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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-06-07, Collections de BAnQ.

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vivm— LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE S JUIN 2008 remières Nations LE DEVOIR PRESENCE AUTOCHTONE 2008 WA /k RAYMOND CYR SOURCE PRESENCE AUTOCHTONE De la place Émilie-Gamelin, on verra grand ! Desjardins en spectacle le soir du jour national des autochtones Cette année, les organisateurs du festival Présence autochtone ont mis le paquet en ce qui a trait à la programmation extérieure.En plus de Richard Desjardins, la place Émilie-Gamelin accueillera plusieurs rappers et musiciens de différentes communautés culturelles de Montréal et des Premières Nations, dont Samian, révélé au grand public grâce à sa collaboration avec Loco Locass.MARTINE LETARTE La grande fête extérieure de Présence autochtone commencera plus tôt cette année que lors des éditions précédentes.Les organisateurs ont ajouté un grand spectacle gratuit à la place Émilie-Gamelin, le vendredi 20 juin.«Nous aurons d’abord, en après-midi, des performances de chant: des chants sociaux abénakis, des chants contemporains, des chants de gorge inuits, des incantations, etc.Ensuite, à 19 heures, le grand spectacle Rythmes nomades commencera, avec entre autres Samian, qui s'est fait connaître grâce à la chanson “La Paix des Braves” qu’il a enregistrée avec Loco Locass.D’autres rappers et musiciens des Premières Nations et de différents quartiers culturels de Montréal seront présents sur scène pour faire lever la soirée.Ils seront aussi accompagnés de DJ», indique Sylvain Rivard, directeur du site extérieur de Présence autochtone.N’est-ce pas ici un effort de la part des organisateurs du festival pour aller rejoindre davantage un public jeune?«Pas nécessairement jeune, mais certainement un public plus urbain.En fait, il est intéressant de voir que la musique des artistes des Premières Nations peut aussi être contemporaine et urbaine, sans toutefois renier ses origines.Et le pont se fait bien aussi entre eux et les artistes montréalais d’autres origines», se réjouit M.Rivard.Ensuite, la fête se poursuivra comme à son habitude le samedi et le dimanche, avec les Boreades de la danse LotcnQué-bec, qyi proposeront de nombreuses activités familiales à la place Émilie-Gamelin.Des artistes et artisans des Premières Nations, que ce soit des conteurs, des danseurs, des musiciens ou des sculpteurs provenant des trois Amériques, seront au rendez-vous pour divertir le public et partager leur savoir.«Cette année, nous sommes bien heureux d’accueillir entre autres le sculpteur de pierre inuitAIec Lawson Tuckatuck, qui travaillera ses œuvres devant les yeux des festivaliers, précise Sylvain Rivard.Nous accueillerons aussi des artistes atayals de lile de Taïwan, comme invités spéciaux.» Les Atayals sont l’une des six ethnies autochtones de Taiwan et ils vivent dans les régions montagneuses du Huahen.Deux «Etre un Métis, c’est une culture, pas juste un p’tit mélange de sang rouge et blanc» Page5 ONDINNOK Le travail d’Yves Sioui Durand est un vaste projet historico-archéologique Page 2 TOMR DU QUEBEC Onze nations autochtones, autant de peuples québécois Page 4 membres de la communauté viendront partager quelques aspects de leurs traditions ancestrales avec le, public.Pendant tout le week-end, la place Émilie-Gamelin accueillera en somme une quarantaine d’artisans de diverses nations qui viendront partager leur savoir-faire avec le grand public.On y verra entre autres de l’art joaillier, de la vannerie, des instruments de musique ainsi que des vêtements et accessoires traditionnels.La grande soirée de Richard Desjardins Le samedi 21 juin, Jour national de solidarité des peuples autochtones, sera certainement la grande soirée du festival Présence autochtone avec, entre autres, Richard,Desjardins qui foulera les planches de la scène de la place Émilie-Gamelin pour un spectacle extérieur gratuit.La première partie du spectacle sera assurée par Kathia Rock, auteurecompositeure-interprète innue.Jean-Frédéric Messier l’accompagnera à la guitare.Une fois que le del se sera bien assombri, la soirée se poursuivra avec la projection du documentaire de Richard Desjardins et Robert Monderie, Le Peuple invisible.D’ailleurs, le film jouit maintenant d’une réputation internationale.Dernièrement, il a été diffusé à New York, lors de la septième session de l'Instance permanente des Nations unies sur la question autochtone.Les cafés, un nouveau tournant Si, l’an dernier, le festival Présence autochtone a commencé à organiser quelques événements dans des cafés, cette année, la tendance est encore plus marquée.Les cafés Vol-ver et L’Escalier proposeront donc différentes soirées culturelles qui incluront de la musique, du cinéma, des contes ainsi que l'apprentissage de langues amérindiennes.•En proposant des activités dans des cafés, nous nous trouvons à entrer en contact avec toute une jeunesse altermondia-liste qu'on ne retrouve pas dans les circuits habituels des festi- SOURCE PRESENCE AUTOCHTONE vais.Lan dernier, nous avons tenté l’expérience et, vraiment, de belles rencontres se sont réalisées», explique André Dude-maine, directeur du festival Présence autochtone.Les curieux pourront aussi découvrir Mike O’Cleary, auteur-compositeur-interprète de la relève, de Mashteuiatsh.«Il est jeune, mais il a déjà l’étoffe d’un grand.Venez le découvrir avant tout le monde, puisque dans quelques années il fera les palmarès! Il est particulièrement intéressant parce qu’il passe aisément de l’innu au français et arrive ainsi à faire le pont entre les deux cultures», ajoute M.Dudemaine.Le Wapikoni mobile, studio ambulant de création vidéo et musicale destiné aux jeunes des communautés autochtones, proposera également une soirée spéciale le 17 juin, au café L'Escalier, où seront présentées ses réalisations les plus récentes.Le Solstice des nations Le festival Présence autochtone célébrera encore cette année la Journée nationale des autochtones le samedi 21 juin, au parc du mont Royal, avec le Solstice des nations.L’événement, à la fois protocolaire, symbolique et festif, a pour principal objectif de rapprocher les différents peuples qui vivent au Québec et de renforcer les liens d’amitié entre eux.Des représentants des communautés québécoises et autochtones seront réunis sur le mont Royal pour fêter le début du cycle solaire en allumant le feu de l’amitié.•Nous transmettrons alors les braises de notre feu aux organisateurs de la Fête nationale du Québec qui, à leur tour, indique André Dudemaine, s'en serviront pour allumer le feu de joie du grand spectacle de la Fête nationale, le 23 juin, sur les plaines d’Abraham, à Québec.C’est un geste qui a une grande valeur symbolique.» Pour plus dlnfo: http://www.nativelynx.qc.ca.Collaboratrice du Devoir AUTOCHTONE TYois temps forte d’un festival Arts plastiques Page 3 Littérature Page 4 Cinéma PageS L E I) E V 0 ] R .LE S S A M E I) I ET l) I M A \ (HE « J (' I \ 2 0 0 8 (i 2 RE Ml ERES XATIOXS Ondinnok, le seul théâtre autochtone au Québec « Nous sommes culturellement à la frontière de la dissolution identitaire » Le travail d’Yves Sioui Durand est un vaste projet historico-archéologique Redonner une voix à ceux qui n’en ont pas pour échapper à la perte de l’âme: ainsi pourrait se résumer la mission que se donne la seule compagnie de théâtre autochtone du Québec, le théâtre Ondinnok.Au moment où débute une série de représentations de la toute dernière production d’Ondinnok au théâtre Prospero, le point avec le cofondateur de la compagnie, Yves Sioui Durand, sur plus de 20 ans de théâtre autochtone au Québec.MATTHIEU DUG AL TD ourquoi sommes-nous séparés A de nos mythes d’origine?» Vingt-trois ans après la création d’Ondinnok, la question demeure tout aussi pertinente pour Yves Sioui Durand, qui poursuit toujours aussi inlassablement son travail d’introspection dans l’âme autochtone et ses déchirements.Selon Durand, la «manière» Ondinnok (mot huron désignant un rituel théâtral de guérison qui dévoile le désir secret de l’âme), c’est en quelque sorte de «donner à ces mythes une modernité qui s'est perdue avec le temps.En fait, mm travail a SOU RCK l’RKSRNCK AUTOCHTONE Yves Sioui Durand tmjours consisté a mmtrer cette part de notre identité qu’on a voulu détruire p photographe est allé immortaliser des instants dans la vie de différents peuples des Premières Nations, de l’Abitibi au Guatemala en passant par la Bolivie, l’Equateur et le Pérou.Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce présente aussi des œuvres sur papier et des sculptures de l’artiste abéna-kise-wendat Christine Sioui Wawanoloath.Pour plus d’info: Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, w (514) 872-2157.Collaboratrice du Devoir 0 Guilde canadienne des métiers d’art 1460, rue Sherbrooke Ouest, suite B Montréal, T 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.com « RELIEF » En collaboration avec le Festival Présence Autochtone Gravures de cinq artistes mohwaks : Jasmin Gunn Kevin Proulx Audrey Avery Graig Nicholas Roger Nelson Sculptures de Denis Charrette, algonquin Jusqu’au 28 juin 2008 Mardi au vendredi, lOh à 18h Samedi, 10h à 17h LES AUTOCHTONES DANS LE QUÉBEC POST-CONFÉDÉRAL • 1867-1960 Alors que l’imaginaire populaire tend à dépeindre les autochtones comme étant confinés dans leurs réserves et réduits à dépendre du gouvernement fédéral pour assurer leur subsistance, Claude Gélinas présente un portrait beaucoup plus nuancé de leur situation.Il tend à confirmer une constante historique, à savoir que l’incompréhension entre autochtones et non-autochtones, au Québec comme au Canada, relève davantage de l’idéologie que des rapports sociaux.SE PT ENTRION.qc.CA Membre de l'Association nationale des éditeurs de livres A L E DEVOIR.L E A M E D I ET DIMANCHE 8 J l' I X 2008 (i t PREMIERES NATIONS Tour du Québec Onze nations autochtones, autant de peuples québécois D’Ivujivik chez les Inuits aux confins du Nouveau-Québec, en passant par Listuguj chez les Micmacs de la Gaspésie, par Mashteuiatsh chez les Innus du Lac-Saint-Jean, par Kahnawake chez les Mohawks de la rive sud de Montréal ou par sept autres endroits, il se trouve encore presque partout au Québec des habitants des 11 Premières Nations ayant peuplé JOËLLE TOU G AS Les quelque 10 000 Inuits vivent dans 14 villages nordiques situés entre le 55' et le 64' parallèle, le long des côtes de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava.ce territoire.RÉGINALD HARVEY Des populations autochtones devenues jeunes ont évolué rapidement au cours des dernières années et se montrent soucieuses de leur développement socioéconomique et de leur avenir, tout autant que préoccupées par des questions territoriales et culturelles.Anthropologue, Pierre Trudel enseigne au cégep du Vieux-Montréal.Il entretient des liens avec l’Assemblée des Premières Nations, en plus de collaborer depuis plus d’un quart de siècle à la revue Recherches amérindiennes: «Iss au-tochUmes, tout comme les Québécois, vivent un problème d’identité.Ils connaissent eux aussi un débat identitaire.Les nations autochtones du Québec sont issues, au même titre que les Québécois, d’une identité changeante qui s'est définie au fil du temps.Ces changements ont été produits par la sédentarisation et par l'intégration à l’Etat.» Un vent de jeunesse s’est mis à souffler fort «Les nations actuelles ne stmt pas ce qu 'elles étaient il y a 50 ou 100 ans.S'il existe toujours trois grandes familles linguistiques, soit celles des Inuits, des Algonquiens et des Iroquoiens, toutes, sauf dans le cas des Attikamekws, débordent à l’extérieur du territoire du Québec.» Il dégage une caractéristique contemporaine de ces peuples: «On peut garder en tête la conception comme quoi il y a II nations, mais, ce qui caractérise l'identité des autochtones aujourd’hui, c'est davantage d’être jeune plutôt que vieux, plus que le fait d’être abénakis, attika-mekui ou autre.» Abénakis, Algonquins et Attikamekws Les Abénakis sont plus de 2000 et ils vivent sur la rive sud du Saint-laurent, en face de Trois-Rivières.Ils viennent de construire un nouveau musée.«Ce sont des communautés qui sont très urbanisées et qui essaient de concilier leur statut juridique et politique avec un développement économique.Ils font des affaires et ils ont déjà mis de l'avant un projet de casino.» Il existe présentement chez eux un débat identitaire qui les pousse à se montrer sévères dans la reconnaissance du statut d’Abénakis: «Puisque ce sont l’État, le gouvernement et la Loi sur les Indiens qui ont tracé la frontière entre celui qui est un Abénakis et celui qui ne l’est pas, il existe une querelle entre eux à ce sujet.» les Algonquins forment cette nation qualifiée de «peuple invisible» dans le titre du film documentaire réalisé par Richard Desjardins.Ils sont autour de 9000 à vivre dans neuf communautés établies en Abi-tibi-Témiscamingue et, dans bien des cas, ils sont considérés comme les laissés-pour-compte des autochtones à cause de leurs misérables conditions de vie.«Un des enjeux chez ceux-ci est de corriger un manque de cohésion pour s’avancer dans une revendication globale.Ils sont divisés idéologiquement et politiquement et je sais qu’il y a deux organisations politiques.» Au-delà des revendications globales qui portent sur les territoires ou les droits ancestraux, chacune des réserves a des revendications particulières, découlant du fait «qu’on a réduit la réserve d’origine».Les Attikamekws sont au nombre d’environ 6000 et on les retrouve dans les régions de fanaudière, de la Mauricie et du Centre-du-Québec.Dans ce cas, deux dossiers viennent à l’esprit de l’anthropologue: «Comme les Innus, ils négocient depuis très longtemps sur leur revendicatùm globale en vue de la signature d'un traité; il semblerait qu 'ils soient assez avancés sur ce plan et on pmrrait éventuellement s’attendre à une entente de principe.Ils sont aussi irrités par la questùm de l’agrandissement de la superficie de la municipalité de Im Tuque, qui est immense et qui couvre tout leur territoire.Eux qui vivaient sur des terres de la Couronne québécoises, ils se sont vu incorporer dans une municipalité sans leur consentement: ça les irrite de voir apparaître des règlements municipaux sur leur territoire de chasse.» Cris et Hurons-Wendats les Cris ont signé la Paix des braves avec le gouvernement Landry en 2002, ce qui leur a valu de recevoir des sommes s’élevant à plus de quatre milliards de dollars.Es sont près de 15 000 à vivre dans le bassin de la baie James et, en partie, près de Chibougamau, à l’intérieur de neuf communautés.«Ils ont décidé de se préoccuper du sort des jeunes en signant ce traité, et la question qui se pose maintenant est la suivante: est-ce qu'ils ont bien fait et est-ce qu’ils vont réussir à réduire les problèmes sociaux et à favoriser l’emploi chez les jeunes?La Paix des braves visait cet objectif.S'ils ont abandonné leurs poursuites, quelque peu dilué leurs revendications et accepté le projet Rupert, c'est pour avoir plus d’argent et disposer de plus de moyens de créer de l’emploi chez les jeunes.» Les Cris servent de modèles aux autres nations.Les Hurons-WendaLs, dont la population s’élève à 3000 habitants, se trouvent sur un tout petit territoire situé tout près de la ville de Québec, mais la plupart d’entre eux vivent hors réserve.«Eux aussi sont loin d’être dans la misère; c’est une communauté très bien organisée et qui sert également de modèle.Ils viennent même de construire un hôtel-musée (Hôtel-musée Premières Nations) pour assurer leur développement.Ils possèdent aussi des droits territoriaux dans le secteur du parc des Laurentides, ce qui n'est pas sans inquiéter la population locale.» Innus et Inuits Les Innus négocient depuis plusieurs années une entente pour laquelle bien des embûches sont apparues durant les pourparlers plutôt houleux qui se sont déroulés.Ils sont au nombre de 15 600 et forment la population la plus nombreuse de la province, suivie de près par les Cris.Es vivent dans neuf communautés répartis entre la CôteNord et le Lac-Saint-Jean.«Ils sont plutôt divisés, omis il semblerait qu’il y aurait présentement une possibilité d'entente avec deux ou trois communautés.Québec souhaite que toutes les communautés innues soient signataires du traité, mais il se pourrait qu'il ne soit signé qu'avec cer- taines: Mashteuiatsh, Essipit et peut-être Pessamit.» Et les Innus tentent d’obtenir des indemnisations majeures pour l’énergie hydroélectrique produite sur le territoire de Betsiamites: «Ce recours pourrait baliser cette obligation qu’ont maintenant toutes les entreprises et tous les gouvernements, presque à la grandeur du pays, de chercher à consulter et à accommoder les autochtones lorsqu 'il y a un développement sur leur territoire.» Cette démarche juridique porte également sur une revendication territoriale en Een avec l’Accord de la Baie-James conclu en 1975.Les quelque 10 000 Inuits vivent dans 14 villages nordiques situés entre le 55' et le 64' parallèle, le long des côtes de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava.Ivujivik, la communauté la plus éloignée, se trouve à 1000 kilomètres de la municipalité de la Baie-James.Un gouvernement régional prend forme en ces lieux et U doit s’attaquer à une lourde tâche: «Us éprouvent des problèmes sociaux qu 'ils doivent régler.Il se pourrait que l’espérance de vie chez les Inuits du Canada soit à la baisse; sur le plan statistique, c'est absolument incroyable.Pourquoi une telle baisse?Est-elle due à la qualité de vie?À la violence ou à je ne sais quoi?» E en résulte un enjeu de taiUe: «Ils doivent cheminer vers une plus grande prise en charge dans le but d’intégrer les trois grands secteurs de la société imite dans un seul gouvernement.Ils ont à franchir des étapes pour s’approprier les affaires publiques.» Malécites et Micmacs Les Malécites forment un groupe autochtone d’environ 760 personnes dont le territoire est situé dans le Bas-Saint-Laurent, à proximité de Rivière-du-Loup.«Ils ont éprouvé de sérieux problèmes de gouvernance interne, tout comme les Mohawks; il y a eu conflit entre le chef et les conseillers.Us ont des revendications particulières sur des terres et ils veulent aussi agir dans la question des pêcheries.Il y a un traité sur la pêche qui a été reconnu par la Cour suprême concernant les Micmacs mais également les Malécites.» Les Micmacs sont au nombre de 2400 et ils habitent dans trois réserves de la Gaspésie.Cette nation unifiée sur le plan politique tire maintenant mieux profit des ressources de la mer «Us se sont engagés depuis longtemps dans la pêche mais, à la suite du jugement Marshall, ils ont saisi l’opportunité qui leur était offerte de recevoir l’aide du fédéral pour être intégrés à cette industrie de la pêche dont ils étaient exclus auparavant.Ils ont obtenu des droits pour vendre les produits de la pêche plutôt que de juste manger ceux-ci.» Et un dossier litigieux a fait surface il y a peu de temps: «C'est tendu dans la région parce que les Micmacs du secteur de la réserve de Gesgapegiaq veulent ouvrir une pourvoirie.Les chasseurs du coin ne sont pas très contents.On retrouve donc là un peu des tensions traditionnelles.» Mohawks et Naskapis Les quelque 10 400 Mohawks habitent pour la plupart dans trois réserves situées en périphérie de Montréal.De ce côté, plusieurs dossiers sont à surveiDer «Il y a celui de la mine d’Oka dans le secteur de Kanesatake.Les Mohawks pourraient, quoique divisés, s’unifier et s’opposer à ce développement minier si la compagnie décide de procéder.» Du côté de Kahnawake, le dossier de l’ancienne seigneurie refait surface et des négociations sur les revendications territoriales autochtones, qui s’annoncent ardues, ont repris.Les positions du Québec et des Mohawks sont plutôt tranchées à ce sujet: «L’autoroute 30 entrait dans le décor dans ces pourparlers.On devait procéder à la construction d’une bretelle ou d’une partie de celle-ci, mais on ne l’a pas fait.Les Mohawks considéraient qu’on n'avait pas consulté suffisamment et offert les accommodements requis dans ce dossier.» Es ont finalement obtenu gain de cause.Après avoir reconnu que les négociations sont difficiles avec les Mohawks sur le plan territorial pour des raisons historiques et parce que les réserves sont situées en milieu urbain, l’anthropologue mentionne un autre enjeu majeur: le domaine fiscal: «La couverture médiatique donne l'impression que ce sont eux, les Problèmes, que ce sont des contrebandiers, que c’est la criminalité, que c’est la mafia et tout ce genre de choses, qui sont en cause.C’est l’impression qui se dégage, mais ce qu’on ne voit pas dans ce dossier-là, c’est une volonté de négocier et de.régler le problème politiquement de la part des Mohawks.» Du côté de l’Ontario, des ententes fiscales sont récemment intervenues avec les autochtones à la suite de négociations.Les Naskapis sont au nombre de 600 et vivent majoritairement dans une réserve au nord de Schefferville, non loin du Labrador.Es partagent leur territoire de chasse avec les Inuits et ils sont mécontents de la mise sur pied d’un gouvernement régional chez cette nation: «Tout leur territoire de chasse se retrouverait désormais dans le Nunavik.Cela donnerait plus de pouvoir politique à ce gouvernement sur leurs terres, et ils sont insatisfaits de la représentation qu’on leur réserve au sein de cette nouvelle instance gouvernementale.» E en découle cette situation délicate: «Ils sont quelque peu irrités par l’instauration du Nunavik, d’un gouvernement régional chez les Inuits.Ils aimeraient voir leurs droits mieux reconnus dans la constitution de ce gouvernement, et la tension est assez vive entre eux et le Kativik Regional Government.» Collaborateur du Devoir Les Innus sont au nombre de 15 600 et forment la population autochtone la plus nombreuse de la province, suivie de près par les Cris H kmk cowuitfre' MUSEE HURON-WENDAT.CA LITTÉRATU RE Dialogue en trois temps.avec un Sauvage ! Le festival Présence autochtone organise cette année un événement bien particulier à la Grande Bibliothèque pour souligner l’ouverture de l’exposition d’arts visuels Dialogue avec un Sauvage.Un 5 à 7 littéraire, intitulé «Dialogue en trois temps», se tiendra le vendredi 13 juin et abordera notamment le dialogue en tant que forme littéraire, en compagnie de plusieurs auteurs et intellectuels issus des Premières Na- tions et québécois.Pour créer l’exposition Dialogue avec un Sauvage, des artistes des Premières Nations ont été invités à s’inspirer de l’ouvrage Dialogue de M.le baron de La Hontan et d'un sauvage de l’Amérique, rédigé par M.La Hontan lui-mème et publié en 1703.«Ce dialogue entre le Français La Hontan et le sauvage Adario traite de différentes questions, comme la divinité, l’argent, la loi et l'égalité entre les hommes et les femmes, qui sont toujours pertinentes aujourd'hui.Il est donc très intéressant de se replonger dans cette époque, alors que le Siècle des lumières n était pas encore véritablement commencé, pour jeter un regard sur les points de vue des Français et des autochtones de l’époque sur ces questions», indique Henry Welsh, responsable des communications de Présence autochtone.Les trois temps Le 5 à 7 littéraire se déroulera donc en trois temps.D’abord, deux comédiens feront la lecture de quelques passages tirés de l’œuvre de La Hontan, question de mettre le public dans l’ambiance du dialogue ancien.Ensuite, des auteurs québécois et amérindiens liront des textes issus de leur correspondance poétique.Cette rencontre des écritures québécoises et amérindiennes est une initiative de Técri-vaine Laure Morali, qui a récemment dirigé la publication d'Aimiti-tau! Parions-nous! Cette œuvre, publiée chez Mémoire d’encrier, réunit pour la première fois des auteurs du Québec et des Premières Nations à travers des correspondances inédites qui prennent la forme de lettres, de récits, de poèmes, de contes et même de courriels.Parmi les personnalités qui seront présentes à la Grande BibEothèque pour l’occasion, notons Joséphine Bacon qui, en plus d’avoir participé au projet Aimiti-tau! Parlons-nous!, a initié Chloé Sainte-Marie à la culture innue et lui a offert la chanson Mishapan Nitassinan pour son album Je marche à toi.Le poète José Acque- SOURCE PRESENCK AUTOCHTONE La rencontre du baron de Lahontan et d’un sauvage de l’Amérique.Acrylique de Raphaël Benedict, intitulé La Modification du beau (détail) lin sera aussi présent pour lire, en duo avec Mme Bacon, des extraits des lettres échangées au cours de cette expérience de dialogue.Enfin, George Sioui.inteEectuel huron, et Jean-François Chassey, professeur au département d’études littéraires de l’UQAM, concluront la rencontre en ouvrant une discussion sur le dialogue comme genre littéraire et sur la littérature comme agent de transformation sociale.«Nous voulons faire une version réactualisée de ce dialogue de La Hontan, entreprendre un véritable échange entre des acteurs de différentes cultures amérindiennes et non amérindiennes», ajoute M.Welsh.M.L LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE S J I 1 N 2 O O S (i 5 PREMIERES NATIONS Les Métis de l’Est Ils sont 291000 sans territoire propre « Être un Métis, c ’est une culture, pas juste un p ïit mélange de sang rouge et blanc » En avril dernier, des producteurs de la Beauce ont exigé d’être exclus du plan conjoint de mise en marché du sirop d’érable, sous prétexte de leurs origines.Le même mois, la Cour supérieure a rejeté la demande d’un groupe voulant participer aux négociations territoriales entre le gouvernement québécois et les Innus, concernant l’Entente commune au Saguenay.Le point commun entre ces revendications?Elles ont été émises par des Métis du Québec, qui réclament des droits analogues à ceux des autochtones.Un dossier embrouillé et brûlant.sonna; !'ki:si:\i i: autochtonk Raymond Cyr, représentant des Métis de l’Estrie, devant un auditoire attentif ' A î DENIS LORD Le terme de «Métis» évoque irrémédiablement Louis Riel et ses concitoyens de la rivière Rouge, amalgame de descendants de coureurs des bois canadiens-fran-çais et de Cris, Saulteux et Ojib-was.Mais la réalité est autrement plus complexe.Dans la plupart des provinces canadiennes, des communautés s’identifient elles aussi comme des regroupements de Métis.Quelque 291 000 personnes se sont réclamées de cette identité lors du recensement de 2001.Le gouvernement canadien reconnaît l’existence de 80 communautés métisses dans le pays sans pour autant leur accorder les mêmes droits qu’aux autochtones.Origines mixtes, peuple singulier «Etre un Métis, c’est une culture, pas juste un p’tit mélange de sang rouge et blanc.» C’est Raymond Cyr qui s’exprime ainsi, aujourd’hui représentant des Métis de l’Estrie, après avoir grandi dans les monts Chic-Chocs, dans une communauté issue de «l'union des Euro-Canadiens avec des Montagnais, des Abénakis et des Malécites».«On nous donnait différents noms, comme les hommes-capitaines.D'abord, parce qu’une partie de nos ancêtres étaient des Blancs qui avaient fui les bateaux.Ils étaient renommés poilus, méfiants et dangereux parce qu'ils avaient peur d’être repris.» Autre raison: chaque homme pouvait être un chef, l'un pour la chasse, un autre pour l'établissement d’un camp, par exemple.«Nous avons incorporé l'esprit rationnel des Blancs à nos valeurs spirituelles, dit Raymond Cyr.Nous sommes reconnus pour notre sens des affaires.mais aussi nous parlons aux bêtes que nous tuons.Nous croyons aux songes, à la prémonition.» Dominique Côté, juriste et généalogiste, abonde dans le même sens.«Le concept de métis se vit très peu par le sang, dit-elle, même si on doit descendre d’une lignée autochtone.Ce sont les us et les coutumes qui importent.» Dominique Côté est d’origine française mais aussi abénakise, huronne, al-gonquine et micmac.Elle fait partie de la communauté des Antayas — «celui qui a marié une sauva-gesse» — située en Beauce.Sa culture, dit-elle, se démarque par la spiritualité, les traditions, l’enseignement des aînés.Rencontre historique Le Québec abriterait plus de 15 000 Métis disséminés entre sept communautés historiques.Pour la première fois, les 20,21 et 22, ceux de la Gaspésie, de la Beauce et de l’Estrie, de l’Abitibi aussi, d’ailleurs encore, se réuniront à Jonquière pour un pow-wow chez la communauté métisse du domaine du Roy et de la seigneurie de Mingan (CMDRSM), deux immenses territoires sur lesquels les Métis réclament des droits.«Chicoutimi, affirme Jean-René Tremblay, chef de la CMDRSM, était jadis un poste de traite métis privilégié, avec sa chapelle et son cimetière.qui ont été détruits par l'Etat moderne.Des Amérindiens ici, dès 1710, il nyen avait plus.» Nombre d’Amérindiens ne reconnaissent pas l'identite métisse.Il y a quelques années, un groupe de pression.l'Alliance autochtone du Québec, a refusé d'arborer le drapeau métis et de jouer l’hymne métis lors des réunions.En Gaspésie, Micmacs et Métis se sont opposés dans le dossier de la création de la pourvoirie Badwin.«Pourtant, affirme Raymond Cyr, les réserves se sont formées à partir du bassin de population des Métis.Les habitants des réserves de Maria, de Restigouche et de Gaspé sont aussi métis que nous.Sans nous, ils auraient perdu leurs traditions.Mon cousin a montré à trapper à ceux de Maria.» Le même problème de reconnaissance se reproduit entre Métis de l’Ouest et Métis du Québec.Le Metis National Council, formé de représentants des organisations provinciales de l’Ouest, ne reconnaît pas l’existence des Métis de l’Est La seule organisation à le faire est l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNM).Le président de la plus ancienne organisation du genre, Gabriel Dufault, sera d’ailleurs présent au pow-wow de Jonquière, une première.Encore une fois, Raymond Cyr s’insurge.«Les Métis de l’Ouest sont originaires de l’Est, sauf les Métis écossais.» «C’est une hypothèse qu’on examine», commente prudemment Fabien Tremblay, qui étudie l’ethnogenèse des communautés de la Gaspésie et de l’Abitibi pour la Chaire de recherche sur l’identité métisse.Revendications Jusqu’à aujourd’hui, les communautés métisses du Québec n’ont pas fait front commun dans leurs revendications.Celles-ci demeurent locales.On parle essentiellement de la reconnaissance de droits ancestraux, comme la chasse et la pêche, la consultation sur l’utilisation du territoire.«Nous au- rions le droit à la cogestion, remarque Raymond Cyr, de dire non à la pêche abusive, à la coupe à blanc.» Le représentant des Métis de l’Estrie s’insurge contr e la monoculture dans la reforestation des Chic-Chocs, qui appauvrit la faune.In CMDRSM va beaucoup plus loin.Elle revendique le titre foncier d’un territoire allant, d’est en ouest, des Eboulements au labrador, et, du sud au nord, du fleuve Saint-Laurent à la ligne de partage des eaux avec le bassin hydraulique de la baie James.Toutes ces revendications se heurtent à un obstacle de taille: les Métis de l'Est n’ont pas d’existence juridique aux niveaux provincial et fédéral.«Lors du rapatriement de la Constitution en 1982, explique Fabien Tremblay, on a rajouté les Métis aux peuples inclus dans l’article 35, les Inuits et les autochtones, sans pour autant spécifier qui ils sont.» «Nous reconnaissons des groupes représentant les intérêts des Métis, précise Fred Caron, sous-ministre adjoint au bureau de l'In- terlocuteur auprès des Métis et des Indiens non inscrits, mais pas les Métis eux-mêmes, même s'ils ont droit à certaines subventions.» Aucun groupe représentant les intérêts des Métis du Québec n'est reconnu.L’arrêt Powley La reconnaissance des Métis passe d'abord et avant tout par le ministère de la Justice, qui d’ailleurs a investi 24 millions de dollars en 2004 dans une enquête menée sur cette réalité.Cette enquête a fait suite au jugement Powley de la Cour suprême, qui a ouvert une brèche, sinon la boîte de Pandore, dans la jurisprudence canadienne.En 1993, Steve et Roddy Charles Powley, deux Métis de Sault Ste.Marie ont été accusés d’avoir violé la Ixn sur la chasse et la pêche de l’Ontario pour avoir tué un orignal.Lors de leur défense, ils ont invoqué l’article 35 de la Loi constitutionnelle.Il a fallu dix ans avant qu’ils ne gagnent leur cause devant la Cour suprême.«Les Métis de Sault Ste.Marie sont les seuls Métis canadiens à bénéficier de droits autochtones au sens de la Loi sur les Indiens», explique Denis Gagnon, directeur de la Chaire de recherche sur l'identité métisse.Mais l’arrêt Powley ne définit pas juridiquement, lui non plus, le terme de «Métis».11 se limite à des directives sur d'éventuelles revendications: l'appartenance à une communauté possédant un degré de continuité et de stabilité rattaché à un lieu précis; cette communauté doit avoir vu le jour avant que les institutions politiques européennes et l’influence des colons ne soient devenues prédominantes.lx' mot «Métis» ne vise pas toutes les personnes d’ascendance mixte amérindienne et européenne.«U gouvernement canadien aju-diciarisé le phénomène identitaire, objecte un intervenant, et il veut dissuader les Métis de tenter de faire reconnoitre leurs droits en faisant trainer les causes d’une cour à l’autre.» N’empêche.Selon Fabien Tremblay, avec le précédent créé par le jugement Powley, la zone grise politique et juridique sera de plus en plus balisée.Powley a ouvert un espace juridique qui est devenu politique puis identitaire.Ix* mouvement d'affirmation métis a gagné tout le Québec.Selon Denis Gagnon, après un siècle de négation de leur existence, les Métis font aujourd’hui face au paradoxe de la définition de leur identité.«1m reconnaissance de leur existence et de leurs droits est juridiquement reliée à sa définition et cette définition identitaire signifie l’extinction de leur statut à moyen terme, en raison des intermariages qu’ils contracteront d’ici les prochaines années.1ms enfants des Métis qui se seront métissés au-delà d’une génération perdront leur statut, comme c’est le cas pour les Amérindiens.Cet enjeu, dont les Amérindiens sont bien conscients, n’est pas encore soulevé par les associations métisses et demeure un danger pour la survie de leur identité.» Collaborateur du Devoir CINÉMA L’honneur d’ouvrir revient à Tracey Deer Le cinéma occupe toujours une place importante dans le festival Présence autochtone.Cette année ne fera pas exception, avec des réalisateurs importants, de grandes œuvres et de nombreux événements spéciaux.C> est la cinéaste mohawke Tracey Deer (Mohawk Girls, 2005) qui a l'honneur d’ouvrir le festival en présentant son film Club native pour la première fois au Québec.La cinéaste braque sa caméra sur sa ville natale, Kahnawake, pour examiner les enjeux de l’identité autochtone.Elle pose un regard sur la douleur et la frustration que ressentent plusieurs membres des Premières Nations dans leur lutte pour obtenir leur droit d'appartenance.Le cinéma de l’ONF projettera aussi le premier documentaire de Thomas Buchan et Stuart Reaugh, intitulé Hope.Les réalisateurs ont suivi l’artiste Ken Paquette et sa partenaire, Winnie Peters, ainsi que leurs cinq garçons lors d’une année difficile, marquée par la séparation du couple.La porte-parole de Présence autochtone, la comédienne Dominique Pétin, qui a déjà eu la chance de voir quelques œuvres cinématographiques présentées lors du festival, a été marquée par ce film.«Hope réussit à faire parler un homme du rapport père-fils.C’est une œuvre extraordinaire, bousculante», affirme-t-elle.Autre coup de cœur de la comédienne qui a des origines hu-ronnes: Hiro, réalisé par Nils Ver-naudon, Jorge C.Diaz et Sophie Guenan.Le film, à travers la vie et l’œuvre d'Henri Hiro (1944-1991), poète, cinéaste et militant maori, illustre la lutte des Tahitiens pour la sauvegarde de leur identité devant l’envahissement colonial et les essais nucléaires à Mururoa.L’incontournable cinéaste Ala-nis Obomsawin y présentera également son film intitulé Gene Boy U AM MALONEY / ONF Une scène de Club Native, de Tracey Deer revient chez lui, qui raconte l’histoire d’un ancien combattant de la guerre du Vietnam traumatisé et perturbé, qui redonne un sens à sa vie en retrouvant sa communauté.La réalisatrice émérite de l’ONF de réputation internationale assistera également au lancement du premier coffret de ses œuvres lors d’une soirée spéciale organisée en son honneur au Cinéma de l’ONF, le 18 juin.Enfin, grand événenjent extérieur gratuit à la place Emilie-Ga-melin, le samedi 21 juin: la projection du documentaire Le Peuple invisible, de Richard Desjardins et Robert Monderie.D’Urban Nation à Via le Monde Cette année, la Cinémathèque québécoise a décidé de souligner le travail d’Urban Nation, un couple de cinéastes formé par Gisèle Gordon et Kent Monkman.Leurs courts métrages et leurs vidéos ont été remarqués sur la scène internationale, notamment en étant présentés aux festivals de Sundance et de Berlin.Pour sa part, la Grande Bibliothèque présente une soirée dédiée aux productions Via le Monde.L’événement présentera la rétrospective «40 ans de regards sur le monde autochtone», qui comprend des classiques comme Légendes amérindiennes et les toutes dernières œuvres encore inédites de la série de films créés par de jeunes Amérindiens, La Course autour de la grande tortue, diffusée par le Canal D et APTN.Pour l’horaire complet www.na-tivelynx.qc.ca.M.L.THOMAS BUCHAN / ONF Hope, le premier documentaire de Thomas Buchan et Stuart Reaugh .• •¦'•Sür'i'i/v «.Dialogues avec un Sauvage perspectives contemporaines Exposition du 10 juin au 5 octobre 2008 à la Grande Bibliothèque Entrée libre Réalisée à l'occasion du festival Présence autochtone par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Terres en vues Bibliothèque et Archives nationales Québec ”” TfwftFS CM VUES i ••• i I AND InSIGHTS ’O',?/ Af fmvio i Activités à la Grande Bibliothèque dans le cadre du festival Présence autochtone À L’AUDITORIUM Le vendredi 13 juin à 17 h 30 Dialogue en trois temps : parcours littéraire en compagnie d’un « Sauvage de bon sens » Lecture publique avec deux comédiens et les écrivains José Acquelin et Joséphine Bacon, suivie d’une discussion sur le dialogue comme genre littéraire entre George Sioui et Jean-François Chassay Entrée libre dans la limite des 300 places disponibles AU THÉÂTRE INIMAGIMÔ Le samedi 21 juin à 13h30 Les Innus : ces hommes qui venaient des montagnes (7 à 13 ans) Spectacle avec Geneviève McKenzie, auteure-compositrice-mterpréte innue Le dimanche 22 juin à 15 h Cmé-Boukmo : Les découvertes de Shampiap Trois épisodes de cette télésérie produite et coanimée par Geneviève McKenzie, « Shanipiap » en montagnais Entrée libre dans la limite des 70 places disponibles Grande Bibliothèque 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal ®© Bern-UQAM 514 873-1100 www.banq.qc.ca > Cj7 L 18* édition J PRESENCE AUTOCHTONE du 12 au 22 juin à Montréal 2008 ' TERRES EN VUES ( < • •• % ').LAND InSIGHTS léiiww 1*’ Info festival : 5f4.572.1799 ~ ,ca Films et videos 10 jours de découvertes des Premières Nations fictions et documentaires, du court au long, de la Nouvelle-Zélande au Mexique, de Brooklyn à Inukjuak, l’étonnant parcours ¦ de la reconnaissance.Au Cinéma ONF -1564, rue St-Oenis 13m jlMOKAWK Club Native de Tracey Deer Identité et appartenance, une question de pourcentage, vraiment?12 juin, 19 h Auditorium de la Grande Bibliothèque 475, boul.De Maisonneuve Est jrban Nation Au-delà des genres, les films de Gisèle Gordon et Kent Monkman.13 et 20 Juin, 19 h Cinémathèque québécoise 335, boul.De Maisonneuve Est Littérature ïmSSm' m us.fl f iwé y X.Wi§] n Dialog avpc tir a Sculpture: Denis Charette, Réconfort, 2008 Gravure: Jasmin Gunn et Roger Nelson, Les Esprits parlent, 2008 « 5 À7 » LITTERAIRE Dialogue en trois temps: parcours littéraire en compagnie d’un «Sauvage de bon sens perspectives contemporaii Huit artistes des Premières Nations illustrent leur questionnement sur l’identité, l’appartenance et le métissage.Du 10 juin au 5 octobre à la Grande Bibliothèque - 475, boul.De Maisonneuve Est Section Arts et littérature, niveau 1 - www.banq.qc.ca Entrée libre Une réalisation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et de Terres en vues EXPOSITIONS Relief Gravures et sculptures Du 30 mai au 28 Juin à la Guilde canadienne des métiers d’arts 1460, rue Sherbrooke Ouest Arts visuels Un exercice de liberté envers l’Histoire où prend forme un dialogue tour à tour théâtral, poétique et philosophique.13 juin, 17 h 30 à 19 h J) Auditorium de la Grande Bibliothèque Chants et danses, artisanats et démonstrations, tradition et modernité, Présence autochtone devient le lieu privilégié de rencontres et d’échanges dans un climat de ferveur et d’amitié.Des invités très spéciaux Les Atayals l une des six ethnies aborigènes de Taiwan Un grand spectacle pour célébrer le solstice MSO«x-voUSj^>Loto-auW*c L'événement populaire par excellence du festival Présence autochtone Des danseurs des trois Amériques partagent leurs traditions avec la fougue et la créativité de la jeunesse.Lf PLAK* 0 FhW EMSfMLC 1 Ï Les Boréades de la danse 21 et 22 juin Blues, Blanc, Rouge Richard Desjardins seul avec sa Guétard En première partie Kathia Rock 21 juin à 19 h PROJECTION EXTÉRIEURE Le peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie - 21 h30 Canada Québec Montréal LOTO QUÉBEC LE DEVOIR 21 juin, Jour national des Peuples autochtones Cérémonie civique et Solstice des nations une rencontre chaleureuse entre les peuples 10 h - Belvédère Kondiaronk sur le mont Royal # # 88.5; pg * ck rack)one Télé-Québec wEÊP Aboriginal Peoples aptn Television Network i
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