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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2004-05-19, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 MAI 2004 CIRQUE / L’Ecole nationale présente son nouveau spectacle Page B 6 TÉLÉVISION Christiane Omrette en direct ne reviendra pas Page B 6 LE MONDE Opération à Rafah Israël s’attire la réprobation générale AGENCE FRANCE-PRESSE Jérusalem — Des voix condamnant l’opération meurtrière menée par l’armée israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, se sont élevées dans les pays arabes et occidentaux, et même en Israël, où des députés de gauche ont critiqué le *bain de sang» dans la bande de Gaza.Vingt Palestiniens ont été tués hier à Rafah, où l’armée israélienne a poursuivi une opération de grande envergure accompagnée de la destruction de maisons, qualifiée à! «énorme massacre» par Yasser Arafat Dix-neuf Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et le dernier par l’explosion d’un engin dont il voulait se servir contre des militaires.Le bilan s’est alourdi après que les ambulances palestiniennes ont été autorisées à entrer dans le quartier de Tal al-Sultan, dans le camp de réfugiés de Rafah, où les combats les plus violents ont eu lieu.Parmi les morts figurent surtout des combattants, mais aussi un enfant de 11 ans et une adolescente de 15 ans.D s’agit de l’un des bilans les phis lourds en un seul jour pour une opération de l’année israélienne en territoire palestinien depuis le début de l'intifada, en septembre 2000.Depuis le 12 mai, date de la mort de cinq soldats israéliens dans une attaque palestinienne menée contre leur blindé, 34 Palestiniens ont été tués à Rafah et des dizaines de maisons ont été détruites par l’armée israélienne, ce qui a eu pour conséquence de mettre un millier de personnes à la rue, selon l’agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens.Israël ne s’est fixé aucune «limite de temps» pour l’opération à Rafah, a annoncé le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz.D a assuré que l’opération baptisée «Arc-en-cid et nuages» ne «visait pas à démolir des maisons», mais à «rendre plus difficile la contrebande d’armes» par des tunnels traversant la frontière adjacente avec l’Egypte.L’armée israélienne a assuré qu’elle n’entravait pas l’aide fournie aux Palestiniens, notamment aux sans-abris, par différents organismes internationaux et qu’elle fournissait elle-même une aide médicale.Pendant la journée, seton des témoins, des hélicoptères israéliens ont survolé à faible altitude la ville et son camp de réfugiés, tirant épisodiquement des missiles ou faisant feu à la mitrailleuse lourde sur des hommes armés.La branche armée du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine aLQassam, a lancé un «appel urgent» à l’aide aux pays arabes et islamiques.Des milliers de Palestiniens ont ainsi manifesté à Gaza contre les «crimes de l’occupation à Rafah», à l'appel du Hamas.Pour sa part, l’Autorité palestinienne a dénoncé l’opération israé-lienne en la qualifiant de «crime de guerre» et a appelé la communauté internationale à intervenir pour y mettre fin.«Ce qui se passe à Refah est un énorme massacre planté et ils [les Israéliens] comptent le poursuivre», a déclaré le président de l’Autorité, Yasser Arafat Le président américain.George W.Bush, a estimé de son côté que le regain de violence dans la bande de Gaza était «troublant», lors d’un discours prononcé devant une association américaine proisraélienne à Washington.Le secrétaire d’Etat américain.Colin Powell, avait déclaré dimanche que son pays était opposé à la destruction de maisons.Mais le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott, McClellan, a indiqué hier que les Etats-Unis «comprenaient» les justifications données par Israël En même temps, la Cour suprême d’Israël a rejeté un appel logé par 45 Palestiniens contre une menace de destruction de leurs maisons à Rafah, après des assurances données par l’armée.VOIR PAGE B 2: RAFAH Sonia décline l’héritage La décision de l’héritière de la dynastie Nehru-Gandhi consterne ses partisans et surprend la classe politique indienne GUY TAILLEFER LE DEVOIR Guidée par sa «conscience» et sa «voix intérieure», Sonia Gandhi a décidé hier de renoncer à devenir première ministre de l’Inde.Nouvelle tout à fait consternante pour ses partisans, alors qu’on s’attendait au contraire à ce qu’elle annonce être en mesure de prendre les rênes du pays, à l’issue d’un entretien tenu en matinée avec le président A P J.Abdul Kalam pour discuter de la formation d’un nouveau gouvernement du Parti du Congrès.La nouvelle a assommé la classe politique et la société indienne, à peine remise de la surprise électorale provoquée par la victoire aussi éclatante qu’inattendue du Congrès emmené par Mme Gandhi aux législatives de jeudi dernier.Encore que l’on savait que le débat xénophobe sur les origines italiennes de Mme Gandhi la faisait douter.En revanche, l’annonce a fait remonter de façon spectaculaire les marchés boursiers, qui avaient fait une chute historique, la veille, devant la crainte que le Congrès, tiré sur la gauche par ses influents alliés communistes, ne remette en cause les réformes néolibérales appliquées depuis huit ans par le gouvernement défait des nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP).•Je dois humblement décliner ce poste», a déclaré Mme Gandhi à ses députés réunis d’urgence au parlement Héritière de la dynastie Nehru-Gandhi qui a gouverné l’Inde pendant 44 ans depuis l’indépendance obtenue en 1947, la void qui décline l’héritage.«Je n’ai jamais voulu être première ministre et ça n’a jamais été mon intention.» Elle a aussitôt été interrompue par des cris de déception et de colère.Pendant plus de deux heures et demie, des députés ont pris la parole pour tenter de la convaincre de changer d’avis, mais en vain.«Je vous demande d’accepter ma décision, je ne la changerai pas, leur a-t-elle déclaré.Il n’en est pas question.C’est ma voix intérieure, c’est ma conscience.» Les premières rumeurs sur les «réticences» de Mme Gandhi avaient commencé à circuler dans l’après-midi.Relayées par des chaînes de télévision, elles ont poussé des milliers de ses partisans à se rassembler devant sa résidence du 10 Janpath, à New Delhi, signant des lettres de sang et menaçant de se suicider si elle Le débat xénophobe sur ses origines l’a fait douter *§ f‘i» KAMAI.K1SHORE REUTERS «Je ne changerai pas ma décision.» ne revenait pas sur sa décision.Mme Gandhi, âgée de 57 ans, semble avoir pris sa décision pour des raisons autant politiques que personnelles.Les nationalistes hindous et de larges pans de la presse indienne se sont élevés avant et après la victoire du Congrès contre l’idée qu’une «étrangère» puisse devenir première ministre de l’Inde — alors qu’elle a la nationalité indienne depuis 1984.Au pays de la plus grande démocratie du monde, l’affaire est l’objet d’un déchirant débat national, même si la Constitution indienne ne connaît aucun empêchement à la désignation d’un chef de gouvernement né à l’étranger.Un commentateur du Indian Express s’est déclaré «profondément honteux» que les Indiens ne puissent s’entendre sur un «leader d’origine indienne», pendant qu’en éditorial The Times qf India estimait que l’élection du Congrès avait traduit le rejet de la «xénophobie bêtifiante» du BJE Sefan un de ses proches qui a requis l’anonymat, Mme Gandhi a indiqué qu'elle redoutait un retour des flammes des extrémistes hindous à propos de ses origines italiennes.«Ils sont prêts à tout», aurait-elle dit lors d’une réunion interne au Congrès.Elle aurait également confié à des proches ses craintes de ne pas parvenir, comme premier ministre, à jouer un rôle unificateur.11 est par ailleurs de notoriété publique que Mme Gandhi est entrée en politique à son corps défendant et à l’insistance du Congrès, ainsi que l’affirme un vieux conseiller de la famille Gandhi, Rajiv Desai.On serait réticent à moins: l’époux de Sonia Gandhi, Rajiv, et sa belle-mère, Indira, ont tous deux été a» sassinés alors qu’ils étaient premier ministre.Le premier ai 1991, la seconde en 1984.Jyoti Basu, un vieux leader du Parti communiste indien (PCD proche de la coalition formée par le Congrès, a affirmé hier que les deux enfants de Mme Gandhi, Rahul et Priyanka, craignaient pour sa vie.«On a perdu notre père, lui ont dit ses erfants.Nous ne voulons pas perdre notre mère», at-il déclaré.Après l’assassinat de son mari en 1991, qu’elle aurait préféré ne pas voir entrer en politique, elle a résisté pendant sept ans aux pressions du parti avant d’accepter de prendre le relais, inquiète face à la montée du BJP et de son idéologie ethno-reli-gieuse.En entrevue récemment avec New Delhi Television, elle a af firmé que son but était de «travailler avec d'autres afin que ce gouvernement [celui du BJP] disparaisse».Hier encore, devant ses députés déçus, elle a déclaré que sa responsabilité «en cette période critique» était d’apporter à l’Inde «un gouvernement laïque qui soit fini et stable».Dans cette perspective, Sonia Gandhi présentait hier l’image d’une femme qui avait le sentiment d’avoir accompli sa mission — bien que certains croyaient toujours possible qu’elle change de nouveau d’avis.Elle doit en principe rencontrer une nouvelle fois le président _ Kalam aujourd’hui pour ficeler la formation du nouveau gouvernement de coalition qui naviguerait au centre et à gauche.Un sikh comme premier ministre?De sources proches du Congrès, elle aurait avancé les noms de Man-mohan Singh etjde Pranab Kumar Murkejee, deux anciens ministres des Finances, comme candidats au poste de premia ministre.Le favori serait M.Singh, architecte des premiers programmes de libéralisation économique entre 1991 et 1996, jugé capable de trouva un équilibre entre les revendications de la gauche et celles des entreprises.De dénomination sikhe, M.Singh serait le premier chef de gouvernement en Inde à appartenir à une minorité.Homme discret, M.Singh a tenté de débureaucratisa l’Etat indien à l’époque où il était aux Finances.Ancien directeur de la banque centrale indienne, il défend un «modèle économique mixte» dans lequel les entreprises d’Etat sont appelées à jouer un rôle important.Considéré comme un réformiste, sa conception de l’économie indienne n’en est pas moins en rupture avec la politique de privatisation du gouvernement sortant VOIR PAGE B 2: SONIA Enquête sur le 11 septembre 2001 Les secours new-yorkais sous le feu des critiques MIKE SEGAR REUTERS Les familles des victimes ont revu les scènes atroces.CATHERINE HOURS AGENCE FRANCE-PRESSE New York — La commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 s’est interrogée hier, à New York, sur les défaillances des secours ce jour-là, au cours d’auditions fortes en émotion pour les proches des victimes.Devant quelque 200 parents des victimes, elle a commencé à auditionner les responsables des secours pour déterminer si les pates humaines auraient pu être moins élevées dans les tours du World Trade Center (WTC).La commission, qui auparavant avait eu accès à nombre de documents et d’interlocuteurs, a déjà publié un rapport préliminaire relevant des manquements.Elle signale notamment que le système d’appels d’urgence (911) s’est trouvé débordé, manquant d’informations, recourant seulement à des procédures standard, comme celle consistant à conseiller aux personnes de rester là où elles sont Elle souligne le manque de communications radio et de coor- dination entre le 911 et les secours sur le terrain, ainsi qu’entre ces secours eux-mêmes.«Il y a eu un certain manque de communication entre la police de l’Autorité portuaire [propriétaire du WTC] et la police de New York, les pompiers, a dit le président de la commission, Thomas Kean, à la chaîne CBS.Comment cela a pu se produire?Est-ce que ces problèmes ont été réglés et quelles sont les leçons?C’est ce que nous cherchons à savoir.» La commission, composée de cinq républicains et de cinq démocrates, en est à sa deuxième visite à New York, où 2749 personnes sont mortes dans ces attentats.Interrogé hia sur l’absence de plan d’évacuation par hélicoptère depuis les toits, Alan Reiss, ex-directeur du WTC, a répondu que •ce n’était pas une option viable», du fait du vent et des installations.Selon lui aussi, l’Autorité portuaire avait, avant le 11 septembre, pris en compte le danger terroriste, mais elle craignait avant tout un véhicule piégé ou le risque biologique et chimique.La tension est parfois montée dans la salle de la New School University.•Vous semblez dire que tout a été de travers», a reproché Thomas Von Essen, chef des pompiers lors du drame, après qu’un membre de la commission, John Lehman, eut dénoncé un état d’impréparation «scandaleux».«R est scandaleux que vous fassiez une telle déclaration», a-t-il ajouté.Des responsables de la police et des pompiers ont également nié que la vieille rivalité entre les deux maisons ait pu gêna les secours.Leurs nouveaux chefs ont fait état de l’amélioration de leur préparation.«Nous sommes mieux préparés aujourd’hui à répondre à une attaque terroriste que nous ne l'étions le 11 septembre» 2001, a dit le chef des pompiers, Nicholas Scoppetta, évoquant des heures d’entraînement spécial et un nouveau système de radiocommunications.Selon son homologue de la police, Ray Kelly, depuis le 11 septembre deux tentatives d’attentat ont été déjouées.Il a évoqué le millia d’hommes affectés chaque jour au contre-terrorisme, une «coopération meilleure avec le FBI», une action internationale accrue.Dans le public, l’émotion était palpable.Barry Zelman a perdu son frère le 11 septembre.«R a été assassiné.Je veux savoir ce qu’ils savaient, si les tours étaient conformes aux normes», dit-il à l’AFP Certains exprimaient déjà leur frustration.«Je suis venue pour apprendre ce qui est arrivé, dit Sally Regenhard, dont le fils, Christian, fait partie des 343 pompiers disparus.Mais, jusqu'à présent, je n'ai pas entendu de réponse, juste beaucoup de discours sur la bravoure.» ¦ Aujourd’hui, la commission de-.vait entendre l’ancien maire, Rudolph Giuliani.Elle doit remettre son rapport à la fin juillet LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 MAI 2004 B 2 LE MONDE SONIA SUITE DE LA PAGE B 1 Irak: risques d’une déstabilisation accrue Aussi le nouveau gouvernement aura-t-il à trancher sur la vente de ses intérêts dans des banques d’Etat, sur la privatisation d’Air India et d Indian Airlines et sur la déréglementation de l’industrie pétrolière.Le défi pour le prochain chef de gouvernement consistera à soutenir la croissance économique en Inde (une croissance de l'ordre de 8 % par année) tout en donnant aux réformes un •visage humain», pour reprendre l’expression utilisée par Mme Gandhi en campagne.Le Congrès et ses alliés de gauche doivent largement leur élection aux dizaines de millions d’électeurs pauvres qui ont été exclus d’une croissance économique qui a surtout profité aux élites urbaines et sur laquelle le BJE armé de son slogan «L’Inde qui brille», a cru à tort pouvoir s’appuyer pour être réélu.Politiquement, le Congrès redevient le premier parti du pays, mais fl ne pourra gouverner sans former des alliances.fl a pour le moment l’appui d’une vingtaine de petits partis, ce qui confère à sa coalition une majorité de plus de 320 sièges sur les 543 du Parlement Les communistes, les alliés les plus importants du Congrès, ont décidé qu’ils soutiendraient le gouvernement en lui fournissant leurs voix au Parlement, mais sans s’y joindre formellement Auprès de leur électorat analysent les experts, les communistes (le PCI gouverne l’État du Bengal occidental depuis 26 ans, mais son rayonnement n’est pas national) pourront prétendre conserver leur indépendance d’esprit marxiste-léniniste tout en faisant joua- leur influence parlementaire auprès du Congrès.RAFAH SUITE DE LA PAGE B 1 •Il est complètement inacceptable de continuer à baptiser Gaza dans le sang», a déclaré à la télévision le député travailliste Avraham Burg, ancien président du Parlement affirmant que 4’armée ne pourra pas résoudre le conflit entre les Palestiniens et nous».«Ces actions portent atteinte à des centaines de personnes qui n’ont rien à voir avec les violences ni avec le terrorisme», a estimé de son côté le député Yossi Sarid.Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a affirmé que ces démolitions étaient «inacceptables».Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé Israël à deux reprises à mettre un terme à cette opération Les condamnations dans le monde arabe se sont également multipliées.La Jordanie a condamné d’escalade israélienne dangereuse à Gaza, la mort de Palestiniens et l’agression continue à travers la démolition de maisons», a rapporté l’agence officielle Pétra.«Le gouvernement jordanien a demandé à Israël de mettre immédiatement un terme» à ces actions, a-t-elle ajouté.Le secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique Abdehvahed Belkeziz a estimé que les destructions de maisons «pourraient mener à une catastrophe humanitaire dans les territoires occupés».Dans un communiqué publié, il a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à «intervenir rapidement».AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Londres et Washington ont mis en garde hier contre la multiplication des tentatives de déstabilisation en Irak, à l’approche du transfert, fin juin, du pouvoir aux Irakiens, au lendemain de l’assassinat d’Ezzedine Salim, président en exercice du conseil de gouvernement intérimaire.Quatre personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur la décapitation de l’homme d’affaires américain Nicholas Bag.«Au fur et à mesure que nous nous rapprocherons de la date du transfert du pouvoir, il y aura des tentatives de plus en plus finies d’empêcher ce processus, car une situation d’occupation constitue une cible plus fiicile qu'un processus politique naissant», a déclaré Condoleezza Rice, conseillère du président George W.Bush pour la sécurité nationale, dans un entretien donné au quotidien français Le Figaro.«Les difficultés que nous rencontrons sont plus importantes que ce à quoi nous nous attendions il y a neuf mois», a également reconnu le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, sur les ondes de la BBC.Ces craintes ont été avivées par l’attentat commis lundi contre le président en exercice du gouvernement intérimaire irakien, dont les funérailles ont eu Heu hier à Bagdad en présence des membres de l’exécutif irakien, des autorités de la coalition, conduites par l’administrateur américain Paul Bremer, et de l’émissaire de l’ONU, Lakhdar Brahimi.Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a mis en garde contre tout optimisme, en soulignant que la date du 30 juin ne constituait «pas une date magique».«Est-il possible [qu'après le 30 juin] l’Irak retourne au chaos?Peut-être», a-t-fl estimé.Pour le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergueï Lavrov, le transfert du pouvoir sera un simple «changement d’enseigne» qui n’enrayera pas la déstabflisation de la situation.Le roi Abdallah fl de Jordanie s’est, à ce sujet, déclaré plutôt favorable à lldée que l’Irak soit gouverné par un homme «fort», peut- être un militaire, «capable de maintenir l’Irak uni dans les prochaines années».La reconstruction de l’Irak ne nécessite pas une aide américaine supplémentaire importante, a estimé hier le secrétaire américain adjoint à la Défense, Paul WoKo-witz, devant le Congrès.Le Congrès avait octroyé en novembre une enveloppe de 18,6 milliards de dollars, dont seuls trois milliards environ ont été dépensés jusqu’à présent Trois müitaires américains impliqués dans les sé- ! vices infligés à la prison d’Abou Ghraïb, près de Bagdad, doivent comparaître demain lors d’audiences préliminaires de la Cour martiale.La découverte, lundi en Irak, d’un obus contenant apparemment du gaz sarin fait craindre aux autorités américaines que des attaques aux armes chimiques ne viennent désormais menacer leurs troupes.Officiellement MM.Rumsfeld et WoKowitz, comme ! d’autres responsables du Pentagone, restent très prudents, soulignant la nécessité de nouvelles analyses px>ur confirmer la présence de ce gaz mortel tente de se définir Une «vitrine légale» de la résistance SOPHIE SHIHAB LE MONDE Bagdad — «Tu as entendu la bonne nouvelle?» C’est ainsi qu’une étudiante irakienne a apostrophé une amie, lundi 17 mai, dans un restaurant des «beaux» quartiers de Bagdad.La nouvelle, celle de l’assassinat du chef de l’exécutif irakien, Ezzedine Salim, a été saluée également dans les quartiers où abondent les graffitis «Mort au Conseil de gouvernement», notamment ceux qui ont été investis quelques jours, début avril, par des hommes en armes — chiites dans la populeuse Cité Sadr, sunnites à Adhamiya et ailleurs.Ces réactions spontanées, à contre-courant des condamnations officielles, sont celles d’une population largement plus favorable à la «résistance armée» qu’il y a un mois et demi mais qui reste déboussolée.À preuve, la faciüté avec laquelle un collègue des deux étudiantes — l’une sunnite, l'autre chiite — les a fait changer d’avis: toutes deux ont vite reconnu la différence entre résistance et terrorisme, approuvant l’idée que l’Irak «ne doit surtout pas se laisser entraîner par les extrémistes adeptes des attentats suicide».Plus significativement, deux organisations sunnites qui cherchent à se faire reconnaître comme «vitrines légales» de la résistance en Irak ont exprimé, lundi, la même position.Affirmant soutenir «la résistance armée légitime à l’occupation étrangère», elles évitaient jusqu’à présent de condamner les violences, même les attentats du tjpe de celui de lundi, qui, selon les Américains, «portent la marque» du Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui ou d’al-Qaida.C’est ce qui semble changer aujourd'hui.«La violence n’est pas le bon chemin», a ainsi déclaré lundi Mohammed Bashar al-Faydi, porte-parole de l’Assemblée des oulémas.Évoquant Ezzedine Salim, fl a précisé que «cet homme en particulier» avait [obliquement défendu «Fallouja, Najafet Kerbela», hauts Keux des insurrections sunnites et chiites.Autrement dit si la victime avait été un membre pro-américain de ce Conseil de gouvernement sous tutelle, l’Assemblée des oulémas aurait pu se taire, voire approuver.Mais la priorité, pour elle, semble de s’imposer comme interlocuteur, au nom du «peuple résistant», vis-à-vis de Lakhdar Brahimi conseiller spécial de Kofi Annan M.Brahimi poursuit ses consultations avec tous les partis et personnalités d’Irak non engagés dans la lutte armée pour trouver une formule de gouvernement intérimaire, doté d’une souveraineté à définir, en vue d’un transfert de pouvoir le 30 juin.Cette annonce devait être faite avant le 20 mai mais aurait été repoussée de dix jours.Parmi ses nouveaux interlocuteurs figurent les membres d’un autre groupe religieux sunnite en quête de reconnaissance, le Haut Secrétariat pour les fàtwas.Rival de l’Assemblée des oulémas, il se targue d’être plus influent auprès des groupes de combattants du «triangle sunnite», notamment à Fallouja: c’est après son intervention qu’a été signé (etrespocté) l’acconl de cessez-le-feu dans cette ville, négocié au départ por l’Assemblée des oulémas et par le seul parti islamiste sunnite représenté au Conseil de gouverne ment, le Parti islamique.Lundi, plusieurs membres de ce Haut Secrétariat, interrogés par Le Monde, ont dénoncé comme «plutôt nuisible» et «dangereux pour l’unité entre chiites et sunnites» l’attentat suicide du même jour à Bagdad.Mohammed Al-Machhadani, présenté comme le «chef politiqué des salafistes», une composante de ce groupa, a assuré vouloir «sortir de cette spirale de violences qui nous entraîne de l’Afghanistan à la Palestine et delà Tchétchénie à l’Irak».«Document de travail» Ce médecin a fait partie de la délégation du Haut Secrétariat reçue, le 14 mai, par M.Brahimi, auquel elle a remis un «document de travail» de quatre pages.Il parle de «préserver la personnalité isla- j mique» du pmys tout en réclamant des élections, pro- j pose une formule de type «soviets» px>ur la formation du gouvernement intérimaire, une Assemblée j constituante formée de juristes et d’oulémas, un «retour» de l’armée irakienne, la dissolution des milices.Mais surtout, «le dialogue direct avec la résistance légitime — à ne pas confondre avec les actes destructeurs commis par certains».La délégation devait être de nouveau reçue hier par M.Brahimi.Le Haut Secrétariat pour les fàtwas et l’Assemblée des oulémas ont organisé en mai, à Bagdad, des «congrès» élargis à des dizaines d’organisations px>ur «unifier l’opposition à l’occupation».Celui de l’Assemblée des oulémas avait un caractère arabe et islamiste.Le congrès du Haut Secrétariat, qui s’est tenu à l’invitation d’un obscur Rassemblement républicain démocratique, s’est voulu plus laïque.Mais dans leur ombre se profilaient ex-baasistes, membres des services secrets de l’ancien régime, actifs ou non dans la «résistance».Des dignitaires chrétiens et des représentants de Moqtada akSadr étaient aussi présents des deux côtés.Mais les liens du chef radical chiite seraient plus forts avec l’Assemblée des oulémas, dont la branche de Fallouja lui a rendu visite dimanche à Najaf, avec des camions d’aide humanitaire.Le Haut Secrétariat a déploré cette «prise de position, qui risque de foire le jeu américain consistant à diviser les chiites après avoir échoué à dresser les chiites contre les sunnites».h c ni ni es de TLérite2()0 4 UNE PRÉSENTATION DE Notre passion, la vie QT] Fondation Y des femmes Women’s Y Foundation Félicitations aux Femmes de mérite 2004 Le 12 mai dernier, la Fondation Y des femmes de Montréal, lors de son 11' Gala Femmes de mérite, rendait hommage à 13 femmes qui se sont illustrées par leurs réalisations tant personnelles que professionnelles, leur engagement social et leur contribution à l’avancement des femmes.Léa Cousineau Présidente, Commission des partenaires du marché du travail Pionnière Pfizer Anne Leahy Institut d’études internationales de Montréal, UQAM Grand prix Avancement de la femme Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration du Québec Dre Francine Décary Héma-Québec Affaires et professions Fédération des Caisses Desjardins du Québec Paule Baillargeon Réalisatrice et comédienne Arts et culture Loto Québec H Céline Calipeau Société Radio-Canada Communications D" Mariella Pandolfi Université de Montréal Éducation Banque Nationale Hazel Mah Restauratrice Entrepreneurship RBC Banque Royale ¦ Anila Madiraju Collège Marianopolis Jeune femme de mérite Jacob Diane M.Provencher CHUM - Hôpital Notre-Dame Santé Financière Sun Life D" Mona Nemer Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) Sciences et technologie IBM- Services conseils Michèle Audette Association des femmes autochtones du Québec Services communautaires Hydro Québec BPeta Tancred Université McGill Services publics Avon jyii Jocelyne Bourassa Golfeuse professionnelle Sports et mieux-être Banque Scotia V Cette publicité est une gracieuseté du FONDS de solidarité FTQ La force du travail Merci à nos partenaires! AVON BANQUE NATIONALE GC Hydro Québec Services-conseils en affaires & Banque Scotia JACOB LOTO OUÊBEIC Desjardins Financière «y Sun Life rSH RBC OTVClMdtoWWM ÿfc] Banque Royale * " Ç^u£bCC1 j I Le pape publie un livre Cité du Vatican (Reuters) — Le pape Jean-Paul II a fêté hier son 84' anniversaire en recevant en audience plusieurs visiteurs et en publiant un nouveau livre de mémoires.Jean-Paul II, de son vrai nom Karol Wojtyla, est né en 1920 à Wadowice, une ville pauvre du sud de la Pologne.Hier, il a reçu en audience le premier ministre portugais, José Manuel Durao Barroso, et le président pxflonais, Alexander Kwasniewski, ainsi qu’une soixantaine de participants à un colloque sur les migrations humaines.Souffrant d’arthrite et de la maladie de Parkinson, le pape est apjpraru ces derniers mois en meilleure santé qu’à l’automne dernier, lorsque, en plusieurs occasions, il avait dû confier à des collaborateurs le soin de lire ses discours, fl a prévu de se rendre en Suisse au mois de juin et en France au mois d’août Le pap» a également publié hier un nouveau Hvre de mémoires allant de 1958, date de sa nomination comme évêque, à nos jours.Le livre, d’abord publié uniquement en ItaHe sous le titre Debout, allons-y!, devrait devenir un best-seller s’il suit les traces du volume praru en 1994, qui s’était vendu à 20 mflBons d’exemplaires.Les droits d’auteur seront versés à des œuvres.EN BREF Contre l’esclavage Paris (Reuters) —Jacques Chirac a p)ropx>sé hier que le G8 pxenne «dès cette année une initiative sur l’esclavage», ce «fléau que Ton croyait disparu» mais qui «renaît avec la mondialisation», «fai proposé à nos partenaires du G8 l’adoption de législations nationales dans chacun de nos pays afin de permettre les poursuites pénales contre nos entreprises, qui, en connaissance de cause, auraient recouru à des formes modernes d’esclavage dans des pays tfers», a déclaré hier le chef de l’État français.| Violence nigériane Abuja (Reuters) — Le président nigérian Ohisegun Obasanjo a déclaré hier l’état d’urgence dais l’Etat coitral du Flateau où plusieurs centaines de musulmans ont été massacrés par des milices chrétiennes au début du mois.On estime que plus de 600 d’entre eux ont péri dans un raid de milices chrétiennes le 2 mal En représailles, le même nombre de chrétiens ont été tués par des musulmans à Kano. LE DEVOIR.LE MERCREDI 19 MAI 2004 B 3 - LE DEVOIR ?LE MONDE Le Viêt-nam lance sa grande Le tapis rouge est déroulé pour les expatriés.qui se f mm Si ARCHIVES REUTERS Pour aider les expatriés à céder au chant des sirènes, il y a la propagande.L’ombre d’Abou Ghraïb plane sur les prisons américaines ROBERT TANNER ASSOCIATED PRESS New York — Les associations américaines qui militent pour l’amélioration dçs conditions de détention aux Etats-Unis espèrent que le scandale des sévices infligés à des prisonniers irakiens par l’armée américaine va leur permettre de faire avancer leur cause.Coïncidence ou pas, deux des GI impliqués dans l’affaire des mauvais traitements à la prison d’Abou Ghraïb, à l’ouest de Bagdad, avaient travaillé, au civil, qomme gardiens de prison aux États-Unis.De nombreux cas d’abus commis par des gardiens ont été recensés au fil des ans dans les prisons amé^ ricaines.Dans les années 90, en Alabama, certains avaient l’habitude de menotter fré-quemment des détenus à un poteau de métal en plein soleil.La Cour suprême a finalement interdit ce procédé.En 1993, au Massachusetts, un gardien a versé de l’eau bouillante sur le sexe d’un homme condamné pour avoir tué un enfant.Il y a également eu des condamnations pour viol et agression et des allégations portant sur des sévices plus graves.Les directeurs de prison affirment que les choses se sont beaucoup améliorées ces dernières décennies.Mais les défenseurs des droits de l’homme notent la persistance d’une culture de la violence en prison, qui est aggravée, selon eux, par l’indifférence des hommes politiques et de l’opinion.2,1 millions de détenus «Le système n’est pas contrôlé, accuse Elizabeth Alexander, de rUnion américaine pour les libertés civiles.En ce sens, c’est comme en Irak.» Une politique de répression plus dure a coiltribué à l’accroissement,de la population carcérale aux Etats-Unis, qui s’élève actuellement à 2,1 millions de détenus, nombre qui a presque quadruplé depuis 1980.Les responsables des prisons reconnaissent les risques de dérapage, affirme James Gondles, directeur exécutif de l’Association pénitentiaire américaine (ACA).«Vous avez un pouvoir presque absolu sur d’autres individus et c’est un système qui peut facilement engendrer des abus.» L’ACA et une dizaine d’associations représentant les personnels pénitentiaires ont publié un communiqué dénonçant les sévices commis en Irak et affirmant que ceux-ci ne reflétaient en ripn les pratiques en vigueur aux Etats-Unis.«Je ne suis pas fier du fait que deux ou trois» soldats impliqués dans le scandale d’Abou Ghraïb «aient travaillé à temps plein dans des centres pénitentiaires aux États-Unis», déclare M.Gondles.Mais les détracteurs du système carcéral américain voient un lien entre les problèmes rencontrés dans les prisons américaines et l’affaire des sévices en Irak.«L’essentiel des violences vient des gardiens, affirme Michael Blain, qui a passé plusieurs années en prison pour vol à main armée et qui travaille maintenant pour une association réfléchissant à des peines de substitution.Hy a des passages à tabac, des accidents, des morts non signalées, un peu à l’image de ce qu’on voit en Irak.» Les partisans d’une réforme des conditions de détention soulignent toutefois que le problème des agressions et des viols entre détenus est encore plus grave que celui des violences infligées par les gardiens.Par ailleurs, les possibilités, pour les détenus victimes d’abus, de saisir la justice ont été réduites par une loi adoptée en 1996, souligne Margo Schlan-ger, professeur de droit à Harvard.Cette évolution est préoccupante, ajoute-t-eüe, car les tribunaux fédéraux jouent un grand rôle pour fixer des normes en matière de conditions de détention décentes.Pour donner du pep à son développement économique, le Viêt-nam table sur un retour au pays de sa diaspora.Mais cet appel à la réconciliation risque de trouver un écho peu favorable chez certains Viêt kiêu (Vietnamiens expatriés) amers qui, malgré les réformes, cultivent encore la haine du régime communiste en place.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Une tasse de thé au lotus fumant bien en main, Phùng Van Hanh a le sourire généreux, le fond des yeux marqué par 12 ans d’emprisonnement dans un camp de «rééducation» et la formule incendiaire: «Ce sont des criminels!», lance le président de la section montréalaise de la Communauté vietnamienne au Canada dans son bureau du quartier Côte-des-Neiges.«Ils peuvent toujours essayer de nous courtiser.Mais pour nous inciter à revenir dans notre pays natal, c’est d’un départ des dirigeants actuels que nous aimerions entendre parler, pas d’une résolution du Politburo.» L’homme, qui a M le Viêt-nam en 1988 sur un bateau de fortune en direction de la Thaïlande, n’a de toute évidence pas la langue dans sa poche.Et encore moins après s’être imprégné du texte de la résolution 36-NQ/TW adoptée à Hanoï le 26 mars dernier par le Politburo du Parti communiste vietnamien (PCV).Cette résolution reconnaît désormais les Viêt kiêu comme faisant «partie intégrante de la nation» mais aussi comme •facteur important dans les relations extérieures du pays».C’est le sujet de l’heure chez les 250 000 Vietnamiens — des boat-people pour la plupart — et leurs descendants établis depuis 30 ans au Canada Dans un élan d’ouverture, le gouvernement vietnamien fait désormais les yeux doux pour intégrer dans le processus de réforme économique amorcé en 1986 — baptisé doi moi — ceux et celles qu’il a fait fuir pendant la guerre et après la victoire du Nord sur le Sud, le 30 avril 1975.Avec un tapis rouge qui tranche avec les quelques politiques, dans le même esprit mais beaucoup plus timides, adoptées par le passé.«C’est une démarche très importante pour le Viêt-nam», commente Nguyen Quoc Cuong, numéro 2 de l’ambassade vietnamienne, rencontré plus tôt en avril à Ottawa.«Beaucoup de choses ont changé chez nous dans les dernières années et, pour poursuivre dans la voie du progrès comme pour construire un Viêt-nam fort, nous croyons nécessaire aujourd'hui d’améliorer l’unité nationale.» Passeport pour Saigon La porte est donc grand ouverte.Et pour inciter les 2,7 millions de Viêt kiêu dispersés à travers le monde à la franchir, Hanoï annonce ses couleurs: les procédures administratives leur permettant de retrouver la nationalité vietnamienne (et le passeport qui l’accompagne) vont être simplifiées, davantage rendues publiques et surtout ramenées à un prix unique pour être accessibles à tous, indépendam- ment de la nationalité, de la religion, de la classe sociale et du lieu de naissance du demandeur, précise le Politburo, mais aussi sans tenir compte des raisons qui ont poussé les Viêt kiêu à planter, à une autre époque, leurs racines sur des terres moins torturées du globe.Dans la foulée, le gouvernement vietnamien demande à ses services diplomatiques d’apporter l’«assts-tance appropriée» aux candidats au retour définitif mais aussi aux expatriés désirant simplement faire le voyage pour rendre visite à leur famille ou tisser des liens d’affaires.Avec un visa seulement Du côté économique, le régime en place sort ses incita-tife fiscaux pour encourager ses compatriotes exilés à investir au pays.Principalement dans les petites et moyennes entreprises déjà pilotées par des Viêt kiêu, ex-plique-t-on dans la résolution.Quant à ceux qui préféreraient rester sur leur terre d’adoption, Hanoï n’en demeure pas moins intéressé à les voir construire des ponts vers leur patrie d’origine.Comment?En ouvrant des marchés pour les produits vietnamiens chez eux et en facilitant la coopération économique et les investissements d’entreprises et d’organisations de leur coin vers les vertes et chaudes contrées du pays dHo Chi Minh.«Ce sont des points centraux de cette nouvelle résolution, lance le diplomate Nguyen Quoc Cuong.Et, bien sûr, il va falloir se les approprier pour bien les expliquer à nos compatriotes.» La partie n’est pas gagnée d’avance, compte tenu des rapports tendus qu’entretient la diaspora avec le régime communiste.«Nous sommes d’accord pour aider notre pays, mais pas le Parti!», résume Diep Trinh, de la Fédération vietnamienne du Canada.Hanoï s’en doute bien et, pour transformer les expatriés en Viêt kiêu yêu nuoc (Viêt kiêu amoureux de leur patrie) plus aptes à succomber au chant des sirènes, le Politburo mise sur la propagande.et la création d’un «réseau fort d ’information», histoire d’aider les réfugiés et leurs familles à mieux comprendre le Viêt-nam d’aujourd’hui, «ainsi qtçe le Parti [communiste] et les politiques dÉtat», peut-on lire.Le programme est chargé.11 repose entre autres sur le financement de cours de langue et de culture vietnamienne destinés aux enfants de la diaspora, sur des tournées d’artistes vietnamiens contemporains — de la trempe de la chanteuse populaire My Tâm, par exemple — à l’étranger et sur davantage d’investissements «pour offrir des programmes télévisés et radiophoniques de meilleur qualité à la communauté vietnamienne» d’outre-mer.de Chine méridionale.«Cela doit également s’accompagner de consultations», précise le représentant au séduction laissent désirer Canada de l'administration du premier mé mstre actuel Fham Van Khai.«Un comité spécial devrait aller à la rencontre des Viêt kiêu pour entendre ce qu'ils ont à dire, surtout les intellectuels vietnamiens expatriés, qui peuvent foire profiter leur pays natal de leur expertise pour écrire un nouveau chapitre de notre histoire.» Question de confiance L’intention est louable.Mais les mains et les cerveaux invités par Hanoï à construire le Viêt-nam de demain ne devraient pas se bousculer au portillon des aéroports Tan Son Nhat de Saigon ou Noi Bai d’Hanoi, estime Diep Trinh.«Simple question de cotfiance», résume ce sexagénaire tout en posant les yeux sur les rizières en terrasses du nord du pays qui animent l’immense toile décorant les bureaux sommaires de sa fédération sur la rue Rochester, à Ottawa.«Cette résolution est bien belle, dit-il.Mais les communistes ne disent jamais la vérité.Pourquoi les croire aujourdhui?» Phùng Van Hanh acquiesce.et ajoute: «Le système communiste vietnamien est un anachronisme, lance-t-il.Les dirigeants actuels essaient de réveiller en nous l’amour de la patrie.Mais ils n'ont pas saisi la réalité des choses Nous vivons désormais dans des pays libres et démocratiques, où la liberté de parole et d’opinion domine.Pourquoi renouer avec leur dirigisme, leur corruption et leurs mensonges?Notre retour ne peut être conditionnel qu ’à une seule chose: un mea-culpa du régime en place, qui doit reconnaître sa responsabilité pour les dégâts passés et présents avant de céder sa place à un gouvernement démocratiquement élu.Car ce n 'est pas une poignée d'hommes versés dans le totalitarisme mais bien un peuple vietnamien émancipé qui doit choisir le chemin que le Viêt-nam doit emprunter pour l’avenir» Les mots sont durs.La critique sévère.Mais elle ne semble guère émouvoir le diplomate vietnamien Nguyen Quoc Cuong, qui connaît le refrain.repris en chœur depuis 30 ans par certains réfugiés devant l’ambassade à Ottawa.Et ce, chaque 30 avril sombre date-anniversaire, pour eux, de la chute de Saügon.«Ces manifestations sont par contre de moins en moins nombreuses», souligne l’homme attablé devant un thé vert dans l’immense salle de conférence aux murs défraîchis de la représentation diplomatique vietnamienne.Le Viêt-nam change et les Viêt kiêu aussi.Certes, les personnes plus âgées conservent toujours leur rage contre le gouvernement.Mais cela n’est pas constructif.On pourrait vivre encore dix ans comme ça [dans l’affrontement] ou encore, comme le fait de plus en plus la nouvelle génération, arrêter de se soucier du passé pour travailler ensemble.» Cet appel à la réconciliation lancé par Hanoï et relayé à l’avenir par ses ambassades, près de 25 000 Canadiens d’origine vietnamienne, précise Nguyen Quoc Cuong, semblent d’ailleurs l’avoir entendu en 2003 en retournant pour affaires ou pour des vacances au pays d’Ho Chl Minh.Principalement pendant le Têt Nguyen Dan (le Nouvel An lunaire, fête la plus importante du calendrier vietnamien).De ce nombre, une trentaine ont même entamé les démarches pour renouer avec la nationalité vietnamienne, laissant ainsi le statut de Viêt kiêu pour devenir alors des Hoi huong, ces Vietnamiens expatriés qui reviennent au pays Le «libéralisme rouge» semble porter fruits FABIEN DEGLISE LE DEVOIR image est frappante.Du delta du Mékong à la baie d’Along en passant par Ho Chi Minh-Ville O’ex-Saé gon), Danang, Sapa, Hanoï et ses alentours, les fabricants de briques semblent désormais régner en maîtres sur le Viêt-nam Ils sont partout, sur le bord des routes, dans les villes de banlieue et même au cœur des villages éloignés, à pétrir la terre, rouge dans le sud et parfois grise au nord.Jour après jour, sous le soleil et ce, afin de produire les millions de briques nécessaires à la construction du pays.C’est que la République socialiste du Viêt-nam pousse.Vite.Très vite même, sous l’influence des capitaux étrangers que les réformes économiques — baptisées doi moi — ont permis d’attirer au pays d’Ho Chi Minh depuis le milieu des années 90.Le «libéralisme rouge» à la sauce vietnamienne semble porter fruits.Avec, derrière les hôtels de luxe et les tours de bureaux — dotés d’accès Internet à haute vitesse — qui sortent du bitume défraîchi de Saigon ou derrière les rangées de marchands de réfrigérateurs, de téléviseurs et de lecteurs de DVD de la rue Hai Ba Trung d’Hanoi une réalité: le Viêt-nam est aujourd’hui l’un des pays d’Asie qui ont le vent dans les voiles le phis fort avec une croissance moyenne annuelle de 7,4 % depuis dix ans.Ce qui le place, pour l’état de santé de son produit intérieur brut (PIB), après la Chine, certes, mais devant l’Inde, la Thaï lande et l’Indonésie.Mieux, la pauvreté, épidémie nationale pendant des décennies, qui touchait 58 % de la population en 1993, selon la Banque mondiale, a été ramenée en 2002 à un niveau de 29 %.«Cerf beaucoup mieux qu’avant», lance Than, un artisan de Danang, quand on lui demande comment va la vie aujourdhui dans son coin de pays.«Les conditions de vie se sont beaucoup améliorées pour un grand nombre d’entre nous.Mais ça pourrait encore être mieux» Sans doute.Mais depuis quelques années, malgré des signes économiques encourageants et l’arrivée de grandes multinationales des finances, de l’agroaHmenta-tion et des pesticides, le doi moi commence à battre un peu de Taile.Et le «petit tigre» est encore loin, avec ses infrastructures malmenées par le temps et son taux d’analphabétisme élevé, de rejoindre la famille des grands d’Asie: Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour.ARCHIVES REUTERS Les nouveaux hôtels ont poussé.La crise financière qui a frappé l’Asie du Sud-Est n'a en effet pas épargné le Viêt-nam, qui s’est fait retirer, après le krach boursier, les capitaux de ces riches voisins et, phis tard, l’argent de son nouvel ami américain qui en 1994, a décidé de lever son embargo sur les échanges commerciaux.Et il y a eu le SRAS, la grippe aviaire.Autant de freins qui poussent désormais le président Tran Duc Luong et le Parti communiste vietnamien (PCV) à repenser les réformes pour permettre au Viêt-nam de poursuivre sur sa lancée.Avec, dans la ligne de mire, les Viêt kiêu (Vietnamiens expatriés) comme facteur important d’un nouveau développement Des réseaux «On veut leur fric», résume Rodolphe De Koninck, de la Chaire d’études asiatiques de l’Université de Montréal «Hanoi a besoin d’investisseurs qui ont du capital mais aussi des réseaux Les Viêt kiêu ont généralement tout ça et l'avantage en plus d’avoir des réseaux dans le monde capitaliste américain et européen, dans lequel les autorités vietnamiennes veulent aller (miser.» L’équation n’a rien d’étonnant D’autant que, dans le cas des expatriés, elle s’accompagne d’un terme non négligeable: l’attachement culturel voire familial qui fait de ces «immigrants», généralement bien éduqués, des candidats plus quidéaux «Parce qu’avoir des capitaux, c’est bien, mais il fout aussi les compétences pour les utiliser», lance Phùng Van Hanh, président de la section montréalaise de la Communauté vietnamienne au Canada.«Et le Viêt- nam aimerait bien en avoir plus en ce moment.Alors, il essaie de réveiller en nous l'amour de la patrie pour mieux exploiter nos compétences en gestion, en finances et en technologies avancées.» Le pari comporte aussi sa part de risque.Car si les Viêt kiêu ont fréquenté de grandes universités et possèdent des réseaux d’influence dont le Politburo aimerait bien profiter à l’avenir, ils ont aussi planté leurs racines, au cours des 30 dernières années, sur des terres plus ouvertes.Avec, au quotidien, une information qui circule librement, un multipartisme dominant et surtout la possibilité de «s’opposer aux politiques du gouvernement en écrivant une lettre dans un journal sans craindre d’être directement jeté en prison», fait remarquer Diep Trinh, de la Fédération vietnamienne du Canada.Or, même si les usines poussent, si les touristes af-fluenl si les épiceries et autres commerces découvrent les notions de variété et si les motos neuves pullulent dans les rues de Saigon, le Viêt-nam d'aujourdhui demeure encore et toujours, sur le plan politique, une république socialiste.Avec son parti unique, ses journaux franchement à la botte du Politburo, ses télévisions d’Etat et ses opposants au régime, que l’on fait taire, en 2008, pour avoir «tente de renverser le gouvernement du peuple», précise Reporters sans frontières dans son rapport annuel L’univers est un brin paranoïaque mais surtout «anachronique», dit Phùng Van Hanh.Et les Viêt üteu pourraient bien, après 30 ans passés au Canada, aux États-Unis, en France ou en Suède, faire germer là les graines de la dissidence, ce qui mettrait ainsi en péril l’équilibre politique du pays.«Les dirigeants vietnamiens ne sont pas des enfants de choeur, dit M.De Koninck.Ils ont sûrement pensé à cet effet “cheval de Trine".Le risque doit donc être bien calculé Mais ü fout voir aussi que, à l’intérieur du PCV, plusieurs dirigeants sont de plus en plus en faveur d’une plus grande ouverture du pays Ils sont prêts à voir le système s’ouvrir et ils préfèrent que ce soient des Viêt kiêu qui s’en occupent.» Duc Trung, 35 ans, dentiste prospère de la région de Montréal a les atouts du parfait candidat actuellement recherché par un Politburo qui tente de séduire sa diaspora.Mais après 29 ans de vie de ce côté de la planète, le jeune professionnel est catégorique: «je me sens aujourdhui plus canadien que vietnamien, dh-fl.Cest ici chez moi Pas làfias Et beaucoup de jeunes comme moi n’ont plus ce sentiment d’appartenance qui pourrait les inciter à retourner au Viêt-nam.» «Le système n’est pas contrôlé.En ce sens, c’est comme en Irak.» La diaspora est d’accord pour aider le pays, mais le parti.?V LE DEVOIR.LE MERCREDI 19 MAI 2004 B 4 CULTDRE EN BREF Découverte de la Bibliothèque d’Alexandrie (Le Devoir) — Le ministère égyptien du Tourisme affirme qu’une équipe d’archéologues égypto-polonaise a mis au jour le site de l’antique bibliothèque d’Alexandrie, disparue il y a près de 16 siècles.L’équipe d’ar-.çhéologues a découvert 13 salles de conférence, qui auraient pu recevoir 5000 étudiants au total.Ces salles, de dimensions similaires, se trouvent à proximité d’un théâtre découvert précédemment et qui aurait aussi pu appartenir à la bibliothèque.Les auditoriums, en forme de U, sont terminés par un siège surélevé, qui pourrait être celui utilisé par les conférenciers.Archimède et Euclide ont travaillé dans cette bibliothèque antique, qui aurait été brûlée lors de l’insurrection contre César en 48 av.J.-C., sous Cléopâtre VIII (51-30).Antoine et Cléopâtre l’auraient transportée au Serapeum, mais ce dernier fut aussi incendié en 390 par des chrétiens et, selon certains historiens, également lors de la conquête arabe en 642 de notre ère.Une nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie a été inaugurée en 2002 par les présidents égyptien Hosni Moubarak et français Jacques Chirac, non loin de l’emplacement de la bibliothèque antique.Le meilleur ami des musées (Le Devoir) — Le prix Meilleur^) ami(e) des musées montréalais revient cette année à Charles S.N.Parent, vice-président de la Financière Banque Nationale.Décernée par la Société des directeurs des musées montréalais, cette distinction salue la contribution philanthropique d’un individu auprès d’un ou plusieurs musées de la métropole.Fm amateur et collectionneur d’art, M.Parent a notamment fait don de livres et de documents anciens sur l’histoire de Montréal au musée Pointe-à-Callière.Ex-membre du conseil d'administration du Musée d’art contemporam de Montréal, il siège actuellement au conseil d’administration de la Fondation du musée Pointe-à-Callière où il travaille aussi au développement des collections.Portes ouvertes dans les musées montréalais (Le Devoir) — La fièvre des musées envahira la métropole le 30 mai prochain à l’occasion de la 18e Journée des musées montréalais.Du Biodôme au Centre des Sciences en passant par les différents grands musées et galeries d’art, 30 de ces lieux culturels ouvrent leurs portes gratuitement aux Montréalais, à l’initiative de la Société des directeurs des musées montréalais.Un service d’autobus gratuit desservira le circuit des établissements participants grâce à la collaboration de la Société de transport de Montréal.Rendez-vous culturel d’envergure, cette journée «portes ouvertes» attire plus de 90 000 visiteurs annuellement «Un bel exemple d’appropriation par les citoyens de leur patrimoine», selon la présidente d’honneur de la Journée, Francine Senécal.Renseignements: www.museesmontreal.org.SONDAGE Un nombre élevé de Canadiens veulent que la culture et l’identité canadiennes soient solidifiées PAUL CAUCHON LE DEVOIR Alors que le Canada développe de plus en plus ses liens économiques avec les Etats-Unis, un nombre élevé de Canadiens veulent que la culture et l’identité canadiennes soient solidifiées, particulièrement par l’action gouvernementale.Ainsi, selon un sondage Ipsos-Reid réalisé auprès de 1100 Canadiens pendant la première semaine de mai, neuf Canadiens sur dix estiment qu’il est de plus en plus important de solidifier la culture et l’identité du pays.Et 66 % des Canadiens approuvent l’importance pour le gouvernement de maintenir une culture distincte.Les trois quarts des Canadiens se disent fiers de leur culture et de leur identité.Ce sondage a été commandé par Friends of Canadian Broadcasting, un groupe de pression créé il y a près de 20 ans, d’abord pour défendre le rôle de CBC et maintenant pour défendre plus largement l'identité et le contenu canadiens à la télévision.Le groupe avait diffusé la semaine dernière la première partie de ce sondage, où fl était indiqué que deux Canadiens sim trois croient que le gouvernement fédéral devrait intervenir pour limiter la concentration des médias.Sur ce dossier, c’était d’ailleurs les répondants québécois du sondage qui étaient les plus interventionnistes.Friends of Canadian Broadcasting semble vouloir utiliser ces données en prévision de la prochaine campagne électorale, puisque Ian Morrison, le porte-parole de l’organisme, indique que «les politiciens doivent comprendre qu’une identité forte est une condition importante» si le pays veut être encore plus intégré aux États-Unis, au plan économique.Ipsos-Reid a d’ailleurs analysé certaines réponses à la lumière des intentions de vote des répon-dants.On y découvre, par exemple, que le pourcentage de Canadiens qui veulent que le gouvernement soutienne une culture canadienne distincte est le même chez ceux qui s’apprêtent à voter pour les libéraux, pour le NPD et pour le Bloc québécois, soit entre 71 et 73 %, mais il n’est que de 52 % chez les partisans conservateurs.Selon le même sondage, 63 % des Canadiens croient qu’il faut maintenir un niveau minimal de programmes canadiens à la télévision et 57 % croient que les niveaux actuels ne vont pas assez loin, surtout en ce qui concerne les heures de grande écoute, entre 19h et 23h.Selon les données obtenues, c’est au Québec et dans les Maritimes qu’on accorde le plus d’importance à la question du contenu et des programmes canadiens.Québec accueiflera une exposition consacrée à Rubens, en octobre Peintre flamboyant de Vopulence des chairs, cet Anversois connaît un regain de popularité muséale à Véchelle planétaire JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le Musée national des beaux-arts du Québec accueillera, à compter du 14 octobre 2004, une grande exposition consacrée à l’oeuvre graphique du peintre flamand Rubens.Copyright Rubens est le fruit de la collaboration du musée des plaines d’Abraham et du Musée royal des beaux-arts d’Anvers.Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne de promotion de la Flandre au Québec qui doit se dérouler à l’automne.L’œuvre de Pierre Paul Rubens (1577-1640) témoigne déjà à elle seule de l’étonnante richesse de la peinture flamande.Peintre flamboyant de l’opulence des chairs, cet Anversois connaît un regain de popularité muséale à l’échelle planétaire.Lille, capitale culturelle européenne en 2004, lui consacre cette année une grande rétrospective, tandis que le Musée des beaux-arts d’Arras (Pas-de-Calais) propose une exposition comparative de son œuvre et de celle de Poussin.L’exposition présentée à Québec sous la direction de Mario Béland, conservateur de l’art ancien, retrace le processus de création des reproductions approuvées par le maître flamand: esquisses à l’huile, dessins préparatoires, planches de cuivre, épreuves corrigées, contre-épreuves et œuvres complétées jetteront la lumière sur cette part méconnue de son travail.L’esthétique du maître sur la peinture religieuse Rubens ou ses collaborateurs commandaient eux-mêmes des reproductions à des graveurs renommés.Tout ce travail, depuis l’élaboration des esquisses desti- V'I • » ' ¦»/' SOURCE COLLECTION DU MUSÉE ROYAL DES BEAUX-ARTS D’ANVERS Intitulée Samson et Dalila, cette gravure de Jacob Matham est inspirée de l’œuvre de Pierre Paul Rubens.nées à la gravure jusqu’à la réalisation finale, était soigneusement contrôlé par le maître.Tout cela était même, au besoin, retouché de sa plume ou de son pinceau, explique Nico Van Hout, commissaire de l’exposition au Musée royal des beaux-arts d’Anvers.«Les interventions critiques de Rubens ont fait naître des chefs-d’œuvre de l’art graphique, puissants et subtils à la fois, qui surpassent largement le niveau de la reproduction fidèle.» À une époque où les droits d’auteur n’étaient encore l’affaire que de privilèges particuliers attribués arbitrairement, Rubens réussit à faire valoir des interdits de publication pour les reproductions non approuvées de sa main.Soixante et onze de ses œuvres jouirent ainsi du privilège des droits d’auteur.Copyright Rubens permettra aussi de mieux comprendre l’influence de l’esthétique du maître sur la peinture religieuse du Nouveau Monde, promet Nico Van Hout L’exposition présentera des estampes tirées de la collection du Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, du Stedelijk Prentenka-binet et du Musée Plantin-More-tus à Anvers.D’autres proviendront notamment du Rijkspren-tenkabinet d’Amsterdam, des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, du Musée Narodo-we de Poznan et du Getty Museum de Los Angeles.En tout, Copyright Rubens présentera plus de cent estampes ainsi que des huiles et des dessins du grand maître flamand.La sœur de Bertrand Cantat s’interroge sur l’appel de sa condamnation ASSOCIATED PRESS Paris — «On est reparti dans le cauchemar.» La sœur de Bertrand Cantat, Ann, s’interroge dans une tribune publiée cette semaine dans Le Nouvel Observateur sur la décision de son frère de frire appel de sa condamnation à huit ans d’emprisonnement pour les coups mortels portés à sa compagne, Marie Trintignant «On est reparti dans le cauchemar pour des mois, peut-être des années.H faudra encore attendre un procès, de longs mois avant un jugement et le retour de mon frère Bertrand en France», confie-t-elle, s’expliquant pour la première fois sur cette affaire afin de «rétablir l’équilibre».«Je ne sais pas s’il aurait fait appel sans le revirement des Trintignant.On s'interrogeait tous: ne valait-il pas mieux qu’il rentre en France, pour enfin être pris en charge psychologiquement dans sa langue, se rapprocher des siens?Même si on était choqués par le verdict, à la fois la peine et la qualification du crime.» Pour Ann Cantat, qui avait présenté la comédienne à son frère, l’appel conservatoire des Trintignant était «juste de la cruauté».«On était en train de se résigner et je pense que Nadine Trintignant et son avocat le savaient [.] Eux qui, après le premier procès, avaient le culot de se dire satisfaits d’un verdict “équitable" et qui, trois semaines après, font appel.» La sœur du chanteur de Noir Désir rapporte que Bertrand Cantat «n’en est pas encore» à envisager de reprendre sa carrière.«Le présent est encore trop oppressant.Dans un coin de sa tête, je pense qu’il espère revivre un jour, c'est-à-dire créer, construire.Mais il est loin de se dire: “Quand je referai un disque” ou “Quand je remonterai sur scène", ou, c’est un peu du même niveau, “Le jour où je retomberai amoureux", puisqu’il est convaincu que cela ne lui arrivera plus jamais.» Décès de Tony Randall ASSOCIATED PRESS New York — Une figure populaire de la télévision américaine, le comédien Tony Randall, est mort îl était âgé de 84 ans.Surtout connu pour son rôle de Felix Unger dans la célèbre émission The Odd Couple, au réseau ABC, qui lui avait valu un Emmy, fl a rendu l’âme dans son sommeil lundi soir, à l’issue d’une longue maladie, selon ses agents, Springer Associates.L’acteur avait contracté une pneumonie après avoir subi un pontage coronarien en décembre.Il laisse sa femme, Heather Harlan Randall, qui lui a permis de devenir père pour la première fois à l’âge de 77 ans, et deux enfants âgés de sept et cinq ans.L’acteur avait été hospitalisé après avoir tenu la vedette, pendant un mois, dans une pièce de Luigi Pirandello présentée par le National Actors Theatre, qu’il avait lui-même fondé.Dans un hommage rendu au comédien, connu pour son travail sur la scène autant qu’au petit et au grand écrans, toutes les lumières des théâtres de Broadway devaient être mises en veilleuse à 20h, hier.Tony Randall, de son vrai nom Leonard Rosenberg, est né en 1920 à Tulsa, en Oklahoma.D a mené des études à l’université Northwestern, à Chicago, et à l’université Columbia, à New York, où il a fait ses débuts à la scène en 1941.A LA TELEVISION CANAUX 18HOO RDI 1 VS O VII IVII* MX Vil AK IV TTF RDS MIS I O R IA AR I V S £ H U S .iîANAI / >: SAVOIR f V AS ID N 1 ID CBC C 1 V (Molli > CÏHI IVII arc: CBS NRC FOX PBS l*BS cr» CIV ,i o,o ) AX.t OR AVI) DISCIIVI RY MIS I DRY ni wswmu d SHOWCASI I t ARNINC.I II I I SN Y IV I Aujourd'hui (17:30) L'union fait la force Boul.Saint-Laurent L'Epicerie Rumeurs Un gars.Une émission couleur une fille de Radio-Canada I Le Têlôjournal/Le I Cinéma / LES FELUETTES
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