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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-06-26, Collections de BAnQ.

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FESTIVAL DE JAZZ DE MONTRÉAL David Murray, le saxophoniste ardent ¦ Les amours de Harry Manx Page B 7 HOMMAGE À LÉO FERRÉ > Gianmaria Testa, ou la liberté à l’italienne > Page B 7 ?w w w .led e v o i r.e o ni ?LE DEVOIR Vol.X C 1 X N ¦’ 1 4 2 ?L E .1 E T 1) l 2 ti .1 I 1 X 2 O O 8 S }• e + T A X K 8 » 1 $ Eau potable : Québec absout les retardataires 300 municipalités n’auront pas modernisé leurs équipements à temps LOUIS-GILLES FRANCŒUR Sept ans après le resserrement du règlement sur la qualité de l'eau potable à la suite du drame de Walkerton en Ontario, quelque 300 municipalités du Québec seront incapables d’offrir après-demain à leur population une usine de filtration d'eau po- table conforme à l'échéance et aux normes réglementaires édictées en mai 2001.Mais le gouvernement Charest ne poursuivra pas ces municipalités, MRC et propriétaires de réseaux privés car il a modifié hier le règlement sur la qualité de l'eau potable pour faire sauter la date butoir du règlement de 2001, une date butoir qui survenait après- demain, le 28 juin 2008.Il accorde plutôt à ces villes et municipalités un delai de grâce de deux ans pour faire approuver le plan des modifications qu’ils devront apporter à leur usine de tiltration par la suite.Quant aux réseaux privés, qui devaient eux aussi se conformer après-demain aux normes de 2001, ils obtiennent un délai de grâce de quatre ans sous prétexte que leurs propriétaires n’ont pas accès aux subventions, conufte les municipalités.C’est dans ce groupe d’entreprises privées qu’on retrouve encore quatre ou cinq cas susceptibles d’etre aux prises avec une contamination d’eau potable à la VOIR PAGE A 8: EAU MAXIME BERNIER CONTREDIT JULIE C0UILLARD ^,11; JACQUES NADEAU LE DEVOIR Maxime Bernier a été chaleureusement accueilli par les Beaucerons hier à Saint-Georges.L’ex-ministre jure qu’il ne savait pas HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Qui de Maxime Bernier ou de Julie Couillard le public choisira-t-il de croire?Le ministre conservateur déchu a contredit hier soir son ex-conjointe en affirmant que jamais cette dernière ne l’avait informé de ses relations passées avec des membres du crime organisé.Pour la seconde fois depuis qu’il a démissionné à titre de ministre, le député de la Beauce a pris publiquement la parole pour discuter publiquement de sa déchéance politique récente.Si M.Bernier s’était contenté de remercier ses électeurs lors de son entrevue radiophonique accordée à la station CHEQ il y a deux semaines, il s’est aventuré un peu plus loin hier en fournissant une partie de sa version des faits quant à sa relation controversée avec Julie Couillard.«Est% » .¦ vf|| 5.Votre co un zoom Tort pratique.Prenez des photos plus intimes en vous rapprochant de vos sujets avec votre appareil photo.Et si vous photographiez un enfant, n'hésitez pas à vous agenouiller devant lui ou à vous assoit à son niveau afin d'obtenir une photo plus chaleureuse et personnalisée.6.N'hésitez pas à vous décentrer.Évitez les prises où votre sujet est placé en plein centre de votre objectif.Essayez un recadrage où votre sujet est placé dans le coin gauche ou droit.Vous serez surpris du résultat obtenu en changeant la mise au point, ne serait-ce que de quelques centimètres.7.Faites pivoter votre appareil.Il n'est pas dit que toutes les photos doivent être prises à l'horizontale.Tournez votre appareil sur le côté et tentez quelques prises à la verticale.8.Recadrez vos images.Une image peut changer de façon surprenante lorsqu'on élimine un peu de paysage.Il suffit de recadrer vos images à même l'appareil ou plus tard, en utilisant un logiciel de traitement de photographies sur votre ordinateur.9.Équipez-vous de cartes de mémoire et de piles supplémentaires.Si vous partez pour de longues vacances et prévoyez prendre plusieurs photos et vidéos, il est conseillé de vous munir de cartes de mémoire supplémentaires ainsi que de piles de rechange.Et n'oubliez pas que la NV24HD de Samsung est équipée d'un système d'alimentation multiple qui vous permet de recharger votre appareil depuis une prise électrique, un ordinateur portable ou un ordinateur de bureau.10.Offrez un spectacle mémorable Plutôt que de faire défiler vos photos les unes après les autres, assurez-vous de rendre le visionnement excitant en organisant une véritable présentation pour vos amis.Avec la NV24HD de Samsung, vous pouvez rendre l'expérience encore plus agréable en ajoutant de la musique et des effets spéciaux afin de créer un spectacle à la hauteur de vos souvenirs.UNE SIMPLE CONNEXION HDMI ET LE TOUR EST JOUE! Vous pouvez maintenant visionner vos images et vidéos I1D sur votre téléviseur à haute définition.Grâce à la série LCD TV 6 650 à grande capacité, le spectacle sera des plus mémorables ! f LE DEVOIR.LE J E L' D I 26 J U I X 2 0 0 8 EDITORIAL Réparer les pots cassés Remaniement ministériel hier à Ottawa.Un remaniement qui serait passé inaperçu n’eût été l’affaire Couillard-Bernier.Avec la confirmation de David Emerson aux Affaires étrangères et les nouvelles affectations confiées aux ministres Michael Fortier et Christian Paradis, le premier ministre Stephen Harper espère clore cette affaire.L a boucle est bouclée, pourrait de fait croire le premier ministre, puisque ce remaniement survient presque un an jour pour jour apres l’assermentation de Maxime Bernier au poste de ministre des Affaires étrangères, cérémonie à laquelle il s’était présenté avec Julie Couillard à son bras.Cependant qu’il présentait hier ses nouveaux ministres, Stephen Harper pensait sûrement à ce que cet épisode lui aura coûté.Cette nomination de Maxime Bernier aux Affaires étrangères aura été l’une des plus importantes erreurs, si ce n’est la plus importante, qu’il ait commises depuis qu’il est premier ministre.En lui confiant l’un des deux postes ministériels les plus prestigieux de son gouvernement, il souhaitait valoriser sa députation du Québec et ainsi consolider les assises conservatrices dans cette province.D espérait aussi avec ce ministre jeune et dynamique présenter une image moderne du pays à l’étranger.H a eu tout faux.Jamais le Canada n’aura eu un si piètre ministre des Affaires étrangères.Ses faux pas et la fréquentation d’une femme ayant eu des liens avec des milieux criminels auront créé un profond malaise au sein de la diplomatie canadienne et entaché la crédibilité du pays auprès de ses partenaires.La diplomatie du Jos Louis pratiquée par M.Bernier aura illustré le manque de profondeur du personnage, que sa relation avec Julie Couillard aura fini par discréditer totalement auprès de ses concitoyens.L’atout que croyait détenir M.Harper est vite devenu un boulet qu'inévitablement il traînera jusqu'aux prochaines élections.La confirmation de David Emerson aux Affaires étrangères s’imposait L’homme est sérieux et a acquis une forte crédibilité dans les milieux internationaux à titre de ministre du Commerce extérieur, poste qu’il occupait depuis quatre ans tant dans le gouvernement libéral de Paul Martin que dans celui de M.Harper.On voit que ce dernier a retenu sa leçon puisqu’il confie le Commerce extérieur au sénateur Michael Fortier, un domaine où celui-ci a acquis une certaine expertise dans le secteur privé.Fort de ces deux nominations, il pourra se rendre à la réunion du G8 le mois prochain sans craindre d’avoir honte de ses ministres.Sur le plan intérieur, en l’occurrence au Québec, il est moins sûr que Stephen Harper soit aussi satisfait.Déplaçant M.Fortier des Travaux publics, un ministère à haute visibilité politique, vers le Commerce extérieur, un ministère qui appelle à des déplacements constants à l’étranger, il se prive d’un communicateur efficace.Même s'il reste ministre responsable de la région montréalaise, celui-ci ne pourra être aussi présent sur le terrain.Quant à son remplaçant aux Travaux publics, Christian Paradis, qui était secrétaire d’Etat à l’Agriculture, il n’y a pas politicien plus effacé.Ce remaniement conserve au Québec cinq sièges au conseil des ministres, ce qui préserve son poids politique.Au plan de l’image, c’est chose capitale pour qui compte sur cette province pour s’assurer une majorité au prochain scrutin.En réalité, la force de frappe conservatrice est amoindrie, car les changements effectués libèrent un espace de communication pour ses adversaires.Le premier ministre ne pouvait probablement faire mieux dans les circonstances, qui lui imposaient de réparer les pots cassés.La chose dut être d’autant plus mortifiante pour lui qu’il est lui-même à l’origine de ce malheureux épisode Couillard-Bernier.Bernard DescOteaux Les ministres passent, les problèmes restent e premier ministre Jean Charest n'a pas mis de temps à pourvoir le poste laissé vacant par le départ de Philippe Couillard, et c’est à un autre médecin, le Dr Yves Bolduc, candidat défait lors des dernières élections, qu’il vient de confier le plus important ministère du gouvernement.Personne n’est irremplaçable, mais la démission de Philippe Couillard creuse un trou dans l’équipe politique du gouvernement Par son excellente connaissance des dossiers, sa facilité déconcertante à répondre aux questions, même les plus vicieuses, son entêtement à vouloir régler les problèmes jugés prioritaires, M.Couillard peut se vanter d’avoir été l'un des ministres les plus performants des gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis une vingtaine d’années.En cinq années à la tête du ministère, il a su implanter des réformes importantes telles que la fusion des établissements locaux en Centres de santé et de services sociaux, la création des Réseaux universitaires intégrés, la diminution du nombre d’unités de négociation dans les etablissements, et faire adopter des projets de loi d'importance touchant le tabagisme et la pratique médicale en cliniques privées.Il a aussi présidé à la signature d’ententes à long terme avec les fédérations médicales, défendu avec efficacité les budgets de la santé au conseil des ministres et pris des décisions difficiles dans le très épineux dossier des centres universitaires.Cela étant dit, maigre ses efforts remarquables et les réfonnes énergiques entreprises, maigre l’augmentation rapide des budgets et l’atteinte d'une plus grande efficacité dans quelques spécialités chirurgicales, notre système de santé présente encore et toujours des lacunes inqualifiables.Parmi les plus graves qui font la honte d’une société développée comme la nôtre, il y a la difficulté d'avoir accès à un médecin dans un délai acceptable pour quiconque traverse une crise aiguë, l'attente insupportable aux urgences et le traitement parfois inhumain qu’on y subit, l'impossibilité de s’inscrire auprès d'un médecin de famille pour un pourcentage élevé de la population, l’attente beaucoup trop longue pour subir une chirurgie dans certaines spécialités et l'obligation pour un nombre croissant de patients de payer de leur poche pour obtenir un accès rapide à l’imagerie médicale.Ce réseau que l’on a tenté de réformer sous toutes ses coutures ne fonctionne toujours pas de façon optimale.Non pas parce qu’il est public, mais à cause de la pénurie de médecins et de personnel spécialisé, de l’organisation déficiente des soins en etablissement et de l’indépendance excessive des cabinets privés.En nommant Yves Bolduc, un médecin aussi expérimenté dans la pratique de première ligne que dans la médecine d’urgence et la gestion des établissements.M.Charest fait le choix de l'efficacité aux dépens de l'expérience politique.Laissons la chance au coureur, il en aura bien besoin pour ne pas avoir la désagréable sensation de flotter dans les chaussures de Philippe Couillard.Jean-Robert Sansfaçon le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QL E DOIS Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BELAND «rjf vAiS SuêTouT fcfAufruP VA ?ic*i Cfr* ftf » PMiüPPf C»üî4APl> VW.r./' Y/.,Vi 4.” rj1 -itetok-Tb Un plan vert qui mène au rouge L’enfer est pavé de bonnes intentions.Stéphane Dion devrait en prendre bonne note.Loin de douter de ses bonnes intentions, nous devons quand même nous méfier de sa vision intellectuelle du monde.Son plan vert, qui veut soumettre les industries canadiennes à une discipline environnementale avec une taxe sur le carbone, a pour objectif de rendre le Canada exemplaire sur le plan environnemental.Une donnée a malheureusement été oubliée par M.Dion dans ses savants calculs: la mondialisation.En effet, plusieurs grandes industries ont des succursales dans plusieurs pays.Nous demeurons concurrentiels, malgré nos salaires élevés, par nos compétences.Cette nouvelle taxe ne peut avoir qu’un effet sur ces industries: leur migration vers des pays où les lois sont plus laxistes sur le plan environnemental.En bout de parcours, nous nous retrouverons avec un pays plus pauvre avec des industries qui nous quittent et un monde aussi pollué puisque ces industries continueront de polluer ailleurs et ce, sans taxes! Et cela sans compter la chapelle des nouveaux fonctionnaires nécessaires à l’administration de cette nouvelle taxe! Les entreprises qui resteront ici nous réserveront malheureusement une mauvaise surprise: elles nous feront en tant que consommateurs payer l'ardoise! Le leadership sur le plan environnemental se joue au niveau mondial: des accords mondiaux sont nécessaires pour être efficaces.C’est là que le Canada devrait jouer son rôle; pas en torpillant ses industries.Jean Bellerive Verchères, le 20 juin 2008 Langues régionales lettre aux membres de l’Académie française Que penseriez-vous si le gouvernement du Canada décidait de proclamer l’anglais comme seule langue officieUe de l’Etat et d'interdire le français dans l'usage public?C’est sûr que vous dénonceriez cette action en tant qu’attentat aux droits des francophones et mesure arbitraire contre une langue qui doit jouir des mêmes privilèges que les autres langues.Parce que toutes les langues ont la même dignité, ou non?Si vous êtes contre la suprématie de l'anglais sur le français, pourquoi prônez-vous la suprématie du français sur le catalan, l'occitan, le bre- L Gouvernement et CLAUDETTE CARBONNEAU Présidente de la CSN La CSN participe ces jours-ci à une consultation du ministre fédéral du Travail, Jean-Pierre Blackburn, sur les causes et les répercussions des arrêts de travail dans le secteur privé sous juridiction fédérale.Que le ministre veuille développer ou améliorer les services pour mieux soutenir les parties est une chose, mais qu’il utilise cette consultation pour tenter de s’interposer dans les conflits de travail est tout à fait scandaleux.Le ministre Blackburn ne s’en cache pas: il souhaite accroître son pouvoir d’intervention, ce qui lui permettrait d’ordonner, *à sa discrétion», une «période d'apaisement» en plein milieu d'un arrêt de travail important Cet ordre d’apaisement suspendrait la grève ou le lock-out les employés seraient appelés à retourner au travail pendant 30 à 60 jours pour se soumettre à un processus de médiation.Alors que la Cour suprême du Canada reconnaît dorénavant que le droit d’association comprend le droit de négocier et de faire la grève, alors que plusieurs décisions du Bureau international du travail (BIT) invitent le gouverne- LETTRES ton et les autres langues de France?Pourquoi êtes-vous contre la reconnaissance des langues dites «régionales» dans le patrimoine de la France?Vous, des hommes et des femmes de lettres, qui connaissez bien la valeur de la langue, comment pouvez-vous vous opposer à la sauvegarde des langues de France?Qu’est-ce que vous voulez?La disparition de ce§ langues et de la culture qu’elles représentent?Etes-vous des «linguicides»?Vous êtes probablement contre l’imposition du chinois au Tibet, comme tous les Français, mais vous soutenez l’imposition du français en Occitanie, en Bretagne, dans le nord de la Catalogne.On appelle ça hypocrisie, cynisme ou, peut-être, schizophrénie?Toutes les langues du monde font partie du patrimoine de l’humanité et c’est le devoir des institutions publiques d’agir pour les protéger, comme on protège les espèces animales ou vè gétales en danger.Vous, Messieurs et Mesdames les Académiciens, représentez l’époque obscure de l’absolutisme, avant la Déclaration des droits de l’homme, l’époque des privilèges d’une classe sur les autres, d’une langue sur les autres.Vous êtes bien sûr d’accord avec ces anciennes affiches qui avertissaient «il est interdit de parler patois et de cracher par terre».Imaginez-vous au Québec des panneaux affichant «il est interdit de parler français et de cracher par terre»?Messieurs, Mesdames, n’agitez plus le fantôme du danger de l’unité nationale, ça fait rire! Ne réclamez pas pour les autres ce que vous ne voulez pas pour vous! Faites un geste de dignité et réclamez pour les langues régionales de France l’égalité, la liberté et la fraternité qui sont la devise de la République! Ivon Balès Le 25 juin 2008 Sur la défensive?En tant que présidente de l’AQPF (Association québécoise des professeurs de français), qui est affiliée à la FIFE (Fédération internationale des professeurs de français), je me dissocie complètement des propos déplorables de son président rapportés hier dans vos pages.Selon Dario Pagel, le Québec serait «refermé sur lui-même».Il reproche aux Québécois d’être trop sur la défensive par rapport à leur langue et de ne pas savoir «dialoguer avec les communautés non francophones du Canada».De plus, il affirme catégoriquement que le français ne court aucun danger au Québec.Vraiment?Que voilà de beaux discours de la part d’une personne qui préside un organisme dont le IBRE OPINIO conflits de travail: ment fédéral à respecter les conventions internationales sur le droit d’association, le ministre s’en prend directement au droit de négocier et de faire la grève.Pour la CSN, les visées du ministre consacrent la primauté de la santé économique des entreprises.On prive ainsi les travailleurs de l’exercice d'un rapport de force essentiel à la resolution des conflits.La légitimité de ce moyen de pression est d'ailleurs reconnue par la Cour suprême, qui estime que les conflits de travail peuvent toucher des secteurs importants de l’économie, mais conclut du même souffle que notre société en est venue à reconnaître que ces coûts sont justifiés eu égard à l’objectif supérieur de la résolution des conflits de travail et du maintien de la paix économique et sociale.11 est encore plus odieux de constater que le gouvernement fédéral évite soigneusement de proposer des mesures anti-briseurs de grève comme solutions aux conflits de longue durée.Contrairement à certains porte-parole gouvernementaux qui affirment que de telles mesures mettraient en péril l'économie canadienne, la CSN observe que le nombre de jours perdus a considérablement diminué au Québec depuis l’adoption de dispositions anti-briseurs de grève mandat premier est de contribuer par ses actions à la diffusion du français et des cultures francophones.Ils dénotent non seulement une réelle méconnaissance des enjeux linguistiques au Québec, mais ils trahissent aussi une certaine attitude qui ne devrait plus avoir cours dans les relations de la France avec le Québec.Il faut dire que la récente querelle autour de la nouvelle direction de TV5 Monde nous a elle aussi permis de comprendre que d’aucuns pensent toujours qu’il existe deux entités dans le paysage de la francophonie: la France et les autres pays francophones.M.Pagel voudrait de plus que «le Québec comprenne que la francophonie existe en dehors de ses murs».Je veux ici le rassurer le Québec a toujours dû, et ce justement à cause de son «insularité» culturelle et linguistique en Amérique, regarder au-delà de ses frontières.Prétendre le contraire est faire injure à ce Québec ouvert et pluraliste, fier de son appartenance à la francophonie mondiale.Arlette Pilote Présidente de l’AQPF Le 23 juin 2008 Bravo Mme Arbour! Pour tout le travail que vous avez fait pour le tribunal international sur les crimes de guerre en ex-Yougoslavie et au Rwanda.Pour les critiques tout à fait pertinentes que vous avez émises sur le traitement des prisonniers à Guantanamo Bay.Pour l’avertissement lancé au mouvement Hezbollah et aux commandants de l’armée israélienne, lors de la guerre au Liban en 2006.Vous aviez alors indiqué que les attaques contre les civils pouvaient être qualifiées d’actes criminels.Pour votre visite en Israël et dans les territoires occupés en 2006 et pour n’avoir pas hésité à critiquer les attaques ciblées contre les civils.Votre travail de haute-commissaire aux droits humains, vous l’avez mené avec courage et brio.Ce sont des valeurs de droit, de justice et de paix que vous avez mises de l’avant Nous en sommes très fiers comme Québécois et Canadiens.Ces mêmes valeurs ne sont que peu ou très timidement défendues par l’actuel gouvernement canadien.Cette attitude du gouvernement Harper constitue un immense recul pour la réputation du Canada à l’étranger.Un grand merci à vous, Mme Arbour.Martin Riou Eastman, le 21 juin 2008 N mauvais ménage (1425 jours perdus en 1976-77 contre 132 jours pour la décennie 2000).Faut-U rappeler que le Code fédéral du travail ne s’applique qu'à moins de 10 % de la main-d'œuvre au Canada et que la vitalité économique d’un pays est loin de dépendre d’un seul critère, celui de recourir sans impunité à des briseurs de grève?Alors que le taux de syndicalisation dans le secteur privé n’est que de 28 % au Québec, en vertu de quoi peut-on affirmer que la présence d’une législation anti-briseurs de grève nuit aux investissements et qu’elle aurait même coûté quelque 30 000 emplois dans les PME du Québec, dont le taux de syndicalisation est encore plus faible?On est dans l’antichambre du délire économique.Pour la CSN, le droit d'association est bafoué et battu en brèche par une législation fédérale déficiente qui déséquilibre le rapport de force entre les parties et favorise le prolongement des arrêts de travail, comme cela a été le cas à Radio-Nord, Cargill et Vidéotron.La CSN surveillera donc de près les résultats de cette consultation et combattra avec véhémence tout projet de loi qui pourrait aller à l’encontre du droit de s’associer, de négocier et de faire la grève reconnu par les tribunaux. ARCHIVES RKUTERS Le ^-and chef de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, réagissant après avoir entendu la demande de pardon de Stephen Harper au nom du Canada.La demande de pardon du gouvernement fédéral aux nations autochtones Un geste imparfait mais capital ANNIK CHIRON DE LA C AS I N I È RE Doctorante en anthropologie à l’Université Laval rattachée au CIERA (Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones) eut-on croire sérieusement un gouvernement lorsqu’il demande pardon?La question se pose de manière aiguë alors que le gouvernement de Stephen Harper a offert récemment des excuses aux nations autochtones pour l’horreur liée aux pensionnats fédéraux.Encore une histoire politique, un mensonge organisé.De toute façon, comment pardonner ce siècle de souffrances?Ces familles dévastées, ces blessures inoubliables, impardonnables parce que consciemment voulues et accomplies?L’impardonnable est par définition impardonnable.Et de plus, lorsque c’est un gouvernement qui demande pardon, celui qui parle représente une entité froide, anonyme, calculatrice, bien loin de l’humilité, de la générosité, de la sincérité, du remords, et je dirai du tremblement qui caractérise une vraie demande de pardon entre deux personnes.Fi du cœur à cœur! Fi des émotions et des sentiments! Le cadre et le décorum précis, réglés comme du papier à musique, les mots choisis, le ton employé et le fait même que ces excuses aient été exigées rendent cette demande de pardon officielle des plus suspectes aux yeux du grand public.Ce geste, devenu maintenant transnational et, du coup, presque banal, est la plupart du temps perçu par l’opinion publique comme le règlement en désespoir de cause d’un vieux contentieux impossible à régler autrement, une façon de contourner une infinité de procédures judiciaires longues et coûteuses, une tentative de calmer les populations en colère, ou encore une mode internationde, une sorte de comédie juridico-politique qu’il est dans l’air du temps de jouer.On en rit, d’un rire sarcastique, on en sourit, d’un sourire ironique, on boude ou on marmonne, mais rarement dit-on que c’est bien.Courant moral ?Mais s’il s’agissait de quelque chose de plus important?Si la grande vague d’excuses qui balaie nos sociétés modernes correspondait bien à un certain courant moral?C’est une incontournable réalité que les peuples, dans le cadre des revendications identitaires, nationales et même internationales, acquièrent aujourd’hui une conscience de plus en plus forte de leurs droits les plus fondamentaux.Mais ce n’est pas moins une réalité que ce courant atteint aussi nos institutions politiques et publiques.Né de l’après-guerre, ce mouvement n’est pas en sens unique: les peuples colonisés, exploités, exclus, maltraités, infériorisés demandent qu’on restaure leur dignité bafouée.Et il y a des gens pour les écouter.Ce désir de repentance publique pour les fautes du passé est le moteur qui pousse certains acteurs de cette sphère à la fois hautement protégée et hautement perméable qu’est un gouvernement démocratique à agir à l’intérieur de cette dynamique, pour y introduire une composante éthique.Le phénomène est issu d’une interaction réciproque.Sans quoi le mot pardon n’aurait jamais passé la barrière du politique.Processus paradoxal Mais lorsqu'un Etat demande pardon à une collectivité, on entre alors dans un processus incontrôlable de complexité.En effet çn aucun cas la demande de pardon exprimée par un Etat ne se suffit à elle-même.Pour être acceptée, elle suppose un certain nombre de conditions.Et le respect de ces conditions nécessite, à la fois de la part des gouvernements et de la part des peuples en exigence de pardon, un travail de grande ampleur et de longue haleine, basé sur PEDRO RUIZ LE DEVOIR Moment d’intense émotion pour ces autochtones.l’échange et le dialogue à de multiples niveaux.Dans une demande de pardon politique, comme dans un traité de paix, chaque partie doit faire des compromis: seul un contexte «froid», dépourvu d’émotions, permettra par exemple de calculer les réparations financières, de dire exactement ce qui doit être dit, de déterminer les responsabilités, de faire la part de la vérité historique et donc de réécrire l'histoire, de prendre des engagements nationaux, etc.Pourtant, le paradoxe se trouve dans le fait que plus ce geste officiel revêtira les critères caractérisant le pardon interpersonnel (gratuité du geste, humilité, sincérité, générosité, face à face, repentir, justes réparations, engagement, etc.), plus il sera crédible aux yeux de la collectivité qui le reçoit, même si à partir du moment où il y a négociation et compromis il y a du même coup une prise de distance par rapport au pur pardon.Il faut donc que la demande de pardon gouvernementale rejoigne à la fois les caractères d’une demande de pardon interpersonnelle et ceux d’un geste politique dépourvu demotions, devenant alors un geste qui, à travers cette dualité sacrée, marquera l’histoire.Cet objectif n’est pas évident à atteindre.On n’a pas encore vu de demande de pardon parfaite, c’est le moins qu’on puisse dire.Faut-il par conséquent jeter le tout dans la poubelle de la rancune ou de l’indifférence?Politique et éthique Peut-être pas.Il est vrai que nos peuples autochtones, encore sous le coup des terribles injustices, sévices et abus subis dans les pensionnats, dont certains racontent une véritable histoire d’horreur, ont du mal avec ce paradoxe, par essence inhérent à ce geste.Peut-on mêler, intégrer la politique et l’éthique?Ce que nous avons plutôt vu, c’est une fantastique remontée de mémoires dispersées, de grands rassemblements d’ex-pensionnaires autour d’une vieille souffrance en souffrance d’être entendue et reconnue.On ne sait pas s’ils sentaient confusément que, derrière cette demande de pardon du gouvernement il y avait effectivement autre chose, mais tous les témoignages entendus sur nos chaînes ou lus dans nos quotidiens ont montré qu’ils étaient touchés.Chacun a pu voir, en arrière-plan des paroles pourtant froides d’un premier ministre qui ne pèche en général pas par excès d’émotivité, les larmes et l’émotion des survivants marqués dans leur chair et leur âme.On aurait pu toucher du doigt le renversement intérieur qui se faisait chez ces grands blessés d’une politique qui fut un jour ouvertement criminelle.Pardonnaient-ils vraiment, ont-ils pardonné?On ne le saura pas, car pardonner est une affaire personnelle, intime, secrète, et finalement incompréhensible à l’autre.Pardonner est même un geste si exceptionnel qu’on ne peut l’attendre d’une collectivité tout entière.Mais ce que ces larmes disaient, c’est tout simplement ce cri du cœur: «Enfin! Enfin! Oui, nous avons vraiment souffert et aujourd’hui on reconnaît notre souffrance, devant Ihistoire, devant le pays, tous les habitants de ce pays.» Geste perfectible A la limite, il n’est même pas question de pardon, car l’important, c’est que le geste de demander pardon ait été fait.C’est vrai, on eût aimé que les personnes à qui l’on demandait pardon aient le droit de répondre sans avoir à l’obtenir comme une faveur de dernière minute, car c’était bien la moindre des choses.Si l'on n’a pas droit à la réplique, où est l’échange de cœur à cœur du vrai pardon?On eût aussi aimé voir M.Harper à genoux, comme le premier ministre de l’Australie nous en avait donné l’exemple quelques mois plus tôt On eût encore aimé qu’il prononce plus souvent le mot «apology», plus profond et plus significatif que celui de «sonies».Des milliers de cœurs à l’affût de ce genre d’indice guettaient dans l’ombre, d’un bout à l’autre du pays.Alors merci à vous, M.Jack Layton, d’avoir été, même un court instant, débordé par vos émotions.Ce point de bascule nous a tous fait sortir de la glace du carcan étatique.Merci à vous, les chefs autochtones qui ont pu répondre, d’avoir tendu la main «à tous les Canadiens», et parlé de réconciliation, et merci aussi au chef de l’APNQL, Ghislain Picard, qui a rappelé en ce jour spécial que de profondes inégalités et injustices séparent encore nos deux peuples, et qu’en ce sens demander pardon ne suffit pas puisque tout reste à faire.Reconnaissance du crime Mais les bons mots ont été prononcés, les justes mots: «l’inacceptable», «abus sur les enfants sans défense», «arrachés à leur foyer, mal nourris, mal logés, habillés de façon inadéquate», «conséquences néfastes», «séquelles sociales aujourdhui», etc.Voir le crime reconnu représente un geste capital.la transmission intergénérationnelle des traumatismes et des souffrances a aussi été reconnue.Et le gouvernement ne s’est pas exprimé d’une seule voix mais a aussi donné la parole aux chefs de l’opposition.Ça, on ne l’avait pas encore vu à l’occasion de ces demandes offipielles de pardon.La demande de pardon d’un Etat à un de ses peuples victimes un jour d’injustices, même incomplet te, même terriblement insatisfaisante, correspond à une étape importante et nécessaire de notre histoire contemporaine parce que, en avouant officiellement les crimes du passé et en reconnaissant la responsabilité du gouvernement dans ces crimes, elle fait sauter un verrou de l’histoire et lui permet d’avancer.La réconciliation Personne n’aime les cauchemars.Que l’on pardonne ou pas, on peut regarder devant avec plus d’assurance, on peut cheminer plus légèrement, commencer à ouvrir son avenir.Demander réparation, aussi, car le pardon n’est pas le substitut de la justice.Le 11 juin 2008 ne renversera pas brusquement un siècle d’infinie détresse.Mais il marque un premier pas vers la réconciliation.Un petit pas, court peut-être, insuffisant sûrement mais un pas nécessaire, et beau, et libérateur en lui-même.On se souviendra de ce très beau tournant du film La Dernière Marche, lorsque le criminel s’effondre enfin et avoue son crime, et de la merveilleuse libération qui s’ensuit La seule reconnaissance est une première délivrance.Il faut le dire, car partout dans le monde bien des demandes de pardon restent à prononcer, et bien des gouvernements font la sourde oreille, préférant balayer sous le tapis les injustices et les atrocités passées, afin de ne pas rendre de comptes.Or l’oubli n’est pas le pardon, pas plus que le pardon n’est l’oubli.Nouveau régime forestier Dérapage environnemental à l’horizon PATRICK NADEAU Kcsponstible, conservation et foresterie à la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec (SNAP-Quebec) L a forêt québécoise ne sera bientôt plus la même.D'ici la fin de l'année, le gouvernement Charest compte adopter un important projet de loi qui viendra redéfinir le régime forestier pour les décennies à venir.Jeudi dernier, la ministre intérimaire des Ressources naturelles et de la Faune, Julie Boulet, déposait à l’Assemblée nationale mi document de travail intitulé L'occupation du territoire forestier québécois et la constitution des stxiétés d'amenagement des forêts.Ce document nous a laissé perplexe et profondément inquiet, tant pour ce qui] contient que pour ce qu’il omet.Nous en arrivons à la conclusion que Québec poursuit son programme en écartant systématiquement les préoccupations des groupes environnementaux et de l'ensemble des usagers du territoire public dans sa refonte du régime forestier.Vu l'énorme portée de cette réforme, nous nous sentons dans l’obligation de dénoncer publiquement un processus qui, selon nous, dérape.L’environnement au cœur de la réforme Si le régime des contrats d'approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) méritait clairement d’être revise, il ne faut pas perdre de vue que la réforme actuelle s’est révélée nécessaire en grande partie par souci de l'état de nos écosystèmes.Rappelons que la commission Coulombe de 2(XM faisait état de la surexploitation des forêts québécoises, de l'absence d’un réseau d’aires protégées de qualité et du besoin d’effectuer la transition vers l’aménagement écosystémique.Manifestement, ce sont ces enjeux qui devraient être au cœur du nouveau régime forestier québécois.Pourtant, rien dans le document de jeudi dernier ne permet de croire que le nouveau régime ne nous mènera pas vers une nouvelle «erreur boréale».Les groupes environnementaux écartés En février dernier, le gouvernement proposait les grandes lignes de la réforme en publiant son livre vert et conviait la population à une consultation publique sur ce dernier.Nous avions alors accueilli avec optimisme l’occasion de collaborer avec Québec à l’amélioration de la proposition et avions soulevé quelques préoccupations majeures.Nous avions notamment décrié la myopie du gouvernement sur le dossier des aires protégées — en bloquant la superficie protégée du Québec à 8 % et en permettant l’exploitation de tout le reste de la forêt —, une stratégie qui est loin d’assurer le maintien de la biodi-versité et qui figerait le Québec en deçà des moyennes nationales et internationales pour des décennies.Nous nous étions également penché sur la sylviculture intensive — un aménagement forestier qui éloigne généralement la forêt de son état naturel — et avions souligné l’importance de bien encadrer ce type d’aménagement (en empêchant entre autres l’utiiisa-tion d’OGM ou de pesticides).Malgré l'expression de ces 'réserves, nous constatons avec stupéfaction que, non seulement nos préoccupations n’ont pas été intégrées dans le document de jeudi dernier, mais que celles-ci n’ont même pas été mentionnées dans la synthèse des commentaires reçus lors de l’exercice de consultation.Nous sommes convaincu que la reforme du régime forestier ne pourra réussir si on fait fi des préoccupations des groupes environnementaux — d’autant plus que nous représentons plus que jamais les inquiétudes d’une majorité de la population.Stratégie d’évitement Si le document de travail se veut imprécis sur les modalités d'aménagement forestier et les préoccupations environnementales, il propose néanmoins d’encadrer ces enjeux dans une éventuelle «stratégie d’aménagement durable des forêts».Nous y voyons plutôt une stratégie d’évitement fin effet le document laisse entendre qu’une telle stratégie ne pourrait être publiée qu’après l’adoption du nouveau projet de loi, et ce, possiblement sans bénéficier de consultations publiques.Ce scénario serait tout simplement inacceptable.Québec ne peut éviter de traiter des enjeux environnementaux dans un projet de loi sur la forêt.Ce n’est pas en reléguant ces dossiers à une quelconque stratégie que nous construirons la forêt de demain.Des devoirs bâclés Nous apprenions récemment que le document déposé à l’Assemblée jeudi dernier aurait dû être un avant-projet de loi (et non un document de travail), mais que celui-ci avait été catégoriquement rejeté par le Conseil exécutif comme étant «évasif» et «imprécis», comme le rapportent les journaux.Le signal est on ne peut plus clair: le ministère des Ressources naturelles et de la Faune doit absolument retourner faire ses devoirs.Nous demandons un régime forestier qui fera face aux défis du XXI' siècle, notamment en ce qui a trait à la lutte pour la protection de la biodiversité et au respect des nombreux usagers de la forêt publique.Ecrivez-nous! Ije Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Içs commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8(XX) caractères (y compris les espaces), ou 1KXJ mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser k“ courriel (re-daction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de ! information), Jeanne Corriveau (affairer, municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste responsable de la page Idées) Brian Myles f/*s(irr et faits desocicteC Clairandree Cauchy iGinirah Jean Dion.Louis-Gilles Francœur leutironuemeut).Benoit Munger (responsable du site Internet).Fmilie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet/ Laurence CUwUpupitre).Philippe Papineau (papirre)’ LouiseMaudc Kioux Soucy (Santé': Pauline Gravel (science) Michel Garneau (caricatunste' I>tane Précourt (rrsprmsaNe des pafes thématiques) ; Martin Dudos.Michele Malenfant et Christine Dumazet (rrvmrfewrs); Jacques Grenier rtJaTjues Nadeau (photographes) à V'triktrmAbm ruhurcile Michel liHatr (théâtre et rahier Culture) Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias/.Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinémaAf*M)e Paré (culture/.à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information) Dominique Reny (pupitre), tnc Desrosiers.Claude Turcotte, François Desjardins; à l’information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale/, Claude Levesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de iinfbrmatum).Serge Truffaut (éditorialiste) h I’inFirmatiim politique Hélène Buzzetti et Aiec Ca&ongix&y (correspondants parlementaires a Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dulrisac (correspondants parlementaires a (Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire a la rédaction), Emilie Parent Bouchard, Étienne Plamondon-Émond (cmnmis à la rédaction/ 1* documentation : Gilles Paré (directeur).Manon Derome.Olivier Speciel (Québec), Monique Bherer (Ottawa).LA PIHIJCITE Amelie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bossé.Dave Cameron (directeur adjoint/.JuWe Chrétien.Marlene Côté, Christiane I>egault, Amélie Maltais, Claire Paquet, Geneviève Pierrat Chantal Rainville Martine RiopeUe Sebai Mehsande Simard (M/idtowjL Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.Olmer Zuida INFORMATIQUE lanick Martel (responsable' PROMOTION, DISTRIBITION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service a la clientèle).Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Filion.Rachelle Leclerc, Jean-Robert Divers (responsable promotion) L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des senices comptables).Céline Furoy.Ghislaine Lafleur, Claudette Beliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Monique Proteau.Danielle Ross L E DEVOIR.LE .1 E l' D I 26 .III Si 2 0 0 8 ACTUALITES NOSTALGIE EAU SUITE DE LA PAGE 1 BERNIER SUITE DE LA PAGE 1 bactérie E.coli et qui n’ont pas encore amorcé les travaux correcteurs.Ces quatre ou cinq réseaux, dont Québec n’a pas divulgué les noms, font partie d’un groupe de 90 municipalités qui avaient été désignées comme étant | susceptibles de souffrir d’une contamination potentiellement majeure a la bactérie E.aAi, celle qui avait lait plu- j sieurs morts a Walkerton a la fin des années 1990.Dans ce groupe des 90 les plus a risque, précisait hier au Devoir Didier Bicchi, le chef des eaux municipales au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), 71 dossiers respectent maintenant les normes de 2001 après validation.De ce groupe, dont font partie plusieurs municipalité de la Basse-Côte-Nord, quatorze municipalités ont reçu des promesses d'aide et essaieraient encore de trouver une source d’approvisionnement fiable, ce qui peut prendre des mois, sinon des années.Ix*nts progrès La légalisation de la situation des municipalités et réseaux privés en retard dans l’application des normes de 2001 vise aussi quelque 200 municipalités qui ne bénéficient pas encore d’une filtration de leurs eaux brutes, soit généralement des eaux de surface qu’il faut nettoyer soit par une filtration lente, soit par membrane, soit par floculation.Ce dernier procédé chunique force les particules de matière organique à s’agglomérer pour mieux se déposer au fond des bassins.C’est par la suite que ces eaux sont traitées au chlore pour y tuer les bactéries et virus potentiellement dangereux pour les humains.Les modifications réglementaires d’hier obligent les municipalités et régies intermunicipales en retard à faire des tests chaque semaine pour dépister les bactéries dangereuses comme les E.coli.les retardataires vont aussi devoir soumettre au ministère quatre fois par année le résultat des tests démontrant dans quelle mesure ils arrivent au moyen de la chloration à tuer ces bactéries et virus.Selon le responsable des eaux municipales au MDDEP, la situation n’est pas aussi mauvaise qu’elle peut sembler de prime abord.Parmi les 200 municipalités incapables de respecter l’échéance d’après-demain, 70 ont achevé les travaux Correcteurs dans leur usine de filtration, dit-il, mais elles n’ont pas encore terminé les tests permettant, par exemple, de certifier que le rendement des équipements construits est conforme au devis de rendement Dans 27 autres cas, ajoute Didier Bicchi, les travaux sont en cours.Mais le cas des «travaux en cours» est fort élastique car cela englobe des travaux préliminaires dont les résultats définitifs et validés peuvent prendre encore des mois, sinon des années.Enfin, précise le haut fonctionnaire de la Direction des politiques de l’eau, dans 103 cas, les municipalités ou les propriétaires de réseaux privés «sont en recherche de solutions».En clair, cela veut dire qu’elles n’ont pas encore adressé au ministère une demande de fonds ou d’autorisation, ce qui en fait les cancres de l’opération de modernisation des équipements de filtration municipale.Québec n’a pas divulgué la liste des 300 retardataires hier, avec l’état d’avancement des travaux de chacun.Causes multiples Le porte-parole du ministère estime pour sa part que «le programme est bien en marche» et il attribue le nombre et l’importance des retards à des difficultés techniques, comme la «difficulté d'identifier de bonnes sources d’appro-visionnement».Aucun problème de financement en vue, dit-il, car l’argent a été mis de côté pour chaque cas.Mais dans le secteur privé et dans le noyau de spécialistes de l’eau qui gravite autour de Réseau Environnement, on signale avec une grande constance plusieurs causes de ces retards, dont plusieurs attribuables au gouvernement lui-même.Ainsi, le manque de personnel, autant à l'Environnement qu’aux Affaires municipales où on est responsable de la réalisation de ces infrastructures, est souligné par tout le monde.Les responsables gouvernementaux des dossiers seraient débordés dans les deux ministères car Québec ne renouvelle que 40 % des postes qu’il abolit.C’est aussi un peu le cas dais le secteur privé où le manque d’ingénieurs et la multiplication des travaux d’infrastructure augmentent les délais.La plupart des spécialistes consultés par Le Devoir.qui sont généralement aux commandes de dossiers actifs dans ce domaine, disent que Québec aurait dû en priorité confier la gérance de tous ces projets à la Société québéepise d’assainissement des eaux (SQAE), une société d’Etat qui a géré pendant 20 ans la construction de la plupart des usines d’épuration au Québec.Spécialisée en gestion de projets au niveau municipal, cette société d’Etat aurait pu simplifier et accélérer les processus actuels, où «chacun réinvente la mue pour permettre aux maires de choisir les ingénieurs du coin et en les payant pour redécouvrir ce que tous les spécialistes de l'eau connaissent depuis 15 ans: une énorme machine à gaspillage mais qui fait bien l'affaire des organisateurs d'élection».raconte avec cynisme un vieux routier de l’eau.Un autre estime que Québec aurait pu mettre au point «trois ou quatre scénarios d'usine de .tiltration standard qui auraient pu.avec le même plan, répondre à 75 % des besoins des SIX) municipalités en retard.Comme on l’a fait pour les écoles dans les années 60 pour épargner des millions.Mais ça aurait coûté beaucoup moins cher et c'est pas toujours km pour les électùrns».Un autre spécialiste estime que si Québec a jugé opportun d’exiger des tests de dépistage de E.coli chaque semaine des municipalités retardataires, il aurait dû exiger aussi un test de dépistage des trihalomé-thanes à une fréquence supérieure aux quatre tests annuels présentement exigés.A son avis, la nouvelle obligation hebdomadaire de dépistage va inciter plusieurs gestionnaires municipaux à surdoser le chlore dans leurs réseaux, dont les eaux brutes non filtrées vont contenir par définition plus de matière organique.Or, cette matière organique re;igit au blanchiment par le chlore en générant des trihalométhanes, un sous-produit de la chloration potentiellement cancérigène.Enfin, Québec, aurait pu et dû, notent certains, utiliser son pouvoir d'ordonnance pour forcer les retardataires les plus récalcitrants à passer à l’action, comme il l’a fait souvent dans le domaine de l'eau.Le Devoir La réponse est non.Elle ne m’a pas informé et jamais personne d'autre ne l'a fait, et ce, a quelque niveau que ce soit.Je ne savais de son passé que ce qu’elle avait bien voulu me dire.J’ai seulement été mis au courant des rumeurs concernant le passé de Mme Couillard le 20 avril dernier, soit quelques semaines avant que ces informations ne deviennent publiques.A l'époque, je ne fréquentais plus Mme Couillard.» Le passé de Mme Couillard, laquelle a eu 39 ans samedi, a été dévoilé publiquement le 7 mai.Dans son entrevue accordée au réseau TVA, Mme Couillard avait pourtant affirmé avoir averti son amoureux très tôt dans leur relation.«Maxime [Bernier) était tout a fait au courant de tout», avait-elle dit Elle avait même raconté que M.Bernier l’avait prise en pitié, reconnaissant qu’elle n’avait pas eu une existence «facile».Mme Couillard a fréquenté pendant quatre ans un collaborateur de Maurice «Mom» Boucher (qu’elle aurait d’ailleurs épousé s’il n’avait pas été assassiné en 1996), s’est mariée à un membre en règle des Rockers, en plus d’avoir fréquenté dans sa jeunesse un membre de la mafia italienne montréalaise et, plus récemment, en 2005, une personne devant beaucoup d’argent aux Hells Angels.C’est au contact de ce dernier qu’elle s’est intéressée à la sécurité dans les aéroports, comme l’a révélé Le Devoir.Le bureau de Harper savait depuis plus longtemps Les affirmations de Maxime Bernier soulèvent bien des doutes.En effet, plusieurs journalistes sur la colline parlementaire ont fouillé pendant des semaines le passé de Mme Couillard avant que ces informations ne deviennent publiques.Des appels à ce sujet ont été faits au bureau du premier ministre Stephen Harper bien avant le 20 avril.Plusieurs ici, à Ottawa, doutent qu’une fois l’entourage de Stephen Harper mis au courant de ces informations, celles-ci ne se soient pas rendues jusqu’aux oreilles du ministre concerné.M.Bernier a fait une autre affirmation hier, celle-là à propos des documents oubliés à la résidence de sa conjointe, des notes préparatoires en vue d’un sommet de l’OTAN tenu à Bucarest les 3 et 4 avril derniers.«Le seul moment où je me trouvais au domicile de Mme Couillard en possession de ces documents, c’est le 4 avril dernier, lors de mon retour de Bucarest», a-t-il dit.M.Bernier a indiqué que ces notes n’étaient pas suffisamment importantes pour être numérotées, ce qui explique, selon lui, qu’aucun «signal d’alarme n'ait été déclenché» au sein de son ministère lorsque les documents ont manqué à l’appel.«Quant à moi, je n’ai pas remarqué que ces documents étaient manquants et je n’ai aucun souvenir de les avoir égarés.» Il a dit l’avoir appris le dimanche 25 avril au soir, la veille de sa démission.Pour être bien certain que le message passe d’un bout à l’autre du pays, M.Bernier a répété ce passage de son discours, tout comme celui sur le passé de Mme Couillard, en anglais.Ce fut le seul moment où le député s'est adressé à la foule francophone dans la langue de Shakespeare.Pourquoi Mme Couillard n’a-t-elle pas averti son conjoint immédiatement après le, 4 avril qu’il avait oublié des documents ch.ez elle?A cette question, M.SANTÉ SUITE DE LA PAGE 1 des soins de santé et notamment des urgences.Le premier ministre a salué la «connaissance du réseau» de celui qui aurait réinventé l’urgence d'Alma.Il a souligné que plusieurs élus auraient «pu assumer ces responsabilités», mais étant donné le caractère très exigeant du poste et les qualifications de M.Bolduc, c’était là la «bonne personne».En 2007, M.Bolduc ne se voyait pas briguer les suf-frages ailleurs que chez lui: «Je suis né à Alma, c’est ici que je travaille, c’est mon comté, je suis avec mes concitoyens.[.]/
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