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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-06-07, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE.8 J II X 2 0 0 8 T tl Ê À I H E Avignon ou choisir le risque, la création et le partage Page E 3 CINÉMA > Une épopée sur la Chine déchirée de la fin des années 1930 Page E 7 Depuis mercredi, jour de son 75" anniversaire, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) propose une captivante traversée de l’histoire humaine.Pour l’occasion, l’institution s’est offert le luxe de puiser dans le vaste domaine couvert par les collections du Musée du Louvre.Il résulte de l’entreprise un échantillon raisonné proposant une fenêtre ouverte sur un des plus grands musées du monde.PATRICK CAUX Québec - Le musée invité n’a pas besoin de présentation.Avec ses huit départements (ayant chacun la taille et les moyens d'un musée respectable), ses 2000 employés, ses kilomètres de galeries et ses collections comptant phis de 400 000 œuvres, couvrant 5000 ans d'histoire — parmi lesquelles on trouve certains des plus grands trésors de l’humanité —, la simple réputation de cette institution mythique tait déjà converger les foules vers Québec.Naturellement, les grandes stars de la maison ne sont pas du voyage.Pas de Vénus de Milo, pas de Radeau de la Méduse, pas de Jo-conde (même si, à quelques jours de l’ouverture, cette dernière se trouvait déjà sur une panoplie d’objets promotionnels — certains aussi hétéroclites que des aimants, de très chics serviettes de table en papier et même, le fin du fin, une jolie paire de gougounes vert fluo, dont le motif de la semelle permet de laisser sur le sable un élégant / Love Monna — livrés expressément du Louvre pour garnir la boutique du MNBAQ) .Mais qu’à cela ne tienne, on ne Une exposition à la fois intelligente et inspirante, présentant des pièces issues des huit départements du plus important musée de France se rendra pas au Musée du Québec cet été pour sa boutique (si ce n’est pour se procurer le catalogue, très bien fait, où l’on trouve des textes pertinents, rédigés par les principaux conservateurs du Louvre), ni pour espérer voir les icônes du musée français, mais bien pour plonger dans une exposition à la fois intelligente et inspirante .présentant des pièces issues des huit départements du plus important musée de France.Muséologie du Nouveau Monde Le projet de recevoir le Louvre à Québec naît en 2003, alors que les directeurs généraux de chacun des musées, Henri Loyrette et John R Porter, conviennent de collaborer en pure amitié pour souligner les fêtes du 400" anniversaire de la ville.On projette alors une exposition tournant autour d’œuvres réalisées sous Henri IV, souverain régnant en France lors de la fondation de Québec.Du concept initial plutôt modeste, le projet a rapidement évolué pour devenir l’ambitieux Louvre à Québec.Les arts et la vie.Ambitieux par le nombre de pièces présentées, mais surtout par la nature même de l’exposition qui, pour une deuxième fois seulement dans l’histoire du Louvre, pousse les huit départements de l'institution à travailler de concert.Ainsi, avec des pièces provenant des collections des antiquités égyptiennes, des antiquités grecques, étrusques et romaines, des antiquités orientales, des arts de l'Islam, des objets d’art les sculptures, des peintures et des arts graphiques, on propose aux visiteurs un tour d’horizon \ Panorama du Louvre complet des collections du Louvre.C’est à line Ouellet directrice des expositions et des publications scientifiques au MNBAQ, en compagnie de son homologue, Geneviève Bresc-Bautier, conservateur général, chargé du département des Sculptures pour le musée du Louvre, qu’est revenu l’insigne privilège de sélectionner les 274 œuvres qu’on retrouve à Québec.Rapidement les concepteurs se sont butés à question de la lecture de l’exposition: comment donner un sens à des pièces aussi disparates dans le temps, l'espace et la forme que des statuaires égyptiens, des vases grecs et des dessins réalisés sous Louis XV?Lors d’une visite de presse à Paris à la fin du mois d’avril, l’équipe du Louvre a expliqué à un groupe de journalistes que la solution à cet épineux problème était venue des pratiques muséologiques québécoises.Pour rompre avec la tradition classique reposant sur un cloisonnement strict entre les périodes et les civilisations, l’équipe du MNBAQ a élaboré une approche thématique utilisant comme fil conducteur le lien étroit qu’entretiennent les hommes avec l’art Avec Le Louvre à Québec.Les arts et la vie, le MNBAQ s’offre un magnifique cadeau pour célébrer ses 75 ans.Un tout nouveau dialogue Et la proposition fait mouche.En regroupant les artéfacts, œuvres et objets d’art sous quatre grands thèmes («aimer et mourir», «apprendre et œuvrer», «habiter et embellir» et finalement «célébrer et se divertir»), les concepteurs sont parvenus non seulement à reproduire «l’expérience du Louvre», mais ils ont également permis à des pièces de se rencontrer pour une première fois.Ce faisant, les œuvres ont entamé un tout nouveau dialogue, dépassant les frontières du temps et de l’espace.VOIR PAGE E 2: LOUVRE < MUSKK nu LOUVRK / IMKRRK PHILIBERT.Jean-Pierre Cortot, Daphnis et Chloé, salon de 1827.Marbre, 153 x 81 x 82,5 cm.Musée du Louvre, département des sculptures Karkwatson, atomes crochus Les deux groupes Karkwa et Patrick Watson fusionnent pour trois soirs prometteurs MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Mishka Stein, Robbie Kuster et Louis-Jean Cormier PHILIPPE PAPINEAU Ils se connaissent bien, s’aiment beaucoup, se ressemblent pas mal.et s’assembleront complètement, pour trois soirs seulement Les quatre musiciens du groupe Patrick Watson et les cinq de Karkwa s’offrent une petite parenthèse dans leur parcours respectif pour joindre leurs armes et assouvir de nouveau ce fantasme musical où fusionneront les langues et les musiques.Le résultat’ Appelez-le Karkwatson.On dit «de nouveau» parce que cette heureuse réunion s’est déjà produite l’an dernier, à Winnipeg.Flus^précisèment à Saint-Boniface, de l’autre côté du pont Provencher, dans le cadre du Festival du voyageur.Jim Corcoran les avait dors réunis, et une partie de ce résultat a même déjà été diffusée à Artv, à l’émission Pour un soir seulement.Sur scène, les neuf musiciens y jouaient leurs pièces et ceUes des nouveaux alliés en totale symbiose! créant par le fait même du jamais entendu.Assis sur un vieux sofa de son local de répétition, Louis-Jean Cormier, le chanteur de Karkwa, se tourne vers Robbie Kuster, le batteur et percussionniste de Patrick Watson, et confirme que c’est là que tout a commencé.«Oh avait tous les poils dressés sur les bras, avoue Robbie, dans un excellent français.Depuis ce moment-là, on voulait rejouer ensemble.On s’était tellement amusés.» Mais comme Karkwa enregistrait son nouvel album — Le Volume du vent, paru en avril — et que Patrick Watson parcourait le monde, une nouvelle communion était plutôt improbable.En cette mi-juin 2008, toutefois, WaLson et sa bande se posent au (Juébec pour préparer un nouveau disque, tandis que Karkwa n’a pas encore commencé la tournée de concerts prévue pour faire découvrir son nouveau-né.Lés astres s’alignent donc de nouveau, pour notre plus grand bonheur.Le courant passe Entre les deux formations, il y a plusieurs atomes crochus, musica- lement autant qu’humainement, la plupart des musiciens se sont d’ailleurs déjà croisés ici et là.Dans le groupe de Diane Tell, en 2005, et dans le Large ensemble — un collectif jazz.Plus récem-ment, Patrick Watson a chanté sur Le Volume du vent et Robbie Kuster a joué sur le premier disque de David Marin, réalisé par.Louis-Jean Cormier.Puis Cormier vient de réaliser un disque-hommage à Gaston Miron, où son collègue François Lafontaine et Kuster étaient musiciens.«Oh partage les mêmes influences, dit Louis-Jean Cormier.Avec Karkwa, m est plus rock, mais Umt le côté VOIR PAGE E 2: KARKWATSON f * / L K DEVOIR.LE S S A M E D I ET D I M A X (HE 8 J l' IX 2 0 0 8 K > Montevideo, P.Q.Odile Odile Tremblay LW autre jour, la comédienne et dramaturge Julie Vincent m’a écrit comme on lance une bouteille à la mer.Elle voulait parler de ses créations qui s’étirent entre l’Amérique du Nord et l’Amérique latine.En français ici, en espagnol là-bas, toutes frontières abattues.— Explique-moi ça! On a pris rendez-vous à la Moulerie, côté terrasse, dans la fraîcheur et le soleil.Son débit était rapide, ses mots sautaient du coq à l’âne.Elle semblait si ravie de s’épancher «Ça n’intéresse pas tant de monde, tu sais, le partage des cultures!» — Moi, si! D’autant plus que le rapport Bouchard-Taylor venait de surfer sur nos deux pulsions cardinales: le spasme du repli identitaire et le vertige de l’ouverture au monde.Difficile à réconcilier, ça! Bas pour plusieurs artistes qui ont choisi d’être Québé cois et citoyens du monde.De Robert Lepage aux forces montantes de l’Underground, ils n’ont guère attendu les conclusions du rapport pour emprunter la voie du choc des cultures.l a planète rétrécit tout le temps.Ça prend aujourd'hui de longues antennes.Ils en ont Julie aussi.¦Emtr moi, l’identité, c’est davantage un mouvement qu’une chose fixe», explique-t-elle, en laissant son esprit s’envoler vers l’Uruguay avant de repartir en sens contraire.«La peur de l’autre est un vieil héritage de la Grande Noirceur.» Quatre séjours, qu’elle a faits à Montevideo, en Uruguay, depuis 2003.Ce petit pays tampon entre l’Argentine et le Brésil a subi la dictature militaire de 1973 à 1985 et sa population a la mémoire longue.Julie y a suivi les traces du héros de sa dernière pièce.Le Portier de la gare Windsor, un Uruguayen émigré à Montréal.Là-bas, elle a vécu une histoire d’amour avec les gens, les artistes, la belle capitale baroque.Ije Portier de la gare Windsor marie deux sociétés, jongle avec les espaces-temps, à coups de flash-back sur les mémoires collectives à porter.l£s lieux qu’on adopte nous adoptent à leur tour.De fil en aiguille, sa pièce précédente, La Robe de mariée de Gisèle Schmidt, fut montée en espagnol dans un théâtre de Montevideo, publiée aussi là-bas aux éditions Trilce.Le Portier de la gare Windsor a été présenté en atelier théâtral public, avec l’appui d’artistes uruguayens.Des membres de sa compagnie théâtrale, Singulier Pluriel, sont venus travailler à ses côtés.Julie dirigeait tout le monde en espagnol.Drôle de fille, à la fois discrète et omniprésente.Elle va et vient dans notre paysage dramatique depuis une trentaine d'années, tantôt sous les projecteurs, tantôt dans les coulisses.A l’écriture aussi.Ou tout en même temps.On l’a vue sur les planches interpréter Shakespeare, Michel Tremblay ou Tchékhov, camper au cinéma l’inoubliable femme violée de Mourir à tue-tête d’Anne-Claire Poirier.Les téléphages l’ont suivie dans le feuilleton Virginie.Mais la JuHe Vincent qui explore des voies personnelles, sans financement ou presque, par conviction, en cherchant les réconciliations interculturelles, celle qui lit Fernando Pessoa autant que Claude Gauvreau et qui dirige la compagnie de théâtre Singulier Pluriel, celle qui se penche sur des trajectoires d’immigrants, m’apparait fascinante entre toutes.Elle avance en tâtonnant vers des réalités parallèles, loin des feux de la rampe et des médias.Rien pour être invitée à Tout le monde en parle.Une vraie démarche d’authenticité.A l’origine du Portier de la gare Windsor, la rencontre d’un immigré dans un café de Montréal.Un homme étrange et raffiné qui lisait du Rainer Maria Rilke en allemand.«Je suis un architecte, mais considé-rez-moi comme un vagabond», lui a-t-il lancé.Il avait fui en 1973 Montevideo lors du coup d'Etat militaire de 1973, parlait cinq langues.Il évoqua son premier hiver québécois vécu en creusant des canalisations dans le sol gelé.Mais le poème Speak White de la Québécoise Michèle Lalonde apposé sur son réfrigérateur l’aidait à tenir le coup.«Comment nait-on vagabond dans ma ville?Quelle est sa blessure?», s’est demandé Julie, avant de plonger, de questionner, de fouiller, de voir du pays, d’étudier l’histoire de l’Uruguay.En 2003, elle pondait cette pièce pour huit acteurs et trois musiciens.Les fantômes de jeunesse du héros à Montevideo, les traumatismes des années noires y côtoient la littérature québécoise décou- verte en exil, comme le magnifique Beauté baroque de Claude Gauvreau que son personnage traduit en espagnol.— A Montevideo, ils ont monté aussi des pièces de Michel-Marc Bouchard et de plusieurs dramaturges québécois.Nos cultures s’influencent mutuellement.Éloigné de Montréal, Montevideo?Pas tant que ça.«L'indifférence des gouvernements face à la création expérimentale, l’allégeance aux valeurs commerciales sont les mêmes, avec des artistes qui s’engagent à corps perdu, là comme ici.Mais à Montevideo, l’imagination est une question de survie artistique.Des directeurs de théâtre squattent des lieux insolites, des pharmacies, un musée, un café, en secouant l’héritage omniprésent de la dictature.» Elle évoque les trésors de débrouillardise à déployer en Uruguay quand l’argent manque, mais trouve presque plus difficile de monter au théâtre Le Portier de la gare Windsor en français à Montréal que là-bas.Quand même, sa pièce devrait être publiée chez nous à l’automne aux Editions de la Pleine Lune.Faut pas désespérer! J’ai regardé Julie Vincent repartir avec ses projets, ses hantises, ses hens à tisser.Elle semblait la preuve vivante que l’ouverture aux autres cultures enrichit forcément et n’arrache à personne son identité.Des gens de toutes origines déambulaient un peu plus loin, rue du Parc.J’ai éprouvé soudain la folle envie de découvrir les parcours cachés derrière le secret de leurs visages.otremblayèqjedevoir.com * KARKWATS0N Patrick Watson chantera en français SUITE DE LA PAGE E 1 planant, c’est vraiment ça qui nous relie.Et c'est aussi étonnant de voir à quel point les membres des Watson et de Karkwa ont le même tempérament.» Paraît donc que les bassistes Martin Inmontagne et Mishka Stein sont plutôt réservés, que les deux batteurs Stéphane Bergeron et Robbie sont les gentils garnements, que les guitaristes Cormier et Simon Angell sont de connivence et que les pianistes François Infontaine et Patrick Watson ont des façons de faire très similaires.Ne reste que le percussionniste de Karkwa, Julien Sagot, qui se lie- ra sans peine à la section rythmique de ce concert.«Elle va avoir un gros apport, assure Robbie Kuster.En tout, il y a un marimba, deux batteries, un set de percussions et un vibraphone.Nous, on aime appeler ça le Steamship.le Karkwatson Steamship!» Pour les trois concerts prévus — le 12 juin au (irand 'Uiéâtre à Québec et les 13 et 14 juin au National à Montréal —, les neuf musiciens de l'alliance Karkwatson se gardent bien de tout planifier au millimètre près.«Ça va être un terrain de jeu, à la limite un laboratoire», explique Louis-Jean Connier.Les chansons sont tout de même déjà choisies, et chaque groupe connaît bien le répertoire de l’autre.Au menu, Patrick Watson chantera en français, et plusieurs titres inédits seront interprétés.«Comme les gars de Patrick Watson commencent à faire leur prochain disque, ils ont pas mal de matériel nouveau, explique Cormier.Nous, on vient de sortir un album, mais François et moi, on fait tout le temps de nouvelles chansons, alors on va piger là-dedans.Et il y en a une que j’ai écrite en pensant à Karkwatson, elle est vraiment faite pour le show.» La nouvelle entité n’aura que deux petits jours de répétition avant le premier concert.Casse-gueule, la fusion?«Ça ne sert à rien de se mettre à paniquer, notre métier, c’est d’être musiciens, rassure Louis-Jean Cormier.On a beau jouer au Grand Théâtre de Québec, on va y jouer comme si on était à L’Escogriffe», une toute petite salle de la rue Saint-Denis, à Montréal.Pour que cette expérience survive au-delà de ces trois soirs, les concerts seront enregistrés, dans le but de faire paraître un album live.Déjà, les deux maisons de disques de Karkwa et de Patrick Watson sont en discussion.«On va enregistrer, on va mixer, et on va voir à quoi ça ressemble, dit Cormier.Si ce n’est pas bon, on ne le sort pas, mais si c’est bon, je ne veux pas voir quelqu’un nous freiner.» Le Devoir KARKWATSON Le 12 juin au Grand Théâtre de Québec, 28,50 $ Les 13 et 14 juin au National, à Montréal, 25 $ SOURCE ARTV Les guitaristes Louis-Jean Cormier et Simon Angell, qui jouent respectivement avec Karkwa et Patrick Watson, ont l'intention de produire un disque à partir de leur spectacle Karkwatson.PALAIS M NTCALM JUIN 14h00 L’ENSEMBLE ARI0N PERLES DU RÉPERTOIRE BAROQUE Du bonheur à l'état pur! Les plus belles et vives interprétations d'oeuvres baroques PRIX: 35,00$ - prix jeunesse: 12,50$ ta*es incluses - frais de services en sus pour tous les tarifs 418 641-6040 • 1 877 641-6040 www.palaismontcalm.ca Grand partenaire banque NATIONALE leSoleil X.nociocs .U W* V jjk % VILLE PC Québec j e MUSÉE DU LOUVRE / RAPHAËL CHIPAUTT Rhyton en forme de taureau, 1" moitié du 1" millénaire avant J.-C.SRS!®}»»#! LOUVRE SUITE DE LA PAGE E 1 Dans les trois salles consacrées à l’exposition, les conservateurs — soutenus par la scénographie pertinente de Denis Alison — ont ainsi multiplié les pistes de lecture en faisant se côtoyer des œuvres et des objets d’art regroupés par leur parenté thématique.Pensons ici seuleiqent à la section consacrée aux couples et à la mort À quelques mètres de distance, on y trouve des représentations sublimes d’époux devant l’éternité.Malgré la différence de techniques et d’approches entre l’Antiquité égyptienne, le Moyen-âge et la Renaissance, on est frappé par la persistance à travers les époques de la nature de l’émotion provoquée par la confrontation entre l’amour et le trépas.Parmi la sélection impressionnante des œuvres présentées, il faut noter au passage la qualité excep- tionnelle de celles provenant du département des Arts de l’Islam.Profitant de la fermeture temporaire de cette section pour rénovations, le MNBAQ a eu la chance de recevoir des pièces maîtresses, qui ne quittent normalement pas le Louvre.Parmi elles, mentionnons de magnifiques céramiques architecturales produites sous l’Empire ottoman et surtout l’incomparable vase dit Barberini, une œuvre tout simplement envoûtante.Collaborateur du Devoir LE LOUVRE À QUÉBEC.LES ARTS ET IA VIE.Au Musée national des beaux-arts du Québec Jusqu’au 26 octobre 2008 Ç^Hydro Québec festival Orford 2008 FORFAIT REPAS-CONCERT À LAUBERGE DU CENTRE D'ARTS ORFORD Forfait « Repas et concert professionnel » : 52$ p,p.Forfait « Repas et concert de la relève » : 20$ p.p.CONCERT PROFESSIONNELS pour 3, 6,12 ou tous les concerts : obtenez de 10 à 25% de rabais BEAUX CONCERTS DE LA REL Passeport 8 concerts : 25$ Passeport 20 concerts : 50$ DU 20 JUIN AU 16 AOÛT 2008 www.arts-orford.org 3165, chemin du Parc, Orford (Québec) billetterie©arts-orford.org | T 819 843-3981 1 800 567-6155 (sans frais au Canada) •JL* XWlUMHyJLTè cerWe d'arts orford .>*vv55 Amom % b LE DEVOIR LES SAM E l> I l* I M A \ ( Il E CULTURE THEATRE Choisir le risque, la création et le partage De passage au Québec, le codirecteur du Festival d’Avignon, Vincent Baudriller, parle du concept d'« artiste associé » MICHEL BÊLAI R Comme par hasard, il est né en 1968.Et il sait pertinemment comment fonctionne un festival de théâtre puisqu’il est arrivé en Avignon (à l’invitation de Bernard Faivre d’Arcier) avec le mandat de créer une structure de production propre à l’événement c’était en 1993 et il avait 25 ans.Mais, surtout depuis 2004, Vincent Baudriller co-düige l’un des plus prestigieux festival de la planète Théâtre, avec Hor-tense Archambault qui, elle, pourtant plus jeune encore, a été administratrice d’Avignon de 1999 à 2003.Les deux complices se connaissent bien.Si Baudriller est ici, c’est précisément en raison de l’une des nouveautés qu’ils ont apporté tous deux au festival: le concept d’artiste associé.En fait, il en est déjà à son deuxième voyage au Québec, depuis que l’on sait que Wajdi Moua-wad sera l’artiste associé du festival, l’an prochain.Avignon.Depuis sa fondation par Jean Vilar, en 1947, le festival s’est imposé comme un rendez-vous incontournable des amateurs de théâtre: au moins une fois dans sa vie, bien avant de «voir Rome et mourir», il faut avoir assisté à un spectacle dans la Cour d’honneur du Palais des papes, sous les étoiles.S’il était plutôt modeste au début ce festival accueille maintenant chaque année, pendant trois semaines, en juillet de 100 à 150 000 spectateurs qui assistent à plus de 300 représentations d’une quarantaine de productions différentes, dans une vingtaine de salles pouvant accueillir de 50 à 2000 personnes (dans la Cour d’honneur, bien sur).Avignon est devenu «hénaurme»! Le festival roule sur un budget de 10 millions d’euros, qui génère des retombées directes de plus de 23 millions sur la ville et sa région immédiate.Et cela, bien sûr, sans même faire allusion à l’autre festival d’Avignon, le Off, gigantesque lui aussi et qui ouvre ses portes à des centaines de spectacles saupoudrés un peu partout à travers la ville et ses environs.Mais comme se plaît à le souligner Vincent Baudriller, la réputation d’Avignon ne s’explique pas seulement par la beauté saisissante des lieux ou par l’offre de spectacles absolument ahurissante que l’on y trouve, mais d’abord et surtout parce que, même s’il draine des foules énormes, ce festival a toujours favorisé la création.«Depuis l’après-guerre, le Festival d’Avignon fait en quelque sorte partie J KAN FRANCOIS I.EB1ANC 1 K DEVOIR Pour Vincent Baudriller, «le Festival d’Avignon fait en quelque sorte partie de l’histoire collective et de l’héritage culturel de tous ceux pour qui le théâtre est important».de l’histoire collective et de l’héritage culturel de tous ceux pour qui le théâtre est important.C’est que dès le départ, Vilar, qui a connu des succès populaires extraordinaires à Avignon avec le TNP, a su faire évoluer l’événement en cessant d’y occuper tout l’espace avec sa compagnie et en invitant des metteurs en scène et des créateurs qui faisaient bouger les choses; puis le festival a continué à se développer en multipliant les lieux de spectacle à l’intérieur comme à l’extérieur de la ville et en se donnant des structures plus solides.À travers tous ces développements successifs, ses directeurs ont toujours veillé à l’inscrire dans l’axe de la création et du risque, oui, mais aussi en insistant sur le partage avec le public.Les débats y sont souvent mémorables: tout le monde parle théâtre à Avignon.Le Festival est un événement populaire et la ville entière est un théâtre! H y a des rencontres et des discussions partout avec les artistes, des débats, des conférences, la chaîne France Culture.Et puis nous sommes arrivés en 2004, Hortense et moi, avec ce concept de l'artiste associé.» En 2008, pour la première fois, le festival s’offre deux artistes associés: le metteur en scène et plasticien italien Romeo Castelluci et la comédienne Valérie Dréville, moins connue ici C’est eüe qui inaugure le festival avec le rôle dV’sé, l’héroïne du Partage de midi, de Claudel, dans une sorte de mise en scène collective transplantée en pleine campagne, dans la carrière de pierre blanche de Boulbon.Quant à Castelluci, il profite d’Avignon, où il a plusieurs fois suscité des discussions passionnantes, pour revenir à Dante et à La Divine Comédie avec trois spectacles présentés en trois lieux et atmosphères différents: l’Enfer dans la grande Cour d’honneur, le Purgatoire à Châteaublanc, en pleine campagne, et le Paradis à l’église des Célestins.Mouvance et résonance C’est le metteur en scène allemand Thomas Ostenneier qui inaugure la «série artiste associé» en 2004, donc; mais c’est surtout par Jan Fabre, l’année suivante, que vient la controverse à la suite des tendances plutôt extrémistes à l’époque de la démarche du créateur néerlandais, dont les échos se sont fait entendre jusque dans nos pages.Le chorégraphe d’origine yougoslave Josef Nadj, en 2006, puis le metteur en scène français Frédé rie Fîsbach, l’an dernier, suivront Et cette année, comme chaque année, la programmation du festival se situe dans «la résonance» des œuvres de l’artiste associé, comme l’explique Vincent Baudriller.«Nous discutons beaucoup avec l’artiste associé dans l’année qui précède sa venue en Avignon.Nous venons chez lui, partageons l’espace du voyage et parlons de tout: de ce qu’il est, de ce qu’il fait, de ce qu’il aime, de ce qu’il lit, de ce qui le passionne, des gens et des démarches qui l’inspirent.Les spectateurs se font d’ailleurs remettre un petit livre contenant l'une de ces discussions lorsqu ’ils retirent leurs billets [.] Tout cela en vue de nous faire une idée de la fenêtre de création qui est la sienne, de la mem-vance dans laquelle il s'inscrit.Dans le cas de Wajdi Mouawad, par exemple, nous avons discuté ensemble au Liban tout autant que dans les rues de Montréal qui l'ont vu devenir le créateur qu 'il est maintenant.Et comme je l’ai fait avec lui en novembre, je vois des spectacles à Carrefour et au FIA et je rencontre des œuvres et des gens d’ici dont il m’a parlé.» Ce qui n’implique i>as nécessairement que l’on verra des ar- tistes québécois en Avignon à l’été 2(X)9.mais on peut penser que le risque que cela arrive est phis elevé qu'à l'habitude.C'est donc à partir de tout cela que les deux codirecteurs établissent ensuite leur programmation.Baudriller donne pour exemple «la mouvaix-e» de l'univera tie Frédéric Fisbach (en 2007) et de celui de Castelluci cette année.Four Fisbach, le mot et le texte sont des données fondamentales du spectacle; c’est un homme «qui met en scène des écritures».Ce qui a donné lieu, par exemple, à un travail de Fr.uik Castorf sur Céline et à une création d’un texte de Nav;uî-na au Balais des pa|X's.Bu' contre, les habitués du FI A se souviendront que les pièces de Roméo Castelluci ont l'habitude tie s’inscrire dans l'espace scénique sans faire beaucoup appel au texte mais on mitraillant plutôt le spectateur d’images et de références plastiques à des créateurs en arts visuels.«L’univers de Castelluci pose des questions sans donner de réponses et débouche sur l'énigme et le mystère, conclut Baudriller.On verra rapidement que la programmation de cette année reflète tout cela assez clairement.» N’empêche qu’il est plutôt rare qu’un «événement culturel ouvert au plus grand nombre», comme Vincent Baudriller se plaît à définir Avignon, investisse dans l'audace et le risque.C’est précisément ce que l'on fait en s’inspirant de la «résonance» de chaque créateur associé plutôt que de donner une sorte de thème annuel au festival.La recette est audacieuse, certes, mais elle permet chaque fois une programmation complètement différente, toujours potentiellement éclatée et riche des démarches les plus audacieuses.N’est-ce pas là la grâce que l’on se souhaite?Le Devoir SOURCE FESTIVAL D'AVIGNON La Cour d'honneur du Palais des papes, à Avignon GM ' • , .' !.* ¦¦ ' .* .^ 2GJUIH auBJUIGGElS La fête commence dans de MONTREAL moins de 3 semaines I iiiniiiiiiiiiiiiii ¦ Plus de 150 concerts en salle! .A.WM r " WV " RIoTInloAk.in ^ ,¦ _ .’g, f'j , y ‘ .Domaine mmmet) SUPPLtMINTÛIHE 29 JUIM 3000 HOUVIAllX BIUETS DISPONIBLES WOODY ALLEN AND HIS NEW ORLEANS JAZZ BAND 29-20 JUIN DU 21 JUIN AU 31 AOÛT 2008 (Tous les concerts sont présentés à 20 h 30 à moins d’avis contraire) SAISON 2008-09 IMUSICI DE MONTREAL YUU TuROVSKY anniversaire au ïs&nvtj.SAMEDI 14 JUIN A 20HOO qh^ La Musique de chambre pour cuivres ENSEMBLE DE CUIVRES DU DOMAINE FORGET Direction JAMES WATSON, trompette Solistes : ALAIN TRUDEL.trombone et GAU.WILLIAMS, œr VENDREDI 20 JUIN A 20H00 La Musique de chambre GRAND ENSEMBLE DE VENTS JACQUES ZOON.DENIS BLUTEAU et CAROLYN CHRISTIE, flûtes, LARRY COMBS JEAN-FRANÇOIS NORMAND et MARIE PICARD, clarinettes, DIANE LACELLE et NORMAND FORGET, hautbois, RICHARD GAGNON et GUSTAVO NUNEZ, bassons.GAIL WIILIAMS et GUY CARMICHAEL, cors.DENISE PÉPIN, piano Direction HANSJÔRG 8CHELLENBERGER DIMANCHE 6 JUILLET, 1B h 30 et 19 h 30 salle wilfrid peuim » PdA *TkMQe o§ lhe '“TkuuLï //GLEIH MULEL TOMMY DflBSEÏ# Jl orcAcJra 1 orcÀcâlra r «DEUX ORCHESTRES LÉGENDAIRES S'AFFRONTENT SUR SCÈNE MARRY «Ç MANX mot RETOUR SUR SCENE APRÈS 26 ANS! %** BELLY OF a «k DRUNKEN PIANO: ¦Br UNSPtcracLÊ SUB TOM WAITS U JUIN AU AVK S JUILLET STEWART D'ARRIETTA LEWIS FUREY DE RETOUR SUR SCENE APRÈS 26 ANS fflVAl DE .m itifANT \W J FOU ROCK kd ' ’ ' '’’El * •nTANNIÛUE ABBEY 7 RICHARD * ILINCOLN JlriLlllSL5"”0" JUlLlI Abonnez-vous I Des premières mondiales, des incontournables du répertoire et des artistes réputés.Richard Raymond Idwer Alvarez Franklin de Lima José Stanek Edgar Fruitier Alexandre Marine Renseignements : 514 982-6038 ou lmusici.com CmomndtMra prtndpS As la Mteon roasTOOe SAMEDI 21 JUIN Les Grands Concerta LES VIOLONS DU ROY BERNARD LABADIE, chef, Solistes NICOLE TROTIER et PASCALE GIGUÈRE.itoions MARIE-ANDRÉE BENNY.flûte.ALEXANDRE THARAUD, piano ift La radio musicale de Radio-Canada célÊùre les 30 ans du Domaine Forget |U .LIGUE D'IMPROVISATION MUSICALE DE MONTREAL l-l JUILLET MELINGO US (MMTiUt DE TANGO » .DE mJMO à B0ULEW»M«I r DE MODE PO [TE ! juillÏi >4^ Info690 (JJ Une délicieuse façon de découvrir le Domaine Forget! DANIEL MARCOUX, contrebasse et son trio | Jazz endimanché ! PùnaTUjhe 15 juin (l"r service 10h30 et 2 service 12h30) ABONNEMENT AU FESTIVAL Économie de 15% à plus de 30% sur le prix régulier! Et plein d’autres avantages.Informez-vous! 1 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com l*l ; , , Québec K ïï Sîî i k Z6 JUIN DAVID MURRAY BLACK SAINT QUARTET ____SACBEDGBOUND _ BILLETTERIE BIUFTERIE CEMTRAIE DU FESTIVAL Ivtu! po» IM éwnemeflti (mtfltts î U Plx* dM Ami MÉTftOPOUS B9, roc Sainte Catherine Est PLACÉ 0É$ LITS SU 842-2112 • 1866 842-2117 • laptacedetarts com THÉ AT AI OUTRE MON T SU 495 9944 • SU 908-9090 • tKketpro ca MÉTR0P0US (PAVILION HHNEKfN) 5U 844 3500» SU 906-9090 • tKketpro ca CABARET JfSTE POUR RIM 514 845-2322 • 514 790 1245 • admwon cm «BI CIIETtf DI CRÉATIVITÉ 514 861 4036 • SU 790 1245 • adnwwion corn BRAD MEHLDAU TRIO ^ * 'JUILLET RENAUD GARCIA-FONS TRIO 514 571-1081 | RENSEIGNEMENTS SUR LES CONCERTS AU 1 «m 515-0515 1 M0NTREALJAZZFEST.COM "SM 1 ^ [fl.:,:,Ec-B G3 Heineken CBC 4§F Radio Canada CanariS kM» Québec îî” L E I) E V OIK.L E E T I) I M N (HE K .III \ 2 O O K S S A M E It CULTURE MUSIQUE C U A S S I Q U E L’opéra à la caisse : trop beau pour être vrai ?Universal a rassemblé en un coffret de 100 CD cinquante opéras célèbres; au prix auquel est vendue cette boîte imposante, l’acheteur paiera autour de 2,50 $ l’opéra.Aubaine ou attrape-gogos?C II R i sto P il H US S Si vous avez fréquenté le rayon classique d’un disquaire récemment, la chose n’a pu vous échapper: un coffret long comme l’avant bras clame contenir «les 50 plus beaux opéras du monde- (c'est son titre) en 100 CD.II est bien précisé aussi que la boîte contient des versions intégrales.Au début de son importation, le coffret a été vu à 99 $.Comme l’essence, il a vite augmenté et est passé à 129 $ plus récemment, ce qui reste pour le moins raisonnable puisque la création lyrique de Mozart, de Puccini, de Verdi et des autres est valorisée autour de 2,50 $ l'ouvrage! C'est si beau qu’on pense tout de suite à mal.Y aurait-il un piège?Eh bien non, pas du tout: ce coffret est une aubaine.La terre brûlée Ce coffret résulte d’une mutation importante du marché du classique, dans lequel il est de plus en plus difficile de vendre la nouveauté d’un artiste à ce qu’on appelait dans le métier le «prix fort».Depuis cinq années environ, le consommateur est devenu friand de coffrets et de bonnes affaires.L’étiquette néerlandaise Brilliant Classics avait reniflé ce changement de mode de consommation.En signant des licences avec divers éditeurs, Brilliant a proposé de gros coffrets à bas prix.L’un d’entre eux, l’intégrale des œuvres de Mozart en 170 CD à 100 euros (150 $), est devenu un phénomène de société en France, puisqu’il a été vendu à plus de 200 000 exemplaires! Le phénomène a nettement moins d’ampleur en Amérique du Nord, peut-être parce que le «prix nouveauté» a historiquement été bien plus bas, parfois presque moitié moins cher.Après avoir laissé la voie libre à Brilliant, les ex-majors du disque ont pris elles-mêmes les choses en main.On a vu par exemple de gros coffrets Beethoven ou Schubert chez EMI, sans parler des deux récentes boites de 72 et 88 CD consacrées à Herbert von Karajan.Ea publication des 50 plus beaux opéras du monde entre dans cette logique et peut faire office de mètre étalon du genre.Evidemment, il sera difficile ensuite pour Universal de vendre un enregistrement de Tosco ou de Madame Butterfly a 40 $, mais, comme vous l’avez remarqué, les enregistrements d’opéra sont devenus une denrée rarissime, le marché s'étant tourné vers le DVD, ou, en CD, les ouvrages très rares, comme le récent Tolo-meo de Haendel chez Archiv-Deutsche Grammophon.Comment peut-on publier 100 CD d’opéra à ce prix?L’édition repose sur des enregistrements déjà amortis par l’éditeur et cette politique commerciale de la terre brûlée vise essentiellement à atteindre des objectifs de volumes de vente et à préserver des parts de marché.La caverne d’Ali Baba Le coffret Les 50 plus beaux opéras du monde compilé par la filiale française d’Universal est une vraie caverne d’Ali Baba.Il faut savoir tout d’abord qu'Universal est le leader du marché et peut puiser à la source des catalogues Deutsche Grammophon, Archiv, Decca et Philips.A cela s’ajoutent quelques sources ponctuelles précieuses, propriétés d’Univer-sal: le catalogue Westminster pour la Lucia di l/immermoor légendaire de Beverly Sills et Carlo Bergonzi et, plus rare et aussi précieux, les catalogues français Véga ou Accord qui fournissent une Mireille de Gounod et une Thaïs de Massenet chantées par Renée Doria, ainsi qu’un Werther avec Albert Lance et Gabriel Bac-quier.On est là dans l’incunable, pas dans la vieillerie.Avec Deutsche Grammophon et Decca, qui tous deux possèdent souvent plusieurs versions, d’un chef-d'œuvre, le choix est large.Globalement, nous avons ici les meilleures «secondes versions» puisées au gré de ces catalogues: Orfeo de Monteverdi de Jurgen Jiirgens (et non de Gardiner); Ariodante de Haendel sous la direction de Leppard pour ne pas dévaloriser l’enregistrement Minkowski; le Freischütz de We- ¦Lvas 30$ • Billetterie: 514.861.4036 • gesu.net VA MARC GINOT / OPÉRA NATIONAL DE MONTPELLIER Roberto Alagna en Cyrano de Bergerac, une des belles «surprises» du coffret ber par Jochum (et non Carlos Kleiber); Salomé de Strauss par Bôhm plutôt que par Solti; Aida de Verdi par Abbado plutôt que sous la direction de Karajan.C’est dans cette logique qu’on se retrouve avec le Pelléas d’An-sermet et Camille Maurane et quelques autres versions du début des années 60, comme les Puccini gravés par Renata Tebaldi (mais la Tosco est celle de Vi-shnievskaïa) ou les Verdi de la Scala (Traviata de Scotto, dirigée par Antonino Votto; Trouvère de Tullio Serafin; Bal masqué de Ga-vazzeni).V.Otello est celui de Karajan avec Del Monaco en 1961.Il n’y a rien de mal à cela.Tous les mélomanes quadragénaires ou quinquagénaires ont commencé leur initiation opératique avec ces versions ou avec de solides incunables comme l'Eugène Onéguine de Solti, la Carmen de Schippers avec Regina Resnik (là, pour le coup, à défaut d’Abbado, on aurait pris Solti ou Bernstein.), les enregistrements de Joan Sutherland (Faust, iMkmé, La Somnambule), L’Italienne à Alger de Berganza; Fidelia, La Flûte enchantée et Les Noces de Figaro dirigés par Karl Bôhm ou la fameuse Walkyrie d’Erich Leinsdorf avec John Vickers et George London, deux Canadiens, entourant Birgit Nilsson.Références Comble de bonheur, il y a dans cette boîte plusieurs références absolues ou majeures: L'Enfant et les Sortilèges de Maazel; le Ri-goletto de Kubelik; Wozzeck d’An-ja Silja et Christoph von Dohna- nyi, spectaculaire enregistrement Decca de 1979 à Vienne; le récent Cyrano de Bergerac d’Alfa-no, avec Roberto Alagna; la version 1869 de Boris Godounov avec Gergiev; Le Vaisseau fantôme dirigé par Antal Dorati; La Damnation de Faust d’Igor Mar-kevitch; Norma dans la version Sutherland-Horne de 1964; La Cenerentola d’Abbado ou le Don Giovanni de Joseph Krips, avec Cesare Siepi dans le rôle-titre.Vous avez compris que tout cela vaut largement l’investissement.Reste à regretter les absences: Richard Strauss (il manque au moins Le Chevalier à la rose et Elektra); Wagner, dont les opéras auraient fait déborder la taille du coffret, Janâcek, qui n’est absolument pas représenté, et Falstaff de Verdi, une étrange absence quand on songe que La Wally de Catalani y figure.Et, à propos de démocratisation de l’opéra, n'oubliez pas la diffusion gratuite sur écran géant ce soir, sur le parvis de la Place des Arts, de la dernière représentation de Madame Butterfly par l’Opéra de Montréal, avec la soprano Hiromi Omura.Collaborateur du Devoir LES 50 PLUS GRANDS OPERAS Coffret de 100 CD publié par Universal.Référence 480 0094.Livret de 192 en français uniquement, comprenant un excellent synopsis détaillé plage par plage pour chaque opéra.Pas de cédérom des textes chantés.PRÉSENTE UJ L S EK DU 5 AU 13 JUIN 2008 AU THÉÂTRE PROSPERO RÉSERVATIONS 514.526.6582 1371, RUE ONTARIO EST METTEUR EN SUKNE PETER BATAKUEV CH&ATIÜN COLLECTAT A PARUH DT7» TEXTE ORIGINAL DF DAVE JENN1SS nfSTRLBlTJON FT COLLECTIF DE CREA1WS MARIE-EVELYNE BARIBEAU YVES SIOUI DURAND MARCO COLLIN DAVE JENNISS CATHERINE JONCAS CHARLES BENDER LES CONCEPTEURS JONAS VÊROFF BOUCHARD CLAIRE GEOFFRION THOMAS GOOEFROIO NICOLAS GROU EMANUELLE LANGELIER PHILIPPE LAROCQUE ON ¦X.g -MJ PROSPERÔ] I l'tnJinnpfc $ — TëLcss j3’"** UC»"™" m Festival Suoni per il popolo Un Dresser et un Rudd égalent trois miracles SERGE TRI F FAIT Au quatrième soir du Festival Suoni per il popolo, seul événement musical qui fait la part belle aux beautés cachées des choses et petits sujets qui émaillent le quotidien, le tromboniste Roswell Rudd et le contrebassiste extraordinaire, au sens anglais du terme, Mark Dresser occupaient la scène de la Sala Rossa.Ils étaient deux, seulement deux, rien qu’eux.Et alors?Oh, puree! On est allé de surprise en surprise.Rien que des bonnes, soit celles dont les conclusions se conjuguent invariablement avec «merci beaucoup, j’en reprendrai encore une bonne louche».Dit autrement on était tristounet chaque fois que la pièce X était terminée.Au ras des pâquerettes, puisqu'il faut bien décrire simplement les réalités simples, ces deux vétérans de la scène où sont rassemblés les contestataires, les farouchement indépendants, les esprits libres, ont fait des clins d’œil à La Nouvelle-Orléans, à Bach — oui, oui, le Jean-Sébastien qui composait à la demande —, au blues, aux oiseaux si chers à Eric Dolphy, à certaines de ces vérités formulées par Jean-Sol Pâtre, dit Jean-Paul — c’est très sérieux —, et bien entendu au Chien andalou de Luis Bunuel.Bref, ce show produit par le très courageux Patrick Darby, de Traquenart, fut une pure merveille.Un bijou d’album Tellement qu’on vous recommande fortement l'acquisition, si ce n’est déjà fait de leur enregistrement intitulé Airwalkers, paru sur étiquette Clean Feed.Ce bijou d’album est fait uniquement de compositions origi- lülll! I nales, dont l’une fait écho à un roman écrit par un romancier du Zimbabwe alors qu’une autre rend hommage au saxophoniste.Elton Dean! Oui, le Dean qui s’est taillé la bonne réputation alors qu’il était membre de ce groupe extraordinaire, au sens français du terme, qui s’appelait Soft Machine.On recommande aussi l’acquisition du disque que Dresser a enregistré en solo: Unveil.Petite note: si vous aimez les sonates du vieux Bach revues et corrigées par un prêtre vaudou, alors n’hésitez pas une seconde.Cela étant, on rappelle que ce festival, qui mérite qu’on le fréquente deux, trois, voire quatre fois plutôt qu’une, se poursuit jusqu'au 30 juin.Mentionnons que jamais l’amateur qu’on prend trop souvent pour un cochon de payant n’est agressé par les interdits.Tout se confond avec émancipation.Les noms à retenir d’ici la fin?Le guitariste Niels Cline demain soir, le Sun Ra Arkestra le 14 juin, le saxophoniste Roscoe Mitchell le 22 juin et le trio tout british qui rassemble Evan Parker, Paul Lytton ainsi que Barry Guy pour ce qui a trait à la portion jazz-avant-garde-improvisa-tions du festival.Le Devoir Festival de la chanson de Tadoussac Le cœur country ISABELLE PORTER Québec — Le Festival de la chanson de Tadoussac, qui débute la semaine prochaine, a donné une place de choix cette année au quintette bluegrass Madame Moustache, nouvel écho montréalais de la déferlante country déclenchée par le mythe de Johnny Cash.«Les Québécois aiment le country, sauf qu’ils ne le savent pas, estime la chanteuse et bassiste Geneviève Néron.La musique est profondément ancrée en nous.Desjardins a fait des tounes country, Gilles Vi-gneault, Corcoran, Beau Dommage.» Perçu longtemps comme le nec plus ultra du mauvais goût, le genre est redevenu très populaire ces dernières années.Comme dit l'autre chanteuse du groupe, Julie Ross (guitare acoustique): «Maintenant, les gens s'avouent qu’ils aiment le country, ils l’assument.» Consrientes de la distance qui les sépare de NashviUe, les deux Montréalaises préfèrent dire qu’elles font du «countri».«On n ’a pas de chevaux, on vient de Montréal.Dans le fond, on est comme des coui-boys de papier, concède Geneviève Néron.Mais on a le cœur country, il a fallu s’approprier mtre country.» Les deux filles ont inventé Madame Moustache au terme d'un voyage légendaire au Festival de Saint-Tite.Puis trois cow-boys (Matthieu Vigneault aux guitares, Guillaume Duchesneau au violon et Benjamin Vigneault aux percussions) se sont joints à l'aventure, troquant leurs projets en musique actuelle, contemporaine et reggae pour quelques tours de cheval.Après trois ans sur les routes du Québec, ils viennent de lancer leur premier album, Au nom du countr(i).Douze pièces qui se succèdent au galop, avec candeur et ambiance western spaghetti.Ils ne réinveatent pas le genre mais atteignent pleinement leur principal objectif transmettre la joie et l'énergie inhérentes à leur style de musique préféré.«Notre show, c’est comme Ciné-Cadeaux [NDLR le programme d’émissions pour ea tants de Télé-Québec du temps des Fêtes]: on fait appel à la nostalgie, au retour en enfance.» Madame Moustache est une célèbre tenancière du Nevada, une «French woman •• qui vide les poches des joueurs de poker.Sur l’album, elle croise un champ de blé d’Inde, une fille qui ne veut rien savoir d’arrêter de fumer, le «Frigidaire» de John Langford.et Johnny Baguette, le boulanger de Tadoussac.En les invitant à donner cinq concerts au festival, la programmatrice Catherine Marck les ramène en quelque sorte à la maison.Parce que, à les écouter, on comprend que Tadoussac est à Madame Moustache ce que Nashville est à Willy Nelson.«On a dû jouer douze fois à Tadoussac le premier été de la tournée.La deuxième fois, les employés du Café du Fjord nous ont fait une surprise.Quand on est arrivés sur scène, ils portaient tous des chapeaux de cow-boy dans la salle!» là-bas, Ds ont écrit, composé, fait le party et même déniché leurs chapeaux.raconte Geneviève Néron.«On est allés à Nashville en se disant qu 'on allait se trou ver de super beaux chapeaux de cow-boy.Mais tout le monde nous demandait où on avait pris les nôtres, ceux qu’on nous avait donnés à Tadoussac!» Le Devoir MADAME MOUSTACHE Les 12,13 et 14 juin Au Festival de la chanson de Tadoussac ‘SSjW LES GRANDS SPECTACLES DE LA DAME DE COEUR 5!jp5p*èn+ t>ar (Tre fKiNH www damedecoeur.cofti 4S0.S49.5S28 I t 00 L £ DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A N (' H E 8 .1 T I N 2 O O 8 K .“> LA TRIENNALE QUEBECOISE 2008 Fabriqué au Québec RIEN NE SE PERD.RIEN NE SE CRÉE.TOIT SE TRANSFORME Musée d'art contemporain de Montreal Jusqu’au 7 septembre M A RI E È V E CHARRON Il ne pouvait y avoir de signal plus clair, de geste plus fort: consacrer une triennale entièrement à l'art d'ici et, qui plus est, lui réserver un traitement d’envergure.C’est le pari qu’a voulu relever le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) avec cette première édition d’un événement qui, sans le prétendre, pourrait faire partie de la solution au manque de visibilité des pratiques artistiques québécoises à l’étranger.Attribuer, localement, une attention exceptionnelle à ces pratiques devrait, à tout le moins, témoigner d’un minimum de confiance en ses moyens.Cette attention prend forme dans l’aménagement du MACM, lui qui, pour la première fois de son histoire, dédie toutes ses salles à un seul événement.Avec les quelque 135 œuvres de 38 artistes et collectifs, cette édition en met donc beaucoup à la vue, mais sans surcharger l’espace, qui n’aura jamais apparu aussi vaste et propice à mettre en valeur l’art actuel.La perception du lieu est ainsi transformée, comme celle du MACM à qui la critique a déjà reproché de reléguer la production d’artistes locaux au second plan.Même en optant franchement pour une triennale toute «québécoise», l’équipe de conservateurs savait quelle prêtait aussi le flanc à la critique.Il n’y a qu’à lire les textes du catalogue, signés par Josée Bélisle, Paulette Gagnon, Mark Lanctôt et Pierre Landry, pour y relever les précautions prises par les auteurs pour expliciter la sélection des artistes, évoquant tantôt l’absence ou non de critères, tantôt l’élection d’un titre dans l'après-coup afin de contourner les portées limitatives d’un thème défini à l’avance.Le catalogue compare aussi l’exercice de la triennale à un instantané photographique ou à un reflet de la création actuelle et de son contexte culturel.Que cette création fonctionne par cadrage ou comme un miroir, le «portrait de groupe» que la triennale défend fournit l’occasion de soulever d’autres questions délicates, comme celle de l’identité nationale, en regard du cosmopolitisme-urbain et de la mondialisation.Ces enjeux, Mark Lanctôt les examine habilement dans un texte où il dirige son attention sur les artistes de la triennale qui ne sont pas d’origine franco-québécoise et dont les œuvres, SOURCE TRIENNALE QUÉBÉCOISE 2008 Un guide masqué au Chiapas proposé par le vidéaste Emanuel Lâcha '"’-.¦•Aj V*.H Op- inais ce ne sont pas les seules, attestent d’une redéfinition de l'identité qui ne se résume pas au lieu géographique.Œuvres critiques Chapeautée par le titre Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, l’exposition réunit une diversité de pratiques.Malgré l’absence d’un thème unificateur, l’agencement des salles stimule des liens fructueux entre les pratiques de différents artistes, par exemple autour des miroirs et de la matière en mutation chez Gwenaël Bélanger, David Altmejd, Adad Hannah et Patrick Coutu dans une section importante, et absolument séduisante, du parcours.Plusieurs œuvres ressortent de l’ensemble, notamment celles de Raphaëlle de Groot avec son projet Tous ces visages, qui relève le défi de l’adaptation muséale.Des composantes visuelles et sonores rapportent les singulières séances de portrait auxquelles s’est abandonnée l’artiste, et ce, en l’absence des modèles.L’expérience est livrée par fragments; il faut s’y attarder avec la même délicatesse que l'artiste, qui, par ses annotations textuelles, rejoint les affects.D’autres œuvres travaillent avec la donne psychologique et sociale.Dans un troublant dispositif qui restitue la dignité et plonge les images dans un climat funeste, les vidéos de Romeo Gon-gora font parler des détenus repentis.Aussi tournées vers l’autre, les vidéos d’Emanuel Li-cha partagent l’expérience distanciée du tourisme de guerre.Auschwitz, Tchernobyl ou Sarajevo, les visites commentées font frissonner, rendent complice d’une indécente curiosité, attisée encore davantage dans le cas du Chiapas, résumé dans la photo d’un guide masqué.De l’humour L’affiche publicitaire de style rétro des Women with Kitchen Appliances (WWKA) détend un peu l'atmosphère par son humour, avec les captations vidéo de leurs virées déjantées et brui-tistes dans quelques cuisines privées.Des pièces majeures, comme le Black Whole Conference de Michel de Broin, la mosaïque de photos de vieux miroirs retouchées numériquement de Nicolas Baier ou encore la Fantasmagorie lumineuse de Manon de Pauw, qui pousse plus loin des stratégies visuelles explorées auparavant, ponctuent aussi avec force le parcours.Au détour d’une salle marquée par une effusion de couleurs et de motifs, où notamment figurent les sculp-tures intrigantes de Valérie Blass, se tient la froide et imposante installation des Cooke-Sas-seville, devenue l’écrin de quelques peintures de Borduas tirées de la collection du musée.Il y a encore davantage, bien sûr, et, malgré quelques œuvres plus faibles, cette première Triennale québécoise s’avère une réussite.Il faudra toutefois attendre les prochaines éditions pour évaluer la capacité de cet événement de se positionner de manière réelle sur la scène artistique et de cerner le renouvellement de la création tous les trois ans.Collaboratrice du Devoir Le catalogue compare l’exercice de la triennale à un instantané photographique ou à un reflet de la création actuelle et de son contexte culturel Duels et petits rassemblements de « notre » art JÉRÔME DELGADO Cent trente-cinq œuvres, dispersées dans tout le musée.Rassemblées sans aucun thème préétabli, sinon celui, difficile à définir, d’être de l’art québécois.Laf-faire aurait pu donner le vertige, le tournis, comme le dit une des pièces les plus en vue — Tournis, une vidéo de Gwenaël Bélanger, qui ouvre le parcours côté nord.Mais non, cette première Triennale québécoise, dont le Musée d’art contemporain rêve de faire une tradition, une fête attendue avec impatience, ne fait pas que dans la démesure.Elle le fait, oui, mais à un rythme plus que supportable.A la cadence de petits rapprochements formels, une multitude de rassemblements thématiques, certains fort cohérents.Plusieurs rassemblements, pour un ensemble divisé en deux parties, à cause de la configuration du MAC.La division, quelque peu déséquilibrée entre une partie très vidéo et une autre très peu cinétique — bien que.—, nous fait davantage passer du temps côté sud.Près de cent minutes juste pour voir les films.de Patrick Bernat-chez, la vidéo de Chih-Chien Wang, l’installation de Jocelyn Robert et une seule (sur quatre) des troublantes visites touristiques d’Emanuel Lâcha.Ajoutez le magnétisme de la bande de Manon de Pauw et d'autres vidéos à voir de ce côté et vous en aurez amplement pour la journée.Ce ne sont que des considérations de médium, on en convient.Ce qui surprend, par contre, c’est que cette expo, qui se veut une célébration de l'art, qui s’éclate par le nombre d’artistes et d’œuvres réunis, demeure, dans sa mise en place, assez conventionnelle.Peu d’œuvres dépassent leur cadre, ou leur socle, le parcours, lui, restant assez sage, faisant défiler les artistes à la queue leu leu.Seule exception: la mascotte Lo-gopagus, signée Doyon-Rivest, dont l’image se propage plus d’une fois, s’insérant entre les travaux des autres.Derrière l’apparence toute innocente du sourire niais de ces personnages siamois, le duo de Québec jette un regard sournois et satirique sur la manière assez conformiste dont on expérimente et consomme l’art Pour un art davantage de l’ordre de l’éphémère, il faudra attendre le dernier jour de l'expo et la performance annoncée du collectif WWKA (ou Women With Kitchen Appliances).C’est peu, alors que dans la réalité l’art de l’intervention a pris beaucoup plus d’importance.Visiblement, le concept «musée d’art contemporain» a du mal à se passer de l’art-objet Gongora, coup de cœur Cette expo sans thème ni direction n’est quand même pas sans queue ni tète.Le choix des quatre commissaires (Josée Bélisle, Paulette Gagnon, Mark Lanctôt, Pierre Landry) a tout de même abouti à des mariages heureux.Et audacieux.Car entre le travail très science-fiction de Stéphane Gilot, le réalisme des paysages d’Isabelle Hayeur, le karaoké de Karen Tarn, le propos féministe des WWKA et les portraits de prisonniers que dévoile Romeo Gongora, il n’y a rien en apparence qui les rassemble.Et pourtant.Ces cinq artistes, voire six si on compte une des photos de Doyon-Rivest, expriment l’impossibilité de fixer les choses par une seule définition.Les identités demeurent ambiguës, les lieux semblent en constante mutation et, en matière de création, les manières de faire sont multiples.C’est drôle à signaler, mais les œuvres de ce lot, prises séparément, ne jettent pas à terre.L’installation complexe Mondes modèles de Gilot aurait certainement gagné à se trouver dans un espace clos.Les photos d’Hayeur, aussi fortes soient-elles, deviennent de plus en plus reconnaissables.Le salon de Tarn souffre des nombreux clichés culturels qu'elle tente de dénoncer, alors que les documents du collectif féministe ne dépassent justement pas leur aspect documentaire.L’exception, et coup de cœur de toute l’expo pour plusieurs, concerne les photos et l’installation vidéo de Gongora.Les portraits grand format à travers lesquels Rui, Nico, Glen et d’autres prisonniers accusés d'homicide ou de violence se mettent à nu ont certes un aspect troublant et poignant.Aussi, le dispositif vidéo est soigné, faisant alterner les témoignages entre de lents fondus au noir et des bruits rappelant la réalité de leur monde.Un monde qui demeure de Tordre de l’irréel, de l’imaginaire, à l’instar de l’identité même de ces individus.Ailleurs, les bons moments ne manquent pas.L’explosion du miroir de la vidéo Tournis mène vers les deux colosses composés de miroir et autres éléments fragmentés — Le Berger et Is Dentiste de David Altmejd.Un miroir qui se cristallise ensuite chez Adad Hannah et qui perd, plus loin, sa fonction première dans la mosaïque Vanités 2, l’inattendue et bienheureuse nouvelle signature de Nicolas Baier.La salle réunissant Altmejd, Hannah ainsi que Patrick Coutu et Boltina Hoffmann se démarque aussi pour son thème, tournant autour du précieux et du fragile, de la statuaire et du difficile exercice do stabiliser les corps (et les âmes?).Et ainsi de suite, les différents duels opposent la transparence de Jonathan Liante (la découverte de la Triennale) et l’obscurité de I )avid Ross, le s|xx1;l culaire de Baier et la sobriété de Ra-phaëlle de Groot, et, pour le côté plus baroque de «notre» art, la peinture d’Etienne Zack et la sculpture de Valérie Blass.Collaborateur du Devoir - mm SOURCI TRIENNALE QUEBÉC OISE 2008 Un des détenus filmés par Romeo Gondora SOURCE TRIENNALE QUEBECOISE 2008 Un des troublants visages de Raphaëlle de Groot mix Wms CIRCUITS CULTURELS Il est encore temps de réserver! FESTIVAL DETANGLEWOOD, DE MARLBORO 25-26-27 juillet L'EXPOSITON DU 400e - LE LOUVRE À QUÉBEC 28 juin - 23 juillet - 23 août Et le FESTIVAL DE LANAUDIÈRE.www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 F.n collaboration avec Club Voyages Rosemont JOHANNE GAGNON Momojits d’atelier, 1990-2003 07.06.08-03.08.08 Conférence le 18 juin à 19 h EXPRESSION Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe î 450.773.4209 www.expre8sion.qc.ca expression® expression.qc.ca les A MU6BS GRANDES EXPOSITIONS ET ACTIVITÉS ESTIVALES PARTOUT AU QUÉBEC Programmation en ligne: www.musees.qc.ca Exposition L’ÂGE DE RAISON François Gougeon du 31 mai au 6 juillet Atelier Pouf-Pouf «tcompagni» 1675, ruf- Amherst, Montréal 514^08,6636 Participez au TIRAGE d’une toile d'une valeur de 200$ Inscrivez-vous en personne lors de votre visite de l’exposition OU visitez WWW.FRANCOISGOUGEON.COM Antoine Pentsch Afflux de la main aquarelle Jasqu’au 12 juillet 2008 GALERIE BERNARD 3926 rue SatoVDenis, Montréal (Québec; H2W 2M2, Tél,: (614; 277-0770 mercredi llh-I7b jeucU-vendraii llh-19h samedi 12h-17h wwwgalertebornard.ca I.K I) K V O I H K (i I.K - A M K I) I 7 K T IM M A N (HE 8 .1 IM X 2 0 0 8 Faites l’amour, et parlez-en ! Quand l’ombre Young People Fucking fait frémir les conservateurs de Harper JEAN-FRANÇOIS LEBLANC LE DEVOIR Lo réalisateur Martin Gero et la comédienne Kristin Booth ANDRE LAVOIE Martin Gero cherchait un titre accrocheur pour son premier long métrage de fiction, coécrit avec un ami de longue date, Aaron Abrams.Ce scénariste et producteur de la série télévisée Sturgate: Atlantis, qui vit a Vancouver (qu'il qualifie de "beautiful but boring»), voulait évidemment attirer l’attention en optant pour Young People Furking.Il était loin de se douter a quel point il avait visé juste, la?13 juin prochain, d’un océan à l'autre, les spectateurs vont découvrir le film qui donne de l’urticaire au gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui ne cesse de le citer comme l’exemple parfait, et ce sans l’avoir vu, d’une œuvre offensant les Canadiens, et qui |jar le fait même ne devrait, pas bénéficier des largesses de l’Etat.C’est d’ailleurs l’une des subtilités du contesté projet de loi C-10, accordant un «pouvoir discrétionnaire» a Ottawa pour refuser tout crédit d’impôt à un film achevé et au contenu moralement discutable.A en juger par la mine enthousiaste, le débit rapide et l’assurance de Martin Gero, cette controverse lui plaît, lier qu’il est de signer l’un des rares lilms canadiens-anglais «attendus avec autant d'intensité».Lorsqu’on connaît le degré d’indifférence élevé que suscite le cinéma national dans l’autre solitude, il faut parler ici d’un exploit Et preuve du caractère plutôt exceptionnel de cet engouement — amorcé l’automne dernier au Festival de Toronto devant des salles combles —, notre rencontre se déroule dans la suite spacieuse d’un hôtel chic de Montréal, pas tout à fait le repère habi-tuel de tous les jeunes cinéastes du Canada anglais que j’ai rencontrés au fil des années.Faire rire.Même si Martin ( iero ne se prive pas de dire «un grand merci» au gouvernement conservateur pour cette publicité gratuite, il baisse le niveau des attentes.«Notre but premier, c’est de faire rire, affirme le cinéaste, et surtout pas de choquer ou de faire un portrait de génération: ce serait trop prétentieux.Aaron et moi, nous adorons les comédies romantiques, mais elles finissent toujours après le premier baiser» Or, comme son titre l’indique trop bien au goût de certains, on ne tait pas que s’embrasser dans Young People Fucking.En l’espace d’une nuit, cinq couples, dont l’un va solliciter la présence (très active) d’une troisième personne, vont vivre, en six étapes clairement identifiées, les hauts, les bas et les détours d'une aventure sexuelle où le mot «aventure» prend ici tout son sens.Des anciens amants vont se retrouver, des collègues de travail feront des heures supplémentaires à l'horizontal et un jeune couple (dont l’actrice Kristin Booth, présente à Montréal au côté du cinéaste) déjà rongé par les vieilles habitudes saura pimenter sa routine sexuelle.Ce ne sont que quelques-unes des situations cocasses et coquines de ce film dont les limites du budget (1,5 million de dollars) se reflètent aussi dans la minceur des costumes.Ces personnages vivent leurs histoires en parallèle et Gero ne voyait pas «la nécessité de les unir», a la Robert Altman par exemple.Avec Aaron Abrams, également à l’écran dans le rôle de l’ami souhaitant devenir l’amant d’une copine plantureuse, Gero voulait explorer «des situations très personnelles où le sexe crée de multiples conflits».Et il se défend de noircir la vie sexuelle active et débridée des jeunes dans la vingtaine.«Le sexe, ce n’est pas toujours aussi compliqué, mais quand ça ne l’est pas à l’écran, ça devient de la pornographie.» Or, en multipliant les dialogues salaces et les positions délicates, non seulement Gero exigeait-il de ses acteurs le meilleur d’eux-mêmes, mais le plus souvent dans leur simple appareil (tout en restant dans les limites de la pudeur, puisque nous ne sommes pas chez Catherine Breillat).Et si le scénario à quatre mains fut écrit en six mois, le casting s’est échelonné sur plus d'un an.«On a m environ 1000 acteurs à Montréal, Toronto, Vancouver et Los Angeles.Beaucoup ont refusé de participer au film, à cause du langage ou par peur d’être nu devant la caméra.Je les comprends: je ne le ferais pas non plus!» L’autre défi était de boucler chaque histoire en quelques jours de tournage, et pour les acteurs d’être devant un partenaire que certains ne connaissaient même pas avant le premier coup de claquette.«Il a fallu faire confiance aux acteurs, et à notre instinct pour les associer, précise le cinéaste.Non seulement ils sont tous bons, mais ils furent très bons les uns envers les autres.Je ne sais pas si vous connaissez les acteurs, mais en trouver onze trà sympathiques pour un même film, c’est rare!» Presque aussi rare en somme que des conservateurs ayant le cœur à rire.nr- i i V Vendredi 20 juin 18 h MATHIEU BÉLAND 19 h 45 JP LeBLANC 21 h 45 VINCENT VALLIÈRES Spectacles : Gratuits jusqu'à 17 h 30 • Soiree Interdit d'apporter contenants en verre et boissons alcoolisées Le forfait spectacles : Cinq laissez-passer pour 35 $ en vente jusqu au 16 juin dans les librairies du Soleil de Hull et d'Ottawa, chez Sol Epicerie Santé d'Aylmer, À l’Echelle du Monde de Gatineau et à la librairie Rose-Marie de Buckingham.Entree gratuite pour les moins de huit ans (preuve d'âge obligatoire) Service de navette continu et gratuit du 20 au 24 juin entre 18 h 45 et 23 h 45 du parc-o-bus des Galeries Aylmer.*»*» L'autobus vous y amène! www.sto.ca ou 819 770-3242.L autotHia ~T0 M iXT tIT1, \ L’Outaouais en fête, les grandes festivités nationales du Québec, remercie : Commanditaires de prestige : l’aucoM jTO Samedi 21 juin 16 h LE FESTIVAL DE MONTGOLFIÈRES DE GATINEAU .est de la fête! 18 h GUR00VES 19 h 45 MARCO CALLIARI 21 h 45 STEFIE SHOCK Dimanche 22 juin Toute la francophonie fête! 16 h LE FESTIVAL DE MONTGOLFIÈRES DE GATINEAU .est de la fête! 18 h SLO) 19 h 45 RICHARD SEGUIN 21 h 45 ZACHARY RICHARD 23 h 15 FEU DE JOIE Lundi 23 juin 18 h JEAN-PHILIPPE BARRETTE 19 h 45 DUMAS 21 h 45 CLAUDE DUBOIS 23 h 15 LES GRANDS FEUX D'IMPÉRATIF FRANÇAIS Mardi 24 juin La fête nationale du Québec 11 h 12 h 13 h 15 h 18 h 19 h 45 21H45 23 h 15 LA TRADITIONNELLE MESSE DE LA SAINT-JEAN Au parc de l'Imaginaire, DU GOSPEL EN FRANÇAIS! Au parc de l'Imaginaire, L'ÉCODÉFILÉ : Thème : 400“, je t'aime! Thème musical : Le tintamarre.Costume Bleu! Bleu! Bleu! Rassemblement : Super C des Galeries Aylmer MONOCYCLiSME ET JONGLERIE, JEAN-GUY BEAUDRY sur une seule roue! LES LANGUES DE CHEMISE NANETTE WORKMAN PAGLIAR0 PEU DE JOIE Programme complet : www.iniperadf-francais.org am l^lMpERATir A LOUTAOUAtS en fète Irançaîs Partenaires de prestige : Gatineau Partenaire Q>hii»i officiel : t**— Commanditaire rf de privilège : Bt 1 Partenaires médiatiques : î*t.ÎÇr X, tv» tint LeDroit II DtWIR «SF 153 •o*l 7 fm IT * ' .ffl “Revue Collaborateur du Devoir ARCHAMBAUmi Une compvvjnh .le Quel « .* Media PALMARÈS DVD Résultats des ventes: ___ du 27 mai 2 juin 2008 RAMBO NATIONAL TREASURE 2 : BOOK OF SECRETS RUMEURS SaisoM J LES MYSTÉRIEUSES CfTÉS D'OR P01R0T Coffrets i 24 Saison 1 | PHlUPPt NOfftET 3 grands films NOS ÉTÉS Saison 4 M ANfiÉUQUf U Collection complète PRINCE RODOLPHE : L'HÉRITIER DE SISSI MMANA JONES Tfie Adventure Collection JEAN RABIN 3 grands films 400* ANNNERSARE DE QUÉBEC DARFUR NOW CJL Saison 2 MARTIN MATTE Comment devenir excellent PM NOT THERE LES TROtS ACCORDS EN BEAU COUNTRY LOST Seasons DUCK, YOU SUCKER passe à la lumière STANDARD OPERATING PROCEDURE Réalisation: Errol Morris.Musique: Danny Etfman.Montage: Andy Grieve.Image: Robert Chappell et Robert Richardson.117 min.ODILE TREMBLAY Sans doute le documentaliste le plus habile et le plus ambigu des États-Unis, Errol Morris possède un style aux antipodes de celui de Michael Moore, tout en s’efforçant comme lui de déculotter la bonne conscience de sa société.Le cinéaste de l’extraordinaire The Thin Blue Line, qui avait fait capoter une exécution capitale, et de The Fog of War sur le stratège des administrations Kennedy et Johnson, trempe brillamment la caméra dans la plaie.A la fois magicien et manipulateur, Morris ressort ici les photos scandaleuses qui ont fait hurler le monde en 2003 après l’invasion du pays par Bush et ses alliés et la quête d’un Saddam Hussein alors introuvable: détenus irakiens nus et encagoulés, raillés et humiliés par de jeunes militaires.Les interviews de plusieurs militaires et enquêteurs impliqués dans l’affaire sont entrecoupées de scènes reconstituées, de jeux de caméra, de gros plans sur des barreaux, des instruments de torture, des fourmis menaçantes, des fondus sur les lettres des soldats d’Abou Ghraib.Le traitement cinématographique, si sophistiqué (trop parfois), de Morris ajoute un filtre supplémentaire aux faits narrés et montrés.Le film pose en contrepoint les questions sur les événements d’Abou Ghraib, qui marquent un point tournant dans l’impunité des militaires occidentaux en matière de torture et d’humiliation des prisonniers de guerre.Ces méthodes, pourtant en violation des accords internationaux, sont monnaie courante en temps de guerre, chaude ou froide, mais les nouvelles technologies (téléphones cameras, videos, courriels, etc.) rendent aujourd'hui les fuites incontrôlables.L’ombre passe a la lumière.Standard Operating Procedure est souvent insoutenable.Les humiliations répétées, livrées par les fameuses photos et les vidéos, les témoignages et les reconstitutions soulèvent le cœur.Mais c’est la nai1 veté, la sottise cruelle des jeunes militaires qui frappe, fl faut voir le regard brisé de la jeune Lynndye London, qui a acquis une triste célébrité en posant avec un prisonnier en laisse.Son amant plus âgé, Chuck Graner, âme damnée derrière ces dérapages, toujours emprisonné, n’a pu être interviewé.Le documentaire, fascinant, sty-listiquement remarquable, invite à regarder la laideur des guerres sans se contenter d’accuser quelques tètes brûlées.Il montre aussi le lavage de cerveau des soldats en cause.Aucun Américain dans cette prison d’enfer ne semble comprendre que le peuple irakien, envahi, pouvait, de son propre point de vue, juger légitime de défendre son pays.Le documentariste tente d’aller au-delà des images, comme il l’avait fait dans A Thin Blue Line.Et si les jeunes soldats (dont plusieurs furent par la suite incarcérés) avaient été manipulés par des supérieurs?Oui, les ordres venaient d’en haut Mais ce constat n’excuse pas tout et l’appel de Morris à interpréter les photos plutôt qu’à lés avaler telles quelles ne convainc pas toujours.Il prouve du moins que la prise de photos (plutôt que les humiliations des détenus) a valu à ces soldats la Cour martiale, tant ceux-ci embarrassaient le gouvernement améri-cain.Standard Operating Procedure est une œuvre magnifique, troublante et irritante.Sa virtuosité l’éloigne du réel.Les témoignages recueillis nous y ramènent, mais l’ambiguité de Morris, en bousculant le spectateur, lui retire ses certitudes.Là est son coup de maître.Le Devoir - K® SOURCE MONGREL MEDIAS Le film pose en contrepoint les questions sur les événements d'Abou Ghraib, qui marquent un point tournant dans l'impunité des militaires occidentaux en matière de torture et d’humiliation des prisonniers de guerre.Panda pour tout-petits KUNG-FU PANDA Réalisé par Mark Osborne et John Stevenson.Scénario de Jonathan Aibel et Glenn Berger.Avec les voix, en version originale, de Jack Black, Dustin Hoffman, lan McShane, Angelina Jolie, Lucy liu, Jackie Chan, Seth Rogen, Randall Duk Kim.États-Unis.2008.88 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Depuis Toy Story, l’animation assistée par ordinateur a considérablement évolué.Même entre le premier long métrage entièrement réalisé de la sorte et sa suite.Toy Story 2, produite quatre ans plus tard, les avancées technologiques étaient manifestes.Depuis, les studios Disney, par l'entremise de Rxar, enchaînent les succès critiques et populaires: Monster Inc., Finding Nemo.The Incredibles, Cars.Ratatouille.Si d’autres studios ont également connu quelques réussites, notamment Dreamworks avec la série Shrek, une aura particulière entoure toujours les productions Pixar, qui demeurent dans une classe à part Kung-Fu Panda n'est pas de Rxar.Jack Black prête sa voix et sa dégaine à Po.un panda obèse qui a la vilaine habitude de «manger ses émotions».Po rêve de devenir un grand guerrier et de servir auprès des cinq héros qu'il admire: Tigress.Monkey.Mantis, Viper et Crane.Par un concours de circonstances qu'il convient de ne pas révéler.notre dodu compagnon verra son vœu exaucé.Bien entendu, sa présence ne plaira pas à toute la bande.Ce sera l'occasion d’une belle leçon d’ouverture, quoiqu'un peu vite expédiée, mais bon.l’intention est là Phis tard.Po devra affronter le terrible Tai Lung, revenu se venger de Shifu, leur maître à tous.Voilà pour les grandes lignes.Réalisé avec dynamisme et un souci esthétique marqué, Kung-Fu Panda est le premier long métrage de Mark Osborne et John Stevenson, qui ont tous les deux collaboré dans le passé, de près ou de loin, avec le département d’animation de Dreamworks.Stevenson fut d’ailleurs l’un des artisans de Madagascar, du même studio.Ce long préambule a pour but d’établir la compétence de chacun, car à l’écran, leur savoir-faire est indiscutable.Techniquement donc, le film est très réussi.Certaines images sont éblouissantes.Les scénaristes n’ont pas eu la main aussi heureuse, Kung-Fu Panda est certain de plaire aux enfants, mais contrairement aux films mentionnés en introduction, il risque peut-être d'ennuyer leurs parents.Le deuxième degré dispensé dans les premiers élève souvent le niveau du scénario de telle sorte que chacun y trouve son compte.Ici, on se cantonne au primaire.Apres la huitième blague sur le poids de Po, on espère avoir fait le tour.En vain.On se demande en outre quel est au juste le message qu’on essaie d’envoyer, puisqu'une scène montre les cinq héros originaux se moquer de la corpulence du panda, ignorant que celui-ci est juste derrière eux.On envoie les violons et c’est bien triste.saut lors des trente-huit autres fois où le spectateur est censé en rire, lui aussi.Peut-être cette critique est-elle trop sévère.Après tout elle émane d'un gars qui n'est féru ni d'animation ni de Jack Black.Si vous êtes plus réceptifs à l’une ou l'autre donnée en présence, amenez-y vos tout-petits.Sans doute passerez-vous tous un agréable moment Collaborateur du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 .1 l I N 2 O O S « Dm diitofms pfciUaMs dlntalltfWK*.» Un baiser s'il vous plaît Un fiba de Emmanuel MOURFT PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE SSSKSSS ANGEL / FRANÇOIS OZON etç X^C e n t r i s ’ EX-CENTRIS.COM/S14.847.220S Venau Mer : 14hOS 1GN3S 19H10 21H40 |eu.14hOS 16h3S Au revoir les enfants THE CHILDREN OF HUANG SHI Réalisation: Roger Spottiswoode.Scénario: James MacManus, Jane Hawksley.Avec Jonathan Rhys Meyers, Radha Mitchell, Chow Yun Fat Michelle Yeoh.Image: Zhao Xiaoding.Montage: Geoff Lamb.Musique: David Hirschfelder.AustralieGhine-Allemagne, 2008,125 min.ANDRÉ LAVOIE George Hogg ne possède pas une auréole aussi grande que celle du Canadien Norman Bethu-ne dans le cœur des Chinois.Ce journaliste anglais est pourtant une figure héroïque que rien ne préparait au titre de sauveur, si ce n’est sa naïveté: il a donné à une soixantaine d’orphelins autre chose qu’un ticket pour la mort à une époque sanglante.L’envahissement de la Chine par le Japon dans les années 1930, alors que trois factions s’affrontaient (les communistes, les nationalistes chinois et l’armée japonaise) , allait provoquer son lot de drames et de massacres.Certains sont illustrés avec un évident souci de réalisme dans The Children of Huang Shi, du cinéaste canadien Roger Spottiswoode, à la tête d’une coproduction internationale où le Canada brille d’ailleurs par son absence.Et c’est grâce à la curiosité d’un autre journaliste anglais, James MacManus, si l’histoire de SOURCE MONGREL MEDIAS James MacManus débarque en Chine avec l’intention de raconter au monde les horreurs quotidiennes subies par le peuple chinois.Hogg est devenue autre chose qu’une stricte légende chinoise.Ce jeune homme plus carriériste qu’idéaliste (Jonathan Rhys Meyers, parfois trop séduisant et propret pour un correspondant de guerre) débarque en Chine avec l’intention de raconter au monde les horreurs quotidiennes subies par le peuple chinois.Son imprudence, sous la bannière empruntée de la Croix-Rouge, le conduit dans une ville dévastée par l’armée japonaise.Capturé et sur le point d’être éliminé, il est sauvé in extremis par «Jack» Chen (Chow Yun Fat), un ardent communiste, et Lee (Radha Mitchell), une infirmière américaine travaillant pour Entre deux chaises 99 FRANCS Réalisation: Jan Kounen.Scénario: Jan Kounen, Nicolas et Bruno, d’après le roman de Frédéric Beigbeder.Avec Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille, Vahina Giocante, Elisa Tovati, Nicolas Marié, Dominique Bettenfeld, Frédéric Beigbeder.Image: David Ungaro.Montage: Anny Danche.Musique: Jean-Jacques Hertz et François Roy.ODILE TREMBLAY 9 9 francs est de ses films français qui possèdent une valeur commerciale mais s’essoufflent tentent de marier cynisme et dénonciation sociale mais finissent par s’affaler entre ces deux chaises.Alors que le roman de Frédéric Beigbeder avait au tournant du millénaire, jeté un pavé dans la mare en révélant les dessous du monstre publicitaire, le film emprunte ici des ornières maintes fois balisées.Ce qui n’empêche pas la drôlerie de plusieurs situations et répliques (Beigbeder avait au départ le sens de la formule), surtout quand elles s’insèrent dans la veine cynique.Proche de Fight Club mais en moins habile, 99/hj «es est porté par le charisme et la séduction de Jean Dujardin, vrai clone de Beigbeder, en mode survolté.L’interprète de Brice de Nice relève le défi haut la main d’être cet Octave à la fois séduisant imbuvable et attendrissant Rappelons que l’action se situe dans une énorme agence de publicité parisienne, où Octave (Dujardin), coké, coureur de filles, est rédacteur.Ajoutez une faune: patrons, collègues, filles, tous plus ou moins décadents et ridicules, qui offrent quelques joutes verbales assez hilarantes.Le cynisme est roi dans un milieu où tout se vend, mais Octave voit sa vie basculer: une histoire d’amour qui tourne mal, une campagne de pub pour le yaourt Danone qui vire en eau de boudin.Voilà IL S’EN PASSE DES CHOSES AU PARC ! Helvetica Tous les soirsà19hOO « Un chef-d’œuvre de design.» Offris frOCKi xxE Tous les jours à 17h00 ef 20h30 « Un must pour les filles de tout âge et les amateurs de rockumentaires.« version originale espagnole, S.-T.F.19h15 / S.-T.A.21h00 «Le cinéma argentin, une fascinante vitalité.» on nm MEC nVftD DERNIÈRE semaine POUR LES OSf rMLIWIEO U Un grands prix de cannes t < | 3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT r^iu^MA nii dad/» 3575 Du Pure 514-281-19001 www.cinemaduparc.com LE ROYAL BALLET PRÉSENTE EN HD ROY \l oi'l H \ tlol SK •wwwiTT >h.< •ryuk/movtcs O P U S A R T E LES CONTES DE Beatrix Potter Un ballet pour toute la famille! Le dimanche 8 juin 13h à Ex-Centris Billets en vente dès maintenant ! 20$ (adultes) /12$ (14 ans et moins) -— > e x c e n t r i s DigiScreen EX-CENTRIS (S14) 847-2206 / www ex-centris com la Croix-Rouge, elle en toute légalité.Pour sa sécurité, Jack force George à trouver refuge dans un orphelinat aux allures de palace en ruine où vivent une soixantaine d’enfants au ventre creux.Le séjour, douloureux pendant quelque temps, se révèle fort instructif pour George, qui se découvre des qualités de leader et un amour insoupçonné pour ces gamins, transformés par sa présence.Mais lorsqu’il découvre que les nationalistes s’apprêtent à les enrôler de force contre l’ennemi japonais, il entreprend, avec l’aide de Jack, de Lee et le soutien indéfectible d’une riche marchande (Michelle Yeoh, chacune de ses trop rares apparitions devient un moment de grâce), un voyage impossible à travers les montagnes jusqu’au désert de Gobi.De telles prouesses dans un climat historique aussi agite nécessitent des moyens à la hauteur de ce désordre.Roger Spottiswoode n’en manque pas, se prenant parfois, sans l’égaler, pour David Lean, et ce, à grand renfort d’explosifs et de paysages à couper le souffle (la touche exquise de Zhao Xiading, le directeur photo de Zhang Yimou).C’est un confort financier que procurent les coproductions internationales, allant de pair avec les compromis inévitables, dont cette omniprésence de l’anglais dans une Chine pas encore convertie aux splendeurs et misères du capitalisme.Après fai serré la main du diable, Roger Spottiswoode décrit de nouveau les mésaventures d’un Occidental au teint pâle et un peu naïf débarquant dans lui monde dont U ignore les codes, dépassé par les événements avant de les saisir à bras-le-corps, la démonstration ne manque pas d’élégance cinématographique, mais tout cela est trop souvent filmé sous le mode tourisme de luxe à saveur humanitaire, versant aussi dans l’anecdotique sympathique dans la portion du film concentrée dans l’orphelinat.Cet académisme stérilise quelque peu ce désir de dénoncer les affres de la guerre et la misère d’un peuple, surtout de ses enfants.Collaborateur du Devoir qu’il décide de mordre la main publicitaire qui le nourrit.Avec sa salade de saison, l’univers de Beigbeder (tout comme celui de l’écrivain Michel Houelle-becq) est novateur à très court terme: un an ou deux, pas plus.Le temps de le porter à l’écran, hop! Le voici dépassé.99 francs, parfois moins noir que Iç roman fia scène du meurtre aux Etats-Unis devient un accident), se veut aussi plus militant antipub que le livre, mais son message semble en définitive plus naïf qu’autre chose.Jan Kounen, cinéaste de Doberman et de Blueberry, influencé par Jeunet et Caro (mais en plus trash), a réalisé beaucoup de films publicitaires, d’où ce rythme trépidant collé souvent au clip, qui amuse mais finit par exaspérer.Il lance des images à la volée, les entrechoque, compense une caméra assez laide par le surréalisme de plusieurs scènes et une pulsion de modernité lancée vers sa catastrophe.Kounen multiplie les références cinématographiques: la première et la dernière image (pub idyllique sur une plage tropicale) sont empruntées à Barton Fink, des frères Coen.Des musiques d'il était une fois dans l’Ouest, A'ln the Mood for Love appuient les émotions correspondantes: affrontement ou amour, etc.Il y a de bonnes idées, même si certains gags visuels tombent à plat: les caméos de Beigbeder, par exemple.La seconde partie, qui prend de vraies libertés par rapport au roman, aligne les dénouements jusqu’à plus soif, se cherche désespérément un ton et s’entortille dans l’amas de ses fils.On a décroché depuis belle lurette.Dommage! Le Devoir FKSTTVAI, DE CANNES PRIX DU SCÉNARIO - PRIX DU JURY ŒCUMÉNIQUE PRIX DE LACADÉMIE DU CINÉMA ALLEMAND GAGNANT DE 4 LOLA ?« Une fresque remarquable (.) que le spectateur ressentira dans sa chair tellement le portrait est émouvant Et Juste.Bien plus qu’un excellent long métrage.De l'autre côté est en effet un film important > « Le résultat est une excellente surprise.» LE PARISIEN « C'est remarquablement filmé et superbement interprété.» DUJARO,M V- OWGINAIC AVEC SOUS-TTÎHES FRANÇAIS Uw la loura 14:46 -17:06 • 1920-2126 EX-CENTRIS ____ V ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS G ITT.AMC Q.ZZ] ta» te Jour* 1*10 : FORUM 221 .iku-imo-jiss miMM JAN KOUNEN A L'AFFICHE! roÛART^uml (CINÉMA |-r.twtMA ———i I— MtOA PLCr-aura-, —, Ixsm rai-sosollST-EUyTACHE || POWT-VUU Ifl] ! bouchebvilleI foÀfïw KÂÜ] finiERBWOOKl rTÊ CLAP ! consultez i£$ guccs-hormres des cinémas CkUE SE cache-t-il derrière le scandale Dès PHOTOS D’ABOU GHRAÏB?DU RÉALISATEUR DE «THE FOG OF WAR», LAURÉAT AUX OSCARS INSTRUCTIF ET IMPERTURBABLE!» -ffetar Guzman.NEWSDAV «UNEEXPÉRIENCE PUISSANTE» -Jeffrey Lyons, NBC/Reel TALK «INTENSE ET INOUBLIABLE» -Retard Corliss.TIME MAGAZINE GAGNANT FES™^ nu film de OURS D'ARGENT TRIBECA FESTIVAL DU FILM DE BERLIN 2008 SÉLECTION OFFICIELLE 2008 UN film DE ERROL MORRIS PROCEDURES STANDARD WWW BOWTCLAIttCt COW SONY PICTURES CLASSICS' • de STANDARD OPE RATING PROCEDURE participant* nDGtTOQOj© A L’AFFICHE ! vertaon originale anglaise avec tous-titres français version originale anglaise CINÉMAS AMC BKWTWS aJErarr [le forum 22 Petites filles à la guitare GIRLS ROCK! Réalisé par Aniç Johnson et Shane King.Etats-Unis.2(X)7.ÙO min.FRANÇOIS L É V E S Q l) E Ct est malheureux mais le rock demeure, aujourd'hui comme hier, trop souvent une affaire dilemmes, par opposition au monde de la pop qui, lui, met en avant nombre de chanteuses adulées (même dans leurs déboires): Britney Spears, Hillary Duff, Avril La-vigne, Gwen Stéfani et la doyenne, Madonna, pour n’en nommer que quelques-unes.Girts Koch! n’a que faire de ces dames-là.Le documentaire examine la germination du rock au féminin et se désole, entre autres constats, que si peu de femmes parviennent à s’exprimer à travers ce genre musical qui reste (à quelques exceptions près, certes) une chasse gardée masculine.Or c’est justement cette injustice qui a poussé, au début du millénaire, un groupe de musiciennes à fonder le Rock N' Roll Camp for Girls.Lasses de vivre en marge de la planète rock, ces dernières ont décidé de donner à la jeune génération les moyens de leurs ambitions.Perdue dans la campagne de l'( )regon, l’institution accueille maintenant chaque été environ une centaines de participantes, âgées de huit à dix-huit ans.La mission est noble et les monitrices, visiblement dévouées à la cause.Le documentaire d’Arne Johnson et de Shane King possède ces mêmes qualités.Pourtant, cette visite au camp ne s’avère guère mémorable.Peut-être le résultat aurait-il été plus captivant si les cinéastes s’en étaient tenues au lieu lui-même et à ses jeunes pensionnaires.De fait, le parcours, les opinions et les espoirs des gamines Am et P.ilace, huit ans, et de leurs aînées, Misty, dix-sept ;uis, et Luira, seize ans, sont ce que le documentaire a de plus intéressant à offrir.Toutes quatre s'ouvrent sans pudeur aucune et contient devant la caméra des confessions souvent bouk'wrsantes de candeur.Issues de milieux socioéconomiques différents et ayant connu des fortunes diverses, ces jeunes filles jikut-tent d’emblée le propos dans une réalité bien tangible, en plus de constituer un échantillonnage assez représentatif de la cohorte.D’une présence beaucoup moins pertinente, leurs monitrices livrent des témoignages convenus et riches en «f’érw touchant», qui si1 recoupent et finissent vite par lasser.Dans sa tonne finale.Girts Rock! souffre en outre d'un mal qui ;ifflige trop de documentaires à portée so eiologique: un bon sujet, de bonnes intentions, mais peu ou pas de qualités dnématographiques.On assiste ainsi, sous prétexte de coller au réel, à une succession d’images jias toujours liés bien filmées, souvent ré-pétitives et sans grande cohésion.Ce principe, la cohésion, n'est pourtant jias l'ennemi de la Vérité.En resserrant leur propos, en choisissant leurs sequences et en les disjx)-s;uit en un enchaînement cohérent, les réalisateurs s'en seraient trouvés avec une œuvre beaucoup plus signifiante.Dans son état actuel, le film jjeine à se tenir, faute de structure.Si Girls Rock! est entrecoupé çà et là de segments en collage animé présentant différentes statistiques, l’ensemble demeure informe ou, au mieux, embryonnaire.Dommage, car ces lilles-là ont vraiment quelque chose à dire et on eût souhaité jxmr elles une meilleure tribune.Collaborateur du Devoir SOURCE CINÉMA DU PARC Girls Rock! examine la germination du rock au féminin.APRES M VIE DES AUTRES LES FAUSSAIRES E E DE L’AUTRE CÔTÉ.LÉ NOUVEAU FILM ALLEMAND ACCLAME DANS LE MONDE ENTIER GERMAN AWARDS 2007 Meilleur film • Meilleure Actrice MEILLEUR FILM \ / PRIX DU PUBIIC\ lestivol de Shonghoi a ?.Festivol do SonJffMfto S festivol de Reykjavik ¦y lesti|*Mf Genève y S DES LE VENDREDI 13 JUIN! ?« Ce que Robin met en lumière dans ce documentaire fouillé est extrêmement perturbant.» - Aleski K.Lepage, La Presse «Une sorte d’Erreur boréale qui cible cette fols une multinationale accusée de faire main basse sur l'alimentation planétaire.» - Louis-Gilles F rancœur, Le Devoir •kiririr «Enfin, un éclairage inédit sur Monsanto.Le résultat est percutant.» - Valérie Lesage, Le Soleil un «m je Marie-Monique Robin IÆ MONDE SELON MONSANTO DE LA DIOXINE AUX OGM, UNE MULTINATIONALE QUI VOUS VEUT DU BIEN www.onf.ca/Temondefelonmontanta PRESENTEMENT À L’AFFICHE VOTEZ LA BANDE ANNONCE AO WWW.STANOARDOPERATIN6FNOCEOUNEMOVIE.COII VERSION FRANÇAISE rL, r1 "CINÉMA -j f enOMEMAZ*» K LÉVIS y CINÉMA tay -1 EIKWT1H eALVtlV.[ LE CLAP 11 CINÉMA LIDO I 8TE-ADÈLE | Cl VERSION ANGLAISE [le FORUM 22~ CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS I, E i) E V 0 I R .L E S S A M E I) I ET 1) I M A X C H E 8 J I I X 2 0 0 8 K « 1 1 \ INEMA Un ange cornu aux ailes de satin ANGEL Ecrit et réalisé par François Ozon, d’après un roman d’Elizabeth Taylor.Avec Romola Garai, Michael Fassbender, Icicy Russell, Sam Neill, Charlotte Rampling, Jacqueline Tong.France-Angleterre, Y‘A min.FRANÇOIS LÉVESQUE Depuis dix ans, chaque nouveau long métrage de François Ozon reçoit invariablement un accueil tranché: on adore ou on déteste avec un égal enthousiasme dans l’éloge ou dans l’insulte.On aime se répandre sur l’humour noir (Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, H Femmes) ou l’étrangeté de l'entreprise (Sitcom, Les Amants criminels).Surtout, on se repaît de la forme très achevée (Swimming Fool, 5 x 2), on admire les plans aussi admirablement cadrés que composés.Pour plusieurs, toutefois, cette inclinaison ne fait qu'exacerber un manque criant de substance.On parlera volontiers de beauté sans âme, de drame sans émotion.À ces reproches, on serait tenté d’opposer Le temps qui reste, en vain sans doute.[lus 8 Femmes que Sous le sable (quoique), Ange/ est un autre portrait de femme logeant à l'enseigne de l’étrangeté et de la folie, qui se situe résolument dans la veine kitsch de l’auteur.La femme du portrait, c’est Angel Deverell, une adolescente du XIX' siècle décidée à devenir une star de la littérature.Et c’est ce qui se produira, malgré une prose ampoulée et des critiques assassines (une boutade?).Avec le succès vient la richesse et avec cette dernière, l’amour, dans cet ordre.Et comme il ne saurait être de mélo sans drame, Angel devient le témoin de son mariage raté, de son existence insipide puis de sa déchéance, emmurée dans sa demeure vétuste, oubliée et folle, telle l’héroïne gothique d’un de ses mièvres ouvrages.Si les clins d’œil y sont nombreux (Gone With the Wind, Rebecca, The Heiress et le Madame Bovary de Minnelli), Angel s’avère davantage une relecture du mélodrame qu’un hommage au genre, contrairement, par exemple, a Far From Heaven, de Todd Haynes.Dans le role-titre, qu’on imaginerait injouable, Romola Garai (Atonement) est épatante, à la fois intense et désincarnée.Lucy Russell (L’Anglaise et le Duc) fait également forte impression dans le rôle de Nora, la belle-sœur dévouée.En bellâtre tourmenté, Michael Fassbender convainc.Sam Neil et Charlotte Rampling, l’éditeur et son épouse cynique, ajoutent quant à eux un supplément d’intelligence et de panache à l’entreprise.De prime abord, le fdm s'annonce aussi rebutant que l’héroïne qu’il met en scène.On se demande alors ce qui a poussé Ozon à adapter cet obscur roman d’Elizabeth Taylor (non, pas l’actrice), lui-même basé sur l’histoire d’une véritable romancière mais sonnant surtout comme du mauvais Henry James (aucun titre ne me vient).Antipathique et narcissique, jolie sans être belle, Angel dérive aussi bien de Kate, de Wings of the Dove, que de Catherine, de Washington Square.Sauf qu’au final, Angel, la femme et le film, fascinent.Sans doute ce personnage en constant décalage avec son entourage, les modes et son époque aura-t-il eu le même effet sur François Ozon.Ou alors c’est que la perspective de tourner un roman Harlequin déjanté avec une distribution respectable était tout bonnement irrésistible.Collaborateur du Devoir V* gp François Ozon sur le plateau de tournage d’Angel SOURCE FILMS SEVILLE François Ozon ou l’imaginaire comme réalité lx's ressemblances et similitudes que l’on se plaît à observer, d’une œuvre it l’autre, sont le lot des artistes conséquents.Ainsi, on ne s’étonnera pas de trouver dans Angel, de François Ozon, certains recoupements avec ses films précédents.FRANÇOIS LÉ V ESQU E Dans Swimming Fool, Charlotte Rampling jouait Sarah Morton, une écrivaine douée mais en paiv ne d’inspiration.Dans Angel.Romola Garai campe Angel Deverell.une jeune auteure prolifique.mais sans talent «Après le tournage très exigeant de 8 Femmes, je ne me sentais pas prêt à affronter une autre grosse pro-duetion, fai donc préféré tourner Swimming Pool, qui s'est tout de même realise dans la mouvance de ma lecture du roman [Angel] d'Elizabeth Taylor.Dans Swimming Pool, la relation entre Sarah et son éditeur découle de cette lecture.Et dans les deux cas, il s'agit d'autoportraits cachà.Ça m intéresse toujours de montrer le processus de la creation.Dans Swimming l’ool,/r montrais comment l’imaginaire de l'artiste se mêle au réel afin de faire exister un livre, alors que dans Angel, on a affaire à une artiste qui melange un peu trop les deux.'’ De fait, Angel Deverell suivra obstinément, et jusqu’à la fin de sa vie, la trajectoire de ses héroïnes romanesques.Au-delà des apparences À l'instar des Jezebel, Scarlett O’Hara et Emma Bovary qui l’ont précédée.Angel Deverell se présente initialement comme un personnage antipathique dont la profonde humanité se révélera dans le malheur.Sachant cela, on comprend sans peine qu'Ozon a choisi d’inscrire le film dans la veine kitsch de son oeuvre, les trois héroïnes susmentionnées ayant prêté leurs déboires à de flamboyants mélodrames hollywoodiens desquels le réalisateur français se réclame, ne serait-ce que le temps d’un film.S’il affirme les avantages de l’expérience, ce traitement visuel luxuriant demeure tout à fait synchrone avec celui privilégié dans Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et 8 Femmes.De fait le cinéaste propose généralement une approche plus fantaisiste en matière de contexte historique, tandis que le présent jouit d’un traitement beaucoup plus sobre, quoique tout aussi stimulant en regard de son esthétique.«Ce qui m'intéressait ici.c'était de montrer la vie telle qu'Angel se la représente.Four illustrer le paremers de cette jeune fille qui confond sa vie avec la fiction, il fallait que moi, en tant que metteur en scène, je suive son point de vue, que je l'adopte.D'où, à certains moments, ces effets de distanciation, comme le recours aux projections lors de balades en voiture, par exemple.Il me semblait que le recours à ces procédés était une bonne façon de montrer qu'Angel vit dans un monde imaginaire.Et c'est vrai que dans mon cinéma, il y a deux veines.Ily a un cinéma qui est trà épuré, très réaliste et qui essaie de suivre au maximum les personnages en étant en empathie avec eux, en les accompagnant, comme dans Sous le sable ou Le Temps qui reste, et il y en un autre qui est plus dans la distanciation, dans la théâtralité et dans une fiyrme d’artifice.L’idee, dans ces films-là, est de foire émerger la vérité du personnage dans l'artifice, parce que ce sont souvent des personnages qui vivent plus dans leur imaginaire que dans le réel.Mais d'une certaine manière, Sous le sable raconte un peu la même chose qu ’Angel les deux films présentent une femme qui ne veut pas accepter la réalité.» Angel a pris l'affiche en France il y a tout juste un an.Bien reçu, dans l’ensemble, par la critique, le film n'a malheureusement pas trouve son public.«Les gens n'ont peut-être pas bien compris pourquoi je faisais un .tilm en anglais.C'est une démarche qui n est pas très populaire.à moins de travailler avec des stars.Or moi.fai pris le parti d’employer de jeunes acteurs anglais inconnus et qui, à mon avis, étaient les meilleurs pour les rôles.Je crois toujours que c’était la bonne décision, même si le pouvoir d'attraction du film sen est trouvé réduit.Il y a peut-être aussi le fait que le spectateur est toujours gène quand un.film s'intéresse à un artiste qui n est pas un genie.Ce skls ik- \S 0410 dk nl% i l féalisi- rê^ulii-rt iiieiit ile* monts tk Vente autant itarts l’art i àiimkeil qu intet nuflonal.Ittu ant tes J!*
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