Le devoir, 30 juin 2008, Cahier A
ACTUALITÉS Le couple vice-royal souhaite une politique culturelle fédérale Page A 3 QUÉBEC 2008 Des manifestations pourraient perturber les cérémonies Page A 2 w w w .1 e d e y o i r.c o m LE DEVOIR Vol.X C I X X 1 4 5 ?LE L I X 1) 1 3 0 J r I X 2 0 0 8 8 D 0 + T AXES = 1 $ WOODY ALLEN JOUE SON JAZZ % PEDRO RUIZ LE DEVOIR t LE CINEASTE new-yorkais Woody Allen a joué son jazz hier soir à Montréal.Il présentait à la Salle Wilfrid-Pelletier le premier de deux concerts avec le New Orleans Jazz Band, groupe avec lequel il se produit tous les lundis dans la Big Apple.La pratique de la clarinette est une vieille passion chez Allen, qui touche un répertoire exclusivement composé de vieux morceaux du berceau du jazz.Les lecteurs de cette première édition du Devoir pourront lire la critique du spectacle dans www.ledevoir.com.Le dialogue peut-il encore sauver le Zimbabwe ?Après la «farce» électorale, Mugabe est investi à la présidence Le président àmbabwéen, Robert MiiKabe, a été investi hier pour un sixième mandat à la tête du pays, à l’issue d’une prétendue élection présidentielle qualifiée de «Jurce» un peu partout dans le monde.Le plus vieux chef d’Etat de l'Afrique, âtfé de 84 ans dont 28 passés au pouvoir, en a profité pour réitérer sa pro position de négociation avec l’opposition, qui a boycotté le second tour, arguant de l'ampleur de la répression sanglante du régime au pouvoir.L’investiture s'est déroulée en grande pompe dans la capitale, Harare.Entouré de dignitaires du régime, Mugabe a prêté serment une Bible à la main, jurant, devant un juge porümt perruque blanche et robe écarlate, de faire respecter les lois du pays, «avec l’aide de Dieu».Ijc chef de l’Etat, qui s’était dit prêt à négocier avec l’opposition une fois l’élection passée, a aussitôt réitéré sa proposition.«fai l’espoir que, bientôt, n I ;J 0 JUIN 2 0 0 8 A 2 LES ACTUALITES L’entrepôt réemploi : de tout pour tous L’Éco-centre de la Petite-Patrie reçoit deux tonnes de matériel par semaine et les revend à des prix ridiculement bas JACQUES NADEAU LE DEVOIR Meubles, baignoires, lavabos, électro-ménagers, chariots de supermarché, tout se vend à l’Eco-centre de la Petite-Patrie, à Montréal.Que devient la ville l’été, que peut-on y vivre, voir, remarquer, sentir, au-delà de toutes les activités officielles qui se multiplient sous le soleil?Nos journalistes vous font part des découvertes, des coups de cœur ou des sourires en coin que Montréal, Québec ou Ottawa, sous le ciel estival, leur ont inspirés.FRANÇOIS DESJARDINS Comment se porte la demande pour les baignoires usagées?Un ordinateur portatif du milieu des années 1990, aussi lourd qu’une plaque de marbre, peut-il encore servir à quelque chose?Et cet énorme cadre de fenêtre — ou de porte-patio, pardon —, on le ramène à la maison de quelle njanière au juste?Lorsque je me présente à l’Eco-centre de la Petite Patrie, vers 9h30, sous le soleil brûlant d’un mardi matin ordinaire, une dizaine de fouineurs arpentent déjà les lieux.Tous les jours, la même scène: ils attendent avec impatience l'ouverture de l'entrepôt de réemploi, qui revend à prix ridiculement bas des objets en tous genres déposés par le public.Comme des vautours, ils observent chacun des chariots de marchandises que les employés font rou- MACADAM ¦ - 1er depuis l’intérieur du bâtiment jusque dans le stationnement Ici, il y a de tout une boîte pleine de vidéocassettes, plusieurs chariots de supermarché dans lesquels s'élèvent des empilements pyramidaux de lavabos, une cage d’oiseau, des vélos, des bouts de métal non identifiés, d’énormes bobines de bois qu’on imagine jadis entourées de gros câble électrique.«Je checke ça», dit un homme d’une soixantaine d’années en jeans, t-shirt et casquette.Dans le propos, il y a une sorte de légèreté, une absence totale de souci.Il est retraité, «je viens voir ce qu 'il y a, ça passe le temps», ajoute-t-il avec un accent italianisant.Vous voyez des choses qui valent la peine?«Hier, ouf., une table en chêne avec quatre chaises pour 40 $.Comme neuf» Léger problème: à la maison, dans la salle à manger, il y a déjà une table en parfait état Déménagement oblige, l’an dernier, je suis allé y déposer des objets.Des trucs qui fonctionnaient encore.Je n’avais même pas fini de décharger la voiture et de poser les objets sur un chariot que, déjà, deux curieux rôdaient à un mètre, dévorant des yeux le nouvel arrivage.Prêts à bondir.«OK, un instant, reculez un peu, s’il vous plaît», avait averti un employé.En ce mardi matin, Olivier est venu non pas pour flâner mais dans un but précis.«Je cherche des chaises de cuisine.C’est pour le travail», dit-il.Il est scénographe pour le théâtre et la télé.Une fois que les employés de l’entrepôt ont tout sorti, il entre dans le bâtiment, où tout est en ordre, pour fouiller un peu plus.Des béquilles, des fers à repasser, des enjoliveurs.Pas de chaises.La voie de l’avenir ?«Le réemploi, c'est la voie de l’avenir», me dit Arthur, qui coordonne les activités de l’entrepôt avec sa propre société, Recy Second Regard.Agé de 58 ans, cet ancien concierge de Subdury fait du réemploi depuis cinq ans.Il est lui-même un ancien client «La majeure partie des gens qui viennent ici le font dans le cadre de leur travail», dit-il.Vous savez, lui, là-bas, cherche des chaises.«Ah oui, mais aujourd’hui, on est pauvre en chaises.» Chaque jour, il voit les mêmes visages, au nombre d’une cinquantaine.Certains, des commerçants, viennent deux fois par jour.«Heille Arthur!», lance un client.Il n’est pas le seul, apparemment, à connaître le patron.Beaucoup de tapes dans le dos, de poignées de main.D’autres viennent pour leur famille.«Ils achètent des portes, des haut-parleurs, des téléviseurs, ils placent ça dans un conteneur et envoient ça en Haïti, par exemple», dit-il.L’achalandage de matériel est ahurissant Arthur reçoit environ deux tonnes de matériel par semaine.En ce qui concerne les portes usagées, il en vend 500 par année.«Les bains, là-bas dans le jbnd, ils vont se vendre», dit-il.D a reçu de tout C’est vrai que vous avez eu un cercueil?«Quelques-uns.Avec les poignées de laiton.» Arthur n’arrête jamais.Trente secondes de jasette, et déjà on le réclame.«C’est combien, ça?», demande un client Et Arthur d’établir un prix Au fil du temps, certains objets ne se vendent pas.«Faut que j’en jette, maisj’veux pas en jeter trop», dit-il.«C’est comme le chaos, ici.fpeux pas toutte garder!» Même quand il jette, il peut faire de l’argent, car si des bases de lit en métal ne trouvent pas d’acheteur, elles peuvent toujours faire l’affaire des ferrailleurs.A l’intérieur, le retraité flâneur discute avec une employée.Cet ensemble de cuisine en chêne, il n’en revient toujours pas.«J’ai raté la table hier», dit-il.Parions qu’Ü y en aura d’autres.Le Devoir Décision critiquée par l’Opposition Day a privilégié d’anciens policiers et membres des services correctionnels T1 M NAU METZ Ottawa — Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, a privilégié la nomination d'anciens policiers et membres du Service correctionnel du Canada (SCC) au sein de la Commission nationale des libérations conditionnelles (CN1X), depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Stephen Harper, en 2006.Selon des documents gouvernementaux, parmi les 36 personnes nommées à la CNLC par M.Day de puis qu'il est devenu ministre, 23 sont des policiers à la retraite ou d’air tiens travailleurs des services correctionnels fédéral et provinciaux La préférence affichée par le ministre pour d’ex-policiers et travailleurs des prisons suscite des critiques de la part de députés de l’opposition et d'un haut dirigeant de la Société John-Howard du Canada, qui accusent le gouvernement conservateur d’imposer sa politique d’une justice plus severe aux services correctionnels et de réadaptation.M CHRIS WATTIE REUTERS Stockwell Day, ministre fédéral de la Sécurité publique Ils affirment que, si c’est réellement le cas, le gouvernement conservateur fait abstraction de certains aspects des nonnes fédérales en matière de remise en liberté surveillée et de réadaptation des détenus.le député libéral Ujjal Dosanjh et son confrère néodémocrate Joe Co-martin ajoutent que cette tendance — combinée à d’autres mesures adoptées par le gouvernement afin d'accroître le rôle des policiers au sein du système de justice criminelle — indique que Ottawa risque de «politiser» les forces de police à la grandeur du pays.«Tout le monde s’accorde à le dire, il s'agit, de mémoire, du gouvernement le plus idéologique, et il est très, très constant dans sa façon d'appliquer son idéologie et dans son mépris dufmctionnement des services correctionnels».a indiqué Craig Jones, directeur général de la Société John-Howard du Canada Les nominations par M.Day d’anciens policiers et travailleurs des services correctionnels au sein de La CNIjC dépassent largement le nombre des nominations du même genre effectuées par l’ancienne ministre libérale de la Sécurité publique, Aime McLeDaa Mme McLellan n'a nommé que deux policiers à la retraite et un seul ancien membre des services cor-rectionnels à la CNLC, entre 2tXM et 2006, parmi les 27 nominations à cet organisme ayant alors eu lieu.La Presse canadienne SOLDES PRINTEMPS- ÉTÉ 30%, 70 % 'ûW Vêtements d'enfants 0 à 18 ans Vêtements de maternité 1 1007, rue Laurier Ouest, Outremont Tel.: 274-2442 .» o i o «nu »*« « FteSiP.ats tfc ; : • u], - du 2008-06-28 ! 04 16 20 22 28 44 Gagnants 1 12 373 19 459 347 252 234 794 32 000 000,00 $ 65 128,60 $ 1 730 90 $ 62,80 $ 10,00 $ 5,00 $ es totales gros *ot ( Appro 38 805 438 $ , ) 3 500 000 $ Pgsgp 08 17 19 24 25 34 Ventes totales Lors 2 000 000.00$ 75 000,00 $ 750.00 $ 75.00$ 10.00$ 5.00$ 1 094 336.00 $ KQtra 1181861 Résultats des ju&ges du 2008-06-27 f QZÛ812.1Z22 214Z Efjtra 7609246 25 717 GAGNANTS 0 LOTS 10 000 000,00$ 6/7+C 3 60 552.50 $ 6/7 121 1 501.30$ 5/7 7 010 88.10$ 4/7 142 195 10,00$ 3/7 fC 127 574 10.00$ 3/7 1 163 964 Paft>cip«tioo gratuite Procfwn g Vrrif-.; lolaips ros *ot (appav I 16 396 464 $ 12 000 000 $ 100 000$ par année à via! Ne manquez pas les tirage» demain1 cetWiViémat 400e de Québec Les cérémonies du 3 juillet pourraient être perturbées par des manifestations Québec — Les cérémonies qui se dérouleront jeudi, le jour même du 400' anniversaire de la fondation de la ville de Québec, risquent d’être perturbées par plusieurs manifestations.Les cinq syndicats municipaux participant aux négociations pour le renouvellement de leurs conventions collectives profiteraient du petit-déjeuner de la Ville de Québec, dans les jardins de l'hôtel de ville, et par La suite du Salut à Champlain, au pied de la statue du fondateur, pour rappeler au maire Régis Labeaume et à ses invités qu’ils sont toujours en quête de contrats de travail Ôutre les employés municipaux, des groupes antimilitaristes, dont plusieurs partiront de Montreal ont aussi annoncé leur présence à Québec le 3 juillet Ces groupes, dont l’un des chefs de file est l'altermondialis-te Jaggi Singh, une figure de proue lors des manifestations du Sommet des Amériques tenu en 2001, sont attendus pour le défilé militaire qui aura lieu dans le Vieux-Québec.Daniel Gélinas est prêt Pour sa part.Daniel Gélinas, le grand patron du 40fr, est un peu nerveux, mais il a la conviction d'avoir remis la fête sur les rails et prévoit que ce sera un succès mémorable.«Je veux, dit-il, que les gens de Québec soient marqués par des images Juries de ce 400 anniversaire.On a placé les affaires pour que ça fonctionne et soit un grand succès».Plusieurs des éléments du 400e sont en marche, mais c’est cette semaine que Ton célèbre les 400 ans de Québec, le jeudi 3, avec la cérémonie officielle et le spectacle Rencontres étalé sur trois jours.La Société du 400e revient toutefois de loin et a évité de peu la catastrophe.Daniel Gélinas a été recruté en décembre.«Le plan de match a été respecté à 100 pour cent, raconte-t-il dans une entrevue accordée au Journal de Québec.Il fallait rétablir la confiance entre les médias, la population et la Société du 400.On y est arrivé avec des activités associées au 400 comme le Tournoi de hockey et Starmania, et en repositionnant la programmation.Les morceaux du puzzle tombent en place.On a senti en mars que la confiance s’est établie LE DEVOIR SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE POUR LA FÊT E DU CANADA Mardi, l*’juillet : FERMÉ* Pour être effectives le 2 juillet, les demandes d'arrôts temporaires de livraison par camelot doivent nous parvenir au plus tard le 30 juin avant lOh.et ça n’a pas arrêté depuis, indique notre revue de presse.A Montréal et en région, par contre, les mauvaises nouvelles ont continué de faire du chemin, mais pas ici.» Le second volet consistait à doper la programmation.«C’est 10 à 15 millions de dollars que nous avons infecté dans la programmation en coupant dans l’organisation et les communications, ce qui donne plus de spectacles en juillet et août et trois semaines de plus du Moulin à images, de Robert Lepage.» H rappelle les spectacles à venir d’Aznavour, Céline Dion, Linkin Park.et il garde quelques atouts dans sa manche.La journée du 3 juillet a valeur historique et se terminera par le plus gros feu d'artifice jamais vu au Canada, à 23h45.«Le spectacle pyromusical sera trois ou quatre fins plus gros que tout ce qui a déjà été fait au Canada.A la chute Montmorency, une soirée de jeux d a rtifice, c’est5000 pièces; ici, on parie de 20 000 pièces pyrotechniques! Imaginez la vue sur Québec depuis la Rive-Sud», a indiqué Daniel Gélinas.La Presse canadienne EN BREF Mandat de grève au Reine-Elizabeth ?• Le syndicat représentant les employés de l'hôtel Reine-Elizabeth, à Montréal devrait devenir cette semaine le premier d'un etablissement hôtelier du Québec à obtenir un mandat de grève de 24 heures, à déclencher an moment juge opportun.Les dirigeants syndicaux de h Fédération du commerce de la CSN soDi-dteront l'aval des travailleurs jeudi en assemblée générale.D'autres assemblées auront Beu dans les prochains jours pour obtenir le même mandat dans 40 autres hôtels du Quebec.- La Presse canadienne » » * * L t- devoir, l e l r \ I) i so j r i \ •> o o 8 a ;i QUALITES Refaire la dernière guerre ! Chantal Hébert Parmi les engagements québécois de Stephen Harper, aucun n'a aussi peu progressé que sa promesse d’encadrer le pouvoir fédéral de dépenser.Le dossier est dans les limbes depuis des mois et, dans la capitale fédérale, plusieurs en parient au passé.C’est peut-être un mal pour un bien L'automne dernier, l’intention annoncée du gouvernement Harper de limiter le pouvoir de dépenser seulement dans les nouveaux programmes à frais partagés — une espèce fédérale-provinciale en voie de disparition, de toute façon — avait fait l’unanimité des adversaires et des champions d'un gouvernement central fort De part et d’autre, on s’était entendu pour dire le projet se résumait à un coup d'épée dans l’eau.Mais le jeu de bonifier le plan Harper en vaut-il vraiment la chandelle?C’est loin d’être évident ?On parle de pouvoir fédéral de dépenser depuis plus de 40 ans au Canada Au fil de cette période, les grands enjeux fédéraux-provinciaux ont changé, au point où plusieurs des protagonistes du débat se demandent si le sujet n’est pas devenu terriblement accessoire.Le mois dernier, l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) a convié une vingtaine d’experts et de haut fonctionnaires fédéraux et provinciaux ainsi que quelques commentateurs à discuter en terrain neutre de l’énoncé conservateur sur le pouvoir de dépenser.Mais l’absence d’ambition du plan conservateur fait qu’il ne suscite ni haine ni amour, seulement une indifférence généralisée.La proposition Harper a finalement été complètement évacuée des échanges.Dans le contexte actuel, certains ne sont d’ailleurs pas loin de croire que le pouvoir fédéral de dépenser pourrait finir par tomber en désuétude.Chose certaine, l’action fédérale-provinciale se passe ailleurs.Le boom énergétique est en voie de changer le visage du Canada Le pouvoir économique se déplace vers l’Ouest Mais les rendements extraordinaires de provinces productrices comme l’Alberta et la Saskatchewan n’amortissent pas suffisamment le choc subi par les provinces manufacturières comme l’Ontario et le Québec pour empêcher la flambée des prix de l’énergie de tirer l’économie canadienne vers le bas.Pendant que les provinces productrices engrangent des redevances sans précédent le gouvernement fédéral voit ses rentrées diminuer.Sa capacité d’adoucir le virage vers une nouvelle économie en est réduite d’autant Les baisses d'impôt du gouvernement Harper, en particulier celles de la TPS, jugées peu performantes du point de vue économique, exacerbent le problème.Dans l’avenir prochain, ce n’est pas la capacité du gouvernement fédéral d’imposer ses programmes à même des surplus budgétaires aléatoires qui risque de dénaturer le fédéralisme, mais plutôt les carences du système de redistribution interprovincial Et le déséquilibre qui va créer le plus de distorsions n’est pas celui, vertical, dont on a tant parlé entre Ottawa et les provinces, mais plutôt un déséquilibre à l’horizontale entre provinces.Ce déséquilibre a déjà rendu caduque la formule de péréquation perfectionnée.l’an dernier par le gouvernement Harper.Sous cet angle, le débat lancé par Stéphane Dion avec son projet de taxe sur le carbone ne se résume pas à un branle-bas de combat en vue de la guerre contre les changements climatiques.Il s’agit également d’un document stratégique destiné à positionner un futur gouvernement libéral sur le prochain champ de bataille fédéral-provinciaL En instaurant une taxe nationale sur le carbone, aussi neutre soit-elle, Stéphane Dion rapatrierait vers le centre une partie des retombées énergétiques provinciales pour les redistribuer à l’échelle canadienne.S l’Aberta et la Saskatchewan imposaient une taxe provinciale équivalente sur le carbone, elles en feraient sans doute autant pour l’environnement, mais elles se trouveraient à recevoir le beurre — c’est-àdire les redevances de leur énergie — et l’argent du beurre, c’est-à-dire les impôts verts qui s’y rattachent Du coup, elles s’enrichiraient encore plus vite pendant que des provinces moins nanties en pétrole et en gaz naturel conti-nuçraient de s’appauvrir.À l’échelle du défi que pose l’équation énergétique au gouvernement Harper, le dossier du pouvoir fédéral de dépenser fait figure de diversion.Les conservateurs ont bien davantage à craindre d’un arbitrage économique qui mettrait en cause leur base de l’Alberta et qui pourrait unir l'Ontario et le Québec contre eux que d’un débat de plus en plus théorique sur le futur rôle fédéral en politique sociale.L’alliance récente de ces deux provinces n’était pas qu'un pied de nez fait à Stephen Harper.La somme des intérêts Ontario-Québec dans le débat économique émergent est plus conséquente que celle de leurs divisions philosophiques sur le pouvoir fédéral de dépenser.?Dans cette nouvelle dynamique, les positions traditionnelles du Québec lui sont d’un secours très relatif et sa philosophie autonomiste ne va pas automatiquement dans le sens de ses intérêts.Par exemple, le Bloc québécois, qui réclame l'instauration d’un principe de territorialité dans la lutte fédérale contre les changements climatiques, souhaite-t-ü vraiment le chacun-pour-soi des provinces en matière d’imposition sur le carbone, et cela, même au prix d’un déséquilibre horizontal criant entre les provinces?Depuis le dévoilement du plan Dion, les gouvernements provinciaux ont commencé à choisir leur camp.L’Ontario et la Colombie-Britannique disent qu’elles pourraient s'accommoder d'une taxe fédérale sur le carbone.L'Alberta et la Saskatchewan se sont insurgées contre ce quelles voient comme une tentative de leur manger la laine sur le dos.Jusqu’à présent le gouvernement de Jean Charest a été discret A la lumière des enjeux, les Québécois seraient en droit d'exiger de leur gouvernement qu’il produise, d’ici le prochain scrutin fédéral, une évaluation sérieuse de l'impact sur la place québécoise dans l’espace économique canadien, des programmes respectifs de Stephen Harper et de Stéphane Dion.En attendant bon été! cheberfa thestar.ca La chronique de Chantal Hébert fait relâche pour l'été et sera de retour le 2 septembre Entrevue à la revue La Scena La culture comme moteur de l’unité canadienne ?La gouverneure générale Michaëlle Jean et son mari se prononcent en faveur d’une politique culturelle fédérale Michaëlle Jean et Jean-Daniel Lafond, le couple vice-royal du Canada, dans le port de La Rochelle le 8 mai dernier, à I occasion du lancement officiel en France des fêtes du 400' anniversaire dt Québec.STÉPHANE BA1LLARGEON Le couple vice-royal du Canada souhaite l’adoption d'une politique culturelle fédérale pour stimuler les échanges et cimenter l’unité nationale.Le bureau de la gouverneure générale intervient d’ailleurs en ce sens depuis deux ans avec son initiative Point des arts, qui rassemble les artistes du pays et les encourage à dialoguer entre eux «[.] Je pense qu’une société n’est mûre, culturellement parlant, que lorsqu’elle est capable de se réunir autour d’un projet culturel cohérent», dit Jean-Daniel Lafond dans une entrevue accordée avec sa femme, la gouverneure générale Michaëlle Jean, à La Scena (été 2008), un nouveau magazine sur les arts et la culture qui inclut le dernier numéro de La Scena musicale, spécialisée depuis des années en musique classique.«Au Canada, chaque province établit sa propre politique culturelle, mais au niveau fédéral, la question d'une véritable politique culturelle commune se pose toujours.» le Canada n’a pas de politique culturelle globale, mais plusieurs lois sectorielles balisant notamment le statut de l’artiste, le droit d’auteur ou les télécommunications.La proposition d’en adopter une s’arrime à une conception bien précise de la culture comme ciment national.Pour le couple Jean-Lafônd, les arts, la création culturelle et même les médias peuvent stimuler les échanges et servir finalement à unifier le pays.«Ouvrir le regard les uns sur les autres, c’est le rôle normal d’une culture et cela fonctionne bien au Canada, dit Mme Jean en entrevue à La Scena.Mais connaître et rassembler les créations artistiques, cela reste à faire.Le problème, c’est la communication entre ces différents regards artistiques, parce qu’il est très difficile de mettre les gens ensemble, les artistes ensemble et surtout, les publics ensemble.» Son époux enchaîne alors avec un parallèle pointant vers le rôle de l’éducation et des médias dans le processus d’édification d’une nation.«On revient à l’éducation, dit-il.Or, quand vous avez un pays où l’on n’enseigne ni l'histoire ni l’histoire de l’art de la même façon au Québec et en Saskatchewan, eh bien il manque quelque chose! Il faudrait avoir une vision globale de ce qui se produit aujourd’hui en art, art visuel, théâtre, danse, littérature.dans l’ensemble du Canada.Ce qui revient à dire que les journaux devraient être capables de nous parler d’autre chose que de ce qui se passe à notre coin de rue! Il faut une bonne presse culturelle pour apporter une vision globale et du bon sens.C’est aussi pourquoi il serait nécessaire qu ’il y ait dans ce pays une politique culturelle.» Des forums Le bureau de la gouverneure générale multiplie les débats sur «les défis de.la culture» au Canada depuis la nomination de Mme Jean.«En 2006, Leurs Excellences ont souhaité ajouter un espace de réflexion et de dia- logue aux cérémonies qui ont pour but d’honorer et de récompenser le talent des artistes canadiens», explique Marie-Eve Letourneau, du bureau de presse de Rideau Hall, la Résidence officielle de la «presque reine» du Canada.«A l'initiative de M.Lafimd, ces forums intitulés le Foint des arts offrent des occasions exceptionnelles de rassembler les lauréats, des artistes, des universitaires et des gestionnaires pour discuter des déjis auxquels fait face la culture dans notre société.» Jusqu’à maintenant, plus de 600 personnes ont participé aux 27 forums du Point des arts, dont l’écrivain Dany laferrière et la chanteuse Louise Forestier.Le dernier Forum a été organisé le 13 juin à Rideau Hall à l’occasion de la remise des prix Michener honorant l’excellence journalistique.Il priait sur la façon dont les médias «reflètent la société canadienne».Plusieurs de ces forums ont eu lieu à Rideau Hall et dans toutes les provinces et territoires à l’occasion des visites officielles.Ces forums ont aussi été tenus à l’étranger, plus précisément au Brésil en juillet 2007 et en France en mai 2008.Le 4 juin dernier, à l’occasion d’un Point des arts à Québec, les participants venus du Sénégal, de France, d’Haïti, de la Martinique et du Canada ont discuté de la création en français.La gouverneure générale est confinée à un rôle honorifique et symbolique, comme la reine quelle représente dans la monarchie constitutionnelle bri-tannique.D'où l’accent mis sur la culture, jugée politiquement neutre.«C’est tout à fait ça, commente Sébastien Barangé, du bureau de la gouverneure générale.On n’est pas là pour discuter ni de politique politicienne, ni de financement.On est là pour parler de la création.Iss artistes voient dans ces rencontres une occasion de réseautage et de mentorat.Et nous, quand on invite des gens, on ne leur demande pas leurs allégeances politiques.» Le site Internet du Forum recevrait entre 6(X) et 1200 visites par jour.les dialogues en ligne restent cependant très peu courus, avec quelques commentaires à peine pour chacun des sujets.Une question sur la diversité canadienne dans les médias n’a suscité aucun commentaire.Une seule personne a répondu à la question sur l’art au temps du boum économique.Deux blogueurs ont répondu à la question: «Que devient la culture québécoise et que voulez-vous qu'elle devienne?» Plus étonnant encore, le bloc de discussions ad lib s’ouvre sur un débat en anglais au sujet de la disparition du français au Canada.Le Devoir Surpopulation carcérale : Jacques Dupuis perd le contrôle, selon le PQ Trains de passagers La valse des retards se poursuit chez Via Rail RÉMI NADEAU Québec — Le crime organisé serait en voie de prendre le contrôle des prisons du Québec.C’est le signal d’alarme lancé par le Parti québécois, qui demande au ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, d'intervenir de toute urgence.Le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Jacques Côté, reproche au gouvernement Charest de se tourner les pouces en attendant la construction de nouveaux centres de détention, pendant que la situation se dégrade dramatiquement dans les prisons surpeuplées.«On parle de promiscuité, de prisons insalubres, de vente de drogue et de risques pour la sécurité des gardiens, bref, ça va très mal.Si le ministre n’agit pas de façon musclée d’ici à l’automne, il fera face à une situation incontrôlable», a dit le député de Dubuc dans une entrevue diffusée hier au service radio de Ira Presse canadienne, ajoutant que le crime organisé tire profit «du vide laissé par le gouvernement».Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels, Stéphane Lemaire, corrobore les dires du député péquiste, disant même appréhender que surviennent des drames.«On vit le chaos présentement.C’est en train de craquer, nous n'avons jamais vécu une surpopulation aussi dense», a-t-il indiqué, admettant que le trafic de stupéfiants se fait plus facilement dans la prison de Bordeaux que dans la rue.«C’est un commerce très payant.La drogue se vend trois fois plus cher à l’intérieur des murs et, dans un contexte de surpopulation, le contrôle est impossible», a ajouté M.Lemaire.Manque de places En février, le ministère de la Sécurité publique a annoncé que des installations modulaires temporaires seraient ajoutées cet autom- ne aux prisons de Québec, Amos, Trois-Rivières et Sherbrooke, afin de créer 324 places supplémentaires de détention, en attendant la construction de cinq prisons neuves d’ici cinq ans.«C’est comme mettre un diachylon sur une plaie béante», a dit le président du syndicat qui affirme que ses membres sont déjà «au bout du rouleau».Dans son rapport publié en mai dernier, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germam, signalait d’ailleurs que «les places annoncées ne permettront vraisemblablement pas de combler les besoins actuels».Alors que la capacité d'accueil des 17 prisons du Québec est de 3721 détenus, le nombre moyen des personnes présentes était de 4200 en 2006-2007.Par exemple, la capacité d’accueil du centre de détention de Chicoutimi est de 45, alors qu’on y trouve souvent plus de 80 détenus.La protectrice du citoyen avait aussi reproché à M.Dupuis de ne pas avoir encore présenté un plan d’action pour la réinsertion sociale des personnes incarcérées, en lui enjoignant de le faire d’ici à décembre.«La réhabilitation, on est loin de ça, même si ça fait partie de notre mandat.On en a plein nos bottes juste à tenter d’assurer notre propre sécurité», a lancé Stéphane Lemaire, selon lequel il faudrait des installations mieux adaptées à l’actuelle population carcérale et l’embauche de 300 à 400 agents correctionnels supplémentaires.Le député péquiste Jacques Côté soutient que, si M.Dupuis ne donne pas un sérieux coup de barre d’ici l’automne, le premier ministre Jean Charest devra songer à lui retirer ses fonctions.«S’il n ’est pas capable de faire sa job, qu’on lui enlève des dossiers, parce que là, ça ne fonctionne pas et la situation est très inquiétante», a-t-il conclu.La Presse canadienne DEAN BEE BY Ottawa — Près de la moitié des trains de voyageurs de Via Rail sont arrivés à destination en retard l’hiver dernier — et dans plusieurs cas, avec un retard important révèle un rapport interne.Au cours des trois premiers mois de l’année, 46 % des trains sont entrés en gare plus tard que prévu, indique le rapport obtenu grâce à la Loi sur l’accès à l’information.Via Rail s’était donné pour objectif un taux maximum de retard de seulement 14 % pour le premier trimestre.Cette performance serait encore pire si Via Rail ne s’était pas accordé un «délai de grâce» lui permettant de considérer comme ponctuel tout train ayant effectué un trajet de courte distance et étant arrivé avec un maximum de 15 minutes de retard.Dans le cas des trains de longue distance, le délai de grâce est de 30 minutes.Les statistiques du mois de mars ont été particulièrement mauvaises: 54 % des trains transportant des passagers au pays ont pris plus de temps que prévu pour effectuer le trajet.L’un des itinéraires les plus populaires, celui reliant Toronto à Ottawa, a été l’un des moins performants: près des trois quarts des convois n’ont pas respecté l’horaire au mois de mars.Non seulement les trains étaient-ils en retard, mais ce retard était important, montre le rapport préparé pour la réunion d’avril du conseil d’administration de Via Rail.Selon ce document, les trains ont accumulé 33 000 minutes de retard au total en mars 2008, soit deux fois plus qu’en mars 2007.Cela veuf dire environ quatre heures et demie de retard sur le trajet Toronto-Vancouver et près de trois heures de retard en moyenne pour la liaison Montréal-Halifax.Ira société de la Couronne avait pourtant promis d’améliorer la ponctualité de ses trains en 2008.Les retards sont attribués aux tempêtes hivernales et au froid, qui ont mené la vie dure aux locomotives vieillissantes de Via et endommagé les voies ferrées, les signaux et les aiguillages.En outre, les voies ferrées du CN, sur lesquelles se dépla-.cent les trains de Via, sont abondamment utilisées par les trains de marchandises, qui causent leur bonne part de retards.Ces résultats médiocres sont arrivés à un mauvais moment pour Via Rail, qui a eu besoin de 200 millions de dollars du gouvernement fédéral, l’an dernier — soit environ 50 $ par billet vendu — pour couvrir son manque à gagner.La Presse canadienne S o I ° r ' u www.zytco.com 1-800-361-9232 LAVAL LONGUEUIL GATINEAU OTTAWA QUÉBEC 31S5, JWvEInlIan* W8,TransOnala 1201,S-Jos»pt 1460,aCr*** 52J7,Wilfn4 DTâAPLO» AMiC l’OACI./ CTSt X ûuC Nous, ^ (V/0RBauR$( oN AvAVT fctAuCOdP P'rtEurtS V W Vot« La langue qui nous revient! Les Québécois ont la langue partout, sauf dans leur poche.Et ce peuple se tourne sept fois la langue dans la bouche avant de la sortir dehors, surtout par temps froid.Vaut mieux la garder au chaud, au creux d’une salive qui fermente les mots si chers de son appartenance.Car la langue de ce peuple lui revient, c’est là son moindre défaut et c’est bien la moindre chose.Et comme elle est de résonance française, cette langue, elle provoque chez nos petits amis anglais bien des remous et ça se comprend.Une minorité francophone qui lève bien haut le bouclier de sa fierté dans l’océan anglophone de l’Amérique du Nord, cela fait bizarre et, pour certains, cela fait folklorique.Pourtant, cette langue n’est pas un virus.Elle est plutôt comme un bon fruit qu’il faut faire goûter, entre autres, aux nouveaux arrivants.Cette langue a trop bien parlé, a trop bien aimé et a trop bien chanté pour qu’on se la fasse arracher par qui que ce soit Et si elle perdure depuis si longtemps, c’est bien la preuve qu’elle ne s’est pas encore laissée «enfirouaper».Donnons-lui tout le mérite qui lui revient et la reconnaissance légitime à laquelle elle a droit chez nous.Sinon, c’est bien simple, il ne restera plus qu’à donner sa langue au chat.Y van Giguère Fondateur du concours national de paroliers de langue française 24 juin 2008 En ces temps de cohenomanie En ces temps de cohenomanie — et j’en parle d’autant mieux que je suis moi-même un cohenomaniaque invétéré — un élément important n’est pas assez souligné.Si Leonard Cohen a repris la scène après plus d’une dizaine d’années, alors que jusqu’à récemment il parlait plutôt de prendre sa retraite, c’est parce qu’il a des problèmes d’argent Et si on parle volontiers de l’escroquerie dont il a été victime, on ne souligne pas assez que tout est parti d’un montage financier destiné à éviter de payer de l’impôt au fisc américain.L’impôt rappelons-le, est l'instrument le plus efficace de la solidarité sociale.Les citoyens riches paient pour pouvoir vivre dans une société (relativement) unie et pacifique.Chercher à LETTRES éviter l’impôt, une pratique de plus en plus diffuse, est donc un manquement grave à ses responsabilités sociales.C’est ainsi que les choses vont, les pauvres restent pauvres, les riches s’enrichissent chante Leonard Cohen dans une de ses chansons les plus connues.J’avais compris qu’il le regrettait, mais je me suis sans doute trompé.Jérémie Cornut Montréal, 27 juin 2008 Cher Québec Cela fait 35 ans que je vis ta vie.Que je goûte ton être, tes 400 années d’histoire.Histoire qui n’est pas mienne.Pourtant, aujourd’hui, j’en fais partie.Et comment puis-je la partager avec toi?Avec tant d’immigration que tu dédaignes tant?Avec tpnt de talent laissé dans les oubliettes de l’Etat?De quoi as-tu peur, Québec?De ma différence?De ma ressemblance?De ma culture?De mon intégratiqn?De ma compréhension de ton histoire?A laquelle j’appartiens, et ce, malgré moi?Moi qui t’aime tant.Moi qui te chante tout le temps: «Mon cher Québec, c'est à ton tour de te laisser parler d’amour,.» A la Gilles Vigneault, il va de soi! Moi qui connais plus ta langue que la mienne et qui la défends malgré les tiens qui se cachent derrière des paroles telles que: «Bonne chance.» Je te dis quand même «Bonne fête», car je dis, comme une grande utopiste, que la liberté, elle commence là où elle se termine.Je bois à ta santé! Au bonheur que nous léguerons à nos enfants, car le monde est ouvert aux rencontres des peuples, des origines, des religions, des cultures, des différences.Et surtout, parce que nous voulons tous, vieillards et enfants, vivre et nops épanouir dans «le meilleur des mondes»! A ta santé, Québec! Qu’elle te soit honorable et respectueuse de tous les humains qui la composent.Claudia Valdivia Chiliquoise, Chilienne d’origine et Québécoise d’adoption 24 juin 2008 Le nouveau ministre de la Santé Nonobstant la qualité de l’homme, il me semble que nous assistons à un dangereux précédent avec la nomination d’un candidat libéral défait à la tète du plus important portefeuille gouvernemental, le Dr Yves Bolduc.Le message envoyé par cette décision est que le premier ministre du Québec se moque du verdict des électeurs de la région de Chicoutimi.La convention selon laquelle un ministre ne doit pas nécessairement être membre de l’Assemblée nationale pour occuper son poste ne doit pas servir à renverser le choix des citoyens et citoyennes, surtout que le Dr Bol-duc était pressenti et annoncé comme le prochain ministre de la Santé.Si les électeurs lui ont dit non, ils avaient sans doute pesé le pour et le contre.Bruno Provost 25 juin 2008 Le MBAC et le profilage Le Musée des beaux-arts du Canada a fait paraître une annonce çar il est «à la recherche de réviseurs de textes».Etant «réviseur de textes», j’ai lu cette annonce avec intérêt pour voir si je pouvais poser ma candidature.L’annonce stipulait que «Le Musée souscrit aux principes de l’équité en matière d’emploi».Je me suis dit «Voilà qui est clair, toute personne qualifiée peut poser sa candidature.» Et la suite de l’annonce le confirmait: «Nous invitons toutes les personnes qualifiées.».Ce qui, en bon français, veut dire exactement ce que ça dit toute personne qualifiée peut poser sa candidature.Mais le MBAC, qui a sûrement besoin de quelqu’un (ou de quelqu’une) pour lui expliquer le sens des mots, tenait à apporter des précisions sur le sens du mot «personne».On précisait donc: toutes les personnes qualifiées, y compris les autochtones, les personnes ayant un handicap (sic), les membres des minorités visibles et les femmes (resic).J'ai donc compris que le MBAC ne savait pas que le mot «personne» pouvait signifier «un être humam», quels que soient son sexe, la couleur de sa peau, son origine, sa nationalité.En effet un réviseur de textes qualifié s’impose, et vite! Voulant montrer que l’on est très ouvert et que l’on ne fait pas de discrimination, on en arrive à être méprisant en faisant du profilage et en précisant que certaines catégories de personnes (y compris.les femmes) peuvent avoir les qualifications nécessaires pour exercer certains métiers.Je n’ai pas la prétention de défendre toutes les personnes visées par cette annonce.En ce qui me concerne, je me demande si, en posant ma candidature, je dois préciser que je suis un homme blanc, athée, myope, marié, souffrant d’arthrose, droitier, âgé et.y compris qualifié.Thomas Déri Saint-Lambert, 25 juin 2008 LIBRE OPINION Le temps presse pour les pharmaciens hospitaliers CHARLES FORTIER President de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec Tous reconnaissent qu'il faut beaucoup d'énergie et de passion pour être ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec de nos jours.Le docteur Yves Bol-duc a l’avantage d’arriver avec une vaste connaissance du réseau de la santé, étant donné son expérience de médecin et de gestionnaire.Cela dit, il fera face à des défis importants, dont celui d’assurer la relève dans plusieurs professions du réseau de la santé qui sont rongées par une pénurie de ressources.Parmi ces pénuries, la plus sévère, en proportion de l'effectif, est sans conteste celle des pharmaciens hospitaliers.Cette pénurie atteint aujourd’hui le sonunet record de 18 % (phis de 220 pharmaciens manquants).En comparaison, on estime celle des infirmières à environ 5 %.Près d’un établissement de santé sur deux au Québec fonctionne am' un manque de pharmaciens de l’ordre de 20 % ou phis! Cette situation est intenable, a fortiori si on considère l’augmentation des besoins en soins pharmaceutiques, alors que La population vieillit et que les médicaments sont plus que jamais l’élément central de l’arsenal thérapeutique.Au coeur de cette problématique de pénurie se trouve toujours le pouvoir d’attraction du secteur privé.Aucune profession du réseau public ne cohabite avec un secteur privé aussi développé que la pharmacie.Le ratio est de quatre pharmaciens en pharmacie privée pour un en milieu hospitalier.Et les pharmacies privées rivalisent fortement avec le secteur public pour attirer des pharmaciens, grâce à un écart de rémunération qui ne cesse de grandir.Non seulement les pharmaciens des hôpitaux gagnent aujourd'hui environ 30 % de moins que leurs pairs salariés des pharmacies privées (ils gagnent en moyenne 20 000 $ de moins annuellement), mais ils doivent étudier près de deux ans de plus, étant donné la complexité de la pratique en milieu hospitalier.Bien des pistes de solution ont été avancées et sont explorées pour remédier à la pénurie, comme la réorganisation du travail, la délégation accrue au personnel technique en pharmacie, l’augmentation des admissions dans les universités et l’application de primes de recrutement et de maintien en emploi dans certains hôpitaux.Toutes ces solutions ont du mérite, mais l'enjeu de la rémunération inéquitable demeure le problème numéro un, et il en sera ainsi aussi longtemps qu’on ne s'y attaquera pas de front Les consequences de cette situation sont multiples: faible taux d’inscriptions à la maîtrise, rétention de seulement 75 % des détenteurs de maîtrise après trois années en poste, rupture de services dans plusieurs secteurs de soins pour assurer les services de base, recours massif et coûteux aux pharmaciens dépanneurs, épuisement et démotivation des pharmaciens en poste dans les hôpitaux, départs de pharmaciens expérimentés vers le secteur privé.Par leurs interventions, les pharmaciens hospitaliers assurent une utilisation sécuritaire des médicaments.Ds sont des experts de haut niveau, qui collaborent au quotidien avec l'équipe soignante dans les secteurs de soins les plus exigeants du réseau public de santé, comme l’oncologie, les soins intensifs, la cardiologie, l’urgence et la psychiatrie.Il est impérieux de reconnaître leur valeur en rétablissant leur rémunération.Les autres solutions ont été mises à l’essai, mais une rémunération suffisante est la seule susceptible d’assurer la présence des pharmaciens en nombre approprié dans le réseau.Le temps presse.» E DEVOIR.LE L l \ D I ;i 0 .1 I 1 X 2 0 0 8 A 7 DEES ’V.Am ¦IrVlSM'tg "V'-/ )k'.Æ K V* .MJ V / ' > 'V'ü Ï*JVV JACQUKS CKKNIKK 1 V DKVOIR Des leçons à tirer de l’épisode UQAM WAN ALLAIRE Président du conseil de l’Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques (IGOPP) JEAN MARIE TOULOUSE Professeur à HEC-Montréal et président du Groupe de travail sur la gouvernance des universités e vérificateur général du Québec (VG) vient de publier la deuxième partie de son rapport de vérification de l’UQAM intitulé Principaux facteurs responsables des pertes de IVniversi-té du Québec à Montréal.Ce rapport décrit les nombreuses carences de gouvernance ayant contribué aux problèmes financiers de cet établissement.Le document du vérificateur général apporte un témoignage concret sur les risques de dérapage en l’absence de saines pratiques de gouvernance.En cela, il fournit un net appui aux propositions contenues dans le rapport du Groupe de travail sur la gouvernance universitaire rendu public en.2007 par l’IGOPP Plusieurs leçons sont à tirer du douloureux épisode que connaît l’UQAM, leçons qui sont pertinentes d’ailleurs pour tous les établissements universitaires.Un conseil indépendant Première leçon: la composition du conseil a une importance critique pour le succès de la gouvernance.Une saine gouvernance débute par la composition d’un conseil où siègent en majorité des membres indépendants et compétents.Le rapport du Groupe de travail de l’IGOPP a proposé (principe 5) que les conseils d’administration des universités soient composés de membres aux expériences et compétences diverses, de façon à refléter l’ensemble des points de vue, et que la majorité des membres soient indépendants, donc non liés personnellement ou professionnelle ment à l’établissement Puis au principe 6, le Groupe de travail ajoute que ces membres indépendants doivent être légitimes et crédibles: leur légitimité prove nant de la démarche qui mène à leur nomination au conseil et leur crédibilité reposant sur une expérience pertinente et une expertise appropriée aux enjeux de l’établissement ainsi que sur leur réputation d’intégrité.Ces propositions du Groupe de travail ont fait sursauter certaines parties prenantes, habituées à des conseils d’administration servant plutôt de forums pour des échanges d’information et de lieu d’arbitrage entre les intérêts de différents groupes de pression.Du côté de 1T QAM Or, tentant de comprendre pourquoi le conseil d’administration (CA) de l’UQAM n’était pas intervenu plus tôt et plus énergique- ment, le vérificateur général invoque la composition du conseil de l’UQAM: il note que, sur les 16 membres du conseil de l’UQAM, trois proviennent de la direction, trois représentent les professeurs, deux représentent les étudiants, un représente les chargés de cours, un provient des cégeps, un représente les diplômés et finalement cinq membres représentent les milieux social, culturel, des affaires et du travail.Donc, constate le VG, «plus de la moitié des administrateurs sont des acteurs quotidiens dans la vie de cet établissement.Se considèrent-ils comme des administrateurs chargés de défendre les grands enjeux de l'université [.] au risque de déplaire au recteur?» (art 250); de plus, «de nombreux observateurs peuvent assister aux séances du conseil et ils sont aussi des acteurs de cette université» (art 251).Certains membres du conseil de l’UQAM ont fait part de la difficulté à exercer leurs fonctions, allant même jusqu’à dire que, «s’ils avaient voulu s’opposer aux projets de l’UQAM, il leur aurait fallu être prêts à quitter leurs fondions» (art 248).Dans ce contexte, les membres externes, minoritaires et entourés de cadres de l’établissement, peuvent-ils vraiment agir en grands tion du CA au gouvernement.Dans les faits, le nom suggéré par le CA vient d’un vote qui se tient dans la communauté universitaire.Ce processus donne une légitimité au recteur nommé par le gouvernement et influence les balises de sa relation avec les administrateurs» (art 252).11 ne fait aucun doute que le choix du premier dirigeant doit incomber au conseU d’administration, au terme d’une démarche qui assure la légitimité et la crédibilité du dirigeant choisi.Si on ne respecte pas ce principe, le premier dirigeant, choisi ou élu selon d’autres démarches et par d’autres instances, ne verra jamais ce conseil d’administration comme son supérieur à qui il doit rendre des comptes.En fait dans de tels cas, le conseil, encore une fois, est infirme, handicapé par l’absence d’un levier puissant de son autorité.Légitimité et crédibilité Le rapport du Groupe de travail sur la gouvernance des universités propose (principes 4 et 9) que le choix du premier dirigeant soit la responsabilité du conseil selon une démarche ayant trois objectifs: a) choisir le (la) meilleure) candidat (e); b) s’assurer que des candidatures internes et externes soient possibles et pleinement considérées; c) traiter toutes les candida- Certains membres du conseil de l’UQAM ont fait part de la difficulté à exercer leurs fonctions, allant même jusqu’à dire que, «s'ils avaient voulu s'opposer aux projets de l'UQAM, il leur aurait fallu être prêts à quitter leurs fonctions» (art.248) décideurs de la même façon que les membres d’un conseil d’administration, ou seulement agir comme des conseillers qui puisent dans leur expérience personnelle pour en faire profiter les autres administrateurs (art 251)?Trop d’ambiguïtés Il faut éliminer ces ambiguïtés dans la gouvernance de nos établissements publics.Un conseil d’administration digne de ce nom doit être l’autorité décisionnelle ultime pour l’établissement.Cette autorité doit être portée par des administrateurs qui, majoritairement n’ont d’autre intérêt que la réalisation de la mission de l’établissement de la façon la plus efficace pour l’ensemble des personnes concernées.Les séances du conseil ne doivent pas servir de lieu de partage de l’information avec la communauté dans son ensemble (plusieurs autres tribunes sont disponibles à cette fin), ni de lieu de promotion d’intérêts divergents.Sans ce caractère essentiel, le conseil d’administration devient en fait et en pratique un vague comité consultatif sans grande prise sur le fonctionnement de l’organisation.Saine gouvernançe Le rapport du VG souligne que «la nomination du recteur de l'université découle d’une recommanda- tures avec res-pect, en assurant la confidentialité appropriée.Le rapport, en son principe 11, stipule que la personne choisie doit être perçue comme légitime pour occuper le poste, autant par la communauté universitaire que par les membres du conseil d’administration; que cette personne doit être hautement crédible, c’est-à-dire avoir le type d’expertise et d’expérience nécessaires pour relever les défis et les enjeux avec lesquels l’établissement devra composer au cours des prochaines années.La définition de ces défis et enjeux serait le résultat d’une une large consultation auprès de la communauté universitaire.Choix d’un dirigeant Le rapport du VG souligne trois aspects problématiques du choix du premier dirigeant de l’université: la démarche menant à son choix, la place et l’impact d’un vote par l’ensemble de la communauté et enfin le rôle du CA dans le choix du recteur.Le VG souligne la complexité de la relation entre le premier dirigeant et le conseil lorsque ce dernier est absent du processus de choix et de nomination du recteur il ne sera jamais facile pour un conseil de composer avec un dirigeant qui! perçoit comme lui ayant été imposé (par une autre instance ou par un vote), et vice-versa.Le rapport du vérificateur général laisse penser que, dans le choix du recteur de 1LJQAM, le rôle du conseil s’est limité à transmettre le résultat du vote au gouvernement du Québec.D note également qui! revient au président de l’UQ (Université du Québec), et non au CA d’évaluer le rendement du recteur de cette université une fois par année (art 252).Plan stratégique Le vérificateur général souligne à juste titre l’importance d’un plan stratégique pour diriger et gouverner un établissement universitaire.Un plan stratégique rend explicites les objectifs de l’établissement, situe les projets dans un cadre général, établit les priorités et les échéanciers de réalisation, détenni-ne les ressources nécessaires et exige des comptes rendus et des suivis bien précis.Le VG déplore l’absence d’un plan stratégique «définissant clairement les objectifs de l’établissement» (art.216); «sans plan stratégique ni plan immobilier approuvés par le CA, la sélection des projets a été faite au gré des occasions» (art.217) et «en conséquence le G4 a été souvent informé à h pièce, sans présentation globale» (art 240).Dans son rapport sur la gouvernance des universités, le Groupe de travail souligne, et en fait son principe 4, que l’une des responsabilités du conseil d’administration est de s'assurer que le dirigeant formule et met en place une démarche participative de développement et définition de la stratégie, de faire l’examen du plan stratégique proposé par le dirigeant d’en approuver le contenu ainsi que les mesures de succès.En donnant son approbation au plan stratégique proposé par la direction, le conseil exprime son appui au recteur, mais il s’engage également envers des objectifs précis et publics pour l’établissement au cours des prochaines années.En insistant pour que ce plan soit assorti de mesures de succès, le conseil s’assure qu’il pourra suivre les progrès dans la réalisation du plan.Un examen nécessaire Les événements survenus à l’UQAM, tels que documentés dans le rapport du vérificateur général du Québec, jettent un éclairage cru sur des failles importantes dans la gouvernance de cet établissement Nous avons relevé certaines leçons de ce fiasco, les plus porteuses selon nous, que nous avons rapprochées des recommandations du Groupe de travail sur la gouvernance des universités mis sur pied à l’automne 2007 par l’IGOPP Nous sommes d’avis que toutes les universités, ainsi que beaucoup d’autres organismes du secteur public, devraient faire un examen de leurs pratiques de gouvernance et les mettre en rapport avec des principes de saine gouvernance, comme ceux proposés dans le rapport du Groupe de travail.Toute organisation dont la gouvernance est inadéquate devient exposée à quelque défaillance grave.Cette défaillance prendra des formes différentes, surprenantes, inédites d’une organisation à l’autre.Seule une gouvernance vigilante permet d'en diminuer le risque et d'en atténuer les conséquences.Québec a u teui du scorbut Tranches de vie des Québécois sous l’Ancien Régime, histoires cocasses ou troublantes, mémoires retrouvées d'une communauté agrippée à son cap Diamant entre dangers, plaisirs quotidiens et cohabitation avec des .Amérindiens envahis.En l'honneur du 400r anniversaire de la capitale, Le Devoir publie cet été une série de chroniques compilées par l’archiviste historien Pierre-Georges Roy.Elles sont tirées de deux imposants volumes intitulés La Ville de Québec sous le régime français (1930, Publications du gouvernement du Québec).Le théâtre du berceau de la colonie e colon normand ou picard n’aurait rien voulu sacrifier de ce qu'il était possible de conserver des coutumes de la France susceptibles de donner du charme à l’existence et d'embellir la vie.Dans les courts intervalles de son histoire, que la guerre ne désole point, le Canada offre le tableau d’une société de relations agréables, où se pratique l’hospitalité la plus large, avec une extrême courtoisie pour les étrangers.Ix‘ jésuite Charlevoix écrit à la duchesse de Lesdiguières que «les Canadiens ne.perdent aucune occasion de s'amuser».leur tempérament élastique résiste à toutes les causes de tristesse et la gaieté suit le coureur des bois jusqu'aux profondeurs des forêts, auxquelles il apprend ces gais refrains qui, survivant aux générations successives, égaient encore nos réunions de famille et retentissent, comme un joyeux écho du passé, dans les fêtes qui font tressaillir notre patriotisme.Une des fomies de plaisir les plus chères à la France, une de ses joies favorites, c’est le théâtre; et voilà pourquoi on le trouve installé au Canada, sinon en permanence, du moins par occasions, dés le berceau de la colonie.11 n’y a encore ni scène proprement dite, ni acteurs de profession.Ce sont les principaux citoyens, les hommes de négoce, les employés publics, les militaires, surtout, qui, dans leurs moments de loisir, s’exercent à jouer les rôles; ils s’en acquittent souvent à merveille, tes spectacles se donnent dans le principal hôtel de la colonie naissante, «au magasin», c’est-à-dire à la maison des Cent-Associés, les seigneurs du pays, au Palais-Royal de la capitale; l’élite de la société canadienne s’y donne rendez-vous; les jeunes gens du collège, les élèves des insulines y accompagnent leurs parents: on y admet même les principaux chefs sauvages, qui raffolent de ces spectacles, afin de les attacher à la civilisation et aux mœurs françaises.Dès 1646, alors qu’il n’y a encore à Québec qu’une poignée d’habitants, il est fait mention d’une de ces représentations dramatiques; et sait-on quelle pièce l’on s’avise de jouer, sur cette plage lointaine et presque déserte de la Nouvelle-France?Le Cid, de Corneille! Ces Français ne doutent de rien.«Le dernier jour de l'an», écrit le père Jérôme Lale-mant dans le Journal des Jésuites, «on représenta une action, dans le magasin, du Cid.Nos Pères y assistaient, pour la considération de M.le gouverneur (Montma-gny), qui y avait de l’affection et les sauvages aussi, savoir, les PP De Quen, Lalemant (Gabriel) et de Frétât.IjC tout se passa bien, et n’y eut rien qui pût mal édifier.Je priai M.le gouverneur de m'en exempter.» Les jésuites pouvaient difficilement s’abstenir d’assister à la soirée du 31 décembre 1646, car ils habitaient encore, à cette époque, une partie de l’édifice même, la maison des Cent-Associés, où se jouait la pièce.Ils protestèrent cependant, par leur absence, contre un autre spectacle qui eut lieu au même endroit quelques semaines plus tard, parce que la pièce, cette fois, était mêlée de danses.Je cite encore leur Journal.«Le 27février (1647), il y eut un ballet au magazin: c’était le mercredi gras.Pas un de nos Pères ni de nos Frères n’y assista, ni aussi des filles de l’Hôpital et des Ursulines, sauf la petite Marsollet.» lœ Journal des Jésuites continue à mentionner quelques-unes des soirées dramatiques qui avaient lieu de temps en temps à Québec: «Le 4 décembre (1651), se représenta la tragédie rflféraclius, de Corneille.» «U 16 avril (1652), se représenta la tragédie du Cid, de Corneille.» Plus tard, à l’arrivée de M.d’Argenson, c’est chez les jésuites même, et par les élèves de leur collège, que se joue une pièce, probablement la première pièce canadienne; le spectacle a lieu en plein air, dans le jardin du collège.L’année suivante, une réception du même genre est donnée à M1" de laval, mais dans la chapelle du collège, peut-être parce que le mauvais temps ne pennit pas de la donner en plein air.«Le 3 août (1659), fût représentée dans notre chapelle de Québec l’action en l’honneur de M.l’évêque de Pé-trée.Tout alla bien.» Source: l’abbé Auguste Gosselin, Un épisode de l'histoire du théâtre au Canada.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au direettur de l'information).Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise: Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la pane Idées).Brian Myles (justice et faits de société'.Clairandrëe Cauchy (Céaéra/!.Jean Dion.Louis-Gilles Francoeur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).F.milie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence ClnveHpupitre).Philippe Papineau (pupitre), Louise-Maude Rioux Soucy 'Santé».Pauline Gravel (sciences' ; Michel Gameau tcaricatunUe' Thane Precourt (responsable des paqes thematujues' Martin Duclos.Michele Mak-nTant et Christine Dumaaet (rr-metewrsj; Jaques Grenier et Jacques N»leau (phoU/gniphes) fl rinfrimuition iulturefle : Michel IV-lair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du uceé-end).Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon r médias!.Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay Vinrmo/Isabelle Paré (culture), h l’information économique .Gérard Berube (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre).Eric Desrosiers.Claude Turcone.François Desjardins;* l’information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale).Claude Lévesque, GuyTaiüefer (adjoint au directeur de linformatirm), Serge Truffaut (éditorialiste).h l'information politique Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires a Ottawa).Antoine Robitaille et Robert üatnsx (correspondants parlementaires a Ouében, Kathleen D-vesque .Amélie Gaudreau (secrétaire a la redaction): Emilie Parent Bouchard, Étienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction) la documentation Gilles Paré (directeur).Manon Derome.Olivier Speciel ((purben.Monique Bhérer (Ottawa) IA PUBLICITÉ Amclie Bessette.Jean de Billy.Jean-Krançois Bosse.Julie Chrétien (directrice adjointe'.Marlene Côte.Amélie Maltais.Claire Paquet.Genevieve Pierrat.Chantal Rainville.Martine Riopelle.Isabelle Sanchez.Nadia Sebai.Melisande Simard (publicitaires).Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production Michel Bernatchez.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Fillon.Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBITION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable serviced la clientele).Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Fillon, Rachelle Leclerc, Jean-Robert Divers (responsable promotion).L’ADMINISTRATION Stéphane Roger tcrmtrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross.V L> E V 0 I L E r x d i « j 2
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