agénor ou EvangéUne.Symbolisme «fort» ou bouillie mythologique?Tout est fonction du degré de tolérance du lecteur.Et cela au moyen d’une écriture alerte, mais parfois encombrée d’un excès de didactisme: «On graissa les billots avec de la drâche, sédiment qu’on trouve au fond des barils de foie de morue, et, à l'aide d'un cabestan, genre de treuil artisanal, on héla la goélette à l’abri de la marée haute.» L’auteur du Feu du mauvais temps (Québec Amérique, 1989), très bon roman historique que XYZ réédite par la même occa- sion, souhaitait cette fois donner «une image plus réelle et moins folklorique du pays, toucher aux enjeux et aux débats contemporains, parler de cette Acadie rurale qui se vide».Pari réussi?COMPUCES DU SILENCE?Claude Le Bouthillier XYZ Montréal, 2004,216 pages Jacques Parizeau, tome III Le Régent, 1985-1995 Pierre Duchesne mi IbifeitaiJfl 1 mm JT\ CTflJ E-S PARIZEAU IUétfaH « Un ouvrage M j remarquable [.] jjH i pour la période allant JHk du départ de René Lévesque, en 1985, à la malheureuse sortie de Jacques Parizeau, dès le lendemain du référendum du 30 octobre 1995 [.] » Gérald LeBlanc, La Presse Venez rencontrer Pierre Duchesne au stand Québec Amérique Salas latenutiaaul du livre de Québec Vendredi 16 avril de I9h à 20h Samedi 17 avril de I4h30 à I5h30 (table ronde) et de 15h30 Â I6h30 Dimanche 18 avril de I2h30 à I3h30 gt -Pmk ^ QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec -amerique.c oin Katerine Marco Micone MARC O MlOONir Silences être heureuse Plongés clans la |>roblémnti(|iie .L s.' ÏON 9 4c JiyypA nI Sortie rue Cambon, de Jacqueline Lessard 29,95 $ EN VENTE PARTOUT T *1 nf T-' * Libre |Ëq)iiemi —-—- LITTÉRATURE AMÉRICAINE Dernières nouvelles de William Gaddis et de Don Delillo CHRISTIAN DESMEULES Dans l’Amérique des constats froids et imperturbables de l’avant-11 septembre, lorsque deux des plus grosses pointures de la littérature américaine se penchent sur l’implosion de leur société, U est normal de tendre l’oreille.Perte de valeurs, détournements idéologiques, terrorisme inversé, tout cela a lieu tandis que se poursuit chaque jour l’illusion de l’unification heureuse de l’homme, au moyen du divertissement qui va main dans la main avec la société de consommation.Mal lu, laborieusement lu, voire pas lu du tout, William Gaddis, décédé en 1998, s’est demandé: comment en sommes-nous arrivés à jouer du piano avec les pieds?Partant de cette interrogation qui pourrait a priori sembler curieuse, Gaddis examine le glissement progressif de l’art vers le divertissement qui traverse tout notre XXe siècle.Livre crépusculaire sur la disparition de l’artiste, paru près de trois ans après sa mort, Agonie d’agapè peut être lu comme le testament littéraire de Gaddis.La postface d’une œuvre colossale — lourde de «seulement» cinq romans en cinquante années de vie littéraire.Depuis la parution en 1955 des Reconnaissances, Gaddis ébranle avec méthode les bases sacrées de la société américaine.Avec JR en 1975, roman-fleuve de plus de 1000 pages, vaste polyphonie de voix entrecroisées aux limites de la lisibilité, il dénonçait la spirale du vide de la spéculation boursière.Puis il s’en est pris coup sur coup au fondamentalisme religieux (Gothique charpentier) et à la judiciarisation de la société américaine (Le Dernier Acte).Un vieil homme, agonisant sur son lit d’hôpital, fustige le monde et cherche à mettre la dernière main à son œuvre, un livre sur l’histoire du piano mécanique.C’est tout?C’est tout.Depuis plusieurs années, Gaddis accumulait comme son personnage des notes sur l’histoire du piano mécanique en Amérique.Une réflexion qui devait s’inscrire de façon plus large au sein d’un vaste questionnement sur la mécanisation des arts et «l'élimination de l'artiste individuel comme menace pour la société».Le partrpris «élitiste» de Gaddis s’exprime ici dans toute sa mesure: «Donnez-leur le choix et les masses choisiront toujours le faux.» Une simple poussée, et on se retrouve chez Debord, dans le monde réellement renversé où «le vrai est un moment du faux».Un petit livre dense et certes pas facile, où Gaddis convoque à son chevet Platon, Glenn Gould et Walter Benjamin dans un récit à peu près sans ponctuation, essoufflé, titubant, à la musicalité parcourue de staccatos et de reprises.Chronique d’un assassinat annoncé Auteur d’un monumental Outremonde (Actes Sud, 1999) et d’une dizaine d’autres romans depuis vingt ans.Don DeLillo met cette fois le doigt sur les dérives de la «nouvelle économie».Sévèrement critiqué par plusieurs à sa sortie aux Etats-Unis, qui avaient peut-être de trop fortes attentes envers cette première œuvre post-11 septembre, Cosmopolis est la chronique d’un assassinat annoncé dans un monde financier globalisant et amnésique.Se déroulant au cours d’une seule journée d’avril 2000, le roman suit à la trace Eric Packer, milliardaire de 28 ans, géant de la finance high-tech et de la spéculation boursière.Enfermé dans son immense limousine blanche, sa paranoïa et son monde virtuel au cœur d’un Manhattan ralenti par les em- bouteillages, une «menace crédible» est signalée à son service de sécurité.Entre ses phobies, les inquiétudes que lui cause sa •prostate asymétrique», son obsession pour le cours du yen et sa boulimie de domination sexuelle et économique, le golden boy joue sans le savoir avec les «poignées de sa tombe».Alors qu’une visite présidentielle au centre-ville se bute à une manifestation antimondialisation, la vie de Packer prend une tangente dangereusement accélérée, culminant dans une petite apothéose de destruction.Un De-Lillo fidèle à lui-même, comme toujours lucide et impitoyable.Paraboles sur la déshumanisation galopante à l’âge de la machine et des effets sans causes, les idées qui soutiennent Cosmopolis et Agonie d’agapè se font peut-être toutefois un peu trop apparentes — au détriment de l’œuvre de fiction et pour cette raison assurément moins percutantes.• Une œuvre où il y a des théories, écrit Proust, est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix.» Proust, faut-il le rappeler, possédait un Pianola et n’était lui-même pas avare de théories.Mais à la fois pour Gaddis et DeLillo, il s’agit de titres qu’on pourrait sans doute qualifier de mineurs au sein d’une œuvre néanmoins considérable.AGONIE D’AGAPÈ William Gaddis Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claro Plon Paris, 2003,126 pages COSMOPOUS Don Delillq Traduit de l’anglais (Etats-Ums) par Marianne Véron Actes Sud Arles, 2003,222 pages Ils seront au stand Gallimard du salon du livre de Québec : r : n r «KHiUS i nuvsvrasujs Vf Catherine Cusset auteur de Amours transversales et de Confessions d'une radine chez Gallimard VENDREDI 16 AVRIL DE 18h00 À 19h00 SAMEDI 17 AVRIL DE 1 5h00 À 1 6h00 DIMANCHE 18 AVRIL DE 13h00 À 14h00 En toute innocence, À vous.Jouir, Le Problème avec Jane et La Haine de la famille de Catherine Cusset sont disponibles en Folio CMtfcwtlore ifttttc ratluH «r Jean-Philippe Arrou-vignod auteur du Camembert volant et de plusieurs autres titres pour la jeunesse en FOLIO JUNIOR JEUDI 1 5 AVRIL DE 1 0h00 À 11 h00 ET DE 13h00 à 14h00 SAMEDI 17 AVRIL DE 10h00 À 11 h00 ET DE 15h00 à 16h00 DIMANCHE 18 AVRIL DE 11h00 À 13h00 Jean-Philippe Arrou-Vignod a aussi publié pour les adultes Histoire de l'homme que sa femme vient de quitter chez Gallimard ainsi que Le Conseil d'indiscipline et L'Homme du cinquième jour en Folio F 10 LE DEVOIR.LES 10 ET DIMANCHE 11 AVRIL 2004 SAMEDI Livres ^ SALON DU LIVRE DE QUÉBEC POLAR Le réalisme d’Henning Mankell L’auteur suédois partage avec le lecteur l’expérience de sa vie en Afrique par l’intermédiaire de son héros Wallender MARIE CLAUDE MIRANDETTE La première fois que j’ai lu un roman de Henning Mankell, j’ai senti qu’il y avait quelque chose de bergmanien dans le réalisme lucide du style de cet auteur.Sans savoir que l’écrivain suédois était le beau-fils du célébrissime réalisateur des Fraises sauvages, j’avais d’entrée de jeu perçu ce qui, chez lui, allait me plaire sans coup férir: la lucidité d’un style sans concession qui va directement au cœur des choses.Un style franc, direct, entier, une manière réaliste à mille lieues de tout misérabilisme et de toute sensiblerie, d’un humanisme authentique doublé d’un sens aigu de l’observation qui n’a pas son pareil pour évoquer l’âpre poésie d’un paysage nordique.Quelques années et une poignée de romans plus tard, le plaisir que procure la lecture des polars de Mankell a toujours le parfum des premiers jours.E est des aventures qui ne se fanent pas.La Lionne blanche est le septième polar en traduction française fies autres sont parus dans le désordre et c’est regrettable car on s'y perd un peu, La Lionne blanche constituant en fait la troisième enquête de Wallander) de cet auteur dont on a découvert l’année dernière, avec Comedia Infantil, le versant «africain» de l’œuvre.Septième intrigue avec l’inénarrable Kurt Wallander, ce nouvel épisode introduit l’Afrique dans l’univers dYs-tad, petite ville du sud de la Suède où le détective quinquagénaire exerce son difficile métier tout en soignant un tempérament de plus en plus dépressif (dont on sait déjà qu’il est le résultat d’un diabète sévère non soigné, le désordre des traductions ayant fourni la réponse au mal lancinant qui le gruge tout au long de cette enquête).Ystad, petite bourgade autrefois tranquille où il ne fait plus si bon vivre depuis que notre monde en perdition y fait pulluler le crime.L’affaire qui occupe cette fois WaEander étire ses tentacules jusqu’en Afrique, alors que des Afrika- Le plaisir que procure la lecture des polars de Mankell a toujours le parfum des premiers jours ners fanatiques basés en Suède élaborent un complot visant l’élimination du mythique Nelson Mandela.Mais puisqu’il faut bien un petit grain de sable pour faire dérailler une machine bien huilée, la mort accidentelle de Louise Akerblom, agent immobilier sans histoire et mère de famille exemplaire qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment et avec quelques balles dans le corps, sera l’élément déclencheur d’une enquête menée par le plus suédois des flics.Mais aussi par des enquêteurs sud-africains suivant la «piste Mandela».Certes, il ne s’agit pas du meilleur Mankell, les amateurs en conviendront, et le maillage des deux intrigues parallèles qui constituent ce roman est plus ou moins lâchement tissé.Reste que Wallander, tout autant décontenancé qu’à l’habitude par la violence inouïe du monde dans lequel il vit de plus en plus mal, demeure toujours aussi attachant Parallèlement à ce nouvel épisode des aventures de Wallander paraît Le Fils du vent (Seuil), roman plus classique celui-là, pas tout à fait un polar bien qu’il ouvre avec le cadavre d’une fillette assassinée.On y reviendra sûrement, le temps de prendre le temps de le savourer un peu, quand même.En attendant, les passionnés de MankeE pourront consulter l’éclairant mémoire de maîtrise de Pierre Gri-maud consacré au cycle WaEander intitulé: Henning Mankell et la série policière sur Kurt Wallander dont une version modifiée est accessible sur Mauvais Genres, un site français (wummauvais-genres.com).LA LIONNE BLANCHE Henning Mankell Traduit du suédois par Anna Gibson Le Seuil, coll.«Policiers» Paris, 2004,430 pages Henning Mankell SOURCE LE SEUIL Quand la critique se fait du cinéma MARIE CLAUDE MIRANDETTE nn Whitehead est critique de l cinéma au LA.Millenium, un Ijebdo underground très branché.A une autre époque, elle écrivait des petits brûlots incisifs et décapants, écorchant à qui mieux mieux les bonzes et autres monstres sacrés hollywoodiens.Mais depuis un moment déjà, elle a perdu le feu sacré, au point que même les soirées glamour de la jet-set la laissent indifférente.AJOURNEE DU LIVRE POLITIQUE AU QUÉBEC Des idées à votre portée! Le 13 avril 2004 à l'Assemblée nationale du Québec, participez à cette journée d'activités sur le thème du livre politique organisée en collaboration avec le Salon international du livre de Québec Tables rondes 14hà 16 h Son petit monde terne et sans joie bascule lorsqu’efle découvre, gisant au fond d’une baignoire, le corps inerte d’une splendide blonde qui venait de vendre à fort prix le scénario corrosif d’une suite de Thelma et Louise.E n’en faut pas plus pour que la critique désabusée mette en veilleuse son boulot de gratte-papier au salaire de crève-la-faim pour se glisser dans la peau d’une privée — variation féminine du «hard-boiled detective» si cher au roman noir — et partir à la recherche du meurtrier.Le travail sur le terrain est rude et l’apprentie détective n’a que peu d’atouts dans sa manche lorsque vient le temps d’affronter une ribambelle de producteurs véreux, de réalisateurs mégalos et d’autres scénaristes pa-ranos.Sans compter un directeur de journal people sans scrupules, un tueur qui veut lui faire la peau et un flic pas tout à fait au-dessus de tout soupçon mais beau gosse quand même.Pour Ann, ce meurtre marque le début d’une vie nouvelle truffée d’aventures au cours desqueUes eUe se fait passer à tabac, s’adonne à une poursuite en voiture et apprend à jouer du flingue et d’autres objets contondants.Knode profite de l’occasion pour égratigner les univers de la production cinématographique et du journalisme, évoquant l’influence des grands studios sur la presse, ce qui insuffle au récit ce ton à mi-chemin entre la hargne et le désenchantement et le préserve de tomber dans le superficiel et l’anodin des tabloïds et autres écrits sensationnalistes de tout acabit.Elle propose une vision caustique de la très corrompue planète Hollywood, incarnation de tous les rêves, de tous les fantasmes et de toutes les décadences.Le sujet et le lieu sont un peu éculés, certes, mais l’histoire tient bien la route.Et, à l’image de son hérome, l’auteur — féministe affirmée, ancienne chroniqueuse de cinéma au L A.Times Weekly et seconde épouse de James EUroy — fait preuve d’un bel aplomb.EUe brosse une histoire drôle, inventive, au rythme infernal, une histoire truffée de rebondissements qui se lit comme on regarde un bon vieux film hoUywoodien.On ne peut pas ne pas penser à Sunset Boulevard, qui, en filigrane, dénonçait le pouvoir démesuré de certaines stars hollywoodiennes à la grande époque du «studio system».Ou encore à The Day of the Locust, The Last Tycoon ou What Makes Sammy Run.Terminus Hollywood s’avère un premier roman plein de promesses, une agréable balade dans les coulisses de la Babylone moderne avec un parfait dosage d’ironie et de désenchantement.On ne peut que se réjouir d’apprendre, en Usant Libération, que Knode prépare actueUement une suite qui prendra la forme d’un road story.TERMINUS HOLLYWOOD Helen Knode Traduit de l'américain par Mathilde Martin Rivages Paris, 2004,360 pages Stanké ® QUEBECOR MEDIA Nos auteurs au Salon du livre de Québec (stand m) du jeudi 15 au dimanche 18 avril Remise des prix • Prix de la Présidence de l'Assemblée nationale • Prix de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant 16 h 30 Exposition Le livre politique de 1983 à 2003 Informations : (418) 643-4032 ou www.assnat.Qç.ca Bibliothèoue de l’Assemblée nationale Édifice Pamphile-Le May 1035, rue des Parlementaires Accès par la porte 7 * Jean COUILLARD Répertoire des succès de la chanson francophone (1950-2003) Sam.10 h à 12 h Dim.10 h à 12 h Sophie DUROCHER Salut les amoureux II Sam.14 h à 16 h Dim.12 h à 14 h Guy GIGUÈRE Fou rire au parlement Ven.19 h à 20 h 30 Sam.10 h à 12 h 19 h à 21 h Brigitte Mc CANN Raël, journal d’une infiltrée Sam.14 h à 16 h Dim.12 h à 14 h RJ.POIRIER L’amour est un cargo sans pilote Sam.14 h à 16 h Matthieu SIMARD Échecs amoureux et autres niaiseries Sam.12 h à 14 h Dim.12 h à 14 h Sylvie SOULAT Autour du monde avec Ulysse Sam.12 h à 14 h Dim.10 h à 12 h Simon PARÉ Pourquoi votre patron est millionnaire Sam.12 h à 14 h Louis TREMBLAY États d’homme Ven.19 h à 20 h 30 Sam.10 h à 12 h 19 h à 21 h Dim.10 h à 12 h LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AVRIL 2 0 0 1 F 11 Livres SALON DU LIVRE DE QUÉBEC ESSAIS Hélène la combattante Plus généreuse que rigoureuse, Hélène Pedneault n'en reste pas moins Vune des voix féministes québécoises les plus stimulantes LOUIS CORNELLIER Hélène Pedneault est une combattante.La lire, c'est accepter de se laisser porter par un mouvement d’indignation qui passe par l’humour pour mieux atteindre ses cibles.«Non, écrit-elle, je ne suis pas une reprise de justice, même si j'en ai l’air.Je suis plutôt une éprise de justice.» Féministe vibrante, indépendantiste résolue et femme de culture convaincue que la lettre est plus essentielle à l’humain que le chiffre, elle a fait de l’écriture le lieu de tous ses combats.Chroniqueuse plutôt qu’essayiste, elle s’adonne moins à l’argumentation serrée qu’au texte d’humeur engagé, ce qui lui permet une liberté de ton à la fois réjouissante et déroutante.Il y en a, du texte, dans Mon enfance et autres tragédies politiques, sous-titré «Nouvelles chroniques 1984-2003», mais il n’est pas toujours de la plus belle eau.Sans cesse tentée par le cabotinage humoristique, réfractaire aux contraintes de la démonstration qui exigent que l’on fasse passer la clarté avant les effets, Hélène Pedneault donne souvent l’impression de rédiger à la va comme je te pousse afin, faut-il croire, de ne pas brider le bouillonnant mouvement qui l’anime.Se dégage donc, de ses textes, une rafraîchissante énergie contestataire qui, malheureusement, s’incarne trop souvent dans un fouillis intellectuel.Par exemple, ses chroniques «zen», d’abord publiées dans le magazine Guide Ressources en 1990-91, constituent un sommet dans le genre verbiage embrouillé.Plus généreuse que rigoureuse, ce qui est loin d’être toujours un défaut, Hélène Pedneault n’en reste pas moins l’une des voix féministes québécoises les plus stimulantes.Depuis plus de vingt ans maintenant, elle poursuit une «chronique informelle sur les femmes» unique en son genre et plusieurs textes de Mon enfance et autres tragédies politiques en témoignent bellement «La condition féminine, écrit-elle, est une calamité épouvantable si on se laisse mettre sur le dos des robes à pois ou des idées qui ne nous conviennent pas.» La chroniqueuse délinquante n’entend pas se laisser faire.Critique féroce du sexisme qui sévit un peu partout et particulièrement selon elle, dans le monde de la création («S’il était une femme, [Michel] Tremblay se ferait traiter de féministe et n’apparaîtrait pas sur la liste des cinquante plus grands dramaturges de tous les temps»), plaidoyer en faveur d’un changement des règles de la langue française afin qu’elles respectent les femmes et ne leur donnent plus «mal au ventre», ce livre contient aussi des hommages dans lesquels la chroniqueuse donne le meilleur d’elle-même.Elle salue, entre autres, son père, qui a été «l’homme de sa vie», et invite les femmes à parler du leur, ce BENOIT AQUIN / LANCTÔT ÉDITEUR Hélène Pedneault: vibrante, indépendantiste résolue et femme de culture.qu’elles ne font pas assez souvent La chanteuse Barbara a aussi droit à ses éloges, de même que Simone de Beauvoir («J’avais l’impression de ne pas avoir assez d’imagination, pas assez de cerveau pour saisir toute l’ampleur de son esprit, f enviais Jean Paul Sartre, parce qu'il la voyait tous les jours.J’allais même jusqu’à le trouver beau, parce qu’elle était amoureuse de lui!») et Françoise David («C’est une couturière qui raccommode l’Histoire pour empêcher que les femmes disparaissent à nouveau dans ses trous noirs»).Hélène Pedneault c’est aussi l’ennemie du culte néolibéral de l’excellence qui écrase au lieu de libérer, c’est la femme de parole engagée dans la lutte contre l’analphabétisme et qui refase les faux débats linguistiques («D’après moi, écrit-elle, le vide créé par l’absence de pensée est beaucoup plus grave et inquiétant que le fait d’entendre un animateur dire qu’il a eu du fun la veille et qu’il a tapé le show»)-, c’est enfin, et peut-être surtout fa militante indépendantiste impénitente et la fière «porteuse d’eau» qui, parce qu’elle sait que «l’eau est indissociable de la chair même de notre culture», s’écrie devant les requins de la privatisation de cette ultime ressource de vie: «Les vampires de T eau n’auront jamais mon aval.ni mon amont!» Pour Hélène Pedneault, la seule vraie tragédie, c’est la démission face à l’injustice.Elle a bien raison.MON ENFANCE ET AUTRES TRAGÉDIES POLITIQUES Hélène Pedneault Lanctôt éditeur Montréal, 2004,448 pages Robert Laplante contre l’enfermement LOUIS CORNELLIER Directeur de l'increvable revue L’Action nationale.Robert Laplante mène la lutte indépendantiste au quotidien et publie, chaque semaine, en version électronique, un «bulletin du lundi» qui cherche «à dégager, au-delà de l'actualité immédiate, les perspectives, les significations et les rffiets de la politique Canadian sur le Québec, ses intérêts nationaux et sa représentation de lui-même».Réunis dans un ouvrage intitulé Chronique de l’enfermement, ses constats, c’est le moins qu’on puisse dire, sont accablants pour la logique fédérale.La dynamique politique de la Révolution tranquille, écrit-il, est morte.Le Canada ne dialogue plus et, surtout depuis 1995, impose sa «logique d’occupation» par une campagne orchestrée qui vise à écraser les velléités nationales du Québec.Les politiciens fédéralistes québécois, des «intermédiaires hy- pocrites» qui rampent pour satisfaire leurs maîtres canadiens et dont •THistoire se chargera néanmoins d'établir la mesure d’une compromission qui accablera leurs enfimts».peuvent bien continuer à prétendre que nous avons besoin du Canada pour entrer en contact avec le monde, mais «la réalité, c’est que le Canada s'interpose entre le Québec et le reste du monde».Pour le chroniqueur-militant, la cause est entendue: l’agression fédérale, qu’il documente et stigmatise à la petite semaine avec une remarquable persévérance, «ne se terminera que par la rupture du lien Canadian».D importe donc, de toute urgence, de sortir de la logique provinciale du compromis, désormais privée d’interlocuteur, et de mettre en œuvre ime politique autonome: «Penser son affranchissement, ce n’est pas demander sa reconnaissance, c’est créer les conditions pour la rendre effective.» Déployant une argumentation essentiellement négative (voici, dans le détail pourquoi le fédéralisme canadien étrangle le peuple québécois), le recueil de Robert Laplante suscite chez le lecteur une sensation d'épuisement.Tel est peut-être, justement, l'objectif de l’auteur, qui souhaite ainsi illustrer que, pour le Québec, la logique canadienne est épuisée.Cette stratégie, toutefois, s'avère à double tranchant dans la mesure où elle assomme autant quelle stimule.Cet ouvrage, en d’autres termes, manque d’air.Comme le Québec, répliquerait sûrement Implante, sans que je lui donne tort CHRONIQUE DE L’ENFERMEMENT Écrits sur ia minorisation du Québec Robert Laplante L’Action nationale Montréal, 2004,264 pages MUSIQUE CLASSIQUE Chronique d’une époque bénie CHRISTOPHE HUSS T) aris est Sirène, Muse et Méduse à la fins», écrit Em-" A manuel Reibel dans son avant-propos intitulé «Urbi» et placé sous le signe d’une citation de Victor Hugo: «Paris est sur toute la terre le lieu où l'on entend le mieux frissonner l’immense voilure invisible du progrès.» Dans la série «Mirare» de Fayard, qui vise à faire le point sur un sujet musical ou un compositeur en moins de 200 pages et dans un format de poche, j’ai bien apprécié ce petit ouvrage, sorte de chronique mondaine musicale du Paris des années 1830-1840, qui attire les compositeurs de la génération 1810 (Mendelssohn est né en 1809, Chopin en 1810, Liszt en 1811, Verdi et Wagner en 1813), leurs aînés BeDini (1802) et Bedioz (1803) et leurs cadets Gounod (1818) ou Offenbach (1819).Une grande partie de l’ouvrage est consacrée à la concurrence effrénée que se livraient alors les virtuoses du clavier, Liszt, Thalberg, Herz, et quelques autres, sous le regard distant d’un habile observateur, si différent Frédéric Chopin.SI s'attache bien à décrire les styles et les rivalités, Reibel aurait pu entrer encore davantage dans le détail de la révolution étroitement associée à cette surenchère des briseurs d’ivoire: celle de l’instrument lui-même, qui se métamorphosa dans ces années là, et notamment à Paris.L’autre pan de l’ouvrage, clair, concis et excellent, est cette lutte pour la primauté en matière d’opéra entre Rossini, le patriarche, Donizetti, un stakhanoviste avant l'heure, Bellini, le flamboyant, Meyerbeer, le riche et habile «Juif de Berlin» (il est presque systématiquement présenté ainsi.), qui se paye claque et bonne presse, Berlioz, qui échoue à devenir une figure de l’art lyrique, et le pauvre Wagner, quasiment réduit à la mendicité et qui n’arrive pas à percer.Tout cela fait une charmante et érudite chronique de ce temps, qui tournerait un peu à vide si Reibel n'ayait pas eu l’astucieuse idée de finir par «Orbi», un indispensable chapitre évoquant la manière dont le séjour parisien a pu influencer les compositeurs dans leurs créations, évoquant également les incitations que les (Euvres de phares de la sphère littéraire (Hugo, Goethe et Shakespeare) ont su fournir.Ce judicieux regard final vient parachever un petit livre de fort agréable compagnie.LES MUSICIENS ROMANTIQUES, FASCINATIONS PARISIENNES Emmanuel Reibel Fayard Paris, 2003,163 pages Christiane Jolin LA DERNIÈRE DANSEUSE LA DERNIÈRE DANSEUSE L’histoire touchante d'une jeune femme prise au piège dans l’univers des clubs de danseuses et des «danses à 10S».Un portrait saisissant du monde de la luxure «au compteur»; celui, sordide, des clubs de province, et celui, glamour, du sexe haut de gamme, encore plus redoutable et toxique pourtant.UN E HISTOI RE CA PT I VANTE ! En vente en librairie - Distribution Fides CARTE BLANCHE» UNIVERSITÉ LIBRE SABICA semez Nulle par lit/fllmem Uinstantmême Nouvelles 162 pages, 17.95 $ Roman 120 pages.16,95 $ Jacques Keable PRÉFACE DE BRUNO ROY La grande peur de la télévision: Même si « la lecture demeure l'activité de loisir préférée des Québécois », la télévision a toujours tenu le monde du livre, notamment québécois, hors de ses studios.Ouvrir micros et caméras sur le livre, c'est prendre le risque de les ouvrir fatalement, au moment le plus inattendu, sur un propos subversif et dérangeant Dans de telles conditions, mieux vaut tenu le livre à l'écart.Tous les livres.Ainsi, censurant tout, on ne censure rien I Jacques Keable HtfAU Df m*o tor La grande peur de la télévision LE LIVRE I ANCTOT CABANES Dl DESIR Louis Bergeron Cabanes du désir trace la carte des désirs nocturnes, ceux qui s'agitent dans l'ombre des motels aux noms si évocateurs ; Sybelle, Barbara, Saints-Anges, Couche-tard, Love et autres Tête-Bêche d'une Amérique du Nord méconnue entre Tîle Perrot et la Porte du Nord I ANCTOT Les Palestiniens, un peuple privé de ses droits Un ouvrage oui retrace, sur plus de QUATRE-VINGTS ANS, L'HISTOIRE DES ENTENTES, RUPTURES, COMPROMIS ET TRAHISONS COMMISES À L'ENDROIT DU PEUPLE PALESTINIEN TOUJOURS PRIVÉ DE SES DROITS.Les Palestiniens, un peuple privé de ses droits uor J I ANC l e TT i nm i m Acheter un livre de^Lanctôt éditeur, c’est encourager la culture québécoise t F 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AVRIL 2004 w' Livres ^ SALON DU LIVRE DE QUÉBEC LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Le Führer et ses femmes LOUIS CORNELLIER \ A force de ne rencontrer que des hommes dans les études et essais consacrés à Hitler et à son entourage, on a fini par croire que les femmes allemandes, comme on dit, ne se mêlaient pas de ça.D a bien fallu.pourtant, que certaines d’entre elles contribuent à ce délire collectif pour lui permettre d’imprégner en profondeur toute cette société.Dans un ouvrage passionnant intitulé Les Femmes d Hitler, le journaliste allemand Guido Knopp propose justement une série de six portraits de femmes qui ont eu affaire au monstre qui «disait toujours n’avoir pour seule épouse que la nation allemande».Maître du genre, Knopp nous entraîne donc sur la piste de cinq égéries du nazisme et d’une star qui a refosé cette abominable conscription.Élevée au rang de «mère suprême du Troisième Reich», Iq première se nomme Magda Goeb-bels.Épouse du ministre de la Propagande de cet odieux régime, cette «mondaine arrogante», qui avait déjà flirté avec le sionisme, s’est enrôlée, avec ses six enfants, au service de l’image de l’Allemagne nazie.Hitler la chérissait, mais, surtout, s’en servait pour donner un vernis de dignité à la société qu’il voulait construire.Le 1" mai 1945, elle se suicidait, avec son mari, après avoir assassiné tous ses enfants.Plus tristement célèbre, la deuxième se nomme Eva Braun.Cette bourgeoise insignifiante, qui fot la maîtresse d’Hitler, aura passé sa vie dans l’ombre du seul véritable amour du dictateur, sa nièce Geli Raubal, elle aussi suicidée.Le 28 avril 1945, Braun, tout juste mariée à son maître, se donnait la mort en compagnie de celuki Hitler aimait la musique de Richard Wagner.On comprend un peu pourquoi quand on sait que celui-ci professait un antisémitisme assez radical «Cela ne fait pas du compositeur, précise Guido Knopp, le “précurseur de l’Holocauste”; mais les précurseurs véritables, eux, se voyaient tout à fait dans la lignée de Richard Wagner.» Belle-fille du compositeur et directrice du festival de Bayreuth consacré à son œuvre, Winifred Wagner fot une admiratrice d’Hitler.À la fin de la guerre, on foi reprochera avec raison «d’avoir mis dans la balance, au profit d’Hitler, le poids de l’un des noms les plus célèbres de l’histoire culturelle».Elle est décédée en mars 1980.Pour sa part, ce sont ses qualités de cinéaste que la comédienne et réalisatrice Leni Riefenstahl, morte en septembre 2003, mettra au service du Troisième Reich.Grandioses et fascinants, les films de cette arriviste très talentueuse contribueront à sa renommée internationale, tout en camouflant un régime assassin sous des images pompeuses d’une troublante beauté.Bien sûr, «Leni Riefenstahl elle-même n’a fait déporter personne, elle n’a tué personne non plus.Mais elle doit reconnaître un fait elle a utilisé toutes les possibilités que lui offrait un Etat fondé sur le mépris du genre humain.» Le même opportunisme, le même aveuglement volontaire se retrouvent dans le parcours de la chanteuse et actrice d’origine suédoise Zarah Leander, qui a profité de la conjoncture pour s’imposer comme la diva du Troisième Reich.Elle ne faisait pas de politique, disait-elle.Guido Knopp voit les choses autrement «En fiait, elle n’était pas seulement un élément, mais un rouage artistique central d'un État inique.Il est tout simplement impossible delà considérer comme une artiste en l’isolant du Reich hitlérien: seule la dictature a fait d’elle ce qu’elle était» Elle est morte à Stockholm en 1981.Quant à la dernière, Hitler en rêvait D aurait souhaité en faire le visage de son délire.«Par décçnce», disait-elle, elle a refusé.Exilée aux États-Unis en 1930, d’abord pour des raisons professionnelles, Marlene Dietrich a fermement repoussé, par la suite, les appels pressants de Goebbels qui lui offrait gloire et fortune sur un plateau de sang.La plus grande star allemande de cinéma du XX' siècle allait en effet plutôt s’engager dans l’armée américaine pour combattre Hitler: «De toutes les vedettes d’Hollywood, Marlene Dietrich fut celle qui passa le plus de temps auprès des troupes alliées outre-Atlantique.et elle fut la plus appréciée.» Elle est morte à Paris en mai 1992.Visages de la honte, les cinq premières ne font pas honneur à leur genre.Hitler, qui les connaissait personnellement et intimement dans certains cas, en avait besoin et elles ont répondu «présentes».Le constat est triste mais vrai: le nazisme, on le sait maintenant grâce à cet ouvrage convaincant, bien documenté et bellement rédigé, fot aussi, dans une certaine mesure, une affaire de femmes.LES FEMMES D’HITLER Guido Knopp Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni Payot Paris, 2004,370 pages Visages de la honte, ses cinq premières femmes ne font pas honneur à leur genre INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY En Angleterre, pays pourtant bombardé par les nazis, 10 % des 2000 personnes interrogées la semaine dernière par le Sunday Telegraph affirmaient qu’Adolf Hitler est un personnage de fiction.Le courage de la social-démocratie t LOUIS CORNELLIER Si vous n’aviez qu’un livre d’économie à lire cette saison, il faudrait que ce soit celui-là.Ces Chroniques d’un autre monde, en effet, développent un discours social-démocrate d’une rare puissance, très mobilisateur, qui tranche autant sur le fatalisme néolibéral que sur le radicalisme altermon-dialiste et anticapitaliste.Œuvre de l’économiste français Jacques Généreux, à qui l’on doit, entre autres, les indispensables Une raison d’espérer et Les Vraies Lois de l’économie, ce recueil de textes plaide en faveur d’une «économie humaine» qui reconnaît pleinement son caractère politique: «Si donc l’économie nous semble parfois inhumaine, il importe de comprendre que cela ne résulte en rien d’une soumission du politique aux lois de l’économie, mais bien au contraire de la soumission de l’économie à des lois politiques conformes à des intérêts Hortense Dufour et Cécile Vidal seront présentes au Salon du livre de Québec h- Sissi, les farces du destin Hortense Dufour 29,95 $ - Ml pages « Havard et Vidal, lecteurs des historiens québécois, ont su rompre avec l’historiographie hexagonale de l’impérialisme et du colonialisme pour adopter un point de vue nettement nord-américain.» Michel Lapierre i Le Devoir «Sissi, les forces du destin de Hortense Dufour n'en demeure pas moins un beau livre, bien documenté, bien écrit par une experte des bios de femmes célèbres » Chantal Guy La Presse umm histoire de FRANÇAISE T I Flammarion particuliers.» D’où sa formule, utilisée dans un ouvrage précédent «L’horreur n'est pas économique, elle est politique.» Ce qui signifie, on l’aura compris, que la fatalité, en cette matière, n’y est pour rien et que le combat à mener doit se fonder sur une croyance malheureusement en perte de vitesse: «L’urgence n’est pas d’imaginer un catalogue précis de mesures et de réformes, mais de restaurer la croyance collective dans le pouvoir du politique et de mener un combat moral et culturel pour que la majorité de nos concitoyens soutienne à nouveau des politiques plus justes.» Ce ne sont pas, écrit Généreux, des valeurs différentes qui distinguent vraiment la gauche de la droite, mais plutôt une conception différente des mêmes valeurs.Pour les partisans de la première, par exemple, une société efficace est une société juste, la responsabilité individuelle suppose l’égale liberté des individus et «la réduction des inégalités et la solidarité sont plus efficaces à long terme que la compétition généralisée pour la survie ou la maximisation d’un taux de rendement».En adhérant aux poncifs néolibéraux sur les nécessaires réductions des impôts et sur «l'attractivité fiscale du territoire» (il faut être plus compétitifs que nos voisins), la gauche social-démocrate (le PS en France, le PQ au Québec), devenue social-libérale, a erré et a entraîné le décrochage civique ou un militantisme radical contre-productif, deux attitudes qui réjouissent les satisfaits de l’heure.Le capitalisme, précise Généreux, n’existe pas; il existe des capitalismes dont certains, dans Ce ne sont pas des valeurs différentes qui distinguent vraiment la gauche de la droite, mais plutôt une conception différente des mêmes valeurs Trois nouveaux titres Trois univers à découvrir Ms Ardfitns > Mm* Th.B>w«i Un revenant Rémi Tremblay • A la fin du XIXe siècle, un portrait de société au Québec et une rare incursion dans la guerre de Sécession.554 p.27 $ TRIPTYQUE Julie Lebrun • Un premier récit fort prometteur, des émotions finement exprimées.81 p.19$ > Gérard Bibeau • À la suite de leur immense succès sur scène, trois textes de théâtre jeune public rassemblés.181 p.19$ 6e ia Ki,lt www.carpediem.qc.ca/lahuit Distribution Univers : 1-800-859-7474 d.universOvideotron.ca la mesure où ils sont soumis à des régulations politiques claires, s’accommodent avec un projet de société juste.Nier cela revient à s’enfermer dans la logique du «tout ou rien» qui nourrit l’immobilisme: «La double idolâtrie du capitalisme comme dieu ou comme démon compose ainsi les deux faces du mur qui barre la marche vers une vraie révolution sociale.» Dans les pages les plus fortes de cet essai sans faille, l’économiste se livre à une brillante défense de l’impôt, qui «n’est pas une nuisance», mais «le prix des services collectifs: le prix des professeurs, des infirmières, des policiers, des magistrats, des routes, de l’éclairage public, etc.» qui sont, selon la théorie économique moderne, «des facteurs clés de la croissance et de la compétitivité des entreprises privées».Quand il est à l’abri de la gabegie gouvernementale trop souvent volontaire, «l’impôt est le prix librement consenti par les citoyens pour obtenir les services collectifs qu’ils jugent nécessaires; il est en cela Tune des plus hautes expressions de la citoyenneté et de la démocratie».Quant à la fameuse «attractivité fiscale du territoire», elle devrait, selon Généreux, être pensée sous l’angle de la «compétitivité globale», un concept qui refrise la seule logique comptable et l’épouvantail de «Texode des cerveaux» au profit d’une conception plus large du «bien-vivre en- semble»: «Une société qui ne valorise plus que l’argent et la conquête de la première place se prépare des générations de tueurs et de mercenaires à la solde du plus offrant.Une société qui éduque à la solidarité et qui valorise les choix collectifs au lieu de les dénigrer fabrique des générations de citoyens.Bien sûr, cela prend plus de temps que de participer aux enchères mondiales du capital et des talents.Eh oui, la démocratie n’est pas une baguette magique, c’est un combat.Et le plus sûr moyen de le perdre est de ne pas le mener.» Osera-t-on suggérer la lecture de cet ouvrage lumineux aux mercenaires libéraux de Jean Charest ou à ceux de Paul Martin?Ce serait, probablement, peine perdue.Les péquistes et leurs compagnons de route, toutefois, devraient faire de ces Chroniques d’un autre monde une lecture obligatoire s’ils souhaitent vraiment, enfin, ouvrir la saison des idées.Ils y trouveront matière à réflexion, et une occasion d’autocritique quant à leur virage social-libéral, tant il est vrai SALON DU LIVRE DE QUÉBEC STAND 69 NOUVELLES ROMANS ESSAIS C 9 .C .C .C .C r g £ 2 S S ao ao ao au vZszsxszsc — ¦?in f"» to cm « to»-’-»-’- O Q.® ® 0) Q) — -, T3 -O -O "O O 5 ‘C 'C •!= w ~ ffl M iu TO 8 ê 't m «d r» Ja t— ^ "ô "ô "ô p 1 | i 1 I c^szxzjzs: ï- E O r- 00 (O ® 2g CM CM T- 1- £^5 40 'la>.piano 1 ne présentation de (lus Cloutier Mardi IA avril, 19 h 30 Maison (le la culture l’Ialeail Munt-Km.il 4()5, as.du Mont-Rosal ! .Montreal ) 5141 872-22 TÂceptionncllcMiieiit Me modi 14 ii\ ril, 2(1 h t Impelle du Musee de f Vinérique Iraneaisi 2.Cofe de la I ahri(|iie.Québec (4INi (i4»2-2S4.t LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 AVRIL 2 0 0 4 -14) 597-1666 facques Julien BIC BEAR, LA RÉVOLTE I ^ I Venez rencontrer nos auteuf(e)s au Salon international du livre de Québec stand 69 — espace D1MF.DIA STÉPHANE BA1LLARGEON LE DEVOIR Il existe 3260 espèces d’amphi-biens dans le monde, dont 193 en Amérique du Nord mais seulement 21 au Québec.De même, la planète compte environ 5950 espèces de reptiles, le nord du continent en abritant 283 et le Québec, à peine 17.En fait, ces deux groupes de vertébrés sont les deux moins riches en espèces dans la province, loin derrière les poissons, les mammifères et surtout les oiseaux.Cette situation s’explique notamment par le métabolisme de ces animaux qui dépendent de la température ambiante, celle du Nord limitant au maximum leur capacité de dispersion et de diversification.Pas étonnant, dans ce contexte de rareté, que l’herpétologie — l’étude des reptiles et des amphi-biens — n’ait pris que récemment de l’ampleur ici.La faible fonction a mis du temps à créer l’organe.Mais les choses bougent, et très bien merci, comme le prouve ce guide exhaustif qui décrit la totalité des espèces autochtones en y ajoutant celles des Maritimes (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et île-du-Prince Édouard), pour une quarantaine de fiches au total, soit 21 amphi-biens et 19 reptiles.Comme les autres du genre, le bouquin pratique permet un accès rapide aux informations recherchées, elles-mêmes présentées m Couleuvre verte.avec un exemplaire souci de clarté.Le livre comprend une présentation générale de chaque ordre, des tableaux-synthèses, mais surtout une description détaillée de chacune des espèces, avec de très belles photos et une carte de répartition.Bref, du bel ouvrage.Un exemple?Eh bien, on se ferait heipétologue juste pour la salamandre maculée, la plus grande du genre au Québec.Sa robe noi- re parsemée de gros points jaimes lui donne un air de bijou de luxe.•Les salamandres adultes se regroupent dans les mares temporaires en forêt, dans les marais, les fossés ou sur le bord des lacs, explique le guide.Après la rencontre, mâles et femelles se frôlent le museau et le corps.» Et ainsi de suite au sujet de l’habitat, du domaine vital, de l'alimentation et des prédateurs, finalement peu nom- DAVIl) RODKIUUI' breux puisque la très belle bestiole est protégée par une peau riche en toxines.AMPHIBIENS ET REPTILES DU QUÉBEC ET DES MARITIMES Jean-François Desroches et David Rodrigue Éditions Michel Quintin Montréal, 2004,288 pages EDITIONS MULTIMONDES DES NOUVEAUTÉS EN LIBRAIRIE ET AU SALON DU LIVRE DE QUÉBEC POUR ENSOLEILLER VOTRE PRINTEMPS! SOURCE EXPOS DE MONTRÉAL Chez les oiseaux Un livre-disque Pierre Morency, Éditions MultiMondes, 2004, en quadrichromie, 13 x 18,5 cm, reliure souple, 80 pages + CD audio numérique, ISBN 2-89544-054-9,24,95* Pierre Morency est fasciné par les oiseaux.Par leur beauté, leur fantaisie tout Piere Morency Mémoires d'enfance Raymond Martineau, préface de Jean Provencher, Éditions MultiMondes et HdyrwMil Munlm.in /1 /rwzVzr.v ^ mm Chez les oiseaux Société historique du Cap-Rouge, 2004, en il v ’ quadrichromie, 16 x 24 cm, reliure souple, 168 pages, ISBN 2-89544-059-X, 24,95$ B ffQCjfr' f.Ils sont présents dans sa poésie qui sait toujours nous émerveiller par ses mots simples et évocateurs, presque magiques.Dans ce livre-disque, Pierre Morency évoque l’envoûtement que lui procure toute promenade solitaire dans les baüures.Il nous révèle aussi l'origine de sa passion pour la gent ailée et décrit, à sa façon inimitable, les impressions que lui inspirent maints volants.Chez les oiseaux ajoute le ramage au plumage.Ce livre se double d'un nouvel arrangement de son disque Une journée chez les oiseaux, réalisé en 1981.À écouter et à contempler tout en lisant Il y a des livres qui sont de véritables récréations.Celui-ci en est un.D'abord, bien sûr, parce qu’il chante l'enfance.L'auteur nous y invite avec couleur.Couleur des mots, souvent fort simples, mais toujours étonnants, dirait-on, à cause de la manière qu’il a de les échapper, de les jeter dans la page.Couleur aussi de ses illustrations soignées, à la fois naïves et précises.Il y a là un véritable talent Quel soin à émerveiller I Retrouvez-vous dans la page de la Grande Échelle, de ces enfants dévalant au grand dam d’un constable, une des rues pentues du quartier.Amusant et sans prétention, ce livre n'en est pas moins riche et instructif.Grâce à son patient travail, à son indéfectible mémoire et à son indéniable talent de conteur et de dessinateur, Raymond Martineau, 91 ans, a su, à un âge où la plupart des gens ont cessé toute activité créatrice, construire un véritable pont entre les générations.(Extraits de la préface de Jean Provencherj Visitez notre site Internet,â.www.multim.ee wmmom Le jardinage éconologique Quand économie rime avec écologie Lili Michaud, préface de Larry Hodgson, Éditions MultiMondes, 2004, en quadrichromie, 16,5 x 20,5 cm, reliure souple, 200 pages, ISBN 2-89544-056-5,24,95$ Le virus du Nil occidental Le connaître, réagir et se protéger Jean-Pierre Bourassa et Jacques Boisvert, Éditions MultiMondes, 2004,14 x 21 cm, reliure souple, 148 pages, ISBN 2-89544-055-7,17,95* Les pratiques de lecture des adolescents québécois Collectif sous la direction de Monique Lebrun, Éditions MultiMondes, 2004,15 x 23 cm, reliure souple, 328 pages, ISBN 2-89544-049-2, 34,95* Premiers contacts avec le Québec S'informer, se loger, s’intaller, s’intégrer, étudier, travailler.Ludovic Hirtzmann, Éditions MultiMondes et Association France-Québec, 2004, 11 x 16,5 cm, reliure souple, 192 pages, ISBN 2-89544-052-2,17,95* De mère en fife mnmmuotuntM De mère en fille Comment faire ressortir la lignée maternelle de votre arbre généalogique Pierre-Yves Dionne, préface de Claire L'Heureux-Dubé, Éditions MultiMondes et Éditions du remue-ménage, 2004,14 x 21 cm, reliure souple, 96 pages, ISBN 2-89544-053-0,17,95* La science pour tous (vol.V Quatorze succès de culture scientifique au Québec Collectif, préface d'Hervé Fischer, Éditions MultiMondes et Science pour tous, 2004, 15 x 23 cm, reliure souple, 192 pages, ISBN 2-89544-038-7,19,95* Explorer l'histoire des sciences et des techniques Activités, exercices et problèmes Marcel Thouin, Éditions MultiMondes, 2004, 16,5 x 23 cm, reliure souple, 720 pages, ISBN 2-89544-050-6,39,95* Déjà trois romans at une bande dessinée I www.galoche.ca Galoche une vraie année de chien Yvon Brochu, illustrations de David Lamalin, Éditions Fou Lire, 2004,144 pages, 10,75 x 17,75 cm, reliure souple, ISBN 2-89591-003-0,835* Venez rencontrer nos auteurs au stand Aire Dimedia F 18 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AVRIL 2004 Livres ^ SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Kata en stock STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Un beau livre sur les grands maîtres des arts martiaux.L’idée est excellente et c’est la Québécoise Josette D.Normandeau, qui pratique les disciplines martiales depuis plus de 30 ans, qui vient de la réaliser, en racontant un long voyage initiatique.Le périple a fait l’objet d’un documentaire intitulé Bushido, la voie d’une guerrière, dont cet ouvrage propose en quelque sorte un produit dérivé.L’auteure s’attarde sur six arts martiaux, issus de six traditions différentes: capoeira au Brésil, muay thaï en Thaïlande, karaté sur la petite île japonaise d’Okina-wa, savate en France, kalaripayattu en Inde et aïkido au Japon, «fai volontairement choisi des arts culturellement différents, connus ou inconnus sur des continents différents, avec des armes et des rituels différents, pour mieux saisir, par contraste, à quel point chaque art participe de la culture et de l’histoire du pays qui l’a façonné, explique d’entrée de jeu la ceinture noire écrivaine.Une fois décidée, il ne me restait plus qu'à foncer et à ne pas accepter un non comme réponse.» Sa persévérance, son humilité et son respect lui ont permis d’ouvrir les portes des lieux les plus vénérés ou les plus secrets de ce monde fascinant À chacune des étapes, Mme Normandeau approche les légendes vivantes et s’initie à leur discipline tout en présentant ses origines et ses développements.Des photos témoignent des rencontres ou permettent de mieux suivre les explications souvent fines de l’auteure.Les sections les plus fascinantes concernent les tra- ditions martiales les plus éloignées géographiquement et culturellement En Inde, chez les nayars, une caste matriarcale, Josette D.Normandeau assiste à une démonstration du savoir-faire des femme^soldats.Deux hommes s'étendent sur le sol de l’arène, chacun tenant un petit melon sur le ventre.Une guerrière se fait bander les yeux.Une officiante pose un couteau près d’elle, puis la fait pivoter plusieurs fois sur elle-même.La soldate se penche, empoigne la lame et, à l’aveugle, tranche tour à tour les melons.Elle doit s’y prendre à deux fois pour le deuxième fruit, manquant de peu au passage le bras d'un des hommes.Le récit mélange les observations et les réflexions personnelles.L’auteure présente rapidement le pays dans lequel elle arrive, donne quelques impressions touristiques, puis plonge au cœur de son sujet essentiel, multipliant les rencontres, les essais et les découvertes.L’ensemble se révèle finalement produit par une passionnée pour ses semblables, même si les curieux pourront trouver dans ce livre d’un voyage initiatique une.excellente initiation à un monde étrange et merveilleux où corps et esprit tentent de fusionner, dans un impérieux désir de paix et d’harmonie, les arts martiaux étant finalement présentés, au bout du périple, comme ceux de «l’amour universel».À LA RENCONTRE DES GRANDS MAÎTRES Josette D.Normandeau Editions de l’Homme Montréal, 2004,256 pages EN BREF BEAUX LIVRES Immersion dans le passé (Le Devoir) — Depuis jeudi dernier, les adeptes du neuvième art ont la chance de renouer avec Thimothée et d’autres héros du début du siècle dernier qui ont animé les pages des journaux du Québec.Un siècle après les premières aventures du personnage de bédé créé par Albéric Bourgeois, les premiers pas de la bande dessinée se retrouvent en effet à l’honneur à la Bibliothèque nationale du Québec avec l’exposition Les débuts de la bande dessinée québécoise de 1904 à 1908 dans La Patrie et La Presse.Au programme: une trentaine de reproductions en couleurs et grand format des pages témoignant de la naissance d’un art dans la province, des originaux de journaux provenant de la collection de la BNQ et surtout l’occasion de découvrir d’où vient la bédé du Québec pour sans doute mieux comprendre où elle s’en va aujourd’hui.Dessous de couvertures DENIS LORD De son propre aveu, Art Spie-gelman n’est pas un virtuose du dessin.On ne lui prêtera pas moins une profonde connaissance des potentialités de son art et un sens aigu de la mise en scène.On suppute que ce sont ces aptitudes, combinées à la notoriété acquise à la suite de la publication de Maus, qui ouvrirent à Spiegelman les portes du magazine New Yorker.Son arrivée au célèbre hebdomadaire de l’intelligentsia de la côte est correspondait à celle de la rédactrice en chef Tina Brown, chargée de renouveler l’image du magazine.C’est cette collaboration, qui dura de 1993 à 2002, que Spiegelman raconte ici avec moult illustrations, comme autant de lectures de l’actualité américaine et internationale: vie sexuelle de Clinton, violences contre les Arabes du Big Apple, élection de George W.Bush, etc.À ses dires, Spiegelman devint l’illustrateur le plus controversé de l’histoire du New Yorker, son humanisme provocateur, son narcissisme aussi, le confrontant au conservatisme de l'institution new-yorkaise, à sa crainte de provoquer des remous.Et il y en eut! A l’occasion d’affrontements raciaux à Brooklyn, Spiegelman dessina une couverture montrant une Noire et un Juif hassidim en train de s’embrasser, ce qui lui valut l’ire des deux communautés.Bons baisers de New York offre une captivante plongée dans les univers de la création et des médias.D y a même une préface de Paul Auster et quelques bandes dessinées.Que demander de plus?denislord@endirect.qc.ca BONS BAISERS DE NEW YORK Art Spiegelman Traduit de l’américain par Philippe Mikriammos Flammarion Paris, 2003 Une captivante plongée dans les univers de la création et des médias ÉDITIONS DE L'HOMME L’auteure s’attarde sur six arts martiaux, issus de six traditions différentes.F %* .— BANDE DESSINÉE Parler avec les dieux FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Le scientifique Kenneth Flurk est un obsédé.Et l’obsession, chez lui, se transmet même de père en És dans sa famille, qui n’a à l’esprit qu’une seule chose: mettre la science à profit pour entrer en communication avec les dieux.Rien de moins.La quête, un brin futile dirait l’athée, peut faire sourire.Mais pour le scénariste Martin Ville-neuve, elle est plutôt à l’origine d’un incroyable récit qui s’étend sur les 64 pages de cette Voix du tonnerre (Les 400 Coups).Incroyable et complexe.Avec en trame de fond la construction d’une machine à décoder les paroles des divinités mais aussi celles des dieux de l’Olympe, devenus, dans le cœur des années Mes, des bureaucrates austères logeant dans Wall Street, à New York, et qui ne semblent guère enchantés par lïdée.Le décor, surréaliste, est posé.Et sous le coup de crayon de Daniel Svatek, cette fable philosophi-co-mythologique prend son envol avec ces récits en parallèle, ces narrations hors champs mais aus- si son univers graphique où architecture, design industriel et esprit des années 20 dominent Villeneuve, 25 ans, qui a aussi écrit l’étonnant photo-roman Mars et avril en 2002, ne demandait d’ailleurs pas mieux, lui qui avoue avoir mis ce scénario au monde pendant un soir d’orage.C’était en 1994.«Je me suis demandé ce que ce bruit pouvait bien vouloir dire, dit-il, et le conflit qui est à la base de l’histoire s’est présenté de lui-même.» Dix ans plus tard, la question résonne toujours autant en dessin et en couleur.Et on essaye alors de s’accrocher à la réflexion sur la place de la science face au divin qui en découle, jonglant ici avec les nombreuses références à la mythologie grecque, les citations de Balzac ou de Cyrano de Bergerac, plongeant parfois dans un monde mathématiquement proche de celui de Schuiten & Peeters et de leurs Cités obscures.La profondeur en moins par contre.LA VOIX DU TONNERRE Scénario de Martin Villeneuve Dessin de Daniel Svatek Les 400 coups Montréal, 2004,64 pages L’obsession : mettre la science à profit pour entrer en communication avec les dieux DANIEL SVATEK, LES 400 COUPS VOTRE LIVRE COMME UNE BOUTEILLE À LA MER ! ' JSw""' HKWli -V-' .un jour rêvé ou té .afggl Salon international du livre DE QUÉBEC Une opération visant à aider la population haïtienne notamment les jeunes, en invitant les Québécois à donner un volume qui leur a plu et sera apprécié par d’autres yeux, sous d’autres deux.Les livres pour enfants, en particulier les albums et les bandes dessinées sont privilégiés.L’enfant qui donne un livre est invité à y insérer son nom et son adresse et, pourquoi pas un commentaire, comme dans une bouteille lancée à la mer.Dans le but d’établir un lien avec le jeune correspondant haïtien à qui le livre sera offert.Des classes entières pourraient ainsi créer des échanges avec des jeunes d’une autre culture.Tous les genres sont acceptés en autant que les livres soient en excellente condition et qu’ils aient fait l’objet d’un coup de cœur.Où déposer son livre ?Le stand d’information du Salon servira de lieu de collecte de livres.Nous recueillerons vos cadeaux en vue de préparer l’envoi de ceux-ci dans les écoles, à la Bibliothèque nationale et aux centres de lecture et d'animation culturelle d’Haïti.La population haïtienne et ses enfants en particulier vous remercient de ce geste de solidarité et d’encouragement à ce beau et grand voyage des livres.En collaboration avec Québec f Québec 2“ "“Québec 22 LE DEVOIR Information : 1-418-692-0010 $ BANDE DESSINÉE Histoire à 48 mains FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Montréal, 2021.Naé et Lonka s’en vont «faire du ketchup» dans un Stade olympique devenu avec le temps une serre olympique où les plantes-frites poussent en souriant Dans la métropole où les jardins suspendus sont désormais légion et où les déplacements en delta-vélo sont chose aisée, la vie est douce et les champignons géants du symposium de sculptures horticoles de la Place Dupuis sont inspirants.Naé y succombera d’ailleurs et plongera dans un tourbillon qui, alors qu’elle sera à la recherche d'un dénommé Marcello Bertolli-ni, la conduira avec son jeune ami chez des Indiens, dans une usine de compostage hébergeant un rat victime des recherches sur le clonage et sur les bords d’un fleuve pollué par un flot de produits chi- miques.Tout un programme.L’aventure, de toute évidence, est surréaliste avec ses personnages aux traits changeants et son scénario décousu que le manque de cohérence dans les coups de crayon n’aide certainement pas à raccommoder.Mais il en va ainsi quand des bédéistes québécois décident, sous la houlette de l’éditeur Dominique Desbiens, de la maison Amérisque, de se mettre à 24 pour exprimer leur talent., sui le mode du cadavre exquis, un art littéraire très bien connu des cancres du dernier rang mais gué re exploité dans l’univers des his toires en images.L’exercice de style, baptisé Havre exquis - Un monde uto pique, était balisé: pendant 52 se maines, une bonne frange des bé déistes du Québec (Alain Reno Dan Villeneuve, Robo, Jean-Lau rent Ratel, Shrü, M7 ou Manu Fo glia, pour ne citer qu’eux) ont été contraints de poursuivre, les uns après les autres, «dans une chatm synergique», comme l’explique h quatrième de couverture, un réd amorcé et poursuivi en quelques vignettes par un de leurs confrères — les consœurs, elles, brillant pai leur absence.Avec, en trame d( fond, la critique socio-politico-envi ronnementale de notre époque : travers l’anticipation d’un Montréa à la sauce 2021.Le papier de toilette, les vol tures polluantes, les médias, les banlieusards et même Raël ei prennent pour leur rhume.Quan au lecteur, il devra mettre ses sy napses à l’épreuve pour se retrou ver dans cette ratatouille parfofc chaotique, parfois verbeuse, mai souvent drôle.HAVRE EXQUIS - , UN MONDE UTOPIQUE BD collective Amérisque Montréal 2003,56 J LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AVRIL 2004 F 19 -Livres - SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Le piège de récriture LITTÉRATURE JEUNESSE © CATHERINE Ci RAVEL ÏMi! François Gravel vient de faire paraître L’Araignée sauvage.GISÈLE DESROCHES Dans La Piste sauvage, François Gravel mettait en scène un adolescent de cinquième secondaire ayant quelques difficultés à s’intéresser à la lecture, happé par une aventure impitoyable de course automobile.Le même grand Steve, dirigé par le même professeur de français, M.Vinet, expérimente maintenant, dans UAmignée sauvage, le plaisir d’écrire, mettant en scène des personnages inspirés des gens qu’il côtoie et portant même leur nom.Son genre de prédilection, cependant, à l’instar de l’écrivain Steve Prince, donne dans l'horreur et le dépeçage sanglant Son manuscrit tombe bientôt entre les mains du directeur, qui s'offense au plus haut point du rôle que le jeune Steve lui a réservé dans son histoire.Les propos menaçants et morbides du manuscrit le poussent à porter plainte et à le faire incarcérer dans un Centre jeunesse.Là, malgré les démarches de ses parents et de son prof, Steve est détenu pour un mois, sur la recommandation d’un psychiatre qui décèle un risque de dissociation et d’éclatement imminent Inutile de dire que l’apprenti se mord les doigts d’avoir utilisé les noms des personnes qu’il côtoie, mais cela donne par ailleurs à François Gravel une superbe occasion de multiplier quiproquos et surprises servies au lecteur.Les revirements, les ambiguités, les failles du raisonnement de l’un et de l’autre sont autant d’armes redoutables entre les mains de l’auteur, rs’en sert pour semer des tes et affoler son lecteur.Les relations déroutantes et tjranniques ayant cours entre les jeunes de l’unité où Steve atterrit servent également rmtrigue, gonflant les sentiments d’injustice et d’inquiétude.L’effet de vraisemblance est d’autant plus réussi que le processus même d’écriture est interrogé, dans ses ressemblances avec la folie.Les questionnements concernant le bien-fondé des récits d’horreur trouveront ici des arguments de choix.L’araignée et son piège gluant servent d’image à la fois pour comparer le héros pris au piège des perceptions étroites de la «normalité» et pour illustrer le processus de création: l’écrivain tisse sa toile fictive sans se laisser prendre à son propre piège.Explorant la frontière ténue entre réalité et fiction, le récit rem- porte haut la main son double pari d’accrocher le lecteur et de lui insuffler les germes du désir d’écrire.L’ARAIGNÉE SAUVAGE François Gravel Québec Amérique, coll.«Titan» Montréal, 2004,258 pages BEAUX LIVRES Mignons comme tout SOPHIE POULIOT C> est en Afrique, en Inde et en Indonésie que les célèbres photographes Anup et Manoj Shah (Terre sauvage, Figaro Magazine, National Geographic, etc.) ont immortalisé sur pellicule les liens intimes qui unissent les femelles de diverses espèces animales et leur progéniture.Les photographies sont à la fois splendides et attendrissantes, ce qui fait de Mères et petits un livre qu’il fait bon lire seul, mais peut- être plus encore en famille.Le texte s’avère d’ailleurs instructif sans être trop lourd, tant en ce qui a trait aux détails biologiques ou géographiques fournis qu’en ce qui concerne le vocabulaire employé, si bien qu’il est à la portée des lecteurs de tout âge.Si guépards, léopards, éléphants, girafes, gazelles, zèbres, hippopotames, buffles, lions et primates de toutes sortes ont retenu l’attention des auteurs-photographes, sont absents de l’ouvrage panthères, reptiles, petits mammifères ainsi que toute espèce d’oiseaux, fi n’en demeure pas moins qu’offrir ce livre fascinant en cadeau équivaut presque à s’assurer d’un sourire émerveillé sur le visage de son destinataire.MÈRES ET PETITS, UNE ÉTERNELLE HISTOIRE D’AMOUR Anup et Manoj Shah Flammarion Paris, 2003,224 pages ÉCHOS La Courte Echelle à la BN (Le Devoir), — La maison d’édition La Courte Échelle fait l’objet d’une exposition à la Bibliothèque nationale du Québec jusqu’au 10 mai.La maison, fondée par Bertrand Gauthier en 1977, publie depuis ses débuts surtout de la littérature jeunesse.Depuis 1995, elle se destine aussi aux adultes.Vingt-cinq ans après sa fondation, l’éditeur demeure un des chefs de file dans son domaine de prédilection.L’exposition Les 25 ans de La Courte Échelle est présentée dans la salle principale de la BNQ à Montréal, au 1700 de la rue Saint-Denis, du mardi au samedi.PII IC^KC î74 Sig^re ROLAND CHAMBERLAND, JACQUES LEROUX, STEVE AUDET, SERGE BOUILLE, MARIANO LOPEZ Terra incognito dos Kofakouiooomis Jeudi le 15 de 18 h à 20 h Vendredi le 16 de 12 h à 14 h CAROLINE DÉSY Si loin, si profite Vendredi le 16 de 15 h 30 à 18 h GÉRARD DUHAIME La vie à trédli Mercredi le 14 de 15 hà 17 h GUY LAFOREST et STÉPHANE KELLY Débats sur la fondation du Canada Samedi le 17 de 13 h à 14 h 30 Dimanche le 18 de 11 h30à 13h RENÉO LUKIC L'agonie yougoslave (1986-2003} Samedi le 17 del 6 n à 18 h De l'histoire Laurant Dubé La Ligne du métis roman Crttl Ms d.Itvnrt IMS mu «ntisim Oui un MT» Immmm situe i M disais tatre la matât** et la am.sar las stmaai karts *« Rw San Jaaa.Et si la tlÿn da mut a eult aa'aae karaMe Matait* k'aama entre Fnadsc* at Malta ?El si M R» Saa Jua a'ttaK «ta notre aMstaacaT la ttfae * awHs.c ast la nt*a akfraatlssafe *e racritan a à travers la seaflraace kts aattoas caMalien et à travers la part* fa* Ms Mas Ms cirwtsUnces plus trejlgini qee la mart.Joan-Paul DesMens Comme un veilleur Journal 2002-2003 Dam tas journal, Jeas-Paal DetMsns sccssgsgm F actualité, comme un piunistu 4a party accompagne wte vieille psa part, profitant M la McMMé conta» pal parc* le tea* Ms êtres *tun* las , J- -sa - s a i.» ganra» we i iiriMiitve rmacnani roui —nmltlonrn II s cuMnUauÉ toiiioiirx la préoccupation 4a s’affranchir M l'actualité a* tachant i rappeler t actual Bnf, lean-Paa! DasMans reste AMM à M-amm.Il *>1 rien à faire.Et c'est Man ainsi.Im Ugniilu metis iwttassOr GuasWORrc BONN fi NUI Fernande Goulet Yelle Bonne nuit la vie ! collection - Art do vivre » Par un repart lucide, empreint M sérénité st d'uné grande tendres se.Fernande Goulet Yedt nous Invite i réfléchir et i tenter de trovun un sens t la rie.EH* nous livre qun!*ues tmes de ses relierions sur certaines des grenMs questions que an posent celles et caw qui approchent M l'automne ou M l'hiver M la rie ou qui Y sont dad et s'apprêtent a lui dire bonsoir.Claude Corbo Les Jésuites québécois at le cours classique après 1948 Libre M tout esprit d'apologie et sans nostalgie aucune.Claude Cortm reconstitue minutieusement l'ultime pUMover dns ndlinui jésuites québécois à la defensa du cours dassiqae.Au-deU M san objet propre, cat essai Invita à réfléchir à des enjeui fondamentaux d'une rive actualité, tant la nature M la formation secondaire que les bases M l'Mantlté québécoise et occidentale.l,ES JÉSUITES QUÉBÉœiS I l II rm »N « I.AMHQUt MM4 Joan-Paul Laçasse Les Innus et le territoire Innüs territoire oms Innu tlpsnitamun l'htstoire d* Québec a commencé Men avant l'arrivé* des Européens alors que les Innus étalant déjà Installés sur un# vasts parta de territoire qu'fls géraient selon leur propre réglma juridique.Un débat sa déroul* aujourd'hui quant i retendue M Murs droits tarriteriaux et das efforts sent déptarés pour un arriver 1 une entente politique ) ce sujet.L'auteur examine dus questions comma coitus M l'univers M 1s société Innas, M sus valeurs at M san ordre juridique ê l'époque M l'arrivée des Européens ni M sa transformation subséquente.L'auteur a largement dénué M parole aux Innus en la jutapount é cell* das tribunaux.Dominique Fotay-Oeoffroy Esdras Mainville Nationalisme économique at catholicisme social au Québec durant l’antre deux-gu arras Esdras Mlnrille (1896 1975) reste d'une grande actuaflté.San «ivre pose dns questions é noire dpoqoe, saa Inqnlétiidés trouvant toujours M larges échus.Avec intelligence, Dominique FoMy-Oenflruy mena le lecteur i la découverte d'uM pensée féconde et d'un arUsun méconnu M l'affirmation M Québec.Sophia imboautt Les Tarieu de Lanaudière Una famille noble après le Conquête, 1760-1791 A l'époqae M la Nouvalla-Franc*, Ms M Unsudlare ont faM fortune.Ls Canquéta britannique force l'élite M It coMaM é taka un choix : rentrer an France eu s'adapter.Las Tarieu M Lanaudlere choisissent M rester.Favorisés par M gouverneur Carieton, Ht récolteront privilèges et honneur, multiplieront et cumuleront Ms postes.Les Tarieu m i .s’SifîyniFui Vtu i-> mitip noM# h GjfKHfuttt Rémi Tougas L’Allemande La scandaleuse histoire d’une fille du roi, 1687-1722 fl* M connaît pat sen nom avec certitude.Cotto «fat M RM> d origin* allemanM arrive è Montréal on 1173.ù*a*atlq»,Mne Marie - c'est SM prénom - est rit* emportée par M ¦Uns, nas rromwre, Mfts n ssmm gnsn m XYir sfécM.C* rédt pndiriémmt h—oM projette M écMingo entèrent sa mm facette méGOMM M rhMMre M Montréal.Vronor rencontrer nos auteurs au stand 208 JciePMl Diibtwn JtcQMt Ljcsardèr» DomMtqw Fotsp SEPTENTRl||f< ¦vw.uptintriis.ac. F 20 DIMANCHE 11 AVRIL 2004 LE DEVOIR, LES' SAMEDI 10 ET «r Livres SALON DU LIVRE DE QUÉBEC Mots d’ici.d’ailleurs et de nulle part Calée dans mon fauteuil devant la dictée des Amériques à l’écran de Télé-Québec dimanche soir, je me suis sentie soudain en territoire exotique.Pas juste à cause des embûches perfides du texte, destinées à faire trébucher les concurrents les mieux aguerris.Celles-ci, après tout, semées par l’écrivain Gaétan Soucy, auteur et lecteur de cette chausse-trappe, étaient de bonne guerre.Mais mon pif décelait bel et bien une anomalie dans le décor.Bizarre! Une fois n’est pas coutume: Le romancier de Music-Hall était traité avec tous les égards dus à son rang.Faut dire que le petit écran ne déroule pas souvent le tapis rouge à un écrivain québécois.D’habitude, il braque plutôt ses projecteurs sur les belles petites vedettes.Pas vendeuse, la race des scribouilleurs, paraît-il, à moins que les écrivains n’aient le bon goût de faire oublier leurs romans en offrant un vrai show populaire et rigolo.Les livres, eux, sont les grands négligés de la machine à images.Mais pourquoi boude-t-on donc la littérature et les écrivains sur les ondes de nos télés publiques?demande tout de go La Grande Peur de la télévision: le livre, de Jacques Keable.Et l’auteur de conclure que la télé craint le côté subversif de la littérature, surtout quand une pensée se cache derrière.Autre conclusion de l’ouvrage: les Québécois traîneraient un vieux complexe d’infériorité face à la France, les poussant à balayer leur littérature sous le tapis, faute de croire en elle.Triste constat! Mais constat tout de même.D’où mon sursaut dimanche soir en voyant l’écrivain Soucy officier comme un grand prêtre en détachant bien les mots de sa dictée.D’où mon sursaut, mais aussi mon sourire.Pour une rare fois, l’écrivain était roi.Par-dessus le .marché, il trônait sur les ondes d’une station que l’État québécois affame et dédaigne alors qu’il devrait l’encourager à cultiver sa différence.La dictée alignait des mots difficiles, que les Québécois comme les fiancophones d’autres origines essayaient d’orthographier correctement, la langue sortie pour mieux se concentrer.Moi, ça me semble merveilleux que Télé-Québec orchestre depuis une dizaine d’années la dictée des Amériques pour un parterre international.Merveilleux que, d’une fois à l’autre, un écrivain de chez nous se creuse les méninges afin de composer un texte truffé de guet-apens.D’ailleurs, dimanche, Soucy alignait bravement pataugas, parpaing et quiscale.Et les 197 champions en provenance de 14 pays, dont 36 Québécois, suaient sang et eau sur ce texte miné.L’existence de cette dictée a le mérite de démontrer que le Québec fait encore partie de la francophonie, qu’il n’est pas parti à la dérive avec une langue distincte, à jamais décollée du français international.Odile Tremblay ?Qu’ils viennent did ou d’ailleurs, rien de plus amusant que de découvrir des mots nouveaux, pas toujours dans le but de les utiliser, mais afin de les connaître, de rouler leurs sons sur la langue.Patau-ga.Que vive donc patauga\ Pivot, anden pape de l’émission littéraire en douce France, vient justement de publier un petit ouvrage qui fait grand bruit dans l’Hexagone:-100 mots à sauver.«On s’emploie avec raison à sauver toutes sortes d’espèces d’oiseaux, d'insectes, d’arbres, de plantes, de grosses et de petites créatures bien vivantes, mais menacées de disparition.Et si on travaillait à sauver des mots en péril?», demande-t-il.Beau programme.On ouvre son livre en constatant que certains des mots chassés des dictionnaires français pour cause de vétusté n’ont jamais pris vraiment racine chez nous.Vous avez dit bancroche (crochu) ou clampin (traînard, paresseux)?D’autres conservent dans leur sillage le parfum capiteux de la vieille France paillarde: le juron scrogneugneu par exemple, ou lupanar, un synonyme de bordel, ou encore goualante, chanson populaire qui arrache un bout de cœur, comme Piaf l’a démontré.On y rencontre aussi des mots moribonds en France mais vivaces chez nous.Au Québec, on barguigne, on papote ou on fait des fla-fla.De l’autre côté de l’Atlantique, ça se dit désormais autrement Dommage! En France, dans la collection «Les dicos d’or» de Pivot, un autre ouvrage incite le lecteur à bouter l’anglais hors du vocabulaire français.Evitez le franglais, parlez français, d’Yves Laroche-Claire, pointe entre autres les jet-set, baby-boom, barman, scanner et même flirter, ce beau péché mignon.Ça semble un brin excessif.Bonne affaire, quand même, si les Français commencent à remettre en question la fçule de mots anglais que l’Amérique bombarde dans leur champ.Mais notre lopin a ses problèmes itou.Alors, je me suis plongée dans l’ouvrage québécois Anatomie d’un jouai de parade de Diane Lamonde.Reviseur de textes de son métier, cette dame (à qui on devait déjà Le Maquignon et son jouai) est partie en guerre contre un groupe de linguistes, «les aménagistes».Pierre Martel et Hélène Cajolet-Laganière, pour ne pas les nommer, qui travaillent à la rédaction d’un dictionnaire du français québécois en définissant des normes à nous.Le gros problème avec Diane Lamonde, c’est qu’elle lâche à tout bout de champ sa démonstration pour attaquer ses deux bêtes noires sur leurs connaissances du français en les clouant au poteau de l’ignorance.Ça réduit la controverse à des querelles entre érudits.Est-ce qu’on parie id le français (avec des particularismes) ou le québécois?Là est la question.Or personne ne s’entend sur la réponse, même si tous les camps défendent l’existence d’un grand nombre de québédsmes, qu’on utilise largement et avec joie.En gros, je suis plutôt d’accord avec Diane Lamonde.D me semble qu’on a intérêt à maîtriser le modèle européen, ne serait-ce que pour mieux affirmer notre originalité en connaissance de cause.Mais tant qu’on n’aura pas déterminé entre nous si on désire parler le français ou le québécois dans nos arpents de neige, les débats sur la qualité de la langue vont continuer à patiner, les camps à s’affronter et la question à rouler dans le beurre.Il faut tout de même être de mauvaise foi pour refuser d’admettre que la langue française souffre id de grosses carences alimentaires.Que notre huis clos linguistique de deux siècles s’est soldé par un appauvrissement de notre vocabulaire, que la proximité de l’anglais a vidé nos structures syntaxiques.Pour l’heure, on n’arrive pas à se brancher sur la définition de notre langue, ce qui empêche de prendre le taureau par les cornes et d’améliorer ce qui doit l’être.Pour l’heure aussi, on mélange les enjeux nationalistes et linguistiques dans une même sauce mal assaisonnée, en pataugeant de plus belle.Pendant ce temps, le débat se déroule au-dessus de la tête du monde.Lors d’un éventuel référendum sur la question, je suis à peu près certaine que les gens se prononceraient en faveur du français.Non pas pour parler pointu et adopter tous les mots d’argot qui traînent à Paname, mais pour s’arrimer au tronc commun.Parce que le français est une langue riche et que les québédsmes sont destinés à l’enrichir encore plus, non pas à s’y substituer.Et pourquoi, à propos, a-t-on si peur d’apprendre le français de France?D ne nous mangera pas, ne nous contaminera pas comme un virus.Ken ne nous oblige à adopter tous ses mots.Cela dit, les connaître vaut le coup.Ça aide à sourire devant scrogneugneu, à s’émouvoir d’une goualante, à identifier un quiscale, quitte à parler ensuite aussi mal qu’on le voudra dans nos cuisines; par choix, et non par ignorance.Ça aide aussi à communiquer avec des Martiniquais, des Belges, des francophones de partout.Et à écrire sans trop de fautes une dictée des Amériques.Ce qui n’est pas à négliger non plus.otremblay@ledevoir.com ARCHIVES LE DEVOIR - 'W''" t*''- SHBHl Bernard Pivot, ancien pape de l’émission littéraire en douce France, vient de publier un petit ouvrage qui fait grand bruit dans l’Hexagone: 100 mots à sauver.IA GRANDE PEUR DE LA TÉLÉVISION : LE LIVRE Jacques Keable Préface de Bruno Roy Lanctôt éditeur Montréal, 2004,158 pages ANATOMIE D’UN JOUAL DE PARADE Le bon français d’ici par l’exemple Djane Lamonde Editions Varia Montréal 2004,294 pages 100 MOTS À SAUVER Bernard Pivot Albin Michel Paris, 2004,144 pages ÉVITEZ LE FRANGLAIS, PARLEZ FRANÇAIS Yves Laroche-Claire Albin Michel, «Les dicos d’or» Paris, 2004,302 pages Vladimir Fédorovski Invito d’honneur du Salon du livre de Quebec HORTENSE DUFOUR W ¦- V \ I \IH\UK 111 h nu >\ ski mm .//ss, .-X ^ Par l’auteur du Roman de if Saint-Petersbourg Jyi ’Mmmm Hortcnse Dufour Colette.Venez assister à la causerie de Vladimir Fédorovski Lês mystères de la Russie Le mercredi 21 avril, de 18 h à 20 h Animation : Danielle Laurin et André Champagne Librairie Raffin • 6330, rue Saint-Hubert, Montréal Entrée libre • Réservations : (514) 274-2870 Si vos ados, qui vionnont do torminei le dernier Harry Potter, so plaignent qu’ils n'ont plus non à se mettre sous la dent, voici qu’arrivent deux romans qui sauront satisfaire leur soif d’aventures palpitantes, de personnages mystérieux et J r { .y.^ Tome i- Hortense Dufour et Vladimir Fédorovski seront au STAND 126 (Sogides) du Salon du livre de Québec Consultez le guide officiel du Salon pour connaître les horaires «xartM ©*%»«* «La magie des mots de Jean Chalon, magnifiée par les dessins pleins de grâce et de poesie de Martine Delerm: un ouvrage rare.» Edmonde Charles Roux.Academie Concourt T 9
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