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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-05-18, Collections de BAnQ.

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Q ECONOMIE ÉTATS-UNIS Le Massachusetts célèbre les premiers mariages gais Page A 4 ipirt ' r > m I ?www.ledevoir.com ?L’Irak, le pétrole et les taux américains font plonger les Bourses Page B 1 LE DEVOIR V o L .X C V N ° 1 1 O ?LE MARDI 18 MAI 2 00 1 8 7c + T A X E s ¦ 1 $ Défiisions : ce n’est qu’un début Les référendums gagnés, les défusionnistes s’attaqueront à la loi 9 ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR "VTon c’est pas fini, c’est rien qu’un début», dit la ^e Louise Lapierre Li À M S Ë « apprendre l'Ecoli estivale lalledecbae Du 27 juin au 24 juillet 2004 Bishop’s College School Lennoxville (Québec) JIM IZ8 Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au (514) 985-3456 ou à jdebillyOledevoir.com LE DEVOIR.LE MARDI 18 MAI 2004 A 4 •LES ACTUALITES- Entre 1966 et 2002 Les revenus de travail des immigrants ont dégringolé CLAIRANDRÉE CAUCHY LE DEVOIR Les immigrants fraîchement débarqués au Canada doivent se contenter de revenus de travail nettement inférieurs à ceux récoltés par leurs prédécesseurs.A leur première année sur le marché du travail, les immigrants arrivés à la fin des années 1990 gagnaient en moyenne 24 % de moins que ceux arrivés au début des années 1960, avec une scolarité et une expérience équivalente.Selon les données publiées hier par Statistique Canada, les employeurs accordent aujourd’hui moins de valeur à l’expérience acquise à l’étranger.Au début des années 1960, chaque année d’expérience acquise à l’extérieur du Canada entraînait une hausse de 1,5 % des revenus, alors que cette statistique chute à 0,3 % à la fin du millénaire.Dans le cas des immigrants originaires de l’Europe de l’Est, de l’Afrique et de l’Asie, l’expérience accumulée à l’étranger n’a carrément plus d’incidence sur les revenus d’emploi.En comparaison, un Canadien d’origine voit son revenu s’accroître de 3,5 % pour chaque année d’expérience.«Le faible rendement de l’expérience étrangère explique environ le tiers de la différence de revenu», affirme l’économiste Abdurrahman Aydemir, auteur de l’étude Explication de la détérioration des gains au niveau d’entrée des cohortes d’immigrants au Canada: 1966-2000.La reconnaissance de l’éducation ne semble cependant pas en cause: «La valeur attribuée à l’expérience étrangère a décliné considérablement, mais nous n’avons pas observé de changements quant à la valeur attribuée à la forma- tion suivie à l’étranger.Par exemple, un Chinois diplômé obtenait des revenus de 37 % supérieurs à un Chinois sans diplôme en 1960, on observe le même écart maintenant», constate M.Aydemir.Certes le diplôme chinois n’est pas aussi rentable que le diplôme canadien, mais rien n’indique que ce soit un phénomène nouveau.Nouveau visage de l’immigration Le nouveau visage de l’immigration explique un autre tiers de l’écart de revenus entre les immigrants d’hier et ceux d’aujourd’hui.Dans les années 1960, 70 % des immigrants provenaient de pays dits traditionnels, soit de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord, alors que maintenant la proportion s’est inversée: 70 % arrivent de pays «non traditionnels» situés en Asie, en Afrique et en Europe de l’Est Or, même scolarisés et expérimentés, les immigrants issus de ces pays ont généralement des revenus moins élevés.«Ils ont toujours eu des revenus moins importants que ceux issus de pays traditionnels, mais ils sont maintenant beaucoup plus nombreux», résume M.Aydemir.Le chercheur observe également une augmentation du nombre de nouveaux arrivants qui n’ont pas le français ou l’anglais comme langue maternelle, ce qui complique leur intégration au marché du travail.Finalement, une part de la chute des revenus des immigrants, entre 1960 et 1990 pourrait aussi être attribuable à la situation économique générale.En effet, les jeunes Canadiens entrés sur le marché du travail dans les années 1990 gagnaient eux-mêmes moins que les générations précédentes au début de leur carrière.' » ;V' ' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nouveau visage de l’immigration explique en partie l’écart de revenus entre les immigrants d’hier et ceux d’aujourd’hui.Aujourd’hui, 70 % arrivent de pays «non traditionnels» situés en Asie, en Afrique et en Europe de l’Est.A ROLEX Lady Yacht-Master en acier et or Jaune 18 carats.'F W Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 Boston, « chapelle d’amour » des homosexuels Le Massachusetts a célébré hier en grande pompe les premiers mariages gais aux Etats-Unis JIM BOURG REUTERS Robert Compton serre dans ses bras son compagnon David Wilson après la célébration de leur mariage.ANTOINE CHAR COLLABORATION SPÉCIALE Boston — Il doit se retourner dans sa tombe, Oscar Wilde, en chantant, criant, riant à gorge déployée.Cent vingt-trois ans après avoir reçu le plus célèbre homosexuel de la littérature occidentale, Boston — berceau du puritanisme américain — a célébré hier en grande pompe les premiers mariages gais du Massachusetts.Dans ses rêves les plus fous, l’auteur de An Ideal Husband {Un mari idéal) n’a pas songé un seul instant pouvoir s’unir avec son amant, lord Alfred Douglas, dit «Bossie», à l’instar de Robert Compton, 55 ans, et David Wilson, 60 ans, qui se sont mariés dans une église pleine à craquer de la capitale déjà surnommée la «chapelle d’amour» des homosexuels américains.Non loin de Queency’s Market, le quartier historique et touristique de Boston, ils étaient plusieurs centaines à faire le pied de grue devant l’hôtel de ville pour obtenir un certificat de mariage en échange d’une cinquantaine de dollars et d’un test sanguin.Le,s premiers mariages dans cet Etat de six millions d’habitants, dont au moins 5 % se déclarent ouvertement gais et lesbiennes, ont eu lieu aux petites heures du matin à Cambridge, non loin de Harvard, la prestigieuse université.«C’est un grand jour, c’est un jour historique pour tous les homosexuels de notre pays.C’est en effet la première fois qu’un État américain permet de tels mariages», lance James Singleton, du Gay and Lesbian Advocates Defenders (GLAD), l’organisation qui s’est battue en Cour suprême du Massachusetts pour défendre sept couples homosexuels, dont Robert Compton et David Wilson.La plup haute instance judiciaire de l’État de John Kerry, le challenger démocrate de George W.Bush (les deux sont contre les mariages gais), avait donné sa bénédiction au samesex marriage, le 18 novembre dernier.La décision de la Cour a soulevé l’ire du gouverneur républicain, Mitt Romney, qui a fait voter un amendement constitutionnel, le 11 mars, autorisant les unions civiles entré gais et lesbiennes mais interdisant du même coup les mariages homosexuels.Robert Compton et David Wilson scellent donc leur union, commencée il y a neuf ans, avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête.S’ils ont pu se marier à l’église d’Arlington Street, c’est parce que l’amendement n’entre en vigueur qu’en novembre 2006.Mais là encore, rien n’est joué puisqu’un second vote devra être tenu, éventuellement suivi d’un référendum.Boules de cristal Mais toutes les boules de cristal du Massachusetts sont unanimes: il sera difficile dans deux ans de revenir en arrière et de rayer d’un trait de plume des milliers de mariages.Le couple Compton-Wil-son le sait bien.L’opposition de Mitt Romney ressemble déjà à un baroud d’honneur.Mary Bonauto, l’avocate de GLAD qui a défendu les sept couples homosexuels — ils ont été les premiers à se marier hier — a d’ailleurs rassuré tous ceux et celles qui ont reçu leurs certificats de mariage: «Les mariages gais sont là de bon.» Les opposants ont à peine montré le bout de leur nez, hier.C’est devant les tribunaux que s’amorce la bataille.Ce qui commence aujourd’hui, c’est une guerre culturelle entre des électeurs républicains, massivement opposés aux mariages gais, et les électeurs démocrates, plutôt divisés.«La cassure culturelle est plus importante que jamais entre les deux camps.Ce n’est pas très sain.Il y a actuellement un dialogue de sourds aux États-Unis, surtout depuis l’élection de Bush», souligne Marshall Ingwerson, le rédacteur en chef du respecté et influent Christian Science Monitor, totalement neutre dans l’affrontement pour ou contre les mariages gais qui, en cette année électorale, fait monter de quelques crans la polarisation de la vie politique aux États-Unis.Déjà, écrit le Boston Globe, les républicains sont prêts à se servir des mariages gais «comme symbole des valeurs de gauche, une tactique qui pourrait être efficace dans les États cruciaux du sud des États-Unis et du Midwest».Pom- l’heure, Robert Compton, un Blanc, et David Wilson, un Noir, ont le cœur à la fête.La symbolique est importante: ü y a exac- tement un demi-siècle, le 17 mai 1954, la Corn suprême des États-Unis mettait fin à la ségrégation dans les écoles.Robert et David l’ont mentionné au milieu des colonnes corinthiennes de l’église, construite en 1729.La révérende Kim Craw-ford-Harvie les a unis au moment où le soleil finit par chasser tous les nuages du ciel.Sortis rapidement d’une limousine noire, ils sont entrés par la porte arrière de l’église afin de mieux échapper au cirque médiatique.Précédés par une chorale de soixante hommes, ils se sont avancés main dans la main vers le petit autel.Au milieu de leurs enfants, de leurs petits-enfants (huit au total), de leurs amis et de nombreux curieux, ils ont enfin prononcé les mots tant attendus au moment où les cloches carillonnaient le Songe d’une nuit d’été de Felix Mendelssohn.Si Oscar Wilde, en arrivant à Boston en 1881, a dit pompeusement «je n’ai rien à déclarer que mon génie», Robert Compton et David Wilson n’ont eu rien d’autre à déclarer que leur amour.L’Union paysanne réclame le remboursement par Québec des coûts de certification bio FABIEN DEGUISE LE DEVOIR Pour dynamiser le milieu de l'agriculture biologique, Québec doit aujourd’hui envoyer un message clair au milieu agricole.Comment?En prenant en charge le coûts de certification des producteurs, estime l’Union paysanne qui vient d’en faire la demande officielle au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).L’idée est dans l’air du temps en Europe où les frais inhérents à cette certification — obligatoire et coûteuse pour qui veut mettre du bio sur le marché — sont actuellement remboursés par les gouvernements.Et le Québec gagnerait lui aussi y succomber, explique l’UP dans une lettre adressée à la ministre de l'Agriculture, Françoise Gauthier.«Par le passé, plusieurs joueurs du secteur biologique estimaient qu’il y aurait 2000fermes biologiques au tournant de l’an 2000, peut-on lire, estimation qui ne s’est pas réalisée et qui démontre que des actions concrètes doivent être faites pour appuyer le développement de l’agriculture bio.» Les chiffres parlent d’eux-mêmes.Avec ses 945 exploitations agricoles et transformateurs certifiés, le Québec n’est pas capable seul de répondre à la forte demande dans ce domaine.La Table filière biologique du Québec s’est d’ailleurs fixé comme objectif de tripler le nombre de fermes certifiées d’ici à cinq ans.«Mais, pour cela, il faudrait quelques incitatifs», dit Benoît Gi-rouard, président de l’Union paysanne biologique.Le remboursement par Québec des coûts de la certification semble donc incontournable pour faire entrer de nouveaux joueurs dans la partie, «mais aussi permettre à ceux qui y sont d’y rester».riursuit-il.Ces frais varient de 300 à 1500 $ par exploitation ou transformateur, ce qui pourrait représenter pour Québec une facture totale de moins d’un million de dollars par année, estime l’UP.«Mais on pourrait aussi, dans le contexte budgétaire actuel, se contenter du remboursement d’un tiers», précise M.Girouard.Un irritant La proposition a été accueillie favorablement hier par les certificateurs, organismes chargés de contrôler la production bio au Québec.«Plusieurs producteurs voient le processus de certification comme un irritant, dit Julie Fréchette, directrice générale de Québec-Vrai, parce qu’on leur demande de payer pour qu’ils prouvent être en harmonie avec la nature.Foncièrement, si le gouvernement assumait cette dépense, ce serait une bonne chose.» Contrairement au secteur conventionnel, l’agriculture biologique demeure toujours sous-subventionnée au pays, déplorent en chœur ceux qui l’animent, laissant ainsi au mouvement peu de chance de s’étendre dans les campagnes.Tout au plus, un million de dollars par an est actuellement versé au secteur biologique, principalement pour financer le Conseil des appellations agro-alimentaires du Québec (CAAQ) (la police du bio) ainsi que quelques projets de recherches spécifiques sur les méthodes de production.«Or, tous les pays qui ont opté Pour cette mesure de remboursement ont vu leur secteur biologique exploser, lance M.Girouard.Ici, malgré la forte percé des produits bio, la production stagne.R serait peut-être temps de réagir.» La demande de l’UP est actuellement à l’étude au cabinet de la ministre qui n’a pas voulu, hier, en dire davantage.Costumes griffés importés d’Mie Tissus signés - Cemiti 1881 • Zegna • Manotto ¦ Zignone, etc.1118, ru* Saints-Catherin* Ou*it 2* «tag*, Montréal • (314) 861-3686 Heures d'ouverture : Lun.au ven.10 h à 18 h .Sam.10 h à 16 h Depuis 1977 E N Des épinards et des carottes contre le cancer du côlon (Le Devoir) — Les non-fumeurs qui consomment de grandes quantités d’épinards et de carottes peuvent espérer réduire le risque de développer un cancer du côlon dans une proportion pouvant atteindre les 56 %, a calculé une équipe de l’Université de Montréal.Leur secret?Les caroténoïdes, des pigments aux propriétés antioxydantes présents dans de nombreux fruits et légumes, au nombre desquels on compte aussi les oranges, les navets, le brocoli, les tomates et leurs dérivés et la R E F plupart des légumes à feuilles vertes.L’enquête effectuée auprès de 1100 Montréalais de souche francophone a aussi mis en lumière un effet bénéfique qui n’apparaît toutefois que chez les femmes dont l’alimentation contient une forte quantité d’acides gras polyinsaturés (dont des omégas-3) qui, associée à des caroténoïdes, réduit de 37 % le risque de développer un cancer du côlon.Les résultats de cette étude conduite par Par viz Ghadirian, professeur au Département de nutrition de la Faculté de médecine et chercheur à l’Unité de recherche en épidémiologie du CHUM-Hôtel-Dieu, assisté de André Nkond-jock, chercheur postdoctoral à cette même unité, font l’objet d’une publication dans Ylntema-tional Journal of Cancer.B 4 LE DEVOIR.LE MARDI 18 MAI 2004 -4— L’US Army découvre «une petite quantité» de sarin en Irak REUTERS Bagdad — LUS Army a déclaré hier avoir découvert en Irak un obus d’artillerie qui, après avoir explosé, a libéré une petite quantité de gaz sarin à laquelle deux artificiers américains ont été exposés.C’est la première fois que l’armée américaine évoque la découverte d’une arme chimique en Irak, alors que la présence de telles armes dans ce pays avait été invoquée par les Américains et les Britanniques pour justifier la guerre déclenchée en mars 2003.Le général américain Mark Kimmitt a déclaré lors d’une conférence de presse que la substance avait été trouvée dans un obus découvert par des soldats américains.L’obus a explosé, libérant une petite quantité de gaz, a-t-il ajouté.«Le Groupe de surveillance de l’Irak [ISG] a confirmé aujourd’hui qu’un obus d’artillerie de 155 [mm] contenant du gaz satin avait été découvert.Le projectile avait été transformé en un engin explosif improvisé qui a été découvert par un convoi des forces américaines», a-t-il dit «Une détonation s’est produite avant que l’engin ait pu être rendu inopérant», a ajouté Kimmitt, précisant que deux experts en explosifs avaient été hospitalisés après avoir été exposés au gaz.Kimmitt a expliqué que le projectile, conçu pour mélanger le gaz en vol, appartenait à une catégorie de munitions que le gouvernement de Saddam Hussein, renversé par les forces américaines, avait affirmé avoir détruit avant la guerre du Golfe de 1991.«C’est une arme qui, d’après nous, avait été stockée sous l’ancien régime, et on pensait d’abord qu’il s’agissait d’un simple obus d’artillerie [.] mais quand ü a explosé on a vu,qu’il contenait du satin», a-t-il ajouté.Les EtatSrUnis ont envahi l’Irak en mars 2003 en accusant le président irakien Saddam Hussein de fabriquer des armes chimiques et biologiques, voire des armes nucléaires.L’absence apparente de telles armes en Irak, où les experts de l’ISG ont été chargés de les mettre au jour, a mis dans l’embarras Londres et Washington, fers de lance de l’invasion.Hécatombe dans une prison hondurienne AGENCE FRANCE-PRESSE 'T'egucigalpa — Cent deux détenus, membres d’un X des gangs les plus violents du pays, sont morts hier dans l’incendie de leur prison à San Pedro Sula, 240 km au nord de la capitale hondurienne, un établissement surpeuplé prévu pour 1700 prisonniers et qui en héberge 2227.Le directeur de la prison, Elias Aceituno, a été suspendu de ses fonctions, mais, selon lui, la mesure s’applique uniquement le temps de l’enquête.L'incendie s’est déclaré tôt hier matin dans une aile de la maison d’arrêt où se trouvaient 182 détenus, a indiqué le porte-parole du ministère de la Sécurité, Leo-nel Sauceda.Vingt-sept ont été hospitalisés et 54 sont indemnes.L’un des détenus hospitalisés n’a pas survécu à ses blessures.Selon le chef des pompiers, Carlos Cordero, «tout indique que l’incendie a commencé par l’échaujjement de la ligne» électrique du système d’air conditionné.Selon un témoin, au lieu d’ouvrir les portes des cellules pour leur permettre de sortir, les gardiens de la prison ont tiré sur les détenus, membres d’un des gangs les plus violents du pays, la Mara Salvatrucha, influencé par les gangs des Etats-Unis.«Ils voulaient que nous mourrions, comme les autres étaient morts ils voulaient que le reste meure», a affirmé ce détenu interrogé par des radios locales.Le directeur des services de médecine légale de la ville, Francisco Herrera, a indiqué ne pas avoir pour le moment d’éléments permettant d’accréditer ce témoignage.Selon M.Herrera, ses services, qui ont examiné 30 cadavres, écartent actueDement cette possibilité.L’évêque auxiliaire du diocèse de San Pedro Sula, Romulo Emiliani, qui a travaillé avec des membres de gangs dans le cadre d’une mission d’évangélisation, a exigé «une enquête approfondie sur ce qui s’est passé».Le président hondurien Ricaro Maduro, qui se trouvait à Rome, pour une audience privée avec le pape, a interrompu une tournée en Europe.Échange de renseignements sur les passagers des avions AGENCE FRANCE-PRESSE Bruxelles — La Commission européenne et les gouvernements de l’Union ont donné hier leur feu vert au transfert aux autorités américaines, par les compagnies aériennes, 4e données privées concernant les passagers vers les Etats-Unis, passant outre l’opposition du Parlement européen qui lui avait demandé d’attendre l’avis de la Cour de justice.La Commission a constaté que la protection de ces données par les services douaniers américains était «adéquate» pour que ces transferts, actuellement illégaux, ne puissent être contestés devant les autorités nationales de protection des données, comme la Cnil en France.Cette décision entrera en vigueur la semaine prochaine après la signature prévue à Washington d’un accord complémentaire «léger» (où je Parlement n’a qu’un avis consultatif) entre l’UE et les Etats-Unis.Cet accord, entériné sans discussion hier par les ministre européens des Affaires étrangères, permettra notamment aux services douaniers américains d’accéder légalement aux systèmes de réservation des compagnies aériennes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.A 5 LE DEVOIR LE MONDE INDE Les geôliers d’Abou Ghraïb sont dans le collimateur.REUTERS UEurope condamne la torture des prisonniers Washington réfute les accusations du New Yorker REUTERS Bruxelles — Les chefs de la diplomatie de l’Union européenne ont condamné hier les sévices infligés par des gardiens américains à des prisonniers irakiens, estimant qu’ils enfreignaient le droit international.Washington a imputé à des soldats isolés et situés au bas de la hiérarchie le recours à des méthodes brutales de préparation des prisonniers aux interrogatoires, mais l’hebdomadaire New Yorker viént de publier un article selon lequel les plus hautes autorités du Pentagone, dont le Secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, aurait elles-mêmes approuvé un projet autorisant l’usage de méthodes d’interrogatoire non conventionnelles.Tout en condamnant «tous les cas d’abus et d’humiliations envers des prisonniers en Irak», les chefs de la diplomatie européenne ont salué hier «la volonté affichée par les gouvernements concernés de traduire en justice les auteurs de tels abus contre des prisonniers irakiens, et leur détermination à prendre des mesures pour corriger toute contravention au droit humanitaire international».Sept réservistes de la police militaire américaine ont été inculpés après la publication de photos montrant des soldats souriants posant devant des détenus nus et empilés les uns sur les autres, ou sujets à d’autres formes d’humiliation dans la prison d’Abou Ghraïb, près de Bagdad.Le secrétaire britannique au Foreign Office, dont le pays est le plus fidèle allié de Washington dans sa campagne militaire en Irak, a qualifié ces abus de «monstrueux».Le Pentagone a vivement démenti dimanche les allégations du New Yorker selon lequel le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld aurait lui-même approuvé un projet autorisant l’usage de méthodes d’interrogatoire I I REUTERS Donald Rumsfeld serait-il le grand responsable?non conventionnelles pour obtenir des renseignements sur l’insurrection irakienne.«Les sévices que montrent les photos reprises par la presse du monde entier ne s’appuient sur aucun programme approuvé, pas plus que sur quelque instruction ou ordre du département de la Défense», assure Lawrence du Rita, porte-parole du Pentagone, dans un communiqué.«Les assertions du dernier article du New Yorker au sujet d’Abou Ghraïb et des sévices infligés aux détenus irakiens sont étranges, dignes d’une conspiration, bourrées de conjectures anonymes.Aucun responsable du département de la Défense n’a approuvé de programme susceptible de mener à des abus tels que ceux dont témoignent les photos et vidéos vues récemment», insiste-t-il.L’expérience afghane Selon le New Yorker, le projet autorisait à tuer, à capturer ou à interroger les personnalités dites de valeur dans le cadre de la lutte antiterroriste.Largement utilisées en Afghanistan, ces pratiques ont été appliquées en Irak avec davantage de modération et d’abord uniquement dans la traque de Saddam Hussein et la recherche des armements non conventionnels.A mesure que l’insurrection gagnait en intensité et que les pertes américaines s’accumulaient, Rumsfeld et Stephen Cambone, sous-secrétaire à la Défense chargé du renseignement, ont décidé de les étendre aux interrogatoires pratiqués dans la prison d’Abou Gh-raib, affirme l’hebdomadaire, qui se fonde sur les déclarations de plusieurs responsables des services de renseignement encore en fonction ou non.Sur le plateau de l’émission Face Die Nation de CBS, Cari Levin, sénateur démocrate du Michigan et membre de la commission sénatoriale des Forces armées qui a entendu Rumsfeld il y a dix jours à l’occasion de l’enquête sur les sévices, a jugé que l’article avait apporté un élément «très significatif à étudier.John McCain, élu républicain de l’Arizona qui siège également au sein de la commission des Forces armées, a pour sa part estimé sur NBC que les réservistes américains mis en cause dans l’affaire n’avaient certainement pas agi sans instruction.Ajoutant au trouble, Newsweek a publié dimanche une note de service datée du 25 janvier 2002 et signée de la main d’Alberto Gonzales, conseiller juridique de la Maison-Blanche.«La guerre contre le terrorisme est une nouvelle forme de guerre, explique-t-il.À mon sens, ce nouveau paradigme rend obsolètes les strictes limitations de la Convention de Genève sur l’interrogatoire des prisonniers ennemis [.].» «Nous sommes une nation en guerre et nous sommes un État de droit, a rappelé dimanche Allen Abney, porte-parole de la Maison-Blanche.Notre responsabilité la plus importante consiste à protéger le peuple américain et nous agissons conformément à cette responsabilité.La politique des États-Unis est de respecter toutes nos lois et toutes les obligations prises dans le cadre de traités.» En plein scandale, Washington se pose en champion des droits AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les Etats-Unis ont rendu public hier un rapport annuel sur les efforts américains visant à améliorer la situation des droits de l’homme dans le monde, mettant en avant le travail réalisé en Irak d’où est parti le scandale des sévices commis sur des prisqnniers irakiens.Sa publication par le Département d’Etat avait été retardée de 12 jours par crainte qu’elle ne soit mal interprétée.«Nous avons vu certains de nos idéaux et institutions ébranlés au coûts des dernières semaines par les révélations choquantes de violations par des Américains des droits de l’homme en Irak», a reconnu le Secrétaire dÉ-tat adjoint Richard Armitage.«Cela ne suffit pas de punir ceux qui n’ont pas respecté nos critères élevés» en la matière, a-t-D ajouté, en soulignant la nécessité de «lais- ser un héritage positif qui fasse la promotion et protège les droits de l’homme et la démocratie dans le monde».Selon des responsables du Département d’État, les excuses du président George W.Bush et son engagement à faire traduire en justice les auteurs des abus devraient aider au bout du compte la cause des droits de l’homme.Le document de 270 pages résume les acquis américains dans ce domaine sur la période 2003-2004, soit la période au cours de laquelle les sévices à Abou Ghraïb ont été commis.Le rapport n’en parle,pas mais relate les programmes établis en Irak par les États-Unis et des organisations financées par Washington pour établir un respect des droits de l’homme dans ce pays.D cite notamment la création d’un ministère des droits de l’homme et la formation de personnel dans les domaines de la justice, de la police et des forces de sécurité.EN BREF Des experts exhortent Poutine à renoncer à Kyoto Moscou (Reuters) — Le protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre «n 'a aucun fondement scientifique» et représente m danger pour Y économe russe, selon les chercheurs chargés de donner un avis sur la question au président Vladimir Poutine.Le président russe peut sonner le glas du protocole de Kyoto en refusant de le soumettre aq parlement pour ratification, puisque le retrait des États-Unis du traité font de la Russie, avec un quota de 17 % des émissions de gaz polluants à l’échelle mondiale, un acteur-dé de son entrée en vigueur.Pour être adopté, le texte doit en effet être ratifié par des pays émettant entre eux 55% des gaz à effet de serre.50 ans d’intégration scolaire Topeka (AFP) — Le président américain George W.Bush et John Kerry, son adversaire à l’élection présidentielle de novembre prochain, ont commémoré séparément hier la dérision qui a mis fin en 1954 à la ségrégation raciale dans les écoles américaines.Tous deux se sont rendus à quelques heures d’intervalle à Topeka (Kansas) pour y célébrer, selon les termes du président républicain sortant, «un jour et une décision qui ont changé l'Amérique pour le mieux et pour toujours».La Cour suprême avait jugé le 17 mai 1954 que la ségrégation raciale dans les écoles était inconstitutionnelle.ÊDe se prononçait sur le cas d’une petite fille noire qui devait traverser toute la ville de Topeka pour aller à l’école alors que les enfants blancs de son quartier pouvaient se rendre dans un établissement tout proche.Sonia Gandhi se prépare à l’investiture PIERRE P RAKAS U LIBÉRATION New Delhi — Malgré ses origines italiennes, Sonia Gandhi se rapproche chaque jour un peu plus du poste de premier ministre de la plus grande démocratie du monde.La présidente du parti du Congrès, vainqueur inattendu des élections législatives, doit rencontrer aujourd’hui le président Abdul Kalam, afin de lui remettre les lettres de soutien des partis ayant accepté de participer à la future coalition gouvernementale ou de la soutenir.Selon la direction du Congrès, une vingtaine de formations lui auraient, au total, apporté leur appui, la coalition totalisant ainsi plus de 320 sièges sur les 545 que compte le Parlement fédéral.Forte de cette majorité, Sonia Gandhi devrait réclamer au Président le droit de former le prochain gouvernement.S’il accepte, ce qui ne fait aucun doute, le Congrès pourrait annoncer la composition du gouvernement dès mercredi.En tant que présidente du parti majoritaire à l’Assemblée, Sonia Gandhi en sera, selon toute probabilité, la leader incontestée.Une revanche savoureuse pour cette femme dont les origines étrangères semblaient jusqu’ici constituer un obstacle insurmontable à l’accession au pouvoir.La Bourse de Bombay a fait hier un plongeon de 10 %.Crise Avant même d’entrer en fonctions, l’héritière de la dynastie Nehru-Gandhi a été confrontée, hier, à sa première crise politique, les communistes annonçant qu’ils renonçaient à participer au gouvernement Après trois jours de discussions de leurs comités centraux, les deux grands partis d’extrême gauche, le Parti communiste d’Inde (CPI) et le Parti communiste d’Inde-Marxiste (CPI-M), ont décidé qu’ils se contenteraient de soutenir la coalition de l’extérieur, en lui fournissant leurs voix à l’Assemblée, en particulier pour les motions de confiance.Motif: les communistes sont en conjrontation directe avec le Congrès dans plusieurs États fédérés de l’Union indienne.En rejoignant la coalition, ils prenaient donc le risque d’aliéner une partie de leur électorat dans ces États, notamment au sein des classes ouvrière et paysanne.Le fait qu’ils restent à l’écart du pouvoir central n’a toutefois pas empêché la Bourse de Bombay de plonger, les milieux d’affaires craignant que ce soutien externe n’aboutisse à un gouvernement instable.Certains observateurs redoutent en effet que l’extrême gauche, qui dispose de 63 sièges au Parlement, ne profite de son influence pour frire du chantage, ce qui pourrait replonger l’Inde dans l’instabilité politique qu’elle avait connue au milieu des années 90.«En restant à l'extérieur, les communistes seront libres de critiquer tout ce que fait le Congrès.Cela érodera en permanence la confiance dans le gouvernement», résume l’analyste Prem Shanka Jha.Nationalistes hindous Pour l’instant, le Congrès se veut rassurant «La stabilité du gouvernement ne fait aucun doute, il n’y aura aucune difficulté», déclarait hier l’un de ses porte-parole.À voir.Ce qui est sûr, c’est que Sonia Gandhi fait désormais l’unanimité.Moins d’une semaine après la surprise des élections, la question de ses «origines étrangères» est passée au second plan, personne n’étant plus en mesure de remettre en cause sa maîtrise de la politique indienne après ce scrutin.Seuls les nationalistes hindous du BJP, qui n’ont cessé de l’attaquer personnellement au cours de la campagne, ont prévu 4e boycotter son investiture au plus haut poste de l’État.«Afin d’exprimer le sentiment du peuple de ce pays, nous sommes arrivés à la conclusion que nous n’assisterons pas à la cérémonie d’investiture», a annoncé hier le président du parti, Venkaiah Naidu.Ces derniers jours, plusieurs ténors du BJP ont menacé de démissionner de leur poste de député en guise de protestation, et une ancienne ministre a carrément prévu de se raser la tête en signe de deuil.Israël prépare une opération d’envergure à Gaza ASSOCIATED PRESS Rafah, Bande de Gaza — Un hélicoptère israélien a tiré tôt hier trois missiles sur le camp de réfù-giés de Rafah dans la bande de Gaza, faisant deux morts et six blessés, alors que des bulldozers commençaient à détruire des habitations en bordure du camp encerclé par Tsahal, selon des résidents.Selon les témoins, le troisième missile a visé un groupe d'hommes rassemblés en bordure de l’immense camp sur la frontière entre Gaza et l’Égypte, faisant deux morts et sue blessés.Selon des responsables hospitaliers, tous les blessés sont des civils.Tsahal a affirmé de son côté que la cible était un groupe de Palestiniens armés qui approchaient des forces israéliennes.Les chars de Tsahal ont encerclé le camp hier, l’isolant du reste du territoire, et les habitants fuyaient Rafah, s’attendant à une opération militaire de grande envergure.La radio d’Israël a annoncé que les soldats étaient prêts à combattre maison par maison dans le camp.Israël veut élargir la zone-tampon le long de la frontière égyptienne, en rasant des centaines de maisons.# LE DEVOIR.LE MARDI 18 MAI 2004 ÉDITORIAL Les réserves de Paul Martin Paul Martin a toujours fait montre de bonnes dispositions envers le Québec.Aux côtés de Jean Chrétien, il apparaissait comme le «bon gars» qui, une fois devenu premier ministre, allait transformer les choses.Sur le plan des attitudes, cela s’est avéré jusqu’ici.En revanche, sur le plan philosophique, on cherche toujours ce qui différencie les deux hommes.D Bernard Descôteaux e Paul Martin, on a souvent dit ces dernières années qu’il serait aussi ouvert aux aspirations des Québécois qu’avait pu l’être Brian Mulroney à son époque.Mais, que l’on sache, jamais il n’a clairement exposé en quoi résulterait cette ouverture.Jamais il n’a pris d’engagements, comme l’ancien premier ministre conservateur l’avait fait en promettant de réintégrer le Québec dans l’honneur et l’enthousiasme au sein de la fédération canadienne.À croire qu’il n’a pas à ce sujet de vision précise, sinon que de vouloir faire les choses à sa manière.Devant la Chambre de commerce de Laval, le premier ministre a bien expliqué hier en quoi consistait cette manière Martin, laquelle se résume à éviter la confrontation avec les provinces et à tenter de transformer les relations entre les gouvernements du pays.S’il y a dans ce propos de quoi se réjouir, il y a aussi de quoi se méfier.Que le gouvernement fédéral veuille adoucir ses rapports avec les provinces est souhaitable.Un minimum de respect envers les compétences provinciales s’impose.On évitera bien des débats inutiles en reconnaissant aux provinces une capacité à intervenir sur le plan international dans leurs champs de compétences, comme M.Martin l’a évoqué hier.Non seulement celles-ci ont des choses à dire, mais surtout elles peuvent le dire parfois mieux que le gouvernement fédéral.Cela est vrai sur un sujet comme la diversité culturelle sur lequel le Québec pourrait intervenir à lUnesco à l’avenir.Par rapport au gouvernement Chrétien, on peut constater chez M.Martin un changement de ton et d’attitude qui a toutefois ses limites.D y a des choses qui ne changeront pas.Même si le nouveau premier ministre veut faire des provinces ses partenaires, elles demeurent à ses yeux, comme ce l’était pour Jean Chrétien, un niveau de gouvernement inférieur.Pas question pour cette raison d’admettre l’existence d’un déséquilibre fiscal, comme le lui demandait de nouveau dimanche le premier ministre Jean Charest Silence total de M.Martin à ce sujet, car repartager équitablement la fiscalité entre les deux ordres de gouvernement donnerait aux provinces le moyen d’assumer pleinement leurs compétences.Ce à quoi n’a aucun intérêt le premier ministre qui en cela est fidèle à la philosophie du Parti libéral.Il est prêt à donner un peu plus d’argent aux provinces en santé et en éducation, mais à ses conditions.L’important est de pouvoir conserver sa capacité d’influencer la façon dont elles exercent leurs responsabilités.Dans le discours prononcé hier à Laval par M.Martin, on ne trouve pas de rupture marquée avec le gouvernement précédent Il se contente de petits coups de barre qui ne seront pas suffisants pour surmonter la méfiance des Québécois envers le Parti libéral qui s’est accentuée avec le scandale des commandites.À son auditoire, le premier ministre rappelait hier être venu vivre au Québec il y a 38 ans, «touché, ému, et emballé par une société qui avait décidé de se prendre en main».D devrait savoir que nombre de Québécois ont toujours cette même volonté et qu’ils se voient comme une société distincte.Ils seraient davantage prêts à lui faire confiance s’ils Sentaient chez lui une véritable ouverture à leurs aspirations.Pour l’instant, celle-ci apparaît bien réservée.L’imbroglio irakien a confusion la plus totale règne à un mois et demi de l’installation d’un gouvernement intérimaire en Irak.Que ce soit sur le plan militaire, économique ou politique, on ut.A tous Serge Truffaut ?Lne sait toujours pas de quoi demain sera fait.égards c’est donc l’imbroglio.Celui-ci est largement attri- .Jl buable à cette recherche d’une porte de sortie tant de la part de l’administration Bush que du gouvernement Blair.À Londres, le 10 Downing Street a surpris tout un chacun en évoquant ouvertement une stratégie de sortie.Le premier ministre Blair se serait rangé à l’avis de son ex-ministre des Affaires étrangères et adversaire avoué à l’aventure irakienne, Robin Cook.Le gouvernement envisagerait un retrait de l’Irak après la tenue des élections générales prévues pour janvier 2005.Ainsi, on écarte tout maintien des troupes qui durerait tant et aussi longtemps que le pays n’aurait pas été sécurisé.Bref, le contingent britannique plierait bagage l’an prochain et non en 2006 ou 2007 comme on l’avait prévu antérieurement À Washington, les propos de hauts responsables du Pentagone contredisant ceux du département d’Etat ont obligé Colin Powell à préciser quelle politique la Maison-Blanche avait arrêtée pour tout ce qui a trait à la présence des troupes américaines.Et alors?Si le gouvernement intérimaire irakien demande le départ des militaires, ceux-ci partiront Même si elle demeure hypothétique, la seule prise en considération de cette éventualité en dit long sur l’humeur de l’exécutif Actuellement tant à Londres qu’à Washington on ne sait plus trop sur quel pied danser à cause évidemment de la tournure des événements en Irak où hier encore on a assassiné le chef du Conseil intérimaire du gouvernement mas aussi en raison du vide juridique qui caractérise la suite des choses.Ainsi, sur le plan militaire, Washington tient à conserver tous les leviers du commandement Ils ne veulent pas être sous l’autorité du gouvernement intérimaire ni celle, possible, de l’ONU.Dans les couloirs de l’ONU où se négocie une résolution devant être présentée au tout début du mois de juin, les Français et les Russes estiment qu’il faudrait accorder aux officiers irakiens la possibilité de refuser d’obéir à des ordres signés par des Américains.Bonjour l’ambiance! Côté américain, on pense que les membres du contingent devraient être exemptés de poursuites devant des tribunaux irakiens.En clair, on veut l’immunité pour chacun d’entre eux.Sur le front strictement politique, l’impasse est vertigineuse.L’identité du futur chef du gouvernement intérimaire n’est toujours pas connue.Quand bien même on la connaîtrait, c’est à se demander de quels pouvoirs lui et les membres de son cabinet vont hériter.Les experts en droit ont noté que, la suite des choses n’ayant guère été balisée, ce gouvernement n’aurait pratiquement aucun pouvoir législatif.Economiquement aussi l’horizon est embrouillé.La Banque mondiale et d’autres organisations internationales conservant la responsabilité comptable des sommes engagées, les Irakiens pourront difficilement se faire entendre.L’effort de clarification s’impose.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-préaidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ô v \ ^ 0 -=> / candidats 5 I PAS Dé MÇoN H tWfteTf O i 'A PPCNDRi Du Z'"* \ C ?( < / v ^ y I.M -•WfT* V e» — tSARVfTf lob«f-«y-i8 6 TfIS 3* < mm ^nTaîTî/c Les saints innocents Le scandale des commandites au Canada nous a mis en face de plusieurs politiciens et d’acteurs politiques majeurs qui se sont déclarés innocents et, qui plus est pour certains, presque martyrs d’une opinion publique impitoyable à leur endroit alors qu’ils n’auraient fait que travailler pour «la bonne cause» O’unité canadienne, et sans doute, entre autres, le respect de la démocratie référendaire).Si jamais il y a eu des choses mal faites, ce qui resterait à prouver, c’est la faute des autres, peut-être des fonctionnaires ou même des entités externes ou des procédures, etc.Ce serait au fond de saints innocents.Et l’actualité plus récente des prisons de la coalition en Irak nous amène au même constat chez nos voisins du sud.La tête dit ignorer ce que font les bras.Donc, elle sera épargnée.n y a déjà eu un livre qui s’intitulait Ces fous qui nous gouvernent.Il reste à écrire Ces innocents qui nous gouvernent.Oui, il pourrait se conclure ainsi: «Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font», mais ne pourrait-on pas alors les remplacer par des personnes capables d’assumer la responsabilité de leur gouvernance.Hubert Wallot Le 13 mai 2004 Un hôpital à sauver Les médias nous apprennent que l’hôpital Shriners risque de quitter Montréal pour London (Ontario), attiré par un terrain gratuit et une possibilité d’expansion que le parc du mont-Royal ne leur offre pas.Cet hôpital gère 40 lits destinés aux enfants nécessitant des soins en orthopédie.Nos gouvernements doivent tout mettre en œuvre pour empêcher ce départ Plus de la moitié des enfants traités par le Shriners sont francophones.Depuis 75 ans, y collaborent en harmonie les deux hôpitaux pédiatriques de Montréal (HME et Sainte-Justine) et les secteurs public et privé (gouvernement et donateurs).Un tel lieu de convergence doit être sauvé.Jean B.Dufresne Montréal, le 13 mai 2004 LETTRES -?- Cégeps : pour éviter la bureaucratie Dans la foulée de la modernisation de l’État québécois, il y aurait lieu de s’interroger sur ce que devrait être la fonction des directeurs généraux et des directeurs des études dans les cégeps du XXI' siècle.La Fédération des cégeps ayant, malencontreusement, oublié de le faire dans son cahier d’orientations, je me permets de proposer quelques pistes de réflexion.L’orientation numéro 4 du cahier d’orientations prévoit resserrer les liens entre les cégeps et les instances socio-économiques du milieu où ils sont implantés.Plus particulièrement, elle propose d’augmenter le nombre de leurs représentants au conseil d’administration.Bravo! Il est effectivement important de resserrer les üens entre les cégeps et le milieu.Mais il faut aller plus loin.Tant qu’à être modernes, soyons-le jusqu’au bout Ainsi, il faudrait aussi resserrer les liens entre les directeurs généraux, les directeurs des études et le milieu de l’enseignement.Dans cette perspective, il serait intéressant que ces derniers assument une charge d’enseignement d’un cours par session.Cela leur permettrait de tisser des liens plus étroits non seulement avec les enseignants, mais aussi avec les étudiants.Ils vivraient ou, pour ceux qui l’ont déjà vécue mais oublié, revivraient la réalité collégiale dans sa toute plénitude.H faudrait aussi, toujours dans un souci de rester proche du milieu, que les directeurs généraux et les directeurs des études ne remplissent pas plus de deux mandats de quatre ans.On éviterait ainsi les risques de bureaucratisation malheureusement inhérents à leurs fonctions.Après deux mandats au service du milieu, ils pourraient retourner à l’enseignement, question d’apprécier pleinement les mesures mises en place sous leur administration.Ces mesures ont l’avantage d’être simples et peu coûteuses, sans compter qu’elles augmenteraient la productivité des collèges.Cela serait tout à fait dans l’esprit des 173 heures ajoutées au contrat de travail des enseignants.Convergence quand tu nous tiens.Bien sûr, il ne s’agit que de pistes de réflexion, mais, je ne saurais dire pourquoi, j’ai la profonde conviction que, si elles étaient retenues, l’en-.seignement collégial en serait à jamais transformé.André Paul-Hus Le 12 mai 2004 Un Américain décapité.Une photo, dans Le Devoir du 12 mai 2004 en page Bl, et j’espère que cette photo ne sera, pas la dernière.Si ça prend ça pour nous réveiller.Il serait temps que nos voisins des États-Unis, chrétiens et méthodistes, se rendent compte que la société du «miracle du marché» ne fait que nous entraîner dans la guerre.Il n’y a pas que le miracle au bout du tunnel de la mort Nous qui savons faire des sous avec toutes ces bonnes compagnies engagées dans cette guerre, nous avons décapité en Afrique et en Amérique du Sud et ailleurs des centaines de milliers d’innocents.[.] Pas besoin d’être socio-politico-économiste, constructeur ou déconstructeur.Toynbee depuis longtemps nous a expliqué les délicats problèmes des rapports homme/femme en chrétienté et en Islam.Relire Le Monde et l’Occident.Faut-il publier toutes les photos de ceux que nous torturons et que nous avons torturés au nom du commerce libre?Nous sommes devenus nazis.Le Juif, l’homosexuel, le tsigane étaient des objets, des choses.les islamistes et des pays entiers sont aussi devenu des choses.Qu’on se le dise.Ne faites pas porter, messieurs les salauds, l’odieux de l’humiliation contrôlée par une jeune femme militaire.Assez de mépris, assez de réification, une maladie qui nous ronge comme la peste.[.] Retenir que God is an American et retenir que le poisson pourrit par la tête.Le danger d’invoquer le divin et de penser se donner ses pouvoirs, c’est le risque que Hitler a couru.Allumons nos lumières et vite.Nous avons créé notre holocauste au Vietnam, les décapitations sont notre œuvre.Notre christianisme commercial et militarisé est horrible.Gilles Derome Laval, le 12 mai 2004 LIBRE OPINION Une architecture pas si verte • • t MARC-ANDRÉ GIRARD Enseignant en sciences humaines Avant d’être aussi optimiste à l’endroit de ce que nous pourrions appeler l’architecture verte, il y a lieu d’examiner quelques informations vitales qui sont malheureusement restées dans l’ombre de l’article du Devoir du 10 mai dernier intitulé «L’architecture se met au vert à Montréal».Récemment, j’ai eu l’occasion de visiter la centrale Gazmont avec une douzaine d’élèves engagés dans un comité environnemental en milieu scolaire.Inutile de vous dire que chacun d’entre nous a été grandement impressionné par cette initiative concrète de récupération des biogaz afin de les utiliser comme combustible dans la création d’énergie.Surtout compte tenu du fait que Gazmont vise la cogénération en chauffant ou climatisant certains immeubles industriels situés dans son voisinage immédiat, dont le nouveau chapiteau de la Cité des arts du cirque.Cependant, nous avons appris que Gazmont espérait obtenir la permission des autorités de briller rien de moins que du mazout lourd.Cela a rapidement eu l’effet d’une douche froide sur l’enthousiasme des élèves du comité.Cela dit, ce fait ajoute une teinte plutôt noircie sur le vert de cette structure dite écologique.Prenons le temps d’analyser la problématique.La centrale Gazmont est une solution concrète à un problème très sérieux, celui de l’émanation des biogaz provenant des sites d’enfouissement Non seulement ces gaz sont-ils dangereusement inflammables, mais ils sont constitués à 50 % de méthane, un gaz géré par le protocole de Kyoto qui contribue 21 fois plus à l’effet de serre que le gaz carbonique.Les biogaz sont créés par la décomposition des déchets enfouis dans ce qu’on appelle le site d’enfouissement Saint-Michel.Ce site d’enfouissement est en fait implanté au sein d’un énorme trou laissé par l’extraction des matériaux de construction par la carrière Miron.Depuis 1968, il a accueilli rien de moins qu’une tonne de déchets annuellement jusqu’en 2000, le tout enfoui dans plus de 170 mètres de profondeur.Lorsque les 365 puits aspirent les 20 000 m3 de biogaz à l’heure, le tout est brûlé et produit 25 MW d’électricité en rejetant de la vapeur d’eau et du gaz carbonique dans l’atmosphère.Cela dit, la centrale joue un rôle concret dans la diminution des gaz à effet de serre (GES) au Québec.D’ailleurs, Biothermica, la compagnie dont Gazmont est une filiale, entend reproduire ce procédé et l’appliquer à d’autres sites d’enfouissement ailleurs dans le monde.Le monopole d’Hydro-Québec En vertu de la loi, tous les producteurs p>ri-vés doivent obligatoirement vendre leur élec-triçité à Hydro-Québec.Gazmont et la société d’Etat ont un contrat ferme de 25 années où la centrale alimentée aux biogaz doit obligatoire- ment fournir les 25 MW promis afin qu’Hydro-Québec les intègre à sa puissance installée.Par conséquent, Gazmont est soumise à d’im-portantes pénalités si son contrat n’est {«s respecté ou s’il y a une baisse de la production.Parallèlement, pendant l’hiver, les bactéries qui permettent la biodégradation sont moins présentes et travaillent au ralenti.Conséquemment, il y a moins de biogaz alors que c’est spécifiquement à cette période de l’année que la demande d’énetgie est à son apogée.La seule option qui est envisageable pour Gazmont est d’acheter du gaz naturel pour maintenir sa production et respecter son contrat La chaudière de cette centrale thermique est également facilement modifiable pour brûler un autre combustible tel le mazout lourd.En bref ce qu’Hydro-Québec veut c’est une quantité prédéterminée avec le contractant en ce qui concerne l’approvisionnement en énergie.Que ce soit une énçrgie verte ou une énergie sale, la société d’État n’en tient aucunement compte.Des dollars verts ou des dollars souillés, c’est du pareil au même.Ainsi, la vapeur d’eau utilisée pour chauffer ou climatiser les lieux du chapiteau de la Cité des arts du cirque risque de ne pas être très verte.De la vapeur produite à partir des biogaz récupérés, c’est une excellente initiative.Cependant, si Gazmont fournit la même vapeur d’eau produite à partir de gaz naturel ou pire, à partir de mazout lourd, c’est une tout autre histoire. LE DEVOIR.LE MARDI 18 MAI 2 0 0 4 IDÉES Les modifications au régime d’assurance-emploi Les différents moules du travail saisonnier Les mesures annoncées par le ministre Joseph Volpe ne sont certainement pas ce dont les travailleurs ont le plus besoin CAROLE VINCENT Économiste et associée principale de recherche.Société de recherche sociale appliquée e 11 mai dernier le gouvernement fédéral annonçait des modifications au régime d’assurance-emploi pour venir en aide aux travailleurs saisonniers.Dans le cadre de ce que le gouvernement désigne comme un projet-pilote, certains travailleurs vivant dans des régions où le taux de chômage est supérieur ou égal à 10 % auront plus facilement accès à des prestations d’assurance-emploi.Ces mesures pré-électorales visent à améliorer la situation financière d’un peu plus de 100 000 travailleurs dont une majorité réside au Québec et dans les provinces de l’Atlantique.L’annonce du ministre Joseph Volpe a reçu un accueil plutôt tiède, autant parmi les travailleurs concernés que dans les milieux syndicaux et le monde des affaires.Et pour cause: ces nouvelles mesures temporaires sont au mieux une panacée, mais certainement pas ce dont les travailleurs ont le plus besoin.Tenter de formuler une solution au problème des travailleurs saisonniers c’est supposer que ceux-ci forment un groupe homogène de travailleurs: on pense à eux comme des travailleurs qui occupent un emploi durant 12,15 ou 20 semaines et reçoivent des prestations d’assurance-emploi durant le reste de l’année ou subissent une période plus ou moins longue de «trou noir» pendant laquelle ils reçoivent ni salaire, ni prestations.Or les circonstances vécues par les travailleurs dits saisonniers sont beaucoup plus complexes et variées que celles-ci.Les travailleurs qui font face à des mises à pied saisonnières et récurrentes habitent dans toutes les provinces du Canada et dans des régions aux conjonctures économiques variées.En fait, près d’un tiers d’entre eux vivent dans des régions où les taux de chômage sont relativement faibles, ce qui va à l’encontre du stéréotype selon lequel les travailleurs saisonniers habitent nécessairement dans des régions où les occasions d’emploi sont mauvaises.Un emploi saisonnier peut très bien convenir aux étudiants qui préfèrent un travail temporaire ou encore à certaines personnes qui doivent assumer certaines responsabilités familiales ou autres engagements en raison desquels il leur est difficile, sinon impossible, d’occuper un emploi toute l’année.En revanche, un emploi saisonnier n’est peut-être pas le régime de travail préféré d’autres travailleurs qui, an-_née après année, se heurtent à divers obstacles pour obtenir un emploi plus stable.Selon leurs circonstances particulières, certains de ces travailleurs auront accès à l’assuranceemploi.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Un peu plus de 100 000 travailleurs, dont une majorité réside au Québec et dans les provinces de l’Atlantique, occupent un travail saisonnier.F T*' -, En fait, seule une minorité (environ un tiers) des travailleurs qui vivent des mises à pied saisonnières récurrentes ont systématiquement recours à l’assuran-ce-emploi et ils connaissent d’importantes difficultés, étant peu instruits, plus âgés et vivant dans régions où le taux de chômage est élevé.Par ailleurs, près de 20 % ne reçoivent jamais de prestations, soit parce qu’ils ont un autre emploi sur lequel ils peuvent compter, soit parce que leur emploi saisonnier ne leur permet pas d’accumuler suffisamment d’heures de travail pour avoir droit aux prestations.À cet égard, la disparité entre les sexes est frappante: alors que les femmes représentent en- viron 40 % de tous ceux et celles qui sont mis à pied durant la même «saison creuse» d’année en année, elles ne représentent que 30 % de ces travailleurs saisonniers qui ont systématiquement recours à l’assu-rance-emploi et 50 % de ceux qui n’ont jamais recours aux prestations.Les vrais impacts La réforme du régime d'assurance-emploi de 1996 est souvent décriée pour avoir eu un impact désastreux pour les travailleurs saisonniers, rendant leur accès aux prestations plus difficiles.Or, pour nombre d’entre eux, c’est tout le contraire qui s'est produit: l’introduction de règles d'admissibilité aux prestations fondées sur les heures plutôt que les semaines travaillées a bénéficié aux travailleurs saisonniers qui ont souvent de longues semaines de travail.Ainsi, en travaillant de nombreuses heures par semaine, ils réussissent plus rapidement à accumuler suffisamment d’heures de travail pour se qualifier pour des prestations et peuvent également recevoir des prestations pendant une plus longue période.Les règles même d'admissibilité aux prestations jouent un rôle clé dans l’incidence du phénomène de «trou noir» dans la mesure où elles peuvent dissuader certains travailleurs, particulièrement ceux qui sont déjà défavorisés au niveau de leurs compétences et de leurs occasions d'emploi, de tenter d'obtenir im emploi à l'année.En réalité, les règles du régime d’assurance-emploi ne fournissent souvent pas aux travailleurs — et aux employeurs qui les embauchent — le bon éventail de mesures incitatives pour faire en sorte que les travailleurs puissent réaliser leur plein potentiel en matière de développement professionnel.Les travailleurs qui ont des horaires de travail moins intensifs ont perdu au change suite à la réforme de 1996, et ce constat vaut pour l’ensemble des travailleurs, et non seulement pour les travailleurs saisonniers.Le programme actuel d’assurance-emploi reflète mal les réalités du marché du travail d’aujourd’hui, un marché où un nombre croissant de travailleurs — et surtout de travailleuses — occupent des emplois temporaires et à temps partiel.Ces travailleurs pourraient ne jamais avoir droit à des prestations s’ils perdaient leur emploi même s'ils ont eu cet horaire de travail depuis des années, et même s’ils sont obligés de verser des contributions au régime.Puisque les travailleurs et travailleuses canadiennes vivent des situations d’emplois et de vie personnelle très variées, leurs besoins sont multiples.Plutôt que de chercher un baume magique pour pallier le manque d’occasions d’emploi véritablement adéquates, le gouvernement devrait reconnaître que le programme d’assurance-emploi doit être flexible tout en évitant les effets pervers.On pourrait envisager un programme dans lequel des prestations spéciales seraient offertes aux travailleurs qui sont peu susceptibles d’opérer avec succès une transition vers un emploi plus stable tout en s’assurant de restreindre l’accès à des prestations régulières trop généreuses à ceux pour qui des changements professionnels heureux sont encore possibles.Les options pour améliorer l’assurance-emploi sont nombreuses.On peut fortement douter que les mesures annoncées cette semaine en fassent partie et, étant donné le peu d’enthousiasme qu’elles ont suscité de la part des travailleurs, il semble peu probable qu’elles puissent même servir à gagner des votes.Réflexion éthique sur les orientations du gouvernement québécois Faut-il étendre le dépistage génétique à tout le Québec ?YVES BOLDUC Président, Comité régional de bioéthique du Saguenay-Lac-Saint-Jean * Premier de deux textes .n janvier 2003, la Régie de la Santé et des E Services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean annonçait une subvention de 60 000 $ à un programme de dépistage gratuit de cinq maladies héréditaires récessives au it==J sein des familles à risque.L’annonce de ce programme n’avait été précédée d’aucune évaluation éthique ni de discussions publiques.Au cours des dernières semaines, un regroupement, la Corporation de recherche et d’action sur les maladies héréditaires (CORAMH), formé de chercheurs, de médecins et de représentants des familles touchées par l’une ou l’autre des cinq maladies héréditaires, a entrepris une campagne publicitaire d’envergure (200 000 $) afin de promouvoir l'élargissement à l’ensemble de la population du programme actuel de dépistage assumé par l’État Considérant les enjeux éthiques importants non seulement pour la région mais éventuellement pour le Québec dont nous sommes une région-laboratoire en génétique, le Comité de bioéthique du Sague-nay-Lac-Sdnt-Jean, formé de représentants de comités d’éthique clinique et de la recherche médicale de divers établissements de la région, a entrepris une réflexion qu’ü souhaite partager publiquement Les orientations du gouvernement québécois en matière de génétique doivent selon nous, faire l’objet d’un débat public.Nous reconnaissons l’épreuve extrêmement difficile que peut représenter la manifestation d’une de ces maladies au sein d’une famille, nous comprenons le souci des parents d’éviter leur épreuve à d’autres, mais nous croyons aussi que l’adoption de stratégies de prévention par l’État et les services de santé publique commande une réflexion de la part de toute la communauté concernée.Pas plus de maladies héréditaires ici qu’ailleurs Les cinq maladies en cause (acidose lactique, tyrosinémie, fibrose kystique, neuropathie sensitivo-mo-trice et ataxie spastique de Charlevoix-Saguenay) sont dites récessives, c’est-à-dire que leur apparition exige la présence chez le malade des deux copies du gène défectueux hérité de ses parents.Ces maladies sont toutes incurables et se manifestent de façons fort diverses, certaines étant grandement invalidantes et frappant en très bas âge (par exemple, l’acidose lactique), d’autres, se développant plus tardivement et pour lesquelles l’espérance de vie de la personne atteinte se rapproche de celle de la population en général (l’ataxie de Charlevoix-Saguenay).Les porteurs d’un seul gène récessif défectueux ne sont pas atteints de la maladie; d’ailleurs, on estime que tous les humains sont porteurs de quelques gènes récessife anormaux.Au sein d’une vaste population, dont les ancêtres proviennent de régions différentes, les risques que les mêmes gènes récessifs soient transmis à un enfant sont moins grands.L’histoire démographique particulière du Saguenay/Lac-Saint-Jean a cependant contribué à la diffusion des mêmes gènes défectueux: un effet fondateur résultant d’une immigration provenant aux trois quarts de la même région (Charlevoix) et connaissant un fort taux de fécondité a accru les chances que les mêmes gènes se rencontrent au sein de la population régionale.C’est ce qui explique la prévalence chez nous des cinq maladies mentionnées.En contrepartie, la région ne connaît à peu près pas certaines maladies héréditaires fréquentes dans d’autres régions.A l’encontre de certains préjugés tenaces, rappelons que la présence dans la région de ces maladies héréditaires n’a rien à voir avec les mariages consanguins (entre parents proches), qui ont même été moins fréquents ici, pour certaines périodes, que dans d’autres régions du Québec.Enjeux sociaux et éthiques La découverte des gènes responsables des maladies héréditaires laisse espérer la mise au point éventuelle, par la pharmacogénomique, de nouveaux médicaments plus efficaces.Par ailleurs, malgré des résultats décevants jusqu’ici, on espère encore un jour pouvoir guérir les gènes défectueux par la thérapie génique.Mais ces, perspectives thérapeutiques sont encore lointaines.Étant donné l’absence de traitement curatif, les applications les plus immédiates résultant de la connaissance des gènes sont surtout d’ordre diagnostique.Les espoirs de guérison se sont estompés, plus particulièrement pour les maladies régionales: leur rareté dans le monde et le rapport disproportionné des coûts/bénéfices escomptés de la recherche ne sont pas susceptibles d’intéresser les compagnies pharmaceutiques.Même pour les maladies héréditaires plus communes, le génome s’avère d’une complexité qu’on ne soupçonnait pas il y a quelques années et on met désormais des bémols aux promesses de traitements efficaces.Il n’en demeure pas moins que grâce aux nouveaux outils diagnostiques, les membres d’un couple porteurs du même gène récessif défectueux savent qu’ils ont une chance sur quatre d’avoir un enfant atteint.Connaissant sa condition, le couple peut faire les choix reproductifs en conséquence: avoir ou non un enfant, recourir à l’adoption, à l’insémination artificielle, au dépistage prénatal (amniocentèse à la 14' semaine de grossesse) ou au diagnostic préimplantatoire (fécondation in vitro de plusieurs ovules et réimplantation dans l’utérus d’un embryon sain).Dans ces deux derniers cas, le diagnostic permet de «sélectionner» l’enfant à naître sur la base de ses caractéristiques génétiques, ce qui soulève la question de l’eugénisme.L’inventeur du terme eugénique (étymologie: eu, bonne et genos, naissance), Francis Gallon, l’a défini en 1883 comme •l’étude des facteurs socialement contrôlables qui peuvent élever ou abaisser les qualités raciales des générations futures, aussi bien physiquement que mentalement».L’eugénisme se présente comme un courant idéologico-scientifique prônant l’amélioration de l’espèce humaine par l’élimination des gènes défectueux (eugénisme négatif) et la promotion de la naissance de sujets «sains» (eugénisme positif).Alors qu’il n’y a eu au siècle dernier qu’un seul programme à grande échelle d’eugénisme positif, celui de l’Allemagne nazie, l’eugénisme négatif a pris la forme, dans la première moitié du siècle, de programmes coercitifs, (par exemple, de stérilisation) appliqués par divers États (Suède, Danemark, Finlande, États-Unis, Canada.) à l’égard de groupes sociaux ou d’ethnies dans le but d’en éliminer les «tares» (débilités intellectuelles et maladies mentales surtout) ou les «déviances sociales» (alcoolisme, criminalité, homosexualité, etc.) considérées — le plus souvent à tort — comme héréditaires.Certains s’opposent à qualifier d’eugénisme la sélection génétique lorsque celle-ci résulte de préférences parentales et non de mesures imposées par l’État D’autres considèrent cet «eugénisme libéral» plus menaçant même que dans sa forme étatique.Par exemple, lors d’une entrevue au Devoir (12 janvier 2003), le généticien français Jacques Testart affirmait «[.] l'eugénisme qu’on prépare s’annonce doux et démocratique.C’est beaucoup plus redoutable que les eugénismes qu’on a connus, qui étaient violents et organisés par des États.Parce que cela procédera de la volonté individuelle, il n’y aura plus aucune façon de s’y opposer.Dès que les techniques eugéniques seront demandées, elles seront offertes.Et les prix vont rapidement baisser, bien évidemment.» Bien sûr, l’État n'exercerait pas de coercition directe sur les individus dans ce genre de programme.Mais un dépistage de masse lancé par le gouvernement, accompagné d’un service de conseil génétique, ciblant formellement cinq maladies spécifiques, constitue déjà en soi un message clair qui peut aussi entraîner des effets pervers.Pensons, entre autres, aux pressions de leur milieu social et familial pouvant s’exercer sur les personnes refrisant de se soumettre aux tests et aux effets sur leur perception d’elles-mêmes des personnes et familles touchées par ces maladies.L’argument donné publiquement et de façon répétée au gouvernement par les promoteurs d’un dépistage de population selon lequel «dans le domaine des maladies héréditaires, il en coûte moins cher aux plans humain et économique de prévenir que de guérir» (Le Quotidien, 28-3-04) n’est-il pas déjà lourd de significations?Nous reconnaissons d’emblée qu’au plan moral, la décision de recourir ou non à des tests et de prendre les décisions subséquentes appartient aux individus et couples concernés.Mais la première condition d’un «libre choix» est qu’il soit pris en pleine connaissance de cause.Or, la présente campagne de promotion d’un dépistage de population passe complètement sous silence les enjeux éthiques et sociaux associés au dépistage: leur ignorance, croyons-nous, ne peut assurer un choix vraiment éclairé des éventuels participants.De plus, un libre choix suppose la présentation de solutions comparables.Mais nous connaissons tous les difficultés des familles responsables de personnes handicapées ou de malades chroniques, laissées complètement à elles-mêmes, sans services de soutien ni soutien financier significatif de la part de l’État.Qu’est-ce que cette situation laisse comme te ber té de choix aux couples qui apprennent que leur enfant à naître est atteint d'une maladie génétique grave et ne se voient offrir, comme service public, qu’une interruption de grossesse assumée par l’État?Liste des participants à cette réflexion: Dr Serge Bergeron, Hôpital de La Baie; Dr Yves Bolduc, Centre Le Jeannois, Alma; Me Denis Bonneville, Chicoutimi; Mme Yolande Caouette, Chicoutimi; M.Louis Côté, Centre Le Jeannois (Cégep d’Alma); Dr Michel Lévesque, Centre Le Jeannois, Alma; M.Jimmy Martel, Centre de santé Maria-Chapdelain, Dolbeau-Mistassi-ni; M.Jean-Robert Poulin, Centre de réadaptation en déficience intellectuelle du Saguenay/Lac-Saint-Jean (UQAC); M.Jean-Noël Ringuet, Hôpital de Roberval (Cégep de Chicoutimi); Dr Fabien Simard, Complexe hospitalier de la Sagamie; Mme Marie-Andrée Tremblay, Foyer Le Pionnier d’Hébertville; Mme Raymonde Tremblay, Carrefour de la santé de Jonquière.La première condition d’un libre choix est qu’il soit pris en pleine connaissance de cause L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l*infonnatkm générale et métropolitaine : Génüd Dallaire (adjoint an dirtcieur
de

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