Le devoir, 29 mai 2004, Cahier B
SCIENCES Les Chinois renoncent à demander la Lune Page B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2 0 0 4 ¦,san(e)s ^[U réseau Ira de Ha dio-Canada IDÉES La culture, c’est se tenir debout dans la masse Page B 5 + LE DEVOIR ?» PÏRSPÏCT VES Une clientèle courtisée Les jeunes dans la mire des politiciens Les partis doivent parvenir à rejoindre les 18-29 ans en période estivale ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR Les jeimes, encore cette année, constituent un mystère que les partis politiques devront percer pour faire grimper le taux de participation au scrutin fédéral du 28 juin prochain.Mauvaise nouvelle: ce scrutin pourrait s’avérer l’un des pires depuis longtemps, puisque les jeunes ne semblent pas plus enclins à se rendre aux urnes cette année que par le passé.Selon un coup de sonde de la firme Environics dans tout le Canada au début du mois de mai, 43 % des jeunes de 18 à 29 ans ont déjà décidé de ne pas aller voter.Le sondage fait ressortir que cette tranche d’âge a l’impression que son impact sur le résultat final est négligeable.«Le vote des jeunes, c’est la loterie!», lance Kristoff Ta-lin, spécialiste de la sociologie électorale à l’UQAM.De plus, les jeunes sont éparpillés et difficiles à rejoindre pour les partis.Les universités et les cégeps maintenant fermés, il n’y a plus de cible évidente où les atteindre.«En plus, la date tombe quelques jours avant les déménagements Et ceux qui ne sont pas dans leurs boîtes peuvent être dans leur famille en région ou en voyage», souligne André Blais, titulaire de la chaire de recherche du Canada en étude électorale à l’Université de Montréal «Atteindre les jeunes sera tout un défi, concède Pier-re Claude Nolin, sénateur conservateur qui est associé de près à la campagne électorale du PC au Québec.On ne rejoint pas les jeunes comme les autres groupes d’électeurs.Ils ne sont pas sédentaires et ne sont pas souvent à la maison.Il faut trouver un moyen de les épingler quelque part, comme lorsqu ’ils sont en groupe.» Le Parti conservateur refuse de dévoiler sa stratégie complète, qui de toute façon n’était pas prête il y a une semaine.«On y réfléchit encore, avouait Pierre Claude Nolin.On a pas mal de jeunes candidats, ce qui est bien.Il faut aussi trouver des thèmes qui les touchent.Mais à la base, pour tous les partis, il faut briser le mur, briser la perception que la politique est une affaire de vieux.» L’effort de mobilisation au Québec est plus exigeant pour le Parti conservateur et le NPD, qui ne peuvent compter sur l’appui massif des militants d’un parti provincial pour les aider sur le terrain.Au NPD, pratiquement absent du radar des Québécois aux dernières élections, tout est à faire pour inciter les gens à aller voter.Pour attirer les 18-29 ans, le parti compte sur le charisme de Jack Layton, «qui suscite la curiosité et la confiance».«On l’a senti lors des focus groups avec les jeunes», sou-.tient Jacques Thériault, directeur des communications du NPD au Québec.L’accent sera également mis sur les candidats, dont environ le tiers (20 sur 75) au Québec ont moins de 26 ans.Aucune publicité particulière n’est prévue.«L’image de jeunesse va se refléter dans notre message», soutient «Faire des élections après le 24 juin, c’est Gilles Duceppe que ça doit achaler le plus» Jf PfMÎAlS /r* / f A f>.j AmélioreMif Vy' iîf [uitfrSuCE ÆAiù'iTré I ^ Le fidèle héritier de Jean Chrétien La stratégie libérale en santé reste conforme aux visées des mandarins fédéraux ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Cfe est devenu une habitude.Chaque fois / que le gouvernement fédéral laisse miroiter un refinancement pour la santé en faveur des provinces, ce refinancement apparaît assorti de conditions.Malgré les démentis de Paul Martin, qui a soutenu qu’«il n’était pas question de normes nationales», le «projet de Paul Martin pour de meilleurs soins de santé» ne fait pas exception.Le document électoral que le chef libéral a présenté cette semaine est truffé de références à des objectifs nationaux, à des stratégies nationales, à une approche nationale et à un seul et unique système de santé au Canada.Au moment où s’amorçaient les négociations qui devaient conduire, en février 2003, au refinancement fédéral en santé, un haut fonctionnaire avait confié au Devoir qu’Ottawa entendait forcer les provinces à fournir des données sur le rendement de leurs systèmes de santé respectifs pour ensuite être en mesure d’imposer des normes «nationales».Elément primordial de la plate-forme des libéraux fédéraux, le plan de Paul Martin visant à réformer «le système de santé au Canada» est une évolution en droite ligne de la stratégie mise en avant par Jean Chrétien lors de cette ronde de négociations entre les premiers ministres, négociations qui se sont soldées par une injection triennale de 12 milliards en santé.À la faveur de l’«entente» de février 2003 (les premiers ministres provinciaux ne voulaient pas utiliser le mot «entente» puisqu’ils n’avaient pas signé l’accord final), le gouvernement fédéral avait réussi à renforcer l’échange entre les provinces de données basées sur des indicateurs de performance.Ces données sont désormais colligées par un organisme fédéral, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).En outre, Jean Chrétien était parvenu à faire accepter à huit des dix provinces la création du Conseil national de la santé (CNS)- Seuls le Québec et l’Alberta n’y participent pas.Le CNS, qui a amorcé ses activités en janvier 2004, a pour mandat de superviser le respect de l’entente de février 2003 par les provinces et de définir des stratégies «nationales», notamment au regard des délais d’attente et des soins de première ligne.Le plan de Paul Martin va plus loin.Déjà, le ministre fédéral de la Santé, Pierre Pettigrew, dans un discours prononcé à Toronto le 20 avril dernier, avait déclaré que le gouvernement fédéral ne se contenterait plus d’être «un simple banquier» et «un partenaire silencieux».D est prêt «à franchir la prochaine étape pour devenir un partenaire à part entière du système, à partager le risque de maintenir et d’améliorer le système au fil des ans et de façonner son avenir».Le temps d’attente «Un gouvernement libéral s'attaquera directement aux temps d’attente» en mettant en œuvre une «stratégie nationale de réduction de temps d’attente», peut-on Tire dans le document dévoilé cette semaine.D’abord, à l’échelle canadienne, seront définis des délais d’attente médicalement acceptables.Ms, un groupe d’experts médicaux travaillant avec le Conseil national de la santé déterminera s’il y a des cas d’attentes inacceptables dans les réseaux de santé de chacune des provinces.Le Fonds de réduction des temps d’attente, doté de quatre milliards de dollars, vise quatre types de chirurgies ou de traitements: pour le cancer, les maladies coronariennes, le remplacement d’articulations et les cataractes.Le plan dit «cinq en cinq» comprend aussi ce cinquième élément les diagnostics par imagerie, où le secteur privé est d’ailleurs très présent au Québec comme dans d.’autres provinces.Ce plan «établira des objectifs de temps d’attente nationaux», affirme-t-on.De plus, un gouvernement libéral mettra en œuvre «un programme national de soins à domicile» dont l’enveloppe de deux milliards sera accessible aux provinces qui auront adopté une loi visant à fournir au moins un éventai] de services offerts coast to coast.Pour les médicaments, un gouvernement dirigé par Paul Martin «définira une approche nationale qui fournira une couverture de base à tous les Canadiens» et adoptera une loi pour lancer «une stratégie nationale du médicament».Normes nationales Approches, stratégies, objectifs nationaux: ce sont là, en clair, des normes nationales; affirmer autre chose, c’est jouer sur les mots.En fait, la démarche de Paul Martin semble être la suivante: les provinces ont défini des priorités et des objectifs qui sont les mêmes que le gouvernement fédéral; faisons-en donc des normes nationales.Les normes fédérales ne seront pas imposées mais elles seront «Ilya deux logiques qui s'affrontent: il y a d’une part une logique qu'on retrouve surtout à l’extérieur du Québec, qui voudrait faire du système de santé canadien un système de santé plus unitaire et plus centralisé», a constaté cette semaine le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, lorsqu’il a réagi à l’annonce de M.Martin.La logique québécoise veut qu’il existe plusieurs systèmes de santé au Canada Par le passé, le Québec avait toujours réussi à éviter de se plier aux exigences fédérales.Sans reconnaître le droit constitutionnel d’Ottawa d’imposer la loi canadienne de la santé, les gouvernements québécois successifs ont toujours soutenu qu’ils en avaient adopté les principes.En ce qui a trait à l’obligation de respecter l’allocation spécifique des fonds ciblés fédéraux (pour l’équipement médical, l’informatisation du réseau ou les centres hospitaliers universitaires), le gouvernement du Québec n’en a guère tenu compte: les sommes étaient versées au fonds consolidé.L’argent est entièrement consacré à la santé et est judicieusement dépensé, merci, bonjour!, répondait Québec au fédéral.Selon Robert Bernier, consultant auprès du gouvernement fédéra] et politologue à l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP), Paul Martin fait fausse route en tentant d’imposer des normes nationales en santé.Autant le gouvernement fédéral peut tirer avantage, sur le plan de la visibilité et de l’influence, à tisser des liens directs avec les municipalités, autant il n’a rien à faire dans les soins de santé, où les provinces occupent presque tout le terrain.C’est d’ailleurs Robert Bernier lui-même qui avait affirmé au Devoir à la fin de 2001 que le gouvernement fédéral n’attendait que l’élection des libéraux de Jean Char est pour investir le terrain des municipalités.La suite des choses semble lui avoir donné raison.Plusieurs enquêtes indiquent que la population ne perçoit pas comme étant nécessaire la présence du fédéral dans les soins de santé, fait remarquer M.Bemier.D’ailleurs, «92 % des sommes consacrées à la santé par le fédéral sont dépensées directement par les provinces», ajoute-t-il.«C'est pourquoi M.Martin a du mal à vendre son “package’’ sur la santé, parce que la population ne le croit pas.• Aux yeux de ce chercheur, Paul Martin s’est trop fait influencer par les mandarins fédéraux.«Cest malheureusement la haute fonction publique fédérale qui, dans sa pensée de gestion à distance, voit encore une fois dans le maintien des standards nationaux un outil de contrôle facile à utiliser», avance le politologue, qui estime qu’il s’agit d’une vision périmée.Les mandarins «confondent unité nationale et standards nationaux en matière de santé», juge Robert Bernier.Par le passé, le Québec avait toujours réussi à éviter de se plier aux exigences fédérales VOIR PAtîE B 2: JEUNES LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2004 B 2 ?PERSPECTIVES* Jean Dion Un électeur discret Autrefois, un comique américain dont j’oublie malencontreusement le nom avait coutume de commencer ses gags par •they put a man on the Moon and.».S’ensuivait l’expression de l’étonnement devant l’inexistence ou le mauvais fonctionnement de quelque truc de nature technologique «alors qu’ils ont été capables d'envoyer un homme sur la Lune».Les commandes à l’auto, genre: pourquoi le son y est-il si mauvais?D ne s’agit quand même pas d’une communication interstellaire, bondance.Ou pourquoi personne n’a-t-il encore inventé l’eau en poudre?Personnellement, je me dis que s’ils ont été capables de mettre non seulement un homme sur la Lune mais douze (un petit père Noël autocollant dans le coin de votre copie si vous parvenez à les nommer), ils auraient bien pu concevoir le verre de lunette autonettoyant.Rien au monde, à l’exception de la politique, ne se salit plus vite que des lunettes.Pourtant, on a déjà conçu le four autonettoyant, et chacun sait qu’un four est beaucoup plus difficile à nettoyer que de banales barniques.Mais non.Trop compliqué, je suppose.De même, je m’étonne de l’absence* de congélateur macro-ondes.Si on peut chauffer à vitesse grand V avec de petites ondes, pourquoi ne pourrait-on pas faire l’inverse avec de grosses ondes bien dodues, hein?(* Entendu à la radio jeudi: «Des résidants de Kanesatake ont intenté un recours collectif contre Québec et Ottawa en raison de l'absence de présence policière sur le territoire.» Une absence de présence.Je vous invite à méditer ce concept entre les périodes de hockey ce soir, puis à en discuter avec la famille au brunch demain.Vous verrez, ça crée des liens.) Et re-de même, que n’a-t-on encore mis au point le téléphone à sonnerie modulée?Une sorte d’appareil savant à filtration.D y aurait un timbre pour les copains, un autre pour les télémarketeurs et un troisième pour les partis politiques fédéraux Attention: non pas que je n’apprécie point obtenir des nouvelles de mes candidats.Au contraire.Mais cela m’éviterait d’être pris au dépourvu.?Le premier, et le seul à ce jour, a été le Bloc.«Bonjour, suis-je bien chez mononcle Rogatien?» - «Pour • vous servir, ma bonne dame.» - «Vous êtes au courant qu’il y a des élections fédérales?» Voyez, comme ça à brûle-pourpoint, j’ai répondu oui, interrogeant simultanément mon Ford intérieur pour savoir sur quelle planète il fallait habiter pour ne pas être au courant de ça.Suffit d’aller au dépanneur ou à son estaminet du coin de la rue pour croiser 34 affiches électorales.D’ailleurs, n’ai-je pas dit à la dame, j’ai deux excellentes raisons d’être au courant: 1- je fais profession excessivement rémunérée de traquer la bêtise, alors imaginez; et 2- je me suis justement cogné la tête, l’autre jour, sur une affiche de votre candidat.J’étais distrait, déambulant tout en étant occupé à soupeser les différents scénarios de refonte de la formule de calcul de la péréquation, lorsque la collision survint Ce qui nous rappelle que les affiches électorales, l’avez-vous remarqué, se portent plutôt bas cette année.Avant, ils les juchaient tout en haut des réverbères, question d'éluder les graffitis, les moustaches et autres yeux au beurre noir, quand ce n’était pas .carrément la défiguration.Mais il semble que nous soyons collectivement devenus plus sages, et ils les ont rabaissées à hauteur d’hoimne.Après enquête exhaustive, seul mon néo-démocrate s’est fait, à un endroit découper le faciès au complet.Aussi vous le demandé-je: si c’est rendu que la droite se livre au vandalisme, où s’en va-t-on?Donc, si je n’avais pas été surpris par l’appel, j’aurais dit non, savais pas.Fédérales, vous dites?Pourriez-vous me résumer le programme des quatre principaux partis, particulièrement sous l’angle de la politique socioéconomique, afin que je prisse une décision éclairée?(Attention, cette tactique de retournement du dépourvu ne s’applique pas aux témoins de Jéhovah, à moins que vous ne déteniez la preuve qu’il existe un sixième livre au Pentateuque.) ! «Et est-ce que notre candidat peut compter sur votre appui?» - «Avant de vous le dire, faut que je vous raconte quelque chose.J’ai eu une enfance troublée.Quand j'avais six ans, j’ai regardé à la télé un congrès du Crédit social du Canada et.» Sur leur carte de pointage, ils inscriront: «Électeur discret.Sert à rien de le rappeler.Surtout, rap-pelez-le pas.» ?D faut espérer que jamais au grand jamais le Canada ne se dotera d'élections à date fixe.Regardez ce qui se passe aux États: la campagne dime deux ans, ça ne finit plus.Alors qu’ici, nous obtenons du concentré de divertissement Un mois de pures délices, au féminin comme l’amour et l’orgue quand ils (elles?) sont au pluriel.Never a dull moment, comme disait Hippolyte Taine.Prenez Jean Lapierre, par exemple.Avouons qu’il déménage.Un authentique plaisir de le voir planter des journalistes.Déjà, j’avais appris à apprécier sa personnalité complexe en regardant Le Grand Journal.Fmi Le Téléjoumal, je me suis fait avoir par le démon de l’assuétude, ma dose de meurtres, de feux et de vols quotidienne.Et ces entrevues à l’emporte-pièce.Je m’en retrouvais presque trop essoufflé pour 110 %.Jean Lapierre est aussi une illustration du progrès du bilinguisme.Circulez dans Laurier, vous verrez que l’affiche du candidat libéral porte la mention «L’Équipe Martin».Passez illico dans Outremont, vous lirez «L’Équipe Martin Team».C’est beaucoup mieux qu’en 1972, lorsque nos valeureux porte-couleurs qui affrontèrent l’URSS au hockey portaient ;des chandails «Team Canada Équipe».(A contrario, le Parti conservateur traduit très mal.Son slogan en : français est «Cest assez!» et, en anglais, «Demand Bet-, .ter».Pourriez pas être moins clair, juste un peu?) Paul Martin, qui est un homme extrêmement inté-.• ressant à écouter, a dit de Jean Lapierre que son seul problème était qu’il avait fait autre chose avant de revenir en politique.Sous-entendu: lui n’a pas passé les 15 dernières années de sa vie à raconter des mente-ries.Il parle trop.Alors que moi.premier ministre non élu, je prépare si bien mes interventions que je me suis enfargé sur la date des élections et sur ce gouvernement minomajoriteire.Encore quatre semaines de plaisir.‘ jdion@ledevoir.com Le taux de participation des Canadiens chute à chaque élection Les vacances ou le scrutin ?Les partis politiques redoubleront d’ardeur pour attirer l’attention des citoyens et s’assurer leurs votes Slogans, pancartes, discours et arguments.Les partis politiques fédéraux peuvent bien se démener pour convaincre les électeurs de faire un X à côté de leur nom le jour du scrutin.Les formations font face à une embûche de taille: retenir l’attention des citoyens, plus attirés par les vacances et les terrasses que par la politique.ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR «Tous les partis cherchent à mobiliser Télectorat et luttent contre l’apathie politique » Les partis politiques font face à un immense défi pour les élections du 28 juin prochain: celui d’attirer l’attention des citoyens, plus portés sur les piscines et les terrasses que sur la politique.Sans aucun doute, la température aura son mot à dire.«Le taux de participation pour les scrutins en été ou en hiver est toujours un peu plus faible.C’est sûr que la température joue.C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a très peu d’élections à ces périodes de l’année», explique André Blais, professeur de science politique à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études électorales.En fait, les Canadiens n’ont pas eu à voter à une date aussi avancée de la belle saison depuis 30 ans, alors que Pierre Elliott Trudeau avait convié les électeurs aux urnes le 8 juillet 1974.Le taux de participation avait alors fléchi de trois points par rapport à la moyenne de 74 % des scrutins précédents.Mais depuis, les choses ont bien changé.La population se désintéresse du débat politique et le taux de participation chute à chaque scrutin.En 2000, un creux historique a été atteint lorsque seulement 61 % des électeurs inscrits sont allés voter.Le poids des jeunes générations se fait sentir puisque les études d’Elec-tions Canada démontrent que la participation électorale augmente avec l’âge.En 2000, à peine le tiers des 18-29 ans ont exprimé leur vote au Québec.Inversement, les 58 ans et plus ont voté dans une proportion de 80 %.«Ce n’est pas propre au Canada.La plupart des pays industrialisés vivent cette désaffection, souligne André Blais.C’est une tendance lourde depuis 20 ans, le déclin est constant.» Un scrutin estival complique évidemment le défi de «faire sortir» le vote.André Blais s’attend à un taux de participation oscillant entre 56 et 61 % le 28 juin.«Ce sera un peu plus faible qu’aux dernières élections ou, au mieux, pareil», dit-il.Fait peu connu, les Canadiens votent désormais dans la même proportion que les Américains, régulièrement accusés de désintéresse-tpent chronique et malsain envers la politique.A l’élection préskjentielle de 2000, le taux de participation aux États-Unis a été de 51 % de la population en âge de voter.C’est là la distinction importante.En effet, au Canada, on calcule la participation sur la base de la liste électorale et non de la population en âge de voter.«La population en âge de voter, comme aux États-Unis, ça comprend les immigrants qui ne sont pas encore citoyens américains, les prisonniers et les gens qui n’ont pas fait l’effort de s’inscrire sur la liste électorale, explique André Blais.Or ces gens n ’ont pas le droit de vote, mais ils sont calculés quand même.Ça exclut des millions de personnes, ce qui fait chuter artificiellement le taux de participation, qui est sous-évalué.» Si le Canada avait eu recours à la même ipéthode de calcul que celle utilisée aux États-Unis, le taux de participation en 2000 aurait été de 54 % au pays, soit à peine trois points de plus que le taux américain.Un taux peu enviable, qui pourrait être atteint ici dans un mois.La machine électorale Devant cette indifférence de plus en plus marquée, les partis politiques redoublent d’ardeur sur le terrain pour inciter les gens à se déplacer jusqu’aux bureaux de vote.Les nombreux coups de téléphone faits par les organisateurs de comté tout au long de la campagne pennettent d’établir la liste des citoyens favorables à leur parti.Le jour du vote, une armée de bénévoles s’assure que ces électeurs vont exprimer ce choix.C’est le jour du scrutin que la puissance de la machine électorale compte vraiment.Il y a un an, lors du scrutin provincial au Québec, l’ADQ a été pénalisée par une organisation jeune et moins expérimentée qui a eu plus de mal que les deux partis bien établis à convaincre ses partisans de se déplacer.La machine libérale, traditionnellement très efficace grâce à REUTERS Paul Martin, en comopagnie de son épouse Sheüa, part en campagne électorale.urneeA {SSffipiiiii -SL' ï CftRISTINNE MUSCHI REUTERS Gilles Duceppe était prêt pour la campagne électorale.~ 77T CHRIS WATTIE REUTERS Stephen Harper a tenu à encourager les Flames lors de son passage à Calgary.ses nombreux bénévoles, sera-t-elle aussi bien huilée?Plusieurs comtés qui ne se sont pas encore rétablis de la rivalité interne entre les clans Martin et Chrétien pourraient avoir plus de difficulté à l’occasion du sprint final, notamment dans le nord-est du Québec.Cette année plus qu’à l’habitude, les organisateurs espèrent aussi, sans le dire haut et fort, que le climat coopérera.Des nuages ou une pluie fine ne nuiraient pas au taux de participation, entend-on.«Tous les partis cherchent à mobiliser l’électorat et luttent contre l’apathie politique», souligne Kristoff Talin, professeur invité à l’UQAM et spécialiste de la sociologie électorale.«Mais ça va aussi dépendre de la campagne électorale.Les gens pourraient bien aller voter en grand nombre si le goût de changer les choses est très fort» JEUNES SUITE DE LA PAGE B 1 Jacques Thériault, qui aurait bien aimé pouvoir compter sur des établissements scolaires ouverts.Le Parti libéral n’avait, semble-t-il, toujours pas trouvé de porte-parole pour expliquer sa stratégie auprès des jeunes la semaine dernière, puisque les nombreuses demandes d’entrevue du Devoir sont restées sans réponse.«On aune stratégie globale pour le Québec et c’est sûr que les jeunes libéraux vont être très actifs», s’est contentée de dire Irène Marcheterre, porte-parole libérale pour la province.Les mesures du Bloc Sans surprise, faire sortir le vote des jeunes est crucial pour le Bloc québécois.«Foire des élections après le 24 juin, c’est Gilles Duceppe que ça doit achaler le plus, car les jeunes, c'est beaucoup sa clientèle», lance Pierre-Claude Nolin.En dévoilant ses jeunes candidats et en leur lançant un appel à la mobilisation lundi dernier, deuxième jour de la campagne, le parti souverainiste a montré l’importance pour lui d'atteindre les 18-29 ans.Une véritable machine promotionnelle sera en service pour faire sortir ce vote.Des mesures que le député bloquiste dans Rosemont-Petite-Patrie, Bernard Bigras, n’hésite pas à qualifier «d’exceptionnelles pour une date d’élections exceptionnelle».Au menu du prochain mois: des envois de cartes postales, des messages publicitaires qui rappellent l'importance d’aller voter, des campagnes de sensibilisation dans les campings, des annonces sur Internet et même des tournées de bars! «On a fait des projets-püotes dans les bars lors de différentes élections partielles, mentionne Bernard Bigras, le chef d’orchestre du plan bloquiste.De mémoire, ctef la première fois que c'est essayé à grande échelle par un parti.Faut dire que ce n’est pas à toutes les élections que les terrasses sont ouvertes!» En raison de la date des élections, plus le mois de juin prendra de l’âge, plus l’attention du public diminuera.Le Bloc veut donc utiliser tous les moyens permis par la loi.Le vote par la poste sera suggéré, tout comme celui par anticipation.Et le principal cheval de bataille sera le directeur de scrutin de chaque circonscription.La loi permet d’aDer voter en tout temps entre le déclenchement officiel de la campagne et cinq jours avant le scrutin.D suffit de se rendre au bureau de son directeur de scrutin.«À chaque appel téléphonique que nous ferons, si la personne est sûre de voter pour le Bloc, on va lui conseiller d’aller voter tout de suite, dit Bernard Bigras.Nous aurons des voitures et des chauffeurs de prêts.À Longueuil, l’organisation cherche à faire voter 50 personnes par jour.Chaque circonscription a ses objectifs et ses stratégies» * LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2001 B 3 ?PERSPECTIVES* Le débat référendaire s’engagera vraiment à partir de demain Défusions : la campagne commence.encore Michel D a vid ?Après une semaine de relative accalmie à la suite de la fermeture des registres, le débat référendaire sur les défusions s’engagera vraiment à partir de demain à Montréal.Quelle sorte de campagne feront les camps en présence?Et après le 20 juin?Nous nous pencherons dans ce texte sur quelques énigmes posées par la fameuse loi 9.C; ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR ¦ e sera une campagne de terrain pour Gé- ¦ raid Tremblay et les partisans de la grande ville, contrairement à celle des registres, où il avait opté pour la formule des assemblées publiques, de type «town hall meetings».L’équipe du maire refuse de dire que cette dernière étape s’est soldée par un échec.Car ces assemblées, fait valoir Martine Painchaud, porte-parole de l’UCIM (le parti du maire Tremblay), ont été courues et mouvementées à plusieurs endroits, comme à Pointe-Claire et à Côte-Saint-Luc, et relativement désertées mais tout aussi mouvementées ailleurs, comme à Westmount et à Saint-Laurent.Reste qu’elles n’ont sans doute pas fait bouger l’opinion d’un iota et ce sont 22 référendums qui se tiendront sur l’île de Montréal le 20 juin.Ce revers a ébranlé le maire Tremblay, qui a concédé en public la perte prochaine, pour Montréal, de près de huit anciennes villes: celles qui ont déjà, à l’étape du registre, atteint le seuil de 35 % des électeurs inscrits.Rappelons que, le 20 juin, les anciennes villes seront recréées si le oui l’emporte avec 50 % des voix plus un vote, mais seulement si cette majorité représente au moins 35 % des électeurs inscrits.Ceci donne une importance sans précédent à la liste électorale, qu’on révisera une seconde fois entre le 3 et le 5 juin.C’est d’ailleurs là la principale activité des défusionnistes, dans un premier temps: faire en sorte que les listes soient les plus «propres» possible.Dans les comités du non, on semblait plutôt déconcerté cette semaine.Sauf peut-être à Anjou, où le comité, dirigé par l’élu Carol Beaupré, a déjà commencé à faire du porte-à-porte.A Westmount, le comité du non aux défusions — qui existe bel et bien — a diffusé un texte d’opinion, hier, faisant valoir que «la défusion n’est pas plus une op-T .tion viable dans la nouvelle grande Le maire Vnie que ne l’était la séparation du , | Québec dans une fédération de pro- iremDiay vinces appelée Canada».Quant aux „ pnnppHp membres de Coalition Montréal, groupe de quelque 200 personnali-en public montréalaises opposées aux F défusions, ils ont confié au Devoir la perte qu’ils songeaient à faire un autre grand rassemblement public.Mais prochaine, rien n’est décidé pour l’instant.pour Montréal, de près de huit anciennes hwÆ 49 SÎONTRt 1/ f?PROCESSUS D’ENREGISTREMENT REGISTRATION PROCESS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Westmount est parmi les villes où au moins 35 % des électeurs se sont inscrits.Référendum panmontréalais Signe de désespoir aux yeux des défusionnistes, une idée a effectué un bref retour, cette semaine, dans les cercles en faveur de la grande ville: que le maire tienne un référendum, après le 20 juin, dans l’ensemble de l’île, sur «l’adhésion» à villes un Montréal unifié.Un référendum distinct, qui serait organisé par la Ville et auquel tous les citoyens de l’île seraient conviés.À un certain moment mardi, Christiane Miville-Deschênes, attachée de presse du maire Gérald Tremblay, a même dit qu’une telle possibilité «n’était pas totalement exclue».Il faut savoir qu’une option analogue de deux référendums avait été présentée au gouvernement libéral en septembre 2003 par Benoît Labonté, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Labonté, qui a depuis fondé Coalition Montréal, avait demandé au gouvernement Charest de tenir une consultation publique sur l’adhésion aux nouvelles villes avant d’ouvrir les registres menant aux référendums sur les défusions.M.Labonté explique que «les citoyens auraient ainsi eu la possibilité d’approuver le plan de réorganisation de leur ville».Si une majorité de citoyens dans les anciennes villes fusionnées avait répondu par la négative, «alors seulement les registres auraient été ouverts pour la tenue d’un deuxième référendum».Mais comme on le sait, ce n’est pas le processus que le ministre Fournier a choisi.Idée morte Une île, un référendum: «L'idée était excellente», dit maintenant Benoît Labonté, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mais «elle est maintenant morte».D est trop tard, selon lui.Pourtant, elle découlait «tout naturellement» des déclarations faites par Coalition Montréal (CM) et par le maire de Montréal.Les deux ont signalé qu’une majorité écrasante de citoyens de l’île est en faveur de la grande ville.Le maire Gérald Tremblay soulignait la semaine dernière qu’en ne se rendant pas signer le registre, «73 % de la population a signifié son adhésion à la nouvelle ville.Il ne reste donc que 27 % de la population à convaincre», a-t-il dit sans trop de conviction.Quant à Coalition Montréal, dans son communiqué diffusé le même soir, elle allait jusqu’à remettre en question le processus actuel: «Il faut se questionner sur la valeur démocratique d’un exercice où 7 % des électeurs inscrits [soit ceux qui ont signé les registres] permettent à 28 % [soit le nombre total d'électeurs dans les secteurs où sera tenu un référendum) de décider de l’avenir de l’organisation municipale de Montréal.» En fait, poursuivait CM, «avec plus de 84 % des électeurs des anciennes banlieues qui n’ont pas signé les registres, force est de constater qu’une forte majorité de citoyens croit au plein potentiel de la grande ville».Selon Simon Brault de Culture Montréal et de Coalition Montréal, on a beau qualifier l’exercice du 20 juin de démocratique, «au fond, si on n’est pas opposé à l’existence de la ville, on ne peut même pas avoir voix au chapitre».À son sens, ce référendum «n’est pas fondamentalement démocratique parce qu ’il prive d’expression démocratique la très grande majorité des habitants de l’île», ce qu’un autre référendum, panmontréalais celui-là, aurait permis.Mais M.Brault fait remarquer que, sans avoir recours à un référendum, on pourrait tout aussi bien démontrer, «par un grand sondage, le refus des défusions d’une très grande majorité d’habitants de l’île et leur adhésion à la grande ville».La loi 9 : le monstre La défasion, c’est le retour de la «ségrégation socioéconomique».- Marie-Claude Prémont ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR Puisqu’il semble acquis que Montréal perdra plusieurs arrondissements le 20 juin, tout comme d’autres villes elles aussi menacées d’éclatement on tente de prévoir ce qui se produira lorsqu’on mettra la loi 9 en application, non plus dans son volet consultatif mais dans celui de l’organisation territoriale.Or c’est une loi mal aimée par tous les camps.Les défusionnistes comme Peter Trent, ancien (et futur?) maire de Westmount et Andrée Boucher, ancienne mairesse de Sainte-Foy, ont déjà affirmé qu’ils demanderont des modifications à la loi, notamment en ce qui a trait à son institution centrale.Trent parle de «patente qui n’est pas démocratique» en raison du trop grand pouvoir que Montréal y possède.Certains juristes, comme Marie-Claude Prémont de l’université McGill, qui a travaillé sur l’histoire de la fiscalité locale au Québec, affirment que la loi 9 a été tellement improvisée qu’elle réserve bon nombre de surprises inquiétantes.C’est, selon ses mots, une «bête informe et difforme» qui permettra de réinstaller des «refuges de privilèges fiscaux», c’est-à-dire de petites villes où les taxes sont moins élevées en raison de la grande richesse foncière.C’est le retour, dit-elle, de la «ségrégation socioéconomique».La fusion, selon elle, avait au moins l’avantage de mettre fin, graduellement, à ces refuges.Conseil d’agglomération Le conseil d’agglomération, dans la loi 9, c’est une nouvelle structure, toujours qualifiée de «légère» par le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier.Ce conseil servira ainsi à chapeauter les villes défusionnées et ce qui restera de la ville centre, celle autour de laquelle on avait fusionné les autres villes.Dans la métropole, par exemple, c’est la Ville de Montréal qui contrôlera l’agglomération (si la loi 9 ne change pas).Son maire en deviendra président d’office et la ville centre aura la majorité assurée des vont au conseil puisque la répartition sera faite en fonction de la population.De plus, elle aura un droit un veto.Marie-Claude Prémont esti- me que le fait que la Ville de Montréal exercera ses compétences exclusives «non pas par le conseil municipal mais directement par le conseil d’agglomération» pourrait créer des problèmes d’ordre démocratique.Ce qu’on craint par-dessus tout, ce sont les ambiguités de la loi 9 en ce qui a trait au partage des compétences entre l’agglomération et les villes défusionnées.Dans la fédération canadienne, il y a près de 140 ans qu’on se dispute sur une question semblable: quelles sont les compétences propres au fédéral, celles propres au provincial et celles qui sont partagées?Des tonnes de jugements, parfois contradictoires, sont venus et viennent encore trancher ces questions.(Coïncidence ou présage?Les numéros des articles où on définit les pouvoirs respectifs des ordres de gouvernement sont à peu près les mêmes dans la Constitution du Canada et dans la loi 9: articles 90 et suivants!) Est-ce ce qui attend les Montréalais une fois que certaines villes auront défusionné?Surtout qu’en retrouvant leur personnalité juridique, les villes reconstituées pourront se lancer dans des combats juridiques, comme l’a confirmé Luis Miranda, ex-maire d’Anjou et ardent militant défu-sionniste.Des querelles du type «déséquilibre fiscal» sont presque assurées.Exemple de contentieux: qui sera responsable des parcs industriels?Stéphane Gosselin, attaché de presse du ministre Fournier, prétend que le partage sera simple.S’ils sont publics, les parcs industriels relèveront de l’agglomération, mais s’ils sont privés, ils seront alors taxés à la fois par l’agglomération et par la ville reconstituée.Mais plusieurs, comme Mme Prémont, estiment que les ambiguïtés de la loi sont nombreuses, ce qui donnera lieu à des «chicanes» comme celles qui ont fait les beaux jours des communautés urbaines.Les citoyens des villes défusionnées recevront-ils un ou deux comptes de taxes?Stéphane Gosselin affirme que ce sera à la discrétion des administrations en place.Selon lui, il y a trois possibilités: que le conseil d’agglomération et la ville reconstituée envoient chacun de leur côté leur compte de taxes respectif.Mais des ententes seront possibles, dit-il: les comptes pourraient être expédiés dans la même enveloppe ou encore être réunis sur un même document, comme c’était le cas à l’époque de la communauté urbaine.Bref, bien des choses restent encore à déterminer.L’esprit Chrétien Il n’y a pas si longtemps, la perspective de voir Paul Martin succéder à Jean Chrétien angois sait les péquistes, qui voyaient en lui un deuxième Brian Mulroney.Même s'il apparaissait hautement improbable qu’il puisse ou veuille vraiment changer la dynamique centralisatrice du fédéralisme canadien, le nouveau ton qu’il allait donner aux relations fédérales-provin ciales risquait de rendre la souveraineté nettement moins attrayante.À l’époque où M.Martin n'était encore qu'un dauphin en mal de putsch, son entourage le disait à la recherche de celui qui saurait lui écrire un discours comme celui que M.Mulroney avait prononcé à Sept-Iles en septembre 1984, ouvrant la voie au «beau risque».On laissait même entendre que Pierre Marc Johnson aurait été disposé à rendre certains services.Finalement.M.Martin n'a jamais réussi à trouver son Lucien Bouchard.En comparaison, Jean Inpier re fait ligure de lilliputien.Ses talents d’amuseur public convenaient nettement mieux aux tribunes téléphoniques.Certes, il est assez divertissant de le voir multiplier les bourdes, mais la politique requiert d'autres qualités, comme son chef le lui a gentiment souligné.On peut comprendre le désarroi des libéraux de Jean Charest, qui espéraient un nouveau Mulroney autant que les péquistes le craignaient mais qui découvrent aujourd’hui dans le chef de la maison-mère fédérale une sorte de réincarnation de Jean Chrétien.Ce dernier a fini par partir, mais son esprit est toujours là, et M.Martin, trop mièvre pour en imposer un autre, semble très bien s’en accommoder.Peut-on imaginer une expression illustrant mieux l’esprit Chrétien que ce principe du donnant-don-nant, que M.Martin entend faire prévaloir dans les discussions avec les provinces sur le financement des services de santé?Même l’ex-premier ministre, dont la subtilité n’était pourtant pas la qualité première, n’aurait pas osé exprimer aussi platement son intention d’empiéter sur les champs de compétence des provinces.Par définition, l’adoption de lois par la Chambre des communes afin d’encadrer les futures interventions d’Ottawa en matière d’assurance-médicaments et de soins à domicile traduit l’arbitraire fédéral.Le nouveau «pacte avec les villes et les collectivités» annoncé hier, qui ne reconnaît aux provinces qu’un rôle de courroie de transmission entre Ottawa et le monde municipal, procède du même réflexe envahissant.D était au moins permis d'espérer que le départ de M.Chrétien entraînerait un changement dans l’attitude des libéraux face au nationalisme québécois, qu’on s’est employé à noircir depuis des années, jusqu’à faire du projet souverainiste un véritable crime contre la morale universelle, pour mieux justifier l’intransigeance fédérale, qui a résulté dans le programme de commandites et la Loi sur la clarté.La mise à l’écart de Stéphane Dion pouvait laisser croire qu’on cesserait d’y voir une manifestation d’ethnocentrisme.Là encore, l’esprit du plan B a survécu à son concepteur, qui doit bien se demander pourquoi il est tombé dans une telle disgrâce.Son successeur aux Affaires intergouvemementales canadiennes, Pierre Pettigrew, était tout à fait dans sa ligne de pensée cette semaine quand il a dit voir une mentalité d’exclusion dans le slogan du Bloc québécois, «Un parti propre au Québec».Il n’a pas voulu aller jusqu’à accuser le Bloc d’ethnocentrisme, mais son allusion au caractère hétérogène du quartier montréalais de Parc-Extension, qui fait partie de sa circonscription, suggère fortement que c’est ce qu’il avait à l'esprit Il faut dire que M.Martin avait lui-même donné l’exemple en évoquant «le vigneron officiel du Bloc québécois».De toute évidence, ce n’était pas à l’architecte de la Caisse de dépôt ou du REA qu’il pensait mais à celui qui a stigmatisé le vote ethnique le soir du référendum de 1995.Pour que M.Parizeau se tient tranquille, le chef du PLC aurait pu s’abstenir de cette petite mesquinerie.Le mieux qu’il a trouvé à balbutier, en guise d’excuses, est que lui aussi apprécie le vin.Vraiment navrant Jean Chrétien On comprend que le premier ministre Charest ait interdit à ses troupes, du moins celles qu’il est en mesure de contrôler, de prêter main-forte aux libéraux fédéraux, comme le rapporte ma collègue Kathleen Lévesque.Cette fois-prendre plus sur une foule de domaines, dont la psychologie, la sociologie, l’acoustique, les réseaux sans fil.et l’intelligence artificielle.Apprendre en chantant (ASP) — Comment glisser des termes complexes de physique à l’intérieur de chansons connues: c’est le truc que présentent les physiciens Dominic Dickson et Laura Grant dans la revue Physics Education, dans le but de rendre ainsi la physique plus attirante pour le grand public.Le titre de leur article: Hystes Karaoke: why not?La première bouffe (ASF) — Si vous trouvez qu’un enfant fiait le difficile devant sa nourriture, ce n’est pas étonnant: il semblerait que ses goûts se soient développés avant même qu’il riait commencé à absorber du solide ! Selon des chercheurs de Philadelphie, les habitudes alimentaires développées pendant les premiers mois de notre vie nous marqueraient jusqu'à la fin de nos jours.D’où l’intérêt de jeter un œil sur le mélange lait-céréales, aussi simpliste que celuki puisse sembler.et pour la maman qui allaite d’être attentive à ce qu’elle mange.Ces recherches du Centre Monell des sens chimiques, un organisme de recherche à but non lucratif, parues dans le journal Pediatrics, ont suivi 53 bébés, de l'âge de deux semaines jusqu’à l’âge de sept mois.La moitié s’est fait servir un mélange standard de lait pour bébé, «à saveur de céréale».L’autre a reçu une autre formule pour bébé, dite de protéine hydrolysate, qui contient des protéines prédigérées permettant au bébé de les absorber plus vite, mais qui a le désavantage d’avoir un arrière-goût À sept mois, les bébés avaient la «chance» de pouvoir goûter à l’autre mélange.Ceux qui n’avaient jamais touché à la formule protéinée l’ont «violemment» rejetée, et les autres riy ont jamais vu de problème, même après qu’on leur eut fait goûter à l’autre mélange, sans arrièregoût Les Chinois renoncent à demander la Lune L’exploration du satellite de la Terre est abandonnée pour raisons financières PIERRE HASKI LIBÉRATION Pékin — Il n’y aura pas de Chinois sur la Lune.Le «pjère» du programme spatial chinois, Wang Yongzhi, a calmé hier l’euphorie qui avait accompagné l’envoi du premier «taïkonau-te» chinois dans l’espace l’an dernier, en annonçant que, «pour des raisons financières », l'idée d’envoyer un homme sur la Lune était abandonnée.Cité par l’agence officielle Chine nouvelle, cet ingénieur de 72 ans a déclaré que son pays se contenterait de l’envoi de satellites en orbite lunaire.Ce nouveau réalisme des décideurs chinois ne marque pas pour autant la fin des ambitions spatiales : Wang Yongzhi a confirmé que la Chine allait construire sa propre station au cours des 15 prochaines années.En octobre, la Chine était devenue le troisièpne pays, après l’URSS et les Etats-Unis, à envoyer un homme dans l’espace.Le colonel Yang Liwei, premier «taikonaute» chinois, avait effectué 14 orbites terrestres à bord de la capsule Shenzhou V.Cette soudaine irruption de la Chine pxjpu-laire dans la cour des grands de la conquête spatiale avait été suivie d’une série d’annonces sur la suite du programme, toutes plus ambitieuses les unes que les autres.La conquête de la Lune par étapes, «premier pas dans l’exploration de l'espace lointain», selon les officiels, semblait extravagante.Mais les déclarations de Wang Yongzhi paraissent d’autant plus réalistes que de nombreux Chinois trouvaient démesuré cet investissement spatial dans un pays toujours confronté à d’immenses défis de développement Le mois dernier, on pouvait même lire dans un journal officiel une longue critique du programme américain en direction de Mars, soulignant qu’il ne changerait pas la vie des gens et qu’il y a «tant à faire sur Terre.» Il suffisait de changer le nom des Etats-Unis par celui de la Chine pour avoir une critique cinglante du choix un peu mégalo du pouvoir chinois.Le chef du programme spatial a cité le chiffre de 18 mil- m ;4»g r&ïi XINHUA REUTERS Le premier astronaute chinois, Yang Liwei, à bord de Shenzhou V, en octobre dernier.liards de yuans (2,8 milliards $CAN) investis en 11 ans par Pékin dans ce secteur, un montant jugé largement sous-estimé par les experts étrangers.Main tendue Le projet de station chinoise défendu par Wang Yongzhi ré-pxmd, pour sa part, à une apparente réticence américaine à ouvrir à la Chine les portes de la station internationale, dont font déjà P31"' tie 16 pays, incluant les Etats-Unis, la Russie et les Européens.Le mois derniér, une experte américaine des questions spatiales, Joan Johnson-Freeze, avait déclaré que ses interlocuteurs chinois avaient été «choqués» par l’attitude américaine au lendemain du lancement réussi du premier «taïkonaute» en orbite terrestre.«Les Chinois sont choqués que les Américains ne saisissent pas leur main tendue, alors qu’ils souhaitent véritablement coopérer avec les États-Unis», avait-elle dit à sop retour de Chine.A l’opposé, les Russes ont publiquement annoncé que les Chinois seraient les bienvenus dans le programme international et les Européens ont lancé un gros programme de coopépation spatiale avec Pékin.Les Etats-Unis seraient plus réticents, de crainte de voir émerger en Chine un rival stratégique, et Washington soup> çonne Pékin d’avoir des arrière-pensées militaires dans son programme spatial.Ce dernier est, de fiait, entièrement géré par l’armée chinoise.Les propos de Wang Yongzhi montrent que la Chine ne se laisse pas démonter par le refus américain et va de l’avant avec son propre projet La Chine en a-t-elle les moyens?Cela reste à voir: la station spatiale internationale coûtera 95 milliards de dollars, pjarta-gés entre 16 nations.La posture est peut-être plus politique que scientifique : la Chine veut être prise au sérieux, dans l’espace comme sur Terre.I 1*1 Environnement Canada Environment Canada I Prévisions météo Montreal AUJOURD'HUI CE SOIR Ensoleillé Dégagé max 17 min 7 La météo en un clin d’œil DIMANCHE Ensoleillé max 18.min 7 LUNDI MARDI Possibilité d'averses Possibilité d'averses max 18.min 9 max 21.min 15 • "Vy Hier I Max.21 I Min.11 Normales 21.1 10.6 Preclp.0.0 mm Phases de la lune O 3 € 6/3 6/B 6/17 6/26 % #V'' -S*pt-îl« v*-I —r V.O 55 ./ ’ukS! Indlc* uv O O-» • ÎOml„ ’ .5 11 liT^J 20 34 OMortpMon Morer' «•eve extrême Canada La monde St.John's 8V4 NewYbrk S» 19112 Halifax « 12\6 Chicago Ci 2214 Ottawa Ci 18\4 Atlanta « 29120 Toronto «L 18\5 Miami Q» 33120 Winnipeg w 18M0 Los Angeles C- 25112 Edmonton « 17M2 Rio de Janeiro Ci 25117 Regina w 13\9 Amsterdam O 2119 Vancouver -b 17110 Moscou Q» 19\6 Whitehorse 1813 Tokyo ?99199 Yellowknife Ci 1011 Sydney O 17110 [ dtrectemsnt avec un pr*vtsk>nn
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