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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-05-11, Collections de BAnQ.

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SANTÉ AGRICULTURE Monsanto abandonne le blé génétiquement modifié Page A 4 ?www.ledevoir.com ?*v/; i fiL Les primes de P assurance-médicaments devraient grimper à 500 $ Page A3 LE DEVOIR Guité et Brault accusés Ih plaident non coupables de complot et de fraudes totalisant 1,9 million dans les affaires des commandites et des armes à feu KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Une solide escorte policière pour le président de l’agence de publicité Groupaction, Jean Brault, des menottes aux poignets pour l’ancien directeur du programme des commandites, Charles Guité.C’est ainsi que les deux hommes se sont présentés hier au Palais de justice de Montréal pour y être mis en accusation relativement au scandale des commandites ainsi que pour celui des armes à feu.MM.Brault et Guhé font face à six chefs d’accusation Les accusés auraient «parla supercherie, le mensonge ou autre moyen dolosif» empoché 1 967 000 pour avoir comploté et fraudé le gouvernement du Canada pour près de deux millions.Dans une procédure qui n’est pas très usuelle, la Couronne a déposé un acte d’accusation privilégiée ce qui implique que les deux hommes subiront leur procès devant juge et jury sans passer par l’étape de T’enquête préliminaire.L’un des motifs qui pourraient justifier une telle décision est de permettre une audition rapide dans l’intérêt public et ainsi éviter des délais supplémentaires.Il est vrai que les faits reprochés à MM.Brault et Guité remontent à 1996 jusqu’en 2000.VOIR PAGE A 8: GUITÉ ¦ Lire aussi l’éditorial de Josée Boileau en page A 6 1 - PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’ancien responsable du programme des commandites, Charles Guité (ci-contre) portait son chapeau de cowboy, hier, en quittant le Palais de justice de Montréal où il a comparu en compagnie du président de Groupaction, Jean Brault (ci-dessus).Les politiciens s’en tirent, rage l’opposition MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le dépôt d’accusations criminelles contre Charles Guité et Jean Brault ne lève pas le voile sur une éventuelle direction politique du scandale des commandites, clame l'opposition à Ottawa qui veut des réponses.Mais le gouvernement s’y refuse, accuse-t-elle, et c’est pour cela qu’il cherche à mettre un terme, dans les faits, aux travaux du comité des comptes publics.•Je suis très heureux qu’il y ait enfin des accusations portées [.] mais ça n’enlève rien à la nécessité qu’il y a que Paul Martin et Jean Chrétien, les responsables politiques, témoignent», a réagi le chef bloquiste Gilles Ducep-pe.Parlant des accusés, il a ajouté: •Ces gens ont été les exécutants.Ils n’ont pas [assuré] la direction politique.» •Je vois [M.Guité] comme un pion et un bouc émissaire, mais pas comme le chef d’orchestre», a renchéri le député conservateur et président du comité, John Williams.VOIR PAGE A 8: POLITICIENS IRAK La Croix-Rouge a constaté les sévices de visu D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE ET ASSOCIATED PRESS Genève, Londres et Washington — Tandis que le président américain George W.Bush réaffirmait sa confiance dans son ministre de la Défense et que l’homologue britannique de ce dernier était soumis au feu des questions au Parlement de Westminster, un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), divulgué aux médias, corroborait hier les célèbres photos de sévices prises dans la prison d’Abou Gh-raïb, près de Bagdad.Selon ce rapport de 24 pages rédigé en février dernier et remis à la coalition, des délégués du CICR ont été directement témoins des mauvais traitements lors d’une visite d’Abou Ghraïb en octobre 2003.Les délégués de la Croix-Rouge ^ont notamment constaté la pratique consistant à laisser des prisonniers entièrement nus dans des cellules en béton totalement vides et dans l’obscurité totale, semble-t-il pendant plusieurs journées consécutives», selon ce rapport VOIR PAGE A 8: SÉVICES Entre 70 % et 90 % des détenus sont arrêtés par erreur, la plupart lors de rafles nocturnes brutales INDEX Annonces.B4 Avis publics.B 5 Culture.B 8 Décès.B4 Économie.B 1 Éditorial___A6 Idées.— A 7 Météo.B 5 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 Le pouvoir de la sexualité interdite Aucune loi n'est à Vépreuve du désir, illustre Elizabeth Abbott dans Une histoire des maîtresses SOURCE: CANAL D -—— 1-r— mm L’actrice Marilyn Monroe, célèbre maîtresse de John F.Kennedy: «Elle voulait un président à son bras.» Autres temps, mêmes mœurs?Bien qu’ils inondent les magazines et la publicité, et s’imposent comme les nouveaux diktats du monde contemporain, la beauté, la jeunesse et le sex-appeal ne sont pas l’apanage de l’époque actuelle.De tout temps, ils ont modifié le cours des relations humaines et ont bouleversé les codes qui les régissent, pour le meilleur et pour le pire.Entretien avec l’auteure d’Une histoire des maîtresses.FRÉDÉRIQUE DOYON ^ LE DEVOIR A travers la myriade d’histoires de maîtresses qu’eDe retrace dans le temps, Elizabeth Abbott en arrive à ce constat le pouvoir de la beauté et de l’attrait sexuel défiera toujours les lois.*11 s’agit qu’un homme voie une belle jeune femme, et toutes les lois qu’on a pu instaurer partent en fumée, hnœ l’auteure torontoise en entrevue au Devoir.Il fera n'importe quoi pour les contourner.» Depuis les règles qui faisaient des concubines des rois de simples «utérus d’emprunt» au début de l’Antiquité, jusqu’au VOIR PAGE A 8: MAITRESSES A ÉCONOMIE Les Bourses tremblent devant le cours du brut et le risque d’une hausse des taux ¦ À lire en page B 1 .JM du 6 au 15 mai 2004 festival iNteRNatiONal oe La LittéRatURe une pxéseNtatiON oe L’union oes écRivaiNes et oes écRivaiNS çuesécois .fummatioN e: www.uNeç.çc.ca/festival iNfo-festivdl y14.z77.1010 ponte-paitoU» t cHRystiNe BROUlLLet j 1 { LE DEVOIR.LE MARDI II MAI 2004 A 2 •LES ACTUALITES- ERIC KIERANS (1914-2004) Le Québec perd un autre artisan de la Révolution tranquille NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Avec le décès d’Eric Kierans hier à 90 ans, le Québec a perdu un autre des artisans les plus actifs de la Révolution tranquille.Pourtant, personne n’aurait parié que cetAngloQué-bécois, issu du milieu des affaires et président de la Bourse de Montréal, allait se révéler un homme de gauche et un des moteurs de l’émancipation économique des Québécois.Ce montréalais d’origine irlandaise, décédé dans un hôpital de la métropole après une longue maladie, semblait tout désigné pour s’illustrer dans le monde des affaires.Diplômé en économie de McGill, M.Kierans avait dirigé plusieurs entreprises avant d’enseigner l’économie à McGill et de présider la Bourse de Montréal, au début des années 1960, au moment où le gouvernement de Jean Lesage faisait entrer le Québec dans l’ère moderne.En mai 1963, Paul Earl, ministre du Revenu dans le gouvernement Lesage, meurt lors d’un voyage en Irlande.Jean Lesage recrute alors le président de la Bourse de Montréal, Eric Kierans.Il le nomme ministre du Revenu, puis l’invite à se porter candidat libéral dans le comté de Notre-Dame-de-Grâce pour succéder à Earl Eric Kierans est facilement élu lors de l’élection complémentaire du 25 septembre 1963 dans ce bastion libéral À la surprise de plusieurs, le nouveau ministre entre rapidement dans les rangs des progressistes du cabinet Lesage.D devient un des principaux alliés des René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie.•Chaque citoyen a droit à un niveau de vie décent et aux soins médicaux dont il a besoin», déclare le nouvel élu peu après son assermentation comme ministre.Le nouveau ministre maîtrise très mal le français, mais il suit des cours intensément et se lève tôt le matin pour parfaire son apprentissage et se familiariser avec la langue de Molière.M.Kierans est également convaincu que le progrès passe par la libération économique des Québécois et Sla création d’une caisse de retraite publique est une solutions pour atteindre cette fia À cette période, le gouvernement québécois devait passer par un syndicat financier anglophone pour obtenir le crédit nécessaire à ses projets.Grâce au travail de Kierans, de René Lévesque et de certains hauts fonc-tionnaires comme le conseiller financier Jacques Parizeau, le monopole exercé par le syndicat financier est finalement brisé, et le gouvernement québécois passera par plusieurs maisons de courtage pour obtenir un crédit à meilleur coût d’intérêt De plus, toujours sur les suggestions de Kierans et de Lévesque, Québec annonce au printemps 1964 la création d’une future caisse de retraite publique et universelle, à laquelle contribueront tous les Québécois.Mais en juin 1966, un autre coup de tonnerre poli- tique bouleverse le Québec.Le gouvernement dirigé par Jean Lesage est battu par l’Union nationale de Daniel Johnson (père).Les libéraux ont obtenu 170 000 voix de plus que leurs rivaux, mais une répartition capricieuse de la carte électorale donne 56 sièges à l’Union nationale contre 50 aux libéraux Député de l’opposition, Eric Kierans devient président de la Fédération libérale du Québec.Le parti de Jean Lesage est à la recherche d’un programme politique pour l’avenir du Québec et René Lévesque prépare une solution nouvelle: un Québec souverain économiquement associé au reste du Canada.Cette fois-ci, Eric Kierans ne peut pas suivre son grand ami sur les chemins nationalistes.D fera tout en sorte qu’au congrès libéral d’octobre 1967, la proposition de René Lévesque sera rejetée par la majorité des délégués libéraux René Lévesque et les nationalistes quittent le PLQ qu’ils combattront désormais avec acharnement Mais Eric Kierans s’ennuie dans l’opposition à Québec.En 1968,0 accepte l’offre de Pierre Elliott Trudeau d’œuvrer sur la scène fédérale, se fait élire dans une circonscription de Laval, puis sera ministre des Postes et des Communications dans le cabinet fédéral Mais en 1972, il abandonne la politique pour retourner à l’enseignement, aux universités McGill et Dalhousie.Le Parti québécois prend le pouvoir pour la première fois en 1976.René Lévesque et le nouveau ministre des Finances Jacques Parizeau ont la mémoire longue.Il nomme en janvier 1977 Eric Kierans au conseil d’administration de la Caisse de dépôt et de lacement, un organisme que Kierans avait contri-ué à créer avec eux dans les derniers mois du gouvernement Lesage.Mais au référendum de mai 1980 sur l’avenir du Québec, le vieil antagonisme renaît entre Kierans et les dirigeants péquistes.M.Kierans démissionne avec fracas du conseil d’administration de la Caisse quelques semaines avant le jour du vote référendaire, affirmant que le ministre des Finances a la mainmise sur rmstitutioa Audelà de leurs divergences sur la question nationale, Eric Kierans et René Lévesque ont constitué de 1963 à 1966 une remorque qui a permis la poursuite du Québec sur la voie du progrès.Ce «duo baroque», selon l'expression du biographe Pierre Godin, mettait en vedette le millionnaire anglophone rangé du West-Island et le bouillant nationaliste brouillon originaire de la Gaspésie, que rien ne paraissait réunir, mais qui ont travaillé ensemble à fint&ét du Québec et des Québécois.M.Kierans est né le 2 février 1914 à Montréal Le premier ministre canadien Paul Martin a partagé sa «tristesse» après avoir appris le décès de M.Kierans.«Peu de Canadiens ont allié leur passion pour le Canada, leur dévouement pour l’intérêt public et leur engagement à légard de la justice sociale et économique avec autant de détermination qu’Eric», a indiqué Paul Martin dans un communiqué.Les jeunes Canadiens appelés à faire rayonner la démocratie dans le monde Paul Martin confie à Julie Payette la coprésidence de Corps Canada CLAIRANDRÉE CAUCHY LE DEVOIR Le premier ministre Paul Martin a esquissé hier les contours de «Corps Canada», un programme destiné à aider les pays en crise à rebâtir leurs institutions démocratiques.Du même coup, il a annoncé son inteption de travailler à la création d’un G-20 des chefs d’Etat Par l’entremise de Corps Canada, le premier ministre souhaite aider des «pays vulnérables», tels qu’Haïti ou l’Afghanistan, à «créer et gérer leurs propres institutions publiques et privées».Le nouvel organisme, dont M.Martin avait déjà frit mention dans le Discours du Trône, sera coprésidé par l’astronaute Julie Payette et l’ancien sous-ministre aux Affaires étrangères Gordon Smith.«Cest un leurre de croire qu’une intervention militaire, si indispensable soit-elle, puisse suffire à rétablir à long terme la sécurité dans un pays.Sans institutions publiques solides [.], la stabilisation par des forces de maintien de la paix ne peut qu’être éphémère», a déclaré hier le premier ministre lors d’une conférence organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal Corps Canada fera appel à des experts et des jeunes en début de carrière formés par exemple en droit ou en gestion.«Nous donnerons à de jeunes Canadiens la possibilité d’aider leurs prochains et de connaître le monde avant de se lancer dans leur vie professionnelle», a frit valoir M.Martin, qui n’a pas précisé les montants dévolus au projet Un G-20 des chefs d’État Alors qu’il était ministre des Finances, Paul Martin s’était fait un ardent promoteur du G20 qui regroupe depuis 1999 les ministres des Finances des pays industrialisés et ceux de pays en émergence.D poursuit dans la ipême veine en avançant Kdée d’un G20 des chefs d’Etat Une proposition pour laquelle le président américain Georges W.Bush a manifesté un «intérêt sincère», lors de sa récente rencontre avec le premier ministre canadien.Selon le premier ministre, les institutions internationales créées il y a 30 à 50 ans, «ne sont pas encore suffisamment adaptées pour relever ces nouveaux défis [posés par la, mondialisation].» Ce forum permettrait aux chefs d’Etat selon M.Martin, d’aborder «dans le cadre le plus informel possible», des sujets tels que le VIH/sida, la lutte contre le terrorisme ou l’accroissement des écarts entre riches et pauvres.Réagissant au discours de premier ministre, la por-te-parole du Bloc québécois sur les questions internationales a déploré le mutisme du premier ministre sur le sujet à la Chambre des communes: «On aimerait JACQUES NADEAU LE DEVOIR Paul Martin bien qu’il parle à Ottawa parfois de la politique étrangère et qu’il réponde aux questions», a déclaré Franqne La-londe.Le Bloc craint que le G20 des chefs d’Etat ne soit «une façon de passer à côté des Nations unies et du multilatéralisme qui repose sur le droit».100 millions pour lutter contre le sida Le premier ministre a aussi profité de son discours pour annoncer l’investissement de 100 millions dans un programme de l’Organisation mondiale de la santé qui vise à fournir des traitements antirétroviraux à trois millions de sidéens d’ici à 2005, communément appelé «3 en 5».«Cette contribution fait de nous le plus important donateur pour ce programme», a noté le premier ministre, mentionnant au passage l’adoption prévue cette semaine d’une loi permettant la production de médicaments contre le sida à faible coût pour l’Afrique.Cette contribution s’ajoute aux 100 millions versés depuis quatre ans au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.«L'objectif du programme 3 en 5 est de construire la capacité des pays de recevoir l’aide qu’on leur donne par l’entremise du fonds global», a précisé la ministre responsable de la Coopération internationale, Aileen Carroll.Nos obligations suscitent l’intérêt : Obligations à taux progressif Capital garanti à 100 %.Taux avantageux garantis pour 10 ans.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Achat à partir de 100 $.1,55 2,25 3,00 3,75 4,50 5,25 6,00 6,50 7,00 7,50 « 1" 2* 3* 4* 5‘ 6* 7* 8* 9* 10* année Les taux annoncés peuvent varief en fonction des conditions du mâché.BONI DE % 1 la première année pour les nouveaux fonds REER.Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de mai, de 10 h à 16 h.Passez nous voir au 2000, av.McGill College à Montréal, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h, et les samedis de mai, de 10 h à 16 h.Visitez le www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec Gi a (flulo' 402 -HOMMe3 Depuis lf)77 Tmdos griffés importés d’Italie ss o* e?Tissus signés - Cerruti 1881 ¦ Zegna ¦ Marzotto - Zignone, etc.1118, rue Sainte-Catherine Ouest 2* étage, Montréal • (514) 861-3636 Heures d'ouverture Run.au ven.10 h à 18 h .Sam.10 h à 16 h ^JpteinCUr Pour annoncer dans ce regroupement, contactez trie Benoit au 514-985-3457 •’ • : dtenoitaledeuoir.com * LE DEVOIR.LE MARDI 11 MAI 2 0 0 4 A 3 Le devoir Maintenant en librairie LE SCANDALE DES COMMANDITES UN CRIME D’ÉTAT www.scandaledescommandites .com POLITIQUE QU'EST-CE QUE LA CULTURE?me Birnird Diront Des idées plein le tite CE SOIR 22 h •dio-ctntda Michel David ?Pendant ce temps, au PQ.Mine de rien, Paul Martin a rendu un fier service à Bernard Landry en retardant de semaine en semaine le déclenchement des élections.La nécessité d’éviter tout déchirement de nature à nuire à la campagne du Bloc québécois lui a assuré des mois de paix à l’intérieur du PQ.La «saison des idées» se déroule sur un mode plutôt pépère auquel ce parti ne nous a pas habitués.Même au PLQ, les lendemains de défaite sont généralement plus agités.Sans parler du PLC, où Jean Chrétien a été privé de la quiétude que procure normalement la victoire.Au fil des semaines, Pauline Marois et François Legault ont bien échangé quelques taloches, mais ils ont plutôt l’air de deux jeunots que le vieux chef regarde se chamailler avec plus d’amusement que d’inquiétude.Tant que M.Landry n’a pas confirmé officiellement son intention de rester, ils se sont imposés une sorte d’obligation morale de respecter sa «réflexion», même si tout le monde sait bien qu’à moins d’un renversement totalement imprévu de l’opinion en faveur des libéraux, il est déterminé à rester.À l’heure actuelle, la question n’est pas de savoir qui va éventuellement le remplacer, mais si on va tenter de l’empêcher d’obtenir un vote confiance satisfaisant au congrès de 2005.Même si personne ne le bouscule, M.Landry aurait décemment dû annoncer sa décision au conseil national dont la tenue était prévue au début de juin, mais le lancement imminent de campagne électorale fédérale a fourni un excellent prétexte pour le reporter à la fin d’août, condamnant du coup les aspirants à sa succession à passer un autre été à faire campagne en marchant sur des œufs.Les sondages internes du PQ indiquent clairement que ses chances de reprendre le pouvoir sont meilleures avec M.Landry qu’avec tout autre chef, mais un congrès a sa dynamique propre.En octobre 1996, qui aurait cru que les militants pé-quistes pourraient infliger une pareille gifle à l’homme politique le plus populaire de l’histoire du Québec?Lucien Bouchard s’était senti insulté et humilié que seulement 76,7% des délégués lui renouvellent leur confiance, au point d’envisager très sérieusement de démissionner.M.Landry, qui connaît le PQ infiniment mieux que son prédécesseur, sait bien qu’il peut y avoir un important décalage entre la position des délégués à un congrès et ce que pense l’ensemble des membres du parti, dont les sentiments ne reflètent pas davantage ceux de la population.On croit parfois avoir tout prévu, et voilà que les interventions de quelques activistes à la langue bien pendue, plaidant qu’une course au leadership serait bénéfique au renouvellement des idées, viennent tout bouleverser.Présentement, François Legault donne la nette impression qu’il vaut mieux pour lui que M.Landry demeure en poste, plutôt que de devoir affronter Pauline Marois, qui risque d’être là plus longtemps.De son côté, Mme Marois elle-même hésite manifestement à brusquer les choses.Dans l’entourage de M.Landry, la question est d’ailleurs moins de savoir si elle tenterait un putsch, que si elle se résignerait à solliciter un autre mandat sous sa direction.Même si M.Legault et Mme Marois se ralliaient personnellement à M.Landry, rien ne garantit que leurs partisans en feraient autant Certains peuvent très bien en arriver à la conclusion qu’ils n’ont rien à perdre à brasser un peu la cage.Un score comme celui que M.Bouchard a obtenu en 1996 aurait des allures de désaveu.?M.Landry a cependant une carte dans sa manche.S, à l’approche du congrès, il se rend compte que les choses risquent de mal tourner, il peut toujours décider de prendre les devants en mettant ses adversaires potentiels au défi de l’affronter dans une course au leadership en bonne et due forme.Dans ces conditions, il n’aurait pas besoin de recueillir l'appui de 80 % des délégués à un congrès, mais simplement la majorité des voix de l’ensemble des membres du PQ qui exerceraient leur droit de vote.Pour lui ce serait un jeu d'enfant D y aurait même de fortes chances que personne n’ose l’affronter.Si Pierre-Marc Johnson avait agi de cette façon, en 1987, Jacques Parizeau se serait probablement dérobé.Peu importe le scénario qu’il choisira, M.Landry n’a cependant aucune raison de faciliter la tâche de ses adversaires en annonçant prématurément ses couleurs.Maintenant que Paul Martin tient ses coupables, dans la personne de Chuck Guité et Jean Brault, plus rien ne l’empêche de déclencher les élections.Au cours des prochaines semaines, les militants péquistes vont consacrer toutes leur énergie à la campagne du Bloc québécois.Inutile de les distraire avec des histoires de leadership.Le jour où il annoncera son intention de rester, il devra également clarifier sa position sur la tenue d’un référendum.C’est à ce moment-là que la vraie partie va commencer.Parler de «circonstances raisonnables» est précisément le genre de chose qui risque de rendre son vote de confiance problématique au congrès.En revanche, comment peut-il s’engager à tenir un référendum coûte que coûte, peu importe les chances de le gagner?Un tel aventurisme en empêcherait plusieurs de voter PQ, si exaspérés qu’ils soient du gouvernement CharesL Si M.Landry désire conférer d’avance un caractère référendaire aux prochaines élections, c’est son affaire, mais le Bloc québécois préférerait sans doute qu’il attende au moins au 29 juin avant de le faire.mdavid@ledevoir.com Harper veut créer une assurance-médicaments pour tout le Canada MIKE CASSESE REUTERS IBH 5k 'k?j ' î jj ; Le chef conservateur a présenté hier ses candidats de la région torontoise, dont Belinda Stronach qui l’avait affronté dans la course au leadership.L’avenir du système de santé sera au cœur des prochaines élections fédérales, et tous les partis cherchent à imposer leur vision.Aux libéraux fédéraux qui se présentent comme les meilleurs protecteurs du système, le chef conservateur Stephen Harper a répondu hier avec une proposition de son cru qui inclut la création d’un système canadien d’assurance-médicaments.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Un gouvernement conservateur offrirait aux provinces non seulement un financement stable pour la santé, mais aussi un allégement de leur fardeau en prenant la responsabilité de l’assurance-médica-ments dans tout le pays, a indiqué le chef conservateur Stephen Harper tors d’un discours à Toronto hier.«Je proposerai une solution de rechange aux pressions croissantes que subissent les provinces en matière de santé.Je proposerai un rôle accru du gouvernement fédéral dans le cadre de l’assurance-médicaments.Plus précisément, je proposerai que le gouvernement fédéral soit directement responsable du nouveau plan d’assurance-médicaments national qui a été promis [en 2003]», a-t-il dit, en évoquant ce qu’il ferait, s’il était élu, tors de la conférence des premiers ministres sur la santé prévue pour cet été.«L’augmentation du coût des médicaments est l’une des dépenses les plus importantes du système de santé.Le gouvernement fédéral exerce déjà une juridiction importante sur les produits pharmaceutiques», a-t-il poursuivi pour justifier sa position.Le ministre fédéral de la Santé, Pierre Pettigrew, a réagi positivement, mais a mis en doute la capacité des conservateurs de réaliser leur promesse.«Ils vont dans la bonne direction.[.] Mais comment [M.Harper] peut-il faire coïncider ça avec le reste de son programme?» a-t-il demandé, avant d’affirmer que le PC promettait des taqx d’imposition aussi bas qu’aux Etats-Unis, une élimination de la dette et un réinvestissement dans la défense.Entouré de ses candidats toron-tois, M.Harper tenait, lui, à répli- quer aux libéraux qui tentent, à la veille des élections, de le présenter comme une menace pour le système de santé public «[Le premier ministre] Martin a décidé de mener une campagne de peur sur mes politiques sur la santé, mais ma position est claire.Je soutiens pleinement notre système de santé public universel.Je crois que tous les Canadiens devraient avoir un accès opportun à des soins de qualité, peu importe leur capacité de payer», a-t-il dit M.Harper s’est servi de l’Accord sur la santé conclu entre Ottawa et les provinces en janvier 2003 pour illustrer ce qui le différencie de M.Martin.Le chef conservateur dit appuyer l’entente sans réserve et vouloir en assurer la mise en œuvre, mais soutient que le chef libéral offre un soutien tiède, préférant promouvoir «un nouvel accord de dix ans que personne n’a vu et qu’aucune province n’a accepté».Il y avait quand même quelques similitudes entre les préoccupations des deux hommes.Ainsi, comme M.Martin, Stephen Harper dit vouloir s'attaquer à ce qu’il considère comme le premier défi du système de santé, l’accessibilité, et déplore à son tour la longueur des listes d’attente et des délais de consultation auprès d’un spécialiste.Contrairement à Paul Martin, il estime que la gestion du système n’est pas le véritable enjeu.«Peu importe qui fournit les soins de santé, ce qui compte, c’est qui peut y avoir ac- cès», a-t-il dit, ce qui équivaut à dire qu’il est ouvert à des fournisseurs privés comme publics pour autant que l’accès soit universel À son avis, l’accord de 2003 offre des pistes de solutions, qu’il s’agisse du financement ou des réformes envisagées.Il veut donc collaborer avec les provinces pour les mettre en application, tenir les gouvernements responsables de leurs promesses et prévoir des investissements à long terme pour aider les provinces.Mais M.Harper rejoint à nouveau Paul Martin lorsqu’il parle de «prévoir des mesures de la performance et [d’iasswrer que l’argent sert à améliorer les résultats pour les patients».Même chose quand il dit qu’il faut un «financement adéquat, prévisible et croissant» assorti d’une «responsabilisation quant à la façon dont ces fonds sont dépensés».Mais il précise, lui, vouloir le faire dans le cadre de l’Accord de 2003 auquel les provinces ont souscrit Les libéraux comptent faire de l’avenir du système de santé un enjeu central de la campagne électorale et veulent s’imposer comme les seuls capables de le préserver.Ils s’engagent à tenir une conférence des premiers ministres, cet été, dont le but sera d’assurer la viabilité financière à long terme du système tout en jetant les bases d’un plan de réformes sur 10 ans.Ils s’opposent à une expansion du recours à des fournisseurs privés par les systèmes provinciaux publics.Assurance-médicaments: les primes devraient grimper à 500 $ ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le coût du régime public d'assurance-médicaments a augmenté de 12 % à 13 % en 2003-2004, ce qui laisse présager une hausse des primes du régime similaire à l’ajustement de 9 % décrété par le gouvernement Charest l’an dernier.En clair, la prime devrait passer de 460 $ à un peu plus de 500 $ le 1" juillet prochain.Lors de la commission parlementaire qui étudie les crédits de son ministère, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard a révélé, hier, que le régime public d’assurance médicaments avait vu ses coûts augmenter de • 12 %, 13 %» en 2003-2004.Comme le veut la Loi sur l’assu-rance-médicaments depuis les modifications apportées en 2002, les primes seront indexées pour tenir compte de Philippe cette hausse, a confirmé M.Couillard Couillard au Devoir.«La marge de manœuvre dont on dispose d’après la Loi est restreinte», a-t-il dit.La loi indique que les primes et les autres paramètres pécuniaires que sont la franchise et la coassurance doivent être haussés une fois par année le 1" juillet pour couvrir l’augmentation des coûts du régime.Globalement, la contribution de l’usager doit correspondre à 75 % des coûts du régime contre 25 % pour le gouvernement, a rappelé M.Couillard.Le gouvernement se refrouve dans une situation identique à celle de l’an dernier.Les coûts du régime avait crû de 12 %.La prime était passée de 422 $ à 460 $, une augmentation de 38 $, ou de 9 %.La différence entre la hausse des coûts de 12 % et celle de la prime de 9 % s’explique principalement par la croissance des revenus du régime en raison de l’augmentation du nombre de ses adhérents.En 2002-2003, le régime public d’assurance-médicaments avait coûté 2,^8 milliards dont 1,93 milliard avait été assumé par l'Etat En fonction de la hausse des coûts citée par M.Couillard, la note du régime s’est élevée à environ 2,6 milliards en 2P03-2004 dont 2,15 milliards provient des coffres de l’État Ce n’est donc pas demain que le gouvernement Charest remplira une promesse libérale de la dernière campagne électorale en matière d’assurance-médicaments, celle de limiter la hausse de la contribution des assurés à l’augmentation du coût de la vie.«On fait face à un régime qui, sur trois ans, va augmenter de près de 50 %», & signalé M.Couillard.Promise pour le début l’an prochain, la nouvelle politique du médicament visera notamment à stabiliser les coûts du régime public.Mentionnons que le gouvernement Charest a également renoncé pour l’heure à garantir la gratuité des médicaments pour les assistés sociaux, les personnes âgées de 65 ans ou plus et les plus démunies, celles qui touchent le maximum du supplément de revenu garanti, une autre promesse libérale.Ces deux groupes d’assurés doivent assumer une franchise mensuelle de 8,33 $ et une coassurance de 25 %, sujettes à une limite mensuelle de 16,66$.La politique sur les langues officielles est mise à mal à Postes Canada SYLVAIN LAROCQUE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Un quart des bureaux de poste, parmi ceux qui sont officiellement désignés bilingues, n’arrivent pas à offrir un service de qualité dans les deux langues officielles.C’est ce que révèle une vérification menée par le Commissariat aux langues officielles auprès de la Société canadienne des postes et dont les résultats ont été dévoilés hier.Le constat est encore plus brutal au sein des bureaux de poste tenus par des détaillants: le tiers d’entre eux ne sont pas en mesure d’offrir un service bilingue convenable.Dans les comptoirs gérés directement par les Postes, les conclusions sont plus reluisantes, mais tout de même: un point de service sur cinq ne respecte pas la Loi sur les langues officielles.«Nous croyons que ces constatations sont très sérieuses, compte tenu du fait que ces comptoirs ont été désignés bilingues et que leur clientèle s’attend à un service dans la langue officielle de son choix, écrivent les auteurs de la vérification.Postes Canada a l’obligation de fournir les services dans les deux langues officielles et doit veiller à la disponibilité de ces services.» Comme on pouvait s’y attendre, c’est dans l’Ouest que la situation est la pire: en Alberta, tout juste la moitié des bureaux de poste respectent le bilinguisme, alors qu’en Saskatchewan, c’est seulement 67 %.Le portrait est meilleur au Québec et au Nouveau-Brunswick, où respectivement 100 % et 80 % des bureaux de poste vérifiés sont en mesure de servir la clientèle dans les deux langues officielles.Dans les régions de Sudbury et North Bay, la proportion est de 91 %, tandis qu’à Toronto, elle est de 67 %.Ce n’est seulement le service bilingue en personne ou au téléphone qui fait défaut dans les bureaux de poste.La vérification du Commissariat aux langues officielles a aussi permis de constater que tout juste 44 % des comptoirs postaux arboraient un pictogramme faisant état de leur caractère bilingue.En outre, seulement 10 % des endroits vérifiés accueillent d’emblée les clients dans les deux langues officielles.«Cette observation est très importante parce que les clients qui ne reçoivent pas d'offre active verbale [bilingue] ne se sentent pas à l’aise d’utiliser la langue de leur choix», soulignent les auteurs.Les enquêteurs ont toutefois noté que plus de 90 % des bureaux de poste désignés bilingues présentaient leur affichage dans les deux langues.Le hic, c’est que seulement 44 % des succursales respectent le bilinguisme quand vient le temps d’apposer des messages temporaires.E N Un chalutier portugais regagne son pays (AFP) — Un des chalutiers portugais arraisonnés la semaine dernière par le Canada dans les eaux internationales au large de Terre-Neuve et accusés de pratiquer une pêche illégale était en route hier pour le Portugal après une intervention de la Commission européenne.Les autorités canadiennes accusent le chalutier por- B R E F tugais Brites d’avoir largué un filet juste avant que les inspecteurs canadiens ne montent à son bord.Ce filet a été récupéré vendredi par 1000 mètres de fond sur la zone du Queue du Grand Banc et a été ramené au port de Saint-Jean de Terre-Neuve samedi matin.Ce chalut «était rempli de poissons fra.îchement capturés, dont 64% appartenaient à des espèces protégées par un moratoire», avait dit samedi le ministre canadien des Pêches et des Océans, Geoff Regan.Paul DARVEAU, Ph.D.oulde des fleurs sauvages du Québec Troisième édition revue et léoèremont augmentée 256 pages -151 GUERIN un dure pour hemonser.En ueme dans taules les HDrairies Hucke niilèKff .Lucia " CHANG ÏROUX L REINE ELIZABETH 10, René-Lévesque Ouest lontreiil (514)8618138 LE DEVOIR.LE MARDI 11 MAI 2004 A 4 Congrès de PACFAS A Etre en santé signifie maintenant se sentir bien LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR La maxime qui veut un esprit sain dans un coips sain est en voie de devenir un impératif dans nos sociétés occidentales.Aux régimes minceur et aux séances de gymnastique extrême, bien des Québécois ont en effet ajouté l’usage — ponctuel ou régulier — de psychotropes pour atteindre leur idéal, a montré hier la chercheuse québécoise Johanne Collin, en ouverture du colloque «Médicaments psychotropes et sociétés» alors que le 72" congrès de l’AC-FAS entamait son impressionnant marathon de cinq jours à 1TJQAM.«Notre rapport aux psychotropes s’inscrit dans une quête plus large que celle de la maladie pour rejoindre celle de la bonne santé mentale quand ce n’est pas celle de la santé parjuite», a expliqué la professeure à l’Université de Montréal, aussi membre du Groupe de recherche sur les aspects sociaux de la santé et de la prévention (GRASP) rattaché à cette même université.C’est ainsi que le Québécois moyen en est venu à voir son corps comme un repère qu’il peut contrôler à sa guise.«On cherche à éviter la douleur, poursuit Johanne Collin.Pour bien mourir, on a pacifié la mort par la médication.Par extension, on en est venu à voir dans la médication un moyen de bien agir et de bien vivre.» Ce qui fait de ce régulateur d’humeur un porteur potentiel de superficialité.La médecine comme objet technologique a également forcé les médecins à repenser la notion même de prévention qui lui est attachée.«On ne recherche plus l’absence de maladie, on recherche le bien-être», confirme Mme Collin.Ce qui forcément peut avoir des effets néfastes sur le système de santé.Le contexte de pratique médical change en effet très rapidement Au Québec, le médecin évolue dans un contexte de pratique où il doit constamment être performant.Pour le professeur Hubert Doucet, aussi chercheur au GRASP, cela a profondément changé sa logique de prescription.«On est entré dans une logique de consommation», croit M.Doucet Un monde dans lequel les psychotropes, brillent de tous leurs feux.Aux Etats-Unis seulement, le nombre de dépression a triplé en dix ans.Au Canada, un nouveau souffle a été donné à ce marché fort lucratif qui est passé de 31 millions pour la même période à un demi-milliard de dollars.Cela n’est certes pas étranger au fait que le diagnostic de dépression est de plus en plus courant.Au pays, c’est celui qui a connu la progression la plus rapide au cours des dernières années, se hissant confortablement au second rang des motifs de consultations des Canadiens.Ce qui n’est pas sans rapport avec l’éducation du public menée ronde- ment id.«En plus d’être accessible, l’autodiagnostic est très facile à effectuer», note Marcelo Otero, un sociologue attaché à l’Université du Québec à Montréal Tous ces éléments font conclure à Hubert Doucet «que le psychotrope est devenu un véritable baromètre de nos systèmes de santé».Un outil si sensible en fait qu’il est aussi devenu le révélateur le plus efficace du malaise des professionnels qui ont de la difficulté à refuser à leurs patients la pilule miracle qui effacera la mélancolie du conjoint ou la turbulence enthousiaste de junior.Un état de fait qui est d’autant plus inquiétant que le renouvellement des médicaments au Québec est «souvent un acte silencieux», a déploré hier Johanne Collin.L’enfant n’est pas un adulte miniature La plupart des psychotropes destinés aux adultes sont désormais utilisés chez l’enfant bien qu’aucun d’entre eux n’ait été conçu pour eux et que la plupart n’aient même pas fait l’objet d’une approbation pour un tel usage.Pourtant, s’insurge Sonia Mansour-Robaey, professeure à ITJQAM et chercheuse au centre de recherche de l’hôpital Douglas, l’enfant a des besoins* préds qui commandent une médication spécifique.Dans les centres jeunesse du Québec, 35 % des enfants prennent des psychotropes.Dans les foyers québécois, ils sont 10 % à en prendre, dont la moitié parce qu’Us souffrent d’un trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité (TDAH), un nombre qui n’est pas étranger aux pressions grandissantes des parents et des milieux scolaires pour adopter une médication leur permettant de fonctionner à leur guise.Les effets de ces psychotropes sur l’enfant sont pourtant loin d’être assez documentés.«Ce que l’on sait, c’est que les enfants ne sont pas des adultes en miniature et que leur métabolisme fonctionne différemment», a expliqué Sonia Mansour-Robaey.Les effets à long terme de tous ces médicaments sont au centre de nombreuses discussions où le Ritalin apparaît comme étant le plus controversé de tous.Pour Mme Mansour-Robaey, la meilleure solution pour venir à bout de ces incertitudes passe par la recherche.«Je crois que la psychiatrie est soumise à une pression de prescrire que des connaissances neurologiques plus approfondies ne pourraient qu’amoindrir.» LMRS ROLEX kn w Gambard v Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 H LES ACTUALITES- Monsanto abandonne le blé GM FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Le blé génétiquement modifié de la compagnie Monsanto ne poussera pas de sitôt dans les champs canadiens.La multinationale a annoncé hier qu’elle mettait en veilleuse le développement de ce nouveau produit largement craint par les cultivateurs et les environnementalistes.«Nous reconnaissons que les occasions d’affaires avec le blé Round Up Ready sont moins intéressantes comparées aux autres priorités de Monsanto», a déclaré Cari Casale, vice-président de l’entreprise, par voie de communiqué tout en précisant que les travaux visant à mettre en marché ce blé étaient «suspendus».Le mais, le coton ainsi que le ca- nola, eux, restent toujours dans la course aux organismes génétiquement modifiés (OGM) puisque Monsanto a décidé, à défaut de commercialiser du blé GM, d’accélérer le développement de nouvelles semences pour ces plantes, a précisé le géant agrochimique.•C’est un?victoire incroyable, s’est réjoui hier Eric Darier de Greenpeace dont l’organisme, de concert avec des regroupements de cultivateurs de l’Ouest, s’oppose vivement à l’arrivée de ce blé dans les champs et boulangeries du pays.Et c’est d’autant plus surprenant venant de Monsanto, qui d’ordinaire fonce tête baissée dans le développement des OGM sans se soucier de l’opinion des consommateurs.» «Nous avons remporté une bataille, mais pas encore la guerre», a commenté pour sa part Nadège Adam, porte-parole du Conseil des Canadiens, un regroupement consumériste qui trouve les fruits de la biotechnologie plutôt indigestes.Mais aujourd’hui, nous avons une bonne occasion de nous réjouir.» Depuis plusieurs mois, le blé GM, en attente d’une homologation au Canada, fait l’unanimité contre lui avec en trame de fond la peur de voir le blé canadien baimi de plusieurs marchés d’exportation.La Commission canadienne du blé, l’agence fédérale chargée de la vente de cette matière première, s’est d’ailleurs prononcée contre toute modification par Monsanto dans la génétique de cette graminée rentable pour le Canada Même s’il décide aujourd’hui de faire une pause, Monsanto a toujours des visées sur ce lucratif marché.«Nous allons continuer à surveiller l’industrie du blé, a souligné M.Casale, pour connaître ses souhaits concernant les améliorations à apporter aux semences de façon à établir si et quand il pourrait être pratique de lancer un produit du blé génétiquement modifié.» Denis Couture, président de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Qués bec, s’en réjouit d’ailleurs.«Le retrait du blé GM n ’est pas une bonne nouvelle pour les producteurs, dit-il, car nous aimerions bien avoir un jour des variétés plus résistantes et plus productives.Le hic, c’est que les pressions faites sur les compagnies par les consommateurs risquent de mettre en péril, à moyen terme, la recherche dans ce domaine.Et, sans recherche, l’amélioration des semences est compromise.» OGM : les Canadiens sont favorables à l’étiquetage obligatoire JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les militants de Greenpeace manifestent périodiquement en faveur de l’étiquetage obligatoire des produits contenant des OGM.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Pour savoir s’ils en mangent ou pour les éviter, près de 9 Québécois sur 10 sont en faveur de l’étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM) présents dans l’alimentation.Une adhésion massive qualifiée hier par une coalition d’organismes consuméristes et environnementaux de «désaveux de la politique canadienne» en matière d’OGM, moins d’un mois après l’adoption des normes volontaires d’étiquetage par l’administration de Paul Martin.Un nouveau sondage en main, Option Consommateurs, l’Union des consommateurs et Greenpeace estiment par ailleurs que le message envoyé par les consommateurs est désormais clair: «les OGM doivent devenir l’un des enjeux de la prochaine élection fédérale», ont-il martelé.Dans les grandes lignes, le sondage commandé par la coalition à Léger Marketing révèle en effet que, des 1500 canadiens interrogés, 83 % d’entre eux aimeraient voir pousser sur les produits d’épicerie des étiquettes les informant de la présence ou non d’OGM.Une politique fédérale d’étiquetage obligatoire, plutôt que volontaire, qu’accueillent favorablement, avec une marge d’erreur de 2,6 % 19 fois sur 20,91 % des Québécois soumis à la question entre le 20 et 24 avril dernier.«Cela montre que la population n’est pas dupe et qu’elle comprend que la nouvelle norme [sur l’étiquetage] est bidon», a commenté Charles Tanguay, porte-parole de l’Union des consommateurs.Rappelons que, le 15 avril dernier, Ottawa a adopté une norme volontaire d’étiquetage des aliments contenants des OGM.Cette norme tolère, entre autres, la présence de 5 % d’OGM dans un produit sans qu’il n’en soit fait mention sur l’étiquette.Une tolérance cinq fois supérieure à celle en vigueur en Europe, par exemple, que dénoncent en chœur les opposants aux transgènes.et qui pourrait bien à l’avenir mettre un'peu de pression sur le gouvernement provincial, à en croire les résultats de ce sondage.À preuve.Si Ottawa ne change pas son fusil d’épaule, le gouver- nement Charest devrait faire cavalier seul en imposant sa propre réglementation sur l’étiquetage obligatoire, pensent 87 % des 1003 personnes sondées par Léger Marketing.Cette politique distincte, une promesse largement exploitée par le Parti libéral du Québec lors de la dernière campagne électorale, séduit d’ailleurs — avec une marge d’erreur de 3,4 %, 19 fois sur 20 — davantage les femmes (62 %), les ménages avec un revenu annuel de 60 000 à 80 000$ (67 %) et les diplômés universitaires (63 %), indique le sondage.«Cest un signe que les gens sont de plus en plus conscientisés quant à la qualité des aliments qu’ils mettent dans leur assiette», a commenté hier la porte-parole du cabinet de la ministre de l’Agriculture, Françoise Gauthier, Paule DaHaire qui, à mots voilés reconnaît au passage que la promesse libérale se trouve actuellement en veilleuse.«Je ne suis pas prête à dire que la promesse a été faite trop vite, dit-elle.Mais nous avons découvert un problème d’arrimage avec les normes d’étiquetage panca-nadiennes.Et puis, nous attendons le rapport de la commission parlementaire sur la sécurité alimentaire dont les conclusions devraient nous donner un bon profil, un bon portrait.» L’étiquetage obligatoire, adopté dans plusieurs pays à ce jour, semble être au cœur des préoccupations des consommateurs d’ici et d’ailleurs.«Une quinzaine de sondages similaires ont été faits aux États-Unis, a commenté Michael Hansen, de l’organisme américain Consumers Union, présent à la conférence de presse.Et, chaque fois, de 80 à 90 % des personnes interrogées se prononcent pour l’étiquetage obligatoire des OGM.» Et elles semblent collectivement faire fausse route, croit le scientifique Ariel Fenster de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill.«L’opposition actuelle repose sur l’émotion plutôt que des données scientifiques, dit-il.Les groupes de pression ont décidé de foire peur aux consommateurs, même si scientifiquement cela ne s’argumente guère.Et c’est dommage, car, en s’acharnant sur les OGM, on perd de vue d’autres combats, sans doute plus importants et plus justifiés pour la santé, comme par exemple l'usage des antibiotiques dans les élevages!» Le ruban des défusionnistes est illégal ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR Plusieurs des rubans bleus symbolisant la lutte pour la défusion, qui ornent les arbres et les poteaux des arrondissements souhaitant quitter les grandes villes, sont théoriquement illégaux.Car ils ne portent pas, comme l’exigent les règles du Directeur général des élections (DGE), le numé- ro d’autorisation exigé pour «effectuer des dépenses publicitaires» pendant la période des registres.«C’est du matériel publicitaire.En principe, ça prend un numéro d’autorisation sur chaque ruban», souligne Denis Dion, du DGE.Dans la lettre que le DGE envoie à toutes les «personnes intéressées» par des dépenses de publicité pendant la période des registres et par laquelle il attribue un «numéro d’au- | | / EN COU ABOR ATION AVEC Sothebys-RiTCHiES LAWREN S HARRIS WINTER IN THE NORTHERN WOODS circa 1915-18, huile sur lotie 55 x 74 po Estimation: $1 ,(X)0,OCX) - 1,500,000 Oeuvres canadiennes importantes Le 31 mai, 10:30 am Exposition de pré-vente à Montréal Mercredi, 12 mai & jeudi, 13 mai, 12:00 - 7:00 pm RITCHIES 1980, rue Sherbrooke ouest, ste.100 Téléphone • 514.934.1864 Courriel • cbiniecki©ritchies.com Sotheby's 9, avenue Hazelton.Toronto, Ontario Canada M5R 2E1 telephone • 1 800 263.1774 / 416 926.1774 courriel • torontofu'sothebys corn www.sothebys.com I RITCHIES 288, rue King Est, Toronto, Ontario Canada M6A 1K4 telephone • 1 800 364 1864 / 416.364 1864 courriel • aiTCtionritchies com www.ritchies.com torisation» à cette même personne, il est écrit «Vous ne pouvez utiliser un bien pour lequel vous avez fait ou engagé une dépense, dont tout ou une partie du coût constitue une dépense de publicité, que si ce numéro est indiqué sur ce bien.» Est-ce à dire que le DGE se mettra à vérifier les milliers de rubans un par un?Non.«On n’a pas une attitude ni une mentalité policières.Nous, on agit lorsqu’il y a des plaintes», dit Denis Dion, qui a refusé de dire au Devoir si le DGE en avait reçu.Le fameux ruban défusionnis-te, reproduit en toute taille, est de la même forme que celui, rouge, symbolisant la lutte contre le sida.Pourquoi bleu, dans le cas de la défusion?Tout origine de Baie dTJrfé.Maria Tutino, défu-sionniste de cette arrondissement, lance fièrement: «Le bleu, c’est celui du drapeau de notre vil- le! On l’a adopté dès le début de la lutte contre les fusions forcées.» Puis, presque toutes les organisations défusionnistes ont emboîté le pas.De Boucherville à Sillery.Sauf à Montréal-Est où l’ancien maire Yvon Labrosse affirme avoir préféré ne pas reprendre le ruban bleu, trop associé à l’ouest de ITle selon lui.Mme Tutino trouve la loi tatillonne, mais elle dit tenter de la respecter depuis le 22 avril, date du début de la période des registres, où son équipe et elle collent les numéros d’autorisation exigés sur rubans et affiches.Toutes ces règles sont d’autant plus complexes qu’elles sont appliquées ici pour la première fois, fait valoir M.Dion.«Habituellement, il n’y a pas de règles dans les cas de registre au municipal.On va rester dans les bornes du bon sens en les appliquant.» uns ?QaeÜESflCO Jaxz, funky, chante-dansé, vidéo, mode et théâtre Spectacle à chaque camp Tout ce que vous auriez voulu faire à leur âge ! ETE 2004 Enfants (a partir de 5 ans) et adolescents Avec ou sans expérience Au * du plateau Mont-Royal S (514)521-3456 danse-louiselapierre.qc.ca Louise Lapierre ÜÀN5£ Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au (514) 985-3456 ou à jdebilly©ledevoircom LE DEVOIR.LE MARDI 11 MAI 2004 A 5 LE DEVOIR LE MONDE L« président Kadirov est inhumé L’incertitude plane sur la Tchétchénie YURI BAGROV ASSOCIATED PRESS Vladikavkaz — Les obsèques du président tchétchène, Akhmad Kadirov, assassiné dimanche dans un attentat dans le stade de Grozny, se sont déroulées hier dans le village de son clan, en présence de plusieurs milliers de personnes, alors que l’on s’interroge sur l’échec de la stratégie du Kremlin dans le Caucase et son éventuelle révision.Le bilan de l’attentat, commis avec des obus d'artillerie placés sous la tribune, a été fortement révisé à la baisse.Alors que les urgences avaient annoncé 24 morts, il n’était plus question que de six morte et 57 blessés hier, selon le vice-ministre tchétchène des situations d’urgence, Akhmad Djeirkhanov.Le plus illustre de ces blessés est le chef du contingent russe lui-même, le général Valeri Baranov, qui se trouvait aux côtés de M.Kadirov et qui a dû être amputé d’une jambe.Deux ministres ont aussi trouvé la mort Les obsèques d’Akhmad Kadirov ont eu lieu dans son village de Tsentoroï, dans le sud-est de la République.Sa dépouille recouverte de blanc, couleur du deuil, le président qui avait aussi été grand mufti de Tchétchénie, a été inhumé conformément au rite musulman, majoritaire dans cette petite république du Caucase.Il avait été élu en octobre sur le score de 83 % des voix, jugé fantaisiste par les organisations de défense des droite de l’homme, mais avait été nommé de fait par le Kremlin dès 2000 pour organiser une administration tchétchène pro-russe.Avec sa mort, c’est cette stratégie de «tchétchénisation» qui pourrait être remise en cause.Complicités L’assassinat n’a pas été revendiqué et l’on s’interroge en Russie sur les complicités dont ont pu bénéficier les auteurs de l’attentat dans un lieu placé sous si haute surveillance.Dans la ville en ruine qu’est Grozny, le stade Dynamo venait tout juste d’être rénové.Le chef rebelle et ex-président Aslan Maskhadov a condamné l’attentat, si l’on en croit une déclaration qui lui est attribuée par un site Internet séparatiste.M.Maskhadov estime semble-t-il qu’Akhmad Kadirov a été la victime des services de sécurité russes, désireux «de liquider le gouvernement Jantoche».Le procureur général de Russie méridionale, Ser-gueï Fridinski, est, lui, convaincu de l’existence de • complicités internes.D a rappelé que les mesures de sécurité étaient telles qu’une «personne extérieure ne pouvait entrer et placer un engin explosif».Et il a annoncé que les enquêteurs allaient s’intéresser aux responsables de la sécurité.Contrairement aux premières informations, personne n’a été interpellé et qu’il n’y a pas de suspecte identifiés recherchés, a-t-il ajouté.Selon l’agence ITAR-Tass, l’engin qui a explosé était sous la dalle de béton de la tribune officielle.Les enquêteurs s'efforcent de retrouver les identités des ouvriers ayant travaillé à la rénovation du stade.La question est maintenant de savoir ce que va faire le Kremlin.S’il ne décide pas la prise en charge directe de la République, il devra organiser un nouveau scrutin présidentiel dans les quatre mois.Parmi les candidate possibles figure Ramzan Kadirov, le propre fils du président, chef de la garde présidentielle, une milice accusée de commettre des exactions.Selon les agences russes, il a été nommé premier vice-premier ministre hier, tandis que le chef du gouvernement Ser-gueï Abramov, assurera l’intérim présidentiel Selon plusieurs connaisseurs de la Tchétchénie, Moscou a commis une erreur en confiant le pouvoir à un dan, celui des Kadirov, qui a provoqué la haine de la population contre lui par ses abus.Promouvoir Ramzan reviendrait ainsi à persister dans l’erreur.Éduquer les enfants reviendrait moins cher que fumer ou se battre AGENCE FRANCE-PRESSE Rome — Donner une instruction aux quelque 246 millions d’enfante forcés de travailler dans le monde coûterait 11 milliards de dollars, selon les travaux d’une conférence internationale contre le travail des enfante, qui s’est ouverte hier à Florence.«Onze milliards de dollars, ce qui représente trois jours des ressources mondiales dépensées en armements, permettraient de donner une instruction aux enfants qui en sont privés», a déclaré Kailash Satyarthi, président de la Marche globale contre le travail des enfante, une organisation non gouvernementale basée en Inde.Il a expliqué à titre de comparaison que cette somme était «l’équivalent d’un cinquième des dépenses annuelles de tabac aux États-Unis ou des sommes consacrées en un an en Europe à l’achat de produits cosmétiques».Dans le monde, quelque 246 millions d’enfante — soit 18,5 % de la population mineure — travaillent, pour la moitié d’entre eux à temps plein, selon des études de l’Organisation internationale du travail (OFT).Sur ce total 10,8 % sont contrainte à des travaux pénibles, dans des conditions qui mettent leur santé et leur développement en danger, tandis que 8 à 20 millions d’enfante se livrent au trafic de stupéfiante ou à la prostitution.Les orateurs de la conférence ont souligné que le travail des enfants était également un phénomène existant dans les pays occidentaux.En Italie, la CGIL, première centrale syndicale du pays, affirme que 400 000 enfante sont concernés dans la péninsule y compris dans les zones riches et industrialisées, un chiffre contesté par le ministère du Travail.Des enfante ayant travaillé très jeunes dans des usines d’Asie, dans l’agriculture ou dans la pêche en Afrique, doivent apporter leurs témoignages pendant cette conférence.La rencontre est organisée par la Marche globale et les trois grands syndicats italiens CGIL, CISL (catholique) et UH, (modéré), avec la participation d’organisations internationales comme l’OIT et 1UNICEE Les travaux doivent se poursuivre jusqu’à demain.Les partisans de Sadr à Bagdad essuient le feu des GI Un attentat dans le Sud réduit de moitié les chargements de pétrole AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Trente-cinq miliciens chiites présumés du chef radical Moqtada Sadr ont été tués lors d’accrochages avec les GI en deux nuits à Bagdad, selon l’armée américaine qui a effectué hier sa première patrouille à Fallouja avec les forces de l’ordre irakiennes.Par ailleurs, un acte de sabotage a réduit de moitié les exportations pétrolières par le terminal de Bassora, dans le sud.Le général américain Marie Kimmitt a d’autre part annoncé que l’enquête sur les méthodes d’interrogatoire et les services de renseignement de l’armée serait «complète» et s’intéresserait à tous les lieux de détention en Irak.L’enquête sera «aussi complète que possible pour que toute personne qui serait associée de près ou de loin [aux faits concernés] soit entendue», confirmant que sept militaires américains avaient été inculpés dans le cadre d’une enquête précédente et ajoutant quUs comparaîtraient en cour martiale.Jusqu’à présent, seul un soldat, Jeremy Sivite, 24 ans, a été renvoyé devant une cour martiale.Il comparaîtra le 19 mai à Bagdad.Concernant les heurte à Bagdad, le général Kimmitt a déclaré que 35 miliciens avaient été tués hier, mais un porte-parole militaire a corrigé ces propos, précisant à Î’AFP que «dix-neuf ont été tués hier [dimanche] et 16 aujourd’hui [hier].» Le bureau de Moqtada Sadr à Sadr City, quartier chiite de Bagdad acquis à Moqtada Sadr, a été détruit au canon de char dans les derniers combats hier à l’aube, mais les habitante ont entrepris de le reconstntire.Les combats ont éclaté au lendemain de l’arrestation samedi de Sayed Amer al-Hussein, responsable du mouvement de Moqtada Sadr pour Sadr City.Moqtada Sadr, recherché «mort ou vif par la coalition, est retranché dans la ville sainte de Najaf, à 160 km au sud de Bagdad.Ses partisans se heurtent régulièrement aux forces d’occupation, à Najaf mais aussi à Koufa et Kerbala, deux autres villes chiites au sud de Bagdad.Dix de ses miliciens ont été blessés hier dans de nouveaux affrontements à Kerbala, selon une source médicale, alors que deux policiers irakiens l’ont été à Najaf par des tirs de GI ripostant à une attaque au mortier de sa milice.Les marines ont effectué un retour dans la ville sunnite de Fallouja, à 50 km à l’ouest de Bagdad, où ils ont combattu pendant près d’un mois la guérilla, précédés cette foisci par des forces irakiennes.Le convoi précé- Ear -.w.* - S.¦ .'N7 .* .y - - Pompiers irakiens «à pied d’œuvre» près de Bassora.ZOHRA BKNSKMKA RKUTERS dé de voitures de police et de véhicules de l’ICDC (Corps de défense civile irakienne), a été salué par des tirs en l’air d’hommes masqués, probablement les combattante de la guérilla, voyant dans la présence des forces irakiennes une «victoire» contre les marines.Le passage sans incident de ce premier convoi pourrait être le point de départ d’un retrait plus substantiel des marines qui avaient commencé à abandonner des positions à Fallouja le 30 avril.Sabotage d’un oléoduc À Bassora, les chargements de brut ont été réduits de moitié après le sabotage de l’un des deux oléoducs alimentant le terminal offshore du nord du Golfe, le principal débouché de brut irakien.«Nous sommes pas- sés d’une moyenne de 80 OOO barils par heure à 40 000 barils par heure», a déclaré l’ingénieur Ali Nasr AlRou-baï, directeur du terminal.Avant le sabotage, un responsable du ministère du Pétrole à Bagdad a dit que les exportations actuelles se situaient autour de 1,8 million de barils par jour.Dans le nord, un Néo-Zélandais, un Sud-Africain travaillant pour une entreprise chargée de projets de reconstruction et leur chauffeur irakien ont été abattus par des hommes armés à Kirkouk.Vendredi, un journaliste polonais et son monteur d’origine algérienne avaient été abattus près de Bagdad.À Mossouf également dans le nord, une fillette de quatre ans a été tuée et quatre hommes blessés lorsque des inconnus ont attaqué et manqué une patrouille américaine.La majorité absolue pourrait échapper aux nationalistes hindous RENÉ SLAMA AGENCE FRANCE-PRESSE New Delhi — Environ 370 millions de personnes ont participé aux élections législatives qui ont pris fin hier en Inde où, selon les projections de plusieurs chaînes de télévision, la droite nationaliste au pouvoir et ses alliés pourraient ne pas atteindre la majorité absolue.Lancé le 20 avril, le processus électoral marathon dans la plus grande démocratie du monde concernait 671 millions d’inscrite, appelés à renouveler 543 députés de la chambre basse du parlement fédéral Hier soir, à l’issue de la cinquième et dernière phase de vote, la Commission électorale a déclaré que la moyenne nationale de participation pour l’ensemble du scrutin devrait être supérieure à 55 %, soit 370 millions de votante.Les résultats seront annoncés jeudi.Il faut 272 sièges pour détenir la majorité absolue et si les tendances sont confirmées, on peut s’attendre à des négociations très serrées entre partis politiques dès la fin de cette semaine.Sur la base de sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, deux chaînes de télévision ont crédité les nationalistes au pouvoir et leurs alliés d’un nombre de sièges proche de la majorité absolue.Trois autres chaînes ont prédit de moins bons scores pour la coalition gouvernementale.Star a crédité le Bharatiya Janata Party (BJR nationaliste) et ses partenaires de 263-275 sièges, tandis que Sahara a donné une projection de 263-278 sièges pour l’alliance au pouvoir.En revanche, Aaj Tak a placé le BJP et ses alliés loin de la majorité absolue avec 248 sièges (contre 302 en 1999).Zee a accordé 249 députés aux nationalistes et à leurs partenaires, tandis que NDTV les a crédités de 230-250 sièges.Le Parti du Congrès (opposition de centre-gauche) et ses alliés ont été crédités de 174-186 sièges par Star, de 171-181 par Sahara, de 191 par Aaj Tak, de 176 par Zee et de 190-205 par NDTV.La gauche, incluant les communistes, remporterait 40 à 50 députés qui pourraient se rallier au Congrès, a ajouté NDTV.Les autres formations, notamment régionales, auraient obtenu entre 60 et 104 députés selon les différentes sources.Le Congrès détenait 112 sièges dans la précédente législature et était donné largement perdant avant le début des élections.Selon des analystes, les alliés du BJP, notamment deux grands partis du sud, auraient réalisé de très mauvais scores, fragilisant l’assise électorale de l’ensemble de la coalition au pouvoir.Au cours des derniers jours, le premier ministre Atal Behari Vajpayee, pressentant de moins bons résultats que prévu pour l’alliance gouvernementale, avait cherché à mobiliser davantage les électeurs en demandant un nouveau mandat «décisif» pour garantir la stabilité de l’Inde.Les élections en Inde ont été convoquées cinq mois plus tôt que prévu, M.Vajpayee ayant voulu profiter d’une conjoncture économique favorable (croissance projetée à 8 % cette année) et d’un climat de détente exceptionnel avec le Pakistan.PAKISTAN Une milice tribale pour traquer al-Qaïda REUTERS Wana — L’assemblée traditionnelle de l’importante tribu pakistanaise des Wazirs a décidé hier de lever une milice armée pour chasser hors de son territoire les centaines de combattants arabes, tchétchènes ou ouzbeks d’al-Qaïda qui s’y cachent encore.La tribu compte un demi-million de membres dans la région du Sud-Waziristan, frontalière de l'Afghanistan, où les combattante d’al-Qaïda ont trouvé des complicités locales qui ont empêché l’armée pakistanaise de mettre la main sur eux lors d’une offensive sans précédent au mois de mars.Une trêve accordée par le gouvernement pakistanais pour pennettre aux alliés locaux des combattante d’al-Qaïda de persuader ceux-ci de se rendre a expiré hier.Le gouvernement, qui menace de reprendre son offensive, a dit avoir offert une amnistie à tous les combattante qui déposeraient les armes et se feraient enregistrer à l’exception de 25 d’entre eux, dont Oussama ben Laden lui-même.Mais Nek Mohammad, chef des alliés pakistanais d’al-Qaïda a fait savoir à l’assemblée tribale des Wazirs qu’il n’était question d’enregistrer les étrangers.Selon le responsable de la sécurité dans la zone tribale, Mah-mood Shah, pour qui «le marché tient toujours».«H va falloir que Nek Mohammad choisisse son camp.» EN BREF Triste fin d’un scrutin aux Philippines Manille (Reuters) — La violence a assombri hidr les élections aux Philippines où 43 millions d’électeurs sont appelés à désigner leur prochain président parmi cinq candidats, dont la présidente sortante Gloria Macapagal Arroyo, qui fait figure de favorite.Le dépouillement officiel du scrutin devrait prendre jusqu’à un mois, les Philippins étant également invités à renouveler quelque 17 728 autres postes électifs.Selon un sondage mené par l’institut indépendant Social Weather Stations entre le 1" et le 4 mai pour la chaîne de télévision ABS CBN, 37 % des électeurs comptent voter pour Gloria Arroyo tandis que Fernando Poe Jr, plus connu pour ses prestations dans des films d’action que pour son engagement politique, ne réunit que 30 % des intentions de vote.«Catastrophique» Colombie New York (AFP) — La Colombie connaît «la plus grande catastrophe humanitaire» du continent américain, a déclaré hier un haut responsable de l’ONU qui a appelé à la mobilisation de la communauté internationale et des autorités colombiennes.«Cest une crise humanitaire oubliée pour laquelle les Nations unies et le gouvernement colombien doivent jaire plus», a déclaré J an Egeland, responsable des affaires humanitaires à l’ONU.Selon M.Egeland, qui vient de rentrer d’une mission en Colombie, ce pays de l’Amérique latine compte actuellement «plus de deux millions de personnes déplacées, dont la moitié l’ont été au cours des trois dernières années».«R n’y a qu’au Soudan ou en [république démocratique du] Congo [RDC] que les chiffres sont plus importants», a-t-il dit Mandat d’arrêt contre un général indonésien Djakarta (Reuters et AFP) — Un tribunal du Timor oriental mis en place par les Nations unies a lancé hier un mandat d’arrestation à l’encontre de l’ex-général Wiranto, ancien commandant en chef des forces indonésiennes et actuel candidat à l’élection présidentielle dans son pays.Cette démarche concerne des crimes contre l’humanité qui auraient été commis en 1999 dans cette ancienne colonie portugaise annexée par l’Indonésie en 1976 avant son indépendance en mai 2002.Il avait été inculpé de crimes contre l’humanité en février 2003 par la justice du Timor-Leste pour sa responsabilité en tant que chef des armées dans les massacres perpétrés par des milices pro-indoné-siennes en 1999.Ces groupes, soutenus par l’armée indonésienne, avaient tué environ 1400 civils, quand l’ex-colonie portugaise envahie en 1975 par l’Indonésie, avait voté à une large majorité pour l’indépendance.72e Congrès de l’Acfas Forum Les défis du syndicalisme universitaire aujourd’hui Le mercredi 12 mai 2004, à 13 h 30 Université du Québec à Montréal Local A-1785 (pavillon Hubert-Aquin) Table ronde I La transformation de l'université et ses conséquences Denis Bertrand (Université du Québec à Montréal) Yves Gingras (Université du Québec à Montréal) Pierre Hébert (Université de Sherbrooke) Éric Pineault (Université du Québec à Montréal) Cécile Sabourin (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue) Table ronde II Les nouveaux défis du syndicalisme universitaire Benoît Beaucage (Université du Québec à Rimouski) Jean Bélanger (Université du Québec à Montréal) Gabriel Gagnon (Université de Montréal) Louis GUI (Université du Québec à Montréal) Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal LE DEVOIR.LE MARDI 11 MAI 2004 A 6 EDITORIAL Arrestations et élections Officiellement accusé d’avoir pigé dans la caisse, non seulement dans le dossier des commandites mais aussi dans celui des armes à feu, l’autre grand scandale de la politique canadienne, Charles Guité continue de remplir son rôle de bouc émissaire.Cela ne trompera que les partisans libéraux les plus farouches, pas le reste de l’électorat E Josée Boileau ?nfin, un visage! Deux en fait, mais c’est celui de Charles Guité qui compte, ce haut fonctionnaire qui narguait le Canada tout entier du haut de son cheval en Arizona, ce guerrier prêt à ratisser large dans sa lutte contre les séparatistes québécois, ce tenace qui jamais ne plierait devant l’adversité.Même son surnom en témoigne: dans un western, Chuck Guité ferait d’office figure de méchant Un enfant lui-même ne s’y tromperait pas.Sauf que les électeurs ne sont pas des enfants, et c’est l’erreur que les libéraux de Paul Martin risquent de commettre en accueillant comme une bénédiction l’arrestation, certes opportune mais non pas salvatrice, de M.Guité et de Jean Brault On passera outre aux sous-entendus de l’opposition qui lient ces arrestations à des pressions politiques: ces insinuations ne résistent pas à l’analyse.Les cas de fraude sont d’une grande complexité, il faut prendre le temps de les étayer, ce que la Gendarmerie royale a fait.De plus, ce n’est pas Ottawa mais Québec qui a le contrôle des procédures judiciaires.On ne relèvera pas non plus le lien que l’opposition cherche à faire entre la fin des travaux du comité parlementaire qui enquête sur les commandites et les accusations déposées hier.Le comité n’a pas été à la hauteur des attentes, et prolonger l’exercice n’y changera rien.Les accusations criminelles, elles, suivent leur cours, tout comme l’enquête judiciaire à vçnir sous la houlette du juge John Gomery.L’Etat de droit est à l’œuvre, les citoyens peuvent en être satisfaits.Mais le regard politique, lui, est d’une autre tenue, et c’est celui-là que les libéraux de Paul Martin doivent craindre.Qui croira que les moins de deux millions de dollars de fraude dont sont accusés MM.Guité et Brault résument à eux seuls l’essence des 250 millions engloutis dans le programme des commandites?Même en y ajoutant les factures abusives de deux millions de dollars dont a été accusé à l’automne M.Paul Coffin, autre publicitaire montréalais, même en misant sur le fait que l’enquête policière continue, on est très loin du compte.Et puis, le scandale des commandites a pris une autre dimension au Québec.La manipulation démocratique à laquelle se sont livrés sans remords les libéraux, et qu’ils défendent toujours aujourd’hui, alimente un ressentiment que l’entourage de M.Martin ne doit pas sousestimer.Ü n’est quand même pas rien qu’une caisse secrète de 800 millions de dollars ait été destinée à l'imité canadienne, par l’entremise du bureau du premier ministre, sans que nul n’ait de comptes à rendre (ce fat d’ailleurs la base du programme des commandites).L’amour du pays, ça s’achète de toutes les manières: c’est la seule donne qui compte pour les libéraux fédéraux au Québec, dès lors réduit à quelque chose comme un petit peuple.Voilà un mépris qui laisse des traces, et ce n’est pas l’arrestation d’un Chuck Guité, ni de tous les publicitaires véreux de Montréal, qui y changera quoi que ce soit S’il veut garder son large sourire d’hier, M.Martin doit donc faire ses preuves.Où s’arrête la guerre, où commence l’ouverture aux revendications du Québec?Des relations internationales aux congés parentaux — sans même parler de référendum! —, les dossiers ne manquent pas pour que le premier ministre se manifeste.jboileau@ledevoir.com L’ignorance de Blair près l’administration Bush, voilà que le gouvernement de Tony Blair est confronté à son tour à un barrage de critiques pour le comportement que certains soldats britanniques ont eu à l’endroit de prisonniers irakiens.À la différence notable des responsables américains, les pendants britanniques, Tony Blair au premier chef, ont dit avoir été informés des méfaits commis seulement tout récemment A l’évidence, quelqu’un ment Est-ce Blair ou son ministre de la Défense Geoff Hoon?Nul ne sait pour l’instant Par contre, ce que l’on sait permet de répéter et de souligner qu’il y a du mensonge en cette histoire.Car, selon les précisions apportées par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), un inventaire des sévices, tortures et mauvais traitements infligés aux prisonniers a été remis aux autorités politiques concernées en janvier dernier.Au passage, on notera qu’Amnistie internationale a indiqué avoir informé en mai 2003 le gouvernement britannique sur les exactions commises en Irak.Ce rapport mérite deux ou trois observations.Ainsi que l’a rappelé le président du CICR Jakob Kellenberger, son organisation a effectué plusieurs missions d’informations auprès des gradés militaires et *de leurs supérieurs».Et d’une.Et de deux, dans un communiqué composé après que le Wall Street Journal eut publié de larges extraits du bilan dressé par le CICR, on apprend que celui-ci a rencontré des responsables de la coalition afin de les sensibiliser verbalement au fait que plusieurs des personnes emprisonnées subissaient un traitement contraire aux obligations contenues dans la HI' et la IVr Convention de Genève.Et de deux trois, selon les témoignages recueillis auprès des soldats eux-mêmes le CICR estime que 70 % des personnes emprisonnées l’ont été par.erreur! Mais bon, Tony Blair ne savait pas.Grâce à ce scandale, un fait extrêmement troublant a été mis en lumière.Le nombre d'individus employés par des entreprises privées pour agir en tant que mercenaires, interrogateurs et autres fonctions avoisine les 20 000.De fait le contingent de personnes payées par des,compagnies en fait le deuxième en importance après celui des États-Unis et devant la Grande-Bretagne.C’est bien simple, il est deux fois plus imposant que le britannique.La présence très prononcée du privé sur le champ de bataille irakien soulève un sacré problème.Contrairement à l’armée, le privé bénéficie d’un vide juridique.Aucun des salariés de la compagnie x ou y qui ont participé à des interrogatoires musclés n’est passible de la cour martiale tant et aussi longtemps que le Congrès n’a pas voté une déclaration de guerre.Dans le cas qui nous occupe, il n’y a pas eu de telle déclaration.Cette prédisposition de l’administration Bush à privatiser la guerre gène tant les Britanniques que l’état-major de sa Majesté est à couteaux tirés avec son correspondant américain.Tant et si bien que les militaires britanniques ont signifié à Blair qu’il était hors de question qu’ils demeurent sous commandement américain après le 30 juin.Mais bon, Tony Blair n’était au courant de rien.f Serge Truffaut ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-préaidente finance* et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE AVpiR Su on ft?AiTA4ft KANftATAkf v z eS-u &PAUUT Ct CHuCkôuiTÉ m'iléï foU LA &FC-.Révolté par un jugement L’été dernier, le Québec tout entier a été secoué par ce sordide accident où une personne ivre a traîné dans son pare-brise le coips inanimé de Nicolas Eloi Fortin après l’avoir happé sur le bord de la route, en plus de blesser deux de ses amis.Non seulement n’a-t-il pas porté secours aux victimes, mais cet individu avait bu tant d’alcool qu’il a confondu le corps du jeune Fortin avec un sac gonflable! En appui à sa légère condamnation (deux ans moins un jour, soit, dans les faits, quelques mois de prison) le juge nous apprend que cet individu est un actif pour notre société! Un individu de la sorte est davantage un actif pour la Société des alcools du Québec qu’un actif pour le Québec.Cet individu a brisé une famille et tout un cercle d’amis.Qu’aurait-il reçu comme peine s’il s’était porté aux secours des victimes après les avoir fauchées?Une médaille de bravoure peut-être! Je suis père d’un enfant de she ans.J’espère qu’il ne sera pas fauché, avant d’avoir pu vivre sa vie d’adulte, par un autre de ces actifs de notre société si tolérante.Bruno Tousignant Gatineau, mai 2004 Télé-Québec est-elle encore la voix des Québécois?Mes plus belles années de travail je les ai passées à Télé-Québec.C’était, à l’époque, au LETTRES -4- début des années 80, une petite «boîte» dynamique, féconde, pleine de belles trouvailles, bonnes et pas chères parce qu’elle devait déjà fonctionner avec de petits budgets.Elle remplaçait les sous par les idées et la créativité.Des idées ensuite récupérées par les grandes maisons bien plus argentées! Télé-Québec ressemble aux Québécois.Elle est petite, pas très riche, mais drôlement fatée et inventive.Elle est notre façon d’être une télé éducative, notre façon d’être une télé de culture, notre façon d’être une télé différente, une télé distincte, personnelle., Rayer Télé-Québec, c’est le premier pas vers l’assimilation canadienne que souhaitent certains.Défendre Télé-Québec, c’est faire de nous des Astérix qui se battront toute leur vie pour protéger leur langue et leur culture.Télé-Québec c’est notre village d’irréductibles francophones luttant contre l’empire de l’anglomanie.Allons, courage à tous les Goudurix, Assurancetourix, Obélix et même les Agecanonix, refasons d’être des Numéro-bis sur notre propre sol national, protégeons Télé-Québex! Marie-Claude Hansenne Montréal, mai 2004 Dans le privé, Paul Martin aurait été congédié Pour avoir noirci les résultats de 2001 et 2002 de façon à embellir ceux de 2003, les dirigeants de Nortel ont été congédiés.Paul Martin a fait la même chose en créant des fondations.Par exemple, en 1998, alors qu’il était ministre des Finances, il a créé la Fondation des bourses d’études du millénaire à laquelle il a accordé 2,5 milliards.Supposons que cette Fondation dépense 300 millions cette année, ces dépenses ne figureront pas dans les comptes publics, ayant déjà été inscrites en 1998.Ainsi, Paul Martin se trouve à avoir noirci les résultats passés et à embellir ceux de cette année et des années à venir.Si on appliquait les normes du secteur privé, Paul Martin serait congédié.Bertrand Gagnon Sainte-Foy, le 3 mai 2004 Le Canada, un phare face à l’obnubilation américaine Aucun pays n’est voué à rester dans l’ombre du contingent «géant américain».La puissance ne se limite point aux armes physiques ou au dollar, ni même à l’avancement de la technologie.Elle ressortit aussi à l’intelligence et à la clairvoyance rationnelle, en sus de l’autorité morale que peuvent manifester des collectivités ou individus.Le Canada ayant fait preqve de plus de sagesse ou de lucidité que les États-Unis en refusant de participer à leur guerre en Irak, ü n’a pas à se faire complaisant envers eux.D incombe plutôt à ceux-ci de se modeler sur celui-là qui vient de montrer quelque «supériorité» au moyen des plus éminentes et plus utiles ressources humaines (naturelles) que sont le bon jugement et le courage d’assumer sa liberté propre.En quoi le Canzda peut certes être parfois considéré comme un précieux phare dans les ténèbres de l’obnubilation américaine.Denis Beaulé Montréal, 3 mai 2004 LIBRE OPINION -?- Les souverainistes et la relation France-Québec: une vraie politique LOUISE BEAUDOIN Professeure associée, Département d’histoire, Université du Québec à Montréal Anne Legaré soutient dans un article publié dans Le Devoir de samedi ce qu’elle soutenait déjà dans son livre Le Québec, otage de ses alliés, paru récemment chez VLB éditeur, à savoir que la volonté d’intégration continentale, sans réserve aucune, de la part des souverainistes, au moment de l’adoption de l’accord de libre-échange Canada-Etats-Unis en 1988, a eu comme conséquence que le Parti québécois et le gouvernement dirigé par les souverainistes, de 1994 à 2003, ne se sont pas suffisamment intéressés à la France.Nous avons débattu ensemble de cette uestion au Salon du livre de Québec en avril entier, mais je voudrais, moi aussi, y revenir.Les souverainistes, d’après Anne Legaré, n’auraient pas eu de véritable politique à l’égard de la France et n’auraient pas suffisamment pris en compte la dualité de l’identité québécoise et l’ensemble de nos intérêts dans le monde.Le Québec aurait été l’«otage» de ses deux principaux partenaires qui se seraient servis de lui.dans un cas pour atteindre ses objectifs de domination du continent, dans l’autre pour se rapprocher du Canada.Injuste Cette analyse est injuste.Car même les plus continentalistes des souverainistes québécois sont très conscients des liens forts et nécessaires qui doivent nous unir à la France et à la Francophonie.C’est pourquoi le gouvernement du Parti québécois, qui reflétait dans sa composition les diverses tendances du mouvement souverainiste, a organisé la première Saison du Québec, en 1999, en France (la deuxième devait se tenir à New York en septembre 2001 et la troisième, malheureusement la dernière, a eu lieu en novembre 2003 au Mexique).Le choix de la France était délibéré: nous avions décidé d’aller d’abord en France pour présenter le Québec actuel, dans sa diversité et sa globalité, culturelle, économique, scientifique et technologique, parce que nous considérions que c’est dans ce pays que ce que nous faisons a le plus de résonance.Par ailleurs, dès 1998, au moment où le Canada nous refusait même un strapontin dans les discussions qui commençaient sur la diversité culturelle, c’est avec la France que nous avons mis sur pied un groupe de travail qui a permis à deux juristes, Yvan Bernier et Hélène Ruiz-Fabri, de publier la première étude sur la faisabilité d’un instrument juridique international.Il est bien évident que sans cette alliance francoquébécoise, jamais le gouvernement fédéral n’aurait accepté, malgré mes demandes répétées, que la ministre de la Culture soit membre de la délégation canadienne dans les divers forums internationaux discutant de ce dossier qui a une importance existentielle pour le Québec.Nos intérêts vitaux étant en jeu, nous avons été capables, sans hésitation, dès la première heure, grâce à la qualité de notre relation politique avec la France, de nous imposer et de prendre la parole en notre propre nom dans certaines conférences internationales et ainsi de nous opposer sur le fond des choses à la volonté américaine de contrer l’évolution positive vers l’adoption d’un traité concernant la diversité culturelle.Le Conseil des ministres avait aussi décidé, en 2003, de créer à Paris, boulevard de Sébastopol un Centre Québec Europe dont l’originalité résidait dans le fait qu’il devait réunir sous le même toit entreprises et créateurs qui désiraient partir à la conquête de la nouvelle Europe.Enfin, torsque nous avons nommé Clément Du-haime délégué général du Québec à Paris, nous avons accédé à sa demande de nouveaux fonds et de nouveaux postes pour quil puisse accomplir sa mission dans de bonnes conditions.Dans la nature des choses Ces quelques exemples montrent que, lorsque les enjeux stratégiques du Québec sont en cause, c’est d’abord vers la France que les souverainistes québécois se tournent pour les porter sur la scène internationale.D y a donc eu et il y aura toujours une véritable politique à l’égard de la France; c’est dans la nature des choses.Le mouvement souverainiste étant par définition un vaste rassemblement, plusieurs voix s’y font entendre: certaines sont résolument opposées à la politique américaine dans le monde et favorables au contrepoids que représentent, au moins à l’occasion, la politique ! étrangère française et la Francophonie comme possibles alternatives à une mondialisation unipolaire et néo-libérale.Là, cependant, où nous nous rejoignons, Anne Legaré et moi-ipême, c’est lorsqu’elle af- ' firme que les limites de l’action internationale du Québec, dans un cadre fédéral canadien, sont rapidement atteintes Pour aller plus loin et réussir ce que l’on a réussi avec la France ailleurs dans le monde, par exemple au Brésil qui, dans notre l’hémisphère, joue, depuis l’élection du président Lula, un rôle important pour contrebalancer celui de Hiyperpuissance, il faut que le Québec devienne un pays, au même titre que les 191 autres membres des Nation unies. LE DEVOIR.LE .N! A R D I 11 MAI 2 0 0 4 IDEES Pour un savoir historique du social et du politique Crime et pauvreté à l’ère du libéralisme Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2004 qui se tient cette semaine à Montréal, des dizaines de chercheurs de tous horizons feront part des résultats de leurs plus récents travaux.Nous publions cette semaine quelques textes rédigés à notre demande par des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, université d’accueil de l’événement.* » J JEAN-MARIE FECTEAU Professeur au Département d’histoire de l’UQAM et directeur du Centre d’histoire des régulations sociales, chercheur au Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) o m m e n t une société «tient»-elle ensemble?Comment est-il possible de penser un savoir-vivre (et un vouloir-vivre) collectif se déclinant selon les règles de la démocratie et du libre marché?Question fondamentale qui hante les sociétés, à partir de ce moment où on a renoncé à faire de Dieu l’explication première et dernière de l’univers, où on a voulu inventer un monde fondé sur la liberté et le respect de l’intégrité des hommes et des femmes qui le composaient En somme, il s’agit de faire sens de ce basculement radical du monde depuis maintenant deux siècles et de saisir les enjeux collectifs fondamentaux qui se sont déployés à partir de l’idée simple d’une liberté humaine vécue dans l'égalité.C’est un tel questionnement fondamental qui est à la Jean-Marie Fecteau source des recherches menées au Centre d’histoire des régulations sociales (wwwunites.uqam.ca/chrs/) sur la mise en place du réseau de prise en charge du crime et de la pauvreté au Québec, depuis le milieu du XK' siècle.Une immense aspiration au bonheur Dans cette entreprise, il nous fallait comprendre des enjeux qui sous-tendent les formes de régulation sociale mises en place à l’ère libérale et qui, à partir du plus profond du XK' siècle, accouchent du monde actuel.La stratégie privilégiée pour ce faire implique de ramener ce libéralisme, triomphant au XK' siècle, à ce qu’il était vraiment: une version limitée, mise au service des possédants, d’une immense aspiration au bonheur issue de l’écroulement brutal du monde ancien.Ce libéralisme, malgré les parentés étymologiques, n’a nullement le monopole, même à l’époque de son apogée, des diverses solutions envisagées pour assurer un lien social qui soit fondé sur la liberté.Il n’est qu’une version étriquée, en mode mineur, de l’aspiration à la liberté, version soigneusement expurgée de sa dimension collective, des espoirs des dominés, et timidement ramenée au «réalisme» des possédants, puis vite coulée dans le ciment des institutions de régulation et de répression, dans le cadre rigide du droit bourgeois qui en constituera le rempart le plus solide.Hypothèque close sur l’ayenir, qui ouvrira néanmoins à l’Église québécoise un large espace d’action où elle pourra déployer sa puissance, tout en dénonçant ce même libéralisme, pourtant condition première de son expansion possible.Car, au Québec plus qu’ailleurs peu,t-être, derrière l’appareil de l’Église s’est toujours profilée l’injonctiop libérale du libre marché et de l’État minimal.Nulle part ne peut-on saisir ce modèle contradictoire de société qu’en confrontant le discours Ûbéral, même récupéré et filtré par le rigorisme religieux, à ses pires hantises: le crime et la Ht Wj JACQUES NADEAU I.K DEVOIR La pauvreté, même reprochée constamment à l’individu et ramenée À ses tares personnelles, est l’image vivante de l’échec persistant et récurrent du libéralisme bourgeois à inventer une société meilleure.pauvreté.Le crime, ce constant refus du jeu social gravé dans les codes; la pauvreté, spectacle permanent des inégalités qui révèle l’hypocrisie des discours sur le progrès des peuples.Que faire de la marge criminelle?C’est en étudiant les modes de prise en charge de ces problèmes sociaux fondamentaux, qui transcendent, en suivant leurs lignes de force, les césures fondamentales exprimées par les rapports de classe et de genre, que l’on peut le mieux, je crois, saisir les limites et les culs-de-sac de cette vision du monde, de cet univers institutionnel, de cette échelle de valeurs que constitue le libéralisme bourgeois et ses versions ultérieures.Ainsi en est-il du crime.Au XKe siècle, on lui invente la prison comme horizon.D’abord conçue comme instrument de la rémission du criminel (comme si en confinant dans l’espace raréfié de la prison, on pouvait enseigner les jeux et les enjeux de la liberté!), cette dernière est vite devenue le simple non-lieu, le temps mort et l’absence absolue d’ime liberté vécue comme horizon inatteignable.Source de toutes les peurs sociales et en même temps manifestation du chaos d’un quotidien souvent insupportable, le crime exprime l’aporie fondamentale de la liberté imaginée par ces «libéraux» dont certains encore aujourd’hui se réclament: une liberté dont les limites dont définies par la volonté des dominants, et où l’infraction est autant témoignage du réel intolérable que du relus de le yivre comme tel.A partir de ce moment, les sociétés libérales, même à l’ère des États providence, ne sauront que faire de leurs marges criminelles, ballottées entre les pulsions hystériques de la «tolérance zéro» comme des mille guerres aux déviants et les moments utopiques de l’amendement recherché des criminels.Les sociétés carburant à la liberté bourgeoise avaient rêvé de repousser à leurs confins ultimes le résidu social constitué par les criminels.Elles se sont retrouvées toutes entières investies par les pratiques, individuelles et collectives, d’infraction.Figure d’un échec Ainsi en est-il, aussi, de la pauvreté.Comment imaginer qu’une société fondée sur la liberté d’entreprise, ouverte aux mille initiatives et inventions des citoyens, puisse déboucher sur des sociétés inégalitaires, où liberté du riche et liberté du pauvre se traduisent, pour l’un, en droit d’exploiter et, pour l’autre, en volonté de survivre?La pauvreté, même reprochée constamment à l’individu et ramenée à ses tares personnelles, est l’image vivante de l’échec persistant et récurrent du libéralisme bourgeois à inventer une société meilleure.C’est pourquoi la place du pauvre dans l’économie de ces sociétés, comme dans le discours savant, est l’enjeu d’une lutte féroce de définition et de classement.Car dès le moment où la pauvreté est définie comme problème collectif, elle ouvre un espace politique sans fin où risque de s’étioler l’éthique libérale de la responsabilité personnelle.Ainsi se découvre une deuxième aporie du libéralisme triomphant: celle où chaque mesure d’aide se heurte à la hantise de la déresponsabilisation, où chaque politique apparaît comme incitation à ne pas jouer le jeu social, mais où, dans le même mouvement, la responsabilité du pauvre pour ce qui lui arrive est toujours indexée sur la solidarité collective.On aura compris peut-être qu’une telle histoire, malgré ses incursions dans un passé lointain, est terriblement actuelle.Non pas que les leçons du passé, comme une fausse sagesse le proclame trop souvent, soient garantes d’un avenir réussi.Mais le rythme historique saccadé qui a vu s’écrouler le rêve libéral d’une pauvreté disparue, du crime muselé, d’une humanité tirée vers l’avenir radieux promis par le progrès constant, cette lûstoire d’une promesse volée par les dominants, mérite d’être reconstruite et racontée.Car c’est elle qui a accouché du monde actuel.N’en déplaise aux nostalgiques d’un certain libéralisme, il arrive que de très vieilles (mauvaises) idées empêchent l’émergence de projets novateurs et libérateurs, riches en devenir.En ce sens, l’histoire est là autant pour nous libérer du passé que pour le prospecter.L’Église et l’État: partenaires d’un développement territorial solidaire MAJELLA SIMARD Ph.D en développement régional, Université du Québec à Rimouski e 1" mai dernier, le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec publiait, à l’occasion de la fête des travailleurs et des travailleuses, un article repris en page Idées du Devoir et intitulé: «Pour un développement territoriale solidaire».Cette initiative témoigne de la préoccupation de l’Église catholique à l’égard du développement territorial.Cette préoccupation ne date pas d’hier.Tout au long de son histoire, l’Église catholique a porté une attention particulière à la promotion de la justice, de la solidarité et du partage.Ses interventions, qui se sont effectuées sur des bases locales et sous-régio-nales en fonction des contextes locaux et du degré d’implication de chaque curé, ont marqué la vie des résidants de plusieurs localités du Québec.Elles ont aussi fortement conditionné l’évolution de l’organisation paroissiale et de,la société en général.[.] Si de nos jours, l’Église se fait moins présente sur la scène du développement socio-économique, elle continue néanmoins à donner son appui à ceux et à celles qui font la promotion du développement régional.Dans le diocèse de Rimouski, Mr Bertrand Blan-chet représente toujours un ardent défenseur des questions socio-territoriales.À l’autre bout du Québec, son collègue, Mr Gérard Drain ville prône un développement plus respectueux de l’environnement En outre, des enquêtes effectuées dans le cadre de notre thèse de doctorat, nous ont également confirmé la présence active de certains pasteurs en milieu rural fragile, que ce soit au sein d’organismes à but non lucratif, à caractère associatif, caritatif ou religieux.Les diverses solutions préconisées par le Comité des affaires sociales dans le but de favoriser un développement territorial plus solidaire sont pertinentes et appropriées.Elles nécessitent toutefois des inter- ventipns à deux niveaux, soit le renforcement du rôle de l’État en matière de lutte aux disparités régionales et la mise en place d’une nouvelle gouvernance mondiale telle que proposée par la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne.Le renforcement du rôle de l’État L’État constitue ni plus ni moins le pivot de la machine économique.C’est à lui que revient la charge de mettre en place une stratégie de développement intégré pour l’ensemble de la province, d’atténuer les disparités régionales et de créer des mécanismes qui faciliteront la reconversion économique des régions périphériques.Ces mécanismes devraient aussi favoriser une répartition spatiale plus équitable de l’acjivi-té économique.L’un des principaux rôles de l’État n’est-il pas d’assurer les grands équilibres territoriaux et de renforcer la solidarité nationale?Les instances gouvernementales de niveau supérieur doivent mettre en place des actions structurantes qui dépassent les capacités des seuls acteurs locaux.En effet, les problèmes des régions périphériques ne peuvent se résoudre par un simple appel à la prise en main du milieu.A plusieurs endroits, particulièrement dans les localités de petite taille démographique, les forces vives des communautés locales s’effritent en raison du syndrome du TLM (Toujours les Mêmes).Ce syndrome amenuise un tissu social déjà fragilisé par le vieillissement de la population, un phénomène accéléré par la migration des jeunes.[.] L’intervention publique ne saurait être guidée par les seules considérations d’efficience économique.Les instances gouvernementales supérieures ont un rôle fort important à jouer en rpatière d’équité et de justice sociale.S’il est vrai que l’État ne peut pas tout faire, cela ne l’empêche pas de concevoir de nouveaux outils de développement et de répartition de la richesse collective.Investissements massifs De manière plus concrète, ce renforcement doit se traduire par des investissements massifs en termes de développement régional et d’aménagement du territoire afin de favoriser la création d’emplois et une meilleure répartition du peuplement.Actuellement, l’enveloppe consacrée au développement régional représente, bon an mal an, moins de 1 % du budget du gouvernement provincial.Dans la même lignée, la politique nationale de la ruralité, en vigueur depuis 2001, constitue une mesure intéressante en matière de développement local.Par ailleurs, force est de constater que cette politique ne peut, dans son état actuel, inverser les tendances lourdes de l’économie dominante.En outre, elle souffre d’un sous-financement considérable.En effet, le budget de 90 millions sur cinq ans pour plus de 1000 localités ne représente qu’une moyenne annuelle de 18 000 $ pour chacune des municipalités admissibles, soit 11,25 $ par personne.Il est donc peu probable que Ton puisse favoriser la création d’emplois stables et bien rémunérés avec pareille somme.[.] De l’argent neuf devra donc être investi à la résolution de ces problèmes davantage d’ordre structurel.Une décentralisation de certains pouvoirs, notamment dans le domaine forestier, est également à envisager.La forêt représente un potentiel de développement très intéressant en raison de sa grande diversité.Mais la maîtrise de ce potentiel échappe aux communautés locales en raison d’un mode d’exploitation qui commande une productivité à tous crins.Enfin, certaines politiques gouvernementales devront être assouplies et modulées en fonction de la réalité et des spécificités des régions à problèmes.Nouvelle gouvernance mondiale La mise en place d’un modèle de développement plus solidaire implique des changements majeurs en ce qui a trait aux modes actuels de gouvernance mondiale.Depuis quelques années, on parle de la nécessité d’une gouvernance mondiale principalement pour pallier le défaut de régulation étatique face au phénomène de mondialisation.Si la plupart des analyses demeurent critiques, Hdée est utile parce qu’el- le exprime un souci démocratique de dialogue, de négociation et de compromis.Certes, les fondements de ce nouveau modèle restent à inventer.Comment concilier l’économique et le social de façon à favoriser un développement plus humain?Cependant, quelques éléments de Réponse ont été proposés par la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne dans un document paru sous le titre «Notre responsabilité pour que la mondialisation devienne une opportunité pour tous».Cette commission suggère notamment la création d’un Groupe de gouvernance mondiale, une instance de vigie qui assurerait un minimum de cohérence, de coordination et d’arbitrage entre les diverses organisations internationales.Composé des 24 chefs de gouvernement qui possèdent des directeurs exécutifs dans les conseils d’administration du FMI et de la Banque mondiale, ce groupe, auquel se joindrait le secrétaire général de TONU et les directeurs généraux du FMI, de la Banque Mondiale, de TOMC et de TOIT, permettrait à toutes les régions et à tous les peuples du monde de faire entendre leurs vont et de se rapprocher de «l’autorité publique de compétence universelle» préconisée par le pape Jean XXIII en 1963.L’élaboration d’un nouveau modèle de développement territorial plus solidaire ne relève pas de l’utopie.Diverses formes de partenariat et de concentration misant davantage sur l’accumulation du capital humain se mettent en place, et ce, à toutes les échelles géographiques.À ce titre, le mouvement ATTAC nous apparaît une excellente initiative porteuse d’un nouveau projet de société.Ce projet inter-pePe tous les acteurs de la société civile et religieuse.L’État doit assumer ses responsabilités en investissant davantage dans les milieux à problèçnes socioéconomiques sérieux.En même temps, l’Église peut offrir son soutien et ses idées à la mise en place d’un modèle de développement plus respectueux de la personne humaine, valeur première de ce nouveau modèle.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à I’infornurtion générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint an dincteardt l'information).Jeanne Corriveau (attira municipales).Kabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Joeée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et foils de société).Jeun Dion.louis-Gilles Francoeur (environnement).Benoit Manger (responsable du site Internet).Jean-Pierre Legault (pupitre idito.idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé)-.Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourl (responsable des pages thématiques)-, Martin Duclos.Michèle Malenlant et Christine Dumaiet (relecteurs)-.Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; é l’information culturelle Michel Bélair (responsable).Julie Carpentier.Paul Bennett (pupitré cahiers spéciaux et culturels).Stéphane Baillargeon (théitre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels), à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’in/brmation).Dominique Reny, Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte; A l’information internationale : Claude lèvesque, GuyTaillefer Serge Truffaut (éditorialiste); h l’informatioo politique : Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec).Kathleen lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) -, louise-Maude Rioux Soucy.Géneviève OüsDkmne (cosistn).La documentation : Gilles Paré (directeur).Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlène Côté.Slavics Bogdanov.Véronique Gérsud.Christiane legault.Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet Micheline Ruelland, Nadia Sebaï (publicitaires).laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de ta production).Nathalie Zemaitis, Michel Bernatehez, Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Can tara.Richard Des Cormiers, Donald Filion.Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle lenard.(coordonnatrice à la promotion et d la sollicitation).MoniqueL’Heureux.Use Lachapelle, RacheDe Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur/.Ghislaine latfleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).P 1 1 A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 11 MAI 2004 LE DEVOIR ACTUALITES MAITRESSES SUITE DE LA PAGE 1 Code noir qui interdisait les relations interraciales à l’époque de l’esclavage noir en Amérique, du XVI' au XIX' siècle, toutes ces législations écrites ou implicites n’ont jamais empêché un homme et une femme de s’aimer en secret, en dehors des liens du mariage Mme Abbott en sait quelque chose.Dans Une histoire de maîtresses, elle fait le tour de toutes les formes de liaisons extraconjugales qui ont existé, du concubinage d’Orient et d’Occident aux récentes maîtresses du temps de la libération sexuelle en passant par celles de la littérature et les épouses clandestines des ecclésiastiques.L’œuvre de Mme Abbott révèle d’abord toute l’étendue du subterfuge de la monogamie et de la fidélité masculines, dès l’époque gréco-romaine.•Dans le mariage, l'infidélité de l’homme est implicite.Le mariage est basé sur une double norme: la fidélité est absolument nécessaire de la part de la femme; mais pas pour l’homme qui peut avoir maîtresse ou concubine.La fidélité maritale était une responsabilité entièrement féminine.L’homme avait le droit d’être infidèle, surtout si sa femme ne pouvait avoir d’enfants.» Évidemment, le concubinage dépassait largement ce cas de figure.Le roi Salomon, à l’époque biblique, avait 300 concubines en plus de ses 700 épouses.Is-maël, le premier fils d’Abraham, est né d’Hagar, sa servante.Les Amours d’Ovide, notamment inspirées par sa maîtresse Corinne, auraient poussé Auguste César à faire adopter les leges juliae en 18-17 av.J.-C., qui condamnent l’adultère (le crime ne s’applique évidemment pas aux hommes cédant aux charmes d’une femme non mariée).Même saint Augustin a vécu, pendant plus de dix ans, avec sa concubine et leur fils.Mais cette infidélité implicite est une arme à double tranchant.C’est en écrivant YHistoire universelle de la chasteté et du célibat, paru en 2001 et encensé par la critique, que l’auteure a saisi, dans la vulnérabilité du statut de la femme, le pouvoir qu’elle pouvait néanmoins exercer.•J’ai compris que les femmes avaient le choix de décider comment vivre avec un homme, confie-t-elle.Une femme chaste peut avoir une meilleure vie; elle peut écrire, travailler, voyager sans homme, toutes choses qui étaient défendues aux autres femmes.Mais une de ses sœurs peut aussi dire “moi je choisis d’être maîtresse parce que ça va me donner des privilèges auxquels je n’ai pas normalement droit”.» Pour compléter le tableau, l’historienne de formation promet déjà un prochain livre sur l’institution du mariage.Quoique parfois anecdotique, l’ouvrage demeure fascinant puisqu’on découvre, dans un monde dominé par la gent masculine, des femmes fortes, aussi séduisantes qu’intelligentes, qui ont transcendé leurs conditions de vies sinon misérables (pour les moins nanties), du moins teintées par leur rang inférieur (dans les cours royales).Même aujourd’hui, alors que le mariage n’est plus le fruit d’un arrangement familial et administratif et repose sur une conception plus romantique de Tamour, celui-ci «peut toujours mourir sous le fardeau de la domesticité», rappelle l’auteure et journaliste.Nombreux sont les motifs qui poussent les femmes à s’engager dans de telles relations, mais, au-delà de l’amour, il y a souvent la soif de pouvoir, celui qu’elles acquièrent et celui qu’elles défient «Pour plusieurs maîtresses royales, ou amantes d’hommes puissants, c’est l’attrait du pouvoir de l’homme et la perspective de partager ce pouvoir qui importent.Prenez par exemple le président Kennedy et Marilyn Monroe.Elle voulait un président à son bras et, lui, il voulait une vedette à ses côtés.» Outre ces figures plus flamboyantes, l’auteure a également puisé dans des récits méconnus: les servantes des curés après l’implantation du célibat vers le IV' siècle, les maîtresses du temps de la Shoah, celles des conquistadors espagnols ou du Vietnam vaincu.On pourrait d’ailleurs lui reprocher d’avoir brossé un aussi vaste tableau en faisant brièvement le portrait de toutes ces amantes de l’histoire.Mais Elizabeth Abbott estime ainsi mieux refléter les infinies déclinaisons de la réalité des maîtresses, au-delà de leur commune beauté, de la jeunesse et de l’insécurité qu’elles ont en partage.•Jai voulu me mettre dans la peau de chaque femme, individuellement, pour voir quels étaient ses choix.L’histoire n’est pas linéaire: le dix-huitième siècle était plus ouvert que le dix-neuvième, enfermé dans son puritanisme; les femmes des couches sociales plus pauvres n’ont pas les mêmes choix qu’une femme bien née.fai voulu donner à chaque femme une voix légitime, authentique, au lieu de m’attaquer à une seule d’entre elles comme si elle représentait une seule espèce, précise l’auteure./aime donner un visage humain à l’histoire.» LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 El Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 La publicité Au téléphone (514)985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Parcourriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury, 9 étage.Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées daife La Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Quebetor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.f GUITE SUITE DE LA PAGE 1 L’homme d’affaires et l’ancien haut-fonctionnaire sont accusés d’avoir «par la supercherie, le mensonge ou autre moyen dolosif» empoché 1967 000 $.La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a procédé à l’arrestation de Charles Guité à sa résidence d’Ottawa peu après 10 heures, hier matin, et l’a amené à Montréal.Quant à Jean Brault, il s’est présenté lui-même au quartier général de la GRC à Montréal, accompagné de son avocat, Harvey Yarosky.•Il est très important de noter que la GRC poursuit activement son enquête relativement au dossier des commandites.[.] Il n’y a rien de terminé.Ceci n’est qu’un volet relativement à Groupaction», a précisé aux journalistes le caporal Patrice Gélinas de la GRC, quelques heures avant la comparution des coaccusés devant le juge Gilles Hébert de la Cour supérieure du Québec.Compte tenu de son état de santé précaire, Jean Brault, a attendu dans la salle d’audience bondée de journalistes et de curieux avant de plaider non coupable et de quitter le tribunal dans la cohue.Charles Guité était menotté dans le box des accusés, sans avocat pour le représenter.Il a aussi plaidé non coupable.Une fois dehors.il a remis son chapeau de cow-boy, fuyant la meute de photographes et de caméramans.Quelques minutes auparavant, alors que les deux hommes remplissaient les formalités afin de recouvrer leur liberté, un des enquêteurs présents a recommandé aux journalistes de ne pas appeler Charles Guité par son surnom «Chuck», laissant entendre que cela participait à son auréole.Quoi qu’il en soit, MM.Guité et Brault ont dû payer une caution de 20 000 $ et s’engager à ne pas entrer en contact avec une liste d’une douzaine de personnes, des employés ou des ex-employés de Groupaction ou des fonctionnaires.De plus, jls ne peuvent quitter le pays sauf à destination des États-Unis.Jean Brault doit subir dans les prochaines semaines des traitements en Floride.Charles Guité qui a un ranch en Arizona, pourra s’y rendre après avoir prévenu la GRC.Complot et fraude entre 1997 et 2000 Trois des six chefs d’accusation concernent les trois contrats accordés à Groupaction entre 1997 et 1999 pour assurer la visibilité du gouvernement canadien au Québec.Ces contrats de recherche qui présentaient de grandes similitudes, totalisaient 1,6 million.De cette somme, MM.Brault et Guité auraient encaissé un peu plus de 1,1 million.Groupaction devait recenser les événements culturels et sportifs susceptibles d’offrir au gouvernement fédéral des occasions de promouvoir le pays dans cette période suivant le référendum sur la souveraineté du Québec.Ces contrats sont à l’origine de l’enquête administrative, en 2002, de la vérificatrice générale qui a d’ailleurs déposé une plainte en mai 2002 à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).Le 25 février dernier, la GRC a remis les conclusions de son enquête concernant MM.Brault et Guité entre les mains du procureur de la couronne, Jacques Dagenais.Outre les contrats directement reliés au programme des commandites, les coaccusés auraient comploté et fraudé relativement au dossier des armes à feu.Le registre national des armes à feu est devenu un gouffre financier sans fond pour les contribuables canadiens.Les manœuvres de MM.Brault et Guité auraient permis l’octroi d’un contrat fictif de 330 000 $ à Groupaction pour une stratégie de communication visant la nouvelle législation sur les armes à feu.Dix jours auparavant, le fédéral avait accordé un contrat de même nature à Groupaction pour une somme identique.Quatre mois plus tard, les deux hommes se seraient entendus pour donner un contrat de 150 000 $ à Groupaction afin de faire la surveillance et la documentation de sites et de groupes d’intérêt sur les armes à feu.S’ils sont reconnus coupables, Jean Brault et Charles Guité s’exposent à 10 ans d’emprisonnement pour chacun des chefs d’accusation.La date du procès sera déterminée lors de l’ouverture des prochaines assises criminelles le 7 septembre prochain.La GRC a souligné que l’enquête sur le scandale des commandites était •prioritaire et d’envergure».Les accusations d’hier ne seraient •qu’uneportion de l’enquête» de la part de la section des délits commerciaux de la GRC.Déjà en septembre 2003, le scandale des commandites avait débouché sur une première mise en accusation.Le président de l’agence de publicité Communication Coffin, Paul Coffin, doit répondre de 18 chefs d’accusation de fraude pour un total de 1,9 million.Qui sont Charles Guité et Jean Brault?GUILLAUME B O U RG AU LT-C ÔTÉ LE DEVOIR Homme d’action et de décision, décrit comme étant «sûr de lui», Charles «Chuk» Guité présentait hier au Palais de justice un visage blême qui contrastait avec l’éclat de sa tenue vestimentaire, chapeau de cow-boy inclus.Agé de 60 ans, M.Guité est né en Gaspésie.11 a servi sept ans dans l’aviation canadienne, avant d’entamer une longue carrière de haut-fonctionnaire, jusqu’à sa retraite en 1999.D est entre autres passé à la Commission de la capitale nationale et au ministère des Anciens combattants avant d’avoir été nommé directeur de la Direction générale des services de coordination des communications du ministère des Travaux publics.M.Guité avait alors le pouvoir absolu de décider quelles agences de publicité seraient utilisées par les diverses organisations fédérales.C’est par l’entremise de cette fonction qu’il fut responsable du controversé programme des commandites.Sociable, l’homme possédait un réseau d’influence aussi vaste que puissant, comprenant une large part des personnalités politiques du pays.De son côté, plutôt discret et effacé publiquement, Jean Brault a fait carrière dans le privé.A 51 ans, le natif et résidant de Longueuil souffre de graves problèmes cardiaques qui ont grandement ralenti ses activités depuis quelques années.Diplômé de l’UQAM en administration des affaires, promotion 1975, il fait ses classes en publicité et en marketing notamment à Blue Bonnets, chez Biscuits David et chez FBI Foods avant de fonder Groupaction avec son épouse en 1982.Portée par un homme dit ambitieux et aimable, la petite boîte grandit sûrement, si bien qu’en 2001 elle occupe le sixième rang des agences de publicité au Québec, employant 120 personnes et générant un chiffre d’affaire de près de 15 millions de dollars.C’était juste avant que la GRC ne perquisitionne dans les chics locaux de l’entreprise en 2002, rue Sherbrooke Ouest POLITICIENS SUITE DE LA PAGE 1 Selon les partis d’opposition, seul le comité des comptes publics peut, pour l’instant tenter de trouver les responsables politiques de ce scandale.Or, le gouvernement veut que le comité rédige dès maintenant un rapport intérimaire, ce qui équivaudrait à mettre fin aine audiences publiques et donc aux travaux, le comité étant dissous avec le déclenchement des élections.Le gouvernement se défend de vouloir museler le comité, mais il est clair qu’il n’entend pas abandonner son projet de rapport La vice-première ministre Anne McLellan l’a encore répété avec insistance hier aux Communes.M.Duceppe a aussitôt accusé le gouvernement de manœuvrer «dans le but d’épargner les dirigeants politiques du scandale des commandites».Le chef conservateur adjoint Peter MacKay a carrément parlé de «manipulation politique».À sa sortie, Gilles Duceppe a fait remarquer qu’il restait des dizaines de témoins à entendre, dont Jean Chrétien et Paul Martin que le Bloc demandait de faire comparaître afin de trouver qui avait assuré la- «direction politique» évoquée par M.Martin lui-même, en février.«La direction politique, c’est ça qui intrigue, qui inquiète, sinon indigne les Canadiens et les Québécois.On n’aura pas fait la lumière sur ça», a dit le chef bloquiste.De passage à Montréal, le premier ministre Paul Martin a refrisé de commenter le dépôt des accusations, jugeant en savoir moins que les journalistes.Ses troupes, elles, n’avaient qu’une expression à la bouche.•La police a fait son travail.» «On n'a rien à voir avec le travail de la police.La GRC fait son travail.Elle était prête à faire son dépôt d'accusations.Alors on ne commentera pas», a indiqué le président du Conseil privé, Denis Coderre.Le ministre des Travaux publics, Stephen Owen, a nié toute influence politique, comme l’ont laissé entendre les conservateurs.«Ça montre plutôt que la GRC était assez avancée pour porter des accusations», a-t-ü dit à sa sortie des Communes.Le dépôt des accusations survient une dizaine de jours avant le déclenchement possible des élections.Cela permet aux libéraux de montrer que les enquêtes avancent et que justice est rendue.Mais cela leur interdit, a relevé le leader parlementaire bloquiste, Michel Gauthier, de réduire le scandale à un problème administratif.Le conservateur Peter MacKay craint cependant que les libéraux ne se servent des accusations comme prétexte pour refuser de répondre aux questions sur la responsabilité politique.Harper: c’est «louche» Les conservateurs étaient les plus méfiants hier.Le chef Stephen Harper, de passage à Toronto, a même qualifié de «louche» le moment choisi pour le dépôt des accusations.M.MacKay a relevé que le lieutenant politique québécois de Paul Martin, Jean Lapierre, avait souhaité il y a trois semaines que des accusations soient déposées rapidement «Étant donné les commentaires récents du lieutenant politique du premier ministre au Québec, Jean Lapierre, [.] les accusions d’aujourd'hui soulèvent au mieux des soupçons», a-t-il déclaré aux Communes.D a nié, à sa sortie, vouloir insinuer que la Couronne ou la police ait pu manquer d’indépendance.Les autres partis ont refusé de mettre en doute le moment choisi par la Couronne.Ils en avaient plutôt contre les intentions des députés gouvernementaux au sein du comité.Le comité des comptes publics a entrepris ses travaux à toute vapeur en février à la demande du premier ministre Paul Martin.Ce dernier avait, en plus, mis sur pied une enquête publique.Cette dernière ne démarrera vraiment qu’en septembre et son rapport n’est pas attendu avant la fin de 2005.M.Martin comptait sur le comité parlementaire pour faire suffisamment la lumière sur le scandale avant la tenue d’élections ce printemps.Les travaux se sont toutefois enlisés dans la partisanerie.Sa crédibilité et son sérieux ont parfois été mis en doute.Plusieurs acteurs importants ont été entendus.On pense à l’ancien ministre Alfonso Gagliano.à l’ancien directeur Charles Guité, à l’ancien sous-ministre Ran Quail, à la vérificatrice générale Sheila Fraser, à d’anciens fonctionnaires et à quelques dirigeants de compagnies.Les témoignages étaient souvent contradictoires, les conclusions, à peu près impossibles à tirer, d’où le refus de l’opposition de publier un rapport intérimaire.Cette question doit quand même être débattue cette semaine.SEVICES SUITE DE LA PAGE 1 Ce constat a conduit le CICR à interrompre ses visites et à demander une explication aux autorités, qui ont indiqué que ces pratiques faisaient «partie du processus» d’interrogatoire.Le document passe en revue une douzaine de techniques de mauvais traitements, expliquant qu’elles sont utilisées «d’une façon systématique» pour obtenir des aveux.Selon des responsables des services de renseignement militaire dtés dans le rapport, entre 70 % et 90 % des détenus sont arrêtés par erreur, la plupart lors de rafles nocturnes particulièrement brutales.Le texte dénonce aussi les abus commis par la police irakienne.Le CICR, gardien des Conventions de Genève, s’est rendu à Abou Ghraïb toutes les cinq à six semaines depuis août dernier, après que la coalition eut remis en service cet immense pénitencier de Saddam Hussein.La Crok-Rouge a pu visiter l’ensemble de la prison et s’entretenir en tête-à-tête avec des dizaines de prisonniers.le CICR a ainsi déterminé que des détenus étaient victimes d’exactions diverses: avoir la tête recouverte d’un sac pendant deux à quatre jours, être menotté, rester nu, isolé et dans le noir, être exhibé nu ou la tête recouverte d’un sous-vêtement féminin, exposition au bruit ou au soleil par 50 degrés, menaces de représailles contre des proches ou de transfert à Guantanamo, coups de crosses, etc.Les médecins de la Crok-Rouge ont constaté que des détenus souffraient de troubles de la concentration, de la mémoire et de l’expression, d’anxiété, de comportements anormaux et de tendances suicidaires.«Ces symptômes semblent avoir été provoqués par les méthodes et la durée des interrogatoires», selon le rapport Le texte précise qu’en violation des Conventions de Genève, des détenus étaient maintenus dans l’ignorance des raisons de leur arrestation et que les autorités omettaient de prévenir les familles de leur détentioa Le document souligne aussi que le CICR a.depuis le début de l’intervention anglo-américaine en Irak en mars 2003, alerté les autorités de la coalition de ces mauvais traitements, mais a constaté qu’ils se poursuivaient «Cela semble indiquer que le recours à des mauvais traitements contre les prisonniers n ’est pas exceptionnel, mais pourrait être considéré comme une pratique tolérée par les forces de la coalition», selon le rapport Outre Abou Ghraib, le rapport répertorie des exactions commises dans d’autres lieux de détention et affirme qu’à Bassora, ville sous occupation britannique, un homme de 28 ans est mort en septembre dernier après avoir été arrêté avec huit autres personnes.Les détenus avaient été frappés sur la nuque alors que les soldats les forçaient à s’agenouiller contre le sol, en position de prière.Interrogé par l’AFR le CICR a confirmé l’authentid-té du rapport et a déploré sa publication, la Crok-Rouge ayant pour politique de ne transmettre ses constatations qu’aux autorités concernées, afin de préserver son accès aux prisonniers.Antonella Notari, porte-parole du CICR a insisté sur le fait que son organisation n’était en rien responsable de la fuite du rapport dans les médias.Le rapport de février 2004, a-t-elle précisé, constitue «un résumé» de différents rapports faits par le CICR après chaque visite dans les centres de détention en Irak.Par affleure.Amnesty International affirme, dans un rapport publié hier à Londres, que des soldats britanniques ont tué des civils irakiens qui ne présentaient aucune menace, dont une fillette de huit ans, et dans nombre de ces cas l’armée britannique n’a même pas pris la peine d’ouvrir une enquête, affirme Amnesty International dans un rapport •Et dans les cas où des enquêtes ont été ouvertes, la police militaire britannique a agi dans le plus grand des secrets, ne fournissant que très peu d'informations, sinon aucune information, aux familles des victimes sur la progression ou la conclusion de ces investigations», selon Amnesty, pour qui les forces britanniques seraient impliquées dans la mort de 37 dvfls en Irak depuis le 1" mai 2003.Bush a encore confiance en Rumsfeld Hier, le président George W.Bush a réaffirmé sa confiance en son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, et a souligné que son objectif restait de transférer la souveraineté aux Irakiens le 30 juin.«kbitt conduisez courageusement notre pays dans la guerre contre le terrorisme.Vous faites un travail remarquable.Vous êtes un secrétaire à la Défense solide et notre pays vous doit gratitude», a déclaré M.Bush à l’issue d’une réunion au Pentagone.Le président y a pris connaissance hier d’un échantillon de photos montrant les sévices lors de son entrevue avec M.Rumsfeld, a indiqué un haut responsable de la Défense.«Le secrétaire [à la Défense] lui a montré des échantillons assez représentatif» sur des photos couleur grand fomuit Le Congrès américain tiendra de nouvelles auditions cette semaine.Le président de la commission des Forces armées du Sénat le républicain John Warner, a annoncé que celled entendrait aujourd’hui plusieurs responsables des services du renseignement militaire, notamment Stephen Cambone, sous-secrétaire chargé du renseignement le général Ronald Burgess, directeur du renseignement et le général Thomas Romig, chef du service juridique de l’armée de terre.Un rapport sur les sévices du général Antonio Ta- guba, qui sera également entendu par la commission, met en cause le renseignement militaire.Des officiers auraient fait pression sur les gardes militaires de la prison pour qu’ils affaiblissent physiquement et psychologiquement les détenus afin de faciliter les interrogatoires.Ce rapport est accompagné de vidéos et de nouvelles photos des sévices, «encore plus terribles», selon Warner, que ceux déjà connus.Une copie du rapport devait être transmise hier ou aujourd’hui à la Commission, mais un haut responsable du Département de la Défense a indiqué hier que le Pentagone n’avait pas encore décidé quand ni comment les nouvelles images seraient transmises au Congrès.Blair se défend Le premier ministre britannique Tony Blair a affirmé hier n’avoir été informé que très récemment de certaines accusations spécifiques sur des sévices infligés à des prisonniers irakiens par des soldats britanniques et américains.Les services du 10 Downing Street ont déclaré que le Comité international de la Crok-Rouge avait informé le gouvernement britannique en février d’informations faisant état de sévices présumés infligés par des soldats de la coalition.Le rapport confidentiel du CICR n’avait pas été rendu public.Au cours d’une conférence de presse, Tony Blair a déclaré: «En ce qui concerne les allégations spécifiques de la Croix-Rouge, pour autant que je sache, ce sont des choses dont je n’ai eu connaissance qu’il y.a quelques jours.» Pour sa pari le ministre britannique de la Défense Geoff Hoon a déclaré à la Chambre des communes que le rapport du CICR avait soulevé trois questions concernant, respectivement, la mort de Baha Mousa, 28 ans, en détention au mois de septembre: la pratique consistant à mettre des cagoules à des prisonniers; et le fait qu’un détenu ait affirmé que sa voiture avait été volée.M.Hoon a affirmé qu’une enquête sur le décès de Baha Mousa avait commencé immédiatement à l’automne dernier.Pour ce qui est de l’usage de cagoules, il a cessé en septembre, a-t-il assuré.Le ministre a déclaré que la police militaire avait enquêté ou enquêtait au sujet de 33 cas pour mauvais traitements.Par affleure, selon Geoff Hoon, de forts élément in-diquent que le véhicule militaire (vu sur les photos publiées par le Daily Mirror), ne se trouvait pas en Irak.* Le ministre a cependant souligné que l’enquête se poursuivait.•Peut-être les Français avaient-ils raison sur l'Irak», a dit hier k chef du service politique de l’hebdomadaire conservateur The Spectator, Peter Obome, dans le quotidien londonien Evening Standard Dans une tribune, M.Oborae estime que «l’Amérique, avec Bush, est devenue un État voyou qui n’est plus digne d’appartenir à la communauté des nations et doit être endigué».
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