Le devoir, 18 juin 2008, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LE MERCREDI 18 .1 l 1 \ 2 0 0 8 A ti EDITORIAL Osons.prudemment Il aura suffi que la spéculation sur le baril de pétrole propulse le prix de l’essence à près de 1,50 S le litre pour que nos partis politiques à Québec sortent les gros canons dans le but d’accélérer {’utilisation et même le développement des véhicules tout à l’électricité.Fort bien, mais de grâce, pas de précipitation! Voilà un terrain glissant où les dérapages sont ier, les libéraux ont annoncé qu'à partir du 17 juillet, il sera possible de circuler à bord de véhicules à basse vitesse (VBV) dans les zones limitées à 50 km/h.Les deux seuls véhicules autorisés pour le moment sont la Zenn, assemblée à Saint-Jérôme, et la camionnette Nemo, à Sainte-Thérèse.Dans un cas comme dans l’autre, l’autonomie est faible et il faut recharger les batteries durant quatre à huit heures pour rouler entre 50 et 100 km.L’énorme avantage réside évidemment dans le coût en énergie, qui n’est que de 1C du kilomètre, comparativement à 8 C et plus (à 1,40 $ le litre) pour les petites voitures de type Yaris ou Fit Il va sans dire que l’usage de ces véhicules se limite à des déplacements courts, en ville ou sur des campus.Mais on pourrait aussi y avoir recours dans les services: on pense notamment aux préposés au stationnement et aux livreurs.Cela dit il ne faut pas partir en peur.D’abord, ces petits véhicules coûtent cher compte tenu de leur utilité et du prix des concurrents (on peut se procurer une Hyundai pour 10 000 $, contre 13 000 $ à 15 000 $ pour la Zenn).Ensuite, on connaît mal la fiabilité de ces voitures après cinq ou six hivers dans la neige et le froid.La carrosserie de la Zenn est fabriquée en Europe par Microcar et les 160 unités construites l’an dernier ont surtout été vendues pour un usage peu intensif en zones tempérées.Finale ment, l’argument massue, nous voilà dans une industrie ultra concurrentielle où les joueurs majeurs investissent des milliards pour accaparer le marché.Or, le déficit de Zenn Motor Company de Toronto a atteint 6,7 millions de dollars l’an dernier, et les ventes, la somme ridicule de 2,3 millions de dollars.Pourtant, le salaire payé à Saint-Jérôme ne serait, dit-on, que de 14 $ l’heure.Attendez que les TCA s’en mêlent! Ce qui nous amène au projet de Pauline Marois qui annonçait, samedi, qu’un gouvernement du Parti québécois ne deviendrait rien de moins qu’un «partenaire majeur de cette industrie du véhicule électrique».Pour ce faire, on créerait un fonds de trois milliards sur une période de dix ans.Trois milliards de fonds publics pour commercialiser des voitu-rettes électriques?Est-on tombé sur la tête?Que Québec encourage l’achat de voitures éconergétiques par une remise sur la taxe de vente, cela se justifie, tout comme le fait de privilégier la filière électrique dans les transports publics.De même, qu’Hydro-Québec s’associe sur une base d’affaires à des partenaires privés pour développer des produits secondaires adaptés, là encore, pourquoi pas?Mais se lancer, comme ça, dans la construction d’autos parce que le prix de l’essence est de 1,50 $ le litre, il y a quelque chose qui.ne tourne pas rond! Quand on se compare aux Européens qui ont investi massivement dans le train, le tramway et le bus électriques, il est évident que nous avons du retard à rattraper en matière d’efficacité énergétique dans les transports.Cela dit, de grâce, ne jouons pas à la grenouille de la fable! Prenons le temps d’évaluer quels sont les meilleurs moyens de réduire notre dépendance au pétrole sans pour autant nous lancer dans la fabrication de produits alors que la plupart des grands manufacturiers ferment leurs usines devenues trop coûteuses! Jean-Robert Sanspaçon j- rsansfaconfqledevoir.com Historique, vraiment ?istorique! Ce serait, selon le maire de Montréal, le qualificatif à accoler à l’entente conclue la semaine dernière entre le gouvernement Charest, les 15 municipalités défusionnées de l’île et sa ville.Voyons voir.Historique oui, parce quelle mettrait fin à la guerre larvée des municipalités reconstituées à l’endroit de la ville centre.D y aurait lieu de se réjouir si ce n’était ce marchandage de pouvoirs et d’argent qui vient soulager ces banlieues, déjà parmi les villes les plus riches du Québec, d’une contribution de 30 millions pour des équipements communs qu’elles n’auront plus à payer à la métropole.Toute paix a un prix et dans le cas présent on paie le gros prix.Un gros cadeau qui, soulignons-le, sera payé par l’ensemble des contribuables québécois puisque Québec compensera Montréal pour cette perte de revenus venant des banlieues.Historique, cette entente le serait aussi puisqu’elle accorde au maire de Montréal les pleins pouvoirs qu’il demandait sur l’arrondissement Ville-Marie.La gouvernance du centre-ville, tous l’admettent pose un problème.Le développement urbain de ce secteur de la ville est d’intérêt métropolitain et doit être géré comme tel.L’approche préconisée par Gérald Tremblay, et avalisée par Québec, donnera toutefois au maire de Montréal bien plus de pouvoirs que nécessaire.L’accroc à la démocratie que constituera le nouveau régime, qui sera en place au lendemain de la prochaine élection, est patent.Les citoyens de Ville-Marie éliront trois conseillers qui siégeront à l’arrondissement aux côtés du maire de Montréal et de deux conseillers nommés par celui-ci.En cas d’égalité des voix, le maire aura un vote prépondérant «Citoyen.à moitié», écrivait hier un lecteur habitant Ville-Marie.En fait ce pourrait être pire.Le maire de Ville-Marie, qui sera aussi le maire de Montréal, sera en perpétuel conflit d'intérêts.S’il favorise indûment Montréal, les électeurs ne pourront le démettre à l’élection suivante.Fort probablement ce système entraînera un désintérêt des citoyens à l’endroit du débat public.L’accroc à la démocratie est sérieux.D'autres avenues que la tutelle étaient possibles pour assurer une gouvernance conciliant les intérêts de la ville centre et ceux de Ville-Marie.Par exemple, un pouvoir d’initiative, assorti d’un pouvoir de veto, aurait pu être donné au conseil municipal de Montréal sur les questions relatives au développement du centre-ville pouvant être de caractère métropolitain.Cela aurait évité de soumettre tout l’arrondissement Ville-Marie, qui est plus étendu que le centre-ville, au diktat de Montréal.Le maire Tremblay a défendu avec force sa formule.Pour obtenir gain de cause, il a accepté de faire ce cadeau de 30 millions aux banlieues.Ce marchandage n’est pas à son honneur.Le projet de loi n° 22 donnant force de loi à l’entente devrait être adopté au cours de la journée.Sur ce point précis de la gouvernance de Ville-Marie, comme sur le financement des services communs, les députés devraient reporter toute décision à l’automne, question de rechercher un meilleur équilibre.Bernard DescOteaux bdescoteauxfa ledevoir.com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOI RASSA LE LO JANVIER U*10.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l'information JOSÉE BOUGEAI' Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAPIERRK.JEAN-FRANCOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BELAND (MfcoiÇPfePoSf un PtAM ?*un ÇfvÊuPPrit un v/*icui.£ €LtcTKÎau£ fluÇ&fcoJS.MoüÇ.Au \ oM SW ConnmT .' £n vÉmcui.£S ut VpnT PAS M\rt rr SouVÊRftiN yooo km LETTRES Donner un sens à notre fête Lettre à Félix Leclerc Déjà 20 ans que tu es mort, Félix, mais pour moi et bien du monde, tu es toujours bien vivant dans l’espace et dans le temps.Avec ton souffle offert à tous les vents et ta guitare de conquérant, tu es enraciné comme un arbre; les bras nus et le front dans la lumière.Tu cultivais l’amour du peuple québécois dans les jardins de l’île d’Orléans et le 24 juin, lors de notre Fête nationale des Québécois, je vais penser bien fort à toi.Plus qu'un symbole, tu es comme une âme chaleureuse qui nous accompagne et qui nous montre les petits chemins de traverse qui nous mènent à la rivière, là où les crapauds chantent la liberté.Le bonheur n’est jamais très loin avec toi.Tu sais, Félix, je suis un tantinet maussade.En dehors du contexte politique, j’aimerais tellement que nous ayons cette fierté toute simple d’être nous-mêmes, riches de notre histoire, de nos racines et de notre belle langue française.Je voudrais tant que notre Fête nationale n’en soit pas une où, chaque 24 juin, on ne fait que se racheter en inondant nos radios de chansons québécoises.Et c’est bien dommage que ce soit seulement lors de cette fête que nous ayons la chance de vraiment t’entendre chanter, toi Félix, Vigneault, Lévesque et d’autres grands de notre chanson.D me semble qu’on devrait avoir un peu plus de respect pour ceux qui ont fait naître la chanson québécoise.On devrait obliger nos radios commerciales à respecter un certain quota de diffusion des grands classiques de notre chanson que vous avez eu le génie de créer.Faut dire que ces dites radios ont déjà grand peine à respecter convenablement les quotas fixés à 60 % de diffusion de chanson francophone.Mais tu vois, je crois que si on avait un peu plus de reconnaissance et de respect à l’égard de notre chanson et de notre langue, on se sentirait peut-être un peu moins cons d'agiter nos drapeaux bleus dans le vent tous les 24 juin.Histoire de redonner un véritable sens à notre fête.Mais je crois bien et j’espère qu’on ne manquera pas de souligner, lors de cette fête, le fait que cela fait 20 ans que tu nous a quitté.Une belle occasion de mettre en valeur le précieux héritage que tu LIBRE OPINI Une fumisterie MARTINE OUELLET Vice-présidente de la Coalition Eau Secours! En réaction à un récent éditorial de Bernard Descôteaux, voici les commentaires que la Coalition Eau Secours! souhaite faire par rapport à la lecture du projet de loi sur l’eau.La Coalition Eau Secours! est bien d’accord sur le principe d’une loi sur la protection de l’eau, mais dans le projet de loi 92, il n’y a rien pour définir le concept abstrait et politique de «patrimoine collectif», qui n’a aucun contenu juridique.Les énoncés de principe n’ont aucun effet déclaratoire: ¦ le statut «juridique» de l’eau ne peut, dans le cadre constitutionnel canadien actuel, faire l’objet d’une loi provinciale puisque la compétence se limite aux cas de «prospection» des ressources naturelles «non renouvelables» (art 92A AANB); ¦ la notion de «patrimoine» est incompatible avec celle de «chose commune; ¦ de plus, on nage en plein virtuel; que signifie au juste «patrimoine commun» (sans définition) de la «nation québécoise» (motion vide de sens juridique); ¦ la loi ne pourrait viser que le domaine public, sur lequel l’Etat a déjà pleine juridiction; pour le reste, la loi pourrait consacrer le principe de la propriété privée de l’eau «dans les conditions définies par la loi, dont le Code civil» (art 1).Ce qui déçoit surtout la Coalition, c'est que nous as légué et l'amour que tu portais au peuple québécois.Mes salutations, Félix.Yvan Giguère Fondateur de la journée de l'Hymne au printemps et du Concours national de paroliers de langue française Ij: 17 juin 2008 Piste cyclable ou piste de course.Dimanche matin, je quitte la maison avec mes deux enfants; nous sommes tous à vélo et prenons la piste cyclable rue Rachel pour nous rendre au centre-ville.Ma fille de neuf ans prend les devants et mon garçon de cinq ans tente de la suivre; je gère le tout du mieux que je peux en surveillant mes jeunes cyclistes qui vont tous deux à leur rythme.Ils sont heureux de se déplacer comme les grands et d’utiliser les pistes cyclables qui s’offrent à nous! Et moi, avec mon regard de mère, je suis fière d’eux et les encourage à pratiquer ce sport Depuis ce début d’été, je m’efforce aussi de leur apprendre les règles de conduite à vélo, l'utilisation des pistes cyclables, le respect de la signalisation et aussi la vigilance au coin des rues et par rapport aux autres utilisateurs de la piste.Mais le plus important pour moi, c’est de leur faire apprécier le voyage à bicyclette.Cependant depuis un moment, j’en viens à douter peut-être que cela n’est pas possible lorsque nous vivons à Montréal En effet je croyais que voyager à vélo c’était aussi fait pour les familles.Eh bien, je crois que je me trompe! Depuis le printemps que je fais face à des commentaires et à de vives réactions de la part des autres cyclistes! On est dimanche matin et mes petits, qui se font une joie de prendre la piste cyclable, sont harcelés par ceux-ci.On leur dit d’aller plus rite, de se tasser, ils ne devraient pas m’attendre au coin des rues car ils ralentissent le trafic, etc.En fait, ils doivent se faire le plus petits possible, la piste cyclable n’est pas pour eux! Seuls les cyclistes aguerris ont le monopole de la piste.Pour faire du vélo à Montréal, on doit faire de la compétition sportive?Quelle est la solution?Envahir les trottoirs N le projet de loi ne vise pas la protection des ressources, mais les conditions nouvelles de leur exploitation selon les orientations ponctuelles futures du gouvernement Par exemple, le projet pose quelques principes imprécis et incompréhensibles sur le statut collectif des eaux «dans leur état naturel», sur la réparation des dommages «causés à l’eau» et sur la nécessité d’obtenir un prix à son exploitation, mais l’essentiel de la loi proposée vise à conférer au seul ministre le pouvoir exclusif de réglementer, au gré des politiques de l’heure, les modalités économiques de l’exploitation.Ce qui constitue une délégation de pouvoir totale et discrétionnaire à la ministre.D’autre part, en donnant au ministre un droit exclusif d’action civile plutôt qu’en permettant des poursuites par les citoyens, la loi privilégie l’arbitraire de la décision ministérielle partisane dans tous les cas.Par exemple, des citoyens ne pourraient pas s’opposer à l’installation d’une usine de prélèvement avec cette loi.Malgré l’exposé tendancieux des «notes explicatives», le projet ne prévoit pas l’intervention obligatoire en cas de risque, mais plutôt la discrétion ministérielle de ne pas agir, selon les intérêts en cause.Cette loi qui vise à déléguer au ministre la totalité des futures politiques sur la gestion de l'eau,n’établit pas des normes d’intervention de l’État L’aspect le plus évident de ce projet c’est qu’il n’y a pas encore de loi dans le projet et ainsi gêner les piétons?Faire du vélo avec les enfants seulement dans notre cour ou sur les pistes cyclables de fa banlieue?Je suis irritée, voire choquée par cette attitude, et cela gâche notre plaisir de faire du vélo en famille! Alors que partout on fait la promotion du transport «vert», on fait pourtant face à l'impatience et à l’agressivité de ceux qui croient détenir le monopole de la piste cyclable, je devrais peut-être dire la piste de course! Marie-Claude Gagnon Montréal, le 16 juin 2008 Manque de courage Une commission à grands frais pour une prist' de conscience à sens unique [Kir la majorité! Assez de compromis! 11 n’y a qu’au Québec qu’on demande à la société d’accueil de faire autant de compromis.Ailleurs, les gens se doivent de s'adapter et de s’intégrer.Ne sommes-nous pas que 2 % de francophones dans une mer anglophone?Question d’intégration, il est bien entendu qu’il y a de l'amélioration à ap[x>rter pour que le potentiel (diplôme d’équivalence) du nouvel arrivant soit pris en compte, question de lui permettre d’accéder à la prospérité et d’apporter ainsi sa contribution à la société d’accueil.Surprenant qu’on ait besoin de dépenser autant pour constater que glorifier le multiculturalisme à outrance va à l’encontre de notre spécificité à longue échéance! Pour ne pas déplaire à la majorité de son électorat, Jean Charest délègue et met en place des commissions qui, soit ne nous apprennent rien de nouveau, soit produisent des rapports condamnés d’avance à être mis au rancart (aux frais des contribuables).Manque de courage, de compétence et de transparence! Sans parler des lois-bâillons lorsque les libéraux sont majoritaires et qu’ils se permettent d’ignorer les partis d’opposition, pourtant élus démocratiquement.Heureusement que, minoritaires, ils ne peuvent montrer autant d’arrogance.Qu’attendions-nous vraiment de ce rapport?I jbcrons-nous donc des libéraux! De grâce, ne divisons pas le vote pour leur faire cadeau une fois de trop du pouvoir dont ils ne savent que faire! Lorraine Dubé Le 16 juin 2(X)8 de loi.Tout demeure à la discrétion de la ministre de l’Environnement ou de son successeur, qui pourra appliquer la loi selon l’inspiration des situations ponctuelles à venir.Ainsi, on n’y trouve aucun indice qui permettrait de soutenir l’imposition d’une redevance sur les prélèvements d’eau, malgré les déclarations officielles de la ministre.Le projet de loi n’énonce que des intentions vagues qui manquent de précisions et qui laissent la place à des interprétations de toutes sortes.De plus, la loi ouvre la porte à l’exportation d’eau en vrac pour des motifs jugés d’intérêt public par le gouvernement (est-ce à dire que cela pourrait aller jusqu’à la vente de notre eau aux Etats-Unis pour garnir un tant soit peu les coffres de l'Etat?) et donne une bénédiction pour dix ans à tous les prélèvements actuels.Alors, M.Descôteaux, avant d’accorder à ce projet de loi toutes les vertus, il faudrait le lire dans le détail pour vous apercevoir de la contradiction entre la présentation de la ministre et le contenu du projet, car ce qui a été dit et ce qui est écrit ne concordent pas.Ce qui fait dire à la Coalition Eau Secours! que ce projet de loi censé protéger notre eau ne nous fait pas avancer mais nous fait plutôt perdre du terrain.Il semble s’agir d’une opération essentiellement de relations publiques, qui, si la loi est adoptée, permettrait simplement d’élargir les conditions d’exploitation de la ressource.I LE D E V 0 I H .LE M E K < R E L> I 18 J I' ! X 2 0 0 8 A « LA RONDE SUITE DE LA PAGE 1 LES ACTUALITES Saint-Laurent: la CMI rabrouée Unanimité à Montréal contre le plan de gestion des niveaux LOUIS-GILLES FRANCOEUR La Commission mixte internationale (CMI) s’est heurtée hier soir a un barrage d’arguments contre son projet de modifier les regies de gestion des niveaux d’eau du Saint-Laurent, une réforme qui profiterait surtout aux riverains du lac Ontario, mais qui serait néfaste pour le fleuve.Siégeant au Jardin botanique de Montréal, la commission canado-améri-caine responsable des eaux limitrophes depuis le traité de 1909 s’est fait dire à l’unanimité par la Ville de Montréal, par les groupes écologistes et par des organismes privés, professionnels et administratifs comme l’administration portuaire de Montréal ou encore par les pilotes du Saint-Laurent, que le statu quo était préférable à son nouveau plan de gestion.La commission, qui siégera ce soir à Sorel-Tracy, propose un plan «B+» qui est censé remplacer le mode de gestion en vigueur depuis 1958 pour FORTIER SUITE DE LA PAGE 1 Cela fait du sénateur-ministre le plus efficace financier conservateur au Québec, et de loin.Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, censé être le lieutenant conservateur dans la province, a récolté à peine le quart de cette somme, soit 116 605 $.Arrivent ensuite la circonscription de Laurier-Sainte-Marie (77 160 $), celle de Mont-Royal (71978 $) et enfin celle de la Beauce (63 096 $), détenue par le populaire Maxime Bernier, devenu simple député dans la foulée de sa relation controversée avec Julie CouiBard.«Comment se fait-il que le ministre Fortier, qui n’est pas responsable du Québec, aille chercher un demi-millim de dollars en contributions?On s'entend que ce n’est pas avec des soupers spaghettis à 5$le couvert qu'il a accumulé cela!», a lancé le député bloquiste Réal Ménard.«]’aimerais qu'il nous dise si la porte d’entrée pour obtenir 426 204,50 $ est le fait qu'il est ministre et qu'il attribue pour plus de 20 milliards de dollars de contrats chaque année.» le ministère des Travaux publics est en effet responsable de l’octroi de tous les contrats gouvernementaux à Ottawa.«Est-ce que, dans un gouvernement, la meilleure personne pour faire du financement est le responsable des Travaux publics?s’interroge M.Ménard.Il me semble qu'il y a des questions.Je ne dis pas que c'est illégal, je ne dis pas qu’il y a eu des détournements, mais c'est préoccupant.[.] On demande à être rassurés.» En entrevue avec Le Devoir, le ministre Michael Fortier explique qu’il a besoin de gérer les débits des Grands Lacs et du Saint-Laurent.Dans la région des Grands Lacs, les riverains réclament des niveaux généralement plus élevés pour faciliter la navigation de plaisance et pour protéger les milieux humides, de plus en plus asséchés en raison de la baisse des niveaux associée au réchauffement du climaL Mais plus d’eau en amont signifie moins d’eau en aval dans le chenal maritime, ce que les propriétaires de flottes marchandes, les administrations portuaires de Montréal et de Trois-Rivières estiment tous contraire a leurs intérêts et au commerce entre les deux pays.Pour Francine Lalonde, du Bloc québécois, les évaluations de la commission démontrent que l’essentiel des avantages du nouveau plan se concentreront en amont et les désavantages en aval.Montréal, par la voix de son porte-parole Allan DeSousa, a déploré que le plan soumis par la commission nldenti- cet argent «J’en ai besoin parce que je n’ai pas de budget de député.Les députés ont des budgets qui atteignent200000 $, ou même 300000 $ par année.Moi, je n’en ai pas.» M.Fortier a choisi de faire les choses autrement Lui qui n’a pas de siège à la Chambre des communes a décidé de s’ouvrir quand même un bureau de circonscription et d’embaucher du personnel pour être présent sur le terrain et faire campagne en attendant le scrutin.«Ça coûte des sous! dit-il.Le budget de Meili Faille est de plus de 300 000 $.À ce que je sache, elle ne déclare pas de surplus.» M.Fortier précise qu’en tant que ministre, il ne s’ingère pas dans l’octroi des contrats gouvernementaux L’argent provenant de Mont-Royal est celui que M.Fortier, qui habite cette circonscription montréalaise, a récolté en 2006, alors qu’il n’avait pas encore choisi la circonscription dans laquelle il se présenterait.Il dit s’être entendu avec les gestionnaires locaux pour que, une fois son choix arrêté, l’argent lui soit transféré.Le candidat conservateur de Mont-Royal aux élections générales de 2006 était Neil Drabkin, actuel chef de cabinet du ministre de la Sécurité publique, StockweUDay.Les transferts entre circonscriptions électorales sont permis par Elections Canada et peuvent impliquer de l’argent engrangé au cours d’années précédentes mais non encore utilisé.Les partis utilisent souvent cette technique pour redistribuer l’argent vers les circonscriptions qu’ils ont le phis de chances de remporter.Ainsi, une source a confirmé au Devoir que la caisse électorale de Laurier-Sainte-Marie sert de «slush fund» à l’aile québécoise du Parti conservateur, c’est-àdire de fie pas les impacts économiques et environnementaux du changement proposé, de sorte que la Ville préfère s'en tenir au plan actuel.Pour Nature Québec, pour le Regroupement des usagers du Saint-Laurent qui regroupe une quinzaine d'organisations, et pour le Comité Zip Jacques-Cartier notamment le nouveau plan de gestion de la CMI n’intègre pas suffisamment la problématique des changements climatiques ainsi que les coûts des mesures de mitigation qu’il faudra mettre en place pour atténuer les séquelles du nouveau plan qui, en misant davantage sur des débits «naturels», provoquera une diminution radicale des débits en été, ce qui concentrera la pollution aux dépens des prises d’eau muni- j cipales et des espèces vivantes.A i d’autres moments de l’année, le contraire se produira, ce qui exigera des mesures de protection accrues et coû- j teuses contre les inondations.Le Devoir centre de redistribution des dons.Ainsi, l’association de cette circonscription du centre-ville de Montréal a reçu des transferts d’argent de sept circonscriptions (surtout de la région lavalloise) totalisant 22 573 $ en 2007.Au même moment la circonscription a redistribué vers 15-circonscriptions différentes à travers le Québec des montants totalisant plus de 63 000 $.Cette façon de faire permet d’éviter le quartier général du parti à Ottawa, qui ne comprend pas nécessairement les priorités financières du Québec.Laurier-Sainte-Marie est représentée par le chef du Bloc québécois, Gilles Ducep-pe.Le candidat conservateur aux dernières élections y a terminé au cinquième rang, derrière le NPD, le Parti libéral et le Parti vert M.Fortier s’est retrouvé dans le pétrin la semaine dernière, quand son adjoint ministériel Bernard Côté a dû démissionner.M.Côté a reconnu avoir fréquenté Julie CouiBard en mars et avril 2007, alors que l’entreprise pour laquelle elle dit travailler, Investissements immobiBers Kevlar, tentait d’obtenir un important contrat des Travaux pubBcs dans la vifle de Québec.Mme Couillard a discuté de ce contrat avec M.Côté, qui en çonnaissait les tenants et aboutissants.A cause de cette apparence de conflit d’intérêts, le ministre a réclamé son départ.Le contrat n’a pas encore été attribué.Le propriétaire de Kevlar, René Bellerive, avait aussi fait un don de 1000 $ à M.Fortier, que ce dernier s’est engagé à retourner pour les mêmes raisons.Avec la collaboration d’Alec Castongnay Le Devoir Ainsi, La Ronde ouvre désormais une demi-heure plus tard, a llh, et ferme à 21h.Lan dernier, lors de fa saison haute du 16 juin au 2 septembre, le site ouvrait a 10h30 et fermait à 23h30 (22h30 pour les manèges).On justifie la fermeture hâtive par le faible achalandage en soirée, alors que les familles avec de jeunes enfants ont quitté le site.Le porte-parole fait également valoir que Six Flags a étendu pro-gressivemeni depuis qu’il a pris possession du parc en 2001, le nombre de jours d’operation.lieu de fête nocturne, La Ronde l’a cependant dçja été jusqu’aux petites heures du matin.A son ouverture, au moment de l’Exposition universelle en 1967, le parc d'amusement était ouvert jusqu’à 3h du matin.Le site comprenait alors de nombreux bars.Au cours des années 1980, l’heure de fermeture oscillait entre minuit et lh30 du matin, selon le moment de fa semaine et l’achalandage.Le porte-parole de La Ronde assure cependant que les nouveaux horaires seront appliqués avec «souplesse» pour éviter des problèmes de gestion de foule.«B y a une certaine latitude.On parie d’une fermeture progressive, intelligente, en Jonction de l’achalandage», fait valoir M.Roy.Pour les cols blancs, qui renégocient présentement leur convention collective, cela se traduit par une diminution du temps de travail d’environ 25 %.Les syndiqués responsables de l’entretien et du fonctionnement des manèges ne voient cependant pas leur nombre d’heures de travail réduit On demande en effet aux opérateurs de commencer leur journée plus tôt avant l’ouverture, afin de nettoyer les manèges.Ce sont surtout les adolescents qui risquent d'être déçus de voir leurs soirées ainsi écourtées.A La Ronde, on se défend de délaisser cette clientèle, soulignant qu’on lui offre de nouveaux manèges comme la Catapulte, qui entre en service cet été.À raméricaine Le géant américain, qui possède 23 parcs d’attractions, a imprimé sa marque sur le fonctionnement de La Ronde au cours des dernières années.Le site est devenu non fumeur l’an dernier et un panneau présentant le code de conduite a été placé bien en évidence à l’entrée.Les visiteurs surpris à blasphémer, se promener torse nu ou encore réserver des places dans une file d’attente sont passibles d’expulsion.L’entrée à La Ronde coûte 38 $ pour les personnes mesurant phis de 137 m, et 25,50 $ pour les phis petits et les aînés.Notons par aiBeurs qu'un passeport de saison familial (pour deux grands et deux petits) coûte 225 $.En 2007, ce type de laisser-passer était valable pour deux adultes et deux enfants de 12 ans et moins.Cette année, les enfants doivent mesurer moins de 1,37 m pour y être inclus.Les enfants qui grandissent «trop vite» doivent payer le plein prix Le Devoir AIR CANADA SUITE DE LA PAGE 1 une surcharge a ses passagers.Mais la flambée pétrolière est devenue trop forte, avec un cours ayant doublé en un an, quadruplé depuis 2004.«Chaque hausse de 1 $ du prix du baril fait augmenter d'environ 26 millions les dépenses annuelles en carburant d’Air Canada.» In compagnie a rappelé que le carburant est devenu son principal poste de dépenses, comptant désormais pour plus de 30 % de ses charges d’exploitation.«Aux prix actuels, Air Canada verra ses coûts augmenter de près de 1 milliard en 2008 par rapport à 2007.» Ainsi, même en prenant en compte le profit de sa politique de couverture en carburant, «aux prix et aux niveaux de capacité actuels, la Société dépensera une moyenne de 230 $ en carburant pour l’aller-retour d’un passager, considérablement plus que la moyenne de 146 $ en 2007 et de 110 $ en 2004.» En réaction, la capacité des vols intérieurs sera réduite de 2 % au quatrième trimestre de 2008 et au premier de 2009.In réduction atteindra 13 % sur les vols transfrontaliers et 7 % sur les vols internationaux, pour un total de 7 % sur l’ensemble du réseau.Cet ajustement entraîne l’abolition de 2000 postes, touchant 8 % des quelque 24 000 emplois répertoriés chez Air Canada à la fin de 2007.L’un des premiers grands syndicats à commenter, les TCA, a souligné que 400 de ses membres — des agents des ventes et du service à la clientèle — seront touchés par l’annonce d’hier.Pour le président.Buzz Hargrove, «les ambitieux efforts de restructuration de la société (le plus récent étant l'exercice auquel s’est pliée Air Canada en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies en 2003-2004) l'ont peu préparée à cette flambée des prix du carburant, encore moins à une éventuelle récession économique, qui aurait des conséquences encore plus désastreuses sur les travailleurs».Du même souffle, il a rappelé les annonces de compressions chez les autres transporteurs, soit les Delta, Qantas, Continental Airlines, American et United.L’exécutif du syndicat représentant 5000 employés d’Air Canada veut s’assurer que leur charge de travail demeure raisonnable.Il rappelle que «le Syndicat des TCA et Air Canada doivent entreprendre des négociations collectives au cours de la prochaine année, qui marque la première série de négociations depuis que l’entreprise a émergé de la protection des tribunaux contre la faillite en 2004».Crise aux États-Unis Ces compressions s’inscrivent sur fond de crise qui frappe durement l’industrie américaine de l’aviation civile.L’Association américaine du transport aérien (ATA) n’a pas hésité, hier, à lancer un appel à l'aide à Washington, une première depuis les sombres événements du 11 septembre 2001.L’ATA appelle de tous ses vœux une législation aidant le secteur à supporter l’impact des prix records du pétrole sur leur facture en carburant, en pointant en direction de cette spéculation derrière l'embrasement des cours pétroliers.L'ATA, qui a témoigné hier devant une commission du Sénat sur les effets des cours du pétrole sur cette industrie, souhaite «des mesures de bon sens qui assureront de la transparence et une marche arrière d'un processus favorisant spéculateurs et investisseurs institutionnels, en particulier ceux négociant sur les marchés des changes».«Si le Congrès n'agit pas rapidement, notre pays n’aura plus d'industrie du transport aérien viable», a averti l’ATA.L’association estime que l’actuel choc pétrolier forcera les compagnies aériennes américaines à cumuler des pertes de 10 milliards cette année, «ce qui serait Tune des plus mauvaises années financièrement dans l’histoire de l’aviation», a averti le président de l’ATA, James May.«Cette année, les compagnies aériennes américaines vont dépenser plus de 61 milliards de dollars en kérosène, soit un peu plus que la facture en carburant des quatre premières années de la décennie», a-t-il martelé.11 a chiffré à 14 000 le nombre d'emplois déjà supprimés dans l’industrie et à une centaine (à bientôt 200) le nombre de dessertes intérieures abandonnées en réaction à la flambée des cours de l’or noir.Aux réductions de capacité de l'ordre de 7 % à 12 % s’ajoute la faillite ou la cessation des activités d'au moins 26 compagnies aériennes au cours des derniers six mois.Cette hécatombe survient alors que l’industrie américaine de l'aviation venait à peine d'éponger les contrecoups financiers du 11-Septembre, avec l’inscription d’un bénéfice net cumulé de 4 milliards en 2007.United Airlines a donné, hier, une nouvelle illustration des effets du choc.Le deuxième transporteur aux Etats-Unis a prévenu que sa facture de carburant pourrait atteindre les 9,5 milliards cette année, soit 3,5 milliards de plus que l’an dernier.Ce pourrait être 2,6 milliards de plus pour American Airlines, 1,7 milliard pour Northwest ou encore 1,5 milliard pour Continental.Au total, les analystes estiment que les compagnies aériennes américaines paieront 30 milliards de plus sur leur facture de kérosène cette année, alors que la surtaxe pour carburant devrait leur rapporter 4 milliards.Le Devoir Avec l’Agence France-Presse Rectificatifs Dans le texte «Non à Ihypersexualisation» publié dans notre édition du mardi 17 juin 2008, il était indiqué que lilia Goldtarb du YMCA serait l’une des directrices de la campagne de formation prévue.En fait, Mme Goldfarb travaille plutôt au YWCA soit le Y des femmes de Montréal.?La conférence de l'écrivain marocain Tahar Ben Jel-loun à la Grande Bibliothèque n’a pas eu lieu hier, comme nous l’avons malencontreusement annoncé en une dans notre édition d’hier, dans le texte «Maternité à la musulmane».Elle aura plutôt lieu ce soir, mercredi 18 juin, à 19h30.Nos excuses pour cette erreur et pour les contretemps quelle a pu occasionner.LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E*1 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 « CAMP0 » SUITE DE LA PAGE 1 Dans les coulisses du pouvoir—et dans les éditos des grands quotidiens argentins —, on chuchote déjà que le règne de Cristina Fenfandez Khvhner achève.Surnommée La «reine Cristina», l'élégante présidente avait pointant remporté les élections d'octobre dernier en promettant de reconstruire fa diplomatie, d'apaiser les tensions sociales et de préserver les spectaculaires rendements économiques de l’Argentine.Mais la mesure prise par cette ex-première dame pour freiner la montée' spectacle faire du prix des aliments a été d’augmenter, une fois de plus, fa taxe à l’exportation de certaines monocultures, dont le soja Et finalement, ce qui devait arriver arriva Sitôt annoncée en mars dernier, cette mesure restrictive, faisant passer de 35 % à 44 % cette taxe à l’exportation du soya, a fait bondir les quatre grandes organisations réunissant le secteur employeur de la production agricole du pays.Même si elle concerne les exportateurs, cette taxe allait avoir un effet direct sur les grandes entreprises agricoles, mais également sur les petites, qui ont vertement critiqué ce «coup bas» du gouvernement.L’Argentine exporte normalement des produits agricoles et agroalimentaires pour une valeur de quelque 35 milliards de dollars, soit plus de la moitié des exportations totales du pays (55 milliards de doBars).Grèves, lock-out partiel, blocages de route, manifestations dans les nies.Furieux les différents groupes de producteurs agricoles se sont unis dans une campagne de protestation sans précédent et ont bloqué pendant des jours la commercialisation de grains (céréales et soja) à destination des man'hés étrangers.Un coup dur pour un pay's qui occupe le premier rang mondial pour l’exportation de produits dérivés du soja et le troisième pour l’exportation de fèves de cet oléagineux Résultat?En phis d’empêcher le ravitaiBement des supermarchés partout dans le pays, ils ont obtenu la tète du ministre de l’Economie.C’est un discours de la présidente accusant les agriculteurs «d'extorsion» et de «sédition», le 25 mars dernier, qui avait véritablement déchaîné les passions: plusieurs cacerolazos ont eu lieu, dont un grand sur la plaza de Mayo dans 1a capitale, rappelant étrangement les concerts de casseroles de la classe moyenne lors de la crise économique de 2002.Sauf que cette fois, une partie du secteur populaire est sortie pour appuyer le gouvernement et protester contre les manifestants issus du «campo».traditionnellement antipéronistes.qu’ils ont qualifiés «d’oligarques» et de «piqueteurs V1P».Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redactioni@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-9853399 Par télécopieur 514-9853390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Un conflit dans l’impasse Alfredo De Angeli est le héros du «campo».Leader emblématique de fa crise agricole, ce producteur titulaire de fa Fédération agraire de fa province de Entre Rios, une région dans l’épicentre du conflit, est le porteparole officieux des agriculteurs de la campagne argentine.«Ça fait des années qu 'on se bat.La Imusse des [tarifs douaniers] est la goutte qui a fait déborder le vase», n’avait-U cessé de répéter, frondeur, aux caméras qui l’ont filmé durant les manifestations qu’il orgarasait ce printemps.Connu de tous, l’homme à la bouille sympathique a été notonunent à fa tête du blocage de l’autoroute 14, au nord de la capitale, qui a duré trois semaines en avril Excédés par les pertes qu’ils ont subies, les transporteurs céréaBers se sont eux aussi ajoutés au conflit «Nous ne sommes pas responsables de la crise alimentaire.Si ce riétait pas déjà le cas, on nous aurait ignorés, avait affirmé Alfredo De Angeli aux journalistes.Le gouvernement n’est pas content?Qu 'il nous dise commentfaire.Nous, on a essayé tous les moyens.» Le «moyen» qu’a trouvé le gouvernement pour dénouer temporairement fa crise a été d’arrêter Alfredo De Angeti ainsi qu’une vingtaine de dirigeants agricoles, pour les Bbérer quelques heures plus tard, cédant à un toüé de protestations.Les barrages qui commençaient à provoquer des problèmes de phis en pkis sérieux de ravitaiBement avaient pourtant commencé à être levés samedi matin à la suite d’un accord.Depuis, les grévistes, outrés, ont repris d’assaut les routes du pays.D’une part, des sympathisants, toujours munis de casseroles, sont ressortis dans les rues pour appuyer le «campo».Des partisans du couple Kirchner — le mari de Cristina, Nestor Kirchner, a décidé de s’en mêler en tant que chef du Parti justidaBste et ancien président encore très influent — devaient tenir aujourd'hui une autre grande manifestation sur fa plaza de Mayo, à faquefle promet de se mêler un secteur dit «impartial» de la population qui demande un retour aux négociations.la tension est à son comble.La menace du soja Vu du del au temps des récoltes, fa campagne argentine est une mine d'or à del ouvert.D'abord pour les champs de soja, dont les grains dorés scintiBent comme des pépites sous le soleil déclinant de l'automne austral Mais aussi pour les milliards de pesos argentins que rapporte chaque année la récolte au gouvernement, aux producteurs agricoles et aux quelques multinationales investissant dans fa culture de cette plante herbacée.Le pays a d’ailleurs considérablement élargi sa production au cours des dernières années.Tellement qu'on parle du phenomene de fa «sojizacion».D’après les données du ministère de l'Agriculture argentin, alors que la cultu- Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 re du soja se déployait sur cinq initiions d’hectares 3 y a dix ans, efle en couvre désonnais plus de 16 miflions.Ere viron 11 mitiions de tonnes étaient cultivées à l’époque contre 50 miBions de tonnes aujourd'hui, une quantité qui génère des rentrées fiscales de 11 milliards de doBars.Crise du pétrole intensifiée, cas de «vache folle», hausse de la demande mondiale de soja: les raisons du boom du soja des dernières années sont nombreuses.Aujourd’hui, fa quaskotafité de la production s'exporte, notamment pour nourrir le bétaü en Europe et en Chine.Il en va de même pour plusieurs autres produits, comme fa viande, qui, même sils sont consommés par les Argentins, sont vendus sur les marchés extérieurs en raison des plus grands profits qu’ils génèrent Ce qui a mis la table pour une crise alimentaire.Ayant pris rapidement de l'expansion, le soja occupe désormais 54 % des 30 millions d’hectares de terres à grains du pays.Des espaces qui étaient autrefois réservés à la culture des aüments de base.En tout ce sont 200 000 hectares consacrés aux fruits et légumes qui ont été grugés par la culture de cet oléagineux, créant ainsi une rareté.Les prix des afi-ments ont ensuite monté en flèche.Ainsi, un kilo d’oranges ou de tomates coûte aujourd’hui quatre fois plus cher qu’en 2001.La fin d’un règne?Les Argentins commencent de plus en plus à douter que le gouvernement péroniste au pouvoir soit apte à dénouer fa crise.Selon un récent sondage mené en mai dernier par 1a firme argentine Potiarquia, fa cote de popularité de Cristina Kirchner a chuté à 26 %, alors qu’eBe atteignait 56 % au début de son mandat en décembre 2007.«Le conflit agricole affecte l’image du gouvernement, [alors que croissent] la désapprobation de la gestion économique et l’opinion que ce gouvernement ne sait pas comment résoudre les problèmes du pays», a analysé Alejandro Catterberg, directeur de fa firme de sondage.Mettant brutalement fin à ses cent jours de grâce, fa crise agricole a porté un dur coup à fa présidente.Par ses discours que plusieurs ont jugés intransigeants et autoritaires, l’ex-sénatrice, que l’on compare souvent à HiBary CBnton, a vu son image se ternir quelque peu.Tandis que fa présidente paie le prix du bDan mitigé de son mari et prédécesseur, 3 se pourrait bien que l'âge d’or des Kirchner — qu’on soupçonnait de voufair garder le pouvoir, en alternance, jusqu’en 2019—soit effectivement déjà terminé.Le Devoir ¦ Ce reportage a été réalisé avec l’appui financier de l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse.Demain: la crise socioécirnomique dans la province du Chaco, surnommée l' Afrique de l'Argentine.Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphoné 514-9853346 Par télécopieur 514-9853390 fy Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, tes produits ou le* services peuvent intéresser ses lecteurs St vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele U Devoir est publie du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situe au 2050, rue IV Bleury, 9' étage.Montreal.(Quebec).HTA 3M9.11 est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean.tOO, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montreal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans /y Devoir Le Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement n 0S58.Depèt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec.2007 LE DEVOIR.LE MERCREDI 18 JUIN 2008 ?Æ CULTURE > Une entrevue^vec EURO 2 0 0 8 L’Italie et les Pays-Bas poursuivent leur ascension Page B 6 la cinéaste Alanis Obomsawin: de l'autre côté des barricades, à jamais > Page B 8 CHRIS WATTIE KKUTI RS Avocats, journalistes et spectateurs consultent leur cellulaire en attendant d’entrer à la Cour suprême.Le plus haut tribunal du pays doit déterminer si BCE aurait dû davantage tenir compte des intérêts des détenteurs d’obligations avant de décider de vendre l’entreprise à un groupe mené par la caisse de retraite ontarienne Teachers.BCE: la Cour suprême délibère FRANÇOIS DESJARDINS Le sort de la plus importante prist* de contrôle de l’ilia tome canadienne repose entre les mains de La Cour suprême du Canada, qui a entendu hier les arguments de BCE et de ses adversaires — les détenteurs d'obligations — au sujet de l’endettement de l'entreprise.Les juges du plus haut tribunal du pays, qui ont pris la cause en délibéré, doivent déterminer si le conseil d’administration de BCE, qui a vendu l’entreprise au régime de retraite ontarien Teachers et à deux investisseurs américains, aurait dû tenir compte des intérêts des détenteurs obligataires tout autant que de ceux des actionnaires.la juge en chef, Beverley Mclnchlin, n’a pas donné d’indication quant au moment où elle rendra sa dérision.La cour a accepté d’entendre la cause en accéléré, car la date limite du lit) juin imposée à la transaction approche à grands pas.Au cœur du litige se trouve le fait que Teachers et ses partenaires entendent acheter par emprunt, c’est-ikiire en émettant pour 24 milliards de dollars de dette et en l'inscrivant au bilan de BCE.L’entreprise traîne déjà une dette de 17 milliards.Or les détenteurs obligataires, parmi lesquels figurent Manuvie et la Banque C1BC, affirment que cet endettement — qui affectera la cote de crédit de l'entreprise — VOIR PAGE B 3: BCE JASON REED REUTERS Une maison à vendre dans la grande région de Washington.Le plus gros de la chute attendue des prix de l’immobilier devrait avoir lieu en 2008.ÉTATS-UNIS Les prix de rimmobilier n’ont pas fini de dégringoler Un groupe d’économistes s’attend à une chute de 15 % d’ici la fin de 2009 Washington — Les prix de l'immobilier aux États-Unis ne sont qu’à mi-chemin de leur dégringolade et c’est en 2008 qu’ils devraient effectuer le plus gros de la chute qu’il leur reste à accomplir, ont indiqué des économistes hier.Les dix économistes, tous issus de grandes banques, s’attendent à ce que les prix baissent de 15 % d'ici à la fin de 2009.Cette nouvelle diminution contribuera à freiner les dépenses des ménages, moteur de la croissance économique.La déclaration des économistes a eu lieu quelques heures après l’annonce par le gouvernement américain que les prix avaient augmenté de 1,4 % en mai.C’est la plus forte augmentation en six mois.Un rapport du département du Commerce montre par ailleurs que les mises en chantier ont diminué de 3,3 % en mai à im rythme annuel de 975 000 unités, le plus bas en 17 ans.«Les consommateurs ont de nombreuses raisons de s'inquiéter», a indiqué Peter Hooper, économiste en chef de la Deutsche Bank et responsable du comité de conseil économique de l’Association des banquiers américains.Le groupe d’économistes décrit un contexte économique globalement négatif, avec des ménages qui freinent leurs dépenses, des prix du pétrole et de l’alimentation à la hausse, un crédit qui se resserre et un chômage qui devient alarmant Le groupe prédit une croissance molle pour cette année, suivie d’une reprise modérée l’an prochain.D’après les économistes, les États-Unis vont vivre un type de récession sans précédent puisqu'il s'agira de là première récession sans diminution du produit intérieur brut trimestriel.Cette situation montre que d'autres facteurs que le PIB.comme les niveaux des salaires et de l'emploi, sont des éléments déterminants dans les récessions.Agence France-Presse Rapport de la Banque mondiale sur le commerce Une ombre au libre-échange Le Canada continue d’élever des barrières aux exportations des pays pauvres ÉRIC DESROSIERS Généralement fiers de se présenter comme des apôtres du libre-éch-tent.Certains secteurs, notamment celui des produits agricoles, font face à un degré de protectionnisme beaucoup plus important que les autres.Les pays riches membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) font généralement mieux que les autres pays en ce domaine, mais leurs tarifs y sont néanmoins neuf fois plus élevés que ceux qu'ils appliquent dans les autres secteurs.Les pays riches ont aussi plus recours que les autres à des tarifs extraordinairement élevés contre certains produits très précis.Appelés «pics tarifaires», ces droits de douane maximum sont en moyenne de 347 % dans les pays de l’OCDE.C’est nettement moins que la moyenne de 1488 % de la fin des années 1990, note la Banque mondiale, mais tout de même près du triple de la moyenne de 122 % des pays de faibles revenus.Le Canada montré du doigt Ces pics tarifaires ne visent habituellement pas les produits de base, comme les céréales ou les fibres textiles, mais plutôt les biens transformés à plus grande valeur ajoutée, comme les mets préparés ou les vêtements, poursuit l’étude.Exception faite des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, c’est encore une fois dans les pays de l’OCDE que l’écart est le plus grand (89 %) entre le tarif impost' sur la matière première et celui qui s’applique au produit fini.Cette «escalade tarifaire» s’élève à 232 % dans le secteur agricole, alors quelle n’est que de 30 % dans les pays de faibles revenus.Le Canada se démarque à ce chapitre comme l’un des trois pires pays en ce qui a trait aux importations de produits non agricoles.L’escalade de ses tarifs en la matière est en effet de l’ordre de 1134 %, rapparie la Banque mondiale.Il n’y a pas que les tarifs qui peuvent faire obstacle au commerce, souligne l’institution.Les pays riches exigent aussi que les importations répandent à de nombreuses contraintes techniques et autres règles sanitaires et phytosanitaires.Ces mesures, qui portent notamment sur le plomb dans la peinture ou la détection de bactéries dans l’alimentation, peuvent être parfaitement légitimes en ce qui a trait à la protection du public, admet la Banque mondiale.Elles agissent néanmoins comme des barrières au commerce à un point tel que les pays de l’OCDE se révèlent en fin de compte l’un des marchés où il est le plus difficile d’exporter des produits, notamment agricoles.Toutes ces barrières non tarifaires, «pics» et «escalades» tarifaires des pays riches «ont pour effet de protéger certains secteurs beaucoup plus que d’autres», observe dans son rapport la VOIR PAGE B 4: COMMERCE "•> vê»* ¦ •y ¦ V> * sT orc.Ea Fédération des producteurs de porc, affiliée à l’Union des producteurs agricoles, a annoncé hier cette entente de principe, intervenue au bout de plusieurs mois de négociations avec les transformateurs.Iæs producteurs viennent de traverser des années difficiles, à cause d’une hausse du prix de la moulée et des intrants, de la hausse du dollar canadien, d’une baisse du prix du porc et de la fermeture d’abattoirs au Québec, sans compter la maladie qui a affecté des troupeaux.L’entente de principe avec les transformateurs est donc la lumière au bout du tunnel, indique-t-on à la fédération.L’entente a été entérinée par les producteurs de porc, mais elle attend toujours la signature de deux des sept abattoirs avec lesquels la fédération fait affaire.Les cinq autres, dont l’imposant Olymel, l’ont signée, précise-t-on à la fédération.Nouvelles bases En vertu de cet accord, les bases mêmes du système de mise en marché du porc seront redessinées.Ultimement, le système d’encan électronique pour la vente des porcs disparaîtra.Le producteur québécois touchera pour son porc l’équivalent du prix américain.De façon générale, les producteurs bénéficieront d’une plus grande sécurité en s’assurant de pouvoir écouler leur production et les abattoirs s’assureront pour leur part d’une plus grande stabilité d’approvisionnement.Il en découlera une gestion plus équilibrée de la production porcine, VOIR PAGE B 3: PORC « A ? B B L K DEVOIR.LE MERCREDI IS J I I X 2 0 0 8 PIERRE FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN ADAD HANNAH nouvelles vidéos et photographies L'apres-bureau au BELGO le mercredi soir jusqu'à 19h www.pfoac.com ULTURE its* 6'i festival DtmJSIOÜE montréa! baroque Une chorégraphe brésilienne dirigera le prochain spectacle du Cirque du Soleil STÉPHANE BAILLARGEON Le Cirque du Soleil a confié la direction de son prochain spectacle ambulant à deux créateurs brésiliens.Selon les informations obtenues par Le Devoir, le spectacle pour chapiteau sera en effet mis en scène par la chorégraphe Deborah CoDœr et scénographié par Gringo Cardia Le couple a cosigné plusieurs créations de danse.la nouvelle production sous tente du Cirque du Soleil (CDS), en production depuis des mois, sera lancée à Montréal en 2009.Née en 1961 à Ko de Janeiro, Deborah Colker a étudié la psychologie, joué professionnellement au volley-ball et donné des récitals de piano pendant une dizaine d’années avant d’opter pour une carrière en danse.D’abord interprète, elle a ensuite dirigé des dizaines de spectacles pour différentes troupes brésiliennes et internationales.Elle a notamment chorégraphié pour les défilés de samba des carnavals.Sa compagnie Dança Deborah Colker existe depuis 1994.Elle lui a permis de créer six pièces, dont MIX, qui lui a valu un prestigieux Laurence Olivier Award (la récompense des arts de la scène en Grande-Bretagne) dans la catégorie danse.La compagnie tourne en ce moment avec le spectacle Rota, qui sera présenté ce week-end au Japon et la semaine prochaine en Chine.Les vidéos et les photos du site ciadeborahcolker.com montrent des productions très acrobatiques, avec des danseurs souvent suspendus aux murs et au plafond de complexes structures scéniques.Ces lieux du mouvement très circasiens, ont tous été conçus par Gringo Garcia, compagnon de route artistique de la metteure en scène.Le Cirque du Soleil a amorcé sa fulgurante évolution sous la gouverne artistique du Belgo-Québécois Franco Dragone.Il a signé les dix premiers spectacles de la troupe, y compris O ci Mystère, à Las Vegas.La compagnie a ensuite continué à faire appel à des metteurs en scène d’ici, dont Dominique Champagne, Robert Lepage, Victor Pilon et Michel I A-mieux, François Girard, René Simard, René Kchard Cyr et Serge Denoncourt Par contre, ses deux derniers spectacles pour chapiteau ont été dirigés par des créateurs non québécois mais tamiliers du cirque québécois, soit Corteo, piloté par le clown suisse Daniele Fmzi Pasqua, et Koo-zai, dirigé par le clown américain David Sheiner.Sauf erreur, Cirque2009 (c’est le nom de code temporaire du prochain spectacle) sera la première grande production du CDS dirigée par une chorégraphe.Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR À gauche, Rémi-Pierre Faquin, porte-parole et co-organisateur de ce festival de théâtre de rue, accompagné de sa bande.X> « Délires urbains sur les berges Après la tempête trifluvienne, le Festival de théâtre de rue s’en va jouer à Lachine ISABELLE PARÉ Maintenant que le divorce est consommé avec Shawinigan, le Festival de théâtre de rue quitte ses quartiers tritluviens et s'installe pour une première édition sur les berges de Lachine, à quelques sauts de puce du centre-ville de Montréal N’en déplaise à Jean Chrétien, après une union de dix ans qui a uval tourné, les organisateurs déménagent pour de bon leurs pénates du côté de Lachine, là où le fleuve, les quais et l'architecture industrielle offriront une toile de fond rêvée pour des perfonpances et spectacles au grand air.vl Lachine, ü y ale côté bucolique avec le fleuve, mais aussi des bâtiments industriels qui offrent un endroit ùiétd pour du theatre de rue, tout ça à quelque kilomètres de Montréal», a soutenu hier le comédien Rémi-I terre Faquin, porte-parole et co-organisateur de ce festival de théâtre deruç.L’organisation ne repart donc pas à zéro, et forte de ses dix années d’expérience, elle offrira notamment deux grands spectaetes, l’un en saDe, l’autre en plein air, venus tout droit de l’Hexagone.L’événement phare aura lieu le 27 juin avec Maudits sonnants, le carillon céleste de la troupe française Transe Express, un hybride de cirque-théâtre musical qui fera tinter ses carillons au parc Saint-Dniis.Suspendus à une grue comme des marionnettes à 100 pieds du sol, des musiciens acrobates accrochés à une cois ronne métallique actionneront 26 cloches pour former un curieux ea-riDon aerien.L’équipée avait déjà fait un passage remarqué au festival de Shawinigan il y a cinq ou six ans.On attend aussi les 26,27 et 28 juin Maria Dolores y Los Crucificados, ime chanteuse française kistch-burlesque qu’on dirait sortie d’un film d’Almo-dovar et qui livrera une prestation théâtrale toute en musique dans un entrepôt du boulevard Saint-Joseph.C’est aussi là que se tiendra le Cabaret littéraire Bio Dégradable, un ifori-lège d’extraits des pires biographies jamais publiées par nas vedettes québécoises qui fait déjà lui tabac au bar Le Cléopâtre depuis mars dernier.Comme autres délires urbains, on note aussi la prestation Les Sœurs-poissons de Cousine Canine, un contanx'k livré dans un phare sur une jetée du parc Saint-Louis: Scots-tmm, une virée hallucinatoire de Fabien Cloutier dans im garage; et un tour de piste de Pépé, sa guitare et ses chansons politiquement incorrectes.S'ajouteront à cette bande Armand VaiDancourt et une installation éphémère, les amps d’éclat de l'ATR (Acte terroriste ridicule) et la musique de plusieurs groupes dont Creature, Sagapool Numéro#, Chocolat et Le Husky.On aura même droit à la première visite norckaméri-caine du Théâtre Imperial de Kara-koroum, une troupe mongole fondée en 1247 par le troisième Khan de l’Empire mongol.Bref, trois jours bien tissés, avec 150 représentations gratuites et 100 artistes venus de France, du Quebec et de Mongolie.Le Devoir ¦ Festival de théâtre de rue de Lachine, les 26,27 et 28 juin EN BREF Mort de l’actrice CydCharisse L'actrice et danseuse Cyd Charisse.* célèbre pour ses rôles à Hollywood aux côtés de Fred Astaire et de Gene Kelly, a succombé hier matin à ime crise cardiaque, à Dis Angeles.La nouvelle de son décès a été annoncée par son porte-parole, Gene Schwam, qui a salué la mé- moire d‘«une.femme tendre et gracieuse tout au hmg de sa vie».Cyd Charisse avait effectué ses débuts au cinéma en 1943 dims Something to Shout About, en compagnie de Don Ameche, avant de passer aux rôles dansants en 1946 dans Zieg-féld Follies, avec Fred Astaire.Outnbms strns la pluie (Singin ' in the Rain), sorti en 1952, fut son premier grand suâtes.Elle y côtoyait Gene Kelly.- Reuters ENTREVUE Alanis Obomsawin, de l’autre côté des barricades, à jamais Elle est au Québec la première autochtone qui, caméra en main, entreprit de rendre la parole aux Premières Nations, si longtemps confinées au silence.Coffret et hommage lui rendent tribut aujourd’hui.ODILE TREMBLAY Si vous demandez à Alanis Obomsawin ce qu’elle pense des récentes excuses du gouverna ment Harper aux Premières Nations pour le cauchemar vécu dans les pensionnats d’Etat des années 60, elle répond: «Très positif, soit, mais où sont les gestes concrets posés dans cette affaire?Les Centres d’amitié autochtone subissent des compressions.Ça prendrait des mesures adaptées aux besoins de nos peuples des centres de désintoxication laissant une place aux guérisseurs traditionnels, etc.Quant à l’Eglise catholique, qui refuse même de s’excuser, elle devrait rougir de honte.» Ce soir, dans le cadre de Présence autochtone, à 18h30, au Cinéma de l’ONF, hommage est rendu à cette cinéaste abéna-quise militante, aux 35 films à son carquois.Son dernier documentaire.Gene Boy revient chez lui — histoire d’un soldat abénakis de retour de guerre —, sera alors projeté.Aussi, tout un matériel didactique créé en 1972 et en 1974 sur l’histoire de deux communautés autochtones.Ce coup de chapeau coïncide avec le lancement par l’ONF d’un coffret regroupant quatre documentaires sur la crise d’Okæ Alanis Obomsawin - 270 ans de résistance.D’autres coffrets thématiques sur son œuvre suivront bientôt La cinéaste a vécu dans sa chair l’été rouge de 1990, du début jusqu’à la fin des hostilités, filmant caméra au poing de l'autre côté des barricades les affrontements avec l’armée, les détresses privées, les pierres lancées sur les Mohawks de Kahnawake qui avaient bloqué le pont Mercier, etc.En entrevue, Alanis Obomsawin se rappelle le froid des nuits à la belle étoile sur des sacs d’ordures, l’herbe à puce qui la rongeait, les infections autour des yeux long- « C’est la négation de leur culture qui a entraîné certaines communautés du côté de la violence et de la toxicomanie» JACQUES GRENIER LE DEVOIR La militante abénaquise Alanis Obomsawin sort demain son coffret regroupant quatre documentaires sur la crise d’Oka.temps incurables, la solidarité, la fierté retrouvée, le courage de ceux qui ont tenu jusqu’au bout, l’influence des leaders spirituels sur les Warriors, évitant ainsi un bain de sang.Elle avait accumulé à Kanesatake et à Kahnawake 250 heures de matériel audiovisuel, qu’il fallut couper.Au montage furent inclus des documents d’archives, des photos, des traités violés, etc., comme dans tous ses films.«Pour la mémoire et la postérité», précise-t-elle.Le coffret sur la crise d’Oka permettra à son avis aux jeunes générations de se mettre au parfum.«Ils sont stupéfaits de découvrir ces événements», dit-elle.Dix-huit ans ont passé.Une éternité pour les adolescents.Les enfants, Alanis Obomsawin a toujours travaillé avec et pour eux.Née à Odanak, elle avait été transplantée à neuf ans à Trois-Kvières avec sa famille, seule présence amérindienne de la ville.Alanis était battue et raillée sans relâche par les autres enfants, humiliée durant les cours d’histoire du Canada, foisonnant d’histoires de poteaux de torture et de scalps dégoulinants.«Mon nom là-bas, c’était “Maudite sauvagesse sale”, se rappelle-t-elle.Jusqu'au jour où la jeune fille a levé la tête et affronté ses assaillants.«Sans le traumatisme de Trois-Rivières, je ne serais jamais devenue une batailleuse.» Ses plus grands souvenirs lui venaient dans son berceau d’Odanak d’un oncle conteur et chanteqr, nourri de légendes qu'il lui a transmises.A l’âge adulte, à son tour conteuse et chanteuse, elle a fait la tournée des écoles pour redonner aux autochtones leur histoire.Dès son entrée à l’ONF, au début des années 70, Alanis Obomsawin a créé avec des films fixes: dessins, photos anciennes et narration, les premiers documents pédagogiques issus des Premières Nations.Une des grandes fiertés de sa vie.En près de 40 ans d’ONF, 35 films ont suivi: sur l’itinérance, les événements de Restigouche, la mythologie, le rôle des femmes, la toxicomanie, la lutte politique, sans compter le reste.Lorsque certains lui reprochent la partialité de son regard, elle affiche bien haut le droit de s'exprimer au nom des premiers peuples.«C’est la négation de leur culture qui a entraîné certaines communautés du côté de la violence et de la toxicomanie.Mais plusieurs d’entre elles retrouvent aujourd'hui langue et traditions.La situation s’est améliorée en 40 ans.On est partis du temps où l’on n’avait pas le droit de parler notre langue à me époque où on l’enseigne dans les universités.De fait, la crise d’Oka a tout changé.Les médias se sont intéressés aux autochtones.L’ensemble des communautés ont relevé la tête et l’attitude des gouvernements s’est transformée.» Bardée de prix et d'honneurs, vraie ambassadrice des autochtones canadiens, Alanis Obomsawin s’est promenée sur la planète, de la Nou-veUe-Zélantle au Mexique, en passant par tous les territoires autochtones, pour donner des conférences et présenter ses films.«C’est incroyable à quel point la condition des aborigènes est la même partout; ses problèmes aussi.» Le Devoir Folie/Culture inaugure une nouvelle exposition pour le 400 EN BREF Un vernissage entaché de censure Une fonderie est refroidie par l’œuvre de Martin Bureau L’écrivain Mario Rigoni Stern n’est plus MATTHIEU DUG AL Québec — La politique a rattrapé une fois de plus les célébrations du 400* anniversaire de Québec vendredi soir alors que le vernissage de l’événement «Regards fous», organisé par Folie/Culture et accrédité par Québec 2008, s’est fait dans la coqtroverse.A l’origine, «Regards fous» réunissait une dizaine d’artistes de Québec devant créer chacun une bouche d’égout en fonte qui serait installée dans le nouveau parc Xi’an situé sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmoren-cy.Le processus s’est déroulé sans problème jusqu'à ce que l’œuvre de Martin Bureau, intitulée «Hommage à Sa Gracieuse Majesté», soit refusée par la fonderie Bibby-Sain-te-Croix, qui est responsable du coulage des exemplaires.L’œuvre représente une pièce de 25 cents où les deux faces, le visage de la reine et le caribou, sont superposées, ce qui donne à la souveraine une allure plutôt.sauvage.La fonderie ayant menacé pour des raisons politiques de se retirer du projet si on l’obligeait à couler l'œuvre de Bureau, Folie/Culture a donc sollicité l’appui de la Ville de Québec, partenaire de l’événement ce quelle n'a pu obtenir.Martin Bureau a par la suite décidé de retirer son œuvre du projet par respect pour ses collègues.Il a été impossible d’obtenir une entrevue avec un représentant de la Ville à ce sujet le service des communications se bornant à dire qu'il s’agissait d’un litige impliquant Folie/Cuiture et la fonderie Bibby-Sainte-Croix.En entrevue au Devoir, Martin Bureau a précisé qu'il voulait par son œuvre souligner le caractère «ambigu» qui entoure les fêtes du 400*.«Quand c’est rendu qu'on fait la promotion de Québec en France avec la représentante de la couronne britannique, je ne crois pas que c'est une raison de se réjouir.Le gouvernement du Québec est de plus en plus tassé dans ce dossier et c'est pour cela que mon œuvre tient da- IL S’EN PASSE DES CHOSES AU PARC ! LES MAITBES DE IflME à 19h00 Les techniques d'auto-auérison.BUNDSIGHTtvo S.-T.F) à 19h15 Une motivation, une inspiration.MILABEPA à 21 h15 Pour tous les passionnés du Tibet.3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT | cinIma DU PARC I -J675 Du Parc 514-281-1900 | www.cinemaduparc.com / "'N 18-Mltion „ (\ ’PRESENCE 'r-AUTOCHTONE du 12 au 22 juin à Montréal 2008 400e dites-vous! Le festival Présence autochtone célèbre 12 000ans de cultures enracinées CanariS Québec «5 Montréal •*- #8S5 21 JUtN, Jour national des Peuples autochtones au parc Émilie-Gamelin Inn festival 514.572.1790 fit • ativelynx.qc.ca LEDEYWR vantage à souligner le 250 anniversaire de la conquête qu’on fêtera l’an prochain, fai été censuré.» Bureau a finalement fait couler son œuvre à ses frais dans une autre fonderie et a profité du vernissage hier soir pour la retirer symboliquement des lieux.Les huit autres œuvres issues du mouvement «manhole covert art» seront visibles dans le parc durant des décennies.Collaborateur du Devoir Rome — L’un des plus grands auteurs italiens, Mario Kgoni Stern, est décédé lundi soir à Asiago (nord de l’Italie) à l’âge de 86 ans, a annoncé hier l’agence Ansa.Ce Vénitien d’ascendance autrichienne, emporté dans le tourbillon de la Seconde Guerre mondiale, a combattu en France, en Grèce, en Albanie et en Russie, une expérience unique qu’il racontera dans son premier roman Le Sergent dans la neige, publié en 1953.-AFP www.julos.be Chansons D’AMOUR Avtc Barbara d'Alcantara et Patrick De Schuyter 18 JUIN • 20H • LONGUEUIL • Atelier À l’Écart 21 JUIN • 20 H 30 • ST JEAN-DE-MATHA • Le Crapo 22 JUIN • 20H • PONT-ROUGE • Le Moulin Marcoux 26 JUIN • 20 H 30 • L’ASSOMPTION • L'Ange Cornu 28 JUIN • 20H30 • ST-CAMILLE • Le P'tit Bonheur 29 JUIN • 20H30 • TROIS-RIVIÈRES • Le Festivoix de Trois-Rivières 00
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