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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-05-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 2 » ET DIMANCHE 30 MAI 2 0 0 4 DANSE Triangle social et chorégraphique Page E 4 ¥ CINÉMA Fragile et spontané comme le bonheur Page E 8 LE DEVOIR © Les frontières flottantes de Mutek Une nouvelle étiquette et quelques micro-IVlutek plus tard, le festival dédié à la musique électronique fête ses cinq ans FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR Nul n’est prophète en son pays.Tel pourrait être la devise de Mutek.En cinq années d’existence, le festival dédié à la musique électronique et aux nouvelles technologies a créé un engouement international indéniable mais a du mal à trouver sa niche auprès des instances gouvernementales nationale et provinciale.Qu’à cela ne tienne, l’événement célèbre sa cinquième édition du 2 au 6 juin, tentant de redéfinir ses frontières, au-delà des contraintes.*Le Québec, globalement, manque de vision, juge Alain Mongeau, fondateur et directeur artistique de l’événement On ne reçoit toujours pas d’argent de la Culture [aux niveaux provincial et fédéral], que du tourisme! C’est grâce au Conseil des arts de Montréal si Mutek existe.Ça été le premier à se mouiller, à reconnaître le potentiel de l’événement.En même temps, on ne peut pas se plaindre, car je ne pense pas que Mutek aurait pu s’implanter ailleurs qu’à Montréal.» Le directeur cite alors deux facteurs qui font de Montréal un lieu d’émergence favorable: l'isolement par rapport aux centres névralgiques de l’Europe, qui a fait en sorte que Montréal a développé une expertise du point de vue technique, et le clash culturel qui attise la curiosité artistique des Montréalais.Il faut dire que deux autres rendez-vous de musique électronique s’arrachent les mêmes subventions dans la métropole, le Montreal Electronic Groove et Elektra.Mais Mutek se distingue par sa notoriété hors Québec et son approche plus pointue — certains diront trop étroite — de la musique électronique.L’événement a donc poursuivi sa route, repoussant à la fois ses frontières esthétiques et géographiques.«On cultive les extrêmes, du plus ludique au plus expérimental, note le directeur artistique.C’est la juxtaposition de ces deux extrêmes qui nous intéresse.» Par ludique, il ne faut toutefois pas entendre populaire.Les soirées plus grand public que Mutek s’assure de programmer demeurent relativement spécialisées.Cette année, par exemple, le maître canadien du techno minimaliste Plastikman sera à la barre de l’une de ces soirées dites ludiques.Penser localement, agir globalement Les limites géographiques de l’événement ont aussi reculé, des micro-Mutek ayant été semés ici et là, en Europe comme en Amérique latine, certains plus concluants (au Chili) que d’autres (au Mexique).«Dès le début, notre hypothèse était que la survie de Mutek passait par un positionnement nord-américain», vaste territoire encore vierge de rendez-vous du genre et donc spontanément plus enthousiaste qu’une Europe un peu blasée d’avoir tout vu, selon le directeur.La renommée de Mutek à l’échelle mondiale a rapidement placé l’événement aux côtés de joueurs clés, tel Sonar à Barcelone.Mais Mutek préfère Berlin comme modèle et insiste sur ce qui le distingue de Sonar.Ils se sont aliénés rapidement leur communauté.Ils n’ont pas fait de travail de développement local Or la vision globale de Mutek s'enracine localement Son rayonnement international passe avant tout par la mise en valeur de la scène montréalaise, une mission qui s’est imposée d’efle-même dès la première édition en 2000, et même avant, alors que les Media Lounge ponctuaient le Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias.«On a constaté qu’on était un véhicule de développement, indique M.Mongeau.Ce qu'on a accompli, c’est qu'avant Mutek, les artistes regardaient l’Europe avec l’envie de s’exiler.» Il évoque notamment Deadbeat et Akufen, formations qui ont trouvé refuge sur des étiquettes allemandes.«On a réussi à rapatrier le centre de gravité à Montréal.» Cette bipolarité à la fois esthétique et géographique a guidé la naissance de l’étiquette Mutek-REC en novembre dernier.Déjà, depuis 2002, Mutek a livré quelques compilations jumelant toujours des artistes d’id et d’ailleurs, d’allégeance expérimentale ou ludique.Mais en développant sa propre étiquette, l’organisation pallie le manque d’infrastructures de production et de diffusion en musique électronique et «cultive la vague d’artistes que le festival a fait découvrir», selon les termes de M.Mongeau.La naissance d’une écurie Mutek Tous deux au programme du festival, les tandems Egg et Skoltz_Kolgen incarnent bien le vecteur de développement que constitue Mutek et le flottement de ses frontières.L’événement autant que l’étiquette ont joué et continuent de jouer un rôle déterminant dans leur cheminement artistique.Issue du milieu des arts visuels, la formation Skoltz_Kolgen travaille les textures sonores en rapport intrinsèque avec l’image.Le duo compte d’ailleurs quelques films expérimentaux à son actif.Son second album, Flüuxx:/Terminal, sera officiellement lancé sur l’étiquette Mutek durant le festival.Sa performance live, dans la veine minimale expérimentale, est prévue le 2 juin, à Ex-Centris.«Mutek nous a mis au monde, lance tout bonnement Dominique T.Skoltz.Ça transformé notre trajectoire.» «Ce n’était pas la scène qu’on voulait toucher — on s’en allait plutôt du côté des installations en musées —, mais notre performance [à Mutek en 2001] nous a permis de nous rendre plus rapidement là où nous voulions aller», renchérit son comparse Herman W.Kolgen.VOIR PAGE E 2 : MUTEK l’afroiMH’ SohivIIi' (ininée.! idji Soutrlh /cltimk’.tic de Pâques I ne exposition inlcrnnlioiutle (/ni i ons /ern tlécoiinir ces des dn boni du monde et nous initiera (tn.x rituels que les uulocbtoiics i /rrutiqintièitl un 1*) sieele üix hifliMs d'avion pouf Mow; et conn# la chance dn çjagner îur les ailes (J Ah Canada PoiYH \ ( m ; K k Musée d’archéoloqie pt d'bistoftfl dp Monlmal Montréal® Mostw Ma/imvrir Prpislnnc.n MrKiqraflr.r I l Kil Pk.orixî" EXPOSITION PRESENTEE A POINTE-A-CALLIERE DU 18 MAI AU 17 OCTOBRE Qlicbcc ri ri 1155313 /IlH CANADA * PT5 111©\ C.BanHra.L«DroR ffnnmfwawHl* LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 » ET DIMANCHE 30 MAI 2 0 0 4* E 3 Culture TH É A T R E Zone de liberté Un bilan du dernier Carrefour international de théâtre de Québec HERVÉ GUAY \ A bien y regarder, un thème se dégage du septième Carrefour international de théâtre, qui a pris fin le week-end dernier la difficulté d’échapper à la médiocrité.Comme à la plupart des règles et des instruments dont se sont dotés les êtres humains — a fortiori quand ils sont dévoyés — mènent à l’asservissement ou à l’échafaudage de rêves de grandeur insensés.C’est le sort cruel qui attend Woyzeck, malmené par la science, dans le W du Hongrois Arpad Schilling.Mais la protagoniste d’Or Press Escape qui tape sur son ordinateur est tout aussi enchaînée à une technologie qui la déshumanise.La désensibilisation atteint cependant son comble dans Guerre de Lars Norén.Encore qu’à une autre échelle.Cul-de-sac montre aussi à quel point la banlieue renvoie les autres à leur propre solitude.Ceux qui veulent tourner le dos à la médiocrité ne sont pas épargnés non phis.La folie guette le savant Kovrine dans Le Moine noir.Le gouverneur et sa famille ne quitteront jamais la province, et celui qu’ils ont pris pour un Révizor n’est qu’un vulgaire imposteur.Et l’énumération pourrait durer encore longtemps.Toutefois, si le Carrefour émet le triste constat d’une médiocrité qui sévit presque partout le festivalier peut pousser la réflexion d’un cran.Voir ceci, en quelque sorte, comme une invitation à réinventer le monde ou, du moins, à renouveler certaines de ses assises pour quhommes et femmes puis- Guerre, de Lars Norén: implacable lucidité et terrible actualité.MARIO DEL ClIKTO sent à l’occasion bénéficier de «quelques zones de liberté».Retour au texte Ces zones de liberté, l’événement en a aussi laissé entrevoir Your memory is tua Delete some files immediately to free up mw REYN VAN K00LWUK La protagoniste d’Or Press Escape qui tape sur son ordinateur est enchaînée à une technologie qui la déshumanise.quelques-unes.Restreintes, bien sûr, mais encore plus précieuses pour cela.D’autant que, dans plusieurs cas, c’est le théâtre jeunesse qui s’y emploie.Que ce soit le recours aux sens et à l'imagination pour mesurer l’apport d’une res-source naturelle qu’éveille en nous les artistes français de L’Eau, là, ou encore la revalorisation des liens ii> tergénérationnels et de l’inventivité ordinaire que distille La Couturière de Jasmine Dubé.Un désir de révolution des mœurs théâtrales inspire en outre les Belges et les Néerlandais qui ont pris appui sur Diderot Histoire de rappeler que l’art dramatique peut se passer de metteur en scène pour autant que les acteurs assument pleinement leurs responsabilités.Or ces comédiens hors du commun réussissent à remettre le jeu — toute inhibition repoussée — au centre du spectacle.Outre une unité thématique certaine, notons également lors de ce Carrefour, un retour au texte.Ce qui ne signifie pas au texte comme élément central de la représentation mais plutôt à un meilleur maillage de la parole et des images.En effet le relais s’effectue mieux de l’une aux autres.De telle sorte que le silence, lorsqu’il advient retrouve de sa puissance.Conséquence?L’événement a fait moins de place aux tentatives de renouvellement du lieu théâtral et à des formes moins traditionnelles de re- ière rouge e .as.vous mm.e a u 1 9 j Un déambulatoire théâtral (départ aux 15 min.entre 19h30et21h30 quartier Centre-Sud) Coût: 20$ Réservations obligatoires 514.871.1020 Mill ta jaa présentation.Mais qui sait ce que nous réserve l’avenir?Sur le plan artistique, ce septième Carrefour est moins fort que le précédent, vraiment ex- ceptionnel, mais l’événement demeure de fort bonne tenue.Les palmarès valent ce qu'ils valent.Pour ma part, je place au premier rang Guerre à cause de son im- placable lucidité et de sa terrible actualité.Pas très loin derrière se distinguent le W du Krétakôr Shinhaz, Or Press Escape et le.Diderot.Le premier parce qu’un rapport organique est créé avec le spectateur, le deuxième car il conscientise sans faire de crise et le troisième en raison de son invraisemblable torsion, dans tous les sens, du Paradoxe sur le comédien.Bonne idée aussi que de terminer le festival sur Revidents.Cette incursion dans le passé soviétique permet au spectateur d’appréhender la profondeur des changements qui ont touché les pays de l’Est.Non sans que Gogol sorte éclairé de cette bande dessinée cruelle et nostalgique.Les déceptions?J’en vois deux: TeAmo de Daniele Finzi Pasca, dont la fuite dans le rêve flirte trop avec la sensiblerie, et L'Impératrice du dégoût, où lorraine Côté brille plus comme comédienne que comme auteure.C'est à mon avis le seul faux pas de la sélection nationale.Qu’on me permette aussi tme suggestion, celle de renommer la section Nouvelle Garde.Pourquoi ne pas opter pour «Jeune Théâtre»?Primo, ce qui y est présenté n’est pas particulièrement novateur.Secundo, le choix se défend d’offrir une vitrine aux créateurs en herbe.Pas au prix cependant de leur faire porter le poids d’une originalité que démentent * plusieurs spectacles de cette section.Autrement, je souhaite longue vie au Carrefour, qui procure au spectateur, 12 jours durant, une zone de liberté, d’autant plus chère qu'elles sont rares.THOMAS WALL,RAVE Les trois comparses de l’éblouissant Diderot présenté au Carrefour et à Théâtres du monde.Â.î RJ DENISE-PELLETIER • wttw.tlenisie-ppUetier.tic.ca » Chaue± L’Homme de la Mancha Livret : Dale Washerman: musique : Mitch Leigh; paroles : Joe Darioii: adaptatinn française : Jacques Brel • Mise en «scène : René Ric hard Cyr Lpæ Pmi hif ttoi fa LitM'Un » » Les Jumeaux vénitiens rie Carlo Goldoni lilirement «idnptés et mis en scène par Jean-Guy Lerjaiilt Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas père Adaptatinn : Elizabeth Bouryet • Mise en scène : Robert Beliefeoille \\ L’Aigle // à deux têtes de Jean Cniteati Mise en «cène : Marie-Thérèse Fortin fin nt mu h n t iun cm t lu fl h ‘titn * de* h i f hm h 71 H U H S SAISON Scrooge U'opre* A Chrbttttms Carat tic- Charles Dickens et mlsi- en scène : Jean-Guy Leymilt - Irt» pratiJCOun (Mt lliéêcrw des iVmtrebkAjs Ahnrinés t h ri fs privilégiés prinr 91.r n n g e et I «i S,» I i »• Fred-Barry.Choisissez 5 spectacles F RE IJ! FREDgBORRY et abtenez-en un gratuitl ii \si iiim mi \ i s i i 1111 r r i r r Rir Hydro Québec (514) BANOUF.NATIONALE li f) \ \ f Vf \ J I \ I I L j V / \ www.denise-pelletïer.qc.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2004 Marie-Claude Rodrigue Culture 9 20h30 / 30 ; a 16h \j dnoen{J\ )illetterie: 525-1500 | * _ 11 O ‘lit I vww.tangente.qc.ca danse contemporaine Marché 27 au 30 mai 2004 francophone de la poésie Place Gérald-Godin et maison de la culture Plateau-Mont-Royal CO] Mont-Royal DANSE Triangle social et chorégraphique FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR Le triangle amoureux comme fuite, le trio chorégraphique comme moteur créatif.Cet entrelacement du propos social et de la quête formelle se trouve au cœur de La Pudeur des icebergs de Daniel Léveillé.Après trois ans de gestation créatrice, le chorégraphe livre ainsi le troisième volet de son triptyque sur les jeunes danseurs et les rapports qu’ils entretiennent l’un avec l’autre, amorcé en 1997 avec Utopie.«Elle a été longue celle-là, reconnaît le chorégraphe.Probablement parce que la précédente a été tellement bien reçue.» En 2001, Amour, acide et noix avait saisi au vif public et critique par sa rage poignante et sa nudité sans fard.«Amour avait atteint un équilibre parfait, alors que faire après?Je ne Pouvais pas lui faire compétition sur son propre terrain, il me fallait aller ailleurs.Puisqu’elle était si pure, il s'agissait de viser une certaine impureté.» D’où l’idée du trio, du triangle.«C'est très difficile, le trio», souligne celui qui enseigne au département de danse de l’UQAM.Le duo, forme autour de laquelle s’articulait le quatuor Amour, acide et noix, va de soi, selon le chorégraphe.«Quand on voit deux danseurs sur scène, on les associe tout de suite», remarque-t-il.Pour La Pudeur des icebergs, Daniel Lé- veillé a donc construit tous les tableaux à partir de la présence de trois danseurs sur scène.Les six interprètes — dont cinq masculins — se relaient pour toujours offrir trois d’entre eux au regard du spectateur.«Le trio m’intéressait moins comme structure chorégraphique que comme moteur du mouvement», explique-t-il.D cherchait à faire du trio une entité aussi naturelle que le duo ou le solo.Puisque la matière signifiante de ses pièces est intrinsèquement liée à leur construction chorégraphique, du trio au triangle social, il n’y a qu’un pas, Si l’œuvre de groupe Utopie lui avait permis de cristalliser l’énergie brute des jeunes, les duos d’Amour.lui ont rapidement révélé leur profonde solitude, même dans leurs rapports avec l’autre.Le triangle s’est donc imposé comme modèle de relation qui leur est propre, dans laquelle ils fuient à la fois la solitude et l’engagement.«J’ai analysé beaucoup la forme du triangle.On pourrait s'imaginer que ces jeunes-là ne veulent tout simplement pas être en couple pour ne pas avoir à fournir l’investissement que ça demande et ne peuvent pas supporter d'être seuls parce que c’est trop angoissant.» Vulnérabilité Il n’y a pourtant aucune dimension narrative dans l’œuvre de Daniel Léveillé.Les rapports humains dérivent de l’enchaînement la traça des créateurs apparitions Michel E Côté Traces-hors sentiers Érik Satie, John Cage et Michel F.Côté, une distillation danse-musique, en complicité et, pour la première fois sur une même scène, Estelle Clareton, Emmanuel Jouthe, Dominique Porte, David Pressault et Catherine Tardif, sous les éclairages de Michel Beaulieu.DU 27 AU 29 MAI ET DU r AU 5 JUN 2004, À 20 H 8700, rue St-Comlnuue @1 Sherbrooke, autobus 144 ou El Saint-Laurent, autobus 55 Réservations : 514-843-7738 UNE INITIATIVE ET UNE PRODUCTION DE Danse-Cité diffusée par le Théâtre La Chapelle Patrimoine Canadian Il DEVOIR LE STUDIO DE LAG0RA DE LA DANSE PRÉSENTE DANIEL leveilLE- LA PUDEUR DES ICEBERGS 2 AU 5 ET 10 AU 13 JUIN 2004 // 20 H y 11 IHVOII! À L'AGORA DE LA DANSE j i ! *| j[ 840.RUE CHERDIER METRO SHERBROOKE 514.525-1500 ¦ ¦ ¦¦ mA réseau admission 514-790.1245 www.a}»radanse.com des gestes, des portés robustes et vertigineux, et de la mise en espace géométrique, presque mathématique du chorégraphe.«Je suis un maniaque du placement dans l’espace», souligne-t-il.Le mélange de distance et de sollicitude discrète qui se dégage de la pièce est peut-être à l’origine de son titre magnifique, dont le chorégraphe a eu l’intuition sans pouvoir l’expliquer en profondeur pour l’instant «J’ai beaucoup de difficulté à déterminer c’est quoi la pudeur à ce point-ci.Ce que j’y ai mis, c’est impossible à identifier.Probablement que dans six mois.J’ai par contre certaines intuitions: le mot pudeur était indiqué.Iceberg vient d’“une certaine froideur” chez les interprètes.» Pourtant, les six interprètes sont flambant nus.Mais comme dans Amour., cette nudité est moins celle de la sensualité que celle de la vulnérabilité humaine.«C’est la jeune génération, mais à qui on a enlevé l’habit social pour voir qui ils sont, explique-t-il.La première fois que je leur ai demandé défaire un enchaînement nus, ce n'est pas la nudité que j’ai vue, mais tout ce qu’on voyait au-delà de ça.» Habillés, ce serait totalement une autre pièce, on ne regarderait pas les mêmes choses; on voit des réactions musculaires et plein de trucs.Dans la crispation d’un muscle, on perçoit une tension de l’âme, dans le relâchement du corps, une lassitude du cœur.La peau est le véritable costume du corps pour Daniel Léveillé, qui entend travailler les corps nus «tant que le costume ne va pas se justifier, s’imposer de lui-même».Reconnaissant que les spectateurs puissent être mal à l’aise devant cette nudité, le chorégraphe fait plutôt valoir la richesse de l’expérience.«J’ai l’impression de donner aux spectateurs un espace de liberté incroyable, tu prends ce que tu veux et c’est sans fausse pudeur, dit-il.C’est ça, un corps humain, pourquoi on s’empêcherait de le regarder?» Les costumes et la scénographie réduits au minimum — une simple bande de ruban adhésif délimitant un espace carré sur la scène — s’inscrivent donc en continuité avec Amour., même si le chorégraphe se réjouit d’avoir livré une pièce très différente de l’autre avec la même distribution de danseurs et le même costume (!).«Je pense que c’est une pièce romantique», conclut-il, reconnaissant la curieuse inadéquation entre ce qualificatif et la facture assez formelle de son œuvre.«Etre romantique, c’est accepter d’être touché, une manière de faire doucement les choses.[Dans la pièce] les danseurs portent attention les uns aux autres.» Au-delà de l’insatisfaction et de la tristesse qu’il détecte dans le rapport à l’autre chez ces jeunes qu’il a vu grandir à travers son triptyque, Daniel Léveillé sent et traduit bien «ce besoin absolu de l’autre».LA PUDEUR DES ICEBERGS De Daniel Léveillé Du 2 au 13 juin à l’Agora de la danse JACQUES GRENIER LE DEVOIR La Pudeur des icebergs, une chorégraphie de Daniel Léveillé.Fragments de mémoires Passare, la nouvelle création d’O Vertigo, donne le coup d’envoi au Festival Danse Canada FRÉDÉRIQUE DOYON LE DEVOIR O Vertigo poursuit sa trajectoire stellaire.Après Luna, envolée poétique dans l’infiniment petit et l’infiniment grand du corps et du del, la chorégraphe Ginette Laurin continue de scruter la mécanique de l’univers pour y trouver toujours plus d’affinités avec celle du coips.Sa nouvelle création, Pc^sare, qui s’enracine dans la mémoire — des danseurs, du monde —, donne le coup d’envoi au Festival Danse Canada à Ottawa jeudi.Ginette Laurin n’avait pas fini de faire le tour de l’univers qui lui avait inspiré Luna.Comment épuiser un sujet infini?La chorégraphe a l’habitude des sujets inépuisables, comme le corps en l’occurrence.En compagnie de l’astro-physiden Claude Théorêt, qui était aussi de l’aventure de Luna, elle a tissé les «liens entre les traces de l’humain dans l’espace et le temps et celles laissées par la matière dans l’univers», explique-t-elle.L’idée des traces est d’ailleurs au cœur de Passare, empreintes que laissent les humains ou les choses dans leur sillage.La chorégraphe a ainsi littéralement créé des trajectoires chorégraphiques lumineuses en habillant d’éclairages le corps d’un danseur ou en créant des effets de traînées aux mouvements dans le traitement des images vidéo.Traces Car Ginette Laurin a troqué les loupes géantes de Luna pour la vidéo, qui multiplie les points de vue sur la danse.Un écran géant en fond de salle permet de projeter des images en plongée de ce qui se passe sur scène.«Ça donne une autre perspective sur le corps en mouvement, note-t-elle.On joue beaucoup sur les traces laissées par les danseurs.» Elle raconte alors comment son collègue astrophysicien a trouvé une ressemblance entre une telle séquence chorégraphique lumineuse et les mouvements des particules dans une «chambre à boules», genre de machine qui reproduit le big bang.«Ce qui est intéressant, c’est qu’on travaille tous les deux le mouvement, celui des planètes et des particules dans son cas, celui du corps dans le mien», relève-t-elle.«Quand on parle de traces à l’échelle humaine, on parle de souvenirs en amenant l’idée de distorsion entre la réalité et l’imaginaire de ces souvenirs», indique la chorégraphe.Ici encore, cette idée trouve une assise dans l’astrophy- LE SILENCE AMBOUS DU 2 AU 5 JUIN 20 H E6RAPHE : JOCELYNE MONTPETIT MUSIQUE : LOUIS DUPONT ISSEY MIYAKE INSTALLATION : JOCELYNE MONTPETIT LUMIÈRE: PATRICE MOlSE sique.Selon une de ses théories, la perception qu’on a de l’univers s’avérerait totalement différente de ce qu’il est réellement Ainsi, quelques danseurs racontent des fragments épars de leur vie à travers la lunette déformante de la mémoire.Ou on évoque une relation privilégiée avec laquelle on voudrait renouer.Les interprètes vont même jusqu’à mettre la mé» moire des spectateurs à l’épreuve, répétant plusieurs fois des phrases gestuelles auxquelles ils ont apporté des petites nuances.Ces va-et-vient entre présent et passé, ces sauts dans le temps donnent lieu à des ruptures de ton fréquentes dans Passare.«La structure de la pièce ressemble un peu à celle d’un rêve, décrit la chorégraphe.On passe d’une atmosphère à l’autre.Il y a beaucoup de surprises et de revirements dans le déroulement.Le spectateur ne sait jamais où je l’amène.Il y a une logique, mais pas cohérente selon notre conscience de la réalité.» Pour donner un point d’ancrage au public, un danseur incarne le meneur de jeu, l’architecte-géo-mètre qui observe la scène en prenant des notes, tandis que les autres ballaient la scène et les deux imaginaires.La chorégraphe a aussi fait appel à un architecte au cours du processus de création.«Je lui ai demandé de dessiner une structure architecturale à partir de segments chorégraphiques», rapporte-t-elle.Les danseurs se réapproprient le dessin en l’exécutant à leur tour sous l’œil de la caméra qui les filme en direct Après tout les chorégraphies se comparent un peu à de l’architecture des corps dans l’espace.Une œuvre à multiples couches, donc, que ce Passare, présenté en grande première mondiale à Lille il y a quelques mois.«C’est comme dix pièces en une», reconnaît la chorégraphe.Consacré à la scène chorégraphique nationale, le Festival Danse Canada compte d’autres figures québécoises à sa programmation.Paul-André Fortier y livrera notamment sa nouvelle création Lumière, la Fondation Jean-Rerre Perreault remonte Les Ombres dans ta tête, les Ballets Jazz de Montréal proposent l’œuvre intégrale de la Vancou-véroise Crystal Pile, The Stolen Show.Mais ce rendez-vous est surtout l’occasion de découvrir des artistes du reste du Canada, qu’on n’a pas souvent la chance de voir à MontréaL des compagnies établies comme le Groupe Dance-Lab d’Ontario ou des nouvelles figures comme Anne Troake de Terre-Neuve.PASSARE De Ginette Laurin (O Vertigo) Le 3 juin au Centre national des arts d’Ottawa, à l’occasion du Festival Danse Canada (3 au 12 juin) fl LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2004 E 5 -?De Visu «- EXPOSITION Saveurs orientales RESTAURANT MONTAGNE D'OR Karen Tam Jusqu’au 19 juin MAI (Montréal, arts interculturels) 3680, rue Jeanne-Mance MICHEL HELLMAN N A l’occasion du festival Accès Asie, l’artiste Karen Tam a reconverti l’espace du MAI (Montréal, arts interculturels) en restaurant chinois.Cette installation habile, intitulée Restaurant Montagne d’Or, examine les stéréotypes que l’on retrouve souvent dans la perception occidentale de la culture asiatique.D’origine chinoise, Karen Tam vit et travaille en Amérique du Nord.Son travail reflète son intérêt pour des sujets liés à son identité et à sa culture.En attirant notre regard sur les clichés, elle nous amène à réfléchir sur nos préjugés.Dans cette exposition, le restaurant représente un lieu important qui influence notre perception de r«autre».Quand on entre dans la salle, on est étonné de voir à quel point ce restaurant reconstitué semble être, jusqu’aux moindres détails, authentique.Depuis la salle à manger avec aquarium, plantes, lanterneà rouges, jusqu’au choix des affiches dans les toilettes, tout est soigneusement étudié pour recréer fidèlement le restaurant chinois typique.Mais c’est justement toute cette prétendue «authenticité» qui est remise en question dans l’œuvre, car l’artiste cherche à montrer avant tout comment ce genre d’endroit est organisé selon les attentes occidentales.Chinoiseries occidentales L’histoire du restaurant chinois est intimement liée à l’histoire de l’immigration chinoise.Dans les années 20, les Nord-Américains ont commencé à les découvrir et les propriétaires de restaurants ont adopté peu à peu une présentation spécifique pour répondre à ces attentes ponctuées d’une soif d’exotisme.L’ar-_ tiste ne cherche pas à faire de son installation un relevé historique, mais son œuvre est tout de même teintée de références (le titre Montagne d’Or, par exemple, renvoie au terme qui désignait pour les Chinois l’Amérique du Nord et tous les rêves de fortune qui y étaient associés).On remarque également quelques exemples de ces «chinoiseries» occidentales.Dans la salle, des menus posés sur les tables ressemblent à de véritables menus de restaurant et expliquent l’origine de nombreux plats que l’on pourrait croire typiques mais qui sont en fait des inventions.Ce lieu d’une identité asiatique «hybride», à cheval entre deux mondes, permet à l’artiste de montrer comment cette fascination de l’«autre» est également teintée de xénophobie.Ainsi, ce restaurant type baigné dans une atmosphère mystérieuse, mêlée à une vision romantique de l’Orient mais aussi empreinte de préjugés.L’artiste joue d’une manière humoristique sur cet aspect Dans le communiqué de presse, qui est rédigé comme une critique de restaurant on peut lire: «Les clients sont encouragés à s’aventurer dans la cuisine, terrain mystérieux où aucun Blanc n’aurait mis les pieds auparavant.Avec un esprit très ouvert, les clients peuvent constater par eux-mêmes que nous ne servons ni chien, ni chat, ni rat.» Dans l’installation, la salle est divisée par des portes qui séparent la salle à manger d’une «cuisine» complète avec frigidaires, éviers, et ustensiles.Sur un écran, l’artiste présente une vidéo de son père en train de préparer des mets «hybrides», qui ne sont pas typiquement asiatiques, comme des egg rolls.EXPOSITION Du papier à la toile.Du 30 mai au 25 juin GALERIE Linda Verge JOUI, AVI Nt l OKS ÉRABI ES Qi'imi (418) SJS-S.tq.î > SOURCE MAI Restaurant Montagne d’Or, de Karen Tam.Quand on entre dans la salle, on est étonné de voir à quel point ce restaurant reconstitué semble être, jusqu'aux moindres détails, authentique.Mais c’est justement toute cette prétendue «authenticité» qui est remise en question dans l’oeuvre, car l'artiste cherche à montrer avant tout comment ce genre d’endroit est organisé selon les attentes occidentales.Il faut aussi observer les nombreux détails de la décoration.Une gravure (trouvée par l’artiste à Shanghai) montre une famille de Chinois en train de manger sur une table avec couteaux et fourchettes.Sur un découpage en papier qui représente la grande muraille de Chine, on peut lire une petite comptine raciste.Accessoires typiques de n’importe quel bon restaurant chinois, les petits messages (sans les biscuits toutefois) sont placés dans un bocal.Ecrits par l’artiste, ce sont des pastiches de phrases inspirantes: «Cast all your worries in the flowing stream», «When you drink water you should remember the source», ou humoristiques: «Put all your money and jewellery in the egg roll and nobody gets hurt», «Today’s dog in an alley is tomorrow’s moo goo gai pan»; d’autres messages, plus poétiques, proviennent d’inscriptions écrites sur le mur du centre de détention de Angel Island, où étaient gardés les immigrants chinois du début du siècle.Cette œuvre intéressante et réussie pourrait être simplement la caricature d’une caricature, une sorte d’exposé culturel, mais il faut aussi noter le respect que l’artiste accorde à ce genre de restaurant.Fille, petite-fille et arrière-petite-fille de restaurateurs, Karen Tam connaît bien ce milieu.Elle a eu l’idée de ce projet, il y a quelques années, quand ses parents parlaient de vendre leur restaurant, «Aux Sept Bonheurs», à Montréal, qui était, selon l’artiste, sa «deuxième maison».Au-delà du regard critique, cette installation est aussi un hommage, une manière de faire l’éloge d’une génération d’immigrants chinois et un moyen pour l’artiste de comprendre ses propres racines et son identité.C’est un lieu de mémoire.CIPOiK CENTRE D’EXPOSITION ART CONTEMPORAIN La sculpture et le vent Femmes sculpteures au Québec Jocelyne Alloucherie, Micheline Beauchemin, Liliana Berezowsky, Yvette Bisson, Eva Brandi, Cozic (Monic Brassard), Marie-France Brière, Martha Fleming et Lyne Lapointe, Rose-Marie Goulet Francine Larivée, Lisette Lemieux, Marie-Christiane Mathieu, Barbara Steinman, Françoise Sullivan, Louise Viger Commissaires: Rose-Marie Arbour et Serge Fisette Du 29 mai au 31 juillet 2004 Vernissage le samedi 29 mai à 15h00 3 72, rue S t e-Ca t h e rin e Ouest, #44 4, Montréal, 5 1 4.393.824 8 'T •/ ' La foire d’art contemporain de Montréal Marché Bonsecours, 350 rue St-Paul Est - 28-30 mai vendredi et samedi: 12h00 - 19h00 dimanche: 12H00 - IBhOO Présenté par l’Association des galeries d'art contemporain (AGAC) T 514 861 2345 C agac@cam.org W www.agac.gc.ca un Marché Bonsecours CONSfl DES MTS DE MONTREAL Culture et Communications Québec S S I I JEAN McEWEN RÉTROSPECTIVE 1947-1999 Exposition jusqu'au 12 juin GALERIE SIMON BLAIS 5420 boni Saint-laurenl H2T iSi 514.849.11(5 Ouvert du mardi au vendredi 10h à 18h samedi ioh .i i/h Québec Marché Bonsecours Galerie des métiers d'art du Québec Marché Bonsecours, 350, St-Paul Est, Montréal Qc H2Y 1H2 t (514) 878-2787 poste 2, galerie@rnetiers-d-art.qc.cn www.galeriedi jsmt 'lii ;r sdart.com Sculptures Robert Gérard EQUINOBLE Du 27 mai au 6 juin Rusdi Genest - Odille Dess, sculptures ___________galerie d’art_____________ 261, St-Jacques, Montréal (Québec) Tél.: (511) 815-0261 - www.studio261.ca Ù Square-Vic toria ou Place d’Armes - ouvert 7-7 EXPOSITION SOLO «PYROPHORIQUE» Heidi Taiilefer Du 3 au 12 juin 2004 Vernissage le 2 juin 2004 de 5 à 9 PM \ Yves L VES LAROCHE G A t E 8 I E CrtARf INC 4, St-Paul Est, Vieux-Montréal (514) 393-1999 / www.yveslaroche.com I LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET D I M A X C H E SO MAI 2 0 0 4 E 6 LE DEVOIR ¦ 9 EV Sü Mémorables instants d’éternité A LITTLE THOUGH Rétrospective des œuvres de Rodney Graham Musée des beaux-arts de l’Ontario 317, Dundas, Toronto Se poursuit jusqu’au 27 juin JEAN-CLAUDE ROCHEFORT Pénétrer les mécanismes de l’œuvre conceptuelle de Rodney Graham ne va pas de soi.Cela exige que l’on s’attarde aux préliminaires et Jessica Bradley, la conservatrice de l’importante exposition des travaux de Rodney Graham, a compris qu’il fallait bien situer le contexte social et intellectuel dans lequel la pensée de Graham, né à Vancouver en 1949, a pris racine.On retrouve donc dans le vestibule qui précède le plan de l’exposition proprement dit des œuvres significatives de ses confrères artistes Oeff Wall, lan Wallace et Ken Lum, sans oublier les Américains Dan Graham et Robert Smithson) et des écrits éclairants sur leurs pratiques respectives et les nombreuses interrogations qui animaient les discussions du désormais célèbre quatuor vancouvé-rois.C’est le principe même de l’émulation qui est ici énoncé et exposé par la conservatrice: l’artiste ne construit pas sa pensée esthétique en solitaire, il trouve des réponses à ses questions dans le dialogue engagé avec quelques autres qui comptent, en l'occurrence des pairs en pleine ébullition artistique.Au milieu et à la fin des années 70, bon nombre de ces questions tournaient autour d’un axe principal: la domination que pouvait exercer Tart minimaliste sur la scène artistique internationale.Jessica Bradley a eu le flair de commencer l’exposition par une œuvre (Die Trumbeutung, 1988) qui synthétise à elle seule les notions privilégiées par l’artiste, comme celles de la répétition et de la circularité, et les raisonnements dialectiques qui président à la conception de ses pièces.Dans un texte intitulé Into the Forest, Jeff Wall utilisera, en parlant de cet entrecroisement de systèmes opposés, le terme d’«annexation».Le procédé, quoique relativement simple, consiste à mettre ensemble des courants de pensée diamétralement opposés pour former un tout tendu entre deux positions extrêmes.Dans la pièce en question, qui appartient à une vaste et complexe série de reliefs qui imitent les patterns symétriques et répétitifs de l’artiste américain Donald Judd, Rodney Graham par rasite l'idéologie minimaliste et son refus systématique de toute forme d’illusionnisme et de subjectivité en introduisant, dans les intervalles mêmes de la sculpture, le 1er juin prochain, le printemps est à Montréal ! Le Printemps de la Renaissance les premiers polyphonistes européens Anne Azéma, soprano Shim Kammen, vièle et harpe Les Idées heureuses mardi 1er juin > 20 h chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue St-Paul Est, Vieux-Montréal billetterie > (514) 987-6919 et sur place le soir-même t Les I dees (514) 8415881 heureuses t C.»»«r$rt iïts cttns'ttise www .idées heurttu ses.ca LE NOUVEL ENSEMBLE MODERNE PRÉSENTE COMPOSITEUR Michel Smith DIRECTION MUSICALE Lorraine Vaillancourt MISE EN SCÈNE Diane Dubeau ÉCLAIRAGE Michel Beaulieu SAISON m h JEUD110 et VENDRED111 JUIN 2004 20 h 30 ESPACE GO 4890, bout Saint-Laurent INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS (514) 343-5636 BILLETTERIE ESPACE GO (514) 84S4890 Billets 25 $ 10 $ (étudiant, aîné) ___ ÎWK* .Québec SS 4k cmM»»» CMaCM cE» CanadS Ek*- le devoir La performance filmée A Reverie Interrupted by a Police est un l’expérimental côtoie l’humour noir.un volume de L’Interprétation des rêves de Sigmund Freud.En contaminant de la sorte un discours par un autre — le langage de l’inconscient infiltrant l’objectivité minimaliste —-, Graham parvient à créer des pièces à la fois critiques et humoristiques, car il cible les limites de toute forme d’hégémonie esthétique, l’artiste ne se gênant nullement pour augmenter L’Interprétation des rêves de Freud de suppléments inédits signés par lui-même.Même si ce procédé dialectique peut avoir l’air parfois d'une recette utile pour produire de l’effet et d’étonnantes juxtapositions, il n’en demeure pas moins qu’il demande à être manié avec délicatesse d’esprit, ce dont fait preuve Graham dans la magistrale série des petits drames costumés.La trilogie de ces saynètes enroulées sur elles-mêmes a commencé avec une pièce (Hal-cion Sleep, 1994) réalisée à l’aide de moyens tout simple.Dans cette performance filmée, comme dans la plupart de ses œuvres audiovisuelles subséquentes, Rodney Graham se travestit en personnage de cinéma.Ici, l'artiste s’était laissé séduire par le nom que portaient des sédatifs aux vertus hypnotisantes, l’Hal-cion, nom de dragées qu’il associait à la légende de THalcyon, l’oiseau qui construit son nid sur la mer.En absorbant une double dose de ces dragées magiques, l’artiste s’est aussitôt endormi sur la banquette du train.On le voit donc abandonné à ses douces rêveries et vêtu d’un pyjama rayé qu’il avait lui-même fabriqué.La scène rappelle des souvenirs d’enfance, mais on peut tout aussi bien l’interpréter comme une version contemporaine de la buveuse d’absinthe de Degas puisque les références culturelles, philosophiques et psychanalytiques abondent dans son travail.La composition de Hal-cion évoque également ces moments de Tentre-deux, ces moments où l’état d’éveil et de sommeil se confondent, ce que vient appuyer l’image de la fenêtre au-dessus du dormeur car on se demande effectivement s’il s’agit de la vue nocturne d’une ville réelle ou imaginaire.Répétition compulsive Comme le raccordement entre les boucles des projections de Graham est pratiquement imperceptible, les séquences peuvent virtuellement se répéter à l’infini.Sans véritable commencement ni point de chute, ces courts récits filmiques se présentent comme des archétypes de genres cinématographiques et la répétition compulsive qui les anime procure aux spectateurs de mémorables instants d’éternité.Dans Vexation Island, 1997, Robinson Crusoe, alias Rodney Graham, échoue dans un film d’aventure SOURCE AGO curieux amalgame dans lequel dans lequel l’action se résume à une mystérieuse relation triangulaire entre un palmier, un oiseau et un explorateur.Dans Ramblin’ Man, 1999, pièce acquise par le MACM récemment, le sentimental cow-boy solitaire, accompagné de son cheval, sillonne de vastes contrées et fredonne une chanson dans laquelle il nous explique pourquoi il n’est jamais arrivé à se fixer quelque part.Si How I Became a Ramblin’ Man se demande au fond pourquoi choisir entre nomadisme et sédentarité, City Self/Country Self essaie plutôt de démontrer, en s’inspirant de la fable du rat des villes et du rat des champs, qu’il y a toujours un cul-terreux qui sommeille en chaque dandy.Enfin, la performance filmée A Reverie Interrupted by a Police est un curieux amalgame dans lequel l’expérimental côtoie l’humour noir.Un lourd rideau de velours rouge s’ouvre sur une scène à l’italienne: quelques secondes plus tard, un prisonnier menotté s’approche d’un piano droit et joue une composition de John Cage.Une fois son récital terminé, un policier — vague écho du film Un chant d’amour de Genet — vient le quérir et le ramener à sa cellule.Fait à souligner, les vrais costumes utilisés lors des tournages font toujours intégralement partie des projections.Contrairement à ce que veut le diction, il semble bien, d’après Graham, que l’habit fait le moine.La plupart de ces projections cinématographiques sont absolument remarquables sur les plans esthétique et conceptuel.Les scénarii sont réglés au quart de tour et chaque plan est composé minutieusement, comme un tableau de Poussin.Néanmoins, et bien qu’elle soit fortement empreinte de nostalgie, ma pièce préférée est Rhienmetall/Victo-ria 8.Au centre d’une grande salle, un vieux et monumental projecteur allemand de marque Rhienmetall projette, en boucle, la représentation d’une vieille machine à écrire italienne Victoria 8.De la farine blanche recouvre et découvre tour à tour l’image de l’appareil.Ce lent processus d’apparition et de recouvrement de la machine à écrire constitue Tune des plus belles méditations sur l’obsolescence des technologies qu’il m’ait été donné de voir.Concours Musical International de Monlréal 30 MAI CLASSES DE MAÎTRE • CONFÉRENCE Salle Pollack, Université McGill Akiko Fbi, Michel Dalberto et Gilles Cantagrel Dans le cadre du Symposium de piano McGill/CMIM ENTRÉE LIBRE 31 MAI, V'ET 2 JUIN FINALE Orchestre symphonique de Montréal Salle Wilfrid-Pelletier.Place des Arts PRIX Dl-S BILLETS : 15 S, 18 S; étudiants 10 S 4 JUIN CONCERT CALA Orchestre symphonique de Montréal Salle Wilfrid-Pelletier.Place des Arts PRIX DES BILLETS : 17,50 S.23,75 $.33 $, 36 S ; étudiants 10 S RENSEIGNEMENTS ET HORAIRES : (514) 845-4108 • jeunessesmusicales.com BILLETTERIE: Salle Wilfrid-Pelletier •: 842 2112 (514) 842-99ST•osm.ca CTt) |,|acedesArts ."r ül Québec SS .a»^c ^ 0 S Al m3ù> 13 ec.t 'ifi [DO 7 7' *'-'' .tr.'.lj,|l ,‘- ?.soirs seulement: mercredi 2 + jeudi 3 juin 2004.20 h JO ISWACI OO .4890.boulevard Saint-Laurent - Montreal Réservations 514-845-4890 20S / 12$ aînés, Bfcidiantwrtistes • a* Daniette Palardy KogeT U,,0tat0p^enté en grande première! r* VIVA%CE VivaVoce»choeur mixte amplifié Danièle Panneton, Jacques Pipcmi ¦ récitants DB Boyko, Christine Duncan • solistes Patrick Graham, Jean Martin • percussions Lucie Bazzo • lumière*.Bernard Grenon.son LE DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 3 M A I 2 O O 4 OUTREMONT 1248.rue Bernard Ouest (514) 495 9SU www theatreoutremont ca ?S-*«¦ ?àJ* LA PETITE UJ K cia* Mte i FfancaCanada (Quàbec) 2003.104 mn (G) üimISI mai 191)30 LE DEVOIR 111 Ci ^Ce n t r i s horaires S14 S47 2204 www.ex-centris.com CINÉMA t» Savoir attendre pour voir les films de Cannes La plupart des distributeurs jouent de prudence et laissent refroidir avant de remettre sur le feu Martin Bilodeau ?Le rideau est tombé dimanche soir dernier sur la 57' édition du Festival de Cannes.Des 99 longs métrages projetés dans les différentes sections du festival (Sélection officielle, Quinzaine des réalisateurs.Semaine de la critique), la moitié devraient connaître un jour la lumière de nos projecteurs.De ce nombre, la moitié se contenteront d’une escale dans les festivals.Les autres, soit à peu près 25 films, paraîtront au compte-gouttes sur nos écrans, sur une période pouvant aller de 12 à 24 pois.A l’heure où on ignore encore, qui distribuera aux Etats-Unis le pamphlet palmé de Michael Moore, Fahrenheit 9/11, la même question se pose pour le Canada.Reste que, chez Alliance Atlantis Vivafilm, on espère que l’entente que s’apprêtent à conclure les frères Weinstein, propriétaires des droits sur le film (et contraints par Disney à le faire distribuer par une tierce partie, et non plus par leur boîte Miramax), sera favorable à une distribution canadienne sous leur bannière.Guerre de libelle, Fahrenheit 9/1 If Pour l’heure, on parle surtout d’une guerre de «label».En conférence de presse postpalmarès, Michael Moore se disait confiant de trouver un distributeur «dans les jours qui viennent» et prévoyait sortir son brûlot début juillet, à l’occasion du week-end de la Fête de l’indépendance américaine.Ce qui laisse peu de temps pour en faire la promotion.Qu’à cela ne tienne, Patrick Roy, d’Alliance, fait valoir que «ce film peut sortir rapidement parce que le travail de promotion est déjà fait.Il n’a pas besoin de bandes-annonces, le fer est déjà chaud».Les festivals comme celui de Cannes ont beau réchauffer la température des films, la plupart des distributeurs jouent de prudence et laissent refroidir avant de remettre sur le feu.Ainsi, il faudra attendre décembre pour voir La Mauvaise Éducation, quinzième opus de Pedro Almodovar, projeté en ouverture cannoise.Fin octobre est la date prévue pour la sortie de Comme une image, d’Agnès Jaoui, lauréate avec son partenaire Jean-Pierre Bacri du prix du scénario.Ces deux films sont distribués par Les Films Séville, dont le président Pierre Brousseau est rentré de Cannes les bras chargés d’acquisitions, d’une valeur globale estimée à un million de dollars.En partenariat avec Capri Films, boîte torontoise avec laquelle Séville vient de signer une entente de réciprocité, le distributeur a rapporté de la Croisette le premier long métrage de Jonathan Caouette, Tarnation, qui a divisé les spectateurs de la Quinzaine.Non ti muovere, le second long métrage de Sergio Castellit-to projeté à la section Un certain regard (avec Penelope Cruz en vedette), nous parviendra depuis la même source, vraisemblablement à l’automne.Remstar a mis la main à Cannes sur The Edukators, suspense politico-amoureux de Hans Weingartner, qui représentait l’Allemagne en compétition officielle.Par l’intermédiaire de Miramax, Alliance distribuera sur nos écrans Carnets de voyage, de Walter Salles, sur le voyage de jeunesse du Che à travers l’Amérique latine.Avant le festival, coproduction oblige, TVA Films avait déjà épinglé sur son tableau le très beau Clean, d’Olivier Assayas, qui a valu à Maggie Il faudra attendre décembre pour voir La Mauvaise Education, quinzième opus de Pedro Almodovar, projeté en ouverture Chung le prix d'interprétation.Christel Films a pour sa part fait l’acquisition de La vie est un miracle, le film-carnaval d’Emir Kusturica qui a divisé la critique au lendemain ,de sa projection en compétition.Egalement au menu de Christel: Brodeuses, le superbe long métrage de la Française Eléonore Faucher, avec Ariane Ascaride en brodeuse endeuillée.Ce film a obtenu le prix de la Semaine de la critique, ex æquo avec Or, de l'Israélienne Keren Yedaya, lauréate de la Caméra d’or et dont K-Films Amérique a fait l’acquisition avant l’annonce de la récompense.Vénus et fleurs, du Français Emmanuel Mouret, «le film le plus applaudi de la Quinzaine», fait également la fierté de Louis Dussault, de K-Films, qui par ailleurs poursuit son association avec le distributeur français MK2, duquel il a obtenu, entre autres trésors restaurés de Buster Keaton, Le Mécano de la générale.Je vous entends vous demander ce qu’il adviendra de 2046, de Wong Kar-wai.A l’heure où j’écris ces lignes, un distributeur qui préfère garder l’anonymat tente d’en faire l’acquisition.Mais le prix demandé est encore exorbitant pour un marché de la dimension du Canada.D faut, dit-il, se méfier des «prix Cannes» et de l’enthousiasme cannois.Même son de cloche chez un concurrent: «Ce qui nous apparaît très gros à Cannes peut se révéler cannoise tout petit une fois de retour à Montréal.» Outre 2046, plusieurs films primés manquent à l’appel.Le Grand Prix du jury, Old Boy, de Park Chan-Wook, ainsi qu’Exils, prix de la mise en scène pour Tony Gatlif, sont encore dans le collimateur.Quant aux très beaux Nobody Knows du Japonais Kore-Eda Hirokazu (Prix d’interprétation masculine à Vagira Yuya) et Tropical Malady du Thaïlandais Apichatpong Weera-sethakul (Prix du jury), mieux vaudra se rabattre sur les FFM et FCMM.?Tous les distributeurs vous le diront: le meilleur moyen d’éviter la flambée des prix consiste à acquérir les films avant leur lancement, souvent quand ils sont encore à l’état de projet ou de scénario.Le marché de Cannes, où les vendeurs de tous les pays du monde se retrouvent, est un lieu fertile en transactions de ce genre.Par exemple, Christel y a fait l’acquisition du prochain Costa-Gavras, Le Couperet, d’après le roman The Ax de Donald Westlake.L'entente pour la distribution de L’Auberge espagnole 2, de Cédric Klapish, a également été scellée à Cannes par Christian Larouche, de Christel, qui avait distribué le premier volet On n’a pas encore vu 5X2, le nouveau long métrage de François Ozon (prévu pour l’automne), que déjà Séville a consolidé à Cannes l’acquisition du suivant, en amorce de tournage: Le temps qui reste, sur les regards croisés de Jeanne Moreau contemplant son passé et Melvil Poupaud contemplant son avenir.Le titre n’est pas sans rappeler celui du prochain André Téchiné, Les temps qui changent, avec Deneuve et Depardieu, dans la manche de TVA Films.Pour le plus grand plaisir de mon ami et collègue André Lavoie, Geneviève Bujold fera sa rentrée française en 2005 dans Mon petit doigt m’a dit, de Pascal Thomas.Dans cette adaptation d’un roman d’Agatha Christie, Bujold donnera la réplique à Catherine Frot, André Dussol-lier et Jean Rochefort.Le film sera distribué au Canada par Christel.Enfin, toujours dans le rayon des Québécoises en exil, Carole Laure devrait sortir son nouveau film, CQ2, à l’automne, par l’intermédiaire de Film Tonie et d’Alliance.Devant la réponse mitigée à Cannes, Patrick Roy prévoit toutefois une «sortie prudente».sfr IfpP L’architecte américain Louis I.Nathaniel.SOURIT MONGREl.MEDIA Kahn est l’objet du film My Architect - A Son's Journey, un documentaire réalisé par son fils Quête du père Entretien avec Nathaniel Kahn, réalisateur de My Architect - A Son’s Journey ANDRÉ LAVOIE L* architecte américain Louis I.r Kahn n’a pas seulement transformé le paysage urbain ou les pratiques de ses collègues au cours de la seconde moitié du XX' siècle.Qualifié de «génie», ayant signé des édifices fie Salk Institute en Californie, le Kimbell Art Museum à Dallas, l’Assemblée nationale du Bangladesh à Dacca) qui résistent au temps et invitent au recueillement, Ihomme a aussi marqué tous ceux qui l’ont côtoyé et aimé.Son fils naturel, Nathaniel Kahn, n’avait que 11 ans au moment de sa mort — dans des circonstances très nébuleuses — en 1974.Non seulement l’a-t-il peu connu, mais celui-ci était partagé entre une épouse, deux concubines et trois enfants issus de chacune de ces unions; les trois familles habitaient à Philadelphie, là où Louis I.Kahn a immigré avec ses parents au début du XX' siècle et passé toute sa vie.Nathaniel, le plus jeune et le seul garçon, voyait parfois son père surgir au milieu de la nuit, lui racontant des histoires passionnantes, pour disparaître aussitôt.Trois décennies plus tard, il a décidé de partir à la recherche de cet être énigmatique dans My Architect - A Son’s Journey, un magnifique documentaire à l’affiche à Montréal au AMC Forum.Même après cinq ans de recherches, de voyages dans le monde et d’échanges avec de grands architectes, certains mystères persistent toujours autour de Louis I.Kahn.«Le plus fascinant, lors du tournage, c'était de découvrir à quel point chaque personne semblait connaître un Louis I.Kahn différent, affirme le réalisateur, joint par téléphone à son domicile à Philadelphie.Même mon point de vue ne peut être parfaitement semblable à celui de ma mère ou de mes deux demi-sœurs.Par contre, comme il s’agit d’une vision très personnelle, je ne pouvais pas m’ériger en biographe officiel.tout en ne cédant pas au style larmoyant du I Miss Papa Story.» Une religion Même si l’homme a disparu depuis longtemps, cette quête du père était possible dans la mesure où l’architecte a fréquenté bon nombre de collaborateurs encore vivants (dont l’architecte canadien Moshe Safdie) et laissé son empreinte un peu partout dans le monde.Sa renommée tardive a d’ailleurs contribué à l’éloigner davantage des siens, mais Nathaniel Kahn a compris que «l’architecture, c’était sa religion», et sa dévotion était sans bornes.Encore aujourd’hui, beaucoup admirent, avec une certaine perplexité, le fait que cet homme d’origine juive ait signé un de ses chefsd’œuvre, l’Assemblée nationale de Dacca, dans un pays musulman.Pour le réalisateur, qui le considère comme un artiste «à l’œil aiguisé et au grand cœur», cet édifice représente de manière éclatante sa véritable conception de l’architecture.«H a prouvé que l’architecture peut changer le monde, souligne Nathaniel Khan.Dacca, c’est la capitale du Bangladesh, un pays musulman et encore très jeune.D’avoir érigé cet édifice imposant dans Tune des régions les plus pauvres de la planète montre bien le côté idéaliste du personnage.» Cette abnégation — Kahn ne verra jamais le résultat final, la construction de ce complexe s’échelonnant sur 23 ans pour se terminer en 1983 — tranche avec sa manière de mener de front trois vies familiales.Dans le film, les femmes qui l’ont aimé arrivent mal à cacher leur amertume.Même la mère de Nathaniel, Harriet Pattison, persiste à croire qu’il allait à tout moment décider de laisser son épouse pour s’installer avec eux; le fils en est moins convaincu.mais accepte finalement de la laisser à ses illusions.Nathaniel Kahn a d’ailleurs constaté la fascination qu’exerçait son père sur les gens qui l’entouraient, surtout chez les femmes, alors qu’il se démarquait d’abord par une voix étrange et un visage balafré à la suite d’un grave accident à l’âge de cinq ans, ce qui lui vaudra une tonne de sobriquets et fera naître en lui un besoin farouche de s’isoler des autres.Plus tard, devant ses élèves, ses collaborateurs ou même les amis de son fils, «il se présentait comme un être chaleureux et passionné», raconte le cinéaste.«Lorsque Ton travaille avec des artistes aussi brillants et dévoués, cela devient une expérience très intense.et les gens tombent amoureux.» Pour le fils, même s’il s’agissait de s’approcher d’un homme mort depuis longtemps déjà, le magnétisme est toujours là, sans pour autant altérer sa vision du passé, ou de l’œuvre dans son ensemble.«Je ne cherchais pas à célébrer le “génie” de l’architecte — c’est difficile d’accoler ce mot à son père! Je ne cache pas ma déception face à certains édifices et mon but était de partir de mon propre regard, de mes impressions, d’être toujours honnête.Je voulais filmer d’un point de vue plus émotif qu’architectural.» Dans My Architect., le cinéaste a pourtant réussi à composer un formidable équilibre entre le journal intime, le tableau de famille et le portrait d’artiste, nous donnant une généreuse perspective d’un être dont l’existence était semblable à son œuvre: complexe, mystérieuse, indéfinissable.À nous maintenant de tomber sous le charme de ce film d’une beauté et d’une sensibilité admirables.Images d’Épinal et musique d’ascenseur LA PENSION DES ÉTRANGES Ecrit, produit et réalisé par Stella Goulet Avec Sophie Dion, Andrée Lachapelle, Huguette Oli-gny, Denise Verville, Didier Lucien, Pierre Cura, Jacques Lussier, Jacques-Henri Grignon.Image: Daniel Guy.Montage: René Caron.Québec, 2003,82 minutes.Au Cinéma Beaubien jusqu’au 3 juin.MARTIN BILODEAU Aussi nobles soient-elles, les valeurs humaines ne peuvent en aucun cas garantir la qualité d’un film.La Pension des étranges, premier long métrage de Stella Goulet en fait la preuve de façon douloureuse.Rarement a-t-on pu voir médium si malmené et message si insignifiant dans sa bienveillance.De fait pas une seule idée de cinéma, ni une seule image de cinéma non plus, n’anime ou ne hisse le scénario didactique de son auteure.Celui-ci est centré sur une galerie intime de rescapés du «troisième âge», logés dans la maison d’une femme at- teinte de la maladie d’Alzheimer (Andrée Lachapelle).Une maison que la fille de celle-ci (Sophie Dion), récemment séparée, a convertie en gîte où elle prodigue soins et bons conseils.Parmi les pensionnaires, on compte une bienheureuse (Huguette Oli-gny) et une malheureuse (Denise Verville), un vieux garçon fragile (Pierre Curzi) et un infirmier réchappé du système de santé (Didier Lucien).Filmé en bétecam numérique, ce qui ajoute à son caractère de «vidéo industriel» (soit dit en passant, Stella Goulet a beaucoup d’expérience dans ce domaine, ceci expliquant cela), La Pension des étranges redéfinit la laideur au ciném?à grands coups d’images d’Épinal et de musique d’ascenseur.De fait, cette comédie sentimentale ressemble à une production pour salles d’attente de CLSC, ou encore à l’émission-pi-lote d’un téléroman pour Canal Vie.Mis à part une petite intrigue, indigne d’un Conte pour tous et que Goulet faufile maladroitement dans son tableau, on y dénombre quantité d’éche-veaux que les ministères (Éduca- tion, Santé, Affaires sociales, etc.) adorent dévider: comment vivre avec l’alzheimer; comment identifier les signes d’abus; comment parler aux gens âgés; comment rétablir la communication mère-fille, etc.Pour un peu, on se serait attendu à voir en médaillon, dans le coin inférieur droit de l’écran, une personne traduisant les dialogues en langage sourd-muet ?CINEMA ?SEMAINE DU 29 MAI AU 4 JUIN 2004 ffc I Les NOUVEAUTES et le CINÉMA en résumé, pages ?46 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?714 dans LAGENDA culturel LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2004 LE DEVOIR «- Tl om a ii u in uj ÉDITH LABBÉ L’essentiel du film Le bonheur c’est une chanson triste, de François Delisle, porte sur la quête d’Anne-Marie, délibérément linéaire et répétitive.Un bout de cinéma fragile et spontané LE BONHEUR C’EST UNE CHANSON TRISTE Ecrit, produit et réalisé par François Delisle.Avec Anne-Marie Cadieux, Miro, Frédérick De Grandpré, Kent MçQuaid, Bou-cad Diouf.Image: Edith Labbé.Montage:Pascale Paroissien.Musique: Eve Cournoyer.Québec, 2004,84 minutes.MARTIN BILODEAU A priori, il y a lieu de s’étonner que Le bonheur c’est une chanson triste soit passé en février dernier entre les mailles des programmateurs du Festival de Cannes.Après tout, et malgré ses quelques maladresses, ce second long métrage de François Delisle (après Ruth) n’a rien d’une quantité négligeable.Cela dit, quand on y regarde de plus près, Le bonheur.fait l’effet d’un film de famille; trop intime, peut-être, pour faire l’objet d’un déculottage surmédiatisé sur la Croisette.Voilà qui n’arrange peut-être pas François Delisle mais qui néanmoins raffermit la promesse d’adhésion des spectateurs à ce petit bout de cinéma fragile et spontané — à l’image de son personnage et de sa proposition, respectivement On ne saura pas grand-chose de l’héroïne centrale du film, campée par Anne-Marie Cadieux, sinon qu’elle (Anne-Marie, c’est son prénom dans le film aussi) baignait dans le monde de la publicité et que, du jour au lendemain, elle a tout plaqué pour un avenir incertain.Cette incertitude, la belle oisive la projette pour l’instant dans un projet étrange, tour à tour généreux et égocentrique, consistant à capter sur une petite caméra numérique trouvée dans la rue la définition du bonheur des passants qu’elle aborde spontanément au gré de ses déambulations dans un Montréal engourdi par la canicule.Des masques tombent, d’autres pas, selon que ses interlocuteurs se composent ou se décomposent sous l’assaut.L’essentiel du film porte sur la quête d’Anne-Marie, délibérément linéaire et répétitive (du moins dans le traitement), alors que quelques flash-back délicatement intercalés viennent nous éclairer sur son passé d’ouvrière du bonheur préfabriqué (la pub).Son intrusion tient-elle de la fuite d’elle-même ou de la démarche introspective?François Delisle reste am bigu sur cette question et, pour forcer l’épreuve, fait dire à son personnage qu’il «faut y aller dans le sens du partage, même si finalement je n’ai rien à leur donner».Film sur l’apprentissage du nihilisme et de la dépossession au sens où Paul Auster l’exploite dans à peu près tous ses romans (Anne-Marie passe de squatteuse à itinérante), Le bonheur.coule de source, grâce entre autres au jeu d’Anne-Marie Cadieux, qui apporte texture et épaisseur à chacune des scènes, légèreté et détermination à chacun de ses gestes.Une actri- AkCHIVES le devoir ce moins douée aurait rendu monotone et lisse ce road-movie dans la ville.Cadieux le rend palpitant et périlleux, en se mettant en danger et en courant le risque qu’on se détache d’elle.A travers cette démarche d’abandon contrôlé, dont il épouse les contours avec sa caméra (en forçant inutilement sur le gros plan), Delisle veut illustrer l’urgence de sa proposition.Or c’est surtout la clandestinité de ses images qui nous frappe, et les sentiments voisins que celle-ci communique: la spontanéité de la démarche, la valeur d’esquisse du film, la liberté d’action et de parole, etc.Malgré une conclusion bancale — sur une promesse amoureuse qui, malgré sa discrétion, paraît réductrice à la lumière de ce qui l’a précédée —, on reste devant ce film avec l’impression entêtante et séduisante d’un film qui parle de «nous» au «je».Anne-Marie tient à la fois du personnage, avec son bagage, et de la page blanche sur laquelle les spectateurs inscrivent leurs propres données biographiques.Dans un contexte où la majorité des films formulent des questions faciles et des réponses toutes faites, dans un monde, aussi, où le bonheur est trop souvent défini dans des termes de «réussite sociale», les doutes, les craintes et les incertitudes de François Delisle font un bien fou.Le disciple de Kierkegaard NOI ALBINOI Réalisation et scénario: Dagur Kari.Avec Tomas Lemarquis, Thrôstur Léo Gunnarsson, Elin Hansdottir, Anna Fridriksdottir.Image: Rasmus Videbaek.Montage: Daniel Dencik.Musique: Slowblow.Islande, 2003,92 min.(Version originale avec sous-titres anglais.) ANDRÉ LAVOIE Le givre ne recouvre pas que les fenêtres des maisons préfabriquées du village islandais où le pauvre Noi (Tomas Lemarquis) est condamné à errer.Tout apparaît pétrifié par le froid, le paysage mais aussi l’âme des personnages du premier film de Dagur Kari, Noi Albinoi.Au milieu de toute cette neige, dans ce lieu coincé entre la montagne et la mer, Noi ne sait plus quoi faire, ni inventer, pour tromper son ennui.Pourtant, le jeune homme, avec ses airs de rebelle sans cause, affiche une intelligence supérieure, manipulant avec habileté un cube Rubik tout en répondant, vaguement, aux questions d’un psychiatre, gagnant à tout coup lorsqu’il trafique discrètement une machine à sous.Il n’a pas la même présence d’esprit en classe, ne faisant preuve d’aucune subtilité pour montrer qu’il aimerait se voir ailleurs.Et ça lui prend parfois le son assourdissant du fiisil de chasse de sa grand-mère pour qu’il daigne se lever.En visite chez Oskar (Hjalti Ro-gnvaldsson), le libraire du coin et le père d’iris (Elin Hansdottir), ceÛe qui va brièvement le sortir de sa torpeur adolescente, Noi écoute avec délice quelques extraits d’un livre de Kierkegaard, com- me s’il s’adressait directement à lui, l’individualiste forcené, pour le rassurer sur son existence dérisoire, sans but et farcie de contradictions.Et le théologien danois aurait sûrement trouvé un terrain fertile à ses idées sur cette vaste étendue de neige, de glace et de désolation, donnant l’impression que la capitale, Reykjavik, est située au bout du monde alors qu’en Islande, on s’y trouve déjà.Si Noi se présente comme une sorte de disciple de Kierkegaard, Dagur Kari semble vouloir marcher dans les pas d’Aki Kaurisma-ki, accordant toute son attention aux plus démunis, ceux dont les tragédies nous font rire, pourvus d’un humour qu’eux seuls sont parfois capables de comprendre.Constamment en porte-à-faux avec son entourage, réfractaire à l’autorité tout en contestant de façon ambivalente (il refuse d’aller à ses cours mais demande à un camarade de les enregistrer, le magnétophone certifiant sa présence.), cet antihéros au crâne rasé et d’une pâleur toute nordique semble vouloir vivre jusqu’au bout son nihilisme.Cette démonstration, aussi poétique et philosophique soit-elle, se perd parfois dans l’immensité du paysage, Dagur Kari cherchant davantage à saisir une atmosphère de désillusions, un climat mélancolique, qu’à suivre avec rigueur le cheminement chaotique de son personnage.Imprégné de ce sentiment de profonde résignation, le récit s’achève dans un fracas absurde que rien n’annonçait, si ce n’est la première scène du film, évoquant le caractère implacable de ce lieu évoluant en marge du temps.Noi Albinoi affiche aussi cet insaisissable décalage.Et ce n’est pas toujours sa plus grande qualité.SOURCE CINEMA DU PARC Noi Albinoi, de Dagur Kari, aussi poétique et philosophique soit-il, se perd parfois dans l’immensité du paysage.Le réalisateur François Delisle.?Montreal Gazttta.« Renversant d'humanité i» DEPUIS QU’OTAR EST PARTI JUUE SERTUCCOU A L’AFFICHE! iX.[ÜFomf^-71 VERSON 0AIQMAU AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS [CINÉMA __-1 1 tm,awMtmnE rtiawo| [ EJKWTWS manu» | la Pemfiom de* étrange* Un film de STELLA G0UI ’*!¦ I r A L AFFICHE 3 EM EXCEUSIVITÉ /XII Sms 53/12 ptésenlervi Anne-Marie Cadieux dans un film écrit réalisé et produit par François Delisle le bonheur c'est une chanson triste Anne-Maris Cadieux Miro FédOrick De Grandpré Kent McQuad Bouc» Dtout Luc Proutx Micholino UnclOI Marie Brassard Jeanne Gone! Lavgne DanlsTrudei StéphanKrau Mireille Nagg» Marco Ledezme Frédéric Giles Barbare Ulrich Richard WMe • imaoea Edith Labbé caméra François Delisle son Marcel Choumard d rwcton artistique Éric Bernard montase Pascale Paroissien musique originale Eve Cournoyer production déléguée JocoHne Gonest lèbonheurcestunechansontriste.com A g Telefilm Canada Québec SS A caoneeaM ù.irfaSu*’* CanatB •’“’—g- %SS.^c—*¦ H Æ.O EïïïïÆ MAINTENANT A L'AFFICHE l—CINÉPLEX OOÉON—i IqUARTIER LATIN ?| roi.tMi «Mt-UOTIM.MJ C INEMA PA R AL L 3 L E r
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