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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-06-07, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 8 JUIN 2 0 0 8 c;- - ROMANS HISTORIQUES O .'¦A,.* (H \ Jt'Arv.f'R4H, rCw ,E»Ev„% Sur le marché, il y a présentement autant de romanciers qui veulent se mettre à l’histoire que d’historiens tentés par le roman Revisiter le passé historiques demeurent CAROLINE MONTPETIT epuis quelques décennies, ils ont la cote auprès des lecteurs québécois et, profitant de la manne, les éditeurs en publient de plus en plus.Cet été encore, les romans historiques sont nombreux sur les rayons des librairies québécoises.De l'histoire du frère André à celle de jeunes Canadiennes françaises parties chercher de l’or au Yukon, de l'histoire de Fanette, orpheline irlandaise arrivée au Québec au milieu du XlXr siècle à celle des Les lecteurs quartiers ouvriers de Montréal dans les an-nées 1950, U y en a pour de romans differents gouts, sous les plumes de Robert W.Bri-sebois, de Mylène Gilbert-Dumas, de Suzanne Aubry ou de Louise Tremblay-d'Essiambre.Ils offrent un aperçu de différentes époques de notre Histoire avec un grand H, avec une petite d ailleurs histoire en prime.Ces livres, dit Arnaud Foulon, qui dirige chez surtout des Hurtubise HMH la collection «Romans historiques» depuis 2003, té- femmes moignent d’un regain d’intérêt pour l’histoire.«On regrette tous le fait que les gens connaissent peu leur histoire», dit l’éditeur, par ailleurs historien de formation.Alors qu’un roman historique atteint rapidement les 15 000 exemplaires vendus, allant jusqu’aux 60 000 exemplaires pour les bons vendeurs, les romans de littérature générale se vendent en général entre 300 et 100 000 exemplaires.Les lecteurs de romans historiques demeurent d’ailleurs surtout des femmes.Entendons-nous, ajoute-t-il cependant, les romans historiques n’ont pas de mission éducative, ce sont des livres de divertissement.On les classe volontiers d’ailleurs dans les lectures d’été, puisqu’il faut parfois beaucoup de temps pour traverser les nombreux tomes de ces volumineuses sagas historiques.Selon M.Foulon, il y a deux types d’auteurs de romans historiques: ceux qui s’intéressent d’abord à une époque pour ensuite y camper une histoire — c’est le cas de Jean-Pierre Char-land, par exemple, avec ses Portes de Québec — et ceux qui puisent plutôt dans leur expérience personnelle ou ceDe de leurs parents pour ensuite plonger de plain-pied dans l’époque — c’est le cas de Michel David, un auteur de romans historiques très lu chez HMH.Ensuite, dit-il, «il faut trouver l’équilibre entre l’intrigue et les éléments historiques.Il ne faut pas avoir l’air d’un professeur», dit-il.Sur le marché, il y a présentement autant de romanciers qui veulent se mettre à l’histoire que d’historiens tentés par le roman, dit-il.Vrais personnages ou personnages inventés Certains romans historiques s’inspirent directement de person-nages de l'histoire, c’est le cas de la série Hélène de Champlain, de Nicole FVfe-Martel, chez Hurtubise HMH, du Roman de Julie Papineau, de Micheline Lachance, chez Québec Amérique, ou encore de la série sur Anne Stillpian, de Louise Incoursière, aux Editions libre Expression.Pour Monique H.Messier, éditrice chez libre Expression, écrire la vie d’un personnage qui a vraiment existé est sans doute plus risqué, puisque l’auteur s’expose alors à la loupe des historiens.11 y a deux ans, une certaine polémique avait sévi, notamment dans les pages du Devoir, autour de la crédibilité des intrigues montées dans le cadre de ces romans historiques.Dans un texte intitulé «L’histoire n’est pas une appellation contrôlée», l'historienne Micheline Dumont partait à l’assaut des anachronismes débusqués dans différents romans historiques et avançait que ces romans prêtaient notamment à des personnages anciens une psychologie d’au-• jourdliui, trahissant ainsi les réalités d’époque.Elle dénonçait le fait que la Julie Papineau de Micheline Lachance fait l’amour sous un chêne au début des années 1830, dans un contexte puritain, que Marie Inflamme, de Chrystine Brouillet, s'arrête au bord de la rivière pour se baigner au XVII0, à une époque où les gens ne se baignaient pas, ou qu’une ur-suline se rende seule à des funérailles, dans le roman Gabrielle de Marie Laberge, en 1930, alors que les sœurs cloîtrées de cette époque ne sortaient jamais.Les réactions ne se sont pas fait attendre.Et plusieurs critiques, historiens ou romanciers, de l’ana lyse de Micheline Dumont se sont manifestés.Pour sa part Micheline Lachance a depuis terminé une maîtrise en histoire, dont elle tirera, cet automne, un roman sur les filles mères du XK0 siècle.«Si on pense à l’histoire des femmes écrite par Micheline Dumont en collaboration avec d'autres, elle est faite d'observations sur le passé effectuées avec une lunette.Ceci étant dit, je ne leur reproche pas ce fait.Ce sont certains historiens qui nous ont présenté Dollard des Ormeaux comme un héros de Ihistoire, alors que d’autres historiens ont dit qu’il manquait d’authenticité.» Elle dit qu’elle réécrirait les mêmes livres aujourd’hui.Micheline Lachance rapporte d’ailleurs qu’un historien de sa connaissance, qui a écrit sur l’histoire des Patriotes, lui a dit que c’est après avoir lu l'histoire de Julie Papineau (épouse de Louis-Joseph Papineau) que ses lecteurs avaient voulu en savoir plus sur l’histoire de cette époque.«Les lecteurs, ajoute-t-elle, ne sont pas insignifiants, ils savent que VOIR PAGE F 2: PASSÉ Une pièce de théâtre de ANDRÉ RICARD GENS SANS AVEU Préface de Guy Beausoleil 212 pages, 25 3.Collection L'instant scène I.K II K V O I R .I.K S ET D i M A X (HE « .1 I' I V 2 0 0 8 F 2 A M E I) I iCTURES D'ETE EN BREF BEAUX LIVRES Cinq Innues et un livre sur La Romaine La Basse-Côte-Nord sous l’œil de ses habitants «•Vc** wî'j'Æç .ïiiivji S' Image tirée de l’album Unaman-Shipu, volume 2 Exposition de Jean Leduc Li Tranchefile, entreprise sp \ MVVVI.Wt li/% « oynoi wi i: ¦ — «Charles, Anouk et Kate [.] Anna Gavalda est là simplement pour les servir le plus fidèlement possible.Pour les aimer aussi.Surtout.» Sonia Sarfati - La Presse « Un beau roman qui me réconcilie avec la vie.[.] J'ai l'impression qu'Anna Gavalda m'a prise dans ses bras.» Sylvie Lauzon - RockDétente Tolstoï ou Dostoïevski X Tl .André Major Isabelle Daunais Mathieu Bélisle Jonathan Livernois Alain Roy Geneviève Letarte Disponible en kiosque et en librairie l’Inconvénient no 33 Aussi dans ce numéro Marek Bienczyk Gilles Archambault Guillaume Arteau Réjean Beaudoin Serge Bouchard Gilles Marcotte www.i nco n ve n len t.ca F 1 i.t: I) k v o I H ES SA M E I) ET 0 1 M A \ (HE » J T I X 2 0 0 8 iCTURES D'ETE 2001 : l’odyssée de l’Espagne Louis Ifamelin CM était l’époque où le Canadien gagnait la * coupe Stanley deux fois sur trois.C’était aussi, comme le chantait Dalida, «le temps des fleurs: on ignorait la peur, les lendemains avaient un goût de miel, on croyait au ciel, tralala.Mais plus pour longtemps.Pendant que la voiture de Ted Kennedy faisait le plongeon a Chappaquiddick et devenait le cercueil inondé d'une jeune femme et celui des ambitions présidentielles du sénateur, trois de ses compatriotes étaient en route vers la Inné.Pendant que l’ombre hésitante du pied de Neil Armstrong se dessine sur le sol lunaire et s’imprime, à 400 (XX) kilomètres de là, dans ma mémoire, au bord d’une mer qui est tout sauf tranquille, les hippies envahissent la Gaspésie, se frottent aux autorités de Percé et voient un certain Paul Rose prendre les choses en main.On était jeunes, on croyait au ciel, mais on ne le verrait jamais plus de la même manière.Ce fut le premier grand triomphe du petit écran, l’avènement de la télévision-monde.Armstrong fut d’ailleurs précédé sur la lame par une caméra.Avec la présence de cet appareil lixé à un bras mécanique se dépliant à partir du module lunaire, le règne de l’image faisait lui aussi un grand pas, main dans la main avec l’humanité.Désormais, la télé se reconnaîtrait un seul rival: l’univers.Elle arriverait même un jour à persuader bon nombre de personnes que toute cette histoire de conquête spatiale n’était en définitive rien d’autre qu’une invention à elle, comme la Guerre des mondes, de Wells, avait été celle de la radio.En lisant dernièrement, sous la plume d’Antonio Munoz Molina, des phrases comme celle-ci: «Qu'y a-t-il plus loin, que ressentiraient des astronautes qui laisseraient derrière eux l’orbite de Plutm et verraient le Soleil se transformer en une minuscule étoile orangée, quelle sensation de s'être égarés pour toujours?», j’ai eu envie de louer 2001, l’odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick.J’avais aussi besoin, je crois, d’un antidote contre les -pâmoisons» des Blanchette et Charette que j’entendais à la radio et lisais dans le journal sur le phénomène Sex and the City, ce délire dont la complaisance critique n’avait d’égale que la concupiscence «marchandiseuse».Sonia Sarfatti, recensant le fdm pour La Presse, a bien résumé la chose à sa manière.En gros: «CW pas bon, mais on en veut quand même.» Ce pourrait être un slogan, le «Sous les pavés, la plage!» des anciens trotskistes et simples kistes recyclés en lu-miçres de la techno-société.A ce quatuor de poulettes sur le retour et a ses séances d’essayage de souliers, j’ai bien [leur de préférer les vraies vieilles affaires: Kubrick et la plus sidérante ellipse de l’histoire de l’art, cet os de phacochère qui sous nos yeux se transforme en vaisseau spatial; Kubrick, pour qui le cinéma est en soi une aventure de l’espace (Shining, plus qu’un film d’horreur, est une extraordinaire mise en scène de la difficulté d’habiter la démesure); Kubrick et ses longs silences cosmiques dans 2001., si pieu cinématographiques selon les critères actuels.Les grands créateurs ne se contentent pas de nous accompagner par la pensée, ils sont aussi des talismans, la couette de bulbes d’ail que nous pouvons opposer au «placement de produits» comme à la putasserie journalistique.En état de légitime défense.Et c’est pareil pour Molina et son Vmt de la lune.On aurait beau le réintituler Olives et rêves mmiillés, on ne réussirait jamais à le ramener tout à fait sur le même plan que le Gin tonie et concombre de Raphaëlle Germain.Qui est un livre «de son temps», alors que Molina, lui, nous emmène dans le sien.Privilège d’une œuvre forte C’est un livre qui parait avoir été écrit sur Jupiter tant sa prose est dense.Nous nous déplaçons le long de ces phrases comme soumis aux lois d’une gravité différente, nous y respirons un air plus riche.C'est le privilège des œuvres fortes que d’arriver à saisir le moment où un destin individuel exprime celui de la masse de ses semblables, et c’est ce qu’on voit arriver dans Le Vent de la lune.Sur la planète du jeune narrateur, deux temps, aussi bien dire deux mondes, se côtoient «un temps long, ralenti, presque immobile comme celui de mon éveil paresseux, pas le temps syncopé et mathématique qu’indiquent les ordinateurs du centre de Houston et les panneaux de commande du vaisseau Apollo ».Cet éveil paresseux, c’est aussi celui de l’Espagne, celle d’après la république, d’avant Felipe Gonzalez et ses lunettes de soleil de star socialiste, pays d’une modernité en gestation sous le tricorne d’un générallissime fossilisé.D’un côté, l’ordre ancien, féodal, des campagnes pauvres où les paysans levés avant l’aube avancent au pas de l’âne.«À l’aide d’un roseau et de la pelote de ficelle d’un cordeau, dès qu’il l’a bêchée, mon père sait tracer sur cette terre [.] les lignes droites, les angles, les parallèles des sillons, comme l'aurait fait il y a cinq cents ans un paysan morisque, ou il y a quatre mille ans un arpenteur égyptien.» De l'autre, l’affolante technologie, d’une mathématique beauté, des ingénieurs de la NASA, créateurs de cette nouvelle race de voyageurs apolliniens par qui, beau symbole, le golf arrive dans l’astre des poètes.Et à la charnière de ces deux mondes, un gamin dont la vie elle aussi bascule: de l’enfant à l’homme, d’ange à singe nu, au rythme des poils qui poussent sur son corps et des sécrétions qui maculent ses draps.L’âge de toutes les tentations.Celui, ingrat, où le narrateur va peu à peu tourner le dos au monde de ses parents, des curés et des romans d’anticipation de Verne et de Wells pour embrasser la science à la fois fantasmée et bien réelle des réfrigérateurs, des fusées Saturne et de Faye «Bonnie» Dunaway.Car comme le montre Molina, à l’image de ces imaginations débridées qui alimentent les multiples séances du garçon pubère dans des cabinets extérieurs où le péché mortel se consomme derrière une porte mal fermée à l’aide d’un bout de ficelle, la technique, pour l’humanité, représente d'abord et avant tout une formidable tentation.Se demander où commence la pauvreté, peut-être est-ce, entre besoin et commodité, chercher d’abord à savoir où finit la dignité.«Nous n'avons pas de frigo», se lamente la sœur.La grand-mère: «Pourquoi en voudrions-nous alors que nous avons un puits si frais?» Et tante Lola: «Mais c’est simplement parce que vous n’en voulez pas.Sinon Carlos arrive avec la camionnette, il l’installe en cinq minutes et vous le payez en tant de mensualités que vous ne vous en rendrez même pas compte.» Ne pas vouloir peut-être le seul héroïsme encore possible.Parmi les bijoux pleins et ciselés (du travail d’orfèvre à l’ancienne) qui brillent sous cette lune, on trouve une remarquable métaphore de notre civilisation, tirée du film Chercheurs d’or des Marx Brothers: un train lancé à toute allure et en manque de charbon.Les hommes commencent par enfourner dans la chaudière tout le bois qu’ils peuvent trouver, puis démantibulent les wagons eux-mêmes, que la locomotive dévore.En Espagne, «corvée de bois» possède un autre sens: trente ans avant la conquête de la Lune, c’est l’euphémisme sous lequel, à la prise du pouvoir par les fascistes, furent exécutés des milliers de civils.Collaborateur du Devoir LE VENT DE LA LUNE Antonio Munoz Molina Traduit de l’espagnol par Philippe Bataillon Editions du Seuil Paris, 2008,298 pages Le Vent de la lune est un livre qui paraît avoir été écrit sur Jupiter tant sa prose est dense LITTÉRATURE FRANÇAISE LA PETITE CHRONIQUE Les carnets de jeunesse de Simone de Beauvoir ISABELLE PARÉ Incontournables pour les mordus de Simone de Beauvoir, ces carnets de jeunesse rédigés de 1926 à 1930 révèlent tout un pan de la jeunesse et de l’individualité naissante de l'auteure du Deuxième Sexe.Edité, établi et présenté par Sylvie Le Bon de Beauvoir, sa fille adoptive, héritière de l’entièreté de ses biens et de son œuvre littéraire, les textes inédits de ce journal quasi quotidien dévoilent une Simone de Beauvoir âgée d'à peine 18 ans, mais d’ores et déjà d'une vivacité intellectuelle inouïe.Des textes qui traduisent une quête d’absolu, tout entière tournée vers un puissant désir d’indépendance, notamment face à sa famille bourgeoise qui dédaigne ses velléités d'écrivain.Page après page, on y voit émerger Beauvoir, dont la forte personnalité se forge au fil des ans, annon-çant l’émergence d'une grande philosophe.Tout cela ponctué des événements qui ont marqué sa jeunesse: la mort de sa grande amie Zaza, l’amour impossible avec René Ma-heu et, finalement, la rencontre de son âme sœur, Jean-I’aul Sartre.SOURCK RADIO-CANADA Sartre et Simone de Beauvoir SrTÏ MV.Plus de vingt ans avant la parution du Deuxième Sexe, ces carnets illustrent hors de tout doute que celle qu’on surnomma à juste titre le Castor le fut dès le plus jeune âge, ne devant ses idées et sa force de caractère à personne, pas même à Sartre.Le Devoir CAHIERS DE JEUNESSE, 1926-1930 Simone de Beauvoir Nrf, Gallimard Paris, 2008,849 pages Curiosités presque littéraires Gilles Ar ch a m b a u11 Le mot même d'humoriste, on le décerne à n’importe qui.L'amour des chats, beaucoup d'écrivains l’ont proclamé avec un brio divers.C’est pourtant d’un humoriste et d’un penchant pour la félinité que j’entends vous entretenir cette semaine.Pierre Desproges pratiquait l’art d’être bête e méchant avec une générosité qui en gommait presque toujours les aspects qui auraient pu paraître à première vue grossiers.Nul mieux que lui a pu nous faire comprendre que la véritable impudicité se conjugue souvent sans le recours aux mots crus.Des expressions épicées ou graveleuses, il s’en trouve chez lui, mais ce ne sont jamais elles qui donnent le ton.H y a chez cet amuseur, une générosité, une propension au donquichottisme qui séduit.Même s'il se moque de tout, il est évident qu’il s'attaque avec prédilection aux puissants de ce monde.Gauche ou droite, il ne choisit pas ses cibles.Quelques perles.«Il ne faut pas désespérer des imbéciles.Avec un peu d’entrainement on peut arriver à en faire des militaires».Et puis: ««Vanitas vanitatum et omnia vanitas», disait l’ecclésiaste qui avait oublié d’être con, sinon il aurait jamais pu être ecclésiaste».Sans oublier: «On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle?Vous pouvez rester.Il n’empêche que.On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.» On pourra estimer qu’un volume de près de 1500 pages intitulé Tout Desproges contient des redites, et on aura raison.11 n’empêche qu’en le gardant près de soi pendant des semaines et en l’ouvrant au hasard on y trouve des passages parfois hilarants et d’autres d'une troublante efficacité.Cet auteur, car c’en est un, on l’aime comme on aime Alphonse Allais ou Alexandre Vialat-te, comme on aime des esprits originaux qui bannissent le cliché et prônent la liberté de ton, le dévergondage de l’esprit Frédéric Vitaux aime les chats.Il l’a prouvé en écrivant quelques ouvrages sur Bébert, le matou de Céline, l'autre, pas la fille à sa mé-mère qui fait des risettes à Sarko.Son Dictionnaire amoureux des chats est un pur délice.Et ce n’est pas parce que je professe ne pas pouvoir m’empêcher de flatter un chat quand d’aventure j’en vois un que je réagis ainsi.Des textes imbuvables sur des animaux, j’en ai lu.Même Léautaud que par ailleurs je lis avec gourmandise m’ennuie quand il bêtifie à propos des bêtes.C’est vous dire.Ce dictionnaire passionne parce qu’il est divers, que ses nombreux articles nous parlent de félidés, d’accord, mais aussi d’écrivains, d’héraldique, d’histoire, de civilisation, de tout ou presque.Des surprises, on en trouve.Si la passion de Baudelaire pour cet animal si souple et si beau nous est connue, savait-on que Vialatte, encore lui, disait que «Dieu Ta fait dans sa grande bonté, pour que l’homme puisse caresser le tigre: le chat est un tigre d’appartement.Il est élastique et feutré, griffu, plein d'électricité statique»?En raison de cette chronique, j'avais appris que Buffon dans son histoire naturelle disait beaucoup de mal des chats; Frédéric Vitoux explique pourquoi.Le chat est un animal romantique, alors que Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, est un homme des Lumières.Comment pouvait-il comprendre et aimer une bête si mystérieuse, si énigmatique?Vitoux nous rappelle aussi que les hommes deviennent vite idiots quand ils parlent à des animaux domestiques ou à des bébés.Il déteste les chats de race, surtout ceux que l’on exhibe dans des défilés pour rombières du seizième.Bref, si je ne vous ai pas convaincu de la pertinence de ce dico, qu’ôn pourrait appeler le petit Frédéric, c’est que je n’ai pas de talent où que je m'adresse à des insensibles, vulgaires amateurs de mastiffs: Bien que je me souvienne que mon ami Wilfrid Lemoine n’y voyait aucune différence.11 avait l’âme belle.Collaborateur du Devoir TOUT DESPROGES Pierre Desproges Editions du Seuil Paris, 2008,1450 pages DICTIONNAIRE AMOUREUX DES CHATS Frédéric Vitoux Plon/Fayard Paris, 2008,721 pages VOTEZ parmi la liste de tous les lauréats du Prix des libraires du Québec.PRENt Z f’ARÎ AINSI À L'ÉLECTION DES GAGNANTS DU 15E ANNIVE RSAIRE, VOLET PUBLIC, DONT LE DÉVOILEMENT AURA LIEU LE 25 SEPTEMBRE 2008.COUREZ LA CHANCE DE GAGNER DEUX LIVRES EN LICE ! LES 15 LAURÉATS LES 15 LAURÉATS CATÉGORIE ROMAN QUÉBÉCOIS CATÉGORIE ROMAN HORS QUÉBEC ORr,4Nls£ PAR ASSOCIATION DtS LI8«XJftt5 ÙV QütBfC FETE SES ANS 2008 Ravvi Hagl Parfum pi poussièrf.(aito) 2007 !la\'-François Blauchlmin La Fairicatios' oc i'aubc (Quebec Ameriquc) 2006 Nicolas Dicrner- Nikolski(Avro) 2005 Jean Rarbl - Commcnt devenir un monstre (Ieme ac) 2004 LISE tremblay - LA HÉRONNIÈRE (UMEAC) 2003 Gaétan Soi e y - Music-Hall (Boréal) 2002 syi vain Trooel - Du mercure sous la langue (LES Altusos) 2001 Gll courtemanche Un dimanche à la piscine à Kigaii (Boréal) 2000 Nadine Bismuth - les Gens fidèles ne font pas LES NOUVELLES (BoutAi) 1999 marie Laberge - La cére'monie des anG£S(Boréal) 1996 Bruno hebert - Cest pas moi.le le lure {Boréal) 1997 Marie laberge - Annabelle (Boriai) 1996 Ying Chen - L'Ingratitude (leméac/actes sud) 1995 Miche t Tremblay Un ange cornu avec des AILES DE TÔLE (LEMÉAC/ACTES Sud) 1994 Monique Prol ix Homme invisible à la fenêtre (Boréal) 2008 Philippe Claudel - LE rapport de Brodeck (Stock) 2007 JONATHAN SAf RAN FOER - EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈS (oi L'OtiVIER) 2006 khaled Hosseini- les cerfs-volants de Kaboul (Beleond) 2005 • Carlos Ruiz Zafcjn - L'ombre du v£nt(gr.asset) 2004-Siri m stvcdt- Tout ce que j’aimais (actes Sud/Leméac) 2003 Dennis Lehane- Mystic R/ver (Rivages) 2002 - Timothy Findley - Pilgrim (le serpent à plumes) 2001 - Dai Soie - Balzac et la petite tailleuse chinoise (Gauimard) 2000 Amélie nothomb - Stupeur et tremblements (Albin Michel) 1999 - Nancy huston - L’Empreinte de l’ange (Leméac/actes Sud) 1998 AiessandroBaRICCO-Soif (Albin Michel) 1997 - Bernhard SCHiink.- LE Liseur Gallimard) 1996 iostein Gaarder - Le Monde de Sophie (semi) 1995 Peter M ay i une année en Provence (seun) 1994 Donna Tarît - maître des illusions (Plon) UNE SEULE PARTICIPATION PAR PERSONNE, POUR PLUS DE DÉTAILS WWW.PRIXDESLIBRAIRES.QC.CA À RETOURNER AVANT LE 31 JUILLET 2008.À L'ALQ : 1001 BOUL.DE MAISONNEUVE EST, BUR.580.MONTRÉAL, QC, H2L4P9 Nom :___ Prénom : Adresse .Tél.;_____________ Mon vote Roman québécois : Mon vote Roman hors Québec ; TlRXGf LE 25 SEPTEMBRE 2008 REGLEMENTS DISPONIBLES SUR LE SITE INTERNET.LF DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 El DI M A \ i II E S .ILIA ¦_> n o s LECTURES D'ETE F 5 Le dernier Anna Gavalda et quelques autres titres d’été moins lisses G UYLAIN E MASSOUTRE Que penser d’Anna Gavalda.37 ans, phénomène qui, avec ses nouvelles optimistes, Je voudrais que quelqu’un m'attende quelque part (au Dilettante), a vendu en huit ans presque deux millions d’exemplaires?Cinq millions en trois best-sellers, soit 32 millions d’euros en chiffre d’affaires.Qui a vu Ensemble c’est tout, porté à l’écran par Claude Berri?Faut-il maintenant présenter la Consolante, le beau et gros objet de ce printemps, imprimé large avec plein de dialogues?Disons-le, en restant sobre dans la frénésie, l’histoire, très BD, raconte celle de Charles, quinquagénaire, qui, apprenant la mort d’une amie d’enfance, perd un peu les pédales et se console auprès d’Anouk et de Kate, au milieu d’enfants.La critique est unanime: n’importe qui peut se reconnaître dans cette écriture familière.La très sincère vedette se paie le luxe d’éviter les interviews: des queues interminables l’attendent aux séances de signature.Aux assises du roman, qui viennent de se tenir à Lyon, l’historien Alain Corbin a comparé son succès à celui de La Nouvelle Héloïse: le roman est le miroir nécessaire à la représentation collective.Quant au psychanalyste Pontalis, il a réaffirmé que tout roman répare une blessure de la vie, souvent l’incompréhension de l’entourage, chez le lecteur aussi.Ses personnages suivent leurs impulsions, leurs déprimes de classe moyenne, leur amour-propre adolescent Avec humour, elle prétend que ces contradictions, ce mélo, ces surprises, ces phrases orales et bavardes, c’est conforme à ce que les gens pensent d’eux-mêmes.Avec sa jeunesse bcbg dans une fratrie nombreuse, elle est l’Amélie Poulin du néoréalisme, qui aurait fondu Sagan, Tolstoï, les journaux, les petites annonces, Leonard Cohen, Chet Ba- Anna Gavalda, l’Amélie Poulin du néoréalisme SO U RC K LH DILETTANTK » V-NX » I.%» il lli ; LA CO’NSOI.W» ker et Gena Rowland dans le frais, le sympa, le brouillon, le clair cocktail de La Consolante.Et le tournage de Je l’aimais vient de commencer, avec Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze.Crédible, cette romancière à l’eau de rose — elle a écrit pour Harlequin —, prof de français dans un collègue çatholique, dépasse tout juste Guillaume Musso, prof dans un lycée internatioiifil, avec Je reviens te chercher (KO Editions), et Marc Lévy, avec Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites (Robert Laffont).L^s Années d’Annie Ernaux (Gallimard), ex-prof de français, marche aussi très bien, et l’excellente surprise de Muriel Barbery, L’Élégance du hérisson (Gallimard), n’a pas fini de se multiplier comme des petits pains.Tant mieux: les ventes, comme les livres, sont imprévisibles.Eternel Lichtenberg Comme l’indique Pierre Senges dans sa dédicace manuscrite, le livre peut être lu d’une traite ou par étapes, selon l’humeur.Fragments de Lichtenberg raconte la vie inoubliable d’un certain Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799), qui à sa mort laissa 8000 fragments, autant de phrases chocs.«Il y a des fanatiques sans capacité, et ce sont là vraiment de dangereuses gens», par exemple.C’eût été sans conséquences s’il n’y avait eu un certain Hermann Sax, qui, un siècle après la mort de ce bossu, fit une conjecture, à savoir que tout cela avait un sens.En Suède, il constitua une société financée par un notable, Nobel, qui entreprit de résoudre l’énigme.Vint un jour une autre conjecture, celle de Stuart et Mulligan, , GarV j i.V-iW XÿsO Lav'f, p so\ .deG'evt Les livres qui ne circulent pas meurent ['ÉCHANGE 707 O 713 MONl-RO/AL ESI ©MONI-ROm, 514-523-6389 éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Roger Cevey L’éthique avec Mafalda Introduction à l’éthique appliquée lllafalda 192 pages, 24 dollars un jeune couple d’Irlandais, qui arrivèrent à la conclusion que cet ensemble n’était que le dixième d’un tout, et de là, on fit d'autres déductions.Ce lichtenberg, dont les aphorismes recouvrent tous les secteurs de la connaissance, aurait récrit, si les fragments étaient correctement rassemblés, entre autres, la Bible, la vie de Polichinelle, Don Quichotte, les Métamorphoses d’Ovide, le Roman de Malfilâtre de Christina Walser (?) et d’autres œuvres comme celles de Lucia Caria Gi-nocchio ou de Casanova.On l’aura compris, Senges signe une œuvre épique de haute érudition, a des avis sur tout et sur rien et survole librement notre univers du savoir, qu'il soit littéraire, scientifique, politique ou moral.Qui veut faire vite découvrira que la table des matières constitue à elle seule un petit roman.Parodie des cabinets de curiosités de la Renaissance, c'est à lire soit d’un l'œil, soit porté par l’enthousiasme, quand on comprend qu’il est possible d’embrasser toute la connaissance du monde! Prix Brive-Montréal L'œuvre de Claude Gutman, abondante et diverse, autobiographique ou pour les enfants, s'est vue consacrée par ce prix des lecteurs, l’automne dernier.Dans LEnfant qui m’accompagnait, il se raconte comme s'il n'avait été que le vil embarras de parents aussi indépendants qu’égoïstes.Retire de chez des grands-parents équilibrés et aimants pour être ballotte entre la France et Israël, puis écartelé par les inconséquences d'un père qui fut tout sauf un éducateur, cet enfant au bon caractère raconte sa résilience, en réglant plusieurs comptes avec ses géniteurs.L’époque perturbée de l'après-guerre ressurgit sous cette plume mordante.Mais c'est surtout la différence qui fait l’objet d’une enquête rétrospective et d’un vibrant plai doyer en faveur de fa débrouillardise des enfants.Tout est mensonge, engueulades, tromperies, peur de h bêtise cruelle, stratégies de fuite et d'insouciance, pour survivre.Ce récit édifiant passionne, comme toutes les histoires vraies.S’il en rajoute, par autodérision, pour rattraper des morceaux incollables, on dirait du Prê vert Ce Gavroche juif semble avoir tout appris de la filouterie paternelle, aussi rogue qu'arrogante.La misère est parfois bonne conseillère: à force de coups de pieds au cul, la rébellion s avère littéraire.Collaboratrice du Devoir LA CONSOLANTE Anna Gavalda lœ Dilettante Paris, 2008,637 pages FRAGMENTS DE LICHTENBERG Pierre Senges Verticales Paris, 2008,634 pages L’ENFANT QUI M’ACCOMPAGNAIT Claude Gutman Le Seuil Paris, 2008,344 pages De la Pénombre à Cap-Lumière Itinéraire spirituel et politique d’un patriote Pierre Gagnon Plus qu’une biographie, c’cst une traversée du siècle, bras-dessus, bras-dessous avec les « Nous-Autres ».De Lanaudicrc à Lavemière, de Cap Cod, Mass, à Cap Lumière, en Acadie.Révélations inédites.Le Beau Risque en 1983, ses attraits, sa déconfiture.L’éblouissement des Lumières et la naissance du Nouvel Âge.En vente en librairie.MH pa/fcs, 29,95 $ aux Editions Carte Blanche L'AMÉRIQUE !ST UN MENSONGE l'Amérique est un mensonge où règne le plus grand des maux : qui divise les hommes, les font se dresser les uns tonfre les autres.Dans te rêve éblouissant où la hitlune est à la portée de (hattm, il n'y o pourtant que des maîtres et des esclaves; des perdtmts, des gagnants.Dans ce déferlement de voitures et de dorures, la solitude est mfernaie et to misère honteuse.À h roorse à l'abondance, au succès, dy a beaucoup de monde, mois peu de frères, d'entraide, de compassion.l'Amérique est un mensonge De RAYMOND LÉVESQUE Propos réunis par SYLVAIN RIVIÈRE POLITIQUE-POÉSIE- MONOLOGUES Les Editions du Québécois Disponible dans les bonnes librairies 400 pages — 29,95 $ mais écrase sans pHié les peuples les phis faibles, «mirent les régimes les plus sanguinaires, et pille sorts mesure en pariant de l&erté.LEWESQUE «««#¦*» ur la première fois une carte affranchie à bas tarif.Si la bourgeoisie s'en méfie d’emblee — on ne sait jamais qui pourrait lire ces cartes! —, elles connaissent vite un grand succès dans les couches populaires.La carte postale est devenue un objet pour les collectionneurs et pour les historiens.On sait que la photographie a très tôt trouvé dans la carte postale un support de premier choix pour se faire valoir.En fait, la carte postale a été le premier grand diffuseur de photographies, ex plique Clément Chéroux dans La Photographie timbrée, riche catalogue d’une exposition présentée au musée du Jeu de Paume et publié par les soins de l’éditeur Steidl.Depuis quelques années, la carte postale est indissociable d’une histoire du regard en Euro pe.Elle traduit toute une culture de l'imagination visuelle.Ce n'est pas pour rien que plusieurs grands artistes, dont Paul Eluard et Salvador Dali, collectionnaient les cartes postales.Dans Im Photographie timbrée, on a rassemblé quelques-unes des cartes postales les plus inté- ressantes de l'Europe du XIX siècle et du début du XX siècle.1 a preuve est faite ici que quoi qu'en dise le photographe Martin Pai r, il n'y a pas que des «boring postcards».Le Devoir soi ia i su mi ji r m- l'AUMi Carte postale Gerlach & Martin Gerlach Jr., Allemagne, autour de 1911 Les ventes de livres électroniques montent en flèche L’imposante maison d'édition ' Penguin Group rapporte que la vente de livres électroniques au cours des quatre premiers mois de 2008 a surpassé le nombre d’e-books qui avaient été vendus au cours de toute l’année précédente.Selon David Shanks, p.-d.g.de Penguin, d’avril 2007 à avril 2008, la hausse des ventes de livres vendus sous forme électronique est cinq fois plus importante que la croissance des ventes enregistrées ixmr tous les types de livres.Profitant de cet engouement, la maison d'édition lancera d’ailleurs cet au tomne une série spéciale d’e-books dédiés aux grands classiques, dont le premier titre sera Pride and Prejudice, agrémenté de filmographies, de recettes et même de notes sur l'étiquette.Le Devoir ARCHAMBAULT^ Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: du 27 mai au 2 juin 2008 ROMAN TOUTES CES CHOSES QU'ON NE S'EST.Marc Levy (Robert Laffont) GIN TONIC ET CONCOMBRE Ratable Germain ILIbre Expression) MILLÉMUM T.1, T 2 ET T.3 Stieg Larsaon (Actes Sud) OÙ ES-TU MAINTENANT?Mary Higgins Clark (Albin Michel) I IA CONSOLANTE I Anna Gavalda (Dilettante) U CONTRAT I John Grisham (Robert Laffont) R LE CHEMIN DES BRUMES Jacques Côté (Alire) LES YEUX JAUNES DES CROCODILES Katherine Pancol (Livre de Poche) VN JE REVIENS TE CHERCHER Guillaume Musso (X0) D0CTEURE IRMA T.2 : L'INDOMPTABLE Pauline Gill (Québec Amérique) JEUNESSE SÈTIT.1 :LE LIVRE DES DIEUX 0.Mativat / C.Pelletier (Pierre Tisseyre) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS LIBELLULE Linda Joy Singleton (ADA) IAN HJBUS T.1 : LllE AUX TREIZE OS Alain Ruiz (Boomerang) ¦H LE CLUB DES OISEUSES.T.1 U Dotti Enderle (ADA) 0H HONI OVNI! T.1 Linda Joy Singleton (ADA) ^ I J LES SECRETS DE L'UNIVERS T.1.Charbonneau/BilodeauAfilleneuve (ADA) R U MASK DU DIADÈME T.1 : LE LIVRE.If John Peel (ADA) ^ * J LE0NIS T.11 : LE TEMPLE DES.Mario Francis (Intouchables) TUNNELS T.1 Roderick Gordon (Michel Lafon) L'APPRENTI ÉPOUVAHTÎUR T.4 Joseph Delaney (Bayard-Jeunesse) OUVRAGE GÉNÉRAL MANGE, PRIE, AME Elizabeth Gilbert (Calmann-Lévy) LE MONDE SELON MONSANTO Marie-Monique Robin (Stanké) JE N’AURAI PAS U TEMPS Hubert Reeves (Seuil) VI NOUS ÉTIONS INVINCIBLES kl Denis Morisset (JCL) U SECRET Rhonda Byme (Un Monde Différent) L’ABC DES TRUCS DE MADAME.Louise Robitaille (Publistar) Rj U POUVOIR DU MOMENT PRÉSEWT U| Eckhart Telle (Ariane) NOUVELLE TERRE Eckhart Toile (Ariane) LES ARBRES : MERVEILLES DE LA.Collectif (Parragon) NOS CHÈRES AMIES.Denise Bombardier (Albin Michel) ANGLOPHONE EXT, PU», LOVE Elizabeth Gilbert (Penguin Books) A NEW EARTH Eckhart Toile (New American Library) THE BOURNE BETRATAL R Ludlum/E V.Lustbader (Grand Central Pub.) B THE JUDAS STRAIN James Rollins (Harper Collins) THE WOODS Harlan Coben (Signet Book) AUDITION Barbara Walters (Knopf) H REMEMBER MET Sophie Kinsella (Bantam Dell) THE HOLLOW : THE SIGN OF SEVEN.Nora Roberts (Jove) SIMPLE GENIUS David Baldacci (Vision) STEP ON A CRACK J.Patterson/M.Ledwidge (Vision) F V> LE DEVOIE.LE A M E l> E T M A N C H E 8 J E l X 2 0 0 8 iCTURES D’ETE ESSAI Littell et l’autopsie du Tintin SS « Si j’avais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous.», lui disait Hitler MICHEL LAPIERRE En 1944, Hitler avoue à lAon Degrelle, commandant de la division «WaUonie» de la Waffen-SS: •Si ;'a vais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous.> Le Belge francophone et ses hommes se sont couverts de gloire à la bataille de Tcherkassy, en Ukraine.Le collaborateur des nazis s’est fait acclamer par une foule bruxelloise.Plus tard, il prétendra qu’Hergé s’était inspiré de lui pour créer Tintin et fera de Miiou le défenseur de Hitler! En rapportant ces anecdotes tirées de la vie de Ijéon Degrelle (1906-1994), fils d’un brasseur des Ardennes belges, Jonathan littell, qui aime peut-être beaucoup les frites, n’a pas bu trop de bière.Malgré un côté cocasse, son petit essai Le Sec et l’Humide, illustré de nombreuses photos dépeignant les navrantes aventures du fasciste wallon, témoigne d’une grande lucidité.L’auteur des Bienveillantes (2006) ne s’intéresse pas tant à la politique de Degrelle qu’à son langage en disséquant La Campagne de Russie (1949), le livre dans lequel le chef du parti rexiste, formation catholique belge d’extrême droite, relate sa participation à l’offensive allemande sur le front de l’Est au cours de la Deuxième Guerre mondiale.Comme il l’a fait pour l’officier SS Maximilien Aue, l'antihéros du roman qui lui a valu le Concourt, Littell décrit le nazisme comme un état physique.Voilà une manière pénétrante de saisir le caractère irrationnel et symbolique de la nébuleuse fasciste au sens le plus large de l’épithète.Après tout, aucune explication idéologique n’a réussi jusqu’à maintenant à définir ce que Littell appelle «le sourire hilare du mâle-soldat, son exultatitm corporelle devant la mort qu 'il donne.» Ce sourire démoniaque, l’écrivain le retrouve sur les lèvres aussi bien d’un commandant indépendantiste tchétchène en Russie que d’un caporal américain à la prison irakienne d'Abou Ghraib.Pour lui, la situation géographique et la différence des convictions politiques importent peu.L’étude sur les fantasmes masculins (1977-1978) que Klaus Theweleit a consacrée aux écrits des «Frei-korps», ces miliciens d’extrême droite qui, en Alle- magne, ont réprimé les révoltes ouvrières après la Premiere Guerre mondiale, a inspiré Uttell.L’historien allemand, influencé par la psychologie des profondeurs, signe du reste la postface de l’essai du romancier français d’origine américaine.1-ittell fait sienne la thèse de Theweleit selon laquelle «le fascisme est un mode de production de réalité» et non un système politicoéconomique.Le mâle-soldat se forge mentalement une «carapace», une «armure musculaire», une sorte de phallus — le principe du sec — pour protéger son moi de la dissolution qui le menace à cause d’une présence féminine, liquide, informe, trouble — le principe de l’humide.Si, de prime abord, cette dualité parait discutable, les exemples du phénomène que littell puise dans le texte de Degrelle sont saisissants.Le bolchevik, le Russe, l’Asiate, le Mongol, le «demi-sauvage» évoluent dans l’humide, «la fange sanglante».Littell fait un commentaire incisif: «Le lexique de Degrelle décrit, suit, épouse les courbes de sa pression artérielle, de son rythme cardiaque.Le Mongol n 'est pas un homme ni même un adversaire, c’est un symptôme.» la boue, la boue slave, la boue bolchevique aurait eu raison de l’Occident hitlérien, rigide et pur.Le style de Degrelle est pathétique et fou: «Im plus grande et la plus rapide victoire militaire de tous les temps fut stoppée, au stade final, par de la boue, rien que par de la boue, la boue élémentaire, vieille comme le monde.» C’est le principe de l’humide qui aurait empêché la virilisation et l’occidentalisation définitives de la Terre! En mars 1944, au palais de Chaillot, dans Paris occupé, l’orateur fasciste belge prétend que les ‘internationales juive, moscoutaire et financière» ont été presque vaincues par Hitler.Mais, après la guerre, Degrelle refusera de considérer l’Holocauste comme une réalité historique et, selon Littell, niera, dans une version inédite de son livre Tintin mon copain, l’existence des chambres à gaz «par la bouche de Miiou».Pourquoi donc le romancier français fait-il une ‘incursion» Ce mot est de lui) dans cet enfer de la mythomanie?Sans doute pair éclairer Les Bienveillantes, son vaste, difficile et fascinant récit dont la critique a négligé le message iconoclaste: l’horreur du nazisme n’est pas inhérente à une doctrine particulière située dans le C.HÉLIE GALLIMARD / REUTERS Après son roman à succès Les Bienveillantes, Jonathan Littell revient au nazisme dans un petit essai, Le Sec et 1 Humide.temps, car elle se retrouve au tréfonds d’hommes aux rêves les phis divers et surtout les plus trompeurs.Divinités infernales de la Grèce antique, les Éri-nyes, dites les Bienveillantes, ont toujours été le contraire de leur surnom.Collaborateur du Devoir LE SEC ET L’HUMIDE Jonathan Littell Gallimard Paris, 2008,144 pages P O A K Pétard mouillé Le moins que l’on puisse dire, c’est que Michael Connelly se fait mordant EDITION Le prestigieux éditeur Aufbau est en sursis MICHEL BÊLAI K Fraîchement muté à l’escouade Homicides après les remous engendrés par sa dernière enquête à Echo l’ark, l’inspecteur Harry Bosch est appelé en pleine nuit suites hauteurs de Mullholland Drive.On vient de retrouver là un homme assassiné de deux balles de calibre .22 dans la tête; le docteur Stanley Kent un spécialiste en médecine nucléaire, comme te découvrira bientôt Harry, habitait tout près.Chez lui, en prime presque, les policiers délivrent sa femme, bizarrement ligotée dans son lit, nue, en bien mauvaise posture, mais vivante.Rapidement, l'affaire apparaît complexe.La jeune épouse éplorée dit avoir été violentée et prise en otage par deux hommes portant une cagoule et s'exprimant en arabe.Faisant 1e lien entre ce dernier «détail», l’alerte orange que l’on vient de proclamer à Washington et la «spécialité» du médecin assassiné, le FBI saute vite aux conclusions.et dans l’enquête, avec ses gros sabots.Revoilà donc l'agent Rachel Walling dans 1e décor, avec ses gais compères en complet cravate.Tout se complique encore plus quand on s'aperçoit qu'une valise contenant 32 cylindres de matière radioactive destinée aux unités de traitement d’oncologie de plusieurs hôpitaux de Los Angeles ont disparu de la voiture du méde- CONNELLY À GENOUX - SEUIL * Policiers cin assassiné.De quoi terroriser la Californie tout entière et semer la mort un peu partout.C’est la panique chez tes flics! In paranoïa s’installe.Et donnera surtout lieu à du pétage de bretelles et à des bavures assez inoubliables mettant en scène quelques hauts gradés surchauffés des brigades spéciales de la police de Los Angeles.Le moins que l’on puisse dire, c'est que Michael Connelly se fait mordant.On connaît déjà tes «réserves» de son héros Harry Bosch sur la culture d’entreprise du FBI et des diverses agences américaines de renseignement, mais l’auteur met surtout en scène dans cette histoire la paranoïa générale qui s'est emparée de notre voisin du sud — |» \ |] nos provisions pour l'été I c 4 Cachai de trois Hures, •Le (fiarehemin onus offre: 15% 20% de nihuis sur le premier tioee * 125% de nibait me le deuxième Here ’ de rabui» aue le fredairme livre ' Offre en lU'yurnr (Iiiifti 'au ZV fuin 2()OS sur farêaentatien de eeUe annener aettlrmenl le Parchemin | Mezzanine métro Bcrrt-ITQAM, 505.nie Sainte-Catherine Fat TéL : 514-845-5243 www.parchemln.ca I I V et de ses principaux alliés dont nous sommes, surtout maintenant que tes conservateurs sont au pouvoir à Ottawa — depuis tes événements de septembre 2001.n faut d’ailteurs noter que ce roman est 1e fruit d’une série de 16 épisodes publiée en feuilleton dans te New York Times Sunday Magazine — comme nous l'apprend la version anglaise du roman (The Overlook, que j’ai lue chez Vision, une filiale du Hachette Book Group USA).Connelly a considérablement retravaillé le texte et y a greffé une finale un peu différente de celte du grand quotidien new-yorkais, mais on y décèle évidemment 1e même esprit critique chez celui qui, à l’instar de quelques autres, en est venu à représenter la vraie conscience de l’Amérique.On vous signale comme ça que la version poche de Vision comprend une entrevue avec l'auteur de même qu’une série de neuf «précisions sur le texte» de Connelly lui-même.A genoux est une sorte de pétard mouillé, bien sûr, on te sentira dans tes dernières pages, mais il n’empêche que c’est aussi un livre qui résonne comme une sonnette d’alarme en témoignant du fort niveau de paranoïa qui règne dans tes officines du géant d’en bas.Le Devoir À GENOUX Michael Connelly Traduit de l’américain par Robert Pépin, Seuil Policiers Paris, 2008,237 pages CECILE CALLA C* est un choc pour 1e paysage éditorial allemand.L’Aufbau Verlag, éditeur 1e plus prestigieux de l’ex-RDA, a dû déposer 1e bilan après que son propriétaire Bernd Lunkewitz, un homme d’affaires de Francfort, eut annoncé qu’il cessait tout investissement supplémentaire.L’administrateur judiciaire a néanmoins laissé une raison d’espérer aux 60 employés du «Suhrkamp de l’Est», du nom de la célèbre maison d’édition ouest-allemande.L’activité doit encore se poursuivre quelques mois — les parutions prévues pour la rentrée sont maintenues —, en attendant qu’une solution soit trouvée d’ici au 1" septembre.La faillite d’Aufbau signifierait la disparition du dernier grand nom de l’édition est-allemande.Depuis la chute du mur de Berlin, l’Allemagne de l'Est a perdu tous ses principaux éditeurs.Une autre grande enseigne de l’ex-RDA, Volk & Welt, spécialisée dans la littérature étrangère, a mis la clé sous la porte en 2001.Fondé en 1945, Aufbau a rapidement servi de plate-forme pour tes écrivains allemands exilés et revenus après la guerre, tels que Bertolt Brecht, Anna Seghers ou Arnold Zweig, et qui partageaient l’idéal de construction d’une nouvelle société.En même temps, la maison d'édition devint une référence pour tes deux Allemagnes, publiant tes grands classiques de la littérature, des auteurs de l’Ouest, ou même des écrivains critiques à l’égard du régime en place, comme Elke Erb ou encore Peter Brach.Thomas Mann a eu beau stigmatiser.Aufbau, te qualifiant d’«éditeur d’Etat de la RDA», cette maison d’édition a souvent été en conflit avec les autorités est-allemandes, par exemple en 1956, lorsque son patron, Walter Janka, frit arrêté et condamné à une peine de prison.Le « miracle Aufbau » Après la réunification en 1990 et l’ouverture du marché vers l’Ouest, tes jours d'Aufbau semblaient comptés.Son chiffre d'affaires s’effondra en quelques mois, il dut se séparer des deux tiers de ses employés, et un grand nombre d’auteurs lui tournèrent le dos.La maison fut sauvée en 1991 par l’arrivée de Bernd Lunkewitz, un ancien maoïste devenu millionnaire en investissant dans te marché immobilier.Après avoir racheté la société à la Treuhand, l’organisme chargé après la chute du Mur de privatiser l’économie est-allemande, l’homme d’affaire permit à la maison d’édition d prendre un nouveau départ.Eli connut alors d’importants succès notamment avec la publication e: 1996 du journal de Victor Klerr perer, un intellectuel juif qui n conte sa mise à l’écart progress ve de la société allemande entr 1933 et 1945.On parlait alors di «miracle Aufbau».Ces dernières années, l’éditeu s’est fait connaître en publiant de auteurs français, notamment le romans policiers de Fred Vargas Néanmoins, tes grands écrivain contemporains faisaient cruelk ment défaut.«Aufbau devint d plus en plus un éditeur des grand morts», constate le quotidiei conservateur Die Welt.Une bataille juridique sans fil avec tes autorités allemandes aur eu raison de l’engagement de M Lunkewitz.Quelques année après avoir acquis Aufbau, te nu lionnaire marxiste découvrit qui la vente s’était déroulée dans de conditions illicites: la Treuham n’était pas propriétaire de 1 edi leur.Il dut donc l'acheter uni deuxième fois en 1995.Depuis, i réclamait à l’Etat allemand 1e rem boursement d’une partie de sommes investies.Le Monde BEAUX LIVRES Regard sur les cités perdues 4 Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire 2007 LOUISE BOUCHARD Entre les mondes LOUISE BOUCHARD ENTRE LES MONDES LES HEnBCS ROUCES POEStf LES HERBES ROUGES/POÉSIE u’ont en commun Palenque, au Mexique, l'ancienne capitale thaïe Ayuthaya.Carthage, en Tunisie, et Persépoüs, en Iran?Ce sont toutes des cités perdues mythiques qui, parmi plusieurs autres, ne cessent de fasdner les hommes.Dans son Altlas des cités perdues (Editions Véga).Brenda Ross s’emploie à présenter som- mairement les principaux sit< mondiaux des grandes cités pe dues.Elle explique aussi pou quoi des villes sont mortes, aba données, englouties, oubliées, s'agit là d’une porte d'entrée int ressante pour mieux connaîtr l’histoire du monde.Le Devoir ROBERT HARDING WORLD IMAGERY ¦ EDITIONS ' Persépolis, cité de l’empire perse LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A N ( HE S J L I X 2 O O g K 7 iCTURES D'ETE ESSAI Ce show que l’on qualifia d’« ossti » SYLVAIN CORMIER Ç' ’ était ça, c’était exactement ça», s'est exclame ^ mon ami Jean-Guy, à qui je montrais mon exemplaire tout frais arrive de L'Osstidclio ou le désordre libérateur, essai de l'expert en chanson québécoise Bruno Roy a propos du légendaire et révolutiotuiaire spectacle fomente en 1968 par les Robert Charlebois, Louise Forestier, Claudine Monfette (Mouffe) et Yvon Deschamps avec le Quatuor du Nouveau Jazz libre du Québec.«Un désordre libérateur, c'est tout à fait ce que j’ai vécu», témoignait mon ami, qui était fin mai 1968 au Quat’Sous pour LOsstiddw première mouture, puis à la Place des Arts pour L'Osstuklw meurt en janvier 1969.Bon titre, donc, puisqu’il dit TessentieL Et bon livre, foi de fada des années 60 depuis longtemps fasciné par ce spectacle, d’autant femtasmé et mythifié qu’il n’a pas laissé de traces ailleurs que dans les mémoires, à l’exception des quelques secondes d’images sans son tournées par Michel Brault et d’un enregistrement amateur révélé en ces pages il y a cinq ans (encore et toujours inédit).Bon livre factuel qui répond à travers tout un tas d’entrevues avec les intéressés et les spectateurs à la question: comment c’était, sur place?Bon livre d’essayiste qui dépasse l’anecdotisme et attaque de front la dimension symbolique de l’événement pourquoi fait-on à ce point un plat de L'Osstidcko?Pourquoi l’émoi à l’époque?Pourquoi le culte depuis?Fort en contexte, l’auteur brosse d’abord un portrait de la «chanson canadienne» telle qu’eDe existait avant L'Osstidclw (c’est seulement après LOsstiddw qu’on parlera de chanson québécoise, la coupure est à ce point nette).Chanson de variétés, mouvement chansonnier, l’un et l’autre pôles, note-t-il avec justesse, excluaient le rock'n’roll- on ne trouve pas d’équivalent local à Elvis, au contraire de la France qui a son Johnny dés 1960.Société fermée sur elle-même, réfractaire au rock, musique du diable, le Quebec ferme pour ainsi dire ses frontières aux rages électriques jusqu a Farrivee des Beatles, et encore: Charlebois sera finalement notre EHis, douze ans après Hound Dog, rejoignant le train rock psychédélique en marche au moment de LOsstiddw., Suit la genèse de LOsstiddw, complexe, qui passe par l’Ecole nationale de theatre (d’ou sortent Charlebois, Forestier, Mouffe).les boîtes à chansons (où ils rencontrent Yvon Deschamps), les revues satiriques que Charlebois présente avec Mouffe et Jean-Guy Moreau (Yeyes es.chansonniers.Terre des bums et surtout Peuple à genoux.avec la participation du Jazz libre), la fréquentation de FEsquire Showbar par Chariebois et sa passion grandissante pour le rhythm’n’blues, le voyage initiatique du même Charlebois en Californie en plein «Summer of Love», Femeigence d’une controculture dont le quartier général était fa Casa Pedro Jusqu’à l’opportun concours de circonstances qui libéra le joli mois de mai 1968 au QuafSous, trou providentiel rempli par LOsstiddw.Horlogerie et mécanique Judicieusement, Roy laisse les protagonistes se contredire dans leurs versions de la naissance dudit show: fa vérité prend fonne toute seule dans ce flou artistique.On apprend par exemple que Paul Buisson-neau avait «proposé une espèce de dwrégraphie avec des parapluies qui devait devenir par la suite Les Parapluies de Sherbrooke».Charlebois, lui, voulait un «happening».Happening il y eut Roy décrit longues citations à l’appui, le deroulement à géométrie variable, l’ambiance, les costumes sacerdotaux des gars du Jazz libre, le décor d'echafaudage.le -free for aU» de LOsstiddw.On apprend aussi que le spectacle fut rapidement rode.«C'est devenu une espèce d’horlogerie», résume Charlebois.Le «désordre devient ordre», mais comme on dit au hockey, 4e dommage était déjà score».Revolution dans le langage’ (en chanson, en monologue, jusque dans son titre, le jouai triomphe, en écho stereo aux Belles-sarurs de Tremblay), revolution dans fa façon de se présenter sur scène (il s'agit d’un «spectacle total», ni récital, ni revue), revolution au sens premier de changement radical de l'ordre établi, «violation d’une rwrme instituée», LOsstiddw a pour Bruno Roy «valeur de manifeste»: le Québec y «exorcise ses tabous» après huit ans de Revolution tranquille, à grands coups de sacres.«Ueu de convergence exceptionnel, le spectacle de L'Osstidcho contenait presque à lui seul iesthetique chansonnière de l'avenir.» Beau Dommage, affirme Michel Rivard, «n'aurait pas existe sans L’Osstidcho».Ferland n'aurait pas osé son Jaune.Rien ne sera plus pareil, de fait.LOsstiddw, comprend-on, est le big-bang de la chanson moderne au Québec: l’ouverture simultanée de toutes les portes.De quoi justifier un culte.Collaborateur du Devoir L’OSSTIDCHO OU LE DÉSORDRE LIBÉRATEUR Bruno Roy XYZ éditeur, coll «Documents» Montréal, 2008,200 pages Bnuno Rov OU UE DÉSORDRE LIBÉRATEUR (••Al « tlTicnî L MUSIQUE CLASSIQUE LITTÉRATURE JEUNESSE Karajan et le dilettante CHRISTOPHE H U SS Très à propos pour le centenaire de la mort du chef autrichien Herbert von Karajan est parue la «première biographie complète en français», signée Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française.S’agissant des prétentions, tout est dans le terme «complète», puisque Claire Alby avait déjà écrit un ouvrage, Karajan, l’homme qui ne rêvait jamais, paru en 1999.D n’était peut-être pas complet, mais il avait le mérite d’être bon, qualité qui n’est pas partagée par cette nouveauté.Dès le préambule, Pierre-Jean Rémy cite la biographie de Karajan par Richard Osborne: «Admirablement documentée, c’est une somme de prà de mille pages à laquelle nous ne saurions nous comparer.» Merci de fa franchise.A quoi serf alors le livre de Rerrejean Rémy?A rien.La biographie sur Karajan de l’académicien s’ajoute à sa longue liste d’ouvrages.Sa connaissance du Tout-Paris, donc de Michel Glotz, l’imprésario de Karajan, et d’autres témoins, une connaissance bibliographique et l’art de manier la plume assez rapidement lui permettent de publier quelque chose qui se tient vaguement dans le registre du dilettantisme Paris Match, ébloui par les mannequins blonds, le pouvoir, la richesse et la célébrité.L’opéra toujours La musique, Pierre-Jean Rémy connaît, mais il ne connaît que l’opéra.Ses exemples, ses repères sont donc sans cesse lyriques.Il doit bien subodorer quelque part qu’il y a sur terre une œuvre appelée 5' Symphonie de Beethoven, et que Strauss a aussi écrit Ainsi pariait Zarathoustra — et pas seulement Le Chevalier à la Pose —, mais pourquoi s’encombrer de cela?On apprend ainsi, par exemple, qu’il y a trois intégrales des symphonies de Beethoven (erreur, ü y en a toujours eu quatre plus une en vidéo).Plus étonnantes sont les erreurs dans le domaine de spécialisation de Pierre-Jean Rémy, comme «le ténor Erich Kuru» (il était baryton).Par ailleurs, l’édition du livre laisse à désirer («en lice» devient «en lisse»), La biographie d’Osbome, traduite en français, reste évidemment le choix en la matière.Cet ouvrage partiel et partial (comment oser revendiquer d’être complet!), sans vrai recul analytique, prouve une chose: même les académiciens en France — et non des moindres, puisque M.Angrémy (son vrai nom) fat président de fa Bibliothèque nationale de France! — sont gagnés par fa superficialité qui règne en ce bas-monde.Où va-t-on?Collaborateur du Devoir KARAJAN, LA BIOGRAPHIE Pierre-Jean Rémy Odile Jacob, Paris, 2007,473 pages SOURCE TÉLÉ QIIÈBEC Herbert von Karajan La vie après une première mort CAROLE TREMBLAY \ A seize ans, Jersey a posé un fusil sur sa tempe et a appuyé sur la détente.Sa vie, tout comme celles de ses proches, a alors volé en éclats.Mais la mort, elle, n’était pas au rendez-vous.Voilà le point de départ du roman de Susan Vaught, une psychologue américaine spécialisée en neuropsychiatrie, qui consacre depuis quelques années de plus en plus de temps à l’écriture.Quand l’histoire commence, son personnage principal rentre enfin à la maison, après avoir transité d’hôpitaux en centres de réhabilitation pendant toute une année.Si les médecins ont réussi à recoudre les morceaux, force est de constater que toutes les pièces du puzzle ne s’emboîtent plus aussi bien qu’avant.Outre les nombreuses séquelles physiques — une de ses jambes refuse d’avancer, son œil gauche est aveugle, son équilibre, plutôt précaire —, l’adolescent doit maintenant composer avec un cerveau qui n’en fait qu’à sa tète, surtout quand il est question de parler.De plus, le Jersey nouveau a complètement rayé de sa mémoire toute l’année précédant sa tentative de suicide.D n’est donc pas en mesure de se rappeler, et encore moins de comprendre, ce qui Fa poussé à vouloir s’enlever la vie.C’est ce long et laborieux travail d’enquête que le jeune éclopé entreprend dès son retour à la maison.Sa quête est cependant considérablement ralentie par ses limites, autant physiques qu’intellectuelles.En fail tu es comme un génie de cinq ans, lui a dit le psy avant son départ Ton intelligence est là.Elle n’a pas disparu, mais tu n’as plus les capacités de l’utiliser.Avec un trou comme le sien dans la tête, attacher ses chaussures devient une épreuve titanesque, s’exprimer sans que des mots incongrus viennent constamment para- -s L V* siter ses phrases, une mission presque impossible.Et ce qui n’est pas pour l’aider, son ancien meilleur ami refuse de lui adresser la parole et sa mère, dépassée par les événements, quitte la maison familiale, le laissant seul avec un père aimant mais désemparé.Devrait l’ampleur de la tâche, et le jxni d’espoir de réhabilitation, l’adolescent est rapidement envahi par le découragement.La tentation est grande d’en finir et de basculer, une bonne fois pour toutes, dans le trou noir qu’il a raté la première fois.Mais, bien sûr, il s’accroche — de justesse, il est vrai — aux prises fragiles que lui offre sa vie.Un an plus tard, et malgré un cerveau en gruyère.Jersey se rend compte qu’il n’avait aucune raison valable d’attenter à ses jours.11 comprend aussi que le suicide est tout sauf une façon de libérer ses proches du fardeau qu’on croit être pour eux.Malgré son thème sorpbre, ce roman n’a rien de lourd.Écrit à la première personne, il nous plonge littéralement dans la tête de Jersey, où le discours décousu, émaillé d’éléments incohérents, crée une musique singulière, hachurée et sautillante, qui réussit à nous transmettre l'émotion srais la dira ger de pathos.1rs absurdités Irai gagières qui s’insèrent dans le ré-cil sont autant de lumières colo rées qui clignotent dans le drame pour désamorcer le désespoir.Après avoir refermé le livre, tout notre être nous apparaît plus libre et plus grand à côté du labyrinthe étriqué avec lequel Jersey doit composer.Et on se dit que s'il est capable de continuer à avancer avec une chaussette dans la tête, on n'a aucune raison de ne pas courir, chaussettes aux pieds, |xmr mordre dans la vie.Collaboratrice du Devoir UNE CHAUSSETTE DANS IA TÊTE Susan Vaught Éditions Milan jeunesse, «Macadam» Paris, 2(X)8,361 pages /fSlire Un roman d'Alain Ulysse Tremblay, illustré par Jean Morin Rio Tchi possède vraiment une arme de destruction massive.88 pages - 8,?5 $ Soulières éditeur SOUlltKS La Librairie Alire a de fabuleuses suggestions de lecture d'été pour vos jeunes lecteurs.Hfi Alire, Librairie indépendante agréée 450.679.8211 | Place Longueuil Les Éditions du Noroît Nouveautés www.lBnorolt.com PàHu l.I alrmr.iuu" Homa Sweet Home '«*•71ÜM .'>11*, ' " * #rilp>v "mt iMtis w K Civ ÆS — " .' Homa sweet home Patrick Lafontaine Lumière aux aguets Marcelle Roy oirrunoN OiMEOIA Marcelle Rin l umière aux aguets 0Q BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE 20 ans et toutes ses lettres ! La vengeance d ’un homme brisé ) Bernard Assiniwi Le Bras coupé 3 Bernard Assiniwi Le Bras coupé 176 PAGES ?9,95 S www.livres-bq.com Un petit livre de grande poésie : Seul on est de Serge Patrice Thibodeau, lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général.« L’enchantement comme la désillusion du poète apparaissent au grand jour, conjugués à la douce évocation de la vie qui passe.On est ici en présence d’une discipline du vers, d’une construction consciente qui dompte l’élan naturel de sa composition.La structure à contrainte présente un jeu habile et maîtrisé par l’auteur.» — Jury, Prix du Gouverneur général La ville ne chante pas, l’avion au sol risque d’être balayé par les vents, et tristes en novembre, les prusses recueillent les reflets tombés des nuages, et les têtes noires des mésanges ont dérivé, ont déserté la mangeoire ; leur chant n’est plus que pas perdus ; le sentier, bras croisés dans la boue de la rivière — sauvetage d’un dauphin, à midi, au centre-ville — l’eau reprend son souffle, courbée comme un arc.SL KCjfc PATRICE TH HW HMiAl 1 SEUL ON EST PRIX LITTÉRAIRE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL ¦ri- ¦ri- 1 (S 0\ Os n
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