Le devoir, 24 mai 2008, Cahier F
LE l> E V 0 1 K .LES SA M E DI 21 ET DI M A X 0 II E 2 T* M A I 2 » 0 S ROMAN La ville enchantée de Claude Jasmin Page F 3 L’animal, un être juridique?Page F 7 - Place aux ri'i CAROLINE MONTPETIT Elle est poète.L'une des plus connues de sa génération.Bardée d’honneurs et de prix, Hélène l)o-rion offre, recueil après recueil, une inlassable interrogation sur la condition humaine.Patiente observatrice du monde, elle a le pouvoir particulier de nommer à la fois l’infiniment grand et l’inliniment petit.Récemment, les Éditions de l'Hexagone ont publié une rétr ospective de ses œuvr es.Et son denrier recueil, Ravir: les lieux, a obtenu le Prix du Gouverneur général en 2006.11 est professeur et aussi essayiste.Depuis l'adolescence, la poésie nourrit sa pensée.Depuis, Nor-mand Bafflargeon en a publié des traductions, des anthologies.Récemment, il a rassemblé des poèmes «de révolte et d’espoir», sous,le titre Sève et sang, aux Editions Mémoires d’encrier.Tous deux sont les invités d’honneur du 9 Marché de la poésie de Montréal, qui se tiendra du 29 mai au 1" juin prochain, place Gérald-Godin, au métro Mont-Royal.L'une l’écrit et la lit.L’autre la lit et la traduit.Tous deux sont, à leur façon, profondément épris de poésie.C’est alors qu’elle terminait ses études en philosophie qu'Hélène Dorion a commencé à écrire de la poésie.«Juste à temps», dit-elle.Si la poésie permet d’intégrer ses préoccupations philosophiques, elle est plus proche des sensations, du corps, des émotions, et du mouvement de Tétre humain à travers ses émotions.«Im philosophie, c’est plus cérébral», dit-elle.Comme la philosophie, cependant, la poésie correspond chez elle à un «désir de trouver du sens».«Peut-être n’ai-je qu’un désir / de vivre l’univers entier / À travers toi n’ai-je qu’une histoire / marcher du désastre au commencement», écrivait-elle dans Les Corridors du temps, en 1988.La terre, l'univers, le temps, la vie, la mort sont autant de notions avec lesquelles Hélène Dorion ne cesse de jongler, férue qu’elle est de sauts dans le vide, de vertiges, en exploration du sens de la vie.Naissant au milieu des paradoxes, des tensions, des oppositions, l'écriture a cette volonté d’unir et de réconcilier, dit-elle, de faire en sorte que l’on s'accorde, que l’on trouve l’harmonie, avant d'être déstabilisé de nouveau.Poésie et résistance Pour Hélène Dorion, la poésie est et demeure une façon de résister.Résister aux modes, qui trop souvent nous emportent avec elles.Résister au courant social qui reste beaucoup à la surface, «dans la rapidité, les reflets, les , , .illusions».Pourtant, Hé- « La poésie lène Dorion est tout à fait de son temps et ne propose craint pas d’englober le monde tout entier dans line façon son œuvre, qui se dresse comme une dentelle différente fragile au milieu du tu- multe.Son prochain rede voir et cneil, attendu à l’automne, s’appellera Is Hublot de regarder» des heures-, il s’intéresse notamment aux avancées technologiques.C’est un appel à la lucidité devant cette forme d'instrumentalisation de la vie.«Je considère que la poésie peut tout rejoindre, dit-elle, tout englober.Pour moi, c’est la part du risque, c’est comme se jeter en haut d'une falaise, éprouver le vertige de rejoindre le plus grand que nous, et que le plus grand porte le plus petit.» Pour Normand Baillargeon, la poésie est «quelque chose d'irremplaçable, quelque chose d’extrêmement puissant.C'est un art qui réussit à produire un maximum d’effets avec un minimum de moyens».Et s'il a tenu, avec Sève et sang, à publier un recueil de poèmes engagés, Normand Baillargeon s’abstient bien de faire un lien systématique entre poésie et engagement «C'est un lien que je fais, mais c’est un lien priaient, dit-il.Il est absolument possible pour une poésie de ne pas être engagée du tout et d’être une excellente poésie.Certains poètes, en voulant s’engager, ont produit des horreurs sans nom.Les poèmes d'Éluard à la gloire de Staline, par exemple, c’est absolument imbuvable.» Pour Baillargeon, il y a cependant dans certains cas, un miracle qui se produit celui d’allier la grande poésie à la grandeur d’un VOIR PAGE F 2: POÉSIE ENTREVUE Les dilemmes moraux de Russell Banks JOHN FOI.EY OPALE Russell Banks CAROLINE MONTPETIT On l’imagine ancré dans le Nord-Est américain comme un arbre dans son terreau, au milieu des montagnes et des lacs, lui qui y est né, qui y a ÉTandi et qui y est ensuite revenu s'y établir, il y a une vingtaine d'an- nées.Et cette terre, avec ses étendues sauvages, est au cœur de son dernier roman, La Réserve, qui vient de paraître en traduction française chez Actes Sud.Pour écrire ce roman, l’écrivain américain Russell Banks est allé jusqu’à prendre des coure de pilotage, pour décrire le paysage de l’Etat de New York du haut des airs.11 s’est ainsi glissé dans la peau de Jordan Groves, peintre de son état, militant de gauche mais qui fraye aussi avec la haute bourgeoisie.Ce roman, dit l'auteur en entrevue, pose la question de la «moralité politique» de ces alliances.Pour créer ce personnage, Russell Banks avoue s'être inspiré de Rockwell Kent, peintre de l'Etat de New York, engagé politiquement à gauche durant le siècle dernier.«Je me suis intéressé à Rockwell Kent pour différentes raisons.D’abord, parce qu’il a vécu et travaillé dans le même coin de pays que moi.Il avait même un studio près d’ici.Mais j’étais surtout intéressé par ce personnage parce qu il a été un gauchiste radical toute sa vie.Par contre, si, d’un côté, les gens auxquels il s’identifiait le plus étaient les gens pauvres et opprimés, d’un autre côté, du fait de son succès comme artiste, sa clientèle et son milieu social étaient les gens d’une classe sociale beaucoup plus élevée.Il était pris dans ce dilemme», dit l'écrivain, joint par téléphone dans sa résidence des Adirondacks.Russell Banks le reconnaît en entrevue, c’est aussi sa situation personnelle qu'il expose dans ce livre, en tant qu’artiste reconnu qui a accédé à un certain niveau de vie, bien qu'il provienne d'un milieu ouvrier et qu'il ait toujours épousé la cause des plus pauvres.«Oui, et je ne suis pas seul dans cette situation, dit-il Et fai fait effectivement une certaine analyse de ma propre morale politique.C'est une question intéressante qui n’est pas sou- « J’ai fait effectivement une certaine analyse de ma propre morale politique» vent soulevée aux États-Unis, mais c’est une situaticm qui a persisté à travers notre histoire artistique.» L’argent, reconnaît-il, donne du pouvoir.Celui, par exemple, de se payer une chiruigie, advenant un cancer, comme cela a été le cas récemment pour l’épouse de Russell Banks.«Dans un tel cas, quelqu’un qui n’a pas d’argent peut tout simplement mourir», dit-il.Provenant d’un milieu ouvrier du Massachusetts, puis du New Hampshire, Russell Banks s’est toujours beaucoup intéressé à la lutte des classes.A la fin des années 50, il rêve de rejoindre Cuba pour participer à la révolution, puis il se joint au mouvement pour la défense des droits humains et contre la guerre du Vietnam dans les années 60.«Au mcment de la révolution cubaine, j’avais 18 ans, j’avais une perception romantique de la poli- tique», dit celui qui dit pourtant prendre encore aujourd’hui très souvent parti pour la gauche.Dans son roman, l’artiste Jordan Groves s’envole quant à lui finalement pour l’Espagne, où il veut offrir une résistance au fascisme émergeant, dans les années 30.«Lorsque les gens s’engagent à l’étranger, c’est aussi parfois pour des raisons personnelles, comme cet artiste qui part finalement parce que sa femme l’a trempé avec quelqu’un de sa région», dit-il.Les riches sont des humains aussi Exceptionnellement, l’écrivain s’est intéressé, dans ce dernier roman, à la haute bourgeoisie américaine, celle chez qui on trouve les membres des clubs privés qui fréquentent les magnifiques réserves fauniques du nord-est des Etats-Unis, dont l’accès est interdit aux non-membres et aux gens du peuple.Car Russell Banks estime que l’écart entre les riches et les pauvres s’est encore creusé au çours de la dernière décennie aux Etats-Unis, sur fond de menace de crise économique.La bourgeoisie que dépeint Banks dans son roman en est par ailleurs une qui a réussi à traverser la Grande Dépression de 1929 sans que sa fortune en ait été affectée.«Dans le nord de l’État de New York, il y a beaucoup de ces clubs privés.On voit des domaines de quelque 10 000 acres de magnifiques territoires sauvages privés.Cela me scandalise, d’une certaine façon, mais cela n’a pas que des mauvais effets, parce que cela permet de préserver le territoire vierge», dit-il.D dit avoir voulu peindre des gens d’une classe sociale plus élevée pour élargir ses horizons, et «parce que ce sont aussi des êtres humains».«Cela me rappelle cette amversa-tion célèbre entre Ernest Hemingway et F.Scott Fitzgerald.Fitzgerald dit à Hemingway: “Les riches ne sont pas comme nous”, et Hemingway répond: “Ils ont de l’argent.’’Je crois VOIR PAGE F 2: BANKS I V 41 1 L I» ^ ^ (> I H , LES SAMEDI i i ET D I M A \ ( HE 2 5 M A i 2 O 0 * K 2 LIVRES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Cœur léger, style lourd CHRISTIAN DES M H I LES J y ai cinquante-sept ans.Le foie qui tire, les poumons qui crachent pis des crampes qui me gossent quand je me lève le matin.Me sens souvent comme si un train m’était passé dessus.» Celui qui témoigne ici de la difficulté de sa vie s’appelle Elvis Prégent.Il n'est pas beau, il n'a pas été très longtemps a l’école, il fait du temps a ciel ouvert.Né à hi Malbaie, dans Charlevoix, a la fin de la Seconde Guerre mondiale, Elvis roule sa bosse depuis l’âge de dix-huit ans.Sans bure de philosophie, avec le recul minimal qui s’impose lorsqu’on raconte sa vie à quelqu’un, il fait le tour de la question avec les mots qui lui viennent Abonné aux petits métiers, l’homme n’a jamais trop demandé à la vie.Virer une brosse, fumer un joint, coucher à l’occasion avec une fille pas trop vilaine.Et la vie, conséquente, ne lui a pas fait de cadeau non plus.Marin, aide-cuisinier, concierge, roadie pour un groupe rock satanique: il nous déroule son curriculum vitæ à la vitesse grand V sans trop d’états d’âme: «Faut pas virer fou avec la vie, non plus.C’est comme n’importe quoi, ça passe.» Une existence solitaire, sans liens avec ses parents ou ses nombreux frères et sœurs — sinon avec la plus jeune de ses sieurs.Une vie traversée de peu d’amitiés et d’amours encore plus rares: «Moi, l'amour libre, j’ai pas connu ça ben fort.Peut-être que je suis trop laid, même avec des fleurs dans les cheveux.» LAVE IJI-LVB «LMHHK neoiM Dans une langue orale, à la tonalité brute et agressive, truffée d’anglais et de jouai —une langue, il faut le reconnaître, qui n’a rien de particulièrement inventif —, Alain Ulysse Tremblay, auteur jeunesse dont Im Vie d’Elvis est le quatrième titre pour adultes, nous consigne cette fois les rapides aventures d’un laissé-pour-compte parfaitement ordinaire.L’ordinaire de la défaite intime, en somme, sans la moindre lueur poétique au fond de l’œil du sordide.C'est bref, c’est mince, mais il semble que ce soit voulu.C’est le genre de la maison.Collaborateur du Devoir LA VIE D’ELVIS Alain Ulysse Tremblay Coups de tète Montréal, 2008,104 pages EN BREF Pour aider / Ecosociété La petjle maison d’édition militante Ecosociété est aux prises avec une poursuite de six millions de dollars.L’entreprise aurifère Barrick Gold la poursuit pour avoir publié Noir Canada d’Alain Deneault.Pour assurer sa survie, la maison espère recevoir des dons.Pille a aussi lancé une pétition en ligne à http://slapp.ecosociete.org.Gaëtan Brulotte de biais Cette formule — la vie de biais — pourrait servir de devise aux nouvellistes du monde entier.Reconnu comme un maître du genre, Gaëtan Brulotte en a fait, en 2002, le titre d'un recueil, réédité cette saison dans la collection «Bibliothèque québécoise».A la fois fidèles à l'esprit du genre et surprenantes par leurs audaces formelles, les douze nouvelles de La Vie de biais brillent par leur intensité narrative et la fine bizarrerie de leur atmosphère.L’écrivain originaire de Lévis ALAIN DENEAULT .r O".‘ A(*‘>’ '¦ ¦ Vttu.'.'.» NOIR CANADA Pitoa*.c cxn iptioo et emwruwttf on AfriQuci ÇjétmW sait jusqu’où aller dans l’invention pour déstabiliser le lecteur sans le perdre.Bijou d'ironie mordante.Le Complexe de Puti-phar, dernière et plus longue nouvelle du recueil, évoque avec brio les aléas des échanges professionnels entre pays au développement inégal.Comme les autres textes de cet ouvrage, elle montre que Brulotte ne se contente pas de raconter des histoires; il en écrit, au sens fort du terme.- Le Devoir Lecteurs paresseux, s’abstenir SUZANNE GIGUÈRE Le «dilemme du prisonnier» — exercice créé en 1950 par les mathématiciens américains Melvin Dresher et Merrill Flood — consiste a mettre en présence deux prisonniers qui ne peuvent communiquer l'un avec l’autre.Interrogés par la police au sujet d’un crime qu’ils ont commis, ils doivent décider de la meilleure stratégie a adopter quant à leur peine.«Le prisonnier doit faire face à un dilemme entre sa rationalité individuelle qui lui dicte d’avouer et de dénoncer son complice et sa rationalité collective qui lui dicte de se taire.» S’inspirant de ce concept, François Lepage met en scène quatre personnages qui, au cours de leur parcours personnel et professionnel, sont confrontés à ce fameux «dilemme du prisonnier».Dans un monde désormais aussi complexe, la raison doit-elle l’emporter sur la morale?L’individualisme, sur la solidarité?Chaque protagoniste devra tenter de résoudre ce conflit L’histoire, se déroule entre la France, les Etats-Unis et l’Afghanistan.Laetitia se laisse séduire par l’activisme écologique et l’aide humanitaire, Pierre Maurice, directeur d’une ONG française, par la criminalité, Ahmed Morghad, réfugié afghan, par un islam radical.Martin Benoît, professeur de littérature comparée dans un collège américain, choisit pour sa part une voie plus complexe.Après avoir découvert la puissance de la théorie des jeux — plusieurs comportements humains sont explicables par les mathématiques —, dont le «dilemme du prisonnier» est la base, il croit pouvoir répondre à cette question cruciale: quels comportements individuels font des sociétés harmonieuses et stables?Sa réputation intellectuelle l’amène à parcourir le monde.Invité à prononcer une conférence à Ispahan, il rentre aux Etats-Unis le 11 septembre 2001.Longuement interrogé par les services secrets américains qui le soupçonnent d’être une menace pour la sécurité, il décide de fuir au Canada, où il est arrêté au poste de Lacolle par és.SOURCE BORÉAL François Lepage une douanière qui porte des pantoufles Snoopy.Des idées en contrebande Jouant avec des peurs très contemporaines — fanatisme religieux et terrorisme, paranoïa sécuritaire {«On ne badine pas avec la sécurité des Etats-Unis d’Amérique» —, l’auteur part dans des délires sarcastiques et provocateurs.Préparez-vous à être bousculés, étonnés, dérangés.Toujours sur la corde raide, entre deux extrêmes, le romancier passe en contrebande des idées qui tordent le cou à tout ce qui peut ressembler à de la rectitude politique.Avec une ironie décuplée.Qui tape fort «Is the Koran the best Civil Code?» Le Coran vaut-il mieux que les codes civils des pays démocratiques?Ou encore: «Au nom de la liberté individuelle, le peuple américain s'est développé comme une myriade de microsociétés en compéti- tion les unes avec les autres.Les Noirs et les Blancs se haïssent, les juifs ne pensent qu’à eux, vous pensez qu’ils vont se fondre dans le mel-ting-pot?[.] les grandes entreprises complotent contre le reste du pays, les discours de façade sur l'égalité et la discrimination».Même le Canada est égratigné au passage: la douanière aux pantoufles Snoopy bénéficie d’un «accommodement raisonnable» qui l’autorise à travailler en pantoufles en raison de son obésité.Observateur attentif cinglant et drôle, François Lepage ne rate rien de son époque.Jusqu’aux outrances sexuelles dont il n’est pas avare.Il ne faut pas voir là une insurrection, plutôt un jeu romanesque.Pour le professeur de logique et de philosophie, auteur d’ouvrages scientifiques, il semble que la fiction soit l’espace de liberté idéal où le romancier peut s’affranchir du politiquement correct Dans cette fable philosophique grinçante sur les comportements humains à une époque qui ne l’est pas moins, l’auteur jumelle avec habileté la réflexion à l’émotion.En prenant toutefois quelques risques.Le Dilemme du prisonnier n’est pas sans défaut.Les longs passages théoriques occupent une place peut-être trop importante au détriment du plaisir qu’on peut tirer de l’esprit dont fait montre le romancier.Lecteurs paresseux, s’abstenir.Quant aux autres, ils seront fatalement emportés par l’élégance de la démonstration mathématique.Collaboratrice du Devoir LE DILEMME DU PRISONNIER François Lepage Boréal Montréal, 2008,160 pages POÉSIE SUITE DE LA PAGE F 1 engagement.Les poèmes de Sève et sang proviennent autant de l’époque de la Renaissance que de poètes contemporains.Souvent découverts à l'adolescence, ils ont accompagné Normand Baillargeon tout au long de sa vie.«Personnellement, je suis militant.Je me bats et la poésie a toujours été une compagne.Quand je cherche des mots pour dire pourquoi le monde ne me satisfait pas.la poésie m'aide à le faire», dit-il.Normand Baillargeon a fait ses premières expériences de lecture poétique durant l’adolescence, accompagné d’un ami tout aussi passionné de poésie que lui, avec qui il partageait ses découvertes.Depuis, il s’est penché sur des poèmes de tous les genres.Il s’apprête à publier une traduction des aphorismes de l’écrivain mystique indien Rabindranath Tagore et se passionne pour Omar Khayam, poète perse et mathématicien du XI' siècle.«Quand je le lis, dit Baillargeon au sujet de Khayam, je rencontre quelqu’un qui est tout près de moi, avec qui fai des affinités.» Méconnue, voire mal-aimée, la poésie n’a pas toujours l’attention quelle mérite auprès du public.Pour Hélène Dorion, elle est nécessaire parce qu’elle investit le rêve et l’imaginaire dans un monde matérialiste, où l’on confond rêve et réalité virtuelle.Il faut donc la faire connaître, dire aux gens quelle existe.«La poésie est par nature en marge de tout cela, et propose une façon différente de voir et de regarder», dit-elle.Normand Baillargeon rappelle par ailleurs qu’il y eut une époque pas si lointaine où les journaux publiaient des poèmes et où les écoliers apprenaient par cœur des poèmes à l’école.Il y va de trois conseils pour amadouer la poésie et en faire son alliée: d’abord, en lire à voix haute; ensuite, tenter d’en apprendre par cœur; et enfin, respecter ses intuitions et ses goûts dans les poètes choisis.Le Devoir ¦ Pour plus d’information sur le marché de la poésie et sa programmation: wummaisondelapoesie.qc.ca.BANKS Vous voulez être au courant de l'actualité littéraire ?K: Abonnez-vous à Lettres québécoises et recevez en prime (valeur is $) Le facteur émotif {roman) de Denis Thériault Entrevues, portraits d'auteurs, critiques et comptes rendus de romans, de recueils de nouvelles et de poésie, d'essais et plus encore ! 1 an / 4 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 25$ Canada35$ Étranger 35$ Étranger 40$ 2 ans / 8 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 45$ Canada65$ Étranger65$ Étranger 75$ 3 ans /12 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 65 $ Canada 95 $ Étranger 95$ Étranger! 10$ les pnx sort toutes taxes comprises Lv Lku-u •dr vil No 130 • ENTREVUE : JEAN-MARC DESCENT Nom Adresse Ville Code postal Courriel G-joint Tél.O Chèque O Visa O Mastercard N’ Expire le Signature Date d Retourner à : Lettres québécoises 1781.rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H21321 Téléphone: S14.525.9518 Télécopieur: 514.525.7537 • Courriel : info@lettresquebecoisevqc.ca • «rww.tettresquebecoisevgc.ca SUITE DE LA PAGE F 1 qu ’Hcmingii'ay sous-entendait par là qu ’ils étaient des êtres humains aussi», dit-il.Aujourd’hui, Russell Banks croit que les Etats-Unis vivent la course électorale la plus importante de l’histoire des 50 dernières années.dans le contexte de la guerre en Irak mais aussi des difficultés économiques que traverse le pays.«Du côté démocrate, nous assistons à une course à l’investiture où s’opposent un Noir et une femme.Honnêtement, je ne croyais pas voir cela de mon vivant», dit l’homme de 68 ans, qui s’est éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature «petite collection Liber» Nicole Jetté-Soucy Lhomme tragique Nature de l’action politique 216 pages.14 dollars ©Alain l'iécane • \m»k- Jt-ttè Scdt» t.lhnnnu* tr.éLHjuu il» fdktH3> pobnqw beaucoup intéressé à l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis.Est-ce que cela veut dire que les choses changent?C’est ce que l'on verra.«Mon impression est que les démocrates ne peuvent pas battre John McCain le républicain.Je crois que le pays se divise plus ou moins en deux entre les démocrates et les républicains.Il faut donc convaincre les indécis.Et il se pourrait très bien que ces indécis votent pour les républicains tout simplement parce qu’ils ne veulent ni d’un Noir ni d’une femme à la tète du pays», dit-il, tout en ajoutant qu’il espère se tromper.Le Devoir VOIR AUSSI LA CHRONIQUE DE LOUIS HAMEL1N EN PAGE F 4 MÉMOIRE ERRANTE Jan J.Dominique les éditions du remue-ménage vwwveditions-remuemenaQe qc.co Mémcwt! ervnnte Au-delà de la chronique familiale, dans ces récits sans concession, Jan J, Dominique dévoile à la fois le règne des intouchables et la soif de liberté d'une Haiti qui n’en finit pas de mourir sous des balles assassines.»n»K m Dans les différents articles et livres que j’ai publiés sur la chanson québécoise, j’ai à peine traité de cette rupture radicale qu’a imposée le spectacle L’Osstidcho et qu’a vécue le milieu artistique québécois.Le quarantième anniversaire de ce spectacle m’en donne l’occasion.Bruno Roy L’Osstidcho ou le désordre libérateur Précédé de Mon Osstidcho de Jean-Marc Desgent essai, 210 p., 24 $ yfSlire Un roman de Diane Bergeron.illustré par Stéphane Bourrelle Une partie de l'île de Montréal se détache et vogue sur le Saint-Laurent I 144 pages - 9,95 $ Soulières éditeur ____ vmilmW éditeur £ / i ÉAey, La Librairie Alire a de fabuleuses suggestions de lecture d’été pour vos jeunes lecteurs, Alire, Librairie indépendante agréée 450.679.8211 | Place Longueuil Lucia Bergamasco Amour du monde, amour de Dieu essai, 306 p., 28 $ Histoire d'amitié.L’expression des sentiments par le recours au langage du sentimentalisme tant littéraire que religieux est le thème principal de cet essai dont la toile de fond est la société coloniale en milieu urbain, prise dans l’évolution socioéconomique, culturelle et politique qui caractérise la première moitié du xvnie siècle étasunien.Temps et espaces Amour du monde, amour de Dieu „„„ 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 m 1 ^ Téléphone : 514.525.21.70 • Télécopieur : 514.525.75.37 Sditeur Courriel : info@xyzedit.qc.ca • www.xyzedit.qc.ca UN SUPERBE ÉCRIN POUR L’OR DES AMERIQUES m AMÉRIQUE Sous la direction d’Hélène Dionne Suivez la passionnante saga de l’or des Amériques depuis l’engouement qui a subjugué Christophe Gilomb et les conquistadores espagnols, les amenant à découvrir, coloniser et exploiter les ressources du Nouveau Monde, jusqu’à l’exploration des plus récents gisements miniers découverts dans le Nord québécois.49>95$ 3ÉSEPTENTRION.QC.CA M** Membre de l'AttoriAtion nation,Me des éditeur* de livre* Membre de l'Asuxiation nationale de* éditeur* de livre* A* L K I) K V 0 I H .L i A U EDI 21 ET DI M A \ < H E ¦"> M Al 2 0 0# ESSAIS ESSAIS QUÉBÉCOIS POLITIQUE Une gauche pour demain Bush, roi des pauvres Louis Cornellier Comme les collaborateurs de l’ouvrage collectif intitulé L'avenir est a gauche, je pense, moi aussi, que le Québec gagnerait à aller en ce sens.Comment expliquer, alors, mon malaise à la lecture de certaines de ces «douze contributions pour un renouvellement de la gauche au Québec»?L’objectif de ce livre, selon son directeur Pierre Mou-terde, est de «faire connaître a un large public la pertinence et la richesse des idées qui aujourd’hui animent la gauche en marche du Québec» et de répondre à la question suivante: «Doit-on privilégier une approche sociopolitique “utopiste" au risque de se canUmner à h marginalité permanente, ou au contraire doit-on choisir la voie d'un “réalisme politique ”, en se condamnant a diluer toute aspi-ratùm a un véritable changement social?» Est-il possible, au fond, de surmonter cette contradiction?In gauche social-démocrate, dont je me réclame et «dont le projet, selon Mouterde, est de reformer en profondeur l’ordre capitaliste par le biais d’un Etat clairement interventionniste», se situe bien sûr plus du côté du réalisme que de celui de l’utopie, mais elle a pour elle l’argument des faits.Dans l’histoire, en effet, les sociétés qui ont tendu vers ce modèle (pays Scandinaves, plusieurs pays européens, le Canada et le Quebec) ont obtenu des résultats enviés, quoique impar-faits, en matière de développement collectif, de justice sociale et de liberté individuelle.On ne peut en dire autant des modèles concurrents, qu’ils soient de gauche (le communisme, par exemple) ou de droite (le capitalisme débridé).Mouterde, cela étant, n’a pas tort de constater que, dans les années récentes, cette social-démocratie a souvent dérivé vers le social-libéralisme, «c'est-à-dire dans des politiques paresseuses qui, tout en pliant l’échine devant le fait néolibéral, n ont cherché qu’à lui adjuger un vague volet social, sans âme ni véritable effet».Au Québec, comme le montre une fois de plus le sociologue Jacques B.Gélinas, l’évolution du Parti québécois en fait foi.Avec Boisdair, qui déclarait, en 2006, vouloir «soulager le capital» et M,'trois, depuis, qui martèle la nécessité de moderniser la social-démocratie» dans un sens plutôt inquiétant, ce parti, dans une perspective de gauche, déçoit On comprendrait, dans ces conditions, que des militants qui se veulent progressistes en appellent à un retour aux sources, à cette social-démocratie véritable qui a déjà donné des fruits bien concrets.La reconnaissance de son dévoiement devrait, en effet, entraîner une volonté de renouer avec le meilleur de ce qu'il y avait en elle et qui nous a valu, notamment la mise sur pied de services sociaux essentiels, publics et universels.Pour ou contre le réformisme ?Co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Françoise David, dims le texte quelle signe en ces pages, emprunte cette direction.Elle constate que, malgré «une authentique montée des idées de droite», «la population qué- bécoise demeure attachée a la social-démocratie».Selon elle, plusieurs progressistes continuent de voter pour le PQ en raison du mode de scrutin qui encourage le vote stratégique», et il appartient a QS, en poursuivant le dialogue, de leur taire comprendre que la véritable social-démocratie ne loge plus a l’enseigne du parti de René Lévesque.On peut bien sûr, contester cette analyse, plaider qu’il se trouve encore, au PQ, une solide base so ciaklémocrate qu’il conviendrait de renforcer à l’interne pour éviter la division du vote progressiste, mais il faut reconnaître à Françoise David la cohérence et le réalisme volontaire de sa démarche.Or cette voie est loin d’être partagée par tous ses camarades.Sociologue et militant de tendance anarchiste, Marco Silvestro rejette totalement la voie réformiste.Le portrait qu’il trace du Québec actuel est tout noir.«Abrutis par le travail, stressés par le rythme de la vie et les exigences de la consommation, nos colères et nos révoltes, écrit-il, v/nt anesthésiées par une industrie biotechnopharmaceutique qui couche avec les gouvernements pendant que les militaires filment les ébats.» Ce système, selon ha, est irréformable parce qu’il récupère tout, même la dissidence organisée.Silvestro suggère donc la désertion et «la création de sociétés parallèles, de tribus, de communes et de républiques libres, décmnectées des logiques du Marché et de l'Etat».Cette posture utopique fait l’impasse, me semble-t-il, sur les gains sociaux acquis de haute lutte par les militants d’hier, qui n’avaient pas la tâche plus facile que ceux d’aujourd'hui et qui nous laissent un Québec mieux équipé pour la réforme que celui-là même qu’ils ont réformé.Il ne s’agit surtout pas de dire que tout va bien, mais affirmer que le marasme est à ce point total que sa réforme est devenue impossible m’apparaît non seulement abusif, mais négateur de l’histoire militante du dernier siècle.Diane Lamoureux et Lorraine Guay, en opposant l’engagement communautaire à la voie électorale, font preuve d’un semblable scepticisme à l’égard d’une possible réfonne politique.Ici encore, il ne s’agit pas de nier la pertinence des mouvements sociaux dans une perspective progressiste.Quand elles écrivent, toutefois, qu’il «faut arrêter de considérer le pouvoir de la même manière que nos adversaires, comme une chose qu ’il est possible de saisir et d’utiliser à des fins de domination ou de transformation et plutôt l’envisager comme ce qui doit circuler entre les individus et les groupes, irriguer l’action citoyenne, mais ne jamais se déposer ou être capté sous peine de conduire à de nouvelles dominations», Lamoureux et Guay s’enferment dans une logique de pureté militante qui condamne la gauche à regarder démocratiquement passer la parade.Les partisans de la décroissance, par exemple, nombreux dans cet ouvrage, savent qu'ils ont besoin du pouvoir politique pxmr agir efficacement La social-démocratie, avant d'être dévoyée, a incarné une gauche réaliste et effective.C’est à renouer avec elle, plutôt qu'à la discréditer au nom de chimères, que les partisans d’un avenir plus juste doivent travailler.lou iscoCqsyni patico.ca L’AVENIR EST À GAUCHE Douze contributions pour un RENOUVELLEMENT DE IA GAUCHE AU QUÉBEC Sous la direction de Pierre Mouterde Ecosociété Montréal, 2008,176 pages Les Éditions du Noroît Nouveautés www.lonQroit.com Éiçf En ciel K laiteux Un ciel laiteux Célyne Fortin stkc.t wove,RAIN Insoumission Insoumission Serge Mongrain t >V.>,:»! VtWOtt 'HIV,'* M ( D l A < Identités multiples, littérature métissée.i P® ] Écrire le réel Nairn Kattan 18,95$ www.hurtubisehmh.com MICHEL LA PIERRE Les conservateurs américains ont réussi à convaincre les pauvres que les puissants ne sont plus les riches mais les libéraux les plus typiques, ceux qui échappent à l’univers clriftrahie: les intellectuels.Quelle façon astucieuse de pxxisser les travailleurs à soutenir les républicains, chantres des vertus populaires, pourfendeurs de l’arrogance des snobs et, bien sûr, champions des baisses d’impôt pour les riches! Le monde à l’envers, quoi! Telle est la thèse que Thomas Frank défend avec virtuosité dans Pourquoi les pauvres votent à droite, essai dont le sous-titre est déjà le début d’une explication: Comment les cpnservateurs ont gagné le cœur des Etats-Unis (et celui des autres pays riches).L’auteur, né à Kansas City en 1965, analyse le renversement progressif de la tendance politique au cours des dernières décennies.Le résultat actuel, Frank le résume ainsi: «D’une certaine manière, la vision réactionnaire du monde n’est rien d’autre que la vision du monde exprimée par la gauche d’autrefois mais amputée de la question économique.» D rappelle que l’économiste Thorstein Veblen (1857-1929) et l’écrivain Upton Sinclair (1878-1968) ont attaqué le conformisme des universités et de l’élite culturelle américaines en l’associant aux méfaits du capitalisme.Aujourd'hui, comme l’explique si bien Frank, des essayistes issus de la mouvance néoconservatrice, tels Roger Kimball et Dinesh D’Souza, font en apparence la même chose.En réalité, ils gardent les anciennes cibles en changeant subrepticement les motifs du combat Ces polémistes de droite ne s’en prennent plus à l’ordre intellectuel établi parce qu’il reproduit les principes rétrogrades et affairistes de la société industrielle, mais parce qu’il cultive le snobisme, l’européanisme et l’effémination des libéraux! Aux mandarins précieux de la côte est et de la côte ouest, ils ¦i JIM YOUNG REUTERS George W.Bush opposent le bon sens, l’esprit religieux, les valeurs familiales, l’ardeur au travail, le patriotisme et les goûts simples des classes populaires de l’Amérique profonde.Et ils ont beau jeu! Des démocrates, comme Bill Clinton et Al Gore, n’ont-ils p>as incité leur parti à dédaigner l’électorat ouvrier au profit des gens à Taise liés à la Nouvelle Economie, ceux qu'on appelait les yuppies, souvent libéraux sur la question des mœurs mais conservateurs dans le domaine de l’argent?Frank montre que les démocrates ont courtisé, dans ces milieux en pleine ascension sociale, «les entreprises susceptibles de financer des campagnes électorales à des niveaux bien supérieurs à ce que pouvait offrir le mouvement syndical».D signale qu’aux Etats-Unis les travailleurs syndiqués ne forment plus que 9 % du secteur privé au lieu de 38 % dans les années 50.Pour obtenir le soutien financier de Télectorat libéral riche, que les conservateurs associent, avec adresse, aux intellectuels cosmopolites qui méprisent le pieuple, les démocrates, souligne Frank restent fermes, -par exemple, sur la position pro-avorte-ment», mais nuisent aux ouvriers «en faisant d'incessantes concessions sur les questions économiques—ALENA, sécurité sociale, législation du travail, privatisation, deregulation».On voit rarement un critique de la société américaine exposer les choses avec autant de simplicité, de clarté, d’acuité.Frank connaît ce dont il traite.Dans sa région natale traditionnellement démocrate, les Grandes Plaines, Bush a, en 2000, conquis même les comtés les plus pauvres.Ruse des conservateurs pour faire oublier les malheurs de la vie matérielle, l’exaltation des valeurs religieuses semble aux classes p>o-pulaires le contre-pied le plus naturel de ce que la droite leur présente comme des lubies d'intellectuels antiouvriers: la légalisation de l’avortement, de l’euthanasie, de la drogue et, par-dessus tout, du mariage homosexuel.Cet usage de la religion à des fins capitalistes surprend, même dans l’histoire des Etats-Unis.Frank note: «Le fondamentalisme protestant, sou-venons-nous-en, n’est pas obligatoirement favorable au monde des affaires.» D ne faut pas blâmer tant la religion, intégriste ou éclairée, que la civilisation américaine.L’essayiste ne cite pas le jugement que Reinhold Niebuhr, illustre théologien protestant des Etats-Unis, émettait en 1958: les Américains sont «en même temps la plus religieuse et la plus sécularisée des nations d’Occident».Mais on doit tenir compte de cette religiosité superficielle pour comprendre pourquoi, malgré le masque chrétien, la fourberie politique des conservateurs passe si souvent inaperçue dans la première puissance du monde.Collaborateur du Devoir POURQUOI LES PAUVRES VOTENT À DROITE Thomas Frank Agone Marseille, 2008,368 pages Les grands axes de Inexpérience spirituelle Sources et voies de la spiritualité avec Pierre Charland, ofm Mercredi 28 mai 19 h 30 aulines Beaucoup plus qu'une librairie! Salle de conférences et café-resto 2661 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 m Dans le cadre du 9e Marché de la poésie de Montréal, Exit vous invite au lancement de son numéro 51 Venez nous retrouver le jeudi 29 mai de17hà19h sous le chapiteau du Marché Place Gérald*Godin (Métro Mont-Royal) Dans ce numéro, vous découvrirez des textes de : Annick Chauvette Dominique Robert Alain Risette Robbert Fortin Dans notre section «Dialogue» vous pourrez lire un important dossier: RÉSONANCES HAÏTIENNES regroupant des textes de : Gary Klang Franz Benjamin Emmelie Prophète James Noël Makenzy Orcel Jobnel Pierre Joël Des Rosiers Rodney Saint-Éloy En vente dans les bonnes librairies et à La Maison de la Presse Internationale Distribué par
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