Le devoir, 22 avril 2004, Cahier A
CULTURE Une saison délicatement équilibrée chez Duceppe Page B 8 ?www.ledevoir.co m ^ijk9û.3f ÉCONOMIE Une hausse de taux est inévitable, selon Greenspan Page B 1 Vol.XCV N ° 8 8 ?LE DEVOIR LE JEUDI 22 AVRIL 2001 8 7c + T A X E S 1 $ Bain de sang à Bassora Des kamikazes tuent 68 personnes, dont au moins 18 enfants D’APRÈS ASSOCIATED PRESS ET L’AGENCE FRANCE-PRESSE Bassora — Bassora a connu hier sa journée la plus meurtrière depuis le début de la guerre.Une vague d’attentats suicide à la voiture piégée contre des postes de police de la grande ville chiite du sud irakien, sous occupation britannique, a fait au moins 68 morts, dont 18 enfants, et environ 200 blessés.La cité portuaire a assisté à l'horreur lorsque, peu après 7h hier matin, quatre voitures piégées, chacune occupée par un kamikaze et truffée de missiles et de TNT, ont explosé devant trois postes de police et une institution de formation de policiers.Une heure plus tard, cet établissement était de nouveau pris pour cible par un cinquième véhicule piégé.En face du poste de Saudia, dans une des principales rues commerçantes de Bassora, les véhicules ont été carbonisés et déchiquetés par la déflagration, y compris deux autobus scolaires transportant des écoliers de maternelle et des adolescentes âgées de 10 à 15 ans.Les corps des enfants, complètement déchiquetés, ont été transportés à la morgue, où les cadavres, faute de place, s’entassaient dans les couloirs.Les habitants se rendaient à leur travaü, au marché au>à l’école au moment des explosions.Devant le poste de Saudia, on .„ pouvait voir un cratère de deux risque d attentats mètres de profondeur et trois aux États-Unis urètres de large.Les soldats britanniques qui tentaient de se rendre sur place ont dû affronter la colère des Irakiens, qui les ont accusés de ne pas maîtriser la situation.Trois autres voitures piégées et leurs chauffeurs ont été interceptés avant que ceux-ci ne se fassent sauter à leur tour, a précisé le gouverneur de Bassora, Wael Abdul-Latif, ajoutant que ces attaques étaient probablement l’œuvre du réseau al-Qâïda.Le ministre irakien de l’Intérieur, Samir Shaker Mahmoud al-Sumeidi, a dénoncé ces attaques.«Le gouvernement condamne cet acte criminel et réaffirme sa volonté de vaincre ce cancer que l’on appelle la résistance.» VOIR PAGE A 8: IRAK ¦ Attentat contre les forces de sécurité à Riyad, page A 5 54 % des Américains pensent que l’intervention militaire en Irak a accru le Après 15heures d'attente! \ $ JACQUES NADEAU LE DEVOIR VICTOIRE! Après plus de 15 heures d’attente aux abords du Centre Bell et une bonne séance de coude-à-coude avec les nombreux amateurs présents, Philippe Lafbrtune, les poches vidées de centaines de dollars, a fièrement déballé la douzaine de billets pour les matchs disputés à domicile entre le Canadien de Montréal et le Lightning de Tampa Bay lors de la deuxième ronde des séries éliminatoires de la LNH.Les plus téméraires ont même apporté tentes, chaises et sacs de couchage pour s’assurer les meilleurs places dans la file.À la sortie, la joie des uns côtoyait la frustration des autres, qui voyaient les minutes s’égrener et les sièges disponibles s’envoler.Note salée pour les anciennes villes Les municipalités défusionnées subiraient une hausse immédiate de taxes ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les citoyens qui opteront pour la défusion de leur ancienne ville seront frappés, dans la majorité des cas, par une hausse immédiate de taxes en perdant le droit d’étaler l’harmonisation du taux de leur impôt foncier sur 10 ou 20 ans, ce qui rendra leur décision fort onéreuse.Le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, a donné hier le coup d’envoi du processus de défusion, maintenant désigné sous le terme de «démembrement», en déposant les 42 études sur le coût des défusions pour les 212 anciennes villes.Les registres, qui doivent être signés par au moins 10 % des électeurs inscrits d’une ancienne ville pour qu’un référendum ait lieu, seront ouverts du dimanche 16 mai au vendredi 20 mai.Les référendums se dérouleront le 20 juin.Le ministre a aussi dévoilé la question référendaire, quelque peu alambiquée: «Êtes-vous favorable au démembrement de [le nom de la ville] et à la constitution, pour le secteur de [le nom «C’est un débat émotif.Il y a du rationnel mais il y a de l’émotion.* VOIR PAGE A 8: DÉEUSIONS ¦ Autres informations en page A 2 ¦ La chronique de Michel David en page A 3 Guérir l’irréparable ?N A Montréal, les professionnels de la santé sont appelés à traiter les victimes d'excision ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Des femmes au sexe mutilé, incapables d’uriner sans souffrance ou d’accoucher sans risquer l’hémorragie ou la mort du bébé, victimes d’infections multiples, de tumeurs et de kystes.Voilà autant d’horreurs que croise dans son cabinet le D’Jean-Jacques Amy, un médecin belge qui viendra parler demain à Montréal du travail réalisé dans son pays pour traiter les femmes victimes de mutilations génitales féminines (MGF).VOIR PAGE A 8: EXCISION INDEX Annonces.B4 Idées.A7 Avis publics.B 5 Météo.B 5 Culture.B 8 Monde.A 5 Décès.B 4 Mots croisés.B 5 _____________Économie.B1 Sports.B 6 P;.-Éditorial.A6 Télévision.B 7 M Entre tradition et découvertes La sélection officielle du Festival de Cannes paraît forte et diversifiée avec un important volet asiatique au menu ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Avec une sélection officielle qui, à vue de nez, paraît forte et diversifiée, le 57' Festival de Cannes s’annonce de bonne tenue du 12 au 23 mai, bien meilleur que celui de 2003.Des habitués de la compé-jtition seront au poste, mais aussi plusieurs nouveaux venus.Thierry Frémaux, délégué artistique de l’événement, a parlé d’ouverture, de foisonnement et de mélange de genres pour cette 57' mouture.Entre La Mala Educacion de Pedro Almodôvar en ouverture et De-Lovely d’Irwin Winkler en clôture, tous deux hors compétition, seulement 18 œuvres concourront cette année pour la palme d’or, dont deux films d’animation: l’américain Shrek 2, retour du sympathique monstre enfanté par Andrew Adam-son, Kelly Asbury et Conrad Vernon (après le premier Shrek, qui y fut également en compétition), VOIR PAGE A 8: CANNES NEWSCOM Une scène de La Mala Educacion, de Pedro Almodôvar, présenté en ouverture au 57' Festival de Cannes.22 au 25 avril 2004 Palais d« congres de Montréal Jeudi, vendredi et samedi : 12 h a 21 h Dimanche 12 h a 18 h www.salonc spiritueuxce Montréal LE DEVOIR.LE JEUDI 22 AVRIL 2004 Bonjour, la Terre, je suis la ramée.Une entreprise d'un type inédit apparaît aujourd'hui dans le paysage.En effet, la ramée entend être active dans plusieurs aspects du développement durable.Elle sera impliquée de diverses façons en architecture verte, en agriculture et en alimentation biologiques et dans le design responsable.Elle offrira des services de conseil stratégique auprès d'entreprises voulant améliorer leur performance environnementale et démontrera ainsi aux dirigeants qu'il peut être profitable de mettre en application des pratiques vertes.Enfin, elle apportera son soutien à des organisations vouées à la protection de la nature.Idéalement, pour sauvegarder la planète, la ramée aurait des ramifications dans tout ce qui vise à changer les façons de faire.Bonjour à ceux que ça intéresse.la ramée Intervient dans plusieurs branches du développement durable pierrelaramee@la-ramee.ca (514) 839-1839 A 2 ?LES ACTUALITES- La défusion sera plus catastrophique que ce que prédit Secor, dit Tremblay La firme Secor a été trop optimiste, selon les maires de Montréal et de Longueuil.Gérald Tremblay réplique avec des calculs encore plus défavorables aux défusionnistes.Ces derniers sont du reste ulcérés par le mot «démembrement», qui remplace désormais «défusion».ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR La firme Secor a été par trop «optimiste» en évaluant l’impact des défusions dans llle de Montréal, a déclaré le maire Gérald Tremblay, qui a présenté hier ses propres chiffres, «plus réalistes et prudents».Des chiffres revus et certifiés par son service des finances ainsi que par la firme Samson Bélair De-loitte & Touche.Selon lui, les arrondissements qui redeviendraient des villes au terme du processus de défusion connaîtraient, en 2004, des hausses de taxes encore plug importantes que celles estimées par la firme Secor.A Baie-d’Urfé, ce ne serait pas 25,8 %, comme le dit Secor, mais 34 %.À Westpiount, ce ne serait pas 14,5 % (Secor) mais 21,6 %.A Senneville, ce ne serait pas 25,4 % (Secor) mais 35 %.Pourquoi?Parce que, selon la Ville, Secor s’est montrée trop «optimiste» sur trois plans: d’abord, elle a fait l’hypothèse que le gouvernement du Québec continuerait de verser aux villes défusionnées une compensation pour la réduction des revenus «tenant lieu de taxation» (hôpitaux, écoles, etc.), compensation mise en place par le gouvernement du Québec dans le cadre des fusions.Ensuite, Montréal estime que des revenus de droits de mutation, de même que ceux provenant du pacte fiscal, ne seront pas partagés par l’agglomération et les villes défusionnées, comme le prévoyait Secor, mais bien versés au budget des dernières.Ceci créera un manque à gagner pour l’agglomération, qui sera contrainte à percevoir davantage de taxes.Enfin, Montréal estime qu’elle ne pourra pas, comme le suggérait encore Secor, hausser de nouveau les charges fiscales du secteur non résidentiel, «Pour des raisons de compétitivité».Au total, ce sont 132,4 millions de dollars additionnels que l’agglomération devrait aller chercher, d’où les hausses de taxes majorées par rapport à celles du rapport Secor.Le maire Tremblay a en somme déclaré que «les villes défusionnées paieront plus de taxes, auront plus de dépenses et auront moins de pouvoir sur leur argent».Voulant illustrer le peu de pouvoir que les villes défusionnées détiendront sur leurs finances au sein du conseil d’agglomération, ü a répété que personne n’accepterait de confier «deux tiers des finances de sa famille à quelqu’un sur lequel ils n’auraient aucun pouvoir».Le chef de l’opposition, Pierre Bourque, s’est dit déçu de devoir faire campagne pour le «non au démembrement» plutôt que pour le «oui à Montréal».D a aussi insisté sur le fait qu’«o« ne fiait pas une ville avec des études».Ailleurs au Québec, le maire de Longueuil, Jacques Olivier, a affirmé hier, comme son homologue de Montréal, que la firme Secor avait été «trop conservatrice» dans son analyse du Longueuil démembré.Chose certaine, «ça va leur coûter cher», a-t-il dit, insistant sur le fait que les villes défusionnées n’auraient presque plus de contrôle sur leurs finances.A Qué- JACQUES NADEAU.ARCHIVES LE DEVOIR Gérald Tremblay bec, le maire Jean-Paul L’Allier a déclaré qu’il ne sert pas à grand-chose de faire un débat de trois mois sur les chiffres, débat où la population risque de se perdre.«Les citoyens doivent décider si, oui ou non, ils veulent vivre dans une organisation politique qui rejoint l’organisation socioéconomique», a conclu M.L’ADier.Démembrement Par ailleurs, si le mot «démembrement» avait été choisi par le gouvernement parce qu’il jetait moins «d'huile sur le feu» que «défusion», comme le suggérait La Presse d’hier, on se doit de conclure que l’effet a été totalement contraire.Bernard Paquet, ancien maire de Saint-Laurent et porte-parole de l’Association des élus pour la défusion (AED), fulminait hier.Médecin de formation, il trouve le mot d’une violence sans nom: «Quand je faisais un démembrement, une amputation, c’était grave!» Il qualifie de «quasi diabolique» cette «manœuvre» de changement de mot «On cherche à nous culpabiliser», a-t-il protesté.Déplorant le libellé de la question, il a ajouté: «Il va nous falloir me loi sur la clarté nous aussi!» (Au fait comment va-t-il falloir appeler ceux qu’on nommait jusqu’à hier les «défusionnistes» et qu’on qualifiait naguère d’antifùsionnistes?Des «démembrementistes», des «pro-démembrement»?M.Paquet répond qu’il tient à «défusionnistes».Le mot qui avait été accepté par l’Office québécois de la langue française, «avait le mérite d’être clair», selon Guy Bertrand, linguiste à la Société Radio-Canada.) Selon l’autre porte-parole de l’AED, Peter Trent ancien maire de Westmount le terme «démembrement» trahit la partialité du gouvernement.Le fait d’avoir opté pour l’expression «entité municipale» est la marque de la «bureaucratie», selon lui.«Au moins, on va dire au monde de voter oui, a-t-il blagué, ce qui sera une première dans un référendum québécois pour bien des gens dans Westmount!» Quant à l’harmonisation de taxe instantanée que subiront les villes défusionnées (alors que les villes qui resteront fusionnées ne pourront subir de hausse supérieure à 5 %), c’est pour M.Trent une «pénalité avec laquelle on peut vivre», se disant certain qu’à long terme, «on parlera de réduction de taxes à Westmount».Commentant les données révélées par le maire Tremblay, il a enfin déclaré: «Je me fous de ses chiffres.» « On entre dans une période trouble», selon Diane Lemieux MARTIN OUELLET PRESSE CANADIENNE Québec — Le gouvernement Charest vient d’enclencher un processus défusionniste qui risque de séparer les Québécois selon leur langue ou selon leur revenu, a accusé hier la députée péquiste de Bourget Diane Lemieux.«Je n’aime pas employer un ton alarmiste, mais je pense que ce gouvernement devra se poser la question sur sa responsabilité quant à un éventuel clivage entre anglophones et francophones», a fait valoir Mme Lemieux en point de presse à Québec.«On entre dans une période trouble», a-t-eDe ajouté.La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales estime que le gouvernement libéral a tort lorsqu’il prétend que la question linguistique sur Itle de Montréal alimente peu ou prou le débat sur les défusions.«C’est clair que la plupart des CoccoQL chez 1007, rue LAURIER ouest.Outremont Tél.: 274-2442 municipalités “à risque” ont des concentrations de citoyens anglophones.On verra, avec l’ouverture des registres, comment ce clivage risque de s’articuler», a-t-elle dit La députée croit aussi que la pile d’études sur les coûts liés aux défusions, rendues publiques hier par le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, portent en elles le germe d’un éventuel clivage entre pauvres et nantis.«Des municipalités qui ont une richesse foncière très importante pourront en conclure: “Au diable si on augmente nos taxes, tant qu’on n’est pas avec les autres.”» Qui plus est affirme Mme Lemieux, les analyses souffrent d’une tare importante: elles ne permettent pas de «préciser le coût des diffusions pour les municipalités qui décideront de demeurer dans la ville fusionnée».En effet les six firmes indépendantes ont retenu une seule hypothèse, celle d’un éclatement de toutes les villes fusionnées au lendemain des référendums du 20 juin.«On ne peut pas prévoir quel sera le portrait le 21 juin», a poursuivi la députée.Mais selon elle.une chose est certaine: le ministre Fournier «n’est pas sorti de l’auberge» avec ce dossier.«Le gouvernement veut se débarrasser au plus sacrant et à tout prix de cette promesse, de cette épine qu’il a au pied», a conclu Mme Lemieux.De son côté, le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont a dénoncé les dépenses de 18 millions engagées jusqu’ici par le gouvernement pour mener à terme le processus des défusions.«Ce sont des millions qui ne sont pas mis pour boucher les trous sur les routes, pour moderniser les aqueducs et pour laisser aux générations futures des villes en santé», a-t-il dit Le gouvernement a-t-il poursuivi, a mis en place une mécanique bâclée qui ne fera que déplaire à «tout le monde».«Les gens qui étaient favorables à des regroupements ont vu leurs efforts paralysés», a observé M.Dumont Quant aux défusionnistes, ils sont aussi déçus de constater que le gouvernement n’accordera aux villes défusionnées qu’une parcelle de leurs anciennes responsabilités, a résumé le leader adéquiste.Ctflulo' 402 -HOMM€ Depuis UK?Costumes griffés importés d’klk 399 Tissus signés ¦ Cerruti 1881 - Zegna - Manotto • Zignone, etc.1118, ru« Saint»-Catberina Ou»ft * étag», Montréal • (514) 861-3636 Havres d’ouverture : Lun.au ven.10 h à 18 h Sam.10 h à 16 h t / AVRIL 2 0 0 4 M i ch e l David ?Ayoye ! Le maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, a toujours eu un tempérament bouillant D n’est pas du genre à exprimer son mécontentement par un timide «mautadine».Lors de la réunion du conseil municipal, lundi soir dernier, c’est sorti tout seul: «La maudite banlieue.» M.CAllier s’est bien défendu d’avoir voulu insulter les résidants des anciennes villes de banlieue, expliquant qu’il faisait référence à un certain esprit revanchard parfaitement illustré par l’ancien maire de Beau-port, Jacques Langlois, aujourd’hui chef de l'opposition à l’hôtel de ville de Québec et militant libéral notoire.Peine perdue: l’expression utilisée illustrait trop bien ce que pensent bon nombre de résidants des villes centres, qui ont eu pendant des décennies la désagréable impression d’être parasités par des banlieusards égoïstes qui se multipliaient comme des lapins mais refusaient d’assumer leur juste part du fardeau fiscal.Au-delà de la guerre de chiffres que ne manqueront pas de déclencher les études sur le coût des défusions, c’est en quelque sorte à un ultime règlement de comptes entre la \ille et la banlieue auquel on assistera d’ici l’échéance référendaire du 20 juin.Le libellé même de la question qui sera soumis aux résidants des anciennes municipalités fusionnées de force par l’ancien gouvernement a un relent d’exécution publique.Veut-on, oui ou non, le «démembrement» des nouvelles villes?Ayoye! En tout cas, voilà enfin une question qui répondrait pleinement aux exigences de la Loi sur la clarté.Tant qu’à y être, pourquoi ne pas demander à la population de se prononcer sur leur «mise à mort»?L’improvisation et le poncepilatisme qui ont marqué l’action du gouvernement Charest dans ce dossier comme dans les autres avaient déjà de quoi semer la méfiance de l’un et l’autre camp.Les annonces d’hier ne feront rien pour la dissiper.Comme cela était prévisible, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a trouvé «beaucoup trop optimistes» les conclusions des études menées par la firme Secor pour le compte du gouvernement en ce qui concerne l’impact fiscal des défusions sur l’île de Montréal.En revanche, la référence à un «démembrement» dans la question référendaire ne peut que hérisser ceux qui voyaient plutôt dans les fusions le saccage brutal d’un cadre de vie parfois séculaire.Le terme correspond peut-être à la réalité juridique de l’opération, mais le maire de Saint-Laurent, Bernard Paquet, médecin de son état, y a plutôt vu une sanglante analogie avec l’amputation d’un bras ou d’une jambe afin de culpabiliser les défusionnistes.Les prochaines semaines s’annoncent assez divertissantes.Lundi, il était presque comique, pour ne pas dire franchement loufoque, d’entendre le maire de Longueuil, Jacques Olivier, cet autocrate mal embouché, qualifier de «dictature» le futur conseil d’agglomération du Grand Longueuil.Encore un peu et il se serait mis à pleurer sur le sort qui attend les anciennes municipalités de la rive sud si elles optent pour la défusion.Remarquez, cela ne l’a pas empêché de tenir le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Marc Lachance, dans la plus complète ignorance de la conférence de presse qu’il avait convoquée pour rendre publique une étude qu’il avait lui-même commandée à Secor.En démocratie teUe que la conçoit M.Olivier, l’utilisation des fonds publics ne concerne en rien l’opposition.Loin d’éclairer le débat, les études ne feront qu’accroître la confusion.Pendant des mois, on a seriné aux contribuables montréalais, comme à ceux de Québec, que les fusions allégeraient leur compte de taxes.On apprend maintenant que d’éventuelles défusions le réduiraient encore davantage.Heureusement que seuls les anciens banlieusards auront le droit de vote le 20 juin, sans quoi ce sont les résidants des villes centres qui auraient été tentés d’appuyer les démembrements! Comme le disait René Lévesque: une chatte n’y retrouverait pas ses petits.?En réalité, les hausses de taxes que les études promettent aux arrondissements qui opteront pour la défusion n’auront probablement qu’un effet dissuasif limité.Le maire L’Allier a raison de penser que l’essentiel est ailleurs.«C’est comme quelqu’un qui, avant de divorcer, veut évaluer la pension alimentaire.La vraie question, c’est: voulops-nous construire l’avenir ensemble?», a-t-il expliqué.A Westmount ou à Baie-dUrfé, la réponse paraît très claire: on ne veut pas.Ce n’est pas une question de fiscalité mais d’identité.D ne manque plus que Paul Martin annonce le déclenchement d’élections en juin pour que l’embrouillamini soit complet Ce télescopage n’aura sans doute pas d’effet significatif sur le résultats des référendums, même si le camp défusionniste risque de perdre quelques organisateurs au profit du PLC, mais ü pourrait introduire dans la campagne fédérale un élément de perturbation susceptible de profiter au Bloc québécois.En novembre 2000, Jean Charest avait invité les opposants aux fusions décrétées par le gouvernement Bouchard à manifester leur mécontentement en votant contre le Bloc, ce qui lui avait coûté plusieurs sièges.Ce ne serait que justice qu’il en récupère quelques-uns si les partisans des nouvelles villes, ou même certains défusionnistes furieux de la tournure des événements, décidaient de faire payer aux libéraux fédéraux les péchés de leurs cousins provinciaux.C’est cependant à plus long terme que l’impact politique du débat sur les défusions sera vraiment mesurable.Bernard Landry se défend bien d’avoir promis des «refusions» si le PQ reprend le pouvoir, U aura beau jeu de présenter le «démembrement» des nouvelles villes comme le prolongement nature de la «déconstruction» de l’Etat entreprise par les libéraux.Il est vrai que les prochaines élections sont encore loin, mais il y a des limites à ce qu’on peut oublier en trois ans.mdavid@ledevoir.com LE DEVOIR, LE JEUDI 22 LE DEVOIR - A 3 ACTUALITES 22 »u 25 avril 2004 vins spiritueux Montreal À peine rentré, Fadi Fadel ne songe qu’à retourner en Irak JACQUES NADEAU LE DEVOIR ¦“l’CN., -, Fadi Fadel est entouré de son père et de sa mère, Romeida et Ihsam Fadel.Sous l’aile protectrice de sa famille, bien mis et détendu, Fadi Fadel était tout sourire hier alors qu’il rencontrait les médias pour leur raconter les détails de son enlèvement.L’amertume, la peur, la colère, rien ne paraissait avoir de prise sur le travailleur humanitaire, qui a passé neuf jours séquestré à Na-jaf.Les pieds bien ancrés à Laval, son esprit, déjà, pensait à son retour prochain en Irak.LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Enlevé le 7 avril dernier, Fadi Fadel a d’abord tenu à préciser que la vidéo diffusée par les stations de télévision arabes où il s’était lui-même présenté comme étant Ahmad Yasin Tikati, d’origine israélienne, était trafiquée.«Ce n'est pas ma voix que l’on entend.Je n’ai rien dit de ce qui a été diffusé», a-t-il dit avec calme, tandis que ses parents opi-naient de la tête.Les ravisseurs du travailleur humanitaire ont en effet maintes fois tenté de le convaincre d’«avouer» qu’il était un agent israélien.Il s’y est longtemps refusé mais a fini par le faire, sous la menace du fusil.«Ils m’ont dit: “Hfaut que tu dises que tu es quelqu’un d’important et que tu es israélien.”[.] fai refusé de le dire, mais quand ils ont pointé leur arme sur moi et enfoncé le cran d’arrêt, j’ai craqué», a expliqué M.Fadel, toujours imperturbable.Pendant sa séquestration, Fadi Fadel a subi deux interrogatoires musclés.Le premier a suivi immédiatement son enlèvement, opéré dans la nuit par un groupe d’hommes inconnus.Ses ravisseurs lui ont alors attaché les mains derrière le dos et l’ont interrogé pendant 48 heures, lui enjoignant de dévoiler son «statut» d’espion israélien.«Ils m’ont donné des coups de pied, frappé avec un tuyau et brûlé la nuque avec des cigarettes», a-t-il raconté.Le second interrogatoire a eu lieu quelques jours plus tard.Nerveux, les geôliers ont alors changé leur tactique.Délaissant les coups, ils ont sorti les armes et tiré tout autour de leur otage.C’est seulement à ce moment que le travailleur de l’International Rescue Committee a flanché.«Je pensais mourir, j’avais peur.» Rétrospectivement pourtant, Fadi Fadel refuse de dire qu’il a été torturé.Maltraité lui semblerait plus juste.«Ils ne voulaient pas me faire du mal, je crois.Ils ne voulaient que me terroriser», a-t-il lancé, visiblement mal à l’aise.Interrogé sur l’identité de ses ravisseurs, le travailleur humanitaire s’est dit presque certain que ceux-ci étaient irakiens.Quant à leur appartenance ou allégeance, Fadi Fadel s’est dit incapable de les identifier.«J’ignore qui ils sont.C'étaient des jeunes hommes, de 20-25 ans, brutaux, bruyants et désorganisés», a-t-Û expliqué.Fills, le 16 avril, il a été libéré sans explications.«Au début, je n’ai pas cru à ma libération, a raconté M.Fadel.As m’ont mis dans une auto et m’ont amené dans un cimetière de Najaf, un immense cimetière.J’ai eu peur.[.] U y a eu des discussions intenses, des balles ont fusé, j’ai cru que c’était la fin.» Il a alors été conduit au bureau d’un chef religieux à Najaf, puis à Amman, en Jordanie.Mardi, il posait enfin les pieds à Montréal, soulagé.Hier, il pensait déjà à retourner en Irak afin de poursuivre le travail qu’il a commencé.«Ce fut une expérience mémorable», a-t-il dit en évoquant son «devoir».«Je crois que nous pouvons bâtir la démocratie», a-t-il dit.Selon lui, les Irakiens sont prêts à l’accueillir, il ne leur manque que les outils.Sa mère insiste toutefois pour qu’un éventuel retour soit accompagné d’une plus grande sécurité.«C’est de l’égoïsme, mais j’ai peur.Sans lui, sans son frère, on ne peut pas vivre», a-t-elle dit avant d’ajouter que la décision lui revenait.«Son bonheur fait le mien.» Invité à commenter l’enlèvement d’un ressortissant canadien d’origine irakienne, Rifaat Mohamed Rifaat, Fadi Fadel a invité sa famille et ses proches à s’armer de patience et à croire.«Je leur conseille d’être patient et de prier.» Porté disparu depuis le 8 avril, le Torontois serait toujours en vie.Commandites: Charles Guité livrera enfin son témoignage BRUCE CHEADLE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le passage de Charles Guité sur la colline parlementaire aujourd’hui pourrait bien déterminer si la machine électorale libérale sera mise en branle ce printemps.M.Guité, fonctionnaire à la retraite qui fut responsable du programme fédéral des commandites, livrera enfin son témoignage devant le comité permanent des Comptes publics des Communes sur le scandale des commandites.M.Guité est perçu comme celui qui faisait la pluie et le beau temps parmi un groupe de 14 ou 16 bureaucrates qui administraient le programme fédéral de 250 millions de dollars lors de la seconde moitié des années 90.La vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, a découvert que des firmes proches du Parti libéral avaient largement tiré profit de ce programme, ayant obtenu 100 millions en guise de commissions et d’honoraires, le plus souvent pour peu ou pas de travail du tout La question: est-ce que M.Guité attribuait de généreux contrats à des amis du gouvernement?Et le cas échéant, de qui provenaient les ordres?«On ne peut nier le fait que beaucoup de choses dépendent du témoignage de M.Guité», a affirmé hier le député conservateur Peter MacKay, membre du comité permanent des Comptes publics.«Si [Charles Guité] devait commencer à donner des noms et à montrer du doigt des dirigeants politiques [.] cela pourrait avoir un impact sur les élections», a-t-il ajouté.Cependant, M.Guité pourrait également rendre un immense service aux libéraux en s’en tenant à sa version des faits livrée à huis clos il y a 18 mois, lorsqu’il a défendu avec vigueur les objectifs visés par le programme, nié que la loi avait été violée et invoqué la confidentialité afin de protéger ses patrons politiques.Le député libéral Dennis Mills a indiqué qu’il restait au comité parlementaire à clarifier suffisamment de choses en ce qui a trait à la question des commandites pour permettre au premier ministre Paul Martin de déclencher des élections, mais que le témoignage de M.Guité pourrait y contribuer.«Je peux vous regarder droit dans les yeux et vous dire que les choses ne sont pas assez claires dans ce dossier pour que nous déclenchions une élection au moment précis où je vous parle», a affirmé hier M.Mills à la suite d’une réunion du caucus libéral.La Fondation du Grand Montréal subventionne sept projets LE DEVOIR La jeune Fondation du Grand Montréal (FGM) a versé ses premières subventions, hier, à l’occasion de son assemblée générale annuelle.Les sept projets qui ont retenu l’attention de la fondation communautaire se partageront ainsi un montant de 62 000 $, a annoncé le président de son conseil d’administration, Pierre Brunet Pour casser la glace, la fondation a choisi d’accorder la priorité à des projets qui favorisent la prévention et les solutions concrètes à long terme, l’intégration et l’épanouissement des jeunes et des familles, le tout ficelé par une approche multidisciplinaire.Hier, l’avenir s’annonçait sans nuages pour l’organisme de bienfaisance sans but lucratif voué au mieux-être de la collectivité du Grand Montréal.La fondation, en effet a vu sa notoriété grandir, notamment grâce à l’introduction de colloques et de rencontres organisés dans divers milieux.•Cette année encore, nous avons atteint tous nos objectifs, s’est félicité M.Brunet Objectif financier, puisque nous gérons au-jourdhui un actif de 34,5 millions de dollars.Objectif social, puisque nous avons pu, pour la première fois, soutenir des organismes de bienfaisance œuvrant dans la communauté.» La présidente et directrice générale de la fondation, Kathleen Weil, a pour sa part souligné la constance des anciens donateurs et le dynamisme des nouveaux.«Tout est en place pour nous permettre de remplir pleinement notre mission», a-t-elle dit Fondée en 1999, la FGM recueille des fonds de dotation pennanents, en assure la saine gestion et en distribue les revenus de façon à soutenir des projets communautaires dans divers secteurs, dont la santé, les services sociaux, les arts et la culture, l’éducation et l’environnement 160 pages —13,25$ Patrice POTVIIM L’ENSEIGNEIYIENT RADICAL ESSAI Pour les enseionants de tous les niveaux et de toutes las soéciailtés Los Éditions GUÉRIN En vente dans toutes les librairies (51418423481 Chambra da commarca du Montréal métropolitain Board of Trado of Metropolitan Montreal Midis-chauds » > Jeudi 6 mai 2004 12 h à 14 h Hilton Montréal Bonaventure 1, Place Bonaventure Luc Vilandré Président et chef de la direction TELUS solutions d’affaires >La convergence des réseaux et des contenus : adaptation et rentabilité Réservations par télécopieur (514 ) 871-5971 en ligne wwwccmmjjcxa/activltej Renseignements Rina Bevllacqua (514) 871-4000, poste 4001 »Blllet(s) Membres : 50 S Non-membres : 80 S »Table(s) de 10 Membres : 475 S Non-membres : 800 $ Taxa* an tut En association avec Vbth Ai^afiit •OdiMM VâBMtl ci avail I LE DEVOIR.LE JEUDI 22 AVRIL 2004 A 4 ?LES ACTUALITÉS* La Fédération des cégeps contredit le rapport Bédard Abolir les cégeps coûterait 172 millions de plus par an MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Un combat d’études se dessine autour de l’avenir du réseau collégial: l’abolition des cégeps ne permettrait pas à l’État d’économiser un milliard de dollars mais gonflerait la facture annuelle de 172 millions de dollars additionnels.Après le rapport Bédard de la Fédération des commissions scolaires du Québec, qui proposait de transfigurer le réseau collégial en le faisant glisser vers le secondaire et l’université, la Fédération des cégeps a mandaté l’économiste Pierre Fortin pour une réplique de nature financière, qui réfute entièrement les arguments présentés en novembre par les commissions scolaires.Face à ces copclusions diamétralement opposées, le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, a immédiatement affirmé qu’il ne commandera pas son propre examen économique des changements à venir tant qu’il ne connaîtra pas leur ampleur.•Faut-il faire des changements petits, moyens ou gros?On ne le sait pas encore», a-t-il indiqué hier au Devoir lors d’un bref échange téléphonique.Deux fédérations, deux économistes, deux études et deux conclusions.Alors que la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) concluait en novembre dernier que Québec dépense 1,3 milliard de trop en éducation, dont un milliard lié à l’existence des cégeps, la Fédération des cégeps réfute ces conclusions, qu’elle attribue notamment à des erreurs de calcul.•On s’oppose complètement au calcul selon lequel les cégeps feraient dépenser un milliard de trop au Québec», a indiqué hier l’économiste de l’UQAM Pierre Fortin.•Non seulement on dit cela, mais on croit aussi que transformer les structures coûterait 170 millions de plus par année à l’Etat.» Alors que le ministère de l’Éducation a promis un forum sur l’avenir de l’enseignement collégial pour la mi-juin, les études se multiplient sur la pertinence et l'efficacité du réseau des collèges, nés en 1967.Après V•électrochoc» qu'avait causé chez les cégeps le rapport de Denis Bédard, les cégeps présentaient hier leur riposte, menée par M.Fortin, Nathalie Ha-vet (Groupe d’analyse) et Marc Van Audenrode (Université Laval).•Les cégeps remplissent bien la tâche qu’on leur a confiée et ils le font de façon économique», concluent les économistes.Remplacer la structure collégiale par un système scolaire à la canadienne — une sixième année au secondaire et un baccalauréat de quatre ans —, comme le proposait 4 FCSQ, coûterait 172 millions de plus par année à l'État Le transfert de 74 366 élèves vers le secondaire (55 %) ou l’université (45 %) serait ainsi plus coûteux et ne générerait pas d’économies, comme le laissait entendre la FCSQ, qui n’a pas évalué dans son rapport les coûts liés au scénario de restructuration qu’elle privilégie.•Il n’y a pas plus de touristes et de bretteux» au Québec qu’ailleurs, ajoutent les auteurs de l’étude, qui réfutent une deuxième conclusion du rapport Bédard selon laquelle 40 000 étudiants de trop graviteraient autour des collèges, pour une dépense annuelle de 600 millions.L’étude L’apport des cégeps à la société québécoise conclut aussi que malgré des taux de décrochage catastrophiques au secondaire, la situation se •redresse» aux études postsecondaires avec des taux de di-plomation collégiale et universitaire avantageusement élevés par rapport au reste du Canada, ce qui a une incidence sur les taux d’emploi et le niveau salarial des jeunes Québécois.•En gros, ce que disent les commissions scolaires, c’est que les cégeps, c’est un monstrueux gaspillage d’argent et qu’il y a 40 000 étudiants de trop dans ce réseau», a expliqué Pierre Fortin hier.•J’ai essayé de faire en sorte qu’on laisse tomber le rapport de la FCSQ», a-t-il ajouté en fin de présentation.•Insister sur cela serait une véritable perte de temps.» Le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, reconnaît qu'il n’a pas tardé à appeler Pierre Fortin, qui a répliqué au contenu du rapport Bédard dans La Presse du 11 décembre dernier, qualifiant ses conclusions économiques de •farfelues».•Je l’ai appelé le lendemain, je crois», a expliqué M.Boucher, qui estime qu’en «2004, cette question de la réforme du collégial ne devrait pas se poser.Le Québec n’a aucun intérêt à s’engager dans une réforme des structures».Le ministre de l’Éducation ne veut pas présumer de l’issue du forum de juin mais prédit des changements •de petite, moyenne ou grosse» ampleur.•Je n’ai pas l’intention de faire des études économiques avant même de savoir dans quel type de changement nous allons nous embarquer», a expliqué Pierre Reid, concédant que la perspective de bouleversements profonds, qui est sur la table, peut inquiéter le réseau.•Pour moi, les considérations financières, c’est la toile de fond, Pas l’angle d'attaque ou d’analyse, comme l’a choisi la FCSQ.Au Québec, il faut vivre avec les moyens qu’on a», a indiqué le ministre Reid.«Je ne veux pas faire de changements pour faire des changements, mais j’ai toujours promis au réseau qu’on ne va pas les faire à la sauvette ni les faire en cachette», a-t-il dit Le président de la FCSQ, André Caron, a réagi hier à cette riposte du réseau collégial en soulignant le «paradoxe» entre les propos de la Fédération des cégeps, qui présentait la semaine dernière des orientations visant à remodeler le réseau et qui vantait hier les mérites du fonctionnement du même réseau.«La crédibilité du rapport Bédard n 'est pas à démontrer», a affirmé André Caron, précisant que Denis Bédard a récemment travaillé sur un modèle de «réingénierie» de l’État pour le compte du Conseil du trésor.«On me dit que le rapport Bédard a été scruté à la loupe par des fonctionnaires du Conseil du trésor et du MEQ et que son analyse tient la route.» LE DEVOIR CONCOURS VIGNOBLES D'AUTRICHE AUSTRIAN AIRLINES > en collaboration avec SOL^BEC TOURS INC.des VII13 et de M' wv UH W'CAY' y .* * ¦ ' - v .,, .' s .- ci-.Venez hf1 Gagnez un voyage pour deux personnes en Autriche »ez déposer votre coupon au Salon des vins et spiritueux de Montréal entre le 22 et le 25 avril 2004 au Palais des congrès de Montréal.HÔTEL WEIT2ER CHÂTEAU ESTERHAZY HOLIDAY INN I J^ilF BURGENLAND Consultez le site www.solbectours.com Vtmi déposer votre coupon au Salon des vins et spiritueux da Montréal Mitra le 22 et la 25 avril 2004 au Palais des congrès de Montréal.Vous pouvez également retourner votre coupon par la posta à l’adresse suivante : Le Devoir, Concours Vignobles d’Autriche, 2050, ras de Bleury, 9* étage, Montréal (Québec) H3A 3S1 LE DEVOIR U tqi an ta h Miand» 2S ml 20M à ITMO a seon ta «ta a «Man dt MonVM La cocons de partnpatiorBrvovsspaf ta poste ittvenlpfliwv au jiutd U DitaMrt le 21 Ml 2004 à 171)30.Le concours s'atesa atn penonnes âgées t)e 18 ans et plue Un seul coupon ps enveroooe La reproduclfons éectnmlQuee ne eenml pa spceptas La cunnons el règkinenls du ctncpun eod iisponita i K rtapton du Oint.iMeir de 3 200 S.Nom :.Adresse :.App.:.Ville:.Code postal :.Couriel:.Téléphone : (rés.).(bur.).Abonné(e) : Oui ?Non ?Question: quel fleuve traverse Vienne?.g Compressions budgétaires dans les délégations du Québec à l’étranger TOMMY CHOUINARD DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les délégations du Québec à l’étranger devront subir des compressions budgétaires importantes cette année, mais leur existence n’est pas remise en cause.C’est ce qu’a confirmé hier 4 vice-première ministre et ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.Selon le critique péquiste et député de Mercier, Daniel Turp, Monique-Gagnon Tremblay aurait exigé des compressions budgétaires de 25 % à la délégation générale du Québec à Paris, de 30 % aux délégations de Chicago et de Los Angeles, et de 20 % à la délégation générale de New Yoric La vice-première ministre n’a ni confirmé ni infirmé ces données, préférant attendre l’étude des crédits de son ministère, le 27 avril, pour révéler le montant exact des restrictions budgétaires.Elle a cependant assuré que les compressions ne remettent «pas du tout» en question la mission des délégations.•Il y a une chose dont je peux assurer le député de Mercier, c’est qu’on ne fermera pas des délégations pour les rouvrir trois ans plus tard», a-t-elle répliqué à M.Turp lors de la période des questions à l’Assemblée nationale.En 1996-97, afin d’atteindre le déficit zéro, le gouvernement péquiste avait fermé la moitié des 21 représentations du Québec à l’étranger pour ensuite amorcer leur réouverture.Pour l’année 2004-05, le budget du ministère des Relations internationales a été amputé de 11 %, c’est-à-dire plus de huit millions de dollars.L’enveloppe budgétaire consacrée à la représentation du Québec à l’étranger est passée de 49,4 à 46,2 millions.Monique Gagnon-Tremblay compte sur la modernisation de l’Etat entreprise par son gouvernement pour faire en sorte que les compressions n’aient aucun •impact majeur sur notre mission».«Il y aura de nouvelles façons de faire dans les délégations» qui seront dévoilées d’ici la semaine prochaine, a-t-elle noté à la sortie du salon bleu de l’Assemblée nationale.•Il peut y avoir un redéploiement de ressources des délégations à l’étranger en fonction des marchés.Selon les besoins de mes collègues — en agriculture, en développement économique, en culture, par exemple —, on verra comment on va développer les différentes délégations», a-t-elle ajouté.En septembre dernier, le gouvernement Charest avait annoncé l’abolition des six postes de délégués itinérants du Québec, qui couvraient en outre l’Amè rique centrale, l’Amérique latine et le Maghreb.Le premier ministre Jean Charest, qui visitera la France au début du mois de mai, a assuré, en février dernier, que la fermeture des délégations n’était pas envisagée et que la politique internationale du Québec, remontant à 1991, devait être mise à jour.Le Québec compte actuellement 28 représentations à l’étranger, dont six délégations générales, quatre délégations, neuf bureaux, six antennes et trois agents d’affaires répartis dans le monde.Abolir le no fault coûtera cher, assure un spécialiste KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les partisans de la réintroduction du droit de poursuite des criminels de la route sousévaluent le risque qu’auront à endosser les assureurs et, par ricochet, la hausse probable des primes d’assurance automobile, croit Daniel Gardner, professeur de droit à l’Université Laval et spécialiste de l’assurance automobile.Le professeur Gardner réagissait hier à la nouvelle publiée par Le Devoir sur le fait que le gouvernement du Québec étudie la possibilité de limiter le droit de poursuite à la Cour du Québec ou même à la Cour des petites créances afin de contrer la menace d’une augmentation des primes d’assurance automobile.Le ministre des Transports, Yvon Marcoux, considère cette proposition faite par l’avocate Janick Perreault, qui calcule que le recours à la Cour du Québec ne pourrait entraîner qu’une hausse de 44 C des primes d’assurance.Faux, a lancé Daniel Gardner, qui soutient que sa collègue fait fausse route en croyant que seulement une trentaine de personnes, sur une possibilité de 200 cas par année, intenteraient une poursuite contre des chauffards.Selon les statistiques de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour l’année 1999,14 520 conducteurs ont été condamnés pour une infraction criminelle.De ce nombre, 2496 automobilistes ont été impliqués dans un accident •Et il n’y aurait que 30 personnes à poursuivre ces criminels de la route?Non, le risque des assureurs qu’ils répartiront parmi tous les assurés dépasse beaucoup les montants avancés par M‘ Perreault.Il faut prendre en compte les dépens, les frais d’avocats et les frais d’expertise.En plus, la société devra assumer les coûts supplémentaires pour le système juridique», a souligné M.Gardner.Ce dernier a également affirmé qu’il est à prévoir que des poursuites seront intentées avant même que les chauffards ne soient condamnés.L’expérience de la Saskatchewan le prouve.Depuis janvier 2003, les Saskatchewannais ont le droit de poursuivre au civil les criminels de la route.Soixante-dix poursuites ont été intentées.Aucun dossier n’est réglé; les trois quarts sont suspendus en attendant un jugement Depuis un an, les automobilistes de la Saskatchewan ont également le choix d’opter pour le régime public sans égard à la faute, comme au Québec, ou le système de responsabilité civile; 99,7 % des conducteurs ont choisi le no fault.Quant à l'hypothèse pour le gouvernement du Qué bec de proposer le recours aux Petites Créances, Daniel Gardner s'étonne que les partisans d’une réforme puissent vouloir s’en contenter.«Essayez de faire avaler à des victimes qu’elles pourront se venger en poursuivant pour un maximum de 7000 $ à la Cour des petites créances.Est-ce que ça va apaiser la douleur, d’obtenir une telle somme?Si c’est une bataille juste pour ça, il est possible dans le régime actuel de réaménager l’utilisation des fonds», a affirmé M.Gardner.Janick Perreault n’y croit pas, rappelant que la SAAQ est déficitaire.Le ministre Marcoux doit présenter un document de consultation en juin avant de déposer vraisemblablement à l’automne un projet de loi modifiant le régime du no fault en place depuis 1977.E N L’Université de Montréal s’installe à Laval (Le Devoir) — Après le mont Royal, l’Université de Montréal conquiert Laval en implantant à compter de l'automne 2006 un nouveau campus près du futur métro Montmorency.Le campus de 200 000 pieds carrés dans sa phase irfitiale sera lié non,seulement à l’UdeM mais aussi à l’École des Hautes Études commerciales (HEC) et fera partie de la «Cité du savoir».Cette annonce faite hier réjouit le maire de Laval, BREF Gilles Vaillancourt, qui affirme que «Laval est maintenant une ville universitaire».Comme il l’a affirmé à la radio de Radio-Canada, le recteur de l’Université de Montréal, Robert Lacroix, est confiné à l’impossibilité d’étendre son territoire sur le mont Royal.•Nous n’avons pas le choix.Soyons clairs: si nous avions eu tous ces terrains à l’alentour de l’Université de Montréal pour doubler notre espace, nous l’aurions fait là.» Les cours offerts refléteront «la programmation actuelle», promettent les deux établissements, avec des cours de 1" et 2e cycles.L’ouverture est promise pour la rentrée 2006.CONCOURS Si fêtais libraire L )iàiÈH et LE DEVOIR vous invitent à participer au concours Si j’étais libraire et des libraires à courir la chance de gagner l'un des 10 ensembles des livres finalistes du Prix des d,,QutbfC libraires du Québec 2004 (valeur totale de 2 745 $).Concours Si fêtais libraire 2004 Si vous etiez libraire, quel serait Votre choix, parmi les finalistes du Prix des libraires du Québec 2004, pour chacune des catégories suivantes?FINALISTES - ROMAN QUÉBÉCOIS FINALISTES - ROMAN HORS QUÉBEC O Pascale, Françoise de Luca (Varia) O L'analyste, David Homel (Leméac) O Nouvelles d’autres mères, Suzanne Myre (Marchand de feuilles) O Wasurenagusa, Akl Shtmazaki (Leméac) O La héronnière, Use Tremblay (Leméac) O Les âmes grises, Philippe Claudel (Stock) O Middlesex, Jeffrey Eugenides (de l'Olivier) O Tout ce que j'aimais, S)ri Hustvedt (Actes Sud) O La Malédiction Henderson, David Adams Richard (Pleine Lune) O Clara et la pénombre, José Carlos Somoza (Actes Sud) Déposez ce bon de participation chez un libraire, membre de l'Association des libraires du Québec*, AVANT LE 24 AVRIL 2004, 18h.S.V.P.remplir en lettres moulées.Nom, Prénom________________________________ Adresse____________________________________ Téléphone (jour)_______________________(soir) Tirage de dix gagnants répartis dans l'ensemble du Québec.Les gagnants seront annoncés le 11 mai 2004, à la chapelle historique du Bon-Pasteur, lors du spectacle du Prix des libraires du Québec, où le public est invité (entrée gratuite).Les fac similes ne sont pas acceptés.Les participants doivent avoir 18 ans et plus.* IMPOKIANT : 1*UUez consulter le site Internet wwvtalq.qc.ca ou corrmmquer au (514) 526-3349 afti de vérifier si votre Itorare est membre de l'Association.Hàjiemeuts dsponWes au tueau de l'Association.En collaboration avec : \KlLhiv tiMiHmv W» vaat» LEMEAC pleine LUNE « LE DEVOIR.LE JEUDI 22 AVRIL 20 0 4 A 5 LE DEVOIR LE MONDE 22 » 25 avril 2004 Palais o« congrès a.Montréal Mb Amérique latine Démocratie en eaux troubles, avertit lePNUD GUY TAILLEFER LE DEVOIR Les démocraties latino-américaines souffrent d’une profonde crise de confiance après 25 ans de progrès dans l’établissement de gouvernements dvüs élus, prévient un ambitieux rapport publié hier par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au terme de trois ans de recherche.L’insatisfaction populaire est aujourd’hui telle que plus de la moitié des Latino-Américains, 54,7 % pour être précis, ont affirmé par sondages qu’ils préféreraient un régime autoritaire à un gouvernement démocratique si l’autoritarisme parvenait à «résoudre» leurs problèmes économiques.«Cela est très triste», a déclaré le secrétaire général Kofi Annan à lima, capitale du Pérou, où le rapport était officiellement rendu public.«Mais surtout, c’est Jaux.La solution aux maux de l’Amérique latine ne passe pas par un retour à l’autoritarisme, elle passe par une démocratie plus forte et mieux enracinée.» Le rapport, intitulé La Démocratie en Amérique latine: vers une démocratie citoyenne, est avant tout un cri d’alarme.Le risqüe, indique-t-il, est que les exceptionnels progrès démocratiques accomplis dans une région où la dictature était la règle absolue dans les années 80 ne soient compromis par les ratés graves au titre du développement humain et de la justice sociale et économique.Le refrain est connu.Des inégalités dans la distribution des revenus nulle part ailleurs égalées et l’inefficacité des Etats sur le plan juridique et social sont les causes qui alimentent les insatisfactions populaires et minent gravement la confiance dans la démocratie élective.Avec le résultat que, depuis 2000, quatre présidents élus (Pérou, Équateur, Argentine et Bolivie) ont été chassés du pouvoir sous les pressions populaires.Avec le résultat aussi que les taux de participation aux élections, surtout parmi les jeunes, n’arrêtent pas de chuter.Les importants gains économiques de la région, a noté M.Annan à Lima, n’ont pas, pour la majeure partie, «améliorer la qualité de vie des populations».En 2003, les revenus de 225 millions de Latino-Américains étaient toujours sous le seuil de pauvreté.D’où «l’extraordinaire paradoxe» dans lequel se trouve l’Amérique latine, affirme Mark Malloch Brown, administrateur du PNUD.D’un côté, l’expansion de la démocratie électorale; de l’autre, celle de l'instabilité sociale.Il faut, dit M.Brown, que la démocratie «aille au-delà de la boîte de scrutin».Comment?Le PNUD ne réinvente pas la roue.Ses recettes tiennent au renforcement des institutions démocratiques, à la construction d'«une nouvelle légitimité de l’État» qui l’ouvre à la participation du {Jus grand nombre et à l’encadrement de classes et d’élites politiques qui soient tenues responsables de leurs décisions.Le rapport estime en outre que la région a d’urgence besoin de faire preuve de plus de diversité et de flexibilité dans l’application de ses politiques économiques et de prendre en considération la mondialisation et ses impacts dans le débat sur la démocratie.Le PNUD présente son rapport comme une analyse exhaustive de l’état des lieux destinée à faciliter un «dialogue continental».Le rapport est en partie le résultat de plus de 200 entrevues menées auprès de leaders latino-américains de tous les horizons—y compris une trentaine d’ex-présidents et de présidents en exercice.D s’appuie aussi sur des sondages d’opinion menés auprès de presque 20 000 personnes dans les 18 pays qui ont été étudiés.Quatre présidents élus ont été chassés par la rue Impénitent, r« espion nucléaire» israélien sort de prison JEAN-LUC ALLOUCHE LIBÉRATION Jérusalem — Parlera-t-il?C’est fait Mordechai Vanunu, l’«es-pion nucléaire» israélien, a d’ores et déjà enfreint les restrictions posées à la veille de sa libération.A peine sorti de prison, hier à llh, le matricule 100592, enfermé pendant 18 ans, dont 11 à l’isolement dans la section des «traîtres» de la prison de haute sécurité de Shik-ma (Ashkelon, sud), a tenu une conférence de presse improvisée — et tumultueuse — devant un parterre de médias, de sympathisants et d’adversaires.Revêtu d’une chemise blanche, d’un pantalon et d’une cravate noirs, brandissant des deux mains le V de la victoire, il s’est expliqué devant une forêt de micros.En anglais, et non en hébreu, par re-fqs désormais de tout lien avec l’Etat juif Parlant le plus souvent de lui-même à la troisième personne, il a dénoncé le «traitement cruel et barbare» subi eq détention «parce que chrétien».«A tous ceux qui disent que je suis un traître, je dis que je suis fier et heureux de ce que je fais», a-t-il lancé.«Vous n’avez pas réussi à me briser, à me rendre fou», a-t-il dit ajoutant qu’Israël «n’a pas besoin d’armes nucléaires maintenant que le ProcheOrient est dénucléarisé».Revenant sur ses déclarations, Vanunu a précisé : «Je n’ai pas dit qu’il n’y a pas besoin d’un Etat juif mais que Mordechai Vanunu n’en a pas besoin!» Converti au christianisme, il voudrait étudier l’histoire et émigrer aux États-Unis, non sans avoir affirmé, au passage, que «Cindy», l’espionne qui l’avait circonvenu afin de le conduire à Rome pour y être enlevé par des agents israéliens, en septembre 1989, n’était pas «membre du Mos-sad mais du FBI ou de la CIA».La foule de ses partisans, militants antinucléaires ou opposants au gouvernement israélien, lui a fait une ovation alors qu’il franchissait les grilles de la prison.Face à eux, des opposants, dont beaucoup de membres de l’organisation d’extrême droite Kahana Haï («Kahana est vivant»), l’abreuvaient d’insultes et assaillaient son véhicule.«Il ne sortira pas d’ici vivant», clamaient-ils.Mordechai'Vanunu n’a pas rejoint l’appartement retenu pour lui dans une luxueuse résidence de Jaffa mais est allé directement à l’église Saint-Georges de Jérusalem-Est, où il a reçu la communion anglicane et «remercié Dieu et ses amis».Ses parents adoptifs, Nick et Mary Eoloff, Américains du Minnesota, raccompagnaient, et il y a retrouvé Peter Hounam, le journaliste du Sunday Times auquel il avait révélé les secrets nucléaires de Dimona, où Vanunu était employé comme technicien.Représente-t-il toujours un «danger à la sécurité», comme l’affirment TeS responsables israéliens?L’opinion est mitigée, à en croire un sondage du quotidien Haaretz, paru hier; 47 % des interrogés étaient contre sa libération, 44 % pour.Mais nul doute qu’il continuera de défendre ses opinions, aiguisées par deux décennies de solitude.Treize Palestiniens tués dans la bande de Gaza AGENCE FRANCE-PRESSE Beit Lahya (AFP) — Treize Palestiniens ont été tués en moins de 24 heures lors d’une incursion israélienne à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, où d’intenses combats ont opposé des soldats israéliens à des activistes palestiniens.Neuf Palestiniens, dont un enfant de 12 ans, ont été mortellement atteints par les tirs des soldats israéliens hier alors que quatre autres ont péri la veille lors de l’incursion qui se poursuivait toujours en début de soirée hier.Parmi les morts figurent au moins deux activistes armés du Jihad islamique et des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, qui étaient impliqués dans des accrochages avec les militaires, mais aussi des jeunes qui leur lançaient des pierres, selon des témoins.ARABIE SAOUDITE Attentat contre les forces de sécurité à Riyad SULTAN AL KAMI) REUTERS La façade orientale du bâtiment a été complètement dévastée.AGENCE FRANCE-PRESSE Riyad — Une voiture piégée a explosé hier devant le quartier général des forces de sécurité à Riyad, faisant au moins quatre morts et 148 blessés, selon un bilan officiel.L'explosion a secoué un immeuble de sept étages faisant partie du quartier général des forces de sécurité, situé dans le quartier al-Washm, dans le centre de la capitale.Une importante colonne de fumée noire se dégageait de l’immeuble.La façade orientale du bâtiment, abritant des services du département de la sécurité publique, a été complètement dévastée.Des dizaines de voitures garées autour de l’immeuble et sur une aire de stationnement ont été très endommagées.Bâtiments officiels L'attentat, qui s’est produit non loin d’un complexe résidentiel de la Garde royale et du ministère des Affaires étrangères, est le premier à viser des bâtiments officiels, ceux perpétrés en mai et en novembre 2003 à Riyad ayant pris pour cible des complexes résidentiels habités notamment par des expatriés.Le ministre saoudien de l’Intérieur, Nayef ben Abdel Aziz, qui s’est rendu au chevet de blessés de l’attentat, a attribué l’explosion à «des cellules terroristes» et affirmé sa détermination à les éradiquer.Le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz a lui aussi promis d’éradiquer lé terrorisme du royaume, lors d’un entretien téléphonique avec le dirigeant pales- tinien Yasser Arafat qui l'a appelé pour dénoncer l’attentat.L’attentat d'hier s’est produit alors que le secrétaire d’État adjoint américain Richard Armita-ge se trouvait à Riyad dans le cadre d'une tournée régionale.L’attentat de tuai 2003 avait, eu lieu alors que le secrétaire d’État américain Colin Powell arrivait en visite officielle dans la capitale saoudienne.«Les morts sont jusqu à présent au nombre de quatre, dont deux membres des forces de sécurité ainsi qu ’un fonctionnaire civil et une fillette de 11 ans de nationalité syrienne», a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur.Blessés L’attentat a fait également 148 blessés, dont 38 expatriés.«Cent trois blessés ont déjà quitté les hôpitaux.Il en reste 45, dont trois sont dans un état critique», a ajouté le porte-parole dans un communiqué lu à la télévision d'Etat.Les forces de sécurité ont bouclé tout le quartier alors que des ambulances, sirènes bloquées, se ruaient sur le lieu de l’explosion.Un hélicoptère de la défense civile survolait le secteur.\ji voiture piégée a explosé devant une barrière de protection en contrebas de l’immeuble, brisant les vitres dans un large périmètre.L’attentat a eu lieu une heure avant la sortie des fonctionnaires.«J'ai vu une voiture qui tentait de forcer la barrière.Mais la police l’en a empêchée.Ij> chauffeur a alors fait demi-tour et la voiture a explosé», a raconté un témoin.Bush et Cheney témoigneront ensemble le 29 avril REUTERS Washington — Le président américain George Bush et le vice-président Dick Cheney témoigneront ensemble, le 29 avril, devant la commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, a annoncé hier la Maison-Blanche.Ils rencontreront à la Maison-Blanche, à huis clos, les dix membres de la commission, composée de cinq démocrates et de cinq républicains.Leur témoignage était annoncé mais aucune date n’avait encore été fixée.«Le président se réjouit de rencontrer la commission et de répondre à toutes les questions», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, aux journalistes.Les deux hommes ne témoigneront pas sous serment La commission a déjà entendu plusieurs hauts responsables de l’administration pour déterminer si les attentats suicide du 11 septembre 2001, qui ont fait près de 3000 morts, auraient pu être évités.Bush avait espéré ne parler qu’au président et au vice-président de la commission, et ce, pendant une heure seulement.Mais à la demande insistante de cette dernière, il a finalement accepté de rencontrer ses dix membres et de ne pas limiter d’avance la durée de son intervention.Il est cependant inhabituel qu’une commission entende deux responsables en même temps, ce qui prive les enquêteurs de la possibilité de confronter leurs témoignages.Ainsi, Bush et Cheney pourront se référer l’un à l’autre pendant la séance et accorder leurs déclarations.Mais le président de la commission, Tom Kean, un républicain, a expliqué que celle-ci avait accepté de procéder ainsi parce qu’il est déjà rare qu’un président en exercice témoigne devant une commission d’enquête parlementaire.E N Le Conseil électoral haïtien fonctionnera le 1er mai Port-au-Prince (AFP) — Le premier ministre haïtien Gérard Intortue a annoncé hier que le Conseil électoral provisoire (CEP) commencerait à fonctionner le 1" mai et qu’il donnait jusqu'au 30 avril au parti du président déchu Jean-Bertrand Aiistide, Famille La-valas, pour désigner son représentant au sein de cette institution.Famille Lavalas a jusqu’à présent refusé de désigner un représentant au CEP en dépit d’une réunion de ses représentants lundi avec le premier ministre, au cours de laquelle ce dernier a donné à l’ex-parti au pouvoir d’importantes garanties, critiquées par l’ex-opposition.Les juges de Saddam ont été choisis Bagdad (Reuters) — L’Irak a déjà sélectionné des magistrats pour un futur procès de Saddam Hussein B K E K mais leur identité est tenue secrète pour leur propre sécurité.Salem Çhalabi, un avocat formé aux États-Unis chargé de superviser la préparation du procès de l’ex-prési-dent irakien, a déclaré hier que sept juges instructeurs et cinq procureurs avaient été désignés.Selon Chalabi, le parquet va probablement requérir la peine de mort contre Saddam Hussein et contre d’autres membres de son parti.Mais il estime qu’il est encore trop tôt pour dire quand il sera jugé.L’ONU au Darfour Genève (AFP) — La mission d’enquête de l’ONU sur les exactions commises au Darfour (ouest du Soudan) était attendue hier à Khartoum à la veille d’un vote à l’ONU sur une résolution critiquant le régime soudanais.Khartoum a cédé lundi soir aux pressions internationales qui exigeaient depuis plu- j sieurs semaines que l’ONU puisse, venir enquêter dans cette région en proie à une catastrophe humanitai-i re.L'ONU a demandé que la mission soit autorisée à se rendre dès i aujourd’hui au Darfour afin d’en- j quêter sur les accusations de net- I toyage ethnique commis dans cettè région par des milices arabes sou- ; tenues par le gouvernement mm u* % ACURA MDX 2004 remier de dpsse, à tous les points d#nie.598 Comptant | Paiement Incluant : ¦ moteur V6 SACT de 260 chevaux ¦ 4 roues motrices avec système de gestion variable du couple (VTM-4) ¦ chaîne sonore AM/FM/CD à 8 haut-parleurs ¦ garnitures intérieures en cuir ¦ assistance de la stabilité du véhicule (VSA) ¦ ordinateur de route ¦ et tellement plus.(5) Transport et préparation inclus Aucun dépôt de sécurité • Allocation de 96000 km ACURA www.acura.ca ACURA DE LAVAL 2500, boul Chomedey Laval (450) 682-4050 www.acuralaval.com ACURA PLUS 255, boul.de la Seigneurie Blainville (450) 435-4455 www.acuraplu5.com GALERIES ACURA ACURA GABRIEL LUCIANI ACURA ACURA BROSSARD ACURA DE LAVAL ACURA PLUS 7100, bout Métropolitain E.4648, boul.Saint-Jean 4040, rue Jean-Talon O.9100, boul.Taschereau O.2500, boul Chomedey 255, boul.de la Seigneurie Anjou Dollard-des-Ormeaux Montréal Brossard Laval Blainville (514) 354-8811 (514) 696-7777 (514) 340-1344 (450) 659-1616 (450) 682-4050 (450) 435-4455 www.galeriesacura.comwww.gabriel.ca/acurawww.lucianiacura.comwww.acurabrossard.comwww.acuralaval.comwww.acuraplus.com •Offres de location-bail d'une durée limitée, par l’entremise de Honda Canada Finance inc.SAC seulement.Tarifs mensuels de location-bail d’une durée de 48 mois établis pour l'Acura MDX (modèle YD1864JN) 2004 neuf.Un acompte de 6848$ vous donne un versement mensuel de 598$'et un total des paiements de 35552$.Un acompte de 3488$ vous donne un versement mensuel de 678$ et un total des paiements de 36032$.L’option 0 $ comptant vous donne un versement mensuel de 758 $ et un total des paiements de 36 384$.Un premier versement est requis et un acompte pourrait être exigé Allocation de 24000 km par année (frais de 0,15 $ par kilomètre supplémentaire).Transport et préparation inclus, frais d’inscription au registre des droits personnels et réels mobiliers, taxes, immatriculation, assurance et frais d’administration en sus À la fin du bail vous pouvez retourner le véhicule au concessionnaire ou l’acheter pour une valeur résiduelle prédéterminée Garantie Acura limitée de 5 ans/100000 km Les deux premiers services d’entretien sont compris Le modèle offert peut différer de la photographie Voyez votre concessionnaire pour plus de détails Du 1* au 30 avril 2004 LE DEVOIR.LE JEUDI 22 AVRIL 2004 A 6 EDITORIAL Les gros sous Pour qui aurait pu douter de l’importance du compte de taxes comme facteur déterminant dans le dossier de l’avenir des villes du Québec, il suffit d’écouter les réactions à la publication des études Secor sur le coût du «démembrement».Quant à savoir qui gagnera cette guerre, la réponse est simple: personne! Malgré un degré d’approximation élevé dont il faut tenir compte à l’analyse, les études effectuées par Secor montrent que les villes qui choisiront la séparation devront assumer des coûts supérieurs à ceux du passé, voire à ceux auxquels elles font face à l’heure actuelle.La raison tient d’abord au nouveau partage des responsabilités.En plus de payer pour les services locaux, tels l’enlèvement des ordures et l’entretien des rues et des parcs de quartier, les contribuables recevront un second compte de taxes de la part d’un nouveau conseil d’agglomération duquel relèveront, notamment, les services de police, de lutte contre les incendies, d’eau et de transports en commun ainsi que les équipements d’agglomération.Or, contrairement à la situation qui prévalait avant les fusions, ces conseils d’agglomération seront responsables d’un plus grand nombre de services que les anciennes «communautés urbaines».Le logement social et la lutte contre les incendies, par exemple, seront du ressort de l’agglomération et non des petites villes.Auparavant, la banlieue ne contribuait, par le truchement de la CUM, qu’à certains services de nature régionale.Depuis les fusions, la situation a été corrigée, et cela se poursuivra malgré les démembrements.De plus, contrairement à un type de direction politique qui régnait à la CUM, où les villes de banlieue avaient autant de pouvoir que la ville centre, la récente loi sur les défusions prive les villes démembrées d’à peu près tout pouvoir au conseil d’agglomération, auquel la grande ville détiendra la majorité absolue des droits de vote.Ce qui fait dire au maire Gérald Tremblay que les citoyens des anciennes villes auraient tort de suivre les défusionnistes puisque leur victoire équivaudrait à confier les deux tiers de leurs taxes à un conseil d’agglomération qu’ils n’éliront jamais.Mais ce qui choque le plus les déftisionnistes, c’est qu’une fois les villes séparées, leurs contribuables perdront le privilège de voir la hausse de leur compte de taxes plafonner à 5 % par année là où le taux local n’a pas encore atteint celui de la grande ville.Normal, puisque cette clause d’harmonisation progressive avait pour but de limiter l’impact des fusions dans les villes dont le taux de taxation était moins élevé que celui de la ville centre.À partir du jour où les villes de banlieue retrouvent leur autonomie d’antan, elles doivent continuer à contribuer aux services régionaux.Rien ne justifie qu’elles profitent encore d’un plafond d’augmentation annuelle, une mesure de faveur tout à fait inéquitable, instaurée pour faire taire la grogne des fusions.D y a des limites à vouloir le beurre et l’argent du beurre! Cela étant, même si les nouvelles règles empêcheront que les défusions nous ramènent à la situation antérieure, il subsistera toujours une distorsion fiscale en faveur des villes riches.En effet, comme Québec refùse d’introduire un mécanisme de péréquation entre villes riches et pauvres, certaines parmi les premières continueront comme par le passé de profiter de l’augmentation plus rapide de la valeur du patrimoine foncier sur leur territoire.Ceci leur permettra aussi de réduire de façon plus rapide le taux de la taxe locale pour une même qualité de services.Personne ne gagnera la bataille des défusions.Quel que soit le résultat des référendums, il n’en ressortira que division et amertume entre protagonistes.N’eût été ce processus absurde et inutile, enclenché par le gouvernement au lendemain des élections, tout le monde se serait fait à la réalité des nouvelles villes, dont les élus pourraient aujourd’hui consacrer l’essentiel de leurs énergies à bâtir plutôt qu’à faire la guerre./ Viva la muerte ! iï”””! es décombres des attentats commis hier matin à Bassora Dpar des kamikazes islamistes, on a dégagé les cadavres de 18 écoliers.Soulignons: 18 écoliers, carbonisés dans deux minibus.Quelques heures auparavant mais à Manchester, la police a arrêté une douzaine de salafistes.Ds il -, .avaient un dénominateur commun: chacun d’eux était en possession d’un billet pour un match de soccer.Ce groupe aurait envisagé de se faire sauter au milieu de la foule.Quoi qu’il en soit du but véritable de ce groupe, un fait demeure: de New York à Madrid en passant par Casablanca et Bassora s’est dénoué le fil de la destruction pure.Celui qui doit déboucher sur la table rase que chérissent aujourd’hui des barbares qui n'aiguisent qu’une chose: le goût de la mort L’événement d’hier — le fait, plus précisément, que des islamistes irakiens aient massacré des écoliers irakiens comme avant-hier en Algérie des fous d’Allah algériens avaient égorgé 18 adolescentes algériennes dans leur pensionnat algérien — éclaire d’une lumière crue le désir profond de ces derniers de tuer le présent la modernité, ainsi que le passé.De ce désir découle une chose: avec eux, il n’y a rien à négocier.Contrairement à TIRA à l’ETA et autres mouvements indépendantistes, aucune entente n’est possible dans ce cas-ci.Dans le cas des premiers, on sait qu’ils veulent un territoire, un pays.Avec les autres, il n’y a rien de tel, et il ne peut en être autrement En effet ils sont les militants acharnés de la conception salafiste du royaume de Dieu.Pour reprendre les mots d’Oliver Roy, directeur de recherches au CNRS à Paris, ils veulent «imposer la seule charia comme norme de tous les comportements humains et sociaux; ils se distinguent de l’islamisme dans la mesure oû ils se désintéressent de la conquête du pouvoir d’É-tat [.] et rejettent l’idée même de nation pour ne s’intéresser qu’à la charia».Ils sont absolutistes.Jamais ils n’interrogent le Coran ou cherchent à l’interpréter.Toujours, ils agissent comme des robots.Comme des individus qui ont annihilé en eux tout sens du sens.On ne soulignera jamais assez qu’ils sont les enfants et les petits-enfants dUasan al-Banna, cet instituteur illuminé qui fonda en Egypte la confrérie des Frères musulmans.Ce dernier n’a eu de cesse de rappeler et de marteler que le Coran a ordonné d’aimer la mort plus que la vie.En apôtre du néant, il récusait la démocratie, la raison, le dialogue.Bref, tout ce qui implique la reconnaissance de l’autre.Tous ces fùrieux de la table rase sont en rapport Avec quoi?Le mal.Un mal qu’ils ont escamoté, pour reprendre le verbe d’André Glucksmann.Du coup, ils sont libres de faire le mal à autrui et à.soi-même.Leur insensibilité est si marquée, si tant est que cela puisse se dire, qu’ils ont réduit leur être, leur personne, à une réalité et une seule: la barbarie.Et rien d'autre.Serge Truffaut ?Jean-Robert Sansfaçon -O- ?-O- i LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-préaidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ON VA Y AufR étape m étape .%OOH- éü-îï Filsh Lfc VotC» l-t .LETTRES Avons-nous les moyens de gaspiller nos terres?Il suffit de réfléchir quelques instants pour se rendre compte du rôle essentiel de l’agriculture dans la vie de chacun de nous.[.] D y a quelques décennies, un agriculteur nourrissait 19 personnes: aujourd’hui, il doit en nourrir 129 pour répondre aux besoins.Le monde dépend donc de sa productivité.Alors, comment pouvons-nous continuer à nourrir la population si nos élus veulent détruire nos terres?L’exemple de l’autoroute 30 est flagrant.La route 132 est déjà prête à recevoir cette autoroute (regardons le tronçon Candiac-Sainte-Catherine).D y a 25 ans, il y avait urgence de passer la loi sur la protection du territoire agricole [.,].Moins de 2 % du sol québécois est propice à l’agriculture.Cette loi n’a jamais nui au développement régional.Au contraire, elle favorise un dynamisme économique et social.En tant qu’agriculteurs, nous avons le défi de nourrir efficacement la population, mais il faut nous laisser nos terres, c’est de la pure logique.J.-G.Bourdeau Saint-Constant, le 19 avril 2004 Les «aveux» de Svend Robinson Je souhaite réagir à l’éditorial du 16 avril portant sur Svend Robinson et voudrais atti- rer votre attention sur l’utilisation que vous faites du mot «avouer».Celui-ci me paraît tout à fait approprié lorsqu’on parle d’un vol d’un bijou puisqu’on est ici dans le registre moral, de la «confession» d’un acte que son auteur considère lui-même comme répréhensible.Par contre, l’emploi, quelques lignes plus loin, du même mot à propos de l’homosexualité laisse entendre qu’on est ici aussi dans le registre de la faute, du mal, de la contrition.Or la «sortie du garde-robe» de Svend Robinson était de l’ordre de l’information et non de la confession d’un délit honteux.Je ne vous fais aucun procès d’intention, mais les mots ont des connotations souvent puissantes, et utiliser «avouer» ou «aveu» lorsque des gais évoquent publiquement leur homosexualité (l'expression «rendre public», neutre, me semblant la plus appropriée) contribue à véhiculer les représentations voulant que l’homosexualité soit quelque chose de moralement grave.Si, dans le cas du vol du bijou, Svend Robinson s’est montré conscient du caractère inacceptable de son geste, il a, en rendant sa propre homosexualité publique, fait une geste afin que l’homosexualité en général soit, au contraire, mieux acceptée.Manuel Meune Montréal, le 18 avril 2004 M.Martin, c’est bien triste Lettre à Paul Martin, premier ministre désigné Comme il vous presse de monter sur le po- dium avec votre ami Bush et ses comparses Sharon et Blair! Vous semblez oublier que la communauté internationale ainsi que la presse internationale réprouyent, presque à l’una-nimjté, la politique des Etats voyous: Israël et les Etats-Unis.Ces derniers financent l’occupation illégale de la Palestine et leurs assassinats en série.Pour bien préparer votre rencontre avec cet homme «merveilleux», vous acceptez de bien tristes conditions.¦ Accorder des contrats de formation de pilotes aux Américains alors que l’expertise canadienne est mondialement reconnue.¦ Accepter, sans même en connaître les conséquences, de participer au bouclier antimissiles.Ça me donne de l’urticaire.[.] ¦ Accepter que nos voisins continuent à être les plus grands pollueurs de la planète et ne se soucient guère d’appuyer les efforts internationaux pour y remédier.¦ En somme, approuver tacitement que leur guerre en Irak est légitime.¦ Ignorer que nos voisins ne reconnaissent pas le Tribunal international qui pourrait juger les criminels de guerre tels Sharon et d’autres bien connus.La liste est tellement longue que ça risque de devenir ennuyeux.[.] Avant de vous lancer tête baissée dans ce merveilleux roman d’amour, n’y aurait-il pas lieu d’en discuter avec les Canadiens?Vous vous rendriez peut-être compte que votre histoire d’amour ne correspond pas vraiment aux valeurs profondes du peuple que vous désirez gouverner.Gilles Vermette Sainte-Adèle, le 15 avril 2004 LIBRE OPINION -?- Universités : des engagements à respecter MORTY YALOVSKY Vice-principal à l’administration et aux finances de l’université McGill La Commission parlementaire sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités a complété ses audiences le 8 avril.On ne peut que saluer la décision du gouvernement du Québec d’avoir accepté de débattre de cet enjeu d’une importance capitale.Ce geste et les déclarations faites dans le discours du budget confirment la sensibilité du gouvernement pour la chose universitaire, de même que son engagement à examiner la situation financière des universités et les possibilités d’augmenter leurs revenus.Ce sont pour le moment les principaux signes démontrant que le gouvernement comprend la nécessité de doter le Québec d’une nouvelle stratégie à long terme en cette matière.Mais les intentions, toutes vertueuses soient-elles, ne sauraient suffire.Nous voulons croire que le réseau universitaire n’est pas condamné à devenir de plus en plus fragile et de moins en moins compétitif.Nous espérons que le gouvernement aura le courage, la vision et la nécessaire volonté politique de secouer le statu quo, lequel place tout le Québec dans un cercle vicieux.Le temps passe, il y a urgence, et les générations futures payeront, faute de décision, le prix de l’attentisme et de l’improvisation.Notre système universitaire devient de plus en plus vulnérable en raison de son sous-financement chronique.C’est son dynamisme et sa capacité de remplir sa mission qui, à long terme, sont menacés, ce qui pourrait avoir des conséquences sociales et économiques importantes.Quarante ans après la création des cégeps et l’élargissement du réseau universitaire, le monde a changé, les Québécois ont changé et l’heure des bilans a sonné depuis longtemps.Nouveau modèle de financement Le financement public est essentiel, mais il ne peut suffire.Au premier chef, nous demandons la mise au point d’un nouveau modèle de financemenL un modèle qui fasse davantage place aux partenariats, qui reconnaisse le potentiel de la philanthropie et qui, surtout, vienne remédier à l’échec stratégique monumental que représente le gel des droits de scolarité à un niveau anormalement bas.Le nouveau modèle devra être prévisible et transparent pour permettre aux universités de se donner des stratégies d’investissement à long terme.Il existe de nombreuses possibilités de partenariats mutuellement avantageux, soit entre universités, soit avec le secteur privé, soit par le truchement des programmes fédéraux, qui sont susceptibles de faire partie de la solution.Il en est de même des contributions philanthropiques, dans la mesure où un cadre adéquat est mis en place.D importe cependanL pour que les universités en tirent tout le potentiel, que ces mécanismes ne deviennent d’aucune façon des substituts au financement public.L’Etat doit plutôt viser à maximiser l'impact de ces outils au moyen, par exemple, d’incitatifs fiscaux qui encourageront la philanthropie et s'engager à maintenir son financement selon des paramètres raisonnables et prévisibles.Le débat le plus délicat demeure celui des droits de scolarité.PourtanL il ne devrait pas l’être: avec les droits de scolarité les plus bas au Canada, le Québec a également le taux d'accessibilité le plus bas: la Nouvelle-Ecosse, avec les droits de scolarité les plus élevés.a le faux d'accessibilité le plus élevé.La stratégie actuelle est un échec: nos étudiants ont plus de mal que les autres à avoir accès à des universités qui sont plus mal financées que les autres.Les étudiants aisés profitent davantage du système que les moins favorisés.Le cercle vicieux est évident.Et ses répercussions sont dramatiques.Nous croyons fermement qu’aucun étudiant ayant les qualifications requises devrait être privé de la possibilité d’étudier à l’université en raison d’un manque de moyens financiers.La solution réside dans de nouveaux programmes d’aide, qui nous placeronL le cas échéant, parmi les chefs de file dans le monde.Transition ordonnée La solution réside aussi dans une transition ordonnée, les changements aux droits de scolarité devant être échelonnés de manière raisonnable et une attention spéciale .devant être accordée aux étudiants inscrits ; sous l’ancienne politique.Car, oui, nous pensons qu’il faut dire de la politique actuelle .que ce sera bientôt l'ancienne.Le Québec, croyons-nous, doit indexer im- • médiatement les droits de scolarité et four- , air à ses universités un financement équivalant au moins à la moyenne canadienne: l’écart est actuellement de 375 millions de dollars par année et le retard cumulatif à rattraper se chiffre en milliards.Ensuite, il nous faut viser à devenir le chef de file au Canada en ces matières.Les universités sont la clé de voûte de notre avenir collectif: si nous voulons garder notre place dans la nouvelle économie, briller culturellement et répondre aux aspirations légitimes des générations montantes, nous avons besoin d’un système de financement adéquaL Le gouvernement du Québec a maintes fois répété que l’éducation est pour lui une priorité et qu’il voulait que le Québec se classe dans les premiers rangs dans ce domaine.Le moment est venu de traduire ces engagements en actions, et nous attendons avec impatience les recommandations de la commission. LE DEVOIR.LE JEUDI 22 AVRIL 2004 A IDEES Le nouvel hôpital universitaire francophone Un changement de cap difficilement explicable Le site de la rue Saint-Denis, présenté depuis quatre ans comme idéal, est devenu un ramassis d’inconvénients JEAN FRANÇOIS LALONDE Directeur général de la CDEC Rosemont-Petite-Patrie a Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Rosemont-Peti-te-Patrie désire réagir en regard de plusieurs des éléments qui conduisent la Commission d’analyse des projets d’implantation CHUM-CUSM (Centre hospitalier universitaire de Montréal et Centre universitaire de santé McGill) à recommander le site de l’actuel hôpital Saint-Luc au détriment du 6000, rue Saint-Denis pour y construire le futur hôpital universitaire.Plusieurs des éléments invoqués par les présidents de la commission, Brian Mulroney et Daniel Johnson, font en sorte qu’un site présenté depuis quatre ans comme idéal — favorisant le mieux une incidence majeure sur la modernité, la flexibilité et les possibilités de développement à long terme — devient un ramassis d’inconvénients et d’incongruités.Que s’est-il passé?¦ Le site du 6000, rue Saint-Denis présentait des avantages quant à sa situation au cœur de Me et son accès par les transports en commun.On le dit aujourd’hui déficient à ce titre, *n’étant accessible que par une seule station de métro».Qu’en est-U à ce char pitre du site du CUSM?¦ On qualifie de «faibles» ses possibilités d’expansion tout en qualifiant celle du 1000, rue Saint-Denis de «raisonnables».Le 6000, rue Saint-Denis présentait pourtant, jusqu’à la publication du rapport, le 16 avril dernier, des possibilités d’expansion très valables, tant en hauteur que vers l’ouest, et une ampleur permettant de créer un site de type campus, accueillant une construction de grande qualité en matière d’unités d’hospitalisation ainsi que de lieux de formation et de recherche permettant l’optimisation des relations de proximité intra- et interservices.Le site offrait de nombreux avantages sur le plan de l’aménagement accès à la lumière naturelle, environnement visuel de qualité par l’aménagement d’un espace vert, organisation aérée et fonctionnelle, environnement sonore favorable en raison du retrait du centre-ville et des autoroutes.¦ La présence de plusieurs hôpitaux à proximité (Institut de cardiologie de Montréal, CHU Mère-Enfant Sainte-Justine, hôpital Maisonneuve-Rosemont, hôpital Santa Cabrini, hôpital Jean-Talon) et la proximité de l’Université de Montréal, rapidement accessible par le viaduc Van Home ou par le métro, étaient considérées comme des atouts.On juge aujourd’hui que construire dans Rosemont-Petite-Patrie pourrait avoir un impact défavorable sur l’hôpital Jean-Talon, le CHUM pouvant attirer la population environnante et menacer ainsi sa survie.Rappelons que le CHUM n’a pas la mission d’un JACQUES GRENIER LE DEVOIR Avec la venue du CHUM, le quartier La Petite-Patrie veut contribuer au positionnement de la métropole sur le plan de la science et du savoir.ARCHIVES LE DEVOIR La maquette du site de la rue Saint-Denis.hôpital général.En ce sens, l’hôpital Jean-Talon et l’hôpital Saint-Luc se feront référer une clientèle nécessitant des soins généraux.Le CHUM n’apparaît donc pas être une menace.¦ Un autre élément mentionné en défaveur du site de La Petite-Patrie est le fait que certains coûts n’ont pas été calculés, par exemple celui de là démolition du viaduc Van Horne.Cet élément, à notre connaissance, n’est pas essentiel à la réussite du projet.En contrepartie, la recommandation de la commission ne tient pas compte des coûts qu’entraînerait la relocalisation d’un hôpital pendant la durée des travaux.¦ Certains risques relatifs à la proximité de la voie ferrée, auparavant évalués comme étant mineurs, deviennent maintenant un inconvénient majeur.Ainsi, le rapport indique que «selon la proposition du CHUM, ce risque doit être relativisé en fonction des conditions [.].Les consultations menées par la commission, notamment auprès du ministère de la Sécurité publique, n’ont fait que démontrer que les avis sont partagés quant au niveau de risque [.], la commission n'a pas été en mesure d’en arriver à une conclusion précise et définitive».Cependant, elle conclut que la voie ferrée «constitue un élément de risque non négligeable qui milite clairement contre le site du 6000, rue Saint-Denis».C’est là un dossier fort complexe.La CDEC ne prétend pas avoir les expertises nécessaires en matière de santé ou de recherche et laisse aux différents intervenants le soin de commenter ces aspects du rapport.Elle estime cependant devoir se prononcer sur les allégations relatives à l’intégration du CHUM dans son milieu et au potentiel de ses retombées en matière de développement socioéconomique.Prêts à accueillir le CHUM La CDEC Rosemont-Petite-Patrie est une organisation indépendante qui regroupe l’ensemble des acteurs socioéconomiques de l’arrondissement Rose-mont-Petite-Patrie.Elle exerce en outre, depuis 1998, le mandat de Centre local de développement Elle a déjà démontré sa capacité à concrétiser des projets de développement d’envergure, étant notamment à l’origine du Technopole Angus.Elle travaille depuis quatre ans, avec ses différents partenaires, à favoriser une intégration harmonieuse du CHUM et à mettre en place des conditions qui permettent de maximiser les retombées de cet investissement majeur.La communauté est prête à accueillir le CHUM et compte sur sa venue pour relancer le quartier Ainsi, non seulement le CHUM est loin d’être vu comme un «voisin indésirable» mais la communauté est prête à l’accueillir et compte sur sa venue pour relancer un quartier tout en respectant sa configuration et la qualité de vie des résidants.Le rapport de la commission parle de voisinage indésirable, alléguant l'achalandage du futur CHUM.Oublierait-on que le site abrite aujourd’hui des centaines d’autobus de la Société de transport de Montréal?Il est vrai que les entreprises liées à la santé ne sont pas présentes en grand nombre à l’heure actuelle dans le quartier.C’est pourquoi celui-ci s’organise et se prépare à accueillir de telles entreprises.Le mémoire soumis par la CDEC à la commission Rosemont-Petite-Patrie, Une communauté prête à accueillir le CHUM, fait largement état de son projet «Sciences de la vie» et présente, chiffres à l’appui, le potentiel en matière de développements autour du CHUM et de retombées économiques apportées par l’accueil d’entreprises de services connexes liées à la santé, de services d’hébergement et de restauration ainsi que d’entreprises de recherche et industrielles œuvrant en sciences de la vie.[.] L'environnement autour du site du 6000, rue Saint-Denis présente un véritable potentiel de développement à long terme.Des terrains et immeubles dans son pourtour sont disponibles pour absorber l'éventuelle croissance suscitée par le CHUM et des activités connexes.Il est difficile de comprendre comment la commission peut en tracer aujourd’hui un portrait aussi noir et aussi unilatéral.Certes, il y a du pain sur la planche pour que le site du 6000, rue Saint-Denis, tout comme le site choisi pour le CUSM, permette à ces équipements importants de livrer leur plein potentiel de développement.Dans cette optique, la CDEC s’engage à poursuivre son travail avec les autorités gouvernementales et municipales, le CHUM et l’industrie de la santé pour trouver des réponses à la question du site et améliorer davantage les conditions d’accueil du CHUM.La communauté dispose de six ans pour le faire.Les résidants et les acteurs socioéconomiques non seulement comptent sur le CHUM pour relancer leur quartier mais veulent aussi contribuer au positionnement de la métropole sur le plan de la science et du savoir.Est-ce répondre à une vision moderne de l’avenir de Montréal que de vouloir confiner son développement à son centre-ville actuel?Scandale des commandites La fourberie et le courage La déresponsabilisation que pratiquent certains politiciens émousse la confiance des électeurs LOUIS HALLÉ Enseignant eudi 8 avril: visite de Stéphane Dion au cé- Jgep Lévis-Lauzon.Interrogé sur le scandale des commandites, M.Dion, plutôt que de s’excuser, a tenté de minimiser l’affaire.Il m’a donc inspiré la réflexion Il suivante.J’enseigne la philosophie au cégep Lévis-Lauzon depuis bientôt 30 ans.Pendant toutes ces années, j'ai toujours défendu l’idée que notre monde se porterait mieux si certaines valeurs morales, comme l’honnêteté et le courage, étaient plus répandues.J’ai toujours incité mes étudiants à regarder l’ensemble d’une réalité comme la réalité politique plutôt que de se concentrer sur un seul événement, aussi important soit-il.Ainsi, j’ai toujours dit que le Canada était un pays démocratique et que, malgré quelques coches mal taillées et malgré un système électoral ne favorisant pas le changement, ce pays demeure un exemple de démocratie dans le monde.À propos de nos politiciens, j’ai toujours tenté de combattre la mauvaise réputation qui leur est faite.Pour moi, il était important que mes étudiants n’apprennent pas à mépriser ceux qui les représentent J’ai souvent répété que nos députés et ministres, tant provinciaux que fédéraux, étaient dans l’ensemble des gens honnêtes et responsables.Mais voilà, c’était avant le scandale des commandites.Maintenant, je crois toujours que nos politiciens, en général, sont des gens honnêtes et responsables.Mais je ne crois plus les chefs de parti, les responsables de cabinet les «lieutenants» politiques; je ne leur fais plus confiance.Je ne crois pas qu'ils peuvent être honnêtes, empêtrés qu’ils sont dans leur électoralisme, perdus dans des valeurs que je ne partage pas.En effet je ne partage pas le mensonge et la fourberie comme moyens de défendre une idée, fût-elle la plus belle du monde.Je ne partage pas la déresponsabilisation que je constate chez mes représentants politiques.Je refuse de faire confiance à quelqu’un qui dit «je ne savais pas».J’aurais aimé voir un premier ministre se lever et dire: «C’est ma responsabilité; je devais savoir, je n’avais pas le droit de ne pas savoir.» Au lieu de cela, je regarde défiler la troupe des non-coupables, des ignorants et des aveugles, des menteurs et des couards.Et demain, je devrai, dans ma classe, défendre la réputation des politi- Les politiciens véreux devront vivre avec leur conscience ciens.Parce que je pense qu’un pays a cruellement besoin de dirigeants dignes de confiance, je continuerai donc à prétendre que «la majorité est honnête», mais le cœur n’y est plus.Et quand un de mes brillants étudiants me sortira le scandale des commandites pour m’interpeller, eh bien.je ne sais pas ce que je lui dirai.J’ai souvent dit qu’un des pires crimes que l’on puisse commettre était de trahir la confiance des gens.Encore plus quand ces gens sont loin de ces «élites», quand ce sont ceux qu’on appelle des «petites gens», ceux qui ont remis 200 ou 300 $ d’impôts, 200 ou 300 $ qui représentent «leur» contribution à la société canadienne, «leur juste part» des dépenses publiques.Comment doit-on se sentir devant le déluge de millions de dollars dilapidés, volés, utilisés pour garnir les poches de quelques profiteurs?Floués! J’avais envie de terminer ce texte en disant à ces politiciens véreux qu’ils devront vivre avec leur conscience.Mais ils n’en ont pas.Ce n’est pas de coupables que les gens ont besoin mais plutôt d’élus qui auraient un peu de courage et encore quelques valeurs morales à partager.Norman Spec tor ?La politique de l’autruche Tout comme le ministre de la Justice.Irwin • ; Côtier, j’ai appris l’hébreu à l’école Talmud • Torah de Montréal.Uns tard, j’ai aussi étu- ' dié l'arabe et ainsi connu les deux côtés du conflit qui déchire le Proche-Orient Et je crois que Mc Cotier a erré en qualifiant l’incendie de notre ancienne bibliothèque de «crime haineux».Certes, l’antisémitisme, comme d'autres formes de racisme, existe au Canada.Cependant, connaissant M'Cotler, je ne peux pas crone qu’il était vraiment en accord avec l’approche adoptée par le directeur exécutif du Conseil canadien des relations américano-islamiques, Riad Saloojee, qui a vu dans cette attaque «une chance de rendre universelle la question des crimes haineux».Avant sa nomination comme ministre.M'Cotler avait écrit un texte important sur le «nouvel antisémitisme» qiu dépeint Israël — à la fois dans les médias et dans les rues — comme un mal unique, apparenté à l’Allemagne nazie.À cet égard, M' Cotler a sans doute lu en entier le communiqué retrouvé à l'emplacement des livres brûlés.Les auteurs y expliquaient ced: «Notre but était de déclencher l'alarme sans causer de décès [.], mais ce n’est qu'un commencement.Si vos crimes continuent au Proche-Orient, nos attaques continueront.» In plupart des médias n’ont pas reproduit ce texte.D'autres ont toutefois souligné que l’attaque se voulait une revanche pour l’attentat d’Israël contre le leader du Hamas, le cheik Ahmed Yassine.Cependant, ce dont a besoin et ce que cherche cette organisation, plus encore que la vengeance, c’est un moyen de dissuasion.Le premier ministre Ariel Sharon a déjà démantelé la majeure partie de l’infrastructure du Hamas en Cisjordanie et est sur le point de faire de même à Gaza, avant que ses troupes ne se retirent.La semaine dernière, le président américain George W.Bush a remis à M.Sharon une lettre reconnaissant le droit d’Israël à «agir contre des organismes terroristes».Le Hamas ne connaît aucune limite à son utilisation de la violence, y compris le fait d’envoyer des femmes et des enfants faire les kamikazes dans les pizzerias.Ses amis occidentaux utilisent le langage des droits de la personne pour essayer de mettre un frein à la campagne militaire de M.Sharon contre le terrorisme.En arabe, cependant, le message est différent et comprend des menaces proférées contre les communautés juives à l’extérieur _ d’Israël.Quelques éditorialistes ont complètement ignoré le communiqué, tout comme l’a fait le premier ministre Paul Martin, qui a déclaré sans embarras que «ce n’était pas une attaque contre les juifs».En revanche, le chef conservateur Stephen Harper a dit que ses «pensées étaient avec la communauté juive».En établissant un lien entre l’incendie criminel de la bibliothèque et un incendie raté dans une mosquée à Toronto, M.Martin n’a pas su faire une distinction importante.Depuis le 11 septembre 2001 et l’envoi de nos troupes en Afghanistan, il n’y a qu’une seule guerre qui ait été déclarée contre les Canadiens — celle d’Oussama ben Laden —, et les mosquées au Canada n’en sont pas la cible.D est possible que ce soit un fou ou un bigot qui ait écrit le communiqué trouvé à Montréal.Cependant, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) indique que des cellules d’espions en dormance — comme celles qui ont choisi les emplacements juifs à Montréal ou envoyé Ahmed Ressam à Los Angeles pour y faire sauter l’aéroport international — sont présentes au Canada.Une sécurité accrue autour des établissements juifs serait beaucoup plus efficace que la campagne éducative antiraciste proposée par M.Cotler.En mai 2003, les cibles des attaques à Casablanca, au Maroc, comprenaient un cimetière et un centre ; social juifs.Ceux qui ont fait exploser les trains de Madrid, au mois de mars dernier, projetaient de viser j des emplacements espagnols semblables dans une deuxième phase.Peu de jours avant l'incendie de la bibliothèque de l'école juive de Saint-Laurent, la police de Londres avait saisi 600 kilogrammes de nitrate d’ammonium, une quantité suffisante pour fabriquer des bombes plus puissantes que celles qui ont tué 202 personnes à Bali.Cinq hommes ont été inculpés en vertu de la loi antiterroriste et la police londonienne a identifié un jeune homme d’Ottawa comme étant un conspirateur.Après l’incendie à l’école de Saint-Laurent, l’imam d'Ottawa, Jamal Solaiman, a expliqué que «les Canadiens devaient comprendre que la paix au Canada ne peut être réalisée qu'en gagnant les cœurs et les esprits des citoyens du monde musulman».Il est bien plus inquiétant que, pour des extrémistes de leur monde, les bébés soient des cibles légitimes parce qu’ils deviennent des soldats quand ils grandissent, de même que les mères sont des cibles légitimes parce qu’elles élisent Ariel Sharon et George W.Bush, tout comme les juifs de la diaspora sont des cibles légitimes parce qu’ils soutiennent l’«entité sioniste» dont la seule existence est considérée par ces extrémistes comme une hérésie religieuse.La guerre contre le terrorisme est en partie une guerre contre toutes ces idées.Elle doit être conduite par des agents de renseignement qui maîtrisent les langues étrangères autant que par des soldats bien équipés.Nous pourrons gagner si nous gardons l’œil ouvert, mais nous sommes certains de perdre si nous persistons à pratiquer la politique de l’autruche.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.?nspectorffiglobeandmail.ca L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes è l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de.la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Jean Dion, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Benoit Manger (responsable du site Internet), Jean-Pierre Legault (pupitre édito, idées, perspectives et sports).Isabelle Paré (santé): Pauline Gravel (sciences) ; Michel (iarneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteuri): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Julie Carpentier.Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels): à l’information économique ; Gérard Bérubé (adjoint an directeur de l’information).Dominique Reny, Éric Desrosie ni.Alec Castonguay.Claude Turcotte; à l’information internationale Claude lévesque, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen l>vesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire d la rédaction) : Louise Maude Rioux Soucy, (ieneviève Otis-Dionne (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur), Manon Derome.Serge l.aplanie (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Marlène Cétè, Slavics Bogdanov, Véronique Géraud, Christiane Legault.Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruelland.Nadia Sebaï (publicitaires).I-aurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production).Nathalie Zemaitis, Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Can tara.Richard Des Cormiers, Donald Filion.Olivier Zuida INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle lenard, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation).MoniqueL’Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine Ixfleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Chanta) Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât) * * * LE DEVOIR, LE JEUDI 22 AVRIL 2 0 0 4 A 8 LE DEVOIR EXCISION SUITE DE LA PAGE 1 «Imaginez-vous une femme en plein travail qui se présente et dont l’orifice vaginal est presque fermé par une infibulation.On ne peut lui faire d’examen vaginal, ni savoir le stade de dilatation du col ou faire un monitoring fœtal.Bien des médecins qui ne sont pas familiers avec cela pensent bien faire et procèdent à une césarienne», soutient le D'Amy, professeur à la Vrije Universiteit Brussel, qui a développé en Belgique un guide technique sur les traitements à apporter aux femmes victimes de MGE De toutes les mutilations génitales, c’est l’infibulation, qui consiste à exciser une partie ou la totalité du clitoris et des petites lèvres ainsi qu’à recoudre les grandes lèvres pour ne préserver qu’un minuscule orifice vaginal, qui cause le plus de séqueües médicales chez ces femmes, affirme ce médecin.Surtout pratiquée au Soudan, en Somalie et en Ethiopie, l’infibulation représente environ 15 % des cas de MGE dans le monde.Le méat urinaire étant entièrement bloqué par l’infibulation, il n’est pas rare que certaines de ces femmes mettent de 15 à 20 minutes à uriner, déplore le D'Amy, et développent de graves infections urinaires et rénales, ainsi que des infections de l’utérus ou des trompes les rendant stériles.En Afrique, plusieurs de ces femmes décèdent en couches avec leur bébé si l’obstruction créée par l’uifibulation empêche l’expulsion normale du bébé.«Si le rideau cicatriciel ne cède pas, le bébé peut rester bloqué pendant des jours, ce qui entraîne la mort fœtale et peut causer des hémorragies mortelles chez la mère», explique ce médecin.Moins radicale, l’excision, qui consiste à inciser le clitoris et parfois une partie des petites lèvres chez les fillettes, peut néanmoins entraîner des problèmes psychologiques et médicaux non négligeables, dont des kystes qu’il faut opérer et d’im portantes tumeurs faites de tissus cicatriciels.«Je vois au moins une dizaine de cas par année, qui vivent toutes sortes de complications médicales.Nous devons mieux informer les médecins sur la façon d’aider et de traiter ces femmes, notamment avant ou pendant un accouchement», explique ce gynécologue, dont le pays a adopté en 2002 une loi très stricte contre ces pratiques tra ditionnelles néfastes.Une réalité en Occident C’est que les séquelles médicales très graves entraînées par les MGE ne sont plus l’apanage des pays africains, où réside la majorité des 120 millions de femmes victimes de MGF dans le monde.On estime qu’au moins 6,5 millions de femmes ayant subi des mutilations génitales vivent désormais en Occident, affirme Aoua Bocar Ly, une sociologue québécoise d’origine africaine, organisatrice de ce forum et présidente-fondatrice du Réseau québécois Femmes africaines, Horizon 2015.«On n’a pas de chiffres sur le nombre de femmes excisées, mais il y a des indices qui laissent croire que cette pratique se fait à faible échelle ici.Et la seule réponse à cela, c’est l’information et la sensibilisation des milieux médicaux et du public en général», dit-elle.A Montréal, dans son cabinet, le Dr Claude Fortin, président de l’Association des obstétriciens-gynécologues du Québec, affirme traiter une fois par mois une patiente victime d’excision ou d’infibulation, venue le consulter pour des problèmes d’ordre sexuel ou médical.Il a ainsi «désinfibulé» une soixantaine de femmes depuis dix ans.Une chirurgie relativement simple qui consiste à réinciser les lèvres, sous anesthésie, pour permettre de nouveau la miction, un écoulement de fluides et un accouchement normaux.«Les médecins ne reçoivent pas de formation là-dessus à l’université.Il faut pouvoir non seulement offrir des traitements à ces femmes-là, mais leur offrir le suivi psychologique approprié», affirme-t-il.Malheureusement, ces chirurgies ne règlent pas tout.Elles n’effacent pas le traumatisme psychologique vécu dans l’enfance par ces fillettes, le plus souvent excisées en secret dans des conditions de fortune et sans anesthésie, à l’aide d’un couteau, d’une lame de rasoir ou d’un tesson de verre non stériles.Plusieurs ne réchappent d’ailleurs pas des infections causées par les fils grossiers, la boue, les cendres ou les œufs de poule utilisés par les exci-seuses pour stopper les hémorragies.D’où l’importance d’aborder ces patientes, dont le statut d’immigrante est encore parfois incertain, avec la plus grande délicatesse, rappelle le Dr Amy.«Il faut les protéger contre leur milieu social, mais aussi contre elles-mêmes, qui ont subi toutes sortes de pressions dans leur pays pour se conformer à cette norme sociale.Il faut d'abord leur expliquer, à elles et à leurs maris, les problèmes médicaux engendrés par cette pratique», soutient ce médecin.Après quelques années passées en Occident, affirme le Dr Amy, de plus en plus de ces femmes africaines immigrantes tentent d’ailleurs de regagner une partie de leur féminité volée et de leur vie sexuelle en s’adressant à des médecins pour être désinfibulées.Certaines peuvent espérer avoir des relations sexuelles à peu près normales.Mais les dommages causés par l’excision, précise le Dr Amy, ne sont quant à eux pas totalement réversibles.«Les gens qui prétendent refaire un clitoris sont des charlatans.Je condamne cela parce qu on abuse de la crédulité de ces femmes», affirme-t-il.Même si les mentalités changent, il reste beaucoup de travail à faire, précise Aoua Bocar Ly.À preuve, en 2001, un cas d’excision pratiqué sur une fillette était même signalé à Toronto, chez nos voisins ontariens.Même si la loi interdit l’excision dans 14 des 28 pays africains où se retrouve cette pratique traditionnelle, encore deux millions de fillettes subissent l’excision chaque année, soit 600 par jour.ACTUALITES DEFUSIONS LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec).H3A3M9 ŒPlacedes-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 U Dnoir p
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.