Le devoir, 5 juin 2004, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2 0 0 4 CHANSONS L’été commence à Tadoussac Page E 3 DE VISU L’histoire des Amériques revisitée par fragments Page E 8 Scène du film Camping sauvage, de Guy A.Lepage ULTURE Canicule à l’écran ! ODILE TREMBLAY Non, les grosses machines d’Hollywood ne sont pas seules à assaillir les écrans du Québec l’été.De plus en plus, des œuvres d’auteur et des primeurs québécoises, plutôt que de se nicher dans les traditionneUes cases de l’automne et du printemps, recherchent les moiteurs estivales et font concurrence aux films américains.L’été est désormais une saison chaude à l’écran, autant qu’au bord d’un lac.Cette année, le choix sera particulièrement abondant au cours des vacances 2004, avec des œuvres d’ici et d’ailleurs, dont voici quelques titres.Du Québec Le camping étant une activité estivale, Camping sauvage, de Guy A Lepage et Sylvain Roy, prendra l’affiche dès le 9 juillet Avec Guy A Lepage et Sylvie Moreau à sa distribution, on y suit les mésaventures d’un bon gars poursuivi par une bande de motards, qui trouve refuge dans un camping avant de tomber sous le charme de sa propriétaire.Le 23 juin, Elvis Grattan XXX: La vengeance d’Elvis Wang, enfanté par Pierre Falardeau, passe en mode attaque sur les écrans, avec bien entendu Julien Poulin dans le rôle-titre.Cet antihéros abandonnera le show-business pour devenir patron d’un empire média.On salive déjà.En toute logique, ce film aurait dû prendre l’affiche à la fin de juin, mais non, 1" juillet, de Philippe Gagnon, sera projeté dès le 6 août.Premier film issu de ITNIS, cette histoire de déménagement qui va tout croche se nourrit des déboires de ce jour fatidique.Toujours du Québec: Elles étaient cinq, de Ghyslaine Côté, regard sur d’anciennes copines réunies quinze ans après avoir vécu un événement traumatisant, qui tentent de conju- ¦mm REUTERS Scène du film Farenheit 9/11 de Michael Moore '¦J $ rer le passé (en août, sans doute).Des États-Unis Le film américain le plus attendu de l’été n’est pas un pur produit hollywoodien technicolor, bien au contraire.Il s’agit du film réalisé avec trois sous par le roi des trouble-fêtes, j’ai nommé Michael Moore, soit Farenheit 9/11, Palme d’or cannoise (contestée) et authentique pavé jeté dans la mare de George W.Bush.Disney avait refasé à sa filiale Miramax le droit de diffuser ce documentaire, mais un distributeur s’est pointé pour l’Amérique du Nord.En établissant notamment les liens qui étaient tissés entre les familles Bush et Ben Laden, en montrant des soldats américains révoltés contre la guerre en Irak et en se payant la tête du président Moore tente d’influencer le vote anti-Bush lors de la prochaine élection américaine (sortie 25 juin).Du côté des superproductions, on verra un produit dérivé du Seigneur des anneaux, King Arthur, d’Antoine Fuqua.Le film donne la vedette à Clive Owen, Stephen Dillane et Keira Knightly.Tout sur le roi Arthur, sir Lancelot l’enchanteur Merlin et les chevaliers de la Table ronde.Le Moyen Âge de légende (7 juillet).M.Night Shyamalan, qui avait réalisé le fascinant The Sixth Sense, lancera The Village, un film fantastique situé dans un village de Pennsylvanie au XK' siècle où d’étranges créatures rôdent dans les bois (30 juillet).Jonathan Demme, le cinéaste de Philadelphia, transplante en remake The Manchurian Candidate et met en scène des soldats enlevés durant la guerre du Golfe qui subissent un lavage de cerveau.Avec Denzel Washington, Meryl Streep, LievSchreiber (30juillet).VOIR PAGE E 7 : CANICULE L’été est désormais Ilu une saison chaude à l’écran, autant qu’au bord d’un lac m : ^ * j l'n/iomisic-\i}iirellc (iiiiiwc.lidji.Soiiivllc Zcltmitc.ile de Pâques.1 "r < l'dcriutlioiuiU’ qui nms fetv i/irnnrrir ces iles du boni du inonde cl roiis initiera aux rituels que les autochtones r pratiquaient eut an /V siècle.N,F I’oimi: •vCsi.Liiim EXPOSITION PRÉSENTÉE À POINTE-A-CALLIERE DU 18 MAI AU 17 OCTOBRE Musée d'archéologie et d'histoire de Montreal 350 place Royale.Vieux-Montréal Tel (5141872-9150 www paemusee qc ca Venez voir l'exposition au Musee et courez la chance de gagner deux billets d'avion pour Hawai sur les ailes d'Air Canada.Montréal® Museo Ua/iunale Ptmtonco f tnoqralico l.i k.i l’ititmiM" Québec rs ci llltoflffl AIR CANADA ’ ' I.MH Viril; SÜffl I t IHViril; LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2 0 0 1 E 2 -* Culture *- MUSIQUE CLASSIQUE Musique et mort à la « cité idéale » CHRISTOPHE HUSS Grâce à l’apparition du catalogue Capriccio au Canada nous arrivent un CD et un DVD consacrés à Victor Ullmann (1898-1944), l’un de ces compositeurs internés par le régime nazi dans le camp de Theresienstadt (ou Terezin) dont les œuvres, parfois composées en détention, nous ont été révélées petit à petit ces dernières années.Theresienstadt fut conçu par le pouvoir hitlérien comme un lieu de transit avant l’extermination, mais aussi comme un lieu de propagande.Située à 60 km au nord-ouest de Prague, la vüle de Terezin faisait partie d'une série de forteresses destinées à sécuriser la région.Avant la Seconde Guerre mondiale, cette ville de garnison comptait 6000 habitants.Dès 1940, les nazis les expulsèrent afin de les remplacer par des Juifs venant de Tchécoslovaquie, d’Allemagne et d’Autriche.Artistes, intellectuels, scientifiques étaient censés y mettre leurs talents au service d’une «cité idéale des Juifs».Regroupés selon leurs centres d’intérêt ils organisèrent une intense vie culturelle qui, par ricochet servit de vitrine à la propagande nazie.On pouvait assister à des conférences, à des représentations théâtrales pour adultes et pour enfants (Tune des créations emblématiques ayant eu lieu à Terezin est celle de l’opéra pour enfants Brun-dibâr de Hans Kràsa, le 23 septembre 1943), à des concerts ou à des lectures de poésie.C’est là que les nazis réalisèrent un film intitulé Le Führer fait don d’une ville aux Juifs.On y voit notamment le chef Karel Ancerl, l’un des rares rescapés de ce camp fatal, diriger un orchestre.Ce camp des artistes, cette «agréable colonie jui- QC Hydro Québec Mus iat 2004-2005 Concert inclus - .dans l'abonnement SOIREE GALA* sErieÉMERAUDE 1 LUNDIS 20 H I Théâtre Maisonneuve Abonnements : 145 $, 140 $, 65 $ (étudiants) Billets : 30 $.25 $.12 $ (étudiants) (taxes et frais non inclus) 4 oct.04 LE MOZART PIANO QUARTET, Aizw- e/ cordes 25oct LE QUATUOR PRAZAK, cardes 22nov.JAMES EHNES, Medor/ 1 Par exception, EDUARD LAUREL,/**^ J Salle WHfrWPelletler 17 janv.05 LE QUATUOR JUILLIARD, cordes HEINZ HOLLIGER, /umt/xds 31 janv.JANINA FIALKOWSKA,/W 7 fév.LEONIDAS KAVAKOS, owdm DENES VARJON,/() LAND InSIGHTS Destins croisés Concert de la Journée nationale des peuples autochtones - Lundi, 21 juin 2004 à 20 h Théâtre Maisonneuve Pince des Arts éO! Orchestre Métropolitain du Gr.Yannick Nézet-Seçuin, chef d'orchestre1' Minda Forcier, soprano lara-Louise Montour, violoniste Kontirennotatie, choeur de femmes Bob Bourdon, chanteur mi qmaq | Blues, Bkmc Le ôrand spectacle annuel du festival Présence autochtone Samedi, 19 juin à 20 h 30 (ouverture des portes et 19 h 30) Direction musicale Normand Gullbeaufl au Lion d’Or, 1676, rue Ontario Est à la billeterie Articulée 514_844 2172 Avec Richard Desjardins et les musiciens de Kan Taima, forestare.Brian André et Gilles Siout|^ MYTHOLOGIES iondatrices Qruuires et sculptures (nuit Du 10 juin au 14 août Conference par Bernard Sulaiiin d \nQlure, commissaire de f exposition Mardi B juin à t9 h 30, a ia salle Saint-Sulpice Bibliothèque nationale du Queirec, 1700 rue Saint-Denis a Montreal.N iwaskw oeuvres sur jwpu t ei ulpimc Jusqu au 26 Juin a ta Gintde canadienne des métiers d arts 14b0.rue Sherbrooke Ouest m y ' : Manika.shuna Aif’s, nu tieis, li.Kluions Site extérieur, parc f rnilie-Gamelin Du 17 au 20 juin Of-0- O "\ /•' intersection Sainte-Catherine / Berrl, métro Berri-UQA.M De 12 h à 22 h, jeudi, vendredi, samedi et de 12 h à 17 h le dimanche 1 I jours de cinéma des rt einiéic \.Liions À compter du 10 juin cinéma ONF 1564, rue Saint-Denis )NH www.nativelynx.qc.ca iJ l L_ Edge of America de Chris Eyre INFO MS1I\ AI 514 963.U IS 2 O -F7 COB I 4 4k h Cauada 88.5 Quebec „ ci ci Cl Cl Montréàlsay Il Divnil! CIBL a Hydro Quebec 1 T l t i> t \ 0 I R , LES SAMEDI 5 ET IT I M A X (' H E (i J 1' 1 X 2*0 0 I -?i 111111 rp ?- h a Culture Cinq ans à faire La Nouba Michel Deschamps et Julie Dionne saluent à leur manière les 2500 représentations du spectacle du Cirque du Soleil installé à demeure à Walt Disney World FRÉDÉRIQUE DOYON Orlando — Avant même que le spectacle ne commence, il cuisine la foule, prend son poids, teste son humeur.Michel Deschamps, 48 ans, fait le clown depuis qu’il a 19 ans.Il a rejoint le Cirque du Soleil en 1989, à l’époque du Cirque réinventé et de Fascination.Depuis cinq ans, il est le Balthazar (Balto pour les intimes) de La Nouba.«À chaque spectacle, je suis capable d’aller chercher des petits moments uniques, et c’est ça qui est l’fun», confie-t-il, à quelques heures de la présentation marquant officiellement le cinquième anniversaire du premier spectacle permanent du grand cirque québécois à Orlando, en Floride.Pourtant, 2500 représentations (deux par jour, cinq jours par semaine) et 3,5 millions de spectateurs plus tard, même un clown aurait toutes les raisons de perdre son enthousiasme.Mais capter l’énergie de la foule dans le numéro qui sert d’avant-propos au spectacle fait tout son bonheur.Et pour cela, il est même prêt à s’inventer un trac qu’il n’a plus depuis belle lurette.«Tous les jours pendant une demi-heure, je me mets en état de trac.» Depuis la salle de maquillage, par l’entremise de micros et de haut-parleurs, il se grise du brouhaha des spectateurs qui entrent en salle.Et si les numéros demeurent essentiellement les mêmes, de nouveaux gags peuvent être intégrés.D’ailleurs, les artistes du cirque sont constamment soumis à des ateliers divers pour stimuler leurs (autres) talents et leur créativité.Depuis cinq ans donc, Michel a troqué sa Gaspésie qu’il affectionne tant pour la Floride disneyen-ne, bâtie comme une grande banlieue artificielle.«C’est une urbanité un peu spéciale, dit-il.Enlevez les parcs d’amusement et c’est comme fermer Murdochville en Gaspésie.Au moins, il y a la mer.», souligne le clown, qui s’adonne maintenant à la plongée sous-marine, «un rêve de jeunesse».Père de deux grands enfants, l’aîné des artistes de La Nouba a pu, grâce au cirque, réunir deux passions de prime abord difficilement conciliables: la bohème de la vie de clown et la famille, «fai fait des tournées longtemps, j’ai connu les contrats, je suis allé dans des salles paroissiales où ü y avait juste deux ampoules au plafond, et je n’ai rien regretté.Mail il faut bien que je gagne ma vie.Ici, j’ai une stabilité intéressante.On est dans une compagnie qui traite bien ses artistes.» > Et comment! A palper l’humeur qui plane sur le site permanent conçu spécifiquement pour La Nouba au cœur de Walt Disney World, on comprend que le Cirque du Soleil est une histoire de famille.Une famille qui a bien grandi depuis le temps, avec ses cinq (bientôt six) spectacles ambulants et ses quatre (bientôt six) Une scène tirée de Im Nouba, costume de Dominique Lemieux.productions pennanentes (trois à Las Vegas et un à Orlando).L’adepte de la corde lisse (ou des tissus) Julie Dionne évoque justement l’environnement du cirque, plus spécifiquement La Nouba, sa première famille, quand elle parle de ses motivations à y être encore, cinq ans plus tard.La jeune feipme de 28 ans a été repêchée à l’Ecole nationale du cirque avant même la fin de sa formation.Or ce n’est certainement pas l’ambiance d’Orlando qui l’a inspirée.«Quand tu commences à prévoir tous les tournants dans les manèges de Disney., dit-elle, je m’ennuie de la WALT DISNEY COMPANY vie culturelle montréalaise.» Mais les artistes du cirque sont des êtres d’une capacité d’adaptation surprenante.«J’ai déménagé cinq fois en cinq ans.C’était ma façon de changer le mal de place», lance la gracieuse jeune femme après avoir initié l’auteure de ces lignes à quelques acrobaties aériennes.Elle ne cache pourtant pas sej intentions d embrasser de nouveaux horizons, tout en demeurant dan$ la grande famille dâ Cirque du Soleil, en transitaq|t vers d’autres productions, perm$ nentes ou en tournée.11 n'est pat de tout repos de faire la noubî (qui signifie faire la fête) 2500 foiij Jusqu’ici, la production florj dienne a maintenu la moitié de si distribution originale,1 dont Ml chel et Julie font partie.! cinquième anniversaire i annoncer un tournant,; ment «plus important» selon ^directrice artistique sortante de La Nouba, Chantal Tremblay Quelque 70 autres artistes provenant de 14 pays complètent le casting, pour livrer la magie de* numéros de roue allemande, de diabolos chinois, de trampoline, de bmx et d’acrobaties aériennes de toutes sortes.Un autre cycle de cinq ans ai tend La Nouba, qui verra sûrei-ment défiler de nouveaux visages parmi les artistes.Mais chose certaine, l’attachement de ces derniers au Cirque du Soleil demeure.«Quand Iles Américains] me demandent: vous n 'êtes pas d'une Église?raconte Michel, abasourdi par le nombre de çlans religieux différents aux Etats-Unis, je réponds parfois: oui, je suis membre de l'Église du Cirque du Soleil; le preacher est Guy LÆberté.» Le Devoir DANSE Convoy PQ-17, juin 1942, le marin Joe Coleman avait 19 ans.La troupe Coleman, Lemieux & compagnie s’associe à l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal pour présenter Convoy PQ-17, dans le cadre des commémorations entourant le soixantième anniversaire du jour J.STÉPHANE BAÏLLARGEON Ce fut la mère de toutes les batailles modernes.Un marathon de notre temps des totalitarismes.Le 6 juin 1944, il y a très exactement soixante ans, commençait en Normandie la tita-nesque mission Overload.Environ 15 000 Canadiens participaient à l’assaut sur la plage Juno de la forteresse Europe, avec l’objectif supplémentaire de venger leurs 3375 camarades tombés deux ans plus tôt, à Dieppe, sur un autre rivage de la France blafarde, occupée, anéantie.Cette fois, la victoire allait sourire aux audacieux et le D-Day, signer le début de la fin pour l’effroyable régime nazi.La grand massacre mondial mobilisa quelque 92 millions de soldats des deux côtés des champs d’horreur.L’estimation des pertes totales oscille entre 35 et 60 millions d’individus, y compris les civils.Autant de morts et pour ainsi dire autant de millions de fois un meurtre.Demain soir, à Montréal, Coleman, Lemieux & compagnie raconte l’histoire de quelques centaines de ces victimes en s’inspirant de la véridique et tragique histoire d’un des plus grands désastres navals de la Deuxième Guerre mondiale, celui du Convoy PQ-17, qui donne son nom au spectacle.L’armada marchande devait alimenter l’URSS en armes et en vivres.Il s’agissait donc de la dix-septième caravane maritime du genre, en fait la plus grande jamais déployée par les forces alliées.Parti de Reykjavik le 27 juin 1942, la flotte comptait 35 cargos, dont 22 battant pavillon américain et huit, pavillon britannique, escortés par six destroyers et 15 autres navires militaires.Déployé sur neuf colonnes avançant à une vitesse de huit pu neuf nœuds, le monstre d’acier transportait 300 avions, 600 tanks, 4000 camions et remorques.Les quelque 150 000 tonnes de matériel valant un bon milliard de dollars devaient rejoindre le golfe de Finlande, puis Leningrad, pour y équiper une armée de 50 000 hommes.La logistique est le nerf des conflits, surtout de la guerre totale, mobilisant toutes les forces vives d’une société industrielle.La meute des U-Boot, appuyée par des escadrilles de la Luftwaffe, lança l’assaut le 5 juillet au matin, en plein océan Arctique.En moins d’une semaine, Jes Allemands coulèrent les deux tiers du convoi, corps et biens.Même les Soviétiques, ces maîtres en propagande et en désinformation, refusèrent de croire que 24 navires aient pu périr d’un seul coup.Dans ses mémoires, Winston Churchill décrivit la désastreuse odyssée comme «un des épisodes navals les plus tristes de la guerre».Le marin britannique Joseph Coleman survécut.Il avait dix-neuf ans au moment de la catastrophe.Pendant des décennies, Joe garda le silence sur son voyage en enfer.Au cinquantième anniversaire du drame, il commença à se confier à ses proches, notamment à son fils Bill, danseur et chorégraphe maintenant établi à Montréal, qui décida d’en faire le sujet d’une grande pièce.Bill Coleman a déjà chorégraphié une cinquantaine d’œuvres.Il a notamment dansé pour The Martha Graham Dance Company et la Fondation Jean-Pierre Perreault Laurence Lemieux, sa femme, a beaucoup travaillé au Toronto Dance Theatre.Ils œuvrent en duo depuis des années.Elle interprète le requiem sur le convoi avec son mari, la danseuse Aime Bruce Falconer, de même que Daniel May, lui-même un vétéran américain devenu chanteur.La première mondiale de Convoy fut présentée il y a trois ans, au théâtre Alexandrenski de Saint-Pétersbourg, l’ancienne Leningrad, pour marquer le soixan- tième anniversaire, jour pour jour, de l’arrivée du premier convoi allié en URSS, le 31 août 1941.«Le spectacle a été très bien reçu, raconte Laurence Lemieux.La salle était pleine de personnes qui ont survécu grâce à la marine marchande.Pour les vieux Russes, les marins américains, britanniques ou canadiens sont de très grands héros.» L’Office national du film le rappelle demain, dimanche (à compter de 15h, au 1464 de la rue Saint-Denis, à Montréal), avec des projections de films russes et canadiens, historiques et contemporains, sur le sujet général de la Deuxième Guerre mondiale et de la bataille de Leningrad en particulier.On verra notamment deux documentaires du Russe Alexander Sorokin: Bloca-de, sur le blocus de Leningrad, qui fit un million de morts en 900 jours, et Father and Son, sur l’hommage chorégraphié de Bill à Joseph Coleman.LE STUDIO DE L'AGORA DE LA DANSE PRÉSENTE DANIEL LEVEILLE H“ LA PUDEUR DES ICEBERGS 2 AU 5 ET 10 AU 13 JUIN 2004 // 20 H I.K DbVOlHf L'AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRItR METRO SHERBROOKE 514.525.1500 restau admission 514.790.1245 www.agorddanse.tom Joe Coleman Convoy PQ-17 a été présenté à Victoria, en 2001 et en 2002, à l’occasion du Jour du souvenir.L’œuvre magistrale pour orchestre, chœur et quatre danseurs, sur une composition originale du Canadien Christopher Butterfield, est reprise demain soir au Centre Pierre-Péladeau.Les danseurs seront entourés de l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal et du Chœur Saint-Laurent.Au total, on retrouvera pas moins de 125 ar- tistes sur scène.Cette fois, dans la salle, il y aura une vingtaine de survivants de l’ancienne Leningrad venus s'installer ici après la chute de l’empire soviétique.On retrouvera aussi une cinquantaine de marins de la glorieuse période sur les quelque 180 qui vivent encore à Montréal.Il rejoindront Joseph Coleman, qui sera là lui aussi, soixante ans après le drame.Le Devoir les HOMMES tic CHRYSLER /win Maxime De nom me b François Letniirnnan Fanny Malletln Patrice Rohitaille Maxim baudmie rKjna» KPBTE » « HJ»-»1» 25 mai au 12 juin dvvvw.theatrelaltcorne.com 514.523.2246 LA LICORNE Disponibles aux Guichets du CNA 755-1111 pour ^ej^p^ammaûon détaillée de la proy du Festival comp 613.947.7000.P°ste 8™ ^.canadadance.ca JOUERèVEC Lf, OSEZ JUJ^nTbrûVOeS')lancbeS La danse contemporain^ ^ édWon cdRdc * Innovation sans ¦?I limite • Rendre hommage à la création - •.M _ LE DEVOIR ______________ FESTIVAL DANSE CANADA OPRODUC! ON Ml NAÜONA 0 3-1 > JUIN v y y ¦ D E V 0 I D I M A \ Receleurs d’art en Colombie Près de 10 OOO pièces anciennes sortiraient du pays chaque année MICHEL TAILLE Bogotâ — À la porte, Javier (nom fictif) salue brièvement, le sourire timide, une casquette sale enfoncée sur le crâne.Une fois entré dans cette maison de Bogotâ, le petit homme déballe le contenu de son sac à dos: une clochette en alliage doré vieilli, deux statuettes de guerriers, des grenouilles ciselées d’arabesques.Autant d’objets précolombiens arrachés aux sites archéologiques Sin, sur sa terre natale du nord-ouest de la Colombie, et strictement interdits à la vente ou à l’exportation.«Je n’ai pas vendu grand-chose ces derniers temps, dit-il en lâchant des prix, je dois trouver des médicaments pour ma femme malade.Prenez-moi quelque chose.» Près de 10 000 pièces comme les siennes sortiraient chaque année en fraude du pays andin pour rejoindre les cheminées de collectionneurs étrangers ou les réseaux du trafic international.Au bas de l’échelle, les paysans colombiens comme Javier ramassent les miettes du négoce.«Il y a quelques mois, j’ai bien travaillé avec les gens de l’ambassade d'Espagne, reconnaît le vendeur.L’un d’eux m’a pris un sorcier Pour presque trois millions de pesos [environ 1500 $].» Depuis, son chargement s’écoule difficilement.Deux associés sillonnent les jungles et les dépressions de la région, pelle et pioche à l’épaule, à la recherche d’un filon oublié, et lui envoient leurs trouvailles parfois millénaires par colis postaux.Sport national Dans certaines zones de Colombie, ce pillage artisanal «est presque un sport, et une tradition de plusieurs siècles», dénonce Victor Gonzalez, de l’Institut colombien d’anthropologie et d'histoire (ICANH).Les collègues de Javier, par exemple, ne font qu'exploiter les restes laissés par les conquistadores espagnols, dont les entreprises minières pillaient les tumulus des tombes indiennes pour fondre leur or.Aujourd’hui, le pilleur engage quelques ouvriers, négocie l'accès à une grande ferme contre une part du butin pour le contremaître et quadrille le secteur en toute quiétude.«Ils ressemblent à de simples travailleurs agricoles, impossibles à repérer», déplore Gonzalez.Ces pratiques ont pris l’allure d’un pillage généralisé à Malagana, dans la région de Call Après la découverte d’objets en or, en 1992, ce site d’une tribu jusque-là inconnue a été dévasté en quelques mois.Villageois, policiers, élus locaux et même religieuses se sont jetés sur leurs pelles.Environ 5 % des presque 7000 pièces ont été sauvées.On ne pourra jamais rien apprendre des sites saccagés à coups de pioche.Une convention de l’UNESCO de 1970 protège pourtant ce patrimoine culturel, constitutionnellement propriété de la nation colombienne.Cependant, pour la rendre efficace, il faut que le bien réclamé apparaisse sur des registres officiels.Or «la plupart des objets qui alimentent le trafic sont déterrés en fraude et jamais enregistrés», explique Maria Isabel Gomez, du ministère de la Culture.Elle-même a mené une bataille vaine pour empêcher Christie’s de vendre, à Paris, un pectoral en or indéniablement tayrona, une civilisation disparue du nord de la Colombie.En l’absence de plainte pour vol de cet objet jamais répertorié, la justice a dqnné libre cours aux enchères et l’État français l’a acquis pour son Musée des arts premiers.Depuis quelques années, les autorités colombiennes savent que leur patrimoine peut disparaître par conteneurs entiers.La découverte par Interpol de statues arrachées aux montagnes de San Agustin, dans le sud du pays, leur avait déjà mis la puce à l’oreille, en 1996.Les enquêteurs avaient retrouvé ces sculptures massives dans des jardins de Nantes et de lie caribéenne de Saint-Barthélemy.Un an plus tard, les douanes colombiennes interceptaient, à Car-thagène, un chargement de centaines pièces précolombiennes authentiques, présentées comme de simples reproductions.Le vendeur avait fait fabriquer des copies, certifiées comme telles, puis expédié les pièces originales avec ces vrais-faux documents.Vide juridique L’escroc est toujours en liberté, grâce au vide juridique existant en Colombie: si est interdit de vendre, d’acheter ou d’exporter des biens du patrimoine culturel, ce n’est en revanche pas puni.Du moins, pas encore: une loi devrait y remédier à la fin de l’année et, déjà, un décret de 2002 réglemente la possession de ces objets.Ce qui a permis, l’an dernier, la confiscation d’un millier de pièces jamais répertoriées, entreposées dans la galerie d’un acteur français à Bogotâ.Les collègues guaqueros de Javier, eux, ne risquent pour leurs fouilles sauvages que des peines légères.Javier lui-même ne s’intéresse pas aux lois.Son client du jour a acheté une statuette au ventre rond.Libération Jusqu'au 6 septembre 2004, visitez l'exposition CARGAISONS DE CHINE Musée &TEWABT au Fort de Ile Sainte-Helène Horaire : Jusqu’au 11 octobre : tous les jours, de 10 h & 18 h Stationnement à rabais (P7) pour les visiteurs du Musée Renseignements: (S14) 861-6701 www.stewart-museum.org ?4 Rwc te«vDrap
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.