Le devoir, 7 juillet 2008, Cahier B
LE DEVOIR, LE LU N D l' I L L E T 2 0 0 8 OC O r\.¦» i».^ |gig T*r SPORTS Lewis Hamilton reprend la tète du championnat À Page B 4 U FESTIVAL DE JAZZ Le bilan de nos journalistes Page B 8 MONDE Le diable et la madone François o v ::Æ Brousseau stï1» n politique internationale, les deux vedettes de la semaine écoulée sont aux extrêmes de la perception médiatique, entre le coup de cœur et le dégoût, entre la douceur et la violence.entre le blanc et le noir.Quelques heures après la fin d’une sanglante farce électorale, le dictateur du Zimbabwe a réussi à se faire applaudir par plusieurs de ses pairs, lors d’un sommet en Egypte.Vaste haut-le-cœur dans le reste du monde.et aussi dans une bonne partie de l’Afrique elle-même.C’était lundi dernier.Quarante-huit heures plus tard, les services secrets de la Colombie ont sorti de leur chapeau Ingrid Betancourt, la plus célèbre otage du monde, que l’on croyait presque morte au fond de la jungle andine et que l’on a retrouvée presque aussi fraîche et pimpante que la veille de son enlevement 2321 jours plus tôt Joie, effusions, coups de cœur sur au moins trois continents.C’était mercredi.Mais une fois qu’on a exprimé son dégoût devant Robert Mugabe et son admiration devant Ingrid Betancourt on n’a pas tout dit Loin de là.?Difficile de ne pas être ému devant cette femme forte, volontaire, et ses merveilleux enfants, la fine fleur de Paris et de Bogota.même si cette divorcée au chapelet voyant qui a demandé une audience au pape, arbore une piété bien «latino» qui pourra agacer.Et puis, elle en a «beurré épais» lorsqu’elle a multiplié louanges et remerciements à l'intention d’un Nicolas Sarkozy qui n’en attendait ni n’en méritait pas tant.Mais des questions plus importantes restent en suspens dans cette affaire.D’abord: tout s’est-il vraiment passé, ce 2 juillet comme les dirigeants colombiens nous l’ont dit?Avec ces guérilleros abusés, épuisés — dirons-nous: naïfs?— qui croyaient à un simple transfert de prisonniers et qui, voyant arriver cet hélicoptère camouflé, sont montés docilement pour aller s’y faire cueillir.Trop facile, trop beau pour être vrai, selon certains.La Radio suisse romande, vendredi, a apporté de l’eau au moulin des sceptiques, avec une autre version: à savoir que, oui, les guérilleros des PARC sont peut-être épuisés et désorganisés, mais il a quand même fallu en soudoyer certains, arroser quelques millions (20 millions, d’origine états-unienne, selon la RSR), pour que cet épisode à la James Bond puisse fonctionner.Bien entendu, démentis à Bogota et à Washington.Plus fondamental: la libération d’Ingrid Betancourt ouvrira-t-elle la porte, enfin, à un déblocage général de la crise andine, avec ces guérillas (les PARC, mais aussi l’Armée de libération nationale, ELN) et ces milices d’extrême droite qui ont persisté jusqu’à ce jour?On peut espérer que l’affaiblissement décisif des PARC permettra d’entrevoir un XXI' siècle latino-américain débarrassé de ces bizarres survivances du XXe.Même si le prix en sera peut-être la persistance de «caudillos» à la Alvaro Uribe qui se mettent soudain — défiant l’ordre constitutionnel de leur pays — à rêver d’un troisième mandat consécutif.?Robert Mugabe, non, tu n’es pas seul, mon vieux! La moitié de l’Afrique est avec toi! Enfin, la moitié de l’Afrique.la moitié des dirigeants africains, tels qu’on a pu les voir assemblés dans un palace de Charm el-Cheikh, en Égypte la semaine dernière, qui accueillaient chaleureusement leur collègue «réélu» par les machettes et les coups de bâton.S’il est vrai que ce terrible épisode au Zimbabwe est une caricature, un cas extrême, force est de constater que Mugabe a beaucoup de cousins sur le continent noir, des cousins parfois fort ressemblants, mais qui n’essuient pas le même opprobre mondial.Auteur d’un hommage appuyé, lundi dernier, à Mugabe, Omar Bongo est le président du Gabon depuis 1967.l’année de l’Expo! Son maintien au pouvoir n’est pas plus démocratique que celui du Libyen Mopammar al-Kadhafi (1969), reçu en grande pompe à l’Élysée en 2007, ou que celui de José Eduardo Dos Santos en Angola (1979), ex-stalinien reconverti dans l’affairisme pétrolier.Heureusement, une autre Afrique essaie de faire pièce à cette Afrique des présidents à vie, des comptes en Suisse et des appartements à Paris, cette Afrique qui ne peut pas dénoncer Mugabe sans se trahir elle-même.Cette nouvelle Afrique porte des noms moins connus: ceux du Malien Amadou Toumani Touré, élu en 2002, du Namibien Hifikepunye Pohamba, élu en 2005, de John Kufuor, président du Ghana depuis 2000.Des leaders vraiment élus, qui ne considèrent pas les coffres de l’État comme un trésor personnel.Et qui, surtout n’étouffent pas la société civile lorsqu’elle essaie, comme au Zimbabwe, d’avancer ses revendications.Sur ce chemin nouveau, il y a un pays qu’on attend avant tous les autres: l’Afrique du Sud, qui s’est pourtant montrée hésitante dans l’affaire du Zimbabwe.mais qui, espérons-le, ne perdra pas le nord.?Cette chronique fait relâche pour l’été.Elle reprendra le 25 août prochain.Bon été au Devoir el à ses lecteurs! Et surtout ne désespérez pas du monde.François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada.Il sera de retour le 25 août à l'émission Désautels à la Première Chaîne radio et dans le site www.radio-canacla.ca/nouvelles/carnets.«La liberté est pour très bientôt» Ingrid Betancourt envoie un message d’espoir aux autres otages Bogota — la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, libre depuis mercredi, a adressé hier depuis Paris un message de soutien aux otages encore détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC) et a annoncé à ses compatriotes qu’elle renonçait à une marche à Bogota, sa famille redoutant un attentat En direct au micro de la radio colombienne Cara-col, Ingrid Betancourt s’est engagée à travailler sans relâche pour la libération de ses compagnons d’infortune, toujours retenus par les PARC.«A ceux qui sont dans la jungle, qui restent là-bas, regardez, vous savez que, lorsque je m’engage à quelque chose, je le fais vraiment: pas une seconde, je ne vais cesser de plaider pour votre liberté et d’établir des canaux de communication avec les PARC et avec les pays que nous pouvons mobiliser afin que vous puissiez revenir rapidement.Je le fais déjà et je continuerai à le faire.» «Je sais que la liberté est pour très bientôt», at-elle déclaré aux 24 otages dits «politiques» et à plus de 700 autres toujours aux mains de la guérilla colombienne.Ingrid Betancourt libérée mercredi en même temps que 14 autres otages par l’armée colombienne, s’est exprimée depuis l’hôtel à Paris où elle séjourne avec sa famille, dans le programme « Voces del secuestro» (Les voix des otages) que les captifs peuvent écouter de minuit à cinq heures du matin.L’ancienne captive sait l’importance de tels messages pour le moral des otages, élit-même ayant écouté chaque jour, pendant les six ans et quatre mois de sa captivité, ceux que lui a transmis sa mère, Yolanda Pulecio.«Je sais que ceux qui m'écoutent actuellement sont heureux mais attendent également d'entendre leurs familles.Je me souviens comment cela nous arrivait à nous dans la jungle», a-t-elle souligné.Ingrid Betancourt le président français, Nicolas Sarkozy, «s’est engagé publiquement à poursuivre la lutte pour tous les otages encore dans la jungle», leur a-t-elle affirmé, ajoutant à cet égard quelle avait également eq un entretien avec l’émissaire du chef de l’Etat français, Noël Saez.«J'ai déjà parlé avec l'émissaire, celui qui à 25 reprises est venu se battre pour nous, qui a rencontre Raul Reyes ll’ex-numéro deux des PARC, tué par l’armée colombienne le 1" mai-s en Equateur), qui se dit déjà prêt, le président Sarkozy lui a déjà donné l’ordre de retourner [en Colombie) et de prendre contact» à nouveau avec la guérilla, a précisé Mme Betancourt.Emue, Ingrid Betancourt a ajouté que le gouvernement fiançais lui avait promis d’accorder VOIR PAGE B 2: BETANCOURT À l’OMBRE DES BOUDDHAS ¦I tÇ- Pi, ¦ îlfefe Tr'*-.' '.J .j *ÊÿÊ i vf Z* V ** ‘SK* *;&'**>** * •i- ' L«- X üüHBw - -nr?* \ i|JC& ^ 'Zmé SHAH MARAI AC» K NC E FRANCE-PRESSE ÀBÂMYÂN, un gamin ajghan est passé hier sur son âne devant la niche où se tenait une immense sculpture d'un bouddha détruite par les talibans il y a quelques années.Les bouddhas de Bâmyân étaient monumentaux, excavés dans la paroi de la falaise située au centre de l’Afghanistan.Le site entier est classé au patrimoine mondial de (’UNESCO.Des équipes de scientifiques tentent actuellement de consolider les parois et de réparer les dommages causés par les talibans.Plusieurs fouilles archéologiques sont en cours dans cette région.Irak: Obama cherche un équilibre pour le retrait STEPHEN COLLINSON ashington — Barack Obama, VV le prétendant démocrate à la Maison-Blanche qui a promis, pendant la campagne des primaires, un retrait des troupes présentes en Irak, est à la recherche d’un subtil équilibre sur ce dossier et s’est fortement exposé aux critiques en semblant vouloir tempérer sa position.Mis sous pression par les républicains, qui l'accusent de vouloir abandonner la partie en Irak alors que plus de 4000 soldats américains y ont perdu la vie et que des centaines de milliards de dollars y ont été investis, Obama a voulu contrer leurs attaques.Jeudi, lors d’un déplacement dans le Dakota du Nord, il a déclaré à des journalistes: «Quand j’irai en Irak et que j’aurai la possibilité de parier avec des commandants sur le terrain [.], ;è continuerai à affiner ma politique.» Le sénateur de lHlinois, qui doit se rendre en Irak prochainement, a ajouté: «J’ai toujours dit que le rythme du retrait serait dicté par la sécurité de nos troupes et le besoin de maintenir la stabilité.» Les médias ont largement fait écho à cette remarque, qui a suscité de vives critiques dans le camp républicain, notamment dans l’équipe de son rival républicain, I 1 • ¦ MATT Sta.UVAN REUTERS Barack Obama est-il en train de tourner le dos à ses promesses?John McCain, et qui l’a obligé à rapidement convoquer une deuxième conférence de presse où il a semblé faire machine arrière.«Je n ’ai pas vu d’informations qui contrediraient l’idée de ramener nos troupes en toute sécurité au rythme d’une ou deux brigades par mois», a alors déclaré M.Obama.«Dès mon entrée en fonction, je convierai le chef d’état-major et je lui donnerai une nouvelle mission, celle de terminer la guerre», a-t-il dit Obama a dit, pendant la campagne, vouloir retirer la plupart des brigades de combat dans un délai de 16 mois, laissant sur place des hommes pour protéger l’ambassade américaine.Les républicains ont rapidement réagi en le qualifiant d’inexpérimenté et en estimant qu’il était prêt à tourner sa veste pour gagner des voix.VOIR PAGE B 2: OBAMA Nouvelles pressions sur Mugabe T ohannesburg — David Miliband, le chef de la di-J plomatie britannique, est arrivé hier en Afrique du Sud pour des entretiens consacrés à la crise zim-babwéenne, Londres réaffichant son opposition à la formation d'un gouvernement qui permettrait à Robert Mugabe de rester au pouvoir.À son arrivée, M.Miliband a déclaré que «le régime de Mugabe n’est pas une représentation légitime de la volonté du peuple du Zimbabwe».la crise qui touche ce pays est en train «d'atteindre l’ensemble du sud de l’Afrique et c’est la tragédie orchestrée par un homme au sommet du régime zimbabwéen», a déclaré M.Miliband, cité par la BBC.«Il est impératif que le gouvernement qui sera formé respecte les résultats [des élections] du 29 mars au Zimbabwe», a-t-il dit Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), était arrivé en tête après le premier tour du scrutin, le 29 mars.«h est très important que soit établi un gouvernement de transition comme l’a souhaité une partie de la population, (.] et reflétant les résultats des élections du 29 mars», a-t-il déclaré à des journalistes.M.Miliband, qui effectue une visite de quatre jours en Afrique du Sud, s’entretiendra de la crise zimbabwéenne avec Nkosazan Dlamini Zuma, son homologue sud-afrv afin, ont annoncé les autorités sud-africaines.Il doit également participer au huitième Forum bilatéral Afrique du Sud-Royaume-Uni, prévu à Pretoria mercredi prochain, a précisé le ministère sud-africain des Affaires étrangères.Ce forum devrait évoquer «les conclusions du dernier sommet de l’Union africaine (UA) en rgypte, y compris le Zimbabwe», poursuit le ministère.VOIR PAGE B 2: MUGABE LE DEVOIR.LE L U X D I 7 J T I L L E T 2008 B 2 LE MONDE BETANCOURT SUITE DE LA PAGE B 1 des visas et des facilités aux exotages qui souhaiteraient venir étudier en France.«Nous avons l'engagement de la France pour que ceux qui veulent venir faire des études puissent le faire», a-t-elle dit En revanche, Mme Betancourt, qui avait garanti jeudi à ses compatriotes qu’elle participerait «comme un soldat supplémentaire» à une marche pour les otages, prévue le 20 juillet à Bogotâ, a annoncé que sa famille s’y opposait, par crainte d’un attentat «Us m’ont demandé de prendre en compte leur avis sur ma vie, car ils estiment en avoir le droit après avoir lutté tant d’années, alors que nous sommes enfin réunis, ils ne voudraient pas qu’un attentat soudain ou que quelque chose fasse que tout ce que nous sommes finalement en train d'éprouver ne vole en éclats à un moment donné», a-t-elle en outre expliqué.Aujourd’hui, Ingrid Betancourt s’adressera à nouveau à ses anciens compagnons sur l’antenne en espagnol de Radio-France internationale.Agence France-Presse MUGABE SUITE DE LA PAGE B 1 • Les leaders africains ont lancé mardi dernier un appel au dialogue entre les deux partis rivaux au Zimbabwe, en vue de former un gouvernement d’unité nationale après la réélection largement contestée du président Robert Mugabe, seul candidat au scrutin du 27 juin.Le sommet de l’UA a «encouragé Robert Mugabe et Morgan Tsvangi-rai à amorcer le dialogue pour promouvoir la paix et la stabilité».Face aux pressions des Occidentaux exigeant des sanctions contre Robert Mugabe, l’UA a décidé de soutenir les appels de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour la formation d’un gouvernement d’unité nationale au Zimbabwe.Londres a indiqué que Robert Mugabe ne devait participer à aucun accord sur un partage du pouvoir avec l’opposition si le pays compte recevoir une aide économique du Royaume-Uni.Thabo Mbeki, le président sud-africain et médiateur de l’Afrique australe au Zimbabwe, a rencontré samedi M.Mugabe pour la première fois depuis sa dernière réélection.Mais Morgan Tsvangirai a refusé de rencontrer M.Mbeki.M.Tsvangirai, qui s’est retiré le mois dernier de la course à l’élection présidentielle, a rejeté l’idée d’un gouvernement d'unité nationale et demande la mise en place d’une autorité de transition qui rédigerait une nouvelle Constitution avant l'organisation de nouvelles élections.Le Forum Afrique du Sud-Royaume-Uni doit par ailleurs aborder les questions d’immigration, le partenariat économique, l’issue du sommet du G8 au Japon, le prochain sommet entre l'Afrique du Sud et l’Union européenne en France, ainsi que la paix, la sécurité et la résolution des conflits en Afrique.Lors d’une visite effectuée hier à des réfugiés zimbabwéens, M.Miliband a déclaré qu’il avait vu «le prix humain et le visage de la catastrophe en cours au Zimbabwe».Il a exhorté la communauté internationale à soutenir la prochaine résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Zimbabwe.«La communauté internationale doit soutenir la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui sera discutée dans les prochains jours à New York», a-t-il déclaré à la BBC.Agence France-Presse OBAMA SUITE DE LA PAGE B 2 «L’exercice de funambule que doit faire Obama est de rester fidèle à son message, de continuer à associer John McCain à la guerre en Irak, tout en faisant un pas en arrière par rapport à ses déclarations les plus fortes sur son désir de procéder à un retrait», analyse Justin Logan, expert au Cato Institute à Washington.La marge de manœuvre est très étroite et Obama, en se défendant d’avoir changer de position sur l’Irak, alors que, selon un sondage de la chaîne de télévision CNN, 68 % des Américains sont désonnais opposés à la guerre, n’est pas pour autant à l’abri des assauts du camp McCain.«Si réellement il va en Irak et que, quoi qu'il voie, il ne change pas d’avis, alors pourquoi y va-t-il?», s’est interrogé un porte-parole de M.McCain, Brian Rogers.«Si c’est juste pour dire qu ’il l'a fait, alors cela relève d’une manière cynique de faire de la politique, ce dont les Américains sont las», a ajouté M.Rogers.John McCain n’est pas pour autant à l’aise au sujet de l’Irak.Critique de la stratégie américaine au début du conflit, le sénateur de l’Arizona est devenu un défenseur du renfort des troupes mis en place à partir du début de 2007.«Nous avons eu un gouvernement Bush et maintenant un John McCain avec une théorie affirmant que nous resterons indéfiniment en Irak et qu un jour peut-être les Irakiens vont se réveiller et décider qu 'ils sont prêts à composer avec leurs différences et à se réconcilier», a commenté Susan Rice, la principale conseillère de Barack Obama en politique étrangère.«Barack Obama pense que cela fait cinq ans que ça ne marche pas et qu’en plus ce n’est pas viable», a ajouté Susan Rice.Agence France-Presse Une libération qui fait jaser.FRANÇOIS GU1U.0T AGENCE FRANCE-PRESSE Ingrid Betancourt a dîné hier en compagnie de l’ancien premier ministre français, Dominique de Villepin.MICHEL TAILLE Bogota — Jour après jour, les autorités colombiennes dévoilent de nouveaux détails sur l’opération qui a permis la libération de 15 otages dont Ingrid Betancourt, mercredi dernier.Histoire de tordre le cou aux rumeurs sur une possible «entente» entre Bogota et les PARC.Décryptage.¦ Y a-t-U eu un paiement pour acheter la libération d’Ingrid Betancourt?Vendredi, la Radio suisse romande (RSR) a évoqué le versement de 20 millions de dollars au chef de la troupe des ravisseurs, «César», pour se livrer avec les otages.Plutôt qu’une rançon, il pourrait s’agir d’une récompense aux déserteurs, prévue par le gouvernement colombien: un fonds de 100 millions de dollars a été créé pour ceux qui aideraient à libérer des otages.Le président Alvaro Uribe lui-même avait parlé, ces dernières semaines, de guérilleros prêts à se rendre avec des otages, «dont Ingrid Betancourt», contre certaines garanties.Selon plusieurs sources, c’est «Doris Adriana», la compagne de «César», arrêtée en février lors d’une opération conjointe menée avec le FBI, qui aurait aidé à le retourner.Les autorités ont catégoriquement démenti et ont nié avoir versé «un seul centime» — iipitées ensuite par la France et les Etats-Unis.«Cela nous serait revenu moins cher», a lâché le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos.D a divulgué des extraits d’une vidéo de l’opération, filmée par des agents qui se faisaient passer pour des journalistes.On y voit un César sûr de lui, qui évite les questions des feux reporters en utilisant l’habituelle langue de bois des PARC.H a, depuis, été présenté à un juge colombien, le visage tuméfié — résultat de sa «neutralisation» par les militaires.Son avocat rapporte qu’il a reconnu avoir été «effectivement trompé par l’armée, car il pensait avoir affaire à une mission humanitaire internationale».Ce n’est donc pas lui qui aurait été «retourné».¦ Comment auraient été abusés les guérilleros?D’après les explications des militaires, l’infiltration du groupe des ravisseurs a débuté il y a plusieurs mois.Les services secrets colombiens ont profité de l’expérience et de la technologie des Etats-Unis et de «conseillers militaires» privés israéliens, ex-officiers de renseignement recrutés l’an dernier.C’est, ap- paremment, grâce à leurs services et à un effort militaire accru que les Colombiens ont pu briser les communications entre les différents fronts des PARC, isoler certains commandants de leurs troupes et infiltrer le groupe des gardiens.Selon Santos, un retourné, «motivé par la vengeance et pas par l’argent», aurait aidé un agent à se feire passer pour l’émissaire de Jorge Briceno, un des sept plus hauts commandants des PARC et chef direct de «César».Alors que Briceno fuyait des bombardements de l’armée, c’est lui qui aurait feit passer le faux ordre de rassembler les 15 otages, pour les déplacer en lieu sûr «grâce à un contact extraordinaire» avec une ONG étrangère — montée de toutes pièces par les services secrets.Pour inspirer confiance aux ravisseurs, les détails du transfert ont été imités de l’opération de libération volontaire de six otages, remis par les PARC aux autorités vénézuéliennes en janvier et février, l’hélicoptère de fabrication russe était du même type et une femme aurait été ajoutée au sein de l’équipage au dernier moment ¦ Que peuvent espérer les derniers otages?Outre des centaines de personnes enlevées contre rançon, il reste 25 otages politiques et militaires — certains depuis dix ans et demi — que les FARC veulent échanger contre leurs combattants prisonniers.La guérilla n’avait toujours pas réagi, hier après-midi, au coup dur quelle vient de subir.Les autorités ont annoncé avoir saisi une tonne d’explosifs à Bogotâ, qu’elle aurait acheminés «en représailles», mais les FARC n’ont jamais réussi à préparer une opération de cette envergure en si peu de temps.Les familles des derniers otages craignent que la communauté internationale ne les abandonne, maintenant qulngrid Betancourt a été libérée.Lavoie négociée semble d’autant plus lointaine que le torchon brûle entre Bogotâ et les médiateurs européens.Le gouvernement colombien voit dans les accusations de la RSR, la ’jalousie» de l’émissaire genevois Jean-Pierre Gontard, qui essaie depuis des années de rapprocher les parties, avec son homologue français Noël Saez.«Ce monsieur devra expliquer pourquoi il apparaît dans des communications [de la guérilla] comme le porteur de 500 000 dollars des FARC», a même accusé Juan Manuel Santos.Le négociateur se disait hier «tout à fait tranquille».Libération Un troisième mandat pour Uribe?FRANK BAJAK Bogotâ — C’est l’heure du triomphe pour Alvaro Uribe.Le coup de maître qu’a été la libération de 15 otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, relance l'hypothèse d’une nouvelle candidature à l’élection présidentielle du chef de l’Etat colombien.Cherchera-t-il en effet à nouveau à modifier la Constitution, réitérant la manœuvre qui a permis une première réélection, pour être candidat en 2010?L’homme reste, pour l’heure, évasif.Aussi frêle et aussi petit qu’il est avare en sourires, Alvaro IJribe est d’une ténacité inépuisable.À 56 ans, celui qui était déjà extrêmement populaire pour les résultats enregistrés contre la guérilla frise désormais des sommets.La veille de la libération des otages, sa cote de popularité était à 73 %, selon un sondage Napoleon Franco effectué pour le quotidien El Espectador.Le lendemain de l’opération dans la jungle, elle avait grimpé à 91 %, selon le même institut qui a réinterrogé le même groupe de 1200 personnes dans 11 villes du pays.Mais Uribe, qui a fêté ses 56 ans vendredi, reste évasif sur la question de 2010.Les opposants à une troisième candidature avancent que cela le mettrait dans la même catégorie que son rival honni, le Vénézuélien Hugo Châvez, spécialiste du remaniement constitutionnel pour se rapprocher de la présidence à vie.«L’approche audacieuse et volontariste d’Uribe a fonctionné, mais il peut y avoir un renversement s’il va trop loin dans la concentration du pouvoir entre ses mains.Ilya de quoi s’inquiéter», estime Michael Shifter, analyste au Dialogue in- teraméricain, un centre de réflexion indépendant.En tout cas, le choc de cette audacieuse libération éclipse, au moins pour l’instant, les questions sur la légitimité de la réélection d’Uribe en 2006.Jeudi, au lendemain du sauvetage, la Cour constitutionnelle a débouté la Cour suprême, qui réclamait un réexamen du processus législatif suivi en 2005, qui avait permis cette réélection.Le 26 juin, la Cour suprême avait en effet conclu que l’entourage du président avait fait pression sur une élue pour qu’elle fasse pencher la balance du bon côté, à l’heure du vote autorisant le président à briguer un second mandat.Furieux, Uribe, qui réfute avoir quoi que ce soit à se reprocher, avait dors immédiatement — impétueusement, selon certams — annoncé qu’il soumettrait à un référendum la question de la légitimité de sa réélection.Le président est en conflit depuis longtemps déjà avec la Cour suprême, qui s’est attaquée à nombre de ses proches, y compris un de ses cousins, dans le scandale, dit «parapoliticos», de la collusion présumée entre des élus et les escadrons de la mort paramilitaires.Un élu colombien sur dix est derrière les barreaux dans le cadre de ce scandale qui, étonnamment, n’a guère eu de répercussions sur la réputation d’Uribe.Selon les analystes, le président à la triste figure, marqué par un «acte fondateur», l’assassinat en 1983 de son père, éleveur, par les FARC lors d’une tentative d’enlèvement qui avait mal tourné, ne chercherait pas tant à se maintenir lui-même au pouvoir qu’à préserver ce qu’on nomme désormais l'«uribisme», ce mélange de libéralisme économique et de politique de la ur publication section décès «r°l I necrologieôlememorte! com I 2190, rue Mont-Royal Est I Montréal (Québecl H?M 1K3 (5*4) 525-1X49 Télécopieur : Csul $25-7999 I www.lememoriel.C01n gw mémorl Tou» le» jour» d» 10 h je à 18 N’|o Hamelin, André 1932-2008 A Montréal, le 4 juillet 2008, est décédé, à l'âge de 76 ans, M.André Hamelin.réalisateur retraité de la société Radio-Canada.Il laisse dans le deuil sa femme Madeleine (née Boucher), ses fils François, Michel (Courtney Nugent) et Stéphane (Sylvie Boucher), deux petites-filles, Camille et Sophie, sa sœur Marie-Paul, son frère Jean-Pierre (Madeleine Sauvageau), ainsi que plusieurs belles-sœurs et beaux-frères, nièces et neveux des familles Hamelin et Boucher, Il laisse également dans le deuil de nombreux amis, dont la présence jusqu'à la fin fut grandement appréciée, ainsi que d'anciens collègues de Radio-Canada où il a travaillé pendant 37 ans.Vous êtes invités à vous joindre à la famille ce mercredi 9 juillet 2008, de 10 h 30 à midi et de 13 à 15 heures, au Complexe funéraire : MAGNUS POIRIER Complexe Sherbrooke 6825, rue Sherbrooke Esf Montréal F T; 514 727-2847 www.magnuspolrier.com Suivra à 15 heures une cérémonie pour commémorer la vie et les réalisations d'André.Au lieu de fleurs, des donations à la Société Parkinson du Québec seraient appréciées LE DEVOIR.LE LUNDI JUILLET 2 O O S B B J Israël rouvre le passage vers Gaza ¦____________; Wmm •vr,'.À'r»' Vissai .- .- •* k* ¦ ## IBRAHEEM ABU MUSTAFA REUTERS ISRAEL a rouvert hier trois points de passage avec la Bande de Gaza, permettant le passage de camions de vivres (dont des melons d'eau), d’essence et de ciment.Les Palestiniens devant se faire soigner ont également été autorisés à entrer en Israël, La dernière fermeture des points de passage d’Erez, Soufa et Na-hal Oz remontait à vendredi, en riposte à des tirs de roquettes palestiniennes depuis le territoire, nouvelle violation de la trêve entre Israël et le Hamas signée le 19 juin sous médiation égyptienne.Rencontre Syrie-Palestine Al-Assad appelle à Funité des Palestiniens Damas — Le président syrien, Béchir al-Assad, a appelé hier au déploiement de tous les efforts pour arriver à «l'unité des rangs palestiniens», lors d’une rencontre avec son homologue palestinien.Mahmoud Abbas, en visite à Damas, selon l’agence officielle Sana.M.Assad a souligné «la nécessité de déployer tous les efforts pour réaliser l'unité des rangs palestiniens, seul chemin pour récupérer les droits, notamment l’édification d'un Etat palestinien indépendant avec Jerusalem pour capitale», a précisé Sana.M.Abbas a sdue, pour sa ivu t, «le nUe de la Syrie (bins le renforcement de la solidarité arabe, la réunification des Palestiniens et l’appui aux causes justes palestiniennes».MM.Assad et Abbas ont évoqué «le processus de paix et Us développements régionaux» lors d’une rencontre élargie ensuite aux delegations syrienne et palestinienne.A son arrivée à l’aéroport de Damas, M.Abbas a déclaré qu’il examinerait avec M.Assad les «négociations de paix avec Israël, la trêve [entre Israël et le Hamas] et l’initiative palestinienne pour l'unité nationale».Après un gel de huit ans, Israël et la Syrie ont repris des négociations de paix indirectes, sous l’égide de la Turquie.Damas exige, contre la paix, la restitution intégrale du plateau du Golan conquis par l’armée israélienne en juin 1967 et annexé en 1981.Une source du Hamas dans la capitale syrienne a critiqué «le refus» de M.Abbas de rencontrer les diri-geants du mouvement islamiste basés à Damas, notamment le chef en exil, Khaled Mechaal.En juin, M.Abbas avait appelé au dialogue avec le Hamas, rompant ainsi avec sa politique de refus de toute ouverture huit que les islamistes du Hamas ne céderaient pas le contrôle de la bande de Gaza, où une fragile trêve, signée avec Israël à la mi-juin, est en vigueur depuis le 19 juin.Le Hamas a favorablement accueilli la main tendue par M.Abbas.Agence France-Presse Les Émirats arabes unis flattent Bagdad Abou Dhabi — Les Emirats arabes unis ont annulé la dette de l’Irak, estimée à sept milliards de dollars, et nommé un ambassadeur à Bagdad, dans deux gestes de solidarité qui ont salué le début de la visite à Abou Dhabi du premier ministre irakien, Nouri al-Maliki.«L’annulation de la dette témoigne de la solidarité entre nos deux pays et vise à aider le gouvernement irakien à engager la reconstruction», a déclaré le président des Emirats, le cheikh Khalifa ben Zayed al-Na-hyane, lors de sa rencontre avec M.Al-Maliki, selon l’agence; officielle Wam.Les Emirats ont annulé la dette irakienne et son service, estimés à «un peu moins de sept milliards de dollars» par une source officielle à Abou Dhabi.Le cheikh Khalifa a espéré que cette mesure «allégera les charges financières du gouvernement irakien» et a affirmé que son pays n’«hésitera pas à soutenir moralement et matériellement l’Irak».Le premier ministre a demandé à plusieurs reprises, lors de conférences internationales, l’annulation de la dette de l’Irak et des sanctions datant du régime de Saddam Hussein.La stabilité est essentielle à la renaissance de l’Irak, a estimé en substance le président des Emirats, tout en notant, selon l’agence Wam, une amélioration de la sécurité dans le pays.Il a appelé à aider l’Irak par «tous les moyens pour atteindre cet objçctif», faisant remarquer que «l’État des Émirats, conscient de la nécessité d’ancrer l’Irak dans son environnement arabe, a pris l’initiative de rouvrir son ambassade à Bagdad».Un mois après avoir pris cette décision, annoncée lors d’une visite à Bagdad de son chef de la diplomatie, le cheikh Abdallah ben Zayed al-Nahyane, les Emirats ont annoncé la nomination d’un ambassadeur dans la capitale irakienne.«Le conseil des ministres a approuvé, au cours de sa réunion tenue hier à Abou Dhabi, la nomination d’Abdallah Ibrahim al-Shehi au poste d’ambassadeur à Bagdad et le gouvernement irakien y a donné son accord», a déclaré un responsable, précisant que M.Al-Shehi était actuellement ambassadeur à New Delhi.L’initiative des Emirats consistant à renvoyer un ambassadeur à Bagdad avait été saluée, au début de juin, par les autorités de Bagdad comme un «nouveau départ» pour les relations de l’Irak avec les pays arabes.Aucun ambassadeur arabe n’est présent dans la capitale irakienne en raison de l’insécurité qui y prévaut depuis des mois.Des représentations arabes y sont toutefois toujours ouvertes.Les Emirats avaient rappelé en mai 2006 leur plus haut représentant à Bagdad, un chargé d’affaires, après l’erfièvement d’un diplomate émirati par des insurgés.Ce dernier avait été libéré au bout de deux semaines.Washington a fait pression sur ses alliés arabes pour qu'ils normalisent leurs relations avec l’Irak, afin de renforcer le pouvoir de son gouvernement à majorité chiite et de contrebalancer l’influence de l’Iran, accusé d’ingérences chez son voisin irakien.Selon Bagdad, le roi Abdallah II, de la Jordanie, se rendra en Irak la semaine prochaine, lors de ce qui serait la première visite d’un chef d’Etat arabe depuis l’invasion qui a renversé Saddam Hussein en 2003.La Jordanie a annoncé avoir nommé un ambassadeur en Irak, où son ambassade était dirigée par un chargé d’affaires depuis un attentat meurtrier commis en 2003.Les monarchies arabes sunnites de la région étaient réticentes à resserrer leurs liens avec l’Irak, non seulement à cause de l’insécurité dans le pays mais aussi parce que son gouvernement est dominé par les chiites.La dette de l’Irak a été annulée, et un ambassadeur nommé Agence France-Presse Attentat meurtrier au Pakistan 14 policiers perdent la vie lors de l’anniversaire de l’assaut contre la Mosquée rouge l-AROOQ NAI-.I M AOKNCfc I RANI h.l'KKSSK Des policiers pakistanais ont tenté de prêter main-forte à leurs collègues blessés.|, (MM RANA JAWAD Islamabad — Au moins 14 policiers et un civil ont été tués hier dans la capitale pakistanaise Islamabad, dans un attentat suicide commis à l’issue d’une manifestation d’islamistes qui commémoraient le premier anniversaire de l’assaut meurtrier contre la Mosquée rouge par les forces de sécurité.Le kamikaze, un jeune homme à pied, selon un agent de police, visait en plein centre-ville un contingent de policiers qui assuraient la sécurité alors que se dispersait la manifestation pacifique de milliers de personnes.Celles-ci étaient venues commémorer, devant la Mosquée rouge, l’assaut meurtrier donné il y a un an par l’armée lorsque des centaines de militants fondamentalistes s’y étaient retranchés lourdement armés.Quatorze policiers et un civil ont été tués dans l'attentat, ont indiqué un haut responsable de la police et un autre des forces de sécurité.Le gouvernement lui, n'avait fourni, en fin de soirée, qu’un bilan de 12 policiers tués.Une vingtaine d’autres personnes ont été blessées, selon la police.Le Pakistan vit une vague sans précédent d’attentats — suicide pour la plupart — qui a fait plus de 1100 morts en un peu plus d’un an et qui s'était considérablement intensifiée depuis l’assaut sanglant contre la Mosquée rouge.Une centaine de personnes, dont des femmes, retranchées dans le lieu de culte assiégé à partir du 3 juillet 2007, avaient péri dans l’assaut mené les 10 et 11 juillet par l’armée et la police.Al-Qaïda, par la voix de son leader, Oussama Ben Laden, et son second, Ayman Al-Zawahiri, mais aussi les talibans pakistanais, avaient juré de venger ces «martyrs» et décrété le «djihad» contre le régime du président Pervez Moucharraf et son armée.La grande majorité des attentats ont visé, depuis, les policiers et l’armée, mais n’ont pas épargné les civils.Le pays vivait cependant une accalmie relative depuis les législatives du 18 février, qui avaient vu une victoire écrasante de l’opposition au président Moucharraf, et à la faveur de négociations de paix du nouveau gouvernement avec les talibans pakistanais dans les zones tribales frontalières avec l’Afghanistan.Mais ces négociations sont fortement critiquées par Washington, dont le Pakistan est Ufilié-clé dans sa «guerre contre le terrorisme».Car les Etats-Unis estiment que les talibans afghans et al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales et qu’un accord de paix favoriserait leur expansion.Des milliers de manifestants réputés proches des talibans et d’al-Qaida avaient manifesté dès hier matin devant la Mosquée rouge.Ils scandaient des slogans rendant hommage aux «martyrs» d’il y a un an et réclamaient la pendaison de M.Moucharraf.Un impressionnant dispositif de sécurité avait été déployé autour de la mosquée, inaccessible en voiture, avec des fils barbelés et la fouille des piétons.Quinze minutes après l'appel à la dispersion du rassemble-.' ment par ses organisateurs, un contingent de policiers canalisait la foule à une centaine de mètres du lieu de culte quand un «kamikaze à pied» a fait exploser l’engin qu’il portait sur lui, a expliqué un haut responsable des forces de sécurité, sous couvert de l’anonymat.Un photographe de l’AFP a vu plusieurs policiers en -uniforme étendus à terre, dont certains horriblement mutilés.«Nous étions en train de jouer au cricket dans un parc juste à côté quand une explosion assourdissante a retenti», a raconté à l’AFP Shaqeel Ahmed.«Ily avait des policiers étendus à terre, nous en avons conduit à l’hôpital mais ils étaient déjà morts», ajoutait ce témoin.Agence France-Presse EN BREF Un responsable onusien tué à Mogadiscio Mogadiscio — I/' chef de la mission du lYogramnx-des Nations unies pour le développement (PNUD) à Mogadiscio a été tué hier par des hommes armés dans la capitale somalienne, a annoncé un responsabk de l’ONU.( )sman Ali Ahmed est tombé sous des tirs alors qu'il quittait une mosquée dans un quartier sud de la capitale et il a succombé à ses blessures à l’hôpital.L’ONU a régulièrement lancé des appels au gouvernement so-malien et aux militants islamistes qui se battent pour prendre le contrôle du pays, afin d'épargner les personnes travaillant dans l’humanitaire en Somalie, où nombre d’entre elles ont été tuées ou kidnappées au cours des mois écoulés.- AFP Tentative de coup d’État en Turquie?Ankara — Deux généraux turcs à la retraite ont été placés en détention hier, dans le cadre d’une enquête sur un complot présumé de coup d’Etat visant le gouvernement issu de la mouvance islamiste.Arrêtés tard samedi, les deux andens officiers comptent parmi 21 personnes interpellées la semaine passée dans le cadre de l’enquête visant un réseau nationaliste et pro-laïque du nom d’Ergenekon.Le général Sener Eruygur et le général Hursit Tolon ont été écroués dans une prison d’Istanbul.Ijes deux anciens officiers avaient participé l'année dernière à l'organisation des importantes manifestations contre le gouvernement et pour la laïcité, dont l’armée se considère comme la garante institutionnelle.-AP Série d’explosions en Géorgie Les événements font monter la tension avec Moscou MARGARITA ANTIDZE Tbilissi — Cinq explosions se sont produites hier en Géorgie, à la lisière de la région sécessionniste de l’Abkhazie, source de tensions croissantes entre Tbilissi et Moscou.Une série d’attentats, de tirs de mortiers et de fusillades a donné beu la semaine dernière à de vifs échanges entre les autorités géorgiennes et russes, qui s’accusent mutuellement de souffler sur les braises mal éteintes des conflits séparatistes.Les provinces géorgiennes de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, qui ont fait sécession dans les années 1990, restent d’importants motifs de tensions entre Tbilissi et Moscou, qui y a déployé des troupes chargées du maintien de la paix et qui soutient financièrement les gouvernements locaux.«Quatre mines ont explosé ce matin près du village de Rukhi, dans la région géorgienne de Zoubdidi», a déclaré un représentant du ministère géorgien de l'Intérieur.La quatrié me, déposée sous une voiture de police, a été mise à feu pendant que des agents enquêtaient sur les premières explosions.Aucun blessé n’est toutefois à déplorer.La cinquième bombe, qui n’a pas non plus fait de victime, a explosé dans un autre village fimitrophe.Le président russe, Dmitri Medvedev, avait invité la veille son homologue géorgien, Mikhaïl Saakachvili, à ne pas alimenter les tensions dans les provinces séparatistes.Les deux hommes ont assisté, au Kazakhstan, aux célébrations organisées par le président Noursoultan Nazarbaiev pour marquer le KL anniversaire de la plus jeune capitale mondiale, Astana.«Le président a attiré l’attention de Saakachvili sur la nécessité de s'abstenir d’alimenter les tensions dans la région et il a également insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec toutes les parties concernées», a déclaré à la presse un porte-parole du Kremlin.Le ministère russe de la Défense a en outre évoqué le risque d’une nouvelle guerre si Tbilissi recourait à la force pour rétablir son autorité en Abkhazie.Quelques heures plus tôt, un dirigeant séparatiste abkhaze, Ser-gueï Bagapch, a affirmé que les autorités géorgiennes avaient eu l’intention de lancer une telle opération, qui n’a finalement pu être mise en œuvre.«De tels projets de la part de Tbilissi ne peuvent qu’être considérés comme une étape supplémentaire dans Taggravatùm des tensions régionales, qui vont foire dégénérer le conflit en une nouvelle guerre», déclare le ministère russe de la Défense.La Géorgie, candidate à l'intégration européenne et à l’OTAN, accuse Moscou de chercher à annexer les deux régions, dont les habitants détiennent pour la plupart des passeports russes, et réclame le remplacement des troupes russes chargées du maintien de la paix par un contingent international.Reuters Medvedev invite son homologue à ne pas alimenter les tensions SOCCER ES SPORTS UNITED SOCCER LEAGUES G P N BP BC Pis Charleston 8 3 3 20 11 27 Vancouver 7 4 2 12 11 23 Portland 5 5 6 14 14 21 Atlanta 5 4 5 21 23 20 Seattle 4 3 8 18 14 20 Miami 4 6 7 14 16 19 Porto Rico 5 5 3 16 14 18 Caroline 4 4 6 14 19 18 Minnesota 4 7 4 14 18 16 Montréal 4 7 3 11 12 15 Rochester 3 5 5 14 15 14 Trois points pour une victoire et un point pour une nulle.Hier________________ Porto Rico 1 Montréal 0 Jeudi Porto Rico à Portland, 22h Vendredi Seattle à Rochester, 20h FOOTBALL LIGUE CANADIENNE DE FOOTBALL Section Est G P N PP PC PTS Montréal 2 0 0 71 34 4 Hamilton 1 1 0 42 46 2 Toronto 1 1 0 48 48 2 Winnipeg 0 2 0 47 61 0 Section Ouest Saskatchewan 1 0 0 34 13 2 Calgary 1 1 0 59 52 2 Edmonton 1 1 0 47 65 2 C.-B.0 1 0 18 28 0 Deux points pour une victoire et aucun point pour une défaite en prolongation.Jeudi Calgary à Montréal, 19h Toronto à Edmonton, 22h Vendredi C.-B.à Winnipeg, 20h Le double va aux sœurs Williams Londres — Les soeurs Williams ont gagné le double de Wimbledon samedi, quelques heures après la victoire de Venus sur sa cadette Serena en finale du simple.Les Américaines ont battu leur compatriote Lisa Raymond et l’Australienne Samantha Stosur en deux sets 6-2,6-2.C’est la septième victoire des Williams dans un Grand Chelem en double, leur troisième à Wimbledon après 2000 et 2002.Elles n’avaient plus gagné de tournoi majeur depuis l’Open d’Australie 2003.Les soeurs avaient été l’une des équipes dominantes en double entre 1999 et 2003, avant de se détourner presque totalement de cette spécialité.Elles n’avaient disputé aucun tournoi ensemble entre 2004 et 2006 et un seul en 2007.Wimbledon était leur troisième cette saison.Venus et Serena présentent un excellent bilan avec UX) victoires pour seulement 16 défaites.Elles n’ont jamais perdu une finale de Grand Chelem.La dernière joueuse à avoir fait le doublé simple-double à Wimbledon était.Venus Williams en 2000.Agence France-Presse IKVM.K* KF.VIN I.AMARQUE REUTERS Rafael Nadal étrenne son trophée après une chaude lutte vers la victoire.r.WAVT.'»,-> 'êÊm, lOETiE' Tournoi de tennis de Wimbledon Le maître espagnol Rafael Nadal détrône Federer dans un match légendaire FRANÇOIS BONTOUX Londres — Rafael Nadal a détrôné le roi de Wimbledon Roger Federer après une finale de légende, la plus longue et l’une des plus palpitantes de l’histoire du Grand Chelem sur gazon, conclue sur le score de 64,64,67 (5/7), 6 7 (8/10), 9-7 hier aux dernières lueurs du jour.Les deux grands champions se sont livré un duel admirable par son niveau de jeu et sa dnun;t-turgie, pendant 4 h 48 min.Un combat qui prendra place aux côtés des plus grands, le Borg-McEnroe de 1980 ou le.Federer-Nadal de 2007.«C’est impossible à décrire.C'est un rêve.Quand j’étais enfant, je rêvais de jouer ici, mais gagner, c'est incroyable», a réagi le vainqueur.L’Espagnol a d’abord semblé se diriger vers un succès facile en pilonnant le revers de Federer avec son énorme coup droit lifté, comme sur la terre battue.Comme Nadal était bien plus efficace sur les points importants (3 balles de break sur quatre converties contre 1 sur 12 pour Federer), le renversement du quintuple tenant du titre semblait inéluctable, jusqu’à une providentielle interruption par la pluie en fin de troisième set.Entre un Federer retrouvé et un Nadal à peine moins incisif, la tension est montée de plusieurs nans, jusqu’à atteindre des sommets dans le bris d’égalité du quatrième set où le Majorquin a eu deux premières balles de match sauvées par le Suisse, La deuxième sur un superbe passing de revers.Jamais découragé Après une deuxième interruption, au début de cinquième set et quantité d’échanges monumentaux, Nadal, jamais découragé, a fini par faire plier le Suisse dans ce qui était de toute façon le dernier jeu disputé hier, la lumière ayant pratiquement disparu du Central.«"C’était la finale de Wimbledon ! Il fallait que je me batte.Je jouais bien, pourquoi m’effondrer ?», a-t-il dit.La victoire du Majorquin, âgé de 22 ans, n’est pas une énonne surprise, car l’Espagnol avait donné de nombreux signes de sa montée en puissance sur gazon, notamment en gagnant son premier tournoi sur cette surface au Queen’s, juste avant Wimbledon.La déroute de Federer en finale de Roland-Garros, où il n’avait pris que quatre jeux, avait aussi marqué les esprits.Contrairement à leurs deux premières finales sur le gazon anglais, les deux hommes étaient à peu près à égalité dans les pronostics d’avant-match après s'être promenés lors de leurs six premiers matches.Avec ce cinquième titre majeur, le premier en dehors de la terre battue de Roland-Garros, l’Espagnol prend une nouvelle dimension.«Tous les Grands Chelems sont très importants, mais Wimbledon c’est spécial à cause de l’histoire, de la tradition.Et puis c’est beaucoup plus surprenant pour moi de gagner ici qu’à Paris», a-t-il estimé.Il est le premier Espagnol de l'ère Open à s’imposer à Londres, le deuxième de l’histoire après Manuel Santana en 1966, et surtout le premier à réussir le doublé Roland-Garros/Wim-bledon depuis Bjorn Borg en 1980.Objectif n"l Largement en tête 12 à 6 dans ses duels avec le Suisse (4 à 2 dans des finales de Grand Chelem), il ambitionne maintenant de prendre la première place mondiale à la fin de la saison.Le Suisse, qui visait un six à la suite inédite dans l’ère Open, est apparu extrêmement abattu.«C’est un désastre, ma pire défaite», a dit le champion, qui place Wimbledon très au-dessus Londres — Après cinq victoires, Roger Federer est tombé à Wimbledon, comme son idole Bjorn Borg 27 ans plus tôt, mais son match immense face à Rafael Nadal en finale hier coupe court à toute comparaison: le n°l mondial est tout sauf un joueur sur le déclin.Dès la fin du match, il a d’ailleurs rassuré le Court central: il sera de retour l’an prochain.L’hommage du vainqueur du jour n’avait pas les accents d'une fausse politesse: «Il est toujours le n“I, il est toujours le meilleur, il a gagné cinq fois ici», il est «le meilleur joueur de l’histoire.» Federer n’a auaune raison d'imiter le Suédois qui, peu ou prou au même âge, 26 ans, avait été battu par un autre joueur de 22 ans.John McEnroe.Un mois et demi plus tard, à TUS Open, l’Américain récidivait et envoyait Botg à une retraite inattendue.Federer devra toutefois surmonter l’immense déception qu’il n'arrivait pas à dissimuler dimanche: c’est «la défaite la plus dure» de sa carrière, un «désastre», «incomparable» avec la volée de bois vert reçue à Roland-Garros face au même adversaire en juin (6-1, 6-3, 6-0).Et quand il parlait de l’avenir, des jeux Olympiques et de l’US Open, ses, deux prochains objectifs, le Suisse disait vouloir «essayer» de recommencer à bien jouer.Agence France-Presse des trois autres tournois du Grand Chelem.Pourtant, vu le match qu’il a sorti, il est difficile de dire si le succès de Nadal annonce ou pas un changement d’ère.De même, il est beaucoup trop tôt pour dire qu’il ne parviendra pas à rejoindre l’Américain Pete Sampras, détenteur des victoires à Wimbledon (7) et en Grand Chelem (14), soit deux de plus que lui.Pour Nadal, il s’agit maintenant de faire sur dur les mêmes progrès qu’il a accomplis ces dernières années sur gazon.En 2007, il avait gagné cinq titres (contre déjà six cette saison), mais aucun après le mois de juillet La clé réside moins dans son jeu, efficace désormais sur toutes les surfaces, que sur la gestion de ses efforts.C’est à cause de problèmes physiques, notamment aux pieds et aux genoux, qu’il n’a pour le moment pas pu s’exprimer pleinement pendant une saison complète.KEVIN «MARQUE REUTERS Roger Federer î:**' , 23/12 r * 'f.« Généralement ensoleillé Prêts à partir?Consultez nos Prévisions internationales Météo Média En ondes et en ligne meteomedia corn d’être de cette voiture.Un plaisir qui fieut se décliner sous plusieurs formes: celui de rouler à ciel ouvert, de conduire une voiture nerveuse, d’enfiler les virages et de profiter d’une tenue de route exceptionnelle.Pour ma part, je coche «d) Toutes ces réponses».Et si je n'ai pas le goût de m’exciter (omniprésence policière oblige), j’ajoute la musique: U2 le jour, Dire Straits le soir.Le bonheur, ça peut être si simple.Cela dit, ce sont les qualités routières de la MX-5 (ex-Miata) qui ont forgé sa réputation.Près de 20 ans plus tard, la magie opère toujours: l’agilité de cette sportive évoque celle d’un go-kart, comme on disait dans ma jeunesse (mes cheveux gris m’autorisent à parler ainsi).S’il y a une différence plus marquée entre le modèle actuel et ses prédécesseurs, c'est au niveau des trains roulants.L’amortissement est plus souple, ce qui se traduit par un confort accru, mais aussi par un roulis en virage qui n'existait pas auparavant Ne vous y trompez pas: la MX-5 «colle» toujours autant, même si sa caisse penche.N’empêche, les puristes diront qu’elle a perdu un peu de son zeste sportif, et je ne peux leur donner tort Conclusion Même si sa vocation est ludique avant tout, la MX-5 est un achat rationnel.En effet, le roadster le plus vendu au monde — dixit Guinness — a toujours brillé par sa fiabilité.Un jouet, certes, mais un jouet qui ne brise pas, ce qui lui vaut d’ailleurs d'être recommandé, année après année, par des publications aussi sérieuses que Consumer Reports et le guide annuel autos de Protégez-vous.üi MX-5 se prépare à entamer sa quatrième année sous sa tonne actuelle, et encore une fois c’est une excellente cuvée.Elle propose un rapport prix-agrément toujours imbattable, 19 ans après sa sortie.Pensez-y, ce n’est pas rien: personne n’a réussi à faire mieux, ou aussi bien, depuis tout ce temps.De mon côté, ma passion demeure intacte et c’est grâce à Mazda, qui a su si bien l'entretenir à chaque renouvellement Collaborateur du Devoir FICHE TECHNIQUE MAZDA MX-5 ¦ Moteur 4-cyl 2 L ¦ Puissance: 166 ch ¦ 0-100 km/h: 7,2 s ¦ Vitesse maximale: 206 km/h ¦ Consommation moyenne: 9,8 L/100 km ¦ Echelle de prix: de 28 195 $ à 24 500 $ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 MOTS CROISÉS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 1011 12 \ ¦ ¦ =]=¦: - tL- 0782 HORIZONTALEMENT 1.Gluante - Mot d'enfant.2.Emanation volatile -Complice des mauvais desseins de quelqu'un.3.Manette - Grecque.4.Bêtes de somme -Petite fiole.5.Ancien do - Journal -Pronom indéfini.6.Peut se faire avec du xérès - Demande.7.Table à débiter -Rhésus.8.Fils du frère - Combler de louanges.9.Repentirs.10.Fêlée - Petit fruit.11.Vieille armée - Non meublés - Vassili Chouïski.12.Tristes monuments -Avalé - Après le do.VERTICALEMENT 1.Croûte ronde en pâte feuilletée - Calcanéum.2.Similitude - Direction.3.Coule dans l'arbre -Vaisseau spatial.4.Oiseau.5.Vieille bête - Facile à semer - Extraite du sang.6.Chemins - Désignés.7.Couleur locale -Unions.8.Etonner.9.Large ceinture que portaient les prêtres hébreux - On y traverse - Pas révélé.10.Aime le sang - Se trouvent à l'embouchure des fleuves.11.Monoxyde d'azote -Elle a été votée -Utilisé comme mat.12.Ne pas respecter -Colère.1 2 3 4 5 B 7 8 a 1011 12 ram ramnnnPi nmnnnntn nnr.i mn IA1Ü1.E IC J 0781 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO LE DEVOIR.LE LUNDI JUILLET 2 0 0 8 li li ETHIQUE ET RELIGIONS L Ordre du Canada L’honneur controversé du Dr Morgentaler MARK BLINCH REUTERS Le rôle décisif du D' Henry Morgentaler a été de libérer les femmes d’une contrainte d’Etat qui les soumettait à une médecine et à une justice arbitraires, sinon hostiles.mm WMwm ;j,-! • iimM ¦ MËZ T; ' * Jean-Claude Le Dr Henry Morgentaler n’a pas été nommé compagnon ni officier de l’Ordre du Canada, mais simple "membre».Aux compagnons, l’Ordre reconnaît une vie de réalisations «exceptionnelle», spécialement au service du pays ou de l’humanité.Chez les officiers, il souligne un degré «élevé» de mérite pour une vie d’accomplissements.Un membre est honoré pour le service qu’il a rendu, sa vie durant, à une communauté, un groupe ou un domaine particulier.Pourtant, aucune des personnalités ainsi reconnues depuis 40 ans, quel que soit son titre, n’aura suscité autant d’intérêt, de passion et de controverse que le fondateur des cliniques d’interruption de grossesse.Le Dr Morgentaler est devenu, pour les uns, un symbole de la liberté des fenunes à cet égard et, pour d’autres, une figure détestable de l’avortement Cette double réputation étonne, car on doit attribuer plutôt au Parlement la toute première acceptation de l’avortement (jusqu’alors tenu sans distinction pour un crime), et à la Cour suprême, sa libéralisation.Et contrairement à la légende, la cour n’a pas reconnu un droit illimité à l’avortement.Elle a simplement invalidé une loi qui en rendait l’accès injustement impraticable.Depuis, faute d’appui aux Communes, aucune tentative d’encadrement n’a pu aboutir.Le Parlement pourrait néanmoins en établir des conditions jugées «raisonnables».Si aucun parti politique ne veut à présent rouvrir ce débat, on devine aisément pourquoi.Bien des gens étaient déjà favorables à l’avortement; bon nombre d’autres y étaient opposés.Or nul n’a trouvé une solution acceptable pour tous.Le rôle décisif du D1 Morgeiitaler a été de libérer les femmes d’une contrainte d’Etat qui les soumettait à une jnédecine et à une justice arbitraires, sinon hostiles.A l’époque, aucun médecin, aucun juriste n’osait s’engager à mettre fin à pareil régime.Lui seul a pris le risque de subir les rigueurs du système, de mettre en jeu sa carrière et sa tranquillité personnelle et d’affronter une opinion impitoyable.Son avocat au premier procès qu’il a subi, M' Claude-Armand Sheppard, résume ainsi, dans le Globe and Mail, la contribution du Dr Morgentaler: «En connaissez-vous plusieurs au pays qui ont réussi à changer la loi aussi complètement?L'Ordre du Canada n ’est pas accordé à l’avortement.Il est accordé à un homme exemplaire.» Pourtant ce n’est qu’à la troisième tentative des admirateurs du Dr Morgentaler que l’Ordre l’a accepté dans ses rangs.Le gouvernement conservateur s’est hâté d’annoncer qu’il n’avait en rien pris part à cette nomination.On croit savoir cependant que ses deux représentants au comité qui en a fait la recommandation, le greffier du Conseil privé et une sous-ministre du Patrimoine, y étaient opposés.Comité divisé Les relus antérieurs indiquent que cette candidature était controversée.Le comité était encore, semble-t-il, divisé.La juge en chef du pays, Beverly McLachlin, qui en préside les séances, aurait demandé que le vote soit enregistré, un indice d’absence de consensus.D’aucuns y trouvent outre l’avortement un motif suffisant pour retirer au récipiendaire l’honneur qu’il a reçu.Pour quelles raisons l’Ordre du Canada a-t-il été établi et pourquoi une personne sera-t-elle jugée digne d’en faire partie?L’historien Christopher Mc-Creery a étudié les origines de cet organisme.Créé en 1967 comme symbole d’unité nationale, l’Ordre entendait reconnaître, dit-il, ceux qui ont «contribué grandement» au développement du pays, aux plans tant national et local qu’international.D’où sa devise: «Ils désirent un meilleur pays».Ces gens n’avaient pas à prendre partie en faveur de la fédération, alors secouée par de graves tensions au Québec.D’ardents souverainistes y furent nommés, signale McCreery.Les personnalités retenues n’avaient pas non plus à faire funanimité.Des artistes excentriques eurent droit au même honneur.Mais le nom du Dr Morgentaler, explique l’historien, n’était pas recommandé, paraissant susciter une forte division au pays et pouvant entamer le prestige associé à l’Ordre.D’après cet expert, la nomination va certainement donner lieu à des démissions.Cela n’est jamais survenu au Canada.Mais, en Grande-Bretagne, l’entrée des Beatles dans l’Ordre de l’Empire avait en 1965, provoqué le départ de 12 personnes.Cet observateur ne passe pas de jugement, mais pose la question: «Jusqu’où sommes-nous disposés à sacrifier l’unité de notre ordre national pour accorder une reconnaissance à un seul individu?» L’Ordre, rappelle McCreery, ne visait pas seulement à reconnaître des citoyens éminents qui ont rendu «d’importants services dont tout le Canada a profité», mais aussi à favoriser «un sens de l’unité» au sein de l’Ordre tout comme au plan «national».On retrouve là une question, l’unité nationale, qui a déjà suscité, à l’instar de l’avortement des affrontements passionnés, mais qui, comme l’avortement paraît mobiliser de moins en moins l’opinion de nos jours.Aussi serait-il étonnant que l’honneur fait au controversé médecin divise l’Ordre et surtout déchire le pays.Le D'Morgentaler s’est dit surpris que la réaction ne soit pas «plus violente» qu’elle ne l’est Quelques membres de l’Ordre se sont déclarés honorés de sa présence.Un autre, toutefois, un prêtre catholique, Lucien Larré, a retourné sa médaille.Jusqu’ici, en tout cas, ce sont surtout des médias anglophones qui se sont intéressés à la question.Les réactions les plus catégoriques, et les plus prévisibles aussi, sont venues de milieux catholiques.L’archevêque de Toronto, M81 Thomas Collins, a émis un communiqué déplorant que le plus grand honneur qui soit au pays ait ainsi été «dégradé».L’épiscopat canadien a même réclamé que l’Ordre reconsidère son choix.La gouverneure générale, Michaëlle Jean, qui préside l’Ordre du Canada, détient le pouvoir de révoquer une telle nomination.Dans l’histoire de l’Ordre, seulement deux personnes se sont vu retirer cet honneur.Il s’agit de l’avocat du monde sportif Alan Eagle-son, emprisonné pour fraude en 1998, et du leader autochtone David Ahenakew, accusé d’avoir tenu des propos antisémites en 2002.La démotion du chef Ahenakew, contrairement à celle d’Eagleson, ne fait pas l’unanimité.Mais même une condamnation pénale ou professionnelle n’empêchait pas l’appartenance à l’Ordre, comme en témoigne le cas de l’abbé Larré, aujourd’hui démissionnaire.Toutefois, l’adhésion obligatoire à un même catéchisme moral serait plus problématique.L’unité à laquelle souscrit l’Ordre, et que ses dignitaires représentent relève-t-elle de funiformité de pensée ou du respect des différences?D n’y a pas d’unité de vues sur l’avortement et il n’y en aura sans doute pas de sitôt Mais il y a toute une différence entre la condamnation de cette pratique dans sa vie personnelle ou professionnelle et l’obligation que certains opposants font aux femmes et à toute la société dTnterdire cette pratique.Bien que l’avortement soit encore limité dans certaines régions du pays, l’évolution de l’opinion emprunte un autre chemin.Des gens qui voient dans l’avortement un geste moralement répréhensible le tolèrent néanmoins, pour éviter un plus grand mal.D’autres qui n’y voient pas un crime s’interrogent sur sa banalisation.À constater le nombre d’interruptions de grossesse au Canada, soit près du tiers des conceptions, d’aucuns y déplorent une méthode contraceptive aussi inquiétante que le fléau social auquel le Dr Morgentaler s’est attaqué.Le débat n’est donc pas clos.redact ion@,ledevoir.com Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l’Université de Montréal.G8 : Benoît XVI lance un « pressant appel à la solidarité » Castel Gandolfo — I.e pape Benoît XVI a appelé hier les participants du G8 à se préoccuper des populations les plus pauvres de la planète, victimes des hausses de prix de l’alimentation et de l’énergie.«Je m’adresse aux dirigeants du G8 pour qu’ils mettent au centre de leurs délibérations les besoins des populations les plus faibles et les plus pauvres, dont la vulnérabilité est accrue par les spéculations et les turbulences financières qui ont des effets pervers sur les prix des aliments et de l'énergie», a déclaré Benoît XVI.Le pape, qui s’exprimait lors de l’Angélus de sa résidence estivale de Castel Gandolfo dans les environs de Rome, a également demandé aux leaders des pays les plus développés de «réaliser les engagements pris lors des précédentes réunions du G8 et d'adopter courageusement toutes les mesures nécessaires pour vaincre les fléaux de l'extrême pauvreté, de la faim, des maladies, de l’analphabétisme qui frappent encore tant de parties du monde».«Moi aussi, je lance un pressant appel à la solidari- té», s’est exclamé Benoît XVI.«J'espère que la générosité et la clairvoyance permettront [aux dirigeants du G8] de prendre les décisions visant à une relance équitable du processus de développement et à la sauvegarde de la dignité humaine», a affirmé Benoît XVI.Agence France-Presse AVIS LEGAUX ET APPELS D’OFFRES Appel d'offres public H • est un peu un festival de vieux qu’on s’est farci cette année.Entre Hank Jones (89 ans), Dave Bnt-beck (87).Abbey Lincoln (77), Leonard Cohen (73), Woody AUen (72).Charlie Haden (70) et McCoy Tyner (69), la jeunesse a été discrète et l’aile gériatrique active.Question de choix, bien sûr: faut bien écouter de visu ses classiques une fois dans une vie.Et, à leur âge, vaut mieux ne pas trop hésiter.Donc.Mais ce fut question d’offre aussi: la 29e édition du F'UM avait, dans ses grandes lignes jazz et par ses tètes d’affiche, les yeux rivés davantage vers l’arrière que vers l’avant.11 en reste, quant à nous, ceci.¦ Le moment des moments: léonard Cohen sur la scène de WiHrid-PeDetier.Bonheur pur, ravissement poétique, communion totale sur le mode du respect entre un grand artiste et son public.Spectacle magnifique en tout et pour tout: le son, la générosité, la charge émotive des chansons, La voix de Co- hen.Coup de cœur pour sa lecture troublante de A Dwusand Kisses Deep.¦ Le moment soufflant James Carter et son saxophone, époustouflants dans Rapid Sltave en ouverture de son concert, samedi.Une charge furieuse' de jazz, branché dans le 220 du bop.¦ Le moment basse: Ghislain Poirier.Le musicien électro est spécialiste des basses grasses, mais rarement avaient-elles sonné si bas qu’au Métropolis.La vibration indue par sa musique créait une onde de choc qui bloquait naturellement le mode vibratoire des cellulaires.C’est pas peu dire.On en est ressorti le pantalon de lin froissé, mais le chandail de coton défripé.¦ Le moment sympathique: Woody Allen et son orchestre.Monsieur joue de la clarinette comme d comme ça, on le savait.Mais voilà: c’était sympathique.Ni très bon ni très mauvais.Sympathique.¦ Le moment drille: Steve Bernstein qui a rendu encore plus hilares Laurel et Hardy.¦ Le moment triste: Abbey Lincoln qui se cherche sur scène.La grande dame n’avait pas la forme.Vraiment pas, en fait Mais l'entendre chanter «the world is tailing down, hold my hand.» donnait des frissons.¦ Le moment trio: Brad Mehldau, Jeff Ballard et Larry Grenadier.Une dizaine de spectacles plus fard, on ne se fatigue pas de cette musique intelligente et jouissive.¦ Le moment duo: Hank Jones, que ce soit avec Brad Mehldau ou Joe lovano.L’art de l’écoute et du dialogue, de la subtilité, du plaisir de partager une scène.¦ Le moment nouvelle technologie: Joseph Arthur.Du folk-country d’Angela Desveaux à la prestation solo de Joseph Arthur, on a passé vendredi une soirée parfaite sur un mode acoustique.Ceux qui l’ont aimé ont d’ailleurs pu ramener le spectacle à la mai-son: Arthur l’a enregistré en direct puis gravé sur des CD pirates autorisés qui étaient vendus à la sortie, quelques minutes après la tombée du rideau.Le collègue Truffaut anti-grand spécialiste de la non-technologie.n’en revient toujours pas.Graver un disque?¦ Le moment inutile: Dorothée Berryman qui vient faire un discours avant le gala pour les 25 ans de Jus- tin Time.Une immense plogue pour son émission de radio, voilà tout ce qu'a fait la dame sur le ton mielleux qu’on lui connaît En résumé: elle a aimé son festival parce qu'il lui a permis d’aller à la rencontre de son public et que son public a pu lui dire où il écoute son émission.Qui dans l’auto, qui à la campagne, qui dans un spa.Tiens donc: il y en a qui écoutent Berryman dans leur spa, d'autres qui vont la voir chanter sur un bateau de croisière.C'est pour ça qu’on s'abstient on aurait peur de se noyer.¦ Le moment relève: Melody Gardot d’une part Christian Scott de l'autre.Gardot a montré sur la scène du TNM le grand potentiel d’une chanteuse qui a de l’âme.et une bonne recette pour toucher un public large.Scott qu’on a vu aux côtés de McCoy Tyner, a été aussi élégant et aussi stylisé dans son jeu lumineux à la trompette que dans son costume très Miles Davis fin 50.¦ Le moment cabaret Stewart D'Arrietta et son piano ivre font du Tom Waits comme on aimerait voir le vrai Waits.Pour le 3(1?Le Devoir Ghislain Poirier '
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